Faut pas rêver (1995)

A l'occasion de son retour sur scène à la Mutualité, Renaud est l'invité de Sylvain Augier et réagit aux trois reportages diffusés.

"Faut pas rêver" était une émission remarquable, qui à travers ses reportages nous faisait découvrir les autres cultures. Renaud ne s'y trompe et explique être un grand fidèle et essaye de les voir toutes depuis le début. "Le vendredi soir, quand on passe de Thalassa à vous, puis à Bouillon de Culture et Strip-Tease, ce sont de belles soirées télé sur le service public."

1. Japon les chevaux Sumo

Des chevaux (d'origines françaises) participent à des épreuves assez effrayantes au Japon. Il s'agit de courses dans lesquelles ils tractent seuls une luge de 1 tonne à la vitesse moyenne de 4 km/h.

Renaud est bien moins fasciné que le présentateur par ces courses. Il n'a aucune fascination pour la souffrance. "Quand je vois ces bêtes magnifiques (NDLR: des percherons) souffler peiner suer tout ça pour des intérêts économiques. (...) C'est un peu triste de faire souffrir des animaux pour le plaisir de quelques crétins assoiffés de paris."

Sylvain Augier n'est cependant pas étonné de constater que Renaud a gardé ce regard critique et sa révolte.

Renaud explique sa phrase "auteur par plaisir, compositeur par nécessité, interprête par provocation". Les questions sont bien ciblées, le présentateur connaît manifestement bien Renaud. C'est une interview de qualité !

2. Inde les femmes du Mithila

Dans le Nord de l'Inde certains villages offrent un spectable quotidien étonnant : celui des femmes qui peignent tout jusqu'au sol et au mur de leur maison d'extraodinaires bandes dessinées du panthéon indou qui leur ont permis un jour de se sauver de la famine.

Renaud saisit l'occasion pour faire remarquer qu' "il serait temps qu'au niveau décisionnaire il y ait plus de femmes, de mères de familles...".

Au détour de la conversation, une question très intéressante sur la manière dont Renaud assume le fait d'être riche et de défendre les pauvres. "Je m'arrange avec ma culpabilité en me déculpabilisant par des façons de faire profiter dans mon entourage proche, lointain (que je ne connais pas) et en aidant financièrement et matériellement ceux qui n'ont pas eu la chance que j'ai eue (....)".


3. Cuba : l'homme à la photo : reportage sur l'homme qui a fait la célèvre photo du Che.

Alberto Corda a eu un jour la fortune, le réflexe disons de photographier le Che. C'est devenu la photo du Che, son portrait, son emblème. Ce photographe cubain vit aujourd'hui dans ce souvenir de ce cliché qui a bouleversé sa vie.

Renaud rappelle son admiration pour le Che, pour son parcours, son regard. "Peut-être le dernier héros romantique de ce siècle". Il semble vraiment incollable sur le sujet et apporte même des informations complémentaires au reportage.

Le reportage sur ce cliché cadre (c'est le cas de le dire !) d'autant mieux avec Renaud qu'au moment de l'émission l'affiche "Renaud à la Mutualité" était placardée un peu partout dans Paris.

Questionné à ce sujet, Renaud, d'abord désarcenné, compare la violence du Ché à la violence de Robin des Bois, "c'est de la résistance, c'est pas de la guerre... oui c'est de la résistance".

"Vous ne changez pas en tous cas, ça me fait plaisir", conclura le présentateur.

Durée
56 minutes

Diffusion

Chaîne

31 mars 1995
France 3

Résumé
VincentV

Remerciements
Franck
(infos de l'INAthèque)