Le roman de Renaud
Vingt-six chansons pour retrouver le docteur Renaud et faire oublier
mister Renard. Le chanteur est en concert ce vendredi au Zénith
de Rouen et reviendra en juin prochain.
Sa tournée marathon a débuté en décembre
dernier. Quatre-vingt-cinq dates à travers toute la France,
trois passages au Zénith de Paris et deux dans la capitale
haut-normande pour cause de succès. Ce soir, le concert de
Renaud au Zénith de Rouen affiche complet et les locations
pour un second, le 12 juin prochain, sont d’ores et déjà
ouvertes.
Après six mois de boucan d’enfer, Renaud fait le plein partout
où il passe. Depuis Laval et la première date de sa
tournée, les fans sont au rendez-vous. « Je suis allé
voir Renaud à Laval, je ne vous décrirai pas le concert,
juste dire que monsieur Renaud est de retour, un très grand
monsieur Renaud », glisse un aficionado sur le site internet
qu’il consacre au chanteur. D’autres, enchantés et plus loquaces,
dévoilent le programme des vingt-six chansons que Renaud, accompagné
de sept musiciens, distille sur scène. Des vieilles-vieilles,
des vieilles, des récentes avec l’album Marchand de cailloux
(douze ans tout de même) et une dizaine de nouvelles issues
de Boucan d’enfer.
Gavroche ouvre le bal avec son Docteur Renaud, Mister Renard, marche
à l’ombre, fait souffler le vent, laisse béton, résume
les cinq dernières années de sa vie avec Pochtron et
glisse les dernières notes dans son HLM. Avec en prime un orchestre
au grand complet et un décor de village un soir de fête
nationale.
Un retour attendu
« Magnifique, génial, superbe », s’enthousiasme
Nataly, une autre internaute, le lendemain du concert de Laval. «
Il a explosé la salle polyvalente, Renaud. Il a réussi
son retour. Au revoir Renard, à bientôt Renaud ».
A nouveau sur le devant de la scène, Renaud n’en est jamais
vraiment descendu. D’octobre 1999 à mars 2001, accompagné
de Jean-Pierre (Titi) Buccolo à la guitare et d’Alain Lanty
au piano, le chanteur a écumé deux cents petites salles
françaises. Une tournée intimiste, des concerts parfois
en demi-ton mais toujours devant des salles pleines. Pas de doute,
son retour comme celui de Gérard Lambert, était attendu.
Renaud se retrouve, les spectateurs retrouvent Renaud, même
ceux qui n’étaient pas nés au temps de ses premiers
récitals à la pizza du Marais… Près de trente
ans après, Renaud a toujours les tripes à fleur de peau.
O.C.
Huit ans sans album
Entre La Belle de mai et Boucan d’enfer, son dernier disque sorti
l’an dernier, les fans de Renaud auront dû attendre huit longues
années. Depuis Amoureux de Paname et son fameux Hexagone en
1975, Renaud a sorti onze albums studio et cinq albums live.
Véritablement révélé en 1977 avec Laisse
Béton et Germaine, le chanteur au Perfecto cartonne deux ans
plus tard avec Ma gonzesse, celle qu’il est avec, Sans dec et Chanson
pour Pierrot. En 1980, Renaud Marche à l’ombre, invente le
personnage récurrent de Gérard Lambert et stigmatise
son HLM. Gérard Lambert fait son retour un an plus tard et
Renaud en profite pour écorner les beaufs. En 1983 sort Morgane
de toi, avec des tubes comme En cloque, Dès que le vent soufflera
ou encore Le déserteur. Il s’attaque en 1986 au Premier ministre
britannique avec Miss Maggie dans son Mistral gagnant. Deux ans plus
tard, il rend hommage à son pote Coluche dans Putain de camion.
Il revient en 1991 avec Marchand de cailloux. L’année suivante,
il rend hommage aux ch’timis avec Renaud cante el nord. La Belle de
mai sort en 1994, Renaud chante Brassens en 1996. Ces trois albums
ne rencontrent pas véritablement leur public. Il faudra attendre
Boucan d’enfer pour le voir renouer avec le succès. Et quel
succès !
Supplément « Sortir » n°61 (24 au 30 janvier)
du quotidien régional Paris-Normandie.
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