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Amériques
Figures de l’impérialisme américain en Amérique latine : la rupture pour ne rien changer

par Renaud Lambert

14 mai 2007


En Amérique latine, « près d’une personne sur quatre vit avec moins de 2 dollars par jour (...). Bien des enfants ne terminent pas l’école primaire. Bien des mères n’ont jamais vu de médecin. À une époque de prospérité et de croissance, ceci est un scandale. C’est aussi un défi. » Simon Bolivar « a réussi à venir à bout d’un pouvoir colonial (...). Nous sommes les enfants de ce combat et c’est notre mission que de mener cette révolution à terme (...). »

Les détracteurs du président vénézuélien Hugo Chavez trouveront probablement qu’il en fait décidemment trop dans le registre « populiste ». Ils auront tort, car c’est en fait le président des Etats-Unis qui s’exprimait ainsi le 5 mars 2007, dans l’un des temples de cette « révolution américaine » dont avait rêvé Bolivar : le Centre international de commerce « Ronald Reagan ». Tout le long de cette tournée latino-américaine d’un peu moins d’une semaine, qui devait le mener au Brésil, en Uruguay, en Colombie, au Guatemala puis au Mexique, George W. Bush souhaitait adresser un message aux « travailleurs et paysans » latino-américains : « vous avez un ami au Etats-Unis » [1].

Il y eut bien sûr les habituels « bourrus » pour se froisser de ce qu’en termes d’assistance, la Maison-Blanche ait plus de « compassion » que de dollars à proposer à ses voisins du Sud. Ainsi, George W. Bush - qui tenta d’enfoncer le clou avec toute l’habileté rhétorique qu’on lui connaît [2] -, ne vit peut-être pas ses efforts récompensés par la gratitude qu’il avait anticipée quand, loin de s’esbaudir devant l’indignation du président américain qui se disait « soucieux de vos difficultés » [3], Clovis Rossi, éditorialiste à la Folha de Sao Paulo, commentait : « L’Amérique latine a besoin de commerce et d’investissements, beaucoup plus que de compassion. » [4] Il est vrai que, malgré les promesses d’œuvrer à « la justice sociale », le budget prévisionnel 2008 de la Maison-Blanche prévoit une baisse de 8% de l’aide destinée à l’Amérique latine et aux Caraïbes, une aide principalement militaire.

Toutefois, si l’on exclut de telles marques de manque de savoir vivre, les efforts de l’« ami » des travailleurs et paysans latino-américains pour donner tous les gages de la rupture avec une politique étrangère jugée « oublieuse » de la voisine Amérique latine furent salués. Des colonnes du Monde (« le continent latino-américain est en train de reprendre de l’importance dans la politique étrangère américaine », 8 mars 2007) à celles du New York Times (« Bush veut indiquer un changement d’agenda lors de son voyage en Amérique latine », 6 mars 2007), l’ère de la « révolution made in Washington » était advenue...

Pourtant, comme bien souvent, la rhétorique de la rupture a pour principal effet de masquer les continuités. La première d’entre-elles trouve peut-être son illustration la plus parlante dans l’auditoire que le président américain avait rassemblé ce jour-là dans le Centre international de commerce « Ronald Reagan » de Washington, pour clamer sa volonté « d’aider les pays de l’hémisphère à combler les besoins essentiels de leurs peuples ». Il s’agissait d’ambassadeurs latino-américains, d’une part, mais aussi, et surtout, d’entrepreneurs implantés dans la région, réunis au sein de la Chambre hispanique de commerce des Etats-Unis (USHCC). A eux aussi, George W. Bush avait un message à délivrer. Il le fit au détour d’une phrase : « J’apprécie à sa juste valeur le travail que vous faites en collaboration avec nos banques pour aider les mouvements de capitaux. » [5] Les apartés en disent parfois plus que de longs discours, car l’histoire des rapports des Etats-Unis avec son « arrière-cour » latino-américaine est, avant tout, celle de cette impérieuse nécessité : les « mouvements de capitaux » au sein de la région. C’est cet impératif qui donne à la politique étrangère des Etats-Unis - marquée par ses soubresauts et ses revirements -, son implacable continuité.

Mouvements de capitaux

Même un Président des Etats-Unis peut se tromper. Ainsi, alors que le jeune Donald Rumsfeld lui demandait conseil quant à sa future carrière, Richard Nixon lui déconseillait fortement de s’intéresser à l’Amérique latine : « L’Amérique latine, on s’en moque » [6] devait-il lâcher.

Otto Reich, alors Secrétaire d’Etat adjoint pour l’Hémisphère occidental, allait présenter un point de vue sensiblement moins péremptoire à la Heritage foundation, un think-tank néolibéral américain, le 31 octobre 2002. Il rappelait que « Les Etats-Unis vendent plus à l’Amérique latine et aux Caraïbes qu’à l’Union européenne, plus à nos partenaires de l’ALENA [7] qu’à l’Europe et au Japon réunis, plus au Cône sud qu’à la Chine » [8]. S’agissait-il là d’une révolution dans les relations de voisinage sur le continent américain ? Pas le moins du monde, puisqu’en 1959, Herbert Matthews, du New York Times, soulignait déjà qu’« Environ un quart de nos exportations sont destinées à l’Amérique latine et [qu’] un tiers de nos importations viennent de la région (...). » [9] La situation n’est pas neuve, donc, elle n’a fait que s’intensifier au cours de la dernière décennie.

Entre 1992 et 2003, les exportations des Etats-Unis vers l’Amérique latine sont passées de 75,7 à 149,5 milliards de dollars (une augmentation de 97,5% alors que le volume total des exportations américaines croissait de 61,5% sur la même période) [10]. Au même moment, le volume des importations américaines en provenance d’Amérique latine (principalement des matières premières) augmentaient presque deux fois plus vite que le volume total d’importations américaines, les Etats-Unis recevant la moitié de la production de la région entre 2000 et 2005 (contre un tiers dans les années 80) [11].

« Les veines ouvertes de l’Amérique latine »

Dès 1959, l’importance de ces échanges était telle qu’Herbert Matthews continuait son analyse de la situation en ces termes : « A tout instant, la question se pose "Si nous n’avions pas l’Amérique latine à nos côtés, notre situation serait dramatique." Sans accès aux produits et aux marchés d’Amérique latine, les Etats-Unis seraient réduits au statut de pouvoir de second rang. ». Le lien entre « échanges commerciaux » et domination n’est peut-être pas évident pour tous ceux qui, comme John Quincy Adams en 1842, estiment qu’ils sont fondés « entièrement, exclusivement, sur le précepte chrétien qui nous demande d’aimer notre voisin comme nous-mêmes » [12]. Il n’en est pas moins réel.

En effet, alors que les matières premières extraites en Amérique latine lui reviennent sous la forme de produits transformés, la valeur ajoutée - liée au processus de transformation -, reste, elle, aux Etats-Unis. D’autre part, l’avantage compétitif des industries américaines est tel qu’il devient difficile, voire impossible, pour les pays du Sud, de développer des industries de transformation en mesure de concurrencer celles du Nord. C’est pourtant dans ce domaine que sont générés les emplois et la richesse. Les « veines » de l’Amérique latine sont donc saignées à la fois en amont et en aval du processus de production, pour reprendre l’image d’Eduardo Galeano [13].

Loin de donner naissance à un commerce basé sur la réciprocité, les échanges commerciaux entre les Etats-Unis et l’Amérique latine sont donc les outils de la division internationale du travail qui a marqué le développement du capitalisme au XXe siècle. La nécessité, pour le capital, de dépasser les frontières nationales, n’est autre qu’un élan de survie visant à lutter contre cette contradiction dont Marx estimait qu’elle portait en elle la mort à venir du système capitaliste, celle qui veut qu’à mesure que se développe le capitalisme dans un espace économique donné, il engendre, de façon implacable, une baisse tendancielle des taux de profits... c’est-à-dire sa mort.

Cette phase « supranationale » du développement capitaliste, Lénine en analysait les rouages en ces termes : une fois constitué « un énorme excédent de capitaux » dans « quelques pays très riches », écrivait-il, celui-ci « est consacré, non pas à élever le niveau de vie des masses (...), car il en résulterait une diminution des profits pour les capitalistes, mais à augmenter ces profits par l’exportation de capitaux à l’étranger, dans les pays sous-développés. Les profits y sont habituellement élevés, car les capitaux y sont peu nombreux, le prix de la terre relativement bas, les salaires de même, les matières premières bon marché. » [14] C’était en 1916, pourtant, ces lignes auraient pu être écrites hier.

« L’impérialisme » n’est donc pas ce concept « élimé » que les hérauts de « la fin des idéologies » récusent en le réduisant à la condamnation « morale » de la nature d’un peuple et à ses velléités conquérantes. Au contraire, loin d’être le symptôme d’une pathologie psychologique, l’impérialisme est le résultat direct des logiques intrinsèques au développement du système de rapports sociaux qui sous-tend notre société : le système capitaliste, dont il représente, selon Lénine, « le stade suprême ».

Vaste creuset d’idées révolutionnaires...

Dès lors, les appels au développement, à la justice sociale et à l’éradication de la pauvreté formulés par George W. Bush tout au long de son voyage ne sont guère plus que de simples gesticulations rhétoriques sans le moindre impact sur le moteur profond de la politique étrangère américaine. Le souhaiterait-il d’ailleurs, George W. Bush ne serait pas en mesure d’infléchir cette réalité sans remettre nécessairement en cause le système capitaliste lui-même. Et s’il est clair sur une chose, c’est bien sur sa conviction que ce système est le bon...

Robert Zoellick, l’ancien représentant des Etats-Unis pour le commerce extérieur, ne disait pas autre chose quand il soulignait la nécessité d’avoir « une politique étrangère et une politique économique qui se renforcent mutuellement » [15]. Colin Powell, alors secrétaire d’Etat, était encore plus clair : « Notre objectif est de garantir aux entreprises des Etats-Unis le contrôle d’un territoire qui va du pôle Nord à l’Antarctique et d’assurer un libre accès, sans obstacles ni difficultés, à nos produits et à nos services, à la technologie et au capital des Etats-Unis, dans l’ensemble du continent. » [16] La politique étrangère se met au service de la politique économique du pays, elle-même réduite à la défense des intérêts des « entreprises » privées américaines. De l’ordre en toutes choses...

Qu’on ne s’y trompe donc pas. Si l’administration américaine choisit aujourd’hui de renoncer au ton conquérant qui présida à l’élaboration d’une Zone de libre-échange des Amériques (ALCA), elle n’abandonne pas ses ambitions. D’ailleurs, le fait que dans son discours du 5 mars, George W. Bush ait choisi de se référer à John Fitzgerald Kennedy qui, lui aussi, avait fait le « rêve d’un hémisphère qui grandirait dans la liberté et la prospérité » et proposé « une ambitieuse Alliance pour le progrès pour aider les pays de l’hémisphère à satisfaire les besoins essentiels de leurs peuples (...) » [17] est révélateur de la continuité que maquille la dernière déclinaison américaine du thème de la « rupture compassionnelle ».

Lors du lancement de l’Alliance pour le progrès, le 13 mars 1961, John Fitzgerald Kennedy avait lui aussi puisé dans le registre « révolutionnaire » pour souligner l’inflexion qu’il souhaitait donner à la politique étrangère des Etats-Unis : « Transformons à nouveau le continent américain en un vaste creuset d’idées révolutionnaires (...). Réveillons à nouveau notre révolution américaine jusqu’à ce qu’elle guide les combats des peuples en tout lieu (...) ». Au nombre des mesures prises par les Etats-Unis, l’on comptait, il est vrai, le versement de 20 milliards de dollars sur dix ans - une somme importante, beaucoup plus d’ailleurs que l’aide promise par George W. Bush à l’Amérique latine en 2007 -, et l’acceptation, par Washington, de la nécessité d’une réforme agraire dans le continent.

Toutefois, la « révolution américaine » vue par Kennedy, n’allait pas pour autant bouleverser les systèmes d’exploitation déjà en place. Trois ans plus tard - Kennedy avait croisé Lee Harvey Oswald à Dallas -, David Horowitz notait que « des 1 500 millions de dollars déboursés au cours des deux premières années de l’Alliance, 600 millions de dollars avaient été alloués sous la forme de prêts émanant de la Banque Export-Import, c’est-à-dire, de prêts permettant d’acheter des produits américains (...). » [18] Le 31 janvier 1964, le président Lyndon B. Johnson rassurait David Rockefeller, président de la Chase Manhattan Bank, le directeur général de l’entreprise minière Anaconda, celui de l’International Telephone and Telegraph Company (ITT&C) et de Pepsi-Co : « Nous devons (...) tout faire pour nous assurer que le climat en Amérique latine soit favorable aux investissements ». [19] En 1965, enfin, les Etats-Unis intervenaient en République Dominicaine dont le président du pays mettait en place un programme de réforme, notamment agraire. Le climat allait donc rester « favorable » aux investissements américains...

Selon Philip Agee, ancien agent de la CIA, l’Alliance pour le progrès n’était donc qu’« une valve de sécurité pour l’injustice et l’exploitation capitaliste (...), ce que la classe dominante accepte de céder en termes de redistribution quand un danger menace le système dans son ensemble (...) » [20]. Sans surprise, « quand l’urgence et le danger diminuent, alors la pression sur la valve de sécurité décline et les forces naturelles de l’accumulation reprennent le dessus, effaçant bientôt les gains relatifs que les exploités avaient pu obtenir à travers la réforme » continuait-il.

Il y a fort à parier que le nouvel élan de la politique étrangère de George W. Bush connaisse le même sort. D’autant plus que, si le projet de Kennedy était porteur d’un souffle réel, « les nouvelles initiatives » annoncées par George W. Bush manquent clairement d’ambition. Un exemple : dans le domaine de la « diplomatie de la santé », dont la Maison blanche avait fait l’un de ses slogans, sa proposition se limite... à l’envoi d’un navire de la marine américaine pour faire des escales sanitaires dans les ports de onze pays de la région. De manière générale, alors que « la Norvège contribue 0,9% de son PIB à l’aide au développement, les Etats-Unis n’en dépensent que 0,16% » en faisant « l’un des pays les moins généreux par rapport à la taille de leur économie » [21]. Un éditorial du quotidien Brésilien O Estado de Sao Paulo expliquait d’ailleurs que le « paquet cadeau » américain ne représentait que l’équivalent de ce qui est dépensé en cinq jours en Irak.

Un nouveau rapport de force ?

Il n’en est pas moins intéressant d’identifier les moteurs de ces évolutions des rapports de force qui parviennent à contraindre les Etats-Unis à modifier leur discours... et parfois leur attitude. En 1961, le « danger » qui menaçait le système avait une barbe, fumait le cigare et répondait au nom de Fidel. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Il y a tout d’abord l’affaiblissement de la position américaine liée au fiasco de la guerre en Irak, déclenchée en 2003. Ce conflit a non seulement affaibli la première puissance mondiale au plan militaire, mais elle a participé à la chute du dollar de plus de 20% entre janvier 2003 et février 2007. En conséquence, et même s’il reste absolument crucial pour l’Amérique latine, le marché américain perd de son importance dans la région... notamment au profit de la Chine dont le commerce avec la région est passé, selon Marc Saint-Upéry, de moins de 200 millions de dollars en 1976 à plus de 40 milliards en 2005. [22]

L’autre effet indirect de la guerre en Irak a été d’accélérer la hausse du cours des matières premières. Le baril de « brent » est ainsi passé d’environ 25 dollars au premier semestre 2003 à plus de 57 dollars en février 2007 (avec un pic à plus de 73 dollars à l’été 2006). Sur la même période, et pour ne prendre que cet exemple, le prix des matières premières (hors énergie) importées par la France, a pratiquement doublé [23]. A son tour, cette flambée des prix engendre une augmentation considérable des réserves de change des pays du Sud et réduit proportionnellement leur dépendance face aux crédits accordés par les Institutions financières internationales, le bras « économique » de l’impérialisme américain.

Mais ces menaces ne seraient pas nécessairement inquiétantes pour les Etats-Unis si elles ne s’accompagnaient d’évolutions, d’ordre politique celles-là. Ces derniers développements - eux-mêmes ancrés dans la plus grande des continuités, celle de la lutte sociale -, sont porteurs de ce qui constitue peut-être la seule rupture véritable dans le continent aujourd’hui.

Ruptures

« L’Amérique latine se scinde en deux blocs » déclarait fort lucidement Jorge Castañeda, ministre des affaires étrangères du Mexique de 2000 à 2003, dans les colonnes du Monde, le 9 mars 2007, avant de distinguer, avec peut-être moins de bonheur, « le parti de la modernité » d’une part et un « bloc [vivant] une tentation autoritaire constante », d’autre part (sans qu’il soit vraiment nécessaire de spécifier où se positionnent, selon lui, les néolibéraux et... les autres). Mais il existe une autre façon de décrire le front qui sépare les « deux blocs » qui s’affrontent en Amérique latine. Pour « archaïque » qu’elle puisse sembler aux « modernes », elle a toutefois l’avantage de s’appuyer sur une réalité sociale concrète, elle : la lutte des classes.

Après plus de vingt ans de « réformes néolibérales » imposées avec plus ou moins de violence à la région par les « Chicago boys », les sociétés latino-américaines ont payé un lourd tribut à la « modernité ». Entre 1980 et 2000, le produit intérieur brut par habitant de la région n’augmentait que de 9% en Amérique latine, contre... 82% entre 1960 et 1980. Au Venezuela, par exemple, la classe moyenne chutait de 28 à 4% de la population entre 1984 et 2004. La région connaît aujourd’hui les niveaux d’inégalités les plus forts au monde. Au Brésil, « Les 10% des Brésiliens les plus riches - qui possèdent la deuxième flotte d’avions et d’hélicoptères privés du monde - concentrent (...) 45,1% des revenus, tandis qu’une moitié de la population n’en reçoit que 14,1%. » [24]

Continuité, là encore, dira-t-on. Pas si sûr. Les classes populaires engagées dans cette lutte, très largement majoritaires dans la région, comptent aujourd’hui avec plusieurs gouvernements en phase avec leurs aspirations en Bolivie, à Cuba, en Equateur, au Venezuela, mais aussi - dans un contexte différent -, au Brésil et en Argentine. Portés par la légitimité populaire que leur garantissent les processus démocratiques dont ils sont issus et par l’affaiblissement des Etats-Unis embourbés au Moyen-Orient, ces pays sont aujourd’hui en mesure d’accomplir des réformes qui, il y a encore années, auraient provoqué l’ire belliqueuse de l’Oncle Sam. La réforme agraire, pour ne prendre que cet exemple, est en cours au Venezuela, en Bolivie et au Brésil alors qu’elle fut un motif suffisant pour déclencher des interventions militaires menées (ou appuyées) par les Etats-Unis au Guatemala en 1954, au Brésil en 1964, et, nous l’avons vu, en République Dominicaine, en 1965, pour ne citer que ces exemples.

Mais ce n’est pas tout. La région est en train de mettre en place non seulement les conditions politiques, mais aussi les structures concrètes, rendant possible une intégration indépendante du voisin du Nord et basé sur d’autres valeurs que celles du marché. Il s’agit de l’Alternative bolivarienne pour les Amériques (ou ALBA, qui signifie « aube » en espagnol), un espace de collaboration, d’échange et de coopération visant, prioritairement, à apporter des réponses aux problèmes sociaux de la région : alimentation, santé, logement, etc.

On s’en doute, un tel projet, encore embryonnaire à bien des égards, implique nécessairement une réhabilitation du rôle de l’Etat dans les politiques publiques et de la reconnaissance du droit des peuples à la souveraineté. Souveraineté, Etat, nation, l’ALBA porte en lui la négation même du système capitaliste en ce qu’il opposera - de nouveau -, aux « mouvements de capitaux » le seul obstacle capable d’en arrêter l’avancée : les frontières. Il est donc l’exact opposé du projet défendu par les Etats-Unis, celui d’une « Zone de libre-échange des Amériques » (ou ALCA, selon l’acronyme espagnol).

Cet élan représente une réelle menace que le voyage de George W. Bush visait à briser à travers la signature d’accord commerciaux bilatéraux rompant les logiques d’intégration régionale (ce fut le cas avec l’Uruguay qu’un accord avec les Etats-Unis éloignerait du Marché commun du Sud, MERCOSUR) ; à travers les partenariats financiers privilégies liés à la lutte contre le narco-terrorisme (notamment en Colombie) ; ou encore à travers le fameux accord concernant le développement de la production de biocarburant à partir de la canne à sucre brésilienne.

Sans rentrer dans le détail de cet accord présenté comme un premier élément de solution des problèmes environnementaux de la planète, notons qu’il présente, d’un point de vue américain, trois avantages... Aucun d’entre eux n’ayant le moindre lien avec l’environnement (puisque de ce point de vue, même des revues aussi flatteuses pour les politiques néolibérales que The Economist en critiquaient la logique [25]). Tout d’abord, il conforterait le lobby automobile lui offrant un second souffle comme mode de déplacement. Ensuite, il permettrait de renforcer la position prééminente du Brésil en tant que moteur du développement économique de la région. Pour finir, en réduisant la dépendance du monde envers le pétrole, il affaiblirait considérablement le poids du Venezuela, dont une partie de la puissance diplomatique provient directement de ses réserves en pétrole. D’une pierre trois coups...

Sans le Brésil - géant économique de la région, dont le PIB représente la moitié du PIB total de l’Amérique du Sud -, l’intégration latino-américaine ne pourra pas aboutir. Les Etats-Unis l’ont bien compris qui cherchent - la méthode, là non plus, n’est pas nouvelle -, une alliance avec la bourgeoisie nationale brésilienne pour contrecarrer la dynamique anti-néolibérale qui semble naître sur le continent. D’une part, ces 20 000 familles - qui se voient reverser en moyenne 7 à 8% du PIB brésilien pour le service de la dette publique du pays dont elles détiennent 80% des titres [26] -, ont tout intérêt à ce que le Brésil poursuive sa politique d’exportations massives (génératrice de devises nécessaires... au paiement de cette dette qui continue à augmenter). Par ailleurs, alors qu’un pourcent de la population brésilienne détient cinquante-quatre pourcent des terres cultivables du pays, on imagine bien que ces grands propriétaires terriens ont tout intérêt à voir se développer des projets importants dans le domaine de l’agrobusiness. Le bras de fer brésilien n’est donc pas fini...

Pour l’heure, l’ALBA n’est constitué que de la Bolivie, de Cuba et du Venezuela, auxquels l’Equateur pourraient bientôt se joindre, alors que le cœur du Nicaragua balance encore [27]. En effet, le chant des sirènes libre-échangistes pourrait l’amener à préférer la signature d’un traité de libre-échange avec les Etats-Unis. Il est vrai que les réalisations de l’ALBA sont encore limitées, mais l’ambition que porte le projet trouve déjà ici et là des manifestations concrètes qui en dépassent le cadre et montrent bien que l’intégration régionale est en marche... et que, pour l’instant, le Brésil est de la partie.

Ainsi « Banco del Sur », pour ne prendre que cet exemple. Le 21 février dernier, l’Argentine et le Venezuela proposaient de créer un système régional de crédit, indépendant des institutions financières internationales. Ce projet de « Banque du Sud » - visant à « briser la dépendance qu’imposent les autres organismes de crédit » et favoriser « tous les investissements visant à la reconversion productive, à l’inclusion sociale, à l’intégration physique de nos pays » [28] sur une base plus solidaire -, allait bientôt être rejoint par le Brésil, donc, mais aussi la Bolivie et l’Equateur avant que le Nicaragua et le Paraguay n’en fasse de même dans quelques mois.

L’idée n’est pas neuve. Ce qui l’est, par contre, c’est qu’il soit possible de la concrétiser. Comme le note Damien Millet, du Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde (CADTM), le Japon avait, lui aussi, souhaité créer un Fonds monétaire asiatique à la suite de la crise asiatique de 1997/1998. « A l’époque, les Etats-Unis et le FMI s’y étaient opposés », désireux de ne rien perdre de leur influence. [29]

Avec la hausse des cours des matières premières, « L’Amérique latine dispose de près de 200 milliards de dollars en réserves internationales placés en dehors de la région et principalement dans le premier monde (...) », expliquait récemment le nouveau président de l’Equateur, Rafael Correa, avant d’ajouter : « Il est absurde de voir que nous sommes en train de financer le premier monde. » [30]

Retour de bâton

Une page semble bel et bien sur le point de se tourner... qui pourrait déstabiliser considérablement le voisin du Nord. En effet, comme l’explique James Petras, « l’économie des États-Unis dépend essentiellement du flux massif des fonds dérivés des investisseurs de l’extérieur pour financer son déficit » [31]. La menace de voir s’évaporer 200 milliards de dollars - sans compter le problème politique que poserait leur investissement dans la transformation sociale d’une « arrière-cour » si proche -, méritait bien une réaction de la part des Etats-Unis. Comme en 1961, les Latino-américains ont eu droit à de longs discours à la gloire de la « justice sociale » [32] et à la promesse d’une « révolution » dans le sous-continent. Vive la révolution, donc, pourvu qu’elle ne soit pas « sociale ».

À en juger par les manifestations gigantesques qui devaient servir de comité d’accueil au président américain lors de sa tournée, les peuples latino-américains ont fait leur choix entre la logique de l’annexion et celle de l’intégration [33]. Mais, à Washington, personne n’oublie que, lorsque les discours ne suffisent pas, il y a toujours d’autres moyens pour défendre les intérêts des capitaux privés américains Au moment même où la Maison Blanche souhaite « montrer qu’elle est au diapason des priorités de la région » [34], la nomination de John Negroponte au poste de Secrétaire d’Etat adjoint (le 5 janvier 2007) ne donne aucun gage d’apaisement de sa politique étrangère. Son rôle dans le soutien apporté aux « Contras » lors de la révolution sandiniste au Nicaragua est bien connu en Amérique latine où il incarne la ligne dure et interventionniste des Etats-Unis dans la région.

Un mois après le lancement de l’Alliance pour le progrès, les Etats-Unis organisaient le débarquement de la Baie des cochons à Cuba. C’était le 17 avril 1961... car, comme le remarque Noam Chomsky : « si cet hémisphère échappe à tout contrôle comment les Etats-Unis peuvent-ils espérer confronter la défiance ailleurs ? » [35]

Notes:

[1] George W. Bush, le 5 mars 2007. A chaque fois, les traductions sont de moi.

[2] Il prononcera le mot « compassion » un minimum de 15 fois pendant les conférences de presse données au cours de ces 6 jours, selon le calcul d’Andrés Oppenheimer (« Bush’s ’compassion’ claim didn’t play well on tour », Miami Herald, Andres Oppenheimer, 15 mars 2007).

[3] George W. Bush, le 5 mars 2007, au Centre international de commerce « Ronald Reagan » de Washington.

[4] Cité par Andrés Oppenheimer, ibid.

[5] George W. Bush, ibid.

[6] Cité dans Empire’s workshop, Greg Grandin, Metropolitan books, 2006.

[7] Traité de libre-échange signé par le Canada, les Etats-Unis et le Mexique en 1994.

[8] Cité dans Bruno Texier « "L’axe du mal" latino-américain », revue Agir n°15, octobre 2003.

[9] Herbert Matthews cité dans David Horowitz, « The Alliance for progress », The socialist register, 1964.

[10] Source : « U.S.-Latin American Trade : Recent Trends », J. F. Hornbeck, rapport devant le Congrès américain, 11 mai 2004.

[11] Source : Banque mondiale.

[12] Cité dans Claude Julien, L’empire américain, Editions Bernard Grasset, 1962.

[13] Eduardo Galeano, Les venas abiertas de America latina, Siglo veintiuno de espana Editores, 1971.

[14] Lénine, L’impérialisme, stade suprême du capitalisme, Editions sociales, Paris, 1971.

[15] Robert Zoellick, « Notre credo : le libre-échange et la concurrence », Wall Street Journal, 10 juillet 2003 cité dans Bruno Texier, ibid.

[16] CETRI, « Les dessous de l’ALCA (Zone de libre-échange des Amériques »), Alternatives Sud, 2003 cité dans Marc Saint-Upéry, Le rêve de Bolivar, La découverte, 2007.

[17] Georges W. Bush, ibid.

[18] David Horowitz, ibid.

[19] Déclaration devant le Business Group for Latin America, le 31 janvier 1964.

[20] Philip Agee, Inside the Company : CIA Diary, Penguin, 1975.

[21] Andres Oppenheimer, ibid. d’où je tire, aussi, la référence à O Estado de Sao Paulo.

[22] Marc Saint-Upéry, ibid.

[23] INSEE, 2007.

[24] Marc Saint-Upéry, ibid.

[25] Lire « Castro was right - Ethanol », The Economist, 7 avril 2007.

[26] Aujourd’hui 85% de la dette totale du pays.

[27] Après avoir signé un accord de libre-échange avec les Etats-Unis (CAFTA, devenu CAFTA-DR en 2004), le pays semblerait prendre un nouveau chemin avec l’arrivée au pouvoir de Daniel Ortega. En janvier 2007, celui-ci signait un autre accord... visant, celui-là, l’entrée du pays au sein de l’ALBA.

[28] « Argentina y Venezuela crean el Banco del Sur : confían en que se sumará toda Sudamérica », EFE, 22 février 2007.

[29] Entretien avec l’auteur, 27 février 2007.

[30] Telesur, 12 avril 2007.

[31] James Petras, « ¿Quién gobierna el mundo ? », ADITAL, le 28 mars 2007.

[32] L’expression revint 5 fois au cours du discours de George W. Bush, le 5 mars 2007.

[33] Je tire la formulation de « ALBA y ALCA : el dilema de la integración o la anexión », Osvaldo Martínez, Rebelion, 9 septembre 2005.

[34] Marcela Sanchez, « Bush’s Other Half - U.S. President Hopes Softer Side Will Win Over in Latin America », Washington Post, 9 mars 2007

[35] « Latin America declares independence », International Herald Tribune, 3 octobre 2006.

Les opinions exprimées et les arguments avancés dans cet article demeurent l'entière responsabilité de l'auteur-e et ne reflètent pas nécessairement ceux du Réseau d'Information et de Solidarité avec l'Amérique Latine (RISAL).



Source : à paraître dans la revue Utopie Critique (http://www.utopie-critique.net/). Ce texte nous a été transmis par son auteur.




GLOSSAIRE
Accord de libre-échange nord-américain (ALENA)
L’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) est une traité signé entre le Canada, les Etats-Unis et le Mexique. Il est entré en vigueur le 1er janvier 1994. Il est fortement critiqué notamment pour ses conséquences dévastatrices sur l’agriculture mexicaine.

Alliance pour le progrès
Sous l’administration du président John F. Kennedy, au début des années 1960, pour contrer l’expansion des mouvements révolutionnaires inspirés par l’exemple de Cuba, une politique limitée de réformes sociales et de développement économique a été impulsée depuis Washington vers l’Amérique latine, une politique demeurée dans l’Histoire sous le nom d’« Alliance pour le progrès ». Au-delà de la rhétorique, développement équitable et justice sociale n’ont pas suivi.

Alternative Bolivarienne pour les Amériques (ALBA)
L’Alternative Bolivarienne pour les Amériques est une initiative lancée par le président vénézuélien Hugo Chávez et inspirée de la lutte du Libertador Simon Bolivar.
L’ALBA se présente comme une alternative d’intégration au projet de Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA) lancé par les Etats-Unis. Elle a été pour la première fois évoquée par M. Chávez lors du 3e sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté des Caraïbes (Caricom), en décembre 2001. Elle est officiellement née à La Havane, en avril 2005. Un an plus tard, la Bolivie d’Evo Morales a rejoint cette alliance en proposant notamment un Traité commercial des peuples (en opposition aux traités de libre-échange) entre ses membres. Le Nicaragua présidé par Daniel Ortega a rejoint l’alliance en janvier 2007.
L’ALBA entend se baser sur les principes de solidarité, de coopération et de complémentarité. L’initiative s’oppose notamment à la suppression des droits de douane et propose la création de fonds compensatoires et l’utilisation de commandes publiques privilégiant les coopératives et les petites ou les moyennes industries.
L’ALBA prétend également s’attaquer aux principales faiblesses du continent : l’insuffisance énergétique - en créant Petrosur - et le monopole de l’information - avec Telesur.

Bolivar, Simon
Simon Bolivar (1783-1830), général et homme politique vénézuélien, patriote, leader des guerres d’indépendance des colonies espagnoles d’Amérique du Sud.
Il restera célèbre dans l’histoire pour avoir, le premier, tenté d’unifier les pays d’Amérique latine afin d’en faire une seule et même nation. Après de longues luttes contre la domination espagnole, il réussit à libérer le Venezuela, la Colombie, l’Equateur, le Pérou et la Bolivie de la domination espagnole. Fort de ses victoires, il crée la République de la Grande Colombie (englobant tous ces états) et en devient président. Même avec son succès militaire et la tenue du premier congrès panaméricains à Panama, El Libertador (titre qu’il reçut lors de la libération de Caracas) ne réussira pas à maintenir l’unité de ces pays. Simon Bolivar étant considéré comme un véritable héros, son nom se trouve rattaché à bien des lieux dans toute l’Amérique latine. Plusieurs courants politiques s’en revendiquent.

Chicago Boys
Les Chicago Boys sont un groupe d’économistes chiliens qui ont conduit la politique économique de la dictature de Pinochet.
Ces économistes ont été pour la plupart formé au sein du département d’économie de l’Université de Chicago, d’où leur surnom.
Ils sont généralement associés à la théorie néoclassique des prix, au libre marché libertarien et au monétarisme ainsi qu’à une opposition au keynésianisme.

Contras
Nom des troupes contre-révolutionnaires qui, à l’instigation des Etats-Unis et depuis le Honduras, ont amené la guerre au Nicaragua, après le victoire des sandinistes en 1979. Plus de 50.000 personnes sont mortes pendant la guerre des Contras au Nicaragua, une guerre menée sous le prétexte de « ramener la pays sur le chemin de la démocratie ».

Fonds Monétaire International (FMI)
Le Fonds Monétaire International (FMI) est né le même jour que la Banque mondiale avec la signature des Accords de Bretton Woods (1944).
A l’origine, le rôle du FMI était de défendre le nouveau système de changes fixes. A la fin de Bretton Woods (1971), le FMI est maintenu et se révèle petit à petit le gendarme et le pompier du capitalisme mondialisé : gendarme lorsqu’il impose ses programmes d’ajustement structurels, pompier lorsqu’il intervient financièrement pour renflouer des Etats touchés par une crise financière.
Le capital du FMI est composé de l’apport en devises fortes (et en monnaies locales) des pays membres. En fonction de cet apport, chaque membre se voit allouer des droits de tirage spéciaux (DTS) qui sont en fait des actifs monétaires échangeables librement et immédiatement contre des devises d’un pays tiers. Le fonctionnement d’utilisation de ces DTS correspond à une politique dite de stabilisation à court terme de l’économie, destinée à réduire le déficit budgétaire des pays et à limiter l’accroissement de la masse monétaire. Cette stabilisation constitue le plus souvent la première phase de l’intervention du FMI dans les pays endettés. Mais le FMI considère qu’il est désormais de son ressort (depuis le premier choc pétrolier de 1974-1975) d’agir sur la base productive des économies du Tiers Monde en restructurant des pans entiers de celles-ci ; il s’agit là d’une politique d’ajustement à plus long terme de l’économie. Il fait de même avec les pays dit en transition vers une économie de marché.
Son mode de décision est le même que pour la Banque mondiale et se base sur une répartition des droits de vote en fonction du montant de la cotisation des Etats membres. Il faut 85% des voix pour modifier la Charte du FMI (les Etats-Unis possèdent donc une minorité de blocage, vu qu’ils possèdent 17,35% des voix).

Mercosur
Le Marché commun du Cône Sud, ou Mercosur, a été créé en 1991 par le Traité d’Asunción. Il rassemble à l’origine le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay et le Paraguay. Le Venezuela a entamé son processus d’adhésion en décembre 2005. Plusieurs pays ont le statut de "pays associé" : la Bolivie et le Chili, depuis 1996 ; le Pérou, depuis 2003 ; la Colombie et l’Equateur, depuis 2004.

Produit Intérieur Brut (PIB)
Le Produit intérieur brut traduit la richesse totale produite sur un territoire donné, estimée par la somme des valeurs ajoutées.

Zone de Libre-Echange des Amériques (ZLEA -ALCA)
Área de Libre Comercio de las Américas - ALCA ; Free Trade Area of the Americas - FTAA ; Zone de libre-échange des Amériques - ZLEA.
Le projet de Zone de libre-échange des Amériques se situe dans une perspective d’intégration des économies de l’Amérique latine dans celle des États-Unis, sur le modèle de l’ALENA (Accord de libre-échange entre les États-Unis, le Canada et le Mexique). L’idée d’un tel traité, allant de l’Alaska à la Terre de Feu, a été lancée en juin 1990 par le président George H. Bush et reprise par ses successeurs. On en mesure l’enjeu lorsqu’on sait que la zone concernée est peuplée de 800 millions d’habitants et qu’elle représente 40% du PIB mondial et 20% du commerce de la planète. Cependant, comme dans le cas de l’ALENA, il existe de fortes différences entre les partenaires. Les États-Unis et le Canada représentent 81% du PIB de la zone et les autres 19%, dont le Brésil qui représente à lui seul 10% du PIB. L’objectif est d’établir des règles multilatérales qui assurent la libre circulation des marchandises et des capitaux. Il s’agit, entre autres, d’abolir les traitements préférentiels et de protéger les investissements.
Alors que le projet devait entrer en vigueur 2005, les négociations se sont bloquées depuis plusieurs années. Pour contourner ces freins au libre-échange sur le continent, Washington s’emploie maintenant à privilégier la négociation de traités multilatéraux et bilatéraux de libre-échange (Colombie, Chili, Pérou, Amérique centrale, etc.)

http://risal.collectifs.net/article.php ... ticle=2268
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JP
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Colombie : les paramilitaires assassinent depuis la prison

Les chefs paramilitaires colombiens continuent d'ordonner des meurtres depuis la prison, selon une dénonciation de l'hebdomadaire Semana. 20 élus politiques ont recu un mandat d'arrêt.

Une nouvelle dénonciation a laissé au bord de l'abîme le processus de paix colombien. Une série d'écoutes téléphoniques auraient prouvé que les chefs paramilitaires démobilisés continuent d'ordonner des meurtres, réarmant leurs hommes et dirigeant d'énormes opérations de trafic de stupéfiants. Les appels ont été réalisés par des hommes de confiance de Salvatore Mancuso, de Ramiro Vanoy et de Freddy Rendón, trois des maximaux leaders des Auto-défenses Unies de Colombie (AUC), depuis leurs cellules spéciales de la prison de haute sécurité de Itagüí. Le gouvernement a déjà envoyé le ministre de l'intérieur, Carlos Holguín, et le délégué du procesus de paix, Luis Carlos Restrepo, pour interroger les détenus. "Si nous trouvons une preuve qui compromet les chefs paramilitaires nous allons leur retirer les bénéfices de la loi de Justice et Paix", a avancé le ministre de la défense, Juan Manuel Santos, laissant la porte ouverte à l'une des plus grandes craintes des paramilitaires, l'extradition aux États-Unis.

Les écoutes ont été rendues publiques dimanche dernier par la revue Semana. Dans celles-ci est évoquée une importante vente de cocaïne, de meurtres et de torture. Elles confirment aussi l'un des grands soupçons qui menacait le processus de paix. "Vous savez qu'ici nous avons plusieurs de ces fusils à répétition", aurait affirmé Goyo, l'homme qui a accompagné Rendon à la direction du Front Elmer Cárdenas des AUC. Ce que Goyo demandait à ses hommes était de déterrer les armes qu'ils ont cachées quand ils se sont démobilisés et remis leurs supposés arsenaux. A ce moment là, plusieurs organisations de défense des droits humains avaient souligné l'insolite et faible nombre d'armes remises, lesquelles étaient en majorité presqu'obsolètes.

Un autre soupçon qui survolait depuis le début de la démobilisation, cela fait déjà presque trois ans, c'était que les chefs paramilitaires continuaient en charge d' opérations illégales, toujours depuis la prison. Cette hypothèse s'appuyait sur le fait que plusieurs groupes supposément paramilitaires continuaient à opérer dans le pays, avec une structure et une distribution similaire à celles des AUC. Les 17 maximaux leaders des AUC, aujourd'hui tous à Itagüí, ont choisi de s'en délier totalement et ont soutenu qu'ils n'étaient pas responsables de ce que leurs hommes démobilisés faisaient. Pour la revue Semana, cet argument n'est pas suffisant parce que, bien qu'ils n'apparaissent pas dans les appels téléphoniques enregistrés, leurs lieutenants et compagnons de cellules le sont. "Il est peu créible qu'ils ne soient pas au courant de ce qu'ils font", a conclu l'hebdomadaire.

Mais les écoutes ne touchent pas seulement les chefs paramilitaires, mais aussi le gouvernement d'Alvaro Uribe, qui avait annoncé il y a quelques mois qu'il déplaçait les leaders des AUC à Itagüí pour pouvoir mieux les contrôler et éviter tout type de rumeurs sur leurs contacts avec l'extérieur. Le Palais de Nariño a pour l'instant promis de faire des recherches, vu qu'il a expliqué que les appels diffusés par Semana ne correspondent pas aux écoutes réalisées par les trois organismes officiels autorisés.

Tandis qu'Uribe regardait avec préoccupation l'une de ses grandes réussites, ses alliés étaient plus attentifs au jugement de la Cour Suprême sur la dite para-politique. Le tribunal a ordonné la capture de 20 dirigeants politiques, dont quatre sénateurs et un député. Ils sont accusés de "delit aggravé en réunion", ne prenant pas compte la défense des uribistes selon laquelle ils assuraient qu'ils avaient signé un accord avec les paramilitaires en 2002 sous la menace. Par cette même inculpation sont déjà en prison huit législateurs et un autre est toujours en fuite.

Pagina/12 (Argentine), 15 mai 2007. http//amerikenlutte.free.fr

http://paris.indymedia.org/article.php3 ... icle=81544

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Reportage
Arrestation de responsables politiques colombiens liés aux paramilitaires

LE MONDE | 15.05.07 | 15h25 • Mis à jour le 15.05.07 | 15h25
BOGOTA CORRESPONDANTE



Entre révélations, arrestations et annonces de rebondissements, les Colombiens vivent au rythme du scandale de la "parapolitique", c'est-à-dire des compromissions entre milices paramilitaires et hommes politiques. Lundi 14 mai, la Cour suprême a ordonné la détention de cinq parlementaires, en raison de leurs liens présumés avec des chefs paramilitaires aujourd'hui démobilisés et incarcérés. Quatre sénateurs ont été détenus au cours de la journée. Des mandats d'arrêt ont également été délivrés contre une quinzaine de personnalités politiques locales.


Cette vague d'arrestations a été suscitée par le "pacte de Ralito". Au terme de cet accord secret, politiques et chefs des Autodéfenses unies de Colombie (AUC) se fixaient pour objectif, en 2001, de "refonder le pays" et de mettre en place un "nouveau contrat social". Usant de la terreur et de la menace, les milices d'extrême droite faisaient élire les candidats de leur choix dans les régions qu'ils contrôlaient. Dans le cadre des négociations de paix engagées avec le président Alvaro Uribe (droite), les paramilitaires ont déposé les armes en 2006. Mais leurs amis politiques ont gardé leurs sièges.


ASSASSINATS COMMANDITÉS


Depuis six mois, la Colombie découvre - ou fait mine de découvrir - les complicités tissées entre les "paras" et les élus. L'existence du pacte de Ralito a été révélée en novembre 2006 par un sénateur de la majorité présidentielle, Miguel de la Espriella. Huit parlementaires de la majorité étaient alors arrêtés. M. de la Espriella lui-même a été appréhendé lundi.

Egalement sénateur, mais membre du Parti libéral (opposition), Juan Manuel Lopez Cabrales est lui aussi parti en prison. Tentant de justifier sa conduite, il avait affirmé ne s'être rendu à Ralito que pour tenter d'amadouer Salvatore Mancuso, le chef des AUC, qui avait mis sa tête à prix. M. Lopez Cabrales n'a pas convaincu la justice. "Tous les signataires du pacte de Ralito ont agi de leur plein gré", assure le président de la chambre pénale de la Cour suprême, Alfredo Gomez.

Les arrestations de lundi interviennent alors que l'hebdomadaire Semana publie le contenu de conversations téléphoniques interceptées et apparemment filtrées par la police. Elles confirment que les chefs paramilitaires continuent de diriger leurs entreprises criminelles depuis la prison. Assassinats et livraisons de cocaïne seraient commandités depuis les cellules du centre pénitentiaire d'Itagui, dans la région de Medellin, où sont incarcérés les chefs paramilitaires.

Lundi soir, le ministre de la défense, Juan Manuel Santos, a annoncé la destitution du chef de la police et menacé les chefs paramilitaires de sanctions drastiques. Le plus célèbre d'entre eux, Salvatore Mancuso, doit être de nouveau entendu par la justice, mardi 15 mai. Il a annoncé qu'il révélerait toutes les complicités dont ont bénéficié les AUC. Des généraux hauts placés, des hommes d'affaires, des entreprises et d'autres personnalités politiques pourraient à leur tour se trouver éclaboussés par le scandale.

Le vice-président de la République, Francisco Santos, a évoqué la possibilité que finissent sous les verrous "entre trente et quarante parlementaires".

Marie Delcas
Article paru dans l'édition du 16.05.07

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0 ... 509,0.html

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En bref - Des parlementaires colombiens recherchés

AFP
Édition du mardi 15 mai 2007


Bogotá -- La cour suprême de Colombie a ordonné hier l'arrestation de 20 hommes politiques, dont cinq parlementaires proches du pouvoir, soupçonnés de complicité avec les groupes paramilitaires d'extrême droite, a-t-on appris de sources judiciaires.


Ces élus, dont plusieurs anciens parlementaires, sont poursuivis pour avoir conclu lors d'une réunion en juillet 2001 un accord de soutien avec les milices des Autodéfenses unies de Colombie. Quatre des cinq parlementaires, qui appartiennent à la majorité gouvernementale du président conservateur Alvaro Uribe, ont déjà été interpellés dans le cadre de ce mandat d'arrêt. Huit autres parlementaires, également proche du pouvoir, ont déjà été détenus dans le cadre de cette affaire qui a éclaboussé le gouvernement de M. Uribe. Financées par le trafic de cocaïne, les groupes paramilitaires ont été créés dans les années 80 par de grands propriétaires terriens, avec la bienveillance des autorités, pour protéger leurs biens contre les guérillas de gauche.

http://www.ledevoir.com/2007/05/15/143551.html

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05:21 17.05.2007
Colombie: mandat d'arrêt contre un gouverneur du nord-est



Le procureur général colombien, Mario Iguaran, a ordonné mercredi soir la capture du gouverneur du département du Cesar, Hernando Molina Araujo. Ce dernier est accusé de liens avec les milices paramilitaires d'extrême droite.
[ats] - Pour procéder à l'arrestation du gouverneur, M. Iguaran a demandé au président Alvaro Uribe de suspendre Molina Araujo de ses fonctions de gouverneur.

Molina qui a été élu gouverneur lors des élections de 2003, est un cousin de l'ancienne ministre colombienne des affaires étrangères María Consuelo Araujo dont le frère et le père sont également emprisonnés pour liens avec les groupes paramilitaires.

Le 14 mai, la Cour suprême de Colombie avait ordonné l'arrestation de vingt hommes politiques, dont cinq parlementaires proches du pouvoir, soupçonnés également de complicité avec les groupes paramilitaires.

Treize parlementaires au total sont détenus et poursuivis pour avoir conclu lors d'une réunion en juillet 2001 un accord de soutien avec les milices des Autodéfenses Unies de Colombie (AUC - principale composante des groupes paramilitaires).

Financés par le trafic de cocaïne, les groupes paramilitaires ont été créés dans les années 80 par de grands propriétaires terriens, avec la bienveillance des autorités, pour protéger leurs biens contre les guérillas de gauche, notamment les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC - marxistes).

http://fr.bluewin.ch/infos/index.php/in ... _sellette/

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Ingrid Betancourt est vivante, selon un ancien otage des FARC

LEMONDE.FR avec Reuters et AFP | 17.05.07 | 08h16 • Mis à jour le 17.05.07 | 08h53


L'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt est vivante ainsi que trois Américains séquestrés par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (marxistes), a déclaré, mercredi 16 mai à Bogota, John Frank Pinchao Blanco, un policier enlevé il y a près de neuf ans par les FARC et qui serait parvenu à s'évader le mois dernier du camp dans lequel il était détenu. "La dernière fois que je les ai vus, c'était le 28 avril", a-t-il indiqué lors d'une conférence de presse organisée à la présidence colombienne ; mais on ne sait pas s'il s'agit seulement des trois Américains ou également d'Ingrid Betancourt.

Concernant son évasion, l'ex-otage, très amaigri, a raconté avoir marché pendant 17 jours dans la jungle avant de tomber sur une patrouille de police. "Ils nous déplaçaient d'un camp à un autre après quelques mois", a-t-il expliqué après un entretien avec le président Alvaro Uribe.

Il a évoqué les nuits pendant lesquelles les otages dormaient attachés par le cou les uns aux autres avec des chaînes cadenassées.

Il a également indiqué avoir rencontré l'adjointe d'Ingrid Betancourt, Clara Rojas, enlevée en même temps que la Française. "Elle a eu un fils qui a aujourd'hui trois ans. L'enfant s'appelle Emmanuel", a-t-il dit, confirmant que la jeune femme avait eu un enfant avec un guérillero pendant sa détention.

Ingrid Betancourt a été enlevée le 23 février 2002 par les FARC pendant la campagne présidentielle où elle était candidate des Verts. Les trois Américains – Marc Gonsalves, Keith Stansell et Thomas Howes – ont été capturés par les FARC le 13 février 2003 quand l'avion dans lequel ils effectuaient une mission antidrogue a été abattu par les rebelles à 350 km au sud-ouest de Bogota. Selon le sous-officier colombien, l'un d'eux serait malade.

Les FARC, plus ancien mouvement de guérilla d'Amérique latine, réclament la démilitarisation d'une vaste zone rurale en échange de l'ouverture de discussions sur la libération de leurs otages.


http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0 ... 509,0.html

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Ex-otage colombien: espoir et prudence des proches et soutiens de Betancourt

PARIS - La famille de la Franco-colombienne Ingrid Betancourt a fait part à l'AFP de son "espoir" et de sa "grande joie" jeudi, après le témoignage d'un ex-otage des FARC en Colombie parvenu à s'échapper et qui a affirmé avoir vu l'otage en vie.

"C'est un grand espoir pour nous. C'est la première fois en cinq ans que quelqu'un dit avoir vu ma mère. C'est un témoignage très fort", a déclaré Mélanie Delloye-Betancourt, 21 ans, la fille de l'otage enlevée en février 2002, qui vit à Paris.

"Etant donné que cela fait quatre ans qu'on n'a aucune preuve de vie de ma mère, si quelqu'un peut confirmer qu'il l'a vue depuis cette date, c'est une grande joie", a-t-elle ajouté.

John Frank Pinchao Blanco, un sous-officier de la police colombienne parvenu à échapper aux guérilleros après plus de huit ans de captivité, a réussi à s'enfuir dans la zone de Vichada, près de la frontière avec le Brésil.

Il a déclaré mercredi à Bogota qu'Ingrid Betancourt, 45 ans, ainsi que trois otages américains séquestrés par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, marxistes) étaient en vie. "La dernière fois que je les ai vus, c'était le 28 avril", a dit le policier.

Selon Mélanie Delloye-Betancourt, "il est un peu confus après une captivité aussi longue et on ne sait pas exactement s'il a voulu dire qu'il a vu ma mère en avril de cette année ou il y a deux ans et demi".

"Il est clair que quelqu'un l'a vue et qu'elle et sa directrice de campagne (Clara Rojas, enlevée en même temps) sont vivantes et quelque part dans cette région de la forêt colombienne", a-t-elle ajouté.

Elle a fait part "du vrai espoir" de sa famille né avec l'élection à la présidence française de Nicolas Sarkozy, qui a évoqué plusieurs fois le cas de sa mère pendant sa campagne, ainsi que le soir de son élection le 6 mai. C'était important "car le monde entier alors l'écoutait", a souligné la fille de l'otage.

"La France n'abandonnera pas Ingrid Betancourt", avait déclaré Nicolas Sarkozy, dans son premier discours après son élection.

"On a besoin de quelqu'un avec le courage, la volonté et la détermination de faire pression et de trouver une réponse dans le jeu compliqué qui se joue entre les FARC et le gouvernement colombien, et dans lequel notre famille se retrouve coincée", a ajouté Mélanie Delloye-Betancourt.

La Fédération Internationale des Comités Ingrid Betancourt (FICIB) a exprimé le "grand soulagement pour leurs familles" d'apprendre qu'Ingrid Betancourt et Clara Rojas "sont bien en vie", et le Comité de soutien à Ingrid Betancourt a dit avoir appris "avec joie" la teneur des déclarations du policier évadé.

Tous deux ont néanmoins réitéré leur inquiétude face à la possibilité d'une libération des otages par la force.

Le Comité de soutien a pressé le président colombien Alvaro Uribe de renoncer à "toute tentative" de ce genre, jugeant qu'"il ne fait pas de doute que les FARC tueraient leurs otages".

La FICIB a demandé "au gouvernement français de faire tout ce qui est en son pouvoir" pour "sauvegarder" la vie d'Ingrid Betancourt "et celle de ses compagnons de détention".

Elle s'est aussi dite "très préoccupée" des "conditions extrêmement dures de détention" désormais "confirmées" des otages, et a souligné "les risques sérieux" pour eux que représentent les "opérations militaires qui se déroulent dans la région".

(©AFP / 17 mai 2007 11h19)

http://www.romandie.com/infos/news/0705 ... 79z2wo.asp

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Un Colombien otage des FARC, qui s'est évadé, affirme avoir été retenu avec Ingrid Betancourt

17/05/2007 - Canoe, La Tribune, Caracol Radio, Boston Globe


Un policier retenu en otage depuis plus de huit ans par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) a réussi à échapper à la vigilance de ses ravisseurs et a été retrouvé mercredi dans une zone reculée de la jungle amazonienne (voir carte).

Selon son témoignage, Ingrid Betancourt serait vivante ainsi que les 3 Américains séquestrés avec elle. "La dernière fois que je les ai vus c'était le 28 avril", a précisé le policier lors d'une conférence de presse à la présidence. Très amaigri, pleurant en évoquant ses compagnons de détention, l'ex-otage a également indiqué avoir rencontré l'adjointe d'Ingrid Betancourt, Clara Rojas, enlevée en même temps que la Française.
"Clara a eu un fils qui a aujourd'hui trois ans. L'enfant s'appelle Emmanuel", a-t-il dit confirmant que la jeune femme avait eu un enfant avec un guérillero pendant sa détention. Il a ensuite évoqué les nuits pendant lesquelles les otages dormaient attachés par le cou les uns aux autres avec des chaînes cadenassées.

Selon des sources qui doivent être vérifiées, Ingrid serait vivante, mais pas en bonne santé. Plusieurs otages (dont Ingrid ?) pourraient souffrir d'hépatite.

Les conditions de l'évasion de Jhon Pinchao Blanco près de la ville de Mitu, dans le sud -est de la Colombie demeurent floues. L'homme avait été enlevé dans cette région lors d'une attaque des FARC en 1998, a précisé le porte-parole de la police Alberto Cantillo. Il a ajouté que de plus amples détails seraient révélés jeudi.

«Je remercie Dieu pour ce miracle, après avoir si souvent perdu espoir», a déclaré à la chaîne RCN l'épouse de l'otage évadé, Margoth Zambrano.

Son mari était retenu par les FARC, le mouvement de guérilla le plus ancien et le mieux armé d'Amérique latine, en compagnie de quelque 60 personnalités politiques, soldats et autres policiers -dont trois Américains.

Cela fait des années que les FARC et le gouvernement colombien ne parviennent pas à tomber d'accord sur un échange de prisonniers.

Blanco a été enlevé en novembre 1998, lorsque 700 rebelles ont attaqué et pris le contrôle de la ville de Mitu pendant trois jours, tuant 53 personnes et faisant 61 otages, a précisé Alberto Cantillo. Tous les otages ont été libérés, sauf sept.

Des habitants de Mitu ont exprimé leur soutien à Blanco avant qu'il ne monte à bord d'un avion à destination de la capitale Bogota mercredi soir.

Le ministre colombien des Affaires étrangères, Fernando Araujo, qui s'est lui-même évadé en décembre après six ans de captivité sous contrôle des FARC, a fait part de sa joie immense en apprenant la bonne nouvelle de l'évasion de son «frère» Blanco. Il a demandé aux familles des autres otages «de rester courageux et de garder l'espoir que leurs proches rentreront bientôt à la maison».

La Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, enlevée le 23 février 2002 alors qu'elle menait campagne en tant que candidate à l'élection présidentielle colombienne, est aux mains des FARC depuis plus de cinq ans.

Les FARC exigent que le gouvernement respecte une zone franche de 800 km2 au sud du pays comme préalable à toute négociation sur un éventuel échange de prisonniers, ce que le gouvernement refuse de faire.

http://www.betancourt.info/indexFr.htm

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La France demande au FARC de répondre "constructivement" à offre d'Uribe

16/05/2007 - Univision


Le gouvernement français a demandé aujourd'hui aux FARC de répondre de manière constructive à la proposition du président de Colombie, Álvaro Uribe, de libérer des guérilleros en échange d'une libération en parallèle de séquestrés.

"Les autorités françaises n'ont jamais cessé de demander la libération de tous les otages, et parmi eux, évidemment, (la franco colombienne) Ingrid Betancourt", a indiqué un porte-parole du Ministère français des Affaires Etrangères.

Il a spécifié que "dans ce contexte, toute initiative qui irait dans le sens d'atteindre cet objectif ne peut être que bienvenue", en référence à la proposition formulée par Uribe vendredi passé de libérer un "nombre significatif" de combattants emprisonnés, si les FARC libèrent les kidnappés.

Le porte-parole du Quai d'Orsay a invité les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) à "répondre à la proposition du président Uribe dans un esprit constructif".

La situation des kidnappés en Colombie est un sujet particulièrement sensible en France depuis l'enlèvement en février 2002 d'Ingrid Betancourt, qui a la double nationalité et dont les enfants vivent à Paris.

La France a proposé l'année passée, avec l'Espagne et la Suisse, la création d'une zone démilitarisée pour faciliter l'échange de guérilleros emprisonnés contre les otages, un plan qui n'a finalement pas réussi.

Le président français, Nicolas Sarkozy, a assuré dans son premier discours après avoir gagné les élections qu'il n'abandonnerait pas Ingrid Betancourt.

Les FARC ont en leur son pouvoir 57 politiciens, soldats et policiers ainsi que trois Américains, qu'ils veulent échanger contre environ cinq cents guérilleros emprisonnées.

http://www.betancourt.info/indexFr.htm
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JP
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Le Comité de soutien à Ingrid Betancourt renouvelle son opposition à toute libération des otages par la force

publié le jeudi 17 mai 2007

Après l’évasion d’un policier colombien aux mains des FARC depuis plus de huit ans et qui affirme avoir vu Ingrid Betancourt le 28 avril dernier, le Comité de soutien salue jeudi cette "excellente nouvelle" mais renouvelle son opposition à toute libération des otages par la force. "Cela fait aujourd’hui 1909 jours qu’Ingrid Betancourt et sa collaboratrice, Clara Rojas, sont otages des FARC en Colombie", rappelle le Comité de soutien dans un communiqué.
"C’est avec joie que le Comité de soutien à Ingrid Betancourt a appris l’évasion de John Franck Pinchao Blanco, sous-officier de police et otage des FARC depuis près de neuf ans. Selon ses propres dires, il était détenu non loin de Mitu, dans le sud-est de la Colombie. Le Comité de soutien tient également à préciser qu’il partage le soulagement et l’euphorie de sa famille. "Le fait que John Franck Pinchao Blanco aurait été un codétenu d’Ingrid Betancourt serait une excellente nouvelle, d’autant plus quand il précise l’avoir vu pour la dernière fois en vie, le 28 avril dernier.

"Cependant, le Comité de soutien à Ingrid Betancourt, de même que sa famille, tient à rappeler au président colombien Alvaro Uribe, qu’il demeure résolument opposé à toute tentative de libération des otages par la force. En effet, il ne fait pas de doute que les FARC tueraient leurs otages, dans le cas d’une telle opération", conclut le Comité de soutien à Ingrid Betancourt. Presse Canadienne.

http://www.armees.com/Le-Comite-de-sout ... 20786.html
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Message par JP »

Un ancien chef paramilitaire plonge l'administration Uribe dans l'embarras


Bogotá R. L. et P. M..
Publié le 18 mai 2007


Jugé à Medellín, le milicien met en cause des officiers supérieurs et des responsables politiques, au plus haut niveau de l'État.


SALVATORE Mancuso a décidé de parler, et l'élite colombienne tremble. « Le paramilitarisme était une politique d'État, j'en suis une preuve vivante », a lâché, devant ses juges, l'ex-chef paramilitaire colombien. Mancuso, ancien dirigeant des Autodéfenses Unies de Colombie (AUC), les milices antiguérilla dont 30 000 mercenaires ont déposé les armes contre la promesse d'une amnistie, comparaît depuis mardi devant un tribunal spécial de Medellín. Un espoir, pour les proches des victimes des escadrons de la mort, de connaître enfin la vérité sur les paramilitaires d'extrême droite. Et, surtout, sur la part de responsabilité de l'État colombien. Menacé par les guérillas marxistes, ce dernier aurait considéré les escadrons de la mort comme un mal nécessaire.


En novembre, Salvatore Mancuso avait admis avoir ordonné plus de 300 assassinats. À la grande indignation des associations de victimes, il n'avait nommé comme complices que des militaires décédés. Il a changé de tactique. Lors de son procès, il a accusé quatre généraux, dont un ancien commandant de l'armée, de liens avec les paramilitaires. Il a même mis en cause deux proches du président Alvaro Uribe : son ministre de la Défense, Juan Manuel Santos, et son vice-président, Francisco Santos.


Citoyens terrorisés


Le premier aurait proposé en 1997 aux paramilitaires l'organisation d'« une sorte de coup d'État » contre le président d'alors, Ernesto Samper. « Si telle est la vérité que M. Mancuso prétend révéler, le pays va être déçu », a rétorqué le ministre de la Défense. Quant au vice-président Francisco Santos, accusé d'avoir appelé de ses voeux la création d'une milice pour débarrasser Bogotá des cellules urbaines de la guérilla, il a demandé une enquête exhaustive et s'est déclaré à disposition de la justice.


Peu à peu, le scandale enfle. Plusieurs parlementaires de la majorité présidentielle sont accusés de liens étroits avec la mafia paramilitaire, classée « terroriste » par Washington comme par l'Union européenne. Lundi encore, la Cour suprême a ordonné la détention de cinq parlementaires, signataires, en 2001, d'un pacte secret avec les AUC visant à « refonder le pays. » Des gouverneurs de région et des élus locaux attendent leur tour. Et Mancuso a promis de fournir les noms d'industriels colombiens.


Depuis plusieurs mois, les chefs paramilitaires démobilisés racontent une Colombie que leurs compatriotes préféraient ignorer. Une Colombie honteuse, où les « paras » entrent et sortent des casernes, planifient des massacres avec des officiers. Une Colombie où des politiques courtisent les seigneurs de la guerre pour capter les votes contraints de citoyens terrorisés, et où plus de 10 000 victimes des « paras » attendent d'être exhumées de leurs fosses communes. « Tous les jours nous déterrons des morts et le pays ne semble pas s'en émouvoir », constatait récemment, dans le quotidien El Tiempo, un enquêteur désabusé. Car les scandales n'entament en rien la popularité exceptionnelle du président Uribe : plus de 75 % d'opinions favorables, selon les sondages.


Mais à Washington, en revanche, le nouveau Congrès à majorité démocrate s'inquiète de ces scandales « honteux pour un pays allié des États-Unis, qui a reçu plus de 4 milliards de dollars d'aide » militaire, rappelle le Washington Post. Deux dossiers majeurs sont entre les mains du Congrès américain : le renouvellement de l'aide militaire américaine, et la ratification d'un traité de libre-échange entre la Colombie et les États-Unis.

http://www.lefigaro.fr/international/20 ... arras.html

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Colombie : un otage évadé a vu Betancourt

Bogotá ROMÉO LANGLOIS et PASCALE MARIANI.
Publié le 18 mai 2007


Un policier détenu par la guérilla des Farc pendant neuf ans a dit avoir été détenu jusqu'au mois dernier en compagnie de la Franco-Colombienne.


LES YEUX brillants, incrédule et ému dans son uniforme trop grand, John Frank Pinchao revient d'un autre monde, celui des otages de la guérilla colombienne, où le temps s'étire à l'infini sous la lumière verte des épaisses forêts tropicales. Le sous-officier de police, âgé de 33 ans, a recouvré la liberté après huit ans et demi de captivité. Le 28 avril, il s'est évadé d'un campement clandestin des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc). Après douze jours d'errance dans les jungles de l'Est colombien, l'homme a été recueilli par une tribu indienne. Cinq jours plus tard, les Indiens le conduisaient à un commando de la police antinarcotique. Mercredi soir, son épopée a pris fin à Bogotá, dans les salons du palais présidentiel. John Frank Pinchao a pu faire la connaissance de son fils de 8 ans, né quelques mois après son enlèvement.


Du monde des otages, l'homme rapporte des nouvelles inespérées. D'abord, il témoigne que la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt est vivante. Lors d'une courte conférence de presse, le sous-officier a affirmé avoir été détenu en même temps que l'ex-candidate à la présidentielle colombienne, jusqu'à son évasion, le 28 avril. Plus tard, il a révélé à l'AFP qu'Ingrid Betancourt avait effectué cinq tentatives d'évasion, avant d'être à chaque fois rattrapée par les guérilleros des Farc. « Ingrid a été durement punie pour ces tentatives d'évasion », a-t-il poursuivi, précisant que les rebelles lui avaient infligé des privations de nourriture et de radio, et qu'elle dormait, comme les hommes, attachée par une chaîne autour du cou. À la mère d'Ingrid Betancourt, Yolanda Pulecio, avec qui il a discuté quelques instants, il a précisé avoir vécu « deux ans et neuf mois dans le même campement » que l'otage franco-colombienne. Il a ajouté qu'Ingrid avait souffert « d'une hépatite, il y a deux ans, mais qu'elle était à présent en bonne santé ».


Le policier a évoqué d'autres otages croisés lors de ses années de détention, des policiers, des militaires, des ex-parlementaires, ainsi que trois Américains enlevés lors du crash de leur avion d'espionnage en 2003. John Frank Pinchao a aussi parlé d'une rencontre avec Clara Rojas, la directrice de campagne et amie d'Ingrid Betancourt. L'ex-otage confirme ce qui n'est plus un secret : Clara Rojas a eu un enfant en captivité, fruit d'une relation avec un guérillero. « Elle a eu un fils, qui doit avoir aujourd'hui 3 ans environ. Je sais juste qu'il s'appelle Emmanuel », a-t-il dit.


Malnutrition chronique


Outre plusieurs centaines de civils enlevés contre rançon, les Farc détiennent depuis plusieurs années 56 otages politiques ou militaires. La guérilla marxiste espère troquer leur liberté contre celle de plusieurs centaines de ses combattants emprisonnés. Mais cet « échange humanitaire » reste introuvable, malgré les bons offices de la France, de la Suisse et de l'Espagne, qui tentent de rapprocher les parties (voir encadré).


Pinchao semble en bonne santé, malgré une malnutrition chronique et une longue détention. L'homme avait été fait prisonnier par les Farc le 1er novembre 1998, lors de l'attaque de la ville de Mitu, l'un des plus sanglants assauts de la guérilla colombienne contre un poste de police. Une chaîne et un cadenas dans les mains, il a évoqué les dures conditions de captivité : « On nous enchaînait de 6 heures du soir à 6 heures du matin, et parfois même 24 heures sur 24. » Il n'a pas souhaité donner de précisions sur sa fuite, « afin de ne pas mettre en danger » ses compagnons de captivité. Il aurait profité d'une averse pour mettre à exécution un plan concocté de longue date avec, pour toutes provisions, des rations conservées à l'insu de ses ravisseurs. « Dans l'esprit de chaque otage, pas une seconde ne passe sans que l'on pense à la liberté », a-t-il témoigné. Le policier n'a pu retenir ses larmes à l'évocation de ceux qui sont restés prisonniers : « J'espère ne pas leur avoir causé trop de problèmes. » C'est la deuxième fois en quelques mois qu'un otage des Farc s'échappe. Le 31 décembre, Fernando Araujo, un ex-ministre enlevé six ans auparavant, s'était évadé. Quelques semaines plus tard, le président Alvaro Uribe le nommait ministre des Affaires étrangères.


Les proches des otages veulent croire au miracle, à l'heure où les tractations pour la libération des otages semblent au point mort. Selon une source proche du dossier, les Farc ont récemment refusé à la France, à la Suisse et à l'Espagne de fournir des preuves de vie des captifs, invoquant des « raisons de sécurité ». La famille d'Ingrid Betancourt n'avait plus de signe de vie d'elle depuis 2003.


http://www.lefigaro.fr/international/20 ... court.html


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Monde

L'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt a déjà tenté cinq fois de s'évader


La franco-colombienne Ingrid Betancourt, bien qu'enchaînée par le cou chaque nuit à un compagnon de détention, est aujourd'hui en bonne santé en dépit de cinq tentatives d'évasion ratées dans la jungle durement punies par ses ravisseurs guérilleros.

Un poster d'Ingrid Betancourt est exposé le 8 mars 2006 sur la grille de l'Assemblée nationale à Paris

BOGOTA (AFP) - 17 mai 2007 | 22H42

"Ingrid a été durement punie pour ces tentatives d'évasion", a raconté en présence de familles d'otage et d'un journaliste de l'AFP, le sous-officier John Frank Pinchao Blanco, ancien compagnon de détention de l'otage franco-colombienne, récemment évadé.Lors de cette conversation exclusive avec l'AFP, le sous-officier a précisé que les guérilleros des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC - marxistes) avaient infligé à l'ancienne candidate présidentielle des privations de nourriture et d'écoute de radio.

Le policier colombien, très amaigri, épuisé et les mains blessées après 17 jours de fuite dans la jungle, a indiqué qu'Ingrid dormait, comme les hommes, attachée par une chaîne au cou.

Evoquant son état physique, M. Pinchao a indiqué qu'Ingrid "avait dans le passé souffert d'hépatite, mais qu'elle était aujourd'hui en bonne santé".

"Elle fait beaucoup d'exercice, écrit, écoute la radio et découpe les nouvelles dans les journaux", a poursuivi le sous-officier soulignant qu'elle suivait de près l'actualité colombienne.

"Elle écrit beaucoup, mais un jour où elle était triste, elle a déchiré le cahier où elle écrivait. C'était un jour très nostalgique car elle venait de sortir d'une hépatite", dit-il.

L'ancienne candidate des verts à l'élection présidentielle, 45 ans, écoute tous les messages radiophoniques de sa mère Yolanda Pulecio, dit-il. Mais, ajoute-t-il, elle n'a reçu qu'une seul lettre de sa maman, et elle la conserve toujours avec elle".

Le policier raconte qu'à plusieurs reprises il se disputait avec Ingrid "sur des questions idéologiques" et qu'ensuite, ils ne se parlaient plus pendant plusieurs jours d'affilée avant de se réconcilier.

Enfin, Pinchao a précisé qu'Ingrid et son adjointe Clara Rojas qui a eu un enfant d'un guérillero, étaient aujourd'hui "séparées".

"Au début, affirme-t-il, tous les séquestrés étaient réunis dans deux cabanes proches, puis ils (ndlr: les rebelles) ont commencé à nous rassembler par groupes de cinq ou dix".

"J'étais, dit-il, avec la doctora Ingrid. (...) La doctora Clara se trouvait dans un autre groupe, ils l'avaient séparé d'Ingrid".

Ingrid Betancourt et Clara Rojas sont otages depuis le 23 février 2002. Elles ont été enlevées par les FARC pendant la campagne présidentielle.

Interrogé sur les 3 Américains détenus, Pinchao déclare: au début "nous étions unis, mais ils (les FARC) les ont emmenés dans un autre campement. Puis à la fin ils les ont ramené où nous étions", a dit le policier. L'un d'eux, Marc Gonsalves, souffre d'hépatite, a-t-il ajouté.

Marc Gonsalves, Keith Stansell et Thomas Howes, avaient été capturés par les FARC le 13 février 2003 quand l'avion dans lequel ils effectuaient une mission antidrogue avait été abattu par les rebelles dans le Caqueta (à 350 km au sud-ouest de Bogota). Dès mercredi soir, les "services américains" ont longuement rencontré le sous-officier, apprend-on de source hospitalière.

Le jeune policier a également révélé que toute la partie médicale était assurée dans le camps par l'un des militaires sequestrés. "C'est un sergent qui a fait des étude d'infirmier et qui aime en permanence étudier. C'est lui qui nous soignait tous.", précise-t-il.

Les FARC, première guérilla de Colombie avec 17.000 hommes, réclament la libération de 500 de leurs hommes incarcérés en échange de 56 otages qu'elles détiennent.

http://www.24heures.ch/pages/home/24_he ... enu)/78464

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Echange téléphonique Sarkozy-Uribe sur Ingrid Betancourt
18/05/2007 - 12h42


Le président français Nicolas Sarkozy a évoqué jeudi le sort d'Ingrid Betancourt lors d'un entretien téléphonique avec son homologue colombien Alvaro Uribe, déclare son porte-parole David Martinon.

Lors de cet entretien de près d'une demi-heure, le nouveau chef de l'Etat français "a salué l'intention du président Uribe de libérer de nombreux prisonniers des FARC, tout en soulignant qu'il était déterminé à obtenir le retour d'Ingrid Betancourt", a rapporté le porte-parole de l'Elysée.

Alvaro Uribe, jusqu'ici partisan de l'option militaire pour libérer les otages des Forces armées révolutionnaires de Colombie, dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, a évoqué vendredi, "une libération massive" de rebelles emprisonnés.

"Si la loi me le permet, je vais procéder à une libération massive des détenus issus des FARC. Nous verrons s'ils sont capables de libérer nos otages", a-t-il dit à la radio Todelar.

Les FARC réclament la libération de 500 de leurs membres en échange de 57 otages, dont trois Américains et l'ancienne candidate écologiste à la l'élection présidentielle colombienne Ingrid Betancourt, 45 ans, enlevée le 23 février 2002.

Lors de son entretien téléphonique avec le président colombien, Nicolas Sarkozy "a souligné que sa préoccupation allait aussi à tous les autres otages détenus par les FARC", a déclaré David Martinon.

De son côté, Alvaro Uribe "a donné au président Sarkozy les informations recueillies auprès du policier qui a réussi à s'échapper du camp où il était détenu par les FARC sur l'état de santé d'Ingrid Betancourt et ses conditions de captivité", a ajouté le porte-parole. "Le président Sarkozy les transmettra lui-même à la famille Betancourt, qu'il recevra au Palais de l'Elysée très rapidement."

Le policier évadé d'un camp des FARC après presque neuf ans de détention, John Frank Pinchao, a déclaré avoir été détenu jusqu'au mois dernier en compagnie d'Ingrid Betancourt.

Il a dit l'avoir vue pour la dernière fois, ainsi que les trois Américains détenus avec elle, le 28 avril.

Selon David Martinon, "le président Uribe a accepté la demande du président Sarkozy d'envoyer très rapidement à Paris son conseiller spécial, M. Luis Carlos Restrepo, qui est Haut commissaire pour la paix en Colombie."

Après les déclarations faites par Alvaro Uribe vendredi, Luis Carlos Restrepo, a dit avoir reçu pour instruction de trouver une "procédure juridique adaptée pour relâcher les personnes emprisonnées".

Pendant sa campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy a évoqué à plusieurs reprises le sort d'Ingrid Betancourt et promis qu'il s'efforcerait d'obtenir sa libération s'il était élu.

http://www.lepoint.fr/content/france/article?id=183772

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France: Sarkozy reçoit la famille d'Ingrid Betancourt
18/05/2007 09:02



PARIS 18/05 (BELGA) = Le président français Nicolas Sarkozy devait recevoir vendredi à 16h00 la famille d'Ingrid Betancourt, dont il a affirmé la veille sa détermination à obtenir la libération, a annoncé le comité de soutien à l'otage franco-colombienne des FARC enlevée il y a cinq ans. La présidence a confirmé ce rendez-vous à l'AFP. Nicolas Sarkozy recevra Mélanie et Lorenzo Betancourt, les enfants d'Ingrid Betancourt. Ils seront accompagnés par Fabrice Delloye, l'ex-mari d'Ingrid Betancourt, père de ses enfants, et Astrid Betancourt, la soeur d'Ingrid, selon un communiqué du comité de soutien. Jeudi, le président français a déclaré au président colombien Alvaro Uribe, lors d'une conversation téléphonique, qu'il était "déterminé à obtenir le retour d'Ingrid Betancourt", otage des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, marxistes) depuis le 23 février 2002, selon le porte-parole de la présidence David Martinon. Le Comité de soutien à Ingrid Betancourt "a fait part de son grand espoir quant à l'action envisagée par Nicolas Sarkozy, tant sa volonté politique et son engagement dans cette affaire sont grands". (MPA)

http://www.levif.be/belga/politique/13- ... court.html

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FRANCE - COLOMBIE - OTAGE

Le Président Sarkozy reçoit la famille d’Ingrid Bétancourt
vendredi 18 mai 2007, par radinrue.com

www.radinrue.com le 18.05.2007 18:46 par : Jerzy Urzko


C’est dans l’espoir et la confiance que s’est passé l’entretien entre la famille de l’otage franco-colombienne, Ingride Bétancourt, détenue par les FARCS depuis 5 ans et le Président de la République Nicolas Sarkozy.

Mélanie Bétancourt, la fille d’Ingrid, à déclaré qu’il s’agissait d’une rencontre qui était " un moment d’espoir et de confiance", à sa sortie avec les autres memebres de sa famille de l’entrevue qu’ils ont eu avec le chef de l’Etat français.

Mélanie et son frère Lorenzo, Astrid Betancourt, la soeur d’Ingrid, et Fabrice Delloye, sont ex-mari, père de ses enfants, ont été reçus à l’Elysée par Nicolas Sarkozy. La jeune fille a précisé au journalistes : M. Sarkozy "nous a prouvé que sa détermination était forte (…), on sent à quel point il est engagé jusqu’au bout pour la libération de maman".

M. Sarkozy s’est entretenu une demi-heure jeudi soir au téléphone avec son homologue colombien Alvaro Uribe. Il s’était alors dit "déterminé à obtenir le retour d’Ingrid Betancourt".

Mélanie Bétancourt à continuer en précisant ses impressions : "Ça peut changer tout, le fait qu’il ait appelé lui même Uribe, c’est avec ce type de dialogue que l’on peut faire changer les choses en Colombie".

Les FARCS et le chef de l’état colombien sont en total désaccord sur un éventuel "échange" de prisonniers.

Si Ingrid Bétancourt est effectivement prochainement libérée, ce sera une victoire sans appel pour la politique étrangère du nouveau président français et un accroissement général de la diplomatie de la France dans le monde. Mais la tâche reste dure…

www.radinrue.com photo : Mélanie Delloye-Betancourt, la fille d’Ingrid Betancourt - DR.

http://www.radinrue.com/spip.php?article1022

http://tf1.lci.fr/infos/france/0,,34501 ... ysee-.html

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Le président colombien ordonne à l'armée de libérer Ingrid Betancourt

BOGOTA (AFP) - Le président colombien Alvaro Uribe a ordonné vendredi à Bogota aux responsables de l'armée de "libérer par les moyens militaires" l'otage franco-colombien Ingrid Betancourt, tandis que sa famille a été reçue par le président de la République français Nicolas Sarkozy.

"Messieurs les généraux, nous allons libérer Ingrid Betancourt et les trois Américains", a déclaré le président au cours d'une cérémonie en présence de hauts responsables de la police et de l'armée.

"Ici il n'y aura pas de petits jeux avec ces bandits des Farc (guérilla marxiste), ici il n'y a pas de zone démilitarisée", a affirme M. Uribe.

En 2005, la France, la Suisse et l'Espagne avaient proposé des négociations à Pradera et à Florida, dans une zone démilitarisée de 480 kilomètres carrés à créer, en vue d'un "échange humanitaire" d'otages contre des guérilleros incarcérés. Mais les conditions préalables exigées par les deux camps ont fait échouer cette initiative jusqu'alors.

Selon le témoignage d'un sous-officier de la police, John Frank Pinchao Blanco, Ingrid Betancourt et les trois Américains sont tous détenus dans le même camp de prisonniers des rebelles, situé à la frontière avec le Brésil.

Ingrid Betancourt et son adjointe Clara Rojas sont otages de la guérilla des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie, marxistes) depuis le 23 février 2002. Elles ont été enlevées par les FARC pendant la campagne présidentielle à laquelle Ingrid Betancourt se présentait comme candidate des Verts colombiens.

Marc Gonsalves, Keith Stansell et Thomas Howes, avaient été capturés par les FARC le 13 février 2003 quand l'avion dans lequel ils effectuaient une mission antidrogue avait été abattu par les rebelles dans le département de Caqueta (à 350 km au sud-ouest de Bogota).

Les FARC, première guérilla de Colombie avec 17.000 hommes, réclament la libération de 500 de leurs hommes incarcérés en échange de 56 otages qu'elles détiennent.

La famille d'Ingrid Betancourt a été reçue vendredi par le président de la République français Nicolas Sarkozy. "C'est un moment d'espoir et de confiance", a déclaré Mélanie Betancourt, la fille de l'otage franco-colombienne, pour qualifier son entretien vendredi avec le chef de l'Etat.

Mélanie et son frère Lorenzo, Astrid Betancourt, la soeur d'Ingrid, et Fabrice Delloye, sont ex-mari, père de ses enfants, étaient également lors d'une réunion qui s'est déroulée juste avant la première réunion du Conseil des ministres.

"C'est un moment très très fort", a déclaré Mélanie Betancourt aux journalistes. M. Sarkozy "nous a prouvé que sa détermination était forte (...), on sent à quel point il est s'engagé jusqu'au bout pour la libération de maman", a déclaré la jeune fille.

M. Sarkozy s'est entretenu une demi-heure jeudi soir au téléphone avec son homologue colombien Alvaro Uribe. Il s'était alors dit "déterminé à obtenir le retour d'Ingrid Betancourt".

"C'est un moment d'espoir et de confiance", a-t-elle dit. "Ca peut changer tout, le fait qu'il ait appelé lui même Uribe, c'est avec ce type de dialogue que l'on peut faire changer les choses en Colombie", a-t-elle jugé alors que les tentatives de négociation entre les FARC et le gouvernement colombien ont toujours avorté.

"Ce n'est pas une tâche facile mais j'ai la conviction en écoutant le président (Sarkozy) qu'il saura trouver une juste réponse" pour amener les deux parties à négocier, a ajouté Mélanie Betancourt.

http://www.romandie.com/afp/francais/jo ... h6ph.shtml

http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches ... ee_de.html

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Mélanie Betancourt: Uribe "se moque du président" Sarkozy

PARIS - Le président colombien Alvaro Uribe "se moque du président" français Nicolas Sarkozy en ordonnant la libération d'Ingrid Betancourt par des moyens militaires, a déclaré vendredi sa fille Mélanie à la chaîne de télévision France 2.

"Il se moque de qui, là?", a demandé Mélanie Betancourt, avant d'ajouter: "Il se moque du président de la République en France, il se moque de la France".

Plus tôt dans la journée, Mélanie Delloye Betancourt et sa famille ont rencontré Nicolas Sarkozy, qui s'est entretenu une demi-heure jeudi soir au téléphone avec M. Uribe.

"Le président Sarkozy a dit au président Uribe à quel point il croyait fermement à une solution négociée et surtout pas à une libération par la force qui, on le sait, est un échec", a-t-elle déclaré.

"Pour moi, c'est un affront qu'il est en train de faire, et c'est un affront qu'il fait à notre président" Nicolas Sarkozy, a-t-elle poursuivi.

Lors d'une cérémonie vendredi, le président colombien a ordonné aux responsables de l'armée de "libérer par les moyens militaires" Ingrid Betancourt --franco-colombienne détenue depuis février 2002 par la guérilla marxiste des FARC-- et trois autres otages américains.

"C'est un show médiatique qu'est en train de faire le président colombien, il le fait le jour même où le président français nous reçoit", a déclaré Mélanie Betancourt.

"Si vous voulez libérer quelqu'un par la force, vous allez l'annoncer comme ça au monde entier ? Surtout pour que ses ravisseurs le sachent et pour qu'au moindre bruit d'hélicoptère la première chose qu'ils fassent c'est exécuter l'otage. Ca vous semble logique ?", a-t-elle demandé.

Mélanie et son frère Lorenzo, Astrid Betancourt, la soeur d'Ingrid, et Fabrice Delloye, son ex-mari, père de ses enfants, ont été reçus vendredi après-midi à la présidence par Nicolas Sarkozy.

Après cette rencontre, Mélanie Betancourt avait déclaré que le nouveau président avait "prouvé que sa détermination était forte (...)". "On sent à quel point il est engagé jusqu'au bout pour la libération de maman", avait déclaré la jeune femme.

"Ce n'est pas une tâche facile mais j'ai la conviction en écoutant le président (Sarkozy) qu'il saura trouver une juste réponse" pour amener les deux parties à négocier, avait ajouté Mélanie.

Les FARC, première guérilla de Colombie avec 17.000 hommes, réclament la libération de 500 de leurs hommes incarcérés en échange de 56 otages qu'elles détiennent.

http://www.romandie.com/infos/news/0705 ... 99aquk.asp

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Paris et Bogota divergent sur le cas Ingrid Betancourt

Le président colombien a ordonné vendredi aux militaires de "libérer par les moyens militaires" l'otage franco-colombienne. Le quai d'Orsay refuse la force.

Signe que le dossier est revenu sur le haut de la pile, Nicolas Sarkozy a reçu la famille Betancourt vendredi après-midi, après avoir téléphoné à Alvaro Uribe jeudi soir.

C'est la première prise de position du nouveau ministère des Affaires étrangères à la tête duquel a été nommé Bernard Kouchner. Le quai d'Orsay a indiqué vendredi soir rester "opposée à une action militaire" pour libérer l'otage franco-colombienne, Ingrid Betancourt, retenue par les Farc depuis février 2002. "Nous vérifions la teneur des déclarations prêtées au président Uribe", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Jean-Baptiste Mattéi. Et "nous rappelons notre position constante en la matière: nous sommes opposés à une action militaire qui risque de mettre en péril la vie des otages".

Cette déclaration fait en effet suite à l'ordre donné peu avant par le président colombien Alvaro Uribe à son armée de libérer l'otage. "Messieurs les généraux, nous allons libérer Ingrid Betancourt et les trois Américains. Les FARC ne veulent pas d'accord humanitaire, c'est pourquoi nous insistons sur la libération par des moyens militaires. Ici il n'y aura pas de petits jeux avec ces bandits des FARC, ici il n'y a pas de zone démilitarisée", avait-il dit, tandis que le ministre colombien des Affaires étrangères appelait les otages détenus par les guérilleros à "s'évader".

En attendant, la libération d'Ingrid Betancourt semble être l'une des priorités du nouveau pouvoir. Après avoir eu jeudi soir pendant une demi-heure au téléphone le président Uribe, Nicolas Sarkozy a reçu vendredi après-midi la famille d'Ingrid Betancourt. Selon Mélanie Betancourt, la fille de l'otage, "le président Sarkozy a dit au président Uribe à quel point il croyait fermement à une solution négociée et surtout pas à une libération par la force qui, on le sait, est un échec". Le président colombien Alvaro Uribe "se moque du président" français Nicolas Sarkozy en ordonnant la libération d'Ingrid Betancourt par des moyens militaires, a ensuite estimé Mélanie Betancourt sur France 2.

http://tf1.lci.fr/infos/monde/ameriques ... ourt-.html
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Betancourt : mobilisation à Paris
contre les propos d'Uribe

NOUVELOBS.COM | 19.05.2007 | 17:25

Le Quai d'Orsay et les proches de l'otage des Farc ont rappelé leur opposition au recours à la force, ordonné par le président colombien. Une marche est prévue mercredi.




Paris et les proches d'Ingrid Betancourt ont réitéré samedi 19 mai leur hostilité à tout recours à la force après l'ordre donné par le président colombien Alvaro Uribe à l'armée de libérer par la force l'otage franco-colombienne aux mains de la guérilla marxiste.
Un comité de soutien à Ingrid Betancourt a annoncé l'organisation d'une grande "marche de la détermination" entre Notre-Dame et l'Hôtel de ville de Paris mercredi prochain.

"Nous invitons les Françaises et Français à montrer combien ils sont décidés à ce que la libération de l'otage franco-colombienne intervienne dans les plus brefs délais, combien ils sont déterminés à ce qu'Alvaro Uribe ne joue pas impunément avec la vie d'Ingrid", déclare-t-il samedi dans un communiqué.

"Généraux ! Nous allons porter secours à Ingrid Betancourt. Il n'est pas question de jouer avec ces hors-la-loi", avait lancé vendredi Alvaro Uribe, brandissant le poing, lors d'un rassemblement public à Bogota.


La France "opposée à toute action militaire"


"Et le Congrès américain ne doit avoir aucun doute, parce que nous allons effectuer un sauvetage militaire des trois Nord-américains détenus" par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc).

Et d'ajouter : "Les camps de concentration des Farc sont plus cruels que ceux des nazis".

Cette déclaration a d'autant plus surpris qu'elle intervenait quelques heures après l'annonce à Paris par le nouveau président français Nicolas Sarkozy de sa volonté d'obtenir la libération de la Franco-Colombienne.

Le Quai d'Orsay a rappelé vendredi soir que "la France (était) opposée à toute action militaire qui pourrait mettre en danger la vie des otages".

Mercredi, John Frank Pinchao, un policier colombien qui affirme s'être évadé après plus de huit ans de détention aux mains des Farc, avait assuré avoir côtoyé les quatre otages, quelques semaines plus tôt. Il s'agissait des premières nouvelles à leur sujet depuis la diffusion en 2003 d'un document vidéo tourné par leurs ravisseurs.


"Il se moque de la France"

"Ma crainte et la raison pour laquelle je n'ai pas dormi la nuit dernière, c'est qu'ils vont l'interroger (Pinchao), qu'il va leur dire où ils se trouvent, qu'ils vont envoyer une mission militaire et qu'Ingrid va être tuée", a réagi Yolanda Pulecio, mère de la Franco-Colombienne, interrogée à Bogota.

A Paris, Mélanie, la fille d'Ingrid, a estimé que Alvaro Uribe "se moque de la France", expliquant qu'il n'aurait jamais fait publiquement une telle annonce, au risque d'alerter les Farc, s'il avait vraiment voulu faire libérer les otages.

"J'espère que la réaction sera forte. On n'a pas le droit de faire des shows médiatiques quand il s'agit de vies humaines et on n'a pas le droit de se moquer ainsi de la France", a-t-elle déclaré sur TF1 et France 2.

"Soyons logique, quand vous voulez libérer quelqu'un, vous l'annoncez comme ça au monde entier ?", a-t-elle demandé.


Les proches reçus à l'Elysée

Le Comité de soutien à Ingrid Betancourt a également fustigé la décision d'Uribe. "Vraisemblablement, le président colombien, mal en point sur la scène politique colombienne, a voulu reprendre la main - dure - en se livrant à une vaste opération de communication mal pensée puisque mêlant tragédie et théâtre de l'absurde", déplore-t-il dans un communiqué.

Nicolas Sarkozy avait reçu vendredi à l'Elysée les proches d'Ingrid Betancourt pour les assurer de sa détermination à obtenir sa libération.

"Le président de la République est totalement déterminé à ce qu'Ingrid revienne", a déclaré Fabrice Delloye, père des enfants de l'ancienne candidate écologiste à l'élection présidentielle colombienne, à l'issue de l'entretien.

Nicolas Sarkozy doit notamment recevoir "très rapidement" un envoyé spécial d'Alvaro Uribe, Luis Carlos Restrepo, Haut commissaire pour la paix en Colombie.

Ingrid Betancourt a été enlevée le 23 février 2002. Les Américains Thomas Howes, Marc Gonsalves et Keith Stansell ont été enlevés l'année suivante.

Les Farc, mouvement de guérilla le plus ancien d'Amérique latine, réclament la démilitarisation d'une vaste zone rurale en échange de l'ouverture de discussions sur la libération de leurs otages. Mais les négociations avec Bogota restent pour l'heure dans l'impasse. Uribe avait évoqué vendredi dernier "une libération massive" de rebelles emprisonnés pour débloquer la situation. (Reuters).

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualit ... durib.html
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Colombie: La Suisse contre une opération militaire

La Suisse n'est pas favorable à une action militaire pour libérer les otages retenus par la guérilla des FARC.


Berne a réagi à des déclarations du président colombien Alvaro Uribe en faveur d'une libération par la force de la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt.

«La Suisse appelle les parties concernées en Colombie à renoncer à toute action qui menacerait le dialogue nécessaire ou qui mettrait en danger la vie des personnes séquestrées», a indiqué samedi à l'ATS le chef de l'information du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), Jean-Philippe Jeannerat.

Le DFAE reconnaît la souveraineté de la Colombie mais rappelle que la Suisse, en coopération avec l'Espagne et la France, mène une médiation en faveur des otages. La Suisse «persévère dans ses efforts pour faciliter la discussion d'un accord humanitaire et relancer le processus de paix en Colombie», a indiqué M. Jeannerat.

Les trois pays avaient proposé en décembre 2005 de créer une zone démilitarisée sous contrôle international dans le sud-ouest du pays, pour négocier un «échange humanitaire» d'otages contre des guérilleros incarcérés. Mais les conditions préalables exigées par les deux camps ont fait échouer cette initiative.

Selon le témoignage d'un sous-officier de la police, John Frank Pinchao Blanco, Ingrid Betancourt et trois Américains sont tous détenus dans le même camp de prisonniers des rebelles, situé à la frontière avec le Brésil. La Franco-Colombienne a été enlevée par les FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie, marxistes) le 23 février 2002.

La France a également manifesté son opposition à une action militaire qui mettrait en danger la vie des otages. Jeudi, le nouveau président français Nicolas Sarkozy a affirmé dans une conversation téléphonique avec le président Uribe qu'il était «déterminé à obtenir le retour d'Ingrid Betancourt».


http://www.20min.ch/ro/news/suisse/story/21659292
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issa nissa
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Message par issa nissa »

JP a écrit :La Suisse n'est pas favorable à une action militaire
:lol:

pardon ...
it is pointless to resist... (Dark Vador)
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Un Suédois et son épouse colombienne enlevés par les FARC

Le 18 mai 2007 - 21:24 | Presse Canadienne




Un citoyen suédois et son épouse colombienne ont été enlevés dans leur ferme au nord de la Colombie, ont annoncé les autorités vendredi.

L'ambassadrice suédoise en Colombie, Lena Nordstrom, a confirmé que Roland Erick Larson, 68 ans et son épouse Diana Patricia Pena, 36 ans, avaient été enlevés. Les autorités colombiennes ne lui ont pas fourni d'informations sur l'identité des ravisseurs, a-t-elle ajouté.

Mais un porte-parole des services colombiens de lutte contre les enlèvements qui témoignait sous couvert d'anonymat, a affirmé à l'Associated Press que les époux avaient été enlevés mercredi par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), tandis qu'ils remettaient leur salaire aux employés qui travaillent dans leur ferme de Tierralta, à 350 kilomètres au nord de Bogota.

Les FARC détiennent des centaines d'otages, parmi lesquels la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt et trois consultants militaires américains.

Si ces quatre otages ainsi qu'une soixantaine d'autres personnalités politiques et soldats, également retenus contre leur gré sont considérés comme une éventuelle monnaie d'échange dans les négociations entre les FARC et le gouvernement colombien, la majorité des otages de la guérilla servent à rançonner la population colombienne pour financer une insurrection vieille de cinquante ans.

http://www.matin.qc.ca/articles/2007051 ... _farc.html

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Ingrid Betancourt forte mobilisation

20/05/2007


PARIS CONTRE L'ACTION MILITAIRE: Paris reste opposé à une action militaire pour libérer la Franco-colombienne Ingrid Betancourt, otage depuis cinq ans de la guérilla colombienne des FARC.

Le ministère des Affaires étrangères a réagi vendredi soir à une déclaration du président colombien Alvaro Uribe en faveur d'une libération par la force.

Le président colombien Alvaro Uribe s'est déclaré samedi "réceptif" aux propositions du nouveau chef d'Etat français sur la situation des otages retenus par la guérilla marxiste des FARC, parmi lesquels figure la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt.

"Nous respectons et sommes réceptifs aux initiatives de M. Sarkozy et nous devons affirmer à nouveau notre volonté de vaincre les terroristes qui ont maltraité le peuple colombien comme les Nazis ont maltraité tant d'Européens", a dit M. Uribe.

Le président colombien est revenu sur l'entretien téléphonique de jeudi soir avec son homologue français, qui s'était alors dit "déterminé à obtenir le retour d'Ingrid Betancourt", et a exprimé le "profond respect" qu'il lui portait.

Le comité de soutien à Ingrid Betancourt a annoncé l'organisation d'une grande "marche de la détermination" entre Notre-Dame et l'Hôtel de ville de Paris mercredi prochain.

"Nous invitons les Françaises et Français à montrer combien ils sont décidés à ce que la libération de l'otage franco-colombienne intervienne dans les plus brefs délais, combien ils sont déterminés à ce qu'Alvaro Uribe ne joue pas impunément avec la vie d'Ingrid", a-t-il déclaré samedi dans un communiqué.

http://www.queladsl.com/news/index.php? ... bilisation

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International 20/05/2007 - 09:24

Colombie: Uribe a entendu Paris


Désireux de libérer par la force les otages retenus dans la jungle amazonienne par la guerilla marxiste (Farc), le président colombien Alvaro Uribe a décidé, face aux critiques venues notamment de Paris, de revoir sa position. "Je respecte le nouveau président français, le président (Nicolas) Sarkozy, dont nous avons fait la connaissance lorsqu'il était ministre. Nous sommes respectueux et réceptifs aux propositions qu'il pourrait formuler et nous devons réitérer notre volonté d'éradiquer les terroristes", a déclaré le chef de l'Etat colombien, à l'occasion d'une visite dans le sud du pays. Vendredi, le président français avait reçu à l'Elysée, les proches d'Ingrid Bétancourt, retenue par les Farc depuis 2003.

http://www.lejdd.fr/cmc/scanner/interna ... html?popup

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Uribe "réceptif" à la position française sur Ingrid Betancourt

20.05.07 | 09h50


BOGOTA (Reuters) - Le président colombien Alvaro Uribe a promis samedi de tenir compte de la position française sans renoncer à la lutte contre la guérilla marxiste, après avoir suscité l'inquiétude la veille, en ordonnant à l'armée de libérer Ingrid Betancourt des mains des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc).

"Je respecte le nouveau président français, le président (Nicolas) Sarkozy, dont nous avons fait la connaissance lorsqu'il était ministre. Nous sommes respectueux et réceptifs aux propositions qu'il pourrait formuler et nous devons réitérer notre volonté d'éradiquer les terroristes", a déclaré Uribe, à l'occasion d'une visite dans le sud du pays.

Le Quai d'Orsay a rappelé vendredi soir que la France était opposée "à toute action militaire qui pourrait mettre en danger la vie des otages". Quelques heures plus tôt, Sarkozy avait reçu les proches de la Franco-colombienne pour leur exprimer sa volonté d'obtenir sa libération.

http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14 ... -37,0.html
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Otage franco-colombienne : le président Uribe affirme son respect de la position française

2007-05-20

BOGOTA, 19 mai (XINHUA)
-- Le président colombien Alvaro Uribe a déclaré samedi qu'il respecterait les initiatives du nouveau président français Nicolas Sarkozy pour faire libérer l'otage franco-colombienne, Ingrid Betancourt, kidnappée par une rébellion il y a cinq ans.
"Je respecte le président français. Nous sommes respectueux et réceptifs à toutes les idées qu'il pourrait avoir", a affirmé M. Uribe, réaffirmant cependant sa détermination à lutter contre lesles Forces armées révolutionnaires de la Colombie (FARC, rebelles).

"Nous devons réitérer notre volonté pour faire échouer les terroristes ici", a souligné M. Uribe.

M. Sarkozy a affirmé vendredi son opposition à l'ordre donné par M. Uribe de déclencher une opération militaire pour faire libérer Ingrid Betancourt de crainte qu'une telle opération ne puisse entraîner de mauvaises conséquences.

Mme Betancourt, née en Colombie, avait obtenu la nationalité française après s'être mariée avec un Français. Elle a été kidnappée en février 2002 par les FARC lors de sa campagne électorale en tant que candidate du Parti des Verts.

Vendredi, le président Uribe a donné l'ordre de libérer les otages après avoir été informé des conditions de détention des FARC, racontées par un otage qui avait réussit à prendre la fuite.

John Frank Pinchao, qui avait été envelé par les FARC, avait révélé avoir vu, lors de sa détention, d'autres otages, dont Mme Betancourt, il y a moins de trois semaines.

http://www.french.xinhuanet.com/french/ ... 430920.htm
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COLOMBIE

Betancourt : le président Uribe
rassure Paris

NOUVELOBS.COM | 20.05.2007 | 11:27


Le président colombien Alvaro Uribe a promis de tenir compte de la position française, opposé au recours à la force pour libérer Ingrid Betancourt, et se dit "réceptif" aux propositions de la France.



Le président colombien Alvaro Uribe a promis samedi 19 mai de tenir compte de la position française sans renoncer à la lutte contre la guérilla marxiste, après avoir suscité l'inquiétude la veille, en ordonnant à l'armée de libérer Ingrid Betancourt des mains des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc).
"Je respecte le nouveau président français, le président (Nicolas) Sarkozy, dont nous avons fait la connaissance lorsqu'il était ministre. Nous sommes respectueux et réceptifs aux propositions qu'il pourrait formuler et nous devons réitérer notre volonté d'éradiquer les terroristes", a déclaré Uribe, à l'occasion d'une visite dans le sud du pays.

"Marche de la détermination" mercredi

Paris et les proches d'Ingrid Betancourt ont réitéré samedi leur hostilité à tout recours à la force après l'ordre donné par le président colombien Alvaro Uribe à l'armée de libérer par la force l'otage franco-colombienne aux mains de la guérilla marxiste.
Un comité de soutien à Ingrid Betancourt a annoncé l'organisation d'une grande "marche de la détermination" entre Notre-Dame et l'Hôtel de ville de Paris mercredi prochain.

"Nous invitons les Françaises et Français à montrer combien ils sont décidés à ce que la libération de l'otage franco-colombienne intervienne dans les plus brefs délais, combien ils sont déterminés à ce qu'Alvaro Uribe ne joue pas impunément avec la vie d'Ingrid", déclare-t-il samedi dans un communiqué.

"Généraux ! Nous allons porter secours à Ingrid Betancourt. Il n'est pas question de jouer avec ces hors-la-loi", avait lancé vendredi Alvaro Uribe, brandissant le poing, lors d'un rassemblement public à Bogota.

La France "opposée à toute action militaire"

"Et le Congrès américain ne doit avoir aucun doute, parce que nous allons effectuer un sauvetage militaire des trois Nord-américains détenus" par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc).
Et d'ajouter : "Les camps de concentration des Farc sont plus cruels que ceux des nazis".

Cette déclaration a d'autant plus surpris qu'elle intervenait quelques heures après l'annonce à Paris par le nouveau président français Nicolas Sarkozy de sa volonté d'obtenir la libération de la Franco-Colombienne.

Le Quai d'Orsay a rappelé vendredi soir que "la France (était) opposée à toute action militaire qui pourrait mettre en danger la vie des otages".

Mercredi, John Frank Pinchao, un policier colombien qui affirme s'être évadé après plus de huit ans de détention aux mains des Farc, avait assuré avoir côtoyé les quatre otages, quelques semaines plus tôt. Il s'agissait des premières nouvelles à leur sujet depuis la diffusion en 2003 d'un document vidéo tourné par leurs ravisseurs.

"Il se moque de la France"

"Ma crainte et la raison pour laquelle je n'ai pas dormi la nuit dernière, c'est qu'ils vont l'interroger (Pinchao), qu'il va leur dire où ils se trouvent, qu'ils vont envoyer une mission militaire et qu'Ingrid va être tuée", a réagi Yolanda Pulecio, mère de la Franco-Colombienne, interrogée à Bogota.
A Paris, Mélanie, la fille d'Ingrid, a estimé que Alvaro Uribe "se moque de la France", expliquant qu'il n'aurait jamais fait publiquement une telle annonce, au risque d'alerter les Farc, s'il avait vraiment voulu faire libérer les otages.

"J'espère que la réaction sera forte. On n'a pas le droit de faire des shows médiatiques quand il s'agit de vies humaines et on n'a pas le droit de se moquer ainsi de la France", a-t-elle déclaré sur TF1 et France 2.

"Soyons logique, quand vous voulez libérer quelqu'un, vous l'annoncez comme ça au monde entier ?", a-t-elle demandé.

Les proches reçus à l'Elysée

Le Comité de soutien à Ingrid Betancourt a également fustigé la décision d'Uribe. "Vraisemblablement, le président colombien, mal en point sur la scène politique colombienne, a voulu reprendre la main - dure - en se livrant à une vaste opération de communication mal pensée puisque mêlant tragédie et théâtre de l'absurde", déplore-t-il dans un communiqué.
Nicolas Sarkozy avait reçu vendredi à l'Elysée les proches d'Ingrid Betancourt pour les assurer de sa détermination à obtenir sa libération.

"Le président de la République est totalement déterminé à ce qu'Ingrid revienne", a déclaré Fabrice Delloye, père des enfants de l'ancienne candidate écologiste à l'élection présidentielle colombienne, à l'issue de l'entretien.

Nicolas Sarkozy doit notamment recevoir "très rapidement" un envoyé spécial d'Alvaro Uribe, Luis Carlos Restrepo, Haut commissaire pour la paix en Colombie.

Ingrid Betancourt a été enlevée le 23 février 2002. Les Américains Thomas Howes, Marc Gonsalves et Keith Stansell ont été enlevés l'année suivante.

Les Farc, mouvement de guérilla le plus ancien d'Amérique latine, réclament la démilitarisation d'une vaste zone rurale en échange de l'ouverture de discussions sur la libération de leurs otages. Mais les négociations avec Bogota restent pour l'heure dans l'impasse. Uribe avait évoqué vendredi dernier "une libération massive" de rebelles emprisonnés pour débloquer la situation. (avec Reuters).

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualit ... paris.html
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Sarkozy se penche sur le cas d'Ingrid Betancourt

AGNÈS LECLAIR.

Publié le 19 mai 2007

Le président a reçu, hier, la famille de l'otage franco-colombienne.



MÉLANIE et Lorenzo Betancourt-Delloye, les enfants d'Ingrid Betancourt, ainsi que leur père, Fabrice Delloye, et Astrid, sa soeur, ont été reçus hier à l'Élysée par Nicolas Sarkozy. « Nous sommes les premiers visiteurs du chef de l'État dans son nouveau bureau », se réjouissait Fabrice Delloye. « Nicolas Sarkozy nous a dit que la libération d'Ingrid était une priorité ».


Cette réunion avait été précédée d'une excellente nouvelle pour les Betancourt. La famille a en effet reçu, avant-hier, la première preuve de vie depuis quatre ans d'Ingrid. La Franco-Colombienne, prisonnière de la guérilla marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) depuis cinq ans, était toujours vivante le 28 avril, selon son ancien compagnon de détention, le sous-officier de police John Frank Pinchao, évadé d'un campement des Farc après huit ans et demi de captivité. « Nous craignions une manipulation, confie Fabrice Delloye, l'ex-mari d'Ingrid Betancourt, au Figaro. Mais nos doutes se sont évanouis au récit des cinq tentatives d'évasion d'Ingrid, de sa combativité intacte malgré des conditions de détention épouvantables. Nous avons reconnu l'Ingrid de toujours et son caractère de leader charismatique. C'est également un démenti aux rumeurs selon lesquelles Ingrid, victime du syndrome de Stockholm, se serait liée d'amitié avec les Farc. »


L'entretien d'hier a permis à la famille de recueillir les dernières nouvelles d'Ingrid et d'évoquer le plan d'action de la France pour sa libération. Nicolas Sarkozy avait rappelé dans le discours qui a suivi l'élection présidentielle que « la France n'abandonnera pas Ingrid Betancourt ». « Nous espérons que le nouveau gouvernement pourra sortir du blocage politique qui a suivi l'échec de l'expédition militaire des services secrets français montée en 2003 par Dominique de Villepin », rapporte Fabrice Delloye.


Accord humanitaire


En début d'année, Mélanie Betancourt avait reproché aux autorités françaises leur manque de pugnacité face à au président colombien, Alvaro Uribe. Nicolas Sarkozy a évoqué jeudi le sort d'Ingrid Betancourt avec ce dernier lors d'un entretien téléphonique. La famille Betancourt compte sur le nouveau chef d'État pour pousser le président colombien à accepter un accord humanitaire qui permettrait d'échanger des otages contre des guérilleros détenus dans les prisons colombiennes.


Jusqu'à présent resté campé sur la solution militaire, Alvaro Uribe s'est récemment déclaré prêt à libérer un grand nombre de membres des Farc emprisonnés. Malgré cette avancée, la libération d'Ingrid Betancourt reste très incertaine, tant les relations entre les Farc et le gouvernement colombien sont complexes. La proposition d'Alvaro Uribe a d'ailleurs été qualifiée jeudi de « farce » par Raul Reyes, le porte-parole des Farc. « Nous ne voulons pas faire le jeu d'Uribe en parlant de sa farce de libération de 300 guérilleros avec laquelle il prétend dresser un nouvel écran de fumée », s'est-il insurgé.


En début de semaine prochaine, Nicolas Sarkozy doit recevoir un envoyé spécial d'Alvaro Uribe, Luis Carlos Restrepo, haut commissaire pour la paix en Colombie.


http://www.lefigaro.fr/international/20 ... court.html
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Colombie: Dix-huit rebelles tués, selon des sources militaires

BOGOTA 20/05 (BELGA) = Dix-huit rebelles issus de deux factions armées ont été tués dans différents affrontements avec les militaires colombiens, rapporte le journal El Tiempo, citant des sources officielles militaires. Dix-sept de ces victimes étaient membres du groupe des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). L'autre victime était, elle, issue du mouvement Armée de Libération Nationale (ELN). De nombreuses quantités d'armes, d'explosifs et de radios ont également été saisies. Le porte-parole de l'armée n'a pas mentionné les pertes éventuelles survenues au sein de l'armée. Les effectifs des FARC comprendraient quelque 18.000 hommes et femmes armés. Avec leurs homologues du mouvement ELN, ils mènent, depuis plusieurs décennies, une rébellion contre le gouvernement de leur pays. (GFR)

http://www.canalz.be/fr/Belga/BelgaNieu ... ctionID=10
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Les kidnappés des Farc ne reçoivent pas tous le même traitement, a révélé le policier qui s'est échappé

21/05/2007 - El Tiempo

Le subintendant John Frank Pinchao a révélé que les guérilleros se sont montrés irrespectueux avec Íngrid Betancourt, qu'ils la punissaient et que les trois Américains n'avaient pas été enchaînés.

Pinchao a réussi à s'enfuir après neuf années de captivité.

Il a affirmé que les trois Américains kidnappés recevaient un traitement différent dans la forêt parce que, alors que les politiciens et les militaires colombiens étaient enchaînés par paires pour dormir, eux ne l'étaient pas.

"Ils ne les gardaient pas enchaînés parce qu'ils disaient qu'ils n'avaient fait aucune tentative de fuite, ni rien d'autre. Jusqu'à mon départ, ils ne les maintenaient pas enchaînés ", a-t-il raconté en décrivant le traitement réservé par les guerilleros aux trois Américains Keit Stansell, Tom Howes et Marc Gonsalves,qui souffre d'hépatite.

Et il a ajouté que par contre le sénateur Luis Eladio Pérez, qui est malade, ainsi qu'Íngrid Betancourt, qui avait essayé de s'échapper cinq fois, étaient eux enchaînés.

Pinchao a fait ces déclarations dans la seule interview qu'il a donnée (mercredi il a donné une courte conférence de presse au Palais) au Secrétariat de Presse de la Présidence.

Il n'y avait pas de consensus sur le sauvetage militaire

Dans ses déclarations, Pinchao a révélé que pendant les premiers mois de détention, il pensait que cela n'allait pas durer longtemps, mais qu'ensuite avaient commencé à passer les semaines, les mois, puis les années... et ils se sont alors rendu compte que cela allait durer.

Sur la possibilité d'un sauvetage militaire, il y avait beaucoup de discussions entre les 13 kidnappés parmi lesquels il se trouvait. "Un jour l'un pensait qu'un sauvetage était bon, mais le jour suivant que ce serait mauvais... on passait d'une position à l'autre (...) nous savions qu'une opération de sauvetage signifierait la mort pour les kidnappés (...) mais je me disais, s'il y avait un sauvetage et que j'avais de la chance, je pourrais m'en sortir vavant ; sinon, au moins ma famille aurait la certitude d'un cadavre plustôt que l'incertitude d'un kidnapping indéfini ".

'Ils ont été irrespectueux avec Íngrid '

Une des stratégies qu'avait la guérilla pour qu'ils ne s'échappent pas était de leur enlever les bottes. "Ils nous l'enlevaient dans le périmètre où nous étions (...) j'ai attrapé des micoses depuis neuf ans, et à ce jour je n'ai pas pu m'en débarasser, je vais voir si cela va s'arranger maintenant".

Aussi, ils les enchaînaient toute la journée comme punition. "Íngrid a aussi fait l'objet (de punitions), parce que les guérilleros lui manquaient de respect et cela la mettait en colère; alors elle voulait se faire respecter et cela lui valait des représailles - comme de rester enchaînée pendant 24 heures".

Il a rappelé qu'il avait été informé du décès du major Guevara, qui était dans un autre camp, par radio. "Ils l'ont laissé mourir".

Durant toute la durée de sa captvité, Pinchao a lu quelque cent livres et la Bible. "Ils nous avaient dernièrement obtenu dix petits livres et nous en lisions trois par jours".

De la coexistence avec ses compagnons de kidnapping, il raconte qu'un des étrangers lui enseignait comment fonctionnait un avion et qu'un autre lui apprenait l'Anglais. "Ce sont des personnes agréables, ils ont appris à parler espagnol, nous leur enseignions à marchander les prix à Bogota pour qu'ils demander une réduction".

Et maintenant ?

Jhon a raconté qu'il avait toujours pensé rechercher la liberté par ses propres moyens et c'est pourquoi il s'est enfui.

Sur les 17 jours qu'il a passés dans la forêt, il a rapporté de nouveaux détails.

Il a raconté qu'il était guidé par la position du soleil et qu'il reposait à midi pour ne pas se perdre; qu'il avait pensé mourir de faim quand le riz qu'il avait gardé dans des poches s'est mouillé, et qu'il avait été approché par un animal féroce.

Le subintendant a expliqué que bien qu'il ait perdu la foi en Dieu il y a quatre ans, il l'avait retrouvée pendant sa fuite. "C'est Dieu qui m'indiquait par où aller. Je sentais cette présence de Dieu ".

Il a déclaré qu'il ne savait pas que les policiers qu'il avait finalement rencontrés mercredi le cherchaient. "Je ne sais pas ce que faisaient là ces policiers, je crois qu'ils étaient occupés à des fumigations de coca ou quelque chose comme cela".

Il pense que la guerrila n'est pas forte mais importante. "C'est comme une bulle qu'il suffit de perforer pour la dégonfler".

Maintenant, il espère pouvoir refaire sa vie avec son fils, ses parents et ses frères.

"Ce que je n'ai pas partagé est déjà perdu, il faut vivre pour l'avenir, parce que ce qui a été perdu est perdu à jamais".

http://www.betancourt.info/indexFr.htm
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Venezuela-Colombie
Violence et silence frontaliers

Une fillette de quatre ans est morte en plein jour au milieu de la fusillade qui a éclaté entre deux guérillas colombiennes dans le village vénézuélien d’El Amparo, dans les plaines du sud-est arrosées par le fleuve frontalier Arauca.

par Humberto Marquez
22 mai 2007



http://risal.collectifs.net/article.php ... ticle=2224


Guasdualito, Venezuela - Le 12 février, Journée de la Jeunesse au Venezuela, des groupes d’étudiants du secondaire se sont rassemblés sur la place Bolivar de Guasdualito, une localité située à 600 kilomètres au sud-est de Caracas et à quelques minutes de la frontière (colombienne), pour protester contre le recrutement forcé de jeunes opéré dans la région par des groupes irréguliers colombiens et vénézuéliens.

Début mars, à El Nula, un autre village proche, lors de l’arrivée au cimetière du cadavre d’un homme assassiné dans des circonstances non élucidées, ceux qui l’accompagnaient ont recouvert son cercueil d’un drapeau de l’Ejército de Liberación Nacional (ELN, Armée de Libération Nationale), une guérilla de gauche colombienne.

Depuis le début de l’année 2007, « nous avons eu 35 morts violentes dans la région et la situation devient critique par moments à cause de la présence de différents groupes armés irréguliers », a affirmé à IPS Jorge Rodriguez, maire du district spécial d’Alto Apure.

L’Alto Apure, un territoire de 25.000 kilomètres carrés et de presque 200 000 habitants, comprend un coude sud-ouest des plaines vénézuéliennes frontalières avec la Colombie et a été, durant des décennies, une zone d’incursion de guérilleros, voleurs de bétail, narcotrafiquants, paramilitaires, contrebandiers et preneurs d’otages.

« Ici, c’est déjà une habitude de voir et d’entendre mais de se taire. Celui qui dit qu’il sait qui a tué quelqu’un peut se retrouver mort le jour suivant », a résumé, pour IPS, David, un transporteur de la zone tandis qu’il attendait patiemment de faire le plein dans un des rares points de vente de Guasdualito où le carburant, dix fois meilleur marché qu’en Colombie, est vendu à des horaires stricts et sous surveillance militaire.

Les gens de l’Alto Apure « sont comme sourds, aveugles et muets, ils préfèrent se protéger et ne pas parler », admet Rodriguez, « et moi-même, je fais attention de ne pas trop parler pour ne pas gêner le travail d’autres autorités ». Toute la sécurité dans la région relève de la responsabilité des militaires du « Théâtre des opérations » sous commandement d’un général de l’armée vénézuélienne.

Euclides Martinez, militant de l’organisation humanitaire catholique Caritas à Guasdualito, a commenté à IPS, que « aujourd’hui, une violence qui s’était toujours manifestée est davantage visible ; une violence qui n’est pas seulement politique ou causée par l’extension du conflit colombien, mais où se mêlent des situations de délinquance commune, des vengeances personnelles, de tout. »

Cette opinion est partagée par José Sieber, du bureau local du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR). « On peut observer des pics ou des hausses dans le flux des réfugiés qui viennent au goutte à goutte et non par vagues lorsque les affrontements dus au conflit politique redoublent du côté colombien », a-t-il dit à IPS.

Il y a des années, les guérillas des Fuerzas Armadas Revolucionarias de Colombia (FARC, Forces Armées Révolutionnaires de Colombie) et surtout l’ELN faisaient des incursions dans la région à partir du pays voisin et y retournaient, mais les faits nouveaux semblent témoigner d’une présence permanente.

La fusillade à El Amparo qui a coûté, en février, la vie à la petite Naiba Pinero, fut un affrontement pour le contrôle de territoires de la région entre des unités des FARC et de l’ELN, d’après ce qu’affirme Esther Hernández, membre d’un conseil communal (organisation communautaire) de la région.

Les FARC et l’ELN se livrent une lutte « fratricide » depuis un an et demi au sud-ouest et à l’est de la Colombie. Des réfugiés arrivés à Guasdualito pour fuir ces affrontements ont dit à IPS que, même s’ils se sentent plus en sécurité au Venezuela, « il y a toujours la peur de ce qu’on peut nous faire car la frontière est très proche ».

Mais, en outre, depuis le début de la décennie passée, on a constaté la présence dans tout le sud-est du Venezuela, des Andes et des Llanos [plaines], d’un groupe armé irrégulier vénézuélien, les Fuerzas Bolivarianas de Liberación (FBL, Forces Bolivariennes de Libération), dont la direction et les objectifs sont pratiquement inconnus, même si certains de leurs pamphlets proclament leur loyauté à l’égard du président Hugo Chavez.

Rodriguez, un éleveur de la région et ancien militaire professionnel, déclare ignorer comment les FBL se maintiennent même s’il accepte la thèse qu’à l’origine, ce fut un groupe lancé par l’ELN à mesure de son avancée sur le sol vénézuélien.

« Si leur objectif était de défendre le processus dirigé par Chavez, ils n’ont plus de raison d’être puisque les forces régulières défendent le président et le gouvernement », explique-t-il.

Le prêtre jésuite Armindo Gonzales, qui a été curé à Guasdualito - une localité d’environ 40 000 habitants - a dénoncé que les FBL mènent « une campagne de recrutement de jeunes ». A la suite de cette accusation, le quotidien de Caracas El Universal a reçu un document des FBL qui rejetait l’accusation, arguant que « comme organisation révolutionnaire, nous respectons le droit des enfants et des adolescents, c’est la raison de nos luttes ».

Luis Carrero, de la Defensoría del Pueblo, a mis en valeur la fait que les jeunes de la zone se manifestent contre le recrutement forcé « que l’on constate, depuis un certain temps, dans les régions rurales et qui se rapproche des lycées » parce que, à la frontière, « on vit une guerre silencieuse provoquée par les ‘irréguliers’ et les citoyens gardent le silence de peur de perdre la vie ».

Des habitants de Guasdualito adoptent le jargon propre à cette guerre : si les hommes de l’ELN sont « elenos » ; ceux des FARC, « farrucos » ; ceux des FBL, « boliches » ; il y a aussi les « paras », les paramilitaires colombiens d’extrême-droite qui ont laissé leur marque dans des graffitis en rue. « Les AUC [Autodéfenses Unies de Colombie] toujours présentes », dit une inscription à l’entrée du village.

Certains, comme Martinez, croient que les guérillas colombiennes ne céderont pas à l’escalade de la violence dans la région parce que cela pourrait détruire un espace qu’ils utilisent à l’occasion comme refuge, déversoir et source d’approvisionnement en vivres et en ustensiles.

La thèse de Rodriguez est que le combat contre les ‘irréguliers’ doit se faire sur deux fronts. D’une part, « lutter contre la marginalité par des programmes qui prennent en compte les problèmes sociaux, par des travaux d’infrastructure qui donnent de l’emploi, par davantage d’éducation et de santé ».

D’autre part, il faut que l’armée et le gouvernement donnent la réponse militaire nécessaire, en lien avec l’action sociale », dit Rodriguez et que les postes de surveillance se renforcent et s’équipent. Dans tout le sud-ouest, il y a des milliers de soldats déployés ; le général Carlos Briceno, commandant militaire de la région, annonce une augmentation de 1 700 effectifs.

Rodriguez estime, finalement, qu’il serait avantageux pour l’Alto Apure - qui avec les plaines plus basses à l’est forme l’Etat d’Apure, de 76 500 kilomètres carrés et de 470 000 habitants - de constituer un nouvel Etat et, de cette manière, de recevoir des ressources fiscales plus importantes.

Les opinions exprimées et les arguments avancés dans cet article demeurent l'entière responsabilité de l'auteur-e et ne reflètent pas nécessairement ceux du Réseau d'Information et de Solidarité avec l'Amérique Latine (RISAL).




Source : IPS Noticias (http://www.ipsnoticias.net/), mars 2007.

Traduction : Marie-Paule Cartuyvels, pour le RISAL.




GLOSSAIRE
Autodéfenses Unies de Colombie (AUC)
Constituées en 1997, les Autodéfenses Unies de Colombie (AUC) sont une sorte de coupole regroupant les différents groupes paramilitaires, d’extrême droite, colombiens. Elles sont responsables des principales violations des droits humains ces dernières années en Colombie et très impliquées dans une série de commerces illicites, dont celui de la drogue. Elles se sont officiellement démobilisées sous la présidence de Uribe Vélez (2002 - ...).

Defensoria del pueblo
La Defensoría del pueblo est une institution publique chargée de surveiller le respect des droits humains et de défendre les citoyens.

Ejército de Liberación Nacional, Armée de Libération Nationale (ELN)
L’Armée de libération nationale, Ejército de Liberación Nacional (ELN), est une guérilla colombienne encore en activité, née en 1962 sous l’influence de la révolution cubaine. On estime ses combattants à 4 000.

Forces Armées Révolutionnaires de Colombie - Armée du Peuple (FARC-EP)
Les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie - Armée du peuple, Fuerzas Armadas Revolucionarias de Colombia - Ejército del Pueblo, est la principale guérilla de Colombie, née officiellement en 1964. Elle est reconnue comme organisation terroriste par les États-Unis et l’Union européenne.
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JP
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Message par JP »

Bogota: Le combat contre l'oubli

21/05/2007


Bogota. C’est mon premier voyage en Colombie. J’ai emporté « Bogota Jungle » de Mylène Sauloy. Elle décrivait une ville attachante mais livrée à la violence, à l’arbitraire. Avec ce que cet air qui sent le soufre peut avoir d’envoûtant… même s’il est plus rare à 2 600 mètres d’altitude. Depuis quelques années, la criminalité a reculé de manière spectaculaire. Policiers et militaires sont très présents – surtout dans les quartiers chics qui n’ont rien à envier au Quartier Latin. Mais le Quai d’Orsay continue de mettre la Colombie sur la liste noire des pays non recommandés aux ressortissants français. Le cas si douloureux d’Ingrid Betancourt reste l’obsession de la France. Nicolas Sarkozy ne vient-il pas de recevoir sa famille à l’Elysée au premier jour de sa prise de fonction ? Je me souviens d’un coup de fil de Dominique de Villepin – alors au Quai d’Orsay – me recommandant Astrid, la soeur d’Ingrid qui venait d’arriver à Paris. J’avais connu Ingrid à Paris quelques temps avant son enlèvement grâce à mes amis des Ouvriers du Paradis et notamment de Thierry Consigny. Après son enlèvement, nous avions très vite mobilisé les journalistes grâce au Press Club.

Il y a un an une chaîne m’a proposé de faire une enquête sur les ratages de la diplomatie française dans le dossier Ingrid Betancourt. Mais mon attachement à cette famille m’aurait empêché toute analyse objective. Je ne voulais pas prendre le risque d’aviver des douleurs si profondes.

A Bogota, j’ai rencontré Yolanda Poulecio, la mère d’Ingrid. J’ai pu vérifier chez cette femme si belle et élégante, un des mystére de la nature humaine. Cette capacité qu’ont certains êtres à rester dignes dans le malheur. Il y a deux ans, j’avais dîné avec elle et le Père de Florence Aubenas chez Marthe de La Taille. Un cruel hasard a voulu que deux jours avant ce rendez-vous, l’envoyée spécial de Libération ait été enlevée en Irak. Ce soir-là, le Père de Florence était muré dans son angoisse. Mais son regard n’en laissait rien paraître. Il écoutait avec bienveillance et humilité les conseils de Yolanda: « Ne vous levez jamais le matin sans avoir décidé de quelle initiative vous prendrez dans la journée pour tenter d’obtenir la libération de votre fille » Tenir par l’action sans relâche. Le moindre petit geste qui fait avancer sa cause, si futile soit-il ! Cela ne diminue pas la douleur mais cela permet de rester debout, d’espérer. Une hygiène de vie autant qu’une stratégie.

Yolanda m’a fait visiter son foyer pour enfant dans un quartier pauvre de Bogota. Ils se pressaient autour d’elle pour montrer leurs dessins. Mais ils étaient tout aussi avides d’attraper nos mains, d’échanger un regard, un mot. Le bureau de Yolanda est d’une grande simplicité. Nous avons fait une interview pour Enquête Exclusive: « Ingrid est vivante, je le sens dans mon cœur » Et on la cru bien sûr malgré quatre ans de silence. Deux jours plus tard, un otage des Farcs, qui était parvenu à s’enfuir, confirmait qu’il avait été détenu avec elle. Qu’elle avait tenté de s’évader à cinq reprises. UN détail qui accréditait la véracité de son récit car cela est tout à fait dans son genre: déterminée, rebelle, courageuse.

Dans l’après-midi ce jour-là, je rencontrais un ex-otage des Farcs. Il est aujourd’hui ministre des Affaires Etrangères. Les titres, le pouvoir, ne m’ont jamais impressionné. La douleur, oui. Comme le matin même avec Yolanda, je suis intimidé. Je suis assis dans l’anti-chambre de vieux palais du centre si coloré de Bogota. Les rayons de soleil viennent mordorer les boiseries du bureau du ministre au bout du couloir. La porte est restée ouverte. Sa silhouette résume l’homme: délicate, magnétique, toute de douleur et d’énergie contenue. L’énergie du survivant. Je pense à Jean-Claude Kaufman de retour de trois ans de captivité au Liban: « J’ai appris à distinguer l’essentiel de l’accessoire » disait-il dans une interview au Figaro Magazine peu après sa libération.

Arau nous reçoit avec chaleur et simplicité. Il a réuni quelques pièces à conviction de ses six ans de détention dans la jungle. Et notamment le journal tenu par sa femme avant qu’elle ne décide de le quitter. Ou plutôt de ne plus l’attendre. Il paraît lavé de l’intérieur par l’épreuve. Mais le regard est droit et pénétrant. Il me raconte sa femme qui l’a abandonné, ses enfants qu’il n’a pas vu grandir et puis cet ancien geôlier qu’il aime à retrouver parfois autour d’une bière près de son ministère. Sa capacité à faire de l’exercice physique sur un demi mètre carré grâce à six ans de pratique. Ses gardiens qui se moquent de lui quand il pleure de désespoir.

Les guérilleros des Farcs sont parfois très jeunes. Ils n’ont connu que la guerre, la jungle hostile et le message binaire de chefs devenus paranoïaques, schizophrènes, comme les membres d’ETA à force de vivre entre eux, coupés de la réalité dans la représentation d’un monde binaire. C’est le même processus que dans une secte. Les autres, ceux du monde extérieur n’existent plus. Il suffit d’un rien pour cacher chez un homme tout sentiment d’humanité. Je le quitte sur cet autre mystère et me promets de continuer de le vérifier ailleurs sur d’autres terrains. A commencer par le Darfour ma prochaine destination.

Bernard de La Villardière


http://www.lesinfos.com/news59050.html
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