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Le lundi 18 juin 2007
Le chef guérillero colombien Granda est parti pour Cuba
Agence France-Presse
Bogota
Rodrigo Granda, un responsable de la guérilla colombienne des FARC, libéré début juin à la demande du président français Nicolas Sarkozy, est parti lundi pour Cuba, a-t-on annoncé à Bogota de sources officielles.
Granda, escorté de 60 policiers, est parti de l'aéroport international El Dorado de Bogota à 7h00 locales (8 h HAE) pour la Havane, a indiqué le commandant de la police de la capitale, le colonel Rodolfo Palomino.
Avant son départ, Rodrigo Granda, considéré comme le «ministre des Affaires étrangères» des FARC, avait accusé le gouvernement colombien de tout faire pour «torpiller» un échange humanitaire, permettant notamment la libération de la franco-colombienne Ingrid Betancourt.
Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), première guérilla de Colombie avec 17.000 hommes, réclament la libération par le gouvernement colombien de 500 des leurs en échange de 56 otages, dont Ingrid Betancourt et trois Américains.
Rodrigo Granda, qui purgeait une peine de 21 ans de prison, a été remis en liberté le 4 juin par le président colombien Alvaro Uribe, à la demande du président français, dans le but d'aider à la libération d'otages retenus par les FARC.
Lors d'une interview samedi avec l'AFP, M. Granda a implicitement confirmé que son départ vers Cuba répondait à une demande du secrétariat (organe dirigeant) des FARC.
Le 3 juin, des diplomates cubains avaient rencontré Granda dans la prison colombienne La Dorada (centre-ouest) et, selon des sources bien informées, l'unique condition posée par Cuba pour l'accueillir était qu'il obtienne l'accord de l'état-major des FARC.
L'homme, qui se définit comme un «simple guérillero discipliné au service des FARC», précise qu'il a oeuvré toute sa vie comme «médiateur pour la paix respectueux des ordres de son organisation».
Le 1er juin, un responsable de la présidence colombienne qui avait requis l'anonymat avait révélé à l'AFP que Granda (qui était à cette date encore en prison) allait être libéré afin d'apporter au président Sarkozy des «preuves de vie» d'Ingrid Betancourt.
Rodrigo Granda, qui affirme qu'Ingrid Betancourt est toujours en vie, n'a pas exclu de se rendre prochainement en France ou en Suisse.
http://www.cyberpresse.ca/article/20070 ... 14/CPMONDE
Le chef guérillero colombien Granda est parti pour Cuba
Agence France-Presse
Bogota
Rodrigo Granda, un responsable de la guérilla colombienne des FARC, libéré début juin à la demande du président français Nicolas Sarkozy, est parti lundi pour Cuba, a-t-on annoncé à Bogota de sources officielles.
Granda, escorté de 60 policiers, est parti de l'aéroport international El Dorado de Bogota à 7h00 locales (8 h HAE) pour la Havane, a indiqué le commandant de la police de la capitale, le colonel Rodolfo Palomino.
Avant son départ, Rodrigo Granda, considéré comme le «ministre des Affaires étrangères» des FARC, avait accusé le gouvernement colombien de tout faire pour «torpiller» un échange humanitaire, permettant notamment la libération de la franco-colombienne Ingrid Betancourt.
Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), première guérilla de Colombie avec 17.000 hommes, réclament la libération par le gouvernement colombien de 500 des leurs en échange de 56 otages, dont Ingrid Betancourt et trois Américains.
Rodrigo Granda, qui purgeait une peine de 21 ans de prison, a été remis en liberté le 4 juin par le président colombien Alvaro Uribe, à la demande du président français, dans le but d'aider à la libération d'otages retenus par les FARC.
Lors d'une interview samedi avec l'AFP, M. Granda a implicitement confirmé que son départ vers Cuba répondait à une demande du secrétariat (organe dirigeant) des FARC.
Le 3 juin, des diplomates cubains avaient rencontré Granda dans la prison colombienne La Dorada (centre-ouest) et, selon des sources bien informées, l'unique condition posée par Cuba pour l'accueillir était qu'il obtienne l'accord de l'état-major des FARC.
L'homme, qui se définit comme un «simple guérillero discipliné au service des FARC», précise qu'il a oeuvré toute sa vie comme «médiateur pour la paix respectueux des ordres de son organisation».
Le 1er juin, un responsable de la présidence colombienne qui avait requis l'anonymat avait révélé à l'AFP que Granda (qui était à cette date encore en prison) allait être libéré afin d'apporter au président Sarkozy des «preuves de vie» d'Ingrid Betancourt.
Rodrigo Granda, qui affirme qu'Ingrid Betancourt est toujours en vie, n'a pas exclu de se rendre prochainement en France ou en Suisse.
http://www.cyberpresse.ca/article/20070 ... 14/CPMONDE
La France ne plaide pas seulement pour Ingrid
18/06/2007 - El Colombiano, La Patria
La grande expérience diplomatique du nouvel Ambassadeur de France en Colombie lui a appris quand il faut parler, et quand il vaut mieux garder le silence...
C'est pourquoi, il est discret et franc au moment de se référer à l'accord humanitaire, mais il établit une barrière infranchissable quand il s'agira de la politique interne colombienne.
Bien qu'il n'ait présenté ses lettres de créance que mercredi de la semaine dernière, Jean-Michel Marlaud avait déjà commencé à travailler depuis plusieurs mois auparavant, non seulement pour consolider les liens entre les deux pays, mais aussi dans la recherche d'un accord humanitaire. Il aurait donc rencontré les parents des kidnappés en pouvoir des Farc.
Parce que si quelque chose est clair, c'est que la France recherchera, non seulement la liberté d'Ingrid Betancourt, mais aussi celle de tous les kidnappés du pays. La voix de ce diplomate ne tremble pas quand il assure que ce ne sera pas la France qui atteindra cet objectif, mais la Colombie. La Communauté Internationale ne fera que l'assister en cela.
Accord humanitaire
La France a promu la déclaration du G8 qui a soutenu la décision de libérer un groupe de guérilleros et Rodrigo Granda. Qu'est-ce que signifie ce soutien en termes pratiques pour la Colombie ?
"Pour la Colombie c'est très important de savoir que la Communauté internationale est attentive à à ce qui se passe dans le pays et qu'elle soutient les efforts pour rechercher une solution de paix.
Il est fondamental d'affirmer le soutien de la Communauté Internationale, pour bien montrer que le problème n'est pas considéré comme mineur. Il y a un intérêt pour ce qui se passe en Colombie, et la Communauté internationale est disposée à soutenir les efforts.
Quelles instructions avez-vous reçu du président Sarkozy pour rechercher l'accord humanitaire ?
"Je ne vais pas rentrer dans les détails, mais je puis dire une fois de plus que pour nous l'accord humanitaire est une priorité".
Quelques voix critiques ont déclaré que la France ne recherche que la libération d'Ingrid Betancourt...
"Non seulement nous recherchons la libération d'Ingrid, mais aussi celle de tous les kidnappés.
Actuellement, il y a un énorme mouvement d'opinion qui a commencé avec Ingrid, parce qu'elle a la nationalité française, mais quand les gens ont découvert la réalité, ils se sont rendu compte qu'il y avait beaucoup d'autres kidnappés ".
Avez-vous eu des contacts avec la famille d'Ingrid Betancourt ?
"Avant de venir j'ai parlé avec Fabrice Delloye et Melanie, l'ex mari et la fille d'Ingrid Betancourt. Et depuis mon arrivée j'ai eu des contacts avec Juan Carlos Lecompte et Yolanda Pulecio. Mais pas seulement avec eux, car en arrivant j'ai aussi organisé une rencontre avec toutes les familles des kidnappés ".
Qu'ont-ils dit lors de cette réunion ?
"L'objectif est de travailler pour qu'il y ait une libération. En outre, nous espérons recevoir des preuves de survie ".
Les parents déclarent qu'ils se fient plus à la médiation de la France que dans les libérations décidées par le Gouvernement...
"La médiation, cela signifie essayer d'aider les deux parties pour qu'elles se parlent, mais cela ne signifie pas que la Communauté internationale va trouver la solution aux problèmes. Cela, c'est l'affaire de Colombiens ".
Etes-vous d'accord pour démilitariser les communes de Florida et Pradera, comme l'ont demandé les Farc ?
"Il y a deux ans il y a eu une proposition élaborée avec la Suisse et l'Espagne pour proposer une zone de discussion. A cette époque le Gouvernement l'avait acceptée et nous sommes toujours disposés à la soutenir, mais la démilitarisation, cela ne dépend pas de nous, c'est une décision de la Colombie; qu'il s'agisse d'une zone démilitarisée ou d'une autre solution, cela n'est pas de notre ressort. La Communauté internationale peut apporter son soutien et donner une réponse positive si on lui demande d'être observatrice. Mais les décisions doivent être prise par les Colombiens ".
Y a-t-il de nouvelles propositions, de nouvelles alternatives ?
"La seule chose que je puisse dire c'est que nous avons des contacts permanents entre les trois pays et avec les autorités colombiennes, mais je ne sais pas s'il y a nouvelle proposition. Celle que nous avons faite est sur la table et elle ne peut pas être effacée ".
C'est-à-dire que vous insisterez sur la proposition d'une zone d'environ 300 kilomètres carrés dans la Vallée, où la sécurité serait prise en charge par la Communauté internationale ?
"J'insiste sur le fait qu'elle est sur la table. Il y a eu une acceptation du Gouvernement colombien et il n'y a pas encore eu de réponse claire des Farc, et c'est pourquoi elle est encore là. Mais je ne suis pas celui qui doit définir comment cette zone doit être neutralisée".
On dit que Rodrigo Granda, celui qu'on appelle "chancelier" des Farc, pourrait aller en France, cela est-il certain ?
"Granda, à travers ses déclarations, a dit que cela n'était pas dans ses prévisions".
http://www.betancourt.info/indexFr.htm
18/06/2007 - El Colombiano, La Patria
La grande expérience diplomatique du nouvel Ambassadeur de France en Colombie lui a appris quand il faut parler, et quand il vaut mieux garder le silence...
C'est pourquoi, il est discret et franc au moment de se référer à l'accord humanitaire, mais il établit une barrière infranchissable quand il s'agira de la politique interne colombienne.
Bien qu'il n'ait présenté ses lettres de créance que mercredi de la semaine dernière, Jean-Michel Marlaud avait déjà commencé à travailler depuis plusieurs mois auparavant, non seulement pour consolider les liens entre les deux pays, mais aussi dans la recherche d'un accord humanitaire. Il aurait donc rencontré les parents des kidnappés en pouvoir des Farc.
Parce que si quelque chose est clair, c'est que la France recherchera, non seulement la liberté d'Ingrid Betancourt, mais aussi celle de tous les kidnappés du pays. La voix de ce diplomate ne tremble pas quand il assure que ce ne sera pas la France qui atteindra cet objectif, mais la Colombie. La Communauté Internationale ne fera que l'assister en cela.
Accord humanitaire
La France a promu la déclaration du G8 qui a soutenu la décision de libérer un groupe de guérilleros et Rodrigo Granda. Qu'est-ce que signifie ce soutien en termes pratiques pour la Colombie ?
"Pour la Colombie c'est très important de savoir que la Communauté internationale est attentive à à ce qui se passe dans le pays et qu'elle soutient les efforts pour rechercher une solution de paix.
Il est fondamental d'affirmer le soutien de la Communauté Internationale, pour bien montrer que le problème n'est pas considéré comme mineur. Il y a un intérêt pour ce qui se passe en Colombie, et la Communauté internationale est disposée à soutenir les efforts.
Quelles instructions avez-vous reçu du président Sarkozy pour rechercher l'accord humanitaire ?
"Je ne vais pas rentrer dans les détails, mais je puis dire une fois de plus que pour nous l'accord humanitaire est une priorité".
Quelques voix critiques ont déclaré que la France ne recherche que la libération d'Ingrid Betancourt...
"Non seulement nous recherchons la libération d'Ingrid, mais aussi celle de tous les kidnappés.
Actuellement, il y a un énorme mouvement d'opinion qui a commencé avec Ingrid, parce qu'elle a la nationalité française, mais quand les gens ont découvert la réalité, ils se sont rendu compte qu'il y avait beaucoup d'autres kidnappés ".
Avez-vous eu des contacts avec la famille d'Ingrid Betancourt ?
"Avant de venir j'ai parlé avec Fabrice Delloye et Melanie, l'ex mari et la fille d'Ingrid Betancourt. Et depuis mon arrivée j'ai eu des contacts avec Juan Carlos Lecompte et Yolanda Pulecio. Mais pas seulement avec eux, car en arrivant j'ai aussi organisé une rencontre avec toutes les familles des kidnappés ".
Qu'ont-ils dit lors de cette réunion ?
"L'objectif est de travailler pour qu'il y ait une libération. En outre, nous espérons recevoir des preuves de survie ".
Les parents déclarent qu'ils se fient plus à la médiation de la France que dans les libérations décidées par le Gouvernement...
"La médiation, cela signifie essayer d'aider les deux parties pour qu'elles se parlent, mais cela ne signifie pas que la Communauté internationale va trouver la solution aux problèmes. Cela, c'est l'affaire de Colombiens ".
Etes-vous d'accord pour démilitariser les communes de Florida et Pradera, comme l'ont demandé les Farc ?
"Il y a deux ans il y a eu une proposition élaborée avec la Suisse et l'Espagne pour proposer une zone de discussion. A cette époque le Gouvernement l'avait acceptée et nous sommes toujours disposés à la soutenir, mais la démilitarisation, cela ne dépend pas de nous, c'est une décision de la Colombie; qu'il s'agisse d'une zone démilitarisée ou d'une autre solution, cela n'est pas de notre ressort. La Communauté internationale peut apporter son soutien et donner une réponse positive si on lui demande d'être observatrice. Mais les décisions doivent être prise par les Colombiens ".
Y a-t-il de nouvelles propositions, de nouvelles alternatives ?
"La seule chose que je puisse dire c'est que nous avons des contacts permanents entre les trois pays et avec les autorités colombiennes, mais je ne sais pas s'il y a nouvelle proposition. Celle que nous avons faite est sur la table et elle ne peut pas être effacée ".
C'est-à-dire que vous insisterez sur la proposition d'une zone d'environ 300 kilomètres carrés dans la Vallée, où la sécurité serait prise en charge par la Communauté internationale ?
"J'insiste sur le fait qu'elle est sur la table. Il y a eu une acceptation du Gouvernement colombien et il n'y a pas encore eu de réponse claire des Farc, et c'est pourquoi elle est encore là. Mais je ne suis pas celui qui doit définir comment cette zone doit être neutralisée".
On dit que Rodrigo Granda, celui qu'on appelle "chancelier" des Farc, pourrait aller en France, cela est-il certain ?
"Granda, à travers ses déclarations, a dit que cela n'était pas dans ses prévisions".
http://www.betancourt.info/indexFr.htm
La guerre du coca provoque des dégâts environnementaux en Colombie
mardi 19 juin 2007 par Sylvie CARDONA
Des études scientifiques ont démontré que les herbicides à base de glyphosate, utilisés pour éliminer les plantations de coca en Colombie sont responsables de dommages causant l’altération des chromosomes de la population locale.
En effet, l’herbicide est largué à partir d’avions qui survolent les champs de coca et s’étend ensuite à d’autres zones. Des études ont mis en évidence la contamination des habitants et animaux qui vivent dans un rayon de 3 km autour des plantations de coca régulièrement arrosées de glyphosate (principal composant du Round Up). Cette campagne anti-drogue est financée en grande partie par le gouvernement américain.
Les habitants qui ont subi des tests ont par ailleurs avoué souffrir de divers maux qui font leur apparition après le passage des avions : maux de tête, désordres intestinaux, troubles de la vision, vomissements, difficultés respiratoires... Les dommages causés à l’ADN des populations sont susceptibles de favoriser l’apparition de cancers, et de causer des mutations génétiques. Le niveau de concentration de Round-Up relevé autour des champs de coca est de 20 fois supérieur au taux maximum recommandé par les autorités médicales.
Le gouvernement Colombien assure que toutes les précautions sont prises lors de la pulvérisation de l’herbicide, ce que contestent les ONG locales et les chercheurs de l’Université Catholique d’Equateur. Leurs craintes ont été par ailleurs été confirmées par le rapport du Français Gilles-Eric Seralin qui démontre la haute toxicité du Round Up.
Deux autres rapports émanant de l’université Mersin en Turquie et de l’université de Pittsburg aux Etats-Unis font état des effets dévastateurs de cette méthode sur les amphibiens et poissons de la région dont le taux de mortalité est extrêmement élevé.
Ce programme a coûté un peu plus d’un milliard de dollars américains pour les trois dernières années, et une superficie de 171.613 hectares a été traitée au glyphosate en 2006... La firme américaine Monsanto, les gouvernements américains et colombiens ont évidemment mis en doute ces allégations, réclamant des preuves formelles de la toxicité du Round Up sur la vie sauvage et la population locale. Un délai supplémentaire pour permettre à ce programme de lutte anti-drogue d’être mené à son terme, sans tenir compte des dégâts irréversibles causés à la nature et aux hommes.
Source : Tierramerica, Université Catholique d’Equateur
Sylvie Cardona
Co-Fondatrice, Secrétaire Générale et Trésorière d’AVES FRANCE
http://www.aves.asso.fr/article.php3?id_article=505
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A Paris, un soi-disant "Comité de soutien" exige des preuves de vie
19/06/2007 - Canoe, AP, Yahoo, Terra españa, El Espectador
A Paris, un groupe de personnes se présentant comme "LE" comité de soutien a exigé lundi des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) qu'elles fournissent des preuves de vie de l'otage franco-colombienne dont on reste sans nouvelles directes depuis plus de quatre ans. Son ex-époux Fabrice Delloye n'exclut pas que la candidate à l'élection présidentielle colombienne soit morte.
Ce communiqué a profondément choqué la mère d'Ingrid Betancourt, Yolanda Pulecio, et Astrid Betancourt, sa soeur.
"Quand bien même les FARC ont répété, ce week-end, qu'elle était en vie et en bonne santé, cela ne nous suffit pas (...) Si nous n'avions pas (de nouvelles directes) dans les plus brefs délais, nous serions alors conduits à considérer qu'Ingrid Betancourt est morte", prévient le Comité dans un communiqué.
"Il y a un moment où on est légitimement en droit de s'interroger sur la pertinence de notre action (...) Si cela continue sans preuve de vie, on va poser un ultimatum: si on n'a pas de preuve de vie tout s'arrête", a expliqué Hervé Marro, porte-parole du Comité, dans un entretien téléphonique à l'Associated Press. "On continuera à agir pour les autres otages, mais certainement pas avec le même poids."
Cette réaction brutale du Comité de soutien a provoqué une vive émotion et de la colère de la part de la mère d'Ingrid Betancourt, Yolanda Pulecio, et d'Astrid Betancourt, la soeur de l'otage franco-colombienne, qui affirment dans un communiqué publié mardi matin très tôt qu'elles "ont toujours eu, et maintiennent, leur conviction qu'Ingrid est bien vivante". Les deux femmes se disent "choquées par les propos irresponsables de ceux qui laissent croire que cela pourrait ne pas être le cas".
S'inscrivant en faux contre les déclarations du Comité de soutien, elles affirment que "les actions de mobilisation et les négociations doivent continuer à tout prix" et ce jusqu'à "la libération d'Ingrid et des autres otages".
Ce "Comité de soutien à Ingrid Betancourt", proche de Mélanie Betancourt, qui a critiqué par le passé l'attitude du gouvernement français jugé insuffisamment ferme avec le président colombien Alvaro Uribe, sera reçu jeudi matin par le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner.
Ingrid Betancourt, sénatrice écologiste de 45 ans, mère de deux enfants, Lorenzo et Mélanie, a été enlevée par la guérilla d'extrême gauche le 23 février 2002 avec sa directrice de campagne Clara Rojas. En 2003, dans un enregistrement vidéo, elle appelait à des négociations entre les FARC et le gouvernement de Bogota. Depuis, un otage récemment libéré a déclaré qu'il l'avait côtoyée et qu'elle se portait bien mais il n'existe pas de preuve de vie directe.
http://www.betancourt.info/indexFr.htm
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"Granda est vraiment important pour les Farc" : Astrid Betancourt
20/06/2007 - W Radio
Dans une interview avec W Radio, la soeur de l'ex candidate présidentielle Ingrid Betancourt, Astrid Betancourt a déclaré que Rodrigo Granda - souvent appellé "le chancelier desFarcs", était un personnage très important pour la guérilla. C'est pourquoi elle espère bien que cette organisation va tenir compte de sa libération pour ouvrir des possibilités dans l'échange humanitaire.
"Granda n'a été jamais considéré par les Farc comme le porte-parole pour l'accord humanitaire, mais dans leur organisation, c'est un personnage très important dans la hiérarchie et c'est un personnage dont j'ai compris quil avait servi de liaison avec certains mouvements d'Amérique latine qui sympathisent avec les Farc"
Astrid Betancourt a ajouté qu'elle gardait l'espoir d'une négociation, malgré le communiqué des Farc.
"Je pense que nous devons donner un peu de temps aux Farc pour qu'ils réagissent avec un geste réciproque au geste de la libération de Granda", a dit Astrid Betancourt.
Pour sa part, l'ex conseiller de Paix Lázaro Viveros, qui avait recueilli la réponse du porte-parole des Farc Raúl Reyes, a déclaré qu'on ne savait pas quel serait le rôle futur de Rodrigo Granda, en tenant compte de la position de cette guérilla.
Il a assuré qu'il ne savait pas d'où venait la suggestion du président français Nicolás Sarkozy, de demander la libération de Rodrigo Granda; el selon lui, la réponse des Farc n'est qu'un jeu politique.
http://www.betancourt.info/indexFr.htm
mardi 19 juin 2007 par Sylvie CARDONA
Des études scientifiques ont démontré que les herbicides à base de glyphosate, utilisés pour éliminer les plantations de coca en Colombie sont responsables de dommages causant l’altération des chromosomes de la population locale.
En effet, l’herbicide est largué à partir d’avions qui survolent les champs de coca et s’étend ensuite à d’autres zones. Des études ont mis en évidence la contamination des habitants et animaux qui vivent dans un rayon de 3 km autour des plantations de coca régulièrement arrosées de glyphosate (principal composant du Round Up). Cette campagne anti-drogue est financée en grande partie par le gouvernement américain.
Les habitants qui ont subi des tests ont par ailleurs avoué souffrir de divers maux qui font leur apparition après le passage des avions : maux de tête, désordres intestinaux, troubles de la vision, vomissements, difficultés respiratoires... Les dommages causés à l’ADN des populations sont susceptibles de favoriser l’apparition de cancers, et de causer des mutations génétiques. Le niveau de concentration de Round-Up relevé autour des champs de coca est de 20 fois supérieur au taux maximum recommandé par les autorités médicales.
Le gouvernement Colombien assure que toutes les précautions sont prises lors de la pulvérisation de l’herbicide, ce que contestent les ONG locales et les chercheurs de l’Université Catholique d’Equateur. Leurs craintes ont été par ailleurs été confirmées par le rapport du Français Gilles-Eric Seralin qui démontre la haute toxicité du Round Up.
Deux autres rapports émanant de l’université Mersin en Turquie et de l’université de Pittsburg aux Etats-Unis font état des effets dévastateurs de cette méthode sur les amphibiens et poissons de la région dont le taux de mortalité est extrêmement élevé.
Ce programme a coûté un peu plus d’un milliard de dollars américains pour les trois dernières années, et une superficie de 171.613 hectares a été traitée au glyphosate en 2006... La firme américaine Monsanto, les gouvernements américains et colombiens ont évidemment mis en doute ces allégations, réclamant des preuves formelles de la toxicité du Round Up sur la vie sauvage et la population locale. Un délai supplémentaire pour permettre à ce programme de lutte anti-drogue d’être mené à son terme, sans tenir compte des dégâts irréversibles causés à la nature et aux hommes.
Source : Tierramerica, Université Catholique d’Equateur
Sylvie Cardona
Co-Fondatrice, Secrétaire Générale et Trésorière d’AVES FRANCE
http://www.aves.asso.fr/article.php3?id_article=505
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A Paris, un soi-disant "Comité de soutien" exige des preuves de vie
19/06/2007 - Canoe, AP, Yahoo, Terra españa, El Espectador
A Paris, un groupe de personnes se présentant comme "LE" comité de soutien a exigé lundi des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) qu'elles fournissent des preuves de vie de l'otage franco-colombienne dont on reste sans nouvelles directes depuis plus de quatre ans. Son ex-époux Fabrice Delloye n'exclut pas que la candidate à l'élection présidentielle colombienne soit morte.
Ce communiqué a profondément choqué la mère d'Ingrid Betancourt, Yolanda Pulecio, et Astrid Betancourt, sa soeur.
"Quand bien même les FARC ont répété, ce week-end, qu'elle était en vie et en bonne santé, cela ne nous suffit pas (...) Si nous n'avions pas (de nouvelles directes) dans les plus brefs délais, nous serions alors conduits à considérer qu'Ingrid Betancourt est morte", prévient le Comité dans un communiqué.
"Il y a un moment où on est légitimement en droit de s'interroger sur la pertinence de notre action (...) Si cela continue sans preuve de vie, on va poser un ultimatum: si on n'a pas de preuve de vie tout s'arrête", a expliqué Hervé Marro, porte-parole du Comité, dans un entretien téléphonique à l'Associated Press. "On continuera à agir pour les autres otages, mais certainement pas avec le même poids."
Cette réaction brutale du Comité de soutien a provoqué une vive émotion et de la colère de la part de la mère d'Ingrid Betancourt, Yolanda Pulecio, et d'Astrid Betancourt, la soeur de l'otage franco-colombienne, qui affirment dans un communiqué publié mardi matin très tôt qu'elles "ont toujours eu, et maintiennent, leur conviction qu'Ingrid est bien vivante". Les deux femmes se disent "choquées par les propos irresponsables de ceux qui laissent croire que cela pourrait ne pas être le cas".
S'inscrivant en faux contre les déclarations du Comité de soutien, elles affirment que "les actions de mobilisation et les négociations doivent continuer à tout prix" et ce jusqu'à "la libération d'Ingrid et des autres otages".
Ce "Comité de soutien à Ingrid Betancourt", proche de Mélanie Betancourt, qui a critiqué par le passé l'attitude du gouvernement français jugé insuffisamment ferme avec le président colombien Alvaro Uribe, sera reçu jeudi matin par le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner.
Ingrid Betancourt, sénatrice écologiste de 45 ans, mère de deux enfants, Lorenzo et Mélanie, a été enlevée par la guérilla d'extrême gauche le 23 février 2002 avec sa directrice de campagne Clara Rojas. En 2003, dans un enregistrement vidéo, elle appelait à des négociations entre les FARC et le gouvernement de Bogota. Depuis, un otage récemment libéré a déclaré qu'il l'avait côtoyée et qu'elle se portait bien mais il n'existe pas de preuve de vie directe.
http://www.betancourt.info/indexFr.htm
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"Granda est vraiment important pour les Farc" : Astrid Betancourt
20/06/2007 - W Radio
Dans une interview avec W Radio, la soeur de l'ex candidate présidentielle Ingrid Betancourt, Astrid Betancourt a déclaré que Rodrigo Granda - souvent appellé "le chancelier desFarcs", était un personnage très important pour la guérilla. C'est pourquoi elle espère bien que cette organisation va tenir compte de sa libération pour ouvrir des possibilités dans l'échange humanitaire.
"Granda n'a été jamais considéré par les Farc comme le porte-parole pour l'accord humanitaire, mais dans leur organisation, c'est un personnage très important dans la hiérarchie et c'est un personnage dont j'ai compris quil avait servi de liaison avec certains mouvements d'Amérique latine qui sympathisent avec les Farc"
Astrid Betancourt a ajouté qu'elle gardait l'espoir d'une négociation, malgré le communiqué des Farc.
"Je pense que nous devons donner un peu de temps aux Farc pour qu'ils réagissent avec un geste réciproque au geste de la libération de Granda", a dit Astrid Betancourt.
Pour sa part, l'ex conseiller de Paix Lázaro Viveros, qui avait recueilli la réponse du porte-parole des Farc Raúl Reyes, a déclaré qu'on ne savait pas quel serait le rôle futur de Rodrigo Granda, en tenant compte de la position de cette guérilla.
Il a assuré qu'il ne savait pas d'où venait la suggestion du président français Nicolás Sarkozy, de demander la libération de Rodrigo Granda; el selon lui, la réponse des Farc n'est qu'un jeu politique.
http://www.betancourt.info/indexFr.htm
Colombie, près de 3 millions de déplacés
21/06/2007 - Radio Vatican, CyberPresse, La FM
Le 20 juin est journée mondiale des réfugiés : c'est l'occasion d'attirer l'attention sur le sort de ces personnes déracinées.
En Amérique latine, on compte des centaines de milliers de personnes à avoir été déplacées dans leurs propre pays, l’an dernier. Un phénomène particulièrement sensible en Colombie : selon le Haut Commissariat aux Réfugiés, près de 3 millions de Colombiens, ont du fuir le conflit interne, entre guérillas et gouvernement. Une fuite, souvent, de la campagne vers la ville.
L'adaptation est loin d’être simple, comme l'explique Philippe Gros, professeur à l’Institut des Hautes Etudes de l’Amérique Latine à Paris, et spécialiste de la Colombie
Ecouter l'interview du professeur Gros
http://62.77.60.84/audio/ra/00080342.RM
Les quartiers pauvres de Bogota dégoûtés par la libération de guérilleros
Selon les chiffres des organisations non gouvernementales, la Colombie compte environ 4 millions de «desplazados» (déplacés), surnom donné aux habitants des zones rurales qui ont été contraints à quitter la campagne pour rejoindre les villes, dans le plus total dénuement.
Dans les quartiers pauvres de Bogota où bon nombre d'habitants ont trouvé un refuge précaire après avoir fui devant les exactions des FARC, la libération de guérilleros suscite incompréhension et dégoût.
«Ces criminels ont tué mon mari et mes deux frères. Et maintenant le gouvernement va les sortir de prison. Il ferait mieux de s'occuper des victimes de la guérilla. Moi j'ai tout perdu», s'exclame Ana Tavera, une mère de famille de 26 ans.
Après le meurtre de ces proches, la jeune femme a quitté avec ses deux enfants son village de Vista Hermosa, dans le département rural de Meta (centre), pour s'établir il y a deux ans à Ciudad Bolivar, un gigantesque bidonville qui surplombe la capitale colombienne.
Le processus de libération des rebelles, impulsé par le président Alvaro Uribe pour inciter les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) à relâcher ses otages, lui arrache un rictus douloureux.
«Les guérilleros vont recommencer à prendre les armes et à voler. C'est tout ce qu'ils savent faire», grince-t-elle, affirmant ne pas croire à une libération des otages aux mains de la guérilla marxiste, la plus ancienne et importante du pays avec 17.000 hommes.
À l'intérieur de sa masure, un taudis en briques avec des caisses en guise de cloison, Bety Rozo, une grand-mère de 55 ans, qui s'occupe seule de ses trois petits-enfants, s'est réfugiée depuis 1998 à Cuidad Bolivar.
«Toute cette histoire de guérilleros libérés me fait peur», murmure-t-elle, avant d'ajouter : «J'aimerais tellement que toute cette violence s'arrête, que nous n'ayons plus à nous cacher pour pouvoir survivre».
Adossé contre un mur délabré, Alvaro Valderama, un ancien maçon de 69 ans au visage buriné, ne décolère pas. «Les FARC vont se croire intouchables, ils vont avoir l'impression de pouvoir faire ce qui leur chante», clame-t-il.
Dans ce quartier où les groupes paramilitaires font régner la terreur durant la nuit, les habitants avaient déjà crié au scandale lorsque les autorités ont adopté des mesures de clémence en faveur de ces miliciens d'extrême droite ultraviolents.
Au nom de la réconciliation nationale, le congrès colombien a promulgué l'an dernier la loi dite de «Justice et Paix», qui offre aux «paracos» des remises de peine en échange de leurs aveux, même en cas de massacres de population civile.
«Qu'est-ce que vous croyez qu'ils ont fait à leur sortie de prison ? Et bien ils ont recommencé à tuer, évidemment», affirme Alvaro Valderama, qui implore le président Uribe de lui trouver du travail afin de ne plus vivre aux crochets de ses deux fils.
Propriétaire d'une petite épicerie, David Penera, un petit homme frêle de 40 ans, souligne lui aussi le défaut de politique sociale, estimant que la libération des guérilleros «ne va rien changer du tout pour les pauvres».
«On ne sait pas ce qui va se passer. Ca risque d'être pire qu'avant, en réalité. La paix ne reviendra en Colombie que si le gouvernement prend en compte la misère qui ravage ce pays», lance-t-il.
http://www.betancourt.info/indexFr.htm
21/06/2007 - Radio Vatican, CyberPresse, La FM
Le 20 juin est journée mondiale des réfugiés : c'est l'occasion d'attirer l'attention sur le sort de ces personnes déracinées.
En Amérique latine, on compte des centaines de milliers de personnes à avoir été déplacées dans leurs propre pays, l’an dernier. Un phénomène particulièrement sensible en Colombie : selon le Haut Commissariat aux Réfugiés, près de 3 millions de Colombiens, ont du fuir le conflit interne, entre guérillas et gouvernement. Une fuite, souvent, de la campagne vers la ville.
L'adaptation est loin d’être simple, comme l'explique Philippe Gros, professeur à l’Institut des Hautes Etudes de l’Amérique Latine à Paris, et spécialiste de la Colombie
Ecouter l'interview du professeur Gros
http://62.77.60.84/audio/ra/00080342.RM
Les quartiers pauvres de Bogota dégoûtés par la libération de guérilleros
Selon les chiffres des organisations non gouvernementales, la Colombie compte environ 4 millions de «desplazados» (déplacés), surnom donné aux habitants des zones rurales qui ont été contraints à quitter la campagne pour rejoindre les villes, dans le plus total dénuement.
Dans les quartiers pauvres de Bogota où bon nombre d'habitants ont trouvé un refuge précaire après avoir fui devant les exactions des FARC, la libération de guérilleros suscite incompréhension et dégoût.
«Ces criminels ont tué mon mari et mes deux frères. Et maintenant le gouvernement va les sortir de prison. Il ferait mieux de s'occuper des victimes de la guérilla. Moi j'ai tout perdu», s'exclame Ana Tavera, une mère de famille de 26 ans.
Après le meurtre de ces proches, la jeune femme a quitté avec ses deux enfants son village de Vista Hermosa, dans le département rural de Meta (centre), pour s'établir il y a deux ans à Ciudad Bolivar, un gigantesque bidonville qui surplombe la capitale colombienne.
Le processus de libération des rebelles, impulsé par le président Alvaro Uribe pour inciter les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) à relâcher ses otages, lui arrache un rictus douloureux.
«Les guérilleros vont recommencer à prendre les armes et à voler. C'est tout ce qu'ils savent faire», grince-t-elle, affirmant ne pas croire à une libération des otages aux mains de la guérilla marxiste, la plus ancienne et importante du pays avec 17.000 hommes.
À l'intérieur de sa masure, un taudis en briques avec des caisses en guise de cloison, Bety Rozo, une grand-mère de 55 ans, qui s'occupe seule de ses trois petits-enfants, s'est réfugiée depuis 1998 à Cuidad Bolivar.
«Toute cette histoire de guérilleros libérés me fait peur», murmure-t-elle, avant d'ajouter : «J'aimerais tellement que toute cette violence s'arrête, que nous n'ayons plus à nous cacher pour pouvoir survivre».
Adossé contre un mur délabré, Alvaro Valderama, un ancien maçon de 69 ans au visage buriné, ne décolère pas. «Les FARC vont se croire intouchables, ils vont avoir l'impression de pouvoir faire ce qui leur chante», clame-t-il.
Dans ce quartier où les groupes paramilitaires font régner la terreur durant la nuit, les habitants avaient déjà crié au scandale lorsque les autorités ont adopté des mesures de clémence en faveur de ces miliciens d'extrême droite ultraviolents.
Au nom de la réconciliation nationale, le congrès colombien a promulgué l'an dernier la loi dite de «Justice et Paix», qui offre aux «paracos» des remises de peine en échange de leurs aveux, même en cas de massacres de population civile.
«Qu'est-ce que vous croyez qu'ils ont fait à leur sortie de prison ? Et bien ils ont recommencé à tuer, évidemment», affirme Alvaro Valderama, qui implore le président Uribe de lui trouver du travail afin de ne plus vivre aux crochets de ses deux fils.
Propriétaire d'une petite épicerie, David Penera, un petit homme frêle de 40 ans, souligne lui aussi le défaut de politique sociale, estimant que la libération des guérilleros «ne va rien changer du tout pour les pauvres».
«On ne sait pas ce qui va se passer. Ca risque d'être pire qu'avant, en réalité. La paix ne reviendra en Colombie que si le gouvernement prend en compte la misère qui ravage ce pays», lance-t-il.
http://www.betancourt.info/indexFr.htm
Cuba confirme la présence du chef guérillero des FARC Rodrigo Granda
LA HAVANE - Le chef de la diplomatie cubaine, Felipe Perez Roque, a confirmé mercredi la présence à Cuba de Rodrigo Granda, le responsable de la guérilla colombienne des FARC, libéré début juin à la demande du président français Nicolas Sarkozy.
"Oui, effectivement, il se trouve bien dans notre pays", a déclaré le ministre cubain en réponse à une question lors d'une conférence de presse.
Considéré comme le "ministre des Affaires étrangères" des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), Rodrigo Granda avait quitté lundi Bogota pour la Havane, mais la presse n'avait pu confirmer son arrivée dans la capitale cubaine.
Le gouvernement colombien a souhaité lundi "qu'il accomplira depuis Cuba également les démarches en faveur de la paix dont il a toujours dit s'occuper pour les FARC".
Rodrigo Granda avait accusé avant son départ le gouvernement colombien de "torpiller" un échange humanitaire, permettant notamment la libération de la franco-colombienne Ingrid Betancourt.
L'accueil du chef guérillero "est cohérente avec la position de Cuba" en faveur d'"une solution négociée du conflit colombien", a ajouté Felipe Perez Roque, rappellant que Cuba accueille aussi les pourparler entre le gouvernement de Bogota et l'autre guérilla colombienne de l'Armée de libération nationale (ELN).
"Nous avons prêté notre territoire pour le dialogue, notre rôle se limite à cela", a-t-il souligné.
Le 3 juin, des diplomates cubains avaient rencontré Granda durant près de trois heures dans sa prison de La Dorada (centre-ouest).
Rodrigo Granda, qui purgeait une peine de 21 ans de prison, avait été remis en liberté le lendemain par le président Alvaro Uribe, à la demande du président français, dans le but d'aider à la libération des otages.
Les FARC, première guérilla de Colombie avec 17.000 hommes, réclament la libération de 500 des leurs en échange de 56 otages, dont Ingrid Betancourt et trois Américains.
Rodrigo Granda, qui affirme qu'Ingrid Betancourt est toujours en vie, n'a pas exclu de se rendre prochainement en France ou en Suisse.
http://www.romandie.com/infos/news/0706 ... wasw74.asp
LA HAVANE - Le chef de la diplomatie cubaine, Felipe Perez Roque, a confirmé mercredi la présence à Cuba de Rodrigo Granda, le responsable de la guérilla colombienne des FARC, libéré début juin à la demande du président français Nicolas Sarkozy.
"Oui, effectivement, il se trouve bien dans notre pays", a déclaré le ministre cubain en réponse à une question lors d'une conférence de presse.
Considéré comme le "ministre des Affaires étrangères" des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), Rodrigo Granda avait quitté lundi Bogota pour la Havane, mais la presse n'avait pu confirmer son arrivée dans la capitale cubaine.
Le gouvernement colombien a souhaité lundi "qu'il accomplira depuis Cuba également les démarches en faveur de la paix dont il a toujours dit s'occuper pour les FARC".
Rodrigo Granda avait accusé avant son départ le gouvernement colombien de "torpiller" un échange humanitaire, permettant notamment la libération de la franco-colombienne Ingrid Betancourt.
L'accueil du chef guérillero "est cohérente avec la position de Cuba" en faveur d'"une solution négociée du conflit colombien", a ajouté Felipe Perez Roque, rappellant que Cuba accueille aussi les pourparler entre le gouvernement de Bogota et l'autre guérilla colombienne de l'Armée de libération nationale (ELN).
"Nous avons prêté notre territoire pour le dialogue, notre rôle se limite à cela", a-t-il souligné.
Le 3 juin, des diplomates cubains avaient rencontré Granda durant près de trois heures dans sa prison de La Dorada (centre-ouest).
Rodrigo Granda, qui purgeait une peine de 21 ans de prison, avait été remis en liberté le lendemain par le président Alvaro Uribe, à la demande du président français, dans le but d'aider à la libération des otages.
Les FARC, première guérilla de Colombie avec 17.000 hommes, réclament la libération de 500 des leurs en échange de 56 otages, dont Ingrid Betancourt et trois Américains.
Rodrigo Granda, qui affirme qu'Ingrid Betancourt est toujours en vie, n'a pas exclu de se rendre prochainement en France ou en Suisse.
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La mère d'Ingrid Bétancourt assiste à l'hommage que la Fête de la musique rend à sa fille
"C'est une très belle surprise pour moi, puisque je suis arrivée hier de Bogota en avion pour ce qu'on m'avait annoncé comme étant une surprise", a confié en coulisses Yolanda Pulecio à l'Associated Press, ravie de constater "qu'en France, le soutien à Ingrid ne faiblit pas". La mère de l'otage a salué les multiples actions françaises, "dont les 14 missions envoyées par l'ex-président Chirac".
Elle souhaite que l'engagement pris par Nicolas Sarkozy puisse aboutir "à la libération de toutes les personnes retenues contre leur gré". Yolanda Pulecio se rendra dans trois jours à Londres pour une conférence avec plusieurs membres de la diaspora colombienne et pour "poursuivre le combat".
En préambule au concert "Les Arènes de la liberté", le groupe duo Sweet'Air, à l'origine du concert, a interprété "De Baltimore à Ingrid", un titre adapté "en l'honneur d'Ingrid Bétancourt".
"Je suis né en Amazonie et j'ai été abandonné dans la jungle avant d'être adopté en Colombie par une famille française", a dit à l'AP Juan Heurtin, 30 ans, de Sweet'Air, qui consacre une chanson à Ingrid lors de chacun de ses concerts.
De nombreux artistes sont à l'affiche de ce concert gratuit où doivent entre autres se produire Kamini, Jacques Higelin, Emma Daumas ou Elisabeth Anaïs, et pour lequel l'Elysée-Montmartre a offert la location de la salle. En soirée, les enfants d'Ingrid Bétancourt, Mélanie et Lorenzo, ainsi que son ex-compagnon Frédéric Delloye, s'exprimeront également sur scène.
http://www.betancourt.info/indexFr.htm
"C'est une très belle surprise pour moi, puisque je suis arrivée hier de Bogota en avion pour ce qu'on m'avait annoncé comme étant une surprise", a confié en coulisses Yolanda Pulecio à l'Associated Press, ravie de constater "qu'en France, le soutien à Ingrid ne faiblit pas". La mère de l'otage a salué les multiples actions françaises, "dont les 14 missions envoyées par l'ex-président Chirac".
Elle souhaite que l'engagement pris par Nicolas Sarkozy puisse aboutir "à la libération de toutes les personnes retenues contre leur gré". Yolanda Pulecio se rendra dans trois jours à Londres pour une conférence avec plusieurs membres de la diaspora colombienne et pour "poursuivre le combat".
En préambule au concert "Les Arènes de la liberté", le groupe duo Sweet'Air, à l'origine du concert, a interprété "De Baltimore à Ingrid", un titre adapté "en l'honneur d'Ingrid Bétancourt".
"Je suis né en Amazonie et j'ai été abandonné dans la jungle avant d'être adopté en Colombie par une famille française", a dit à l'AP Juan Heurtin, 30 ans, de Sweet'Air, qui consacre une chanson à Ingrid lors de chacun de ses concerts.
De nombreux artistes sont à l'affiche de ce concert gratuit où doivent entre autres se produire Kamini, Jacques Higelin, Emma Daumas ou Elisabeth Anaïs, et pour lequel l'Elysée-Montmartre a offert la location de la salle. En soirée, les enfants d'Ingrid Bétancourt, Mélanie et Lorenzo, ainsi que son ex-compagnon Frédéric Delloye, s'exprimeront également sur scène.
http://www.betancourt.info/indexFr.htm
22/06/2007 9:58
Les FARC disposés à nommer Granda "vérificateur" d'une démobilisation
Les Forces armées révolutionnaires de Colombie réclament la libération par le gouvernement colombien de 500 des leurs en échange de 56 otages
L'état-major des FARC, bien que campant fermement sur ses positions, a entrouvert, vendredi 22 juin, une fenêtre en acceptant de désigner le chef guérillero Rodrigo Granda comme "vérificateur" d'une démilitarision de deux municipalités du sud de la Colombie, un préalable à tout accord humanitaire sur les otages.
Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC-marxiste), première guérilla de Colombie avec 17.000 hommes, réclament la libération par le gouvernement colombien de 500 des leurs en échange de 56 otages, dont la franco-colombienne Ingrid Betancourt et trois Américains.
"Si le gouvernement s'engage à laisser en liberté inconditionnelle Rodrigo Granda (.....), nous pourrions considérer sa nomination comme vérificateur des FARC pour la démobilisation des municipalités de Florida et Pradera", selon le communiqué du Secrétariat des FARC (organe dirigeant de la guérilla.
"Un travail spécial"
Les FARC précisent que le rôle de "vérificateur" d'une démilitarisation de Rodrigo Granda est "un travail spécial" qui se déroulerait en présence "de témoins internationaux et nationaux, d'organisations populaires et de familles de prisonniers (otages)".
"Une fois que ces derniers auront vérifié le retrait de la force publique, les guérilleros de la zone le confirmeront et selon l'étape suivante le secrétariat des FARC convoquera par un communiqué les émissaires du gouvernement pour une rencontre au cours de laquelle nous nous accorderons sur les noms (des représentants), les garanties, les mécanismes et les moyens pour parvenir à un échange", précise le communiqué.
Toutefois, en maintenant leur exigence d'une démilitarisation, ce que rejette catégoriquement le président Alvaro Uribe qui a renforcé la présence militaire dans cette région, le groupe rebelle s'adresse plus à la communauté internationale qu'au gouvernement colombien, estime un diplomate européen qui a requis l'anonymat.
"Laissons Granda faire un travail d'intermédiaire de paix"
Dans ce premier communiqué depuis le départ le 18 juin de Granda pour Cuba, la guérilla ne ménage pas le chef de l'Etat qu'elle accuse de vouloir "occulter le scandale de la narco-para-politique". Interrogé sur ce communiqué par des journalistes, Alvaro Uribe a répondu laconiquement: "Vous savez que le gouvernement a libéré Granda pour qu'il soit un intermédiaire de paix. Laissons Rodrigo Granda faire un travail d'intermédiaire de paix".
Alvaro Uribe avait lancé début juin un processus de libération unilatéral de guérilleros repentis, immédiatement qualifié de "farce" par les rebelles.
Les FARC font toutefois l'éloge de "l'action remarquable" du président français Nicolas Sarkozy qui a obtenu début juin la libération du chef guérillero, et des dirigeants du G8 qui prônent une solution humanitaire.
Une "région de cohabitation nationale"
Cette annonce intervient le jour même où un ancien candidat à la présidence Alvaro Leyva a présenté au chef de l'Etat une nouvelle proposition pour faciliter un échange entre détenus et otages de la guérilla.
Selon Alvaro Leyva, son plan de paix implique l'existence d'une "région de cohabitation nationale" où se négociera l'échange. Toutefois, Alvaro Leyva qui entretient de bonnes relations avec la direction des FARC, a soigneusement évité d'évoquer le terme de "zone démilitarisée".
Il affirme avoir déjà consulté plusieurs ambassades sur son plan. En 2005, les 3 médiateurs européens la France, l'Espagne et la Suisse avaient proposé des négociations dans une zone démilitarisée à créer, en vue d'un échange humanitaire. Mais les conditions préalables posées par les deux camps ont bloqué tout progrès.
"Conclure un échange de prisonniers, continue à être une priorité", affirme enfin le Secrétariat du groupe guérillero.
AFP
http://www.la-croix.com/article/index.j ... rubId=1094
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La France a accueilli avec prudence l’annonce des Farc
samedi 23 juin 2007
La France a accueilli avec prudence l’annonce des Farc de donner une mission au chef guérillero Rodrigo Granda, en vue d’un éventuel échange de prisonniers contre 56 otages.
La France a accueilli avec prudence vendredi l’annonce de la guérilla colombienne des Farc de donner une mission au chef guérillero Rodrigo Granda, en vue d’un éventuel échange de prisonniers contre 56 otages, dont la franco-colombienne Ingrid Betancourt.
« On a pris note de ce communiqué des Farc. Nous avons toujours dit que nous étions favorables à tout ce qui pouvait favoriser un échange humanitaire et permettre la libération des otages. Nous encourageons tout mouvement en ce sens », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Jean-Baptiste Mattéi. Dans un communiqué, l’Etat major de la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc-marxiste) s’est dit disposé à nommer Rodrigo Granda « vérificateur » d’une « démilitarisation » de deux municipalités colombiennes si Bogota le laisse libre de ses mouvements.
La guérilla exige la démilitarisation de deux municipalités dans le sud du pays, préalable selon eux à toute négociation humanitaire sur les otages, ce que le gouvernement colombien refuse. Les Farc demandent la libération de quelque 500 des leurs contre celle de 56 otages, dont l’ancienne candidate des Verts à la présidentielle Ingrid Betancourt, détenue depuis plus de cinq ans, et trois Américains. La soeur d’Ingrid Betancourt, Astrid, a de son côté estimé que cette proposition des Farc était « un pas en avant ».
« Dans ce communiqué, les Farc soulignent que la gestion de France a été positive et que de plus, si les conditions que la guérilla réclame sont remplies, Granda deviendra un vérificateur plus qu’un négociateur », a-t-elle dit à la presse. « Le style et l’habileté de Sarkozy ont créé une nouvelle dynamique. Le président français est très habile et a réussi à convaincre Uribe de libérer (le guérillero Rodrigo) Granda contre un message de soutien à la Colombie au sommet du G8 » mi-juin, a indiqué la mère d’Ingrid Betancourt, Yolanda Pulecio, lors d’un passage à Paris.
http://www.spcm.org/Journal/spip.php?article12741
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Un haut commandant des FARC arrêté
Associated Press (AP)
22/06/2007 20h41
Les autorités colombiennes ont annoncé la capture vendredi de Regulo Leal, un haut commandant des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), après une traque de trois mois.
Regulo Leal, également connu sous le nom d'Arley Leal, a été arrêté à Medellin, dans le nord de la Colombie, selon la police, qui l'a identifié comme le commandant du 32 front des FARC. Il était recherché pour enlèvement et homicide.
Le 32e front fait partie du Bloc sud des FARC, qui opère le long de la frontière avec l'Equateur et de la côte sud-ouest de la Colombie.
Selon le communiqué de la police, Regulo Leal a supervisé l'attaque d'une base militaire colombienne qui a conduit à la mort de 28 soldats et à l'enlèvement de 60 autres en 1996.
Les FARC détiennent plusieurs centaines d'otages dans la jungle colombienne, dont la Franco-colombienne Ingrid Betancourt, enlevée le 23 février 2002.
http://www2.canoe.com/infos/internation ... 04111.html
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Colombie
Les Indiens entre deux feux
La démilitarisation de la zone située autour de Pradeira et de Florida, deux localités au sud-ouest de Bogota, est l’une des conditions posées par les Forces armées révolutionnaires colombiennes (FARC) avant l’ouverture de négociations avec le gouvernement. Ancrés dans la région, les Indiens de la communauté nasa refusent le destin de déplacés dévolu à nombre de leurs compatriotes. Reportage dans ce berceau historique des FARC avec Anne Corpet.
De notre envoyée spéciale en Colombie
«Bienvenue à Florida, pays du tourisme, une destination sûre», signale un panneau à l'entrée de la ville. Mais un barrage militaire filtre les entrées dans la municipalité. La ville aligne ses façades colorées sous les sommets de la cordillère centrale, perdus dans la brume. Sur les panneaux indicateurs, les poteaux électriques ou quelques vitrines, de petites affichettes anonymes ont été posées : «Non aux prises d'otages, oui à la liberté !». La semaine précédant notre arrivée, le chef de la police locale a été kidnappé. Guillermo Solorzano se rendait en compagnie d'un riche commerçant à une fête dans une municipalité voisine. «Il a été victime d'un excès de confiance», souligne le capitaine Paiva qui le remplace à la tête du commissariat. «Nous ne devons pas sortir de Florida sans escorte armée. La guérilla se cache tout près dans les montagnes».
Dans son appartement, Julia Maria, épouse de l'officier kidnappé montre les diplômes d'honneur reçus par son mari. «Je ne sais pas si c'est la guérilla qui l'a enlevé : les FARC n'ont pour l'instant rien revendiqué», soupire-t-elle. Comme les policiers, Julia Maria estime que son mari n'était pas visé au départ par les kidnappeurs. «Ils enlèvent les gens pour la rançon. C'est le commerçant qui l'accompagnait qui était la cible de l'opération. Mais quand ils se sont rendu compte qu'ils tenaient aussi un officier de police, leurs motivations économiques sont devenues politiques», explique-t-elle. Et se tordant les mains elle ajoute : «Le kidnapping, c'est pire que la mort. La douleur est constante et on ne sait pas combien de temps elle va durer. Certains otages sont retenus depuis dix ans dans la forêt».
Comme chaque samedi, la foule se presse entre les étals colorés du marché de Florida. Mais entre les piles de fruits exotiques et d'épices odorants, personne n'ose commenter l'enlèvement de l'officier de police. Même la question de la démilitarisation de la zone, réclamée par les FARC, semble taboue. «C'est au gouvernement et à la guérilla de décider ce qui doit être fait», lance une marchande de vêtements. Interrogée sur l'éventuelle inquiétude que pourrait susciter le départ des forces de l'ordre de Florida elle ajoute : «Si on ne se mêle pas de leurs affaires, les groupes armés ne posent pas de problèmes aux villageois». Mario, vendeur de billets de loterie, concède du bout des lèvres une explication : «Les gens se taisent car la parole peut tuer. Les mouvements subversifs ont des oreilles partout». De fait, même le nom de la guérilla semble dangereux à prononcer. «La ville est quadrillée», confirme un journaliste local. «Les paramilitaires ont le contrôle de certains quartiers et les FARC tiennent le reste de la cité. Seuls les Indiens réussissent à conserver leurs distances avec les groupes armés».
Les Indiens Nasa vivent disséminés dans la montagne, au dessus de Florida. Un contrôle militaire filtre les passages qui mènent à leur territoire. Tous les indigènes sont systématiquement fouillés. «Bienvenue en terre indigène», lance Wilson Lulico Ramos, chef de la communauté des Nasa, sitôt le barrage franchi par son vieux véhicule tout terrain. La piste serpente en lacets dans l'épais manteau forestier, se poursuit sur une crête et remonte à flanc de montagne. Les toits de Florida disparaissent dans la plaine, et loin derrière se devinent les contours de la ville de Cali. Une vingtaine d'indigènes, bottés de caoutchouc et armés de bâtons décorés de rubans colorés, nous attendent quelques centaines de mètres avant le village de Las Brisas. «C'est la garde indigène», explique Wilson, «nous nous sommes organisés pour protéger la communauté, prise entre les feux de la guérilla et ceux de l'armée. Notre force, c'est l'unité, et nos bâtons sont le symbole de notre autorité».
José Vincente Guasaquiyo, coordinateur des gardes des différentes réserves, détaille : «je commande 630 gardes, hommes, femmes et adolescents. Notre territoire s'étend de Florida aux sommets de la cordillère centrale». Le 23 janvier 2007, un membre de la communauté nasa a été tué par les forces armées, qui ont invoqué une «erreur militaire». «Notre réaction a été immédiate», raconte José Vincente. «A 80 gardes, nous avons encerclé douze soldats. Nous les avons convaincu de déposer leurs armes à terre, et nous les avons capturés.» Les indigènes ont procédé de la même manière avec les FARC, encerclant et désarmant quelques guérilleros. «Nous avons organisé une cérémonie et détruit une de leurs mitrailleuses devant eux. Pour nous, les conflits ne doivent pas se régler par les armes», explique le chef Wilson Lulica Ramos.
Le village des Indiens nasa aligne ses toits de tôle entre les cimes. La population vit en quasi-autarcie, grâce aux cultures du bas des montagnes, aux fruits des forêts, au bétail, aux poules, et aux poissons pêchés dans les rivières. Mais avec l'installation d'une base militaire à proximité, le quotidien s'est compliqué. «Depuis l'arrivée des soldats, la guérilla a truffé notre territoire de mines anti-personnelles», explique une mère de famille. «En trois ans, cinq personnes de la communauté ont été blessées, et beaucoup d'animaux ont été tués», ajoute-t-elle.
Face aux verts sommets qui disparaissent sous d'épais nuages, le chef Wilson Lulica Ramos explique : «Notre communauté est la première victime de ce conflit. Nous ne collaborons avec aucune des deux parties et nous souhaitons servir d'intermédiaire en vue de la libération des otages détenus par les FARC et des guérilleros emprisonnés. Dans cette perspective, nous soutenons la démilitarisation de la région demandée par la guérilla. Mais notre souveraineté sur nos terres doit d'abord être reconnue et respectée par tous. Ces montagnes sont notre propriété ancestrale. Hélas, les combats et les mines nous empêchent d'y circuler librement». Arrivé au volant d'un camion surchargé de bois de chauffe, le gouverneur de toutes les communautés indigènes de la région, Luis Horacio Agua n'espère aucun miracle. «Si les militaires partent, d'autres groupes armés les remplaceront immédiatement. Et comme toujours, ce sont les indigènes qui paieront le prix de la violence. Les autres paysans sont partis, mais nous nous resterons, même si nous devons y laisser nos vies», conclut-il.
Remonté à bord de son véhicule tout terrain, Wilson Lulica Ramos klaxonne pour signifier le retour imminent vers Florida. «Une fois la nuit tombée, il n'est pas prudent de circuler. Nous ne pourrons plus garantir votre sécurité», lâche-t-il. Debout devant l'école, les enfants du village entonnent l'hymne de leur communauté : «Nous sommes des paysans indigènes et sommes fiers du sang qui coule dans nos veines. Nous continuerons la lutte pour honorer notre lignée».
http://www.rfi.fr/actufr/articles/090/article_53164.asp
Les FARC disposés à nommer Granda "vérificateur" d'une démobilisation
Les Forces armées révolutionnaires de Colombie réclament la libération par le gouvernement colombien de 500 des leurs en échange de 56 otages
L'état-major des FARC, bien que campant fermement sur ses positions, a entrouvert, vendredi 22 juin, une fenêtre en acceptant de désigner le chef guérillero Rodrigo Granda comme "vérificateur" d'une démilitarision de deux municipalités du sud de la Colombie, un préalable à tout accord humanitaire sur les otages.
Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC-marxiste), première guérilla de Colombie avec 17.000 hommes, réclament la libération par le gouvernement colombien de 500 des leurs en échange de 56 otages, dont la franco-colombienne Ingrid Betancourt et trois Américains.
"Si le gouvernement s'engage à laisser en liberté inconditionnelle Rodrigo Granda (.....), nous pourrions considérer sa nomination comme vérificateur des FARC pour la démobilisation des municipalités de Florida et Pradera", selon le communiqué du Secrétariat des FARC (organe dirigeant de la guérilla.
"Un travail spécial"
Les FARC précisent que le rôle de "vérificateur" d'une démilitarisation de Rodrigo Granda est "un travail spécial" qui se déroulerait en présence "de témoins internationaux et nationaux, d'organisations populaires et de familles de prisonniers (otages)".
"Une fois que ces derniers auront vérifié le retrait de la force publique, les guérilleros de la zone le confirmeront et selon l'étape suivante le secrétariat des FARC convoquera par un communiqué les émissaires du gouvernement pour une rencontre au cours de laquelle nous nous accorderons sur les noms (des représentants), les garanties, les mécanismes et les moyens pour parvenir à un échange", précise le communiqué.
Toutefois, en maintenant leur exigence d'une démilitarisation, ce que rejette catégoriquement le président Alvaro Uribe qui a renforcé la présence militaire dans cette région, le groupe rebelle s'adresse plus à la communauté internationale qu'au gouvernement colombien, estime un diplomate européen qui a requis l'anonymat.
"Laissons Granda faire un travail d'intermédiaire de paix"
Dans ce premier communiqué depuis le départ le 18 juin de Granda pour Cuba, la guérilla ne ménage pas le chef de l'Etat qu'elle accuse de vouloir "occulter le scandale de la narco-para-politique". Interrogé sur ce communiqué par des journalistes, Alvaro Uribe a répondu laconiquement: "Vous savez que le gouvernement a libéré Granda pour qu'il soit un intermédiaire de paix. Laissons Rodrigo Granda faire un travail d'intermédiaire de paix".
Alvaro Uribe avait lancé début juin un processus de libération unilatéral de guérilleros repentis, immédiatement qualifié de "farce" par les rebelles.
Les FARC font toutefois l'éloge de "l'action remarquable" du président français Nicolas Sarkozy qui a obtenu début juin la libération du chef guérillero, et des dirigeants du G8 qui prônent une solution humanitaire.
Une "région de cohabitation nationale"
Cette annonce intervient le jour même où un ancien candidat à la présidence Alvaro Leyva a présenté au chef de l'Etat une nouvelle proposition pour faciliter un échange entre détenus et otages de la guérilla.
Selon Alvaro Leyva, son plan de paix implique l'existence d'une "région de cohabitation nationale" où se négociera l'échange. Toutefois, Alvaro Leyva qui entretient de bonnes relations avec la direction des FARC, a soigneusement évité d'évoquer le terme de "zone démilitarisée".
Il affirme avoir déjà consulté plusieurs ambassades sur son plan. En 2005, les 3 médiateurs européens la France, l'Espagne et la Suisse avaient proposé des négociations dans une zone démilitarisée à créer, en vue d'un échange humanitaire. Mais les conditions préalables posées par les deux camps ont bloqué tout progrès.
"Conclure un échange de prisonniers, continue à être une priorité", affirme enfin le Secrétariat du groupe guérillero.
AFP
http://www.la-croix.com/article/index.j ... rubId=1094
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La France a accueilli avec prudence l’annonce des Farc
samedi 23 juin 2007
La France a accueilli avec prudence l’annonce des Farc de donner une mission au chef guérillero Rodrigo Granda, en vue d’un éventuel échange de prisonniers contre 56 otages.
La France a accueilli avec prudence vendredi l’annonce de la guérilla colombienne des Farc de donner une mission au chef guérillero Rodrigo Granda, en vue d’un éventuel échange de prisonniers contre 56 otages, dont la franco-colombienne Ingrid Betancourt.
« On a pris note de ce communiqué des Farc. Nous avons toujours dit que nous étions favorables à tout ce qui pouvait favoriser un échange humanitaire et permettre la libération des otages. Nous encourageons tout mouvement en ce sens », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Jean-Baptiste Mattéi. Dans un communiqué, l’Etat major de la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc-marxiste) s’est dit disposé à nommer Rodrigo Granda « vérificateur » d’une « démilitarisation » de deux municipalités colombiennes si Bogota le laisse libre de ses mouvements.
La guérilla exige la démilitarisation de deux municipalités dans le sud du pays, préalable selon eux à toute négociation humanitaire sur les otages, ce que le gouvernement colombien refuse. Les Farc demandent la libération de quelque 500 des leurs contre celle de 56 otages, dont l’ancienne candidate des Verts à la présidentielle Ingrid Betancourt, détenue depuis plus de cinq ans, et trois Américains. La soeur d’Ingrid Betancourt, Astrid, a de son côté estimé que cette proposition des Farc était « un pas en avant ».
« Dans ce communiqué, les Farc soulignent que la gestion de France a été positive et que de plus, si les conditions que la guérilla réclame sont remplies, Granda deviendra un vérificateur plus qu’un négociateur », a-t-elle dit à la presse. « Le style et l’habileté de Sarkozy ont créé une nouvelle dynamique. Le président français est très habile et a réussi à convaincre Uribe de libérer (le guérillero Rodrigo) Granda contre un message de soutien à la Colombie au sommet du G8 » mi-juin, a indiqué la mère d’Ingrid Betancourt, Yolanda Pulecio, lors d’un passage à Paris.
http://www.spcm.org/Journal/spip.php?article12741
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Un haut commandant des FARC arrêté
Associated Press (AP)
22/06/2007 20h41
Les autorités colombiennes ont annoncé la capture vendredi de Regulo Leal, un haut commandant des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), après une traque de trois mois.
Regulo Leal, également connu sous le nom d'Arley Leal, a été arrêté à Medellin, dans le nord de la Colombie, selon la police, qui l'a identifié comme le commandant du 32 front des FARC. Il était recherché pour enlèvement et homicide.
Le 32e front fait partie du Bloc sud des FARC, qui opère le long de la frontière avec l'Equateur et de la côte sud-ouest de la Colombie.
Selon le communiqué de la police, Regulo Leal a supervisé l'attaque d'une base militaire colombienne qui a conduit à la mort de 28 soldats et à l'enlèvement de 60 autres en 1996.
Les FARC détiennent plusieurs centaines d'otages dans la jungle colombienne, dont la Franco-colombienne Ingrid Betancourt, enlevée le 23 février 2002.
http://www2.canoe.com/infos/internation ... 04111.html
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Colombie
Les Indiens entre deux feux
La démilitarisation de la zone située autour de Pradeira et de Florida, deux localités au sud-ouest de Bogota, est l’une des conditions posées par les Forces armées révolutionnaires colombiennes (FARC) avant l’ouverture de négociations avec le gouvernement. Ancrés dans la région, les Indiens de la communauté nasa refusent le destin de déplacés dévolu à nombre de leurs compatriotes. Reportage dans ce berceau historique des FARC avec Anne Corpet.
De notre envoyée spéciale en Colombie
«Bienvenue à Florida, pays du tourisme, une destination sûre», signale un panneau à l'entrée de la ville. Mais un barrage militaire filtre les entrées dans la municipalité. La ville aligne ses façades colorées sous les sommets de la cordillère centrale, perdus dans la brume. Sur les panneaux indicateurs, les poteaux électriques ou quelques vitrines, de petites affichettes anonymes ont été posées : «Non aux prises d'otages, oui à la liberté !». La semaine précédant notre arrivée, le chef de la police locale a été kidnappé. Guillermo Solorzano se rendait en compagnie d'un riche commerçant à une fête dans une municipalité voisine. «Il a été victime d'un excès de confiance», souligne le capitaine Paiva qui le remplace à la tête du commissariat. «Nous ne devons pas sortir de Florida sans escorte armée. La guérilla se cache tout près dans les montagnes».
Dans son appartement, Julia Maria, épouse de l'officier kidnappé montre les diplômes d'honneur reçus par son mari. «Je ne sais pas si c'est la guérilla qui l'a enlevé : les FARC n'ont pour l'instant rien revendiqué», soupire-t-elle. Comme les policiers, Julia Maria estime que son mari n'était pas visé au départ par les kidnappeurs. «Ils enlèvent les gens pour la rançon. C'est le commerçant qui l'accompagnait qui était la cible de l'opération. Mais quand ils se sont rendu compte qu'ils tenaient aussi un officier de police, leurs motivations économiques sont devenues politiques», explique-t-elle. Et se tordant les mains elle ajoute : «Le kidnapping, c'est pire que la mort. La douleur est constante et on ne sait pas combien de temps elle va durer. Certains otages sont retenus depuis dix ans dans la forêt».
Comme chaque samedi, la foule se presse entre les étals colorés du marché de Florida. Mais entre les piles de fruits exotiques et d'épices odorants, personne n'ose commenter l'enlèvement de l'officier de police. Même la question de la démilitarisation de la zone, réclamée par les FARC, semble taboue. «C'est au gouvernement et à la guérilla de décider ce qui doit être fait», lance une marchande de vêtements. Interrogée sur l'éventuelle inquiétude que pourrait susciter le départ des forces de l'ordre de Florida elle ajoute : «Si on ne se mêle pas de leurs affaires, les groupes armés ne posent pas de problèmes aux villageois». Mario, vendeur de billets de loterie, concède du bout des lèvres une explication : «Les gens se taisent car la parole peut tuer. Les mouvements subversifs ont des oreilles partout». De fait, même le nom de la guérilla semble dangereux à prononcer. «La ville est quadrillée», confirme un journaliste local. «Les paramilitaires ont le contrôle de certains quartiers et les FARC tiennent le reste de la cité. Seuls les Indiens réussissent à conserver leurs distances avec les groupes armés».
Les Indiens Nasa vivent disséminés dans la montagne, au dessus de Florida. Un contrôle militaire filtre les passages qui mènent à leur territoire. Tous les indigènes sont systématiquement fouillés. «Bienvenue en terre indigène», lance Wilson Lulico Ramos, chef de la communauté des Nasa, sitôt le barrage franchi par son vieux véhicule tout terrain. La piste serpente en lacets dans l'épais manteau forestier, se poursuit sur une crête et remonte à flanc de montagne. Les toits de Florida disparaissent dans la plaine, et loin derrière se devinent les contours de la ville de Cali. Une vingtaine d'indigènes, bottés de caoutchouc et armés de bâtons décorés de rubans colorés, nous attendent quelques centaines de mètres avant le village de Las Brisas. «C'est la garde indigène», explique Wilson, «nous nous sommes organisés pour protéger la communauté, prise entre les feux de la guérilla et ceux de l'armée. Notre force, c'est l'unité, et nos bâtons sont le symbole de notre autorité».
José Vincente Guasaquiyo, coordinateur des gardes des différentes réserves, détaille : «je commande 630 gardes, hommes, femmes et adolescents. Notre territoire s'étend de Florida aux sommets de la cordillère centrale». Le 23 janvier 2007, un membre de la communauté nasa a été tué par les forces armées, qui ont invoqué une «erreur militaire». «Notre réaction a été immédiate», raconte José Vincente. «A 80 gardes, nous avons encerclé douze soldats. Nous les avons convaincu de déposer leurs armes à terre, et nous les avons capturés.» Les indigènes ont procédé de la même manière avec les FARC, encerclant et désarmant quelques guérilleros. «Nous avons organisé une cérémonie et détruit une de leurs mitrailleuses devant eux. Pour nous, les conflits ne doivent pas se régler par les armes», explique le chef Wilson Lulica Ramos.
Le village des Indiens nasa aligne ses toits de tôle entre les cimes. La population vit en quasi-autarcie, grâce aux cultures du bas des montagnes, aux fruits des forêts, au bétail, aux poules, et aux poissons pêchés dans les rivières. Mais avec l'installation d'une base militaire à proximité, le quotidien s'est compliqué. «Depuis l'arrivée des soldats, la guérilla a truffé notre territoire de mines anti-personnelles», explique une mère de famille. «En trois ans, cinq personnes de la communauté ont été blessées, et beaucoup d'animaux ont été tués», ajoute-t-elle.
Face aux verts sommets qui disparaissent sous d'épais nuages, le chef Wilson Lulica Ramos explique : «Notre communauté est la première victime de ce conflit. Nous ne collaborons avec aucune des deux parties et nous souhaitons servir d'intermédiaire en vue de la libération des otages détenus par les FARC et des guérilleros emprisonnés. Dans cette perspective, nous soutenons la démilitarisation de la région demandée par la guérilla. Mais notre souveraineté sur nos terres doit d'abord être reconnue et respectée par tous. Ces montagnes sont notre propriété ancestrale. Hélas, les combats et les mines nous empêchent d'y circuler librement». Arrivé au volant d'un camion surchargé de bois de chauffe, le gouverneur de toutes les communautés indigènes de la région, Luis Horacio Agua n'espère aucun miracle. «Si les militaires partent, d'autres groupes armés les remplaceront immédiatement. Et comme toujours, ce sont les indigènes qui paieront le prix de la violence. Les autres paysans sont partis, mais nous nous resterons, même si nous devons y laisser nos vies», conclut-il.
Remonté à bord de son véhicule tout terrain, Wilson Lulica Ramos klaxonne pour signifier le retour imminent vers Florida. «Une fois la nuit tombée, il n'est pas prudent de circuler. Nous ne pourrons plus garantir votre sécurité», lâche-t-il. Debout devant l'école, les enfants du village entonnent l'hymne de leur communauté : «Nous sommes des paysans indigènes et sommes fiers du sang qui coule dans nos veines. Nous continuerons la lutte pour honorer notre lignée».
http://www.rfi.fr/actufr/articles/090/article_53164.asp
Hugo Chavez se dit prêt à discuter avec les rebelles colombiens
06.08.07 | 07h45
CARACAS (Reuters) - Le président vénézuélien Hugo Chavez s'est dit dimanche intéressé par l'organisation de discussions avec la rébellion colombienne d'extrême-gauche afin d'obtenir un accord humanitaire en vue d'un réglement d'un conflit qui dure depuis quatre décennies.
Jeudi, son homologue colombien Alvaro Uribe a proposé aux rebelles la mise en place d'un "sanctuaire" en vue de pourparlers de paix à condition que les guérilleros relâchent préalablement leurs otages.
Au cours d'une longue intervention télévisée, Chavez a déclaré dimanche qu'il "aimerait parler de politique avec le commandant de la guérilla colombienne".
"Nous avons toujours dit dans le cas de la Colombie que nous étions à faire tout ce que nous pouvions pour faire avancer la paix", a-t-il dit à la sénatrice colombienne Piedad Cordoba, une de ses alliées.
Les Etats-Unis, qui ont fourni des milliards de dollars d'aide au gouvernement conservateur d'Uribe, ont plusieurs fois accusé Chavez de collaborer avec les guérilleros, ce que le président vénézuélien a toujours démenti.
http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14 ... -37,0.html
06.08.07 | 07h45
CARACAS (Reuters) - Le président vénézuélien Hugo Chavez s'est dit dimanche intéressé par l'organisation de discussions avec la rébellion colombienne d'extrême-gauche afin d'obtenir un accord humanitaire en vue d'un réglement d'un conflit qui dure depuis quatre décennies.
Jeudi, son homologue colombien Alvaro Uribe a proposé aux rebelles la mise en place d'un "sanctuaire" en vue de pourparlers de paix à condition que les guérilleros relâchent préalablement leurs otages.
Au cours d'une longue intervention télévisée, Chavez a déclaré dimanche qu'il "aimerait parler de politique avec le commandant de la guérilla colombienne".
"Nous avons toujours dit dans le cas de la Colombie que nous étions à faire tout ce que nous pouvions pour faire avancer la paix", a-t-il dit à la sénatrice colombienne Piedad Cordoba, une de ses alliées.
Les Etats-Unis, qui ont fourni des milliards de dollars d'aide au gouvernement conservateur d'Uribe, ont plusieurs fois accusé Chavez de collaborer avec les guérilleros, ce que le président vénézuélien a toujours démenti.
http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14 ... -37,0.html
La Colombie ou l’avantage comparatif de la coca
par Francisco E. Thoumi
6 août 2007
http://risal.collectifs.net/spip.php?article2296
La Colombie est le plus grand cultivateur de coca illégale et le plus grand producteur de cocaïne au monde. Elle est aussi l‘un des principaux fournisseurs d’héroïne du marché des Etats-Unis. C’est le premier ou le deuxième producteur de faux dollars états-uniens ; elle a le nombre le plus élevé d’enlèvements et d’assassinats commandités ; elle occupe la deuxième place pour le nombre d’enfants liés à la guerre et d’habitants touchés par les déplacements internes ; elle est le premier ou le deuxième pays latino-américain exportateur de prostituées, et elle a la plus grande ou deuxième plus grande guérilla marxiste du monde [les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie - FARC, ndlr]. La Colombie est le plus grand producteur de passeports de la Communauté européenne et d’euros de grande qualité. Mi 2006, la police a démantelé une usine dans laquelle on falsifiait les difficiles dollars australiens. Inévitablement, dans de telles circonstances, la corruption est rampante.
Au cours des 30 dernières années, le trafic de drogues illicites a été une constante en Colombie. Cette industrie illégale a commencé avec la plantation de marijuana, et a évolué vers le traitement de la pâte de coca importée par les « cartels » de la drogue depuis la Bolivie et le Pérou. Au début des années 80 du XXe siècle, la fabrication de coca en Colombie a commencé, comme composante du processus entier de la production de la cocaïne. La culture de la feuille a fleuri pendant les années 90 et en 1999 le pays en était le plus grand cultivateur dans le monde entier. C’est au cours de la même décennie qu’a démarré la culture du pavot pour la production d’héroïne destinée au marché états-unien.
Dans la lutte que le gouvernement national a entreprise contre les narcotrafiquants, des succès partiels ont été remportés, comme la destruction partielle des cartels de la drogue. Leur réponse ne s’est pas faite attendre : au milieu des années 90, l’industrie s’est fragmentée en une multitude de groupes ou de petits trafiquants ou cartelitos [petits cartels, ndlr]. Ces groupes n’avaient pas la capacité de financer de puissants groupes armés pour protéger leurs intérêts et ont commencé à employer les services des groupes paramilitaires et guérilleros. Ils se sont vite rendu compte que le contrôle de l’industrie exigeait des bras armés forts. Les guérillas et les groupes paramilitaires ont, par conséquent, étendu leur contrôle territorial dans de nombreuses zones du pays où la présence de l’Etat était faible.
Les groupes paramilitaires ont surgi en réponse aux enlèvements et aux extorsions dont étaient victimes les propriétaires de la part de la guérilla, et comme une composante des cartels de la drogue qui avaient besoin de protection pour leurs investissements. Ils ont été utilisés aussi pour déplacer des paysans et pour augmenter la concentration de la propriété rurale. De la même manière, d’autres phénomènes associés à cette transformation ont eu lieu. La nouvelle constitution de 1991 a essayé de décentraliser le pouvoir politique en autorisant de grands transferts du gouvernement national vers les gouvernements locaux. Ceci a créé un stimulant pour le contrôle territorial des groupes armés qui pouvaient profiter des « généreux » transferts.
Les territoires sous contrôle de la guérilla et des groupes paramilitaires ont permis que ceux-ci profitent du commerce illégal. Dans les zones sous leur contrôle, ils ont établi ce qu’on peut considérer comme un monopsone (ils sont les seuls acheteurs) [1] face aux paysans cultivateurs de pavot et de coca, et un monopole (ils sont les seuls vendeurs) face aux trafiquants de drogue. Aujourd’hui, les paysans cultivateurs de coca reçoivent des prix plus bas que ceux qui prévalaient à l’époque des grands cartels.
Ces transformations dans la réalité colombienne sont allées de paire avec la croissance des guérillas, tant dans le contrôle territorial que dans sa puissance de feu, ce qui a réveillé l’intérêt de différents gouvernements pour négocier avec elles, mais sans résultats positifs. La réponse du gouvernement ne s’est pas faite attendre. Depuis 1998, il a renforcé l’armée comme mesure pour augmenter son contrôle territorial. Les Etats-Unis à travers le Plan Colombie soutient ces efforts. Sous le prétexte que les cultures illégales avaient financé les guérillas, lors des élections de 2002, le président Uribe a été élu sur la base de son programme de « mano dura » (« main de fer »), et les fumigations aériennes se sont intensifiées.
Au cours de chacune des quatre années écoulées, le gouvernement a fumigé un nombre d’hectares plus grand que celui des estimations de cultures. Les prix au détail de la cocaïne sur les principaux marchés n’ont toutefois pas augmenté. Mais ces fumigations aériennes contribuent par contre au déplacement de milliers de personnes, ce qui augmente la disponibilité de personnel pour la guerre, la dispersion des cultures sur tout le territoire national et la déforestation des forêts tropicales. Comme cela a été le cas de toutes les mauvaises politiques anti-drogue, la réponse a été de répéter toujours le même schéma.
Malgré le tableau désolant, le gouvernement d’Uribe a réussi est parvenu à de certaines améliorations dans la sécurité et dans l’économie. Le développement économique s’est mis en marche bien qu’il n’ait qu’un taux de croissance proche des 5%, ce qui n’a pas d’impact significatif sur l’emploi ou sur l’amélioration des salaires réels.
Pour renforcer les acquis en matière de sécurité, le président a « négocié » un processus de paix avec les groupes paramilitaires [2], et essaie de faire de même avec la guérilla de l’Ejército de Liberación Nacional (ELN, Armée de libération nationale). Sa politique de « main de fer » contre le trafic de drogue a conduit à plus de 400 extraditions de Colombiens vers les Etats-Unis. Les membres des groupes paramilitaires ont un fort stimulant pour se réintégrer à la vie en société plutôt que d’affronter l’extradition. De fait, cela a signifié l’extradition des trafiquants de carrière alors que ceux qui contrôlent les groupes paramilitaires peuvent négocier avec le gouvernement, recherchant la légalisation de leurs richesses, la minimisation de leurs crimes, et même l’espoir d’être élus au Congrès.
Il n’y a pas de doute que la réélection de Uribe [en mai 2006, ndlr] a impliqué la poursuite de ses dernières politiques en date. Une question importante, cependant, concerne le succès que celles-ci peuvent avoir. Pour répondre à cette question, il est nécessaire d’analyser les raisons pour lesquelles les drogues sont produites en Colombie et l’effet qu’elles ont dans le pays.
Pourquoi les drogues illégales sont-elles produites en Colombie ?
Le succès d’une politique anti-drogue dépend de la compréhension que l’on a du développement de l’industrie illégale des drogues. Les réponses à cette question peuvent être classées généralement en trois groupes. D’abord, on affirme que la croissance de l’industrie illégale de drogues est due à la pauvreté, l’inégalité des richesses et de revenus, la crise économique, la corruption et la situation géographique.
Un second groupe d’explications se base sur des modèles de crime comme comportement déviant. Ces modèles impliquent que les lois sont les résultats de processus sociaux légitimes et ceux qui les violent sont les criminels qui doivent être punis. Par conséquent, les politiques anti-drogue doivent être répressives.
Un troisième groupe d’explication se base sur le bénéfice généré par son illégalité et sa grande demande internationale. L’assertion selon laquelle quand il y a demande il y a offre est fréquemment utilisée comme raison irréfutable pour la production et le trafic de drogue. Les économistes colombiens qui partagent ce point de vue déclarent que la production de drogue a augmenté dans leur pays comme résultat d’un « choc externe » de la demande de drogue [3].
Selon leur modèle, à la fin des années 60, la Colombie avait des niveaux moyens de criminalité, mais que l’augmentation de la demande internationale de drogue a actionné le développement d’une industrie qui est la cause principale des problèmes actuels du pays. Ce modèle argue que la raison pour laquelle la Colombie produit des drogues est externe et que la seule solution est que le monde les légalise.
La preuve empirique n’étaye pas ces explications. Celles-ci ne disent pas pourquoi la production et le trafic de cocaïne et de pavot/opium/héroïne se concentrent dans peu de pays. Pour que la théorie du comportement irrégulier soit valide, il faudrait accepter que certains pays soient génétiquement plus enclins au crime que d’autres. Les gènes n’expliqueraient pas non plus pourquoi les activités de la drogue varient à travers le temps dans chaque région.
L’argument basé sur la rentabilité ne peut expliquer pourquoi la majorité des pays aptes à la culture et à la fabrication de la cocaïne et de l’héroïne ne le font pas. La coca peut être cultivée dans environ 30 pays et le pavot dans beaucoup plus. La cocaïne et l’héroïne peuvent être fabriquées partout. Si la rentabilité déterminait l’endroit, la Colombie serait un des nombreux producteurs et elle n’aurait pas cet énorme problème des drogues illégales. Les partisans de ce modèle n’expliquent pas pourquoi un « choc externe » touche plus la Colombie que des pays comme l’Equateur, la Bolivie et le Pérou où de grandes organisations de narcotrafic ne se sont pas développées. La Malaisie, l’Indonésie, Taiwan, et les Philippines ont produit et exporté de la coca par le passé mais ils ont cessé de le faire quand cette activité est devenue illégale.
D’autres explications échouent aussi parce que la pauvreté, les crises économiques, l’inégalité et la corruption sont endémiques dans des sociétés qui ne produisent pas de drogues et n’en font pas un trafic. En d’autres termes, si la pauvreté et l’inégalité amenaient à la production de drogues et à un comportement économique criminel, pourquoi une telle conduite est-elle apparue en Colombie dans un moment particulier et pas plus tôt ou plus tard ?
Les explications selon lesquelles les drogues se sont développées parce que le pays était sur la route des sources de production et des marchés-clé ne sont pas valables non plus. Sa situation géographique n’explique pas pourquoi la Colombie a développé de grands cartels de trafiquants. En outre, quand la différence entre LAB (libre à bord) et CAF (coût, assurances et frets) représentent le double ou dix fois plus, les coûts de transport sont insignifiants. Pour les trafiquants, la minimisation du risque est la question clé.
Indubitablement, s’il n’y avait pas une demande, les drogues ne seraient pas produites. Mais il est certain aussi que s’il n’y avait pas d’offre, personne ne consommerait. Voici des paradigmes valides mais triviaux et incomplets. N’importe quel cours élémentaire d’économie enseigne que la demande et l’offre sont les deux lames d’une paire de ciseaux, toutes deux sont nécessaires pour créer un marché.
La rentabilité est une condition nécessaire mais pas suffisante pour la production de drogues, et malgré cela la majorité des pays qui pourraient les produire ne le font pas. Les Colombiens doivent répondre à la simple question suivante : pourquoi l’élaboration et le trafic de marchandises faciles à produire (cocaïne et héroïne) qui globalement ont été déclarées illégales et qui ne nécessitent pas de grands capitaux ni de main d’œuvre qualifiée, se sont-ils concentrés dans les pays et régions où la norme légale est plus faible et où la morale sociale est permissive face aux activités économiques illégales ?
La Colombie est devenue le centre principal de création et de trafic de cocaïne et le principal fournisseur d’héroïne pour les Etats-Unis parce qu’elle a développé un avantage comparatif pour produire des marchandises et des services illégaux.
Production et narcotrafic
La production illégale de drogue et la carte du narcotrafic mettent en valeur les facteurs qui rendent une société encline à des activités illégales. Les terres semées de coca et de pavot se sont concentrées dans des pays ou régions ayant des groupes ethniques à la marge de la société (Pérou, Bolivie, Myanmar –Birmanie-, Laos et Pakistan), des groupes isolés et marginaux (Thaïlande, Etats-Unis –Appalaches-), et des zones avec un Etat central faible ou avec des conflits et des guerres internes ou externes (Colombie, Afghanistan).
La production et le trafic de drogue ont été contrôlés par des groupes ayant une faible ou aucune loyauté envers l’Etat central, ceux-là mêmes qui sont impliqués dans des conflits armés ou des guerres de libération (Tchétchénie, Myanmar et Thaïlande ; les Crips, les Hell’s Angels, et les nouveaux émigrants aux Etats-Unis).
La production d’amphétamines – substituts de la cocaïne - peut se faire n’importe où et même ainsi elle est concentrée dans peu de lieux, où il existe de façon notoire une tolérance sociale à une telle production ou où elle s’impose à travers l’illégalité. Ces lieux incluent la Hollande, la Pologne et le Myanmar et quelques endroits des Etats-Unis.
Les solutions ne viendront pas de l’extérieur
Le monde est profondément prohibitionniste. Les Etats-Unis sont le principal promoteur de cette politique, mais la Suède, tous les pays de l’ancienne Union soviétique, les pays islamiques, la Chine, le Japon, l’Australie, l’Europe de l’Est, l’Afrique sub-saharienne, et la majorité des pays latino-américains le sont tout autant. En Colombie on affirme fréquemment que l’Europe occidentale n’est pas prohibitionniste. C’est faux. Il est certain qu’en Hollande, en Espagne, au Portugal, en Suisse, au Royaume-Uni et au nord de l’Allemagne, la consommation de drogue est perçue plus comme un problème de santé publique, avec des racines sociales, que comme un problème criminel ; mais ils n’acceptent pas la production et le commerce légal de cocaïne, d’héroïne et d’autres drogues dures.
Le prohibitionnisme du monde a créé trois conventions des Nations unies et une sur le crime organisé. Actuellement une nouvelle convention sur le terrorisme est en cours d’élaboration. Pour légaliser la production et le trafic de drogue, la Colombie devrait renoncer unilatéralement ou modifier substantiellement ces conventions. Cette alternative n’est pas viable.
Seuls quelques groupes politiques faibles proposent aujourd’hui un marché libre pour l’héroïne et la cocaïne. La majorité des propositions sont tournées vers des marchés fermement contrôlés. Le lauréat du prix Nobel Gary Becker, par exemple, a proposé un impôt élevé sur la consommation pour aider au traitement des personnes dépendantes. Dans ce cas, il y aurait un marché noir pour les drogues, qui, quoique moins rentable que l’actuel, pousserait encore les narcotrafiquants colombiens à continuer d’approvisionner le marché avec des drogues illégales.
Les Colombiens affirment fréquemment que le problème de la drogue est mondial et que la solution doit être mondiale. En fait, le problème n’est pas mondial bien qu’il soit international. Les drogues ne touchent pas tous les pays de la même manière. Dans de nombreux pays, ce n’est pas une affaire sérieuse, ni de santé ni de politique. Les suggestions colombiennes pour une législation mondiale doivent être comprises comme le cri d’une société qui se sent écrasée par les problèmes de la drogue. La Colombie ne peut toutefois pas attendre que le monde change tant qu’elle ne peut arrêter la production illégale de drogues.
Le pourquoi des échecs
Les politiques répressives anti-drogue attaquent la rentabilité de la drogue en augmentant les risques et en réduisant les bénéfices. Quelques-unes de ces politiques ont des effets opposés non souhaités parce que quand la rentabilité diminue dans un secteur de la chaîne du commerce illégal, elle tend à s’accroître dans d’autres parties de la chaîne. Par exemple, quand la fumigation aérienne détruit les cultures sur un lieu, elle augmente les bénéfices du trafic et de la culture ailleurs. Les politiques répressives peuvent connaître un succès à court terme dans certains endroits quand le bénéfice diminue. Mais comme la production de drogue et le narcotrafic se concentrent dans des sociétés enclines aux activités illégales, tant que les drogues continuent d’être illégales, les politiques répressives échouent parce qu’elles n’éliminent pas les causes de cette concentration.
Argumenter que la seule solution pour la Colombie est la légalisation mondiale de la drogue implique que tant que les drogues seront illégales, la Colombie devra continuer d’être un centre de production et de trafic de cocaïne et d’héroïne.
Pourquoi la Colombie ?
Pour répondre à cette question il faut expliquer comment et pourquoi s’est développé en Colombie un milieu qui a favorisé la croissance de l’industrie illégale des drogues. Et pour cela il ne faut pas oublier que le comportement humain individuel est limité par des lois explicites et des normes sociales et des contraintes personnelles, lesquelles ont souffert dans ce pays d’une tolérance « maximale ».
L’Etat colombien, et d’autres institutions telles que la famille, l’école, la religion et les groupes sociaux n’ont pas imposé de limites face au comportement individuel mais ont toléré la violation de la loi et des normes sociales. Dans ce pays il y a moins de solidarité civile, de réciprocité et de confiance, et une identité nationale plus faible que dans d’autres sociétés d’Amérique latine.
Une quantité importante de littérature colombienne a essayé d’identifier les obstacles principaux que le pays a affronté au moment de développer et de consolider une identité nationale et un capital social, et ceci le distingue d’autres dans la région [4]. Cette littérature met en évidence les barrières géographiques qui ont empêché les communications et le commerce pendant plusieurs siècles et qui ont amené au développement d’identités régionales fortes, et d’un Etat central faible qui ne collectait pas d’impôts et qui par conséquent restait pauvre.
Ce modèle existait avant la conquête espagnole. Les territoires indigènes étaient des groupes qui se battaient entre eux. Les conquistadors qui venaient d’une Espagne encore à l’aube de l’unification renforcèrent ce modèle. La Colombie affronta ainsi les coûts d’intégration les plus élevés d’Amérique latine, et sa géographie aussi a produit les exportations per capita les plus basses du continent. L’Etat central avait par conséquent des rentrées fiscales très faibles.
D’autres facteurs ont aggravé cette situation. La campagne de Bolívar pour libérer l’Equateur, le Pérou et la Bolivie a été financée par des prêts étrangers qui ont soumis la Colombie à une dette externe impayable. Ses faibles revenus et économies et donc sa pauvre infrastructure retardèrent son intégration jusqu’en 1920 quand les fonds de la prospérité du café et la compensation états-unienne pour la séparation de Panamá [5] ont été disponibles.
Jusqu’au milieu du XXe siècle, la Colombie était une collection de régions aux identités, accents et coutumes locales contrôlées par différentes élites locales. L’Etat avait peu de capacité à faire respecter la loi. L’inexistence d’un sentiment de loyauté solide a contribué à la création d’une forte, et même fanatique loyauté envers les deux partis traditionnels, le libéral et le conservateur. Ce fait a été un facteur dominant dans le violent conflit interne pendant les années 40 et 50 du XXe siècle, qui fit 300 000 morts sur une population proche des 13 millions.
La politique et l’idéologie dominante depuis 1819 [année de l’indépendance, ndlr] ont essayé d’isoler le pays des influences non catholiques. La Constitution de 1886 qui fut en vigueur, avec quelques réformes, jusqu’en 1991, a visé à la création d’un Etat catholique hostile à l’immigration. La Colombie a le nombre d’immigrants per capita, particulièrement de non catholiques, le plus bas d’Amérique latine. Selon les paroles du l’ex-président Alfonso López Michelsen, la Colombie était le Népal de l’Amérique du Sud.
Mais ce n’est pas seulement cela. Les forces armées n’ont pas réussi à installer une identité nationale. Contrairement au reste de l’Amérique latine, l’armée et les forces de police ont été faibles, elles n’ont pas pu contrôler le territoire et ont eu un statut social bas. Ironiquement, il n’y a aucun général au Congrès, seulement un ex-sergent de police, mais il y a par contre plusieurs ex-guérilleros.
Comme beaucoup d’autres pays en voie de développement, la Colombie a connu de grandes migrations rurales-urbaines, sa particularité est qu’elles furent favorisées par la violence. Les gens ont été déracinés. Il y a eu aussi une migration rurale vers le rural pour coloniser des régions où l’Etat était peu présent et où la terre n’était pas propice à l’agriculture durable.
Une grande partie du pays est composée de forêts tropicales qui n’ont qu’une couverture fine de sol, facile à détruire avec des procédés productifs à grande échelle ou non respectueux de leur stabilité environnementale. Il ne peut y avoir là de grandes villes. Ceci représente un dilemme pour l’Etat. D’un côté, il est très coûteux d’exercer une souveraineté sur des régions étendues du pays qui ne contribuent pas de manière significative à l’économie légale ; d’un autre côté, les organisations para-étatiques profitent du contrôle de telles zones si celles-ci produisent des récoltes illégales ou fabriquent les drogues.
Par le passé, les gouvernements colombiens ont essayé de d’établir la souveraineté du pays dans des zones éloignées par des traités internationaux avec ses voisins. Ils n’ont pas investi les moyens nécessaires pour garantir les droits de ceux qui vivaient là. Maintenant l’ennemi est intérieur et pas extérieur. L’élite du pays n’est pas prête à assumer les coûts d’une souveraineté véritable dans des zones reculées.
La fragmentation du pays a prévenu les coups d’Etat militaires et de gauche courants dans d’autres pays d’Amérique latine, qui, de façon contradictoire, ont généré l’apparition d’une opposition. La Colombie est le seul pays de la région sans aucune réforme de centre-gauche comme la réforme agraire. Pour ceux qui cherchent un changement social, les guérillas ont été une bonne option.
Une dynamique qui n’est pas étrangère à la violence. Le pays supporte la violence civile depuis le début de la décennie de 1930. Les taux de morts violentes ont été extrêmement élevés. La majorité des Colombiens ont vécu l’expérience d’avoir un parent, un proche ou un ami assassiné. Le stress post-traumatique que tant de Colombiens connaissent est un obstacle important pour le développement d’une résolution pacifique du conflit.
L’économie de la Colombie a augmenté suffisamment à partir de la décennie de 1930 jusqu’en 1999 pour que la population arrive à savoir lire et écrire, que les femmes intègrent la force de travail, et que les infrastructures urbaines, et un peu les rurales, s’accroissent. La Colombie n’est pas aujourd’hui le pays « en retard » d’il y a un siècle. Et elle n’est pas non plus un des plus pauvre d’Amérique latine. Une couche de modernité cache les profonds problèmes qu’accumule une société individualiste à l’extrême, aux institutions et à l’Etat faibles et avec peu de contrôle social du comportement individuel.
Quand la demande internationale de marijuana et de cocaïne a augmenté, la Colombie était prête pour profiter de l’opportunité de la suppléer. Pendant que la production augmentait, la propension à l’illégalité a prospéré conduisant à la prédominance du manque d’honnêteté. La malhonnêteté a gagné un grand espace, à tel point qu’être honnête et agir en total respect de la loi est l’exception.
La complaisance avec l’argent illégal s’est étendue à travers toute la société. L’industrie illégale a l’effet positif d’augmenter à court terme le revenu, mais elle engendre des effets sociaux et politiques négatifs. A la fin des années 70 et au début des années 80, la majorité des Colombiens voyaient dans la cocaïne l’ « envoyée de Dieu », qui produisait de la richesse individuelle et un avantage pour l’échange de devises du pays. Aujourd’hui, cette opinion a changé, un segment important de la population voit dans la drogue la source de la plus grande partie des problèmes de leur pays, même si la fragilité sociale est le problème sous-jacent.
Des solutions de l’intérieur
La réduction de l’économie de la drogue ne peut être atteinte par des politiques répressives traditionnelles. Des changements dans les normes de la société civile sont nécessaires. Il est indispensable de développer la Loi, mais celle-ci doit refléter un large consensus social sur la nature inhérente de la Colombie. La Loi ne peut être imposée d’en haut par une petite élite ou par des étrangers. Le capital social doit générer confiance, réciprocité et solidarité. La Colombie doit apprendre à vivre avec la prohibition internationale de la drogue parce que le monde ne va pas changer pour répondre aux problèmes du pays.
Le premier pas pour que la Colombie se transforme requiert qu’elle accepte la nécessité de changer et d’affronter les activités économiques illégales. Autrement, la société continuera de rendre responsable le monde extérieur et de souffrir des problèmes engendrés par l’illégalité généralisée.
Les changements institutionnels ne peuvent pas être formulés comme une recette universelle. Les réformes dépendent des institutions et de l’histoire particulière de chaque pays. Les faits récents démontrent que l’évolution institutionnelle est possible. L’Union soviétique et ses satellites d’Europe de l’Est et l’Afrique du Sud sont des exemples qui donnent de l’espoir à la Colombie.
Notes:
[1] [NDLR] Situation de marché dans laquelle il n’y a qu’un seul acheteur d’un produit fabriqué par une multitude de vendeurs.
[2] [NDLR] Ce polémique processus de démobilisation des groupes paramilitaires a déjà été l’objet de nombreux articles sur le RISAL, notamment ses derniers développements avec le scandale de ladite parapolitique. Consultez à ce sujet le dossier « Paramilitarisme et parapolitique » : http://risal.collectifs.net/spip.php ?mot392.
[3] Alejandro Gaviria, « Increasing returns and the evolution of violent crime : the case of Colombia », Journal of Development economics 61 :1 (may 1998), p. 1-25.
[4] Voir par exemple, Hernando Gómez-Buendía, ‘La Hipótesis del Almendrón, dans ¿Para dónde va Colombia ?, ed Hernando Gómez-Buendía (Bogotá : TM Editores-Colciencias, 1999) ; María Teresa Herrán, La Sociedad de la Mentira, Segunda edición (Bogotá : Fondo Editorial CEREC-Editorial la Oveja Negra, 1987) ; Salomón Kalmanovitz, La Encrucijada de la Sinrazón y otros Ensayos (Bogotá : Tercer Mundo Editores, 1989) ; Francisco E Thoumi, ‘Some Implications of the Growth of the Underground Economy in Colombia’, Journal of lnteramerican Studies and World affaire 29:2 (Summer 1997), Francisco E. Thoumi, ‘The Role of the State, Social Institutions, and social capital in determining competitive advantage in illegal drugs in the Andes’, Transnational Organized Crime 5:1 (Spring 1999) ; Francisco E Thoumi, Illegal Drugs, Economy and Society in the Andes (Baltimore : The Johns Hopkins University Press, 2003) ; et Emilio Yunis, ¿Por qué somos así ? ¿Qué pasó en Colombia ? Análisis del mestizaje (Bogotá : Editorial Temis, 2003).
[5] [NDLR] Lire à ce sujet Hernando Calvo Ospina, Panamá, un canal à tout prix, Le Monde diplomatique, novembre 2004 : http://www.monde-diplomatique.fr/20....
En cas de reproduction de cet article, veuillez indiquer les informations ci-dessous:
Source : El Dipló, édition colombienne du Monde diplomatique (http://www.eldiplo.info/), n°57, juin 2007.
Traduction : Cathie Duval, pour le RISAL (http://risal.collectifs.net/).
Les opinions exprimées et les arguments avancés dans cet article demeurent l'entière responsabilité de l'auteur-e et ne reflètent pas nécessairement ceux du Réseau d'Information et de Solidarité avec l'Amérique Latine (RISAL).
GLOSSAIRE
Ejército de Liberación Nacional, Armée de Libération Nationale (ELN)
L’Armée de libération nationale, Ejército de Liberación Nacional (ELN), est une guérilla colombienne encore en activité, née en 1962 sous l’influence de la révolution cubaine. On estime ses combattants à 4 000.
Forces Armées Révolutionnaires de Colombie - Armée du Peuple (FARC-EP)
Les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie - Armée du peuple, Fuerzas Armadas Revolucionarias de Colombia – Ejército del Pueblo, est la principale guérilla de Colombie, née officiellement en 1964. Elle est reconnue comme organisation terroriste par les États-Unis et l’Union européenne.
Fumigations
Epandage de produits chimiques par voie aérienne sur les plantations e coca et de pavot.
López Michelsen, Alfonso
Alfonso López Michelsen (1913-2007) est un homme politique et juriste colombien. Issu de la famille libérale, il fut président de la République de Colombie de 1974 à 1978.
par Francisco E. Thoumi
6 août 2007
http://risal.collectifs.net/spip.php?article2296
La Colombie est le plus grand cultivateur de coca illégale et le plus grand producteur de cocaïne au monde. Elle est aussi l‘un des principaux fournisseurs d’héroïne du marché des Etats-Unis. C’est le premier ou le deuxième producteur de faux dollars états-uniens ; elle a le nombre le plus élevé d’enlèvements et d’assassinats commandités ; elle occupe la deuxième place pour le nombre d’enfants liés à la guerre et d’habitants touchés par les déplacements internes ; elle est le premier ou le deuxième pays latino-américain exportateur de prostituées, et elle a la plus grande ou deuxième plus grande guérilla marxiste du monde [les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie - FARC, ndlr]. La Colombie est le plus grand producteur de passeports de la Communauté européenne et d’euros de grande qualité. Mi 2006, la police a démantelé une usine dans laquelle on falsifiait les difficiles dollars australiens. Inévitablement, dans de telles circonstances, la corruption est rampante.
Au cours des 30 dernières années, le trafic de drogues illicites a été une constante en Colombie. Cette industrie illégale a commencé avec la plantation de marijuana, et a évolué vers le traitement de la pâte de coca importée par les « cartels » de la drogue depuis la Bolivie et le Pérou. Au début des années 80 du XXe siècle, la fabrication de coca en Colombie a commencé, comme composante du processus entier de la production de la cocaïne. La culture de la feuille a fleuri pendant les années 90 et en 1999 le pays en était le plus grand cultivateur dans le monde entier. C’est au cours de la même décennie qu’a démarré la culture du pavot pour la production d’héroïne destinée au marché états-unien.
Dans la lutte que le gouvernement national a entreprise contre les narcotrafiquants, des succès partiels ont été remportés, comme la destruction partielle des cartels de la drogue. Leur réponse ne s’est pas faite attendre : au milieu des années 90, l’industrie s’est fragmentée en une multitude de groupes ou de petits trafiquants ou cartelitos [petits cartels, ndlr]. Ces groupes n’avaient pas la capacité de financer de puissants groupes armés pour protéger leurs intérêts et ont commencé à employer les services des groupes paramilitaires et guérilleros. Ils se sont vite rendu compte que le contrôle de l’industrie exigeait des bras armés forts. Les guérillas et les groupes paramilitaires ont, par conséquent, étendu leur contrôle territorial dans de nombreuses zones du pays où la présence de l’Etat était faible.
Les groupes paramilitaires ont surgi en réponse aux enlèvements et aux extorsions dont étaient victimes les propriétaires de la part de la guérilla, et comme une composante des cartels de la drogue qui avaient besoin de protection pour leurs investissements. Ils ont été utilisés aussi pour déplacer des paysans et pour augmenter la concentration de la propriété rurale. De la même manière, d’autres phénomènes associés à cette transformation ont eu lieu. La nouvelle constitution de 1991 a essayé de décentraliser le pouvoir politique en autorisant de grands transferts du gouvernement national vers les gouvernements locaux. Ceci a créé un stimulant pour le contrôle territorial des groupes armés qui pouvaient profiter des « généreux » transferts.
Les territoires sous contrôle de la guérilla et des groupes paramilitaires ont permis que ceux-ci profitent du commerce illégal. Dans les zones sous leur contrôle, ils ont établi ce qu’on peut considérer comme un monopsone (ils sont les seuls acheteurs) [1] face aux paysans cultivateurs de pavot et de coca, et un monopole (ils sont les seuls vendeurs) face aux trafiquants de drogue. Aujourd’hui, les paysans cultivateurs de coca reçoivent des prix plus bas que ceux qui prévalaient à l’époque des grands cartels.
Ces transformations dans la réalité colombienne sont allées de paire avec la croissance des guérillas, tant dans le contrôle territorial que dans sa puissance de feu, ce qui a réveillé l’intérêt de différents gouvernements pour négocier avec elles, mais sans résultats positifs. La réponse du gouvernement ne s’est pas faite attendre. Depuis 1998, il a renforcé l’armée comme mesure pour augmenter son contrôle territorial. Les Etats-Unis à travers le Plan Colombie soutient ces efforts. Sous le prétexte que les cultures illégales avaient financé les guérillas, lors des élections de 2002, le président Uribe a été élu sur la base de son programme de « mano dura » (« main de fer »), et les fumigations aériennes se sont intensifiées.
Au cours de chacune des quatre années écoulées, le gouvernement a fumigé un nombre d’hectares plus grand que celui des estimations de cultures. Les prix au détail de la cocaïne sur les principaux marchés n’ont toutefois pas augmenté. Mais ces fumigations aériennes contribuent par contre au déplacement de milliers de personnes, ce qui augmente la disponibilité de personnel pour la guerre, la dispersion des cultures sur tout le territoire national et la déforestation des forêts tropicales. Comme cela a été le cas de toutes les mauvaises politiques anti-drogue, la réponse a été de répéter toujours le même schéma.
Malgré le tableau désolant, le gouvernement d’Uribe a réussi est parvenu à de certaines améliorations dans la sécurité et dans l’économie. Le développement économique s’est mis en marche bien qu’il n’ait qu’un taux de croissance proche des 5%, ce qui n’a pas d’impact significatif sur l’emploi ou sur l’amélioration des salaires réels.
Pour renforcer les acquis en matière de sécurité, le président a « négocié » un processus de paix avec les groupes paramilitaires [2], et essaie de faire de même avec la guérilla de l’Ejército de Liberación Nacional (ELN, Armée de libération nationale). Sa politique de « main de fer » contre le trafic de drogue a conduit à plus de 400 extraditions de Colombiens vers les Etats-Unis. Les membres des groupes paramilitaires ont un fort stimulant pour se réintégrer à la vie en société plutôt que d’affronter l’extradition. De fait, cela a signifié l’extradition des trafiquants de carrière alors que ceux qui contrôlent les groupes paramilitaires peuvent négocier avec le gouvernement, recherchant la légalisation de leurs richesses, la minimisation de leurs crimes, et même l’espoir d’être élus au Congrès.
Il n’y a pas de doute que la réélection de Uribe [en mai 2006, ndlr] a impliqué la poursuite de ses dernières politiques en date. Une question importante, cependant, concerne le succès que celles-ci peuvent avoir. Pour répondre à cette question, il est nécessaire d’analyser les raisons pour lesquelles les drogues sont produites en Colombie et l’effet qu’elles ont dans le pays.
Pourquoi les drogues illégales sont-elles produites en Colombie ?
Le succès d’une politique anti-drogue dépend de la compréhension que l’on a du développement de l’industrie illégale des drogues. Les réponses à cette question peuvent être classées généralement en trois groupes. D’abord, on affirme que la croissance de l’industrie illégale de drogues est due à la pauvreté, l’inégalité des richesses et de revenus, la crise économique, la corruption et la situation géographique.
Un second groupe d’explications se base sur des modèles de crime comme comportement déviant. Ces modèles impliquent que les lois sont les résultats de processus sociaux légitimes et ceux qui les violent sont les criminels qui doivent être punis. Par conséquent, les politiques anti-drogue doivent être répressives.
Un troisième groupe d’explication se base sur le bénéfice généré par son illégalité et sa grande demande internationale. L’assertion selon laquelle quand il y a demande il y a offre est fréquemment utilisée comme raison irréfutable pour la production et le trafic de drogue. Les économistes colombiens qui partagent ce point de vue déclarent que la production de drogue a augmenté dans leur pays comme résultat d’un « choc externe » de la demande de drogue [3].
Selon leur modèle, à la fin des années 60, la Colombie avait des niveaux moyens de criminalité, mais que l’augmentation de la demande internationale de drogue a actionné le développement d’une industrie qui est la cause principale des problèmes actuels du pays. Ce modèle argue que la raison pour laquelle la Colombie produit des drogues est externe et que la seule solution est que le monde les légalise.
La preuve empirique n’étaye pas ces explications. Celles-ci ne disent pas pourquoi la production et le trafic de cocaïne et de pavot/opium/héroïne se concentrent dans peu de pays. Pour que la théorie du comportement irrégulier soit valide, il faudrait accepter que certains pays soient génétiquement plus enclins au crime que d’autres. Les gènes n’expliqueraient pas non plus pourquoi les activités de la drogue varient à travers le temps dans chaque région.
L’argument basé sur la rentabilité ne peut expliquer pourquoi la majorité des pays aptes à la culture et à la fabrication de la cocaïne et de l’héroïne ne le font pas. La coca peut être cultivée dans environ 30 pays et le pavot dans beaucoup plus. La cocaïne et l’héroïne peuvent être fabriquées partout. Si la rentabilité déterminait l’endroit, la Colombie serait un des nombreux producteurs et elle n’aurait pas cet énorme problème des drogues illégales. Les partisans de ce modèle n’expliquent pas pourquoi un « choc externe » touche plus la Colombie que des pays comme l’Equateur, la Bolivie et le Pérou où de grandes organisations de narcotrafic ne se sont pas développées. La Malaisie, l’Indonésie, Taiwan, et les Philippines ont produit et exporté de la coca par le passé mais ils ont cessé de le faire quand cette activité est devenue illégale.
D’autres explications échouent aussi parce que la pauvreté, les crises économiques, l’inégalité et la corruption sont endémiques dans des sociétés qui ne produisent pas de drogues et n’en font pas un trafic. En d’autres termes, si la pauvreté et l’inégalité amenaient à la production de drogues et à un comportement économique criminel, pourquoi une telle conduite est-elle apparue en Colombie dans un moment particulier et pas plus tôt ou plus tard ?
Les explications selon lesquelles les drogues se sont développées parce que le pays était sur la route des sources de production et des marchés-clé ne sont pas valables non plus. Sa situation géographique n’explique pas pourquoi la Colombie a développé de grands cartels de trafiquants. En outre, quand la différence entre LAB (libre à bord) et CAF (coût, assurances et frets) représentent le double ou dix fois plus, les coûts de transport sont insignifiants. Pour les trafiquants, la minimisation du risque est la question clé.
Indubitablement, s’il n’y avait pas une demande, les drogues ne seraient pas produites. Mais il est certain aussi que s’il n’y avait pas d’offre, personne ne consommerait. Voici des paradigmes valides mais triviaux et incomplets. N’importe quel cours élémentaire d’économie enseigne que la demande et l’offre sont les deux lames d’une paire de ciseaux, toutes deux sont nécessaires pour créer un marché.
La rentabilité est une condition nécessaire mais pas suffisante pour la production de drogues, et malgré cela la majorité des pays qui pourraient les produire ne le font pas. Les Colombiens doivent répondre à la simple question suivante : pourquoi l’élaboration et le trafic de marchandises faciles à produire (cocaïne et héroïne) qui globalement ont été déclarées illégales et qui ne nécessitent pas de grands capitaux ni de main d’œuvre qualifiée, se sont-ils concentrés dans les pays et régions où la norme légale est plus faible et où la morale sociale est permissive face aux activités économiques illégales ?
La Colombie est devenue le centre principal de création et de trafic de cocaïne et le principal fournisseur d’héroïne pour les Etats-Unis parce qu’elle a développé un avantage comparatif pour produire des marchandises et des services illégaux.
Production et narcotrafic
La production illégale de drogue et la carte du narcotrafic mettent en valeur les facteurs qui rendent une société encline à des activités illégales. Les terres semées de coca et de pavot se sont concentrées dans des pays ou régions ayant des groupes ethniques à la marge de la société (Pérou, Bolivie, Myanmar –Birmanie-, Laos et Pakistan), des groupes isolés et marginaux (Thaïlande, Etats-Unis –Appalaches-), et des zones avec un Etat central faible ou avec des conflits et des guerres internes ou externes (Colombie, Afghanistan).
La production et le trafic de drogue ont été contrôlés par des groupes ayant une faible ou aucune loyauté envers l’Etat central, ceux-là mêmes qui sont impliqués dans des conflits armés ou des guerres de libération (Tchétchénie, Myanmar et Thaïlande ; les Crips, les Hell’s Angels, et les nouveaux émigrants aux Etats-Unis).
La production d’amphétamines – substituts de la cocaïne - peut se faire n’importe où et même ainsi elle est concentrée dans peu de lieux, où il existe de façon notoire une tolérance sociale à une telle production ou où elle s’impose à travers l’illégalité. Ces lieux incluent la Hollande, la Pologne et le Myanmar et quelques endroits des Etats-Unis.
Les solutions ne viendront pas de l’extérieur
Le monde est profondément prohibitionniste. Les Etats-Unis sont le principal promoteur de cette politique, mais la Suède, tous les pays de l’ancienne Union soviétique, les pays islamiques, la Chine, le Japon, l’Australie, l’Europe de l’Est, l’Afrique sub-saharienne, et la majorité des pays latino-américains le sont tout autant. En Colombie on affirme fréquemment que l’Europe occidentale n’est pas prohibitionniste. C’est faux. Il est certain qu’en Hollande, en Espagne, au Portugal, en Suisse, au Royaume-Uni et au nord de l’Allemagne, la consommation de drogue est perçue plus comme un problème de santé publique, avec des racines sociales, que comme un problème criminel ; mais ils n’acceptent pas la production et le commerce légal de cocaïne, d’héroïne et d’autres drogues dures.
Le prohibitionnisme du monde a créé trois conventions des Nations unies et une sur le crime organisé. Actuellement une nouvelle convention sur le terrorisme est en cours d’élaboration. Pour légaliser la production et le trafic de drogue, la Colombie devrait renoncer unilatéralement ou modifier substantiellement ces conventions. Cette alternative n’est pas viable.
Seuls quelques groupes politiques faibles proposent aujourd’hui un marché libre pour l’héroïne et la cocaïne. La majorité des propositions sont tournées vers des marchés fermement contrôlés. Le lauréat du prix Nobel Gary Becker, par exemple, a proposé un impôt élevé sur la consommation pour aider au traitement des personnes dépendantes. Dans ce cas, il y aurait un marché noir pour les drogues, qui, quoique moins rentable que l’actuel, pousserait encore les narcotrafiquants colombiens à continuer d’approvisionner le marché avec des drogues illégales.
Les Colombiens affirment fréquemment que le problème de la drogue est mondial et que la solution doit être mondiale. En fait, le problème n’est pas mondial bien qu’il soit international. Les drogues ne touchent pas tous les pays de la même manière. Dans de nombreux pays, ce n’est pas une affaire sérieuse, ni de santé ni de politique. Les suggestions colombiennes pour une législation mondiale doivent être comprises comme le cri d’une société qui se sent écrasée par les problèmes de la drogue. La Colombie ne peut toutefois pas attendre que le monde change tant qu’elle ne peut arrêter la production illégale de drogues.
Le pourquoi des échecs
Les politiques répressives anti-drogue attaquent la rentabilité de la drogue en augmentant les risques et en réduisant les bénéfices. Quelques-unes de ces politiques ont des effets opposés non souhaités parce que quand la rentabilité diminue dans un secteur de la chaîne du commerce illégal, elle tend à s’accroître dans d’autres parties de la chaîne. Par exemple, quand la fumigation aérienne détruit les cultures sur un lieu, elle augmente les bénéfices du trafic et de la culture ailleurs. Les politiques répressives peuvent connaître un succès à court terme dans certains endroits quand le bénéfice diminue. Mais comme la production de drogue et le narcotrafic se concentrent dans des sociétés enclines aux activités illégales, tant que les drogues continuent d’être illégales, les politiques répressives échouent parce qu’elles n’éliminent pas les causes de cette concentration.
Argumenter que la seule solution pour la Colombie est la légalisation mondiale de la drogue implique que tant que les drogues seront illégales, la Colombie devra continuer d’être un centre de production et de trafic de cocaïne et d’héroïne.
Pourquoi la Colombie ?
Pour répondre à cette question il faut expliquer comment et pourquoi s’est développé en Colombie un milieu qui a favorisé la croissance de l’industrie illégale des drogues. Et pour cela il ne faut pas oublier que le comportement humain individuel est limité par des lois explicites et des normes sociales et des contraintes personnelles, lesquelles ont souffert dans ce pays d’une tolérance « maximale ».
L’Etat colombien, et d’autres institutions telles que la famille, l’école, la religion et les groupes sociaux n’ont pas imposé de limites face au comportement individuel mais ont toléré la violation de la loi et des normes sociales. Dans ce pays il y a moins de solidarité civile, de réciprocité et de confiance, et une identité nationale plus faible que dans d’autres sociétés d’Amérique latine.
Une quantité importante de littérature colombienne a essayé d’identifier les obstacles principaux que le pays a affronté au moment de développer et de consolider une identité nationale et un capital social, et ceci le distingue d’autres dans la région [4]. Cette littérature met en évidence les barrières géographiques qui ont empêché les communications et le commerce pendant plusieurs siècles et qui ont amené au développement d’identités régionales fortes, et d’un Etat central faible qui ne collectait pas d’impôts et qui par conséquent restait pauvre.
Ce modèle existait avant la conquête espagnole. Les territoires indigènes étaient des groupes qui se battaient entre eux. Les conquistadors qui venaient d’une Espagne encore à l’aube de l’unification renforcèrent ce modèle. La Colombie affronta ainsi les coûts d’intégration les plus élevés d’Amérique latine, et sa géographie aussi a produit les exportations per capita les plus basses du continent. L’Etat central avait par conséquent des rentrées fiscales très faibles.
D’autres facteurs ont aggravé cette situation. La campagne de Bolívar pour libérer l’Equateur, le Pérou et la Bolivie a été financée par des prêts étrangers qui ont soumis la Colombie à une dette externe impayable. Ses faibles revenus et économies et donc sa pauvre infrastructure retardèrent son intégration jusqu’en 1920 quand les fonds de la prospérité du café et la compensation états-unienne pour la séparation de Panamá [5] ont été disponibles.
Jusqu’au milieu du XXe siècle, la Colombie était une collection de régions aux identités, accents et coutumes locales contrôlées par différentes élites locales. L’Etat avait peu de capacité à faire respecter la loi. L’inexistence d’un sentiment de loyauté solide a contribué à la création d’une forte, et même fanatique loyauté envers les deux partis traditionnels, le libéral et le conservateur. Ce fait a été un facteur dominant dans le violent conflit interne pendant les années 40 et 50 du XXe siècle, qui fit 300 000 morts sur une population proche des 13 millions.
La politique et l’idéologie dominante depuis 1819 [année de l’indépendance, ndlr] ont essayé d’isoler le pays des influences non catholiques. La Constitution de 1886 qui fut en vigueur, avec quelques réformes, jusqu’en 1991, a visé à la création d’un Etat catholique hostile à l’immigration. La Colombie a le nombre d’immigrants per capita, particulièrement de non catholiques, le plus bas d’Amérique latine. Selon les paroles du l’ex-président Alfonso López Michelsen, la Colombie était le Népal de l’Amérique du Sud.
Mais ce n’est pas seulement cela. Les forces armées n’ont pas réussi à installer une identité nationale. Contrairement au reste de l’Amérique latine, l’armée et les forces de police ont été faibles, elles n’ont pas pu contrôler le territoire et ont eu un statut social bas. Ironiquement, il n’y a aucun général au Congrès, seulement un ex-sergent de police, mais il y a par contre plusieurs ex-guérilleros.
Comme beaucoup d’autres pays en voie de développement, la Colombie a connu de grandes migrations rurales-urbaines, sa particularité est qu’elles furent favorisées par la violence. Les gens ont été déracinés. Il y a eu aussi une migration rurale vers le rural pour coloniser des régions où l’Etat était peu présent et où la terre n’était pas propice à l’agriculture durable.
Une grande partie du pays est composée de forêts tropicales qui n’ont qu’une couverture fine de sol, facile à détruire avec des procédés productifs à grande échelle ou non respectueux de leur stabilité environnementale. Il ne peut y avoir là de grandes villes. Ceci représente un dilemme pour l’Etat. D’un côté, il est très coûteux d’exercer une souveraineté sur des régions étendues du pays qui ne contribuent pas de manière significative à l’économie légale ; d’un autre côté, les organisations para-étatiques profitent du contrôle de telles zones si celles-ci produisent des récoltes illégales ou fabriquent les drogues.
Par le passé, les gouvernements colombiens ont essayé de d’établir la souveraineté du pays dans des zones éloignées par des traités internationaux avec ses voisins. Ils n’ont pas investi les moyens nécessaires pour garantir les droits de ceux qui vivaient là. Maintenant l’ennemi est intérieur et pas extérieur. L’élite du pays n’est pas prête à assumer les coûts d’une souveraineté véritable dans des zones reculées.
La fragmentation du pays a prévenu les coups d’Etat militaires et de gauche courants dans d’autres pays d’Amérique latine, qui, de façon contradictoire, ont généré l’apparition d’une opposition. La Colombie est le seul pays de la région sans aucune réforme de centre-gauche comme la réforme agraire. Pour ceux qui cherchent un changement social, les guérillas ont été une bonne option.
Une dynamique qui n’est pas étrangère à la violence. Le pays supporte la violence civile depuis le début de la décennie de 1930. Les taux de morts violentes ont été extrêmement élevés. La majorité des Colombiens ont vécu l’expérience d’avoir un parent, un proche ou un ami assassiné. Le stress post-traumatique que tant de Colombiens connaissent est un obstacle important pour le développement d’une résolution pacifique du conflit.
L’économie de la Colombie a augmenté suffisamment à partir de la décennie de 1930 jusqu’en 1999 pour que la population arrive à savoir lire et écrire, que les femmes intègrent la force de travail, et que les infrastructures urbaines, et un peu les rurales, s’accroissent. La Colombie n’est pas aujourd’hui le pays « en retard » d’il y a un siècle. Et elle n’est pas non plus un des plus pauvre d’Amérique latine. Une couche de modernité cache les profonds problèmes qu’accumule une société individualiste à l’extrême, aux institutions et à l’Etat faibles et avec peu de contrôle social du comportement individuel.
Quand la demande internationale de marijuana et de cocaïne a augmenté, la Colombie était prête pour profiter de l’opportunité de la suppléer. Pendant que la production augmentait, la propension à l’illégalité a prospéré conduisant à la prédominance du manque d’honnêteté. La malhonnêteté a gagné un grand espace, à tel point qu’être honnête et agir en total respect de la loi est l’exception.
La complaisance avec l’argent illégal s’est étendue à travers toute la société. L’industrie illégale a l’effet positif d’augmenter à court terme le revenu, mais elle engendre des effets sociaux et politiques négatifs. A la fin des années 70 et au début des années 80, la majorité des Colombiens voyaient dans la cocaïne l’ « envoyée de Dieu », qui produisait de la richesse individuelle et un avantage pour l’échange de devises du pays. Aujourd’hui, cette opinion a changé, un segment important de la population voit dans la drogue la source de la plus grande partie des problèmes de leur pays, même si la fragilité sociale est le problème sous-jacent.
Des solutions de l’intérieur
La réduction de l’économie de la drogue ne peut être atteinte par des politiques répressives traditionnelles. Des changements dans les normes de la société civile sont nécessaires. Il est indispensable de développer la Loi, mais celle-ci doit refléter un large consensus social sur la nature inhérente de la Colombie. La Loi ne peut être imposée d’en haut par une petite élite ou par des étrangers. Le capital social doit générer confiance, réciprocité et solidarité. La Colombie doit apprendre à vivre avec la prohibition internationale de la drogue parce que le monde ne va pas changer pour répondre aux problèmes du pays.
Le premier pas pour que la Colombie se transforme requiert qu’elle accepte la nécessité de changer et d’affronter les activités économiques illégales. Autrement, la société continuera de rendre responsable le monde extérieur et de souffrir des problèmes engendrés par l’illégalité généralisée.
Les changements institutionnels ne peuvent pas être formulés comme une recette universelle. Les réformes dépendent des institutions et de l’histoire particulière de chaque pays. Les faits récents démontrent que l’évolution institutionnelle est possible. L’Union soviétique et ses satellites d’Europe de l’Est et l’Afrique du Sud sont des exemples qui donnent de l’espoir à la Colombie.
Notes:
[1] [NDLR] Situation de marché dans laquelle il n’y a qu’un seul acheteur d’un produit fabriqué par une multitude de vendeurs.
[2] [NDLR] Ce polémique processus de démobilisation des groupes paramilitaires a déjà été l’objet de nombreux articles sur le RISAL, notamment ses derniers développements avec le scandale de ladite parapolitique. Consultez à ce sujet le dossier « Paramilitarisme et parapolitique » : http://risal.collectifs.net/spip.php ?mot392.
[3] Alejandro Gaviria, « Increasing returns and the evolution of violent crime : the case of Colombia », Journal of Development economics 61 :1 (may 1998), p. 1-25.
[4] Voir par exemple, Hernando Gómez-Buendía, ‘La Hipótesis del Almendrón, dans ¿Para dónde va Colombia ?, ed Hernando Gómez-Buendía (Bogotá : TM Editores-Colciencias, 1999) ; María Teresa Herrán, La Sociedad de la Mentira, Segunda edición (Bogotá : Fondo Editorial CEREC-Editorial la Oveja Negra, 1987) ; Salomón Kalmanovitz, La Encrucijada de la Sinrazón y otros Ensayos (Bogotá : Tercer Mundo Editores, 1989) ; Francisco E Thoumi, ‘Some Implications of the Growth of the Underground Economy in Colombia’, Journal of lnteramerican Studies and World affaire 29:2 (Summer 1997), Francisco E. Thoumi, ‘The Role of the State, Social Institutions, and social capital in determining competitive advantage in illegal drugs in the Andes’, Transnational Organized Crime 5:1 (Spring 1999) ; Francisco E Thoumi, Illegal Drugs, Economy and Society in the Andes (Baltimore : The Johns Hopkins University Press, 2003) ; et Emilio Yunis, ¿Por qué somos así ? ¿Qué pasó en Colombia ? Análisis del mestizaje (Bogotá : Editorial Temis, 2003).
[5] [NDLR] Lire à ce sujet Hernando Calvo Ospina, Panamá, un canal à tout prix, Le Monde diplomatique, novembre 2004 : http://www.monde-diplomatique.fr/20....
En cas de reproduction de cet article, veuillez indiquer les informations ci-dessous:
Source : El Dipló, édition colombienne du Monde diplomatique (http://www.eldiplo.info/), n°57, juin 2007.
Traduction : Cathie Duval, pour le RISAL (http://risal.collectifs.net/).
Les opinions exprimées et les arguments avancés dans cet article demeurent l'entière responsabilité de l'auteur-e et ne reflètent pas nécessairement ceux du Réseau d'Information et de Solidarité avec l'Amérique Latine (RISAL).
GLOSSAIRE
Ejército de Liberación Nacional, Armée de Libération Nationale (ELN)
L’Armée de libération nationale, Ejército de Liberación Nacional (ELN), est une guérilla colombienne encore en activité, née en 1962 sous l’influence de la révolution cubaine. On estime ses combattants à 4 000.
Forces Armées Révolutionnaires de Colombie - Armée du Peuple (FARC-EP)
Les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie - Armée du peuple, Fuerzas Armadas Revolucionarias de Colombia – Ejército del Pueblo, est la principale guérilla de Colombie, née officiellement en 1964. Elle est reconnue comme organisation terroriste par les États-Unis et l’Union européenne.
Fumigations
Epandage de produits chimiques par voie aérienne sur les plantations e coca et de pavot.
López Michelsen, Alfonso
Alfonso López Michelsen (1913-2007) est un homme politique et juriste colombien. Issu de la famille libérale, il fut président de la République de Colombie de 1974 à 1978.
Colombie
Ces syndicalistes assassinés qui hantent les transnationales
Le grand déballage sur les crimes paramilitaires a commencé en Colombie. Avec les aveux en mars dernier de Chiquita et le procès intenté à Drummond, les Etats-Unis s’interrogent sur la responsabilité de leurs transnationales dans la campagne de terreur qui a coûté la vie à 2 400 syndicalistes depuis 1991.
par Benito Pérez
31 juillet 2007
http://risal.collectifs.net/spip.php?article2316
La cinquantaine de mineurs exténués vient juste de quitter la mine de charbon de La Loma, ce 12 mars 2001, dans le nord-ouest de la Colombie, lorsque plusieurs hommes armés bloquent l’autobus de la compagnie Drummond. Les assaillants font descendre Valmore Locarno et Victor Hugo Orcasita, président et vice-président de la section locale du syndicat. On ne les reverra plus vivants. Moins de sept mois plus tard, un troisième employé de l’entreprise étasunienne, Gustavo Soler, subira le même sort. Il venait de remplacer Valmore à la tête de Sintraminergetica [1]. Trois assassinats [2]. Trois fois rien, une goutte de sang dans l’océan de drames – 2 400 morts et disparus en seize ans – qui endeuillent le syndicalisme colombien, mais trois morts qui feront date. Pour la première fois, un jury populaire étasunien s’est prononcé jeudi à Birmingham (Alabama), siège de Drummond, sur les présumées exactions d’une transnationale basée dans le pays. En l’absence – opportune – de leurs deux témoins centraux, Sintraminergetica et les familles des syndicalistes ont été déboutés. Mais quel que soit le sort réservé à l’appel interjeté par les familles, une brèche s’est ouverte, et les procédures promettent de se multiplier.
Sauve qui peut !
Aux Etats-Unis, l’affaire Drummond avait été prise très au sérieux, les habituelles dénégations méprisantes n’étaient plus de mise. Le très célèbre bureau d’avocat de l’ancien secrétaire d’Etat, James Baker, a même été mobilisé pour tenter d’empêcher la tenue de l’audience. En vain.
Le scandale de la « parapolitique » – qui éclabousse depuis plus d’un an des institutions colombiennes liées aux narco-paramilitaires [3] – est passé par là. Aujourd’hui, les langues se délient. Agents des services de renseignement, miliciens repentis, militaires, politiciens ou fonctionnaires, personne ne veut couler tout seul.
D’autant que le passif des « paras » est impressionnant : en une vingtaine d’années, ce conglomérat d’organisations armées d’extrême droite aurait exécuté plus de 17 000 personnes [4]et forcé au déplacement de 1 à 3 millions de paysans. De notoriété publique, les Autodéfenses Unies de Colombie (AUC) contrôlent aujourd’hui l’essentiel du trafic de cocaïne en provenance de Colombie. Pis, en ces temps de « lutte contre le terrorisme », les AUC sont devenues particulièrement infréquentables, puisque inscrites sur la fameuse liste des organisations criminelles dressée par le Département d’Etat américain.
Chiquita avoue
Dans ce sauve qui peut des complices, commanditaires et autres exécutants, certaines transnationales présentes de longue date dans l’Eldorado colombien commencent à trembler. Première à passer aux aveux : la fameuse société bananière Chiquita a admis avoir eu recours aux services des AUC « pour la sécurité de [son] personnel », pour la modique somme 1,7 million de dollars entre 1997 et 2004. Selon un responsable chargé de collecter les fonds, Banadex, l’ancienne filiale de Chiquita, versait une obole de trois centimes de dollars par caisse de banane exportée.
Contre une amende de 25 millions, la justice étasunienne a finalement accepté en mars dernier d’abandonner la procédure judiciaire. Mais les tourments de Chiquita ne semblent pas près de s’arrêter. Car si la justice colombienne demeure muette, plusieurs ONG ont déposé plainte la semaine dernière devant une Cour du New Jersey, pour « assassinats », « tortures » et « crimes de guerre » commis dans les régions bananières de Colombie.
Importation d’armes
Il faut dire que le dossier de l’ex-United Fruits & Cie est particulièrement gratiné. Ainsi, selon les éléments retenus par la justice, la collaboration entre Chiquita et les paramilitaires s’est menée tout au sommet, Le fondateur des AUC, Carlos Castaño [5], y a participé en personne, au su de la maison mère de l’entreprise à Cincinnati.
De l’aveu même des « paras, la multinationale a grandement contribué – consciemment ou pas – à leur prise de contrôle de la région de l’Uraba. Ainsi, en novembre 2001, Banadex déchargea sur son port privé, situé en zone franche, puis transporta quelque 3 400 fusils et 4 millions de cartouches en provenance d’Israël et du Nicaragua pour le compte des AUC.
« Mon meilleur goal », confia après coup Carlos Castaño.
L’Observatoire présidentiel pour les droits humains estime que durant la période où Chiquita finançait le bloc paramilitaire de la zone, celui-ci a commis 62 massacres (432 victimes) et forcé le déplacement de 60 000 personnes.
Emblématique, le cas de Chiquita a valu un avertissement en bonne et due forme à toutes les entreprises étasuniennes présentes en Colombie. Celles-ci « doivent prendre note que les versements effectués à des terroristes ne peuvent être considérés comme des frais d’affaires : ce sont des délits », déclarait le 19 mars dernier le procureur fédéral Jeffrey Taylor dans un communiqué.
Et il n’aura pas fallu deux mois pour que la tempête présagée éclate. Le 17 mai, contre une remise de peine, l’ex-chef des paramilitaires, Salvatore Mancuso, livrait une longue liste d’entreprises nationales ou étrangères ayant financé les AUC. On y retrouve notamment le gotha des sociétés bananières [6]– dont Chiquita, Dole et Del Monte qui auraient versé 1 cent par caisse – mais aussi Hyundai, Bavaria (SABMiller) et toutes les exploitations de charbon du Département du Cesar (où opère Drummond), ainsi que deux douzaines d’autres firmes actives dans les secteurs pétrolier, agroexportateur et alimentaire.
Représentants fâchés
Ajouté aux procédures engagées contre Drummond, Coca-Cola et Occidental, la coupe était pleine pour certains élus démocrates, de plus en plus rétifs aux liens entre Washington et le régime de Bogotá. Saisie du dossier de la « para-économie » en juin, la sous-commission parlementaire aux organisations internationales n’a pas hésité à réclamer l’audition du repenti Mancuso. « Nos intérêts économiques nuisent-ils à la lutte contre le terrorisme ? Sommes nous en train de faire des compromis ? Si tel est le cas, le public doit le savoir », a notamment déclaré dans la presse Bill Delahunt [7]. Et le président de la sous-commission de prévenir que celle-ci allait « examiner de très près le comportement des transnationales étasuniennes dans le monde » et qu’elle usera de la Colombie « comme d’un modèle ». A terme, M. Delahunt n’a pas exclu qu’il faille compléter le code pénal étasunien, pour restaurer « notre crédibilité et notre position morale dans le monde ».
******
Guerre civile ou guerre sociale ?
« L’Ecole nationale syndicale de Colombie a recensé 2 245 homicides, 3 400 menaces et 138 disparitions forcées à l’encontre de syndicalistes entre janvier 1991 et décembre 2006. » « Dans plus de 90% des cas, les responsables n’ont pas été jugés. » « En 2005, environ 49% des violations de droits humains envers des syndicalistes furent l’oeuvre des paramilitaires, et 43% directement par les forces de sécurité. » Ces impressionnants constats figurent dans un rapport d’Amnesty International [8] opportunément publié le 3 juillet dernier. L’information n’est pas vraiment nouvelle. Année après année, ONG et confédérations syndicales dénoncent le sonderfall [cas à part] colombien : ce pays à peine plus peuplé que l’Espagne héberge à lui seul plus de 90% des assassinats de syndicalistes commis dans le monde. Sans compter les meurtres de proches ou les exils forcés par milliers, car si le nombre d’assassinats directs de militants a diminué ces dernières années, les manoeuvres d’intimidation ont, elles, explosé.
Alors pourquoi ? Pourquoi cette hécatombe ? Employeurs et paramilitaires concordent sur un point : il s’agirait là d’un effet de la subversion communiste qui agite le pays depuis les années 1960. Pour les Autodéfenses Unies de Colombie (AUC), les syndicalistes pris pour cible seraient en réalité des collaborateurs des guérillas, qu’ils aideraient en particulier à extorquer les entrepreneurs.
Sans accuser directement les syndicats, les employeurs s’en remettent aussi à la « guerre civile ». Ainsi l’avocat de Drummond déclarait-il en ouverture du procès pour meurtre des trois dirigeants de Sintraminergetica : « Ce sont trois parmi des milliers de leaders syndicaux assassinés en Colombie », selon les mots de William Jeffress. Et d’ajouter que « personne ne pourrait imaginer que Drummond ait pu aider à assassiner ses propres employés ». Une argumentation absurde et scandaleuse, rétorque un ancien dirigeant de Sintraminergetica.
Ce fils et petit-fils de syndicalistes souligne que les meurtres de ses collègues sont intervenus en période de conflit avec l’entreprise. Cinq ans plus tard, lui-même a été menacé et a dû fuir le pays après avoir conduit un mouvement de grève victorieux. « Je me suis toujours battu pour les droits des travailleurs, je n’ai pas d’armes, à part ma tête et mes bras », confie-t-il.
Dans son rapport, Amnesty confirme sans ambiguïté cette version. L’ONG a relevé des « abus constants contre les droits humains de syndicalistes commis dans le contexte des conflits de travail » ou lors de campagnes contre des projets de privatisations. Autrement dit, dans l’immense majorité des cas, c’est bien « le statut et l’activité syndicale » qui motivent l’exaction. Pour l’ONG, il existerait même « une stratégie militaire-paramilitaire coordonnée, destinée à réduire le travail de ces personnes, en les éliminant physiquement, mais aussi en tentant de discréditer la légitimité des activités syndicales ». En somme, le conflit armé servirait de « couverture » à tous ceux qui cherchent à augmenter leurs profits par tous les moyens. « Drummond, comme d’autres, a fait sciemment le choix de s’installer dans une zone en conflit pour faire plus d’argent », illustre Herman Johnson, avocat étasunien de Sintraminergetica. Et la méthode a prouvé son efficacité ; jadis réputé pour sa combativité, le mouvement syndical colombien s’affaiblit irrémédiablement. En une dizaine d’années, le taux de syndicalisation est passé de 8% à moins de 4%. Corollaire, le nombre de travailleurs couverts par une convention collective a chuté de moitié, indique la Centrale unitaire des travailleurs. Une véritable catastrophe dans un pays qui ne connaît pas de sécurité sociale publique. Salaires et stabilité de l’emploi ont suivi le mouvement : durant la même période, 900 000 contrats de salariés ont disparu. Quant au code du travail, pourtant prévu par la Constitution de 1991, il est resté lettre morte.
Notes:
[1] Syndicat national des travailleurs des mines et de l’énergie.
[2] A noter que deux militants de base de Sintraminergetica avaient été assassinés peu avant MM. Locarno et Orcasita. Le Courrier a déjà relaté partiellement ces faits le 2 mai 2004 : http://risal.collectifs.net/spip.php ?article949.
[3] [NDLR] Consultez à ce sujet le dossier « parapolitique et paramilitarisme » dans la rubrique « Colombie » du RISAL : http://risal.collectifs.net/spip.php ?mot392.
[4] Plus de 14 000 entre 1988 et 2003, selon le CINEP, une ONG colombienne. Au moins 3 000 depuis décembre 2002, selon Amnesty International.
[5] [NDLR] Castaño a mystérieusement disparu en avril 2004.
[6] [NDLR] Lire à ce propos Roberto Bardini, United Fruit : Bananes, avocats et mitrailleuses, RISAL, 18 juillet 2007 : http://risal.collectifs.net/spip.ph....
[7] Los Angeles Times, 23 juillet 2007.
[8] http://web.amnesty.org/library/Inde...
Source : Le Courrier (http://www.lecourrier.ch/), Genève, juillet 2007.
Les opinions exprimées et les arguments avancés dans cet article demeurent l'entière responsabilité de l'auteur-e et ne reflètent pas nécessairement ceux du Réseau d'Information et de Solidarité avec l'Amérique Latine (RISAL).
GLOSSAIRE
Autodéfenses Unies de Colombie (AUC)
Constituées en 1997, les Autodéfenses Unies de Colombie (AUC) sont une sorte de coupole regroupant les différents groupes paramilitaires, d’extrême droite, colombiens. Elles sont responsables des principales violations des droits humains ces dernières années en Colombie et très impliquées dans une série de commerces illicites, dont celui de la drogue. Elles se sont officiellement démobilisées sous la présidence de Uribe Vélez (2002 - ...).
Ces syndicalistes assassinés qui hantent les transnationales
Le grand déballage sur les crimes paramilitaires a commencé en Colombie. Avec les aveux en mars dernier de Chiquita et le procès intenté à Drummond, les Etats-Unis s’interrogent sur la responsabilité de leurs transnationales dans la campagne de terreur qui a coûté la vie à 2 400 syndicalistes depuis 1991.
par Benito Pérez
31 juillet 2007
http://risal.collectifs.net/spip.php?article2316
La cinquantaine de mineurs exténués vient juste de quitter la mine de charbon de La Loma, ce 12 mars 2001, dans le nord-ouest de la Colombie, lorsque plusieurs hommes armés bloquent l’autobus de la compagnie Drummond. Les assaillants font descendre Valmore Locarno et Victor Hugo Orcasita, président et vice-président de la section locale du syndicat. On ne les reverra plus vivants. Moins de sept mois plus tard, un troisième employé de l’entreprise étasunienne, Gustavo Soler, subira le même sort. Il venait de remplacer Valmore à la tête de Sintraminergetica [1]. Trois assassinats [2]. Trois fois rien, une goutte de sang dans l’océan de drames – 2 400 morts et disparus en seize ans – qui endeuillent le syndicalisme colombien, mais trois morts qui feront date. Pour la première fois, un jury populaire étasunien s’est prononcé jeudi à Birmingham (Alabama), siège de Drummond, sur les présumées exactions d’une transnationale basée dans le pays. En l’absence – opportune – de leurs deux témoins centraux, Sintraminergetica et les familles des syndicalistes ont été déboutés. Mais quel que soit le sort réservé à l’appel interjeté par les familles, une brèche s’est ouverte, et les procédures promettent de se multiplier.
Sauve qui peut !
Aux Etats-Unis, l’affaire Drummond avait été prise très au sérieux, les habituelles dénégations méprisantes n’étaient plus de mise. Le très célèbre bureau d’avocat de l’ancien secrétaire d’Etat, James Baker, a même été mobilisé pour tenter d’empêcher la tenue de l’audience. En vain.
Le scandale de la « parapolitique » – qui éclabousse depuis plus d’un an des institutions colombiennes liées aux narco-paramilitaires [3] – est passé par là. Aujourd’hui, les langues se délient. Agents des services de renseignement, miliciens repentis, militaires, politiciens ou fonctionnaires, personne ne veut couler tout seul.
D’autant que le passif des « paras » est impressionnant : en une vingtaine d’années, ce conglomérat d’organisations armées d’extrême droite aurait exécuté plus de 17 000 personnes [4]et forcé au déplacement de 1 à 3 millions de paysans. De notoriété publique, les Autodéfenses Unies de Colombie (AUC) contrôlent aujourd’hui l’essentiel du trafic de cocaïne en provenance de Colombie. Pis, en ces temps de « lutte contre le terrorisme », les AUC sont devenues particulièrement infréquentables, puisque inscrites sur la fameuse liste des organisations criminelles dressée par le Département d’Etat américain.
Chiquita avoue
Dans ce sauve qui peut des complices, commanditaires et autres exécutants, certaines transnationales présentes de longue date dans l’Eldorado colombien commencent à trembler. Première à passer aux aveux : la fameuse société bananière Chiquita a admis avoir eu recours aux services des AUC « pour la sécurité de [son] personnel », pour la modique somme 1,7 million de dollars entre 1997 et 2004. Selon un responsable chargé de collecter les fonds, Banadex, l’ancienne filiale de Chiquita, versait une obole de trois centimes de dollars par caisse de banane exportée.
Contre une amende de 25 millions, la justice étasunienne a finalement accepté en mars dernier d’abandonner la procédure judiciaire. Mais les tourments de Chiquita ne semblent pas près de s’arrêter. Car si la justice colombienne demeure muette, plusieurs ONG ont déposé plainte la semaine dernière devant une Cour du New Jersey, pour « assassinats », « tortures » et « crimes de guerre » commis dans les régions bananières de Colombie.
Importation d’armes
Il faut dire que le dossier de l’ex-United Fruits & Cie est particulièrement gratiné. Ainsi, selon les éléments retenus par la justice, la collaboration entre Chiquita et les paramilitaires s’est menée tout au sommet, Le fondateur des AUC, Carlos Castaño [5], y a participé en personne, au su de la maison mère de l’entreprise à Cincinnati.
De l’aveu même des « paras, la multinationale a grandement contribué – consciemment ou pas – à leur prise de contrôle de la région de l’Uraba. Ainsi, en novembre 2001, Banadex déchargea sur son port privé, situé en zone franche, puis transporta quelque 3 400 fusils et 4 millions de cartouches en provenance d’Israël et du Nicaragua pour le compte des AUC.
« Mon meilleur goal », confia après coup Carlos Castaño.
L’Observatoire présidentiel pour les droits humains estime que durant la période où Chiquita finançait le bloc paramilitaire de la zone, celui-ci a commis 62 massacres (432 victimes) et forcé le déplacement de 60 000 personnes.
Emblématique, le cas de Chiquita a valu un avertissement en bonne et due forme à toutes les entreprises étasuniennes présentes en Colombie. Celles-ci « doivent prendre note que les versements effectués à des terroristes ne peuvent être considérés comme des frais d’affaires : ce sont des délits », déclarait le 19 mars dernier le procureur fédéral Jeffrey Taylor dans un communiqué.
Et il n’aura pas fallu deux mois pour que la tempête présagée éclate. Le 17 mai, contre une remise de peine, l’ex-chef des paramilitaires, Salvatore Mancuso, livrait une longue liste d’entreprises nationales ou étrangères ayant financé les AUC. On y retrouve notamment le gotha des sociétés bananières [6]– dont Chiquita, Dole et Del Monte qui auraient versé 1 cent par caisse – mais aussi Hyundai, Bavaria (SABMiller) et toutes les exploitations de charbon du Département du Cesar (où opère Drummond), ainsi que deux douzaines d’autres firmes actives dans les secteurs pétrolier, agroexportateur et alimentaire.
Représentants fâchés
Ajouté aux procédures engagées contre Drummond, Coca-Cola et Occidental, la coupe était pleine pour certains élus démocrates, de plus en plus rétifs aux liens entre Washington et le régime de Bogotá. Saisie du dossier de la « para-économie » en juin, la sous-commission parlementaire aux organisations internationales n’a pas hésité à réclamer l’audition du repenti Mancuso. « Nos intérêts économiques nuisent-ils à la lutte contre le terrorisme ? Sommes nous en train de faire des compromis ? Si tel est le cas, le public doit le savoir », a notamment déclaré dans la presse Bill Delahunt [7]. Et le président de la sous-commission de prévenir que celle-ci allait « examiner de très près le comportement des transnationales étasuniennes dans le monde » et qu’elle usera de la Colombie « comme d’un modèle ». A terme, M. Delahunt n’a pas exclu qu’il faille compléter le code pénal étasunien, pour restaurer « notre crédibilité et notre position morale dans le monde ».
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Guerre civile ou guerre sociale ?
« L’Ecole nationale syndicale de Colombie a recensé 2 245 homicides, 3 400 menaces et 138 disparitions forcées à l’encontre de syndicalistes entre janvier 1991 et décembre 2006. » « Dans plus de 90% des cas, les responsables n’ont pas été jugés. » « En 2005, environ 49% des violations de droits humains envers des syndicalistes furent l’oeuvre des paramilitaires, et 43% directement par les forces de sécurité. » Ces impressionnants constats figurent dans un rapport d’Amnesty International [8] opportunément publié le 3 juillet dernier. L’information n’est pas vraiment nouvelle. Année après année, ONG et confédérations syndicales dénoncent le sonderfall [cas à part] colombien : ce pays à peine plus peuplé que l’Espagne héberge à lui seul plus de 90% des assassinats de syndicalistes commis dans le monde. Sans compter les meurtres de proches ou les exils forcés par milliers, car si le nombre d’assassinats directs de militants a diminué ces dernières années, les manoeuvres d’intimidation ont, elles, explosé.
Alors pourquoi ? Pourquoi cette hécatombe ? Employeurs et paramilitaires concordent sur un point : il s’agirait là d’un effet de la subversion communiste qui agite le pays depuis les années 1960. Pour les Autodéfenses Unies de Colombie (AUC), les syndicalistes pris pour cible seraient en réalité des collaborateurs des guérillas, qu’ils aideraient en particulier à extorquer les entrepreneurs.
Sans accuser directement les syndicats, les employeurs s’en remettent aussi à la « guerre civile ». Ainsi l’avocat de Drummond déclarait-il en ouverture du procès pour meurtre des trois dirigeants de Sintraminergetica : « Ce sont trois parmi des milliers de leaders syndicaux assassinés en Colombie », selon les mots de William Jeffress. Et d’ajouter que « personne ne pourrait imaginer que Drummond ait pu aider à assassiner ses propres employés ». Une argumentation absurde et scandaleuse, rétorque un ancien dirigeant de Sintraminergetica.
Ce fils et petit-fils de syndicalistes souligne que les meurtres de ses collègues sont intervenus en période de conflit avec l’entreprise. Cinq ans plus tard, lui-même a été menacé et a dû fuir le pays après avoir conduit un mouvement de grève victorieux. « Je me suis toujours battu pour les droits des travailleurs, je n’ai pas d’armes, à part ma tête et mes bras », confie-t-il.
Dans son rapport, Amnesty confirme sans ambiguïté cette version. L’ONG a relevé des « abus constants contre les droits humains de syndicalistes commis dans le contexte des conflits de travail » ou lors de campagnes contre des projets de privatisations. Autrement dit, dans l’immense majorité des cas, c’est bien « le statut et l’activité syndicale » qui motivent l’exaction. Pour l’ONG, il existerait même « une stratégie militaire-paramilitaire coordonnée, destinée à réduire le travail de ces personnes, en les éliminant physiquement, mais aussi en tentant de discréditer la légitimité des activités syndicales ». En somme, le conflit armé servirait de « couverture » à tous ceux qui cherchent à augmenter leurs profits par tous les moyens. « Drummond, comme d’autres, a fait sciemment le choix de s’installer dans une zone en conflit pour faire plus d’argent », illustre Herman Johnson, avocat étasunien de Sintraminergetica. Et la méthode a prouvé son efficacité ; jadis réputé pour sa combativité, le mouvement syndical colombien s’affaiblit irrémédiablement. En une dizaine d’années, le taux de syndicalisation est passé de 8% à moins de 4%. Corollaire, le nombre de travailleurs couverts par une convention collective a chuté de moitié, indique la Centrale unitaire des travailleurs. Une véritable catastrophe dans un pays qui ne connaît pas de sécurité sociale publique. Salaires et stabilité de l’emploi ont suivi le mouvement : durant la même période, 900 000 contrats de salariés ont disparu. Quant au code du travail, pourtant prévu par la Constitution de 1991, il est resté lettre morte.
Notes:
[1] Syndicat national des travailleurs des mines et de l’énergie.
[2] A noter que deux militants de base de Sintraminergetica avaient été assassinés peu avant MM. Locarno et Orcasita. Le Courrier a déjà relaté partiellement ces faits le 2 mai 2004 : http://risal.collectifs.net/spip.php ?article949.
[3] [NDLR] Consultez à ce sujet le dossier « parapolitique et paramilitarisme » dans la rubrique « Colombie » du RISAL : http://risal.collectifs.net/spip.php ?mot392.
[4] Plus de 14 000 entre 1988 et 2003, selon le CINEP, une ONG colombienne. Au moins 3 000 depuis décembre 2002, selon Amnesty International.
[5] [NDLR] Castaño a mystérieusement disparu en avril 2004.
[6] [NDLR] Lire à ce propos Roberto Bardini, United Fruit : Bananes, avocats et mitrailleuses, RISAL, 18 juillet 2007 : http://risal.collectifs.net/spip.ph....
[7] Los Angeles Times, 23 juillet 2007.
[8] http://web.amnesty.org/library/Inde...
Source : Le Courrier (http://www.lecourrier.ch/), Genève, juillet 2007.
Les opinions exprimées et les arguments avancés dans cet article demeurent l'entière responsabilité de l'auteur-e et ne reflètent pas nécessairement ceux du Réseau d'Information et de Solidarité avec l'Amérique Latine (RISAL).
GLOSSAIRE
Autodéfenses Unies de Colombie (AUC)
Constituées en 1997, les Autodéfenses Unies de Colombie (AUC) sont une sorte de coupole regroupant les différents groupes paramilitaires, d’extrême droite, colombiens. Elles sont responsables des principales violations des droits humains ces dernières années en Colombie et très impliquées dans une série de commerces illicites, dont celui de la drogue. Elles se sont officiellement démobilisées sous la présidence de Uribe Vélez (2002 - ...).
Ingrid Betancourt libérée
lundi 6 août 2007
La journaliste vénézuélienne, connue pour son opposition à Hugo Chavez, l’a affirmé, lundi 6 août sur les ondes de la radio colombienne Caracol, indiquant que l’otage franco-colombienne se trouvait en ce moment au Venezuela et qu’elle serait remise dans les prochains jours au gouvernement français.
Selon Patricia Poleo, le processus de libération d’Ingrid Betancourt est engagé. La journaliste vénézuélienne, connue pour son opposition à Hugo Chavez, l’a affirmé, lundi 6 août sur les ondes de la radio colombienne Caracol, indiquant que l’otage franco-colombienne se trouvait en ce moment au Venezuela et qu’elle serait remise dans les prochains jours au gouvernement français. « Je l’ai appris de sources militaires vénézuéliennes », a soutenu la journaliste, précisant que sa secrétaire, Clara Rojas, et le fils de celle-ci, Emanuel, accompagnent Ingrid Betancourt.
Selon elle, Ingrid Betancourt est en « transit » dans la région d’Elorza, un territoire vénézuélien à la frontière colombienne qui sert de base arrière aux guérilleros des FARC. Elle y serait accueillie dans une propriété du frère de Momo Jojoy, un haut dirigeant de la guérilla, gardée par 300 hommes en armes, « qui ne sont pas de l’armée vénézuélienne ». La libération effective de l’ex-candidate des Verts à la présidentielle colombienne interviendrait avec la venue « imminente » de Cécilia Sarkozy à Caracas.
« ON EST DUBITATIF » Patricia Poleo, qui a indiqué être aux Etats-Unis depuis un an et demi, a affirmé aussi connaître les dessous de cette libération. En coulisses, le président vénézuélien Chavez aurait mené les négociations avec les FARC et Paris, demandant à Nicolas Sarkozy la libération du terroriste Carlos, citoyen vénézuélien emprisonné en France. Elle a souligné que, avec la libération de Betancourt, Sarkozy aura « une dette » envers Chavez. Une dette, qui a-t-elle ajouté, « pourrait se traduire par une réouverture des négociations sur la vente d’armes, suspendue entre le Venezuela et la France sous la présidence de Jacques Chirac ».
« On est dubitatif », ont réagi, à Paris, les membres du comité de soutien à Ingrid Betancourt. Fanny Hesse, du comité, a estimé que cette « rumeur » a « peu de chances d’être fondée ». Yolanda Pulecio, la mère d’Ingrid, a quant à elle déclaré qu’elle ne se faisait pas beaucoup d’illusions sur cette possible libération. Astrid, la sœur d’Ingrid, a jugé les éléments fournis par la journaliste d’« invraisemblables ». L’Elysée, pour sa part, n’a confirmé pas l’information, tandis qu’un porte-parole du ministère des affaires étrangères faisait état de « rumeurs et de spéculations. »
Patricia Poleo, journaliste de premier plan dans le pays avant sa fuite, est une vive opposante à Hugo Chavez. Elle est accusée par le pouvoir d’avoir été l’inspiratrice de l’assassinat en 2004 du procureur de la République, Danilo Anderson.
Dimanche, au cours de l’émission dominicale « ’Alò Presidente !’, Hugo Chavez, actuellement en Argentine, s’était dit disposé à dialoguer avec les commandants des FARC pour tenter d’apporter son aide »sur le chemin de la paix" et mettre en œuvre un accord humanitaire qui mènerait à la libération des otages détenus par la guérilla.
http://www.spcm.org/Journal/spip.php?article14093
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Les proches d'Ingrid Bétancourt démentent sa libération
Ingrid Betancourt est en train d'être libérée, affirme la presse italienne lundi après-midi.
Selon le quotidien italien «La Repubblica» qui reprend l'information de Patricia Poleo, une journaliste venézuelienne, Ingrid Betancourt serait accueillie par Hugo Chavez, le président venézuelien. Toujours d'après Patricia Poleo, Ingrid Betancourt se trouverait déjà au Venézuela, dans la région de Lorza située à la frontière comlobienne dans une propriété appartenant à la famille de «Momo Jojoy» qui est responsable militaire des Farcs.
Et toujours selon cette source, elle devrait être remise aux autorités françaises dans les prochains jours.
Une agence de presse italienne, Adn Kronos, affirme même qu'Ingrid Betancourt serait remise à Cecilia Sarkozy.
La mère d'Ingrid, interrogée par une radio colombienne, ne se fait «aucune illusion». Cette dernière a contacté Patrice Poleo. La journaliste vénézuélienne lui a assuré que ses informations étaient fondées. Le comité pour la libération d'Ingrid Betancourt est en train de vérifier l'information.
Contacté par la rédaction de 20minutes.fr, Olivier Roubi, le porte-parole du comité international de libération d'Ingrid Betancourt, dément toute libération d'Ingrid Betancourt. «Malheureusement nous avons essayé de vérifier les informations mais aucune source fiable ne nous permet de confirmer» l'information.
Et d'expliquer comment la libération est selon lui un «amalgame»: «Nous pensons plutôt que c’est une rumeur infondée. Patricia Poleo est partie d'une déclaration du président vénézuélien Hugo Chavez.» Dimanche, Hugo Chavez avait proposé son aide pour parvenir un accord sur le dossier des otages en Colombie.
Olivier Roubi poursuit: «Nous ne comprenons pas comment cette journaliste a pu publier cette information sans même contacter la famille d’Ingrid qui lui aurait dit que c’était faux.»
http://www.jeanmarcmorandini.com/news.php?id=7227
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L’Elysée et la Ficib coupent court aux rumeurs sur Betancourt
La présidence de la République française n’a pas confirmé des informations de médias étrangers faisant état d’un processus de libération d’Ingrid Betancourt par la guérilla colombienne.
"On ne confirme absolument pas, mais on reste pleinement mobilisés pour obtenir la libération des otages, en particulier de notre compatriote Ingrid Betancourt", a déclaré Pierre-Jérôme Hénin, porte-parole adjoint de l’Elysée.
De son côté, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a fait état de "rumeurs et de spéculations."
La Fédération internationale des comités Ingrid Betancourt (Ficib), qui rassemble les divers comités de soutien, a également démenti ces informations.
"Aucune des sources fiables avec lesquelles nous sommes en contact permanent, en France et en Colombie, n’a pu confirmer ces informations publiées par une journaliste vénézuélienne", peut-on lire dans un communiqué émis par la Ficib.
Dimanche, lors d’une rencontre informelle avec la presse sur son lieu de vacances aux Etats-Unis, Nicolas Sarkozy avait réaffirmé sa détermination à obtenir la libération de la Franco-Colombienne, après le dénouement heureux de l’affaire des infirmières bulgares emprisonnées en Libye.
Fanny Hess, une responsable du comité de soutien en France à l’ex-candidate à la présidentielle en Colombie, a déclaré à Reuters n’avoir aucune information sur une évolution positive du dossier.
Selon la journaliste vénézuélienne Patricia Poleo, dont l’information a été reprise par plusieurs médias, Ingrid Betancourt serait en train d’être libérée et serait accueillie prochainement par Hugo Chavez, le président vénézuélien.
Ingrid Betancourt, écrit-elle sur la base de sources militaires vénézuéliennes, se trouve au Venezuela, dans la province d’Apure, à la frontière colombienne, dans une propriété appartenant à la famille de "Momo Jojoy", un responsable militaire des Forces armées révolutionnaires de Colombie.
Les FARC gardent un groupe de 45 otages, dont trois Américains et Ingrid Betancourt, détenue depuis le 23 février 2002. Ils proposent de les échanger contre la libération de 500 rebelles prisonniers.
http://www.senactu.info/+L-Elysee-et-la ... court,3861+
lundi 6 août 2007
La journaliste vénézuélienne, connue pour son opposition à Hugo Chavez, l’a affirmé, lundi 6 août sur les ondes de la radio colombienne Caracol, indiquant que l’otage franco-colombienne se trouvait en ce moment au Venezuela et qu’elle serait remise dans les prochains jours au gouvernement français.
Selon Patricia Poleo, le processus de libération d’Ingrid Betancourt est engagé. La journaliste vénézuélienne, connue pour son opposition à Hugo Chavez, l’a affirmé, lundi 6 août sur les ondes de la radio colombienne Caracol, indiquant que l’otage franco-colombienne se trouvait en ce moment au Venezuela et qu’elle serait remise dans les prochains jours au gouvernement français. « Je l’ai appris de sources militaires vénézuéliennes », a soutenu la journaliste, précisant que sa secrétaire, Clara Rojas, et le fils de celle-ci, Emanuel, accompagnent Ingrid Betancourt.
Selon elle, Ingrid Betancourt est en « transit » dans la région d’Elorza, un territoire vénézuélien à la frontière colombienne qui sert de base arrière aux guérilleros des FARC. Elle y serait accueillie dans une propriété du frère de Momo Jojoy, un haut dirigeant de la guérilla, gardée par 300 hommes en armes, « qui ne sont pas de l’armée vénézuélienne ». La libération effective de l’ex-candidate des Verts à la présidentielle colombienne interviendrait avec la venue « imminente » de Cécilia Sarkozy à Caracas.
« ON EST DUBITATIF » Patricia Poleo, qui a indiqué être aux Etats-Unis depuis un an et demi, a affirmé aussi connaître les dessous de cette libération. En coulisses, le président vénézuélien Chavez aurait mené les négociations avec les FARC et Paris, demandant à Nicolas Sarkozy la libération du terroriste Carlos, citoyen vénézuélien emprisonné en France. Elle a souligné que, avec la libération de Betancourt, Sarkozy aura « une dette » envers Chavez. Une dette, qui a-t-elle ajouté, « pourrait se traduire par une réouverture des négociations sur la vente d’armes, suspendue entre le Venezuela et la France sous la présidence de Jacques Chirac ».
« On est dubitatif », ont réagi, à Paris, les membres du comité de soutien à Ingrid Betancourt. Fanny Hesse, du comité, a estimé que cette « rumeur » a « peu de chances d’être fondée ». Yolanda Pulecio, la mère d’Ingrid, a quant à elle déclaré qu’elle ne se faisait pas beaucoup d’illusions sur cette possible libération. Astrid, la sœur d’Ingrid, a jugé les éléments fournis par la journaliste d’« invraisemblables ». L’Elysée, pour sa part, n’a confirmé pas l’information, tandis qu’un porte-parole du ministère des affaires étrangères faisait état de « rumeurs et de spéculations. »
Patricia Poleo, journaliste de premier plan dans le pays avant sa fuite, est une vive opposante à Hugo Chavez. Elle est accusée par le pouvoir d’avoir été l’inspiratrice de l’assassinat en 2004 du procureur de la République, Danilo Anderson.
Dimanche, au cours de l’émission dominicale « ’Alò Presidente !’, Hugo Chavez, actuellement en Argentine, s’était dit disposé à dialoguer avec les commandants des FARC pour tenter d’apporter son aide »sur le chemin de la paix" et mettre en œuvre un accord humanitaire qui mènerait à la libération des otages détenus par la guérilla.
http://www.spcm.org/Journal/spip.php?article14093
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Les proches d'Ingrid Bétancourt démentent sa libération
Ingrid Betancourt est en train d'être libérée, affirme la presse italienne lundi après-midi.
Selon le quotidien italien «La Repubblica» qui reprend l'information de Patricia Poleo, une journaliste venézuelienne, Ingrid Betancourt serait accueillie par Hugo Chavez, le président venézuelien. Toujours d'après Patricia Poleo, Ingrid Betancourt se trouverait déjà au Venézuela, dans la région de Lorza située à la frontière comlobienne dans une propriété appartenant à la famille de «Momo Jojoy» qui est responsable militaire des Farcs.
Et toujours selon cette source, elle devrait être remise aux autorités françaises dans les prochains jours.
Une agence de presse italienne, Adn Kronos, affirme même qu'Ingrid Betancourt serait remise à Cecilia Sarkozy.
La mère d'Ingrid, interrogée par une radio colombienne, ne se fait «aucune illusion». Cette dernière a contacté Patrice Poleo. La journaliste vénézuélienne lui a assuré que ses informations étaient fondées. Le comité pour la libération d'Ingrid Betancourt est en train de vérifier l'information.
Contacté par la rédaction de 20minutes.fr, Olivier Roubi, le porte-parole du comité international de libération d'Ingrid Betancourt, dément toute libération d'Ingrid Betancourt. «Malheureusement nous avons essayé de vérifier les informations mais aucune source fiable ne nous permet de confirmer» l'information.
Et d'expliquer comment la libération est selon lui un «amalgame»: «Nous pensons plutôt que c’est une rumeur infondée. Patricia Poleo est partie d'une déclaration du président vénézuélien Hugo Chavez.» Dimanche, Hugo Chavez avait proposé son aide pour parvenir un accord sur le dossier des otages en Colombie.
Olivier Roubi poursuit: «Nous ne comprenons pas comment cette journaliste a pu publier cette information sans même contacter la famille d’Ingrid qui lui aurait dit que c’était faux.»
http://www.jeanmarcmorandini.com/news.php?id=7227
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L’Elysée et la Ficib coupent court aux rumeurs sur Betancourt
La présidence de la République française n’a pas confirmé des informations de médias étrangers faisant état d’un processus de libération d’Ingrid Betancourt par la guérilla colombienne.
"On ne confirme absolument pas, mais on reste pleinement mobilisés pour obtenir la libération des otages, en particulier de notre compatriote Ingrid Betancourt", a déclaré Pierre-Jérôme Hénin, porte-parole adjoint de l’Elysée.
De son côté, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a fait état de "rumeurs et de spéculations."
La Fédération internationale des comités Ingrid Betancourt (Ficib), qui rassemble les divers comités de soutien, a également démenti ces informations.
"Aucune des sources fiables avec lesquelles nous sommes en contact permanent, en France et en Colombie, n’a pu confirmer ces informations publiées par une journaliste vénézuélienne", peut-on lire dans un communiqué émis par la Ficib.
Dimanche, lors d’une rencontre informelle avec la presse sur son lieu de vacances aux Etats-Unis, Nicolas Sarkozy avait réaffirmé sa détermination à obtenir la libération de la Franco-Colombienne, après le dénouement heureux de l’affaire des infirmières bulgares emprisonnées en Libye.
Fanny Hess, une responsable du comité de soutien en France à l’ex-candidate à la présidentielle en Colombie, a déclaré à Reuters n’avoir aucune information sur une évolution positive du dossier.
Selon la journaliste vénézuélienne Patricia Poleo, dont l’information a été reprise par plusieurs médias, Ingrid Betancourt serait en train d’être libérée et serait accueillie prochainement par Hugo Chavez, le président vénézuélien.
Ingrid Betancourt, écrit-elle sur la base de sources militaires vénézuéliennes, se trouve au Venezuela, dans la province d’Apure, à la frontière colombienne, dans une propriété appartenant à la famille de "Momo Jojoy", un responsable militaire des Forces armées révolutionnaires de Colombie.
Les FARC gardent un groupe de 45 otages, dont trois Américains et Ingrid Betancourt, détenue depuis le 23 février 2002. Ils proposent de les échanger contre la libération de 500 rebelles prisonniers.
http://www.senactu.info/+L-Elysee-et-la ... court,3861+
Ingrid Betancourt: itinéraire d'une rumeur
Par Rue89 13H26 07/08/2007
La rumeur a couru tout Paris lundi: Ingrid Betancourt est sur le point d'être libérée! La franco-colombienne serait à l'abri dans la ferme vénézuélienne d'un responsable militaire des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie... Grâce à la médiation du "presidente" Hugo Chavez, elle devrait bientôt recouvrer la liberté, après plus de cinq ans dans la forêt colombienne.
Branle-bas de combat dans les rédactions. Le site du quotidien gratuit 20minutes est le premier à s'en faire l'écho, suivi de près par le blog de l'animateur Jean-Marc Morandini qui a depuis retiré l'article incriminé. Sur le mode: 22, v'la du scoop! En fin d'après-midi, les services de l'Elysée démentent: "On ne confirme pas, dit le porte-parole adjoint Pierre-Jérôme Hénin, mais on reste mobilisés".
Première rumeur d'un journal vénézuélien
En fait, la rumeur est partie jeudi 2 août du quotidien vénézuélien El Universal et de la rubrique "Runrunes" (rumeur, bruit de fond) tenue par l'éditorialiste Nelson Bocaranda Sardi. La brève, intitulée "La France pragmatique", apparaît dans la catégorie "haute" (et non "moyenne" ou "basse"), façon de signifier que la "rumeur" est très crédible.
Que dit-elle? Que Caracas et Paris discutent depuis plusieurs mois d'un marché... d'armement. Le président Chavez veut acheter des "avions Mirage" de Dassault. Le président Sarkozy veut obtenir la libération d'Ingrid Betancourt. Les deux hommes devraient pouvoir s'entendre, car le Vénézuéla abrite de longue date la base arrière des FARC. D'autant qu'un émissaire surprise devrait faire son apparition dans "les prochaines semaines", une certaine "señora Cécilia Sarkozy". Un scénario qui ressemble un peu trop à l'affaire libyenne. Et le confrère de conclure, sans avoir cité la moindre source: "Esparan que todo marche bien..."
Démenti de la Fédération des Comités Betancourt
Encore un clic et la rumeur pouvait prospérer. Cette fois-ci, c'est une opposante au président Chavez, Patricia Poleo, journaliste vénézuélienne exilée à Miami, qui reprend, samedi 4 août dans le quotidien El Nuevo Pais, la bribe d'info en l'agrémentant d'une précision géographique (la ferme de "Momo Joy" dans la région d'Elorza) et d'une source militaire colombienne non identifiée. Aussitôt écrit, aussitôt repris: d'abord par les Italiens de La Repubblica, puis par les Français de 20minutes...
Alors que la machine médiatique menace de s'emballer en fin de journée, le site Betancourt.infoet la mère de l'otage, Yolanda Pulecio, calment le jeu: La Fédération internationale des comités Ingrid Betancourt (Ficib), qui rassemble les divers comités de soutien, a également démenti ces informations. "Aucune des sources fiables avec lesquelles nous sommes en contact permanent, en France et en Colombie, n'a pu confirmer ces informations publiées par une journaliste vénézuélienne", peut-on lire dans un communiqué émis par la Ficib.
Verdict des sources interrogées par Rue89 au sein des services de renseignement français: "Information douteuse et quasi certainement fausse".
Résultat: une rumeur non vérifiée. A moins que l'on n'ait assisté, comme le suggère leFigaro de ce mardi 7 août, à une manoeuvre aussi compliquée que machiavélique d'Hugo Chavez... pour emprunter la voie du colonel Kadhafi sur le chemin de la rédemption internationale.
Pour info, cela fait aujourd'hui 1991 jours qu'Ingrid Betancourt est aux mains des FARC.
Maria Mancilla et David Servenay
http://www.rue89.com/2007/08/07/ingrid- ... une-rumeur
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Chavez s'invite dans le dossier des otages colombiens
PATRICK BÈLE
Publié le 07 août 2007
Il affirme vouloir intervenir pour faciliter la libération des otages détenus par les guérilleros colombiens.
LE PRÉSIDENT vénézuélien, Hugo Chavez, se plaît à brouiller les cartes. Dans sa dominicale intervention télévisée, alo presidente, il vient de proposer sa médiation dans l'affaire des otages détenus par les Forces armées révolutionnaires colombiennes (Farc) alors qu'il a souvent été accusé par Bogotá de soutenir la guérilla colombienne. Il leur fournirait une aide logistique et matérielle et aurait notamment livré des armes aux Farc. Le président vénézuélien répondait à la demande d'une sénatrice colombienne du département de la côte pacifique du Choco, Piedad Cordoba, d'intervenir auprès du président colombien, Alvaro Uribe. Elle voudrait qu'il le pousse à ouvrir une négociation avec les Farc sur la libération de leurs otages, dont fait partie la franco-colombienne Ingrid Betancourt. Le département du Choco se situe sur la côte pacifique et est l'un des plus pauvres du pays. La guérilla y est très active.
« Je promets de faire tout ce que je peux. Si nous pouvons parvenir à un accord humanitaire, tant mieux ! » a-t-il déclaré lors des sept heures de diffusion de Alo presidente de dimanche dernier. « Il ne manquera pas de gens pour expliquer que Chavez arrive avec son chéquier... Nous avons toujours dit que nous étions disposés à tout faire pour la paix, mais nous avons besoin d'appuis pour sortir des chemins de la guerre, promus par les États-Unis, car cela les satisfait que la Colombie soit en guerre », a accusé le chef de l'État vénézuélien. « Si nous pouvons faire quelque chose sans gêner personne, nous le ferons », a-t-il tempéré.
Cette proposition de médiation du président vénézuélien n'a que peu de chance d'être entendue. Elle pourrait même compliquer les tractations en cours concernant les otages des Farc. Les États-Unis et la France sont très impliqués dans le dossier. Nicolas Sarkozy a fait de la libération d'Ingrid Betancourt l'un des premiers objectifs de son action diplomatique.
La bête noire des États-Unis
Alvaro Uribe a ainsi libéré quelque trois cents membres supposés des Farc à la demande du président français. Parmi eux, celui qui est considéré comme le ministre des Affaires étrangères des Farc, Rodrigo Granda. Purgeant une peine de 21 ans de prison, il a été élargi le 4 juin dernier. Il a assuré qu'Ingrid Betancourt était vivante. Il s'est ensuite rendu à Cuba. Son enlèvement dans un restaurant de Caracas le 13 décembre 2004 avait provoqué une vive tension entre Bogotá et Caracas.
De son côté, Washington voudrait obtenir la libération de trois ressortissants américains retenus dans la jungle colombienne. Ils ont été capturés par la guérilla après que leur avion a été abattu par les guérilleros. Il est inconcevable pour Washington d'accepter une quelconque intervention de Caracas. Les États-Unis considèrent que Chavez personnifie la principale menace sur le continent américain. Ils soupçonnent également Caracas d'être devenu l'un des principaux relais du trafic de cocaïne. Un important narcotrafiquant qui vient d'être extradé par Bogotá vers les États-Unis, Hernando Gomez Bustamente, a affirmé récemment que « le Venezuela est devenu le temple du trafic de drogue ».
L'intervention du chef de l'État vénézuélien précédait la tournée diplomatique en Amérique du Sud qu'il a débuté, hier, par une visite au président argentin Nestor Kirchner. Sa volonté de s'imposer comme un interlocuteur incontournable de la région s'appuie sur les confortables revenus pétroliers de son pays. Provocation ou non, son intervention dans le débat sur la libération des otages des Farc dimanche ne peut qu'inquiéter et irriter Bogotá, Washington et Paris, et satisfaire les Farc. « D'une certaine manière, notre statut de force belligérante est reconnu » avait déjà déclaré, lors de sa libération, Rodrigo Granda.
http://www.lefigaro.fr/international/20 ... biens.html
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07-08-2007
Ingrid Bétancourt : l’Elysée dément une libération
La rumeur venait de la presse italienne et avait soulevé de nouveaux espoirs sur le sort de l’otage franco-colombienne, Ingrid Bétancourt, détenue depuis le 23 février 2002.
Espoirs déçus puisque ce matin l’Elysée, le Quai d’Orsay et ses proches ont démenti toute libération par les FARC.
« On ne confirme absolument pas, mais on reste pleinement mobilisés pour obtenir la libération des otages, en particulier de notre compatriote Ingrid Betancourt », a déclaré Pierre-Jérôme Hénin, porte-parole adjoint de l’Elysée.
A l’origine de ces rumeurs, les dires de la journaliste vénézuélienne Patricia Poleo, selon lesquels Ingrid Betancourt était en train d’être libérée et serait accueillie prochainement par Hugo Chavez, le président vénézuélien.
Les FARC gardent un groupe de 45 otages, dont trois Américains et Ingrid Betancourt. Ils proposent de les échanger contre la libération de 500 rebelles prisonniers.
Francebourse.com – Alexandra Voinchet
http://www.francebourse.com/fiche_news_4514.fb
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BETANCOURT
"Je ne peux pas y croire"
NOUVELOBS.COM | 07.08.2007 | 12:39
Christian Galloy, directeur du site latinreporters, spécialisé dans l'information sur l'Amérique latine
Quelle crédibilité accorder à l'annonce de la future libération d'Ingrid Betancourt, parue dans le journal vénézuélien El Nuevo Paìs?
- J'aurais souhaité que cette information soit vraie, mais je ne peux pas y croire. D'abord, la journaliste vénézuélienne qui a lancé l'affaire, Patricia Poleo, s'en tient trop au scénario des infirmières bulgares: l'intervention du président vénézuélien Hugo Chavez devant, selon elle, permettre la reprise des ventes d'armes entre France et Venezuela, et Cécilia Sarkozy se rendant au Venezuela pour aller chercher Ingrid Betancourt… Cela fait beaucoup de similitudes curieuses.
Ensuite, si seules Ingrid Betancourt et sa directrice de campagne Clara Rojas étaient libérées, je vois d'ici les titres de la presse française le lendemain: "Et les autres?". C'est impensable politiquement pour Nicolas Sarkozy. Il ne pourrait pas assumer d'obtenir la seule libération des deux otages françaises.
Enfin, je ne m'imagine pas les Farc se débarrassant de leur seul trésor véritable au profit de Chavez, eux-mêmes n'obtenant ni zones démilitarisées, ni show médiatique qui serait une reconnaissance implicite ou explicite d'un statut international.
Comment se situe le journal El Nuevo Paìs dans les médias vénézuéliens?
- D'après mes collègues de Bogota et de Caracas, le journal ne jouit pas d'une très grande crédibilité. D'ailleurs le président vénézuélien Hugo Chavez, interrogé hier soir sur cette affaire, a déclaré n'être au courant de rien. Donc, sincèrement, je n'y crois pas. Je n'en ai pas parlé non plus sur mon site.
Il y a tout de même des détails ahurissants dans cet article: Ingrid Betancourt serait retenue en territoire vénézuélien, dans une hacienda appartenant à un chef de la guérilla, et protégée par 300 guérilléros Farc! Je me demande si, avec cette histoire, on ne cherche pas surtout à discréditer Chavez. Patricia Poleo, la journaliste, est exilée à Miami.
Mais il faut rester prudent: dans l'affaire Montesinos (Vladimiro Montesinos Torres, chef du Service national de renseignements péruvien de 1990 à 2000, aurait été un ancien agent de la CIA impliqué dans un trafic d'armes avec les FARC, NDLR), il y a quelques années, c'est cette même Patricia Poleo qui avait révélé la fuite de Montesinos au Venezuela, et elle avait raison. C'est à mettre à son crédit.
Quoi qu'il en soit, si ça se passait vraiment comme elle l'a dit, ce ne serait bon ni pour Sarkozy, ni pour Chavez, qui serait officiellement reconnu comme soutien des Farc.
L'arrivée d'un nouvel interlocuteur, avec l'élection de Nicolas Sarkozy, peut-elle avoir un impact positif? Comment le président français est-il perçu en Amérique latine?
- Je crois que Nicolas Sarkozy risque d'être victime de lui-même: les Farc utiliseront sa soif de notoriété. Ils jouent avec le temps, puisqu'ils sont là depuis 43 ans, alors que le temps est précieux pour le président français, tributaire des élections. Les Farc essaieront donc de profiter de Sarkozy. Quant à l'Amérique latine, encore très dépendante de l'agriculture, elle s'intéresse surtout aux négociations qui se tiennent à l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Et sur ce point, Nicolas Sarkozy n'est pas très populaire. Le soir même de son élection, il a prononcé des phrases tendant à penser qu'il allait maintenir les positions dures de la France au niveau agricole. Vue du Brésil, le leader de l'Amérique latine, la position de la France n'est donc pas très appréciée.
Propos recueillis par Esther Delord
Le mardi 7 août 2007
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualit ... roire.html
Par Rue89 13H26 07/08/2007
La rumeur a couru tout Paris lundi: Ingrid Betancourt est sur le point d'être libérée! La franco-colombienne serait à l'abri dans la ferme vénézuélienne d'un responsable militaire des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie... Grâce à la médiation du "presidente" Hugo Chavez, elle devrait bientôt recouvrer la liberté, après plus de cinq ans dans la forêt colombienne.
Branle-bas de combat dans les rédactions. Le site du quotidien gratuit 20minutes est le premier à s'en faire l'écho, suivi de près par le blog de l'animateur Jean-Marc Morandini qui a depuis retiré l'article incriminé. Sur le mode: 22, v'la du scoop! En fin d'après-midi, les services de l'Elysée démentent: "On ne confirme pas, dit le porte-parole adjoint Pierre-Jérôme Hénin, mais on reste mobilisés".
Première rumeur d'un journal vénézuélien
En fait, la rumeur est partie jeudi 2 août du quotidien vénézuélien El Universal et de la rubrique "Runrunes" (rumeur, bruit de fond) tenue par l'éditorialiste Nelson Bocaranda Sardi. La brève, intitulée "La France pragmatique", apparaît dans la catégorie "haute" (et non "moyenne" ou "basse"), façon de signifier que la "rumeur" est très crédible.
Que dit-elle? Que Caracas et Paris discutent depuis plusieurs mois d'un marché... d'armement. Le président Chavez veut acheter des "avions Mirage" de Dassault. Le président Sarkozy veut obtenir la libération d'Ingrid Betancourt. Les deux hommes devraient pouvoir s'entendre, car le Vénézuéla abrite de longue date la base arrière des FARC. D'autant qu'un émissaire surprise devrait faire son apparition dans "les prochaines semaines", une certaine "señora Cécilia Sarkozy". Un scénario qui ressemble un peu trop à l'affaire libyenne. Et le confrère de conclure, sans avoir cité la moindre source: "Esparan que todo marche bien..."
Démenti de la Fédération des Comités Betancourt
Encore un clic et la rumeur pouvait prospérer. Cette fois-ci, c'est une opposante au président Chavez, Patricia Poleo, journaliste vénézuélienne exilée à Miami, qui reprend, samedi 4 août dans le quotidien El Nuevo Pais, la bribe d'info en l'agrémentant d'une précision géographique (la ferme de "Momo Joy" dans la région d'Elorza) et d'une source militaire colombienne non identifiée. Aussitôt écrit, aussitôt repris: d'abord par les Italiens de La Repubblica, puis par les Français de 20minutes...
Alors que la machine médiatique menace de s'emballer en fin de journée, le site Betancourt.infoet la mère de l'otage, Yolanda Pulecio, calment le jeu: La Fédération internationale des comités Ingrid Betancourt (Ficib), qui rassemble les divers comités de soutien, a également démenti ces informations. "Aucune des sources fiables avec lesquelles nous sommes en contact permanent, en France et en Colombie, n'a pu confirmer ces informations publiées par une journaliste vénézuélienne", peut-on lire dans un communiqué émis par la Ficib.
Verdict des sources interrogées par Rue89 au sein des services de renseignement français: "Information douteuse et quasi certainement fausse".
Résultat: une rumeur non vérifiée. A moins que l'on n'ait assisté, comme le suggère leFigaro de ce mardi 7 août, à une manoeuvre aussi compliquée que machiavélique d'Hugo Chavez... pour emprunter la voie du colonel Kadhafi sur le chemin de la rédemption internationale.
Pour info, cela fait aujourd'hui 1991 jours qu'Ingrid Betancourt est aux mains des FARC.
Maria Mancilla et David Servenay
http://www.rue89.com/2007/08/07/ingrid- ... une-rumeur
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Chavez s'invite dans le dossier des otages colombiens
PATRICK BÈLE
Publié le 07 août 2007
Il affirme vouloir intervenir pour faciliter la libération des otages détenus par les guérilleros colombiens.
LE PRÉSIDENT vénézuélien, Hugo Chavez, se plaît à brouiller les cartes. Dans sa dominicale intervention télévisée, alo presidente, il vient de proposer sa médiation dans l'affaire des otages détenus par les Forces armées révolutionnaires colombiennes (Farc) alors qu'il a souvent été accusé par Bogotá de soutenir la guérilla colombienne. Il leur fournirait une aide logistique et matérielle et aurait notamment livré des armes aux Farc. Le président vénézuélien répondait à la demande d'une sénatrice colombienne du département de la côte pacifique du Choco, Piedad Cordoba, d'intervenir auprès du président colombien, Alvaro Uribe. Elle voudrait qu'il le pousse à ouvrir une négociation avec les Farc sur la libération de leurs otages, dont fait partie la franco-colombienne Ingrid Betancourt. Le département du Choco se situe sur la côte pacifique et est l'un des plus pauvres du pays. La guérilla y est très active.
« Je promets de faire tout ce que je peux. Si nous pouvons parvenir à un accord humanitaire, tant mieux ! » a-t-il déclaré lors des sept heures de diffusion de Alo presidente de dimanche dernier. « Il ne manquera pas de gens pour expliquer que Chavez arrive avec son chéquier... Nous avons toujours dit que nous étions disposés à tout faire pour la paix, mais nous avons besoin d'appuis pour sortir des chemins de la guerre, promus par les États-Unis, car cela les satisfait que la Colombie soit en guerre », a accusé le chef de l'État vénézuélien. « Si nous pouvons faire quelque chose sans gêner personne, nous le ferons », a-t-il tempéré.
Cette proposition de médiation du président vénézuélien n'a que peu de chance d'être entendue. Elle pourrait même compliquer les tractations en cours concernant les otages des Farc. Les États-Unis et la France sont très impliqués dans le dossier. Nicolas Sarkozy a fait de la libération d'Ingrid Betancourt l'un des premiers objectifs de son action diplomatique.
La bête noire des États-Unis
Alvaro Uribe a ainsi libéré quelque trois cents membres supposés des Farc à la demande du président français. Parmi eux, celui qui est considéré comme le ministre des Affaires étrangères des Farc, Rodrigo Granda. Purgeant une peine de 21 ans de prison, il a été élargi le 4 juin dernier. Il a assuré qu'Ingrid Betancourt était vivante. Il s'est ensuite rendu à Cuba. Son enlèvement dans un restaurant de Caracas le 13 décembre 2004 avait provoqué une vive tension entre Bogotá et Caracas.
De son côté, Washington voudrait obtenir la libération de trois ressortissants américains retenus dans la jungle colombienne. Ils ont été capturés par la guérilla après que leur avion a été abattu par les guérilleros. Il est inconcevable pour Washington d'accepter une quelconque intervention de Caracas. Les États-Unis considèrent que Chavez personnifie la principale menace sur le continent américain. Ils soupçonnent également Caracas d'être devenu l'un des principaux relais du trafic de cocaïne. Un important narcotrafiquant qui vient d'être extradé par Bogotá vers les États-Unis, Hernando Gomez Bustamente, a affirmé récemment que « le Venezuela est devenu le temple du trafic de drogue ».
L'intervention du chef de l'État vénézuélien précédait la tournée diplomatique en Amérique du Sud qu'il a débuté, hier, par une visite au président argentin Nestor Kirchner. Sa volonté de s'imposer comme un interlocuteur incontournable de la région s'appuie sur les confortables revenus pétroliers de son pays. Provocation ou non, son intervention dans le débat sur la libération des otages des Farc dimanche ne peut qu'inquiéter et irriter Bogotá, Washington et Paris, et satisfaire les Farc. « D'une certaine manière, notre statut de force belligérante est reconnu » avait déjà déclaré, lors de sa libération, Rodrigo Granda.
http://www.lefigaro.fr/international/20 ... biens.html
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07-08-2007
Ingrid Bétancourt : l’Elysée dément une libération
La rumeur venait de la presse italienne et avait soulevé de nouveaux espoirs sur le sort de l’otage franco-colombienne, Ingrid Bétancourt, détenue depuis le 23 février 2002.
Espoirs déçus puisque ce matin l’Elysée, le Quai d’Orsay et ses proches ont démenti toute libération par les FARC.
« On ne confirme absolument pas, mais on reste pleinement mobilisés pour obtenir la libération des otages, en particulier de notre compatriote Ingrid Betancourt », a déclaré Pierre-Jérôme Hénin, porte-parole adjoint de l’Elysée.
A l’origine de ces rumeurs, les dires de la journaliste vénézuélienne Patricia Poleo, selon lesquels Ingrid Betancourt était en train d’être libérée et serait accueillie prochainement par Hugo Chavez, le président vénézuélien.
Les FARC gardent un groupe de 45 otages, dont trois Américains et Ingrid Betancourt. Ils proposent de les échanger contre la libération de 500 rebelles prisonniers.
Francebourse.com – Alexandra Voinchet
http://www.francebourse.com/fiche_news_4514.fb
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BETANCOURT
"Je ne peux pas y croire"
NOUVELOBS.COM | 07.08.2007 | 12:39
Christian Galloy, directeur du site latinreporters, spécialisé dans l'information sur l'Amérique latine
Quelle crédibilité accorder à l'annonce de la future libération d'Ingrid Betancourt, parue dans le journal vénézuélien El Nuevo Paìs?
- J'aurais souhaité que cette information soit vraie, mais je ne peux pas y croire. D'abord, la journaliste vénézuélienne qui a lancé l'affaire, Patricia Poleo, s'en tient trop au scénario des infirmières bulgares: l'intervention du président vénézuélien Hugo Chavez devant, selon elle, permettre la reprise des ventes d'armes entre France et Venezuela, et Cécilia Sarkozy se rendant au Venezuela pour aller chercher Ingrid Betancourt… Cela fait beaucoup de similitudes curieuses.
Ensuite, si seules Ingrid Betancourt et sa directrice de campagne Clara Rojas étaient libérées, je vois d'ici les titres de la presse française le lendemain: "Et les autres?". C'est impensable politiquement pour Nicolas Sarkozy. Il ne pourrait pas assumer d'obtenir la seule libération des deux otages françaises.
Enfin, je ne m'imagine pas les Farc se débarrassant de leur seul trésor véritable au profit de Chavez, eux-mêmes n'obtenant ni zones démilitarisées, ni show médiatique qui serait une reconnaissance implicite ou explicite d'un statut international.
Comment se situe le journal El Nuevo Paìs dans les médias vénézuéliens?
- D'après mes collègues de Bogota et de Caracas, le journal ne jouit pas d'une très grande crédibilité. D'ailleurs le président vénézuélien Hugo Chavez, interrogé hier soir sur cette affaire, a déclaré n'être au courant de rien. Donc, sincèrement, je n'y crois pas. Je n'en ai pas parlé non plus sur mon site.
Il y a tout de même des détails ahurissants dans cet article: Ingrid Betancourt serait retenue en territoire vénézuélien, dans une hacienda appartenant à un chef de la guérilla, et protégée par 300 guérilléros Farc! Je me demande si, avec cette histoire, on ne cherche pas surtout à discréditer Chavez. Patricia Poleo, la journaliste, est exilée à Miami.
Mais il faut rester prudent: dans l'affaire Montesinos (Vladimiro Montesinos Torres, chef du Service national de renseignements péruvien de 1990 à 2000, aurait été un ancien agent de la CIA impliqué dans un trafic d'armes avec les FARC, NDLR), il y a quelques années, c'est cette même Patricia Poleo qui avait révélé la fuite de Montesinos au Venezuela, et elle avait raison. C'est à mettre à son crédit.
Quoi qu'il en soit, si ça se passait vraiment comme elle l'a dit, ce ne serait bon ni pour Sarkozy, ni pour Chavez, qui serait officiellement reconnu comme soutien des Farc.
L'arrivée d'un nouvel interlocuteur, avec l'élection de Nicolas Sarkozy, peut-elle avoir un impact positif? Comment le président français est-il perçu en Amérique latine?
- Je crois que Nicolas Sarkozy risque d'être victime de lui-même: les Farc utiliseront sa soif de notoriété. Ils jouent avec le temps, puisqu'ils sont là depuis 43 ans, alors que le temps est précieux pour le président français, tributaire des élections. Les Farc essaieront donc de profiter de Sarkozy. Quant à l'Amérique latine, encore très dépendante de l'agriculture, elle s'intéresse surtout aux négociations qui se tiennent à l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Et sur ce point, Nicolas Sarkozy n'est pas très populaire. Le soir même de son élection, il a prononcé des phrases tendant à penser qu'il allait maintenir les positions dures de la France au niveau agricole. Vue du Brésil, le leader de l'Amérique latine, la position de la France n'est donc pas très appréciée.
Propos recueillis par Esther Delord
Le mardi 7 août 2007
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualit ... roire.html
Bogota parle de "rumeurs" autour d'Ingrid Betancourt
07.08.07 | 18h58
MIAMI (Reuters) - Les informations sur une prochaine libération d'Ingrid Betancourt par la guérilla marxiste colombienne ne sont que "rumeurs" et "spéculations", déclare le ministre colombien des Affaires étrangères, Fernando Araujo.
"Nous ne sommes au courant que de rumeurs", a dit le ministre, qui commentait un article du journal vénézuélien El Universal.
Il a ajouté qu'il ignorait tout de prétendues discussions entre les rebelles des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) et les gouvernements colombien et vénézuélien, afin d'obtenir la libération de Betancourt, une Franco-Colombienne enlevée en 2002 par les rebelles alors qu'elle était candidate à la présidence.
Selon la journaliste vénézuélienne Patricia Poleo, Ingrid Betancourt se trouverait dans un ranch vénézuélien appartenant à un chef des Farc connu sous le nom de "Grannobles", dans l'attente des derniers arrangements pour sa libération.
Araujo, qui a donné une brève interview à Reuters lors d'une escale à Miami, a déclaré que le gouvernement colombien ne pouvait confirmer aucune des informations d'El Universal, pas même l'existence d'un ranch au Venezuela appartenant à Grannobles.
"Nous pensons qu'il ne s'agit là que de spéculations", a-t-il dit. "Mais s'il y avait vraiment une intention de libérer Ingrid Betancourt, nous serions contents, très heureux", a-t-il dit.
Lundi soir, la présidence de la République française a également fait savoir qu'elle n'était pas en mesure de confirmer les informations faisant état d'un processus de libération de Betancourt.
"On ne confirme absolument pas mais on reste pleinement mobilisés pour obtenir la libération des otages, en particulier de notre compatriote Ingrid Betancourt", avait déclaré Pierre-Jérôme Hénin, porte-parole adjoint de l'Elysée.
La Fédération internationale des comités Ingrid Betancourt (Ficib), qui rassemble les divers comités de soutien, a également démenti ces informations.
"Aucune des sources fiables avec lesquelles nous sommes en contact permanent, en France et en Colombie, n'a pu confirmer ces informations publiées par une journaliste vénézuélienne", a-t-elle précisé dans un communiqué.
Dimanche, lors d'une rencontre informelle avec la presse sur son lieu de vacances aux Etats-Unis, Nicolas Sarkozy avait réaffirmé sa détermination à obtenir la libération de la Franco-Colombienne, après le dénouement heureux de l'affaire des infirmières bulgares emprisonnées en Libye.
http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14 ... -37,0.html
07.08.07 | 18h58
MIAMI (Reuters) - Les informations sur une prochaine libération d'Ingrid Betancourt par la guérilla marxiste colombienne ne sont que "rumeurs" et "spéculations", déclare le ministre colombien des Affaires étrangères, Fernando Araujo.
"Nous ne sommes au courant que de rumeurs", a dit le ministre, qui commentait un article du journal vénézuélien El Universal.
Il a ajouté qu'il ignorait tout de prétendues discussions entre les rebelles des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) et les gouvernements colombien et vénézuélien, afin d'obtenir la libération de Betancourt, une Franco-Colombienne enlevée en 2002 par les rebelles alors qu'elle était candidate à la présidence.
Selon la journaliste vénézuélienne Patricia Poleo, Ingrid Betancourt se trouverait dans un ranch vénézuélien appartenant à un chef des Farc connu sous le nom de "Grannobles", dans l'attente des derniers arrangements pour sa libération.
Araujo, qui a donné une brève interview à Reuters lors d'une escale à Miami, a déclaré que le gouvernement colombien ne pouvait confirmer aucune des informations d'El Universal, pas même l'existence d'un ranch au Venezuela appartenant à Grannobles.
"Nous pensons qu'il ne s'agit là que de spéculations", a-t-il dit. "Mais s'il y avait vraiment une intention de libérer Ingrid Betancourt, nous serions contents, très heureux", a-t-il dit.
Lundi soir, la présidence de la République française a également fait savoir qu'elle n'était pas en mesure de confirmer les informations faisant état d'un processus de libération de Betancourt.
"On ne confirme absolument pas mais on reste pleinement mobilisés pour obtenir la libération des otages, en particulier de notre compatriote Ingrid Betancourt", avait déclaré Pierre-Jérôme Hénin, porte-parole adjoint de l'Elysée.
La Fédération internationale des comités Ingrid Betancourt (Ficib), qui rassemble les divers comités de soutien, a également démenti ces informations.
"Aucune des sources fiables avec lesquelles nous sommes en contact permanent, en France et en Colombie, n'a pu confirmer ces informations publiées par une journaliste vénézuélienne", a-t-elle précisé dans un communiqué.
Dimanche, lors d'une rencontre informelle avec la presse sur son lieu de vacances aux Etats-Unis, Nicolas Sarkozy avait réaffirmé sa détermination à obtenir la libération de la Franco-Colombienne, après le dénouement heureux de l'affaire des infirmières bulgares emprisonnées en Libye.
http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14 ... -37,0.html
Le professeur Moncayo voudrait rencontrer le président Chavez
08/08/2007 - Caracol Radio
Le "Marcheur pour la Paix", Gustavo Moncayo, a déclaré à Radio Caracol qu'il voudrait rencontrer le président vénézuélien Hugo Chávez pour obtenir son aide dans sa croisade internationale pour l'Accord Humanitaire pour le liberation de de son fils et de tous les kidnappés du pays.
Moncayo a assuré qu'il avait des contacts avec l'Espagne, la France et la Suisse et qu'il comptait se rendre dans ces pays pour y avoir des alliés internationaux dans sa lutte pour l'accord humanitaire.
Comme chaque matin depuis son installation sur la Place Bolivar, il monte le drapeau colombien, et affirme qu'il continuera à effectuer ce cérémonial afin de purifier et d'enlever les barrières qui entravent l'accord humanitaire.
http://www.betancourt.info/indexFr.htm
08/08/2007 - Caracol Radio
Le "Marcheur pour la Paix", Gustavo Moncayo, a déclaré à Radio Caracol qu'il voudrait rencontrer le président vénézuélien Hugo Chávez pour obtenir son aide dans sa croisade internationale pour l'Accord Humanitaire pour le liberation de de son fils et de tous les kidnappés du pays.
Moncayo a assuré qu'il avait des contacts avec l'Espagne, la France et la Suisse et qu'il comptait se rendre dans ces pays pour y avoir des alliés internationaux dans sa lutte pour l'accord humanitaire.
Comme chaque matin depuis son installation sur la Place Bolivar, il monte le drapeau colombien, et affirme qu'il continuera à effectuer ce cérémonial afin de purifier et d'enlever les barrières qui entravent l'accord humanitaire.
http://www.betancourt.info/indexFr.htm
Colombie: les FARC repoussent les propositions d'Uribe pour libérer les otages
La guérilla colombienne des FARC a repoussé les dernières propositions du président Alvaro Uribe de création d'une "zone de rencontre" en échange de la libération de 45 otages, dont la franco-colombienne Ingrid Betancourt et trois Américains, a indiqué tard mardi la chaîne de télévision Noticias Uno.
08/08/2007 - BOGOTA (AFP)
Le porte-parole de la guérilla des (Forces armées révolutionnaires de Colombie) Raul Reyes, dans une déclaration à la chaîne de télévision, a qualifié la proposition du président colombien de "rideau de fumée" et a rappelé l'exigence des FARC de la libération de 500 de ses membres détenus, dont deux ont été extradés aux Etats-Unis, en échange des otages.
"Si les FARC libérent les otages, le gouvernement est prêt à créer une zone de rencontre pour que la paix soit signée en 90 jours", avait affirmé M. Uribe jeudi dernier à l'issue d'une rencontre avec le père d'un otage de la guérilla, Gustavo Montayo.
"L'échange humanitaire (entre les guérilleros en prison et les otages des FARC) est indépendant d'un éventuel processus de paix", a répliqué Raul Reyes, qui a toutefois souligné qu'un échange de prisonniers "ouvrirait la porte du dialogue pour une sortie politique des la crise colombienne".
Le porte-parole des FARC a également rappelé la demande de la guérilla de création d'une zone démilitarisée pendant 45 jours de 800 km2 dans le sud-ouest du pays pour négocier un échange de prisonniers, ce à quoi le président Uribe s'est déclaré formellement opposé.
http://www.lematin.ch/pages/home/depech ... enu=285605
La guérilla colombienne des FARC a repoussé les dernières propositions du président Alvaro Uribe de création d'une "zone de rencontre" en échange de la libération de 45 otages, dont la franco-colombienne Ingrid Betancourt et trois Américains, a indiqué tard mardi la chaîne de télévision Noticias Uno.
08/08/2007 - BOGOTA (AFP)
Le porte-parole de la guérilla des (Forces armées révolutionnaires de Colombie) Raul Reyes, dans une déclaration à la chaîne de télévision, a qualifié la proposition du président colombien de "rideau de fumée" et a rappelé l'exigence des FARC de la libération de 500 de ses membres détenus, dont deux ont été extradés aux Etats-Unis, en échange des otages.
"Si les FARC libérent les otages, le gouvernement est prêt à créer une zone de rencontre pour que la paix soit signée en 90 jours", avait affirmé M. Uribe jeudi dernier à l'issue d'une rencontre avec le père d'un otage de la guérilla, Gustavo Montayo.
"L'échange humanitaire (entre les guérilleros en prison et les otages des FARC) est indépendant d'un éventuel processus de paix", a répliqué Raul Reyes, qui a toutefois souligné qu'un échange de prisonniers "ouvrirait la porte du dialogue pour une sortie politique des la crise colombienne".
Le porte-parole des FARC a également rappelé la demande de la guérilla de création d'une zone démilitarisée pendant 45 jours de 800 km2 dans le sud-ouest du pays pour négocier un échange de prisonniers, ce à quoi le président Uribe s'est déclaré formellement opposé.
http://www.lematin.ch/pages/home/depech ... enu=285605