Voici une petite histoire, sans prétention, écrite par nous deux, pour nous amuser, et passer un bon moment.

Comment avons nous fait ? L'un commence une histoire, et l'autre doit la continuer, puis c'est chacun son tour, ainsi de suite, en essayant de changer le moins possible ce que l'autre à pu écrire (ou en se mettant d'accord pour changer certaines choses). Et cela par l'échange de quelques petits mails. Alors, si à votre tour ça vous dit, n'hésitez pas à nous faire part de vos histoires à Paname-sur-Mer ou ailleurs.

Pepette et Pépé

 

                      

 

Personnages :
La Pepette.
Angélo, le fils de la Pepette. Willy Brouillard......Gérard Lambert, petite, les charognards,le boulanger du coin, Monsieur Blanc-Cassis,

Décor : Un coin de petite rue, un jour d'été, à Paname-sur-Mer. Il fait chaud et lourd. C'est orageux.

Histoire :

La Pepette revient d'acheter des Mistral Gagnants à la confiserie A la Belle de Mai. C'est pour son fils Angélo, et puis un peu beaucoup pour elle, elle a déjà avalé le double de la moitié du paquet. Angélo, en se traînant à la robe de sa mère vient de déchirer la robe jaune à pois jaunes qu'elle porte . Cette robe, elle venait de l'acheter en solde chez la Doudou, sur le BikiniShop de la plage où elle avait mené Angélo à la pêche à la ligne. Le gavroche n'a ramené avec sa canne à pêche de type bazooka que de pauvres gonocoques. La Pepette, au coin de la rue Pierre Charron, ne sait plus quoi faire d'Angélo. Willy Brouillard, un jour comme un autre pour lui, fait sa ronde dans le quartier du vieux port. Il passe souvent dans la rue Pierre Charron, il se souviens de son pote, alors abattu comme un chien par les flics. Attiré par la robe jaune à pois jaune et le morveux qui se traîne par terre, il interpelle La Pepette, en se disant "Quelle salope !".

W.B : Hep, vous, contrôle d'identité, police nationale, vos papiers s'il vous plaît.

La Pepette : Mes papiers, t'es pas à pied toi même....

Alors, La Pepette fouille dans sa valise en carton, elle jette vulgairement sur le trottoir son cache col, son chandail, son poisson décongeler, ses tenailles, des couches culottes avec des bombecs dedans, mais ne trouve pas le moindre papier. Et soudainement,

Angélo (tout joyeux) : J'ai gagné, j'ai gagné !!!!

La Pepette : (en ramassant tout son boxon...) T'as gagné, c'est génial, enfin un Mistral gagnant. Vite, retournons chercher de la poudre chez l'boulanger du coin , en espérant que celui-ci n'est pas quitté ses fourneaux.

Willy Brouillard reste indifférent à la réflexion insolente de La Pepette. Il en a tellement entendu dans sa pauvre vie de flic. Il est tout de même étonné d'être surpris par le fatras que traîne avec elle La Pepette. Dire que s'il avait pas été flic, il aurait pu rêver d'une meuf comme celle-ci ! Mais Willy Brouillard ne rêve plus. On peut pas être à la fois et au four et au moulin, Jean Dutour et Jean Moulin. Y s'dit qu'le minot finira peut-être comme son pote de la rue Pierre Charron. Et que c'est peut-être tant mieux. Pas naïf pour deux sous, Willy se dit que la poudre d'boulanger, elle, permet au moins de rêver...mais que cette poudre immonde assassine chaque jour dans les raves party bien plus que les flicards.

Ainsi, surpris que La Pepette veuille acheter de la poudre pour son p'tit prince aux ch'veux jaunes, son blouson et son flingue le ramène à la réalité.

W.B : Pas de papier, au poste Mademoiselle, veuillez me suivre, et le minot, au pas ! Pas d'entourloupe.

Bon sang se dit Willy, une sirène terrestre, j'suis un mérou solitaire, qu'est ce que je fais, je me la gobe,.................

La Pepette : Vous suivre au poste, mais je ne comprends pas.... Je n'ai rien fait, je suis juste en vadrouille avec mon fils, je veux aller lui acheter des bombecs, à la confiserie-boulangerie de la belle de mai, et vous voulez m'embarquer..... pensez vous à mon play-boy de bac à sable, vous allez pas l'enchrister,Si il avait taxé un putain d'vélo même pas en or je comprendrais, mais je lui dit souvent je t'aime, ce n'est pas un aminche.... et vous voulez qu'mon fils marche au pas d'entourloupe....Nous on aime pas se lever tôt, on aime pas marcher au pas, de toute façon, dès que le vent soufflera, on repartira....

Sur ce Pepette se fout à chialer.....

La Pepette : Vous n'êtes qu'un flic raté, t'étonne pas si ton vieux t'as déshérité quand t'as signé.... Si tu r'grette tes potes du boulevard Voltaire, le bistrot l'apéro, les parties d'belotte, j'y peux rien, et si t'as mal aux ch'veux, et qu't'es énervé par la colère, j'y peux rien non-plus.... Et de toute façon, j'irai pas à la poste avec toi....t'es flic ou t'es timbré.... Pis si t'as des idées vicieuses sous ton calot, t'as qu'as m'payer un gueuse, mais surtout m'embarque pas avec mon mouflet....

Sur ce, Willy, est très surpris, et n'est même pas choqué de se faire insulter par sa proie....il est tellement ému de la voir chialer....Il fait tellement chaud à Paname-sur-mer, que l'orage éclate, ils sont mouillés c'est nul. Devant ce tableau, Willy retient une grosse goutte, qui coule le long de son visage rasé de la veille. Comment la bave d'un escargot, elle laisse une trace translucide sur sa chetron sauvage. Cette trace miroite avec la lumière du réverbère éteint.

Putain, se dit Willy, ça mouille, je suis qu'un pauvre être en déroute devant cette fille à tant de malheurs. J'ai plus la force de porter ce putain d'uniforme. J'ai plus la force d'être un homme.

WB : Je t'emmène boire un picon-bière au P'tit bal du samedi soir, au bout de la rue (tout en prenant Angélo dans ses bras). 

(Au fond de la rue, on voit des lumières colorés qui dansent dans la nuit noire, un petit air musical se fait entendre jusqu'au coin de la Rue Pierre Charron)

Angélo se blotit contre l'épaule de Willy. La Pepette est surprise de la réaction de son ptiot, peut-être que c'est pasque il a jamais vécu avec son père, peut être que pasque sous son caractère de teigne, lui aussi, il a besoin d'amour.

La Pepette et Willy marche côte à côte, sans se toucher, sans se regarder, ils ne savent pas trop où cela va les emmener, et d'ailleurs ils ne se posent même pas de questions. Ils ne pensent pas, ils sont là, las, mouillés (c'est nul...mais on l'a déjà dit plus haut....), il fait presque froid dans cette chaleur étouffante.(pour l'ambiance de l'histoire, faut des intempéries, faut un climat sordide comme dans les films de guerre...).

Sur ce une mobylette passe, en direction du p'tit bal du bout d'la rue;.... Cette mobylette passe très vite et l'eau du caniveau éclabousse nos trois tourtereaux....Willy pose le marmot, et dégaine son flingue façon Lucky Luke, alors Pepette se mets à hurler, ne tire pas, c'est lui, c'est Gérard....

Mais, c'est trop tard, le coup est parti... Le trio infernal s'approche de la mobylette et regarde le corps allongé sur le bitume... La Pepette se refoue à chialer : c'est bien lui, c'est Gérard Lambert, mon héros, mon loup solitaire....Angélo regarde ce spectacle horrible avec des yeux d'enfant innocent et il se met a crier "c'est mon papa, c'est mon papa....."

Le corps de Gérard Lambert est étendu sur le sol, son sang coule en ruisseau, la balle du calibre de Willy,bien placée entre les deux yeux, lui a complètement éclaté la tête....

Sur ce les charognards arrivent en continuant de dire que les flics assassinent....Et l'histoire se répète donc une nouvelle fois rue Pierre Charron. Aux pieds de l'homme mort, y'a une fille qui pleure, elle a pas 17 ans. Quinze ans, seize ans à peine, une petite main jaune au revers du zonblou, ses quelques larmes réchauffent le coeur de Willy. Elle tend un briquet allumé dans son p'tit point levé, ces lèvres murmurent de futiles refrains en signe d'oraison funèbre...pour le voyou comme pour le flic. Willy est plus blanc que le cadavre à ses pieds, en deux secondes c'est comme s'il venait de passer vingt ans enchristé, comme tant de p'tit voyou qu'il a mis à l'ombre. La Pepette et Angélo sanglotent. Le boulanger, dans son extrême bonté, toute nationale, tends quelques Mistral Gagnants à Angélo, qui lui crache à la gueule.Monsieur Blanc-Cassis, continue son délire, convaincu que Willy, va finir ses jours à l'ombre d'une potence...

Alors, un mec aux cheveux jaunes se pointe, il a les jambes arquées, des santiags, un jean, une marinière, un blouson en cuir, un bandanna rouge autour du cou :

"Hep, vous, coupez, arrêtez tout, ça vous amuse de jouer comme ça avec mes chansons, avec mes personnages, avec mes décors ! avec la vie des gens, vous avez vu ce que vous faîtes ! (d'un signe du menton) c'est pitoyable et impertinent, pourtant, vous êtes pas des journaleux (en haussant les épaules), vous avez vu, Gérard Lambert, il est même pas avec sa clé à molette dans votre histoire (en plus c'est un héros et vous l'faite quand même mourir...en espérant qu'là haut, il achètera un vélo.., et puis la robe de la Pepette, elle est même pas hideuse, et Germaine elle a même pas vu le spectacle depuis sa chambre de bonne, vos lumières elles sont même pas aussi belles que celles de mes concerts, ah, oui, vous êtes pas Claude Berry, ni son équipe, ni de grands acteurs; ben, c'est pas une excuse, merde, mettez y un peu de vérité, là, vous pouvez recommencer depuis le début, et puis n'oubliez pas le tin,tin,tin avec la musique, et pour le briquet tendu, toi, on dirait pas que t'es déjà venue à un de mes concert,  et puis le mérou, non mais, vous savez ce que c'est un mérou au moins...allez, je m'casse, à demain."

TOUS : "Non, tu peux pas t'casser, il pleut..."

Mais Renaud se casse quand même.

La morale de c'te pauvre histoire, c'est que quand on écrit un texte avec les personnages de Renaud, faut pas oublié le tintintin, sinon, on aboutit à rien...

                              A suivre...

                                                                                                                        (Peut-être)