Et le reste est littérature...
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Re: Et le reste est littérature...
Oula, euh... Merci beaucoup, je...
Re: Et le reste est littérature...
fais gaffe je crois que le grand, il veut te niquer .....
E kreiz an avel, atao!
Re: Et le reste est littérature...
Méfie toi, tu as une lourde responsabilité: Barbapapa a un nouveau maître, après Renaud: toi.
"La seule différence entre un fou et moi, c'est que moi, je ne suis pas fou".
- Blaise Poulossière
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Re: Et le reste est littérature...
Bien.
Je sais pas pourquoi, j' imaginais la voix de Patrick Deweare en lisant. (comme son petit speech au début de "Beau Père")
Je sais pas pourquoi, j' imaginais la voix de Patrick Deweare en lisant. (comme son petit speech au début de "Beau Père")
- Sophie du moulin
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Re: Et le reste est littérature...
Born , tu as peut-être bien raison, ça devient mielleux par ici! 
J'ai parfois la vie qui me pique les yeux mais je n'envie pas ceux qui gardent les yeux secs....


- Blaise Poulossière
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Re: Et le reste est littérature...
Peut-être, mais enfin ça nous change du fielleux !
Re: Et le reste est littérature...
Comment y en a qui demarrent au moindre mot gentil.... Tain vous préférez globule et zozo ou quoi ?lucien a écrit :Méfie toi, tu as une lourde responsabilité: Barbapapa a un nouveau maître, après Renaud: toi.
Aïdos a de l or dans le stylo, le smartphone pour le coup et surement dans le coeur.
Remarquable mon poteau ! Sans arrieres pensees. Oui mon maître aprés Renaud j assuuuume !
Je suis CHARLIE.... Liberté. Expression.
Re: Et le reste est littérature...
Peut être puis je humblement te conseiller, Rimbaud, Verlaine ou Baudelaire, voire Cantat? Les maitres, s'il en faut, se ramassent à la pelle....
"La seule différence entre un fou et moi, c'est que moi, je ne suis pas fou".
Re: Et le reste est littérature...
Allez, dans un autre style:
LE POUVOIR PESE 0,25 GRAMMES A PEU PRES
La dernière image que j'avais de lui, c'était celle-la: tous les mecs étaient passés avant moi, et c'était normal, ils avaient de l'argent, eux. Puis on s'était retrouvés tous les deux, et son regard me laissait rien présager de bon quant à la petite avance que je comptais lui demander. "Va te faire foutre, connard, la dernière fois, je t'ai dit que c'était la dernière fois". Il avait un putain d'humour! Mais la, j'étais en manque, et y'a pas grand chose qui fait vraiment marrer. "Bon, Papi, je t'ai toujours payé, tu le sais hein, je te ferais pas ça, on se connaît bien, même ton frangin il..." La, il avait balancé le sachet sur le trottoir, je m'étais baissé pour le ramasser, malgré tout j'avais encore mes réflexes, mais il avait mis le pied dessus. "Tu te mets à genoux, et il est à toi." C'était 1/4, de quoi tenir jusqu'en milieu d'aprem, maxi. J'ai pas hésité une seule seconde. Je me suis agenouillé. Et il s'est barré, sans même un regard pour la pauvre merde que j'étais devenu. Ce mec avait jamais pris de came de sa vie, même si elle le faisait vivre, mais il avait très bien saisi le fonctionnement du truc.
Et là, il était là, devant moi. Les choses avaient tourné, j'avais laissé tomber l’héroïne comme quand une histoire d’amour dont on sait qu’elle est perdue d’avance se termine. C’était le passé. J’en avais chié, mais c’était le passé. Enfin bref, Papi se tenait devant moi, un peu moins sur de lui que la dernière fois qu’on s’était vus.
- Tout va bien, camarade Papi?
- Ben tu vois bien que non… tu vas pouvoir m’aider, hein ?
- Heuuu… ben faut voir, quand même. T’as des sous ?
Moi aussi, j’avais un putain d’humour. J’avais passé les concours, et réussi celui pour bosser dans la PJJ (Protection de la Jeunesse Joyeuse) ; en quelque sorte, mon boulot consistait à examiner les projets des mecs que Sarko rêve de voir en tôle (condamnés pour des petits délits mais vu la surpopulation dans les prisons, on faisait semblant de leur laisser une deuxième chance, en attendant de rétablir la peine de mort), voir si ça tient la route et si on pourra faire quelque chose de ces petits salopards. En règle générale, je faisais tout ce que je pouvais pour les aider, et surtout à pas retomber. Mais la…
- Putain, Laurent, déconne pas… En souvenir des fois où je t’ai dépanné…
- Ha ha ha. Bon, sérieusement, t’as un projet ? Tu comptes leur monter quoi, comme bateau ?
- Ben, j’avais pensé à un CAP…
- Ha ouais ouais, CAP vente, ce serait une bonne idée, ça ! Tu devrais t’en sortir, t’étais plutôt bon à l’époque. Ou dans les Pompes Funèbres…
- Fais pas le con, putain ! Je risque cher, la !
- Ouais, en effet… de 18 mois à 2 ans. C’est pas cool, de braquer un tabac tenu par des petits vieux, quand même. T’as pas vraiment changé, toi, question morale.
Pour être franc, j’étais méchamment emmerdé. J’avais aucune envie d’aider ce pourri, aucune envie non plus de le voir devenir bien plus pourri encore en prison. Je m’étais déjà retrouvé face à des mecs dont je savais pertinemment qu’ils me menaient en bateau, mais j’avais toujours fait le pari de l’optimisme, comme c’était écrit dans les livres. J’avais déjà regretté, et d’autres fois non. La, pour le coup, j’avais bien envie de le faire chier, histoire de me laisser un peu de temps.
- Bon Papi, je sais pas… franchement, je sais pas. J’ai pas l’impression que ce soit bien sérieux, ton histoire de CAP vente.
- Arrête, je veux pas faire vendeur, je veux faire maçon.
- Maçon ?? Mais tu veux dire bosser, et tout ? Me prends pas pour un con, jamais tu t’es levé avant 2 heures de l’aprem. Non mais je te vois bien préparateur en pharmacie, un truc comme ça… Ou flic, tu t’y connais, en humiliations, puis y’a pas besoin d’avoir inventé la poudre…
Bon, j’en rajoutais un peu.
Finalement, je lui ai donné un coup de main pour monter son truc. Y’avait plus de place en maçonnerie, alors il a fait peinture. Quand j’ai appris que ce con la s’était cassé la gueule de l’échafaudage en repeignant un immeuble en rose, j’ai pensé à lui 5 secondes. Puis la vie a continué.
LE POUVOIR PESE 0,25 GRAMMES A PEU PRES
La dernière image que j'avais de lui, c'était celle-la: tous les mecs étaient passés avant moi, et c'était normal, ils avaient de l'argent, eux. Puis on s'était retrouvés tous les deux, et son regard me laissait rien présager de bon quant à la petite avance que je comptais lui demander. "Va te faire foutre, connard, la dernière fois, je t'ai dit que c'était la dernière fois". Il avait un putain d'humour! Mais la, j'étais en manque, et y'a pas grand chose qui fait vraiment marrer. "Bon, Papi, je t'ai toujours payé, tu le sais hein, je te ferais pas ça, on se connaît bien, même ton frangin il..." La, il avait balancé le sachet sur le trottoir, je m'étais baissé pour le ramasser, malgré tout j'avais encore mes réflexes, mais il avait mis le pied dessus. "Tu te mets à genoux, et il est à toi." C'était 1/4, de quoi tenir jusqu'en milieu d'aprem, maxi. J'ai pas hésité une seule seconde. Je me suis agenouillé. Et il s'est barré, sans même un regard pour la pauvre merde que j'étais devenu. Ce mec avait jamais pris de came de sa vie, même si elle le faisait vivre, mais il avait très bien saisi le fonctionnement du truc.
Et là, il était là, devant moi. Les choses avaient tourné, j'avais laissé tomber l’héroïne comme quand une histoire d’amour dont on sait qu’elle est perdue d’avance se termine. C’était le passé. J’en avais chié, mais c’était le passé. Enfin bref, Papi se tenait devant moi, un peu moins sur de lui que la dernière fois qu’on s’était vus.
- Tout va bien, camarade Papi?
- Ben tu vois bien que non… tu vas pouvoir m’aider, hein ?
- Heuuu… ben faut voir, quand même. T’as des sous ?
Moi aussi, j’avais un putain d’humour. J’avais passé les concours, et réussi celui pour bosser dans la PJJ (Protection de la Jeunesse Joyeuse) ; en quelque sorte, mon boulot consistait à examiner les projets des mecs que Sarko rêve de voir en tôle (condamnés pour des petits délits mais vu la surpopulation dans les prisons, on faisait semblant de leur laisser une deuxième chance, en attendant de rétablir la peine de mort), voir si ça tient la route et si on pourra faire quelque chose de ces petits salopards. En règle générale, je faisais tout ce que je pouvais pour les aider, et surtout à pas retomber. Mais la…
- Putain, Laurent, déconne pas… En souvenir des fois où je t’ai dépanné…
- Ha ha ha. Bon, sérieusement, t’as un projet ? Tu comptes leur monter quoi, comme bateau ?
- Ben, j’avais pensé à un CAP…
- Ha ouais ouais, CAP vente, ce serait une bonne idée, ça ! Tu devrais t’en sortir, t’étais plutôt bon à l’époque. Ou dans les Pompes Funèbres…
- Fais pas le con, putain ! Je risque cher, la !
- Ouais, en effet… de 18 mois à 2 ans. C’est pas cool, de braquer un tabac tenu par des petits vieux, quand même. T’as pas vraiment changé, toi, question morale.
Pour être franc, j’étais méchamment emmerdé. J’avais aucune envie d’aider ce pourri, aucune envie non plus de le voir devenir bien plus pourri encore en prison. Je m’étais déjà retrouvé face à des mecs dont je savais pertinemment qu’ils me menaient en bateau, mais j’avais toujours fait le pari de l’optimisme, comme c’était écrit dans les livres. J’avais déjà regretté, et d’autres fois non. La, pour le coup, j’avais bien envie de le faire chier, histoire de me laisser un peu de temps.
- Bon Papi, je sais pas… franchement, je sais pas. J’ai pas l’impression que ce soit bien sérieux, ton histoire de CAP vente.
- Arrête, je veux pas faire vendeur, je veux faire maçon.
- Maçon ?? Mais tu veux dire bosser, et tout ? Me prends pas pour un con, jamais tu t’es levé avant 2 heures de l’aprem. Non mais je te vois bien préparateur en pharmacie, un truc comme ça… Ou flic, tu t’y connais, en humiliations, puis y’a pas besoin d’avoir inventé la poudre…
Bon, j’en rajoutais un peu.
Finalement, je lui ai donné un coup de main pour monter son truc. Y’avait plus de place en maçonnerie, alors il a fait peinture. Quand j’ai appris que ce con la s’était cassé la gueule de l’échafaudage en repeignant un immeuble en rose, j’ai pensé à lui 5 secondes. Puis la vie a continué.
"La seule différence entre un fou et moi, c'est que moi, je ne suis pas fou".
Re: Et le reste est littérature...
Hé chéri je vois le génie ou bon me paraît y a qu à sentir l émotion gagnerlucien a écrit :(c'est bien, camarade!)
Peut être puis je humblement te conseiller, Rimbaud, Verlaine ou Baudelaire, voire Cantat? Les maitres, s'il en faut, se ramassent à la pelle....
alors ok Rimbaud Verlaine Baudelaire ce qu on appelle les classiques pas trop actuels quoi....
bah Cantat désolé mais j ai un peu de mal à pas avoir le visage de Marie dans la tête quand j entends ce mec du coup je préfère l extraire de ma playlist.
Les mots qui sonnent bien au premier jet qui te prennent au coeur c est rare. Les trois quarts des pseudos createurs forcent, cherchent, se font du mal pour accoucher trois phrases sensibles qui n atteindront qu avec un bon marketing de mise en boucle sur les radios et tv le public.
Le génie c est autre choses. Ça coule de source. Y a pas de douleur.
Ça se lit simplement et ça gagne de suite la sphère émotion.
Aïdos j te kiff mec
Je suis CHARLIE.... Liberté. Expression.
Re: Et le reste est littérature...
Lucien j'adore ton dernier texte là... le début ça m'a fait penser à une chanson de Mano Solo... et la fin je sait pas à quoi ça m'a fait penser... ah si à un coup de coeur.
Le coup de coeur en fait c'est un peu comme un coup de boule mais qui tape dans les émotions et te casse le cerveau... c'est toujours mieux que le nez.
Le coup de coeur en fait c'est un peu comme un coup de boule mais qui tape dans les émotions et te casse le cerveau... c'est toujours mieux que le nez.
La première décision vient du coeur et l'intelligence, dont nous sommes tous dépositaire, doit faire ce que notre coeur décide.
La normalité n'est pas le summum de ce qui peut s'atteindre.
Anne-Claire Damaggio
La normalité n'est pas le summum de ce qui peut s'atteindre.
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- Sophie du moulin
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Re: Et le reste est littérature...
J'ai un peu de mal avec le cynisme de la fin même si trouve que c'est bien écrit et que ce cynisme est très réaliste.
Je ne sais pas pour vous, mais moi les gens qui m'ont fait des crasses et à qui il arrivent un truc malheureux, je me sens un peu schizophrène sur les bords: une part de moi ne peut s'empêcher de penser "bien fait! " et une autre ne peut s'empêcher de me mettre à leur place et d'être dans l'empathie et vraiment c'est quasi simultané ou plutôt chaque pensée chassant l'autre.... et vice versa ,ce pendant longtemps, pas comme le personnage de Lucien qui chasse l'idée facilement.
Je ne sais pas pour vous, mais moi les gens qui m'ont fait des crasses et à qui il arrivent un truc malheureux, je me sens un peu schizophrène sur les bords: une part de moi ne peut s'empêcher de penser "bien fait! " et une autre ne peut s'empêcher de me mettre à leur place et d'être dans l'empathie et vraiment c'est quasi simultané ou plutôt chaque pensée chassant l'autre.... et vice versa ,ce pendant longtemps, pas comme le personnage de Lucien qui chasse l'idée facilement.
J'ai parfois la vie qui me pique les yeux mais je n'envie pas ceux qui gardent les yeux secs....


Re: Et le reste est littérature...
moi j'ai bien aimé , mais a la place du mec du pjj, je l'aurais bien laissé dans sa merde.
E kreiz an avel, atao!
Re: Et le reste est littérature...
C'est pas cynique, c'est "nu", c'est "cru".
Et c'est bien.
C'est le titre qui donne toute sa saveur à l'ensemble, je trouve.
On dirait une fable de La Fontaine un peu dark et à la première personne.
Et c'est bien.
C'est le titre qui donne toute sa saveur à l'ensemble, je trouve.
On dirait une fable de La Fontaine un peu dark et à la première personne.
- Sophie du moulin
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Re: Et le reste est littérature...
Je n'ai pas la même définition que toi alors de ce qu'est un truc "cru"Aïdos a écrit :C'est pas cynique, c'est "nu", c'est "cru".
Un truc "cru" , c'est qu'il n'y a aucun artifice, rien qui puisse le rendre "beau" ou "laid"; or, quand c'est romancé, cela ne peut être "cru"!
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