La musique de Renaud dans les comédies françaises des années 80

par 

Barbara Lehin

 

Description

Barbara Lehin, de l'université de Warwick (Warwick University)  - au Royaume-Uni - , et dont la spécialité est le cinéma, avait prévu de faire une intervention sur ce sujet au cours de la Conférence sur la musique populaire française qui s'est tenu à Manchester ( Royaume-Uni ) le 19 et 20 juin 2003.

Cette intervention aurait du se faire dans le cadre d'un atelier consacré à Renaud - seul atelier de la conférence consacré à un chanteur en particulier.

Ce thème s'inscrit dans la redécouverte du cinéma populaire par les universitaires comme témoignage social.  

Cette intervention ne s'est pas réalisé pour diverses raisons.

Projet d'intervention (par Barbara Lehin)

Until recently, scholars and film critics have considered French cinema of the 1980s as quite remote from its contemporary reality. It was often said that there was a genuine lack of commitment in the films produced during this decade, as if the hope of a majority of filmmakers towards the Left was translated by a wait and see attitude, which resulted in a substantial number of films avoiding to discuss social issues --as it was the case in the 1970s and 1990s.

Eighties French cinema can be perceived as anchored in its contemporary society even if it referred to social issues using a more popular approach. In fact, the inroads made by popular music into films was a significant feature of eighties French cinema, whether it concerned auteur or mainstream productions where popular music was largely included in the soundtrack. For instance, Les Rita Mitsouko were found in Kung Fu Master (1987) and Sans toit ni loi (1985), Charlélie Couture wrote the soundtrack of Tchao Pantin (1983), Gainsbourg sings with Catherine Deneuve in a cameo part in Je vous aime (1981), Gotainer and Souchon are used in Le Maître d'école (1981). Another element which reinforces the link between films and popular music is the acknowledged performance of pop singers on the big screen with, for instance, Alain Souchon in L'éte meurtrier (1982), Johnny Hallyday in Détective (1985) and Conseil de famille (1985), Vanessa Paradis in Noce blanche (1989).

But to find a more caustic criticism of eighties France, one has to turn towards the contribution of the café-theatre on screen, with films such as Ma Femme s'appelle reviens (1981) and Le Père Noël est une ordure (1982). The satirical humour of the café-theatre evoked the 'air du temps' through the use of popular language, puns and set phrases. Among these films, the two box-office successes Viens chez moi, j'habite chez une copine (1981) and Marche à l'ombre (1984) are of particular interest since their titles are taken from Renaud's songs. While in Viens chez moi the title song is used as extra-diegetic music, in Marche à l'ombre Michel Blanc and Gérard Lanvin actually perform the title song. The social situation depicted by Renaud in the seventies with Banlieue Rouge, Viens chez moi, j'habite chez une copine, Hexagone, Marche à l'ombre was echoed at the same period by the café-theatre. But it was not until the eighties that a transfer from café-theatre to films was made, in which Renaud's songs were included. In fact, these two films symbolise the encounter of a popular and socially aware singer and popular actors, whose common aim was to denounce the state of their contemporary society. This paper offers to analyse these two songs in relation with the eponymous films and see which vision of French society they provide.

Traduction du projet d'intervention de Barbara Lehin (par David Hermesse)

Jusqu'il y a peu, les érudits et les critiques de films considéraient le cinéma français des années 80 comme assez éloigné de la réalité contemporaine. Il a souvent été dit qu'il y avait un véritable manque d'engagement dans les films produits durant cette décade, comme si l'espoir qu'une majorité de réalisateurs plaçait dans la gauche était traduite par une attitude attentiste, laquelle a abouti à un nombre substantiel de films évitant de discuter des résultats sociaux - comme c'était le cas dans les années 70 et 90.

Le cinéma français des années 80 peut être perçu comme étant ancré dans sa société contemporaine même s'il référait aux résultats sociaux en utilisant une approche plus populaire. En fait, les empiètements de la musique populaire sur les films étaient une particularité significative du cinéma français des années 80, que cela concerne les films d'auteurs ou les productions principales dans lesquels la musique populaire était largement incluse dans la bande originale. Par exemple, on retrouve Les Rita Mitsouko dans Kung Fu Master (1982) et Sans toit ni loi (1985),  Charlélie couture a écrit la bande originale de Tchao Pantin (1983), Gainsbourg chante avec Catherine Deneuve dans un personnage de cameo  dans Je vous aime (1981),  Gotainer et Souchon ont été utilisés pour Le maître d'école. Un autre élément qui renforce le lien entre les films et la musique populaire, ce sont les performances reconnues de chanteurs pop sur le grand écran avec, par exemple, Alain Souchon dans L'été meurtrier (1982), Johnny Hallyday dans Détective (1985) et Conseil de famille (1985), Vanessa Paradis dans Noce Blanche (1989).

Mais, pour trouver une critique plus caustique de la France des années 80, on doit se tourner vers la contribution du café théâtre à l'écran, avec des films tels que Ma femme s'appelle reviens (1981) et Le Père Noël est une ordure (1982). L'humour satirique du café théâtre évoquait "l'air du temps" à travers l'utilisation du langage populaire, des jeux de mot et des clichés. Parmi ces films, les deux succès au box office Viens chez moi, j'habite chez une copine (1981) et Marche à l'ombre (1984) ont un intérêt particulier parce que leurs titres sont pris de chanson de Renaud. Pendant que Viens chez moi la chanson titre est utilisée comme musique de fond, dans Marche à l'ombre, Michel Blanc et Gérard Lanvin interprètent réellement la chanson titre. La situation sociale décrite par Renaud dans les années 70 avec Banlieue Rouge, Viens chez moi j'habite chez une copine, Hexagone, Marche à l'ombre, était répétée à la même époque par le café-théâtre. Mais ce n'est pas avant les années 80 qu'un passage du café-théâtre au cinéma, dans lequel les chansons de Renaud on été incluses, a été fait. En fait, ces deux films symbolisent la rencontre d'un chanteur populaire et avisé socialement et d'acteurs populaires, dont le but commun était de dénoncer l'état de leur société contemporaine. Cette étude offre d'analyser ces deux chansons en relation avec les films du même nom et de voir quelle image de la société française ils fournissent.

En savoir plus

Site de la "French popular music conference"

Si vous en savez plus sur les travaux sur Renaud par Barbara Lehin, merci de contacter le webmaster

Références

Barbara Lehin (Warwick University, UK) : "Renaud's music in 1980s French comedies"  - French popular music conference - The University of Manchester - 19 and 20 June 2003 (day 2 - pannel B)

Etudiant - poil aux dents


Photographie "La Pendule", de Robert Doisneau, dit Rouge-Gorge.