« C’est
l’histoire de l’errance et du désespoir d’un pauvre petit flic de
banlieue confronté à la violence quotidienne, à la haine, à l’ennui, à la
misère, au béton et à la bêtise humaine. Chanson plutôt tendre et
sympathique, parce que j’ai pris du recul, J’ai pris du recul, j’ai
grandi, j’ai vieilli, j’ai plus 15 ans, je suis plus aussi systématiquement
anti-flic. Je suis anti-con toujours. Et ça, il y en a partout….la violence
n’est pas une solution.. tuer du flic, c’est nul ! [1]»
C’est comme ça que Renaud explique lui-même cette chanson dans l’émission
de télé : « Le rouge et le noir ». Le protagoniste de la
chanson « a choisi la loi, pas les bandits,….il a choisi entre deux
galères, celle où tu bouffes »[2]
Ca veut bien dire que flic ou bandit, on est tous dans le même bateau. De plus,
le pauvre type aurait aimé être « gardien de square comme son grand-père
voulait vivre entouré d‘minots, protéger les p’louses les moineaux [3]»
et maintenant il est entouré de béton, sans nature comme il l’aurait tant
aimé. Puis « son vieux l’a déshérité quand il a signé [4]»
Comme on peut le constater, le texte en soi est assez déprimant, mais la
musique est très belle ; la mélodie lente va avec cette atmosphère
triste à mourir.
Cette
chanson est très euphorisante et pleine d’élan. Un vrai contraste avec la
ballade précédente. Renaud chante en patois de Marseille. C’est pratiquement
incompréhensible pour une personne qui ne vient pas de là-bas. « Il
s’essaie à la chronique régionale »[5]
Le personnage principal de la chanson qui n’est pourtant jamais cité est
Bernard Tapie qui « passionné de football, rachète l’Olympique de
Marseille (O.M.) et en fait un grand club européen[6] »
« Son
équipe a brillé, a été digne ! avé le cul, ma foi, un peu bordé
d’anchois, l’a fait des phocéens, européens[7] »
« Les
projets annoncés [par Tapie] en faveur des jeunes de banlieue ne trouvent
aucune concrétisation(…). La justice le rattrape(…)tant pour ses affaires
financières que pour une affaire de corruption [8]»
à l’O.M. Et tout cela, on l’entend dans cette chanson, malgré le patois.
« Oui,
à quelle heure on arrive ? Telle est la question que posent les enfants ou
les adultes impatients lorsqu’ils voyagent. Lorsqu’ils sont en tournée, les
musiciens sont des enfants impatients. (…) On sait d’où on part, mais pas
d’où l’on vient, ni même où l’on va. »[9]
La
magie de l’enfance, de son enfance et de celle de Lolita, se reflète dans les
paroles de cette chanson. L’enfant qui comme un sage pose des questions
philosophiques : « C’est quand qu’on va où ? »,
c’est à dire qu’est ce qui nous attend dans le futur ?. Et encore :
« Comment s’écrit No Future …J’fais ma semaine de soixante
heures, non seulement pour pas un rond, mais en plus pour finir chômeur »[10]
Et on y retrouve aussi l’enfant qui n’est pas heureux à l’école comme
Renaud quand il était petit : « J’étais assis près du radiateur
et j’attendais que le cours soit fini »[11].
Voilà
une chanson remplie de tendresse. C’est un hommage aux femmes qu’il aime
tant, qui sont pleine de mystères et si difficile à comprendre:
« Est-ce
qu’elles parlent de moi, de nous ? Est-ce qu’elles disent des gros mots ». [12]
Renaud
parle des habitudes typiques des femmes comme, par exemple, « d’aller
toujours par deux, avant le dîner, discrètes, pour se recoiffer un peu…Nos
gonzesses devant les lavabos se repoudrent le bout du nez [13]»
C’est une chanson toute simple et belle, accompagnée juste par un piano.
Les textes de Renaud mettent en scène
tous ces personnages comme si on assistait à un spectacle de marionnettes. Ici
c’est l’histoire d’un cheveu blanc, un cheveu blanc qui prend la forme
d’un être vivant : « il est arrivé un matin(…). Viens voir ce
salaud (…).[14]
Ce cheveu le rend malade!
Eh oui ! Même si la plupart de ses
chansons sont tendres, douces, amères, elles font aussi parfois mal, nous
rappelle que chacun vieillit un jour.
Autant que
l’amour qu’on retrouve dans beaucoup de ses chansons, l’humour fait partie
de l’œuvre de Renaud, l’humour au secours de la déprime quotidienne,
l’humour au secours de la souffrance, par exemple, quand il nous cite le
proverbe : « La neige au grenier, le feu à la cave »[15]
et encore « J’ai l’impression qu’un oiseau m’a chié dessus. »[16]
Une fois de
plus, dans cette chanson, son grand thème est le regret amer de son enfance.
Renaud aurait aimé ne jamais vieillir !
Dans
cette chanson, la liberté est le sujet dominant. Renaud explique le sens de la
liberté en consolant sa fille de la mort de son chat. L’animal par
excellence, pour démontrer ce qu’est la liberté. Il lui dit qu’« il
était libre d’aller et d’rev’nir pour bouffer. Il était même pas
prisonnier de ton amour insensé…T’aurais pas voulu qu’on
l’attache…Mais la liberté tu vois, c’est pas sans danger. »[17]
Le sujet suivant qu’il aborde est une petite critique du pape qui ne se
trouvera jamais « sur les toits. Etre trop près du ciel p’têtre qu’y
z’aiment pas ». Renaud est anticlérical, il l’affirme dans l’émission
de radio sur Europe 1. « Je ne suis ni pratiquant, ni croyant. » [18]
Cette
chanson est dédiée aux ouvriers et travailleurs, surtout ceux qui perdent leur
emploi et ne se sentent pas encore prêts à prendre leur retraite :


C’est pour sa fille qu’il a écrit cette chanson. Il désire
lui transmettre ses pensées, ses colères, ses convictions. « Renaud passe le relais de la révolte à sa fille,
Lolita. Il est maintenant grand temps. Car dans cette grande pyramide - la hiérarchie
de la société - tout en bas, les plus nombreux n'ont pas d'autre choix que
"cette vie de misère et d'effroi"... »[22]. C’est dans un ton solennel qu’il semble crier à
Lolita et, en fin de compte, à nous tous : « " Renverse la
pyramide!"(…) Mais il veut lui faire comprendre qu'elle ne sera pas plus
libre quand le peuple règnera car "les hommes entre eux sont bien pires
que les rats". »[23]
« Un
pigeon s’est posé sur l’épaule galonnée du Maréchal de France »[24].
C’est comme ça que commence cette chanson sur les statues des Maréchaux :
« La popularité de ces hommes, notamment de ceux de la première guerre
mondiale explique les nombreuses statues qui leur ont été élevées(…) que Renaud a choisies comme symbole du militarisme qu’il
déteste tant »[25]
Dès le début, on remarque sa critique acerbe et offensive contre ce
militarisme.
[1]
„Le rouge et le noir“, voir note 1
[2]
Extrait du texte de la chanson „la Ballade de Willy Brouillard »
[3]
Extrait du texte de la chanson „la Ballade de Willy Brouillard »
[4]
Extrait du texte de la chanson „la Ballade de Willy Brouillard »
[5]
http://persorespublica.fr/seawolf/Renaud/Rhist.htm
[6] www.sharedsite.com/hlm-de-renaud/hlm/Personnages/personnages_t.htm
[7]
Extrait du texte de la chanson „A la belle de Mai »
[8] www.sharedsite.com/hlm-de-renaud/hlm/Personnages/personnages_t.htm
[9]
Renaud, bouquin d’enfer, Thierry Séchan, éditions du Rocher
[10]
Extrait du texte de la chanson „C’est quand qu’on va où ? »
[11]
« Le rouge et le noir », voir note 1
[12]
Extrait du texte de la chanson: « Devant les lavabos »
[13]
Extrait du texte de la chanson: « Devant les lavabos »
[14]
Extrait du texte de la chanson : « cheveu blanc »
[15]
Extrait du texte de la chanson : « cheveu blanc »
[16]
Extrait du texte de la chanson : « cheveu blanc »
[17]
Extrait du texte de la chanson„Le petit chat est mort »
[18]
D’après l’émission de radio sur Europe 1 d’Elisabeth Morizet,
samedi le 22 juillet 2002
[19]
Extrait du texte de la chanson « Son
Bleu »
[20]
La chanson mondiale depuis 1945, Larousse, page 638
[21]
La chanson mondiale depuis 1945, Larousse, page 638
[22]
http://www.sharedsite.com/hlm-de-renaud/discotheque/11preslo.htm
[23]
La chanson mondiale depuis 1945, Larousse, page 638
[24]
Extrait de texte de la chanson: „La Médaille »
[25] www.sharedsite.com/hlm-de-renaud/hlm/Personnages/personnages_m.htm