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Les États-Unis débloquent une aide de 55 M$ à la Colombie
Agence France-Presse
Washington
Les États-Unis ont décidé de débloquer une aide militaire de plus de 55 millions de dollars à la Colombie, estimant que les forces armées de ce pays respectaient leurs critères en matière de droits de l'Homme, a annoncé mardi le département d'État.
La secrétaire d'État américaine, Condoleezza Rice, a «certifié le 4 avril au Congrès que le gouvernement colombien et les forces armées de ce pays remplissaient les critères requis en matière de droits de l'Homme et étaient en train de rompre leurs liens avec les groupes para-militaires», a indiqué le porte-parole du ministère américain des Affaires étrangères, Sean McCormack.
Le versement de ces fonds prévus en 2006 au titre de l'assistance aux forces armées colombiennes, était suspendu à cette certification.
Les États-Unis sont «encouragés par les développements positifs dans les efforts du gouvernement colombien pour défendre les droits de l'Homme», a précisé M. McCormack dans un communiqué. «Cela dit, nous reconnaissons qu'il y a encore des progrès à faire».
Lors de sa récente visite en Colombie, le président américain George W. Bush a assuré son homologue colombien Alvaro Uribe du soutien constant des États-Unis à leur allié le plus solide en Amérique latine.
Le président américain a affirmé qu'il maintiendrait la collaboration étroite avec Bogota pour «dérouter les trafiquants de drogue et terroristes», tout en reconnaissant que l'aide américaine -- 4 milliards de dollars pour le Plan Colombie depuis 2000 -- serait conditionnée par la capacité de Bogota à punir les auteurs d'atteintes aux droits de l'homme (notamment les paramilitaires), comme le réclame la majorité démocrate au Congrès américain.
http://www.cyberpresse.ca/article/20070 ... 30/CPMONDE
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En Colombie, des mines terrestres meurtrières menacent les vies et le bien-être des enfants des campagnes
NEW YORK, Etats-Unis, 4 avril 2007 - Voici bientôt six ans, alors qu'elle était âgée de 10 ans, qu'Irma Janeth a accidentellement perdu son pied gauche à cause d'une mine terrestre. Elle était en train de se promener dans les bois autour de Quebradona, la localité qu'elle habite dans la campagne colombienne. La déflagration lui a instantanément arraché une jambe et l'a rendue incapable d'avoir des enfants.
http://www.businessportal24.com/fr/En_C ... 67238.html
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Bogota autorise des démarches européennes pour les otages
Le président colombien Alvaro Uribe a annoncé mardi avoir autorisé la France, la Suisse et l'Espagne à faire de nouvelles "démarches" pour la libération des otages retenus par la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC).
"J'ai récemment rencontré des représentants des pays amis. Ils m'ont demandé de nouvelles autorisations pour des démarches, mais ne nous ont soumis aucune proposition", a déclaré M. Uribe, interrogé par la station de radio colombienne Caracol.
En 2005, la France, la Suisse et l'Espagne avaient proposé des négociations à Pradera et Florida, dans une zone démilitarisée de 480 km2 à créer, en vue d'un "échange humanitaire" d'otages contre des guérilleros incarcérés. Mais les conditions préalables exigées par les deux camps ont fait échouer cette initiative jusqu'ici.
Les FARC, première guérilla du pays avec 17.000 hommes, réclament la libération de 500 de leurs hommes incarcérés en échange de celle de 57 otages, dont trois Américains et la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, sur les 1.100 qu'ils détiennent. Les rebelles ont réaffirmé en mars dernier qu'aucune négociation n'était possible sans le retrait préalable de l'armée des deux municipalités, situées dans le sud-ouest de la Colombie.
http://www.7sur7.be/hlns/cache/fr/det/a ... n=homeArt5
Agence France-Presse
Washington
Les États-Unis ont décidé de débloquer une aide militaire de plus de 55 millions de dollars à la Colombie, estimant que les forces armées de ce pays respectaient leurs critères en matière de droits de l'Homme, a annoncé mardi le département d'État.
La secrétaire d'État américaine, Condoleezza Rice, a «certifié le 4 avril au Congrès que le gouvernement colombien et les forces armées de ce pays remplissaient les critères requis en matière de droits de l'Homme et étaient en train de rompre leurs liens avec les groupes para-militaires», a indiqué le porte-parole du ministère américain des Affaires étrangères, Sean McCormack.
Le versement de ces fonds prévus en 2006 au titre de l'assistance aux forces armées colombiennes, était suspendu à cette certification.
Les États-Unis sont «encouragés par les développements positifs dans les efforts du gouvernement colombien pour défendre les droits de l'Homme», a précisé M. McCormack dans un communiqué. «Cela dit, nous reconnaissons qu'il y a encore des progrès à faire».
Lors de sa récente visite en Colombie, le président américain George W. Bush a assuré son homologue colombien Alvaro Uribe du soutien constant des États-Unis à leur allié le plus solide en Amérique latine.
Le président américain a affirmé qu'il maintiendrait la collaboration étroite avec Bogota pour «dérouter les trafiquants de drogue et terroristes», tout en reconnaissant que l'aide américaine -- 4 milliards de dollars pour le Plan Colombie depuis 2000 -- serait conditionnée par la capacité de Bogota à punir les auteurs d'atteintes aux droits de l'homme (notamment les paramilitaires), comme le réclame la majorité démocrate au Congrès américain.
http://www.cyberpresse.ca/article/20070 ... 30/CPMONDE
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En Colombie, des mines terrestres meurtrières menacent les vies et le bien-être des enfants des campagnes
NEW YORK, Etats-Unis, 4 avril 2007 - Voici bientôt six ans, alors qu'elle était âgée de 10 ans, qu'Irma Janeth a accidentellement perdu son pied gauche à cause d'une mine terrestre. Elle était en train de se promener dans les bois autour de Quebradona, la localité qu'elle habite dans la campagne colombienne. La déflagration lui a instantanément arraché une jambe et l'a rendue incapable d'avoir des enfants.
http://www.businessportal24.com/fr/En_C ... 67238.html
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Bogota autorise des démarches européennes pour les otages
Le président colombien Alvaro Uribe a annoncé mardi avoir autorisé la France, la Suisse et l'Espagne à faire de nouvelles "démarches" pour la libération des otages retenus par la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC).
"J'ai récemment rencontré des représentants des pays amis. Ils m'ont demandé de nouvelles autorisations pour des démarches, mais ne nous ont soumis aucune proposition", a déclaré M. Uribe, interrogé par la station de radio colombienne Caracol.
En 2005, la France, la Suisse et l'Espagne avaient proposé des négociations à Pradera et Florida, dans une zone démilitarisée de 480 km2 à créer, en vue d'un "échange humanitaire" d'otages contre des guérilleros incarcérés. Mais les conditions préalables exigées par les deux camps ont fait échouer cette initiative jusqu'ici.
Les FARC, première guérilla du pays avec 17.000 hommes, réclament la libération de 500 de leurs hommes incarcérés en échange de celle de 57 otages, dont trois Américains et la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, sur les 1.100 qu'ils détiennent. Les rebelles ont réaffirmé en mars dernier qu'aucune négociation n'était possible sans le retrait préalable de l'armée des deux municipalités, situées dans le sud-ouest de la Colombie.
http://www.7sur7.be/hlns/cache/fr/det/a ... n=homeArt5
Douze députés de la ville de Cali entament aujourd'hui leur sixième année de captivité
11/04/2007 - Semana, El Espectador
Douze députés départementaux colombiens terminent aujourd'hui leur cinquième année de captivité par les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC)
Les douze politiciens ont été capturés le 11 avril 2002, alors qu'ils se trouvaient au siège de l'assemblée de Cali, la capitale de la Vallée du Cauca.
Il y a maintenant un an que leurs proches ont reçu les dernières preuves de vie, dans une vidéo transmise par leurs ravisseurs.
Dans un communiqué, leurs familles ont critiqué tant les FARC que le Gouvernement pour leur 'attitude passive, indolente et intransigente ', et ont exigé à nouveau 'un accord humanitaire '.
Les parents ont demandé au Gouvernement d'accepter une zone pour les négociations, dans les villages de Pradera et de Florida, et ils ont enjoint les FARC de leur fournir immédiatement des preuves de survie, ou de permettre l'échange de correspondance.
Ces douze députés font partie du groupe des 'échangeables ' parmi lesquels figurent aussi l'ex candidate présidentielle Ingrid Betancourt, kidnappée en février 2002, trois Américains et plusieurs militaires et policiers qui sont, eux, dans leur dixième année de captivité.
http://www.betancourt.info/indexFr.htm
11/04/2007 - Semana, El Espectador
Douze députés départementaux colombiens terminent aujourd'hui leur cinquième année de captivité par les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC)
Les douze politiciens ont été capturés le 11 avril 2002, alors qu'ils se trouvaient au siège de l'assemblée de Cali, la capitale de la Vallée du Cauca.
Il y a maintenant un an que leurs proches ont reçu les dernières preuves de vie, dans une vidéo transmise par leurs ravisseurs.
Dans un communiqué, leurs familles ont critiqué tant les FARC que le Gouvernement pour leur 'attitude passive, indolente et intransigente ', et ont exigé à nouveau 'un accord humanitaire '.
Les parents ont demandé au Gouvernement d'accepter une zone pour les négociations, dans les villages de Pradera et de Florida, et ils ont enjoint les FARC de leur fournir immédiatement des preuves de survie, ou de permettre l'échange de correspondance.
Ces douze députés font partie du groupe des 'échangeables ' parmi lesquels figurent aussi l'ex candidate présidentielle Ingrid Betancourt, kidnappée en février 2002, trois Américains et plusieurs militaires et policiers qui sont, eux, dans leur dixième année de captivité.
http://www.betancourt.info/indexFr.htm
- andré-louis
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URGENT URGENT APPEL AU SECOURS URGENT URGENT APPEL AU SECOURS URGENT
CONCERT DE NANCY
19 concerts déjà, 19 stands des comités.19 succès.
Demain c'est à Nancy et ça pourrait être le premier couac. Le premier vilain blanc dans notre engagement moral vis à vis de Renaud de suivre la tournée parout.
Bref on a besoin de volontaires pour le concert de Renaud demain à Nancy ! Si vous pouvez vous déplacer jusque là : contactez au plus vite Dominique Bouillon 06 87 49 26 55 dominique.bouillon@asca.tm.fr
Luxembourg le 7 mai demeure encore difficile; on verra.
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Bref on a besoin de volontaires pour le concert de Renaud demain à Nancy ! Si vous pouvez vous déplacer jusque là : contactez au plus vite Dominique Bouillon 06 87 49 26 55 dominique.bouillon@asca.tm.fr
Luxembourg le 7 mai demeure encore difficile; on verra.
International 20/04/2007 - 07:52
Colombie: Uribe rejette les accusations
Le président colombien Alvaro Uribe, accusé de collusion avec des escadrons de la mort paramilitaires, a lancé jeudi une campagne internationale pour se laver de ces accusations et conserver l'aide américaine. Le sénateur américain Patrick Leahy a, en sa qualité de président d'une sous-commission supervisant l'aide extérieure, bloqué une aide militaire de 55 millions de dollars. "Ces accusations nous font du tort à l'étranger et nous allons les combattre", a dit Uribe, alors que huit de ses alliés au Congrès ont été accusés d'avoir soutenu les paramilitaires et incarcérés. Plus de 31 000 paramilitaires ont déposé les armes dans le cadre d'un accord de paix mais les Forces armées révolutionnaires de Colombie, premier mouvement de guerilla du pays, continuent de combattre le gouvernement.
http://www.lejdd.fr/cmc/scanner/interna ... html?popup
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La deuxième guerilla prête à un cessez-le-feu et au dialogue
19/04/2007 - Romandie.com, Le Vif, Reuters, ReliefWeb
La deuxième guerilla colombienne est disposée à entamer un cessez-le-feu. Mais il sera "temporaire et expérimental" dans un dialogue de paix avec le gouvernement, a annoncé lundi à la Havane le porte-parole de l'Armée de libération nationale (ELN) Pablo Beltran.
"Nous ne parlons pas de la disparition de l'ELN mais d'une expérimentation, d'un cessez-le-feutemporaire afin de créer un climat de paix et de participation; si ça fonctionne, nous pourrons prolonger l'arrêt des hostilités, si ça ne fonctionne pas, nous ne le prolongerons pas", a déclaré M. Beltran lors d'une conférence de presse.
Le principal négociateur du groupuscule marxiste a par ailleurs précisé que le gouvernement colombien avait déjà pris connaissance de cette offre. L'ELN créée en 1964 et fortement inspirée par la révolution cubaine et Che Guevara, est la deuxième guérilla colombienne avec 4000 combattants.
Le principal groupe de guerilleros, les FARC, comptent 14'000 hommes armés dans ses rangs. Une table ronde entre l'ELN et le gouvernement de Bogota devrait s'ouvrir mardi dans la capitale cubaine.
Il s'agit de la sixième phase de discussions exploratoires entamées en décembre 2005 et qui ont traversé des hauts et des bas en raison des exigences de chaque camp (cessez-le-feu préalable demandé par le gouvernement et amnistie pour les guérilleros).
"Lors des discussions sur les conditions de mise en place du cessez-le-feu, il faudra inventer des formules (...) qui ne mettront pas en danger la continuité des projets de l'ELN" a prévenu M. Beltran.
Le gvt colombien accepte
Le gouvernement colombien a accepté la proposition de "cessez-le-feu expérimental" de l'Armée de libération nationale (ELN, marxiste), la deuxième guérilla du pays, a annoncé mercredi à La Havane le Haut commissaire à la paix du gouvernement de Bogota, Luis Carlos Restrepo.
"Nous acceptons la proposition d'un cessez-le-feu expérimental et transitoire", à déclaré à la presse l'émissaire colombien, au deuxième jour de la sixième série de pourparlers organisés à Cuba avec l'ELN.
Le Haut commissaire à la paix a garanti que le gouvernement colombien ferait preuve de "réciprocité".
http://www.betancourt.info/indexFr.htm
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Le responsable de la Police en Colombie révèle que 30% des kidnappings se terminent par le décès de la victime
20/04/2007 - Terra
Le directeur national anti-kidnapping de la Police colombienne, le colonel Humberto Guatibonza Carreño, a expliqué aujourd'hui dans un congrès international sur la violence criminelle qui a lieu à Zamora (Espagne) que 30 pour cent des kidnappings qui se produisent dans son pays se terminent par le décès de la victime.
Guatibonza Carreño a reconnu, dans des déclarations à l'agence de presse Efe, que ce fait est "grave" parce qu'à l'infraction de kidnapping s'ajoute celle d'homicide; il a cependant voulu tranquilliser la population en annonçant une diminution du nombre de kidnappings déclarés dans son pays durant les dernières années.
À ce sujet, il a rappelé que pour 2.350 personnes déclarées kidnappées durant l'année 2002, on ne compte plus en 2006 que 600 kidnappings.
Il a expliqué que le nombre de kidnappings de personnes étrangères dans son pays avait été fortement réduit dernièrement, puisqu'il y a "davantage de sécurité, et parce que les multinationales savent maintenant en quels endroits leurs dirigeants ne doivent pas aller pour éviter d'être kidnappés".
Il a expliqué que les principaux auteurs de kidnapping dans le pays sont d'abord les bandes criminelles organisées, suivies par les FARC (Forces Armées Révolutionnaires de Colombie) et l'ELN (Armée de Libération Nationale).
Dans le cas des bandes organisées, le kidnapping dure généralement entre trois ou quatre mois en moyenne, tandis que ceux perpétrés par les FARC durent beaucoup plus longtemps, et il y a un certain nombre de cas de personnes que ont été kidnappées depuis plus de cinq ans, pour lesquels leurs ravisseurs ont montré seulement deux ou trois preuves de survie.
Il a assuré qu'outre ce type de kidnappings, il y a en Colombie beaucoup d'autres qui ne sont pas dénoncés car ils concernent des mafiosos et des narco-trafiquants qui kidnappent d'autres narco-trafiquants ou certains de leurs parents pour récupérer certaines dettes liées au trafic de drogues.
Guatibonza Carreño a ajouté que la personnalité du négociateur est fondamentale pour assurer la viedu kidnappé, et que ce doit être un professionnel et non un parent du kidnappé qui négocie l'accord de libération.
Le directeur national antikidnappings de la Police colombienne a fait ces déclarations avant de prendre part à une table ronde consacrée à la délinquance violente en Amérique latine, et qui est organisé par la Société espagnole de Criminologie et Sciences Légistes, ainsi que par l'Université de Salamanque.
http://www.betancourt.info/indexFr.htm
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La gauche colombienne dénonce les liens entre des proches du président Uribe et les milices paramilitaires
21/04/2007 - Le Monde, El Pais (España), The Guardian
Le scandale dit de la "parapolitique", c'est-à-dire des liens entre les milices paramilitaires d'extrême droite et les hommes politiques en Colombie, a connu un rebondissement avec les révélations faites par le sénateur Gustavo Petro, mardi 17 avril. Le leader du Pôle démocratique indépendant (gauche) a dénoncé les responsabilités du président Alvaro Uribe (droite) à l'époque où il était gouverneur du département d'Antioquia (1995-1997), dont la capitale est Medellin, deuxième ville colombienne.
Le sénateur a rappelé la création de 82 coopératives rurales de sécurité "Convivir", qu'il a présentées comme des antécédents des groupes paramilitaires, censés combattre les guérillas d'extrême gauche. Un tiers des dirigeants des "Convivir" se sont intégrés par la suite aux groupes paramilitaires, selon le parlementaire. Une "Convivir" autorisée par le gouverneur Uribe était dirigée par Salvatore Mancuso, trafiquant de drogue notoire, devenu le leader des Autodéfenses unies de Colombie (AUC), qui a fédéré les paramilitaires.
Selon des documents judiciaires lus au Sénat par M. Petro, des paramilitaires auraient utilisé comme base la propriété rurale "La Carolina", administrée par Santiago Uribe, frère du chef de l'Etat.Une autre propriété de la famille Uribe, "Guacharacas", aurait été le théâtre d'exécutions sommaires de guérilleros. Le sénateur a présenté une photographie où figurent Santiago Uribe et Fabio Ochoa Vasquez, l'un des chefs du cartel de Medellin détenu aux Etats-Unis, où il a été condamné pour trafic de drogue.
Santiago Uribe "coordonnait un groupe d'autodéfense qui opérait entre Yarumal et Santa Rosa de Osos (Antioquia), chargé d'exécuter et de faire disparaître des paysans, sous prétexte qu'ils aidaient la guérilla", a affirmé M. Petro. "Les militaires et le narcotrafic ont stimulé la création des paramilitaires pour surveiller les terres de la région du Magdalena et d'Uraba, ainsi que les pistes d'où partaient 20 à 30 vols de cocaïne par jour", a-t-il ajouté.
Le sénateur a attribué l'assassinat de Luis Carlos Galan, candidat libéral à la présidence de la République, en 1989, à une alliance entre les paramilitaires, les narcotrafiquants et des "militaires anticommunistes". Il a critiqué l'association entre les paramilitaires, le cartel de Cali et l'Etat pour traquer et tuer Pablo Escobar, célèbre chef du cartel de Medellin.
Le conseiller du chef de l'Etat, José Obdulio Gaviria, a taxé les propos de M. Petro de "combinaison de calomnies, de désinformation et de pièces judiciaires décousues". "Cela vise à créer une ambiance d'illégitimité à l'égard de l'Etat, assure l'idéologue du président Uribe. La Colombie est une grande nation : les guérilleros, les paramilitaires et certains secteurs légaux ne parviendront pas à détruire son élan démocratique." Le gouvernement ne se prive pas de rappeler que le sénateur d'opposition a appartenu au M-19, une guérilla d'extrême gauche qui a abandonné la lutte armée après la prise du Palais de justice, à Bogota, qui s'était terminée avec la mort d'une centaine de personnes, en 1985.
Le chef de l'Etat n'avait pas été critiqué aussi durement sur ses supposés liens avec les paramilitaires depuis la publication d'une Biographie non autorisée d'Alvaro Uribe Velez (La Oveja Negra, Bogota, 2002), écrite par Joseph Contreras, ancien correspondant de Newsweek.
http://www.betancourt.info/indexFr.htm
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Colombie
Kankuamos : épidémie de douleur
par Constanza Vieira
20 avril 2007
http://risal.collectifs.net/article.php ... ticle=2179
« A Rioseco et à Murillo, nous avons encore des problèmes avec le conflit », avertit Jaime Arias, le cabildo mayor kankuamo, faisant référence à deux des douze villages de cette ethnie de la Sierra Nevada de Santa Marta, dans le nord de la Colombie.
Arias, la plus haute autorité civile indigène, se rappelle des 258 kankuamos assassinés au cours des quatre dernières années. C’est la raison pour laquelle tous les membres du peuple kankuamo bénéficient de mesures provisoires de protection ordonnées par la Cour Interaméricaine des Droits de l’Homme (CIDH), un organisme du système de l’Organisation des Etats Américains (OEA) [1].
La Sierra Nevada est un des endroits en Colombie qui est le théâtre de violents affrontements armés entre les guérillas de gauche, les paramilitaires d’extrême droite et les forces de sécurité de l’État. Dans cette guerre civile, la majorité des victimes sont des civils.
Murillo est pratiquement un village fantôme depuis 2002, après qu’il a été occupé par les paramilitaires et après le départ des trois-quarts des familles qui l’habitaient. Certaines d’entre elles sont revenues cette année mais celui qui veut s’y rendre doit demander l’autorisation au commandant de l’armée local et déclarer les aliments qu’il transporte.
A Rioseco, dans la plaine, seules trois maisons étaient encore habitées sur les plus de 100 existantes. C’est la peur au ventre et au milieu des menaces contre les leaders que 32 familles indigènes sont revenues en mai 2004.
« Tout a été abandonné », se rappelle un ancien en montrant les environs où la végétation cache la plupart des maisons.
« Ici, la force publique a disparue et les "paras" (paramilitaires) sont apparus. La population a été soumise et menacée y compris le cabildo menor (autorité locale) le jour-même de son élection », ajoute sa fille.
Un endroit situé à huit kilomètres de Valledupar, la capitale du département du César, et proche de Rioseco, a été particulièrement mortel pour les kankuamos. Au carrefour menant vers le hameau de Los Corazones, plus de 50 indigènes ont été assassinés.
« Les paramilitaires ont crée un "cimetière" kankuamo ici », affirme un leader avec lequel IPS a parcouru la route. A cet endroit, cette ethnie pense ériger un monument à la mémoire de ses morts.
« Ça s’est quand même calmé. Parce que quand on disait "les paracos (paramilitaires) arrivent", au début tout le monde montait (plus haut dans la Sierra). Ensuite ce n’était plus comme ça, car ils nous coupaient le chemin et quand ils entraient dans le village nous étions déjà encerclés. Ils prenaient leur pied », se rappelle Luisa, une habitante de Atanquez, la capitale kankuama, l’agglomération qui a déploré le plus de morts.
Ils prenaient leur pied en tuant. On raconte que dans une cafétéria de Valledupar, des paramilitaires imitaient en rigolant la manière dont le kankuamo Hector Arias qu’ils venaient d’assassiner criait en implorant dans le village indigène de La Mina pour qu’ils le laissent en vie. Il avait à peine 28 ans et était père de cinq enfants.
« Quand les paramilitaires arrivaient, ils circulaient seulement dans certaines rues où l’on supposait que vivaient les "torcidos" (tordus) (accusés de collaborer avec la guérilla).
« Ils arrivaient à 5h30 du matin, frappaient à la porte et le plus souvent on n’avait pas le temps de s’habiller », raconte Juan Carlos.
« Il y avait deux, trois, quatre morts par semaine. On y était tellement habitué qu’on pensait que quelque chose clochait quand il n’y avait pas de morts », ajoute-t-il.
Les rues empierrées de Antanquez et sa place centrale rectangulaire dont une des extrémités forme un arc et qui est bordée de manguiers et de matarratón (Gliricidia sepium), racontent la guerre : le magasin du coin nord-est est toujours fermé depuis qu’il a été mis à sac parce que les paramilitaires ne trouvaient pas le patron. En échange, ils ont assassiné un automobiliste.
Il y a des enfants à Atanquez qui se rappellent de l’assassinat de trois hommes devant plus de 500 personnes réunies sur la place. Ce qui les a le plus frappé, ce sont les soubresauts des corps sous l’effet des coups de feu.
Un peu plus haut, sur la place du Coco, ils ont tué à coup de couteau un homme qui s’occupait de ses parents âgés. Au centre d’approvisionnement de viande, là où ils attendaient les gens à cinq heures du matin pour les arrêter et ensuite les tuer, il y a aujourd’hui, sur la porte fermée, une croix peinte à la main.
Le mort le plus pleuré a été l’apprenti mamo (chef spirituel), Abel Alvarado, leader reconnu de la récupération culturelle et qui s’était dédié depuis sa jeunesse à l’étude de la botanique et de la médecine traditionnelle kankuamas. Son assassinat par les paramilitaires a eu lieu en 2002, « un 8 décembre inoubliable » comme l’a affirmé à IPS une femme qui n’a pas ajouté d’autres détails.
Ils ont tué le jeune Yairson Villazón parce qu’il avait reconnu parmi les paramilitaires qui s’étaient présentés comme des soldats, ses anciens compagnons de service militaire. « c’était un type bien », a affirmé un de ses cousins à IPS.
« Ce sont des amis, ils sont de l’armée, a répondu Villazón à sa mère quand elle lui a dit de ne pas sortir parce que les "paracos" étaient arrivés », raconte-t-il. Le jeune homme s’était fait une joie de les voir et leur a montré des photos de souvenirs communs. Ces photos ont scellé son destin.
A l’entrée de Ramalito, un autre hameau, plus de 20 paramilitaires, même si la presse a parlé de sept décès, sont morts à cause d’explosifs de la guérilla. « C’étaient des militaires aussi, les gens les ont reconnus », a affirmé à IPS un indigène dont nous ne divulguerons pas le nom.
Selon Basilio Arias, coordinateur général du Conseil des anciens de l’Organisation Indigène Kankuamas (OIK), la nouvelle peste parmi les kankuamos âgés de plus de 50 ans est l’infarctus à cause du chagrin que chacun porte en lui. « La peur est toujours là », a-t-il dit à IPS.
Et est-ce que cela s’arrêtera un jour ? « Qui sait ? » dit en souriant Luisa, « j’espère que oui. J’espère que ça viendra vite parce que nous sommes fatigués de tant de violence ».
Notes:
[1] [NDLR] La Cour Interaméricaine des Droits de l’Homme, en dépit de la demande du gouvernement colombien de lever ces mesures provisoires, a confirmé leur pertinence et leur vigueur le 30 janvier 2007 (texte de la résolution de la Cour disponible sur http://www.corteidh.or.cr/medidas.c....
Les opinions exprimées et les arguments avancés dans cet article demeurent l'entière responsabilité de l'auteur-e et ne reflètent pas nécessairement ceux du Réseau d'Information et de Solidarité avec l'Amérique Latine (RISAL).
Source : IPS Noticias (http://ispnoticias.net), août 2006.
Traduction : Anne Vereecken, pour le RISAL (http://risal.collectifs.net).
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Colombie
Kankuamos : la communauté assiégée
par Constanza Vieira
20 avril 2007
http://risal.collectifs.net/article.php ... ticle=2178
Devant l’impressionnante vue de la Sierra Nevada de Santa Marta depuis l’aéroport de la ville colombienne septentrionale de Valledupar, un homme portant un chapeau fin aux larges bords et ayant l’apparence d’un rude cow-boy la décrit ainsi : « Elle est non seulement belle, mais elle est aussi riche en bétail, en minéraux et en eau ».
Les contreforts de la face sud-est de la Sierra qui émergeaient à ce moment-là de la brume sont en partie territoire indigène kankuamo, une des quatre ethnies qui habite la Sierra dont les eaux alimentent Valledupar, la capitale du département du César.
La Constitution colombienne, promulguée en 1991, reconnaît la pluralité ethnique et culturelle du pays ainsi que les autorités indigènes comme les gouvernants légitimes des territoires qu’elles occupent. Elles ont également droit à recevoir une partie du budget national.
Ces reconnaissances ont renforcé les communautés autochtones déjà consolidées et en ont sauvé plusieurs autres dont les cultures étaient en voie de disparition. C’est le cas de la communauté kankuama.
Cette ethnie, qui, depuis le début des années 80, a décidé de récupérer sa culture presque éteinte avec l’appui des anciens et de leaders spirituels des ethnies voisines, a entamé en 1993 les formalités pour que lui soit rendu le territoire de ses ancêtres sous la forme d’une propriété collective.
Mais les hauts et les bas du très ancien conflit armé interne ont compliqué les projets des kankuamos. La Colombie fait face depuis plus de quarante ans à une guerre entre les guérillas de gauche et les forces armées auxquelles se sont ajoutés ensuite les groupes paramilitaires d’extrême droite qui ont procédé cette année à une très médiatisée démobilisation partielle.
Depuis le début des activités de restauration culturelle et jusqu’en 1998, 108 membres de la communauté ont été assassinés. Avec l’arrivée dans la région des paramilitaires, les attaques contre les indigènes ont augmenté au point que pour la seule année 1999, 42 assassinats ont été enregistrés.
Depuis l’assaut des Autodéfenses Unies de Colombie (AUC) d’extrême droite dans le sud-est de la Sierra, qui a provoqué la mort de 234 autres indigènes de cette ethnie, le tiers des familles kankuamas a fui en dehors de leur territoire, à Valledupar, principalement, mais aussi à Bogota où ils ont une association.
Ces faits ont poussé l’Organisation des Nations Unies à déclarer que cette communauté est celle qui court le plus grand risque d’extinction en raison du conflit armé colombien.
La Cour Interaméricaine des Droits de l’Homme (CIDH) a promulgué en juillet 2004 des mesures provisoires (impératives) pour préserver la vie des membres de cette ethnie [1]. Depuis, les massacres ont diminué. En 2003, 71 kankuamos ont été assassinés, l’année suivante 25 et, en 2005, les assassinats se sont réduits au nombre de 6.
Les kankuamos savent que leur territoire est la porte d’entrée de la Sierra Nevada. Ils constatent aussi que les grands projets économiques qui sont développés dans des régions voisines des territoires indigènes, tels que ceux liés aux importantes réserves aquifères, ont attiré la guérilla qui se finance, en partie, en extorquant les investisseurs.
En conséquence, les groupes anti-guérillas paramilitaires sont arrivés pour protéger les entreprises hydroélectriques ainsi que les entreprises minières, bien qu’elles soient plus éloignées.
Selon un spécialiste indigène dont IPS se réserve l’identité pour préserver sa sécurité, les rebelles de l’Armée de Libération Nationale (ELN) sont arrivés dans le territoire kankuamo à leurs débuts au milieu des années 60. En 1985, la guérilla des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) a fait de même.
Les FARC ont exercé une domination sur la plus grande partie du territoire montagneux kankuamo tandis que l’ELN était présente dans la partie basse, appelée La Mina, à 40 kilomètres de Valledupar. Selon les récits des habitants, à Pozo Azul, un autre village de la région, la guérilla négociait des otages. C’est-à-dire qu’elle fixait un prix pour les personnes en son pouvoir.
En conséquence, la police n’a pas été présente pendant 12 ans à Atánquez où elle n’est revenue qu’en 2003.
Les kankuamos voyaient jusqu’il y a peu se réunir de manière clandestine sur leur territoire des maires et d’autres autorités locales avec la guérilla. Parfois, les insurgés rencontraient publiquement des fonctionnaires du gouvernement national. Des groupes musicaux célèbres sont également venus « pour faire la fête aux chefs guérilleros », a raconté le spécialiste à IPS.
Les gens du cru étaient habitués à cohabiter avec la guérilla. Mais la situation a changé avec l’arrivée des paramilitaires.
Le territoire indigène s’est transformé en un champ de bataille entre les rebelles et les paramilitaires. Plusieurs kankuamos se sont enrôlés dans les rangs des deux bandes, la communauté s’est fissurée et des rivalités sont nées en son sein.
Le massacre des kankuamos a coïncidé avec deux événements. D’une part, la reconnaissance légale en 2003 d’un territoire indigène de 24 600 hectares sur les contreforts de la Sierra et d’un terrain dans la plaine, proche de Valledupar. Les indigènes ont aussi démarqué une zone supplémentaire de 14 000 hectares en vue de l’agrandissement de leur territoire sur lesquels se trouvent quelques-uns de leurs sites sacrés.
D’autre part, à la fin de 2002, la stratégie paramilitaire a fini par fermer une sorte de cordon autour de la Sierra dans lequel elle a acculé et encerclé la guérilla sur les hauteurs.
Selon le directeur d’une organisation qui travaille dans la région, la stratégie a été complétée par l’action de l’armée dans la partie basse de la Sierra Nevada.
L’avancée paramilitaire s’est traduite par des incursions armées et des assassinats visant à semer la terreur ainsi que par l’imposition de restrictions au transport de médicaments et d’aliments qui ne sont pas produits dans la région tels que l’huile et le riz.
La logique du contrôle des approvisionnements est expliquée dans une brochure intitulée « Dynamique récente de la confrontation armée dans la Sierra Nevada de Santa Marta », publiée en février 2006 par l’observatoire du Programme présidentiel des droits humains et du droit international humanitaire de la vice-présidence de la République.
Selon l’observatoire, « les forces militaires ont obligé des structures de la guérilla à se replier dans les zones les plus élevées de la Sierra et ont provoqué un manque d’approvisionnement de telle manière que l’on s’attend à ce que, face à la pénurie d’aliments et de munitions, la guérilla se voie dans l’obligation de se rendre dans les plaines où elle est plus vulnérable ».
A Chemesquemena, un village kankuamo d’une seule rue bordée de maisons aux couleurs pastels, aux toits de zinc et aux jardins soigneusement entretenus, le magasin communautaire a rouvert il y a un an après avoir été fermé deux ans parce que les paramilitaires ne laissaient pas passer de marchandises pour plus de 400 dollars par semaine pour éviter que la guérilla y ait accès.
Les kankuamos ont l’habitude de passer deux ou trois jours par semaine dans la ferme familiale, centre de l’économie locale. Mais « le contrôle des aliments a fait baisser la production agricole », selon l’indigène Daniel.
Depuis Atánquez et vers les hauteurs de la Sierra, les indigènes doivent demander un permis aux militaires pour pouvoir se déplacer. A Patillal, le dernier village avant la montagne escarpée et en dehors de la réserve, « il y a un contrôle des aliments tant pour les familles que pour les magasins », a dit à IPS un commerçant kankuamo.
Aujourd’hui, selon l’observatoire, les paramilitaires exercent une influence sur les élections régionales et un contrôle sur les administrations locales dans le cadre d’une stratégie qui cherche à se servir de la structure de l’Etat pour leur propre bénéfice.
Le gouverneur du département du César, Hernando Molina, est arrivé à ce poste après s’être présenté aux élections de 2003 comme unique candidat après que ses deux rivaux se soient vus obligés de renoncer après avoir reçu des menaces de mort [2].
« Les autodéfenses (AUC) exercent un fort contrôle sur le commerce des aliments dans la capitale du César, en imposant des restrictions aux vendeurs et aux acheteurs (...) et en régulant l’accès aux vivres dans les hauteurs de la Sierra Nevada dans le but de désapprovisionner les structures de la guérilla et leurs supposés alliés », ajoute le document de l’observatoire.
Ce document soutient également que la guérilla est encore présente dans la région mais serait concentrée dans les parties les plus hautes de la Sierra. Dans la partie basse, selon ce qu’a affirmé à IPS un dirigeant indigène aujourd’hui déplacé à Bogota, « les paramilitaires se sont emparés des terres de la réserve » de la communauté.
Dans la Sierra Nevada, dont la population est estimée à 211 000 personnes, on trouve, en plus des kankuamos, les peuples kággaba [ou kogui], wiwa et ijka [ou arhuaco].
Notes:
[1] [NDLR] La CIDH, en dépit de la demande du gouvernement colombien de lever ces mesures provisoires, a confirmé leur pertinence et leur vigueur le 30 janvier 2007. Le texte de la résolution de la Cour est disponible sur http://www.corteidh.or.cr/medidas.c....
[2] [NDLR] En janvier 2007, le gouverneur du César, Hernando Molina, a été interrogé par le Procureur général de la Nation pour répondre de faits très graves : être l’auteur intellectuel du massacre des kankuamos et avoir gérer les biens du chef paramilitaire Rodrigo Tovar Pupo, alias Jorge 40 (cf « Un gobernador en la mira », Semana 15/02/2007). Notons que Hector Molina fait partie du « clan Araujo » : il est un cousin du sénateur uribiste Alvaro Araujo, frère de l’ex-ministre des Affaires étrangères colombienne, impliqué dans le scandale de la « parapolitique » et en prison depuis le 15 février 2007. Il est accusé d’avoir des liens privilégiés avec le même Jorge 40 qui aurait favorisé son élection par la terreur et l’enlèvement de son plus proche rival (cf « Breve guía práctica para entender todo el escándalo de la ‘para-política ‘ », Semana, 23/02/2007).
Les opinions exprimées et les arguments avancés dans cet article demeurent l'entière responsabilité de l'auteur-e et ne reflètent pas nécessairement ceux du Réseau d'Information et de Solidarité avec l'Amérique Latine (RISAL).
Source : IPS noticias (http://www.ipsnoticias.net), 9 août 2006.
Traduction : Anne Vereecken, pour le RISAL (http://risal.collectifs.net).
GLOSSAIRE
Autodéfenses Unies de Colombie (AUC)
Constituées en 1997, les Autodéfenses Unies de Colombie (AUC) sont une sorte de coupole regroupant les différents groupes paramilitaires, d’extrême droite, colombiens. Elles sont responsables des principales violations des droits humains ces dernières années en Colombie et très impliquées dans une série de commerces illicites, dont celui de la drogue. Elles se sont officiellement démobilisées sous la présidence de Uribe Vélez (2002 - ...).
Ejército de Liberación Nacional, Armée de Libération Nationale (ELN)
L’Armée de libération nationale, Ejército de Liberación Nacional (ELN), est une guérilla colombienne encore en activité, née en 1962 sous l’influence de la révolution cubaine. On estime ses combatants à 4 000.
Forces Armées Révolutionnaires de Colombie - Armée du Peuple (FARC-EP)
Les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie - Armée du peuple, Fuerzas Armadas Revolucionarias de Colombia - Ejército del Pueblo, est la principale guérilla de Colombie, née officiellement en 1964. Elle est reconnue comme organisation terroriste par les États-Unis et l’Union européenne.
Sierra
Zone montagneuse, chaîne de montages.
Colombie: Uribe rejette les accusations
Le président colombien Alvaro Uribe, accusé de collusion avec des escadrons de la mort paramilitaires, a lancé jeudi une campagne internationale pour se laver de ces accusations et conserver l'aide américaine. Le sénateur américain Patrick Leahy a, en sa qualité de président d'une sous-commission supervisant l'aide extérieure, bloqué une aide militaire de 55 millions de dollars. "Ces accusations nous font du tort à l'étranger et nous allons les combattre", a dit Uribe, alors que huit de ses alliés au Congrès ont été accusés d'avoir soutenu les paramilitaires et incarcérés. Plus de 31 000 paramilitaires ont déposé les armes dans le cadre d'un accord de paix mais les Forces armées révolutionnaires de Colombie, premier mouvement de guerilla du pays, continuent de combattre le gouvernement.
http://www.lejdd.fr/cmc/scanner/interna ... html?popup
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La deuxième guerilla prête à un cessez-le-feu et au dialogue
19/04/2007 - Romandie.com, Le Vif, Reuters, ReliefWeb
La deuxième guerilla colombienne est disposée à entamer un cessez-le-feu. Mais il sera "temporaire et expérimental" dans un dialogue de paix avec le gouvernement, a annoncé lundi à la Havane le porte-parole de l'Armée de libération nationale (ELN) Pablo Beltran.
"Nous ne parlons pas de la disparition de l'ELN mais d'une expérimentation, d'un cessez-le-feutemporaire afin de créer un climat de paix et de participation; si ça fonctionne, nous pourrons prolonger l'arrêt des hostilités, si ça ne fonctionne pas, nous ne le prolongerons pas", a déclaré M. Beltran lors d'une conférence de presse.
Le principal négociateur du groupuscule marxiste a par ailleurs précisé que le gouvernement colombien avait déjà pris connaissance de cette offre. L'ELN créée en 1964 et fortement inspirée par la révolution cubaine et Che Guevara, est la deuxième guérilla colombienne avec 4000 combattants.
Le principal groupe de guerilleros, les FARC, comptent 14'000 hommes armés dans ses rangs. Une table ronde entre l'ELN et le gouvernement de Bogota devrait s'ouvrir mardi dans la capitale cubaine.
Il s'agit de la sixième phase de discussions exploratoires entamées en décembre 2005 et qui ont traversé des hauts et des bas en raison des exigences de chaque camp (cessez-le-feu préalable demandé par le gouvernement et amnistie pour les guérilleros).
"Lors des discussions sur les conditions de mise en place du cessez-le-feu, il faudra inventer des formules (...) qui ne mettront pas en danger la continuité des projets de l'ELN" a prévenu M. Beltran.
Le gvt colombien accepte
Le gouvernement colombien a accepté la proposition de "cessez-le-feu expérimental" de l'Armée de libération nationale (ELN, marxiste), la deuxième guérilla du pays, a annoncé mercredi à La Havane le Haut commissaire à la paix du gouvernement de Bogota, Luis Carlos Restrepo.
"Nous acceptons la proposition d'un cessez-le-feu expérimental et transitoire", à déclaré à la presse l'émissaire colombien, au deuxième jour de la sixième série de pourparlers organisés à Cuba avec l'ELN.
Le Haut commissaire à la paix a garanti que le gouvernement colombien ferait preuve de "réciprocité".
http://www.betancourt.info/indexFr.htm
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Le responsable de la Police en Colombie révèle que 30% des kidnappings se terminent par le décès de la victime
20/04/2007 - Terra
Le directeur national anti-kidnapping de la Police colombienne, le colonel Humberto Guatibonza Carreño, a expliqué aujourd'hui dans un congrès international sur la violence criminelle qui a lieu à Zamora (Espagne) que 30 pour cent des kidnappings qui se produisent dans son pays se terminent par le décès de la victime.
Guatibonza Carreño a reconnu, dans des déclarations à l'agence de presse Efe, que ce fait est "grave" parce qu'à l'infraction de kidnapping s'ajoute celle d'homicide; il a cependant voulu tranquilliser la population en annonçant une diminution du nombre de kidnappings déclarés dans son pays durant les dernières années.
À ce sujet, il a rappelé que pour 2.350 personnes déclarées kidnappées durant l'année 2002, on ne compte plus en 2006 que 600 kidnappings.
Il a expliqué que le nombre de kidnappings de personnes étrangères dans son pays avait été fortement réduit dernièrement, puisqu'il y a "davantage de sécurité, et parce que les multinationales savent maintenant en quels endroits leurs dirigeants ne doivent pas aller pour éviter d'être kidnappés".
Il a expliqué que les principaux auteurs de kidnapping dans le pays sont d'abord les bandes criminelles organisées, suivies par les FARC (Forces Armées Révolutionnaires de Colombie) et l'ELN (Armée de Libération Nationale).
Dans le cas des bandes organisées, le kidnapping dure généralement entre trois ou quatre mois en moyenne, tandis que ceux perpétrés par les FARC durent beaucoup plus longtemps, et il y a un certain nombre de cas de personnes que ont été kidnappées depuis plus de cinq ans, pour lesquels leurs ravisseurs ont montré seulement deux ou trois preuves de survie.
Il a assuré qu'outre ce type de kidnappings, il y a en Colombie beaucoup d'autres qui ne sont pas dénoncés car ils concernent des mafiosos et des narco-trafiquants qui kidnappent d'autres narco-trafiquants ou certains de leurs parents pour récupérer certaines dettes liées au trafic de drogues.
Guatibonza Carreño a ajouté que la personnalité du négociateur est fondamentale pour assurer la viedu kidnappé, et que ce doit être un professionnel et non un parent du kidnappé qui négocie l'accord de libération.
Le directeur national antikidnappings de la Police colombienne a fait ces déclarations avant de prendre part à une table ronde consacrée à la délinquance violente en Amérique latine, et qui est organisé par la Société espagnole de Criminologie et Sciences Légistes, ainsi que par l'Université de Salamanque.
http://www.betancourt.info/indexFr.htm
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La gauche colombienne dénonce les liens entre des proches du président Uribe et les milices paramilitaires
21/04/2007 - Le Monde, El Pais (España), The Guardian
Le scandale dit de la "parapolitique", c'est-à-dire des liens entre les milices paramilitaires d'extrême droite et les hommes politiques en Colombie, a connu un rebondissement avec les révélations faites par le sénateur Gustavo Petro, mardi 17 avril. Le leader du Pôle démocratique indépendant (gauche) a dénoncé les responsabilités du président Alvaro Uribe (droite) à l'époque où il était gouverneur du département d'Antioquia (1995-1997), dont la capitale est Medellin, deuxième ville colombienne.
Le sénateur a rappelé la création de 82 coopératives rurales de sécurité "Convivir", qu'il a présentées comme des antécédents des groupes paramilitaires, censés combattre les guérillas d'extrême gauche. Un tiers des dirigeants des "Convivir" se sont intégrés par la suite aux groupes paramilitaires, selon le parlementaire. Une "Convivir" autorisée par le gouverneur Uribe était dirigée par Salvatore Mancuso, trafiquant de drogue notoire, devenu le leader des Autodéfenses unies de Colombie (AUC), qui a fédéré les paramilitaires.
Selon des documents judiciaires lus au Sénat par M. Petro, des paramilitaires auraient utilisé comme base la propriété rurale "La Carolina", administrée par Santiago Uribe, frère du chef de l'Etat.Une autre propriété de la famille Uribe, "Guacharacas", aurait été le théâtre d'exécutions sommaires de guérilleros. Le sénateur a présenté une photographie où figurent Santiago Uribe et Fabio Ochoa Vasquez, l'un des chefs du cartel de Medellin détenu aux Etats-Unis, où il a été condamné pour trafic de drogue.
Santiago Uribe "coordonnait un groupe d'autodéfense qui opérait entre Yarumal et Santa Rosa de Osos (Antioquia), chargé d'exécuter et de faire disparaître des paysans, sous prétexte qu'ils aidaient la guérilla", a affirmé M. Petro. "Les militaires et le narcotrafic ont stimulé la création des paramilitaires pour surveiller les terres de la région du Magdalena et d'Uraba, ainsi que les pistes d'où partaient 20 à 30 vols de cocaïne par jour", a-t-il ajouté.
Le sénateur a attribué l'assassinat de Luis Carlos Galan, candidat libéral à la présidence de la République, en 1989, à une alliance entre les paramilitaires, les narcotrafiquants et des "militaires anticommunistes". Il a critiqué l'association entre les paramilitaires, le cartel de Cali et l'Etat pour traquer et tuer Pablo Escobar, célèbre chef du cartel de Medellin.
Le conseiller du chef de l'Etat, José Obdulio Gaviria, a taxé les propos de M. Petro de "combinaison de calomnies, de désinformation et de pièces judiciaires décousues". "Cela vise à créer une ambiance d'illégitimité à l'égard de l'Etat, assure l'idéologue du président Uribe. La Colombie est une grande nation : les guérilleros, les paramilitaires et certains secteurs légaux ne parviendront pas à détruire son élan démocratique." Le gouvernement ne se prive pas de rappeler que le sénateur d'opposition a appartenu au M-19, une guérilla d'extrême gauche qui a abandonné la lutte armée après la prise du Palais de justice, à Bogota, qui s'était terminée avec la mort d'une centaine de personnes, en 1985.
Le chef de l'Etat n'avait pas été critiqué aussi durement sur ses supposés liens avec les paramilitaires depuis la publication d'une Biographie non autorisée d'Alvaro Uribe Velez (La Oveja Negra, Bogota, 2002), écrite par Joseph Contreras, ancien correspondant de Newsweek.
http://www.betancourt.info/indexFr.htm
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Colombie
Kankuamos : épidémie de douleur
par Constanza Vieira
20 avril 2007
http://risal.collectifs.net/article.php ... ticle=2179
« A Rioseco et à Murillo, nous avons encore des problèmes avec le conflit », avertit Jaime Arias, le cabildo mayor kankuamo, faisant référence à deux des douze villages de cette ethnie de la Sierra Nevada de Santa Marta, dans le nord de la Colombie.
Arias, la plus haute autorité civile indigène, se rappelle des 258 kankuamos assassinés au cours des quatre dernières années. C’est la raison pour laquelle tous les membres du peuple kankuamo bénéficient de mesures provisoires de protection ordonnées par la Cour Interaméricaine des Droits de l’Homme (CIDH), un organisme du système de l’Organisation des Etats Américains (OEA) [1].
La Sierra Nevada est un des endroits en Colombie qui est le théâtre de violents affrontements armés entre les guérillas de gauche, les paramilitaires d’extrême droite et les forces de sécurité de l’État. Dans cette guerre civile, la majorité des victimes sont des civils.
Murillo est pratiquement un village fantôme depuis 2002, après qu’il a été occupé par les paramilitaires et après le départ des trois-quarts des familles qui l’habitaient. Certaines d’entre elles sont revenues cette année mais celui qui veut s’y rendre doit demander l’autorisation au commandant de l’armée local et déclarer les aliments qu’il transporte.
A Rioseco, dans la plaine, seules trois maisons étaient encore habitées sur les plus de 100 existantes. C’est la peur au ventre et au milieu des menaces contre les leaders que 32 familles indigènes sont revenues en mai 2004.
« Tout a été abandonné », se rappelle un ancien en montrant les environs où la végétation cache la plupart des maisons.
« Ici, la force publique a disparue et les "paras" (paramilitaires) sont apparus. La population a été soumise et menacée y compris le cabildo menor (autorité locale) le jour-même de son élection », ajoute sa fille.
Un endroit situé à huit kilomètres de Valledupar, la capitale du département du César, et proche de Rioseco, a été particulièrement mortel pour les kankuamos. Au carrefour menant vers le hameau de Los Corazones, plus de 50 indigènes ont été assassinés.
« Les paramilitaires ont crée un "cimetière" kankuamo ici », affirme un leader avec lequel IPS a parcouru la route. A cet endroit, cette ethnie pense ériger un monument à la mémoire de ses morts.
« Ça s’est quand même calmé. Parce que quand on disait "les paracos (paramilitaires) arrivent", au début tout le monde montait (plus haut dans la Sierra). Ensuite ce n’était plus comme ça, car ils nous coupaient le chemin et quand ils entraient dans le village nous étions déjà encerclés. Ils prenaient leur pied », se rappelle Luisa, une habitante de Atanquez, la capitale kankuama, l’agglomération qui a déploré le plus de morts.
Ils prenaient leur pied en tuant. On raconte que dans une cafétéria de Valledupar, des paramilitaires imitaient en rigolant la manière dont le kankuamo Hector Arias qu’ils venaient d’assassiner criait en implorant dans le village indigène de La Mina pour qu’ils le laissent en vie. Il avait à peine 28 ans et était père de cinq enfants.
« Quand les paramilitaires arrivaient, ils circulaient seulement dans certaines rues où l’on supposait que vivaient les "torcidos" (tordus) (accusés de collaborer avec la guérilla).
« Ils arrivaient à 5h30 du matin, frappaient à la porte et le plus souvent on n’avait pas le temps de s’habiller », raconte Juan Carlos.
« Il y avait deux, trois, quatre morts par semaine. On y était tellement habitué qu’on pensait que quelque chose clochait quand il n’y avait pas de morts », ajoute-t-il.
Les rues empierrées de Antanquez et sa place centrale rectangulaire dont une des extrémités forme un arc et qui est bordée de manguiers et de matarratón (Gliricidia sepium), racontent la guerre : le magasin du coin nord-est est toujours fermé depuis qu’il a été mis à sac parce que les paramilitaires ne trouvaient pas le patron. En échange, ils ont assassiné un automobiliste.
Il y a des enfants à Atanquez qui se rappellent de l’assassinat de trois hommes devant plus de 500 personnes réunies sur la place. Ce qui les a le plus frappé, ce sont les soubresauts des corps sous l’effet des coups de feu.
Un peu plus haut, sur la place du Coco, ils ont tué à coup de couteau un homme qui s’occupait de ses parents âgés. Au centre d’approvisionnement de viande, là où ils attendaient les gens à cinq heures du matin pour les arrêter et ensuite les tuer, il y a aujourd’hui, sur la porte fermée, une croix peinte à la main.
Le mort le plus pleuré a été l’apprenti mamo (chef spirituel), Abel Alvarado, leader reconnu de la récupération culturelle et qui s’était dédié depuis sa jeunesse à l’étude de la botanique et de la médecine traditionnelle kankuamas. Son assassinat par les paramilitaires a eu lieu en 2002, « un 8 décembre inoubliable » comme l’a affirmé à IPS une femme qui n’a pas ajouté d’autres détails.
Ils ont tué le jeune Yairson Villazón parce qu’il avait reconnu parmi les paramilitaires qui s’étaient présentés comme des soldats, ses anciens compagnons de service militaire. « c’était un type bien », a affirmé un de ses cousins à IPS.
« Ce sont des amis, ils sont de l’armée, a répondu Villazón à sa mère quand elle lui a dit de ne pas sortir parce que les "paracos" étaient arrivés », raconte-t-il. Le jeune homme s’était fait une joie de les voir et leur a montré des photos de souvenirs communs. Ces photos ont scellé son destin.
A l’entrée de Ramalito, un autre hameau, plus de 20 paramilitaires, même si la presse a parlé de sept décès, sont morts à cause d’explosifs de la guérilla. « C’étaient des militaires aussi, les gens les ont reconnus », a affirmé à IPS un indigène dont nous ne divulguerons pas le nom.
Selon Basilio Arias, coordinateur général du Conseil des anciens de l’Organisation Indigène Kankuamas (OIK), la nouvelle peste parmi les kankuamos âgés de plus de 50 ans est l’infarctus à cause du chagrin que chacun porte en lui. « La peur est toujours là », a-t-il dit à IPS.
Et est-ce que cela s’arrêtera un jour ? « Qui sait ? » dit en souriant Luisa, « j’espère que oui. J’espère que ça viendra vite parce que nous sommes fatigués de tant de violence ».
Notes:
[1] [NDLR] La Cour Interaméricaine des Droits de l’Homme, en dépit de la demande du gouvernement colombien de lever ces mesures provisoires, a confirmé leur pertinence et leur vigueur le 30 janvier 2007 (texte de la résolution de la Cour disponible sur http://www.corteidh.or.cr/medidas.c....
Les opinions exprimées et les arguments avancés dans cet article demeurent l'entière responsabilité de l'auteur-e et ne reflètent pas nécessairement ceux du Réseau d'Information et de Solidarité avec l'Amérique Latine (RISAL).
Source : IPS Noticias (http://ispnoticias.net), août 2006.
Traduction : Anne Vereecken, pour le RISAL (http://risal.collectifs.net).
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Colombie
Kankuamos : la communauté assiégée
par Constanza Vieira
20 avril 2007
http://risal.collectifs.net/article.php ... ticle=2178
Devant l’impressionnante vue de la Sierra Nevada de Santa Marta depuis l’aéroport de la ville colombienne septentrionale de Valledupar, un homme portant un chapeau fin aux larges bords et ayant l’apparence d’un rude cow-boy la décrit ainsi : « Elle est non seulement belle, mais elle est aussi riche en bétail, en minéraux et en eau ».
Les contreforts de la face sud-est de la Sierra qui émergeaient à ce moment-là de la brume sont en partie territoire indigène kankuamo, une des quatre ethnies qui habite la Sierra dont les eaux alimentent Valledupar, la capitale du département du César.
La Constitution colombienne, promulguée en 1991, reconnaît la pluralité ethnique et culturelle du pays ainsi que les autorités indigènes comme les gouvernants légitimes des territoires qu’elles occupent. Elles ont également droit à recevoir une partie du budget national.
Ces reconnaissances ont renforcé les communautés autochtones déjà consolidées et en ont sauvé plusieurs autres dont les cultures étaient en voie de disparition. C’est le cas de la communauté kankuama.
Cette ethnie, qui, depuis le début des années 80, a décidé de récupérer sa culture presque éteinte avec l’appui des anciens et de leaders spirituels des ethnies voisines, a entamé en 1993 les formalités pour que lui soit rendu le territoire de ses ancêtres sous la forme d’une propriété collective.
Mais les hauts et les bas du très ancien conflit armé interne ont compliqué les projets des kankuamos. La Colombie fait face depuis plus de quarante ans à une guerre entre les guérillas de gauche et les forces armées auxquelles se sont ajoutés ensuite les groupes paramilitaires d’extrême droite qui ont procédé cette année à une très médiatisée démobilisation partielle.
Depuis le début des activités de restauration culturelle et jusqu’en 1998, 108 membres de la communauté ont été assassinés. Avec l’arrivée dans la région des paramilitaires, les attaques contre les indigènes ont augmenté au point que pour la seule année 1999, 42 assassinats ont été enregistrés.
Depuis l’assaut des Autodéfenses Unies de Colombie (AUC) d’extrême droite dans le sud-est de la Sierra, qui a provoqué la mort de 234 autres indigènes de cette ethnie, le tiers des familles kankuamas a fui en dehors de leur territoire, à Valledupar, principalement, mais aussi à Bogota où ils ont une association.
Ces faits ont poussé l’Organisation des Nations Unies à déclarer que cette communauté est celle qui court le plus grand risque d’extinction en raison du conflit armé colombien.
La Cour Interaméricaine des Droits de l’Homme (CIDH) a promulgué en juillet 2004 des mesures provisoires (impératives) pour préserver la vie des membres de cette ethnie [1]. Depuis, les massacres ont diminué. En 2003, 71 kankuamos ont été assassinés, l’année suivante 25 et, en 2005, les assassinats se sont réduits au nombre de 6.
Les kankuamos savent que leur territoire est la porte d’entrée de la Sierra Nevada. Ils constatent aussi que les grands projets économiques qui sont développés dans des régions voisines des territoires indigènes, tels que ceux liés aux importantes réserves aquifères, ont attiré la guérilla qui se finance, en partie, en extorquant les investisseurs.
En conséquence, les groupes anti-guérillas paramilitaires sont arrivés pour protéger les entreprises hydroélectriques ainsi que les entreprises minières, bien qu’elles soient plus éloignées.
Selon un spécialiste indigène dont IPS se réserve l’identité pour préserver sa sécurité, les rebelles de l’Armée de Libération Nationale (ELN) sont arrivés dans le territoire kankuamo à leurs débuts au milieu des années 60. En 1985, la guérilla des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) a fait de même.
Les FARC ont exercé une domination sur la plus grande partie du territoire montagneux kankuamo tandis que l’ELN était présente dans la partie basse, appelée La Mina, à 40 kilomètres de Valledupar. Selon les récits des habitants, à Pozo Azul, un autre village de la région, la guérilla négociait des otages. C’est-à-dire qu’elle fixait un prix pour les personnes en son pouvoir.
En conséquence, la police n’a pas été présente pendant 12 ans à Atánquez où elle n’est revenue qu’en 2003.
Les kankuamos voyaient jusqu’il y a peu se réunir de manière clandestine sur leur territoire des maires et d’autres autorités locales avec la guérilla. Parfois, les insurgés rencontraient publiquement des fonctionnaires du gouvernement national. Des groupes musicaux célèbres sont également venus « pour faire la fête aux chefs guérilleros », a raconté le spécialiste à IPS.
Les gens du cru étaient habitués à cohabiter avec la guérilla. Mais la situation a changé avec l’arrivée des paramilitaires.
Le territoire indigène s’est transformé en un champ de bataille entre les rebelles et les paramilitaires. Plusieurs kankuamos se sont enrôlés dans les rangs des deux bandes, la communauté s’est fissurée et des rivalités sont nées en son sein.
Le massacre des kankuamos a coïncidé avec deux événements. D’une part, la reconnaissance légale en 2003 d’un territoire indigène de 24 600 hectares sur les contreforts de la Sierra et d’un terrain dans la plaine, proche de Valledupar. Les indigènes ont aussi démarqué une zone supplémentaire de 14 000 hectares en vue de l’agrandissement de leur territoire sur lesquels se trouvent quelques-uns de leurs sites sacrés.
D’autre part, à la fin de 2002, la stratégie paramilitaire a fini par fermer une sorte de cordon autour de la Sierra dans lequel elle a acculé et encerclé la guérilla sur les hauteurs.
Selon le directeur d’une organisation qui travaille dans la région, la stratégie a été complétée par l’action de l’armée dans la partie basse de la Sierra Nevada.
L’avancée paramilitaire s’est traduite par des incursions armées et des assassinats visant à semer la terreur ainsi que par l’imposition de restrictions au transport de médicaments et d’aliments qui ne sont pas produits dans la région tels que l’huile et le riz.
La logique du contrôle des approvisionnements est expliquée dans une brochure intitulée « Dynamique récente de la confrontation armée dans la Sierra Nevada de Santa Marta », publiée en février 2006 par l’observatoire du Programme présidentiel des droits humains et du droit international humanitaire de la vice-présidence de la République.
Selon l’observatoire, « les forces militaires ont obligé des structures de la guérilla à se replier dans les zones les plus élevées de la Sierra et ont provoqué un manque d’approvisionnement de telle manière que l’on s’attend à ce que, face à la pénurie d’aliments et de munitions, la guérilla se voie dans l’obligation de se rendre dans les plaines où elle est plus vulnérable ».
A Chemesquemena, un village kankuamo d’une seule rue bordée de maisons aux couleurs pastels, aux toits de zinc et aux jardins soigneusement entretenus, le magasin communautaire a rouvert il y a un an après avoir été fermé deux ans parce que les paramilitaires ne laissaient pas passer de marchandises pour plus de 400 dollars par semaine pour éviter que la guérilla y ait accès.
Les kankuamos ont l’habitude de passer deux ou trois jours par semaine dans la ferme familiale, centre de l’économie locale. Mais « le contrôle des aliments a fait baisser la production agricole », selon l’indigène Daniel.
Depuis Atánquez et vers les hauteurs de la Sierra, les indigènes doivent demander un permis aux militaires pour pouvoir se déplacer. A Patillal, le dernier village avant la montagne escarpée et en dehors de la réserve, « il y a un contrôle des aliments tant pour les familles que pour les magasins », a dit à IPS un commerçant kankuamo.
Aujourd’hui, selon l’observatoire, les paramilitaires exercent une influence sur les élections régionales et un contrôle sur les administrations locales dans le cadre d’une stratégie qui cherche à se servir de la structure de l’Etat pour leur propre bénéfice.
Le gouverneur du département du César, Hernando Molina, est arrivé à ce poste après s’être présenté aux élections de 2003 comme unique candidat après que ses deux rivaux se soient vus obligés de renoncer après avoir reçu des menaces de mort [2].
« Les autodéfenses (AUC) exercent un fort contrôle sur le commerce des aliments dans la capitale du César, en imposant des restrictions aux vendeurs et aux acheteurs (...) et en régulant l’accès aux vivres dans les hauteurs de la Sierra Nevada dans le but de désapprovisionner les structures de la guérilla et leurs supposés alliés », ajoute le document de l’observatoire.
Ce document soutient également que la guérilla est encore présente dans la région mais serait concentrée dans les parties les plus hautes de la Sierra. Dans la partie basse, selon ce qu’a affirmé à IPS un dirigeant indigène aujourd’hui déplacé à Bogota, « les paramilitaires se sont emparés des terres de la réserve » de la communauté.
Dans la Sierra Nevada, dont la population est estimée à 211 000 personnes, on trouve, en plus des kankuamos, les peuples kággaba [ou kogui], wiwa et ijka [ou arhuaco].
Notes:
[1] [NDLR] La CIDH, en dépit de la demande du gouvernement colombien de lever ces mesures provisoires, a confirmé leur pertinence et leur vigueur le 30 janvier 2007. Le texte de la résolution de la Cour est disponible sur http://www.corteidh.or.cr/medidas.c....
[2] [NDLR] En janvier 2007, le gouverneur du César, Hernando Molina, a été interrogé par le Procureur général de la Nation pour répondre de faits très graves : être l’auteur intellectuel du massacre des kankuamos et avoir gérer les biens du chef paramilitaire Rodrigo Tovar Pupo, alias Jorge 40 (cf « Un gobernador en la mira », Semana 15/02/2007). Notons que Hector Molina fait partie du « clan Araujo » : il est un cousin du sénateur uribiste Alvaro Araujo, frère de l’ex-ministre des Affaires étrangères colombienne, impliqué dans le scandale de la « parapolitique » et en prison depuis le 15 février 2007. Il est accusé d’avoir des liens privilégiés avec le même Jorge 40 qui aurait favorisé son élection par la terreur et l’enlèvement de son plus proche rival (cf « Breve guía práctica para entender todo el escándalo de la ‘para-política ‘ », Semana, 23/02/2007).
Les opinions exprimées et les arguments avancés dans cet article demeurent l'entière responsabilité de l'auteur-e et ne reflètent pas nécessairement ceux du Réseau d'Information et de Solidarité avec l'Amérique Latine (RISAL).
Source : IPS noticias (http://www.ipsnoticias.net), 9 août 2006.
Traduction : Anne Vereecken, pour le RISAL (http://risal.collectifs.net).
GLOSSAIRE
Autodéfenses Unies de Colombie (AUC)
Constituées en 1997, les Autodéfenses Unies de Colombie (AUC) sont une sorte de coupole regroupant les différents groupes paramilitaires, d’extrême droite, colombiens. Elles sont responsables des principales violations des droits humains ces dernières années en Colombie et très impliquées dans une série de commerces illicites, dont celui de la drogue. Elles se sont officiellement démobilisées sous la présidence de Uribe Vélez (2002 - ...).
Ejército de Liberación Nacional, Armée de Libération Nationale (ELN)
L’Armée de libération nationale, Ejército de Liberación Nacional (ELN), est une guérilla colombienne encore en activité, née en 1962 sous l’influence de la révolution cubaine. On estime ses combatants à 4 000.
Forces Armées Révolutionnaires de Colombie - Armée du Peuple (FARC-EP)
Les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie - Armée du peuple, Fuerzas Armadas Revolucionarias de Colombia - Ejército del Pueblo, est la principale guérilla de Colombie, née officiellement en 1964. Elle est reconnue comme organisation terroriste par les États-Unis et l’Union européenne.
Sierra
Zone montagneuse, chaîne de montages.
VU DE COLOMBIE • Sarkozy doit éviter le baiser de la mort
"Le slogan que Nicolas Sarkozy veut éviter au second tour est Sarko = facho", affirme la correspondante du quotidien El Tiempo à Paris. Pour Maria Camila Morales, "il apparaît clairement que le candidat conservateur va s'attacher à se montrer plus doux, plus paternaliste. Son premier discours d'après-premier tour l'a bien montré. Il doit éviter le baiser de la mort du FN. Il ne faut pas que Le Pen dise de lui qu'il est le candidat idéal." En Colombie, la campagne a bien sûr été suivie de près, car "nous avons un problème commun, il s'appelle Ingrid Bettancourt. Sarkozy a même demandé au président Uribe de discuter directement avec les FARC pour obtenir sa libération."
http://www.courrierinternational.com/ar ... j_id=73049
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Chirac demande à Chávez de continuer à oeuvrer à la libération d'Ingrid Betancourt
22/04/2007 - La Verdad, Matinternet, Intnl Herald Tribune
Jacques Chirac a "remercié" vendredi le président vénézuélien Hugo Chavez de "continuer à prendre toutes les initiatives possibles pour favoriser un dénouement heureux et pacifique de la tragédie" vécue par Ingrid Betancourt, détenue en Colombie par les rebelles des FARC depuis plus de cinq ans.
Lors d'une conversation téléphonique avec son homologue, le président français a en particulier plaidé pour "la recherche d'un accord humanitaire", selon son porte-parole Jérôme Bonnafont.
Jacques Chirac a par ailleurs fait "un dernier point de situation sur les relations franco-vénézuéliennes, marquées par de nombreux progrès ces dernières années".
http://www.betancourt.info/indexFr.htm
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Les FARC nient avoir assassiné le père du président colombien en 1983
23/04/2007 - Univision, El Tiempo, AnnCol
La guérilla des FARC a nié avoir assassiné le père du président colombien, Alvaro Uribe, en 1983, et a indiqué que cette version aurait été inventée par le président pour gagner la sympathie des Etats-Unis, selon un document écrit par un chef rebelle et diffusé ce samedi.
Le numéro deux des FARC, Raúl Reyes, a qualifié de "tromperie" l'affirmation d'Uribe et des services de sécurité que son père, Alberto Uribe, aurait été assassiné au cours d'une tentative de kidnapping par le groupe rebelle dans une hacienda de la commune de San Roque (département d'Antioquia), le 14 juin 1983.
Selon la version officielle, Santiago Uribe, le frère du chef d'État, aurait également été blessé durant cet épisode.
"Le Messie Uribe, avec l'argument trompeur que les FARC auraient assassiné son père, un narco-trafiquant reconnu du département d'Antioquia, s'inféode encore plus au gouvernement des Etats-Unis", a ajouté Reyes dans un texte publié par l'agence Anncol, qui diffuse habituellement les communiqués du mouvement insurgé.
De même, il a assuré que le président serait "repris par le Département d'État américain avec le numéro 82 dans une liste de narco-trafiquants tout comme le tristement célèbre Pablo Escobar".
"Quand ils souhaiteront mettre la pression pour obtenir certains accords commerciaux leonins, ou - comme cela se passe en ce moment précis - dans des périodes de conflits politiques entre les démocrates et les républicains pour remplacer le "Seigneur de la guerre", George W. Bush, alors ils déclassifieront ces archives", a ajouté Reyes.
Mercredi, le sénateur Gustavo Petro avait dénoncé que deux propriétés de la famille Uribe, dont celle où est décédé le père du président, auraient été par le passé des lieux de rassemblement de paramilitaires d'extrême droite, ainsi que des sites d'exécution de guérilleros de gauche.
Uribe a réfuté jeudi les accusations de Petro sur sa supposée permissivité avec les paramilitaires quand il était gouverneur d'Antioquia, entre 1995 et 1997, et a nié que son père et son frère aient maintenu des liens avec les paramilitaires et les cartels de la drogue de Medellín.
http://www.betancourt.info/indexFr.htm
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"Ingrid est dans le coeur des Français"
24/04/2007 - El Espectador
Juan Carlos Lecompte, l'époux d'Íngrid Betancourt, déclare qu'il n'a aucune préférence dans les actuelles élections présidentielles en France. Il ajoute qu'elle ne pourra retrouver la liberté qu'après qu'Álvaro Uribe aura terminé son mandat présidentiel.
Avec la politique actuelle du président Álvaro Uribe concernant les kidnappés croyez-vous possible qu'Ingrid Betancourt retrouve sa liberté ?
Je pense que tant qu'Alvaro Uribe sera à la présidence, il n'y aura aucune possibilité de négocier la libération d'Íngrid; en vérité je vois Íngrid libérée seulement dans quatre années, quand Uribe ne sera plus pouvoir.
Quel est le candidat que vous choisiriez dans les élections présidentielles en France et que croyez-vous que ce candidat fera réellement pour la libération de votre épouse ?
Je n'ai aucun type de préférence parce qu'indépendamment de qui gagne, tous les candidats se sont engagés à combattre pour la libération d'Íngrid, donc la tâche qu'a commencée la France continuera, quelle que soit la personne qui sera à la présidence; et la seule chose que je demande, c'est que le prochain président prenne cette affaire avec plus de dynamique.
Considérez-vous que la France a fait le nécessaire pour la libération d'Ïngrid Betancourt ?
La France a fait tout ce qui était possible, et elle est est arrivée jusqu'où elle a pu ; jusque là où le Président colombien l'a laissée arriver. Ils pourraient faire plus, mais le Gouvernement les bloque, ainsi qu'il l'a fait en d'autres occasions avec la Croix Rouge, avec l'Église et avec les autres pays amis comme la Suisse, qui ont envoyé des représentants pour établir un dialogue avec la guérilla.
Le gouvernement colombien envoie des agents qui suivent ces négociateurs de paix et c'est très dangereux pour eux, parce que quand ces personnes entrent en contact avec la guérilla, il peut y avoir une embuscade et dans ces circonstances ils peut y avoir des morts. C'est dans des circonstances comme celles-ci qu'on peut juger de l'irresponsabilité du président Uribe.
Comme voit-on le kidnapping d'Ingrid Betancourt en France ?
Depuis qu'Íngrid est kidnappée, non seulement les Français ,mais une grande partie du monde ont pris conscience de la tragédie des plus de trois mille personnes qui sont kidnappées depuis tant d'années; et ils ne peuvent pas croire qu'on puisse laisser ces personnes dépérir dans la forêt, aux mains de la guérilla. Pour eux c'est une irresponsabilité du gouvernement colombien, parce que la liberté est le don le plus sacré qui puisse exister et de leur point de vue, c'est quelque chose d'horrible et d'indigne ; par contre ici, en Colombie, nous avons plus de trois mille kidnappés; nous vivons avec ce fléau depuis trente ans, et pour nous il est très normal qu'une personne soit privée de sa liberté pendant de nombreuses années. Donc le gouvernement colombien se fait traiter en France d'irresponsable parce qu'il ne veut pas combattre réellement pour ses kidnappés.
Il y a quinze jour, vous avez été en France et vous avez vu les enfants d'Íngrid Betancourt. Au cours de cette rencontre avez-vous pu vous s'informer sur l'accord auquel serait arrivée Melanie Delloye avec les candidats présidentiels ?
En vérité nous avons parlé très peu de cela. J'y suis réellement allé pour prendre des photos pour la fête des Mères qui approche, et je les lancerai dans la jungle avec un avion, avec l'espoir qu'Ingrid les voie.
Mais Melanie m'a dit que parmi tous les candidats, celui qui avait montré le plus d'engagement était celui du Parti Conservateur, Nicolás Sarkozy, qui aurait affirmé qu'un des objectifs de son gouvernement serait d'obtenir le rapprochement des parties pour la libération d'Íngrid, ce qui était également le but dans l'actuel gouvernement de Chirac.
Le président Álvaro Uribe a ordonné le sauvetage militaire de tous les kidnappés ; croyez-vous qu'avec cette position on obtiendra réellement une avancée dans la solution de cette crise humanitaire ?
Je crois que l'ordre du sauvetage militaire a toujours existé; ce qui passe c'est qu'ils ne savent pas où les séquestrés se trouvent - pas seulement dans le cas d'Íngrid, mais dans celui de la plupart des personnes détenues. Le Gouvernement ne les a pas localisées, mais je suis sûr que dès qu'ils pourront identfier leur lieu de détention ils vont effectuer ce sauvetage, et cela se terminera par une tragédie.
Un autre aspect, c'est que le Gouvernement a essayé de maquiller le sauvetage militaire en faisant un amalgame et en montrant au monde des exemples de sauvetage dans des secteurs urbains, de kidnappés qui sont entre les mains de petits délinquants, pour essayer de faire croire qu'un sauvetage militaire peut réussir; mais la réalité est qu' Ingrid est une kidnappée politique et c'est quelque chose de totalement différent, parce que cette classe de kidnappés sont un butín de guerre très précieux et c'est pourquoi ils sont extrèmement bien gardés. C'est un sauvetage beaucoup plus risqué, parce que les détenus seront exposés à des combats entre la guérilla et les Forces Militaires, outre le fait que les guérilleros ont l'ordre de les abattre en cas de tentative de sauvetage.
Croyez-vous qu'après le changement de président en France, la liberté d'Íngrid Betancourt sera encore un sujet important dans ce pays ?
Le kidnapping de Ïngrid n'est pas un sujet politique, c'est un sujet humanitaire et c'est très clair qu'íngrid a pu pénétrer dans le coeur de chacun des Français ; elle est dans l'âme de la France.
http://www.betancourt.info/indexFr.htm
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L'industrie colombienne du kidnapping examinée au Panama
25/04/2007 - Panama News
Quelques douzaines de personnes de plusieurs nationalités se sont réunies dans le salon culturel de l'ambassade française le 12 avril, pour découvrir un aspect inquiétant de la violence chronique en Colombie et pour exiger la libération en Colombie des personnes détenues par des groupes politiques armés et par des bandes criminelles "ordinaires".
L'organisateur de la soirée était André Dumoulin, un éducateur belge résidant au Panama depuis longtemps. Avec l'aide d'une présentation réalisée en PowerPoint il a expliqué que bien que "les dimensions du problème ne puissent pas être exactement mesurées - entre autres parce qu'il est illégal de payer une rançon," plus de 4.200 personnes seraient détenues, dont environ la moitié par des délinquants qui n'ont aucune motivation politique. La majeure partie du reste, environ 1.500 individus, serait détenue par les rebelles marxistes des FARC ainsi que par d'autres groupes armés de gauche et de droite.
La plupart du temps les FARC enlèvent leurs victimes pour obtenir une rançon de leurs familles, en moyenne $30.000 par personne enlevée après une captivité qui dure habituellement de huit mois à deux ans. Les gangs criminels enlèvent parfois des personnes qu'ils revendent à la guérilla, qui est plus "experte" à rassembler la rançon.
"Ce ne sont pas seulement les riches qui sont victimes des enlèvements," précise Dumoulin, et leur situation déjà difficile est encore aggravée par l'impression que la population s'est résignée au sujet de ce problème. En attendant, pendant que les fonctionnaires publics à Bogota et plusieurs de leurs constituants gesticulent, "les victimes d'enlèvement sont humiliés en sont transformés en simple produit commercial."
Les FARC enlèvent également des politiciens et leurs parents, et détiennent également des militaires et des policiers colombiens capturés au cours de combats. Le prix que les guérilleros exigent pour leurs prisonniers "politiques" qu'ils considèrent commme des prisonniers de guerre est un échange contre des membres des FARC qui sont détenus par le gouvernement colombien.
Toute cette histoire triste, précise Dumoulin, s'est développée dans un contexte où plus de trois millions de Colombiens sont devenus des "réfugiés internes" pour fuir les combats qui ont lieu là où ils habitaient, et la violence de Colombie déborde dans tous les pays voisins. "Le Panama a tout à gagner d'une Colombie plus sûre," explique Dumoulin. Pour y arriver, il préconise l'application des lois internationales de droits de l'homme par toutes les parties impliquées dans le conflit colombien, la poursuite devant la cour pénale internationale des cas où le kidnapping a été employé comme tactique de guerre à la rupture du "code du silence" qui semble règner dans une Colombie où sévit la terreur.
Bien que l'assemblée ait été plutôt restreinte--- tous les médias panaméens avaient été invités, mais seul le reporter de Panama News était présent... Astrid Betancourt a été généralement optimiste.
"C'est grâce à des actions comme celle-ci que ma soeur est encore vivante aujourd'hui", déclare-telle. Il y a environ 80 comités locaux qui se battent pour la libération d'Ingrid Betancourt, en Colombie et dans plus d'une douzaine d'autres pays; grâce à eux la situation n'est pas restée dans l'obscurité. "Les FARC n'avaint pas prévu que les yeux du monde entier seraient fixés sur eux et sur ce qu'ils font."
Elle a remercié pour leur soutien l'ambassade française et le gouvernement qu'elle représente pour avoir prêté ses bons offices à la recherche d'une solution à la violence en Colombie, et à son tour le représentant de la France a ajouté que "nous soutenons les efforts de tous les pays qui ont essayé d'atteindre une solution pour tous les otages colombiens." Si on voyait, comme c'est le cas en Colombie, une industrie du kidnapping émerger en France, estime Betancourt, "on aurait immédiatement une révolution" des citoyens pour exiger d'y mettre fin.
Betancourt a exprimé peu de respect pour l'administration d' Álvaro Uribe à Bogota. "Le gouvernement prétend avoir remporté des succès avec sa force d'élite anti-enlèvement, mais en réalité cette unité a seulement pu aider de temps en temps des personnes enlevées dans les milieux urbains par des bandes criminelles; elles ont par contre été inefficaces dans les cas où les otages sont détenus par les guérilleros à l'intérieur du pays". Bien que les conventions de Genève préconisent l'échange de prisonniers dans des conflits civils, elle rappelle que le gouvernement colombien n'a jamais envisagé sérieusement cette possibilité. La thèse d'Uribe que sa famille aurait été elle aussi victime des kidnappeurs est écartée par Betancourt, qui explique que si le père du président est devenu une victime de la violence, c'est parce qu'il était lui-même un seigneur de la drogue, et qu'on ne pouvait pas comparer son cas à celui des otages détenus pour paiement d'une rançon.
"Le gouvernement n'a pas gagné [ sa guerre contre les guérilleros ] au bout de cinq années d'opérations," remarque Betancourt, et il est maintenant temps d'envisager un changement de sa politique.
Mais cela n'est-il pas un concept difficile à "vendre" au Panama ? Après tout, une des raisons pour lesquelles le pays s'est séparé de la Colombie il y a plus d'un siècle était justement de mettre une certaine distance avec les conflits armés incessants qui avaient lieu en Colombie.
Les citoyens du Panama, insiste Betancourt, devraient voir l'industrie du kidnapping chez leurs voisins "non pas comme un problème politique, mais comme un problème humanitaire." C'est également une question de crime commun, précise-t-elle, et vu l'augmentation récente des kidnappings ici au Panama --- certains d'entre eux commis d'ailleurs par des Colombiens --- les gens dans ce pays devraient s'inquiéter un peu plus de la situation.
Betancourt a ajouté que, tandis que beaucoup de gens voudraient faire semblant de croire que le problème de la Colombie n'affecte pas le Panama, l'arrivée de réfugiés à travers notre frontière et l'insécurité dans les régions de ce pays qui avoisinent la Colombie montrent que nous ne pouvons tout simplement pas ignorer la situation.
http://www.betancourt.info/indexFr.htm
"Le slogan que Nicolas Sarkozy veut éviter au second tour est Sarko = facho", affirme la correspondante du quotidien El Tiempo à Paris. Pour Maria Camila Morales, "il apparaît clairement que le candidat conservateur va s'attacher à se montrer plus doux, plus paternaliste. Son premier discours d'après-premier tour l'a bien montré. Il doit éviter le baiser de la mort du FN. Il ne faut pas que Le Pen dise de lui qu'il est le candidat idéal." En Colombie, la campagne a bien sûr été suivie de près, car "nous avons un problème commun, il s'appelle Ingrid Bettancourt. Sarkozy a même demandé au président Uribe de discuter directement avec les FARC pour obtenir sa libération."
http://www.courrierinternational.com/ar ... j_id=73049
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Chirac demande à Chávez de continuer à oeuvrer à la libération d'Ingrid Betancourt
22/04/2007 - La Verdad, Matinternet, Intnl Herald Tribune
Jacques Chirac a "remercié" vendredi le président vénézuélien Hugo Chavez de "continuer à prendre toutes les initiatives possibles pour favoriser un dénouement heureux et pacifique de la tragédie" vécue par Ingrid Betancourt, détenue en Colombie par les rebelles des FARC depuis plus de cinq ans.
Lors d'une conversation téléphonique avec son homologue, le président français a en particulier plaidé pour "la recherche d'un accord humanitaire", selon son porte-parole Jérôme Bonnafont.
Jacques Chirac a par ailleurs fait "un dernier point de situation sur les relations franco-vénézuéliennes, marquées par de nombreux progrès ces dernières années".
http://www.betancourt.info/indexFr.htm
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Les FARC nient avoir assassiné le père du président colombien en 1983
23/04/2007 - Univision, El Tiempo, AnnCol
La guérilla des FARC a nié avoir assassiné le père du président colombien, Alvaro Uribe, en 1983, et a indiqué que cette version aurait été inventée par le président pour gagner la sympathie des Etats-Unis, selon un document écrit par un chef rebelle et diffusé ce samedi.
Le numéro deux des FARC, Raúl Reyes, a qualifié de "tromperie" l'affirmation d'Uribe et des services de sécurité que son père, Alberto Uribe, aurait été assassiné au cours d'une tentative de kidnapping par le groupe rebelle dans une hacienda de la commune de San Roque (département d'Antioquia), le 14 juin 1983.
Selon la version officielle, Santiago Uribe, le frère du chef d'État, aurait également été blessé durant cet épisode.
"Le Messie Uribe, avec l'argument trompeur que les FARC auraient assassiné son père, un narco-trafiquant reconnu du département d'Antioquia, s'inféode encore plus au gouvernement des Etats-Unis", a ajouté Reyes dans un texte publié par l'agence Anncol, qui diffuse habituellement les communiqués du mouvement insurgé.
De même, il a assuré que le président serait "repris par le Département d'État américain avec le numéro 82 dans une liste de narco-trafiquants tout comme le tristement célèbre Pablo Escobar".
"Quand ils souhaiteront mettre la pression pour obtenir certains accords commerciaux leonins, ou - comme cela se passe en ce moment précis - dans des périodes de conflits politiques entre les démocrates et les républicains pour remplacer le "Seigneur de la guerre", George W. Bush, alors ils déclassifieront ces archives", a ajouté Reyes.
Mercredi, le sénateur Gustavo Petro avait dénoncé que deux propriétés de la famille Uribe, dont celle où est décédé le père du président, auraient été par le passé des lieux de rassemblement de paramilitaires d'extrême droite, ainsi que des sites d'exécution de guérilleros de gauche.
Uribe a réfuté jeudi les accusations de Petro sur sa supposée permissivité avec les paramilitaires quand il était gouverneur d'Antioquia, entre 1995 et 1997, et a nié que son père et son frère aient maintenu des liens avec les paramilitaires et les cartels de la drogue de Medellín.
http://www.betancourt.info/indexFr.htm
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"Ingrid est dans le coeur des Français"
24/04/2007 - El Espectador
Juan Carlos Lecompte, l'époux d'Íngrid Betancourt, déclare qu'il n'a aucune préférence dans les actuelles élections présidentielles en France. Il ajoute qu'elle ne pourra retrouver la liberté qu'après qu'Álvaro Uribe aura terminé son mandat présidentiel.
Avec la politique actuelle du président Álvaro Uribe concernant les kidnappés croyez-vous possible qu'Ingrid Betancourt retrouve sa liberté ?
Je pense que tant qu'Alvaro Uribe sera à la présidence, il n'y aura aucune possibilité de négocier la libération d'Íngrid; en vérité je vois Íngrid libérée seulement dans quatre années, quand Uribe ne sera plus pouvoir.
Quel est le candidat que vous choisiriez dans les élections présidentielles en France et que croyez-vous que ce candidat fera réellement pour la libération de votre épouse ?
Je n'ai aucun type de préférence parce qu'indépendamment de qui gagne, tous les candidats se sont engagés à combattre pour la libération d'Íngrid, donc la tâche qu'a commencée la France continuera, quelle que soit la personne qui sera à la présidence; et la seule chose que je demande, c'est que le prochain président prenne cette affaire avec plus de dynamique.
Considérez-vous que la France a fait le nécessaire pour la libération d'Ïngrid Betancourt ?
La France a fait tout ce qui était possible, et elle est est arrivée jusqu'où elle a pu ; jusque là où le Président colombien l'a laissée arriver. Ils pourraient faire plus, mais le Gouvernement les bloque, ainsi qu'il l'a fait en d'autres occasions avec la Croix Rouge, avec l'Église et avec les autres pays amis comme la Suisse, qui ont envoyé des représentants pour établir un dialogue avec la guérilla.
Le gouvernement colombien envoie des agents qui suivent ces négociateurs de paix et c'est très dangereux pour eux, parce que quand ces personnes entrent en contact avec la guérilla, il peut y avoir une embuscade et dans ces circonstances ils peut y avoir des morts. C'est dans des circonstances comme celles-ci qu'on peut juger de l'irresponsabilité du président Uribe.
Comme voit-on le kidnapping d'Ingrid Betancourt en France ?
Depuis qu'Íngrid est kidnappée, non seulement les Français ,mais une grande partie du monde ont pris conscience de la tragédie des plus de trois mille personnes qui sont kidnappées depuis tant d'années; et ils ne peuvent pas croire qu'on puisse laisser ces personnes dépérir dans la forêt, aux mains de la guérilla. Pour eux c'est une irresponsabilité du gouvernement colombien, parce que la liberté est le don le plus sacré qui puisse exister et de leur point de vue, c'est quelque chose d'horrible et d'indigne ; par contre ici, en Colombie, nous avons plus de trois mille kidnappés; nous vivons avec ce fléau depuis trente ans, et pour nous il est très normal qu'une personne soit privée de sa liberté pendant de nombreuses années. Donc le gouvernement colombien se fait traiter en France d'irresponsable parce qu'il ne veut pas combattre réellement pour ses kidnappés.
Il y a quinze jour, vous avez été en France et vous avez vu les enfants d'Íngrid Betancourt. Au cours de cette rencontre avez-vous pu vous s'informer sur l'accord auquel serait arrivée Melanie Delloye avec les candidats présidentiels ?
En vérité nous avons parlé très peu de cela. J'y suis réellement allé pour prendre des photos pour la fête des Mères qui approche, et je les lancerai dans la jungle avec un avion, avec l'espoir qu'Ingrid les voie.
Mais Melanie m'a dit que parmi tous les candidats, celui qui avait montré le plus d'engagement était celui du Parti Conservateur, Nicolás Sarkozy, qui aurait affirmé qu'un des objectifs de son gouvernement serait d'obtenir le rapprochement des parties pour la libération d'Íngrid, ce qui était également le but dans l'actuel gouvernement de Chirac.
Le président Álvaro Uribe a ordonné le sauvetage militaire de tous les kidnappés ; croyez-vous qu'avec cette position on obtiendra réellement une avancée dans la solution de cette crise humanitaire ?
Je crois que l'ordre du sauvetage militaire a toujours existé; ce qui passe c'est qu'ils ne savent pas où les séquestrés se trouvent - pas seulement dans le cas d'Íngrid, mais dans celui de la plupart des personnes détenues. Le Gouvernement ne les a pas localisées, mais je suis sûr que dès qu'ils pourront identfier leur lieu de détention ils vont effectuer ce sauvetage, et cela se terminera par une tragédie.
Un autre aspect, c'est que le Gouvernement a essayé de maquiller le sauvetage militaire en faisant un amalgame et en montrant au monde des exemples de sauvetage dans des secteurs urbains, de kidnappés qui sont entre les mains de petits délinquants, pour essayer de faire croire qu'un sauvetage militaire peut réussir; mais la réalité est qu' Ingrid est une kidnappée politique et c'est quelque chose de totalement différent, parce que cette classe de kidnappés sont un butín de guerre très précieux et c'est pourquoi ils sont extrèmement bien gardés. C'est un sauvetage beaucoup plus risqué, parce que les détenus seront exposés à des combats entre la guérilla et les Forces Militaires, outre le fait que les guérilleros ont l'ordre de les abattre en cas de tentative de sauvetage.
Croyez-vous qu'après le changement de président en France, la liberté d'Íngrid Betancourt sera encore un sujet important dans ce pays ?
Le kidnapping de Ïngrid n'est pas un sujet politique, c'est un sujet humanitaire et c'est très clair qu'íngrid a pu pénétrer dans le coeur de chacun des Français ; elle est dans l'âme de la France.
http://www.betancourt.info/indexFr.htm
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L'industrie colombienne du kidnapping examinée au Panama
25/04/2007 - Panama News
Quelques douzaines de personnes de plusieurs nationalités se sont réunies dans le salon culturel de l'ambassade française le 12 avril, pour découvrir un aspect inquiétant de la violence chronique en Colombie et pour exiger la libération en Colombie des personnes détenues par des groupes politiques armés et par des bandes criminelles "ordinaires".
L'organisateur de la soirée était André Dumoulin, un éducateur belge résidant au Panama depuis longtemps. Avec l'aide d'une présentation réalisée en PowerPoint il a expliqué que bien que "les dimensions du problème ne puissent pas être exactement mesurées - entre autres parce qu'il est illégal de payer une rançon," plus de 4.200 personnes seraient détenues, dont environ la moitié par des délinquants qui n'ont aucune motivation politique. La majeure partie du reste, environ 1.500 individus, serait détenue par les rebelles marxistes des FARC ainsi que par d'autres groupes armés de gauche et de droite.
La plupart du temps les FARC enlèvent leurs victimes pour obtenir une rançon de leurs familles, en moyenne $30.000 par personne enlevée après une captivité qui dure habituellement de huit mois à deux ans. Les gangs criminels enlèvent parfois des personnes qu'ils revendent à la guérilla, qui est plus "experte" à rassembler la rançon.
"Ce ne sont pas seulement les riches qui sont victimes des enlèvements," précise Dumoulin, et leur situation déjà difficile est encore aggravée par l'impression que la population s'est résignée au sujet de ce problème. En attendant, pendant que les fonctionnaires publics à Bogota et plusieurs de leurs constituants gesticulent, "les victimes d'enlèvement sont humiliés en sont transformés en simple produit commercial."
Les FARC enlèvent également des politiciens et leurs parents, et détiennent également des militaires et des policiers colombiens capturés au cours de combats. Le prix que les guérilleros exigent pour leurs prisonniers "politiques" qu'ils considèrent commme des prisonniers de guerre est un échange contre des membres des FARC qui sont détenus par le gouvernement colombien.
Toute cette histoire triste, précise Dumoulin, s'est développée dans un contexte où plus de trois millions de Colombiens sont devenus des "réfugiés internes" pour fuir les combats qui ont lieu là où ils habitaient, et la violence de Colombie déborde dans tous les pays voisins. "Le Panama a tout à gagner d'une Colombie plus sûre," explique Dumoulin. Pour y arriver, il préconise l'application des lois internationales de droits de l'homme par toutes les parties impliquées dans le conflit colombien, la poursuite devant la cour pénale internationale des cas où le kidnapping a été employé comme tactique de guerre à la rupture du "code du silence" qui semble règner dans une Colombie où sévit la terreur.
Bien que l'assemblée ait été plutôt restreinte--- tous les médias panaméens avaient été invités, mais seul le reporter de Panama News était présent... Astrid Betancourt a été généralement optimiste.
"C'est grâce à des actions comme celle-ci que ma soeur est encore vivante aujourd'hui", déclare-telle. Il y a environ 80 comités locaux qui se battent pour la libération d'Ingrid Betancourt, en Colombie et dans plus d'une douzaine d'autres pays; grâce à eux la situation n'est pas restée dans l'obscurité. "Les FARC n'avaint pas prévu que les yeux du monde entier seraient fixés sur eux et sur ce qu'ils font."
Elle a remercié pour leur soutien l'ambassade française et le gouvernement qu'elle représente pour avoir prêté ses bons offices à la recherche d'une solution à la violence en Colombie, et à son tour le représentant de la France a ajouté que "nous soutenons les efforts de tous les pays qui ont essayé d'atteindre une solution pour tous les otages colombiens." Si on voyait, comme c'est le cas en Colombie, une industrie du kidnapping émerger en France, estime Betancourt, "on aurait immédiatement une révolution" des citoyens pour exiger d'y mettre fin.
Betancourt a exprimé peu de respect pour l'administration d' Álvaro Uribe à Bogota. "Le gouvernement prétend avoir remporté des succès avec sa force d'élite anti-enlèvement, mais en réalité cette unité a seulement pu aider de temps en temps des personnes enlevées dans les milieux urbains par des bandes criminelles; elles ont par contre été inefficaces dans les cas où les otages sont détenus par les guérilleros à l'intérieur du pays". Bien que les conventions de Genève préconisent l'échange de prisonniers dans des conflits civils, elle rappelle que le gouvernement colombien n'a jamais envisagé sérieusement cette possibilité. La thèse d'Uribe que sa famille aurait été elle aussi victime des kidnappeurs est écartée par Betancourt, qui explique que si le père du président est devenu une victime de la violence, c'est parce qu'il était lui-même un seigneur de la drogue, et qu'on ne pouvait pas comparer son cas à celui des otages détenus pour paiement d'une rançon.
"Le gouvernement n'a pas gagné [ sa guerre contre les guérilleros ] au bout de cinq années d'opérations," remarque Betancourt, et il est maintenant temps d'envisager un changement de sa politique.
Mais cela n'est-il pas un concept difficile à "vendre" au Panama ? Après tout, une des raisons pour lesquelles le pays s'est séparé de la Colombie il y a plus d'un siècle était justement de mettre une certaine distance avec les conflits armés incessants qui avaient lieu en Colombie.
Les citoyens du Panama, insiste Betancourt, devraient voir l'industrie du kidnapping chez leurs voisins "non pas comme un problème politique, mais comme un problème humanitaire." C'est également une question de crime commun, précise-t-elle, et vu l'augmentation récente des kidnappings ici au Panama --- certains d'entre eux commis d'ailleurs par des Colombiens --- les gens dans ce pays devraient s'inquiéter un peu plus de la situation.
Betancourt a ajouté que, tandis que beaucoup de gens voudraient faire semblant de croire que le problème de la Colombie n'affecte pas le Panama, l'arrivée de réfugiés à travers notre frontière et l'insécurité dans les régions de ce pays qui avoisinent la Colombie montrent que nous ne pouvons tout simplement pas ignorer la situation.
http://www.betancourt.info/indexFr.htm
La Colombie recherche les fosses communes de plus de 10.000 cadavres assassinés par les paramilitaires
26/04/2007 - El Tiempo, Las voces del secuestro
El Tiempo vient de publier plusieurs articles dont l'horreur est insoutenable - particulièrement les photos - concernant les recherches qui commencent à s'organiser pour identifier les victimes assassinées par les paramilitaires d'extrème-droite, suite aux renseignements concernant les fosses communes dans lesquels ces organisations auraient enterré leurs victimes.
L'enquête a débuté il y a un an, et on n'a encore retrouvé que 533 corps dont seulement 13 ont été pleinement identifiés par leur ADN et 173 par des détails vestimentaires.
On en sait plus maintenant sur les circonstances de leur assassinat, et cela donne le frisson : par exemple sur le fait que les paramilitaires démembraient parfois leurs victimes vivantes - et qu'ils donnaient à leurs recrues des "cours" sur la technique à utiliser pour cela...
Le nombre total de victimes est encore inconnu. 10.000 selon le ministère public, 31.000 selon la Commission colombienne des Juristes
Au bout d'une première année de recherche de tombes communes, le Ministère public a reçu 3.710 dénonciations d'emplacements où les trouver ; mais la majorité n'a pas pu être explorée par manque de ressources : on a retrouvé 533 corps et le plus dramatique est que seulement 13 ont été identifiés pleinement, c'est-à-dire, avec des ADN. 173 autres ont été identifiés de manière préliminaire (par des détails vestimentaires, des tatouages etc.)
Lorsque la rédaction de El Tiempo a décidé de faire une enquête le phénomène des tombes communes, les journalistes ont été bouleversés par ce qu'ils découvraient. C'était l'horreur qu'ils découvraient.
Les témoignages des paramilitaires et les résultats des médecins légistes permettent de conclure que les AUC non seulement avaient conçu une méthode pour démembrer leurs victimes, mais ont en étaient arrivés à donner des cours sur cette technique en utilisant des personnes vivantes qui étaient enlevées et amenées à leurs camps d'entraînement.
Francisco Villalba, un dirigeant paramilitaire de la région d'Antioquia, a organisé des opérations au cours desquelles ses troupes ont torturé et torturé 15 personnes pendant 5 jours; il révèle maintenant les détails de ces cours qui étaient jusqu'à aujourd'hui inconnus. "C'étaient des personnes agées qui arrivaient dans des camions, vivantes, ligotées (...) et on les "distribuait" à nos groupes de cinq (...) avec pour instruction de leur enlever les bras, la tête... de les démembrer vivants", trouve-t-on dans son dossier.
L'utilisation de la tronçonneuse n'a pas été décelée dans les cadavres qui ont été déterrés jusqu'à présent. "Entre autres, ce n'était pas pratique parce que la scie á chaîne s'empêtrait dans les vêtements et c'est pourquoi ils préfèraient la machette", explique un fonctionnaire spécialisé dans les exhumations. 70 pour cent des cadavres déterrés dans la Côte Pacifique ont été démembrés à la machette et la majorité des 106 cadavres trouvés au Putumayo - où Carlos Castaño a commencé à organiser ses massacres - ont reçu ensuite une balle dans la tête et ont été ensuite démembrés aux articulations.
Pourquoi les démembrer ? Par un macabre pragmatisme : devant la nécessité de courir moins de risques avec les juges en Colombie et dans le monde pour crimes contre l'humanité, ils devaient enterrer leurs victimes. Et pour pour économiser l'effort de devoir creuser des tombes très profondes, "le mieux était de les couper en morceaux".
(El Tiempo donne plus de détails "techniques" sur la manière de procéder, qui ne sont pas traduits ici)
Et la guérilla ?
On a aussi trouvé des fosses communes qui lui sont attribuées, surtout en Cundinamarca, mais 98 pour cent des cas dont s'occupe aujourd'hui le Ministère public sont imputés aux paramilitaires.
http://www.betancourt.info/indexFr.htm
26/04/2007 - El Tiempo, Las voces del secuestro
El Tiempo vient de publier plusieurs articles dont l'horreur est insoutenable - particulièrement les photos - concernant les recherches qui commencent à s'organiser pour identifier les victimes assassinées par les paramilitaires d'extrème-droite, suite aux renseignements concernant les fosses communes dans lesquels ces organisations auraient enterré leurs victimes.
L'enquête a débuté il y a un an, et on n'a encore retrouvé que 533 corps dont seulement 13 ont été pleinement identifiés par leur ADN et 173 par des détails vestimentaires.
On en sait plus maintenant sur les circonstances de leur assassinat, et cela donne le frisson : par exemple sur le fait que les paramilitaires démembraient parfois leurs victimes vivantes - et qu'ils donnaient à leurs recrues des "cours" sur la technique à utiliser pour cela...
Le nombre total de victimes est encore inconnu. 10.000 selon le ministère public, 31.000 selon la Commission colombienne des Juristes
Au bout d'une première année de recherche de tombes communes, le Ministère public a reçu 3.710 dénonciations d'emplacements où les trouver ; mais la majorité n'a pas pu être explorée par manque de ressources : on a retrouvé 533 corps et le plus dramatique est que seulement 13 ont été identifiés pleinement, c'est-à-dire, avec des ADN. 173 autres ont été identifiés de manière préliminaire (par des détails vestimentaires, des tatouages etc.)
Lorsque la rédaction de El Tiempo a décidé de faire une enquête le phénomène des tombes communes, les journalistes ont été bouleversés par ce qu'ils découvraient. C'était l'horreur qu'ils découvraient.
Les témoignages des paramilitaires et les résultats des médecins légistes permettent de conclure que les AUC non seulement avaient conçu une méthode pour démembrer leurs victimes, mais ont en étaient arrivés à donner des cours sur cette technique en utilisant des personnes vivantes qui étaient enlevées et amenées à leurs camps d'entraînement.
Francisco Villalba, un dirigeant paramilitaire de la région d'Antioquia, a organisé des opérations au cours desquelles ses troupes ont torturé et torturé 15 personnes pendant 5 jours; il révèle maintenant les détails de ces cours qui étaient jusqu'à aujourd'hui inconnus. "C'étaient des personnes agées qui arrivaient dans des camions, vivantes, ligotées (...) et on les "distribuait" à nos groupes de cinq (...) avec pour instruction de leur enlever les bras, la tête... de les démembrer vivants", trouve-t-on dans son dossier.
L'utilisation de la tronçonneuse n'a pas été décelée dans les cadavres qui ont été déterrés jusqu'à présent. "Entre autres, ce n'était pas pratique parce que la scie á chaîne s'empêtrait dans les vêtements et c'est pourquoi ils préfèraient la machette", explique un fonctionnaire spécialisé dans les exhumations. 70 pour cent des cadavres déterrés dans la Côte Pacifique ont été démembrés à la machette et la majorité des 106 cadavres trouvés au Putumayo - où Carlos Castaño a commencé à organiser ses massacres - ont reçu ensuite une balle dans la tête et ont été ensuite démembrés aux articulations.
Pourquoi les démembrer ? Par un macabre pragmatisme : devant la nécessité de courir moins de risques avec les juges en Colombie et dans le monde pour crimes contre l'humanité, ils devaient enterrer leurs victimes. Et pour pour économiser l'effort de devoir creuser des tombes très profondes, "le mieux était de les couper en morceaux".
(El Tiempo donne plus de détails "techniques" sur la manière de procéder, qui ne sont pas traduits ici)
Et la guérilla ?
On a aussi trouvé des fosses communes qui lui sont attribuées, surtout en Cundinamarca, mais 98 pour cent des cas dont s'occupe aujourd'hui le Ministère public sont imputés aux paramilitaires.
http://www.betancourt.info/indexFr.htm
Colombie: les FARC diffusent un appel vidéo de 12 élus locaux
Associated Press
Cali
Douze élus locaux colombiens retenus en otages par les FARC appellent le président Alvaro Uribe à relancer les négociations avec leurs ravisseurs dans un enregistrement vidéo diffusé vendredi par la guérilla marxiste.
Ces élus font partie de la soixantaine d'hommes et de femmes politiques -dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt-, de militaires et de policiers détenus par les Forces armées révolutionnaires de Colombie, le plus ancien et plus puissant mouvement de guérilla en Amérique latine.
«Nous avons attendu cinq douloureuses années que le gouvernement et les FARC montrent leur courage politique et historique et parviennent à un accord pour nous libérer», déclare l'ancien député Edinson Perez dans cette vidéo. Sur la paume d'une de ses mains était écrit: «jusqu'à quand?»
Cet enregistrement, qui constitue le premier signe de vie en sept mois pour ces hommes, a été montré aux familles des otages dans les locaux de l'assemblée régionale où ils avaient été enlevés il y a cinq ans par un commando des FARC.
Dans cette vidéo, ils exhortent une nouvelle fois M. Uribe à céder à la demande rebelle d'une zone démilitarisée de 800 km2 près de Cali, la troisième ville du pays (sud), pour permettre des discussions visant à négocier un échange otages contre prisonniers.
À la suite de la publication de cet enregistrement, le ministre de la Défense Juan Manuel Santos a réitéré le refus du gouvernement d'accéder à cette requête, rappelant que Bogota avait toujours considéré cette proposition comme «inacceptable».
De leur côté, les rebelles ont rejeté la proposition avancée par l'Espagne, la France et la Suisse d'une zone démilitarisée de plus petite taille, dont le gouvernement colombien avait accepté le principe.
Bien qu'un dénouement ne semble pas proche, les familles des otages apparaissant sur cette vidéo se sont déclarées encouragées par cette manifestation de vie. «Nous sommes très heureux», a confié Fabiola Perdomo, épouse de l'otage Juan Carlos Narvaez, à l'Associated Press. «Cette vidéo a été tournée il y a moins de 15 jours et ils semblent être en bonne santé.»
http://www.cyberpresse.ca/article/20070 ... 30/CPMONDE
Associated Press
Cali
Douze élus locaux colombiens retenus en otages par les FARC appellent le président Alvaro Uribe à relancer les négociations avec leurs ravisseurs dans un enregistrement vidéo diffusé vendredi par la guérilla marxiste.
Ces élus font partie de la soixantaine d'hommes et de femmes politiques -dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt-, de militaires et de policiers détenus par les Forces armées révolutionnaires de Colombie, le plus ancien et plus puissant mouvement de guérilla en Amérique latine.
«Nous avons attendu cinq douloureuses années que le gouvernement et les FARC montrent leur courage politique et historique et parviennent à un accord pour nous libérer», déclare l'ancien député Edinson Perez dans cette vidéo. Sur la paume d'une de ses mains était écrit: «jusqu'à quand?»
Cet enregistrement, qui constitue le premier signe de vie en sept mois pour ces hommes, a été montré aux familles des otages dans les locaux de l'assemblée régionale où ils avaient été enlevés il y a cinq ans par un commando des FARC.
Dans cette vidéo, ils exhortent une nouvelle fois M. Uribe à céder à la demande rebelle d'une zone démilitarisée de 800 km2 près de Cali, la troisième ville du pays (sud), pour permettre des discussions visant à négocier un échange otages contre prisonniers.
À la suite de la publication de cet enregistrement, le ministre de la Défense Juan Manuel Santos a réitéré le refus du gouvernement d'accéder à cette requête, rappelant que Bogota avait toujours considéré cette proposition comme «inacceptable».
De leur côté, les rebelles ont rejeté la proposition avancée par l'Espagne, la France et la Suisse d'une zone démilitarisée de plus petite taille, dont le gouvernement colombien avait accepté le principe.
Bien qu'un dénouement ne semble pas proche, les familles des otages apparaissant sur cette vidéo se sont déclarées encouragées par cette manifestation de vie. «Nous sommes très heureux», a confié Fabiola Perdomo, épouse de l'otage Juan Carlos Narvaez, à l'Associated Press. «Cette vidéo a été tournée il y a moins de 15 jours et ils semblent être en bonne santé.»
http://www.cyberpresse.ca/article/20070 ... 30/CPMONDE
Casino: création joint-venture avec Cencosud en Colombie.
(Cercle Finance) - Casino a annoncé ce mercredi la création d'une joint-venture avec Cencosud, comptant parmi les leaders de la distribution multiformat au Chili et en Argentine, pour développer le marché du Bricolage en Colombie. Une extension éventuelle de cette activité vers d'autres marchés en Amérique Latine est également étudiée.
La nouvelle entité sera détenue à 70% par Cencosud et à 30% par Casino. Elle bénéficiera de l'apport par ses deux partenaires d'un montant pouvant aller jusqu'à 200 millions de dollars au cours des cinq prochaines années.
Avec cette participation, Casino renforce sa présence en Colombie, où il détient une position de leadership sur le marché de la distribution alimentaire à travers sa participation dans Exito.
' Casino interviendra au niveau du Conseil d'Administration, apportant son expertise dans le domaine de la distribution et sa connaissance du marché local. En tant qu'actionnaire minoritaire, Casino bénéficiera de certains droits en matière de gouvernance et participera activement à la fixation des objectifs à court terme ainsi qu'à la définition de la stratégie à long terme de la nouvelle entité. ' précise le groupe
http://www.boursorama.com/infos/actuali ... ws=4150627
--------
04:24 02.05.2007
Colombie: la dernière saisie de cocaïne n'était que de 13,2 tonnes
La marine colombienne a annoncé mardi soir que la dernière saisie en mer n'était que de 13,2 tonnes de cocaïne. Le ministère de la Défense l'avait précédemment située, par erreur, à 20 à 25 tonnes.
[ats] - Le chargement de cocaïne avait été intercepté lundi au large de la municipalité de Pizzaro, dans le département du Choco. Cinq embarcations rapides, 14 moteurs, des équipements de communication et des armes ont été saisis, indique le communiqué de la marine.
Selon les autorités, la drogue était acheminée en haute mer par des embarcations puissantes vers le Mexique et le Guatemala pour être ensuite vendue en Europe et aux Etats-Unis. La Colombie est actuellement le premier producteur mondial de cocaïne avec une production annuelle de 700 tonnes, selon les organisations internationales.
http://fr.bluewin.ch/infos/index.php/fa ... ue_prevue/
---------
Une donation de 500.000$ du gouvernement colombien génère des soupçons parmi les parents des kidnappés
30/04/2007 - Radio Caracol
Les parents des kidnappés croient que la surprenante donation de 500 mille dollars qu'a récemment faite le gouvernement colombien à la Commission Interaméricaine de Droits Humains, avait comme but d'éviter que cet organisme international n'exige l'Accord Humanitaire pour libérer les kidnappés.
Yolanda Pulecio, mère de l'ex candidate présidentielle Ingrid Betancourt, a déclaré à Radio Caracol que "elle pense que la donation surprenante a été faite pour acheter le silence de la Commission de manière à ce qu'elle n'exige pas le respect des droits humains pour ceux qui sont retenus en otage dans les forêts colombiennes".
Selon Madame Pulecio, on s'attendait, après la visite des parents des kidnappés à la Commission Interaméricaine de Droits Humains à Washington, que cet organisme se prononce et exige l'Accord Humanitaire; mais après cette donation ils ne l'ont pas fait.
La donation, qui a été bien reçue par la CIDH et pour laquelle l'organisme a exprimé ses remerciements dans un communiqué publié le 10 avril, est un fait peu commun selon les parents des kidnappés.
Cette donation surprenante attire l'attention, parce que le budget annuel de la CIDH n'est que de 1.5 à 2 millions de dollars. Ceci signifie que la donation de la Colombie équivaut à presque un tiers du budget annuel de cet organisme.
La Commission Interaméricaine de Droits Humains est un des organismes internationaux qui a pour mission de s'occuper des cas de violations des droits humains en Colombie.
http://www.betancourt.info/indexFr.htm
(Cercle Finance) - Casino a annoncé ce mercredi la création d'une joint-venture avec Cencosud, comptant parmi les leaders de la distribution multiformat au Chili et en Argentine, pour développer le marché du Bricolage en Colombie. Une extension éventuelle de cette activité vers d'autres marchés en Amérique Latine est également étudiée.
La nouvelle entité sera détenue à 70% par Cencosud et à 30% par Casino. Elle bénéficiera de l'apport par ses deux partenaires d'un montant pouvant aller jusqu'à 200 millions de dollars au cours des cinq prochaines années.
Avec cette participation, Casino renforce sa présence en Colombie, où il détient une position de leadership sur le marché de la distribution alimentaire à travers sa participation dans Exito.
' Casino interviendra au niveau du Conseil d'Administration, apportant son expertise dans le domaine de la distribution et sa connaissance du marché local. En tant qu'actionnaire minoritaire, Casino bénéficiera de certains droits en matière de gouvernance et participera activement à la fixation des objectifs à court terme ainsi qu'à la définition de la stratégie à long terme de la nouvelle entité. ' précise le groupe
http://www.boursorama.com/infos/actuali ... ws=4150627
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04:24 02.05.2007
Colombie: la dernière saisie de cocaïne n'était que de 13,2 tonnes
La marine colombienne a annoncé mardi soir que la dernière saisie en mer n'était que de 13,2 tonnes de cocaïne. Le ministère de la Défense l'avait précédemment située, par erreur, à 20 à 25 tonnes.
[ats] - Le chargement de cocaïne avait été intercepté lundi au large de la municipalité de Pizzaro, dans le département du Choco. Cinq embarcations rapides, 14 moteurs, des équipements de communication et des armes ont été saisis, indique le communiqué de la marine.
Selon les autorités, la drogue était acheminée en haute mer par des embarcations puissantes vers le Mexique et le Guatemala pour être ensuite vendue en Europe et aux Etats-Unis. La Colombie est actuellement le premier producteur mondial de cocaïne avec une production annuelle de 700 tonnes, selon les organisations internationales.
http://fr.bluewin.ch/infos/index.php/fa ... ue_prevue/
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Une donation de 500.000$ du gouvernement colombien génère des soupçons parmi les parents des kidnappés
30/04/2007 - Radio Caracol
Les parents des kidnappés croient que la surprenante donation de 500 mille dollars qu'a récemment faite le gouvernement colombien à la Commission Interaméricaine de Droits Humains, avait comme but d'éviter que cet organisme international n'exige l'Accord Humanitaire pour libérer les kidnappés.
Yolanda Pulecio, mère de l'ex candidate présidentielle Ingrid Betancourt, a déclaré à Radio Caracol que "elle pense que la donation surprenante a été faite pour acheter le silence de la Commission de manière à ce qu'elle n'exige pas le respect des droits humains pour ceux qui sont retenus en otage dans les forêts colombiennes".
Selon Madame Pulecio, on s'attendait, après la visite des parents des kidnappés à la Commission Interaméricaine de Droits Humains à Washington, que cet organisme se prononce et exige l'Accord Humanitaire; mais après cette donation ils ne l'ont pas fait.
La donation, qui a été bien reçue par la CIDH et pour laquelle l'organisme a exprimé ses remerciements dans un communiqué publié le 10 avril, est un fait peu commun selon les parents des kidnappés.
Cette donation surprenante attire l'attention, parce que le budget annuel de la CIDH n'est que de 1.5 à 2 millions de dollars. Ceci signifie que la donation de la Colombie équivaut à presque un tiers du budget annuel de cet organisme.
La Commission Interaméricaine de Droits Humains est un des organismes internationaux qui a pour mission de s'occuper des cas de violations des droits humains en Colombie.
http://www.betancourt.info/indexFr.htm
Uribe campe sur ses positions : pas de démilitarisation !
01/05/2007 - Terra España
Le président colombien, Alvaro Uribe, a réaffirmé aujourd'hui que son Gouvernement serait disposé à autoriser une zone de rencontre pour discuter de la libération des kidnappés des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC), mais il a insisté sur le fait qu'il n'accepterait pas que cette zone soit démilitarisée, comme le demande la guérilla.
Uribe a fait cette affirmation dans une réunion à Cali (sud-ouest), suite à la réception d'une vidéo reprenant des déclarations des douze députés de l'assemblée de la Vallée du Cauca, kidnappés il y a cinq ans par les FARC dans cette ville.
Le chef de l'État colombien a indiqué qu'il avait donné une nouvelle autorisation aux délégués d'Espagne, de France et de Suisse, qui exercent leurs bons offices comme 'pays amis', pour faciliter un rapprochement avec les FARC de manière confidentielle, avec la condition de ne pas envisager de démilitarisation de la zone de rencontre.
Uribe a indiqué qu'il avait rencontré les représentants des trois pays européens il y a une semaine et leur avait permis de poursuivre cette tâche mais, a-t-il souligné, ils doivent le faire avec deux réserves.
La première est que le Gouvernement accepte une zone de rencontre, mais pas une zone démilitarisée. 'Le Gouvernement ne peut pas évacuer l'armée de Pradera et Florida. Non ', a-t-il insisté.
La seconde réserve est que, dans le cas où on arriverait à un accord, les guérilleros qui seraient libérés devraient prendre l'engagement de ne plus commettre de délits.
'Je ne crois pas que je pourrais signer un décret qui leur permettrait, dès qu'il sortiraient de prison, d'être réincorporés aux FARC. Nous ferions ainsi un tort important au pays, a-t-il signalé.
Il a déclaré qu'une des solutions pour les rebelles serait qu'ils soient remis en liberté pour "soit s'expatrier, soit rester au pays en participant à un programme de réinsertion sous la tutelle de l'Église catholique.
Quelques heures auparavant, le ministre de Défense, Juan Manuel Santos, avait fait le même avertissement à Cali.
Le vidéo en question est la première preuve de survie des douze députés depuis septembre 2006, date à laquelle on avait reçu un autre enregistrement.
Dans la dernière vidéo, les députés ont critiqué les intentions du Gouvernement d'organiser un sauvetage militaire, et ont demandé que le président permette la démilitarisation de Pradera et Florida.
l'Exécutif s'oppose à toute démilitarisation des deux communes et considère qu'il s'agit d'une zone stratégique pour le trafic de drogues et d'armes, et un point de transit pour les troupes entre le centre du pays et la côte du Pacifique.
http://www.betancourt.info/indexFr.htm
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Des guérilleros des FARC veulent se démobiliser
02/05/2007 - El Tiempo, Univision, Hispanidad, CyberPresse, Reuters
Une centaine de guérilleros des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC - guérilla marxiste) ont annoncé leur intention de se démobiliser, a affirmé mercredi soir devant le Congrès à Bogota, le procureur général de la nation Mario Iguaran.
«Les guérilleros des FARC veulent bénéficier de la loi justice et paix», accordant une amnistie partielle aux groupes illégaux, notamment aux milices paramilitaires, s'ils reconnaissent leurs crimes, a-t-il ajouté.
M. Iguaran n'a pas donné de détails sur le groupe de guérilleros qui souhaitent se démobiliser ainsi que sur la date de leur démobilisation.
Par ailleurs quatre géologues colombiens, pris en otages il y a deux mois dans le département du Choco (nord-ouest), ont été libérés mardi soir par les FARC et remis à la Croix rouge internationale (CICR). Ils sont en bonne santé.
Les FARC, première guérilla du pays avec 17 000 hommes, réclament la libération de 500 de leurs hommes détenus par le gouvernement en échange de celle de 57 otages, personnalités politiques et militaires, dont trois Américains et la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, ancienne candidate des Verts à laprésidence.
http://www.betancourt.info/indexFr.htm
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Colombie: Le pouvoir des chefs paramilitaires menace la démocratie
03/05/2007 - HRW, Diario Libre, Univision, BBS News
Les chefs paramilitaires colombiens posent une grave menace pour la démocratie, l’état de droit et les droits humains en Colombie, a déclaré Human Rights Watch dans une lettre adressée aujourd’hui au Président colombien Álvaro Uribe.
Kenneth Roth, Directeur exécutif de Human Rights Watch, a écrit ce courrier en réponse à une lettre d’Uribe exprimant sa préoccupation au sujet du témoignage de Human Rights Watch le 24 avril devant le Congrès americain sur les droits humains en Colombie.
Uribe se trouve actuellement aux Etats-Unis pour chercher à obtenir le soutien du Congrès pour un Accord de Libre Echange ainsi qu’un prolongement de l’aide militaire par l’intermédiaire du « Plan Colombia ». Son administration est impliquée dans d’importants scandales lies à l’influence de chefs paramilitaires qui sont trafiquants de drogues, à certains des plus hauts échelons du gouvernement.
Human Rights Watch a appelé Uribe à garantir que les communications entre les chefs paramilitaires emprisonnés et leurs mafias soient bloquées, et à extrader aux Etats-Unis les commandants qui refusent de rendre leurs actifs et de cesser leurs activités criminelles.
http://www.betancourt.info/indexFr.htm
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COLOMBIE - « TROUVER SA PLACE ET CONQUÉRIR SON ESPACE »
Amnesty International Belgique Francophone, ce sont des membres, des donateurs, des militants, des groupes locaux, des régionales et des coordinations. Ces dernières jouent un rôle essentiel dans l’organisation et la diffusion d’informations et d’actions liées à des thématiques ou à des zones géographiques.
Ce mois-ci, rencontre avec Annie Bougault de Benedictis, responsable (sortante) de la Coordination Andin Nord (Pays andins du Nord : Équateur, Venezuela et surtout Colombie, pays prioritaire).
Qu’est-ce qui t’a fait adhérer à Amnesty ?
Je suis à Amnesty depuis que j’ai l’âge de raison. C’est le choc que j’ai ressenti au moment du coup d’État au Chili qui est à l’origine de mon engagement en faveur des droits humains. Puis j’ai commencé à effectuer des traductions pour la section française d’AI (je suis française), lorsque j’étais étudiante à l’université. Ensuite, je suis allée à Londres pour suivre ma formation d’interprète de conférence et j’ai fait un peu d’interprétation bénévole pour le Secrétariat international (SI). Un mariage en Italie, et enfin la Belgique où je suis venue travailler pour les institutions européennes. C’est alors que j’ai eu envie de faire davantage qu’écrire les lettres du mois et payer ma cotisation.
J’ai adhéré à un groupe local qui s’occupait essentiellement de l’Amérique latine et du Mexique car je connais l’espagnol. J’ai travaillé sur le Mexique et la Colombie au sein du groupe, et, lorsque la fonction de responsable de la Coordination Andin Nord est devenue vacante, je l’ai reprise. Bref, c’est en Belgique, il y a neuf ans, que je suis vraiment devenue militante. Et c’est mon action au sein d’un groupe local qui m’a conduite à devenir coordinatrice, et non l’inverse.
Connaissais-tu déjà la situation en Colombie ?
Un tout petit peu. Mais petit à petit, en deux ans, au travers des actions que je recevais de Londres et que je devais transmettre aux groupes travaillant sur les cas colombiens (c’était l’époque des photocopies…), j’ai appris. Enfin, parce qu’une coordination d’AIBF, ça ne fait pas beaucoup de monde, j’ai aussi beaucoup appris en travaillant avec d’autres ONG au sein de la Coordination belge pour la Colombie, comme les Brigades pour la Paix, Entraide et Fraternité, etc., ou en rencontrant et en aidant les nombreux Colombiens réfugiés en Belgique.
Cette Coordination, ce n’est pas seulement la Colombie…
Non, bien entendu. Et j’ai la chance d’avoir un très bon co-équipier, Claudio Guthmann. La Coordination Andin Nord, c’est également le Venezuela et l’Équateur. Sur le Venezuela, nous n’avons pas beaucoup d’actions, si ce n’est sur les abus dans les commissariats de police. Sur l’Équateur, nous suivons en particulier le combat des Indiens Sarayacu, communauté indigène qui résiste depuis plusieurs années à l’installation sur son territoire de grandes compagnies pétrolières.
Pour revenir à la Colombie, la Belgique accorde-t-elle encore facilement l’asile aux Colombiens ? Et selon quels critères ?
Oui, même s’il est important de continuer à convaincre les autorités belges que, contrairement à ce que dit le gouvernement Uribe, la situation ne s’est pas améliorée. Les réfugiés ont tous été menacés directement ou indirectement par la violence exercée sur leur famille par les militaires, les paramilitaires ou par la guérilla, les FARC notamment. Les groupes paramilitaires sont sans doute les plus violents car ils peuvent exterminer une famille entière pour intimider un seul de ses membres. La Coordination s’efforce dès lors d’aider les avocats à étayer le dossier de demande d’asile du réfugié, en mettant à leur disposition les rapports d’Amnesty et les actions urgentes correspondant à la situation vécue par leur client.
Ce travail de documentation a-t-il un impact ?
Oui, les actions urgentes par exemple, en tissant un tissu de présomptions et « en illustrant » de manière concrète une situation donnée, donnent de la cohérence aux demandes d’asile. Et les rapports, évidemment. Ce fut le cas dans les années 90, lors de l’affaire de l’Hacienda Bellacruz, où des paysans furent massacrés, expulsés de leurs terres par des paramilitaires, et leurs récoltes et leurs biens brûlés sur ordre de la famille de l’ambassadeur de l’époque en Belgique, Carlos Arturo Marulanda ! Le gouvernement belge a d’ailleurs exigé le départ de l’ambassadeur et contribué à financer la réinstallation des familles survivantes.
Concrètement, en quoi consiste ton travail ?
Premièrement, au niveau de la section, un « coordinateur-pays » doit diffuser l’information sur le pays en question et, inversement, le Secrétariat national doit lui fournir le soutien logistique nécessaire pour ses actions. Mais bien sûr, la Colombie n’est pas le seul pays sur lequel travaille Amnesty et n’est pas davantage le seul pays prioritaire. Ainsi, être en charge d’une Coordination consiste aussi à se battre pour imposer « son » pays dans le travail de la section, se faire une place en quelque sorte et faire comprendre les actions que l’on essaie de mener.
Deuxièmement, il y a le contact constant avec le SI, à Londres. Nous avons la chance, pour notre part, de pouvoir compter sur une excellente équipe de chercheurs, des gens qui font un travail formidable et apportent un soutien essentiel. Je les vois régulièrement quand ils sont de passage à Bruxelles.
Troisièmement, le coordinateur reçoit les actions et les informations préparées à Londres et les distribue ensuite aux 13 ou 14 groupes locaux qui ont choisi de travailler sur la Colombie. Il faut « adapter » les actions au contexte belge – transmettre par exemple les adresses des parlementaires belges que l’on sait intéressés par la Colombie et motiver les groupes et la section à travailler toujours plus sur ce pays.
Quatrièmement, il y a évidemment tout le travail de lobbying auprès des autorités belges (ministère des Affaires étrangères), de l’ambassade, un travail réalisé en coordination avec la responsable du lobbying au Secrétariat national. Enfin, il y a tout simplement les contacts avec les journalistes, les étudiants, ces derniers étant particulièrement sensibilisés par la Colombie.
D’un point de vue « profane », la Colombie, il y a quinze ans, c’était un traitement médiatique par le prisme de la violence entre narcotrafiquants et autorités, tandis qu’aujourd’hui, le thème « porteur », ce sont les prises d’otages.
C’est vrai que, si l’impact médiatique de la Colombie peut sembler faciliter quelque peu le travail de sensibilisation, ces prismes sont parfois plutôt réducteurs et ne donnent pas une image complète. Fort heureusement, Londres envoie d’excellents documents et des analyses précises. J’ai toujours privilégié, dans mon travail de coordinatrice, le point de vue des défenseurs des droits humains, les syndicalistes, les mouvements indigènes… ceux-ci sont d’ailleurs en train de disparaître en Colombie.
En neuf années de Coordination, quels changements as-tu observés ?
On ne peut pas dire qu’il y ait une amélioration… Il y a quelque temps, je suis descendue dans les caves du SN pour rechercher une action urgente des années 70. En feuilletant les centaines d’AU de l’époque, j’ai eu l’impression que les problèmes étaient exactement les mêmes que ceux que nous traitons aujourd’hui. Cela m’a profondément découragée… pendant quelques heures !
Il y a peut-être une petite note positive cependant, une infime lueur d’espoir dans le chaos politique colombien, c’est cette nouvelle force politique, le pôle démocratique, une alliance de forces que l’on peut qualifier de gauche ou progressistes, qui semble se développer. Mais c’est à prendre avec beaucoup de prudence.
Dernière modification le : 4 mai 2007
http://www.amnestyinternational.be/doc/ ... 10619.html
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L'UNESCO célèbre à Medellin (Colombie) la Journée mondiale de la liberté de la presse
le 03-05-2007 17:35 | émis par : UNESCO
catégorie : Organisations Internationales
thème : Presse / Sécurité/ Police
La sécurité des journalistes sera cette année le thème de la Journée mondiale de la liberté de la presse (3 mai),* que l'UNESCO célèbrera à Medellin (Colombie). Cette commémoration comprendra un séminaire de deux jours et la cérémonie de remise du Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO-Guillermo Cano, attribué cette année à titre posthume à la journaliste russe Anna Politkovskaya.
La sécurité des journalistes sera au coeur de cette Journée mondiale de la liberté de la presse, qui correspond au dixième anniversaire de la création du Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO-Guillermo Cano. La Colombie a été choisie pour marquer cet anniversaire puisqu'il s'agit du pays de l'éditeur Guillermo Cano Isaza qui a donné son nom au Prix. Guillermo Cano a été assassiné devant les bureaux de son journal, El Espectador, à Bogotá, en décembre 1986, sur l'ordre de barons de la drogue dont il avait dénoncé les activités dans le cadre de son travail de journaliste.
Dans son message publié à l'occasion de cette Journée mondiale, le Directeur général de l'UNESCO, Koïchiro Matsuura, lance un appel en vue d'améliorer la sécurité des journalistes et nous invite à « rendre hommage aux professionnels des médias qui ont perdu la vie et saluer ceux qui nous apportent l'information en dépit des risques et des dangers. Soyons avant tout bien conscients du fait qu'il existe un lien étroit entre la garantie de la sécurité des journalistes et l'exercice de nos propres libertés. Pour que nous puissions agir en tant que citoyens du monde informés, il est nécessaire que les médias soient en mesure de travailler librement et en toute sécurité. »
Le séminaire de deux jours consacré à la liberté de la presse, la sécurité des journalistes et l'impunité, débutera le 3 mai à 8h30 par un hommage à Guillermo Cano et l'inauguration de son buste dans le Parque Bolivar à Medellin avec la participation de Sergio Fajardo Valderrama, maire de Medellin, d'Ana Maria Busquets de Cano, veuve de Guillermo Cano Isaza, et d'Abdul Waheed Khan, Sous-Directeur général de l'UNESCO pour la communication et l'information.
A 9h45, la cérémonie officielle de remise du Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO-Guillermo Cano aura lieu sur la Plaza Mayor de Medellin. Les personnalités les plus importantes qui prendront part à cette cérémonie seront notamment Francisco Santos Calderón, vice-président de la République de Colombie, Adriana Mejía, vice-ministre des Affaires étrangères de Colombie, des représentants des Fondations Cano et Ottaway, institutions finançant le Prix, et Kavi Chongkittavorn, président du jury indépendant de professionnels des médias du monde entier qui formule des recommandations au Directeur général de l'UNESCO quant à la sélection du lauréat.
A 11h20, Koïchiro Matsuura, Directeur général de l'UNESCO, remettra le Prix à Illya Politkovsky, le fils d'Anna Politkovskaya, assassinée à Moscou en octobre 2006. Mme Politkovskaya était chroniqueuse pour le quotidien Novaya Gazeta et une farouche militante des droits de l'homme. Elle était particulièrement célèbre pour les centaines d'articles qu'elle a publiés au sujet du conflit en Tchétchénie.
Sa mort n'est que l'une des nombreuses illustrations tragiques d'un problème qui n'a fait que s'aggraver au cours des 21 années écoulées depuis le meurtre de Guillermo Cano. Ainsi, 75 journalistes et 32 professionnels de la presse ont été assassinés l'an dernier, selon Reporters sans frontières, faisant de 2006 l'année la plus meurtrière pour cette profession.
D'après le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) environ 580 journalistes dans le monde sont morts dans l'exercice de leur fonction entre janvier 1992 et août 2006. Selon les informations transmises par le Comité, 71,4% de ceux-ci ont été assassinés, 18,4% sont morts lors d'échanges de tirs ou dans des circonstances liées à des combats et 10% au cours d'autres missions dangereuses. Les journalistes de la presse écrite sont les plus exposés au danger de mort, toujours selon le CPJ.
Si l'on en croit le CPJ, 85% des meurtres de journalistes au cours des 15 dernières années n'ont pas donné lieu à des enquêtes ou des poursuites judiciaires. Dans seulement 7% des cas ayant fait l'objet d'enquête, de poursuites et de condamnations, les commanditaires ont été traînés devant les tribunaux.
Le grand nombre de journalistes tués et l'impunité dont bénéficient très souvent les auteurs de ces crimes prouvent la nécessité de renforcer l'engagement de la communauté internationale qui a adopté deux résolutions afin de lutter contre ce problème: la Résolution 1738 du Conseil de sécurité des Nations Unies en 2006, et la résolution adoptée par la Conférence générale de l'UNESCO en 1997, deux documents condamnant et visant à limiter la violence contre les journalistes.
La Résolution 1738 réaffirme que les journalistes se trouvant dans des situations de conflit doivent bénéficier de la protection des lois internationales. Elle rappelle également l'obligation juridique des Etats parties aux Conventions de Genève de poursuivre et de juger les personnes responsables de graves infractions à ces Conventions. De même, la résolution adoptée par la Conférence générale de l'UNESCO en 1997 condamne les assassinats et les actes de violence perpétrés contre des journalistes en les qualifiant de crimes contre la société et recommande vivement que des mesures soient prises afin de mettre fin à leur impunité.
Durant le séminaire de deux jours, qui se tiendra au Centre international de conférences de Medellin, des allocutions seront prononcées par Rafael Molina, président de l'Association interaméricaine de la presse et Aidan White, Secrétaire général de la Fédération internationale des journalistes. Des professionnels des médias de toutes les régions du monde y participeront également ; ils dresseront un bilan de la situation et proposeront des mesures destinées à améliorer la sécurité des journalistes, en particulier de ceux qui travaillent dans des zones de conflit.
http://www.tv5.org/TV5Site/info/communi ... D=FR187334
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Des firmes US financent des pelotons de la mort en Colombie
par Hernan Etchaleco
Mondialisation.ca, Le 3 mai 2007
« Ils ne sont pas payés pour la sécurité, ils sont payés pour tuer », dit Mario Iguaran, qui est passé à Washington tôt cette semaine pour discuter de la question avec des collaborateurs du président Bush.
Le procureur en chef de Colombie est en voyage à Washington cette semaine pour rassembler des preuves contre des sociétés US présumées financer des groupes paramilitaires réactionnaires dans la nation d'Amérique du Sud assiégée. Pour discuter du problème, Mario Iguaran a rencontré Alberto Gonzales, ministre de la Justice, et Patrick Leahy, sénateur démocrate du Vermont.
« Non seulement les tueurs, mais aussi ceux qui les financent doivent être traînés en justice », a dit Mario Iguaran aux journalistes la semaine dernière devant une fosse commune dans les plaines à l'est du pays. « Vous pouvez clairement voir qu'ils ne sont pas payé pour la sécurité, mais pour le carnage, » a dit Iguaran, et il a nommé les multinationales US impliquées dans le scandale, la Chiquita Brands et la compagnie charbonnière Drummond Cie. Inc basée en Alabama.
Selon la presse locale, le géant fruitier Chiquita a accepté en mars de payer 25 millions de dollars pour régler ses comptes avec le ministère de la justice US après avoir reconnu que sa filiale colombienne, Banadex, avait secrètement versé 1,7 millions de dollars à des pelotons de la mort opérant dans les zones où elle possède des plantations bananières. En 2001, un bateau de Banadex a été utilisé pour décharger 3.000 fusille et des milliers de balles pour les paramilitaires.
À cette époque les paramilitaires consolidaient le contrôle de la région bananière d'Uraba par des massacres et des assassinats. Chiquita a vendu plus tard Banadex mais achète toujours les bananes Colombiennes.
Chiquita, basée à Cincinnati dans l'Ohio, a dit avoir été victime d'extorsion de la part des paramilitaires. Dans une déclaration elle a dit que ses versements aux milices « ont toujours été motivés par son souci de bonne foi pour la sécurité de ses employés. » Mais un certain nombre de dirigeants Colombiens ont exigé l'extradition des cadres de Chiquita basés aux USA. Et la semaine dernière, le député démocrate du Massachusetts William Delahunt a exigé une enquête sur les pratiques de Chiquita et de Drummond là-bas.
Dans les années 80, des milices de droite ont surgi en Colombie en tant que groupes armés de la « garde blanche » soutenue par les propriétaires fonciers pour combattre les groupes de rebelles gauchiste, qui étaient populaires chez les paysans et les travailleurs. Ces bandits ont été fréquemment impliqués dans des massacres de fermiers, car ils se sont développés en mafias qui s'enrichissaient par le trafic de cocaïne, l'extorsion et le kidnapping.
Tout en combattant l'insurrection de gauche, Alvaro Uribe, le président conservateur du pays, a négocié avec les pelotons de la mort réactionnaires des transactions controversées de cessez-le-feu, qui ont fréquemment mené à l'impunité de leurs chefs. À travers le Comité des Droits de l'Homme, l'Organisation des États Américains (OAS) a à maintes reprises contesté la politique d'Uribe, qui jouit d'un taux d'approbation extraordinaire auprès des Colombiens.
Un scandale a éclaté le mois dernier alors que quelques législateurs du parti d'Uribe ont été pris à financer des groupes paramilitaires. Ça a aussi mené à la démission du ministre des affaires étrangères du pays, Maria Consuelo Araujo, après que son frère, un sénateur, ait été emprisonné sur l'accusation de financement de bandits paramilitaires de droite illégaux.
Article original en anglais, Pravda.
Version française: Alter Info
Traduction: Pétrus Lombard
http://mondialisation.ca/index.php?cont ... cleId=5558
01/05/2007 - Terra España
Le président colombien, Alvaro Uribe, a réaffirmé aujourd'hui que son Gouvernement serait disposé à autoriser une zone de rencontre pour discuter de la libération des kidnappés des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC), mais il a insisté sur le fait qu'il n'accepterait pas que cette zone soit démilitarisée, comme le demande la guérilla.
Uribe a fait cette affirmation dans une réunion à Cali (sud-ouest), suite à la réception d'une vidéo reprenant des déclarations des douze députés de l'assemblée de la Vallée du Cauca, kidnappés il y a cinq ans par les FARC dans cette ville.
Le chef de l'État colombien a indiqué qu'il avait donné une nouvelle autorisation aux délégués d'Espagne, de France et de Suisse, qui exercent leurs bons offices comme 'pays amis', pour faciliter un rapprochement avec les FARC de manière confidentielle, avec la condition de ne pas envisager de démilitarisation de la zone de rencontre.
Uribe a indiqué qu'il avait rencontré les représentants des trois pays européens il y a une semaine et leur avait permis de poursuivre cette tâche mais, a-t-il souligné, ils doivent le faire avec deux réserves.
La première est que le Gouvernement accepte une zone de rencontre, mais pas une zone démilitarisée. 'Le Gouvernement ne peut pas évacuer l'armée de Pradera et Florida. Non ', a-t-il insisté.
La seconde réserve est que, dans le cas où on arriverait à un accord, les guérilleros qui seraient libérés devraient prendre l'engagement de ne plus commettre de délits.
'Je ne crois pas que je pourrais signer un décret qui leur permettrait, dès qu'il sortiraient de prison, d'être réincorporés aux FARC. Nous ferions ainsi un tort important au pays, a-t-il signalé.
Il a déclaré qu'une des solutions pour les rebelles serait qu'ils soient remis en liberté pour "soit s'expatrier, soit rester au pays en participant à un programme de réinsertion sous la tutelle de l'Église catholique.
Quelques heures auparavant, le ministre de Défense, Juan Manuel Santos, avait fait le même avertissement à Cali.
Le vidéo en question est la première preuve de survie des douze députés depuis septembre 2006, date à laquelle on avait reçu un autre enregistrement.
Dans la dernière vidéo, les députés ont critiqué les intentions du Gouvernement d'organiser un sauvetage militaire, et ont demandé que le président permette la démilitarisation de Pradera et Florida.
l'Exécutif s'oppose à toute démilitarisation des deux communes et considère qu'il s'agit d'une zone stratégique pour le trafic de drogues et d'armes, et un point de transit pour les troupes entre le centre du pays et la côte du Pacifique.
http://www.betancourt.info/indexFr.htm
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Des guérilleros des FARC veulent se démobiliser
02/05/2007 - El Tiempo, Univision, Hispanidad, CyberPresse, Reuters
Une centaine de guérilleros des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC - guérilla marxiste) ont annoncé leur intention de se démobiliser, a affirmé mercredi soir devant le Congrès à Bogota, le procureur général de la nation Mario Iguaran.
«Les guérilleros des FARC veulent bénéficier de la loi justice et paix», accordant une amnistie partielle aux groupes illégaux, notamment aux milices paramilitaires, s'ils reconnaissent leurs crimes, a-t-il ajouté.
M. Iguaran n'a pas donné de détails sur le groupe de guérilleros qui souhaitent se démobiliser ainsi que sur la date de leur démobilisation.
Par ailleurs quatre géologues colombiens, pris en otages il y a deux mois dans le département du Choco (nord-ouest), ont été libérés mardi soir par les FARC et remis à la Croix rouge internationale (CICR). Ils sont en bonne santé.
Les FARC, première guérilla du pays avec 17 000 hommes, réclament la libération de 500 de leurs hommes détenus par le gouvernement en échange de celle de 57 otages, personnalités politiques et militaires, dont trois Américains et la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, ancienne candidate des Verts à laprésidence.
http://www.betancourt.info/indexFr.htm
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Colombie: Le pouvoir des chefs paramilitaires menace la démocratie
03/05/2007 - HRW, Diario Libre, Univision, BBS News
Les chefs paramilitaires colombiens posent une grave menace pour la démocratie, l’état de droit et les droits humains en Colombie, a déclaré Human Rights Watch dans une lettre adressée aujourd’hui au Président colombien Álvaro Uribe.
Kenneth Roth, Directeur exécutif de Human Rights Watch, a écrit ce courrier en réponse à une lettre d’Uribe exprimant sa préoccupation au sujet du témoignage de Human Rights Watch le 24 avril devant le Congrès americain sur les droits humains en Colombie.
Uribe se trouve actuellement aux Etats-Unis pour chercher à obtenir le soutien du Congrès pour un Accord de Libre Echange ainsi qu’un prolongement de l’aide militaire par l’intermédiaire du « Plan Colombia ». Son administration est impliquée dans d’importants scandales lies à l’influence de chefs paramilitaires qui sont trafiquants de drogues, à certains des plus hauts échelons du gouvernement.
Human Rights Watch a appelé Uribe à garantir que les communications entre les chefs paramilitaires emprisonnés et leurs mafias soient bloquées, et à extrader aux Etats-Unis les commandants qui refusent de rendre leurs actifs et de cesser leurs activités criminelles.
http://www.betancourt.info/indexFr.htm
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COLOMBIE - « TROUVER SA PLACE ET CONQUÉRIR SON ESPACE »
Amnesty International Belgique Francophone, ce sont des membres, des donateurs, des militants, des groupes locaux, des régionales et des coordinations. Ces dernières jouent un rôle essentiel dans l’organisation et la diffusion d’informations et d’actions liées à des thématiques ou à des zones géographiques.
Ce mois-ci, rencontre avec Annie Bougault de Benedictis, responsable (sortante) de la Coordination Andin Nord (Pays andins du Nord : Équateur, Venezuela et surtout Colombie, pays prioritaire).
Qu’est-ce qui t’a fait adhérer à Amnesty ?
Je suis à Amnesty depuis que j’ai l’âge de raison. C’est le choc que j’ai ressenti au moment du coup d’État au Chili qui est à l’origine de mon engagement en faveur des droits humains. Puis j’ai commencé à effectuer des traductions pour la section française d’AI (je suis française), lorsque j’étais étudiante à l’université. Ensuite, je suis allée à Londres pour suivre ma formation d’interprète de conférence et j’ai fait un peu d’interprétation bénévole pour le Secrétariat international (SI). Un mariage en Italie, et enfin la Belgique où je suis venue travailler pour les institutions européennes. C’est alors que j’ai eu envie de faire davantage qu’écrire les lettres du mois et payer ma cotisation.
J’ai adhéré à un groupe local qui s’occupait essentiellement de l’Amérique latine et du Mexique car je connais l’espagnol. J’ai travaillé sur le Mexique et la Colombie au sein du groupe, et, lorsque la fonction de responsable de la Coordination Andin Nord est devenue vacante, je l’ai reprise. Bref, c’est en Belgique, il y a neuf ans, que je suis vraiment devenue militante. Et c’est mon action au sein d’un groupe local qui m’a conduite à devenir coordinatrice, et non l’inverse.
Connaissais-tu déjà la situation en Colombie ?
Un tout petit peu. Mais petit à petit, en deux ans, au travers des actions que je recevais de Londres et que je devais transmettre aux groupes travaillant sur les cas colombiens (c’était l’époque des photocopies…), j’ai appris. Enfin, parce qu’une coordination d’AIBF, ça ne fait pas beaucoup de monde, j’ai aussi beaucoup appris en travaillant avec d’autres ONG au sein de la Coordination belge pour la Colombie, comme les Brigades pour la Paix, Entraide et Fraternité, etc., ou en rencontrant et en aidant les nombreux Colombiens réfugiés en Belgique.
Cette Coordination, ce n’est pas seulement la Colombie…
Non, bien entendu. Et j’ai la chance d’avoir un très bon co-équipier, Claudio Guthmann. La Coordination Andin Nord, c’est également le Venezuela et l’Équateur. Sur le Venezuela, nous n’avons pas beaucoup d’actions, si ce n’est sur les abus dans les commissariats de police. Sur l’Équateur, nous suivons en particulier le combat des Indiens Sarayacu, communauté indigène qui résiste depuis plusieurs années à l’installation sur son territoire de grandes compagnies pétrolières.
Pour revenir à la Colombie, la Belgique accorde-t-elle encore facilement l’asile aux Colombiens ? Et selon quels critères ?
Oui, même s’il est important de continuer à convaincre les autorités belges que, contrairement à ce que dit le gouvernement Uribe, la situation ne s’est pas améliorée. Les réfugiés ont tous été menacés directement ou indirectement par la violence exercée sur leur famille par les militaires, les paramilitaires ou par la guérilla, les FARC notamment. Les groupes paramilitaires sont sans doute les plus violents car ils peuvent exterminer une famille entière pour intimider un seul de ses membres. La Coordination s’efforce dès lors d’aider les avocats à étayer le dossier de demande d’asile du réfugié, en mettant à leur disposition les rapports d’Amnesty et les actions urgentes correspondant à la situation vécue par leur client.
Ce travail de documentation a-t-il un impact ?
Oui, les actions urgentes par exemple, en tissant un tissu de présomptions et « en illustrant » de manière concrète une situation donnée, donnent de la cohérence aux demandes d’asile. Et les rapports, évidemment. Ce fut le cas dans les années 90, lors de l’affaire de l’Hacienda Bellacruz, où des paysans furent massacrés, expulsés de leurs terres par des paramilitaires, et leurs récoltes et leurs biens brûlés sur ordre de la famille de l’ambassadeur de l’époque en Belgique, Carlos Arturo Marulanda ! Le gouvernement belge a d’ailleurs exigé le départ de l’ambassadeur et contribué à financer la réinstallation des familles survivantes.
Concrètement, en quoi consiste ton travail ?
Premièrement, au niveau de la section, un « coordinateur-pays » doit diffuser l’information sur le pays en question et, inversement, le Secrétariat national doit lui fournir le soutien logistique nécessaire pour ses actions. Mais bien sûr, la Colombie n’est pas le seul pays sur lequel travaille Amnesty et n’est pas davantage le seul pays prioritaire. Ainsi, être en charge d’une Coordination consiste aussi à se battre pour imposer « son » pays dans le travail de la section, se faire une place en quelque sorte et faire comprendre les actions que l’on essaie de mener.
Deuxièmement, il y a le contact constant avec le SI, à Londres. Nous avons la chance, pour notre part, de pouvoir compter sur une excellente équipe de chercheurs, des gens qui font un travail formidable et apportent un soutien essentiel. Je les vois régulièrement quand ils sont de passage à Bruxelles.
Troisièmement, le coordinateur reçoit les actions et les informations préparées à Londres et les distribue ensuite aux 13 ou 14 groupes locaux qui ont choisi de travailler sur la Colombie. Il faut « adapter » les actions au contexte belge – transmettre par exemple les adresses des parlementaires belges que l’on sait intéressés par la Colombie et motiver les groupes et la section à travailler toujours plus sur ce pays.
Quatrièmement, il y a évidemment tout le travail de lobbying auprès des autorités belges (ministère des Affaires étrangères), de l’ambassade, un travail réalisé en coordination avec la responsable du lobbying au Secrétariat national. Enfin, il y a tout simplement les contacts avec les journalistes, les étudiants, ces derniers étant particulièrement sensibilisés par la Colombie.
D’un point de vue « profane », la Colombie, il y a quinze ans, c’était un traitement médiatique par le prisme de la violence entre narcotrafiquants et autorités, tandis qu’aujourd’hui, le thème « porteur », ce sont les prises d’otages.
C’est vrai que, si l’impact médiatique de la Colombie peut sembler faciliter quelque peu le travail de sensibilisation, ces prismes sont parfois plutôt réducteurs et ne donnent pas une image complète. Fort heureusement, Londres envoie d’excellents documents et des analyses précises. J’ai toujours privilégié, dans mon travail de coordinatrice, le point de vue des défenseurs des droits humains, les syndicalistes, les mouvements indigènes… ceux-ci sont d’ailleurs en train de disparaître en Colombie.
En neuf années de Coordination, quels changements as-tu observés ?
On ne peut pas dire qu’il y ait une amélioration… Il y a quelque temps, je suis descendue dans les caves du SN pour rechercher une action urgente des années 70. En feuilletant les centaines d’AU de l’époque, j’ai eu l’impression que les problèmes étaient exactement les mêmes que ceux que nous traitons aujourd’hui. Cela m’a profondément découragée… pendant quelques heures !
Il y a peut-être une petite note positive cependant, une infime lueur d’espoir dans le chaos politique colombien, c’est cette nouvelle force politique, le pôle démocratique, une alliance de forces que l’on peut qualifier de gauche ou progressistes, qui semble se développer. Mais c’est à prendre avec beaucoup de prudence.
Dernière modification le : 4 mai 2007
http://www.amnestyinternational.be/doc/ ... 10619.html
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L'UNESCO célèbre à Medellin (Colombie) la Journée mondiale de la liberté de la presse
le 03-05-2007 17:35 | émis par : UNESCO
catégorie : Organisations Internationales
thème : Presse / Sécurité/ Police
La sécurité des journalistes sera cette année le thème de la Journée mondiale de la liberté de la presse (3 mai),* que l'UNESCO célèbrera à Medellin (Colombie). Cette commémoration comprendra un séminaire de deux jours et la cérémonie de remise du Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO-Guillermo Cano, attribué cette année à titre posthume à la journaliste russe Anna Politkovskaya.
La sécurité des journalistes sera au coeur de cette Journée mondiale de la liberté de la presse, qui correspond au dixième anniversaire de la création du Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO-Guillermo Cano. La Colombie a été choisie pour marquer cet anniversaire puisqu'il s'agit du pays de l'éditeur Guillermo Cano Isaza qui a donné son nom au Prix. Guillermo Cano a été assassiné devant les bureaux de son journal, El Espectador, à Bogotá, en décembre 1986, sur l'ordre de barons de la drogue dont il avait dénoncé les activités dans le cadre de son travail de journaliste.
Dans son message publié à l'occasion de cette Journée mondiale, le Directeur général de l'UNESCO, Koïchiro Matsuura, lance un appel en vue d'améliorer la sécurité des journalistes et nous invite à « rendre hommage aux professionnels des médias qui ont perdu la vie et saluer ceux qui nous apportent l'information en dépit des risques et des dangers. Soyons avant tout bien conscients du fait qu'il existe un lien étroit entre la garantie de la sécurité des journalistes et l'exercice de nos propres libertés. Pour que nous puissions agir en tant que citoyens du monde informés, il est nécessaire que les médias soient en mesure de travailler librement et en toute sécurité. »
Le séminaire de deux jours consacré à la liberté de la presse, la sécurité des journalistes et l'impunité, débutera le 3 mai à 8h30 par un hommage à Guillermo Cano et l'inauguration de son buste dans le Parque Bolivar à Medellin avec la participation de Sergio Fajardo Valderrama, maire de Medellin, d'Ana Maria Busquets de Cano, veuve de Guillermo Cano Isaza, et d'Abdul Waheed Khan, Sous-Directeur général de l'UNESCO pour la communication et l'information.
A 9h45, la cérémonie officielle de remise du Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO-Guillermo Cano aura lieu sur la Plaza Mayor de Medellin. Les personnalités les plus importantes qui prendront part à cette cérémonie seront notamment Francisco Santos Calderón, vice-président de la République de Colombie, Adriana Mejía, vice-ministre des Affaires étrangères de Colombie, des représentants des Fondations Cano et Ottaway, institutions finançant le Prix, et Kavi Chongkittavorn, président du jury indépendant de professionnels des médias du monde entier qui formule des recommandations au Directeur général de l'UNESCO quant à la sélection du lauréat.
A 11h20, Koïchiro Matsuura, Directeur général de l'UNESCO, remettra le Prix à Illya Politkovsky, le fils d'Anna Politkovskaya, assassinée à Moscou en octobre 2006. Mme Politkovskaya était chroniqueuse pour le quotidien Novaya Gazeta et une farouche militante des droits de l'homme. Elle était particulièrement célèbre pour les centaines d'articles qu'elle a publiés au sujet du conflit en Tchétchénie.
Sa mort n'est que l'une des nombreuses illustrations tragiques d'un problème qui n'a fait que s'aggraver au cours des 21 années écoulées depuis le meurtre de Guillermo Cano. Ainsi, 75 journalistes et 32 professionnels de la presse ont été assassinés l'an dernier, selon Reporters sans frontières, faisant de 2006 l'année la plus meurtrière pour cette profession.
D'après le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) environ 580 journalistes dans le monde sont morts dans l'exercice de leur fonction entre janvier 1992 et août 2006. Selon les informations transmises par le Comité, 71,4% de ceux-ci ont été assassinés, 18,4% sont morts lors d'échanges de tirs ou dans des circonstances liées à des combats et 10% au cours d'autres missions dangereuses. Les journalistes de la presse écrite sont les plus exposés au danger de mort, toujours selon le CPJ.
Si l'on en croit le CPJ, 85% des meurtres de journalistes au cours des 15 dernières années n'ont pas donné lieu à des enquêtes ou des poursuites judiciaires. Dans seulement 7% des cas ayant fait l'objet d'enquête, de poursuites et de condamnations, les commanditaires ont été traînés devant les tribunaux.
Le grand nombre de journalistes tués et l'impunité dont bénéficient très souvent les auteurs de ces crimes prouvent la nécessité de renforcer l'engagement de la communauté internationale qui a adopté deux résolutions afin de lutter contre ce problème: la Résolution 1738 du Conseil de sécurité des Nations Unies en 2006, et la résolution adoptée par la Conférence générale de l'UNESCO en 1997, deux documents condamnant et visant à limiter la violence contre les journalistes.
La Résolution 1738 réaffirme que les journalistes se trouvant dans des situations de conflit doivent bénéficier de la protection des lois internationales. Elle rappelle également l'obligation juridique des Etats parties aux Conventions de Genève de poursuivre et de juger les personnes responsables de graves infractions à ces Conventions. De même, la résolution adoptée par la Conférence générale de l'UNESCO en 1997 condamne les assassinats et les actes de violence perpétrés contre des journalistes en les qualifiant de crimes contre la société et recommande vivement que des mesures soient prises afin de mettre fin à leur impunité.
Durant le séminaire de deux jours, qui se tiendra au Centre international de conférences de Medellin, des allocutions seront prononcées par Rafael Molina, président de l'Association interaméricaine de la presse et Aidan White, Secrétaire général de la Fédération internationale des journalistes. Des professionnels des médias de toutes les régions du monde y participeront également ; ils dresseront un bilan de la situation et proposeront des mesures destinées à améliorer la sécurité des journalistes, en particulier de ceux qui travaillent dans des zones de conflit.
http://www.tv5.org/TV5Site/info/communi ... D=FR187334
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Des firmes US financent des pelotons de la mort en Colombie
par Hernan Etchaleco
Mondialisation.ca, Le 3 mai 2007
« Ils ne sont pas payés pour la sécurité, ils sont payés pour tuer », dit Mario Iguaran, qui est passé à Washington tôt cette semaine pour discuter de la question avec des collaborateurs du président Bush.
Le procureur en chef de Colombie est en voyage à Washington cette semaine pour rassembler des preuves contre des sociétés US présumées financer des groupes paramilitaires réactionnaires dans la nation d'Amérique du Sud assiégée. Pour discuter du problème, Mario Iguaran a rencontré Alberto Gonzales, ministre de la Justice, et Patrick Leahy, sénateur démocrate du Vermont.
« Non seulement les tueurs, mais aussi ceux qui les financent doivent être traînés en justice », a dit Mario Iguaran aux journalistes la semaine dernière devant une fosse commune dans les plaines à l'est du pays. « Vous pouvez clairement voir qu'ils ne sont pas payé pour la sécurité, mais pour le carnage, » a dit Iguaran, et il a nommé les multinationales US impliquées dans le scandale, la Chiquita Brands et la compagnie charbonnière Drummond Cie. Inc basée en Alabama.
Selon la presse locale, le géant fruitier Chiquita a accepté en mars de payer 25 millions de dollars pour régler ses comptes avec le ministère de la justice US après avoir reconnu que sa filiale colombienne, Banadex, avait secrètement versé 1,7 millions de dollars à des pelotons de la mort opérant dans les zones où elle possède des plantations bananières. En 2001, un bateau de Banadex a été utilisé pour décharger 3.000 fusille et des milliers de balles pour les paramilitaires.
À cette époque les paramilitaires consolidaient le contrôle de la région bananière d'Uraba par des massacres et des assassinats. Chiquita a vendu plus tard Banadex mais achète toujours les bananes Colombiennes.
Chiquita, basée à Cincinnati dans l'Ohio, a dit avoir été victime d'extorsion de la part des paramilitaires. Dans une déclaration elle a dit que ses versements aux milices « ont toujours été motivés par son souci de bonne foi pour la sécurité de ses employés. » Mais un certain nombre de dirigeants Colombiens ont exigé l'extradition des cadres de Chiquita basés aux USA. Et la semaine dernière, le député démocrate du Massachusetts William Delahunt a exigé une enquête sur les pratiques de Chiquita et de Drummond là-bas.
Dans les années 80, des milices de droite ont surgi en Colombie en tant que groupes armés de la « garde blanche » soutenue par les propriétaires fonciers pour combattre les groupes de rebelles gauchiste, qui étaient populaires chez les paysans et les travailleurs. Ces bandits ont été fréquemment impliqués dans des massacres de fermiers, car ils se sont développés en mafias qui s'enrichissaient par le trafic de cocaïne, l'extorsion et le kidnapping.
Tout en combattant l'insurrection de gauche, Alvaro Uribe, le président conservateur du pays, a négocié avec les pelotons de la mort réactionnaires des transactions controversées de cessez-le-feu, qui ont fréquemment mené à l'impunité de leurs chefs. À travers le Comité des Droits de l'Homme, l'Organisation des États Américains (OAS) a à maintes reprises contesté la politique d'Uribe, qui jouit d'un taux d'approbation extraordinaire auprès des Colombiens.
Un scandale a éclaté le mois dernier alors que quelques législateurs du parti d'Uribe ont été pris à financer des groupes paramilitaires. Ça a aussi mené à la démission du ministre des affaires étrangères du pays, Maria Consuelo Araujo, après que son frère, un sénateur, ait été emprisonné sur l'accusation de financement de bandits paramilitaires de droite illégaux.
Article original en anglais, Pravda.
Version française: Alter Info
Traduction: Pétrus Lombard
http://mondialisation.ca/index.php?cont ... cleId=5558
lettre des députés européens au Président de Colombie
La Coordination Populaire Colombienne à Paris vous invite à prendre connaissance de la lettre envoyée le 25 avril 2007 au Président de la République de Colombie par des députés européens :
Strasbourg, 25 avril 2007
Objet : Répression et intimidation des membres de l’opposition politique en Colombie.
Monsieur le Président,
C’est avec stupéfaction et indignation que nous avons appris que les membres des partis d’opposition, en particulier les membres du Pôle Démocratique Alternatif, sont la cible d’intimidations, d’espionnage et de répression dans le cadre de leurs activités.
Au niveau international, l’important travail pour la démocratisation de la Colombie que réalisent les membres du Pôle Démocratique Alternatif est largement reconnu. Il a permis, entre autres, de faire émerger publiquement les liens des groupes paramilitaires avec d’éminentes personnalités du gouvernement et avec des membres de la majorité au Congrès de la République. Il y a quelques jours, le sénateur Gustavo Petro a dénoncé, preuves à l’appui, qu’un grand nombre des dites « coopératives de sécurité » crées et développées dans le département d’Antioquia, ont été et sont à la solde de paramilitaires notoires, impliqués dans le narcotrafic.
Ce mardi 24 avril, au mépris de toute légalité, une procureure de la République a tenté de perquisitionner le bureau du Sénateur Gustavo Petro, dans l’enceinte même du Congrès de la République. Il y a trois jours, les frères et la mère du sénateur ont été menacés de mort.
Le lundi 23 avril, dans un bus du transport public de Medellín, Yudith Astrid Vergara Correa, leader sociale et dirigeante du Pôle Démocratique Alternatif, mère et chef de famille, a été assassinée. Il y a un an, M. Jaime Gomez, collaborateur de la sénatrice de l’opposition Piedad Córdoba, avait disparu et a été retrouvé assassiné dans des circonstances toujours non éclaircies.
Nous avons appris avec surprise que, dans votre discours de vendredi dernier au sujet du refus d’assister à une réunion à Miami en votre présence, exprimé par l’ex-candidat à la présidence des Etats-Unis Al Gore, vous avez affirmé, Monsieur le Président, que vous receviez des informations des services secrets de l’Etat sur les activités légitimes de l’opposition colombienne concernant les négociations sur le Traité de Libre Commerce entre la Colombie et les Etats-Unis. Nous avons vu également comment M. Cesar Gaviria, ex-Président de la République et Président du Parti Libéral, se prononçait pour demander que l’on enquête sur le possible espionnage de l’opposition et comment s’est exprimé le Président du Pôle Démocratique Alternatif, Carlos Gaviria, en affirmant « l’opinion qui ne coïncide pas avec l’opinion officielle est considérée par le Président comme un délit ».
Dans ce contexte, nous sommes alarmés par les informations selon lesquelles, il y a quelques semaines, vous avez traité publiquement les membres de l’opposition politique de « guérilleros déguisés en civils », dans un pays où ce type de déclarations a coûté la vie à des milliers de colombiens et colombiennes tout au long des 40 ans de conflit armé. Alors que le Vice-président avait eu des propos similaires contre le Docteur Gaviria, il avait dû par la suite présenter ses excuses…
Monsieur le Président, nous sommes tout spécialement préoccupés par cette succession de faits très graves dont l’objectif est d’empêcher la nécessaire démocratisation de la vie politique en Colombie et l’abandon de la violence comme mode d’action politique. Nous gardons très présent à la mémoire le drame du génocide perpétré contre les membres de l’Union Patriotique, drame qui a prolongé le cercle de la violence en Colombie.
Nous en appelons solennellement à votre fonction de premier représentant de la Nation, pour que, depuis la Présidence, soit promu le droit de tout colombien à opiner et à faire de la politique de manière démocratique.
Nous manifestons notre totale solidarité avec la recherche de la paix et la défense des Droits de l’Homme pour tous les colombiens et les colombiennes.
Pour en savoir plus :
http://coordinadora.popular.googlepages.com/home
http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=47707
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Colombie: découverte des corps de 105 victimes des escadrons
BOGOTA - Les restes de 105 victimes des escadrons de la mort d'extrême droite ont été retrouvés dans la jungle du sud de la Colombie, ont rapporté samedi les autorités. D'autres restes devraient être exhumés aux abords des 65 fosses découvertes vendredi soir dans la province de Putumayo.
Au total, 211 corps ont été retrouvés dans cette région frontalière de l'Equateur depuis l'an dernier, mais la découverte effectuée par des agents des services de justice colombiens représente le plus grand nombre de corps exhumés en un seul endroit.
Plus de 31.000 membres des escadrons de la mort ont déposé les armes depuis 2003, en vertu d'un accord promettant des peines de prison réduites à ceux qui coopèreraient aux enquêtes sur les crimes qu'ils ont commis au nom de la lutte contre les rebelles marxistes. Les escadrons de la mort ont été mis sur pied dans les années 1980 par de riches Colombiens pour combattre les guerilleros d'extrême gauche.
(ats / 05 mai 2007 23:21)
http://www.romandie.com/infos/ats/displ ... 810300.xml
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211 corps de victimes présumées des paramilitaires découverts en Colombie
Au moins 211 cadavres de victimes présumées des milices paramilitaires d'extrême droite ont été découverts dans des fosses communes du sud de la Colombie, à la frontière avec l'Equateur et le Pérou, a annoncé samedi le ministre de l'Intérieur, Carlos Holguin.
Il n'a pas exclu que d'autres corps soient retrouvés lors des fouilles, qui se poursuivaient. Les fosses ont été trouvées sur le territoire de la commune de La Hormiga, dans le département de Putumayo (sud), lors de recherches menées par des fonctionnaires du parquet et de la police judiciaire. Parmi les victimes figurent des fermiers, que les paramilitaires ont exécuté.
Le ministre s'est déclaré "horrifié" et "surpris" de cette découverte macabre, à l'antenne de la radio privée Caracol. Il a estimé qu'elle avait été rendu possible par la loi de Justice et paix. Cette législation a été adoptée dans le cadre d'un accord de démobilisation des paramilitaires qui prévoient de très importantes remises de peine en cas d'aveu de crimes y compris les plus terribles.
Les milices paramilitaires avaient été constituées il y a une vingtaine d'années, avec l'appui tacite du gouvernement, par de gros propriétaires terriens pour protéger leurs biens des attaques des guérillas d'extrême-gauche.
http://www.7sur7.be/hlns/cache/fr/det/a ... n=homeArt3
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Colombie: découverte de 100 corps de
victimes présumées des paramilitaires
AFP 05.05.07 | 22h36
Les autorités colombiennes ont annoncé samedi la découverte de plus de cent cadavres de victimes présumées des milices paramilitaires d'extrême droite dans des fosses communes dans le sud de la Colombie, à la frontière avec l'Equateur et le Pérou.
"Parmi ces victimes il y a des Equatoriens", a indiqué le procureur général de la Nation Mario Iguran au cours d'une conférence de presse. Il n'a cependant pas été en mesure de préciser combien d'Equatoriens se trouvaient parmi les 105 cadavres découverts, la "plupart d'entre eux démembrés".
Les 105 corps éxhumés se trouvaient dans 65 fosses communes situées dans six endroits différents de la municipalité de La Hormiga, dans le département de Putumayo (sud), frontalier de l'Equateur et du Pérou. Ils ont été découverts au cours de recherches menées par des fonctionnaires du parquet et de la police judiciaire.
Ces dernières découvertes portent à 211 le nombre de cadavres de victimes présumées des paramilitaires retrouvés dans des fosses communes dans le département de Putumayo au cours des quatre derniers mois, et à plus de 700 les corps exhumés dans tout le pays pendant cette période, a indiqué M. Iguran.
De son côté le ministre de l'Intérieur Carlos Holguin s'est déclaré "horrifié" et "surpris" de cette découverte macabre, à l'antenne de la radio privée Caracol. Il a estimé qu'elle avait été rendu possible par la loi de Justice et paix. Cette législation a été adoptée dans le cadre d'un accord de démobilisation des paramilitaires qui prévoient de très importantes remises de peine en cas d'aveu de crimes y compris les plus graves.
Les milices paramilitaires avaient été constituées il y a une vingtaine d'années, avec l'appui tacite du gouvernement, par de gros propriétaires terriens pour protéger leurs biens des attaques des guérillas d'extrême gauche.
http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14 ... -60,0.html
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Fosses communes en Colombie
Plus de 200 corps découverts
Associated Press (AP)
Au cours des 10 derniers mois, les autorités ont découvert 211 corps enterrés dans des dizaines de fosses communes dans le sud de la Colombie, appartenant aux victimes des combats de la guerre civile qui sévit depuis des dizaines d'années.
Le premier procureur Mario Iguaran a déclaré lors d'une conférence de presse samedi que les enquêteurs ont exhumé 105 corps dans la seule journée de vendredi, près de La Hormiga, à 540 kilomètres au sud de Bogota, dans la province de Putumayo. La plupart des victimes, dont on estime qu'elles ont été tuées entre 1999 et 2001, avaient été mutilés avant leur enterrement.
Les jungles de la province, sur la frontière avec l'Équateur, sont un haut lieu de la culture de la coca et le théâtre de combats quasi-quotidiens entre les rebelles marxistes des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie), les paramilitaires d'extrême-droite et les forces régulières.
Selon le procureur, les informations recueillies auprès des habitants indiquent que les massacres ont été perpétrés par les FARC et les paramilitaires. Les deux parties liquident régulièrement des civils soupçonnés de collaborer avec l'ennemi.
Les excavations ont commencé en août dernier. Des centaines de fosses supplémentaires ont été découvertes ces derniers mois au fur et à mesure que les paramilitaires, démobilisés dans le cadre d'un accord avec l'État, confessent leurs crimes.
Selon les services du procureur, environ 10 000 corps reposent dans des charniers de par le pays, qui en est à sa cinquième décennie de guerre civile.
http://www2.canoe.com/infos/internation ... 11923.html
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30 de Abril de 2007
Carta Abierta
Al Gobierno del Presidente Luiz Inácio Lula da Silva.
Al Comité Nacional para los Refugiados (CONARE)
A la Comisión Brasileña de Justicia y Paz (CBJP)
A los (as) Ilustres Ministros (as) del Supremo Tribunal Federal
A la Procuraduría General de la República
A innumerables personalidades de la vida política, social y cultural
A las Organizaciones de Derechos Humanos, Sindicales, Movimientos Sociales y Partidos Progresistas
A los Partidos Comunistas y militantes revolucionarios de diversas tendencias y nacionalidades
A los integrantes y simpatizantes de las FARC en el mundo
Al Pueblo del Brasil.
Con alegría recibimos y aplaudimos la liberación del Padre Oliverio Medina el pasado día 21 de marzo, cuando en magna Audiencia el Ilustrísimo Supremo Tribunal declaró extinto el proceso de Extradición que había contra él, en una histórica votación de nueve a uno.
En dicha Audiencia brillaron el decoro y el respeto con que son acatados los Tratados Internacionales de los cuales el Brasil es signatario; la soberanía en la toma de decisiones; el sentido de justicia en defensa de la vida, y; la solidaridad para con uno de los luchadores del país más violentado de las Américas por el Imperialismo Norteamericano y los gobiernos títeres que convirtieron el Terrorismo de Estado, el narcotráfico y el paramilitarismo, en pilares macabros de la estructura del Gobierno y del poder, conocidos como Seguridad Democrática.
Como el actual Gobierno no consigue doblegar por medio de la fuerza al pueblo colombiano que se levanta contra la corrupción y la tiranía narcoparamilitar, desesperadamente busca resultados donde sea y como sea. Por eso basado en montajes espurios intentó que el Padre Oliverio fuera extraditado. Claro, porque de lo contrario no recibe del Imperio de los Estados Unidos billones de dólares para sostener una guerra innecesaria e injusta, que podemos definir como infame genocidio. Gasta 19 millones de dólares por día. Qué absurdo!
Por eso el apoyo a la solución política del conflicto, al Canje de prisioneros o Intercambio Humanitario y a la búsqueda de la Paz con Justicia Social, son los ejes de la lucha del pueblo colombiano. Por eso, interpretando ese sentir popular, nuestra Organización revolucionaria ve que los colombianos estamos dando pasos concretos hacia la Reconstrucción y Reconciliación del país. De ahí que, no nos cansamos de ratificar que el conflicto social y armado sólo será resuelto mediante la solución de carácter político.
Todo porque la represión violenta del Estado y el gobierno actual jamás crea convivencia ni bienestar estable y duradero. Pues la solución de los problemas sociales, económicos y políticos no está en la paramilitarización del país ni en el hecho de inducir al pueblo a creer que la paz se sustenta en la fuerza bruta. En ese sentido la llamada Seguridad Democrática del Uribe Vélez, (Seguridad Nacional con nuevo nombre) es el ariete del Plan Colombia contra el pueblo colombiano y está siendo presentado como la panacea de la Seguridad.
Seguridad que persigue, reprime, desaparece, intimida, calla y mata a quienes no compartan ni acepten las políticas de la oligarquía asesina y arrodillada ante el Imperio, es Seguridad para las transnacionales y un puñado de oligarcas corruptos, responsables de la tragedia del pueblo colombiano. En los primeros cuatro años de Gobierno narcoparamilitar de Uribe Vélez fueron asesinados 20.000 colombianos. Y no es matando a los pobres como se resuelven los problemas de desempleo, hambre, desnutrición, enfermedades y analfabetismo en millones de compatriotas sumidos en el abandono y la desesperanza.
En lugar de dilapidar recursos en la guerra, debieran invertirse en la construcción de la Paz que pudiera ser convertida en política de Estado en cuyo proceso el pueblo participa ampliamente. Por eso proponemos el Canje de prisioneros o Intercambio Humanitario, al que podemos llegar con el apoyo solidario de Gobiernos amigos. Ese hecho puede convertirse en el primer paso para construir el Proceso de Paz esperado por la Comunidad Internacional con viva preocupación. Para hacer todas las gestiones con tranquilidad y seguridad hemos propuesto el despeje de los Municipios de Florida y Pradera en el Departamento del Valle. Nuestro país se puede transformar sin que el Estado persista en la guerra contra el pueblo.
En este marco vemos la Protección Internacional concedida por el Gobierno del Brasil al Padre Oliverio Medina, bajo la figura del Refugio, como valioso gesto humanitario con lo cual está indicando que en Colombia existen un conflicto económico, social, armado, la violación de los Derechos Humanos por parte del Estado y una crisis humanitaria sin precedentes en la historia reciente del País. Circunstancias claramente reconocidas por prestigiosas entidades internacionales y varios Gobiernos del Mundo, distintos al de Washington. Aliado natural del gobierno ilegítimo e ilegal de Álvaro Uribe.
Agradecemos a todas las personas que con sus buenos oficios, su solidaridad y esfuerzo impidieron la extradición y posibilitaron la concesión del estatus de Refugio para el Padre Oliverio, un luchador por la Paz con Justicia Social.
Atentamente,
FARC-Ejército del Pueblo, Comisión Internacional
Raúl Reyes
Montañas de Colombia, abril de 2007
http://www.farcep.org/?node=2,2852,1
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Du Panama au Venezuela
Aux frontières du plan Colombie
Stratégie militaire américano-colombienne, le plan Colombie de lutte contre les guérillas n’a en rien permis de résoudre le conflit qui déchire ce pays. En revanche, il commence à affecter les nations voisines. Par sa politique d’ingérence extraterritoriale, il viole la souveraineté des Etats et frappe directement les populations de la région.
Par Hernando Calvo Ospina
Selon un rapport de la Commission des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced), le Panamá a été, durant le premier semestre de 2004, le pays qui a le plus bénéficié d’investissements étrangers directs (avec Singapour, la Belgique et le Luxembourg) (1). Ce document omet de préciser que c’est le capital colombien qui dynamise ainsi l’économie panaméenne. Tant pour l’entrepreneur Iván Ruiz que pour le directeur de la publication Capital financiero, Orlando Mendieta, ces investissements sont l’une des conséquences du plan Colombie (2). En effet, en raison de ce plan, la guerre interne qui déchire la Colombie s’est intensifiée, provoquant une fuite des capitaux. Les enquêtes officielles sont quasi inexistantes, mais les connaisseurs assurent que si du « capital légal » s’investit dans le pays, du capital d’un « genre très particulier » y pénètre en plus grande quantité.
Filiales, en majorité, d’établissements américains et européens, les banques ferment les yeux. Doyen de l’Université spécialisée des Amériques (Ciudad de Panamá), M. Alexis Rodríguez soutient : « L’invasion militaire de 1989 s’est faite sous le prétexte de nettoyer l’économie des capitaux provenant du narcotrafic, mais il n’y a même pas eu d’enquête à ce propos. Washington ressortira le thème, si nécessaire, pour faire chanter un gouvernement qui s’opposerait à sa stratégie de domination continentale. » Et l’un des aspects de cette stratégie dans laquelle le Panamá peut se retrouver piégé s’appelle plan Colombie.
suite ici:
http://www.monde-diplomatique.fr/2005/0 ... PINA/12022
La Coordination Populaire Colombienne à Paris vous invite à prendre connaissance de la lettre envoyée le 25 avril 2007 au Président de la République de Colombie par des députés européens :
Strasbourg, 25 avril 2007
Objet : Répression et intimidation des membres de l’opposition politique en Colombie.
Monsieur le Président,
C’est avec stupéfaction et indignation que nous avons appris que les membres des partis d’opposition, en particulier les membres du Pôle Démocratique Alternatif, sont la cible d’intimidations, d’espionnage et de répression dans le cadre de leurs activités.
Au niveau international, l’important travail pour la démocratisation de la Colombie que réalisent les membres du Pôle Démocratique Alternatif est largement reconnu. Il a permis, entre autres, de faire émerger publiquement les liens des groupes paramilitaires avec d’éminentes personnalités du gouvernement et avec des membres de la majorité au Congrès de la République. Il y a quelques jours, le sénateur Gustavo Petro a dénoncé, preuves à l’appui, qu’un grand nombre des dites « coopératives de sécurité » crées et développées dans le département d’Antioquia, ont été et sont à la solde de paramilitaires notoires, impliqués dans le narcotrafic.
Ce mardi 24 avril, au mépris de toute légalité, une procureure de la République a tenté de perquisitionner le bureau du Sénateur Gustavo Petro, dans l’enceinte même du Congrès de la République. Il y a trois jours, les frères et la mère du sénateur ont été menacés de mort.
Le lundi 23 avril, dans un bus du transport public de Medellín, Yudith Astrid Vergara Correa, leader sociale et dirigeante du Pôle Démocratique Alternatif, mère et chef de famille, a été assassinée. Il y a un an, M. Jaime Gomez, collaborateur de la sénatrice de l’opposition Piedad Córdoba, avait disparu et a été retrouvé assassiné dans des circonstances toujours non éclaircies.
Nous avons appris avec surprise que, dans votre discours de vendredi dernier au sujet du refus d’assister à une réunion à Miami en votre présence, exprimé par l’ex-candidat à la présidence des Etats-Unis Al Gore, vous avez affirmé, Monsieur le Président, que vous receviez des informations des services secrets de l’Etat sur les activités légitimes de l’opposition colombienne concernant les négociations sur le Traité de Libre Commerce entre la Colombie et les Etats-Unis. Nous avons vu également comment M. Cesar Gaviria, ex-Président de la République et Président du Parti Libéral, se prononçait pour demander que l’on enquête sur le possible espionnage de l’opposition et comment s’est exprimé le Président du Pôle Démocratique Alternatif, Carlos Gaviria, en affirmant « l’opinion qui ne coïncide pas avec l’opinion officielle est considérée par le Président comme un délit ».
Dans ce contexte, nous sommes alarmés par les informations selon lesquelles, il y a quelques semaines, vous avez traité publiquement les membres de l’opposition politique de « guérilleros déguisés en civils », dans un pays où ce type de déclarations a coûté la vie à des milliers de colombiens et colombiennes tout au long des 40 ans de conflit armé. Alors que le Vice-président avait eu des propos similaires contre le Docteur Gaviria, il avait dû par la suite présenter ses excuses…
Monsieur le Président, nous sommes tout spécialement préoccupés par cette succession de faits très graves dont l’objectif est d’empêcher la nécessaire démocratisation de la vie politique en Colombie et l’abandon de la violence comme mode d’action politique. Nous gardons très présent à la mémoire le drame du génocide perpétré contre les membres de l’Union Patriotique, drame qui a prolongé le cercle de la violence en Colombie.
Nous en appelons solennellement à votre fonction de premier représentant de la Nation, pour que, depuis la Présidence, soit promu le droit de tout colombien à opiner et à faire de la politique de manière démocratique.
Nous manifestons notre totale solidarité avec la recherche de la paix et la défense des Droits de l’Homme pour tous les colombiens et les colombiennes.
Pour en savoir plus :
http://coordinadora.popular.googlepages.com/home
http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=47707
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Colombie: découverte des corps de 105 victimes des escadrons
BOGOTA - Les restes de 105 victimes des escadrons de la mort d'extrême droite ont été retrouvés dans la jungle du sud de la Colombie, ont rapporté samedi les autorités. D'autres restes devraient être exhumés aux abords des 65 fosses découvertes vendredi soir dans la province de Putumayo.
Au total, 211 corps ont été retrouvés dans cette région frontalière de l'Equateur depuis l'an dernier, mais la découverte effectuée par des agents des services de justice colombiens représente le plus grand nombre de corps exhumés en un seul endroit.
Plus de 31.000 membres des escadrons de la mort ont déposé les armes depuis 2003, en vertu d'un accord promettant des peines de prison réduites à ceux qui coopèreraient aux enquêtes sur les crimes qu'ils ont commis au nom de la lutte contre les rebelles marxistes. Les escadrons de la mort ont été mis sur pied dans les années 1980 par de riches Colombiens pour combattre les guerilleros d'extrême gauche.
(ats / 05 mai 2007 23:21)
http://www.romandie.com/infos/ats/displ ... 810300.xml
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211 corps de victimes présumées des paramilitaires découverts en Colombie
Au moins 211 cadavres de victimes présumées des milices paramilitaires d'extrême droite ont été découverts dans des fosses communes du sud de la Colombie, à la frontière avec l'Equateur et le Pérou, a annoncé samedi le ministre de l'Intérieur, Carlos Holguin.
Il n'a pas exclu que d'autres corps soient retrouvés lors des fouilles, qui se poursuivaient. Les fosses ont été trouvées sur le territoire de la commune de La Hormiga, dans le département de Putumayo (sud), lors de recherches menées par des fonctionnaires du parquet et de la police judiciaire. Parmi les victimes figurent des fermiers, que les paramilitaires ont exécuté.
Le ministre s'est déclaré "horrifié" et "surpris" de cette découverte macabre, à l'antenne de la radio privée Caracol. Il a estimé qu'elle avait été rendu possible par la loi de Justice et paix. Cette législation a été adoptée dans le cadre d'un accord de démobilisation des paramilitaires qui prévoient de très importantes remises de peine en cas d'aveu de crimes y compris les plus terribles.
Les milices paramilitaires avaient été constituées il y a une vingtaine d'années, avec l'appui tacite du gouvernement, par de gros propriétaires terriens pour protéger leurs biens des attaques des guérillas d'extrême-gauche.
http://www.7sur7.be/hlns/cache/fr/det/a ... n=homeArt3
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Colombie: découverte de 100 corps de
victimes présumées des paramilitaires
AFP 05.05.07 | 22h36
Les autorités colombiennes ont annoncé samedi la découverte de plus de cent cadavres de victimes présumées des milices paramilitaires d'extrême droite dans des fosses communes dans le sud de la Colombie, à la frontière avec l'Equateur et le Pérou.
"Parmi ces victimes il y a des Equatoriens", a indiqué le procureur général de la Nation Mario Iguran au cours d'une conférence de presse. Il n'a cependant pas été en mesure de préciser combien d'Equatoriens se trouvaient parmi les 105 cadavres découverts, la "plupart d'entre eux démembrés".
Les 105 corps éxhumés se trouvaient dans 65 fosses communes situées dans six endroits différents de la municipalité de La Hormiga, dans le département de Putumayo (sud), frontalier de l'Equateur et du Pérou. Ils ont été découverts au cours de recherches menées par des fonctionnaires du parquet et de la police judiciaire.
Ces dernières découvertes portent à 211 le nombre de cadavres de victimes présumées des paramilitaires retrouvés dans des fosses communes dans le département de Putumayo au cours des quatre derniers mois, et à plus de 700 les corps exhumés dans tout le pays pendant cette période, a indiqué M. Iguran.
De son côté le ministre de l'Intérieur Carlos Holguin s'est déclaré "horrifié" et "surpris" de cette découverte macabre, à l'antenne de la radio privée Caracol. Il a estimé qu'elle avait été rendu possible par la loi de Justice et paix. Cette législation a été adoptée dans le cadre d'un accord de démobilisation des paramilitaires qui prévoient de très importantes remises de peine en cas d'aveu de crimes y compris les plus graves.
Les milices paramilitaires avaient été constituées il y a une vingtaine d'années, avec l'appui tacite du gouvernement, par de gros propriétaires terriens pour protéger leurs biens des attaques des guérillas d'extrême gauche.
http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14 ... -60,0.html
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Fosses communes en Colombie
Plus de 200 corps découverts
Associated Press (AP)
Au cours des 10 derniers mois, les autorités ont découvert 211 corps enterrés dans des dizaines de fosses communes dans le sud de la Colombie, appartenant aux victimes des combats de la guerre civile qui sévit depuis des dizaines d'années.
Le premier procureur Mario Iguaran a déclaré lors d'une conférence de presse samedi que les enquêteurs ont exhumé 105 corps dans la seule journée de vendredi, près de La Hormiga, à 540 kilomètres au sud de Bogota, dans la province de Putumayo. La plupart des victimes, dont on estime qu'elles ont été tuées entre 1999 et 2001, avaient été mutilés avant leur enterrement.
Les jungles de la province, sur la frontière avec l'Équateur, sont un haut lieu de la culture de la coca et le théâtre de combats quasi-quotidiens entre les rebelles marxistes des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie), les paramilitaires d'extrême-droite et les forces régulières.
Selon le procureur, les informations recueillies auprès des habitants indiquent que les massacres ont été perpétrés par les FARC et les paramilitaires. Les deux parties liquident régulièrement des civils soupçonnés de collaborer avec l'ennemi.
Les excavations ont commencé en août dernier. Des centaines de fosses supplémentaires ont été découvertes ces derniers mois au fur et à mesure que les paramilitaires, démobilisés dans le cadre d'un accord avec l'État, confessent leurs crimes.
Selon les services du procureur, environ 10 000 corps reposent dans des charniers de par le pays, qui en est à sa cinquième décennie de guerre civile.
http://www2.canoe.com/infos/internation ... 11923.html
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30 de Abril de 2007
Carta Abierta
Al Gobierno del Presidente Luiz Inácio Lula da Silva.
Al Comité Nacional para los Refugiados (CONARE)
A la Comisión Brasileña de Justicia y Paz (CBJP)
A los (as) Ilustres Ministros (as) del Supremo Tribunal Federal
A la Procuraduría General de la República
A innumerables personalidades de la vida política, social y cultural
A las Organizaciones de Derechos Humanos, Sindicales, Movimientos Sociales y Partidos Progresistas
A los Partidos Comunistas y militantes revolucionarios de diversas tendencias y nacionalidades
A los integrantes y simpatizantes de las FARC en el mundo
Al Pueblo del Brasil.
Con alegría recibimos y aplaudimos la liberación del Padre Oliverio Medina el pasado día 21 de marzo, cuando en magna Audiencia el Ilustrísimo Supremo Tribunal declaró extinto el proceso de Extradición que había contra él, en una histórica votación de nueve a uno.
En dicha Audiencia brillaron el decoro y el respeto con que son acatados los Tratados Internacionales de los cuales el Brasil es signatario; la soberanía en la toma de decisiones; el sentido de justicia en defensa de la vida, y; la solidaridad para con uno de los luchadores del país más violentado de las Américas por el Imperialismo Norteamericano y los gobiernos títeres que convirtieron el Terrorismo de Estado, el narcotráfico y el paramilitarismo, en pilares macabros de la estructura del Gobierno y del poder, conocidos como Seguridad Democrática.
Como el actual Gobierno no consigue doblegar por medio de la fuerza al pueblo colombiano que se levanta contra la corrupción y la tiranía narcoparamilitar, desesperadamente busca resultados donde sea y como sea. Por eso basado en montajes espurios intentó que el Padre Oliverio fuera extraditado. Claro, porque de lo contrario no recibe del Imperio de los Estados Unidos billones de dólares para sostener una guerra innecesaria e injusta, que podemos definir como infame genocidio. Gasta 19 millones de dólares por día. Qué absurdo!
Por eso el apoyo a la solución política del conflicto, al Canje de prisioneros o Intercambio Humanitario y a la búsqueda de la Paz con Justicia Social, son los ejes de la lucha del pueblo colombiano. Por eso, interpretando ese sentir popular, nuestra Organización revolucionaria ve que los colombianos estamos dando pasos concretos hacia la Reconstrucción y Reconciliación del país. De ahí que, no nos cansamos de ratificar que el conflicto social y armado sólo será resuelto mediante la solución de carácter político.
Todo porque la represión violenta del Estado y el gobierno actual jamás crea convivencia ni bienestar estable y duradero. Pues la solución de los problemas sociales, económicos y políticos no está en la paramilitarización del país ni en el hecho de inducir al pueblo a creer que la paz se sustenta en la fuerza bruta. En ese sentido la llamada Seguridad Democrática del Uribe Vélez, (Seguridad Nacional con nuevo nombre) es el ariete del Plan Colombia contra el pueblo colombiano y está siendo presentado como la panacea de la Seguridad.
Seguridad que persigue, reprime, desaparece, intimida, calla y mata a quienes no compartan ni acepten las políticas de la oligarquía asesina y arrodillada ante el Imperio, es Seguridad para las transnacionales y un puñado de oligarcas corruptos, responsables de la tragedia del pueblo colombiano. En los primeros cuatro años de Gobierno narcoparamilitar de Uribe Vélez fueron asesinados 20.000 colombianos. Y no es matando a los pobres como se resuelven los problemas de desempleo, hambre, desnutrición, enfermedades y analfabetismo en millones de compatriotas sumidos en el abandono y la desesperanza.
En lugar de dilapidar recursos en la guerra, debieran invertirse en la construcción de la Paz que pudiera ser convertida en política de Estado en cuyo proceso el pueblo participa ampliamente. Por eso proponemos el Canje de prisioneros o Intercambio Humanitario, al que podemos llegar con el apoyo solidario de Gobiernos amigos. Ese hecho puede convertirse en el primer paso para construir el Proceso de Paz esperado por la Comunidad Internacional con viva preocupación. Para hacer todas las gestiones con tranquilidad y seguridad hemos propuesto el despeje de los Municipios de Florida y Pradera en el Departamento del Valle. Nuestro país se puede transformar sin que el Estado persista en la guerra contra el pueblo.
En este marco vemos la Protección Internacional concedida por el Gobierno del Brasil al Padre Oliverio Medina, bajo la figura del Refugio, como valioso gesto humanitario con lo cual está indicando que en Colombia existen un conflicto económico, social, armado, la violación de los Derechos Humanos por parte del Estado y una crisis humanitaria sin precedentes en la historia reciente del País. Circunstancias claramente reconocidas por prestigiosas entidades internacionales y varios Gobiernos del Mundo, distintos al de Washington. Aliado natural del gobierno ilegítimo e ilegal de Álvaro Uribe.
Agradecemos a todas las personas que con sus buenos oficios, su solidaridad y esfuerzo impidieron la extradición y posibilitaron la concesión del estatus de Refugio para el Padre Oliverio, un luchador por la Paz con Justicia Social.
Atentamente,
FARC-Ejército del Pueblo, Comisión Internacional
Raúl Reyes
Montañas de Colombia, abril de 2007
http://www.farcep.org/?node=2,2852,1
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Du Panama au Venezuela
Aux frontières du plan Colombie
Stratégie militaire américano-colombienne, le plan Colombie de lutte contre les guérillas n’a en rien permis de résoudre le conflit qui déchire ce pays. En revanche, il commence à affecter les nations voisines. Par sa politique d’ingérence extraterritoriale, il viole la souveraineté des Etats et frappe directement les populations de la région.
Par Hernando Calvo Ospina
Selon un rapport de la Commission des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced), le Panamá a été, durant le premier semestre de 2004, le pays qui a le plus bénéficié d’investissements étrangers directs (avec Singapour, la Belgique et le Luxembourg) (1). Ce document omet de préciser que c’est le capital colombien qui dynamise ainsi l’économie panaméenne. Tant pour l’entrepreneur Iván Ruiz que pour le directeur de la publication Capital financiero, Orlando Mendieta, ces investissements sont l’une des conséquences du plan Colombie (2). En effet, en raison de ce plan, la guerre interne qui déchire la Colombie s’est intensifiée, provoquant une fuite des capitaux. Les enquêtes officielles sont quasi inexistantes, mais les connaisseurs assurent que si du « capital légal » s’investit dans le pays, du capital d’un « genre très particulier » y pénètre en plus grande quantité.
Filiales, en majorité, d’établissements américains et européens, les banques ferment les yeux. Doyen de l’Université spécialisée des Amériques (Ciudad de Panamá), M. Alexis Rodríguez soutient : « L’invasion militaire de 1989 s’est faite sous le prétexte de nettoyer l’économie des capitaux provenant du narcotrafic, mais il n’y a même pas eu d’enquête à ce propos. Washington ressortira le thème, si nécessaire, pour faire chanter un gouvernement qui s’opposerait à sa stratégie de domination continentale. » Et l’un des aspects de cette stratégie dans laquelle le Panamá peut se retrouver piégé s’appelle plan Colombie.
suite ici:
http://www.monde-diplomatique.fr/2005/0 ... PINA/12022
Une rencontre à Pradera et Florida n'est pas une solution viable, selon la France
04/05/2007 - Vanguardia Liberal
Camille Rohou, ambassadeur de France en Colombie, vient de déclarer qu'une zone de rencontre dans les communes de Florida et Pradera dans la Vallée du Cauca ne serait actuellement pas une solution viable pour négocier l'accord humanitaire.
Le diplomate a ajouté que pour cette raison les trois pays facilitateurs (la France, la Suisse et l'Espagne) "ne pouvaient que faire une autre proposition et essayer de la "vendre" aux Farc (...) bien que soit un problème de trouver une zone acceptable tant pour le Gouvernement que pour les Farc".
Les déclarations de Rohou ont été faites pendant un forum sur le sujet organisé par la corporation "Vivamos Humanos", dirigée par l'ex président Ernesto Samper Pizano.
L'ambassadeur a expliqué que l'obstination de la guérilla à obtenir une zone complètement démilitarisée, ainsi que la forte présence de l'Armée dans les deux communes, sont des obstacles certains pour arriver à trouver une zone de rencontre dans cette région du pays.
"Les Farc voudront probablement rechercher une autre option, parce qu'ils savent qu'il n'y avait auparavant pas de militaires ni de casernes dans cette zone", a expliqué Rohou, qui a ajouté que le groupe armé illégal "a fermé la porte sur cette zone de Florida et Pradera".
Il a expliqué qu'il était important de comprendre qu'on ne pouvait pas permettre une ré-édition du Caguán, et il a insisté sur le fait que ce serait la Communauté internationale qui serait chargée de garantir la sécurité des négociateurs, tant du Gouvernement que de la guérilla.
Le 13 décembre 2005, les gouvernements de France, de Suisse et d'Espagne avaient présenté au gouvernement une proposition de zone de rencontre dans le hameau de El Retiro, située dans la Vallée du Cauca.
Les difficultés
Pendant son intervention, le représentant de la France en Colombie a exposé certaines des principales difficultés qui existent actuellement pour la recherche d'un accord humanitaire, mais il a assuré que son pays continuerait à insister pour obtenir la libération de tous les kidnappés.
L'ambassadeur s'est aussi opposé fermement à un sauvetage militaire, qu'il considére comme une solution non viable, et a qualifié de "miracle qui ne pourrait pas être répété", l'opération qui a permis en décembre dernier la libération de l'actuel ministre des affaires étrangères Fernando Araújo.
Il a critiqué la tendance du Gouvernement à imposer le sauvetage militaitre à travers les media. "On ne peut pas transformer cette affaire en quelque chose de médiatique, on ne doit pas convoquer la presse pour déclarer qu'on peut mener ce genre d'opérations. Il est clair qu'elle sont possibles, mais c'est la seule responsabilité du Président, et si elles ratent, il doit en assumer la responsabilité", a-t-il ajouté.
http://www.betancourt.info/indexFr.htm
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Le président colombien affronte les critiques des élus démocrates au Congrès américain
05/05/2007 - Le Monde, Reuters
Le président colombien Alvaro Uribe a achevé, vendredi 4 mai, une visite de trois jours à Washington, où il est venu défendre devant les élus des deux Chambres le traité de libre-échange conclu par son gouvernement et celui de George Bush en novembre 2006. Après avoir rencontré le président américain, qui lui a réitéré son soutien, M. Uribe a dû faire face aux critiques des démocrates, désormais majoritaires au Congrès.
Par la voix de Federico de Jesus, porte-parole du sénateur Harry Reid, les démocrates ont exprimé leurs inquiétudes sur la situation des droits de l'homme et le nombre important de meurtres non résolus de syndicalistes colombiens. Ils ont reproché à M. Uribe, qui fait figure de meilleur allié latino-américain des Etats-Unis, d'être empêtré dans le scandale dit de la "parapolitique", c'est-à-dire des liens entre les milices paramilitaires d'extrême droite et des parlementaires de la majorité présidentielle. "Tant que ces sujets ne seront pas réglés, nous ne nous prononcerons même pas pour savoir s'il faut approuver ou non le traité de libre-échange", a dit, jeudi, Federico de Jesus.
Le même jour, peu après sa rencontre avec M. Uribe, la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a exprimé, elle aussi, sa "profonde préoccupation à propos des liens entre les forces paramilitaires illégales et des officiels colombiens de haut rang", mais sans faire référence à l'issue d'un éventuel vote.
Le représentant du Michigan, Sander Levin, va plus loin. Il a menacé de bloquer le traité de libre-échange si le nombre des meurtres, enlèvements et actes terroristes ne se réduisait pas plus rapidement, et a souhaité que la Colombie renforce sa législation en matière de travail et d'environnement.
Le président colombien, qui a également rencontré une délégation de dirigeants syndicaux opposés au traité de libre-échange, a défendu à plusieurs reprises l'action de son gouvernement en rappelant les efforts réalisés afin de désarmer les groupes paramilitaires. Il a dit être prêt à aller encore plus loin pour convaincre le Congrès de voter le traité commercial et de poursuivre l'aide militaire américaine au titre du "Plan Colombie" mis en place, en 2000, par le président Bill Clinton. Il y a un mois, Patrick Leathy, sénateur démocrate du Vermont, avait bloqué 55,2 millions de dollars destinés à l'armée colombienne en raison de soupçons de collusion avec des paramilitaires.
De son côté, le président Bush a affirmé l'importance non seulement économique, mais aussi "stratégique" du traité pour arrimer le pays à la démocratie et au libre-échange. "Il signale à toute l'Amérique latine que nous sommes au côté des pays prêts à prendre des décisions difficiles au nom du peuple", a-t-il ajouté, en appelant le Congrès à ratifier également les autres traités de libre-échange signés avec le Panama et le Pérou.
http://www.betancourt.info/indexFr.htm
04/05/2007 - Vanguardia Liberal
Camille Rohou, ambassadeur de France en Colombie, vient de déclarer qu'une zone de rencontre dans les communes de Florida et Pradera dans la Vallée du Cauca ne serait actuellement pas une solution viable pour négocier l'accord humanitaire.
Le diplomate a ajouté que pour cette raison les trois pays facilitateurs (la France, la Suisse et l'Espagne) "ne pouvaient que faire une autre proposition et essayer de la "vendre" aux Farc (...) bien que soit un problème de trouver une zone acceptable tant pour le Gouvernement que pour les Farc".
Les déclarations de Rohou ont été faites pendant un forum sur le sujet organisé par la corporation "Vivamos Humanos", dirigée par l'ex président Ernesto Samper Pizano.
L'ambassadeur a expliqué que l'obstination de la guérilla à obtenir une zone complètement démilitarisée, ainsi que la forte présence de l'Armée dans les deux communes, sont des obstacles certains pour arriver à trouver une zone de rencontre dans cette région du pays.
"Les Farc voudront probablement rechercher une autre option, parce qu'ils savent qu'il n'y avait auparavant pas de militaires ni de casernes dans cette zone", a expliqué Rohou, qui a ajouté que le groupe armé illégal "a fermé la porte sur cette zone de Florida et Pradera".
Il a expliqué qu'il était important de comprendre qu'on ne pouvait pas permettre une ré-édition du Caguán, et il a insisté sur le fait que ce serait la Communauté internationale qui serait chargée de garantir la sécurité des négociateurs, tant du Gouvernement que de la guérilla.
Le 13 décembre 2005, les gouvernements de France, de Suisse et d'Espagne avaient présenté au gouvernement une proposition de zone de rencontre dans le hameau de El Retiro, située dans la Vallée du Cauca.
Les difficultés
Pendant son intervention, le représentant de la France en Colombie a exposé certaines des principales difficultés qui existent actuellement pour la recherche d'un accord humanitaire, mais il a assuré que son pays continuerait à insister pour obtenir la libération de tous les kidnappés.
L'ambassadeur s'est aussi opposé fermement à un sauvetage militaire, qu'il considére comme une solution non viable, et a qualifié de "miracle qui ne pourrait pas être répété", l'opération qui a permis en décembre dernier la libération de l'actuel ministre des affaires étrangères Fernando Araújo.
Il a critiqué la tendance du Gouvernement à imposer le sauvetage militaitre à travers les media. "On ne peut pas transformer cette affaire en quelque chose de médiatique, on ne doit pas convoquer la presse pour déclarer qu'on peut mener ce genre d'opérations. Il est clair qu'elle sont possibles, mais c'est la seule responsabilité du Président, et si elles ratent, il doit en assumer la responsabilité", a-t-il ajouté.
http://www.betancourt.info/indexFr.htm
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Le président colombien affronte les critiques des élus démocrates au Congrès américain
05/05/2007 - Le Monde, Reuters
Le président colombien Alvaro Uribe a achevé, vendredi 4 mai, une visite de trois jours à Washington, où il est venu défendre devant les élus des deux Chambres le traité de libre-échange conclu par son gouvernement et celui de George Bush en novembre 2006. Après avoir rencontré le président américain, qui lui a réitéré son soutien, M. Uribe a dû faire face aux critiques des démocrates, désormais majoritaires au Congrès.
Par la voix de Federico de Jesus, porte-parole du sénateur Harry Reid, les démocrates ont exprimé leurs inquiétudes sur la situation des droits de l'homme et le nombre important de meurtres non résolus de syndicalistes colombiens. Ils ont reproché à M. Uribe, qui fait figure de meilleur allié latino-américain des Etats-Unis, d'être empêtré dans le scandale dit de la "parapolitique", c'est-à-dire des liens entre les milices paramilitaires d'extrême droite et des parlementaires de la majorité présidentielle. "Tant que ces sujets ne seront pas réglés, nous ne nous prononcerons même pas pour savoir s'il faut approuver ou non le traité de libre-échange", a dit, jeudi, Federico de Jesus.
Le même jour, peu après sa rencontre avec M. Uribe, la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a exprimé, elle aussi, sa "profonde préoccupation à propos des liens entre les forces paramilitaires illégales et des officiels colombiens de haut rang", mais sans faire référence à l'issue d'un éventuel vote.
Le représentant du Michigan, Sander Levin, va plus loin. Il a menacé de bloquer le traité de libre-échange si le nombre des meurtres, enlèvements et actes terroristes ne se réduisait pas plus rapidement, et a souhaité que la Colombie renforce sa législation en matière de travail et d'environnement.
Le président colombien, qui a également rencontré une délégation de dirigeants syndicaux opposés au traité de libre-échange, a défendu à plusieurs reprises l'action de son gouvernement en rappelant les efforts réalisés afin de désarmer les groupes paramilitaires. Il a dit être prêt à aller encore plus loin pour convaincre le Congrès de voter le traité commercial et de poursuivre l'aide militaire américaine au titre du "Plan Colombie" mis en place, en 2000, par le président Bill Clinton. Il y a un mois, Patrick Leathy, sénateur démocrate du Vermont, avait bloqué 55,2 millions de dollars destinés à l'armée colombienne en raison de soupçons de collusion avec des paramilitaires.
De son côté, le président Bush a affirmé l'importance non seulement économique, mais aussi "stratégique" du traité pour arrimer le pays à la démocratie et au libre-échange. "Il signale à toute l'Amérique latine que nous sommes au côté des pays prêts à prendre des décisions difficiles au nom du peuple", a-t-il ajouté, en appelant le Congrès à ratifier également les autres traités de libre-échange signés avec le Panama et le Pérou.
http://www.betancourt.info/indexFr.htm
Fosses communes en Colombie
Près de 10 000 corps auraient été enterrés par les paramilitaires.
Par Michel TAILLE
QUOTIDIEN : mardi 8 mai 2007
Bogotá de notre correspondant
Semaine après semaine, la Colombie découvre les victimes de ses paramilitaires d'extrême droite au fond des fosses communes. Ces dix derniers jours, la justice a exhumé au total 211 cadavres dans le seul département du Putumayo, frontalier avec l'Equateur. Cette zone amazonienne, productrice de coca, avait fait l'objet à partir de 1998 d'une lutte sans merci entre, d'un côté, les miliciens des Autodéfenses unies de Colombie (AUC) groupes paramilitaires antiguérilla et, de l'autre, leurs ennemis marxistes des Forces armées révolutionnaires de Colombie. Les paramilitaires des AUC ont utilisé une méthode éprouvée dans de nombreuses autres régions : l'assassinat et la torture de civils, avec, parfois, la bienveillance des autorités. Avec des réponses impitoyables des Farc : certains corps retrouvés, a affirmé le procureur Mario Iguarán, sont d'ailleurs des victimes de la guérilla.
La plupart des fosses communes ont cependant été retrouvées grâce aux aveux d'anciens combattants des AUC, «démobilisés» après l'adoption d'une loi qui leur accorde des peines clémentes en échange de confessions complètes. Leurs récits ont permis jusqu'ici de retrouver près d'un millier de corps dans tout le pays. Lors d'une des plus récentes découvertes, Mario Iguarán a pleuré devant les restes de cinq enfants, enterrés à côté de 52 autres victimes des AUC.
Souvent, les corps sont démembrés ou présentent des signes de tortures. «Les paramilitaires avaient des rites pour tuer, affirme une des médecins légistes. A coups de batte, de machette...» La justice est débordée par l'ampleur de la tâche : il y aurait au moins 10 000 corps enfouis dans des fosses aux quatre coins du pays. «Soit plus de victimes que sous la dictature chilienne», rappelle Mario Iguarán, qui a demandé une aide financière et technique de Washington.
Le temps presse pour savoir toute la vérité : déjà, de nouveaux groupes paramilitaires exhument les corps pour aller les brûler et faire disparaître les traces. Ils protègent peut-être des amis haut placés : dix parlementaires ont déjà été arrêtés pour leur complicité présumée avec les AUC.
http://www.liberation.fr/actualite/monde/252386.FR.php
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Un écrivain colombien renonce à sa nationalité pour dénoncer la violence
BOGOTA, 7 mai 2007 (AFP) - 07/05/2007 22h01 - L'écrivain colombien Fernando Vallejo, auteur du best-seller "La vierge des tueurs", a annoncé lundi qu'il renonçait à sa nationalité pour dénoncer la violence qui ravage la Colombie.
"Cette mauvaise patrie de Colombie n'est désormais plus la mienne et je ne veux plus rien savoir à son sujet", a-t-il déclaré dans un message diffusé à la radio colombienne Caracol.
L'écrivain, qui compte s'installer définitivement au Mexique où il a déposé une demande de naturalisation, s'en prend également au président colombien Alvaro Uribe, dont il fustige le gouvernement "complice" et "sans scrupule".
"Dès l'enfance, je savais que la Colombie était un pays meurtrier, le plus meurtrier de la planète (...) et quand ils ont réélu Uribe, j'ai découvert que c'était un pays idiot", affirme-t-il.
Né en 1942 à Medellin (nord-ouest), la seconde ville du pays, Fernando Vallejo, titulaire du prix Gallego Romulus, narre dans "La vierge des tueurs" la violence permanente frappant sa ville natale à travers réglements de compte et crimes gratuits.
Ce roman a été adapté au cinéma par le réalisateur français Barbet Schroeder.
http://www.tv5.org/TV5Site/lf/actualite ... a3swwk.xml
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Avec 7 films, la Colombie participera au 60ème Festival de Cannes
Redigé par Latinanews le mardi, 8 mai 2007 dans Cinéma
Pour la première fois dans l’histoire du cinéma colombien, le Festival de Cannes a invité la Colombie à faire partie de trois sections officielles hors compétition. En effet, cette 60ème édition du Festival accueillera 4 longs métrages colombiens dans la sélection de Tous les cinémas du monde: « La sombra del caminante » de Ciro Guerra, « Soñar no cuesta nada» de Rodrigo Triana, « Al final del espectro» de Juan Felipe Orozco et « Bluff » de Felipe Martínez. Par ailleurs, le cinéma colombien sera présent dans la Quinzaine des Réalisateurs avec le court métrage « Hoguera » d’Andi Baiz et le Long métrage « PVC-1 » de Spiros Stathoulopoulos Caicedo, aussi nominé pour la Caméra d’Or. Finalement, L’Atelier de la Cinéfondation qui aide les jeunes réalisateurs dans leurs projets filmiques, a sélectionné « Los viajes del viento » de Ciro Guerra.
L’entrée de la Colombie au Festival de Cinéma de Cannes avec une quantité importante de films qui montrent des aspects si variés de la cinématographie colombienne, est le résultat du travail persévérant d’une industrie qui depuis 4 ans est dans une croissance constante. Le cinéma colombien fait preuve de réussite en produisant un nombre stable de films par an, ce qui permet une rencontre régulière des spectateurs nationaux avec leurs propres images.
Tous les Cinémas du monde est l’espace de la diversité, un espace où les quatre continents sont représentés. Pour cette troisième édition, la Colombie a envoyé au Festival une copie des films produits depuis 2005 en 35 mm., en choisissant les films qui mettent en valeur la diversité et le travail de jeunes réalisateurs. Dans cette sélection, des pays comme la Russie, Singapour, Israël, la Suisse, la Tunisie, le Chili, le Maroc, l’Afrique du Sud, le Mexique, l’Autriche et les Philippines, entre autres, y ont participé.
Le 24 mai 2007 sera la journée consacrée à la Colombie. Les projections auront lieu dans la salle éphémère de « Tous les Cinémas du Monde » en présence des réalisateurs dans l’ordre suivant :
11h La Sombra del Caminante de Ciro Guerra
Ce film a participé dans la sélection officielle de plus de 50 festivals de cinéma autour du monde et il a reçu près de dix prix internationaux.
Synopsis : Mañe traverse une situation économique pénible. Il a été amputé d’une jambe et est constamment l’objet de moqueries et de mépris. Pendant qu’il parcourt les rues en cherchant le moyen de survivre, il rencontre un homme qui porte les gens sur son dos dans le centre ville de Bogota, et voici une amitié qui commence et qui changera leurs vies.
13h Al final del Espectro de Juan Felipe Orozco (2006)
Synopsis : Après une expérience traumatisante, Vega commence à souffrir d’agoraphobie, et est obligée de tout abandonner. Elle décide de changer d’appartement, et de vivre en ermite. Une série de situations explosives, une présence sinistre dans son appartement, l’obsession profonde de sa voisine et un passé incertain et ténébreux, mènent l’histoire vers un dénouement frissonnant et surprenant, qui révèle que l’esprit est en même temps victime et bourreau.
Les droits de ce films ont été vendus au producteur américain Roy Lee (Les infiltrés) ce qui lui permettra de réaliser un remake à Hollywood, avec Nicole Kidman dans le rôle principal. Le film sera tourné à partir d’octobre 2007.
17h Soñar no cuesta nada de Rodrigo Triana
Synopsis : « Merde, on est riche » fut le cri qui retentit au milieu de la forêt lorsque Pelaza découvrit une cachette enterrée avec plus de quarante six millions de dollars. Cette histoire, basée sur des faits réels raconte les rêves et les aventures de 4 soldats coincés dans la jungle avec un grand défi : arriver à la civilisation et convertir leurs rêves en réalité.
19h Bluff de Felipe Martínez (2007)
Synopsis : Une série d’événements transforment la vie du photographe Nicolas depuis qu’il découvre sa femme dans le bras de Mallarino, le propriétaire du magasine où il travaille. Une histoire plein des péripéties qui commence à peine son périple dans les festivals internationaux.
La Quinzaine des Réalisateurs créée par la société des réalisateurs de Films en 1969 à pour but favoriser la découverte des cinéastes du monde entier par le publique et la critique. Depuis sa création, la Quinzaine des Réalisateurs a découvert et montré en France les premiers films de Werner Herzog, Rainer Werner Fassbinder, Nagisa Oshima, George Lucas, Martin Scorsese, Jim Jarmush, Michael Haneke, Spike Lee, the Dardenne Brothers, Sofia Coppola, entre autres. Cette section du Festival se distingue par la liberté d’esprit dans la sélection des films qui y font partie de la programmation.
Pour cette 39ème édition la Colombie participera avec le court métrage « Hoguera » de Andi Baiz. C’est l’histoire d’un homme aisé ayant une crise existentielle décide de faire un énorme feu pour fêter son anniversaire en compagnie de sa famille. Cette production a reçu un financement grâce à la Loi de cinéma colombienne comme préambule à son premier film « Satanas », celui-ci inspiré dans le bestseller du même nom, écrit par Mario Mendoza Zambrano qui sortira au cinéma le 1er juin 2007.
D’autre part, la Quinzaine des Réalisateurs présentera aussi « PVC-1 » de Spiros Stathoulopoulos Caicedo, un film risqué dans le langage cinématographique, tourné dans une seule prise de 85 minutes avec des acteurs autant professionnels, autant naturels. « PVC-1 » s’est inspiré des faits réels colombiens qui ont touché le monde entier.
Finalement, une projection vers l’avenir: le réalisateur Ciro Guerra est invité à L´Atelier avec son projet « Los viajes del viento », une production de Cristina Gallego et Diana Bustamante pour Ciudad Lunar Producciones. Ce long métrage sera tourné dans les départements au nord du pays Guajira, Cesar et Magdalena pendant le deuxième semestre du 2007. Le projet a déjà obtenu le prix Latino Screenwriters Lab du Festival de Cinéma Latino de Los Angeles et le prix pour le développement de l’Hubert Bals Fund au Festival de Rotterdam (Pays Bas), entre autres.
http://blog.latinanews.com/2007/05/avec ... _parti.php
Près de 10 000 corps auraient été enterrés par les paramilitaires.
Par Michel TAILLE
QUOTIDIEN : mardi 8 mai 2007
Bogotá de notre correspondant
Semaine après semaine, la Colombie découvre les victimes de ses paramilitaires d'extrême droite au fond des fosses communes. Ces dix derniers jours, la justice a exhumé au total 211 cadavres dans le seul département du Putumayo, frontalier avec l'Equateur. Cette zone amazonienne, productrice de coca, avait fait l'objet à partir de 1998 d'une lutte sans merci entre, d'un côté, les miliciens des Autodéfenses unies de Colombie (AUC) groupes paramilitaires antiguérilla et, de l'autre, leurs ennemis marxistes des Forces armées révolutionnaires de Colombie. Les paramilitaires des AUC ont utilisé une méthode éprouvée dans de nombreuses autres régions : l'assassinat et la torture de civils, avec, parfois, la bienveillance des autorités. Avec des réponses impitoyables des Farc : certains corps retrouvés, a affirmé le procureur Mario Iguarán, sont d'ailleurs des victimes de la guérilla.
La plupart des fosses communes ont cependant été retrouvées grâce aux aveux d'anciens combattants des AUC, «démobilisés» après l'adoption d'une loi qui leur accorde des peines clémentes en échange de confessions complètes. Leurs récits ont permis jusqu'ici de retrouver près d'un millier de corps dans tout le pays. Lors d'une des plus récentes découvertes, Mario Iguarán a pleuré devant les restes de cinq enfants, enterrés à côté de 52 autres victimes des AUC.
Souvent, les corps sont démembrés ou présentent des signes de tortures. «Les paramilitaires avaient des rites pour tuer, affirme une des médecins légistes. A coups de batte, de machette...» La justice est débordée par l'ampleur de la tâche : il y aurait au moins 10 000 corps enfouis dans des fosses aux quatre coins du pays. «Soit plus de victimes que sous la dictature chilienne», rappelle Mario Iguarán, qui a demandé une aide financière et technique de Washington.
Le temps presse pour savoir toute la vérité : déjà, de nouveaux groupes paramilitaires exhument les corps pour aller les brûler et faire disparaître les traces. Ils protègent peut-être des amis haut placés : dix parlementaires ont déjà été arrêtés pour leur complicité présumée avec les AUC.
http://www.liberation.fr/actualite/monde/252386.FR.php
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Un écrivain colombien renonce à sa nationalité pour dénoncer la violence
BOGOTA, 7 mai 2007 (AFP) - 07/05/2007 22h01 - L'écrivain colombien Fernando Vallejo, auteur du best-seller "La vierge des tueurs", a annoncé lundi qu'il renonçait à sa nationalité pour dénoncer la violence qui ravage la Colombie.
"Cette mauvaise patrie de Colombie n'est désormais plus la mienne et je ne veux plus rien savoir à son sujet", a-t-il déclaré dans un message diffusé à la radio colombienne Caracol.
L'écrivain, qui compte s'installer définitivement au Mexique où il a déposé une demande de naturalisation, s'en prend également au président colombien Alvaro Uribe, dont il fustige le gouvernement "complice" et "sans scrupule".
"Dès l'enfance, je savais que la Colombie était un pays meurtrier, le plus meurtrier de la planète (...) et quand ils ont réélu Uribe, j'ai découvert que c'était un pays idiot", affirme-t-il.
Né en 1942 à Medellin (nord-ouest), la seconde ville du pays, Fernando Vallejo, titulaire du prix Gallego Romulus, narre dans "La vierge des tueurs" la violence permanente frappant sa ville natale à travers réglements de compte et crimes gratuits.
Ce roman a été adapté au cinéma par le réalisateur français Barbet Schroeder.
http://www.tv5.org/TV5Site/lf/actualite ... a3swwk.xml
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Avec 7 films, la Colombie participera au 60ème Festival de Cannes
Redigé par Latinanews le mardi, 8 mai 2007 dans Cinéma
Pour la première fois dans l’histoire du cinéma colombien, le Festival de Cannes a invité la Colombie à faire partie de trois sections officielles hors compétition. En effet, cette 60ème édition du Festival accueillera 4 longs métrages colombiens dans la sélection de Tous les cinémas du monde: « La sombra del caminante » de Ciro Guerra, « Soñar no cuesta nada» de Rodrigo Triana, « Al final del espectro» de Juan Felipe Orozco et « Bluff » de Felipe Martínez. Par ailleurs, le cinéma colombien sera présent dans la Quinzaine des Réalisateurs avec le court métrage « Hoguera » d’Andi Baiz et le Long métrage « PVC-1 » de Spiros Stathoulopoulos Caicedo, aussi nominé pour la Caméra d’Or. Finalement, L’Atelier de la Cinéfondation qui aide les jeunes réalisateurs dans leurs projets filmiques, a sélectionné « Los viajes del viento » de Ciro Guerra.
L’entrée de la Colombie au Festival de Cinéma de Cannes avec une quantité importante de films qui montrent des aspects si variés de la cinématographie colombienne, est le résultat du travail persévérant d’une industrie qui depuis 4 ans est dans une croissance constante. Le cinéma colombien fait preuve de réussite en produisant un nombre stable de films par an, ce qui permet une rencontre régulière des spectateurs nationaux avec leurs propres images.
Tous les Cinémas du monde est l’espace de la diversité, un espace où les quatre continents sont représentés. Pour cette troisième édition, la Colombie a envoyé au Festival une copie des films produits depuis 2005 en 35 mm., en choisissant les films qui mettent en valeur la diversité et le travail de jeunes réalisateurs. Dans cette sélection, des pays comme la Russie, Singapour, Israël, la Suisse, la Tunisie, le Chili, le Maroc, l’Afrique du Sud, le Mexique, l’Autriche et les Philippines, entre autres, y ont participé.
Le 24 mai 2007 sera la journée consacrée à la Colombie. Les projections auront lieu dans la salle éphémère de « Tous les Cinémas du Monde » en présence des réalisateurs dans l’ordre suivant :
11h La Sombra del Caminante de Ciro Guerra
Ce film a participé dans la sélection officielle de plus de 50 festivals de cinéma autour du monde et il a reçu près de dix prix internationaux.
Synopsis : Mañe traverse une situation économique pénible. Il a été amputé d’une jambe et est constamment l’objet de moqueries et de mépris. Pendant qu’il parcourt les rues en cherchant le moyen de survivre, il rencontre un homme qui porte les gens sur son dos dans le centre ville de Bogota, et voici une amitié qui commence et qui changera leurs vies.
13h Al final del Espectro de Juan Felipe Orozco (2006)
Synopsis : Après une expérience traumatisante, Vega commence à souffrir d’agoraphobie, et est obligée de tout abandonner. Elle décide de changer d’appartement, et de vivre en ermite. Une série de situations explosives, une présence sinistre dans son appartement, l’obsession profonde de sa voisine et un passé incertain et ténébreux, mènent l’histoire vers un dénouement frissonnant et surprenant, qui révèle que l’esprit est en même temps victime et bourreau.
Les droits de ce films ont été vendus au producteur américain Roy Lee (Les infiltrés) ce qui lui permettra de réaliser un remake à Hollywood, avec Nicole Kidman dans le rôle principal. Le film sera tourné à partir d’octobre 2007.
17h Soñar no cuesta nada de Rodrigo Triana
Synopsis : « Merde, on est riche » fut le cri qui retentit au milieu de la forêt lorsque Pelaza découvrit une cachette enterrée avec plus de quarante six millions de dollars. Cette histoire, basée sur des faits réels raconte les rêves et les aventures de 4 soldats coincés dans la jungle avec un grand défi : arriver à la civilisation et convertir leurs rêves en réalité.
19h Bluff de Felipe Martínez (2007)
Synopsis : Une série d’événements transforment la vie du photographe Nicolas depuis qu’il découvre sa femme dans le bras de Mallarino, le propriétaire du magasine où il travaille. Une histoire plein des péripéties qui commence à peine son périple dans les festivals internationaux.
La Quinzaine des Réalisateurs créée par la société des réalisateurs de Films en 1969 à pour but favoriser la découverte des cinéastes du monde entier par le publique et la critique. Depuis sa création, la Quinzaine des Réalisateurs a découvert et montré en France les premiers films de Werner Herzog, Rainer Werner Fassbinder, Nagisa Oshima, George Lucas, Martin Scorsese, Jim Jarmush, Michael Haneke, Spike Lee, the Dardenne Brothers, Sofia Coppola, entre autres. Cette section du Festival se distingue par la liberté d’esprit dans la sélection des films qui y font partie de la programmation.
Pour cette 39ème édition la Colombie participera avec le court métrage « Hoguera » de Andi Baiz. C’est l’histoire d’un homme aisé ayant une crise existentielle décide de faire un énorme feu pour fêter son anniversaire en compagnie de sa famille. Cette production a reçu un financement grâce à la Loi de cinéma colombienne comme préambule à son premier film « Satanas », celui-ci inspiré dans le bestseller du même nom, écrit par Mario Mendoza Zambrano qui sortira au cinéma le 1er juin 2007.
D’autre part, la Quinzaine des Réalisateurs présentera aussi « PVC-1 » de Spiros Stathoulopoulos Caicedo, un film risqué dans le langage cinématographique, tourné dans une seule prise de 85 minutes avec des acteurs autant professionnels, autant naturels. « PVC-1 » s’est inspiré des faits réels colombiens qui ont touché le monde entier.
Finalement, une projection vers l’avenir: le réalisateur Ciro Guerra est invité à L´Atelier avec son projet « Los viajes del viento », une production de Cristina Gallego et Diana Bustamante pour Ciudad Lunar Producciones. Ce long métrage sera tourné dans les départements au nord du pays Guajira, Cesar et Magdalena pendant le deuxième semestre du 2007. Le projet a déjà obtenu le prix Latino Screenwriters Lab du Festival de Cinéma Latino de Los Angeles et le prix pour le développement de l’Hubert Bals Fund au Festival de Rotterdam (Pays Bas), entre autres.
http://blog.latinanews.com/2007/05/avec ... _parti.php
Equateur
Une instabilité sans fin
Depuis une dizaine d’années, l’instabilité politico-sociale s’est installée en Equateur comme une conséquence de l’irruption de nouveaux acteurs (le mouvement indigène) s’affrontant à la résistance des vieilles élites qui refusent d’abandonner le contrôle de l’Etat.
par Raúl Zibechi
9 mai 2007
http://risal.collectifs.net/article.php ... ticle=2248
Le triomphe écrasant du président Rafael Correa lors de la consultation du dimanche 15 avril, dans laquelle sa proposition de convoquer une assemblée constituante a obtenu l’appui de plus de 80% des Equatoriens, ouvre un processus électoral destiné à élire des constituants, dans un contexte de forte polarisation entre la droite et le gouvernement.
Durant ses premiers mois de gouvernement, Correa n’est pas arrivé à venir à bout de l’instabilité institutionnelle que vit le pays depuis plus de dix ans : depuis 1996, aucun président n’a terminé son mandat, en raison des insurrections et des protestations sociales à répétition qui ont secoué le pays. Il semble difficile qu’il y parvienne maintenant puisque la population - et particulièrement le mouvement indigène - ne paraît pas disposée à tolérer la domination des élites blanches qui ont enfoncé le pays dans la pauvreté malgré les ressources naturelles importantes, notamment le pétrole, dont il dispose ; et ces élites ne se résignent pas à perdre leurs privilèges, provoquant ainsi un climat de confrontation.
Le surprenant triomphe de Correa aux élections du 26 novembre a un rapport avec l’existence d’une société civile organisée qui a manifesté son rejet des plans néolibéraux. Sans parti et sans candidats au Congrès, le nouveau président compte sur le soutien d’une portion significative des Equatoriens. Il a devant lui la tâche ardue de démanteler un État colonial créé par les élites. Son arme principale, qui provoque une résistance tenace de la part de ces mêmes élites, est la convocation d’une assemblée constituante capable de refonder le pays et de le doter d’un État représentatif de ceux qui ont été exclus durant cinq siècles.
L’histoire longue
Le dernier président à avoir terminé son mandat est le conservateur Sixto Duran Ballen (1992-1996). Depuis lors, huit présidents se sont succédés dans un climat d’agitation sociale quasi permanente. Mais, en réalité, l’instabilité a commencé en 1990, lorsqu’en juin, un puissant soulèvement indigène, dirigé par la Confédération des Nationalités Indigènes de l’Equateur (Conaie), provoqua un séisme politique et social et plaça les indigènes au centre de la scène équatorienne. Depuis lors, ils sont devenus la force avec laquelle il faut négocier ou s’affronter. Ils ne redeviendront plus un acteur secondaire ou réduit au silence.
Abdala Bucaram remporta les élections de 1996, mais son gouvernement dura moins de six mois car il fut destitué par le Congrès pour cause d’ « incapacité mentale à gouverner ». La gestion de Bucaram, un homme de droite, fut orageuse, entachée d’irrégularités et il provoqua des manifestations massives contre lui. La vice-présidente Rosalia Arteaga lui succéda pour quelques heures, mais le Congrès confia le pouvoir à son vice-président Fabian Alarcon qui exerça les fonctions de président intérimaire jusqu’à ce que, en août 1998, Jamil Mahuad l’emporte au second tour des élections sur le millionnaire Alvaro Noboa.
Mahuad gouverna du 10 août 1998 au 21 janvier 2000. Ce jour-là, une vaste révolte indigène appuyée par un groupe de colonels rebelles, parmi lesquels s’est distingué Lucio Gutierrez, le força à démissionner, et le vice-président Gustavo Noboa prit sa relève. Tout ceci se passa en pleine banqueroute financière qui mena au gel des dépôts des épargnants et à remplacer la monnaie nationale par le dollar.
Gutierrez gagna les élections de 2002 grâce à l’appui massif des indigènes, puisque l’ex-colonel s’était engagé à réaliser un programme de changements profonds en se déclarant « nationaliste, progressiste et révolutionnaire » et en proposant « une seconde indépendance » pour l’Equateur. Gutierrez fit entrer dans son cabinet d’éminents dirigeants indigènes, tels que Nina Pacari, première femme indigène à exercer la fonction de ministre des Affaires étrangères sur le continent.
Bien vite, Gutierrez trahit ses alliés. Il signa un accord avec le Fonds Monétaire International (FMI), décida un programme d’ajustement structurel et s’appuya sur la droite du Parti Social Chrétien (PSC). La Conaie souffrit une crise très dure dont elle ne s’est pas encore totalement remise. D’un côté, les dirigeants s’éloignèrent de leurs bases, puisque beaucoup occupèrent des postes dans le gouvernement. D’autre part, Gutierrez utilisa les ressources de l’Etat pour diviser et coopter le mouvement, et il alla même jusqu’à exercer une répression sélective contre ceux qui résistaient, jusqu’à ce que, en juillet 2003, six mois après l’installation d’un gouvernement qui avait soulevé d’énormes attentes, la Conaie retire ses militants du gouvernement.
A mesure que le gouvernement de Gutierrez devenait plus impopulaire, les protestations grandissaient. Les accords avec les organismes financiers internationaux conduisirent à la privatisation des entreprises publiques d’électricité et des télécommunications et à la suspension des subventions à la consommation de gaz. Le 20 avril 2005, le Congrès destitua Gutierrez au milieu d’une manifestation urbaine massive composée essentiellement des classes moyennes et des jeunes de Quito, connus sous le nom de « hors-la-loi » (« forajidos », nom utilisé par le président contre ceux qui le critiquaient).
Son successeur, Alfredo Palacio, prit ses distances à l’égard de la politique pro états-unienne de Gutierrez et nomma l’économiste Rafael Correa ministre de l’Economie. Un tournant se produisit alors dans l’histoire récente du pays. Depuis le ministère, Correa négocia avec le président du Venezuela, Hugo Chavez, la vente de 500 millions de dollars en bons de la dette extérieure et décida qu’une partie des exportations de pétrole ne seraient pas utilisées pour payer la dette mais pour des dépenses sociales. Cependant, les pressions de Washington, du FMI et de la Banque mondiale forcèrent la démission du ministre ; Palacio opéra un virage à droite et se montra disposé à signer un traité de libre-échange.
Une fois de plus, le pendule oscillait vers la droite. Mais, une fois de plus aussi, les indigènes prirent l’initiative. Le dernier grand soulèvement indigène en date se produisit en mars 2006 - il y en a eu au total plus de dix depuis 1990. Manifestations, blocages de rues, pays paralysé : le gouvernement répondit en décrétant l’état d’urgence dans la moitié du pays (11 provinces sur 22).
Les secteurs populaires se mobilisèrent sous le mot d’ordre « Nous ne voulons pas être une colonie des Etats-Unis » et obtinrent une victoire éclatante. Le 15 mai 2006, le gouvernement de Palacio dut faire marche arrière : il décida d’expulser Occidental Petroleum (OXY) [1] et d’en confisquer les actifs, une mesure que réclamait le mouvement social comme un moyen de détendre la situation. De cette manière, la signature du traité de libre-échange restait en suspens, la Maison Blanche ayant fait savoir que dans de semblables conditions, elle ne le signerait pas. C’est dans ce climat que se produisit le triomphe électoral de Correa.
L’histoire récente
En vue des élections du 15 octobre, Rafael Correa créa le groupe Alianza País (AP, Alliance Pays) qui réunit un ensemble de groupes progressistes. La gauche traditionnelle présenta ses candidats comme elle a l’habitude de le faire. Et le mouvement indigène s’était engagé pour la candidature de Luis Macas, président de la Conaie. Aucun de ces deux secteurs n’obtint un soutien important dans les urnes ni aucune possibilité de vaincre la droite agglutinée autour du magnat de la banane Alvaro Noboa. Au premier tour, Noboa l’emporta (il y eut des dénonciations de fraude qui ne furent ni confirmées ni écartées), suivi de Correa. En vue du second tour, un vaste mouvement politico-social d’appui à la candidature de Correa fut créé. Il rassemblait les partis Pachakutik (indigène), le Mouvement populaire démocratique, le Parti socialiste et la Gauche démocratique, mais était surtout soutenu par plus de deux cents organisations sociales.
Ce vaste mouvement priva de sa victoire la droite qui paraissait en condition de vaincre. Correa se prononçait contre le traité de libre-échange ; il refusait de considérer les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) comme terroristes au contraire de ce que souhaiterait l’administration Bush ; il dit qu’il ne renouvellerait pas le contrat de la base militaire de Manta où opèrent les forces armées des Etats-Unis et soutint le projet d’intégration régionale mené par Hugo Chavez, l’Alternative Bolivarienne pour les Amériques (ALBA). Sur le sujet clé du pétrole, il fut catégorique : « Nous ne pouvons permettre que, sur cinq barils produits, les multinationales s’en attribuent quatre et nous en laissent un. Nous allons revoir la participation de l’Etat dans ces contrats. » [2].
Bien qu’il défende son amitié avec Chavez, il a dit qu’il n’est pas « chaviste », mais a assuré que « nous sommes partie prenante du socialisme du XXIe siècle qui cherche la justice sociale, la souveraineté nationale, la défense des ressources naturelles et une intégration régionale qui repose sur une logique de coordination, de coopération et de complémentarité » [3] Avec ce discours et ces appuis, il l’emporta au second tour du 26 novembre avec 57% des votes.
Ce fut une surprise à l’extérieur du pays. Son triomphe fut écrasant dans la sierra andine habitée par les quechuas (il a atteint 75% dans la province de Cotopaxi) et dépassa les 60% dans presque toutes les provinces de la selva [amazonie]. Mais il perdit dans trois provinces de la côte, bastion de l’oligarchie bananière et financière - même s’il a obtenu un excellent score dans certaines d’entre elles, y compris la province de Guayas, où se trouve Guayaquil, la seconde ville du pays : il y obtint 43% [4].
Sans perdre de temps, Correa proposa de convoquer l’assemblée constituante. Immédiatement, le Congrès émit des objections, signalant que les cent députés élus n’abandonneraient pas leurs fonctions même si l’assemblée siégeait. Au contraire, Correa veut que la Constituante ait le pouvoir de révoquer le parlement et toutes les charges élues. Le 1er mars, le Tribunal Suprême Electoral (TSE) appela les Equatoriens à une consultation pour décider s’ils veulent convoquer une assemblée constituante, en date du 15 avril. Le gouvernement n’a pas le droit de réaliser la convocation directe et comme Correa n’a pas présenté de liste au Parlement, la majorité des députés (57 sur 100) ont refusé de le faire. C’est pourquoi il est nécessaire de passer par cette étape intermédiaire.
Mais au début du mois de mars, la majorité du Congrès décida de relever de ses fonctions le président du TSE, qui avait été nommé par ce même parlement, pour avoir convoqué le plébiscite. A son tour, le TSE destitua les 57 députés qui avaient voté la destitution de leur président avec pour argument le fait que la législation ordonne la destitution de tout fonctionnaire qui fait obstruction à un processus électoral [5].
La surenchère entre les pouvoirs conduisit à la fermeture du Parlement durant un mois. Le gouvernement appuya la résolution du TSE et maintint une garde policière autour du Congrès pour empêcher que les législateurs destitués n’entrent dans l’enceinte et n’y siègent. Le Congrès recommença à siéger le 10 avril, après un mois d’inactivité, avec une majorité de députés suppléants, ce qui était une manière de reconnaître la validité de la destitution des 57 députés. La ténacité de Correa avait triomphé, puisqu’il a pu surmonter la crise sans violer la loi et a réussi à faire du plébiscite pour convoquer la Constituante une réalité. De plus, suite à l’entrée des suppléants, le Congrès est devenu majoritairement favorable au président.
Il semble évident que Correa n’aurait pas pu sortir vainqueur de cette confrontation sans les appuis importants dont il jouit dans la population (quelque 70%, d’après les sondages) et sans l’énorme discrédit de la « particratie » comme les Equatoriens appellent les politiciens qu’ils considèrent comme corrompus. Maintenant, il lui reste à organiser l’élection des 130 membres de la Constituante qui aura lieu entre octobre et novembre de cette année. Cent seront élus par circonscription provinciale ; 24, par circonscription nationale et six, par les émigrants résidant en Europe et aux Etats-Unis.
Un nouveau mouvement social
Les partis de la droite contrôlent la vie politique du pays et l’appareil d’État depuis 25 ans. Même l’ex-chef du FMI, Michel Camdessus, a reconnu que l’Equateur se caractérise « par une relation incestueuse entre banquiers, groupes de pression politico-financiers et fonctionnaires corrompus » [6]. Lesdits « fonctionnaires corrompus » sont en réalité les hommes politiques du Parti Rénovateur Institutionnel d’Action Nationale (PRIAN) d’Alvaro Noboa, du Parti Société Patriotique (PSP) de l’ex-président Lucio Gutierrez, du Parti Social Chrétien (PSC) et l’Union Démocratique Chrétienne (UDC). Ces partis se répartissent les charges et les prébendes de l’État. Pour cette raison, la crédibilité du Congrès et des politiques atteint à peine 5%, et c’est ce qui a permis à Correa de gagner les élections et, entre autres raisons, pour ne pas avoir présenté de candidats au parlement [7].
Les 17 groupes économiques les plus importants du pays comptent 563 entreprises dont les revenus s’élèvent à cinq milliards de dollars - 14% du Produit Intérieur Brut (PIB) de l’Equateur. Mais leur déclaration d’impôt sur les revenus de 2005 équivaut seulement à 6% du total collecté [8]. A lui seul, le Groupe Noboa, d’Alvaro Noboa, rival de Correa dans les dernières élections, possède 144 entreprises, a cumulé des revenus pour 575 millions de dollars en 2005 et fait 3,9 millions de dollars de profit. Mais, pour l’impôt sur le revenu, il ne déclare que 978 mille dollars [9]. Ces données sont une petite illustration des groupes économiques qui dominent le pays, représentés par la droite et qui nomment des fonctionnaires corrompus qui leur permettent d’échapper à l’impôt. Et ces groupes craignent qu’un gouvernement transparent ne mette fin à leurs fabuleux profits.
C’est contre cet état de choses qu’est né, au cours de la dernière décennie, un « mouvement citoyen », celui qui a porté Correa au gouvernement. L’économiste Pablo Davalos affirme qu’en Equateur, il y a eu trois acteurs importants dans les dernières décennies : 1° les travailleurs, dont le protagonisme s’est affaibli avec le modèle néolibéral ; 2° le mouvement indigène, qui malgré son grand protagonisme, fait montre d’usure dans ses « dynamiques, discours et propositions » ; et 3° le nouveau mouvement citoyen qui représente un éventail hétérogène d’intérêts et se propose comme principal objectif « la réforme politique » [10].
Il ne s’agit pas d’un mouvement traditionnel avec des profils définis. Il représente plutôt une réaction morale profonde des citoyens. Le mouvement citoyen « pose la question de la moralisation du système politique libéral, exprimée par la mise à l’écart des partis dans les organismes de contrôle, d’élections et de justice, et par des changements procéduriers de la représentation et de l’exercice du pouvoir qui envisagent, entre autres, la révocation du mandat, des mécanismes anticorruption et la fiscalisation du système politique » [11].
« Moraliser » la politique peut sembler peu de chose aux yeux de la vieille gauche, mais, dans le contexte équatorien, ce serait une véritable révolution. Ce qui est certain, c’est que ce mouvement diffus est en train de changer le pays : d’abord, il a mis Gutierrez à terre et maintenant, il a porté Correa au palais de gouvernement.
A la différence des mouvements antérieurs, le mouvement citoyen actuel intègre les classes moyennes des villes qui sont devenues grandes consommatrices grâce au modèle néolibéral et qui exigent aujourd’hui une démocratie qui fonctionne. Ces classes moyennes ont bénéficié de la dollarisation, surtout grâce aux envois (les « remesas ») des émigrants. Entre 2000 et 2005, deux millions d’Equatoriens sur une population de 12 millions ont quitté le pays. Leurs envois en 2006 se sont élevés à 3 milliards de dollars, un montant fabuleux qui s’approche des 3,6 milliards que représentent les exportations annuelles de pétrole, le principal produit d’exportation du pays. Cet argent arrive directement aux familles et alimente une consommation centrée sur les malls [grands centres commerciaux]. Pour Davalos, « les classes moyennes exigent que le système politique fonctionne avec la même transparence que celle qu’ils attribuent au fonctionnement du marché. » [12].
Le défi qui se pose au président Correa est de donner transparence et efficience au système politique, ce qui suppose de le réformer à fond. Il doit d’abord vaincre la résistance des élites et des fonctionnaires publics. Mais, en second lieu, il doit affronter la contradiction suivante : ne pas sortir de la dollarisation qui transforme le pays en une colonie de l’économie des Etats-Unis tout en arborant un discours de souveraineté nationale et en résistant au renouvellement du contrat pour la base de Manta. S’il revient à la monnaie nationale, les classes moyennes se sentiront trompées puisque leur pouvoir d’achat ne pourra se maintenir. Mais s’il ne le fait pas, des millions de paysans et de pauvres urbains ou d’indigènes continueront à s’appauvrir alors que leurs économies ont été détruites par la dollarisation. A la longue, il devra choisir entre les gagnants et les perdants de la dollarisation. Un choix difficile mais impossible à contourner.
Ressources
Eduardo Tamayo, “Consulta popular se perfila como salida a la crisis”, 23 mars 2007, sur http://www.alainet.org/
Kintto Lucas, “Endémica crisis institucional”, 8 mars 2007, sur http://www.ipsenespanol.net/
— Maurice Lemoine, “Equateur, une victoire à consolider”, Le Monde Diplomatique, Paris, janvier 2007.
— Pablo Dávalos, “Movimientos ciudadanos, Asamblea Constituyente y neoliberalismo” 16 janvier 2007, sur http://www.ircamericas.org/esp/4162
Notes:
[1] [NDLR] Le 15 mai 2006, le gouvernement équatorien a résilié le contrat d’exploitation de l’entreprise transnationale Occidental Petroleum Corporation (OXY) qui opérait dans l’ouest du pays suite à des irrégularités légales commises par l’entreprise. Il s’agit sans conteste d’une victoire du mouvement social qui réclamait depuis longtemps l’expulsion de cette transnationale états-unienne.
[2] Maurice Lemoine, ob. cit.
[3] Idem.
[4] Données du Tribunal suprême électoral du 28 novembre, sur www.hoy.com.ec
[5] Kintto Lucas, ob. cit.
[6] Cité par Roger burbach dans “Nuevo gobierno izquierdista triunfa en la confrontación con la derecha”, sur Alterinfos , 2 avril 2007.
[7] Eduardo Tamayo, ob. cit.
[8] Idem.
[9] Idem.
[10] Pablo Dávalos, ob. cit.
[11] Idem.
[12] Entretien avec Pablo Dávalos.
Les opinions exprimées et les arguments avancés dans cet article demeurent l'entière responsabilité de l'auteur-e et ne reflètent pas nécessairement ceux du Réseau d'Information et de Solidarité avec l'Amérique Latine (RISAL).
En cas de reproduction de cet article, veuillez indiquer les informations ci-dessous:
Source : IRC Programa de las américas (http://www.ircamericas.org/), 20 avril 2007.
Traduction : Marie-Paule Cartuyvels, pour le RISAL (http://risal.collectifs.net/).
GLOSSAIRE
Alternative Bolivarienne pour les Amériques (ALBA)
L’Alternative Bolivarienne pour les Amériques est une initiative lancée par le président vénézuélien Hugo Chávez et inspirée de la lutte du Libertador Simon Bolivar.
L’ALBA se présente comme une alternative d’intégration au projet de Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA) lancé par les Etats-Unis. Elle a été pour la première fois évoquée par M. Chávez lors du 3e sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté des Caraïbes (Caricom), en décembre 2001. Elle est officiellement née à La Havane, en avril 2005. Un an plus tard, la Bolivie d’Evo Morales a rejoint cette alliance en proposant notamment un Traité commercial des peuples (en opposition aux traités de libre-échange) entre ses membres. Le Nicaragua présidé par Daniel Ortega a rejoint l’alliance en janvier 2007.
L’ALBA entend se baser sur les principes de solidarité, de coopération et de complémentarité. L’initiative s’oppose notamment à la suppression des droits de douane et propose la création de fonds compensatoires et l’utilisation de commandes publiques privilégiant les coopératives et les petites ou les moyennes industries.
L’ALBA prétend également s’attaquer aux principales faiblesses du continent : l’insuffisance énergétique - en créant Petrosur - et le monopole de l’information - avec Telesur.
Banque mondiale
Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes : 1° La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) ; 2° L’Association internationale pour le développement (AID) ; 3° La Société financière internationale (SFI) ; 4° Le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts ; 5° L’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI).
Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de "conseiller" les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix.
Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.
Bucaram Ortiz, Abdalá
Abdalá Bucaram Ortiz, ancien président de la République d’Equateur.
Elu pour la période d’août 1996 à août 2000, il a été rapidement renversé par le mouvement social (1997) et a quitté le pays pour se réfugier au Panama suite aux accusations de corruption dont il faisait l’objet.
Confédération des nationalités indigènes de l’Équateur (CONAIE)
La Confédération des nationalités indigènes de l’Équateur (CONAIE) est une organisation indigène équatorienne - composée de plusieurs fédérations régionales - créée en 1986 et considérée comme l’une des plus puissantes d’Amérique latine. Elle a été la principale protagoniste de plusieurs soulèvements et renversements de gouvernement depuis 1990. Elle s’est dotée d’un bras politique en 1995, le mouvement Pachakutik Nuevo País, et a participé quelques mois au gouvernement de Lucio Gutierrez (2002-2005) avant de rompre avec ce dernier.
Fonds Monétaire International (FMI)
Le Fonds Monétaire International (FMI) est né le même jour que la Banque mondiale avec la signature des Accords de Bretton Woods (1944).
A l’origine, le rôle du FMI était de défendre le nouveau système de changes fixes. A la fin de Bretton Woods (1971), le FMI est maintenu et se révèle petit à petit le gendarme et le pompier du capitalisme mondialisé : gendarme lorsqu’il impose ses programmes d’ajustement structurels, pompier lorsqu’il intervient financièrement pour renflouer des Etats touchés par une crise financière.
Le capital du FMI est composé de l’apport en devises fortes (et en monnaies locales) des pays membres. En fonction de cet apport, chaque membre se voit allouer des droits de tirage spéciaux (DTS) qui sont en fait des actifs monétaires échangeables librement et immédiatement contre des devises d’un pays tiers. Le fonctionnement d’utilisation de ces DTS correspond à une politique dite de stabilisation à court terme de l’économie, destinée à réduire le déficit budgétaire des pays et à limiter l’accroissement de la masse monétaire. Cette stabilisation constitue le plus souvent la première phase de l’intervention du FMI dans les pays endettés. Mais le FMI considère qu’il est désormais de son ressort (depuis le premier choc pétrolier de 1974-1975) d’agir sur la base productive des économies du Tiers Monde en restructurant des pans entiers de celles-ci ; il s’agit là d’une politique d’ajustement à plus long terme de l’économie. Il fait de même avec les pays dit en transition vers une économie de marché.
Son mode de décision est le même que pour la Banque mondiale et se base sur une répartition des droits de vote en fonction du montant de la cotisation des Etats membres. Il faut 85% des voix pour modifier la Charte du FMI (les Etats-Unis possèdent donc une minorité de blocage, vu qu’ils possèdent 17,35% des voix).
Forces Armées Révolutionnaires de Colombie - Armée du Peuple (FARC-EP)
Les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie - Armée du peuple, Fuerzas Armadas Revolucionarias de Colombia - Ejército del Pueblo, est la principale guérilla de Colombie, née officiellement en 1964. Elle est reconnue comme organisation terroriste par les États-Unis et l’Union européenne.
Gutierrez, Lucio
Lucio Gutiérrez, militaire et homme politique équatorien, président de l’Équateur entre janvier 2003 et avril 2005. Il a été renversé par ladite révolte des hors-la-loi.
M. Gutiérrez s’est fait connaître en tant que militaire lors du renversement du gouvernement de Jamil Mahuad, en alliance avec les mouvements indigènes, en janvier 2000.
Après être passé par la prison, il fonda son propre parti : Société patriotique. Il sut ensuite rassembler autour de sa candidature à la présidence de nombreux mouvements sociaux, et surtout les indigènes. Une fois au pouvoir, celui qui était décrit comme un nouveau "Hugo Chavez", a retourné radicalement sa veste et trahit ses engagements.
Mahuad, Jamil
Jamil Mahuad, président de l’Equateur de 1998 à 2000, renversé par une rébellion militaire et indigène en janvier 2000.
Manta
En 1999, les gouvernements équatorien et états-unien ont signé une convention octroyant, pour une période de 10 ans renouvelables, l’usage de la base militaire de la côte pacifique de Manta à l’armée nord-américaine. Les bases navale et aérienne de Manta, en Équateur, sur la côte, à une heure de vol de la frontière colombienne sont sous la juridiction exclusive de Commandement Sud (US SouthCom) des forces armées états-uniennes.
Noboa, Alvaro
Equateur. Homme d’affaire millionaire dans le secteur de la banane, Alvaro Noboa a été candidat à la présidence du pays en 2002 et en 2006.
Produit Intérieur Brut (PIB)
Le Produit intérieur brut traduit la richesse totale produite sur un territoire donné, estimée par la somme des valeurs ajoutées.
Programme d’Ajustement Structurel (PAS)
Politique économique imposée par le Fonds Monétaire International (FMI) en contrepartie de l’octroi de nouveaux prêts ou de l’échelonnement d’anciens prêts.
Sierra
Zone montagneuse, chaîne de montages.
Une instabilité sans fin
Depuis une dizaine d’années, l’instabilité politico-sociale s’est installée en Equateur comme une conséquence de l’irruption de nouveaux acteurs (le mouvement indigène) s’affrontant à la résistance des vieilles élites qui refusent d’abandonner le contrôle de l’Etat.
par Raúl Zibechi
9 mai 2007
http://risal.collectifs.net/article.php ... ticle=2248
Le triomphe écrasant du président Rafael Correa lors de la consultation du dimanche 15 avril, dans laquelle sa proposition de convoquer une assemblée constituante a obtenu l’appui de plus de 80% des Equatoriens, ouvre un processus électoral destiné à élire des constituants, dans un contexte de forte polarisation entre la droite et le gouvernement.
Durant ses premiers mois de gouvernement, Correa n’est pas arrivé à venir à bout de l’instabilité institutionnelle que vit le pays depuis plus de dix ans : depuis 1996, aucun président n’a terminé son mandat, en raison des insurrections et des protestations sociales à répétition qui ont secoué le pays. Il semble difficile qu’il y parvienne maintenant puisque la population - et particulièrement le mouvement indigène - ne paraît pas disposée à tolérer la domination des élites blanches qui ont enfoncé le pays dans la pauvreté malgré les ressources naturelles importantes, notamment le pétrole, dont il dispose ; et ces élites ne se résignent pas à perdre leurs privilèges, provoquant ainsi un climat de confrontation.
Le surprenant triomphe de Correa aux élections du 26 novembre a un rapport avec l’existence d’une société civile organisée qui a manifesté son rejet des plans néolibéraux. Sans parti et sans candidats au Congrès, le nouveau président compte sur le soutien d’une portion significative des Equatoriens. Il a devant lui la tâche ardue de démanteler un État colonial créé par les élites. Son arme principale, qui provoque une résistance tenace de la part de ces mêmes élites, est la convocation d’une assemblée constituante capable de refonder le pays et de le doter d’un État représentatif de ceux qui ont été exclus durant cinq siècles.
L’histoire longue
Le dernier président à avoir terminé son mandat est le conservateur Sixto Duran Ballen (1992-1996). Depuis lors, huit présidents se sont succédés dans un climat d’agitation sociale quasi permanente. Mais, en réalité, l’instabilité a commencé en 1990, lorsqu’en juin, un puissant soulèvement indigène, dirigé par la Confédération des Nationalités Indigènes de l’Equateur (Conaie), provoqua un séisme politique et social et plaça les indigènes au centre de la scène équatorienne. Depuis lors, ils sont devenus la force avec laquelle il faut négocier ou s’affronter. Ils ne redeviendront plus un acteur secondaire ou réduit au silence.
Abdala Bucaram remporta les élections de 1996, mais son gouvernement dura moins de six mois car il fut destitué par le Congrès pour cause d’ « incapacité mentale à gouverner ». La gestion de Bucaram, un homme de droite, fut orageuse, entachée d’irrégularités et il provoqua des manifestations massives contre lui. La vice-présidente Rosalia Arteaga lui succéda pour quelques heures, mais le Congrès confia le pouvoir à son vice-président Fabian Alarcon qui exerça les fonctions de président intérimaire jusqu’à ce que, en août 1998, Jamil Mahuad l’emporte au second tour des élections sur le millionnaire Alvaro Noboa.
Mahuad gouverna du 10 août 1998 au 21 janvier 2000. Ce jour-là, une vaste révolte indigène appuyée par un groupe de colonels rebelles, parmi lesquels s’est distingué Lucio Gutierrez, le força à démissionner, et le vice-président Gustavo Noboa prit sa relève. Tout ceci se passa en pleine banqueroute financière qui mena au gel des dépôts des épargnants et à remplacer la monnaie nationale par le dollar.
Gutierrez gagna les élections de 2002 grâce à l’appui massif des indigènes, puisque l’ex-colonel s’était engagé à réaliser un programme de changements profonds en se déclarant « nationaliste, progressiste et révolutionnaire » et en proposant « une seconde indépendance » pour l’Equateur. Gutierrez fit entrer dans son cabinet d’éminents dirigeants indigènes, tels que Nina Pacari, première femme indigène à exercer la fonction de ministre des Affaires étrangères sur le continent.
Bien vite, Gutierrez trahit ses alliés. Il signa un accord avec le Fonds Monétaire International (FMI), décida un programme d’ajustement structurel et s’appuya sur la droite du Parti Social Chrétien (PSC). La Conaie souffrit une crise très dure dont elle ne s’est pas encore totalement remise. D’un côté, les dirigeants s’éloignèrent de leurs bases, puisque beaucoup occupèrent des postes dans le gouvernement. D’autre part, Gutierrez utilisa les ressources de l’Etat pour diviser et coopter le mouvement, et il alla même jusqu’à exercer une répression sélective contre ceux qui résistaient, jusqu’à ce que, en juillet 2003, six mois après l’installation d’un gouvernement qui avait soulevé d’énormes attentes, la Conaie retire ses militants du gouvernement.
A mesure que le gouvernement de Gutierrez devenait plus impopulaire, les protestations grandissaient. Les accords avec les organismes financiers internationaux conduisirent à la privatisation des entreprises publiques d’électricité et des télécommunications et à la suspension des subventions à la consommation de gaz. Le 20 avril 2005, le Congrès destitua Gutierrez au milieu d’une manifestation urbaine massive composée essentiellement des classes moyennes et des jeunes de Quito, connus sous le nom de « hors-la-loi » (« forajidos », nom utilisé par le président contre ceux qui le critiquaient).
Son successeur, Alfredo Palacio, prit ses distances à l’égard de la politique pro états-unienne de Gutierrez et nomma l’économiste Rafael Correa ministre de l’Economie. Un tournant se produisit alors dans l’histoire récente du pays. Depuis le ministère, Correa négocia avec le président du Venezuela, Hugo Chavez, la vente de 500 millions de dollars en bons de la dette extérieure et décida qu’une partie des exportations de pétrole ne seraient pas utilisées pour payer la dette mais pour des dépenses sociales. Cependant, les pressions de Washington, du FMI et de la Banque mondiale forcèrent la démission du ministre ; Palacio opéra un virage à droite et se montra disposé à signer un traité de libre-échange.
Une fois de plus, le pendule oscillait vers la droite. Mais, une fois de plus aussi, les indigènes prirent l’initiative. Le dernier grand soulèvement indigène en date se produisit en mars 2006 - il y en a eu au total plus de dix depuis 1990. Manifestations, blocages de rues, pays paralysé : le gouvernement répondit en décrétant l’état d’urgence dans la moitié du pays (11 provinces sur 22).
Les secteurs populaires se mobilisèrent sous le mot d’ordre « Nous ne voulons pas être une colonie des Etats-Unis » et obtinrent une victoire éclatante. Le 15 mai 2006, le gouvernement de Palacio dut faire marche arrière : il décida d’expulser Occidental Petroleum (OXY) [1] et d’en confisquer les actifs, une mesure que réclamait le mouvement social comme un moyen de détendre la situation. De cette manière, la signature du traité de libre-échange restait en suspens, la Maison Blanche ayant fait savoir que dans de semblables conditions, elle ne le signerait pas. C’est dans ce climat que se produisit le triomphe électoral de Correa.
L’histoire récente
En vue des élections du 15 octobre, Rafael Correa créa le groupe Alianza País (AP, Alliance Pays) qui réunit un ensemble de groupes progressistes. La gauche traditionnelle présenta ses candidats comme elle a l’habitude de le faire. Et le mouvement indigène s’était engagé pour la candidature de Luis Macas, président de la Conaie. Aucun de ces deux secteurs n’obtint un soutien important dans les urnes ni aucune possibilité de vaincre la droite agglutinée autour du magnat de la banane Alvaro Noboa. Au premier tour, Noboa l’emporta (il y eut des dénonciations de fraude qui ne furent ni confirmées ni écartées), suivi de Correa. En vue du second tour, un vaste mouvement politico-social d’appui à la candidature de Correa fut créé. Il rassemblait les partis Pachakutik (indigène), le Mouvement populaire démocratique, le Parti socialiste et la Gauche démocratique, mais était surtout soutenu par plus de deux cents organisations sociales.
Ce vaste mouvement priva de sa victoire la droite qui paraissait en condition de vaincre. Correa se prononçait contre le traité de libre-échange ; il refusait de considérer les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) comme terroristes au contraire de ce que souhaiterait l’administration Bush ; il dit qu’il ne renouvellerait pas le contrat de la base militaire de Manta où opèrent les forces armées des Etats-Unis et soutint le projet d’intégration régionale mené par Hugo Chavez, l’Alternative Bolivarienne pour les Amériques (ALBA). Sur le sujet clé du pétrole, il fut catégorique : « Nous ne pouvons permettre que, sur cinq barils produits, les multinationales s’en attribuent quatre et nous en laissent un. Nous allons revoir la participation de l’Etat dans ces contrats. » [2].
Bien qu’il défende son amitié avec Chavez, il a dit qu’il n’est pas « chaviste », mais a assuré que « nous sommes partie prenante du socialisme du XXIe siècle qui cherche la justice sociale, la souveraineté nationale, la défense des ressources naturelles et une intégration régionale qui repose sur une logique de coordination, de coopération et de complémentarité » [3] Avec ce discours et ces appuis, il l’emporta au second tour du 26 novembre avec 57% des votes.
Ce fut une surprise à l’extérieur du pays. Son triomphe fut écrasant dans la sierra andine habitée par les quechuas (il a atteint 75% dans la province de Cotopaxi) et dépassa les 60% dans presque toutes les provinces de la selva [amazonie]. Mais il perdit dans trois provinces de la côte, bastion de l’oligarchie bananière et financière - même s’il a obtenu un excellent score dans certaines d’entre elles, y compris la province de Guayas, où se trouve Guayaquil, la seconde ville du pays : il y obtint 43% [4].
Sans perdre de temps, Correa proposa de convoquer l’assemblée constituante. Immédiatement, le Congrès émit des objections, signalant que les cent députés élus n’abandonneraient pas leurs fonctions même si l’assemblée siégeait. Au contraire, Correa veut que la Constituante ait le pouvoir de révoquer le parlement et toutes les charges élues. Le 1er mars, le Tribunal Suprême Electoral (TSE) appela les Equatoriens à une consultation pour décider s’ils veulent convoquer une assemblée constituante, en date du 15 avril. Le gouvernement n’a pas le droit de réaliser la convocation directe et comme Correa n’a pas présenté de liste au Parlement, la majorité des députés (57 sur 100) ont refusé de le faire. C’est pourquoi il est nécessaire de passer par cette étape intermédiaire.
Mais au début du mois de mars, la majorité du Congrès décida de relever de ses fonctions le président du TSE, qui avait été nommé par ce même parlement, pour avoir convoqué le plébiscite. A son tour, le TSE destitua les 57 députés qui avaient voté la destitution de leur président avec pour argument le fait que la législation ordonne la destitution de tout fonctionnaire qui fait obstruction à un processus électoral [5].
La surenchère entre les pouvoirs conduisit à la fermeture du Parlement durant un mois. Le gouvernement appuya la résolution du TSE et maintint une garde policière autour du Congrès pour empêcher que les législateurs destitués n’entrent dans l’enceinte et n’y siègent. Le Congrès recommença à siéger le 10 avril, après un mois d’inactivité, avec une majorité de députés suppléants, ce qui était une manière de reconnaître la validité de la destitution des 57 députés. La ténacité de Correa avait triomphé, puisqu’il a pu surmonter la crise sans violer la loi et a réussi à faire du plébiscite pour convoquer la Constituante une réalité. De plus, suite à l’entrée des suppléants, le Congrès est devenu majoritairement favorable au président.
Il semble évident que Correa n’aurait pas pu sortir vainqueur de cette confrontation sans les appuis importants dont il jouit dans la population (quelque 70%, d’après les sondages) et sans l’énorme discrédit de la « particratie » comme les Equatoriens appellent les politiciens qu’ils considèrent comme corrompus. Maintenant, il lui reste à organiser l’élection des 130 membres de la Constituante qui aura lieu entre octobre et novembre de cette année. Cent seront élus par circonscription provinciale ; 24, par circonscription nationale et six, par les émigrants résidant en Europe et aux Etats-Unis.
Un nouveau mouvement social
Les partis de la droite contrôlent la vie politique du pays et l’appareil d’État depuis 25 ans. Même l’ex-chef du FMI, Michel Camdessus, a reconnu que l’Equateur se caractérise « par une relation incestueuse entre banquiers, groupes de pression politico-financiers et fonctionnaires corrompus » [6]. Lesdits « fonctionnaires corrompus » sont en réalité les hommes politiques du Parti Rénovateur Institutionnel d’Action Nationale (PRIAN) d’Alvaro Noboa, du Parti Société Patriotique (PSP) de l’ex-président Lucio Gutierrez, du Parti Social Chrétien (PSC) et l’Union Démocratique Chrétienne (UDC). Ces partis se répartissent les charges et les prébendes de l’État. Pour cette raison, la crédibilité du Congrès et des politiques atteint à peine 5%, et c’est ce qui a permis à Correa de gagner les élections et, entre autres raisons, pour ne pas avoir présenté de candidats au parlement [7].
Les 17 groupes économiques les plus importants du pays comptent 563 entreprises dont les revenus s’élèvent à cinq milliards de dollars - 14% du Produit Intérieur Brut (PIB) de l’Equateur. Mais leur déclaration d’impôt sur les revenus de 2005 équivaut seulement à 6% du total collecté [8]. A lui seul, le Groupe Noboa, d’Alvaro Noboa, rival de Correa dans les dernières élections, possède 144 entreprises, a cumulé des revenus pour 575 millions de dollars en 2005 et fait 3,9 millions de dollars de profit. Mais, pour l’impôt sur le revenu, il ne déclare que 978 mille dollars [9]. Ces données sont une petite illustration des groupes économiques qui dominent le pays, représentés par la droite et qui nomment des fonctionnaires corrompus qui leur permettent d’échapper à l’impôt. Et ces groupes craignent qu’un gouvernement transparent ne mette fin à leurs fabuleux profits.
C’est contre cet état de choses qu’est né, au cours de la dernière décennie, un « mouvement citoyen », celui qui a porté Correa au gouvernement. L’économiste Pablo Davalos affirme qu’en Equateur, il y a eu trois acteurs importants dans les dernières décennies : 1° les travailleurs, dont le protagonisme s’est affaibli avec le modèle néolibéral ; 2° le mouvement indigène, qui malgré son grand protagonisme, fait montre d’usure dans ses « dynamiques, discours et propositions » ; et 3° le nouveau mouvement citoyen qui représente un éventail hétérogène d’intérêts et se propose comme principal objectif « la réforme politique » [10].
Il ne s’agit pas d’un mouvement traditionnel avec des profils définis. Il représente plutôt une réaction morale profonde des citoyens. Le mouvement citoyen « pose la question de la moralisation du système politique libéral, exprimée par la mise à l’écart des partis dans les organismes de contrôle, d’élections et de justice, et par des changements procéduriers de la représentation et de l’exercice du pouvoir qui envisagent, entre autres, la révocation du mandat, des mécanismes anticorruption et la fiscalisation du système politique » [11].
« Moraliser » la politique peut sembler peu de chose aux yeux de la vieille gauche, mais, dans le contexte équatorien, ce serait une véritable révolution. Ce qui est certain, c’est que ce mouvement diffus est en train de changer le pays : d’abord, il a mis Gutierrez à terre et maintenant, il a porté Correa au palais de gouvernement.
A la différence des mouvements antérieurs, le mouvement citoyen actuel intègre les classes moyennes des villes qui sont devenues grandes consommatrices grâce au modèle néolibéral et qui exigent aujourd’hui une démocratie qui fonctionne. Ces classes moyennes ont bénéficié de la dollarisation, surtout grâce aux envois (les « remesas ») des émigrants. Entre 2000 et 2005, deux millions d’Equatoriens sur une population de 12 millions ont quitté le pays. Leurs envois en 2006 se sont élevés à 3 milliards de dollars, un montant fabuleux qui s’approche des 3,6 milliards que représentent les exportations annuelles de pétrole, le principal produit d’exportation du pays. Cet argent arrive directement aux familles et alimente une consommation centrée sur les malls [grands centres commerciaux]. Pour Davalos, « les classes moyennes exigent que le système politique fonctionne avec la même transparence que celle qu’ils attribuent au fonctionnement du marché. » [12].
Le défi qui se pose au président Correa est de donner transparence et efficience au système politique, ce qui suppose de le réformer à fond. Il doit d’abord vaincre la résistance des élites et des fonctionnaires publics. Mais, en second lieu, il doit affronter la contradiction suivante : ne pas sortir de la dollarisation qui transforme le pays en une colonie de l’économie des Etats-Unis tout en arborant un discours de souveraineté nationale et en résistant au renouvellement du contrat pour la base de Manta. S’il revient à la monnaie nationale, les classes moyennes se sentiront trompées puisque leur pouvoir d’achat ne pourra se maintenir. Mais s’il ne le fait pas, des millions de paysans et de pauvres urbains ou d’indigènes continueront à s’appauvrir alors que leurs économies ont été détruites par la dollarisation. A la longue, il devra choisir entre les gagnants et les perdants de la dollarisation. Un choix difficile mais impossible à contourner.
Ressources
Eduardo Tamayo, “Consulta popular se perfila como salida a la crisis”, 23 mars 2007, sur http://www.alainet.org/
Kintto Lucas, “Endémica crisis institucional”, 8 mars 2007, sur http://www.ipsenespanol.net/
— Maurice Lemoine, “Equateur, une victoire à consolider”, Le Monde Diplomatique, Paris, janvier 2007.
— Pablo Dávalos, “Movimientos ciudadanos, Asamblea Constituyente y neoliberalismo” 16 janvier 2007, sur http://www.ircamericas.org/esp/4162
Notes:
[1] [NDLR] Le 15 mai 2006, le gouvernement équatorien a résilié le contrat d’exploitation de l’entreprise transnationale Occidental Petroleum Corporation (OXY) qui opérait dans l’ouest du pays suite à des irrégularités légales commises par l’entreprise. Il s’agit sans conteste d’une victoire du mouvement social qui réclamait depuis longtemps l’expulsion de cette transnationale états-unienne.
[2] Maurice Lemoine, ob. cit.
[3] Idem.
[4] Données du Tribunal suprême électoral du 28 novembre, sur www.hoy.com.ec
[5] Kintto Lucas, ob. cit.
[6] Cité par Roger burbach dans “Nuevo gobierno izquierdista triunfa en la confrontación con la derecha”, sur Alterinfos , 2 avril 2007.
[7] Eduardo Tamayo, ob. cit.
[8] Idem.
[9] Idem.
[10] Pablo Dávalos, ob. cit.
[11] Idem.
[12] Entretien avec Pablo Dávalos.
Les opinions exprimées et les arguments avancés dans cet article demeurent l'entière responsabilité de l'auteur-e et ne reflètent pas nécessairement ceux du Réseau d'Information et de Solidarité avec l'Amérique Latine (RISAL).
En cas de reproduction de cet article, veuillez indiquer les informations ci-dessous:
Source : IRC Programa de las américas (http://www.ircamericas.org/), 20 avril 2007.
Traduction : Marie-Paule Cartuyvels, pour le RISAL (http://risal.collectifs.net/).
GLOSSAIRE
Alternative Bolivarienne pour les Amériques (ALBA)
L’Alternative Bolivarienne pour les Amériques est une initiative lancée par le président vénézuélien Hugo Chávez et inspirée de la lutte du Libertador Simon Bolivar.
L’ALBA se présente comme une alternative d’intégration au projet de Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA) lancé par les Etats-Unis. Elle a été pour la première fois évoquée par M. Chávez lors du 3e sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté des Caraïbes (Caricom), en décembre 2001. Elle est officiellement née à La Havane, en avril 2005. Un an plus tard, la Bolivie d’Evo Morales a rejoint cette alliance en proposant notamment un Traité commercial des peuples (en opposition aux traités de libre-échange) entre ses membres. Le Nicaragua présidé par Daniel Ortega a rejoint l’alliance en janvier 2007.
L’ALBA entend se baser sur les principes de solidarité, de coopération et de complémentarité. L’initiative s’oppose notamment à la suppression des droits de douane et propose la création de fonds compensatoires et l’utilisation de commandes publiques privilégiant les coopératives et les petites ou les moyennes industries.
L’ALBA prétend également s’attaquer aux principales faiblesses du continent : l’insuffisance énergétique - en créant Petrosur - et le monopole de l’information - avec Telesur.
Banque mondiale
Créée en 1944 à Bretton Woods dans le cadre du nouveau système monétaire international, la Banque possède un capital apporté par les pays membres et surtout emprunte sur les marchés internationaux de capitaux. La Banque finance des projets sectoriels, publics ou privés, à destination des pays du Tiers Monde et de l’ex-bloc soviétique. Elle se compose des cinq filiales suivantes : 1° La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) ; 2° L’Association internationale pour le développement (AID) ; 3° La Société financière internationale (SFI) ; 4° Le Centre international de règlements des différends relatifs aux investissements (CIRDI) gère les conflits d’intérêts ; 5° L’Agence multilatérale de garantie des investissements (AMGI).
Avec l’accroissement de l’endettement, la Banque mondiale a, en accord avec le FMI, développé ses interventions dans une perspective macro-économique. Ainsi la Banque impose-t-elle de plus en plus la mise en place de politiques d’ajustement destinées à équilibrer la balance des paiements des pays lourdement endettés. La Banque ne se prive pas de "conseiller" les pays soumis à la thérapeutique du FMI sur la meilleure façon de réduire les déficits budgétaires, de mobiliser l’épargne interne, d’inciter les investisseurs étrangers à s’installer sur place, de libéraliser les changes et les prix.
Enfin, la Banque participe financièrement à ces programmes en accordant aux pays qui suivent cette politique, des prêts d’ajustement structurel depuis 1982.
Bucaram Ortiz, Abdalá
Abdalá Bucaram Ortiz, ancien président de la République d’Equateur.
Elu pour la période d’août 1996 à août 2000, il a été rapidement renversé par le mouvement social (1997) et a quitté le pays pour se réfugier au Panama suite aux accusations de corruption dont il faisait l’objet.
Confédération des nationalités indigènes de l’Équateur (CONAIE)
La Confédération des nationalités indigènes de l’Équateur (CONAIE) est une organisation indigène équatorienne - composée de plusieurs fédérations régionales - créée en 1986 et considérée comme l’une des plus puissantes d’Amérique latine. Elle a été la principale protagoniste de plusieurs soulèvements et renversements de gouvernement depuis 1990. Elle s’est dotée d’un bras politique en 1995, le mouvement Pachakutik Nuevo País, et a participé quelques mois au gouvernement de Lucio Gutierrez (2002-2005) avant de rompre avec ce dernier.
Fonds Monétaire International (FMI)
Le Fonds Monétaire International (FMI) est né le même jour que la Banque mondiale avec la signature des Accords de Bretton Woods (1944).
A l’origine, le rôle du FMI était de défendre le nouveau système de changes fixes. A la fin de Bretton Woods (1971), le FMI est maintenu et se révèle petit à petit le gendarme et le pompier du capitalisme mondialisé : gendarme lorsqu’il impose ses programmes d’ajustement structurels, pompier lorsqu’il intervient financièrement pour renflouer des Etats touchés par une crise financière.
Le capital du FMI est composé de l’apport en devises fortes (et en monnaies locales) des pays membres. En fonction de cet apport, chaque membre se voit allouer des droits de tirage spéciaux (DTS) qui sont en fait des actifs monétaires échangeables librement et immédiatement contre des devises d’un pays tiers. Le fonctionnement d’utilisation de ces DTS correspond à une politique dite de stabilisation à court terme de l’économie, destinée à réduire le déficit budgétaire des pays et à limiter l’accroissement de la masse monétaire. Cette stabilisation constitue le plus souvent la première phase de l’intervention du FMI dans les pays endettés. Mais le FMI considère qu’il est désormais de son ressort (depuis le premier choc pétrolier de 1974-1975) d’agir sur la base productive des économies du Tiers Monde en restructurant des pans entiers de celles-ci ; il s’agit là d’une politique d’ajustement à plus long terme de l’économie. Il fait de même avec les pays dit en transition vers une économie de marché.
Son mode de décision est le même que pour la Banque mondiale et se base sur une répartition des droits de vote en fonction du montant de la cotisation des Etats membres. Il faut 85% des voix pour modifier la Charte du FMI (les Etats-Unis possèdent donc une minorité de blocage, vu qu’ils possèdent 17,35% des voix).
Forces Armées Révolutionnaires de Colombie - Armée du Peuple (FARC-EP)
Les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie - Armée du peuple, Fuerzas Armadas Revolucionarias de Colombia - Ejército del Pueblo, est la principale guérilla de Colombie, née officiellement en 1964. Elle est reconnue comme organisation terroriste par les États-Unis et l’Union européenne.
Gutierrez, Lucio
Lucio Gutiérrez, militaire et homme politique équatorien, président de l’Équateur entre janvier 2003 et avril 2005. Il a été renversé par ladite révolte des hors-la-loi.
M. Gutiérrez s’est fait connaître en tant que militaire lors du renversement du gouvernement de Jamil Mahuad, en alliance avec les mouvements indigènes, en janvier 2000.
Après être passé par la prison, il fonda son propre parti : Société patriotique. Il sut ensuite rassembler autour de sa candidature à la présidence de nombreux mouvements sociaux, et surtout les indigènes. Une fois au pouvoir, celui qui était décrit comme un nouveau "Hugo Chavez", a retourné radicalement sa veste et trahit ses engagements.
Mahuad, Jamil
Jamil Mahuad, président de l’Equateur de 1998 à 2000, renversé par une rébellion militaire et indigène en janvier 2000.
Manta
En 1999, les gouvernements équatorien et états-unien ont signé une convention octroyant, pour une période de 10 ans renouvelables, l’usage de la base militaire de la côte pacifique de Manta à l’armée nord-américaine. Les bases navale et aérienne de Manta, en Équateur, sur la côte, à une heure de vol de la frontière colombienne sont sous la juridiction exclusive de Commandement Sud (US SouthCom) des forces armées états-uniennes.
Noboa, Alvaro
Equateur. Homme d’affaire millionaire dans le secteur de la banane, Alvaro Noboa a été candidat à la présidence du pays en 2002 et en 2006.
Produit Intérieur Brut (PIB)
Le Produit intérieur brut traduit la richesse totale produite sur un territoire donné, estimée par la somme des valeurs ajoutées.
Programme d’Ajustement Structurel (PAS)
Politique économique imposée par le Fonds Monétaire International (FMI) en contrepartie de l’octroi de nouveaux prêts ou de l’échelonnement d’anciens prêts.
Sierra
Zone montagneuse, chaîne de montages.
Etats-Unis/Amérique latine
Negroponte cherche à contrer Chavez
Le numéro deux du département d’Etat américain tente de contenir l’influence grandissante du président vénézuélien. John Negroponte poursuit ainsi l’offensive de charme, déjà commencée en mars par le président George W. Bush dans la région.
Après avoir effectué lui-même une longue tournée en Amérique latine au mois de mars dernier, George W. Bush a lancé le deuxième acte de son offensive de charme auprès de ses partenaires dans le sud du continent américain. Cette fois-ci, il envoie John Negroponte, l’adjoint de Condoleezza Rice dans la région : dernier épisode dans la bataille entre Washington et Caracas, qui se disputent l’influence sur les pays latino-américains.
Officiellement, le diplomate américain visite pendant six jours la Colombie, l’Equateur, le Pérou et Panama pour parler d’accords commerciaux, d’énergie et de nouvelles initiatives de coopération. Officieusement, il s’agit d’une mission bien plus délicate : maintenir les liens traditionnellement étroits avec les alliés de long date dans un contexte où le discours, aussi anti-libéral qu’anti-américain, de Hugo Chavez gagne de plus en plus de terrain.
Que les choses s’annoncent encore plus compliquées que prévu, John Negroponte l’a remarqué dès son arrivée, ce mardi, à Bogota, première escale de son voyage.
Le numéro deux du département d'Etat avait à peine posé le pied sur le sol colombien que ses hôtes passaient à l’offensive. A la télévision, un message a été diffusé qui avait le mérite d’être clair : dans une interview à la chaîne RCN, le vice-président colombien, Francisco Santos, prévenait son invité que la Colombie devrait «réévaluer ses relations avec les Etats-Unis», si le Congrès américain ne ratifiait pas les accords de libre-échange entre Bogota et Washington. Une non-ratification des accords par le Congrès américain serait forcement interprétée comme un message aux «ennemis éternels des Etats-Unis».
Messages peu rassurants pour Washington
John Negroponte, qui avait redouté une telle réaction, avait mis en garde les députés américains avant même de partir pour Bogota. Il avait alors reproché aux parlementaires démocrates - majoritaires depuis les dernières élections et opposés à la conclusion de nouveaux accords de libre-échange avec la Colombie – de prendre un risque grave en ne ratifiant pas les traités signés par l’administration Bush avec Bogota. «Ce serait une victoire pour les gens, qui souhaitent un autre développement, un développement alternatif dans cette hémisphère. Cela représenterait alors une importante défaite stratégique pour les Etats-Unis dans cette région», avait-il déclaré au début du mois à Washington.
A Bogota, M. Negroponte s’est empressé de souligner que «les Etats-Unis sont un grand ami de la Colombie», faute de pouvoir promettre aux Colombiens que le Congrès américain serait bien au rendez-vous pour permettre l’application des traités en question.
Si l’ambiance n’a déjà pas vraiment été à la détente en Colombie, le plus fidèle allié des Etats-Unis en Amérique latine, la situation s’annonçait encore plus sensible pendant la deuxième étape de la tournée, ce mercredi, en Equateur.
Ces dernières semaines, le président Rafael Correa, qui s’était fait élire fin 2006 grâce à un discours ouvertement anti-américain et très proche de celui de son homologue vénézuélien Hugo Chavez, avait également fait des annonces peu propices à rassurer Washington : Rafael Correa a en effet décidé de ne pas renouveler un accord bilatéral sur les investissements et de fermer la seule base militaire des Etats-Unis en Amérique latine. Il s’agit d’une base aérienne, située non loin de la ville portuaire de Manta, qui est utilisée pour la surveillance du trafic de stupéfiants.
Avec ces deux annonces, le ton était donné. Avant de gagner les eaux, probablement plus calmes, au Pérou et au Panama, le dialogue entre le président équatorien et le numéro deux du département d’Etat américain devrait donc être «franc», comme on dit en langage diplomatique.
http://www.rfi.fr/actufr/articles/089/article_51701.asp
Negroponte cherche à contrer Chavez
Le numéro deux du département d’Etat américain tente de contenir l’influence grandissante du président vénézuélien. John Negroponte poursuit ainsi l’offensive de charme, déjà commencée en mars par le président George W. Bush dans la région.
Après avoir effectué lui-même une longue tournée en Amérique latine au mois de mars dernier, George W. Bush a lancé le deuxième acte de son offensive de charme auprès de ses partenaires dans le sud du continent américain. Cette fois-ci, il envoie John Negroponte, l’adjoint de Condoleezza Rice dans la région : dernier épisode dans la bataille entre Washington et Caracas, qui se disputent l’influence sur les pays latino-américains.
Officiellement, le diplomate américain visite pendant six jours la Colombie, l’Equateur, le Pérou et Panama pour parler d’accords commerciaux, d’énergie et de nouvelles initiatives de coopération. Officieusement, il s’agit d’une mission bien plus délicate : maintenir les liens traditionnellement étroits avec les alliés de long date dans un contexte où le discours, aussi anti-libéral qu’anti-américain, de Hugo Chavez gagne de plus en plus de terrain.
Que les choses s’annoncent encore plus compliquées que prévu, John Negroponte l’a remarqué dès son arrivée, ce mardi, à Bogota, première escale de son voyage.
Le numéro deux du département d'Etat avait à peine posé le pied sur le sol colombien que ses hôtes passaient à l’offensive. A la télévision, un message a été diffusé qui avait le mérite d’être clair : dans une interview à la chaîne RCN, le vice-président colombien, Francisco Santos, prévenait son invité que la Colombie devrait «réévaluer ses relations avec les Etats-Unis», si le Congrès américain ne ratifiait pas les accords de libre-échange entre Bogota et Washington. Une non-ratification des accords par le Congrès américain serait forcement interprétée comme un message aux «ennemis éternels des Etats-Unis».
Messages peu rassurants pour Washington
John Negroponte, qui avait redouté une telle réaction, avait mis en garde les députés américains avant même de partir pour Bogota. Il avait alors reproché aux parlementaires démocrates - majoritaires depuis les dernières élections et opposés à la conclusion de nouveaux accords de libre-échange avec la Colombie – de prendre un risque grave en ne ratifiant pas les traités signés par l’administration Bush avec Bogota. «Ce serait une victoire pour les gens, qui souhaitent un autre développement, un développement alternatif dans cette hémisphère. Cela représenterait alors une importante défaite stratégique pour les Etats-Unis dans cette région», avait-il déclaré au début du mois à Washington.
A Bogota, M. Negroponte s’est empressé de souligner que «les Etats-Unis sont un grand ami de la Colombie», faute de pouvoir promettre aux Colombiens que le Congrès américain serait bien au rendez-vous pour permettre l’application des traités en question.
Si l’ambiance n’a déjà pas vraiment été à la détente en Colombie, le plus fidèle allié des Etats-Unis en Amérique latine, la situation s’annonçait encore plus sensible pendant la deuxième étape de la tournée, ce mercredi, en Equateur.
Ces dernières semaines, le président Rafael Correa, qui s’était fait élire fin 2006 grâce à un discours ouvertement anti-américain et très proche de celui de son homologue vénézuélien Hugo Chavez, avait également fait des annonces peu propices à rassurer Washington : Rafael Correa a en effet décidé de ne pas renouveler un accord bilatéral sur les investissements et de fermer la seule base militaire des Etats-Unis en Amérique latine. Il s’agit d’une base aérienne, située non loin de la ville portuaire de Manta, qui est utilisée pour la surveillance du trafic de stupéfiants.
Avec ces deux annonces, le ton était donné. Avant de gagner les eaux, probablement plus calmes, au Pérou et au Panama, le dialogue entre le président équatorien et le numéro deux du département d’Etat américain devrait donc être «franc», comme on dit en langage diplomatique.
http://www.rfi.fr/actufr/articles/089/article_51701.asp
Colombie : Coca-Cola assassine !
Publié mercredi 9 mai 2007
De tous les syndicalistes tués dans le monde, 80% ont été tués en Colombie. Entre 1991 et 2002 en Colombie ont été tués par les paramilitaires 1925 syndicalistes et 64 en 2003.
Le SINALTRAINAL (SIndicato NAcional de TRAbajadores de la INdustria de ALimentos), syndicat des entreprises de mise en bouteilles de Coca-Cola et Nestlé, compte dans ses rangs 14 militants assassinés, 2 exilés, 48 expulsés et 2 disparus dans les 10 dernières années.
Pour discuter de la situation sociale et syndicale en Colombie l’UD CNT 69 organise une rencontre débat et vidéo avec Marco Antonio Sosa, militant de Estudios Libertarios (Bogota).
Samedi 12 mai, 20h, à l’Atelier
91, rue Montesquieu, Lyon 7e
http://rebellyon.info/article3745.html
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Colombie: neuf policiers tués dans une embuscade de la guérilla des FARC
BOGOTA - Au moins neuf policiers qui participaient à l'éradication de plantations illégales ont été tués mercredi par l'explosion d'une bombe, lors d'une embuscade attribuée à la guérilla des FARC dans le nord-est de la Colombie, a-t-on appris de sources officielles.
Un autre policier est pour le moment porté disparu, selon un porte-parole de la police.
Les agents dont un sous-officier sont morts lorsqu'un engin explosif a été activé au passage de leur camion dans une zone rurale proche de la localité de Landazuri, dans le département de Santander, a indiqué à l'AFP un porte-parole de la police.
Les policiers protégeaient des groupes de paysans affectés à l'arrachage de coca, la plante à la base de la cocaïne.
L'attaque a été attribuée par la police aux Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, marxistes, 17.000 combattants), qui sont très présentes à Landazuri et dans tout le département de Santander.
Des effectifs de la Vème brigade de l'armée ont été dépêchés sur place. "Nous prenons position sur le secteur et organisons les héliports nécessaires à l'envoi de davantage de troupes pou rechercher le groupe terroriste qui a commis cette chose atroce", a indiqué le général José Joaquin Cortès, commandant de la Vème brigade.
Le gouvernement colombien mène une vaste campagne d'arrachage manuel des plants de coca et pavot (base de l'héroïne) dans 10 des 32 départements du pays.
En 2006, des paysans protégés par la police contre les attaques de la guérilla ou de narcotrafiquants, ont éradiqué 40.000 hectares, selon le gouvernement. Une vingtaine de policiers chargés de leur surveillance ont été tués par les FARC l'an passé.
En février, deux paysans membres de ces brigades d'éradication sont morts et trois ont été blessés lors d'un affrontement avec des cultivateurs de coca de la localité de Balboa, dans le département de Cauca (sud-ouest).
L'éradication est l'une des principales missions du Plan Colombie, financé par les Etats-Unis et visant à réduire la production de cocaïne, dont ce pays est le premier producteur mondial avec 776 tonnes en 2005 et dont les Etats-Unis sont le premier consommateur au monde.
(©AFP / 09 mai 2007 19h10)
http://www.romandie.com/infos/news/0705 ... vzpsvt.asp
Publié mercredi 9 mai 2007
De tous les syndicalistes tués dans le monde, 80% ont été tués en Colombie. Entre 1991 et 2002 en Colombie ont été tués par les paramilitaires 1925 syndicalistes et 64 en 2003.
Le SINALTRAINAL (SIndicato NAcional de TRAbajadores de la INdustria de ALimentos), syndicat des entreprises de mise en bouteilles de Coca-Cola et Nestlé, compte dans ses rangs 14 militants assassinés, 2 exilés, 48 expulsés et 2 disparus dans les 10 dernières années.
Pour discuter de la situation sociale et syndicale en Colombie l’UD CNT 69 organise une rencontre débat et vidéo avec Marco Antonio Sosa, militant de Estudios Libertarios (Bogota).
Samedi 12 mai, 20h, à l’Atelier
91, rue Montesquieu, Lyon 7e
http://rebellyon.info/article3745.html
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Colombie: neuf policiers tués dans une embuscade de la guérilla des FARC
BOGOTA - Au moins neuf policiers qui participaient à l'éradication de plantations illégales ont été tués mercredi par l'explosion d'une bombe, lors d'une embuscade attribuée à la guérilla des FARC dans le nord-est de la Colombie, a-t-on appris de sources officielles.
Un autre policier est pour le moment porté disparu, selon un porte-parole de la police.
Les agents dont un sous-officier sont morts lorsqu'un engin explosif a été activé au passage de leur camion dans une zone rurale proche de la localité de Landazuri, dans le département de Santander, a indiqué à l'AFP un porte-parole de la police.
Les policiers protégeaient des groupes de paysans affectés à l'arrachage de coca, la plante à la base de la cocaïne.
L'attaque a été attribuée par la police aux Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, marxistes, 17.000 combattants), qui sont très présentes à Landazuri et dans tout le département de Santander.
Des effectifs de la Vème brigade de l'armée ont été dépêchés sur place. "Nous prenons position sur le secteur et organisons les héliports nécessaires à l'envoi de davantage de troupes pou rechercher le groupe terroriste qui a commis cette chose atroce", a indiqué le général José Joaquin Cortès, commandant de la Vème brigade.
Le gouvernement colombien mène une vaste campagne d'arrachage manuel des plants de coca et pavot (base de l'héroïne) dans 10 des 32 départements du pays.
En 2006, des paysans protégés par la police contre les attaques de la guérilla ou de narcotrafiquants, ont éradiqué 40.000 hectares, selon le gouvernement. Une vingtaine de policiers chargés de leur surveillance ont été tués par les FARC l'an passé.
En février, deux paysans membres de ces brigades d'éradication sont morts et trois ont été blessés lors d'un affrontement avec des cultivateurs de coca de la localité de Balboa, dans le département de Cauca (sud-ouest).
L'éradication est l'une des principales missions du Plan Colombie, financé par les Etats-Unis et visant à réduire la production de cocaïne, dont ce pays est le premier producteur mondial avec 776 tonnes en 2005 et dont les Etats-Unis sont le premier consommateur au monde.
(©AFP / 09 mai 2007 19h10)
http://www.romandie.com/infos/news/0705 ... vzpsvt.asp
