Il est où ce putain de topic ciné ? saison 2

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Tha_moumou
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Re: Il est où ce putain de topic ciné ? saison 2

Message par Tha_moumou » 15 mars 2018, 21:43

Non mais c'est pas une fin ouverte. Au contraire c'est complètement résolu. "On verra en route" ou "on verra quand on y sera", je sais plus. C''est le truc qui reste à dire quand t'as compris qu'en fait personne ne maîtrise quoi que ce soit parce que c'est comme ça, c'est tout.

Par ailleurs Dixon ne suit pas le "chemin de la rédemption" après la lecture de la lettre. Il tombe par hasard sur des éléments de preuve qui parlent au fait qu'il est policier, et que justement il se considère sans doute avant tout comme tel, et c'est sur cette base qu'il accomplit ce qu'il accomplit après. Je n'y vois pas un changement d'attitude. Justement, c'est le regard qu'on peut porter sur son attitude du fait de ses actes qui change. Mais rien n'indique que le fond de sa personnalité ait changé, bien au contraire, il semble complètement englué dans ce qui le détermine. Et ça fait écho à ce que le chef avait dit plus tôt, que si on virait tous les racistes de la police, il resterait plus personne pour faire le boulot. De fait, il est raciste, et il finit par faire le boulot correctement.

Mais je l'ai vu y a un moment alors je dis peut-être n'importe quoi.

Tha_moumou
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Re: Il est où ce putain de topic ciné ? saison 2

Message par Tha_moumou » 18 mars 2018, 17:42

pj.jpg
J'ai beaucoup aimé et bien pris cher.
le nouvel observateur a écrit :Le geste politique est fort, le geste artistique, aussi fin qu'une coulée de harissa sur une montagne de loukoums.
Une bien bonne remarque de beauf à la limite du Michel Leeb grande période.

Je suis assez d'accord avec la critique des cahiers du cinema
En outre, comment croire à la colère qui gronde lorsque la ville est si peu filmée, concentrée à l’arrière-plan des visages des personnages ?
Ce qui donne un aspect un peu choral-nombriliste au film et amoindrit le propos. On ne voit pas vraiment la foule, et on n'a pas assez le temps de fréquenter les personnages.

Je m'interroge aussi sur la manière dont les femmes (et les filles) sont filmées de manière très appuyée. Peut-être une provocation libération pour le public marocain, mais on risque quand même de friser le cliché de la beurette.

Le film essaye de tout dire et réussit pas mal, mais du coup presque tout est dit trop vite (par exemple sur les relations entre femmes de milieux différents et le regard qu'elles portent les unes sur les autres, ou sur ce qu'il reste comme place pour les juifs au Maroc, etc).

Bon par contre c'est pas filmé avec les pieds, c'est même vraiment beau. Mais y a un côté "presque un grand film". Peut-être qu'il manque une heure, voire une heure et demie.
Vous n’avez pas les permissions nécessaires pour voir les fichiers joints à ce message.

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Lilibellule
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Re: Il est où ce putain de topic ciné ? saison 2

Message par Lilibellule » 19 mars 2018, 12:33

3 billboards je l'ai vu et j'ai aimé, mais avec quelques petits bémols. Ce film m'a émue, m'a fait rire aussi, m'a secouée, donc pour moi c'est un bon film.
Cependant, la fin m'a laissée un peu sur ma faim ( mauvais jeu de mots, mais je sais pas comment dire autrement). J'aime bien quand les réalisateurs font l'effort de terminer leur boulot. J'aime quand il y a une vraie fin, pas un truc qui reste en suspens.
L'autre chose que j'ai moins aimé c'est le revirement de Dixon, et là dessus je rejoins l'avis de Charlie :hello:
Je ne vois pas les choses comme tha Moumou, même si j'ai essayé suite à la lecture de son post.
Par contre je ne sais pas si c'est bourré de clichés, vu que je suis jamais allée là bas.

Charlie Brown
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Re: Il est où ce putain de topic ciné ? saison 2

Message par Charlie Brown » 19 mars 2018, 17:14

Tha_moumou a écrit :
15 mars 2018, 21:43
Non mais c'est pas une fin ouverte. Au contraire c'est complètement résolu. "On verra en route" ou "on verra quand on y sera", je sais plus. C''est le truc qui reste à dire quand t'as compris qu'en fait personne ne maîtrise quoi que ce soit parce que c'est comme ça, c'est tout.

Ouverte dans le sens où on ne sait pas ce qu’ils vont vraiment faire alors que la voiture s’éloigne sur la route, même si on se doute qu’ils vont laisser tomber leur hallucinante escapade vengeresse. Mais je suis d’accord avec toi.

Et ce que je voulais dire par irrésolution, c’est que McDonagh construit malgré tout son film comme un film policier avec une énigme à résoudre (trouver le violeur et assassin de la fille de Mildred) et qu’il ne la résout pas. Le shérif Willoughby explique d’ailleurs très bien en cours de film qu’on ne peut pas toujours tout résoudre, certes. Ce genre d’irrésolution me gêne rarement, tout dépend de comment se déroule le film, de l’intention de l’auteur. Or, dans celui-là, j’ai eu la sensation que cette façon de botter en touche était une facilité scénaristique, même si je comprends bien que le propos du réalisateur est plus de montrer des blessures, des cheminements, des évolutions de personnages... etc... que de résoudre une énigme. Cela dit, sur le coup, cette irrésolution de l’énigme m’a fait l’effet d’une énième tentative de prendre le spectateur à contre-pied, tout en le frustrant (car il s’attend plus ou moins à une résolution, le spectateur, et ce même si plus la fin approche, plus il se dit que tout cette dimension du film va finir en eau de boudin).

Tha_moumou a écrit :
15 mars 2018, 21:43
Par ailleurs Dixon ne suit pas le "chemin de la rédemption" après la lecture de la lettre. Il tombe par hasard sur des éléments de preuve qui parlent au fait qu'il est policier, et que justement il se considère sans doute avant tout comme tel, et c'est sur cette base qu'il accomplit ce qu'il accomplit après. Je n'y vois pas un changement d'attitude. Justement, c'est le regard qu'on peut porter sur son attitude du fait de ses actes qui change. Mais rien n'indique que le fond de sa personnalité ait changé, bien au contraire, il semble complètement englué dans ce qui le détermine. Et ça fait écho à ce que le chef avait dit plus tôt, que si on virait tous les racistes de la police, il resterait plus personne pour faire le boulot. De fait, il est raciste, et il finit par faire le boulot correctement.

Je n’avais pas vu ça comme ça, mais oui, ça se tient.

Il n’empêche que c’est après lecture de la lettre du shérif, et après sa mise à pied (ou son renvoi, je sais plus) de la police, qu’on a l’impression que l'attitude de Dixon change, même s’il ne change peut-être pas fondamentalement, comme tu dis (englué, qu’il serait, dans ce qui le détermine), et que je trouve qu’il a l’air d’emprunter une sorte de "chemin de la rédemption". Pas parce qu'il fait correctement son boulot de flic, mais par son changement d’attitude envers Mildred, ou envers le type de l’agence de location de panneaux publicitaires qu’il a tabassé (assortie de l’acceptation d’une homosexualité refoulée ?), par le fait que sa haine et sa soif de vengeance semblent l’abandonner alors que la voiture s’éloigne dans la scène finale, par exemple, aussi... McDonagh passe son temps à essayer de construire son film sur des sortes de faux-semblants, sur le "personne n’est tout noir ou tout blanc", comme je le disais précédemment, sur la volonté de surprendre le spectateur, et en ce sens, le personnage de Dixon est un peu le parangon de son film, je trouve. On passe d’un film centré sur Mildred à un film centré sur Dixon à partir de la lecture de la lettre (des lettres, même), avec Willloughby comme pivot et révélateur des deux personnages.

Bon, cela dit, pour moi, ça reste un bon film, mais je maintiens toutes mes réserves quant à sa construction et à son propos "systématiques".

Lilibellule a écrit :
19 mars 2018, 12:33
Par contre je ne sais pas si c'est bourré de clichés, vu que je suis jamais allée là bas.

Moi non plus, je ne suis jamais allé là-bas, mais ça ne m'empêche pas de trouver cette peinture du Midwest (limite sudiste, c'est le Missouri quand même) un peu caricaturale. Parce qu'il y met vraiment tout dedans ! Tu t'attends à ce que cette partie des USA soit raciste, sexiste, homophobe, inculte, violente ? Eh bien il n'a pas du tout envie de te détromper, bien au contraire. Et c'est bien la seule chose sur laquelle il n'essaye pas de prendre le spectateur à contre-pied, d'ailleurs. Du coup, ça m'a un peu gêné. D'autant que j'ai déjà vu des films américains (écrits et réalisés par des Américains, je veux dire) bien plus fins sur ces régions de l'Amérique plus ou moins "profonde"...

Et sinon, salut aussi ! :-D

les artisans a écrit :
14 mars 2018, 22:49
Charlie Brown a écrit :
14 mars 2018, 22:40

P.S. : Ah tiens, merde, je trouve plus le bouton "image" pour poster les affiches de films. Il a disparu dans la quatrième dimension... Chier ! :? :-(
Il te faut aller voir par la> viewtopic.php?f=3&t=28039

Merci !

Effectivement, c'est un peu plus chiant qu'avant. Faut d'abord que je télécharge l'image sur ma machine avant d'aller chercher le fichier pour le joindre...
Bon, on verra si j'ai pas trop la flemme... :? :-)
C'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule !

Tha_moumou
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Re: Il est où ce putain de topic ciné ? saison 2

Message par Tha_moumou » 19 mars 2018, 19:36

OK je vois ce que vous voulez dire.

C'est marrant parce que justement sur le coup j'ai trouvé la fin fabuleuse et le film vraiment fini.

Comme quoi.

Mais quand même, l'enquête policière on s'en fout. D'ailleurs il y a eu une enquête, et ils ont rien trouvé du tout, c'est une affaire classée, y a plus d'enquête, justement.

C'est un film sur le deuil, pas sur un meurtre. Et Dixon se trouve en deuil à son tour à un moment, et oui c'est là que le film dévie.

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Lilibellule
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Re: Il est où ce putain de topic ciné ? saison 2

Message par Lilibellule » 20 mars 2018, 06:59

C'est vrai, tu as raison, c'est un film sur le deuil et de ce point de vue, la fin est une vraie fin. C'est juste qu'on s'identifie à Mildred (moi en tout cas) et on veut savoir. Pour avancer dans le deuil, finalement.

Par contre j'ai pas trouvé autant de clichés que Charlie. Y a que Dixon qui est un gros cliché de sudiste raciste, mais les autres personnages ne le sont pas, il me semble, et le nouveau chef de la police est noir et bien accueilli il me semble.

Charlie Brown
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Re: Il est où ce putain de topic ciné ? saison 2

Message par Charlie Brown » 21 mars 2018, 21:48

Tha_moumou a écrit :
19 mars 2018, 19:36
OK je vois ce que vous voulez dire.


C'est marrant parce que justement sur le coup j'ai trouvé la fin fabuleuse et le film vraiment fini.

Comme quoi.

Ah mais la fin, en soi, est très bien (j'irais pas jusqu'à "fabuleuse" mais bon... :-) ). Avec une des plus belles scènes du film comme je le disais précédemment. N'empêche que :

Tha_moumou a écrit :
19 mars 2018, 19:36
Mais quand même, l'enquête policière on s'en fout. D'ailleurs il y a eu une enquête, et ils ont rien trouvé du tout, c'est une affaire classée, y a plus d'enquête, justement.

Certes. Mais le but de Mildred est de provoquer une réouverture de l’enquête. Et une partie du film est construite sur ça. Le spectateur s’attend malgré tout à ce que des éléments nouveaux apparaissent suite à sa démarche. De fait, comme dans un film policier "classique", le réalisateur instille des moments de doute, sur tel ou tel personnage (enfin, c’était mon ressenti pendant le film, faudrait que je le revoie). Et puis Dixon sauve le dossier des flammes, bien décidé à reprendre l’enquête. Suite à la conversation qu’il surprend dans le bar, la machine semble relancée. Sans compter ce que j’ai précédemment appelé l’intervention "what the fuck" du gars dans la boutique où travaille Mildred, qui vient la menacer et lui laisse entendre que c’est peut-être bien lui le violeur et assassin de sa fille. Bref... Même si on voit bien que la résolution ou, à défaut, l’avancement de l’enquête, n’est pas le but principal du film et du réalisateur, il met quand même pas mal d’éléments pour orienter par moments le spectateur vers une attente qu’il prendra plaisir à frustrer dans le même temps, à mesure que la fin du film approche.

Tha_moumou a écrit :
19 mars 2018, 19:36
C'est un film sur le deuil, pas sur un meurtre. Et Dixon se trouve en deuil à son tour à un moment, et oui c'est là que le film dévie.

Oui oui, je suis bien d’accord. N’empêche que... :-)

Lilibellule a écrit :
20 mars 2018, 06:59
C'est vrai, tu as raison, c'est un film sur le deuil et de ce point de vue, la fin est une vraie fin. C'est juste qu'on s'identifie à Mildred (moi en tout cas) et on veut savoir. Pour avancer dans le deuil, finalement.

Par contre j'ai pas trouvé autant de clichés que Charlie. Y a que Dixon qui est un gros cliché de sudiste raciste, mais les autres personnages ne le sont pas, il me semble, et le nouveau chef de la police est noir et bien accueilli il me semble.

Alors, je n’emploierais pas le mot "cliché". J’ai juste dit que sur ce chapitre le film était un peu caricatural. :-)

Et il n’y a pas que Dixon, qui est effectivement une somme à lui tout seul (raciste, sexiste, homophobe, inculte, violent, pour employer des adjectifs que j’ai déjà employés plus tôt). Y’a sa mère aussi, par exemple. Et Mildred n’est pas exempte de quelques-unes de ces "tares", au moins en ce qui concerne la violence. De même que son mari. Entre autres...

Quant à la question du racisme et, plus largement, des personnages noirs du film, j’avoue que je reste dubitatif. Ils sont traités un peu par-dessus la jambe, un peu comme des pis-aller, des gens sans réelle importance, qui ne servent qu’accessoirement, et toujours par rapport aux deux protagonistes principaux du film. Le nouveau shérif est noir. Et ?... Et alors, rien. Il ne devient pas un personnage important de la seconde partie du film, comme avait pu l’être Willoughby dans la première partie. Il sert à une ou deux situations, un ou deux dialogues bien sentis, voire amusants. Et puis c’est tout. La collègue de Mildred que Dixon fait arrêter pour faire pression sur cette dernière est sûrement choisie parce qu’elle est noire, histoire de montrer un peu plus le racisme évident de Dixon, mais ça s’arrête là. Son personnage n’est jamais creusé, ni vraiment présenté. Le jeune Noir qui vient aider Mildred à réparer les panneaux fait une apparition éclair. Et puis c’est tout. Alors que Dixon est présenté comme ouvertement raciste (avec passages à l’acte violents), personne ne s’en émeut vraiment. On dit qu’il est un peu con et sous l’emprise d’une mère castratrice, et voilà. Il reste flic. Il n’est mis à pied qu’après la défenestration du responsable de l’agence de location des panneaux. Alors certes, McDonagh, qui a déjà mis beaucoup de choses dans son film, ne peut pas traiter tous les aspects du film sur le même plan, avec la même profondeur, mais quand même, cette légèreté de traitement sur un aspect pourtant fondamental de sa peinture de ce coin des USA m’a un peu gêné pendant la vision du film.

Et vraiment, je pense que tout ça est dû au fait que ce n’est pas un réalisateur américain, qui aurait baigné dans une certaine culture américaine.
Pour prendre un exemple proche de l’univers qu’a voulu peindre McDonagh et dont il a quand même l’air de s’inspirer ouvertement (ne serait-ce que par l’emploi de Frances McDormand, mais pas que...), je n’ai jamais ressenti ça dans les films des frères Coen (que je trouve d’ailleurs en général plus maîtrisés, plus profonds, avec un humour qui s’insère vraiment dans la texture du film).

Mais bon, ça ne change rien à la bonne tenue et la bonne qualité de ce film, globalement, et, comme toi, j’ai quand même ressenti plein de choses durant la projection. :wink:

D’ailleurs, vu tout ce que j’ai pris la peine d’écrire sur ce film (poussé par Moumou, faut dire), je peux pas dire qu’il m’ait laissé indifférent, et je le trouve même très intéressant, malgré les quelques réserves que je tente laborieusement d’exposer. :? :-D
C'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule !

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Re: Il est où ce putain de topic ciné ? saison 2

Message par Lilibellule » 22 mars 2018, 12:00

J'ai suivi ton conseil Charlie, j'ai regardé Moi, Tonya et je suis du même avis que toi. Un film excellent que je conseille aussi de voir, même si on n'est pas fan de patinage, ce qui n'est pas mon cas puisque j'adore ce sport. Je raconte rien, regardez le c'est tout!

Tha_moumou
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Re: Il est où ce putain de topic ciné ? saison 2

Message par Tha_moumou » 22 mars 2018, 17:10

Je vais pinailler.
Charlie Brown a écrit :
21 mars 2018, 21:48

Quant à la question du racisme et, plus largement, des personnages noirs du film, j’avoue que je reste dubitatif. Ils sont traités un peu par-dessus la jambe, un peu comme des pis-aller, des gens sans réelle importance, qui ne servent qu’accessoirement, et toujours par rapport aux deux protagonistes principaux du film.
Un peu comme dans la vraie vie, quoi. Un grand nombre de personnages traités par-dessus la jambe qui mériteraient qu'on s'y attarde plus, et singulièrement dans les moments où on a vraiment la tête dans le cul, comme par exemple quand on vient de perdre un proche et qu'on est en train de chercher quel bordel de putain de sens à la con ça peut avoir.

Ajoute à ça que le fait que le nouveau chef soit noir parachève l'effondrement de l'univers limité de Dixon (ce personnage sort d'ailleurs de sa vie).

Je vois ce que tu veux dire. Je me demande juste si ce n'est pas complètement fait exprès.

En tout cas à aucun moment je ne me suis attendu à la survenue d'éléments de résolution. Quant au but de Mldred, il est à mon avis bien plus de continuer à ne pas accepter la mort de sa fille, dont elle est d'ailleurs en très grande partie responsable sur le plan des circonstances : le "ah tiens, en fait si j'avais réagi autrement, ça ne serait pas arrivé". Ce qu'elle pouvait maîtriser, elle ne l'a pas maîtrisé parce qu'elle ne savait pas, et pas de retour en arrière possible, et donc d'une certaine manière c'est elle la coupable, elle le sait et comme le meurtrier n'a pas été trouvé elle ne peut partager cette culpabilité avec personne.

C'est à dire que là où tu sembles voir des grosses ficelles et un manque de maîtrise, je persiste à me demander si ce n'est pas au contraire la preuve d'une très grande finesse d'écriture. (Mais je t'ai dit, c'est pour pinailler).

D'ailleurs la mort de Willoughby est intéressante de ce point de vue. Il sait que tout le monde va penser que Mildred en est la cause alors que ça n'a rien à voir, parce qu'il anticipe la recherche de culpabilité propre à la mort violente et les errements de la recherche de sens. Sa lettre est d'ailleurs longue et précise.

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Blaise Poulossière
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Re: Il est où ce putain de topic ciné ? saison 2

Message par Blaise Poulossière » 22 mars 2018, 20:56

J' ai pas encore vu ce film mais c' est en projet.

Là je me fais une cure de "Massacre à la tronçonneuse", "Vendredi 13", "Ré-amimator", "Le retour des morts-vivants", "Amityville", "Evil Dead"... :-D

Charlie Brown
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Re: Il est où ce putain de topic ciné ? saison 2

Message par Charlie Brown » 22 mars 2018, 22:48

Tha_moumou a écrit :
22 mars 2018, 17:10
Je vais pinailler.

Cool. :-)

Tha_moumou a écrit :
22 mars 2018, 17:10
Je vois ce que tu veux dire. Je me demande juste si ce n'est pas complètement fait exprès.

Je pense que oui. Mais je ne sais pas si c'est bien ou pas...
Bon, allez, on va dire que c'est bien.

Tha_moumou a écrit :
22 mars 2018, 17:10
En tout cas à aucun moment je ne me suis attendu à la survenue d'éléments de résolution. Quant au but de Mldred, il est à mon avis bien plus de continuer à ne pas accepter la mort de sa fille, dont elle est d'ailleurs en très grande partie responsable sur le plan des circonstances : le "ah tiens, en fait si j'avais réagi autrement, ça ne serait pas arrivé". Ce qu'elle pouvait maîtriser, elle ne l'a pas maîtrisé parce qu'elle ne savait pas, et pas de retour en arrière possible, et donc d'une certaine manière c'est elle la coupable, elle le sait et comme le meurtrier n'a pas été trouvé elle ne peut partager cette culpabilité avec personne.

Tout à fait d'accord.

(Sauf sur la première phrase, bien évidemment, mais je n'y reviens pas. :-))

Tha_moumou a écrit :
22 mars 2018, 17:10
C'est à dire que là où tu sembles voir des grosses ficelles et un manque de maîtrise, je persiste à me demander si ce n'est pas au contraire la preuve d'une très grande finesse d'écriture. (Mais je t'ai dit, c'est pour pinailler).

Je ne sais plus si j'ai parlé de grosses ficelles, mais j'ai effectivement parlé de procédé grossier en ce qui concerne le côté systématique dans la volonté de prendre le spectateur à contre-pied et de montrer avec insistance que personne n'est tout noir ou tout blanc.

Mais dans l'ensemble, je suis d'accord avec toi, y'a quand même pas mal de finesse.

Je suis à deux doigts de relever ma note de 7 sur 10 à 8 sur 10 ! :-)


Blaise Poulossière a écrit :
22 mars 2018, 20:56
J' ai pas encore vu ce film mais c' est en projet.

Là je me fais une cure de "Massacre à la tronçonneuse", "Vendredi 13", "Ré-amimator", "Le retour des morts-vivants", "Amityville", "Evil Dead"... :-D

Ça va te paraître bien fade après ces... choses, là... :?
En même temps, ça va te faire tout drôle de revenir au... cinéma, du coup. :-)

(Rhooo c'est bon, je déconne, je sais bien bien que c'est autant du cinéma que... que... que les films des Chartots, tiens !)


Lilibellule a écrit :
22 mars 2018, 12:00
J'ai suivi ton conseil Charlie, j'ai regardé Moi, Tonya et je suis du même avis que toi. Un film excellent que je conseille aussi de voir, même si on n'est pas fan de patinage, ce qui n'est pas mon cas puisque j'adore ce sport. Je raconte rien, regardez le c'est tout!

Yeah ! Dans mes bras ! :-D
Smack ! :oops: :-D

Ce que j'ai beaucoup aimé, entre autres choses toutes aussi réussies, c'est cette capacité à te faire ressentir et toucher du doigt le drame de cette vie, le côté pathétique de cette histoire (vraie), tout en te faisant marrer tout le long du film. Du grand art. :-)
C'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule !

Tha_moumou
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Re: Il est où ce putain de topic ciné ? saison 2

Message par Tha_moumou » 28 mars 2018, 21:03

La moisson du week end :

Ghostland. Pas mal du tout pour un thriller à Twist, même si je m'interroge toujours sur d'où ça sort les mega gros tarés qu'il y a dans ces films.

Les bonnes manières. Vraiment bien et surprenant et intéressant, même si j'ai trouvé la deuxième partie un poil plus mollasonne que la première (paradoxalement, d'ailleurs). Peut-être que le film est juste trop dense.

Tesnota. Un peu éprouvant.

Aïdos
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Re: Il est où ce putain de topic ciné ? saison 2

Message par Aïdos » 31 mars 2018, 10:22

Je crains de ne pas avoir détesté Star Wars épisode 8.

Charlie Brown
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Re: Il est où ce putain de topic ciné ? saison 2

Message par Charlie Brown » 31 mars 2018, 14:33

Tha_moumou a écrit :
28 mars 2018, 21:03
La moisson du week end :

Ghostland. Pas mal du tout pour un thriller à Twist, même si je m'interroge toujours sur d'où ça sort les mega gros tarés qu'il y a dans ces films.

Les bonnes manières. Vraiment bien et surprenant et intéressant, même si j'ai trouvé la deuxième partie un poil plus mollasonne que la première (paradoxalement, d'ailleurs). Peut-être que le film est juste trop dense.

Tesnota. Un peu éprouvant.

Aucun ne m'a tenté. Je ne peux pas engager de discussion à la 3 Billboards... :-)

Aïdos a écrit :
31 mars 2018, 10:22
Je crains de ne pas avoir détesté Star Wars épisode 8.

Je crains même d'avoir beaucoup aimé.
Peut-être le meilleur épisode de la saga, pour moi... :-)




Et sinon, petit bilan hivernal.
Ce début d'année est très bien. Le meilleur depuis 2015 ! Je n'ai vu aucun véritable mauvais film pour l'instant. Je suis content. :-D

Parmi ceux que j'ai vus, je retiendrais surtout ceux-là :


Meilleur film du trimestre :


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Moi, Tonya, de Craig Gillespie

Craig Gillespie réhabilite la patineuse Tonya Harding, à sa manière. C'est drôle, enlevé, esthétiquement et formellement parfait, incarné par des acteurs très en forme, à commencer par les talentueuses Margot Robbie et Allison Jeanney (deux révélations en ce qui me concerne). Craig Gillespie dépoussière à la fois les genres du biopic et du film de compétition sportive (Battle of the Sexes de Valerie Faris et Jonathan Dayton avait déjà réussi la chose l'année dernière, et là, ça franchit encore une nouvelle étape). On sent tout le drame et le pathétique de cette histoire, tout en se marrant beaucoup. Le portrait de l'Amérique, de sa société, de son rêve, est exécuté (c'est le terme) avec précision. La galerie de portraits des aberrants losers, bras cassés et fracassés du bulbe qui peuplent le film et la vie de Tonya pourraient sortir tout droit de l'esprit des frères Coen, mais ils sortent juste de la réalité. Hilarant et effarant. Du tout bon !




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Pentagon Papers, de Steven Spielberg

La classe Spielberg à l’œuvre. Avec trois fois rien, Spielberg arrive à tenir son spectateur en haleine tout en rendant limpide une intrigue pas si simple. En se focalisant sur le volet Washington Post de l’affaire, il nous raconte comment un journal local est sorti de l’ombre pour grandir dans le sillage du New York Times, la référence des références. Il y glisse quelques réflexions d’actualité (sur les lanceurs d’alerte, la place des femmes, la nixono-trumpitude...…). C’est passionnant.


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Wonder Wheel, de Woody Allen

Un très bon mélodrame, assez noir et subtilement théâtral, qui prend de l’épaisseur et gagne en densité à mesure que le film avance. J’ai beaucoup pensé à Tennessee Williams (sur un mode allenien, certes) tout au long de la projection. Kate Winslet y est magistrale et le reste de l’interprétation est à la hauteur, tout comme la mise en scène, que l’octogénaire Woody maîtrise toujours avec brio ! Peu de surprises scénaristiques quand on connaît bien l’œuvre du bonhomme, mais un plaisir intact de se laisser embarquer une nouvelle fois dans un romanesque désenchanté et délicieusement désuet, pimenté d’une intéressante réflexion sur le théâtre de la vie, au sens propre comme au figuré.



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The Disaster Artist, de James Franco

Un peu comme pour Moi, Tonya, une vision décalée d’une histoire vraie, sur un des plus mauvais cinéastes de l’histoire (mais pas du tout sur un mode Ed Wood). C’est souvent drôle et pathétique, mais pas que… C’est assez touchant, en fait.



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La Belle et la Belle, de Sophie Filières

Très chouette film de Sophie Fillières, avec une idée de départ assez originale, ma foi. Margaux, début de vingtaine (Agathe Bonitzer), fait la rencontre d’elle-même, à la mi-quarantaine (Sandrine Kiberlain). Il ne faut pas chercher à comprendre, juste se laisser porter. C’est plein de jolies réflexions, l’air de pas trop y toucher, de bons dialogues et de scènes amusantes, et un travail intéressant sur les couleurs.



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Vers la lumière, de Naomi Kawase

Un photographe renommé qui perd la vue. Une jeune femme qui travaille dans l'audio-description afin de permettre aux aveugles de "voir" les films. Une histoire d'amour impossible et une jolie réflexion sur le cinéma. Parfois poignant, le film flirte un peu avec le pathos, sans jamais y tomber vraiment. Un subtil jeu d'équilibriste. C'est Ibrahim Maalouf qui habille le film se sa sensibilité musicale, et c'est assez réussi. Naomi Kawase s'améliore de film en film, elle a l'air de se bonifier avec le temps. C'est plutôt bon signe.



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Lady Bird, de Greta Gerwig

J'attendais Greta Gerwig plus décalée pour nous raconter, en solo, son histoire à forte teneur autobiographique. Et finalement, elle signe un film très classique sur le passage de l'adolescence à l'âge adulte, période toujours cinématographiquement passionnante, et ce classicisme lui va bien. Je la trouve en fait bien plus fine dans ce registre que lorsqu'elle écrit et réalise avec Noah Baumbach. Saoirse Ronan est parfaite dans le rôle, comme souvent.



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3 Billboards, de Martin McDonagh

Faudrait peut-être qu'on cause un peu de ce film, non ? :-)




(Oh putain ! :shock: Poster des images des affiches, c'est vraiment la merde ! Dès qu'on fait un aperçu, toutes les images disparaissent et faut tout recommencer du début, toutes les réimporter de la machine sur le post ! Une vraie galère. :? J'abandonne. :-( Tiens, je vais essayer de les placer en masse en fin de post...

EDIT : ouais, c'est vraiment la merde ! :? :-(

EDIT 2 : A part ça, j'ai très envie d'aller voir le deuxième nouveau Spielberg de l'année, Ready Player One, et aussi Red Sparrow, un peu (mais c'est juste parce que j'ai vu Jennifer Lawrence sur l'affiche... :-) )

EDIT 3 : Très bien le nouveau petit programme pour uploader les images. J'ai refait tout mon post avec, c'est classe. Merci. :wink: :-D
Modifié en dernier par Charlie Brown le 02 mai 2018, 14:50, modifié 1 fois.
C'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule !

Charlie Brown
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Re: Il est où ce putain de topic ciné ? saison 2

Message par Charlie Brown » 02 avr. 2018, 23:24

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Oh putain ! Je sors du cinoche. Je viens d'aller voir Ready Player One avec une copine. Qu'est-ce qu'on s'est fait chier ! :?

C'est pas inintéressant, en soi, cette anticipation sur les jeux et les mondes virtuels, mais c'est d'un chiant ! Même si l'action ne s'arrête jamais (ou plutôt parce que l'action ne s'arrête jamais - oui, je me fais souvent chier dans les films d'action pure, c'est pour ça que j'y vais peu), je me suis surpris plusieurs fois à penser à autre chose pendant la projection. Puis j'essayai de revenir au film, avec son esthétique de jeu vidéo insupportable, avant de re-décrocher. 2h20 comme ça, quand même ! Bon, peut-être que c'est juste parce que je ne suis pas un geek...

En plus, si j'ai bien tout compris, Halliday (si, si, je vous jure !), le concepteur du jeu de réalité virtuelle en ligne Oasis dans le lequel évoluent les protagonistes, à dû naître autour de 1970. Il a donc mon âge (peut-être même un peu plus) ! Toutes les références dont il truffe son monde virtuel (et donc Spielberg son film) datent des années 80 ! Des consoles Atari à Space Invaders, de la DeLorean à la moto d'Akira, du Jump de Van Halen qui ouvre le film à Take On Me de A-Ha... etc... etc... Bref, en plus de rendre le truc moyennement crédible (un gars de ma génération qui créerait ce genre de monde virtuel dans les années 2020, si j'ai bien tout compris, donc dans sa cinquantaine, c'est possible ? Et qui maîtriserait encore tout ça à sa mort en 2040, c'est possible aussi ? Bon je veux bien que Halliday soit pensé comme une sorte double de Spielberg, capable de faire ce genre de film à plus de 70 ans, mais quand même...), c'est marrant deux secondes mais ça finit vite par fatiguer, toutes ces références jetées gratuitement ça et là pour le seul plaisir du réalisateur et celui, plus ou moins "nostalgique", du "vieux" qui ira voir le film...

Bref, pour en revenir à mon post précédent, voici ma première véritable déception de l'année. Il fallait bien qu'il y en ait un qui amorce la série qui ne tardera sûrement pas à se poursuivre (comme je le disais, j'ai Red Sparrow dans le collimateur... :-) ). Wait and see...
Modifié en dernier par Charlie Brown le 02 mai 2018, 14:54, modifié 1 fois.
C'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule !

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