L'année
solaire 1967-1968 s'avère désastreuse pour Renaud. Le lycée Michel de Montaigne
le renvoie.
A la rentrée 68, il se retrouve en seconde artistique au lycée Claude
Bernard dans le XVIème arrondissement de Paris.
Il quitte un établissement gauchiste pour se retrouver à la Porte de Saint-Cloud,
près de Neuilly, dans un lycée "envahi de lodens,
de p'tits cons et de p'tits
bourgeois qui s'foutaient de la politique ou qui étaient carrément d'extrême
droite". Durant quelques mois,
l'élève Séchan côtoie donc les minets et les
petits fachos des beaux quartiers. Il se souviendra d'eux lorsqu'il écrira Camarade
bourgeois.
Ce n'est donc pas de la camaradie communiste dont parle Renaud, mais de la camaraderie
entre élèves.
Des camarades qu'il est loin d'apprécier. Ainsi, dans les cinq
premières strophes, il apostrophe un camarade et
se moque de lui en le caricaturant,
en dénonçant son mode de vie etc.
Ses camarades sont des fils de famille riche, bourgeoise qui roule en Triumph,
Ferrari ou Lamborghini.
Des patrons, aussi. Et ça, Renaud n'aime pas du tout.
Il y va de son petit couplet révolutionnaire :
Ils sont fières d'eux, propre sur eux, roulent des épaules, se croient très
drôle,
très très fort mais ne sont en fait que des jeunes hommes élégants effeminés.
Et finalement, Renaud conseille à son camarade bourgeois de rejoindre le monde
des voleurs et des escrocs :
la pègre. Qu'il vienne le rejoindre. Car tous sont
des défoncés, et Renaud aussi :
C'est par cette chanson plus que provocatrice et la plus rock de son premier
album
que Renaud fera sa première télévision sur Midi-première en 1975.