ALARMES DE GOSSES
(Vivian)
Un sac en bandoulière
Des journaux, la même tournée qu'hier
Son bike comme caisse
Un job de fou pour remplir sa caisse
Ce gosse n'a que 12 ans
Ça fait une année maintenant
Qu'avant l'école, il taf
Son patron ne fait pas gaffe
Il s'en tape un enfant un peu nié
Ça pèse moins lourd sur son budget
30 kilos de papiers chaque matin
À l'heure où les lèves-tôt dorment sur des gros coussins
Pauvre gamin, lui, il ne dit rien
Sinon il ne reçoit pas un kopeck
De son salaire d'architecte
L'argent, c'est l'argent
Ça rentre lentement
Mais c'est pas mes parents
Qui pourront m'acheter
Les dernières Nike que j'ai vues en promo à la télé
Le boss se frotte les mains
L'enfant possède les belles shoes, il se plein de rien
Et tout continue dans l'indifférence la plus totale
J'ai même entendu que chez les british c'était légal
Si c'est pas triste
D'entendre les parents trouver ça normal
Là-bas même les flics s'en fendent la malle
Un sac charbon
Le petit coron
Fait des percées plus petites dans les fonds
Exploiter sa vie
Pour des peccadilles
Pas besoin de casque c'est pas risqué on lui l'a dit
D'ici on voit son corps tout meurtri
D'avoir tant creuser toute une vie
Le noir ne se nettoie plus sur sa peau
Un coup de pioche en trop
Une poche de gaz et toute la masse du haut
Les pierres, la terre s'écroulent sur le dos du marmot
Un accident même pas soulevé dans les journaux
Le gouvernement n'en pipe pas mot
C'est un corps enterré
Qui a passé la moitié de son existence accroupi dans cette galerie
Galerie d'infortune
Pour quelques tunes
Galerie tombale
Tans pis gamin tu tombais mal
Les jambes croisées comme une demoiselle
T'as quinze ans, tu traînes dans une ruelle
Ta mère n'a pas eu assez de courage
Pas assez de fierté pour te garder
Tu es née abandonnée dans ce quartier
Où des dégueulasses plein au as
Portent des montres Cartier
Et pour quelques dollars se permettent de te toucher
10 viols par soir c'est difficile à digérer
Pauvre enfant salie
Déjà dégoûtée de la vie
Les cernes, c'est pas pour une môme de ton âge
Comment fais-tu pour supporter cet entourage ?
Mais à ton âge
On a peut-être même pas l'idée de la rage
D'ailleurs c'est pas la rage
Mais bien monsieur HIV qui t'a emmené vers le naufrage
L'Homme lâche vite sa hache quand il se sent lâche
Mais sache que nous sommes tous nés pareil
Erreur d'éducation
Quand l'enfant
Ressent
La pensée de ses parents
Qu'il croit grands
Mais dans certains cas malheureusement
On voit piteusement
Un gosse pas si féroce
Tenir un kalachnikov
Avec un père atroce
Souriant pour une fois
À la vue de son fils
Qui va devenir un malfrat
Ça s'est passé dans la petite ruelle
Celle où papa avait construit la maison
C'était pas la plus belle
Mais dedans on y était bien au fond
Mais il a fallu déserter
Quand les voisins 100 kilomètres à côté
Ont pris les armes pour nous bousiller
Je te revois
Frêle enfant
Crier après maman
Pourtant elle n'était pas loin
Elle t'appelait depuis l'autre côté de la rue
Le temps de traverser et les forces alliées
Ont attaqué le village
Ton visage de petit être innocent
Gisait dans les bains de sang
Que dirigent ceux que tu appelais les grands
Si on ne cesse pas les blessures
C'est demain qu'on paiera la facture
Des lésions infligées à nos progénitures
Pour la génération suivante hein ! quel futur !
Mais à voir c'est tout ce qu'on trouvé a faire
Entre adultes si fiers de foutre le monde en l'air
Si on ne cesse pas les blessures
C'est demain qu'on paiera la facture
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