Le blues de la porte d'Orléans

"Je suis partagé entre la méfiance et le rejet de tout ce qui ressemble de près ou de loin à du nationalisme, à de l'esprit de clocher, à du chauvinisme, au repli sur soi, et l'écoeurement devant l'attitude de l'Etat centralisateur, répressif vis-à-vis des minorités, qui essaie de nier les langues, les cultures et les peuples" déclarait Renaud en 1995.

Pourtant dans la chanson Le blues de la porte d'Orléans, Renaud reconnaît le besoin d'indépendance des Basques, des Bretons, des Alsaciens, des Corses ou encore des Occitans. "A priori y z'ont pas tort" : c'est vrai, c'est logique. Mais Renaud pose en fait la question. Pour y répondre, il va réclamer l'autonomie du quatorzième arrondissement de Paris, "son" territoire, "son quartier d'puis vint-cinq berges". Un quartier, qui possède une culture, une langue, une tradition, une histoire (Vercingétorix s'est battu près du métro d'Alésia dit-il ironiquement), des frontières etc.

Finalement, Renaud se rend compte de l'absurdité de ces indépendances. Il se joue donc futilement de tous les mouvements séparatistes ou indépendantistes. Pour être précis, il défend donc l'unité nationale de la France. Cette chanson humoriste pour dire que si l'on commence à mettre des territoires et des frontières, des barbelés ou des drapeaux entre les peuples, il pourrrait lui aussi revendiquer son appartenance à un groupe culturel, à un territoire. "En l'occurence, mon premier territoire, c'est ma peau ; mais en étant plus large, c'était le quatorzième arrondissement de Paris."

Il avouait avoir une certaine forme de fascination vers les régionalismes. Pour preuve : Renaud avait accepté de soutenir "Régions et peuples solidaires" lors des élections européenne de 1994 en figurant en fin de liste. Une liste regroupant Corses, Bretons, Occitans, Basques etc. D'ailleurs, nous retrouvons bien dans cette chanson son attirance vers les régionalismes :

Dans le treizième, j'ai des copains / Qu'ont un peu les mêmes idées qu'moi. /
On va faire un programme commun, / Aux élections on s'présentera, /

Pour conclure, Renaud terminait en parlant des évènements nationalistes corses : "Ce ne sont pas les morts qui vont me dégoûter de Petru Guelfucci et de ses chansons" !