Il est où ce putain de topic ciné ?

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Charlie Brown
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Re: Il est où ce putain de topic ciné ?

Message par Charlie Brown »

Début d'année cinématographique très moyen et pas très folichon.
Voici à quoi ont ressemblé mes mois de janvier et février 2016 au cinoche :


2 bons films :

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Un jour avec, un jour sans

Hong Sang-Soo livre ici son meilleur film (bon, je n’ai pas tout vu, mais parmi les 4 ou 5 que j’ai vus, c’est mon préféré). Moins de beuveries (même s’il y en a quand même - les Coréens ont l’air d’avoir de gros problèmes avec l’alcool… et Hong aime mettre ça en scène), moins de tarés, plus de maîtrise… C’est une variation sur le même thème, l’histoire d’une brève rencontre. Il y a du Resnais (genre Smoking/No Smoking), du Rohmer, dans ce film. C'est aussi une sorte d'ode à l'honnêteté, quelque part. Aucune action, mais c'est beau et intelligent, et ça fait du bien par où ça passe. Bref, j’ai beaucoup aimé (et puis j’ai trouvé une énième égérie, Kim Min-Hee, l'actrice principale, charmante tout plein).


The Revenant

Bon, a priori ce n’est pas le genre de films que je vais voir. Mais c’est signé Alejandro Gonzalez Inarritu. Alors je me suis dit que ça allait au minimum être intéressant, intelligent et virtuose. Ça l’est. Même si c’est violent, bestial, féroce, épique... (interdit aux moins de 12 ans, ce qui est parfaitement justifié). Eprouvant aussi, tout y est hostile. Hostile, la nature, hostiles, les hommes. La masculinité dans toute sa "splendeur", toute sa connerie. Le genre de film où, à aucun moment, on ne se dit "c’était mieux avant" (ça fait toucher du doigt à la fois la préhistoire et les origines du capitalisme). Pas de manichéisme ni d’angélisme, pas de méchants indiens et de bons occidentaux (ici anglais et français), et inversement, juste la nature humaine exposée sans fard. Et c’est formellement virtuose, comme Birdman. Western, film de guerre, film de survie, film de vengeance, c’est typiquement le genre de film que je ne reverrai jamais, mais que je ne regrette pas d’avoir vu quand même au cinéma.


2 films pas mal du tout :

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Les Délices de Tokyo

Naomi Kawase ne réussit pas toujours ses films, mais celui-ci est très chouette. Les trois personnages principaux sont attachants et bien incarnés, un pour chaque génération, chacun avec ses problèmes, passés et présents, qui permettent à la réalisatrice d’aborder avec délicatesse certains dysfonctionnements de la société japonaise (et pas que japonaise), et les vicissitudes du temps qui passe.


Ave, César !

Ça manque un peu de rythme et ce n’est pas un grand Coen, mais, pour peu qu’on aime le cinéma hollywoodien des années 50 (ce qui est mon cas), c’est savoureux et on passe un bon moment. Les parodies de films de genre (péplum, western, comédie musicale, comédie de mœurs sophistiquée, film noir…) de l’époque sont parfaitement dosées, entre ironie et révérence, très bien vues et bien réalisées, et la peinture du milieu hollywoodien de l’époque est bien brossée, sous tous ses aspects. Comme à leur habitude, les frères Coen tournent tout en dérision : les religions, les idéologies, le monde du cinéma, la société américaine… Ça garde donc un petit côté jouissif, comme d'hab'.


3 films corrects mais sans plus :

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Spotlight

Ce qui fait la force et la faiblesse de ce film, c’est sa sobriété. Sa force parce qu’on suit l’enquête journalistique pas à pas, sans fioritures ni parasitages inutiles. Sa faiblesse parce que, du coup, formellement, on s’emmerde un peu. Heureusement que le fond est plutôt intéressant parce que sinon j’aurais totalement décroché en cours de film. Il n’y a aucune tension, quasiment aucune surprise. Et je n’ai rien ressenti, je n’ai pas vibré avec les personnages, auxquels on ne s’intéresse pas trop non plus, au final. Tout le contraire d’un excellent film du même réalisateur que j’avais vu il y a quelques temps : The Station Agent, que je conseille à tout les amateurs de cinéma indépendant américain. Mais sinon, ça se regarde bien quand même hein.


Anomalisa

C’est tourné en stop-motion avec des marionnettes, ce qui rendait le film attrayant, mais le procédé n’est pas justifié et tourne, du coup, un peu à vide. Ça oscille entre une partie du Bird People de Pascale Ferran et le Lost in Translation de Sofia Coppola, mais ça n’a ni l’intérêt ni la classe de ces deux excellents films. Ça aurait pu être un court-métrage classique, tourné avec de vrais gens, car, hélas, la technique du stop-motion n’apporte rien de plus. On s’attend à tout moment à ce que le film bascule dans le fantastique ou l’étrange, mais il reste très terre à terre, même s’il y a quelques bonnes idées. La meilleure scène du film est étrangement une longue scène de sexe en temps réel (environ 10 minutes, je dirais), d'une justesse bien plus impressionnante que dans bien des films classiques. Bon, l’ensemble n’est pas mauvais et il y a pas mal de choses bien vues, mais on reste un peu sur sa faim, en sortant de la salle.


Mistress America

Noah Baumbach et Greta Gerwich creusent leur sillon, entre film de hipster et sous-Woody Allen. Et, comme d’habitude, c’est moyen. Ça se regarde mais ça ne marque pas. Greta Gerwich (une actrice que j’aime bien) est encore plus insupportable que d’habitude, mais il y a moins de tics de réalisation pour faire cinéma indépendant que dans Frances Ha, par exemple, qui en faisait des caisses, ce qui est déjà pas mal. Et j’ai pas tout perdu, j’ai découvert deux actrices intéressantes au passage : Lola Kirke et Heather Lind.


2 mauvais films :

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Carol

Chiant au possible. Todd Haynes m’avait habitué à beaucoup mieux. On ne ressent rien, ce qui est quand même le comble pour une histoire d’amour. Rooney Mara sauve un peu le film, mais Cate Blanchett est insipide, et la réalisation, bien que chiadée, est sans saveur. Too bad, Todd.


Encore heureux

Sandrine Kiberlain et Edouard Baer sont excellents ! Et c’est bien là le seul intérêt du film. Degré zéro de la réalisation, à peine digne du moindre téléfilm de base, scénario avec du potentiel mais mal exploité. Vraiment dommage.
C'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule !
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Sophie du moulin
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Re: Il est où ce putain de topic ciné ?

Message par Sophie du moulin »

La vache: Je n'ai pas lu les critiques avant d'aller le voir pour ne pas être influencée mais je crois qu'il a eu un prix.
Un film qui fait du bien. Une douce comédie qui aide à voir le positif dans ce monde pas toujours rose. Certes, on peut se dire que tout est un peu trop optimiste mais on se laisse vite embarquer par Fatah (l'acteur Fatsah Bouyamed est vraiment très crédible) et son regard sur notre monde, sur nos différences culturelles et à la fin, on se dit que nous tous, on en a rencontré aussi des gens comme ça qui ne voient le mal nulle part et qui "contaminent" par leur positivisme tous les gens qui les côtoient. J'ai été émue tout le long du film et je suis certaine que ce n'est pas seulement un tour de mes hormones. :)
J'ai parfois la vie qui me pique les yeux mais je n'envie pas ceux qui gardent les yeux secs....
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Born X
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Re: Il est où ce putain de topic ciné ?

Message par Born X »

The Witch: 2 secondes hein le temps de me remettre. Parce que pour être clair ça faisait un moment que j'avais pas flippé devant un film d'horreur et un encore plus long moment que j'avais pas VRAIMENT flippé de trouille devant un film fait pour foutre la trouille.
Ok le film avait sa petite réputation depuis sundance 2015 mais les films " qui choppent leurs galons en festival" ça peut tout autant être mérité que complètement usurpé (mais non je pense pas du tout à "jéruzalem").
Et là, passez-moi l'expression, mais "putain de bordel de merde mais c'est quoi ce chef d'oeuvre?" Donc il existe encore des réalisateurs pas formatés qui font des péloches super bien foutu...
Au fait il quel âge Robert Eggers? 25 piges... ah ouais...et c'est son combientième film? son premier...aaaaah d'accord.
Bah là dans le domaine du cinéma c'est plus un démarrage en trombe ni une entrée en fanfare qu'il nous fait, faudrait carrément inventer un mot ou une expression rien que pour lui.
Parce que c'est bien simple, entre une mise en scène au millimètre, des cadrages tous plus justes les uns que les autres, des personnages hyper bien pensés et surtout une atmosphère 8ce qui est quand même le plus important dans ce style) comme pas vu depuis ...bah au moins 15 ans on a juste THE film d'horreur des années 2000.
Comme quoi pas la peine de faire du gore ou d'en rajouter des caisses pour coller les miquettes, suffit juste d'avoir du telent et de savoir tenir une caméra.
Et Robert Eggers a CA... plus tout le reste.
Alors franchement si ce film sort pas en salle en france je prend un lance flamme et je fout le feu à tous les multiplexes et tous les distributeurs. Parce que déjà sur "petit écran" j'ai pris des sueurs froides comme pas permit alors sur grand écran... Ouais fissa une sortie en salle quoi merde... histoire de se manger autre chose que "les copains de 40 balais font une dépression" (entre potes dans une maison grand style le temps des vacances), "tire sur mon doigt ça fera de la musique" (succès garantis au box office en raison de la présence dans le role du doigt du dernier comique ultra tendance) "l'union des supers gentils" (avec un yes man à la caméra, des cgi en pagaille mais une bande son qui déchire pour camoufler le désastre scénaristique) ou "belle et rebelle" (ou comment une lycéenne us, jouée par une nana de 30 ans heureusement très bien maquillée, se trouve à devoir se battre contre un esprit maléfique lié à un passé secret de ses parents le tout filmé en found footage).
Ouais je sait je tergiverse pas mal mais vu l'état de mon trouillomètre actuel (en gros moins l'infini) après visionnage du film, je suis pas prêt de réussir à dormir donc faut bien que je me change les idées.
La première décision vient du coeur et l'intelligence, dont nous sommes tous dépositaire, doit faire ce que notre coeur décide.
La normalité n'est pas le summum de ce qui peut s'atteindre.
Anne-Claire Damaggio
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Yann quib
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Re: Il est où ce putain de topic ciné ?

Message par Yann quib »

Merci Patron

j'ai eu du mal avec ce mélange d'humour et de constat social.
on apprend rien...(les délocalisations entrainent le chomage et la misere, certains patrons sont des salauds)
et j'ai trouvé ça assez condescendant...
Mais allez le voir, ça va vous plaire!
E kreiz an avel, atao!
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Born X
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Re: Il est où ce putain de topic ciné ?

Message par Born X »

Nous 3 ou rien: J'avais raté ce film au moment de sa sortie en salle et je m'en voulait parce que j'avais vraiment envie de la voir.
C'est désormais chose faite et j'ai été très surpris. Mais dans le bon sens du terme.
Kheiron rend un hommage magnifique à ses propres parents... avec une virtuosité incroyable, mélange d'humour, de tendresse, de joie et de tristesse, on est complètement porté de bout en bout. Je pensait voir un film sombre et ultra réaliste et j'ai eu un petit bijou ultra touchant qui dose à la perfection les émotions.
Le casting est impeccable, tout en tenue et l'on sent clairement son entière implication (et c'est rare que je pense ça de Gérard Darmon, Leila Bekhti et Zabou Breitman... ce qui en dit long donc sur leur brillance à l'écran dans ce film).
Et même ces passages qui peuvent sembler un peu "angélistes" (dans la seconde partie surtout) sont en fait contre balancé par le fait que l'on est tellement embarqué qu'on a conscience que c'est le point de vue du père que l'on a sous les yeux, individu éternellement optimiste.
Et puis un générique de fin absolument bouleversant qui fait prendre conscience que ce que l'on vient de voir c'est la vie, la vraie.
La première décision vient du coeur et l'intelligence, dont nous sommes tous dépositaire, doit faire ce que notre coeur décide.
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Born X
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Re: Il est où ce putain de topic ciné ?

Message par Born X »

3 films à ne pas voir: A vif, seul contre tous et life.
Les 2 premiers parce que c'est ultra convenu, aucune surprise, aucune énergie, aucune originalité, on sait ce qui va se passer 3/4 d'heure avant que ça ne se passe et en plus les casting bah bof moyen quoi (faudra d'ailleurs qu'on m'explique la carrière de will smith un de ces 4... lui c'est comme tom hanks, j'ai jamais compris pourquoi tout le monde hurle au génie alors que question expressions et jeux d'acteurs c'est l'école "steven seagal")
life parceque bon ok visuellement c'est bien chiadé, les années 50 sont bien rendues mais alors c'est creux, mais creeeeeeeeeux. Je pensait que ça allit un peu détruire le mythe james dean en montrant comment hollywood construit une légende à partir de rien et bah non en fait... et ça se rattrape même pas en montrant les difficultés des photographes ou des acteurs débutants. Juste ça cause, beaucoup, trop...et pour RIEN.

Par contre je vient de tomber sur une série belge, OH MY GOD!!!! "La trève" que ça s'appelle.
Bah c'est juste énorme. C'est limite du David Lynch qui aurait décidé de faire un reportage pour stip tease en mettant Kyan Khojandi dans un rôle noir (sérieux l'acteur principal est quasi son sosie)
Et la série est en cour de diffusion...sur la première chaine belge... donc gratos... et c'est du "service public".
Ils ont du bol quand même nos voisins.
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Born X
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Re: Il est où ce putain de topic ciné ?

Message par Born X »

Point Break: bon normalement tout le monde se souvient de l'original avec les sémillants Keanu Reeves et Patrick Swayze et la toute mimi Lori Petty, les scènes de surf, les masques de président us, les répliques qui tuent, la participation des Red Hot Chili Peppers etc...
Et là on tombe sur l'affiche de la version 2016 et on voit dessus un gros bandeau qui dit " la relève de fast and furious est assurée".
Là normalement le cinéphile moyen se dit que y'a un truc parce que fast and furious c'était en fait à la base juste une version "testostéronée" de point break (on enlève les planches de surf, on met des grosses voitures à la place, on met des acteurs qui ont fait de la gonflette à la place de ceux qui ont des vrais muscles et c'est parti...). Et que donc une version "bigger" d'un film qui était la version "bigger" de l'original ça risque d'être quand même bien tout pourrit.
Et oh tiens SURPRISE: c'est bien tout pourrit!!!!!
Mais alors pourrit que t'imagine un film avec des scènes d'action clichées, des explosions de partout, des personnages encore plus clichés que les scènes d'action et des répliques que même des acteurs de série b auraient honte de les dire... tu multiplie ça par 100 et t'es juste un peu en dessous de la vérité d'à quel point c'est tout pourrit.
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Born X
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Re: Il est où ce putain de topic ciné ?

Message par Born X »

Charlie Brown a écrit :

The Revenant

Bon, a priori ce n’est pas le genre de films que je vais voir. Mais c’est signé Alejandro Gonzalez Inarritu. Alors je me suis dit que ça allait au minimum être intéressant, intelligent et virtuose. Ça l’est. Même si c’est violent, bestial, féroce, épique... (interdit aux moins de 12 ans, ce qui est parfaitement justifié). Eprouvant aussi, tout y est hostile. Hostile, la nature, hostiles, les hommes. La masculinité dans toute sa "splendeur", toute sa connerie. Le genre de film où, à aucun moment, on ne se dit "c’était mieux avant" (ça fait toucher du doigt à la fois la préhistoire et les origines du capitalisme). Pas de manichéisme ni d’angélisme, pas de méchants indiens et de bons occidentaux (ici anglais et français), et inversement, juste la nature humaine exposée sans fard. Et c’est formellement virtuose, comme Birdman. Western, film de guerre, film de survie, film de vengeance, c’est typiquement le genre de film que je ne reverrai jamais, mais que je ne regrette pas d’avoir vu quand même au cinéma.
Alors autant moi aussi j'avais grave accroché sur Birdman autant là même au cinéma je me suis fait chier d'une force...
C'est bien simple j'avais l'impression d'avoir sous les yeux un mauvais remake du "Jeremiah Johnson" de Sidney Pollack (1972 pour celles et ceux que ça intéresserait).
Visuellement c'était beau, mais alors le reste pffffiou paye tes moment de convenu avec un casting pas si énorme que ça... en somme 15-20 bonnes minutes en cumulé pour un film qui en fait 160 c'est quand même peu...très peu.
Faudra qu'on m'explique comme ce truc a fait pour rafler des statuettes aux oscar.. (ah bah non c'est vrai je sait déjà... les oscars c'est pas fait pour récompenser le meilleur film c'est fait pour récompenser celui qui a le mieux construit son "plan comm'").
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Tha_moumou
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Re: Il est où ce putain de topic ciné ?

Message par Tha_moumou »

Céline, c'est chiant. D'ailleurs ça commence par "France 3 a choisi ce film". Denis Lavant est pas crédible, c'est dire l'ampleur de la catastrophe.
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Lilibellule
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Re: Il est où ce putain de topic ciné ?

Message par Lilibellule »

Charlie Brown
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Re: Il est où ce putain de topic ciné ?

Message par Charlie Brown »

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Très lent. Très contemplatif. Très esthétique. J’ai pas tout compris (doit falloir en connaître un bout sur la Chine sous la dynastie Tang) mais c’est très beau. Faut surtout pas s’attendre à un film d’action ni à un classique film de sabre chinois. Comme à son habitude, Hou Hsiao-Hsien prend son temps et reste assez hermétique. A réserver aux amateurs.


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Pas mal du tout. De ce drame (des religieuses polonaises enceintes après avoir été violées à plusieurs reprises par les "libérateurs" soviétiques à la fin de la seconde guerre mondiale et qui demandent de l’aide à une jeune infirmière communiste de la Croix-Rouge française), Anne Fontaine tire un film sans pathos et s’en tire avec une certaine classe, nous épargnant les moments les plus glauques tout en les suggérant plutôt habilement. Les réflexions de fond (sur le fait d’être femme, sur la foi, sur l’engagement... etc...) ne sont pas négligées mais sont traitées par la bande, sans lourdeur. Plutôt une bonne surprise, du coup (sans compter que l’esthétique est finalement assez honorable et que Lou de Laâge est fort charmante).


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Contrairement à ce que pourraient laisser penser le titre, la langue, le lieu de l’action et les acteurs du film, ce n’est pas un film anglais ou américain, mais c’est le premier film d’un réalisateur français, Antoine Bardou-Jacquet, très anglo-saxon dans sa manière de filmer et d’aborder le cinéma (peut-être parfois un peu trop influencé par certains tics tarantinesques, mais bon...), ce qui change un peu du gros des réalisateurs français. A partir d’une célèbre rumeur qui voudrait que, en 1969, afin de parer à d’éventuels problèmes techniques lors de l’alunissage d’Apollo 11, la CIA ait demandé à Stanley Kubrick de tourner des images en studio pour prendre le relais en cas d’échec technique (rumeur, voire "complot" (chez les tenants hallucinés du "on n'a jamais marché sur la lune"), jamais vraiment confirmée ou infirmée jusqu’à présent, il me semble), Antoine Bardou-Jacquet concocte un scénario loufoque et débile à souhait, et un film qui, s’il démarre assez mal (les vingt premières minutes ne sont pas très bonnes) finit par décoller et par se vautrer avec un plaisir communicatif dans le grotesque assumé. Ron Perlman est excellent en agent brutal de la CIA, ancien du Viêt-Nam, parachuté au milieu des junkies psychédéliques du Swinging London, tous plus débiles et shootés les uns que les autres, ce qui nous vaut quelques scènes assez amusantes pour qui est capable de goûter la chose.


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C’est pas encore sorti mais je l’ai vu en avant-première en présence du réalisateur, Julien Rappeneau (fils de Jean-Paul), dont c’est le premier film. La bande dessinée de Camille Jourdy, Rosalie Blum, dont est tiré le film, étant une de mes BD préférées, je voulais en voir l’adaptation cinématographique ("télévisuelle" aurait été plus approprié, en fait, tant l’aspect cinématographique m’a semblé être le cadet des soucis du réalisateur, habituellement scénariste). Bon, je suppose que si on n’a pas lu la BD, ça doit mieux fonctionner, mais ça reste très regardable. Noémie Lvovsky est très bien, comme d’habitude, la jeune Alice Isaaz est plutôt correcte (avec un physique qui joue dans la même catégorie que Lou de Laâge, citée plus haut, donc très jolie), quelques seconds rôles sont sympathiques. En revanche, Kyan Khorandji joue comme une tanche et ne dégage absolument rien (va avoir un sacré boulot à faire s’il veut être crédible au cinéma, ce garçon, sorti de son Bref…). Le film n’a ni le charme ni la force de la BD de Camille Jourdy, même s’il faut saluer le procédé scénaristique qui permet à cette adaptation de se démarquer légèrement de l’œuvre d’origine, sans la trahir.
C'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule !
Charlie Brown
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Re: Il est où ce putain de topic ciné ?

Message par Charlie Brown »

Alors là, je viens d'aller voir ça :

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C'est fascinant ! Avec le Lost in La Mancha sur le Don Quichotte que Terry Gilliam n'a (pour l'instant ?) jamais réussi à réaliser, c'est un des meilleurs films jamais fait sur un film qui n'existe pas ! L'halluciné mais très lucide Alejandro Jodorowsky y raconte, avec le témoignage d'autres protagonistes de l'aventure, comment il n'a jamais pu tourner son chef-d'œuvre (d'après lui), en 1975, une adaptation du Dune de Frank Herbert, à cause de la frilosité des studios hollywoodiens (les seuls potentiellement capables de produire ce film en grande partie… français !) devant sa réputation d'artiste incontrôlable (ce qu'il est réellement), alors que tout était prêt et qu'il avait réussi le plus gros en deux ans : réunir une équipe technique et artistique monstrueuse, prête à tourner, qui aurait pu tout défoncer (de Mœbius à Pink Floyd, de Magma à Salvador Dali, de Giger à Orson Welles, de Christopher Foss et Dan O'Bannon à Mick Jagger…). Dessins de Mœbius à l'appui, mis en valeur dans un montage dynamique, Jodorowsky nous fait toucher du doigt avec jubilation ce projet avorté, mais qui a influencé directement (par certains membres de cette équipe technique) ou indirectement (par la circulation de l'impressionnant storyboard du film qui a tourné dans tous les studios hollywoodiens de l'époque) tous les films de SF produits depuis, de Star Wars en 1977 à Prometheus en 2012, an passant par Alien, Blade Runner, Total Recall… etc... C'est cocasse et passionnant.
C'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule !
Aïdos
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Re: Il est où ce putain de topic ciné ?

Message par Aïdos »

Il me tarde aussi de le voir, celui-ci.
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Born X
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Re: Il est où ce putain de topic ciné ?

Message par Born X »

Prévu lundi pour moi... et il me tarde un peu, au vu des commentaires plus qu'enthousiastes que j'ai pu entendre de ci de là. Cela dit pas étonnant quand on considère que le Dune version Jodorowsky est surement le film "development hell" qui a le plus influencé le cinéma de genre en particulier et le cinéma en général de toute l'histoire. Sans oublier qu'il a quand même fait fantasmer un bon paquet de cinéphiles.
(pour l'anecdote le "film sur le film" en question a faillit lui aussi ne jamais voir le jour, certaines personnes, comme la veuve de Moébius par exemple, ne souhaitant pas qu'il se fasse pour des questions de droit à l'image et autres... Franck Pavich a échappé de peu à la "malédiction").
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Anne-Claire Damaggio
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Re: Il est où ce putain de topic ciné ?

Message par Born X »

Donc The Jodorowsky's Dune: Autant "lost in la mancha" (autre référence dans le domaine du "film sur un film") laissait clairement un gout amer (on morflait autant que Gillian) autant là on ressort avec une super banane. Aucune déception, au contraire même, c'est la joie qui l'emporte d'avoir réussit à réunir autant de talents si différents sur un projet commun et d'avoir réussit à les faire s'entendre. L'idée majeure reste "tu as un rève, aussi fout soit il fait le... et même s'il n'aboutit pas ce n'est pas grave, regarde tout ce que ce travail aura permit de créer d'exister etc". Aucun défaitisme que de la motivation.
Et puis au final il y a cette impression d'avoir devant les yeux le film en lui même avec la part d'imaginaire que chaque spectateur y met. J'ai vraiment eu l'impression de voir Dune et non pas "un film sur Dune" et de pouvoir y mettre ce que j'avais en tête. On devient autant acteur que ceux qui ont crée ce projet.
A se demander si en fait la non finalisation n'est pas ce qui pouvait arriver de mieux.... cela a permit tellement d'autres choses (voir le post de Charlie pour la liste..et encore elle est non exhaustive).
Impression renforcée (je le reconnait) par le visionnage post séance d'une vidéo du fils de Jodorowsky. Celui-ci devait tenir le role principal et du haut de ses 12 piges a quand même passé 2 années à s'entrainer avec un maitre en arts martiaux. Et il reconnait que même si le film ne s'est pas fait, ces 2 années lui ont apportées énormément pour la suite de sa vie.
Seul petit regret, que le film de Ravich soit un peu trop "enthousiaste" et n'évoque à aucun moment la possibilité que le projet s'il eu été finalisé aurait très bien pu "se planter" (trop en avance, effets spéciaux qui vieillissent mal ou autres raisons) mais ce point est en fait contre balancé par justement cette idée que la non réalisation fut une source de tellement de choses et par le fait que bah le film il a été fait...et qu'on vient de le voir.
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