Renaud est il le fils spirituel de Brassens ?

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limace
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Enregistré le : 25 août 2005, 14:07

Message par limace »

Rien à voir avec le sujet mais quand je vois comment ça peut d'un coup nous tomber sous la gueule je pense à une phrase exceptionnelle de l'oncle Georges : "Est-il encore debout le chêne ou le sapin de mon cercueil ?". Désolé pour le côté macabre mais un chêne est tombé...
Quelle joie de chanter shalala... Quelle joie le rock'n roll !
Charlie Brown
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Message par Charlie Brown »

Après mon post précédent (et resté sans réponses) sur la "misogynie", je reprends le fil de la discussion...
pierrot perdu a écrit :Quatre-vingt-quinze fois sur cent est loin d'être la meilleure chanson de Brassens, je le conçois. Mais il ne fait aucun doute qu'elle n'est pas comparable à Pourquoi d'abord. Sa construction (introduction, développement, chute) ou les trouvailles de certaines expressions ("Ell' s'emmerd' sans s'en apercevoir", "ceux qui font des châteaux à Cythère"…) prouvent que cette chanson n'a rien, elle, de bâclé et qu'elle a été longuement travaillé. Musicalement la mélodie et le rythme tiennent la route, alors que Pourquoi d'abord sur ce plan est insignifiante. Vocalement, l'interprétation de Brassens est indiscutable, celle de Renaud est risible. Le principal point faible que je lui trouve se situe dans la versification, une des moins carrées de Brassens. Mais là encore, rien qu'en jettant un œil au premier couplet, on comprend que la richesse (relative) des rimes est supérieure au dialogue à deux balles "qui rime même pas".
Pierrot, je ne peux pas te laisser dire ça ! (de surcroît, Jul ne me le pardonnerait pas...)

Pourquoi d'abord ? n'est pas "insignifiante" sur le plan musical, comme tu dis...
Je ne te ferai pas l'affront de pointer le fait que cette chanson se réfère à la musique de cour médiévale, qu'elle a un côté troubadour, un côté fou du roi, bref un côté bouffon... C'est une bouffonerie clairement assumée !
Un délire quasi gratuit mais qui exprime certains thèmes majeurs que Renaud affectionne particulièrement dans ses chansons mais donnés à voir sous un jour ludique et novateur (je n'ai pas connaissance que quelqu'un avant lui (ni après lui d'ailleurs) ait eu recours à un tel procédé...) : les bourgeois, les curés, la religion, le pouvoir, les flics...
Et puis c'est la première fois que Renaud livre quelques unes de ses passions récurentes : les pâtes (ici les coquillettes, ailleurs ce seront les nouilles...), le musette, la bière, la clope, la chanson réaliste...

L'interprétation est de surcroît hilarante (et je pèse mes mots) : quand il prend sa voix d'insupportable gamin à qui on mettrait deux baffes, l'effet sur les zygomatiques est immédiat et redoutable !
Et puis le ressort comique est accentué par le procédé qui consiste non seulement à ne pas faire de rimes, mais en plus à en faire un élément final déterminant par la revendication, en pleine chanson, de ce procédé...
Enfin, il faut noter l'excellente référence, le magnifique clin d'oeil (involontaire ?... peu importe, c'est comme ça que je vois les choses...) au film Le grand chef, dans lequel Fernandel et Gino Cervi enlèvent un insupportable gosse de riche en vue de demander une rançon alléchante aux parents mais qui craquent et le rendent sans demander la rançon tellement le gamin leur a cassé les couilles au quotidien !
Quant à la mise en abyme que représente l'explication finale du dixième morceau, c'est tout simplement génial !...

Bref, le procédé narratif et l'interprétation relèvent du grand art et la musique accentue encore le côté décalé et hautement jouissif de la chose... A ma connaissance, il n'est pas d'équivalent à ce morceau dans toute l'histoire de la chanson française enregistrée !






P.S. : Pour les chansons "cul" et le côté grivois de Brassens, je vous rejoins entièrement, Michaël et toi. De même sur sa façon d’aborder l’homosexualité.
Cela dit, même si Le roi ou Fernande ne cassent pas des briques, elles ont indéniablement un côté gratuit qui mérite une certaine indulgence.
P.S. 2 : je suis aussi d'accord avec vous sur la proximité Fersen/Brassens... (toutes proportions gardées bien entendu...)
C'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule !
Lil'
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Message par Lil' »

Une chanson de Brassens, c’est quand même vachement moins misogyne qu’un magazine féminin, non ?
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Elle
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Message par Elle »

En quoi un magazine féminin est-il misogyne ??? :shock:
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pierrot perdu
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Message par pierrot perdu »

Charlie Brown a écrit :je n'ai pas connaissance que quelqu'un avant lui (ni après lui d'ailleurs) ait eu recours à un tel procédé
Charlie Brown a écrit :A ma connaissance, il n'est pas d'équivalent à ce morceau dans toute l'histoire de la chanson française enregistrée !
Là dessus, je te rejoins entièrement. J'ai beau cherché, personne n'a osé descendre aussi bas. :D
Charlie Brown a écrit :Un délire quasi gratuit mais qui exprime certains thèmes majeurs
N'est-ce pas un peu contradictoire, non ? :?
Charlie Brown a écrit :Cela dit, même si Le roi ou Fernandene cassent pas des briques, elles ont indéniablement un côté gratuit qui mérite une certaine indulgence.
:shock: Encore ! Mais ma parole, t'es obsédé par le côté gratuit des choses. Tu ne serai pas un peu radin ou téléchargeur dans l’âme, toi ? Si tu veux des chansons gratuites, je te conseille celles de Pagny ou Cocciante, elles ne sont même pas imposables (manquerait plus qu'on nous impose ça :evil: ). Je te connaissais adepte de la politique du pire avec Pourquoi d'abord, te voilà défenseur de celle du peer to peer ? :lol: :lol: :lol:
Elle a écrit :En quoi un magazine féminin est-il misogyne ??? :shock:
Roulé sur lui-même, un bon coup sur la gueule de celle qui lit des conneries au lieu de préparer à manger ou de faire la vaisselle, j'imagine que certaines âmes sensibles peuvent prendre ça pour de la misogynie. :roll:
Merde je ne joue plus pour tous ces pauvres types
J'ai bien peur que la fin du monde soit bien triste
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Médusa666
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Message par Médusa666 »

jul a écrit : il a l'air de se moquer du mâle alors qu'en fait, au second degré, il se moque aussi de la femme, qui simule la plupart du temps (mais pas 95 fois sur cent, le calcul est plus complexe) et finalement ne prend pas trop de plaisir aux choses de la chair. Je trouve ça assez dénigrant. Bien entendu cela n'enlève pas le premier degré qui se moque des "coqs".

J'ai beau chercher, je le vois pas ce second degré...
Dans le second couplet, il dit que la femme prend plaisir aux choses de la chaire, notamment quand elle est amoureuse, ou nynphomane, mais que dans les autres cas, il arrive qu'elle "s'emmerde sans s'en appercevoir", parce que les hommes ne sont alors pas capable de l' "émouvoir". Et dans ce cas là, elle simule, par pitié pour la virilité du pauvre mâle incompétant... :wink:

Quand au sexisme, je ne connais certainement pas aussi bien Brassens que vous, mais j'ai l'impression que s'il se retrouve dans ses chansons, c'est plus dans une description de la société dans laquelle il vivait, comme l'a dit Pierrot je crois ; il existait (et il existe encore ! ) une certaine vision traditionnelle des rôles des femmes et des hommes, qu'on retrouve dans la description du quotidien...
Mais Brassens a tout de même écrit la non-demande en marriage, que je trouve superbe, et qui pour moi montre tout le contraire d'un homme mysogine, puisqu'il refuse le marriage, la routine et le rôle de maîtresse de maison dévolu à la femme mariée, et qu'il préfère se conduire en éternel fiancé, ce qui pour moi signifie une prise de risque, puisque la femme peut partir à tout moment, n'étant pas liée par un contrat, et que donc à ce moment là l'homme doit continuer à faire des efforts et à lui être attentif, pour être sûr de la garder...
Bon, vous allez peut être voir un côté sexiste dans la chanson, puisque s'il rejette le rôle traditionnel de maîtresse de maison, le fait qu'il l'évoque montre qu'il reconnaît son existence, et qu'il y a un petit côté "homme qui fait sa cour", qui reste un peu "cliché" si on peut dire... Après, est-ce-qu'il envisageait de passer l'aspirateur et préparer le repas pour sa fiancée lorsqu'elle rentrait tard du boulot, la chanson ne le dit pas... :wink:
Mais bordel ! Où c'est qu'j'ai mis mon flingue !? Image
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Elle
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Message par Elle »

pierrot perdu a écrit :
Elle a écrit :En quoi un magazine féminin est-il misogyne ??? :shock:
Roulé sur lui-même, un bon coup sur la gueule de celle qui lit des conneries au lieu de préparer à manger ou de faire la vaisselle, j'imagine que certaines âmes sensibles peuvent prendre ça pour de la misogynie. :roll:
c'est bon, je vais te la préparer ta gamelle
Lil'
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Message par Lil' »

Elle a écrit :En quoi un magazine féminin est-il misogyne ??? :shock:
Sans doute à cause du défilé de clichés totalement caricaturaux à chaque page…
Maintenant, p’t’être que l’objectif volontairement humoristique de ce type de publications m’a échappé.
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Elle
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Message par Elle »

C'est une enigme dont la réponse repose sur le même principe que l'oeuf et la poule :

Les magazines féminins sont-ils le reflet d'une certaine population féminine ou est-ce ce genre de presse qui produit une catégorie de femmes ?

Perso, pour lire la presse féminine (oui, je lis et en plus je lis ça), je pense sincèrement que ça répond à certaines attentes de certaines femmes. mais, là où je te rejoins sur les clichés, c'est en regardant la publicité de ces magazines.
Maintenant, en lisant ce type de journaux, je me rends compte que le contenu resemble souvent aux conversations que je peux surprendre entre nanas (employées, cadres, jeunes, vieilles).

Et puis, toute la presse féminine n'a pas le même contenu (sisi je te jure). Mais je ne trouve pas ce que je cherche dans Elle ou Ds dans d'autres magazines comme Jeune et Jolie et 20 ans.

Elle, pro-misogynie si c'est ça la misogynie....
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may
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Message par may »

Renaud fils spirituel de Brassens??
Un élément de réponse ici:


http://www.dailymotion.com/search/renaud/video/4495
"Well now everything dies, baby that's a fact
But may be everything that dies someday comes back" Atlantic City (BRUCE S.)
Lil'
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Message par Lil' »

Elle a écrit : Les magazines féminins sont-ils le reflet d'une certaine population féminine ou est-ce ce genre de presse qui produit une catégorie de femmes ?
"Misogynie à part… il y a les emmerdantes… les emmerdeuses… et … les emmerderesses..."

Il me semble que c’est un peu le même principe que les horoscopes, nous faire croire qu’on nous parle de nous parce qu’on le vaut bien…Moi, perso une presse qui s’adresse à une population en fonction de son sexe, ça me fait un peu fuir, j’ai pas trop l’esprit de tribu…

Maintenant quand je parlais de clichés, je voulais pas juste évoquer la pub et les photos qui n’offrent pas grand-chose d’inattendu, mais après tout lancer ou suivre la mode c’est un peu leur fonction. Mais même les idées développées dans ces magazines se contentent de calquer l’air du temps, et les nanas qui les lisent se contentent souvent de les réciter. Donc là, je te rejoins sur une certaine ressemblance avec les conversations…

Quels que soient les sujets (people, politique, société…) que j’ai pu lire dans Elle, Marie-Claire, Biba… j’trouve quand même que les mots employés sont très simples, les idées simplistes, la vison du monde exposée extrêmement simplifiée, bref un truc pour filles… Bon d’accord, c’est pas pire que Le Parisien et en plus t’as des supers dossiers épilation (en gros, la même notice que dans la boîte de cire, mais étalée sur 3 pages...)
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Elle
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Enregistré le : 23 janv. 2005, 23:33

Message par Elle »

Mouais, j'ai l'impression de revivre une conversation de féministes pro Isabelle Alonzo vs Elisabeth Badinter avec ma coloc pseudo sociologue.

Les redites ça m'intéresse pas trop même si je suis d'accord avec toi sur certains trucs et pas sur d'autres. Je préfère aller lire un truc, pas Elle non, plutot les Inrocks. ben oui, les filles c'est pas simplement un magazine féminin, une pilation ou une session shopping (bordel je hais le shopping et la mode et l'épilation !!), c'est tout un schéma complèxe et paradoxal qui fait que même nous les filles on se comprend difficilement.
Lil'
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Message par Lil' »

J’ai absolument pas essayé de définir ce qu’était une fille, j’ai juste décrit ma lecture d’un magazine féminin. Que la complexité de la première (en gros, la complexité de l’humain avec sa particularité sexuelle) ne se réduise pas à l’extrême simplification du second, je suis bien d’accord. Alors, si ne pas me retrouver dans cette presse, voire de ne rien y trouver du tout (peut-être quelques fous rires…) cela fait de moi une grande féministe, bon…

Sinon, j’aime quand même mieux rentrer dans un magasin de fringues que lire un article politique dans Marie-Claire.
Modifié en dernier par Lil' le 26 mars 2006, 15:03, modifié 1 fois.
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virgule
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Message par virgule »

sans doute passke ds un magasin de fringues, il y a des cabines d'effeuillage alors que dans marie claire, on ne feuillette qu'un coin des cabinets même ministeriels...
La sculpture s'affine au gré des éclats de pierre qui volent sous les coups de burin...
Lil'
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Message par Lil' »

Et après on va dire que les femmes sont terre-à-terre…
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