Auprès de mon arbre

(Paroles de Georges Brassens, interprété par Renaud Séchan)

J’ai plaqué mon chêne
Comme un saligaud,
Mon copain le chêne, mon alter ego,
On était du même bois
Un peu rustique, un peu brut,
Dont on fait n’importe quoi
Sauf naturellement les flûtes…
J’ai maintenant des frênes,
Des arbres de Judée,
Tous de bonne graine,
De haute futaie…
Mais toi tu manques à l’appel,
Ma vieille branche de campagne
Mon seul arbre de Noël,
Mon mât de cocagne !

Refrain
Auprès de mon arbre,
Je vivais heureux,
J’aurais jamais dû m’éloigner de mon arbre…
Auprès de mon arbre
Je vivais heureux
J’aurais jamais dû le quitter des yeux…

Je suis un pauvre type,
J’aurai plus de joie :
J’ai jeté ma pipe,
Ma vieille pipe en bois,
Qui avait fumé sans se fâcher
Sans jamais m’brûler la lippe,
L’tabac d’la vache enragée
Dans sa bonne vieille tête de pipe…
J’ai des pipes d’écume
Ornées de fleurons
De ces pipes qu’on fume
En levant le front
Mais j’retrouverai plus, ma foi
Dans mon cœur ni sur ma lippe,
Le goût d’ma vieille pipe en bois
Sacré non d’une pipe !
(Refrain)

Le surnom d’infâme
Me va comme un gant :
D’avec ma femme
J’ai foutu le camp,
Parce que depuis tant d’années
C’était pas une sinécure
De lui voir tout le temps le nez
Au milieu de la figure…
Je bats la campagne
Pour mériter la
Nouvelle compagne
Valant celle-là,
Qui, bien sûr, laissait beaucoup
Trop de pierres dans les lentilles,
Mais se pendait à mon cou
Quand j’perdais mes billes !
(Refrain)

J’avais une mansarde
Pour tout logement
Avec des lézardes
Sur le firmament
Je l’savais par cœur depuis
Et, pour un baiser la course,
J’emmenais mes belles de nuit
Faire un tour sur la grande Ourse…
J’habite plus d’mansarde
Il peut désormais
Tomber des hallebardes
Je m’en bats l’œil mais,
Mais si quelqu’un monte aux cieux
Moins que moi, j’y paie des prunes
Y’a cent sept ans, qui dit mieux,
Qu’j’ai pas vu la lune !
(Refrain)