CHANTONS SOUS LA PLUIE ACIDE

(Alain Proviste)

 
J'ai la vie qui m'pique les yeux
Sans dec pourquoi d'abord il pleut?
Dans mon HLM à le Belle de mai
Petite banlieue rouge fatiguée
La petite fille des sombres rues, chômeuse marche à l'ombre.
Ce sera le cas tant qu'il y aura des ombres
Pour se cacher qu'ils sont bientôt morts les enfants du tiers-monde
Pas seulement sous la chanson degueulasse du soleil immonde
Mais aussi celle de l'air vicié et du ciel dont la coupole et son bleu
Laissent béton le rouge-gorge en moins de deux.
Un socialiste de l'europe libérale à la java sans joie
Met l'usine(*) de ses camarades bourgeois
(Marchands de cailloux ou de putain d'camions
P'tits voleurs dans les affaires pour la deuxième génération)
Loin de l'hexagone dont les décideurs pourant près des auto-tamponneuses
Préferent se délocaliser comme le feraient le deserteur ou l'auto-stoppeuse.
Du coup le petit chat est mort
Allongé sous les vagues de fumée du nord
Tandis que les enfants du sud si gringalets
Continueront à les subir cent ans après.
Et toujours dès que le vent soufflera
La mort s'en reviendra : adieu minette, adios Zapata
Adieu Oscar, Manu, Germaine, Loulou
Et même Miss Maggie même si là tout le monde comme Doudou s'en fout.
La pêche à la ligne ne se fera plus que dans l'aquarium.
Comme Tonton ses successeurs continueront de mentir aux hommes
Je crois même qu"il arrive qu'ils mentent à l'eau(*)
Tel Jojo le demago devant les lavabos.
Triviale poursuite de la vie face aux dioxines gonflées à bloc
Que la peau aime au point de se transformer en cloques.
Bientôt on aura tous une gueule d'aminche et des cheveux blancs
Les charognards ayant même plombé les mistral gagnants.
Société tu m'auras pas fait croire que c'est pas du pipeau
Tes airs de vierge effarouchée violée par trois matelots
Alors que dans ton sac les dollards coulent de source
Des milliards que le tango des élus callent en bourse(*).
P'tite conne fallait pas enfermé le sirop de la rue de nos villes
Dans tes Quick, Mac Do et autres Buffalo débiles.
Ravachol it is not because you are mort
Si t'es mon pote reviens, la baston existe encore.
La connerie est assez grosse pour qu'une de tes bombes l'atteigne(*) enfin.
Et là BOOM!(*) Olé! Dès que je sais où c'est qu'j'ai mis mon flingue je te
rejoint.
Sans dec, j'ai la vie qui m'pique les yeux
Et pourquoi d'abord ma chanson leur a pas plu alors qu'il pleut.

 
Rq : les (*) marquent les jeux de mots approximatifs dont
je suis le premier désolé et ... amusé.