Commentaires sur chaque chanson de deux albums par rapport aux thèmes

Album "Ma gonzesse" (1979)

-  Ma gonzesse : Dans cette chanson, Renaud nous raconte de façon touchante l’amour qu’il porte à celle qu’il aime. On a l’impression, dans la façon dont c’est écrit, que dès qu’il se rend compte qu’il devient trop sensible dans ce qu’il dit, il place une expression de loubard pour cacher sa sensibilité. A part cela, on imagine très bien la relation qu’il partage avec elle (« si tu dis qu’elle est moche je te frappe et si tu dis qu’elle est belle je te frappe aussi »). De la tendresse particulière, mais très joliment exprimée.

-  Sans dec’ : Les paroles de cette chanson sont très amusantes. L’histoire qui y est racontée s’appelle en quelque sorte « parler pour ne rien dire ». Renaud semble s’adresser à ses potes, il raconte quelques anecdotes rigolotes de loubard.

-  La Tire à Dédé : Renaud parle ici de la voiture de son ami Dédé et du bon temps qu’ils passaient ensemble dans cette automobile à faire des virées. Cette voiture décrite très en détail, était tout pour Dédé. Le jour ou on lui a abimé pour lui voler 1 ou 2 choses, il a fait un infarctus et en est mort. Renaud se rappelle avec nostalgie des belles virées qu’ils ont fait ensemble.

-  J’ai la vie qui m’pique les yeux : Ce texte est écrit à la façon d’un poème assez naïf sur le mal de vivre. Il fait un peu penser à ce que pourrait écrire un enfant, dans la forme. Dans le fond par contre, on voit bien que c’est un adulte qui l’a écrit. Et c’est adulte sensible, cette fois, n’est plus un loubard mais est simplement un artiste, un musicien.

-    C’est mon dernier bal : Ici Renaud décrit les activités que pratiquent les loubards en bande le week-end. Peut-être est-ce aussi par provocation, mais tout ce qu’ils font est dangereux et ou qu’ils aillent ils « foutent le bordel ». La preuve que ces activités sont dangereuses : Renaud finit par se faire tuer.

-    Chanson pour Pierrot : Je trouve cette chanson émouvante. Ici Renaud parle à un futur enfant imaginaire. Il lui dit à quel point il a envie qu’il existe et tout ce qu’ils pourront faire ensemble une fois qu’il sera là. On découvre cette fois un côté réellement sincère de Renaud, et c’est touchant. Par la suite, il a eu une petite fille et non un garçon, mais il l’a également beaucoup aimée.

-    Salut Manouche !: On fait ici la connaissance avec un gitan que Renaud a rencontré. Le gitan est venu poser sa caravane au pied du HLM de Renaud, et ils ont fait connaissance. La façon dont Renaud le décrit, on sent qu’il apprécie son mode de vie. Grande famille, vie calme, petits boulots artisanaux… Les gitans sont des gens tranquilles, et Renaud les fait connaître eux aussi au public.

-    Peau aime : Dans cette chanson, Renaud nous parle à tour de rôle de sa copine, ses amis, sa famille, ce qu’il aime ou n’aime pas, et ses tatouages. Il dit « je » et s’adresse directement au public, car d’ailleurs il dit plusieurs fois « tu ». Encore une fois on reconnaît bien la parfaite image du petit loubard français de banlieue.

 

Album "Marche à l’ombre" (1980)

-  Marche à l’ombre : Voir analyse ci-dessus

-  Les aventures de Gérard Lambert : voir analyse ci-dessus

-  Dans mon HLM : voir analyse ci-dessus

-  La teigne : Description d’un loubard. Renaud va chercher plus loin que le caractère méchant et agressif de ce délinquant et essaie de découvrir, de comprendre les causes de sa souffrance. Il donne envie à l’auditeur d’excuser le loubard.

-  Ou c’est qu’j’ai mis mon flinge : Ici Renaud règle ses comptes. Il déballe sa vision des choses. Il explique, dans les grandes lignes, son idéologie. Il ne va pas changer à cause de la célébrité, et son but est de nous faire réagir. S’il écrit c’est pour changer les choses et il le dit très bien dans sa chanson.

-  It is not because you are : Je classerais cette chanson un peu à part. Le texte est très drôle, Renaud mélange français et anglais pour parler d’une histoire d’amour. Le mélange français-anglais provient sûrement du fait que la fille au pair qu’il a rencontré venait d’Angleterre. Je trouve la façon dont il raconte toute l’histoire très amusante. Cette ambiance me fait penser à celle qui régnait dans les films français des années 70, lorsque on voyait des jeunes étudiants lors de fêtes ou vivre toute sorte d’histoires pendant l’été.

-  Baston ! : Pour une fois, Renaud ne parle pas à la première personne. Il parle d’Angelo, un ami qui a une vie plutôt difficile. A travers Angelo, Renaud veut démontrer toute la difficulté quotidienne que vivent les personnes comme eux, qui vivent dans les banlieues et qui n’ont pas forcément beaucoup d’argent. Ils ont des histoires d’argent, des chagrins d’amour, un caractère bagarreur qui les empêche de garder longtemps du travail, et par-dessus tout une famille pas très agréable. Alors, pour se défouler de toute la haine que ce genre de vie peut accumuler, ils sortent le soir et se défoulent en déchargeant toute leur rage sur quelqu’un, lors d’une bagarre…

-  Mimi l’ennui : Après avoir parlé de la triste vie d’un ami, cette fois Renaud parle d’une amie. Elle s’appelle Mimi. Elle avait plein de rêves, et maintenant ne croit plus en rien. La vie est difficile, elle a vécu plein de difficultés et maintenant n’a plus goût à la vie. A travers Mimi, Renaud veut aussi montrer qu’en partant des banlieues (ou au moins d’une couche plutot basse de la société) on a du mal à démarrer, et à s’envoler.

-  L’auto-stoppeuse : Retour au « je » dans ce texte. Ici, Renaud parle d’une rencontre qu’il a fait : une fille plutôt « baba-cool », voyageuse. Pas très propre, sans argent, et sans gène. On retrouve bien l’ambiance de jeunes que Renaud a dû vivre : virées entre amis, ou prendre en stop des inconnu(e)s, … Fin de l’histoire : l’auto-stoppeuse a fini par ennuyer Renaud, qui l’a fait sortir de la voiture et l’a laissée sur le bord de la route. Moralité : Encore une fois, faut pas ennuyer un loubard.

Pourquoi d’abord ? : Cette chanson est particulière. Elle est écrite sous forme de dialogue. Un enfant pose diverses questions à Renaud. Il touche un peu à tout ce qui pourrait choquer le public dans les idées, ou l’apparence de Renaud (vêtements, classe sociale, religion, drogue, …). Le langage est spécial lui aussi : lorsque l’enfant parle, il y a des fautes de français exprès. Et lorsque Renaud répond, il utilise, comme d’habitude dans ses textes, un langage familier, un peu argotique.


Sommaire