ET LES SIRÈNES DANSENT


(Vivian)
 

T'as vu y'a le lac
Horizon brillant
D'une lueur intacte
Comme un gang de cristaux
Scintillants comme un christ au
Ciel aux enfers
L'étang s'étend jusqu'à la mer
C'est le cours de l'histoire
Genève, Marseille
Et va savoir où
S'écoulent mes merveilles
Au soleil
L'étendue
Un regard
Un contre jour
La nuit contre le jour
Les étoiles mes amours
Dans votre abîme sombre
Une bise de nulle part
L'impression de vous appartenir
De se jeter dans le vague
De ne plus respirer
Omise l'oxygène au cerveau
Bulle hydrocotyle
Gorgé de flotte
Les yeux fermés
S'étendre, oublier
Bleue ma peau, couleur eau
Légers battements
Bâtez l'eau comme d'autres la campagne
Légères comme un fluide
Je flotte tout autour de vous
La raison embuée d'idéaux
Se suspendre dans l'empire du silence
Calme les souffrances
Et les sirènes dansent
 
Bleue votre épiderme
Écailles éternelles
Nageoire de paillettes
Au large, votre filet
Idées intemporelles
Faire taire le temps
Oublier la foule
Troublant spectacle que vos cris
Fées d'eau, féodales
Faites fête à vos valses
Quand vous caressez le courant
Apparitions divines
Sensuelles idylles
Charmantes foutaises
Au fond, il est noir votre monde
Noir comme mon univers
Salle comme ma terre
Mais laissez-moi rêvasser
Et empêcher les hommes de vous pêcher
Sacrifiez votre existence au mythe
N'entendez que ma voix
Je vous veux toutes à moi
Légers battements
Bâtez l'eau comme d'autres la campagne
Légères comme un fluide
Je flotte tout autour de vous
La raison embuée d'idéaux
Se suspendre dans l'empire du silence
Calme les souffrances
Et les sirènes dansent
 
Et dîtes à vos s¦urs terriennes
De nous rejoindre
Qu'elles viennent
Escorter votre danse païenne
Qu'on les entraîne
Se détendre dans vos antres
Et s'immerger en plein bonheur
Là où les sons s'étouffent
Où personne ne souffre
Humez ce souffle
En apesanteur
N'ayant pas peur
Dans cet élément
Vous ne faîtes pas le poids
Tout paraît innocent
Trouble épanouissement
Ici, on discerne le début comme la fin
Exit le chagrin
Ici, tempêtes et cyclones n'y changent rien
Soyeux du soir au matin
Un vaccin contre le malin
Nus on se sent bien
Pour en finir
Pour ne plus subire
Eau de jouvence
Transe, incandescence, phosphorescence
Qu'importe !
Ici, les sirènes dansent
 
Je vous veux toutes à moi
Quand vous m'effleurez
De vos glissantes hanches
Je voudrais ma mort à jamais
Ne plus me réincarner
Demeurer au pays des ondes
M'abandonner à vos turquoises dentelles
Mais telle est la vie
Une reviviscence perpétuelle
Je vous enlacerai juste le temps
De vous murmurer
« Vous êtes mon signe astral
Vous êtes celles que je vénère »
Et je remonterai sur terre
Dans le cycle des colères
Pour renaître, ne plus jamais me taire
Avant de me jeter à l'eau
Boire la tasse, plus un mot
Ne plus respirer
Bleue ma peau
Cesser la cadence
Et les sirènes dansent
   

 
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