Ça change....

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Marie la Belge
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Ça change....

Message par Marie la Belge »

... des articles pleurnichards et consensuels agrémentés d'interviews de "proches".
Et j'aime bien !

http://blog.slate.fr/sagalovitsch/2011/ ... on-renaud/

Laisse béton, Renaud

On ne peut plus se suicider en paix. Renaud, le chanteur à la voix suavement crasseuse, le Rimbaud des classes populo, populaires, populistes, aux textes poético-réalistes, le Germinal au foulard rouge et au blouson clouté, ne va pas trop bien. Partout dans les gazettes, ses amis ou prétendus tels, son frère, son ex, pleurnichent à tout-va, en racontant à l’échotier de passage, que s’il continue ainsi, à danser une valse à deux temps, avec sa bouteille de Pastis, il va droit dans le mur. Et de se demander, les mains sur les hanches, le doigt interrogateur apposé sur leurs lèvres perplexes, le cervelet moulinant dans le vide, mais qu’est-ce qu’on peut faire pour l’empêcher de terminer sa course dans une coursive du Père Lachaise ?

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On pourrait peut-être commencer par lui foutre la paix, non ? Au lieu de créer des bénitiers de pages Facebook, appelant le chanteur à se ressaisir, le conjurant de mettre un terme à cette funeste comédie avant qu’il ne soit trop tard, l’implorant de penser à ses enfants, à sa petite fille, qui attendent que leur papa retrouve le chemin des écoliers.

Comprennent pas qu’il est comme fatigué, le Renaud. Qu’il n’a plus goût à rien. Ça arrive dans l’existence. De se lever un matin et d’envoyer tout balader. Le cirque des tournées, la prostitution de la promotion, l’obligation de sortir un album tous les deux ans, pour se prouver qu’on n’est pas encore carbonisé, et venir le prouver, en venant se raconter, sur le canapé de chez Drucker, se taper la visite de son instituteur, convoqué pour raconter une anecdote impayable du temps jadis, se bâfrer au beau milieu de l’après-midi d’un cassoulet mijoté par Jean-Pierre Coffe, tout en s’esclaffant aux pirouettes tordantes de Canteloup. Sourire à la ribambelle de fans qui vous clament leur amour avant de vous laisser seul, face à vous-même, dans la solitude glacée d’une chambre d’hôtel de province, à ressasser une vie qui n’a plus de sens.

Il y en a qui mettent les voiles, pagaient jusqu’aux Marquises, pour papoter avec des bonnes sœurs de passage, des alizés à venir, mettant à l’œuvre le principe de base édicté tout au début de Moby Dick : ” Quand je me sens des plis amers autour de la bouche, quand mon âme est un bruineux et dégoulinant novembre, quand je me surprends arrêté devant une boutique de pompes funèbres ou suivant chaque enterrement que je rencontre, et surtout lorsque mon cafard prend tellement le dessus que je dois me tenir à quatre pour ne pas, délibérément, descendre dans la rue pour y envoyer dinguer les chapeaux des gens, je comprends alors qu’il est grand temps de prendre le large. Ca remplace pour moi le suicide .”

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Renaud lui a mis le cap sur la Closerie des lilas, pour se cuiter tranquillement, à l’ombre du Luxembourg, papotant avec les fantômes de Fitzgerald et d’Hemingway, au milieu de la faune bon chic bon genre de bourgeoises désœuvrées et d’artistes attirés par le clinquant de l’endroit, où le prix du verre de Sancerre se décline sur ses deux chiffres. Ce qui, pour un chanteur ayant clamé à longueur de textes sa honte et son dégoût de vivre dans une société bouffie d’égoïsme, acclamant la vermine qui amasse de l’or sur le dos de l’ouvrier, constitue, pour le moins, une faute de goût.

Avant de commencer à essayer de le désalcooliser, il faudrait déjà songer à le délocaliser. Dans un rade bien glauque du côté de Bagnolet ou de Malakoff, avec vue imprenable sur le périph, où le tavernier sert des pastis à la pression à des consommateurs revenus de tout, claquant le reste de leurs économies à coup de Rapidos, gueulant contre le système qui se fout de leur gueule, fumant de colère contre les politicards, les richards de banquiers, les pleurnichards de footballeurs, et les tricards de la télé. Des bistrots qui sentent bon la sueur de l’ouvrier, le désespoir des classes laborieuses et la fatigue du cadre moyen, licencié économique depuis des années, enraciné à son tabouret, occupé à rêver à des Amériques qui n’existent plus ou alors seulement dans les livres d’enfants.

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Renaud n’est pas en train de mourir, il a seulement ouvert les yeux. Mis ses pas dans ceux de Fitzgerald et de Malcolm Lowry, en comprenant enfin que ” toute vie est un processus de démolition ”, et découvrant la vérité ultime de l’alcoolique qui proclame que ” quand je ne bois pas, c’est le monde que je ne supporte pas, et quand j’ai bu c’est le monde qui ne me supporte pas “. Renaud est parti en vacances pour une durée indéterminée. Peut-être ne reviendra-t-il jamais. Mais qu’on le laisse au moins aller, tranquille, au bout de sa descente en enfer, à la fin de son voyage au bout de la nuit, au terminal de ces nuits sans aube qui surprennent les paumés du petit matin, dans la blancheur grisâtre d’un ciel d’enterrement, tellement insupportable à contempler, que mieux vaut s’en servir un dernier, et puis encore un dernier, pour se supporter encore un peu, juste assez pour ne pas terminer toute de suite la partie engagée avec ses merveilleux démons.

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Mais non. Les braves gens qui dégoulinent toujours de bons sentiments, ne supportent jamais de voir l’un des leurs, surtout une célèbrité parce que le voisin ma foi…, sombrer sans donner l’impression de se battre. Même si les ennemis ne sont que des moulins à vent. S’éteindre à petit feu, en glougloutant un alcool jaune pisseux, c’est-y pas malheureux tout de même. Alors ils s’assoient à ses côtés et viennent l’emmerder en le sermonnant, ” écoute, c’est un ami qui te parles là. Si tu continues de la sorte, je te le dis avec toute l’honnêteté dont je suis capable, au nom de notre amitié, tu y vas tout droit. Je sais ce que c’est. Mon paternel est mort d’une cirrhose du foie. Il avait cinquante berges et je te jure, à la fin, il était pas beau à voir. “

Hughes Auffray, du haut de ses 82 printemps, s’est même offert de lui organiser une petite tournée rédemptrice. Avec lui pour assurer, la première partie.

Du coup, Renaud, a décidé de passer à la vitesse supérieure. Il s’est mis au mescal.

(Laurent Sagalovitsch)
Modifié en dernier par Marie la Belge le 25 juil. 2014, 13:00, modifié 1 fois.
Elle quitte le vilain phenix mais aimera toujours Renaud.
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Yann quib
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Re: Ca change....

Message par Yann quib »

C'est vrai, ça change de voir quelqu'un d'assez cynique pour regarder avec complaisance un mec se détruire et en faire l'apologie de l'alcoolisme ... :roll:
E kreiz an avel, atao!

pauloo
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Re: Ca change....

Message par pauloo »

le point de vue est un peu bête, mais c'est bien écrit :)

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Saint Maïeul
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Re: Ca change....

Message par Saint Maïeul »

Les artistes de bloggeurs sont en effet plus personnels que ceux de la presse.

Un article au sujet Renaud et Thierry Séchan qui parle de lui dans les médias :
Renaud : tout un pastis !
Je serais Renaud que je serais énervé. De tout ce foin. Encore une fois mon frère Thierry qui, toujours en mal de reconnaissance, fait son beurre sur mon dos et tambourine à qui veut l’entendre et l’imprimer, que je suis dans un état alcoolique tel que je creuse plus encore ma tombe, que j’y vais de ce pas. Et l’omniprésent Hugues Aufray, aimant montrer à quel point il compte, en pleine promo de son album d’auto-reprises, qui en repasse une couche… Faites chier les mecs, laissez-moi vider mon verre tranquille !
Voilà un scoop qui n’en est pas un, mais que tous reprennent en chœur : Renaud ne va pas bien ! C’est pas nouveau. Ça attriste un peu les amateurs de chanson dont je fais partie ; ça consterne les fans du chanteur, à tel point que vient de s’ouvrir une page facebook (« Soutenons Renaud Séchan ») avec une audience assez phénoménale. Mais rien de nouveau…
Reggiani chantait : « Je bois / N’importe quel jaja / Pourvu qu’il fasse ses douze degrés cinq / Je bois / La pire des vinasses / C’est dégueulasse, mais ça fait passer l’temps. » Et buvait. « Le Renaud ne boit que de l’eau / Le Renard carbure au pinard » chantait Renaud. Mais c’est Renard qui tient la corde… Le métier de chanteur de Renaud est semble-t-il à conjuguer au passé. La voix est tombée plus bas que les chaussettes et l’inspiration est en berne. Dommage pour ce qu’il n’a pas encore écrit, pas encore chanté. Faut-il pour autant jeter Renaud avec l’eau de son pastis ? Sans doute pas. Tout ce qu’il a pu chanter, rien que ce qu’il a pu chanter est déjà ça, jolie somme en fait, beau répertoire. Et le Panthéon de la chanson lui est promis comme une rare évidence.
On ne fait pas un cordon sanitaire d’amour complaisamment sous les flashs des médias, sauf pour être vu. M’as-tu vu comme j’aime mon frérot ? Thierry Séchan, dans sa lettre ouverte qui sert de préface à un livre à venir (« Putain de vie » de Claude Fléouter, livre que Séchan dit fort moyen, mais lui a fait une bonne préface – qu’il évente avant parution -), dit ne pas lui avoir écrit une lettre depuis que Renaud est entré dans cette carrière de chanteur, au début des années soixante-dix. Bah, t’as qu’à lui écrire plus souvent à ton frangin, et surtout discrètement : ce sera preuve d’amour. Pas le temps sans doute car Thierry Séchan répond aux micros qu’on lui tend et, comme nombre de ses écrits (il est journaliste et auteur pamphlétaire et a parfois collaboré – c’est le mot – avec des médias d’extrême-droite), c’est assez nauséeux. Je n’aimerai pas que mon frère, quel qu’en soit le prétexte, intente à ma vie privée, l’étale, et se permette des considérations sur mes états d’âmes, ma consommation d’alcool ou ma précédente épouse.

« - Dis, c’est quoi ton métier, Thierry ? » « – Frère de Renaud » « - Et ça gagne bien ? »

http://nosenchanteurs.wordpress.com/201 ... un-pastis/
Banalyse :)

pauloo
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Re: Ca change....

Message par pauloo »

oui, la je suis bien d'accord !

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Saint Maïeul
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Re: Ca change....

Message par Saint Maïeul »

ou encore :
Jeudi 17 novembre 2011 4 17 /11 /Nov /2011 00:00

Renaud "mon frangin, mon poto"…

Une chronique sans Tata Paulette

(mais avec un hommage et des vilains mots dedans)

Renaud va mal. Et ça fait mal.

Depuis hier circule sur Facebook un témoignage de son frère Thierry, à lire ici.

Un groupe de soutien a également vu le jour : ici

J’ai parcouru ces lignes et le seul mot qui m’est venu c’est « merde ». Emouvant pour les uns, affligeant pour les autres, les avis sur le sujet vont bon train.

Certains diront que ce n’est pas étonnant, que Renaud a toujours eu la bouteille facile, qu’il ne s’en est jamais sorti et qu’il n’y a rien à faire. Que ce n’est pas le seul, qu’on en fait tout un plat parce que c’est un « personnage public ». En un mot : pathétique.

Peut-être. Sauf que ce plat est amer, acide, car d’autres ont cru, espéré, qu’il avait réussi à lâcher ses vieux démons. Et ça faisait plaisir.

Oui, c’est un personnage public, et parfois on passe à côté de personnes « comme lui », au bord du gouffre, noyant leur peine dans des petits jaunes, des minis blancs ou des grosses pintes.

En un mot : triste.

Renaud, c’était un peu ma potion magique. Je suis tombée de dans quand j’étais petite, grâce à une grande sœur qui l’écoutait régulièrement, et moi qui tendais l’oreille vers les paroles de ce titi parisien qui me faisait rire, sourire et qui m'a émue.

Il a quand même marqué l’hexagone de paroles biens pensées, bien senties et bien balancées.

Il y a peu on le pensait sorti d’affaires, même si ces rares apparitions en public ne le montrait pas sous son meilleur jour. Des valoches noires sous les yeux, des mains tremblotantes, une voix méconnaissable. Mais Renaud, ça restait Renaud, et on croyait à son retour, à sa « guérison », rien que pour ça on avait envie de l’encourager à poursuivre.

Aujourd’hui pour lui, voilà qu’une gonzesse de perdue, c’est 10 bouteilles qui reviennent.

L’alcool qui a marché dans son ombre durant quelques années a refait son apparition. Il n’était pas parti, il sommeillait et attendait sagement de faire son grand retour.

On aurait envie qu’il lui dise casse-toi tu pues, tu me fous les glandes, t’as rien à faire dans mon monde.

L’alcool lui aura laissé 10 ans de répit...



La bouteille… son ex puis nouvelle compagne du quotidien. Celle qui est toujours là et qui n’abandonne jamais. Elle est là pour arroser des succès, pour noyer des chagrins.

Sa meilleure ennemie. Son petit bout de paradis, en vérité, sa descente aux enfers.

Il avait réussi à la lâcher, il ne fallait pas crier victoire.

Elle est perfide, la bouteille, elle guette toujours son compagnon de route et resurgit au moindre problème. Une put*** de sangsue.

Ca bouffe de l’intérieur et ça réduit tout à néant sur son passage.

Perfide, et qui plus est, jalouse. Elle ne laisse de place à personne et éloigne tous ceux qui s’en approchent de leurs amis, famille, … Une relation exclusive. Lui et sa bouteille. Il s’isole, et rien ne peut s’installer entre elle et lui, hormis une putain de solitude que tu ne peux pas voir tant que tu es le nez plongé dedans.

Elle « connaît la misère d’être tout seul sur le chemin ».

Ca bouffe tout. Jusqu’au talent. Un lent suicide.

Elle est partout en plus cette conne. Elle t’attend à tous les coins de rue, dans les rayons de supermarché, chez des amis, au restau. Elle t’ouvre les bras quand tu veux, dès que tu as besoin elle répond présente. Une arme à autodestruction massive en libre service.

Lui qui nous a nourrit de ses chansons, le voilà qui se (re)nourrit de cette merde. Comme s’il remplissait un vide. On n’a pas envie qu’il laisse béton.

Allez, déconne pas mec, y a des larmes plein ta bière, et c’est à nous que tu fais de la peine…

« Le jour où on se ramène t’arrête de boire promis (…) Ce sera dur mais tant pis »

Un texte un peu fouillis, un peu en vrac, un peu maladroit… un peu comme ce que je ressens au moment de l'écrire.
source : http://www.tata-paulette.com/article-re ... 96847.html


Les bloggeurs semblent plus inspirés que les forummeurs suite à tout ce buzz !

De quoi j’me mêle!

Jeudi 17 nov 2011

« Déconne pas Renaud! » en titre du journal Le Parisien, une lettre ouverte de son frère en préface d’un livre, une intervention à la radio de Hugues Aufray sur la descente aux enfers de Renaud, que de manifestations d’inquiétude bien publiques.

Un entretien avec le frère de Renaud a paru hier dans le Nouvel Obs. Et après l’avoir lu je me demande encore pourquoi on lui a donné la parole.

Oui on sait que Renaud souffre, oui on sait qu’il est alcoolique et dépressif et oui il a besoin d’être aidé. Mais il a aussi besoin qu’on lui fiche la paix, du moins en public. Encore une fois je ne comprends pas l’étalage public d’affaires privées. S’inquiéter pour quelqu’un, l’aimer et vouloir l’aider me semblent peu compatibles avec un passage dans les médias.

Parler de la vie intime de quelqu’un de proche dans les journaux, supposer, supputer, dénigrer les ex, beurk! Allez, faisons de la psychanalyse de supermarché; il semblerait que le grand frère n’existe que dans la lumière de son cadet.

Pourquoi une lettre ouverte? Pourquoi pas un coup de fil, une lettre privée, une visite quotidienne, hebdomadaire? Ce n’est pas comme si Renaud vivait caché, il passe ses journées là.

« On m’a demandé une préface, un peu noire, il est vrai. Puis on m’a demandé une postface, bien payée, qui était plus rose et optimiste. » Ah…
source : http://labayonnaise.com/2011/11/17/de-quoi-jme-mele/
Modifié en dernier par Saint Maïeul le 06 déc. 2011, 16:21, modifié 1 fois.
Banalyse :)

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Marie la Belge
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Re: Ca change....

Message par Marie la Belge »

Oui ! :D
Puis au moins les auteurs de "Renaud : tout un pastis !" et "Laisse béton, Renaud" ont écrit un article, ils ne se sont pas contentés de compiler tout ce qui est paru avant en en rajoutant sur le misérabilisme.
Elle quitte le vilain phenix mais aimera toujours Renaud.
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Saint Maïeul
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Re: Ca change....

Message par Saint Maïeul »

Le 12/11/2011 sur le blog http://www.kwyxz.org :

Pochtron, tu f’rais mieux d’m'écrire une chanson

Dans la catégorie: Monte le son — kwyxz le 12/11/11 à 22:59

(Lettre ouverte à Renaud Séchan)

Je ne sais plus quand j’ai commencé à t’écouter, j’étais jeune pour sûr, je devais avoir même pas 7 ou 8 ans, mais elles me faisaient marrer tes chansons. Bien sûr je ne comprenais pas vraiment les paroles, et toutes n’étaient pas marrantes, mais Mon HLM, Marche à l’Ombre, Baby-Sitting Blues ou Le Retour de la Pépette, quelle poilade.
Avec les années, et le recul, j’ai appris à faire plus attention aux textes, à en saisir la tonalité dramatique aussi, et les titres qui me paraissaient moins accessibles prirent toute leur véritable portée. Bouleversants, émouvants, attendrissants, des morceaux comme Baston, Manu, Pierrot, tous plus formidables les uns que les autres, tous porteurs d’un message, souvent positif, vecteurs d’amitié, de compassion, de tendresse.
Lorsque j’ai découvert Le Sirop de la Rue, incroyable pépite d’un album injustement mésestimé, ce fut un immense choc. Je n’avais rien vécu de tout ce qui est raconté, et tout à la fois. Cette chanson est une véritable ôde aux gamins ayant grandi en ville, à ceux qui sont partis au bord de la mer les étés, elle est intemporelle, dansante, joyeuse, entraînante, et pourtant se termine sur une note sombre en contrepoint total du reste du texte. Tu y parles de tes souvenirs, mais tu en profites pour balancer quelques-unes de tes principales inquiétudes, en remettre une couche sur tous ces “connards” que tu adores détester. Et en t’écoutant, je ris, je pleure, je m’identifie. Je vis.
Je t’ai vu en concert une fois, une seule. C’était le 24 novembre 1999, lors de la tournée “Une guitare, un piano, et Renaud”, mes parents avaient entendu que tu allais passer à côté de Poitiers, dans une toute petite salle, et avaient eu la gentillesse de m’offrir une place. Je m’en voulais de n’avoir pas suivi ton actualité, j’ignorais simplement qu’à cette époque il n’y en avait pas. J’ignorais donc tout des motivations derrière cette tournée, de tes problèmes d’alcool, de tes difficultés à écrire. Dans la salle tout le monde t’adorait. Tout le monde connaissait la moindre parole de n’importe laquelle de tes chansons. Tu nous as beaucoup parlé, de toi, de tes copains. De ton futur album, qui arriverait un jour, peut-être. Tu n’étais pas à ton meilleur, et pourtant ce fut l’un des concerts les plus marquants de mon existence, parce que jamais auparavant, et jamais par la suite je n’ai ressenti cette connexion entre un artiste et son public. Tu la ressentais toi-même.
Lorsque Boucan d’Enfer est sorti je ne l’ai pas beaucoup aimé. En particulier Manhattan-Kaboul, un morceau beaucoup trop lisse, trop gentillet, trop mièvre pour toi qui n’hésitais jamais par le passé à dénoncer ces excès vomitifs de bons sentiments. Un morceau beaucoup trop formaté pour la bande FM qui l’a diffusé jusqu’à l’écoeurement. Un morceau que je déteste désormais viscéralement. La tournée qui a suivi, je m’en suis senti curieusement étranger. Tous ces gens qui parlaient de toi avec des mots élogieux, où étaient-ils alors que tu étais au fond du gouffre ? Ils me faisaient penser à ces faux “amis” qui te tournent autour lorsque tu es au top, mais oublient étrangement de te rappeller lorsque les choses tournent mal.
Rouge Sang m’a interloqué, et je me suis surpris à vouloir ne pas l’aimer, un petit peu d’élitisme mal placé peut-être, pourtant j’ai fini par beaucoup l’apprécier même s’il n’a plus le punch de tes anciens albums. Tu n’as pas perdu ton verbe incisif, tu n’as pas perdu ton talent. La voix n’est plus là, et alors ? Ce n’est pas ce que ton public te demande. Ton vrai public. Celui qui t’aime, et qui t’aimera toujours même si tu n’écris plus beaucoup. Même si tu sors une douzaine de mauvais albums.
Ton public comme ce petit garçon qui vit toujours en moi, quelque part (pour vivre heureux, il vit caché), qui est ému aux larmes en lisant que tu sembles baisser les bras.

S’il te plaît mec, te jette pas. Ou jette-toi avec nous.
PRESSEKIOSQUE ?

source : http://www.kwyxz.org/weblog/monte-le-so ... /#comments
Banalyse :)

Tartine
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Re: Ca change....

Message par Tartine »

Marie la Belge a écrit :... des articles pleurnichards et consensuels agrémentés d'interviews de "proches".
Et j'aime bien !

http://blog.slate.fr/sagalovitsch/2011/ ... on-renaud/

Laisse béton, Renaud

On ne peut plus se suicider en paix. Renaud, le chanteur à la voix suavement crasseuse, le Rimbaud des classes populo, populaires, populistes, aux textes poético-réalistes, le Germinal au foulard rouge et au blouson clouté, ne va pas trop bien. Partout dans les gazettes, ses amis ou prétendus tels, son frère, son ex, pleurnichent à tout-va, en racontant à l’échotier de passage, que s’il continue ainsi, à danser une valse à deux temps, avec sa bouteille de Pastis, il va droit dans le mur. Et de se demander, les mains sur les hanches, le doigt interrogateur apposé sur leurs lèvres perplexes, le cervelet moulinant dans le vide, mais qu’est-ce qu’on peut faire pour l’empêcher de terminer sa course dans une coursive du Père Lachaise ?

Image

On pourrait peut-être commencer par lui foutre la paix, non ? Au lieu de créer des bénitiers de pages Facebook, appelant le chanteur à se ressaisir, le conjurant de mettre un terme à cette funeste comédie avant qu’il ne soit trop tard, l’implorant de penser à ses enfants, à sa petite fille, qui attendent que leur papa retrouve le chemin des écoliers.

Comprennent pas qu’il est comme fatigué, le Renaud. Qu’il n’a plus goût à rien. Ça arrive dans l’existence. De se lever un matin et d’envoyer tout balader. Le cirque des tournées, la prostitution de la promotion, l’obligation de sortir un album tous les deux ans, pour se prouver qu’on n’est pas encore carbonisé, et venir le prouver, en venant se raconter, sur le canapé de chez Drucker, se taper la visite de son instituteur, convoqué pour raconter une anecdote impayable du temps jadis, se bâfrer au beau milieu de l’après-midi d’un cassoulet mijoté par Jean-Pierre Coffe, tout en s’esclaffant aux pirouettes tordantes de Canteloup. Sourire à la ribambelle de fans qui vous clament leur amour avant de vous laisser seul, face à vous-même, dans la solitude glacée d’une chambre d’hôtel de province, à ressasser une vie qui n’a plus de sens.

Il y en a qui mettent les voiles, pagaient jusqu’aux Marquises, pour papoter avec des bonnes sœurs de passage, des alizés à venir, mettant à l’œuvre le principe de base édicté tout au début de Moby Dick : ” Quand je me sens des plis amers autour de la bouche, quand mon âme est un bruineux et dégoulinant novembre, quand je me surprends arrêté devant une boutique de pompes funèbres ou suivant chaque enterrement que je rencontre, et surtout lorsque mon cafard prend tellement le dessus que je dois me tenir à quatre pour ne pas, délibérément, descendre dans la rue pour y envoyer dinguer les chapeaux des gens, je comprends alors qu’il est grand temps de prendre le large. Ca remplace pour moi le suicide .”

Image

Renaud lui a mis le cap sur la Closerie des lilas, pour se cuiter tranquillement, à l’ombre du Luxembourg, papotant avec les fantômes de Fitzgerald et d’Hemingway, au milieu de la faune bon chic bon genre de bourgeoises désœuvrées et d’artistes attirés par le clinquant de l’endroit, où le prix du verre de Sancerre se décline sur ses deux chiffres. Ce qui, pour un chanteur ayant clamé à longueur de textes sa honte et son dégoût de vivre dans une société bouffie d’égoïsme, acclamant la vermine qui amasse de l’or sur le dos de l’ouvrier, constitue, pour le moins, une faute de goût.

Avant de commencer à essayer de le désalcooliser, il faudrait déjà songer à le délocaliser. Dans un rade bien glauque du côté de Bagnolet ou de Malakoff, avec vue imprenable sur le périph, où le tavernier sert des pastis à la pression à des consommateurs revenus de tout, claquant le reste de leurs économies à coup de Rapidos, gueulant contre le système qui se fout de leur gueule, fumant de colère contre les politicards, les richards de banquiers, les pleurnichards de footballeurs, et les tricards de la télé. Des bistrots qui sentent bon la sueur de l’ouvrier, le désespoir des classes laborieuses et la fatigue du cadre moyen, licencié économique depuis des années, enraciné à son tabouret, occupé à rêver à des Amériques qui n’existent plus ou alors seulement dans les livres d’enfants.

Image

Renaud n’est pas en train de mourir, il a seulement ouvert les yeux. Mis ses pas dans ceux de Fitzgerald et de Malcolm Lowry, en comprenant enfin que ” toute vie est un processus de démolition ”, et découvrant la vérité ultime de l’alcoolique qui proclame que ” quand je ne bois pas, c’est le monde que je ne supporte pas, et quand j’ai bu c’est le monde qui ne me supporte pas “. Renaud est parti en vacances pour une durée indéterminée. Peut-être ne reviendra-t-il jamais. Mais qu’on le laisse au moins aller, tranquille, au bout de sa descente en enfer, à la fin de son voyage au bout de la nuit, au terminal de ces nuits sans aube qui surprennent les paumés du petit matin, dans la blancheur grisâtre d’un ciel d’enterrement, tellement insupportable à contempler, que mieux vaut s’en servir un dernier, et puis encore un dernier, pour se supporter encore un peu, juste assez pour ne pas terminer toute de suite la partie engagée avec ses merveilleux démons.

Image

Mais non. Les braves gens qui dégoulinent toujours de bons sentiments, ne supportent jamais de voir l’un des leurs, surtout une célèbrité parce que le voisin ma foi…, sombrer sans donner l’impression de se battre. Même si les ennemis ne sont que des moulins à vent. S’éteindre à petit feu, en glougloutant un alcool jaune pisseux, c’est-y pas malheureux tout de même. Alors ils s’assoient à ses côtés et viennent l’emmerder en le sermonnant, ” écoute, c’est un ami qui te parles là. Si tu continues de la sorte, je te le dis avec toute l’honnêteté dont je suis capable, au nom de notre amitié, tu y vas tout droit. Je sais ce que c’est. Mon paternel est mort d’une cirrhose du foie. Il avait cinquante berges et je te jure, à la fin, il était pas beau à voir. “

Hughes Auffray, du haut de ses 82 printemps, s’est même offert de lui organiser une petite tournée rédemptrice. Avec lui pour assurer, la première partie.

Du coup, Renaud, a décidé de passer à la vitesse supérieure. Il s’est mis au mescal.

(Laurent Sagalovitsch)

Au moins,c'est bien écrit.
Déjà ça.

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Born X
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Re: Ca change....

Message par Born X »

Tartine a écrit : Au moins,c'est bien écrit.
Déjà ça.
Et pas parut dans la presse.
Toujours ça aussi...
La première décision vient du coeur et l'intelligence, dont nous sommes tous dépositaire, doit faire ce que notre coeur décide.
La normalité n'est pas le summum de ce qui peut s'atteindre.
Anne-Claire Damaggio

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Saint Maïeul
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Re: Ca change....

Message par Saint Maïeul »

Ça change encore :

Sur le blog Lame Nue posté le 10 décembre 2011 à http://lamenue.blogspot.com/2011/12/une ... l?spref=tw :
Une chanson

J'avais 15 ou 16 ans. Je remontais la rue la plus longue de ma ville, deux écouteurs en mousse sur les oreilles. Un walkman, avec un des deux fils qui ne marchait plus. J'écoutais Renaud, "Hexagone". La chanson portait assez bien mon sentiment de révolte de l'époque. Je détestais ces beaufs que dessine Cabu et je me donnais l'impression d'être un résistant en arrachant les affiches du Front National. Même si nos routes (intellectuelles) ont divergé, j'ai toujours gardé pour Renaud la sympathie qu'on porte à un copain. Il se débat contre l'alcool, putain de bouteille.

Cette chanson, je l'ai aimée pour les raisons que je viens de dire et puis parce que les beaufs, c'étaient les amis de mes parents. Il y en avait un, appelons le Gil, qui blaguait fort et se disait prêt à enterrer lui même le type qui toucherait à sa maison. Il était ouvrier supérieur dans une usine. En chômage technique. De temps en temps, il pouvait raconter une blague raciste. Alors pour moi, la chanson c'était combattre tout ça.

Puis cette chanson, je l'ai détestée. Elle crachait sur la France et son peuple, "si le roi des cons perdait son trône...", mais dire pourquoi j'avais changé serait une trop longue anecdote. En attendant, ce texte résume bien mon sentiment.

J'ai mis du temps à comprendre que cette chanson révélait une histoire réelle. Celle de la génération de Renaud, les soixante-huitards. Il faudra Le Goff et Conan pour que la lumière se fasse. Mais pour mieux comprendre, il ne faut pas suivre la chronologie de la chanson. On va commencer par le mois de juin.

"Ils commémorent au mois de juin un débarquement de Normandie, ils pensent au brave soldat ricain qui est venu se faire tuer loin de chez lui. Ils oublient qu'à l'abri des bombes, les Français criaient vive Pétain, qu'ils étaient bien planqués à l'ombre et qu'il n'y avait pas beaucoup de Jean Moulin."

Renaud a fait Mai 68, il appartient à ces jeunes qui se sont révoltés contre De Gaulle. En 1973, la traduction d'un ouvrage de l'américain Paxton la France de Vichy va leur donner des billes pour écorner le mythe de la France "résistante, tout entière rangée derrière le général". L'ouvrage est riche, il montre que Vichy a devancé avec zèle de nombreuses mesures antisémites et que le maréchal bénéficiait d'une grande popularité. L'oeuvre reprend cependant la vision que Roosevelt avait de De Gaulle, un homme sans légitimité, les Etats-Unis avaient d'ailleurs reconnu Vichy. Après avoir attendu des Français, un nouveau Verdun en 1940, ils les considéraient pour peanuts.

Pourtant les formules de Renaud sont fausses, les Français en 1944 n'étaient pas "planqués". D'abord, un second débarquement se prépare à cette date avec des troupes françaises en Provence et la Résistance joue un rôle dans le débarquement. Les alliés, d'ailleurs, n'hésitent pas à la sacrifier pour ralentir les Allemands comme le rappelle l'épisode du Vercors. En 1944, oui, Pétain n'est pas complètement désavoué dans l'opinion publique. On croit qu'il joue un double jeu et s'est entendu avec son ancien secrétaire.

Effectivement, il n'y a eu qu'un seul Jean Moulin, mais il n'était pas seul. S'il est acquis pour beaucoup que la Résistance était plus forte en 1944, il ne faut cependant pas penser qu'il s'agit d'opportunisme. On ne sait pas si les Allemands vont perdre la guerre. On est à la suite d'un long processus démarré en 1940. Eisenhower estima, lui, l'apport de la Résistance à 15 divisions supplémentaires. Les strophes de Renaud soulignent combien cette défaite des mois de mai et juin est vive dans la mémoire nationale et combien elle alimente une honte de la France.

De Gaulle a créé un mythe dès 1940, mythe qui a permis à une armée française de se reconstituer et à la Résistance de s'unir évitant ainsi la guerre civile. Ce mythe a longtemps fait oublier la renaissance d'un pays résilient qui trouve en lui les moyens de rebondir. Il faut ajouter que jusqu'en 1943, résister est affaire "d'intellectuels" ou de "militants". On informe par le moyen de journaux clandestins, on espionne, on organise, bref on ne fait des choses à la portée d'une poignée. Lorsque le STO est mis en place, une foule de jeunes gens prennent le maquis, vient le second problème de la Résistance. Elle a peu d'armes et elle en manquera jusqu'au bout. Renaud, ta génération par haine de De Gaulle a été injuste avec ces gens.

Venons en à la deuxième strophe édifiante d'"Hexagone".

"Il se souviennent au mois de mai d'un sang qui coula rouge et noir, d'une révolution manquée qui faillit renverser l'histoire. Je me souviens surtout de ces moutons effrayés par la liberté s'en allant voter par millions pour l'ordre et la sécurité."

La strophe fait bien sûr directement référence aux évènements de Mai et à la victoire des gaullistes aux législatives qui ont suivi. Le Goff et Conan en font le point de départ de la rupture entre les étudiants et le monde ouvrier. Entre les futurs leaders de la gauche et son électorat. C'est marrant, mais Gil, l'ami de mes parents, m'a raconté qu'il avait fait 68. Il avait seize ans et faisait les courses pour alimenter le piquet de grève. Lui ne mangeait parfois qu'un sandwiche sur le pouce.

Les étudiants déclenchèrent le mouvement au nom de la Liberté sexuelle (la mixité dans une piscine) et les ouvriers embrayèrent, émus de voir les étudiants se faire matraquer (on note que le sang n'a pas coulé autant que veut bien le chanter Renaud). Pour le mouvement populaire, qui accompagne Mai 68, intervient le Grenelle qui améliore considérablement les conditions de vie dans les entreprises et accorde aux travailleurs de nouveaux droits. Contrairement aux "jeunes", ils n'avaient pas envie de se lancer dans une révolution. Prague quelques mois plus tard allait leur donner raison.

L'aigreur qui transpire de cette chanson est une illustration parfaite de cet épisode-clé. On y décrit un peuple conservateur (elle n'a pas tellement changé la France), adepte de l'automobile, du pinard et du camembert. Une vision que certaines élites de gauche partagent. C'est la France moisie de Sollers.

Comment dès lors s'étonner de la propension à mépriser ce peuple au point de ne plus le voir, comme le rappelle le géographe Christophe Guilly et de lui chercher des "peuples de substitution" comme le révèle le vote au Sénat d'une proposition de vote aux élections locales pour les étrangers. Gil, lui, a bien senti ce mépris et l'a souvent sanctionné. Ça ne l'a pas empêché un jour de me confier qu'il était toujours de gauche.

Moi, ce peuple, j'ai appris à l'aimer le jour où j'ai cessé d'en faire une caricature. Je parle des gens d'aujourd'hui, qui font souvent ce qu'ils peuvent avec ce qu'ils ont. Des Michou comme dans la Crise de Colline Serreau, qui peuvent dire ça et vivre comme ça. Des gens qui rament dans les campagnes, les grandes banlieues, les banlieues. Des conservateurs, oui, qui veulent préserver les acquis payés du sang de leurs parents, de leurs grands-parents. Ces gens ont vu les usines disparaître et le chômage s'élever. L'école de leurs enfants est devenue un mille-feuilles de réformes et très souvent on leur explique qu'ils ne comprennent rien à rien (mais on les laisse causer toujours).

Les gens comme Gil, comme mes parents et leurs amis, n'ont rien à voir avec ceux qui ont une bonne conscience et un portefeuille suffisamment garni pour voir venir. Que les choses soient claires, ça me saoule que Renaud soit dans l'état où il est. Il a chanté pour ces bourgeois bohèmes, il a dit comme personne le fond de leur pensée. J'espère qu'ils se bougeront au moins pour l'aider.

Une chose cependant n'a pas changé depuis mes 15 ans: je n'ai jamais abandonné le combat contre le Front National. Parce que je sais que le peuple, décrit comme conservateur, est aussi un peuple généreux, un peuple qui se révolte toujours après avoir été longtemps patient, un peuple bien plus rationnel qu'on ne veut bien le dire et certainement pas aussi arrogant que le sont ses élites.

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Born X
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Re: Ca change....

Message par Born X »

Ah ben oui finallement y'a des sarkozystes qui écoutent du Renaud.
Et perso je perdrait pas de temps à leur expliquer qu'un mec il écrit un texte avec ses tripes, avec son coeur, sur l'instant et que c'est ça qui fait la force d'un texte: SA SINCERITE.
Analyser un texte c'est bien, mais encore faut il le faire en ne mettant pas de coté le point de vue de l'auteur.
Si on l'analyse avec son point de vue à soi uniquement on a forcément tout faux.
La première décision vient du coeur et l'intelligence, dont nous sommes tous dépositaire, doit faire ce que notre coeur décide.
La normalité n'est pas le summum de ce qui peut s'atteindre.
Anne-Claire Damaggio

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Saint Maïeul
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Re: Ca change....

Message par Saint Maïeul »

Et Renaud sur le Wiki de la désencyclopédie : http://desencyclopedie.wikia.com/wiki/Renaud
Banalyse :)

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Saint Maïeul
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Re: Ca change....

Message par Saint Maïeul »

Sur le site web CultureGangBang (j'ai pas trop compris le concept du site) à http://www.culturalgangbang.com/ le 15/12/2011 :
Le CGB soutient Renaud dans sa déchéance

Alors que ses fans s’organisent sur Facebook pour soutenir leur Hérault populaire afin qu’il exorcise ses vieux démons éthyliques, le CGB nage à contre-courant de ce mouvement et soutient Renaud Séchan ad vitam aeternam dans sa descente aux enfers. Le but désiré : qu’il ne reprenne jamais la chanson et ne fasse de promotion à la télévision. Qu’il ne sous saoule plus jamais, ô combien !, de son néoromantisme petit-bourgeois et de sa pathologie rebellococo.
Nous souhaitons que Renaud continue à détester la vie, source de sa déchéance, qui engendre un ennui constant que rien ne peut baumer. Nous affirmons que le chanteur a bien raison de n’en faire qu’à sa tête en refusant d’écouter son entourage proche, Hugues Gaufré en tête, et de ses fans assoiffés. Laissez-le se pourrir en paix, bon sang !
Au CGB, nous tenons comme aux prunelles de Jack à la dépression salutaire de Renaud Séchan. Pour son Noël, tous les membres ont cotisé pour lui offrir une caisse de pastis supplémentaire, en espérant qu’il reste de la place dans sa cave, et qu’il la descende pour le réveillon, seul dans son 300 m² de Meudon.
VIVE LE PASTIS ! VIVE RENAUD !

Image


et puis :


2 article sur Renaud sur le blog http://renaud-reviens.hierro.ch/








et on parle même de Renaud au Canada, ce qui devient plutôt rare :

Sur le site canoe.ca le 20/01/2011 :
CHRONIQUE DE SOPHIE DUROCHER

CULTURE ET MÉDIAS

Lâche pas, Renaud !

JDM

20-01-2012 | 02h52

Je suis inquiète pour Renaud.

Celui qui a écrit Miss Maggie et Mistral Gagnant serait en pleine déprime. Selon son frère, il serait même en train de commettre « un lent suicide » en se noyant dans l'alcool.

On ne peut pas assister comme ça au naufrage d'un artiste qu'on aime en se croisant les bras. Quand on a autant de talent que Renaud, quand on a écrit des chansons comme En cloque, Morgane de toi ou Banlieue rouge, on ne peut pas se saouler à la terrasse d'un café et arrêter d'écrire ou de composer.

Il ne faudrait surtout pas que Renaud finisse comme Amy Winehouse. Ou comme Janis Joplin et Jim Morrison, victime de ses excès.


Laisse pas béton
C'est le frère de Renaud, Thierry Séchan, qui a été le premier à tirer l'alarme.

En novembre, il a écrit une lettre ouverte à son frère qui a carrément eu l'effet d'une bombe, en France.

Dans ce texte, qui sert de préface à une biographie de Renaud, Thierry Séchan parle de la descente aux enfers de son frère chanteur : « Tes vieux démons ont repris le dessus. L'alcool a refait son apparition… La déprime est là, omniprésente. Tu dis à qui veut l'entendre que tu ne peux plus chanter. Je n'arrive pas à y croire. Un artiste n'arrête jamais de créer, voyons ! À moins qu'il ne se suicide, bien sûr… »

Puis, le journal Le Parisien révélait que Renaud passait une bonne partie de ses journées à boire des pastis à la Closerie des Lilas, un réputé café parisien.

On a appris dans le Nouvel Observateur que Johnny Hallyday allait le voir à la Closerie, qui est devenue son Quartier Général, pour le secouer en lui disant : « Il faut pas te laisser aller, mon p'tit Renaud. »

Un autre de ses amis, Hugues Aufray, déclare aux journalistes « Il n'est pas en état de chanter. Il ne fait que boire, il se nourrit d'alcool. Il est dans un état épouvantable.»

« Je ne pourrais pas supporter que l'auteur de Mistral gagnant devienne un ministrel perdant », affirme son frère.


La vie privée
On peut se demander si les journalistes ont le droit d'aller fouiller comme ça dans la vie privée des vedettes. Après tout, si Renaud a envie de se taper une bouteille de pastis, c'est un grand garçon, si ça ne fait de mal à personne, en quoi ça nous regarde ?

Mais on peut aussi se dire qu'en mettant au grand jour la détresse de Renaud, son frère et les journalistes lui ont rendu un fier service. Parce qu'ils ont provoqué une vague de sympathie, un grand élan d'amour envers le chanteur, et que c'est peut-être ça qui pourra le sauver et le sortir de sa dépression.

Sur Facebook, le groupe Soutenons Renaud Séchan comptait 31 453 fans et on pouvait y lire des messages plus touchants les uns que les autres : «Laisse pas béton, soit heureux», «Reviens vite», «Ne baisse pas les bras», «On t'aime tous».

Récemment, le frère de Renaud a affirmé que son frère allait un peu mieux : «Il a un suivi médical, psychiatrique, il prend des antidépresseurs.»

Peut-être que son meilleur médicament anti-déprime sera l'amour de ses fans.
PRESSEKIOSQUE

source : http://fr.canoe.ca/divertissement/tele- ... 1-jdm.html










edit : et puis encore :

Un autre article au sujet de Renaud sur le blog Mousse Mango, par Florie Darakdjian : http://mousse-mango.blogspot.fr/2012/04 ... -pour.html

Et puis un article sur Laisse Béton de Renaud sur le blog "Même esprit : Le retour de la vengeance de l’esprit de la Guérite" à http://memesprit.fr/2012/04/la-chanson- ... on-renaud/ avec les reprises de la chanson Laisse béton de l'album Hexagone 2011 et aussi celle par R'Wan.

On apprend en outre que :
Renaud y mêle cette fois le verlan (bien qu’il ne soit pas le premier chanteur populaire moderne à y recourir : Jacques Dutronc avant lui avait en effet écrit J’avais la vellecère qui zéfait des gueuva en 1971 !
Modifié en dernier par Saint Maïeul le 05 sept. 2012, 12:35, modifié 2 fois.
Banalyse :)

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Cédric
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Re: Ca change....

Message par Cédric »

Merci Titou !

Cette grande gueule de Sophie Durocher l'a ouverte pour une bonne cause cette fois !

J'avais zappé ça, merci !
N'oubliez jamais que la vie ne vaut rien, mais rien ne vaut la vie...

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