Au sujet du TOPIC BETANCOURT COLOMBIE VIA LA PRESSE...???

Engagements pour diverses causes, initiées ou non par Renaud...

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JP
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COMMUNIQUE DE FRANCE AMERIQUE LATINE

URGENCE : COLOMBIE

POUR LA REMISE EN LIBERTE IMMEDIATE DES ETUDIANTS ARRETES

France Amérique Latine a pris connaissance de l'entrée par les armes des forces colombiennes anti-émeutes (Escuadrón Móvil Antidisturbios, ESMAD) dans l'université du Cauca à Popayan, durant la nuit du 31 mai 2007, des blessures infligées à plusieurs étudiants, et de l'arrestation de seize d'entre eux sous l'inculpation de « terrorisme ».


Elle a immédiatement adressé une lettre de protestation à l'Ambassade de
Colombie en demandant plus particulièrement :

- la libération immédiate des étudiants emprisonnés,
- l'abandon des charges judicaires à leur encontre,
- le retrait des forces armées et policières de l'université du Cauca

Contact presse : Valérie TECHER
France Amérique Latine
Tél. : 06 77 77 77 34

* * * *

INFORMATIONS COMPLEMENTAIRES

Cette brutale répression a été ordonnée par le président colombien Alvaro Uribe Veléz alors que précisément le dialogue était recherché avec une sincère et ouverte volonté de négociation. Les forces anti-émeutes continuent d'assiéger l'université. L'ordre d'expulsion est valable pour toutes les enceintes universitaires du pays. De nouvelles interventions violentes de la part des forces de sécurité pourraient donc intervenir dans les heures à venir sur les campus, dans un contexte où de nombreuses universités colombiennes demeurent occupées par les étudiants en grève, rejoints par des enseignants et des parents d'élèves.

Depuis le 9 mai, des étudiants occupaient pacifiquement le « CLAUSTRO DE SANTO-DOMINGO», siège principal de l'Université du Cauca, où se trouve actuellement la Faculté de Droit, Sciences Politiques et Sociales et le siège administratif du campus universitaire. Cette occupation se déroulait dans le cadre des multiples mouvements de protestation pacifiques entrepris contre la privatisation du système universitaire et de la grève générale décrétée le 26 mai par les universitaires colombiens.

Depuis un mois, la Colombie vit en effet au rythme de mobilisations constantes, pacifiques et massives des étudiants universitaires, qui s'opposent à l'adoption au congrès du Plan National de Développement (PND), qui signifie la disparition des Universités Publiques. Actuellement, et pour des motifs semblables, qui trouvent dans le rejet du PND leur principale cause, la majorité des Universités Publiques sont en GRÈVE GÉNÉRALE d'ÉTUDIANTS, accompagnée par des assemblées permanentes de professeurs et travailleurs de l'éducation. Le 30 mai, une manifestation à Bogota a réuni 200.000 manifestants. Cette manifestation faisait suite à une marche de 4 jours, qui avait rassemblé 60.000 marcheurs (professeurs, étudiants et parents d'élèves) et traversé les villes de Tunja, Honda, Girardot et Villavicencio, rejoignant les 7 marches convoquées par la Fédération Colombienne des enseignants.

Il convient de signaler que les syndicalistes étudiants sont particulièrement visés par la répression.

A l'occasion d'une tournée effectuée en Europe en mars dernier, France Amérique Latine avait reçu à Paris, Diego Fernando MARIN RIOS, secrétaire général de l'ACEU. Cette organisation étudiante nationale, indépendante des partis, est présente dans 38 universités publiques et 15 universités privées. Lors de cette rencontre M. MARTIN RIOS avait pu expliquer de manière très détaillée ce qu'il qualifiait de « CRISE HUMANITAIRE DU SYNDICALISME ETUDIANT EN COLOMBIE » : ces derniers 18 mois ont été commis 8 assassinats ciblés de dirigeants estudiantins, une trentaine de menaces de mort ont été reçues, 10 étudiants ont été incarcérés et sont victimes de montages judiciaires, 20 ont été contraints à quitter leur lieu de vie et de militance face aux menaces de mort et pressions répétées exercées à leur encontre.

* * * *

A l'attention de Monsieur l'Ambassadeur de Colombie en France, Ambassade de Colombie,
22 rue de l'Elysée- 75008 Paris

Par Fax : 01 42 66 18 60

Paris, vendredi 1er juin 2007.

Monsieur l'Ambassadeur,

France Amérique latine vient d'être informée que dans la nuit du 31 mai 2007 les forces colombiennes anti-émeutes (Escuadrón Móvil Antidisturbios, ESMAD) ont
investi par la force l'UNIVERSITÉ DU CAUCA à POPAYÁN (en Colombie) occupée par des étudiants en grève depuis près d'un mois qui dénonçaient la privatisation du système universitaire. Il est à déplorer de nombreux blessés et l'arrestation de 16 étudiants sur le fondement de « terrorisme ». Parmi eux figurent trois
dirigeants de l'Association Colombienne des Etudiants Universitaires (ACEU) : Jaime Muñoz, Alfredo Apréz et Alejandro Vega.

France Amérique Latine, organisation de défense des Droits de l'Homme qui déploie une grande partie de son activité en direction de la jeunesse, dénonce l'investissement d'une université par la force et l'arrestation d'étudiants en grève sous l'inculpation de « terrorisme ».

Elle réaffirme sa préoccupation devant la criminalisation croissante des manifestations étudiantes et syndicales.

Elle demande au gouvernement colombien :
- la libération immédiate des étudiants emprisonnés,
- l'abandon des charges judicaires à leur encontre,
- le retrait des forces armées et policières de l'université du Cauca

Et plus généralement :
- l'arrêt immédiat de la répression à l'encontre des étudiants et de leurs organisations représentatives
- une enquête approfondie sur les assassinats de militants du syndicalisme étudiant,
- le respect du syndicalisme étudiant

Nous vous saurons infiniment gré de transmettre nos vives préoccupations à votre gouvernement et de nous tenir informé des suites réservées à notre requête.

Nous vous prions de recevoir, Monsieur l'Ambassadeur, nos respectueuses
salutations,

Sophie Thonon Wesfreid
Présidente Déléguée de France Amérique Latine

http://fr.groups.yahoo.com/group/CubaSolidarityProject/


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Sarkozy cherche une place à l'international: la question colombienne.

06/06/2007 - Radio France : la revue de presse de Cécile de Kervasdoué, La Charente Libre

Les derniers événements en Colombie font l'objet aujourdhui de la revue de presse de Cécile de Kervasdoué sur Radio France, qu'elle intitule « Quand Sarkozy veut rapidement faire sensation sur la scène internationale »...


Le titre est ce matin dans le Guardian en Grande Bretagne qui explique : « en trois semaines le nouveau président français est parvenu à convaincre la Colombie de libérer des guérilleros... à rallier différents chefs d'état européen autour de son projet de réforme accélérée de l'Union Européenne ....et à faire du Darfour une priorité diplomatique !...On l'aura compris, dit le quotidien britannique… Nicolas Sarkozy qui se rend aujourd'hui au sommet du G8 veut faire la différence et le plus vite possible... C'est ainsi qu'il se consacre d'abord aux questions qui peuvent trouver une solution rapide... il délaisse le proche orient et l'Iran pour la Colombie qui peut lui apporter un regain immédiat de reconnaissance en France... afin d'obtenir la libération de la candidate franco colombienne anti corruption Ingrid Betancourt, il a donc demandé et obtenu hier du gouvernement colombien la libération de 56 guérilleros qui doivent servir de monnaie d'échange avec 60 otages détenus par les Farc (les forces armées révolutionnaires de Colombie)... il obtient ainsi une victoire sur le plan intérieur en France... mais conclut le Guardian reste à savoir si cette petite victoire sera transformée à l'international.

C’est vrai que c'est « un petit succès français sur le front des otages des Farc » titre ce matin le Temps en Suisse...

Un des chefs rebelles marxistes Rodrigo Granda a été libéré à la demande du président Sarkozy... afin d'obtenir un accord humanitaire entre Bogota et les Farc... accord que l'Espagne la France et la Suisse cherchent depuis des années...

Cette libération précise le Temps, a été demandée comme « un service » par le président français en échange officiellement de son soutien à la politique de fermeté de Bogota jusque dans les couloirs du G8... sauf que rien ne dit qu'elle permettra la libération des otages...écrit le quotidien suisse… car les Farc qui n'ont pas réagit officiellement donnent des signes peu encourageants... après avoir traité ces libérables de déserteurs, la guérilla a enlevé un commandant de police et a répété ses exigences: il n’y aura de libération des otages qu’avec le retrait des troupes gouvernementales d'une zone montagneuse de 200 km carrés dans le sud ouest du pays... un retrait que le président colombien refuse absolument... alors le temps conclut... rien ne sert donc pour l'instant de fanfaronner en France... l'accord humanitaire est toujours au point mort !

D'autant que Granda ne veut pas se laisser instrumentaliser... rajoute le Diario de Noticias au Portugal... tout en remerciant Nicolas Sarkozy de reconnaitre la légitimité de la guérilla Farc... il dit avoir été libéré "contre sa volonté" … il refuse de renoncer aux Farc comme c'est prévu dans ce processus de libération de ces 200 guérilleros... et surtout il rejette toute mission de médiation avec les Farc... en critiquant durement le président Uribe notamment pour l'implication de son gouvernement dans des affaires de corruption avec les narco-trafiquants

Et là où ça se complique encore …continue el Pais c'est que les pays voisins de la Colombie dont le Paraguay ont promis de tout faire pour obtenir l'arrestation et l'extradition de Granda reconnu coupable du meurtre de la fille de l'ancien président paraguayen... et le quotidien espagnol publie ce matin un portrait de ce Granda... le numéro deux des Farc à l'international, en précisant bien que l'homme de 57 ans a c'est certain du sang d'innocents sur les mains

Alors en Colombie l'affaire fait écrire les éditorialistes qui restent très perplexes

C'est comme si les fous avaient pris le pouvoir …titre el Tiempo... le processus de paix engagé par le gouvernement est un bazar incompréhensible... un jour le président veut bombarder les Farc... le suivant il libère des centaines de guérilleros ; un jour il les traite de bandits le lendemain il les relache pour faire plaisir au président français alors qu'il venait juste de dire qu'il prendrait ses décisions concernant la guerilla sans tenir compte des pressions internationales ... c'est à n'y rien comprendre

Mais si au contraire, c'est une manœuvre très fine et très habile du président Uribe ... écrit el Colombiano... d’abord parce qu'elle place la balle de l'accord humanitaire dans le camps de la guérilla qui doit maintenant répondre à ce geste d'apaisement apparent du gouvernement pour ne pas perdre sa légitimité...et puis poursuit le journal… dans le même temps cette manœuvre écarte l'attention des média d'une affaire qui embarrasse grandement le président colombien, à savoir son implications et celle de ses ministres dans des affaires douteuses liées aux paramilitaires d'extrême droite... tout d'un coup l'actualité colombienne change de visage, la question des paramilitaires et de la corruption est reléguée en dernières pages des journaux et l'on se met à parler de paix, d'accord humanitaire et de libération de prisonniers... de quoi faire oublier au moins à l'international, les graves atteintes dont souffre la démocratie colombienne dit le quotidien de Bogota … de quoi faire oublier que des membres de son gouvernement ont fait partie ou collaboré avec des escadrons de la mort responsables d'atrocités inacceptables... des escadrons précise l’article dont certains membres sont d’ailleurs en prison et attendent par la même occasion d’être libérés comme l’ont été les Farc... alors conclut el Colombiano... ce faisant le gouvernement qui ne regarde qu'à court terme parvient peut être à se sortir d'une situation embarrassante ... mais il est certes en train de planter et de cultiver les principales critiques et pressions dont souffrira la Colombie dans le futur.

Et pour les otages? S’interroge aussi la presse... et bien nous serons fixés dans quelques heures... écrit el Tiempo... peut être la manœuvre d'Uribe s'avèrera géniale parce que le gouvernement n'aura pas seulement contenté la France, il aura aussi libéré des centaines de personnes... Si le dénouement est heureux alors tant pis pour le magma mystérieux que nous vivons actuellement ... tant pis pour les manquements à la justice et à la vérité... l'histoire sera éternellement reconnaissante à notre président et au président français...

Oui, mais sinon?...si les otages ne sont pas libérés et que les Farc campent sur leurs positions? s'interroge encore el Tiempo... alors ce sera au contraire une catastrophe et le gouvernement devra reconnaitre son échec, il faudra enfin mettre ce problème de la guérilla colombienne dans des mains plus habiles et plus justes... celle de l'ONU par exemple ou celles d'une autre organisation internationale... mais surtout conclut l’article, surtout loin des mains de Monsieur Sarkozy!

http://www.betancourt.info/indexFr.htm

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Rodrigo Granda, un rebelle en mission diplomatique

06/06/2007 - RFI, Libération, La Charente libre, Le Figaro, FR3, Diario Occidente

Rodrigo Granda a été libéré sans conditions, le 5 juin, par le président Uribe pour servir «d’intermédiaire de paix» avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc).


Jusqu’à sa capture à Caracas, au Venezuela, fin 2004, Granda assurait les relations extérieures des Farc dont il servait la cause auprès des formations politiques, des ONG, voire des pouvoirs établis où il parvenait à se ménager des entrées.

Et cela depuis qu’à la fin des années 80, il avait renoncé à ses fonctions de représentation du Parti communiste colombien (PCC) à Bogota pour échapper aux paramilitaires et rejoindre dans la guérilla son ancien camarade d’études à Berlin, Raul Reyes, actuel numéro deux et porte-parole des Farc.

Rompu à la diplomatie sinon au genre de mission de bons offices qu’attendent de lui les présidents colombien et français, Rodrigo Granda se drape dans sa loyauté à l’égard des Farc dont il a réitéré les exigences dès sa sortie de prison.

Tout juste libéré, Rodrigo Granda pose les conditions des négociations

A peine libéré, Rodrigo Granda a jeté un froid sur la perspective d'un dénouement rapide des négociations qui pourraient aboutir à la remise en liberté d'otages des Farc, dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt. Ce chef de la rébellion colombienne, considéré comme le «ministre des affaires étrangères des Farc», a déclaré mardi que le président colombien, Alvaro Uribe, devait accepter avant tout accord sur les otages la démilitarisation d'une zone du pays réclamée par la rébellion.

«L'impératif du moment, c'est un échange humanitaire mais ce ne sera possible qu'avec la démilitarisation de Florida et de Pradera», a-t-il dit dans un enregistrement diffusé du siège de la Conférence épiscopale catholique à Bogota, où il se trouve depuis sa libération, lundi. Granda, qui a bénéficié d'une remise en liberté sur parole, a ajouté que son rôle futur dépendrait de la direction des Forces armées révolutionnaires de Colombie.

Sa libération a été interprétée à Bogota mais aussi à Paris comme un développement important dans le dossier des otages des Farc, dont Ingrid Betancourt, enlevée le 23 février 2002, et trois Américains (Marc Gonsalves, Thomas Howes et Keith Stansell). Les autorités colombiennes et françaises ont souligné qu'Uribe avait décidé d'élargir Granda à la demande du président français Nicolas Sarkozy.

Mardi soir, la France, l'Espagne et la Suisse ont exhorté les rebelles colombiens à répondre à sa remise en liberté en s'efforçant de conclure un accord pour la libération de Betancourt et des trois Américains. Ces employés d'une entreprise sous contrat avec le département américain de la Défense ont été capturés l'année suivante après l'accident de leur avion dans la jungle lors d'une opération d'éradication de plantations de drogue.

L'initiative de relâcher Granda et d'autres rebelles est intervenue alors même que les Farc avaient rejeté ce plan et réaffirmé qu'ils posaient le retrait des forces colombiennes d'une zone rurale entourant les villes de Florida et de Pradera, d'une superficie équivalente à celle de New York, comme condition préalable à toute discussion sur l'échange d'otages contre des guérilleros emprisonnés.

Granda a réaffirmé cette exigence, illustrant la complexité de la tâche qui attend Uribe s'il veut parvenir à un accord avec les Farc alors même qu'il s'est rendu populaire auprès de l'électorat par son intransigeance face à la rébellion et par son refus de retirer l'armée de cette zone. Au moment même où Uribe annonçait la libération de Granda, lundi soir à Bogota, les Farc enlevaient le capitaine Guillermo Javier Solorzano, commandant de la police de Florida.

http://www.betancourt.info/indexFr.htm
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LeKevin
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Blaise Poulossière a écrit :Arrête de vouloir faire croire à tout le monde que tu lis tout ça !
:lol:


Ta gueule !!!!!



8)



Je lis quand ils sont courts... Alors t'arrêtes...




Mwa.
Tha_moumou et Peps a écrit :Plus ça va et plus je te trouve sympa, mon kevinounet.
Milou ! a écrit : :lol: :lol: :lol: Moi j'aime bien Le Kevin 8)
deyssambre a écrit :Je t'aime Lekevin, et ton cousin aussi.
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Colombie: le petit Emmanuel devient le symbole des otages des FARC


BOGOTA, 07/06 - Les milliers d`otages détenus par les FARC en Colombie ont un prénom, à défaut d`un visage: Emmanuel. Elevé par les rebelles d`extrême gauche, l`enfant né il y a trois ans de la relation entre une prisonnière et un guérillero est en passe de devenir le symbole de la cruauté de cet interminable conflit.


Du même coup, sa mère, Clara Rojas, directrice de campagne d`Ingrid Betancourt et enlevée avec elle en 2002, sort de l`ombre de la candidate à l`élection présidentielle qui bénéficie d`une vaste campagne de soutien en Europe, du fait de sa double nationalité franco-colombienne. Les deux femmes font partie de la soixantaine d`otages de premier plan que les Forces armées révolutionnaires de Colombie voudraient échanger contre des centaines de leurs miliciens emprisonnés.

L`existence du fils de Clara Rojas avait été révélée en 2006 par un journaliste colombien mais le témoignage d`un policier qui a réussi à s`échapper après neuf ans de captivité a permis de mettre un prénom sur cet enfant de la guerre et d`en savoir un peu plus. "Ils ne laissent pas le bébé avec elle", sa mère, "ils la laissent le voir mais ce sont les guérilleros qui s`occupent de lui", a déclaré Jhon (bien Jhon) Frank Pinchao.

Entre les rebelles d`extrême gauche, les milices paramilitaires d`extrême droite et les criminels mus par l`appât du gain, la Colombie présente l`un des taux d`enlèvement les plus élevés au monde. Près de 700 personnes ont été capturées l`an dernier, selon les autorités, et plus de 3.000 sont actuellement retenues en otages, estime l`organisation Pais Libre. Le cas du petit Emmanuel est devenu représentatif d`une situation qui frappe toute la société colombienne.

Des émissions de télévision commencent désormais par un appel à la libération de l`enfant, qui sera également au coeur d`une prochaine campagne du gouvernement contre les FARC. Il s`agira de "montrer le niveau de cruauté de cette organisation qui en est arrivée au point où un être humain est né otage", précise le vice-président Francisco Santos, enlevé en 1989 et détenu pendant huit mois par les hommes de main du baron de la drogue Pablo Escobar, mort depuis.

http://www.angolapress-angop.ao/noticia-f.asp?ID=536824
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Lettre à mon petit-fils Emmanuel, par la mère de Clara Rojas

http://www.educweb.org/webnews/ColNews- ... uel-fr.pdf
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LeKevin
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Déjà posté par SVPat...








Mwa.
Tha_moumou et Peps a écrit :Plus ça va et plus je te trouve sympa, mon kevinounet.
Milou ! a écrit : :lol: :lol: :lol: Moi j'aime bien Le Kevin 8)
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Plan Colombie: Washington planque la coca sous le tapis

Par Arnaud Aubron (Rue89)

Le plus intéressant dans les statistiques qu'établit chaque année l'administration américaine sur la production de coca en Colombie, c'est la manière de les présenter. Ou de ne pas le faire. Lorsque les chiffres sont à la baisse, comme c'était plus ou moins le cas jusqu'en 2005, le tzar antidrogues américain convoque les caméras tout sourire, schémas à l'appui (voir ci-dessous) pour expliquer que les cinq milliards de dollars dépensés par les contribuables pour financer depuis 1999 le Plan Colombie (aide militaire à Bogota pour lutter contre la cocaïne) portent leurs fruits. Mais lorsque la production grimpe, circulez journalistes, il n'y a rien à voir. Ce qui est le cas cette année.


"Statistiquement, il n'y a pas eu de changement dans les quantités de coca cultivées entre 2005 et 2006", apprenait-on ainsi lundi 4 juin dans un communiqué de presse discrètement mis en ligne par les bureaux de John Walters, susdit tzar. Pourtant, lorsque l'on regarde quelques lignes plus bas, les chiffres semblent dire tout autre chose: les cultures de coca auraient progressé de 9% pour atteindre 157200 hectares. Stupeur et tremblements. Comment expliquer cette différence? "La superficie de territoire évaluée en 2006 est de 19% supérieure à celle évaluée en 2005, et presque toute l'augmentation de production constatée l'a été dans cette zone nouvellement évaluée." Ainsi, il n'y aurait pas plus de coca mais on l'aurait simplement mieux cherchée. Pour 5 milliards de dollars, c'est la moindre des choses...

Deux détails frappent pourtant. D'abord, le communiqué de presse de l'ONDCP (Office of national drug control policy) ne s'aventure pas à comparer les chiffres à superficie égale, ce qui avait pourtant été fait l'année dernière pour expliquer là-aussi que malgré la hausse des chiffres, la production continuait en fait à baisser... Ce qui signifierait donc, autre détail qui coince, que les chiffres précédents étaient faux. Pourtant, en 2004, Walters triomphait jusque sur son blog en présentant ces mêmes données, alors censées expliquer à elles seules tout le génie de la politique américaine en Colombie. On omettait bien de préciser à cette époque que les surfaces évaluées ne représentaient même pas la moitié de la superficie totale du pays. Cette année, John Walters ne semble même pas avoir jugé utile d'ouvrir le débat avec les internautes.

"L'ONDCP se concentre sur les bonnes nouvelles, comme les baisses [de production de drogues] à court terme et ignore les mauvaises nouvelles. Il présente de façon sélective les statistiques qui lui sont favorables et affirme parfois des choses totalement fausses", regrettait début juin lors d'un colloque du Cato institute le professeur Robinson, coauteur de "Mensonges, sacrés mensonges, et statistiques de la guerre à la drogue".

A l'arrivée, après sept ans de recours encore accru aux fumigations, aux opérations militaires, aux arrestations et extraditions, la production de cocaïne colombienne, elle, se porte bien. Quant au Plan Colombie, les démocrates, majoritaires au Congrès, ont menacé cette semaine de l'alléger sensiblement.

http://www.rue89.com/2007/06/09/hausse- ... n-colombie
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Lula prêt à aider à libérer les otages des FARC si Uribe le demande


10/06/2007 - Le Monde, La Patria, Reuters

Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a déclaré vendredi qu'il était disposé à collaborer avec son homologue colombien, Alvaro Uribe, pour aider à obtenir la libération des otages des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie).


Au cours d'une conférence de presse à Heiligendamm (nord-est de l'Allemagne) où il était venu participer à la dernière journée du sommet du G8, Lula a expliqué que le président français Nicolas Sarkozy l'avait appelé il y a quelques jours pour lui demander de s'entremettre pour la libération de la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt.

"Nous pouvons apporter notre contribution si on nous le demande", a-t-il dit, tout en reconnaissant le caractère "très délicat" de ce type d'affaire, "car on ne peut interférer" dans les affaires intérieures d'un autre Etat.

"J'ai appelé Uribe; il avait déjà libéré 150 personnes ainsi que le guérillero (Rodrigo Granda) et il m'a dit qu'il n'avait pas de moyens de libérer les otages", a expliqué Lula.

Parmi les otages, figurent outre Ingrid Betancourt, retenue en otage depuis février 2002, trois Américains.

Le G8 a exhorté mercredi les FARC à accepter "une solution humanitaire" conduisant à la libération des otages qu'elles détiennent.

"Nous demandons aux FARC de réfléchir à des démarches urgentes qui contribueraient à une solution humanitaire conduisant à la libération d'otages détenues par elles, tout comme à la libération de guérilleros qui n'ont pas encore été libérés", affirme le communiqué publié à Heiligendamm par les chefs d'Etat et de gouvernement des Etats-Unis, d'Allemagne, de Russie, de France, d'Italie, du Canada, du Japon et de Grande-Bretagne.

Nicolas Sarkozy avait souhaité mercredi que le sommet du G8 rende "hommage" au "geste humanitaire" du président Uribe qui avait libéré un des chefs de la guerilla marxiste détenant en otage Ingrid Betancourt

http://www.betancourt.info/indexFr.htm
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Arrestation de 14 guérilleros présumés en Colombie

L'armée colombienne a détenu dimanche 14 guérilleros présumés, accusés d'avoir mené des attaques contre des touristes et des véhicules sur l'autoroute reliant Quibdo à Pereira, les chefs-lieux des départements de Choco et de Risaralda.

Le colonel Carlos Alberto Pinto, commandant de la 15e brigade de l'armée colombienne basée à Quibdo, a indiqué que l'armée, la police et le parquet général ont travaillé ensemble à ces arrestations à Guarato et Numbu, dans le département de Choco.

Les détenus appartiennent à l'Armée révolutionnaire guévariste (ERG) et aux Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), dont des combattants ont attaqué des chauffeurs et des passagers et menacé de brûler les véhicules circulant sur l'autoroute, selon M. Pinto.



Source: xinhua



http://french.peopledaily.com.cn/Intern ... 50758.html
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Le numéro deux des FARC nie un accord avec la France

Raul Reyes, le numéro deux des FARC (marxiste), a affirmé que le président français Nicolas Sarkozy n'a jamais conclu d'accord avec la guérilla colombienne pour obtenir du président Alvaro Uribe la libération du chef guérillero Rodrigo Granda. Il a donné une interview à un journaliste colombien.

"Rien n'a été convenu entre le gouvernement français et nous (ndlr: les FARC) pour la libération de Granda", a déclaré le porte-parole de la guérilla au journaliste Lazaro Vivero.

Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), première guérilla de Colombie avec 17 000 hommes, réclament la libération par le gouvernement colombien de 500 de leurs hommes en échange de 56 otages, dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt et trois Américains.

"Ceux qui ont été sortis de prison sans signer de compromis avec le gouvernement, ont acquis le droit de retrouver la liberté (....) et ces guérilleros s'expliqueront de leur attitude devant leur hiérarchie", a estimé Raul Reyes.

"Le camarade Rodrigo Granda n'a jamais accepté aucune des exigences du gouvernement", a-t-il ajouté.

Le "ministre des Affaires étrangères" de la rébellion a été libéré le lundi 4 juin à la demande du président français Nicolas Sarkozy.

De son coté, le gouvernement colombien annonçait dans un décret publié le 6 juin avoir confié une mission de paix à Rodrigo Granda.

Le lendemain Rodrigo Granda assurait publiquement qu'il n'avait "pas trahi la dignité des FARC" et qu'il se considérait comme un "otage de l'Etat" colombien.

(ats / 12 juin 2007 02:48)

http://www.romandie.com/infos/ats/displ ... brf008.xml

http://tf1.lci.fr/infos/monde/ameriques ... anda-.html
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"J'ai accepté dans ma chair et dans mon esprit la condition d'otage"

11/06/2007 - El diario de Hoy


Fernando Araujo est resté kidnappé par la guérilla des FARC pendant six années dans la forêt colombienne. En décembre de l'année passée il a pu échapper de ses ravisseurs. Le président Uribe l'a nommé Ministre des Affaires Etrangères...

Vous avez été kidnappé par les FARC depuis décembre 2001 jusqu'à décembre 2006. Quel a été l'impact de ce drame sur votre vie ?

Être otage il m'a permis de contrôler ma vie de l'intérieur. J'ai énormément souffert. À travers cette douleur j'ai appris à comprendre beaucoup plus les autres. Je suis devenu plus solidaire avec mes camarades.

Qu'est-ce que cela signifie, être entre les mains dee preneurs d'otages ?

Être kidnappé, c'est quelque chose terrible. Pour commencer, on ne peut pas choisir les personnes avec qui on vit. Donc, le manque de liberté empêche de se projetter dans le futur, d'imaginer sa vie, de construire un projet. Mais au-delà des privations quotidiennes ce sont les humiliations à sa personne.

Or, on doit transformer ce drame en une opportunité. On doit revenir aux moments les plus importants de sa vie, méditer et s'éloigner spirituellement des choses qui, dans le fonds, ne sont pas indispensables.

Je considère que le plus important dans la vie, ce ne sont pas les circonstances dans lesquelles on se trouve, mais plutôt l'attitude qu'un adopte face à des circonstances extrêmement défavorables.

Comment se sont passés les premiers jours en captivité ?

Cela a été les moments les plus difficiles que j'ai vécus. Mon angoisse était terrible et elle n'a disparu que le jour où j'ai assumé dans ma chair et dans mon esprit ma condition d'otage. Je l'ai fait un mois après qu'un groupe des Forces Armées de Colombie (FARC) m'ait kidnappée.

Cette acceptation m'a donné la force que j'étais entièrement entre les mains de la guérilla.

À partir de ce moment, j'ai commencé à me construire des raison de combattre pour survivre.

Qu'est-ce que vous avez fait pour ne pas perdre votre calme ?

Je me suis fixé plusieurs objectifs. Le premier a été de vivre chaque jour avec intensité. Le deuxième, de tirer profit de cette situation tragique. Le troisième, de m'armer de patience et d'espoir.

Au lieu de me plonger dans la nostalgie, sentiment inévitable pour tout otage, j'ai fait une liste des bons moments que j'avais vécus, et j'ai trouvé beaucoup de raisons pour me maintenir en vie.

Au lieu de me plaindre de toutes les privations auxquelles j'étais soumis, j'ai gardé un sentiment de gratitude par toutes les bonnes choses qui m'entouraient.

Avez-vous eu des nouvelles de votre famille et de vos amis?

Oui. Mon épouse, mes parents, mes frères et mes amis m'envoyaient des messages à travers la radio. C'est pourquoi j'essayais de calmer mes inquiétudes et de me concentrer mon objectif principal : me soigner, veiller à ma santé.

L'amour et les messages de solidarité que me transmettaient la radio me donnaient la tranquillité et beaucoup de force. Je rêvaisdu jour où je reverrais ma famille et où je pourrais les embrasser à nouveau.

À la fin de ma captivité, cette dure expérience m'a aidé à grandir spirituellement.

Comment était la routine quotidienne ?

Cela dépendait des circonstances. Dans les zones de forêt, le mode de vie change avec le climat. On ne vit pas la même manière en été ou pendant l'hiver.

Cela vous paraîtra étrange, mais le climat provoque des changements dans les bruits, dans la végétation et jusque dans la chair. Il influence les rêves. Malgré toute une routine s'est installée.

Décivez-nous une de vos journées ?

Je me levais tôt, autour de quatre heures du matin. J'allumais la radio et il y avait un peu de sport. Je lisait un journal ou je discutais parlait avec un guérillero. J'accomplissait aussi un certain travail manuel.

Quels programmes de radio écoutiez-vous ?

J'écoutais Radio France Internationale (RFI), et c'est pourquoi j'ai commencé à comprendre les nouvelles en français. J'étaitsbien informé de la réalité mondiale. J'écoutais aussi la Deutchvelle, la radio d'Allemagne.

Vers les quatre heures de l'après-midi, je recherchais la BBC de Londres, pour améliorer mon Anglais. Puis, venait le repas autour de cinq heures. Je m'installais ensuite dans un hamac et je dormais.

Qui mangiez-vous?

Nous avions un régime à base de céréales. Parce que là où la guérilla me détenait, il n'y a pas d'énergie électrique pour conserver les aliments. Nous mangions des haricots et du riz. Quelques fois de la viande ou une soupe à base d'os. À d'autres occasions des pâtes. Nous mangions assez peu de fruits de la région.

Comment se passaient les relations avec vos ravisseurs?

Nous avons toujours eu une relation de respect. Il n'y a jamais eu tentative d'influencer mon idéal. Ils faisaient des efforts pour avoir des relations gentilles. Ils savaient que le kidnapping allait durer longtemps et que cette situation pouvait me causer des problèmes physiques et psychologiques. J'ai eu de la chance de ne pas tomber malade au cours des six années où j'ai été retenu captif.

Comment vivent les guérilleros dans les zones forestières?

J'ai été témoin d'un changement. Quand ils m'ont kidnappée en 2001, les guérilleros vivaient dans des conditions confortables : ils faisaient la fête, ils organisaient des barrages sur les routes, ils volaient, ils avaient un bon équipement de guerre et des véhicules tout-terrains.

Ils m'apportaient de l'eau en bouteilles, mais six années après la situation a changé de manière radicale :

Fini les festivités et les beuveries, elles ont été interdites pour garder la mobilisation.

L'eau que nous buvions alors provenait de sources sales et les repas ont commencé à être plus frustres; et à chaque fois il y avait des guérilleros qui mouraient ou qui désertaient.

Avez-vous eu des contacts avec d'autres otages?

Non, jamais. Je n'ai jamais été qu'avec des guérilleros.

Avez-vous eu des contacts avec les chefs des FARC ?

Oui. Durant les dernières années, avec le chef du Front 37, connu sous le pseudonyme de Martín Caballero.

Avez-vous su quelque chose de l'ex candidate présidentielle Ingrid Betancourt, qui est encore kidnappé ?

Seulement en écoutant la radio. La région où ils me détenaient était une zone forestière dan,s le nord de la Colombie, elle est éloignée de la zone où nous croyons qu'est détenue Ingrid.

Si vous pouviez envoyer un message aux FARC, que seriat-il ?

Le message est très clair : ils doivent libérer les otages. Le kidnapping est un crime indigne contre l'humanité. Je crois que la Communauté internationale doit nous aider à les remettre en liberté. Particulièrement, la France qui devrait comprendre qu'on ne peut pas mettre sur le même pied le gouvernement colombien du président Álvaro Uribe et les FARC.

Quel message pourriez-vous envoyer à Ingrid Betancourt ?

Je suis sûr que c'est une femme très courageuse, qui assume sa situation d'otage avec un esprit positif.

Je lui dirais qu'elle doit garder l'espoir et maintenir ses convictions. Ce message s'adresse à tous les kidnappés : ils doivent essayer de tirer profit de leur situation difficile.

Est-il possible de libérer Ingrid Betancourt par la voie militaire ?

Je préférerais obtenir sa libération par un échange humanitaire. Mais je n'exclus pas une libération par d'autres moyens.

Sera-t-il possible de gagner la guerre en Colombie sans négociations ?

Oui, je le crois. J'ai connu des opérations militaires contre le groupe qui m'avait kidnappé qui les auraient détruits si elles avaient continué.

Grâce aux actions de l'Armée colombienne les FARC ont dû se retirer de zones qu'ils avaient sous leur contrôle.

http://www.betancourt.info/indexFr.htm

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Gesticulations colombiennes

12/06/2007 - Le Monde diplomatique


S’il est une cause populaire en France, c’est bien celle de Mme Ingrid Betancourt, franco-colombienne prisonnière des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) depuis le 23 février 2002. A quelques jours du premier tour d’élections législatives dont il espère une majorité écrasante à l’Assemblée nationale, le président Nicolas Sarkozy s’est donc lancé dans une redoutable et noble mission : obtenir sa libération. Conversations téléphoniques répétées avec le chef de l’Etat colombien Alvaro Uribe, déclarations volontaristes, coups de menton, M. Sarkozy laisse accroire qu’il va ou peut réussir là où tous ont échoué. En tout cas, qu’il fait beaucoup plus, et beaucoup mieux, que le gouvernement précédent, et surtout que l’ancien premier ministre Dominique de Villepin. De quoi, dans l’instant, séduire l’électorat. Indépendamment du résultat.

De l’autre côté de l’Atlantique, quoi de plus bénéfique pour M. Uribe que cette magnifique et fructueuse relation franco-colombienne, à un moment ou, tant à l’intérieur de son pays qu’à l’étranger, il est de plus en plus critiqué, voire isolé ?

Depuis son arrivée au pouvoir, en 2002, M. Uribe refuse catégoriquement la signature d’un « accord humanitaire » proposé par les insurgés pour échanger leurs 56 « prisonniers politiques » contre les guérilleros emprisonnés. Quelle surprise donc lorsque, le 11 mai, il annonce la libération unilatérale de centaines de rebelles emprisonnés, à condition qu’ils renoncent à la lutte armée. Et demande aux FARC de répondre à ce « geste de bonne volonté » en procédant à l’échange tant recherché.

A ce jour, quelque 170 « guérilleros » sont sortis de leurs établissements pénitentiaires. Mais plus d’une centaine d’autres, dénonçant un « rideau de fumée » du pouvoir, ont manifesté leur refus... d’être libérés. En tout premier lieu, le comandante Rodrigo Granda élargi le 4 juin, « à la demande du président Sarkozy », pour faire avancer le dossier des otages. Enlevé fin 2004 à Caracas, rapatrié clandestinement en Colombie, M. Granda est considéré comme le ministre des Affaires étrangères des FARC. Transféré contre sa volonté au siège de l’épiscopat colombien, il se considère toujours « comme un combattant de cette organisation (les FARC), qui n’accepte pas les conditions du gouvernement . » Malgré la carotte qui leur est tendue, moins de 200 guérilleros emprisonnés – sur environ 500 (version FARC) ou plusieurs milliers (version gouvernement) – se sont engagés pour l’heure à renoncer à la lutte armée. De quoi mettre en péril les effets médiatiques de cette spectaculaire « démobilisation ». D’après plusieurs avocats, des pressions sont exercées sur des syndicalistes ou des paysans incarcérés pour rébellion afin qu’ils se déclarent guérilleros et acceptent de participer à l’opération. Depuis leurs prisons, des membres des FARC dénoncent : un certain nombre de détenus transférés pour faire nombre n’appartiennent pas à l’opposition armée et sont de simples délinquants.

Sans doute mal informé, M. Sarkozy semble ignorer que le show spectaculaire auquel il prête son concours se terminera, sauf énorme surprise, par un échec cuisant. M. Uribe, lui, le sait. Les FARC exigent une zone démilitarisée dans les deux municipios de Florida et Pradera (800 km2) pour négocier avec le pouvoir l’échange humanitaire de prisonniers. Avec un but éminemment politique : grâce à ce face à face, être reconnus, de fait, comme bélligérants et sortir du statut de « terroristes » dans lequel les ont enfermés Washington et Bogotá après le 11 Septembre 2001. Et cet objectif, ils ne sont pas prêts d’y renoncer.

Mais alors, devrait se demander M. Sarkozy, à quoi rime ce « geste de paix » du président colombien ? Réponse (au cas où il manquerait de conseillers compétents) : M. Uribe doit de toute urgence dévier l’attention internationale du scandale de la « parapolitique » dans lequel il est chaque jour davantage empêtré. Ce scandale met en cause les criminelles alliances de la classe politique avec la mafia des narco-paramilitaires, qui bénéficient d’un processus de démobilisation déjà très controversé et critiqué par les organismes de défense des droits humains.

La justice colombienne examine plus de cent cas de collusion présumée entre les paramilitaires et des représentants de l’Etat. Elle met à jour les fraudes organisées par les uns et les autres lors des élections qui ont porté M. Uribe au pouvoir. La crise avait déjà fait chuter la ministre des Affaires étrangères Maria Consuelo Araujo. Douze députés et sénateurs – tous « uribistes » – sont actuellement sous les verrous. L’ancien directeur de la police politique (le Département administratif de sécurité ; DAS), M. Jorge Noguera, un proche du chef de l’Etat, pourrait rapidement regagner sa prison après en avoir été libéré par un expédient.

Dur mais correct ! M. Uribe ne pratique pas le « deux poids, deux mesures ». Puisqu’il libère d’un côté, et sans conditions, des guérilleros (ou assimilés) – pour obtenir un accord humanitaire ! –, il a annoncé que, de l’autre, il amnistiera les députés et sénateurs emprisonnés. En un mot, il prépare le terrain pour assurer l’impunité des délits et des crimes commis par les siens, éviter que les enquêtes n’avancent, et désserrer l’étreinte de la crise institutionnelle qui, peu à peu, se referme sur lui.

La manœuvre ne trompe pas grand monde. Sauf, peut-être, M. Sarkozy. Lequel a annoncé que, pour remercier le président Uribe de ses efforts pour obtenir la libération de Mme Betancourt, il plaidera la cause de la Colombie dans les instances internationales – à commencer par la réunion du G-8, en Allemagne. De quoi sortir M. Uribe de son isolement. Et, volontairement ou non, rendre service à M. George W. Bush à l’heure où, aux Etats-Unis, le Parti démocrate contrôle les deux chambres et se montre beaucoup moins amical à l’égard du président colombien.


Maurice Lemoine

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Didier Lembrouille
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Message par Didier Lembrouille »

Comme disait les deux gars :



Et oui formidable ! Encore une papiérade de JP !
Si les morpions votaient, vous auriez la vérole !
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JP
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Message par JP »

Le scandale de la « parapolitique » éclabousse le président Alvaro Uribe
Dans l’inhumanité du conflit colombien

Depuis la fin 2006, le scandale dit de la « parapolitique » secoue la Colombie : les révélations se multiplient sur les relations entre des membres de la classe politique ainsi que certains secteurs économiques et les tueurs d’extrême droite des Autodéfenses Unies de Colombie (AUC). Avril 2007 a marqué le début de ce qui pourrait devenir le « paragate », le président Alvaro Uribe en personne étant à son tour mis en cause par l’opposition pour ses liens avec les paramilitaires.

par Laurence Mazure
14 juin 2007


http://risal.collectifs.net/article.php ... ticle=2253

La main s’enfonce dans l’une des deux bottes en caoutchouc : très délicatement, Alejandro [1], le jeune anthropologue légiste, retire une chaussette imprégnée de terre et de racines, fait un nœud, la tend à son collègue en annonçant : « métatarses droits », puis procède de la même façon avec la seconde botte après en avoir d’abord retiré le tibia et le péroné. Le chemin qui a mené Andrés jusqu’au lieu de son exécution clandestine en 2003 s’achève là, tandis qu’une deuxième équipe cherche encore, en contrebas d’un chemin de montagne, l’endroit exact où devrait se trouver le corps de son frère Bernardo, exécuté quelques minutes avant lui. Il faudra cinq excavations avant que l’équipe de l’unité nationale des droits de l’homme de la Fiscalía - organe de la justice qui dépend du procureur général de la nation - ne le trouve à son tour, en plein milieu de la forêt tropicale, dans les montagnes qui dominent la plaine d’Apartadó, capitale de l’Urabá, l’une des plus dévastées par le conflit colombien.

Autour de ces exhumations planent toutes les contradictions et ironies tragiques qui caractérisent non seulement la Colombie, mais aussi, plus généralement, les conflits de longue durée et les guerres civiles qu’ils entraînent inévitablement. La région est surtout connue pour la dévastation semée conjointement par les groupes paramilitaires et la 17e brigade de l’armée basée à Apartadó. Dans ce cas particulier, la mort des deux frères dont les corps sont exhumés est l’œuvre de la guérilla des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC), dont les fronts 5 et 58 sont particulièrement implantés dans cette série de vallées encaissées qui a toujours constitué un corridor stratégique pour leurs déplacements.

Un soir de juillet 2003, des guérilleros sont venus chercher Bernardo, coupable d’avoir déserté leurs rangs quelques mois plus tôt. Ils ont aussi emmené son frère cadet Andrés, malheureusement présent sur les lieux au moment de leur arrivée. A quelques kilomètres à peine à vol d’oiseau de la capitale régionale Apartadó, mais dans un monde oublié de tous, sans électricité ni eau courante, sans autre infrastructure pour traverser la forêt tropicale que des chemins boueux et abrupts plus faciles à parcourir à dos de mule qu’à pied, Bernardo n’avait pas 20 ans quand il a pensé trouver dans les rangs des FARC une réponse à l’injustice sociale caractérisant depuis toujours son environnement. Les dures conditions de vie au sein de la guérilla l’ont poussé à déserter et à retourner chez son père, dans la maison sur pilotis aux planches délavées par les pluies.

Ironie du sort : ce n’est même pas pour cause de divergence politique mais à la suite de jalousies sentimentales qu’un voisin a trouvé dans l’existence même du conflit l’arme idéale pour se venger de son rival, et a signalé aux FARC la présence du déserteur. Une vengeance fatale : après quelques kilomètres de marche, les deux frères ont été abattus l’un après l’autre, « ajusticiados ». Puis la guérilla a indiqué au père où retrouver les corps. Libre à lui de les enterrer clandestinement, mais interdiction absolue de porter plainte auprès des autorités.

Au milieu des zones de combat

C’est pourtant ce qu’il a fait, au péril de sa vie. Près de quatre ans plus tard, le dossier de l’enquête menée par l’unité nationale des droits de l’homme de la Fiscalía est prêt pour donner suite à la demande d’exhumation de la famille - une procédure qui n’est simple ni dans sa mise en œuvre ni dans ses conséquences.

En effet, en Colombie, contrairement à d’autres pays latino-américains connaissant ou ayant connu récemment un conflit armé, les exhumations ont lieu alors que l’affrontement est toujours en cours : la plupart du temps, les tombes clandestines et les fosses communes se trouvent en plein milieu des zones de combat. Pis, elles se convertissent en objectifs à détruire, tant est grande la crainte qu’avec l’apparition des corps et la preuve manifeste des assassinats ne s’ouvrent des poursuites en justice pour crime de guerre et crime contre l’humanité.

Encore faut-il préciser que ce sont surtout les paramilitaires d’extrême droite des Autodéfenses Unies de Colombie (AUC), « démobilisés » en vertu de la très complaisante loi dite « de justice et paix » de juillet 2005, qui sont responsables à 70 % des fosses communes où les corps correspondent à autant de disparus en attente d’identification [2]. D’où la véritable course contre la montre qui entoure le plus souvent les exhumations : il faut sortir les corps le plus vite possible, de peur que le site ne soit détruit si l’on perd trop de temps. D’ailleurs, quand ils le peuvent, les paramilitaires rouvrent les fosses, brûlent les ossements ou les jettent dans les rivières les plus proches.

Plus pervers : certains ont constitué de pseudo-organisations non gouvernementales (ONG) et ont même tenté, sans succès, de récolter des fonds auprès d’ambassades étrangères pour donner une apparence de légitimité à leur intention de détruire des preuves gênantes pour eux. C’est pour cela que seuls les techniciens, enquêteurs et juges d’instruction de la Fiscalía sont habilités à faire des exhumations. Il n’est pas rare non plus que les équipes de son unité des droits de l’homme se retrouvent sous le feu des armes. L’année dernière, lors de l’exhumation des corps de la trentaine de victimes du massacre de Mapiripán, dépecés vivants à la tronçonneuse en juillet 1997 par des paramilitaires aux ordres de Carlos Castaño, une de ces équipes a dû travailler sous les échanges de tirs entre des paramilitaires et les soldats d’une unité spéciale chargés d’assurer leur protection.

Car, là encore, l’ironie de la situation veut que, du fait du manque total de moyens de la Fiscalía en général, et de l’unité des droits de l’homme en particulier, l’armée soit chargée d’acheminer au plus près des sites les équipes de techniciens et de juges d’instruction - le plus souvent en hélicoptère, vu le manque d’accès par voie de terre. Puis une unité spéciale les accompagne durant les heures de marche qu’il reste invariablement à faire avant d’arriver à pied d’œuvre, et assure la sécurité de la zone pendant le travail, ainsi que sur le chemin du retour.

Cette situation est loin d’être idéale, car, comme le souligne l’un des enquêteurs, elle peut à tout moment entraver le bon déroulement du travail de la justice : « L’impact est forcément négatif quand, dans un dossier, on est amené à enquêter sur un membre des forces publiques, qu’il s’agisse de l’armée ou de la police. Dans certains cas, si c’est possible, il vaut mieux se passer de leur aide pour protéger l’autonomie de l’enquête. » Pour les témoins, c’est-à-dire ceux qui ont un ou plusieurs proches à exhumer, cette présence des forces armées dans le contexte d’un conflit en cours peut s’avérer carrément menaçante.

A Apartadó, la veille de l’expédition, le père des deux victimes se fait attendre alors que l’équipe de la Fiscalía doit tenir une réunion préparatoire. En fait, le vieil homme ne viendra pas. Quelques jours auparavant, il a été menacé par la guérilla et, à plus de 60 ans, devoir quitter son lopin de terre pour sauver sa vie est au-dessus de ses forces. Il ne veut donc pas être vu avec qui que ce soit de la Fiscalía. Sa fille nous explique aussi que l’exhumation de ses fils est une dernière épreuve insurmontable, trop douloureuse à vivre, même s’il a tout fait pour arriver jusque-là. Mais alors, qui d’autre peut aider l’équipe à coordonner avec les forces armées l’identification d’un point d’atterrissage pour que l’hélicoptère rapproche tout le monde des tombes clandestines - et, surtout, comment trouver celles-ci ?

Sa fille ne connaît pas vraiment l’endroit, mais son fils, un jeune garçon d’à peine 14 ans, oui. Avec l’accord légal de sa mère, l’expédition va donc reposer entièrement sur les épaules de Carlito. Frêle, mais d’une détermination saisissante, il répond aux questions de tout le monde : « Pour l’hélicoptère, le seul endroit possible, c’est là. Partout ailleurs, il y a des arbres. » Justement, dans cette forêt, est-il sûr de pouvoir guider l’équipe jusqu’aux tombes clandestines de ses oncles ? « Oui, sans aucun problème. Il y a quatre mois, un peu avant Noël, je suis allé y mettre deux croix en bois. »

Après une réunion avec le commandement de la 17e brigade pour identifier sur les cartes d’état-major le point d’atterrissage exact de l’hélicoptère, et le trajet qu’il faudra ensuite suivre à pied, Carlito, toujours avec l’accord de sa mère, part guider un groupe de soldats des unités spéciales qui procéderont durant toute la nuit au repérage du terrain et à la sécurisation de la zone. La procédure est la même à chaque expédition ; mais là, cela s’impose encore plus : la veille, des guérilleros des FARC ont affronté les soldats des forces armées, et de ce côté-ci, il y a eu plusieurs morts et blessés.

Comme la plupart du temps, ces informations ne sont pas diffusées au public. Seuls quelques accrochages sont rapportés chaque semaine dans les médias, mais en réalité il y a beaucoup plus de combats qu’on ne le dit : « La guerre n’a jamais été aussi dure qu’en ce moment, partout, de tous les côtés, et il y a beaucoup de victimes », confie un des commandants, en ajoutant : « Nous faisons tout ce que nous pouvons pour modifier le rapport de forces avec la guérilla à notre avantage et l’affaiblir suffisamment pour la forcer à négocier. Après, ce ne sera plus de notre ressort, mais de celui des politiciens. » Autant de propos d’une clarté inhabituelle sur la guerre qui contrastent singulièrement avec les discours sur le « postconflit » des mêmes politiciens, analystes et autres intellectuels locaux. Car la guerre menée par le président Alvaro Uribe dans le cadre du plan Colombie [3], puis de son sous-produit, le plan Patriote, n’a nullement mis hors de combat les mouvements d’opposition armée.

Le lendemain matin, après avoir été déposé aussi rapidement que possible en hélicoptère dans un petit pré, tout le monde court rejoindre Carlito et les soldats qui ont sécurisé la zone durant la nuit. Sur quelques maisons de planches grises, à moitié abandonnées, un graffiti, « AUC - à louer », qui en dit long sur qui contrôle la zone. Suivent plusieurs heures de marche rendues exténuantes par la difficulté d’un terrain boueux tout en montées et en descentes. Puis les soldats et l’équipe arrivent sur les lieux des exhumations.

Sous un ciel lourd, dans la lumière grise de la forêt tropicale, certains prennent les points de repère GPS des tombes clandestines, d’autres déblaient la terre, les photographes documentent chaque étape des deux exhumations, quelques soldats s’allongent pour dormir un peu, la plupart d’entre eux montent la garde. Au retour, le chemin sera différent car, s’il est « facile » d’entrer dans une zone de guerre, il peut être plus délicat d’en ressortir, et mieux vaut éviter de passer deux fois par les mêmes endroits.

Un peu plus tard, tous se retrouvent dans le hameau de Caracolí, où des camions militaires viennent les récupérer. La différence avec l’autre côté de la rivière, ce sont les maisons en brique, l’électricité, le son tonitruant d’un poste de télévision qui débite quelque telenovela dans un café où soldats et membres de l’équipe de la Fiscalía se précipitent pour consommer la boisson gazeuse colombienne la plus populaire qui soit, la Ponymalta - car ici, exception à la règle, on ne vend pas de Coca-Cola.

Un homme qui travaille depuis plusieurs années avec l’unité des droits de l’homme de la Fiscalía désigne de la main l’autre bout du hameau : « Là, début mars 2004, il y a eu une attaque contre une commission des droits de l’homme, il y avait plusieurs juges d’instruction et des procureurs, aussi. Dans l’attentat, un policier a été tué. Cette délégation venait pour enquêter sur l’assassinat d’un des leaders de la communauté de paix [4] de San José de Apartadó et de sa famille, dans des circonstances atroces, par des paramilitaires, une semaine avant. » Un silence. « J’ai fait partie des gens qui ont sorti les morceaux de corps des trous creusés dans la terre où ils les avaient entassés. De la femme, je n’ai retrouvé qu’un fragment de tibia. Aux taches de sang, je peux dire qu’elle avait été déchiquetée à coups de hache, vivante. » Autre silence. « Le pire, c’est que personne, dans notre hiérarchie, ne s’intéresse à ce qu’on fait. Il n’y a jamais un mot pour notre travail. Nous enchaînons exhumations sur levées de corps. Il y a des moments où on n’en peut plus. Mais si on continue, c’est qu’on croit vraiment à ce qu’on fait. »

Fonds publics détournés

Dans ce massacre, la 17e brigade de l’armée, la même dont les recrues viennent de protéger les travaux de l’équipe, avait activement facilité la tâche aux paramilitaires. D’ailleurs, l’année dernière, début mars, cinquante-neuf représentants du Congrès américain ont spécialement dénoncé le rôle joué en sous-main par la 17e brigade dans les exactions commises à l’encontre de la communauté de paix de San José de Apartadó, notamment les assassinats de plus de cent soixante de ses membres.

Lors de son récent séjour en Colombie, à l’occasion d’une tournée en Amérique latine qui s’est déroulée du 8 au 12 mars, M. George W. Bush n’a pas eu de ces états d’âme en lançant au président Uribe : « Je suis fier de vous appeler ami et allié stratégique. » Pourtant, le pays vit au rythme des épisodes qui se succèdent dans le cadre du scandale dit de la « parapolitique ». Au cœur même des pratiques de meurtres et de disparitions.

La « parapolitique » : ce système d’alliances stratégiques entre la classe politique, certains secteurs économiques et les groupes paramilitaires a permis à ceux-ci et à leurs alliés de contrôler de nombreuses régions en toute impunité et de pénétrer l’administration publique à tous les niveaux, afin de consolider leur pouvoir et de détourner les fonds destinés à la santé, à l’éducation et aux infrastructures. Concernant le financement des groupes d’extrême droite, on n’évoquait le plus souvent que les voies illicites comme le trafic de drogue et l’appropriation par la force de biens tels que terres et bétail.

Or, aux niveaux local et régional, apparaissent clairement des mécanismes de financement par le détournement de fonds publics et légaux : d’un côté, les budgets mis à disposition des pouvoirs locaux pour subvenir aux besoins de secteurs tels que la santé, l’éducation et les infrastructures ; de l’autre, les rentes directes et indirectes liées aux ressources naturelles telles que le pétrole et le gaz, le charbon, l’or et autres minerais précieux. Dans ce jeu du pillage des ressources de l’Etat, maires et conseillers municipaux sous influence accordent des contrats juteux à des sociétés paravents et à des ONG paramilitaires, lesquelles rémunèrent en retour les élus complaisants - tandis que menaces, déplacements forcés, tortures, assassinats et disparitions frappent les récalcitrants.

Une fois le niveau local contrôlé ainsi par la force et la corruption, la dynamique s’étend vers d’autres horizons économiques et politiques. C’est dire à quel point le niveau local a été et demeure essentiel comme rampe de lancement des groupes paramilitaires, de leurs organisations paravents et des politiciens alliés vers les sphères les plus hautes du pouvoir et de l’administration publique - qu’il s’agisse des sièges de gouverneur de région, du Congrès, de postes stratégiques dans la justice, l’armée et les services de renseignement, ou de fonctions dans certaines grandes entreprises.

Pour atteindre ce niveau de pénétration de l’administration publique, les paramilitaires ont dû mettre au point une stratégie politique à long terme [5]. L’élaboration d’un discours justifiant ce projet économico-politico-militaire a notamment commencé en 1999, au fil des interviews de Castaño [6], alors chef des AUC, relayées complaisamment par les médias colombiens : il y a présenté le paramilitarisme dans le contexte d’une lutte anti-insurrectionnelle contre la guérilla visant à combler le vide et l’inefficacité de l’Etat central. A la suite de cette campagne médiatique, les paramilitaires se sont alliés aux diverses élites locales et régionales du pays. Ils ont alors procédé à la constitution de multiples mouvements politiques strictement locaux qui leur ont permis d’accéder soit directement, soit par « amis » interposés aux postes de maire, conseiller municipal, et, en général, de pénétrer les administrations locales et régionales de l’Etat.

L’absence d’étude sur l’ampleur du détournement des fonds publics par les acteurs de la « parapolitique » témoigne de la dangerosité du sujet. Toutefois, il existe un angle d’approche qui permet de commencer à repérer les points saillants de ce pillage organisé : les dossiers des procès pour corruption et détournement de biens contre diverses personnalités à tous les niveaux de l’Etat colombien. Ces dossiers concernent les innombrables contrats frauduleux jamais concrétisés aux niveaux local et régional dans des zones contrôlées par les paramilitaires. Dans d’autres cas, il s’agit de scandales retentissants où sont impliquées de nombreuses personnalités de la classe politique colombienne.

Des documents saisis en mars 2006 ont provoqué les premières détentions de députés et sénateurs de la côte atlantique - MM. Alvaro García, Jairo Merlano et Erick Morris -, liés aux partis appuyant M. Uribe. Fin 2006, la saisie de l’ordinateur d’un des chefs paramilitaires, « Jorge 40 », révèle les listes de contacts avec les politiciens de la côte atlantique, les fraudes électorales ayant facilité l’élection puis la réélection de M. Uribe en 2002 et 2006, des listes d’assassinats ciblés et de nombreux massacres, ainsi que l’ampleur de la pénétration des services de renseignements de l’Etat par les « paras ». L’ex-chef des services de renseignement - le Département administratif de sécurité (DAS) -, M. Jorge Noguera, ami proche du président Uribe, a été arrêté le 15 février sur ordre de la Cour suprême. Même s’il a été libéré peu après, pour des raisons techniques, les charges qui pèsent qui pèsent contre lui ne sont en rien invalidées, et la justice colombienne s’apprête à le remettre sous les verrous.

L’hécatombe judiciaire de la « parapolitique » qui touche les sénateurs, députés et hauts fonctionnaires, tous issus des partis « uribistes », s’étend maintenant à plusieurs régions du pays et perturbe les travaux du Congrès, du fait des incarcérations de nombreux présidents de commissions. Le 17 avril, le sénateur Gustavo Petro, de l’opposition de gauche du Pôle démocratique alternatif (PDA), a détaillé pendant plus de deux heures les mécanismes de l’expansion des paramilitaires et des narcotrafiquants dans la région d’Antioquia grâce au soutien de M. Uribe lorsqu’il y était gouverneur au milieu des années 1990. Selon lui, cela a abouti ces dernières années à la constitution d’un nouveau cartel de Medellin...

Pendant ce temps, de nombreux groupes paramilitaires demeurent en activité soit parce qu’ils ne se sont jamais démobilisés, soit parce qu’ils ont repris du service après l’avoir fait. D’après la Commission colombienne des juristes [7], pendant le premier mandat du président Uribe (2002-2006), onze mille trois cents civils ont été exécutés pour motif politique - 14 % des crimes ayant été perpétrés par des agents de l’Etat, 60 % par des paramilitaires « tolérés par l’Etat ».


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Imprudences ou connivences

Scandale majeur, la « parapolitique » pose la question des soutiens internationaux dont ont bénéficié les paramilitaires. Y compris dans le cas de la France. Plusieurs personnalités colombiennes compromises, dont le sénateur Miguel de la Espriella et M. Carlos Ordosgoitia, haut fonctionnaire et directeur de l’Institut national des concessions (INCO), organisme d’Etat, ont souligné la présence de « deux universitaires de la Sorbonne » d’origine argentine agissant comme conseillers politiques des chefs des Autodéfenses unies de Colombie (AUC) Carlos Castaño et Salvatore Mancuso lors d’une réunion illégale et clandestine, à Ralito, en juillet 2001.

Selon M. de la Espriella, les « universitaires » ont « proposé la création d’un mouvement communautaire et politique qui, d’une certaine façon, défendrait les idées des Autodéfenses et mènerait à un processus de paix [8] ». Le directeur de l’INCO déclare deux jours plus tard : « Deux professeurs de l’université de la Sorbonne, dont je ne me rappelle pas les noms, mais que certains députés avaient déjà vus à l’Université militaire, ont pris la parole. (...) Tout d’abord, ils ont donné leur vision de ce qu’était pour eux le conflit colombien (...) et ont expliqué comment le reste du monde voyait la Colombie. Puis, ils ont exposé une stratégie dont le but était de convertir les Autodéfenses en “un acteur politique reconnu du conflit interne”, pour reprendre les termes de l’un d’entre eux. »

En fait, la veille, lors d’une interview avec Radio Caracol, le même haut fonctionnaire se rappelait très bien le nom de l’un des deux intervenants : un certain Mario Sandoval, qui a été lié à l’Institut des hautes études de l’Amérique latine (Iheal, Paris), à l’université de la Sorbonne nouvelle et à l’université de Marne-la-Vallée. Ses activités les plus récentes se déroulent dans les milieux dits de l’« intelligence économique » : fin novembre 2006, le site de l’ambassade de France au Chili indiquait que M. Sandoval, « universitaire chargé de mission à la direction de l’intelligence économique de l’ACFCI [Assemblée des chambres françaises de commerce et d’industrie] », faisait partie d’une « importante délégation » autour de la personne de M. Alain Juillet - neveu de M. Pierre Juillet, l’ancien conseiller de M. Jacques Chirac -, grand patron, proche des milieux de la défense, directeur de la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) en 2002, et nommé plus récemment par M. Nicolas Sarkozy au poste de directeur de l’intelligence économique auprès du premier ministre.

Le Musée militaire de Santiago a donc abrité un colloque « Intelligence économique, défense et sécurité » organisé par l’université Bernardo O’Higgins et par M. Sandoval. La société civile colombienne y était « représentée » par une « organisation non gouvernementale » (ONG), Verdad Colombia. Plus précisément, il s’agit d’une « para-ONG » dont le site énonce clairement les buts : « Soutenir les institutions et les secteurs démocratiques qui luttent contre les groupes armés d’idéologie marxiste, à l’intérieur du pays comme à l’extérieur. » Les membres de Verdad Colombia reprennent à leur compte le discours de propagande du leader paramilitaire Castaño en 1999-2000, et pourfendent les organisations de défense des droits de l’homme telles que Human Rights Watch, Amnesty International et le Washington Office for Latin America.

Après plusieurs contacts infructueux, l’Iheal a confirmé que M. Sandoval avait été « chargé de cours, parmi tant d’autres, et non professeur, jusqu’en 2004 [9] ». Néanmoins, le 21 juin 2006, au terme du colloque « France - Amérique latine : concurrence et coopération » tenu à la Maison de l’Amérique latine en présence de M. Alain Juillet, M. Stéphane Witkowksi, président du conseil de gestion de l’Iheal et directeur des affaires européennes de l’ACFCI, où un certain Philippe Clerc s’occupe aussi d’intelligence économique, faisait l’éloge de M. Sandoval : « En dressant un panorama de l’état des lieux en matière d’intelligence économique en Amérique latine, M. Mario Sandoval, chargé d’enseignement des universités et qui a été l’homme-orchestre de ce colloque aux côtés de Philippe Clerc, a démontré les similitudes avec les autres systèmes existants. »

Le deuxième « professeur » s’est identifié lors d’une interview accordée le 24 février à l’hebdomadaire El Espectador et n’a aucun lien avec la Sorbonne ou l’Iheal, même s’il était accompagné de M. Sandoval à la réunion de Ralito : M. Juan Antonio Rubbini Melato, un Argentin de 57 ans devenu le conseiller politique des chefs paramilitaires Castaño et Mancuso dès 1999, est aussi connu sous les pseudonymes d’« El Profesor », mais surtout de « Rubbiño ». Les textes de son blog, Paz en Colombia, expriment un mépris total pour les institutions démocratiques et pour la classe politique colombienne, en contraste avec l’exaltation fascisante d’un projet où « la vision d’un [président] Uribe liée à l’intuition politique des AUC sont sur le point de faire un miracle ».

Notes:

[1] Par sécurité, tous les noms ont été changés.

[2] Instrument taillé sur mesure pour les paramilitaires par le gouvernement de M. Alvaro Uribe, la loi de justice et paix permet que leurs membres condamnés, quels que soient leurs crimes, n’accomplissent qu’une peine de cinq à huit années - pas forcément dans une prison (dans une « ferme modèle », par exemple).

[3] Le plan Colombie a été élaboré en 1999, sous la présidence de MM. William Clinton (Etats-Unis) et Andrés Pastrana (Colombie). Pour le financer, Washington a déjà déboursé 4 milliards de dollars et va continuer son « effort » avec 700 millions de dollars par an.

[4] Les communautés de paix revendiquent la neutralité dans le conflit armé.

[5] La Corporación Nuevo Arco Iris de M. León Valencia vient de consacrer un rapport à la consolidation du pouvoir paramilitaire aux niveaux local, régional et national depuis 1999, http://www.nuevoarcoiris.org.co.

[6] Castaño a mystérieusement disparu en avril 2004.

[7] BBC Mundo, Londres, 2 février 2002.

[8] El Tiempo, Bogotá, 26 novembre 2006.

[9] Plaidant la bonne foi, M. Georges Couffignal, directeur de l’Iheal, nous précise, le 17 avril : « Nous n’avons que douze enseignants chercheurs en poste et plus de soixante chargés de cours. Ces derniers ne sont recrutés, sur leur compétence - nous ne sommes pas équipés pour procéder à une “enquête de police” -, que pour enseigner durant un temps limité. Jamais il n’a été donné à aucun d’entre eux d’autre mission que celle de faire leur cours. Lorsqu’il y a utilisation du titre de “professeur” par un chargé de cours, il s’agit d’un abus, seuls les enseignants ayant été recrutés sur un poste par voie de concours pouvant s’en prévaloir. »

Les opinions exprimées et les arguments avancés dans cet article demeurent l'entière responsabilité de l'auteur-e et ne reflètent pas nécessairement ceux du Réseau d'Information et de Solidarité avec l'Amérique Latine (RISAL).



Source : TOUS DROITS RÉSERVÉS © Le Monde diplomatique (http://www.monde-diplomatique.fr), mai 2006.




GLOSSAIRE

Autodéfenses Unies de Colombie (AUC)

Constituées en 1997, les Autodéfenses Unies de Colombie (AUC) sont une sorte de coupole regroupant les différents groupes paramilitaires, d’extrême droite, colombiens. Elles sont responsables des principales violations des droits humains ces dernières années en Colombie et très impliquées dans une série de commerces illicites, dont celui de la drogue. Elles se sont officiellement démobilisées sous la présidence de Uribe Vélez (2002 - ...).

Forces Armées Révolutionnaires de Colombie - Armée du Peuple (FARC-EP)

Les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie - Armée du peuple, Fuerzas Armadas Revolucionarias de Colombia - Ejército del Pueblo, est la principale guérilla de Colombie, née officiellement en 1964. Elle est reconnue comme organisation terroriste par les États-Unis et l’Union européenne.
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JP
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L'ex-mari d'Ingrid Betancourt veut une preuve de vie

14/06/2007 - Nouvel Obs

Fabrice Delloye annonce que des émissaires ont été envoyés en Colombie pour tenter d'obtenir des preuves de vie. Si tel n'est pas le cas, "alors nous serions réduits à penser qu'Ingrid est décédée", déclare-t-il.


L'ex-mari de l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt, Fabrice Delloye, a estimé dans une interview parue jeudi 14 juin que si des "preuves de vie" d'Ingrid n'étaient pas "rapidement" apportées par les Farc qui l'ont enlevée, ses proches seraient "réduits à penser" qu'elle est morte.

"Jusqu'à notre dernier souffle, on garde l'espérance de la vie. Mais nous sommes extrêmement inquiets. Si les preuves de vie ne nous sont pas apportées rapidement par les Farc, alors nous serions réduits à penser qu'Ingrid est décédée", a déclaré Fabrice Delloye au quotidien Le Parisien.

"Il n'y aurait plus de justifications à la croire vivante", a-t-il dit.

La guérilla des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie, marxistes) retient depuis le 23 février 2002 l'ex-candidate écologiste à l'élection présidentielle colombienne, ainsi que sa directrice de campagne Clara Rojas.

Emissaires

Fabrice Delloye a mis en doute le témoignage d'un militaire colombien, ex-otage des Farc, qui s'est échappé et dit avoir été détenu pendant plus de deux ans avec Ingrid Betancourt. Il n'"aligne que des lieux communs" et n'évoque rien de récits personnels qu'aurait faits Ingrid, par exemple sur ses enfants, a relevé Fabrice Delloye.

"Des émissaires sont partis" en Colombie, dont "des Français et des Suisses", dans le but d'obtenir des "preuves irréfutables" qu'elle est vivante, a ajouté l'ex-mari. "Il s'agit de nous fournir les réponses d'Ingrid à des questions très précises et personnelles, dont seule Ingrid connaît les réponses", a indiqué Fabrice Delloye.

http://www.betancourt.info/indexFr.htm

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"Je suis persuadée que ma fille est vivante"

14/06/2007 - Cyberpresse.ca

L'ex-mari de l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt, Fabrice Delloye, a estimé dans une interview parue jeudi que si des «preuves de vie» de la jeune femme n'étaient pas «rapidement» apportées par les Farc qui l'ont enlevée, ses proches seraient «réduits à penser» qu'elle est morte.


«Jusqu'à notre dernier souffle, on garde l'espérance de la vie. Mais nous sommes extrêmement inquiets. Si les preuves de vie ne nous sont pas apportées rapidement par les Farc, alors nous serions réduits à penser qu'Ingrid est décédée», a déclaré Fabrice Delloye au quotidien Le Parisien.

«Il n'y aurait plus de justifications à la croire vivante», a-t-il dit.

La guérilla des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie, marxistes) retient depuis le 23 février 2002 l'ex-candidate écologiste à l'élection présidentielle colombienne, ainsi que sa directrice de campagne Clara Rojas.

M. Delloye a mis en doute le témoignage d'un militaire colombien, ex-otage des Farc, qui s'est échappé et dit avoir été détenu pendant plus de deux ans avec Ingrid Betancourt. Il n'«aligne que des lieux communs» et n'évoque rien de récits personnels qu'aurait faits Ingrid, par exemple sur ses enfants, a relevé M. Delloye.

«Des émissaires sont partis» en Colombie, dont «des Français et des Suisses», dans le but d'obtenir des «preuves irréfutables» qu'elle est vivante, a ajouté l'ex-mari. «Il s'agit de nous fournir les réponses d'Ingrid à des questions très précises et personnelles, dont seule Ingrid connaît les réponses», a indiqué M. Delloye.

M. Delloye a salué «le courage invraisemblable» de ces émissaires et «le véritable engagement politique» du président français Nicolas Sarkozy, considéré selon lui par les Farc elles-mêmes comme «l'homme décisif pour trouver une solution humanitaire à cette affaire», selon lui.

À contrario, il a blâmé le pouvoir précédent, sous la présidence de Jacques Chirac. «Ce qui nous démolit le plus, mes enfants, le mari d'Ingrid et moi, a lancé M. Delloye, c'est que jamais le pouvoir politique français n'a mis la pression nécessaire sur le président (colombien Alvaro) Uribe», qu'il ne lui a jamais dit «de manière brutale +Maintenant ça suffit!».

La mère de l'otage, Yolanda Pulecio Betancourt, s'est elle dit «persuadée que (sa) fille est vivante», se référant au témoignage du militaire rescapé, mais croit «qu'il faudra sans doute encore du temps» avant sa libération.

«J'implore Nicolas Sarkozy d'intervenir pour empêcher (une) action armée. Ce qu'il faut, c'est un accord humanitaire», a-t-elle déclaré au Parisien, tout en remerciant chaleureusement le président pour «tout le mal qu'il se donne».

Le G8 a exhorté le 8 juin les Farc à accepter «une solution humanitaire».

La plus importante guérilla de Colombie (17 000 hommes) veut un accord sur un «échange humanitaire» de 500 de ses membres emprisonnés contre 56 personnalités otages, dont Ingrid Betancourt et trois Américains.

http://www.betancourt.info/indexFr.htm

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La FICIB demande à la France de chercher de nouvelles pistes pour la libération de Betancourt

15/06/2007 - Terra Actualidad

La Fédération Internationale des Comités Ingrid Betancourt (FICIB) a demandé à la France de chercher de nouvelles pistes pour la libération de la Franco-Colombienne, otage des FARC depuis février 2002.

Des représentants de la FICIB ont rencontré aujourd'hui le Ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, pour un premier contact depuis sa prise de fonction.


Le porte-parole de la Fédération, Olivier Roubi, a expliqué que, parmi les nouvelles pistes proposées figure la recherche de la collaboration de pays qui, comme la Suède, n'ont pas déclaré les Farc comme terroristes.

'Ces pays pourraient être utiles au moment de travailler pour un accord humanitaire', a indiqué Roubi.

Ils ont également demandé à Kouchner de chercher la collaboration de l'ensemble des pays européens et des Etats-Unis 'qui ont un réel pouvoir de dissuasion et de motivation face à l'Exécutif colombien '.

La Fédération a aussi exprimé à Kouchner son point vue négatif sur la libération des prisonniers des FARC par le Gouvernement Uribe et la manière dont cela s'est fait.

'Nous ne voulons pas que de telles actions aient lieu sans qu'elles ne servent à quelque chose. Si 200 hommes sont libérés sans réponse des FARC, Uribe se servira de ce geste à son bénéfice propre et en sortira fortifié. Nous voulons qu'il y ait un équilibre entre les parties'.

La guérilla a laissé entendre il y a quelques jours que la libération de son 'chancelier ' Rodrigo Granda ne donnera pas lieu à un échange de prisonniers sans démilitarisation des communes de Pradera et Florida pour obtenir un accord humanitaire.

Roubi a indiqué que la position des FARC selon laquelle un accord humanitaire est indispensable pour libérer les séquestrés est connue depuis longtemps .
'J'aimerais que nous nous trompions' précise le porte-parole de la Fédération qui a demandé un geste de bonne volonté de la guérilla en libérant Emmanuel, le fils de Clara Rojas, collaboratrice d'Ingrid Betancourt.

Il a souligné l'important travail réalisé par les émissaires envoyés par la France, la Suisse et l'Espagne et a assuré que, grâce à eux, la situation est en train de changer.

'Si les FARC ont affirmé qu'ils font confiance à la France, c'est grâce au travail de ces émissaires ', a indiqué Roubi, ajoutant que ces envoyés de France, de Suisse et d'Espagne partent régulièrement en Colombie pour rencontrer la guérilla et le Gouvernement.

La Fédération a rappelé à Kouchner que la mobilisation continuera tant qu'on n'obtiendra pas la libération des otages et a indiqué que, pour le moment, la situation 'n'est pas complètement désespérée'.

'Le Gouvernement a montré une authentique volonté de résoudre la situation ', a-t-il ajouté.

http://www.betancourt.info/indexFr.htm
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Rodrigo Granda, n°2 des Farc: «Pour Sarkozy, nous sommes un mouvement de libération»

17/06/2007 - Libération, Terra españa, El Mercurio

Dans "Libération", un entretien exclusif avec Rodrigo Granda, n° 2 des Farc, récemment libéré par la président colombien Alvaro Uribe.


Rodrigo Granda est considéré comme le «ministre des Affaires étrangères» de la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie. Les Farc (qualifiées d’organisation terroriste par l’Union européenne) retiennent la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt et 56 autres otages. Le 4 juin, le président colombien, Alvaro Uribe, à la demande de Nicolas Sarkozy, a libéré Rodrigo Granda, arrêté en décembre 2004. L’Elysée espère débloquer le dossier de la libération des otages (la guérilla réclame en échange la libération de 500 prisonniers). Mais les Farc ont répondu que c’était à elles seules de désigner un éventuel intermédiaire. Elles utilisent aussi cette libération comme instrument de propagande, estimant que la France accorde une certaine reconnaissance à leur mouvement. Craignant pour sa vie, Granda est hébergé au siège de la Conférence épiscopale colombienne, à Bogotá, où Libération l’a rencontré vendredi.

Pourquoi Nicolas Sarkozy a-t-il demandé votre libération ?

C’est une question que je me pose moi-même. Et que se pose mon organisation. La seule réponse que je vois, c’est qu’il est arrivé à la conclusion que ni moi ni les Farc ne sont des terroristes ou des narcotrafiquants. Que nous sommes un mouvement de libération nationale avec lequel il faut compter pour trouver une solution au conflit. Sarkozy est un homme avisé qui a compris qu’il existe deux parties bien définies dans ce conflit, l’Etat colombien et l’insurrection des Farc. Aujourd’hui, tout le monde, en Colombie et dans une grande partie de la communauté internationale évoque la possibilité d’un échange humanitaire. Depuis cinq ans [date de la première élection du président Uribe, ndlr], ce n’était plus le cas.

Avez-vous eu des contacts avant votre libération avec des fonctionnaires français ?

J’étais dans une prison de haute sécurité ; je n’ai eu aucun contact, ni avec le gouvernement ni avec le peuple français.

Depuis, avez-vous rencontré des représentants français ?

J’ai vu un diplomate. Je lui ai expliqué en détail comment le gouvernement colombien avait mal interprété la demande de Sarkozy. Au lieu de me libérer sans conditions, il a fait pression sur moi pour que je renonce à mes principes. J’ai été victime d’un chantage et mon devoir était d’en informer la France.

Vous a-t-il dit ce que la France attend de vous ?

Il n’a fait aucune proposition ni insinuation. Il s’est limité à m’écouter.

Sarkozy voulait accélérer le règlement de l’affaire des otages. C’est un échec ?

Il a eu un geste de grandeur humaine. Il a sûrement pensé que je pourrais agir dans le dossier. Mais le gouvernement a exigé que je renonce aux Farc, ce que je ne ferai jamais. J’ai donc d’abord refusé d’être relâché. On m’a alors menacé d’utiliser la force pour me sortir de prison. Le gouvernement voulait diviser notre mouvement guérillero, me faire passer pour un traître et un déserteur. Ce qui n’aide en rien à un règlement du dossier.

Qu’attend désormais de vous le gouvernement colombien ?

Il veut faire de moi un «intermédiaire de paix». Je n’accepte pas. Même si j’ai toujours lutté pour la paix et la réconciliation, sans être négociateur ou porte-parole. Juste parce c’est une obligation révolutionnaire et mon intime conviction.

Dans un futur proche, les Farc peuvent-elles vous désigner comme intermédiaire ?

Ce sont les Farc et son secrétariat national [la direction, formée de sept personnes] qui me donnent les ordres et j’obéis.

Etes-vous entré en contact avec eux ?

Je n’ai qu’un téléphone portable, prêté par la Conférence épiscopale. Je n’ai eu aucun contact avec le secrétariat ni avec aucun autre membre des Farc. Ce serait une folie de le tenter depuis un endroit étroitement surveillé par la police, mais aussi par le renseignement militaire.

Pourquoi ne pouvez-vous pas sortir du siège de la Conférence épiscopale ?

Je n’ai pas été amnistié ni gracié. Je ne considère pas avoir été «libéré», juste relâché. A tout moment, le gouvernement peut me renvoyer en prison. J’ai été condamné à vingt et un ans de prison en première instance. Et j’ai encore une dizaine d’instructions et de procès en cours. Fondés sur des montages grossiers du renseignement militaire. Théoriquement, je peux me déplacer librement sur tout le territoire national. Dans la pratique, si je sors, c’est sûr que je serai assassiné.

Par qui ?

En Colombie, il existe toujours un terrorisme d’Etat. Le processus de démobilisation des groupes de paramilitaires [mené par le président Uribe ces dernières années] n’est pas une réalité. Ces groupes existent toujours sous d’autres dénominations. Ils haïssent les Farc et n’hésitent pas à exterminer physiquement ses membres.

Quel est votre statut au sein des Farc ?

Je suis un combattant de base, et je n’ai pas l’honneur d’avoir un grade militaire. J’ai toujours fait un travail politique. Ces dernières années, j’avais des fonctions politico-diplomatiques au sein de la Commission internationale des Farc. J’étais en contact avec des gouvernements, des personnalités, des journalistes, des intellectuels et des partis politiques à l’étranger.

Avec quels partis politiques en France ?

Je m’abstiendrai de donner des précisions. La démocratie bourgeoise française est avancée et fait preuve de tolérance face à notre dissidence.

http://www.betancourt.info/indexFr.htm

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Le guérillero Granda veut rencontrer le secrétariat des FARC

16/06/2007 - Cyberpresse.ca

Rodrigo Granda, le chef guérillero libéré par le président Alvaro Uribe début juin, a déclaré lors d'une interview publiée mercredi par le quotidien El Tiempo qu'il voulait rencontrer le secrétariat (instance dirigeante) des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC).


«J'attends la première opportunité pour aller directement parler avec le secrétariat», a indiqué M. Granda.

Rodrigo Granda, qui purgeait une peine de prison, a étéremis en liberté le 4 juin par le président colombien Alvaro Uribe à la demande expresse du président français Nicolas Sarkozy.

«Il est nécessaire de s'asseoir et de parler (...) Il faut d'abord travailler en vue d'un échange humanitaire et de rapprochements qui nous permettent de trouver une issue politique au conflit», poursuit Granda.

Les FARC, première guérilla de Colombie avec 17.000 hommes, réclament la libération par le gouvernement colombien de 500 de leurs hommes en échange de 56 otages, dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt et trois Américains.

Le rebelle déclare craindre pour sa sécurité. Indiquant qu'il pourrait séjourner «un ou deux ans» au siège de la Conférence épiscopale de Bogota où il vit depuis sa libération, Granda estime qu'il «y a beaucoup de gens qui souhaitent poursuivre le chemin de la guerre».

Selon lui, le dernier sommet du G8 a joué un rôle clef «en internationalisant» le conflit colombien. «Les huit pays les plus puissants de la terre», dit-il, «demandent maintenant, pas au gouvernement, pas aux FARC, mais aux deux parties, d'essayer de trouver une solution humanitaire».

Enfin, Rodrigo Granda qui vient de recevoir du gouvernement une carte d'identité et un passeport colombien, soutient qu'il n'a pas l'intention de quitter la Colombie. «Je ne rêve d'aucun pays en particulier», poursuit-il, démentant des rumeurs de départ imminent pour Cuba ou la France.

http://www.betancourt.info/indexFr.htm
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Colombie: Ingrid Betancourt vivante

Rodrigo Granda, libéré début juin, a assuré samedi à l'AFP que Ingrid Betancourt était toujours vivante.


Selon ce responsable des FARC, libéré à la demande du président français Nicolas Sarkozy, le commandant Raul Reyes (numéro deux des FARC) affirme qu'elle est en bonne santé physiquement et intellectuellement.

Mais il ajoute qu'il est impossible d'envoyer des preuves de vie à cause des opérations terrestres et aériennes des forces gouvernementales.

"Dans les campements, dans les montagnes, pour envoyer une carte, une photo, une vidéo, il faut marcher des centaines de kilomètres et passer les barrages de l'armée", a déclaré Rodrigo Granda, considéré comme le ministre des affaires étrangères des FARC.

Les dernières preuves de vie d'Ingrid Betancourt datent du mois d'août 2003.

Fabrice Delloye, l'ancien mari d'Ingrid, avait estimé jeudi que si des "preuves de vie" de la jeune femme n'étaient pas "rapidement" apportées, ses proches seraient "réduits à penser" qu'elle est morte.

Agée de 45 ans, Ingrid Betancourt et sa directrice de campagne électorale Clara Rojas ont toutes deux été enlevées par les FARC le 23 février 2002.

Condamné à 21 ans de prison et libéré le 4 juin par le président colombien Alvaro Uribe, à la demande du président français Nicoals Sarkozy, Rodrigo Granda a annoncé samedi qu'il allait quitter la Colombie dans les jours qui viennent pour se rendre à Cuba où il poursuivra sa mission de médiateur pour la paix au service des FARC.


http://info.france2.fr/monde/31978198-fr.php
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