Émissions Télé Star, le par fr.
Mis en ligne dans le kiosque le 12 mai 2015.

Didier Varrod, son biographe, témoigne : ''Renaud est bouleversé par les témoignages d'affection''

Le journaliste, auteur de deux beaux documentaires qui lui sont consacrés - dont l'un sera diffusé ce lundi 11 mai prochain sur France 3, à 20h50-, nous parle du Renaud qu'il connait, des raisons de son absence... et de sa vie, aujourd'hui.

Télé Star : Quand, dans votre film, Louane ou Bruel lui déclare leur flamme, c'est pour dire à Renaud : Laisse pas béton ! ?

Didier Varrod : Au départ, oui. Puis, c'est juste devenu un cadeau. Après tout, il vaut peut-être mieux qu'il demeure ce renard terré dans son silence, s'il estime ne pas avoir à faire la chanson de trop...

Mais vous aimeriez le voir revenir ?

D.V. : Évidemment ! Sa plume nous manque pour parler de notre époque. Après, c'est une affaire entre lui et lui...

Qu'est-ce qui, selon vous, explique sa dépression, son retrait du monde ?

D.V. : L'impossibilité absolue de vivre en cohérence avec ses utopies et sa soif de fraternité. Et puis, Renaud n'arrive pas à faire le deuil d'une enfance qui est son paradis perdu. Au point d'avoir dit : L'idée de ce qui a été et qui n'est plus me désespère.

Conserve-t-il encore sa faculté d'indignation ?

D.V. : Aujourd'hui sa colère est intérieure ; il est beaucoup plus dans la résignation. Mais il réapparaît, de temps en temps. On l'a vu se mobiliser contre Ebola et, le 11 janvier, il défilait à Paris, après les attentats.

Est-il toujours, selon ses propres termes, autodestructeur mais pas suicidaire ?

D.V. : Oui. Il reste attaché à la vie et les témoignages d'affection le bouleversent. Cela lui permet, aussi, de tenir.

Même si l'alcool ne l'aide pas à remonter la pente...

D.V. : Il y a des hauts et des bas. Mais cela me parait moins le c½ur du problème que son manque d'inspiration ou son refus d'être moins exigeant artistiquement...

Où vit-il, essentiellement ?

D.V. : À l'Isle-sur-la-Sorgue, dans le Vaucluse, même si le titi Parisien qu'il est passe, parfois, à la capitale. Il est d'ailleurs venu, en mars, pour la projection du film. Ce jour-là, j'ai vu un bel arbre. Ému et content de ce que nous lui avons montré. Puis il est allé rendre visite à sa fille, Lolita, qui a également pu regarder ce documentaire sur son père...

Si, avec Hexagone ou Miss Maggie, le Renaud engagé s'est souvent manifesté, ne restera-t-il pas dans la mémoire collective comme le poète tendre de Mistral gagnant ?

D.V. : Vous avez raison ! C'est une chanson qui lie des gens très différents et n'a cessé d'accompagner les Français dans les moments importants de leur vie.

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