Fête nationale par Julien

Encore un 21 juillet de passé,
C'est le vingtième depuis que je suis né,
Eh bien, aujourd'hui comme hier,
Et le pire, c'est que j'en suis fier,
Je m'en fous comme de l'an quarante.

Ce n'est pas vraiment toute la vérité,
L'an quarante suscite un peu d'intérêt
L'histoire m'intéresse un p'tit peu
Bien que je sois contre les coups de feu
Je devrais dire l'an cinquante.

Encore que l'occupation du Tibet
Aura toujours mon plus grand intérêt
Prisonnier d'une dictature
Qui fluctuat nec mergitur
Aujourd'hui toujours écrasante.

J'aurais aimé faire la révolution,
en soixante-huit, sans trop d'hésitation
Puis, on a marché sur la lune
Petite visite inoportune
Non, j'aime bien les années soixante.

Je pourrais remonter à la nuit des temps
Je trouv'rais rien qui m'indiffère autant
Qu'une fête de militaire
Eux qui ne servent qu'à faire la guerre,
Qui en plus la trouve nécéssaire.

Vous savez, j'sais qu'ma chanson va déplaire,
Surtout à mon père, qui est militaire
Mais si lui est un patriote,
Moi, je veux sout'nir tous mes potes :
Tous ceux qui ont un peu d' jugeote.

Car à l'heure où l'on veut construire l'Europe
Pourquoi vouloir rester aussi myope.
Ne pas vouloir voir derrière
Les limites de nos frontières
Au lieu d' fêter l'indépendance.