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« J’écoute Renaud depuis 1980 (j'avais 11 ans). Je l'ai découvert
avec Marche à l'ombre et Place de ma mob.
Je l’aime pour ses
chansons et sa personnalité (contradictoire et paradoxale, comme
moi).
Je
l’ai vu en concert en 1995, pour ses 20 ans de carrière. Un des
meilleurs concerts que j'ai jamais vus. Renaud a joué plus de 3h30 dont
une bonne vingtaine de minutes seul avec sa gratte. Cool ! Et puis il a
joué toutes mes chansons préférées, les plus rentre-dedans. Un grand
moment !
Politiquement, il fait partie des gens qui m'ont fait passer à gauche
à l'adolescence (mais y'a pas que lui, hein, y'en a d'autres !)
Et puis, il m'a appris un bon quart de l'argot que j'aime et que
j'emploie régulièrement (les 3 autres quarts étant constitués de San
Antonio, les vieux films de Gabin, Audiard et consorts, et puis mon
grand-père !).
Je ne l'ai jamais rencontré et je ne pense pas que j'aimerais le
rencontrer. Je n'ai pas envie de rencontrer les artistes que j'aime et
que je connais par coeur à travers leur art. Peur d'être déçu, peut-être
?!
À une époque, j'aurais bien aimé parler politique avec lui. Et puis
un peu des gamins aussi.
J'ai
une affection particulière pour ses chansons de révolte car elles me
correspondent mieux et que je me reconnais là-dedans. J'ai toujours préféré
Hexagone, Où c'est qu'j'ai mis mon flingue, Déserteur ou Mort les
enfants à ses chansons tendres (enfin, j'aime bien quand même
Mistral gagnant, Ma gonzesse, La pêche à la ligne ou Il pleut)
Je mettrais les chansons "zone" entre les deux bien que
j'adore littéralement Gérard Lambert (les deux), Laisse béton,
Marche à l'ombre ou La bande à Lucien.
Vous avez oublié les chansons comiques de Renaud dont certaines
extraordinaires comme Chanson dégueulasse, Je suis une bande de
jeunes, L'auto-stoppeuse ou Ma chanson leur a pas plu (les
deux) !
J'aime beaucoup sa façon de chanter. D'ailleurs, j'aime bien tous les
chanteurs qui chantent mal ou qui n'ont pas une belle voix (Bob Dylan,
Neil Young, Guy Béart, ... j'en passe et des pires...)
Ma période préférée est sans conteste la première, la période
Polydor (1975-1983) et particulièrement les albums "Place de ma
mob" (oui je sais, y paraît qu'il s'appelle "Laisse béton"
mais moi je l'ai toujours appelé comme ça, et je suis pas le seul !)
et "Le retour de Gérard Lambert". C'est la période qui m'a
fait découvrir et aimer Renaud et puis c'est la plus révoltée ! J'aime tout dans ses chansons mais il faut avouer que j'aime surtout ses
textes (sa musique n'a pas vraiment révolutionné le monde de la
composition, mais elle va bien avec les textes !)
En français, j'écoute pas grand chose à part Léo Ferré (surtout),
Brassens, Thiéfaine, Téléphone et quelques trucs éparpillés. J'aime
beaucoup Noir Désir et "M" dans le rock actuel. Car en fait,
j'écoute surtout du rock, du blues et du jazz.
Je suis un fan de Pink Floyd, des Beatles, de Frank Zappa, de Soft
Machine, Gong, Led Zeppelin, Deep Purple, Nei Young... etc... (surtout
le rock des années 1965-1975) et aujourd'hui Radiohead,
Supergrass, Blur, Grandaddy... C'est à part, mais complémentaire.
Je crois que j'apprécierai et et écouterai Renaud jusqu'à ma mort.
Boucan d’enfer, je peux le dire : il est dans la lignée des précédents
! En plus désabusé...
Il a forcément changé.
Mais il s'en tire toujours aussi bien. Même s'il dit qu'il n'en a plus
rien à foutre. C'est viscéral, y peut pas s'en empêcher et c'est ça
que j'aime bien aussi chez lui.
La désillusion, la désabusion, le malheur et l'alcool l'ont forcément
changé vis-à-vis de la vie. Mais c'est tout. Au fond, il est toujours
le même (de gauche, intelligent, altruiste...).
Cela
est dû à sa vie privée essentiellement, et un peu au désenchantement
politique. La période est réac', les idéaux de mai 68 sont envolés.
Grosse déprime.
Ceci est logique mais on peut toujours combattre avec la même lucidité,
même à 80 berges (cf. Cavanna)
Je changerai forcément (j'ai déjà changé) mais dans le fond, mes
convictions sont maintenant immuables.
Message : Bon courage. Ne t'arrête jamais. Refais-nous encore de
chouettes chansons comme tu es le seul à savoir en écrire. Il n'y a
plus qu'un auteur-interprète digne de ce nom dans ce monde pourri. Renaud, the last...”
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