Bon.
Ben décidément, la question est grave compliquée.
Je me souviens qu'au moment de ses premières frasques, je l'avais interviewé le Dieudonné.
Et je l'avais suivi à fond dans son argumentation.
En gros, ça disait (ce ne sont plus ses mots exacts hein) :
« c'est comme s'il y avait un monopole de la souffrance, moi quand je veux faire un film sur le Code noir on refuse de me subventionner, ou alors 'faudrait que je fasse obligé un documentaire. Or je veux faire une fiction. Va-z-y demande des subventions pour une fiction sur la Shoah, là tu les obtiendras... »
Bref, il me dénonçait un « deux poids deux mesures », et 'faut bien dire que depuis dix ans que je vis en Guyane, je suis d'accord avec lui sur le mal qu'a l'Etat français à admettre l'horreur du Triangle noir. La loi Taubira reconnaissant l'esclavage comme crime contre l'humanité ne date que de 2000... on venait de fêter le cent-cinquantenaire de l'abolition... on y aura mis en temps !
Donc, d'acc à 100 % sur le sujet. D'acc avec Maxx, au départ c'est qu'un sketch et rien de plus
(je maintiens par ailleurs que je tiens Dieudo pour un très bon humoriste). C'est un peu vrai qu'on peu plus trop rien dire today, de peur de se retrouver attaqué en justice pour tout et portnawak (même si j'entendais je sais plus qui dire l'inverse hier sur France Inter)
Et je dois dire aussi, qu'à l'époque, ça me gavait ce discours bien pensant qui criait de suite à l'antisémitisme... je pensais naïvement - comme une bécasse que je suis - que l'antisémitisme appartenait à la génération de mes parents, l'après-guerre quoi, les histoires de « sale youpin » que perso j'ai jamais entendues. Depuis, j'ai vu des documentaires qui m'ont montré comment les gamins se la rejouent « Israël en Palestine et Bande de Gaza » dans leur cour de collège en banlieue. Notamment, celui de ce cinéaste qui revenait sur les lieux de son enfance, à Montreuil, et filmait la guerre que se livrait à l'époque le « lycée des Reubeus » contre le « lycée des Juifs ».
S'en est suivi une grande discussion ici-même, avec Rose-Bleue, notamment, qu'en connaît un rayon sur le sujet (l'est passionnante là-dessus

).
M'a bien fallu réaliser que hélas, l'antisémitisme existe et va même empirant, paraît-il. Ne pas oublier l'histoire d'Ilan Halimi, torturé à mort en 2006 (L'un des suspects avait fait savoir qu'il s'était attaqué à Ilan Halimi « car il était Juif, et qu'un Juif, c'est riche ».)
'faut le dire avec force : PLUS JAMAIS ÇA NON PLUS !
Et puis, plus récemment, Dieudo est revenu avec ses histoires. Y'a eu Le Pen parrain de sa gosse. Ça, rien à dire, il s'agit d'une affaire privée.
Mais, vraiment, faire monter un révisionniste sur scène...
Et là, paf, je suis prise d'un méga mal de tête

: j'avoue que je trouve TOUJOURS Dieudo bon humoriste. Puis-je dissocier l'œuvre de l'artiste ? Houlala, vite, une aspirine
Héhé

Tiens, ça me rappelle que dans son dernier pestacle, il nous avait dit, hilare : « suis obligé de venir me cacher en Guyane, 'veulent plus de moi à Paris, j'ai un peu déconné... »
Finalement, à voir ses déprogrammations en cascade, 'va peut-être bien plus avoir d'autre choix que de revenir nous voir à Cayenne
Milou

ouaf
