Docteur Renaud Mister Rebelle
Il a rangé sa moto, son HLM, ses excès, sa clope, mais il reste toujours de la graine d'« anar » chez le titi Renaud.
Avec le partenariat de La Nouvelle République
Hier soir, sur une scène en toit parisien, le chanteur n'a pas oublié de mettre des accents de révolte dans son romantisme. Une bonne droite décochée à la gauche : « Un drapeau tricolore ? Il n'y en a même pas de la fraternité et de la dignité internationale ! Y 'a vraiment des cailloux à la gueule qui se perdent ! » Les luttes d'hier inspirent toujours le quinqua, même si, dans son costume noir, chemise blanche et cravate rouge, il se voûte légèrement. Il voit encore des intifadas partout, enchaîne contre les 500 connards du Paris-Dakar, réunit « les électrices de Le Pen et les électeurs de Sarko » dans « Les Fachos ». La dent est dure, la langue tendre. « Vous entendez bien, dans ce hangar à bestiaux ? Un petit Zénith, à Bourges, ça changerait de cette acoustique abominable ! » Message envoyé aux « Berruyers noirs » !
Le Renaud de « Rouge Sang », son dernier album, sait d'où il revient et ne rejette pas ses errements. « Je ne renie rien, j'ai une patate d'enfer. La vie, ça change, les chansons, ça reste ! ». Comme Docteur Renaud/Mister Renard.
L'anar a appris l'autodérision, s'allume une clope et l'éteint aussitôt : « Fumer, c'est être esclave ». Et ne manque pas de saluer celle qui est plus que sa muse, Romane. En plus de deux heures, Renaud offre sa trajectoire : rebelle et tendre.
C.B.

photo NR, Xavier Guérin
Les 2.500 fans n'ont pas été déçus par « leur » Renaud, râleur-poète.
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