Voir à http://tafsuttaberkant.unblog.fr/ pour écouter la chanson !
Chanson de Mourad Zimu qui semble-t'il a fait polémique en kabylie au printemps dernier !
2. Deuxièmement, je vous invite aussi à écarter tout doute sur l’originalité de la chanson de Zimu en vous rappelant la chanson originelle de Renaud. Renaud dans sa chanson les charognards raconte l’histoire d’un jeune homme « né à Sarcelles et qui crève aux Champs Elysées » dans un « braquage foiré ». Touché par balles, le jeune braqueur gisant sur le sol dans une marre de sang, nous rapporte (par la voix de Renaud qui s’est mis dans sa peau) les réactions xénophobes et méchants des commerçants et de certains passants, mais, (la tendresse de la chanson et sa chute) le jeune tué a aussi distingué l’humanité de cette jeune fille, qui ne le connait pas pourtant, mais, qui le pleure de toute ses forces quoi qu’il ait fait parce que « c’est un être humain avant tout … » et que devant la mort il n y a jamais de victoire même pour celui qui a tué.
Il a aussi adapté Ma chanson leur a pas plus , à écouter sur son site officiel àZimu, dans les quatre premiers couplets de sa chanson nous donne une description remarquable de la « mise à mort » d’un jeune. Ces couplets captivant mettent l’auditeur directement dans le bain du sujet. Avec le choix d’un lexique courant et une interprétation émotionnelle (j’écoute la version envoyée sur dailymotion, qui est, à mon avis nettement meilleure), Zimu a su remarquablement dresser le décor de sa chanson.
Dans le 5e. Couplet Zimu introduit un crochet à partir du 1er. Vers pour pointer le désappointement du jeune assassiné en se voyant s’octroyer un mérite et des fleurs sur sa tombe alors que « personne ne parlait de lui lorsqu’il épuisait ses jours au village » « maintenant que son corps est pourri 3 mètres sous terre on le couvre de gerbes de fleurs » [Même le premier ministre Ahmed Ouyahia qui a eu droit à un slogan durant les manifestations du printemps noir (Ouyahia Axabit (le traître)) a eu l’honneur de déposer une gerbe de fleur sur la tombe de Massinissa le premier jeune à tomber sous les balles des gendarmes]. Pour vous dire la grande déception de toute une génération de révoltés.
Le 6e. Couplet est dédié aux manipulateurs qui ont tout fait par leurs discours pour que des jeunes tombent encore et encore après des mois de l’assassinat du 1er. Jeune kabyle.
Le 7e. Couplet a porté sur nos politiciens symbolisés par « Said d Lhusin » qui « se chamaillent, toujours sur la tombe du jeune assassiné ». Là, H. A., prend à son compte une interprétation subjective de ce vers en parlant de « récupération de la mort des jeunes » alors que Zimu, à mon avis, oppose la bassesse des chamailleries des deux partis devant la tragique mort de jeunes kabyles, l’heure est grave lorsqu’il y a mort d’Hommes. La tragédie aurait dû peut être unir les rangs des kabyles dispersés par le multipartisme.
Toujours dans le 7e. Couplet et le 9e. Sont dédiés aussi à ceux qui la tragédie a profité : Ceux qui ont produit des albums, ceux qui sont bénéficiaires des locaux de Bouteflika (les fameux locaux des genêts, nommés ironiquement par les citoyens au début du chantier ‘‘la plate forme n leksar’’), les voyous avec la multiplication des agressions, il est devenu d’ailleurs impossible de se garer gratuitement surtout à Tizi-Ouzou sans voir une bande de jeunes vous réclamer de l’argent, ceux qui ont essayé de refuser ont été tabassé ou assassinés (1 ou 2 cas) et le mouvement citoyen n’a rien fait pour arrêter cette anarchie pendant qu’il était mobilisateur.
Le 8e. Couplet porté sur le mouvement citoyen (les ârouch éclatés) : un groupe allié aux partis politiques, nous nous rappelons bien du groupe mené par Bouceta qui a appelé à voter RCD en 2004). Il y avait aussi les archs qui parlaient d’une plate forme scellée et non négociable mais qui sont finalement allé négocier. Il y a aussi ces archs « virtuel » dont parle Zimu celui des « gamins » sincères mais naïfs parce qu’il « rêvent » de changer la situation en « jetant des pierres ». Enfin, Zimu parle aussi de ces archs d’ulac smah ulac qui ont finalement pardonné [en invitant exemple Ouyahia à déposer une gerbe de fleur sur la tombe de Massinissa] n’est ce pas là un signe on ne peut plus clair de tourner la page !?
Dans le 10e. Couplet et le début du 11e. Le jeune assassiné, pour lequel Zimu prête sa voix dans cette chanson, parle à ses amis impliqué dans le mouvement il les voit rêvant toujours d’un printemps meilleur et leur donne son point de vue maintenant qu’il est mort car il regrette d’avoir franchi la porte de chez lui le jour où il a été assassiné.
Maintenant, je le sais, Je le sais mais c’est hélas trop tard, Ma mort, qu’à t-elle apportée de plus A la plate forme d’El ksar ? Si c’est pour Tamazight que je suis mort Elle a seulement besoin qu’on l’écrive et qu’on la parle (voir sur ce point après la traduction) Si je suis mort pour que tombe l’injustice C’est mon frère qui est à son origine (Ahmed Ouyahia est kabyle non ? … sans citer d’autres) Si je suis mort pour l’Algérie Pourquoi la mort n’a emporté que des kabyles ? (Là le sens mérite un autre article à mon avis)
A propos de tamazight : je suis étonné de voir H. A. parler de l’enseigner en interprétant le vers des 5e. Et 6e. Vers du 11e. Couplet, n’oubliez pas que Zimu, selon sa biographie sur son site a fait des études en langue Amazigh et qu’il est auteur d’un recueil de nouvelles en kabyle qu’on ne trouve plus sur le marché apparemment. Zimu donc, soutient un avis sérieusement défendable en sociolinguistique selon lequel une langue vivante est celle qui se parle (point/). Par ailleurs, Zimu, n’affirme pas que l’enseignement suffise à l’émancipation de tamazight. Dans l’émission de BRTV, il a parlé de consommer la langue dans toute sa dimension culturelle et identitaire et c’est une position claire et positive. Permettez-moi de vous rappeler cette anecdote attribuée à Mohand Ouhyahia ou M. Mammeri selon laquelle un jeune kabyle aurait dit qu’il était prêt à mourir pour Tamazight mais pour qui Mammeri ou Mohand Ouyahia a répondu « tamazight a besoin de toi vivant ! ».
Le 12e. Et dernier couplet, Zimu, dans une prise de parole poétique, fait parler le jeune homme assassiné en dressant le constat d’une tragédie terminée (ass-agi tekfa tedyant). Les kabyles sont redevenus comme avant. La tragédie est éteinte elle n’est maintenant qu’un souvenir communément appelée « Un printemps (seulement) noir ». Mais cependant, la mère du jeune assassiné est toujours en pleurs elle n’arrive pas à l’oublier et son père a finalement accepté de l’argent pour se taire (allusion faite à l’indemnisation proposée par le gouvernement algérien refusée au début puis acceptée par tous les parents des victimes du printemps noir.
http://zimu.mouradzimu.net/mourad-zimu/Maalic-Tant-pis
Et puis Manu à
http://zimu.mouradzimu.net/mourad-zimu/Briru
