Au temps pour eux
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docjekyll
Au temps pour eux
C'est le nom du roman que j'ai commencé à écrire depuis quelques mois et voici la première page de celui-ci :
" Il était là, cela faisait des heures qu’il tournait en rond, à chercher les mots dans sa tête, à ressasser les mêmes idées, à se dire qu’il n’évoluerait jamais. Et pourtant il aimait ses longs après-midi à regarder le temps qui passe, à se donner l’illusion qu’il pensait, du moins qu’il était un penseur, mais ce n’était pas les pensées qui pleuvaient, seulement les gouttes dehors, et tout ce qu’il ressentait, c’était un profond vide. Cet après-midi là ne dérogeait pas à la règle quand il s’assit devant son ordinateur pour déposer quelques mots sur son état d’esprit du moment. Il avait choisi cet après-midi là comme il aurait pu en choisir une autre. Il y pensait juste depuis un bout de temps. Il ne pensait pas non plus qu’il aurait la volonté de subir à nouveau ce rapport avec lui. Mais bon !
Là, il était lancé à écrire des lieux communs, à se demander ce que ses amis proches en penseraient quand ils liraient ça, à se demander même si ce qu’il écrivait, avait le moindre sens. Bref il était perdu quelque part entre les sciences et les lettres à aligner les mots maladroitement. Oh il savait pertinemment qu’il n’était pas un littéraire. Il s’était déjà essayé à la poésie, à la philosophie, au théâtre, à la chanson... mais rien de ce qu’il avait pu faire ne lui semblait satisfaisant et même ce qu’il était entrain d’écrire ne lui plaisait pas. Pourtant il continuait à s’essayer, à se dire qu’il passait à côté de quelque chose si il ne le faisait pas et puis il avait entendu tant de voix résonner dans sa tête, il avait ressenti tant de choses en lisant, il avait tant analysé les mécanismes qui avaient crée ces sensations en lui, qu’il avait envie à son tour de partager ses sensations, ses idées. Il voulait créer. Il voulait le faire avec ses mots à lui et tant pis si cela paraissait pitoyable ou sans talent aux yeux de certains, il écrivait aussi pour lui après tout.
Tiens une pause. Il relisait tout ce qu’il venait d’écrire, corrigeait les fautes, tournait les phrases autrement, et puis il essayait de se concentrer à nouveau sur le fond et toutes ces questions : pourquoi ce titre ? Pourquoi commencer quelque chose qu’il n’aurait peut-être pas la volonté de finir ? Où voulait-il aller avec ce début ? Il avait commencé des milliards de textes comme ça et comme il n’avait pas la fin, il les avait toujours effacés, pourquoi serait-ce différent pour celui-ci ? Et pis est-ce que ce qu’il venait d’écrire, reflétait réellement ses pensées ou est-ce que c’était simplement des mots trouvés sur le tas, des phrases mal coordonnées et tout le tralala ? Il avait peur de porter un jugement honnête sur ce qu’il écrivait, alors il s’affolait, et dans sa panique, les lettres s’enchaînaient, les mots se dessinaient sous son regard et il n’arrivait pas à contrôler ses doigts qui continuaient de taper inexorablement. Il avait peur en se retournant sur les phrases passées de voir la vanité et l’hypocrisie qui se cachaient derrière toutes ses phrases. Il avait peur de n’avoir écrit tout ça que pour la mise en abîme, qui consistait simplement dans le fait de perdre le lecteur entre le « il » et l’auteur. Il avait peur de ces analyses. Alors face à la peur, la fuite. Vers l’avant ici. Plus vite il écrirait, plus vite la ligne du dessus disparaîtrait et sa peur serait soulagée. Qui courrait le plus vite ? L’homme ou sa peur ? Alors vite changer de sujet, n’importe quoi... Non il ne voulait pas : il affronterait cette peur en l’écrivant, il ne sait s’il la vaincrait, il tenterait au moins. Il avait eu toute sa vie ce sentiment de se mettre un voile devant les yeux mais il avait le sentiment de passer à côté de quelque chose. Il ne savait pas quoi et peut-être qu’il continuait de se mettre ce voile devant ses yeux avec cet écran d’ordinateur.
Il était là, cela faisait des heures qu’il tournait en rond sans savoir comment sortir du cercle. "
A vous de juger !
" Il était là, cela faisait des heures qu’il tournait en rond, à chercher les mots dans sa tête, à ressasser les mêmes idées, à se dire qu’il n’évoluerait jamais. Et pourtant il aimait ses longs après-midi à regarder le temps qui passe, à se donner l’illusion qu’il pensait, du moins qu’il était un penseur, mais ce n’était pas les pensées qui pleuvaient, seulement les gouttes dehors, et tout ce qu’il ressentait, c’était un profond vide. Cet après-midi là ne dérogeait pas à la règle quand il s’assit devant son ordinateur pour déposer quelques mots sur son état d’esprit du moment. Il avait choisi cet après-midi là comme il aurait pu en choisir une autre. Il y pensait juste depuis un bout de temps. Il ne pensait pas non plus qu’il aurait la volonté de subir à nouveau ce rapport avec lui. Mais bon !
Là, il était lancé à écrire des lieux communs, à se demander ce que ses amis proches en penseraient quand ils liraient ça, à se demander même si ce qu’il écrivait, avait le moindre sens. Bref il était perdu quelque part entre les sciences et les lettres à aligner les mots maladroitement. Oh il savait pertinemment qu’il n’était pas un littéraire. Il s’était déjà essayé à la poésie, à la philosophie, au théâtre, à la chanson... mais rien de ce qu’il avait pu faire ne lui semblait satisfaisant et même ce qu’il était entrain d’écrire ne lui plaisait pas. Pourtant il continuait à s’essayer, à se dire qu’il passait à côté de quelque chose si il ne le faisait pas et puis il avait entendu tant de voix résonner dans sa tête, il avait ressenti tant de choses en lisant, il avait tant analysé les mécanismes qui avaient crée ces sensations en lui, qu’il avait envie à son tour de partager ses sensations, ses idées. Il voulait créer. Il voulait le faire avec ses mots à lui et tant pis si cela paraissait pitoyable ou sans talent aux yeux de certains, il écrivait aussi pour lui après tout.
Tiens une pause. Il relisait tout ce qu’il venait d’écrire, corrigeait les fautes, tournait les phrases autrement, et puis il essayait de se concentrer à nouveau sur le fond et toutes ces questions : pourquoi ce titre ? Pourquoi commencer quelque chose qu’il n’aurait peut-être pas la volonté de finir ? Où voulait-il aller avec ce début ? Il avait commencé des milliards de textes comme ça et comme il n’avait pas la fin, il les avait toujours effacés, pourquoi serait-ce différent pour celui-ci ? Et pis est-ce que ce qu’il venait d’écrire, reflétait réellement ses pensées ou est-ce que c’était simplement des mots trouvés sur le tas, des phrases mal coordonnées et tout le tralala ? Il avait peur de porter un jugement honnête sur ce qu’il écrivait, alors il s’affolait, et dans sa panique, les lettres s’enchaînaient, les mots se dessinaient sous son regard et il n’arrivait pas à contrôler ses doigts qui continuaient de taper inexorablement. Il avait peur en se retournant sur les phrases passées de voir la vanité et l’hypocrisie qui se cachaient derrière toutes ses phrases. Il avait peur de n’avoir écrit tout ça que pour la mise en abîme, qui consistait simplement dans le fait de perdre le lecteur entre le « il » et l’auteur. Il avait peur de ces analyses. Alors face à la peur, la fuite. Vers l’avant ici. Plus vite il écrirait, plus vite la ligne du dessus disparaîtrait et sa peur serait soulagée. Qui courrait le plus vite ? L’homme ou sa peur ? Alors vite changer de sujet, n’importe quoi... Non il ne voulait pas : il affronterait cette peur en l’écrivant, il ne sait s’il la vaincrait, il tenterait au moins. Il avait eu toute sa vie ce sentiment de se mettre un voile devant les yeux mais il avait le sentiment de passer à côté de quelque chose. Il ne savait pas quoi et peut-être qu’il continuait de se mettre ce voile devant ses yeux avec cet écran d’ordinateur.
Il était là, cela faisait des heures qu’il tournait en rond sans savoir comment sortir du cercle. "
A vous de juger !
- Eddy Cordy
- Messages : 383
- Enregistré le : 12 oct. 2005, 15:15
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Re: Au temps pour eux
bien écrit rien a dire... mais c'est qui "il" ?
"Mon crime est d'être indien. Quel est le votre?" Leonard Peltier
Re: Au temps pour eux
y'a un peu de cul et des poursuites en voitures après ?
E kreiz an avel, atao!
Re: Au temps pour eux
C'est, heuuuu.... comment dire sans agressivité? Finalement, c'est vachement bien que tu aies ton CAPES en sciences et pas en littérature, quoi.
"La seule différence entre un fou et moi, c'est que moi, je ne suis pas fou".
Re: Au temps pour eux
En fait c'est pas vachement bien : c'est normal.
Si tu veux un avis un peu plus argumenté : je me suis forcé pour aller jusqu'au bout ; c'est lourd, c'est long et il ne se passe rien.
Pour moi, une première page de bouquin doit me plonger dans le truc, et là, le truc me donne l'impression d'un bouquin un peu introspectif genre intello-chiant qui s'épanche sans parler de rien et sans raconter d'histoire.
Bon et en plus j'aime pas les autobiographies.
Mais c'est courageux de poster ça ici, parce que tu sais qu'on est des connards.
Si tu veux un avis un peu plus argumenté : je me suis forcé pour aller jusqu'au bout ; c'est lourd, c'est long et il ne se passe rien.
Pour moi, une première page de bouquin doit me plonger dans le truc, et là, le truc me donne l'impression d'un bouquin un peu introspectif genre intello-chiant qui s'épanche sans parler de rien et sans raconter d'histoire.
Bon et en plus j'aime pas les autobiographies.
Mais c'est courageux de poster ça ici, parce que tu sais qu'on est des connards.
Soundtrack of my life
"Le réalisme est la bonne conscience des salauds"
George Bernanos.
"Le réalisme est la bonne conscience des salauds"
George Bernanos.
Re: Au temps pour eux
Je préfère de loin "Martine a pas mis de culotte"

Re: Au temps pour eux
hector a écrit :Je préfère de loin "Martine a pas mis de culotte"
Oh la cochonne
"Mon crime est d'être indien. Quel est le votre?" Leonard Peltier
Re: Au temps pour eux
Faut pas écrire quand on est en pleine dépression.
Re: Au temps pour eux
Batdingue a écrit :Faut pas écrire quand on est en pleine dépression.
"Mon crime est d'être indien. Quel est le votre?" Leonard Peltier
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docjekyll
Re: Au temps pour eux
Alors pour répondre à tous vos avis: ça ne va pas être seulement autobiographique. Y aura du cul et de l'action sûrement. Cette première page est juste l'élaboration d'un personnage parmi d'autres. On va continuer de l'appeler "il" pour un bon moment, le temps de mettre en place l'action. Bref je sais à peu près où je vais en commençant ça.
Re: Au temps pour eux
Vous noterez que j'ai bien fermé ma gueule, sur ce coup.
Re: Au temps pour eux
Ouais mais n'empêche que ça commence mal.
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"Le réalisme est la bonne conscience des salauds"
George Bernanos.
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docjekyll
Re: Au temps pour eux
Personne ne t'empêche de donner ton avis.Elle a écrit :Vous noterez que j'ai bien fermé ma gueule, sur ce coup.
Re: Au temps pour eux
Tu sais, en général, quand on demande l'avis de quelqu'un, c'est que, quelque part, on espère qu'il aille dans le sens qu'on veut.
Là, en l'occurrence, de 1, je vais pas te caresser le dos, de 2, je crois que mon avis, j'en ai pas.
Parce qu'en toute franchise, j'ai lu le plus petit paragraphe. et que je suis passée à autre chose. et que, pour donner mon avis, faudrait que je lise jusqu'au bout, et que j'ai pas envie.
Sinon, bravo pour le CAPES.
Là, en l'occurrence, de 1, je vais pas te caresser le dos, de 2, je crois que mon avis, j'en ai pas.
Parce qu'en toute franchise, j'ai lu le plus petit paragraphe. et que je suis passée à autre chose. et que, pour donner mon avis, faudrait que je lise jusqu'au bout, et que j'ai pas envie.
Sinon, bravo pour le CAPES.