Renaud, l'écologie et moi et moi et moi...

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Sophie du moulin
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Re: Renaud, l'écologie et moi et moi et moi...

Message par Sophie du moulin » 08 nov. 2018, 15:49

dd a écrit :
08 nov. 2018, 15:10
Sophie du moulin a écrit :
08 nov. 2018, 14:07
8| Je n'ai jamais vu cette fonction start-stop.
A propos de chauffer la voiture en la laissant tourner. Moi quand je la laisse tourner le matin, ce n'est pas pour faire chauffer le moteur mais pour dégivrer et désembuer parce que rouler pour faire dégivrer, c'est dangereux quand même! :hehe:
sinon y a la raclette beaucoup plus écologique :P12
Oui et j'ai même une raclette avec moufle intégrée ::d pour mes petites mimines (car j'ai des crevasses facilement en hiver alors que pourtant je travaille dans un bureau...) mais pour la buée... la raclette a ses limites! :P12
adieu minette a écrit :
08 nov. 2018, 14:38
Il y a encore quelques mois je l'avais jamais vu aussi, seulement entendu parlé. Ma voiture n'est pas équipée non plus ! Alors je tourne la clé pour éteindre, par rotation du poignet !
Par contre, ça se fait de plus en plus sur les modèles neufs.
Je regarderai. J'ai une voiture de 14 ans et une autre de 6 ans.
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Jeep
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Re: Renaud, l'écologie et moi et moi et moi...

Message par Jeep » 08 nov. 2018, 17:46

dd a écrit :
08 nov. 2018, 10:52
est ce que couper le moteur de sa voiture ne consomme pas plus en la redémarrant? c'est une question que je me suis toujours posé

j'ai le start on stop sur ma voiture, je le coupe à chaque fois, parce que je me dis que pour le démarreur ça doit pas être génial
Les démarreurs et les batteries pour les véhicules équipés du stop & start sont différents des modèles classiques.
C'est conçu pour encaisser plus de démarrage.
(je n'ai pas ça sur mon auto, mais j'imagine que le prix de la batterie s & s doit être bien plus élevé même si elle est prévue pour durer plus longtemps qu'une "normale". Si on monte une batterie "normale" sur un véhicule stop & start la batterie ne tient même pas un an).

Charlie Brown
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Re: Renaud, l'écologie et moi et moi et moi...

Message par Charlie Brown » 08 nov. 2018, 22:23

En tant que citadin, mon bilan carbone est dramatiquement faible. J'en ai presque honte de vivre dans un pays développé. Mon lieu de travail se trouve à environ 3 kilomètres de mon domicile. Le matin, je prends le bus pour m'y rendre, parce que je suis pas du matin. Le soir, je rentre souvent à pied. De la fenêtre du bus ou le long des trottoirs au fil desquels mes pieds me ramènent chez moi, je vous observe dans vos véhicules individuels motorisés, vous qui habitez la "campagne" et venez travailler en ville, vous qui logez à l'autre bout de la ville mais qui n'envisageriez pas un instant de vous passer de votre véhicule pour rallier un des points stratégiques d'icelle, vous autres encore qui traversez quotidiennement ma ville pour quelque nébuleuse raison plus ou moins justifiée, et que je ne tiens pas à connaître. Vos gaz d'échappement sont un peu mon pain quotidien et je vous en remercie ("l'gaz carbonique, c'est mon hygiène", comme disait l'autre…).

Non, en vrai, à part le fait que vous passiez une partie non négligeable de votre vie à encrasser mes poumons, je m'en fous un peu, de vous. Dans le bus, je bouquine. Ou je taille la bavette avec quelque connaissance féminine. Le long de la route, dans les rues, je flâne, les yeux par terre, le nez en l'air (jamais les deux en même temps, c'est casse-gueule), perdu dans mes pensées souvent distraites par la beauté d'une passante, une perspective, une ligne de fuite, un détail du décor urbain qui m'avait échappé. Mais vous, je vous ai oublié, vous n'existez plus. Un léger bruit de fond, une vague ligne métallique dans mon champ de vision.

Un jour, il y a longtemps, j'ai décidé que la première mesure écologique que je prendrai serait d'habiter le plus près possible de mon lieu de travail, en essayant d'éviter les cités-ghettos et les lotissements-dortoirs. Je suis content d'y être parvenu jusqu'à présent. Pourvu que ça dure…

Cela dit, j'adore conduire. C'est vraiment un grand plaisir chaque fois que j'en ai l'occasion.
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Re: Renaud, l'écologie et moi et moi et moi...

Message par Sophie du moulin » 09 nov. 2018, 10:23

Dis donc Charlie, tu nous fait la morale ? 8/
Les gens qui vivent dans les campagnes n'ont pas vraiment de choix quant au mode de transport. Et même souvent ils ne peuvent se loger en ville en raison des prix du logement. Moi , par exemple, si je veux aller à la grande ville la plus proche j'ai un bus le matin pour y aller et un bus pour revenir le soir et encore, ce bus, je dois le prendre à 5 kilomètres de chez moi et entre chez moi et le village où prendre le bus, ce n'est que de la campagne, pas de transport en commun. Si je veux aller à la ville pour voir un spécialiste ou faire une course que je ne peux faire dans les villages avoisinant, je devrais donc prendre le bus le matin et rentrer le soir ? Génial et très pratique quand tu n'es pas retraitée! Nous avons quelques avantages à vivre à la campagne, comme par exemple des impôts fonciers et locaux peu élevés et un cadre visuel agréable et pas d'embouteillage ou de difficultés pour se garer mais pour le reste... Tiens à propos des moyens de transport en commun dans les campagnes, voici une exemple de transport en commun qui a peu d'intérêt: on a supprimé beaucoup de petites écoles, de classes uniques dans les petits villages pour regrouper en plus grandes classes dans les plus grands villages. De ce fait de nombreux enfants font de longs trajets en bus, matin, midi et soir. A la base, l'idée était de diminuer le nombre d'enseignants et surtout de regrouper les "moyens" , donc pour permettre aux enfants de bénéficier de plus de "supports" pédagogiques, de meilleurs locaux, etc... Au final, je constate bien que tout l'argent part dans les transports, le périscolaire et ses écoles n'ont pas grand chose pour mieux travailler: pas de salle de sport, pas d'intervenant musique ou autre, pas plus de budget pour des ateliers, etc... Quand j'entends ce qui se dit sur les écoles des quartiers défavorisés des grandes villes, je me dis que cela ressemble beaucoup à nos écoles des campagnes. La seule différence qui fait que le niveau scolaire reste plus stable, c'est à mon avis le niveau social des parents qui ont les moyens financiers et intellectuels de soutenir davantage leurs enfants mais ce n'est pas les conditions scolaires qui étaient bien meilleures quand il y avait des classes uniques de 10/12 élèves.
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Charlie Brown
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Re: Renaud, l'écologie et moi et moi et moi...

Message par Charlie Brown » 09 nov. 2018, 11:20

Sophie du moulin a écrit :
09 nov. 2018, 10:23
Dis donc Charlie, tu nous fait la morale ? 8/

Voui, c’est ma grande spécialité. :mrgreen:

Lucien ajouterait que j’aime à le faire de façon condescendante, voire suffisante. :-)


Les gens qui vivent dans les campagnes ont fait un choix. Que je ne juge pas. Chacun son truc.
Après, quand on connaît l’état du transport collectif dans les campagnes, on sait à quoi on aura affaire. Mais c’est un choix.


Pour rebondir sur le reste de ton post, je vais ajouter ceci :

J’ai vécu toute mon enfance et mon adolescence dans des "campagnes", ou plutôt des villages, ou encore de toutes petites villes, si tu préfères, avec des lotissements tout autour (c'était nouveau, à l'époque). Pour aller au collège puis au lycée et enfin à l’université de la grande ville la plus proche, je prenais le bus très tôt le matin et rentrais chez moi très tard le soir (puis, lorsque j’ai eu mon permis, j’empruntais de temps en temps la voiture de ma mère pour aller à l’université). Le trajet aller durait entre 45 minutes et une heure, selon les jours, la circulation. Idem pour le retour. Outre le fait que je ne supportais pas les mentalités de village, c’est à cette époque que j’ai décidé que, dès que je le pourrais, j’irai vivre en ville, et que, dès que j’aurais un travail (en ville, de préférence), j’essaierai d’habiter le plus près possible de ce lieu de travail, en essayant d’éviter quelques désagréments de logement, quitte à ce que le loyer devienne la part prépondérante de mon budget. Je ne prenais donc pas cette décision pour des raisons seulement écologiques, mais elles en faisaient assurément partie.

Le titre du topic, c’est "Renaud, l’écologie et moi et moi et moi...". Alors, je t’ai donné un ressenti tout personnel sur un des sujets dont vous causiez, la bagnole, en essayant même de caser du Renaud dedans... :-D
Après, tu peux appeler ça de la leçon de morale, ça ne me gêne absolument pas. :-)
La vie est faite de choix. Les comportements écologiques sont le résultat de choix. Chacun les siens.
C'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule !

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lucien
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Re: Renaud, l'écologie et moi et moi et moi...

Message par lucien » 09 nov. 2018, 18:13

Charlie Brown a écrit :
09 nov. 2018, 11:20
Lucien ajouterait que j’aime à le faire de façon condescendante, voire suffisante. :-)
Tsss, comment tu te la pètes!
s.i.g.n.a.t.u.r.e

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Re: Renaud, l'écologie et moi et moi et moi...

Message par dd » 09 nov. 2018, 19:41

Alors moi c'est tout le contraire de Charlie, j'ai toujours habité en ville, même si je devais prendre le car quand j'étais mome pour aller au collège, ceci dit Sophie ont se marraient bien dans le car :D pis quand j'ai grandi j'ai toujours habité pas très loin de mon taf, j'ai pris souvent les transports en commun, faut dire que ma boite payait les cars, donc tout bénef

J'ai déménagé plusieurs toujours à côté de transport en commun RER ou bus et je n'avais qu'une bagnole donc je la laissais à ma femme

Puis j'en ai eu marre de la ville, les run en moto sur roue arriere , les coups de feu, et l'insécurité m'ont vraiment fais chier, et l'agression qu'as subit ma femme m'ont fais partir de ou j'étais, et pourtant j'avais tout sur place

Donc depuis presque deux ans j'habite dans un petit village à 20 mn de mon taf, c'est que du bonheur, certes il ne faut pas oublier le pain.

J'ai un car qui passe à 200 metres de chez moi, sauf qu'il mets un peu plus d'une heure pour arriver à mon taf, donc je prefere
Prendre ma caisse et mettre 20 mn ( d'autant plus que j'écoute les grosses têtes en revenant et pur lulu, l'invité mystère ce soir etait Julien Clerc, et j'ai trouvé :mrgreen: )
Par contre j'ai un collegue qui habite plus loin que moi et qui prends le car, pzr pour l'écologie, mais juste parce qu'il n'a pas les moyens de prendre sa voiture. Très dur de vivre avec un smic
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Sophie du moulin
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Re: Renaud, l'écologie et moi et moi et moi...

Message par Sophie du moulin » 09 nov. 2018, 20:29

C'est vrai qu'on fait des choix mais je ne vois pas en quoi ton choix Charlie est plus "vertueux" sur le plan écologique que le mien. Surtout qu'il faut voir cela plutôt sur un ensemble de comportements. Certes, je suis obligée de prendre souvent ma voiture mais pour de courts trajets, sans tourner des heures en centre ville pour me garer. Je n'ai pris par ailleurs qu'une fois l'avion dans ma vie (enfin, deux fois aller-retour :mrgreen: ) je n'ai pas un comportement exemplaire sur le plan écologique mais je participe aux efforts; j'essaie de concilier mes valeurs écolo avec ma vie de tous les jours.
Moi j'ai été depuis toujours "coupée" entre deux modes de vie: Le week-end , je vivais chez mes parents dans une ville de 30 000 habitants et la semaine, chez mes grands-parents en campagne. Je suis allée à l'école et au collège de village et quand mes camarades ont dû se coltiner des heures de bus pour le lycée, je suis retournée vivre chez mes parents ::d Au lycée, c'était plein de petits bourges et j'ai mis du temps à me faire de bons copains :mrgreen: Mais bon j'avais mon amoureux , un petit voyou de mon quartier (ah mais je m'égare, c'est une autre histoire :hehe: ) En tout cas, j'ai préféré le collège de villages au lycée de la ville.... J'ai fait ensuite des études à Lille. Au début, j'ai trouvé cela génial, tant de choses à portée de mains: je suis allée à l'opéra voir de la danse, je flanais des heures au Furet du nord ou dans les rues piétonnes et puis...j'ai commencé à m'ennuyer , à chercher désespérement des coins de verdures , des endroits où je pouvais croiser la faune sauvage. Mais point de faune sauvage même en banlieu de Lille . :( Même quand je vivais chez mes parents, je n'avais que 15 minutes à faire à pied pour me retrouver en pleine forêt où j'emmenais souvent mon chien (forêt de Compiègne pour ceux qui connaissent) , alors j'ai commencé à étouffer. Une fois mes études terminées, j'ai vécu en ville encore quelques années et au bout de 4 ans, j'ai eu la possibilité de revenir dans le village où j'avais passé mon enfance. Et comme dd, je me sens très bien à la campagne :)
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Re: Renaud, l'écologie et moi et moi et moi...

Message par Marie la Belge » 09 nov. 2018, 20:47

Charlie n'est pas vertueux, c'est un donneur de leçons, un snobinard, qui essaie de faire croire qu'il fait et sait tout mieux que tout le monde. L'ancêtre des Bobos. Un des rares qui me donne (régulièrement et depuis des années) envie de me casser d'ici.
Modifié en dernier par Marie la Belge le 09 nov. 2018, 21:42, modifié 1 fois.
Elle quitte le vilain phenix mais aimera toujours Renaud.
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dd
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Re: Renaud, l'écologie et moi et moi et moi...

Message par dd » 09 nov. 2018, 21:31

Marie la Belge a écrit :
09 nov. 2018, 20:47
Charlie n'est pas vertueux, c'est un donneur de leçons, un snobinard, qui essaie de faire croire qu'il fait et sait tout mieux que tout le monde. L'ancêtre des Bobos. Un des rares qui me donne (réguluèrement et depuis des années) envie de me casser d'ici.

Wahou ! Alors là je suis sur le cul, je crois bien que c’ est
Vraiment une des premières fois où je ne suis pas
D’ Accord avec toi. Je trouve que les post de Charlie
Sont hyper interessant, il a une putain de culture musicale et cinéma qui donne envie. Par exemple grâce à lui j’ai dévoré « le lambeau » que je n’aurais sûrement jamais lu si je n’avais pas lu son intervention ici. En plus ses post me font marrer et notamment ceux sur les paris de l’équipe de France qui était vraiment excellent.
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Charlie Brown
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Re: Renaud, l'écologie et moi et moi et moi...

Message par Charlie Brown » 09 nov. 2018, 21:54

lucien a écrit :
09 nov. 2018, 18:13
Charlie Brown a écrit :
09 nov. 2018, 11:20
Lucien ajouterait que j’aime à le faire de façon condescendante, voire suffisante. :-)
Tsss, comment tu te la pètes!

C'est clair ! :-D


Marie la Belge a écrit :
09 nov. 2018, 20:47
Charlie n'est pas vertueux, c'est un donneur de leçons, un snobinard, qui essaie de faire croire qu'il fait et sait tout mieux que tout le monde. L'ancêtre des Bobos. Un des rares qui me donne (réguluèrement et depuis des années) envie de me casser d'ici.

:-D :-D :-D

Yeah ! :-D (moi aussi, je t'aime. :coeur: :-) )

(Ça faisait des années que j'attendais ton coming out franc et massif. Je suis comblé. :-D :wink: )


Et je suis entièrement d'accord avec toi :

Je suis loin d'être vertueux.
Donneur de leçons est une seconde nature.
Un jour, le snobisme vaincra.
Je ne sais pas faire grand-chose et je ne sais pas beaucoup de choses (mais j'adore vous le faire croire).


Bon, après, ça merde un peu :

Le bobo est plus mon avenir que je ne suis son ancêtre.


Mais la fin est parfaite et je ne peux que te donner raison :

Je suis un des rares qui me donne envie de me casser d'ici. D'ailleurs, je me casse régulièrement depuis des années dès que je ne peux plus me supporter. (Et, si ça peut te rassurer, je sens que ça ne va pas tarder... Attends deux secondes... Ah, voilà, ça y est, c'est fait ! :-D... A chaque fois que je provoque ce genre de réaction chez quelqu'un sur le forum, c'est le signe que je dois aller voir ailleurs si j'y suis. :wink: )


Tchô, Marie.

La bise.


Edith (et Marcel), comme dit Lucien :
Content de t'avoir donné envie de lire Le Lambeau de Philippe Lançon, dd. :-)
Je repasserai un de ces quatre pour de nouvelles aventures... ou pas. :-D :wink:
(Non, avant, je vais juste passer poster une petite chanson de ce que j'écoute là tout de suite, parce que c'est de la bonne et que je ne peux pas vous laisser sans décrasser une dernière fois vos portugaises ensablées. Faut bien justifier son statut de snob donneur de leçons, merde ! :-) )
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Re: Renaud, l'écologie et moi et moi et moi...

Message par adieu minette » 10 nov. 2018, 11:04

Quand je pars au boulot (même si j'ai un temps de trajet court), j'ai une tonne de ferraille au bout de mes bras pour faire mes 13km, avec une seule personne à bord. Le ratio contenant/contenu est une catastrophe et une aberration énergétique.

Pour revenir sur l'habitation à proximité du lieu de travail. Bien sûr qu'on a pas tous le choix, bien sûr que ça peut être compliqué, et qu'on ne peut pas forcément déménager au moindre changement de boulot. Mais Charlie n' a pas non plus complétement tort. Je travaille en centre Bretagne, et on est très très peu à habiter proche du travail. Mes collègues très souvent par choix, préfèrent être proches de la côte. Pourquoi ont-il fait ces choix, car la sponsorisation du gazole pendant des années, et les frais réels pour les impôts permettent financièrement d'assumer ces choix. La mer c'est quand même plus sympa...

Pour ce qui est des lotissements péri-urbain. C'est vrai qu'avoir sa maison individuelle, son bout de terrain, c'est un rêve, une qualité de vie. Mais malheureusement, on peut le voir typiquement comme une ville sur Rennes, où les communes des alentours, on parfois décupler leur population depuis 1960 avec essentiellement des pavillons. Conséquence, on a vu en 40 ans des terres arables disparaître à tout jamais. Si on continue à bouffer les terres agricoles, à long terme c'est très problématique aussi.
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Re: Renaud, l'écologie et moi et moi et moi...

Message par Tord » 10 nov. 2018, 20:34

Moi j'aime bien Charlie et j'aime bein lire ses posts. Sauf quand ça parle de musique parce que je trouve ça chiant comme la mort. Et sauf quand il critique mon bouquin. Et c'est chiant un peu quand il parle de cinéma. Et je me souviens que je suis pas tout le temps d'accord avec lui sur la politique.

Bon ben...

:-D

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Re: Renaud, l'écologie et moi et moi et moi...

Message par Sophie du moulin » 10 nov. 2018, 21:37

adieu minette a écrit :
10 nov. 2018, 11:04
Quand je pars au boulot (même si j'ai un temps de trajet court), j'ai une tonne de ferraille au bout de mes bras pour faire mes 13km, avec une seule personne à bord. Le ratio contenant/contenu est une catastrophe et une aberration énergétique.
Oui mais nous sommes nombreux à être coincé pour faire autrement. Moi j'ai bien pensé à apprendre l'attelage mais je le dépose où mon bourrin quand je vais faire mes courses ? Encore, à mon travail, je pourrais presque le faire, il y a une cabane et une pâture à 30 mètres ::d mais on vit dans un monde où tout doit se faire plus vite, où nos horaires sont calculés en fonction de déplacements motorisés...
adieu minette a écrit :
Pour revenir sur l'habitation à proximité du lieu de travail. Bien sûr qu'on a pas tous le choix, bien sûr que ça peut être compliqué, et qu'on ne peut pas forcément déménager au moindre changement de boulot. Mais Charlie n' a pas non plus complétement tort.
Ah mais je n'ai pas dit le contraire; j'ai juste voulu dire que faire la morale c'est désagréable et que cela ne fait rien avancer.
adieu minette a écrit :
Je travaille en centre Bretagne, et on est très très peu à habiter proche du travail. Mes collègues très souvent par choix, préfèrent être proches de la côte. Pourquoi ont-il fait ces choix, car la sponsorisation du gazole pendant des années, et les frais réels pour les impôts permettent financièrement d'assumer ces choix. La mer c'est quand même plus sympa...
Pour ce qui est des lotissements péri-urbain. C'est vrai qu'avoir sa maison individuelle, son bout de terrain, c'est un rêve, une qualité de vie. Mais malheureusement, on peut le voir typiquement comme une ville sur Rennes, où les communes des alentours, on parfois décupler leur population depuis 1960 avec essentiellement des pavillons. Conséquence, on a vu en 40 ans des terres arables disparaître à tout jamais. Si on continue à bouffer les terres agricoles, à long terme c'est très problématique aussi.
En fait tout cela c'est un peu la même problématique, à savoir les "idéaux" véhiculés par la société. L'écologie c'est aussi une réflexion philosophique: comment ce qui est bon pour la planète peut être un idéal de vie? Tant que le confort, la possession de plein de choses (grande maison, grosse voiture, piscine, vêtements à gogo, nourriture en excès etc...) sera associé à l'idée du bonheur, on n'avancera pas beaucoup sur le plan écologique.

Pour finir, j'ai vu aujourd'hui une vidée qui date de 10 ans , d'un agronome. Quand on l'écoute, c'est plein de bon sens et en même temps cela est désespérant! :nono: A la fin de la vidéo , il évoque les problèmes d'inondation par ruissellement, à cause de l'érosion des sols et de l'agriculture intensive. J'ai connu 2 inondations de ce type en juste deux ans. Les personnes du département et de la voirie qui se sont déplacées après la deuxième inondation accuse les pluies exceptionnellement abondantes. Ce que cet agronome disait il y a 10 ans et bien c'est encore vrai: on ne veut pas voir d'où vient le problème. :rougefaché: Voici la vidéo:
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lucien
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Re: Renaud, l'écologie et moi et moi et moi...

Message par lucien » 11 nov. 2018, 11:13

Je participe peu à ce topic, étant loin d'avoir les connaissances nécessaires pour l'ouvrir, et étant loin loin d'être irréprochable... Mais, cet article, qui parle surtout du prix de l'essence, est vraiment très bon dans sa manière globale d'appréhender l'écologie. A bas le capitalisme!

Il ne fait aucun doute que « les fachos » se sont engouffrés dans des initiatives dont je ne pense pas qu’ils les aient suscitées, mais en réalité peu importe, car il y a bien plus important. En résumé : on ne réussira pas la « transition écologique et climatique » sur le dos des moins bien lotis, on n’y parviendra pas (de façon démocratique) sans réduire les inégalités, sans améliorer la protection sociale et sans des politiques ambitieuses de transports publics accessibles ou gratuits, entre autres mesures dont je parlerai. Et si on ne mène pas de front ces deux politiques, écologiques ET sociales, alors oui les « fachos » et une partie de la droite s’engouffreront dans la brèche en prétendant une nouvelle fois défendre les intérêts du peuple contre « les élites » ou « les bobos ». C’est le climat qui en pâtira. Et la démocratie.

On était dans une situation voisine il y a dix ans et j’en avais parlé, en septembre 2008, dans un billet intitulé « Pour « sauver la planète » : réduire les inégalités ! ». En voici juste des extraits.

« Il y a de bonnes raisons de penser que la crise écologique ne trouvera pas de solution si l’on sacrifie l’équité au présent sur l’autel de l’équité entre les générations, et si la réduction des inégalités sociales n’est pas considérée comme une priorité au moins aussi urgente que tous les objectifs écologiques.

La principale raison réside dans une réflexion sur l’acceptabilité sociale des réorientations nécessaires. Il ne fait guère de doute que les modes de production et les modes de vie devront être profondément modifiés dans les années et décennies qui viennent. S’agissant des modes de vie, il va falloir, EN MOYENNE, selon les Nations Unies, diviser par cinq d’ici 2050 les émissions de gaz à effet de serre des pays dits développés… Mais la référence à la moyenne laisse entière la question de savoir qui sera prioritairement affecté par un certain nombre de restrictions ou limitations, ou par les mesures environnementales qui vont s’imposer (normes, taxes, etc.). L’avenir soutenable n’est nullement dans la réduction de tout, dans la pénurie générale, mais il y aura à la fois des possibilités de développement du bien-être et des restrictions indispensables de consommation matérielle dans certains domaines. Sur les épaules de qui ces restrictions vont-elles peser ? Cette question est la plus importante sur le plan social et politique.

Prenons l’exemple récent des incidences de la forte hausse du prix du brut, plus ou moins répercutée à la pompe. Il y a certes de la spéculation dans l’air, mais des tendances de fond sont aussi à l’œuvre, et elles vont s’amplifier avec la réduction inéluctable de la production de pétrole... Qui sera d’abord frappé par le litre de super à 2 puis 3, puis 4 euros par litre, et plus par la suite ? On l’a bien vu cette année : ce sont d’abord, outre certaines professions très dépendantes du pétrole, les ménages pauvres ou modestes, pour qui il s’agit essentiellement de dépenses « contraintes » (pour aller au travail, faire les courses, conduire les enfants…), parce que l’urbanisation et la mobilité ont été bâties sur l’usage de l’automobile. Pour les plus riches, ces hausses sont indolores et elles le resteront longtemps. Et ils sont plus nombreux à habiter dans des centres-villes exigeant moins de déplacements contraints et bien mieux dotés en transports collectifs.

En pourcentage du revenu des ménages après impôt, le poids des dépenses énergétiques est de 15 % en moyenne pour les 20 % les plus pauvres et de 6 % pour les 20 % les plus riches. Pour les carburants, ces chiffres sont respectivement de 4,6 % et 2,4 %. Pour l’électricité, 5,9 % et 2,2 %...

AVEC DE TELLES INEGALITES, PRESQUE TOUTES LES POLITIQUES ACTUELLES DE L’ENVIRONNEMENT EN DIRECTION DES MENAGES OU MEME DES ENTREPRISES (TAXES CARBONES, ETC.) SONT « ANTISOCIALES ». Elles creusent encore les écarts entre ceux qui ont les moyens de se payer les produits « verts », logiquement plus chers en moyenne… et ceux qui doivent se contenter des véhicules polluants, du hard discount dont les prix sont d’autant plus bas qu’ils reposent sur le dumping social et environnemental, ou des HLM à l’ancienne.

Le mécontentement constaté depuis le printemps dernier (prix de l’essence et des produits alimentaires, pouvoir d’achat en baisse…) risque de s’amplifier si les inégalités ne sont pas fortement réduites. Or les écologistes et leurs revendications pourraient se trouver en position d’accusés, car il ne manquera pas de « défenseurs des classes populaires », y compris à droite et à l’extrême droite, pour trouver des boucs émissaires. Ce serait injuste, mais pour anticiper cela, il faut mettre ou remettre l’égalité au cœur des projets de durabilité. » Fin de citation pour ces extraits datant de 2008. Je rappelle qu’on avait connu alors, au printemps et à l’été 2008, des prix du litre d’essence et de gazole autour de 1,50 euros, soit plus qu’aujourd’hui en termes de pouvoir d’achat (le Smic horaire était alors à 8,63€, alors qu’il est aujourd’hui à 9,88 euros, soit 14,5 % de plus).

LE SIGNAL PRIX COMME FREIN ET SES LIMITES

J’en reviens à la situation actuelle et aux appels à manifester le 17 novembre. Ceux et celles de mes ami.es les plus hostiles à ces appels défendent la nécessité de renchérir ce qui pollue afin de freiner les comportements pollueurs. C’est en fait un raisonnement d’économiste sur le rôle central du « signal prix » : si les cigarettes sont plus chères, les gens fumeront moins. Si on taxe assez fortement les transactions financières, il y aura beaucoup moins de mouvements spéculatifs, etc. Ces ami.e.s ont évidemment d’autres propositions pour la mobilité, mais l’argument du prix élevé leur semble décisif.

Problème : on peut choisir d’arrêter de fumer, et, si on a beaucoup d’actifs financiers, on peut se résoudre à moins spéculer, mais peut-on choisir de se passer de voiture si tout a été fait pendant des décennies pour qu’on en ait vraiment besoin pour travailler et vivre au quotidien : urbanisation inégale accroissant les distances sous l’effet de la spéculation foncière et immobilière, incitations forcenées à la mobilité, zones commerciales ayant détruit les commerces proches, fermeture de nombreux services publics de proximité, des maternités, fermeture de lignes de chemin de fer, transports collectifs très insuffisants, etc.

Comment faire avec les aides à domicile aux personnes âgées en milieu rural ou péri-urbain, exemple parmi beaucoup d’autres de métier très mal payé exigeant une voiture (qui a de fortes chances d’être vieille et polluante) ?

LE SIGNAL PRIX ET LA SUBSTITUTION VERTUEUSE : DES LIMITES AUSSI

Le prix élevé peut être un facteur d’abandon, mais le plus souvent, chez les économistes, il est censé favoriser une substitution vertueuse, et parfois ça marche : achat de voitures moins gourmandes en carburant, hybrides par exemple, recours à des transports collectif, au covoiturage, etc. Mais, à nouveau, deux types de limites fortes interviennent. L’une concerne les bas et moyens revenus, qui par exemple ne peuvent pas toujours acheter une nouvelle voiture nettement moins gourmande et vont faire durer l’ancienne le plus longtemps possible. L’autre tient à l’organisation actuelle de l’espace et des transports : dans beaucoup de cas, il n’y a pas aujourd’hui de solution écolo pour aller au boulot ou faire ses courses.

AJOUT du samedi 3 novembre à 11h. J'ai bénéficié sur Facebook de ce témoignage qui me semble très pertinent d'une personne nommée ElodieBD : "Prenons le cas de ma ville dans l’Eure, au niveau transport en commun c’est le désert, 2 trains le matin sur la ligne Caen -Rouen et 2 le soir, une ligne de bus Évreux -Pont Audemer. Si vous voulez atteindre les deux villes proches à 20km tu prends ton vélo , tes enfants sous le bras et tes courses dans le panier avant de ton vélo. Ou alors tu trouves pour du covoiturage une personne qui fait le même trajet que ton rendez vous chez le spécialiste, car avec deux enfants tu évites de flâner toutes la journée en ville ou sinon tu finis au MacDo, ah oui sans oublier que tu as sous le bras aussi tes sièges auto. Et pour le travail ok ton voisin de gauche bosse dans la même ville que toi coup de chance, mais je suis pas sûr que celui de droite aura la même chance, je croise les doigts que les 4 trains par jour l’emmènent au travail. Ok d’accord faisons des efforts mais il faut peut être d’abord repenser les moyens de transports et surtout les dynamiques de circulation des territoires avant de culpabiliser les Français". Merci Élodie.

ALORS ? ON FAIT QUOI ?

Modestes propositions. Mais on devrait organiser des conférences citoyennes sur ces questions sensibles et on s’apercevrait alors que les bonnes idées ne manquent pas, que les manifestants annoncés pour le 17 ne sont pas tous indifférents aux risques du climat, et que les partisans d’une hausse des prix des énergies fossiles sont eux aussi préoccupés par les inégalités.

1) On fait progresser par étapes les taxes sur les carburants des particuliers à condition qu’il y ait simultanément d’autres politiques de réduction des inégalités et de la précarité, et d’autres politiques des transports en commun et des transports « doux ». Sinon, on laisse le champ libre à la démagogie populiste de la droite extrême et on ne rend pas service au climat qu’on prétend sauver. Macron aime à se présenter comme un barrage à l’extrême droite, mais en combinant cadeaux fiscaux aux riches, appauvrissement des pauvres, des retraités et d’une partie des salariés, atteintes aux transports collectifs publics, et taxes plus fortes sur la mobilité des personnes, il joue avec le feu.

2) On ne compte pas d’abord sur les taxes et sur le signal prix pour transformer les modes de vie et « changer le système ». Ils doivent s’intégrer à des politiques plus systémiques des transports, de la mobilité et de l’utilisation de l’espace. De ce point de vue, les appels à manifester pour baisser les prix ne sont pas moins unilatéraux et insuffisants que les appels à les augmenter.

3) Il existe d’autres combats plus décisifs pour le climat. C’est ainsi que des campagnes visant le « désinvestissement » ou le blocage des projets des industries de l’extraction ont pris de l’ampleur dans plusieurs pays. Ou encore qu’un peu partout des mouvements citoyens se battent, parfois avec succès, pour des transports en communs accessibles ou gratuits, contre des projets d’autoroutes ou de tunnels dignes du siècle passé, pour faciliter l’usage du vélo en ville, relocaliser des activités comme celles des maternités, des services publics et des petits commerces de proximité, etc. Autant de luttes qui ne jouent pas sur la dissuasion par le prix mais sur la construction d’alternatives appréciées. Avez-vous vu la vidéo sur la circulation à Amsterdam aux heures de pointe ?

4) Enfin, agir non seulement sur la consommation, mais aussi sur la production (les grandes entreprises), qu’il s’agisse des industries extractives, de celles de l’automobile, des transports et des travaux publics, de la grande distribution, et bien entendu de la finance pour qu’on cesse d’investir dans les grands projets « climaticides » et pour qu’on mette l’activité économique et le crédit au service de la transition vers une mobilité peu polluante. Il est particulièrement scandaleux que les 106 milliards d’euros des livrets d’épargne de « développement durable et solidaire » servent encore à financer les 200 entreprises « fossiles » ayant le plus de responsabilités dans le dérèglement climatique.
s.i.g.n.a.t.u.r.e

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