Elle aime aussi sa blanche peau, Elle est facho.
Modérateur : modérateurs
- Eddy Cordy
- Messages : 383
- Enregistré le : 12 oct. 2005, 15:15
- Localisation : You know I love this place, more than it shows on my face.
Re: Elle aime aussi sa blanche peau, Elle est facho.
Merci wikipedia.
(Moumou va hurler.)
(Moumou va hurler.)
J'ai téléphoné à Stutz.
Re: Elle aime aussi sa blanche peau, Elle est facho.
Wikipédia, c'est génial comme truc.
Re: Elle aime aussi sa blanche peau, Elle est facho.
D'ailleurs pour Peps
Napoléon y entre le 15 mai 1779 en classe de septième[9]. C’est l’un des douze collèges de France qui accueillent les enfants de la petite noblesse. Il va y rester cinq ans. Considéré comme bon élève, particulièrement doué pour les mathématiques, Bonaparte n’aurait pas été très apprécié de ses camarades notamment à cause de son admiration pour Pascal Paoli[10]. Il montre déjà une propension à l’art du commandement, en organisant des jeux militaires dont il prend la tête. Une bataille de boules de neige, qu'il aurait dirigée un hiver, fait partie de sa légende[11]. Son frère Joseph, ayant abandonné son projet d'entrer au séminaire, étudie le droit, Lucien entre au séminaire d’Aix-en-Provence et ses sœurs sont éduquées par Mme Campan.
Il quitte Paris pour Valence le 30 octobre 1785. Le 15 septembre 1786, sept ans et neuf mois après son départ, il repose les pieds sur l’île de Corse à l’occasion de son congé de semestre. Le 1er juin 1788, il s’embarque pour rejoindre son régiment de La Fère en garnison à Auxonne et apprendre son métier d’artilleur. Dans ses loisirs, il travaille assidûment. Ses nombreuses lectures, qu’il accompagne de Notes[17] témoignent du sens dans lequel il a dirigé ses études et des sujets qui l’ont particulièrement attiré. Il quitte Auxonne, pour un congé de semestre au début du mois de septembre 1789. Le 11 ou 12 février 1791, la fin de son congé le ramène dans la cité auxonnaise qu’il quitte définitivement le 14 juin 1791.
Ses amitiés avec les jacobins lui valent d’être brièvement arrêté après la chute de Robespierre le 9 Thermidor an II (27 juillet 1794).
Le 13 vendémiaire, le mariage et l’armée d’Italie
Quelques jours plus tard, Bonaparte est promu général de division, puis nommé commandant de l’armée de l'Intérieur, succédant à Barras qui devient l’un des 5 membres du Directoire.
Officier d’artillerie de formation, il innove vers cette époque dans l’utilisation de l’artillerie (canon de Gribeauval) comme force mobile d’appui des attaques d’infanterie.
Il doit à Joséphine de Beauharnais, amie et ancienne maîtresse de Barras, qu'il vient d'épouser au début de 1796, sa promotion à la tête de la petite armée d'Italie, appelée en principe à ouvrir un simple front de diversion. Il sait motiver ses hommes et fait, sur le terrain qu'il avait reconnu en 1793-94, une campagne d’exception qui reste étudiée dans toutes les Écoles de guerre. Il bat séparément quatre généraux piémontais et autrichiens (dont Colli, Von Beaulieu et Argenteau à Millesimo, Montenotte), et signe l’armistice de Cherasco avec le premier royaume. Dans une deuxième phase, il bat une nouvelle armée autrichienne envoyée en renfort et commandée par Sebottendorf à Lodi et Beaulieu à Borghetto, ce qui lui assure la conquête de Milan.
Dans une troisième phase organisée autour du siège de Mantoue, il bat deux nouvelles armées autrichiennes commandées par Quasdanovich et Wurmser dans sept batailles, dont Castiglione, Roveredo. Enfin, les renforts commandés par Alvinczy sont à nouveau battus au pont d’Arcole et à Rivoli. Tout en organisant l’Italie en Républiques sœurs sur le modèle de la République française, il marche sur l’Autriche et signe seul les préliminaires de paix de Leoben. En un peu plus d’un an, il bat cinq armées autrichiennes, fréquemment à un contre deux, et décide seul du sort de la guerre, les armées françaises du Rhin étant battues par les Autrichiens qui doivent affaiblir leurs troupes sur ce front pour envoyer des renforts en Italie. La rue de Paris où il habite est renommée rue de la Victoire.
À son retour d’Italie, en décembre 1797, Bonaparte est accueilli comme un héros par le Directoire qui organise une cérémonie officielle pour célébrer la paix de Campo-Formio. Il est nommé membre de l'Institut dans la classe de mathématiques. En février 1798, le Directoire soumet à Bonaparte l'idée d'une invasion de l'Angleterre. Il inspecte les côtes françaises de Boulogne, Calais et Dunkerque, en vue de la réalisation du projet. Sa popularité auprès des Français est de plus en plus importante. Le 23 février 1798, le gouvernement abandonne le projet d'invasion de l'Angleterre sur les conseils de Bonaparte, qui, lui-même influencé par Talleyrand, persuade alors le Directoire de porter la guerre en Égypte, où il pourra couper la route des Indes à la Grande-Bretagne. Le 24 février 1798, le rapport est présenté à Barras ; le 5 mars, inquiet de la popularité de Bonaparte, le Directoire le charge de mener l'expédition en Égypte, avec aussi l'idée de s'en débarrasser.
Le 19 mai 1798, Bonaparte quitte Toulon avec le gros de la flotte française et parvient à échapper à la poursuite de la flotte britannique de Nelson. Mais il y a eu peut-être une ruse des Anglais de laisser passer la flotte française pour mieux l'écraser plus tard. Au passage, les Français s’emparent de Malte, le 10-11 juin 1798, pour assurer les communications ultérieures avec la métropole. Le 19 juin 1798, après avoir laissé une garnison de 3 000 hommes sur place, la flotte met le cap sur Alexandrie qu’elle atteint le 1er juillet 1798. Après une courte résistance, la ville est prise le lendemain.
Bonaparte laisse 3 000 hommes à Alexandrie et longe la côte égyptienne vers l’est jusqu’au delta du Nil qu’il remonte vers Le Caire. Le premier véritable combat de la campagne d'Égypte a lieu à Chebreïs le 13 juillet 1798 où les cavaliers mamelouks sont défaits, grâce à l’artillerie de l’armée d’Orient. Le 21 juillet 1798, à la bataille des Pyramides de Gizeh, Bonaparte bat à nouveau l’armée des mamelouks. Le 24 juillet 1798, Bonaparte et son armée entrent triomphalement au Caire. Les 1er et 2 août 1798, la flotte française est presque entièrement détruite à Aboukir par les navires de Nelson. Désormais, les Britanniques sont maîtres de la Méditerranée et Bonaparte est prisonnier de sa conquête. Suite à cette défaite, les Turcs, le 9 septembre 1798, déclarent la guerre à la France. Il faut rappeler qu’à cette époque l'Égypte fait partie de l'empire ottoman, comme la majorité du Proche-Orient.
Napoléon et ses généraux en Egypte., Jean-Léon GérômePendant qu’il décide de faire de l'Égypte un véritable État capable de vivre en autarcie, Bonaparte envoie le général Desaix poursuivre Mourad Bey jusqu’en Haute-Égypte, complétant ainsi la soumission du pays. Poussés par les Britanniques et les Turcs, les mamelouks survivants travaillent la population du Caire, qui se révolte le 21 octobre 1798 contre les Français. Cette révolte est impitoyablement réprimée par les troupes. Le calme revient et Bonaparte rétablit la situation en décrétant finalement une amnistie générale, non sans avoir fait couper bon nombre de têtes exhibées à la foule terrorisée et canonner la Grande Mosquée du Caire.
En février 1799, Bonaparte se déplace en Syrie pour affronter les troupes ottomanes que le sultan a envoyées pour attaquer les Français en Égypte. Le 10 février 1799, Bonaparte quitte le Caire avec son armée et bat les Turcs aux combats d’El-Arich et de Gaza. Le 7 mars 1799, la ville de Jaffa est prise et pillée par les Français. Napoléon ordonne l'exécution de quelque 2 500 prisonniers turcs qui sont fusillés ou égorgés faute de munitions[18]. Par ce massacre, il espère impressionner ses adversaires. C’est à ce moment-là que la peste apparaît dans les rangs français. Napoléon est favorable à l'euthanasie des soldats agonisants à l'aide de fortes doses d'opium (utilisé pour calmer la douleur), mais son médecin, le baron Desgenettes, (René-Nicolas Dufriche Desgenettes) s'y oppose énergiquement.
Le 19 mars 1799, Bonaparte met le siège devant Saint-Jean d’Acre. Le 13 avril 1799, les cavaliers de Junot mettent en déroute les cavaliers ottomans à la bataille de Nazareth et le 16 avril 1799, Bonaparte et Kléber écrasent l’armée turque de secours envoyée par le sultan pour libérer le siège de Saint-Jean d’Acre à la Bataille du Mont-Thabor. Bien que victorieuse à cette bataille, le 16 avril 1799, l’expédition en Syrie sera décimée par la peste puis arrêtée à Acre.
De retour à Acre, Bonaparte essayera en vain, du 24 avril au 10 mai 1799, de prendre la ville. Le 17 mai 1799, Bonaparte décide d’abandonner le siège et retourne en Égypte. Le 14 juin 1799, il arrive au Caire et, dans un retournement de situation, bat les Turcs le 25 juillet 1799 à la bataille terrestre d'Aboukir.
La situation du Directoire lui paraissant favorable à un coup de force, Bonaparte, qui n’a plus qu’une armée de terre affaiblie, ayant perdu sa marine, abandonne le commandement de l’armée d’Égypte à Jean-Baptiste Kléber.
Retour à Paris, situation de la France
Il rentre discrètement en France le 23 août 1799 à bord de la frégate La Muiron, abandonnant au général Kléber une armée diminuée et malade. Il débarque à Saint-Raphaël le 9 octobre 1799 après avoir miraculeusement échappé aux escadres britanniques pendant les 47 jours de la traversée. Sur le chemin qui le mène à Paris, il est acclamé par la population. Jean-Baptiste Kléber se révèle un excellent administrateur et le 20 mars 1800, réalise l’exploit de vaincre les Turcs à la bataille d’Héliopolis. Cette victoire permet à la France de conserver l’Égypte, mais Kléber meurt assassiné, le 14 juin 1800 au Caire, le jour où Napoléon gagne de justesse la bataille de Marengo en Italie, grâce à la charge héroïque de Desaix, qui est tué lors de l’assaut, trépassant ainsi le même jour que Kléber.
Le successeur de Kléber, le général Menou, capitule le 31 août 1801 devant les forces turco-britanniques après avoir perdu 13 500 hommes, principalement victimes des épidémies au cours des négociations de paix. Les soldats français restants sont rapatriés sur les vaisseaux britanniques vers la France.
Le Consulat
Buste de Bonaparte Premier ConsulArticle détaillé : Consulat (histoire de France).Le coup d’État
Article détaillé : Coup d'État du 18 brumaire.Arrivé dans la capitale, le général s’entretient avec Talleyrand, homme politique d’expérience et fin connaisseur des forces en jeu. Le schéma du coup d’État du 18 brumaire (9 novembre 1799) prévoit les opérations suivantes : Bonaparte aura le commandement en chef de l’armée pour le maintien de l’ordre dans Paris et dans les assemblées. On envisage de déplacer les assemblées au château de Saint-Cloud sous le prétexte d’un péril jacobin. En effet, depuis 1789, les assemblées se trouvent toujours sous la menace de la population parisienne.
L'essentiel des événements se déroule le 19 brumaire à Saint-Cloud. Les révisionnistes avaient envisagé une démission collective des cinq directeurs, mais les assemblées ont du retard car cette idée ne fait pas l’unanimité ; Bonaparte s’impatiente et décide d’intervenir. Il tient un discours maladroit devant le Conseil des Cinq-Cents, discours hué par les députés qui l’accusent de vouloir instaurer la dictature. Bonaparte est alors contraint de quitter l’assemblée. Mais il prend rapidement la situation en main avec l’aide de son frère Lucien qui préside les Cinq-Cents. Lucien évite que Napoléon soit mis en cause par les députés qui veulent voter pour mettre hors-la-loi Bonaparte. Lucien retarde le vote et va chercher Murat, qui vient avec la troupe et met de l’ordre dans les assemblées, disant que certains députés voulaient poignarder Bonaparte pour justifier une intervention de l’armée. Les représentations des députés sortant par les fenêtres et voulant poignarder Napoléon sont très répandues. Bonaparte est de fait l’homme fort de la situation, qui fait basculer un coup d’État parlementaire en un coup d’État militaire. Mais Bonaparte reste attaché aux formes juridiques et, dans la soirée du 19 Brumaire, les députés restent à Saint-Cloud pour voter la décision de nommer deux commissions pour préparer une nouvelle constitution. On constate alors une volonté d’appuyer le régime sur le vote des représentants du peuple.
Bonaparte, Premier Consul, par Jean Auguste Dominique IngresLe 20 brumaire, les trois Consuls sont désignés : Bonaparte, Sieyès et Ducos. C’est le début du Consulat. Roger Ducos est tout acquis à Bonaparte, alors que Sieyès lui n’entend pas se résigner à abandonner le pouvoir à Bonaparte seul. Il entend bien jouer un rôle dans le gouvernement du Consulat. Pour contrecarrer son encombrant collègue, Bonaparte, multipliant les provocations, maintient aux portefeuilles ministériels les ennemis de Sieyès en offrant les relations extérieures à Talleyrand et celui de la Police à Fouché.
Le travail de rédaction de la Constitution est confié officiellement à deux commissions législatives formées de députés des Cinq-Cents et des Anciens. Mais en fait, c’est Sieyès qui va proposer un projet. À l’examen, le projet s’avérera trop complexe, voire irréaliste. En effet, il prévoit l’instauration d’un régime démocratique fondé sur un pouvoir législatif fort représenté par trois chambres. L’exécutif sera, quant à lui, réduit à une magistrature à vie purement honorifique et à deux consuls aux fonctions limitées. Bonaparte profite des faiblesses de ce plan pour imposer son propre projet et se débarrasser de son encombrant rival. Du 4 au 13 décembre 1799, il réunit ainsi les deux commissions dans son bureau pour élaborer le texte de la nouvelle constitution.
La Constitution de l’an VIII est adoptée en comité restreint le 13 décembre 1799. Elle s’inspire en partie du projet de Sieyès, mais intègre les idées politiques de Napoléon Bonaparte, notamment concernant le pouvoir exécutif. Sieyès, lui-même, sera chargé de désigner les trois consuls de la république : Bonaparte comme premier consul, puis Jean-Jacques-Régis de Cambacérès et Charles-François Lebrun, comme 2e et 3e consuls de la République. Sieyès, quant à lui, sera relégué au poste de président du Sénat.
« Lorsque je me mis à la tête des affaires, la France se trouvait dans le même état que Rome, lorsqu’on déclarait qu’un dictateur était nécessaire pour sauver la République. »
— Bonaparte
La Constitution
La Constitution de l’an VIII entre en vigueur le 25 décembre 1799. Bonaparte établit la Constitution sous des apparences démocratiques, mais organise un pouvoir autocratique, toutes les évolutions du régime ne feront qu’accentuer le caractère autocratique du pouvoir.
Le pouvoir législatif est divisé en trois assemblées (tricamérisme) :
le Tribunat discute les lois sans les voter
le Corps législatif (ou « Corps des muets ») adopte ou rejette les lois
le Sénat conservateur est chargé de vérifier que la loi est conforme à la constitution.
La préparation de la loi appartient à l'exécutif, par le biais du Conseil d’État, chargé de rédiger les textes législatifs. Le pouvoir fonctionne de manière autoritaire, les procédés de démocratie semi-directe (quelque peu fictive) sont soigneusement organisés et contrôlés. Le consul corrige lui-même les résultats s’ils ne sont pas satisfaisants. Le Consulat est une forme de despotisme éclairé, qui n'est pas étranger à l'expérience de Pasquale Paoli en Corse, dont le jeune Bonaparte avait été un admirateur fervent.
Du Consul à l’Empereur
Le Premier Consul franchissant les Alpes au col du Grand-Saint-Bernard par Jacques-Louis DavidEn 1800, Bonaparte attaque et vainc l’Archiduché d'Autriche une nouvelle fois. Battus à Marengo par Napoléon et à Hohenlinden par Moreau, les Autrichiens doivent signer le traité de Lunéville le 9 février 1801, ce qui amène les Britanniques à signer la paix d’Amiens le 25 mars 1802 (4 germinal an X, contresignée deux jours plus tard). Si son pouvoir était fragile au lendemain de Brumaire, la victoire de Marengo et ses suites consolident fortement la situation de Bonaparte.
Le 24 décembre 1800, une « machine infernale » (bombe) l’attend rue Saint-Nicaise. Le cocher du Premier consul passe au grand galop. La bombe explose trop tard et seules les vitres du véhicule sont soufflées. Sur place, en revanche, c'est le carnage. On dénombre 22 morts et une centaine de blessés. Fouché, alors ministre de la Police, réussit à prouver que l’attentat est l’œuvre des royalistes, alors que Bonaparte est persuadé avoir affaire aux Jacobins.
En 1802 Bonaparte met en branle son grand dessein pour l'Amérique. Il s'agit pour lui, profitant de la paix d'Amiens qui permet la libre circulation de la flotte française dans l'Atlantique, de développer la Louisiane, cet immense territoire qui s'étend sur la rive droite du Mississippi et qui revient de droit à la France depuis la signature secrète du traité de San Ildefonso en 1800.
Pour cela il lui faut une base d'opérations sûre. La colonie de Saint-Domingue est tout indiquée. De cette tête de pont de la France dans le Nouveau-Monde, il pourra reprendre pied en douceur à la Nouvelle-Orléans sans brusquer le jeune État américain qui verrait son expansion vers l'Ouest définitivement circonscrite au Mississippi.
Mais à Saint-Domingue, Toussaint Louverture est un obstacle à ce plan. Le général noir est Gouverneur général de la colonie au nom de la France depuis 1797 et il est suspecté de connivences avec les États-Unis d'Amérique avec lesquels, au mépris du principe de l'exclusif, il commerce ouvertement depuis que la prospérité est revenue. D'ailleurs, l'année précédente il a fait voter par les grands planteurs, ses alliés objectifs, une constitution autonomiste qui le proclame gouverneur général à vie et a eu l'outrecuidance de l'envoyer en France pour simple ratification, une fois le fait accompli. Cet acte de rébellion ouverte d'un chef de guerre réputé invincible et fermement accroché à son île tombe à pic pour justifier l'importance des forces commises à l'expédition qui se prépare. Et la raison d'État, froide et impérieuse, justifie également le rétablissement de l'esclavage dans les colonies du Nouveau Monde car il va sans dire que la grande Louisiane française devra se développer rapidement pour prendre de vitesse Anglais et Américains, ce qu'elle ne saurait faire sans la main-d'œuvre servile qui a si bien fait ses preuves à Saint-Domingue.
Voilà pourquoi deux flottes font voile vers les Antilles, Leclerc, propre beau-frère de Bonaparte, vers Saint-Domingue avec 20 000 hommes et Richepanse vers la Guadeloupe avec 3 400 hommes. Ces chefs sont munis d'instructions secrètes fort explicites rédigées de la main même de Bonaparte. Ils doivent prendre le contrôle militaire des deux colonies et désarmer les officiers indigènes avant de rétablir l'esclavage. Des proclamations sont prêtes, en français et en créole, qui visent à rassurer les populations indigènes de l'attachement personnel de Bonaparte à la liberté. Cette pléthore de précautions démontre que ce dernier avait compris que le succès ou l'échec dépendrait du secret et les faits lui donnèrent raison.
Après une résistance acharnée de trois mois, le vieux Toussaint, trahi par ses officiers généraux habilement entrepris par Leclerc, dépose les armes. Capturé et déporté en France, il y mourra quelques mois plus tard, au Fort de Joux près de Pontarlier. Leclerc peut passer à la deuxième phase du plan et désarmer les officiers de couleur mais Richepance à la Guadeloupe a rétabli l'esclavage sans attendre et la nouvelle de cette trahison de la parole du Premier Consul fait basculer Saint-Domingue dans l'insurrection. Le corps expéditionnaire, affaibli par une épidémie de fièvre jaune, recule partout. Leclerc obtient bien près de 20 000 hommes de renfort mais la maladie fauche un tiers des Européens qui touchent ces rivages. Le général en chef succombe lui-même le 2 novembre 1802. Dos à la mer, les débris de son armée seront bientôt contraints à la reddition par les soldats du général Dessalines qui proclamera l'indépendance de l'ancienne colonie sous son ancien nom indien d'Haïti.
Le temps de l'Amérique française est déjà passé. En ce début 1803, la paix avec l'Angleterre vacille et l'océan Atlantique est redevenu une mer hostile. Déclarant forfait, le 30 avril, Bonaparte solde la Louisiane aux États-Unis pour quatre-vingt millions de francs. Le prisonnier de Sainte-Hélène tentera de s'exonérer de ce monstrueux gâchis en prétendant, anachroniquement et fallacieusement[19], avoir été contraint à l'usage de la force par les actes séditieux de celui qui s'adressait à lui comme "le premier des noirs au premier des blancs".
Après que Bonaparte eut étendu son influence sur la Suisse (qui met alors en place les institutions décentralisées actuelles) et sur l’Allemagne, une dispute à propos de Malte sert de prétexte aux Britanniques pour déclarer une nouvelle fois la guerre à la France en 1803, et pour soutenir l’opposition royaliste à Bonaparte. Des agents royalistes, dont Jean-Charles Pichegru, sont débarqués clandestinement en France et se mettent en rapport avec Georges Cadoudal et Jean-Victor Moreau. Le complot est rapidement éventé et ses membres arrêtés. Pichegru meurt mystérieusement étranglé dans sa cellule ; les autres sont jugés et condamnés. Cadoudal est exécuté, Moreau banni. Mais le complot fait aussi une victime collatérale : le duc d’Enghien, prince Bourbon. Le Premier consul le fait enlever en territoire étranger, juger sommairement par une commission militaire et exécuter, suite à des déclarations recueillies auprès de Cadoudal après son arrestation et probablement mal interprétées. L’exécution qui se déroule à Vincennes ne suscite pas d’autres protestations que celles du Royaume-Uni, de la Russie et de l’Autriche qui s’en tiennent à quelques timides reproches. C'est cependant cet acte qui assoit la réputation de « Robespierre à cheval » de Napoléon (à Sainte-Hélène, Napoléon assumera cet acte, malgré la très probable implication de Talleyrand). Après ce gage donné aux républicains, dans la mesure où le Premier consul réitère le geste des régicides, celui-ci se couronne Empereur le 2 décembre 1804. À proprement parler, l'Empire naît à la demande du Sénat. Steven Englund se rallie à l'opinion selon laquelle il s'agissait, initialement, de protéger la République. Le Consulat abattu, l’ordre se serait effondré avec lui. L'Empire, lui, était une institution scellant la pérennité des valeurs républicaines. Napoléon Bonaparte pouvait mourir : l'hérédité du titre était censée protéger le pays des bouleversements et de la perte des acquis révolutionnaires (avec, en premier lieu, l'égalité, loin devant la liberté). C’est ainsi que les monnaies impériales portèrent, sans hypocrisie, la mention « Napoléon Empereur - République française ». Par suite seulement, cet Empire « républicain », protégeant les acquis révolutionnaires, se fera « impérialiste ».
« La Révolution est fixée aux principes qui l'ont commencée : elle est finie[20] »
— Bonaparte
L’Empire
Article détaillé : Premier Empire.La symbolique impériale
Le sacre impérial, événement unique dans l’Histoire de France, représenté sur le tableau de Jacques-Louis David, Le Sacre de Napoléon, est lourdement chargé en symboles. Le passage de la République à l’Empire nécessite la création d’armoiries impériales, ainsi que la création d’objets symboliques destinés à établir une tradition auparavant inexistante. Napoléon, qui se veut rassembleur, décide d’associer aux symboles de son règne les images qui ont pu représenter auparavant la France, ainsi que les pouvoirs forts européens.
Le Sacre de Napoléon, de Jacques-Louis David – Cette scène montre le moment où Napoléon prend des mains de Pie VII la couronne impériale pour en coiffer sa femme l’impératrice Joséphine.L’aigle est choisi en référence aux aigles romaines, portées par les légions, mais il est également le symbole de Charlemagne, l’aigle éployée. C’est d’ailleurs une erreur de lecture qui donnera pour symbole de l’Empire français un aigle aux ailes déployées : en héraldique, éployée se dit des oiseaux et des animaux chimériques représentés avec les ailes étendues (un aigle à deux têtes aux ailes déployées en est un bon exemple). La couleur rouge du manteau impérial est une référence directe à la pourpre de l’imperium romain. Napoléon se pose ainsi en héritier de l’Empire romain et de Charlemagne.
Les abeilles sont censées rappeler les Mérovingiens (des broches les représentant ayant été retrouvées dans des tombeaux de cette époque), et leur disposition sur les armoiries et le manteau impérial doit rappeler les fleurs de lys des Capétiens. La main de justice, utilisée par les Capétiens lors des sacres royaux, doit faire apparaître que l'Empereur est l’héritier de leur pouvoir. Napoléon veut montrer qu’il est le fondateur de la « quatrième dynastie », celle des Bonaparte, après les Mérovingiens, les Carolingiens, et les Capétiens. D’autres symboles utilisés pendant le sacre sont chargés de valeurs morales. Ainsi Napoléon tient-il un moment le globe de Charlemagne ; il porte la couronne de ce même empereur (ces deux éléments ayant été forgés de toutes pièces avant le sacre). Son épée et son sceptre sont dits « de Charlemagne » : ils ont été en réalité utilisés depuis plusieurs siècles par les Valois puis les Bourbons lors de leurs sacres.
Napoléon et l’Église
Article détaillé : Sacre de Napoléon Ier.
Napoléon se fait couronner roi d’Italie le 26 mai 1805 à MilanLa signature du Concordat par le Premier consul en 1801 reconnaît le catholicisme comme la religion « de la majorité des Français », et non plus comme religion d’État. Les prêtres reçoivent désormais un traitement de la part de l’État. Afin de montrer sa puissance, Napoléon ne va pas se faire sacrer à Rome, comme autrefois Charlemagne et les empereurs germaniques (jusqu'au XVe siècle) ; c'est le pape que l’on fera venir à Paris. Napoléon l’accueille en forêt de Fontainebleau, à cheval et en habit de chasse, voulant faire croire au caractère fortuit de la rencontre. Napoléon offensera le Souverain Pontife en lui prenant des mains la couronne de l’impératrice, mais surtout en se couronnant lui-même.
Le rapprochement entre Napoléon et l’Église est le fruit d’un calcul politique de la part de l'Empereur. Au-delà de la valeur morale qu’a pu avoir un sacre religieux aux yeux des catholiques, de la valeur symbolique d’un couronnement pontifical rappelant le sacre des empereurs germaniques, Napoléon se place à l’égal, voire au-dessus des rois européens comme successeur de Charlemagne et des empereurs de la Rome antique. La présence du pape au sacre donne une dimension morale et légitime supplémentaire à l’Empire. Celui-ci n’est plus simplement le fruit d’une révolution, c’est un couronnement divin comme celui des autres souverains européens mais qu’aucun d’eux ne peut égaler. Napoléon se place au même niveau que le souverain du Saint-Empire romain germanique avant de le dépasser pour devenir l'unique Empereur en Europe. François II l'avait d'ailleurs bien compris puisqu'après la proclamation de l'Empire français, il décrète que l'Autriche, alors archiduché, devient aussi un Empire.
La présence du pape est donc davantage un message aux pays européens qu’une profession de foi catholique de la part de Napoléon. Napoléon, d’ailleurs peu sensible au sort du pape, le retient plus tard prisonnier à Fontainebleau. Dans l’idée d’affirmer la puissance de la France dans le domaine spirituel, il envisagea même de transférer la résidence du pape de Rome à Paris, avant d’abandonner cette idée.
À la fin de sa vie, Napoléon recevra l'extrême-onction des mains de l'abbé Jean-François de Kermagnan.
L’Empire victorieux
Première distribution de la Légion d'honneur instituée par l'empereur le 14 juillet 1804 dans la chapelle des Invalides d'après le peintre Jean-Baptiste Debret
Napoléon à la bataille d'Austerlitz par François GérardEn 1804, l’heure n’est donc pas encore aux vastes conquêtes, et, persuadé depuis longtemps que le seul moyen d’obtenir une paix définitive est de neutraliser le Royaume-Uni, Napoléon met au point, avec l’amiral Latouche-Tréville (qui mourra avant d’avoir pu l’exécuter), un plan visant à l’invasion du Royaume-Uni. Cette ambition sombre définitivement à la bataille de Trafalgar, où la flotte franco-espagnole commandée par l’amiral de Villeneuve est détruite par celle de l’amiral Nelson. Le Royaume-Uni y gagne la domination des mers pour le siècle à venir.
En 1805, la Troisième coalition se forme en Europe contre Napoléon. L’Empereur qui, à Boulogne, supervisait les préparatifs en vue de l’invasion du Royaume-Uni, doit faire face à une guerre soudaine, et à l’autre bout de l’Europe. Il mène une offensive immédiate, acheminant la Grande Armée en Autriche à marche forcée, et s’assure une brillante victoire contre l’Autriche et la Russie à la bataille d’Austerlitz, dite « bataille des Trois-Empereurs ».
En 1806, la Prusse provoque un nouveau conflit. La campagne que mène Napoléon (« l’Esprit en marche », selon Hegel) est impressionnante de rapidité : il balaie l’armée prussienne à la bataille d'Iéna (doublée de la victoire de Davout à Auerstaedt où, avec 30 000 hommes, le Maréchal Davout bat les 63 500 Prussiens qui l'assaillent). L’année suivante, Napoléon traverse la Pologne, remporte une victoire sur les Russes à Friedland et finit par signer, à Tilsit, au milieu du Niémen, au cours d'une entrevue dont la mise en scène est conçue pour frapper les esprits, un traité avec le tsar Alexandre Ier, qui divise l’Europe entre les deux puissances.
Pourtant formé dans les écoles et par les maîtres de l’Ancien Régime, officier de l’armée royale, Napoléon brise les anciennes conceptions militaires. Il ne s’agit plus pour lui de livrer une guerre de siège à l’aide de 30 à 50 000 hommes, mais de rechercher la bataille décisive, engageant plus de 100 000 hommes s’il le faut. Son objectif n'est pas de rester maître du champ de bataille, mais d’anéantir l’ennemi.
En 1808, Napoléon crée la noblesse d’Empire : bientôt ses maréchaux et généraux arboreront des titres de comte d’Empire, prince de Neuchâtel, duc d’Auerstaedt, duc de Montebello, duc de Dantzig, duc d’Elchingen, roi de Naples.
Du 27 septembre au 14 octobre 1808, Napoléon donne rendez-vous à Alexandre Ier à Erfurt, pour un nouveau traité, afin qu’ils s’unissent contre l’Empire d'Autriche qui menace de redéclarer la guerre à la France. Le tsar refuse en préférant que ce traité soit établi dans le but de renouveler l’alliance qui s’était forgée entre eux l’année précédente à Tilsit ; cela permet en fait à Napoléon de s’assurer encore plus longtemps de la fidélité d’Alexandre. Mais c'est un échec car l'empereur s'aperçoit bientôt de la trahison de Talleyrand, qui avait approché le tsar en lui conseillant de résister à Napoléon, même s'il était séduit.
Articles détaillés : Traité de Tilsit et Congrès d'Erfurt.Campagnes de la péninsule Ibérique et d’Autriche
Mariage religieux de Napoléon et Marie-Louise dans le Salon carré du Louvre, par Georges Rouget.En réponse à l’attitude britannique vis-à-vis des bateaux de commerce français, Napoléon tente d’imposer le Blocus continental, qui vise à asphyxier l’industrie britannique. Le Portugal, vieil allié des Britanniques, refuse de signer ce traité. Napoléon recherche donc l’aide de l’Espagne pour envahir le Portugal. Il finit par envahir l’Espagne et y installe son frère Joseph Bonaparte comme roi. Le Portugal est également envahi, mais trois campagnes (1808, 1810, 1811), menées notamment par le général Junot et le maréchal Masséna ne viennent pas à bout de la résistance anglo-portugaise ; le roi Jean VI de Portugal, la cour et le gouvernement portugais déménagent à Rio de Janeiro et le Brésil devient le siège du royaume jusqu'à 1821. Une partie de la population espagnole se soulève contre les Français. Bientôt, l'infanterie britannique commandée par le futur duc de Wellington, après avoir débarquée au Portugal en 1808, prend pied en Espagne. Avec l’aide des nationalistes espagnols, elle pousse peu à peu l’armée française hors de la péninsule Ibérique. Alors que les meilleures troupes de l’armée française sont engagées en Espagne, l’Empire d'Autriche attaque une nouvelle fois la France en Allemagne et elle est finalement vaincue lors de la bataille de Wagram. Le maréchal Lannes, compagnon et ami de Napoléon, périt à la bataille d'Essling.
Quelques mois plus tard, le 2 avril 1810, Napoléon épouse l’archiduchesse Marie-Louise d’Autriche, qui, le 20 mars 1811, lui donnera un fils ; cet enfant sera titré roi de Rome et nommé « Napoléon II ».
Articles détaillés : Marie-Louise d'Autriche et Napoléon II.Le « Grand Empire » compte alors 130 départements, qui vont d’Amsterdam à Rome, et une population de 70 millions d’habitants (dont 30 seulement sont français), cela sans compter plusieurs états vassaux (royaume d'Italie, Naples, Confédération germanique, etc.) L’Empire est à son apogée.
L’Empire napoléonien à son apogée en 1811
Empire français
États vassaux
Alliés de l'EmpireArticle détaillé : Étendue de l'Empire français en 1810.Campagnes de Russie et d’Allemagne
Alexandre Ier, poussé par la noblesse russe acquise aux Britanniques, refuse de coopérer avec Napoléon pour porter le coup final au Royaume-Uni. Napoléon, croyant la guerre inévitable, envahit la Russie en 1812. La Grande Armée, grossie de contingents italiens, allemands et autrichiens, devient gigantesque : ce sont 600 000 hommes qui franchissent le Niémen. Les Russes, dirigés par Koutousov, appliquent la stratégie de la terre brûlée, reculant sans cesse devant les troupes françaises. La bataille de la Moskowa, le 12 septembre, est indécise. Bien que les Russes abandonnent le terrain, les pertes sont presque équivalentes dans les deux camps.
Dès le lendemain de l’entrée des troupes françaises dans leur capitale, les Russes incendient la ville. Napoléon, espérant une démarche de la part d’Alexandre, s'attarde à Moscou. Lorsqu'il donne le signal de la retraite, l'hiver est dangereusement proche. La Grande Armée entame une course désespérée vers l’Allemagne à travers les régions dévastées qu’elle a parcouru à l’aller. Le froid, la neige et les cosaques provoquent d'effroyables pertes. Des 600 000 hommes qui entrèrent en campagne, seuls quelques dizaines de milliers franchissent la Bérézina. La Grande Armée est détruite.
Article détaillé : Campagne de Russie (1812).Encouragés par ce dramatique échec, les rois reprennent les armes contre la France. Malgré deux victoires remportées en Allemagne (Bautzen et Lutzen), une partie de ses alliés allemands trahit Napoléon sur le champ de bataille même de la bataille de Leipzig, aussi appelée « Bataille des nations », qui voit s’opposer 180 000 Français à 300 000 alliés (russes, autrichiens, prussiens, suédois). La défaite subie ce jour là est décisive. Le maréchal Poniatowski, prince polonais et neveu de Stanislas II, dernier roi de Pologne, y perd la vie en tentant de traverser l’Elster avec ses hommes. On dénombre 100 000 morts et blessés.
La campagne de France
Article détaillé : Campagne de France (1814).
Acte de la première abdication, 12 avril 1814.En 1814 se forme une alliance entre le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande, l'Empire russe, le Royaume de Prusse et l’Empire d'Autriche. Malgré une série d'incroyables victoires (batailles de Champaubert, Montmirail, ...) remportées par Napoléon à la tête d’une armée de jeunes recrues inexpérimentées (les « Marie-Louise »), Paris tombe le 31 mars et les maréchaux forcent l'Empereur à abdiquer. L’intention de Napoléon était de le faire en faveur de son fils (Napoléon II), mais les puissances alliées exigent une abdication inconditionnelle.
Napoléon, qui pense que les alliés vont le séparer de l’impératrice Marie-Louise d'Autriche et de son fils le roi de Rome, prend, dans la nuit du 12 au 13 avril, une dose de poison qui doit lui permettre de se suicider. On a longtemps cru qu'il s'agissait d’opium dans un peu d’eau mais il semblerait que ce ne soit pas le cas[21]. Les troubles et la nature du malaise de Napoléon ne correspondent pas à une intoxication par l'opium. S'il choisit cette façon de mourir, c'est qu'il pense que son corps sera par la suite exposé aux Français : il veut que sa garde reconnaisse le visage calme qu’elle lui a toujours connu au milieu des batailles.
En plein malaise, l’Empereur se plaint du lent effet de la substance qu’il a avalée. Il déclare à Armand de Caulaincourt : « Qu’on a de peine à mourir, qu’on est malheureux d’avoir une constitution qui repousse la fin d’une vie qu’il me tarde tant de voir finir ! ». Les nausées de Napoléon sont de plus en plus violentes, il se met à vomir. À la venue du docteur Yvan, Napoléon lui demande une dose de poison supplémentaire mais le docteur refuse, en disant qu’il n’est pas un assassin et qu’il ne fera jamais une chose allant à l'encontre de sa conscience. Le docteur a lui-même une crise de nerfs, s'enfuit à cheval, et personne ne le revoit plus. L’agonie de l’Empereur se poursuit, Caulaincourt sort de la pièce pour demander au valet de chambre et au service intérieur de garder le silence. Napoléon rappelle Caulaincourt en lui disant qu’il préfère mourir plutôt que de signer le traité. Les effets du poison se dissipent et l’Empereur peut reprendre ses activités normales[22].
Il est, par la suite, déchu par le Sénat le 3 avril et exilé à l’île d’Elbe, selon le Traité de Fontainebleau signé le 11 avril, conservant le titre d’Empereur mais ne régnant que sur cette petite île.
Représentation caricaturale de Napoléon sur l'ile d'Elbe
Vue de la maison de Napoléon (Palazzina dei Mulini) à Portoferraio, sur l'ile d'Elbe.Les Cent-Jours
Article détaillé : Cent-Jours.En France, Louis XVIII écarte « Napoléon II » et prend le pouvoir. Napoléon s’inquiète du sort de sa femme et surtout de son fils qui est aux mains des Autrichiens. Le gouvernement royaliste refuse bientôt de lui verser la pension promise et des rumeurs circulent quant à sa déportation vers une petite île de l’océan Atlantique sud. Napoléon décide donc de retourner sur le continent pour reprendre le pouvoir.
La Route Napoléon et le « Vol de l’Aigle »
1er mars 1815 : Débarqués à Golfe-Juan, Napoléon et sa petite troupe gagnent Cannes où ils arrivent tard et d’où ils repartent tôt.
2 mars : Voulant éviter la voie du Rhône qu’il sait hostile, Napoléon fait prendre alors la route de Grasse pour gagner, par les Alpes, la vallée de la Durance. Au-delà de Grasse, la colonne s’engage dans de mauvais chemins muletiers et s’arrête à Saint-Vallier, Escragnolles, et Séranon.
3 mars : Après une nuit de repos, la troupe gagne Castellane ; dans l’après-midi, elle atteint Barrême.
4 mars : Napoléon trouve à Digne la route carrossable et fait étape le soir au château de Malijai, attendant avec impatience des nouvelles de Sisteron dont la citadelle, commandant le passage étroit de la Durance, peut lui barrer la route.
5 mars : Sisteron n’est pas gardée et Napoléon y déjeune, puis quitte la localité dans une atmosphère de sympathie naissante. Le soir, il arrive à Gap et y reçoit un accueil enthousiaste.
6 mars : Il couche à Corps.
7 mars : Il gagne la Mure, puis trouve en face de lui, à Laffrey, des troupes envoyées de Grenoble. C’est ici que se situe l’épisode fameux que commémore aujourd’hui un monument dans la « prairie de la Rencontre ». Le soir même, Napoléon fait son entrée à Grenoble aux cris de « Vive l’Empereur ».
Les armées envoyées pour l’arrêter l’accueillent en héros partout sur la route qui porte aujourd'hui son nom. Le maréchal Ney, qui avait juré à Louis XVIII de lui ramener Bonaparte dans une cage de fer, s’incline devant son ancien souverain, ce qui lui vaudra d’être le seul maréchal exécuté pour trahison lors de la Seconde Restauration. Napoléon arrive sans coup férir à Paris. Cette montée à Paris est connue comme le « Vol de l’Aigle », inspiré des paroles de Napoléon : « L’Aigle volera de clocher en clocher jusqu’aux tours de Notre-Dame ». En 1932, la Route Napoléon sera inaugurée entre Golfe-Juan et Grenoble. Des aigles volants jalonnent ce parcours.
Le retour au pouvoir et la défaite finale
HMS Northumberland (1798)La fuite de Louis XVIII et le retour de Napoléon aux Tuileries le 20 mars 1815 marquent le début de la période dite des Cent-Jours. Napoléon fait établir l’Acte additionnel aux Constitutions de l'Empire (rédigé le 22 avril, approuvée le 1er juin). Une Chambre des représentants est élue.
Sur le plan international, Napoléon affirme ses volontés pacifiques, mais les alliés n’acceptent pas ce retour et reprennent les armes contre la France. L’armée napoléonienne est finalement défaite à la bataille de Waterloo le 18 juin 1815. La jonction des armées prussiennes et britanniques, que ne peut empêcher le maréchal Grouchy, a raison des troupes impériales.
Le retour de Napoléon et sa défaite finale rendent encore plus précaire la situation internationale de la France. Celle-ci est traitée plus durement par les alliés en 1815 que lors des traités de Vienne. Napoléon laisse en effet une France exsangue. Démographiquement, elle a perdu environ 1 700 000 hommes depuis 1792, dont la majorité pendant les guerres napoléoniennes. Elle est économiquement ruinée. Ses ports et ses arsenaux le sont également. Le pays a perdu toutes les colonies qui lui restaient de l’Ancien Régime. Son influence internationale, mise en place depuis Richelieu et Louis XIV, est réduite à néant. Le territoire national est ramené à une étendue moindre que sous Louis XVI. La Sarre et les villes de Marienbourg, Philippeville et Landau, acquises sous Louis XIV, sont cédées aux coalisés. De plus ce territoire est occupé, et le pays doit payer une lourde indemnité de guerre pour l’entretien des troupes étrangères établies sur son sol.
Lorsque Napoléon quitte la France, il n’est pas regretté. C’est à Sainte-Hélène que va se forger sa légende.
Demandant l'asile au « plus constant de ses ennemis », l'Angleterre, il est d'abord pris en charge par le Bellérophon, puis transféré le 7 août 1815 sur le Northumberland qui le déposera à Sainte-Hélène. On ne lui donne pas l'occasion de poser le pied en Angleterre, les officiers britanniques voulant absolument éviter que Napoléon puisse demander le droit d'asile en invoquant l'Habeas Corpus.
Par ailleurs, les britanniques, qui n'ont jamais officiellement reconnu l'Empire, affectent d'appeler Napoléon « général Bonaparte », ce qui met l'Empereur hors de lui.
Exil à Sainte-Hélène et mort
Articles détaillés : Exil de Napoléon à Sainte-Hélène et Mort de Napoléon.
Napoléon à Sainte-Hélène.Napoléon est déporté et emprisonné par les Britanniques sur l’île Sainte-Hélène, commandée d'abord par l'amiral Cockburn puis par Sir Hudson Lowe. L'Empereur est accompagné d'une petite troupe de fidèles, parmi lesquels le Grand Maréchal du palais Bertrand, le comte de Las Cases, le général Montholon, et le général Gourgaud. Il se consacre à l’écriture de ses mémoires qu'il dicte à Las Cases. Il essaye aussi d’apprendre l’anglais ; il reçoit plusieurs visiteurs de passage à Sainte-Hélène, qui est alors une escale importante pour tout navire contournant l'Afrique. Une fois installé à Longwood, il évite de sortir car Lowe a donné l’ordre que l’empereur doit être partout sous garde.
Napoléon tombe progressivement malade et s’affaiblit. Dans la seconde moitié du mois d’avril 1821, il écrit lui-même ses dernières volontés et plusieurs codicilles, une quarantaine de pages au total. Ses derniers mots sont : « France, armée, Joséphine », ou, selon les mémoires de Sainte-Hélène : « tête… armée… Mon Dieu ! ». Nerval, dans son poème À la mort de l’Exilé, note : « Les dernières paroles de Napoléon mourant furent : « Mon Dieu et la nation française… française… mon fils… tête armée ». On ne sait ce que signifiaient ces mots. », et une version courante affirme qu’il aurait dit en fait : « tête d’armée », ce qui est bien moins énigmatique.
Napoléon meurt un samedi, le 5 mai 1821, « à 17 heures et 49 minutes », rendant ainsi « le plus puissant souffle de vie qui eut jamais agité l'argile humaine » (Chateaubriand). Cependant, les causes de sa mort ont fait l'objet de controverses ; officiellement les médecins ont conclu à une mort des suites d'un cancer de l'estomac, mais l'hypothèse fut avancée d'un empoisonnement au trioxyde d'arsenic. Hudson Lowe, geôlier de Napoléon à Sainte-Hélène, devant son lit de mort, déclara :
« Messieurs, c’était le plus grand ennemi de l’Angleterre, c’était aussi le mien. Mais je lui pardonne tout. À la mort d’un si grand homme, on ne doit éprouver que tristesse et profond regret. »
Retour de ses cendres en France (1840)
Article détaillé : Le retour des cendres de Napoléon.Napoléon demanda à être enterré sur les bords de la Seine, auprès du peuple français qu’il avait tant aimé, mais lorsqu’il mourut en 1821 il fut inhumé à Sainte-Hélène.
Tombeau de Napoléon aux InvalidesDix-neuf ans après la mort de Napoléon, le roi Louis-Philippe Ier put obtenir du Royaume-Uni la restitution des cendres de Napoléon. L’exhumation du corps eut lieu le 15 octobre 1840. Son corps fut rapatrié triomphalement à Paris et enterré aux Invalides, dans « un grand sarcophage (...) de porphyre rouge – en fait du quartzite aventuriné de Finlande, proche du porphyre –, posé sur un socle de granit vert des Vosges »[23],[24]. Le socle en marbre noir provient de la carrière de marbre de Sainte-Luce (Isère). Le transport de ce bloc de 5,5 mètres de long, 1,20 mètre de large et 0,65 mètre d'épaisseur, ne se fit pas sans peine[25].
Après 1854, l’Empereur Napoléon III négocia avec le gouvernement britannique l’achat de Longwood House et de la vallée du Tombeau (Sainte-Hélène), qui devinrent propriétés françaises en 1858 et sont gérées depuis par le ministère des Affaires étrangères.
État de santé de Napoléon
Si la mort de Napoléon a mis en avant les problèmes de santé dont il souffrait durant son exil à Sainte Hélène, toute sa vie cependant fut marquée par des désordres pathologiques plus ou moins graves.
Lors de son autopsie on mesura sa taille qui était de 5 pieds, 2 pouces, 4 lignes ce qui correspond à 1,687[26] m. De constitution robuste et endurante, il pouvait monter plusieurs heures à cheval sans éprouver de fatigue[27]. Le général Bonaparte apparaît dans sa jeunesse maigre et élancé, les années venant il s'empâte devenant presque obèse à l'époque de son exil.
En 1785, il souffre de fièvre alors qu'il se trouve à Auxonne comme lieutenant[28]. À partir de 1786, il est atteint de paludisme et soufre de fièvre par crises intermittentes jusqu'en 1796[28],[29], En 1793, il contracte la gale lors du siège de Toulon dont il garde des séquelles durant toute sa vie, l'obligeant à prendre des bains pour calmer des démangeaisons[30]. Talleyrand et la comédienne Mademoiselle George ont été témoins de crises qui furent assimilées à l'épilepsie[31]
Il souffre principalement de problèmes abdominaux dont une douleur chronique au côté droit, et hépatiques, ainsi que de dysurie dont l'aggravation est constatée lors de la campagne de Russie[32]. Napoléon ne portait pas la main dans son gilet pour soulager une douleur à l'estomac[30]. Ce geste rencontré dans les portraits officiels, était une posture inspirée de l'attitude oratoire du philosophe Eschine, et que l'on retrouve dans d'autres portraits du XVIIIe siècle[33].
L’héritage napoléonien
Article détaillé : Légende napoléonienne.Fin 1799, l’état de la France est catastrophique. L’anarchie administrative règne, les impôts n’arrivent pas aux caisses de l’État, le brigandage s’est développé, les routes sont défoncées, les régions frontalières dévastées à cause de la guerre, le commerce est au plus mal, l’industrie (notamment celle de la soie à Lyon) ruinée, le chômage fait une percée, le prix du pain est trop élevé pour les ouvriers, les hôpitaux ne marchent pas… C’est le moment que Bonaparte, qui est à l’époque encore un général révolutionnaire, choisit pour abandonner son armée en Égypte et monter à Paris, fomenter un coup d’État, le 10 novembre 1799. Entouré d’une auréole de prestige (il vient de sortir vainqueur de la campagne d’Italie et la campagne d’Égypte est, pour le moment, encore une réussite), il ne trouve que peu de résistance et l’opinion publique ne le désavoue pas. Mais les républicains sont inquiets : Napoléon incarne-t-il l'avènement définitif des valeurs de la Révolution, ou promet-il, au contraire, la destruction de la pensée révolutionnaire ? On peut considérer aujourd'hui que Napoléon solidifiera à plus d'un titre l’héritage de la Révolution ; s'il en finit avec la République et arrête le mouvement révolutionnaire, il restera fidèle aux principes de la Révolution qu'il cherchera à exporter à l'échelle européenne voire mondiale. Le Consulat, en somme, objective ce mouvement.
Le Consul Napoléon Bonaparte, grâce à une série de mesures, permet à la révolution de s’installer dans le temps. Bonaparte va d'abord s'employer à créer des institutions neuves, lesquelles perdureront jusqu'à nos jours. La nouvelle constitution qu’il fait rédiger renforce le pouvoir exécutif au détriment du pouvoir législatif, crée une administration centralisée, organisée en directions et ministères (dont le nouveau ministère de l’Intérieur, confié à Fouché) spécialisés et uniformisés. Il garde les divisions administratives créées lors de la Révolution. Ces institutions solides permettent un renforcement de l’autorité de l’État, font revivre le pays et éloignent un peu plus le risque de retour à l’Ancien Régime. Les caisses de l’État sont renflouées. Napoléon décide également de pacifier certaines zones conflictuelles en développant une politique de la ville novatrice. Ainsi, Pontivy fut agrandie et la ville de La Roche-sur-Yon est créée en 1804. La préfecture de la Vendée reste la seule ville entièrement de création napoléonienne.
Ensuite, Napoléon Bonaparte s’inscrit dans la lignée de la Révolution. Après le coup d’État, les institutions changent, mais la majorité des personnes qui vont occuper des postes étaient déjà en place lors du Directoire : dans les assemblées créées par la Constitution de l'an X, la plupart des sénateurs, tribuns ou membres du Conseil d’État avaient déjà des postes à responsabilité sous le régime précédent, les préfets sont choisis dans les assemblées révolutionnaires… Cela permet à Bonaparte de mieux contrôler l’opposition. Les réformes qu’il met en place sont la suite logique de celles déjà entreprises sous la Révolution. Les réformes financières et commerciales qui lui sont attribuées ont, pour une partie d’entre elles, été imaginées par les membres du Directoire.
Ceux-ci avaient déjà tenté le Blocus continental que Napoléon mettra en œuvre contre le Royaume-Uni en 1806. Même certaines techniques de guerre utilisées par Napoléon et dont il est considéré comme l’inventeur avaient déjà été mises en application sous la Révolution. La rédaction d’un Code civil français elle-même avait déjà été entreprise sous la Révolution. De plus, il stabilise le paysage politique en pacifiant le pays et garantit ainsi l’inscription dans la durée de son gouvernement. La paix signée avec les royalistes Vendéens, dès décembre 1799, marque un grand pas en avant dans l’apaisement du pays, aucun gouvernement auparavant n’avait réussi à l’obtenir.
La signature du Concordat en 1801 permet à Napoléon de s’assurer le soutien de beaucoup de catholiques qui étaient hésitants jusqu’alors, et les royalistes en perdent autant, l’une des raisons fondamentales de l’appui de la population à ce mouvement étant le caractère anti-catholique de la Révolution. Ce Concordat, qui n’instaure pas le catholicisme comme religion dominante et qui aurait pu être vu comme une volonté de retour à l’Ancien Régime, permet à Bonaparte d’obtenir une nouvelle légitimité et d’asseoir un peu plus son autorité. Le Concordat maintient la vente des biens nationaux. Grâce à ces deux traités, Bonaparte neutralise l’opposition royaliste et semble s’inscrire dans l’héritage révolutionnaire.
Finalement, le Code civil français est un ouvrage révolutionnaire. Commencé en 1800 et publié finalement en 1804, il remplace tout le droit antérieur, et conserve la méritocratie, l’impôt égalitaire, la conscription, la liberté d’entreprise et de concurrence ainsi que de travail, consacre la disparition de l’aristocratie féodale, et en principe l’égalité devant la Loi. En conservant et en inscrivant dans le Code tous ces acquis de la Révolution, Bonaparte leur permit de traverser les régimes et rassura une grande partie de la population.
Mais Napoléon a aussi supprimé bon nombre d’acquis révolutionnaires. Tout d’abord, les cultes révolutionnaires sont abolis. Les libertés d’expression, de réunion, de circulation et de presse sont supprimées au profit d’un état autoritaire et d’une surveillance très accrue de la population, orchestrée par Fouché. L’égalité proclamée dans le Code civil n’est pas respectée : la femme dépend de son mari ; les patrons ont un très grand pouvoir sur les ouvriers, le livret ouvrier les réduisant à être des quasi-serfs ; l’esclavage est rétabli dans les colonies ; les fonctionnaires sont privilégiés en matière de Justice… Ensuite, l’instauration des préfets, qui sont l’équivalent des intendants, la création du conseil d’État, équivalent du conseil du roi, d’une nouvelle noblesse basée sur la notabilité, les faux plébiscites organisés (des votes sont inventés, il n’y a pas de secret de vote, on ratifie un fait déjà accompli…) font redouter le pire aux jacobins. Le spectre du retour à la monarchie les hante.
Finalement, en devenant tour à tour premier consul, consul à vie puis empereur, il en finit avec la République. La faveur publique lui permet de rédiger la Constitution de l’an VIII, qui lui donne la réalité des pouvoirs et surtout ne fait pas mention de la souveraineté nationale. Cette constitution divise le pouvoir législatif, qui à partir de ce moment, perdra toute influence. C’est au cours de l’an X que s’est opérée la transformation du régime encore républicain en un despotisme auquel ne manquait qu’une couronne. Le poste de premier consul à vie sonne le glas de la République. Ces changements de régime permettent surtout à Napoléon d’être de moins en moins dépendant de ses succès ou échecs et lui donnent une autre dimension vis-à-vis des autres dirigeants européens. Napoléon a donc aussi supprimé bon nombre d’acquis révolutionnaires.
Rétablissement de l'esclavage
Napoléon n’est pas esclavagiste comme le prouve pendant sa jeunesse, et jusqu'en 1789 au moins, sa passion pour les ouvrages de l’Abbé Raynal. Toutefois, la première abolition de l'esclavage, dans les colonies le 4 février 1794 et ses conséquences économiques et politiques néfastes amènent le Premier consul à se saisir du problème. Dès leurs entrées en fonction, les trois Consuls assurent aux anciens esclaves que la liberté qui leur a été accordée par la Convention sera respectée. C'est le cas jusqu’en 1802. Car, à la signature du Traité d'Amiens le 25 mars 1802, l’Angleterre doit rendre à la France les îles occupées. Parmi celles-ci se trouvent notamment Sainte-Lucie et la Martinique qui n’ont pas bénéficié de la loi sur l'abolition de l’esclavage. Face à cet imbroglio, le pouvoir en place se décide au statu quo : les îles où il n’y a plus d'esclavage resteront libres, par contre celles occupées jusque là par l'Angleterre conserveront les lois existantes. Une commission composée de Cambacérès et de trois conseillers d'État Dupuis, Régnault de St Jean d’Angély et de l'amiral Bruix travaille sur un projet qui allait dans le sens désiré par Bonaparte. Mais il apparaît difficile de faire cohabiter deux principes opposés dans le même projet de loi. Il est décidé de ne mentionner que le cas des territoires récupérés à l'occasion du traité d'Amiens, et de ne rien mentionner pour les colonies où l'esclavage était déjà aboli. Dans le maintien de l'esclavage en Martinique, le Premier Consul est poussé notamment par ses ministres (l'amiral Décrès, Talleyrand...) et l'intendant général aux colonies Guillemin de Vaivre, originaire de Saint Domingue, mais aussi par son épouse Joséphine, d'origine martiniquaise et dont la famille et les amis avaient de nombreux intérêts en Martinique... « L’esclavage ainsi que la Traite des Noirs et leur importation dans les colonies restituées par le traité d'Amiens auront lieu conformément aux lois et règlements antérieurs à 1789 ».
Article détaillé : Loi du 20 mai 1802.
Loi du 30 Floréal an X rétablissant l'esclavage en territoire français.Début juin, il fait arrêter et déporter Toussaint Louverture, qui s'était distingué pendant la révolte des esclaves de Saint-Domingue onze ans plus tôt et qui, convaincu par l'abolition de l'esclavage de 1794, avait gardé la colonie à la France. L'Antillais devait mourir - de froid - un an plus tard au fort de Joux, dans le Doubs, département réputé pour la rigueur de ses hivers. Avec l'expédition de Saint-Domingue, une deuxième phase de la guerre de Saint-Domingue débute, elle provoque bien des massacres de part et d'autre. Ce sont les Noirs et les mulâtres de Saint-Domingue qui sortent victorieux de ces terribles combats et créent, en janvier 1804, la première République noire indépendante Haïti.
Article détaillé : Expédition de Saint-Domingue.La Guadeloupe se révolte aussi en 1802 mais la rébellion conduite par Louis Delgrès échoue et se termine par le suicide collectif des insurgés. À des milliers de kilomètres de la France, le général Richepance et son état-major ont rétabli l'ordre avec beaucoup de brutalité. Ils vont progressivement réimposer l'ancien Code noir et l'esclavage. À noter que dans les armées françaises, il se trouvait des généraux et des soldats noirs et métis (mulâtres). La lutte entre les révoltés et le pouvoir consulaire n'a pas toujours eu des origines raciales au sens où l'on entend aujourd'hui mais plutôt sociales entre possédants et possédés.
De retour de l'île d’Elbe en 1815, Napoléon décrète l'abolition de la traite des esclaves, qui aligne la France sur la décision que vient de prendre le Congrès de Vienne. Sa décision est confirmée par le traité de Paris le 20 novembre 1815. Néanmoins, à la Restauration, celle-ci reste lettre morte.
Napoléon y entre le 15 mai 1779 en classe de septième[9]. C’est l’un des douze collèges de France qui accueillent les enfants de la petite noblesse. Il va y rester cinq ans. Considéré comme bon élève, particulièrement doué pour les mathématiques, Bonaparte n’aurait pas été très apprécié de ses camarades notamment à cause de son admiration pour Pascal Paoli[10]. Il montre déjà une propension à l’art du commandement, en organisant des jeux militaires dont il prend la tête. Une bataille de boules de neige, qu'il aurait dirigée un hiver, fait partie de sa légende[11]. Son frère Joseph, ayant abandonné son projet d'entrer au séminaire, étudie le droit, Lucien entre au séminaire d’Aix-en-Provence et ses sœurs sont éduquées par Mme Campan.
Il quitte Paris pour Valence le 30 octobre 1785. Le 15 septembre 1786, sept ans et neuf mois après son départ, il repose les pieds sur l’île de Corse à l’occasion de son congé de semestre. Le 1er juin 1788, il s’embarque pour rejoindre son régiment de La Fère en garnison à Auxonne et apprendre son métier d’artilleur. Dans ses loisirs, il travaille assidûment. Ses nombreuses lectures, qu’il accompagne de Notes[17] témoignent du sens dans lequel il a dirigé ses études et des sujets qui l’ont particulièrement attiré. Il quitte Auxonne, pour un congé de semestre au début du mois de septembre 1789. Le 11 ou 12 février 1791, la fin de son congé le ramène dans la cité auxonnaise qu’il quitte définitivement le 14 juin 1791.
Ses amitiés avec les jacobins lui valent d’être brièvement arrêté après la chute de Robespierre le 9 Thermidor an II (27 juillet 1794).
Le 13 vendémiaire, le mariage et l’armée d’Italie
Quelques jours plus tard, Bonaparte est promu général de division, puis nommé commandant de l’armée de l'Intérieur, succédant à Barras qui devient l’un des 5 membres du Directoire.
Officier d’artillerie de formation, il innove vers cette époque dans l’utilisation de l’artillerie (canon de Gribeauval) comme force mobile d’appui des attaques d’infanterie.
Il doit à Joséphine de Beauharnais, amie et ancienne maîtresse de Barras, qu'il vient d'épouser au début de 1796, sa promotion à la tête de la petite armée d'Italie, appelée en principe à ouvrir un simple front de diversion. Il sait motiver ses hommes et fait, sur le terrain qu'il avait reconnu en 1793-94, une campagne d’exception qui reste étudiée dans toutes les Écoles de guerre. Il bat séparément quatre généraux piémontais et autrichiens (dont Colli, Von Beaulieu et Argenteau à Millesimo, Montenotte), et signe l’armistice de Cherasco avec le premier royaume. Dans une deuxième phase, il bat une nouvelle armée autrichienne envoyée en renfort et commandée par Sebottendorf à Lodi et Beaulieu à Borghetto, ce qui lui assure la conquête de Milan.
Dans une troisième phase organisée autour du siège de Mantoue, il bat deux nouvelles armées autrichiennes commandées par Quasdanovich et Wurmser dans sept batailles, dont Castiglione, Roveredo. Enfin, les renforts commandés par Alvinczy sont à nouveau battus au pont d’Arcole et à Rivoli. Tout en organisant l’Italie en Républiques sœurs sur le modèle de la République française, il marche sur l’Autriche et signe seul les préliminaires de paix de Leoben. En un peu plus d’un an, il bat cinq armées autrichiennes, fréquemment à un contre deux, et décide seul du sort de la guerre, les armées françaises du Rhin étant battues par les Autrichiens qui doivent affaiblir leurs troupes sur ce front pour envoyer des renforts en Italie. La rue de Paris où il habite est renommée rue de la Victoire.
À son retour d’Italie, en décembre 1797, Bonaparte est accueilli comme un héros par le Directoire qui organise une cérémonie officielle pour célébrer la paix de Campo-Formio. Il est nommé membre de l'Institut dans la classe de mathématiques. En février 1798, le Directoire soumet à Bonaparte l'idée d'une invasion de l'Angleterre. Il inspecte les côtes françaises de Boulogne, Calais et Dunkerque, en vue de la réalisation du projet. Sa popularité auprès des Français est de plus en plus importante. Le 23 février 1798, le gouvernement abandonne le projet d'invasion de l'Angleterre sur les conseils de Bonaparte, qui, lui-même influencé par Talleyrand, persuade alors le Directoire de porter la guerre en Égypte, où il pourra couper la route des Indes à la Grande-Bretagne. Le 24 février 1798, le rapport est présenté à Barras ; le 5 mars, inquiet de la popularité de Bonaparte, le Directoire le charge de mener l'expédition en Égypte, avec aussi l'idée de s'en débarrasser.
Le 19 mai 1798, Bonaparte quitte Toulon avec le gros de la flotte française et parvient à échapper à la poursuite de la flotte britannique de Nelson. Mais il y a eu peut-être une ruse des Anglais de laisser passer la flotte française pour mieux l'écraser plus tard. Au passage, les Français s’emparent de Malte, le 10-11 juin 1798, pour assurer les communications ultérieures avec la métropole. Le 19 juin 1798, après avoir laissé une garnison de 3 000 hommes sur place, la flotte met le cap sur Alexandrie qu’elle atteint le 1er juillet 1798. Après une courte résistance, la ville est prise le lendemain.
Bonaparte laisse 3 000 hommes à Alexandrie et longe la côte égyptienne vers l’est jusqu’au delta du Nil qu’il remonte vers Le Caire. Le premier véritable combat de la campagne d'Égypte a lieu à Chebreïs le 13 juillet 1798 où les cavaliers mamelouks sont défaits, grâce à l’artillerie de l’armée d’Orient. Le 21 juillet 1798, à la bataille des Pyramides de Gizeh, Bonaparte bat à nouveau l’armée des mamelouks. Le 24 juillet 1798, Bonaparte et son armée entrent triomphalement au Caire. Les 1er et 2 août 1798, la flotte française est presque entièrement détruite à Aboukir par les navires de Nelson. Désormais, les Britanniques sont maîtres de la Méditerranée et Bonaparte est prisonnier de sa conquête. Suite à cette défaite, les Turcs, le 9 septembre 1798, déclarent la guerre à la France. Il faut rappeler qu’à cette époque l'Égypte fait partie de l'empire ottoman, comme la majorité du Proche-Orient.
Napoléon et ses généraux en Egypte., Jean-Léon GérômePendant qu’il décide de faire de l'Égypte un véritable État capable de vivre en autarcie, Bonaparte envoie le général Desaix poursuivre Mourad Bey jusqu’en Haute-Égypte, complétant ainsi la soumission du pays. Poussés par les Britanniques et les Turcs, les mamelouks survivants travaillent la population du Caire, qui se révolte le 21 octobre 1798 contre les Français. Cette révolte est impitoyablement réprimée par les troupes. Le calme revient et Bonaparte rétablit la situation en décrétant finalement une amnistie générale, non sans avoir fait couper bon nombre de têtes exhibées à la foule terrorisée et canonner la Grande Mosquée du Caire.
En février 1799, Bonaparte se déplace en Syrie pour affronter les troupes ottomanes que le sultan a envoyées pour attaquer les Français en Égypte. Le 10 février 1799, Bonaparte quitte le Caire avec son armée et bat les Turcs aux combats d’El-Arich et de Gaza. Le 7 mars 1799, la ville de Jaffa est prise et pillée par les Français. Napoléon ordonne l'exécution de quelque 2 500 prisonniers turcs qui sont fusillés ou égorgés faute de munitions[18]. Par ce massacre, il espère impressionner ses adversaires. C’est à ce moment-là que la peste apparaît dans les rangs français. Napoléon est favorable à l'euthanasie des soldats agonisants à l'aide de fortes doses d'opium (utilisé pour calmer la douleur), mais son médecin, le baron Desgenettes, (René-Nicolas Dufriche Desgenettes) s'y oppose énergiquement.
Le 19 mars 1799, Bonaparte met le siège devant Saint-Jean d’Acre. Le 13 avril 1799, les cavaliers de Junot mettent en déroute les cavaliers ottomans à la bataille de Nazareth et le 16 avril 1799, Bonaparte et Kléber écrasent l’armée turque de secours envoyée par le sultan pour libérer le siège de Saint-Jean d’Acre à la Bataille du Mont-Thabor. Bien que victorieuse à cette bataille, le 16 avril 1799, l’expédition en Syrie sera décimée par la peste puis arrêtée à Acre.
De retour à Acre, Bonaparte essayera en vain, du 24 avril au 10 mai 1799, de prendre la ville. Le 17 mai 1799, Bonaparte décide d’abandonner le siège et retourne en Égypte. Le 14 juin 1799, il arrive au Caire et, dans un retournement de situation, bat les Turcs le 25 juillet 1799 à la bataille terrestre d'Aboukir.
La situation du Directoire lui paraissant favorable à un coup de force, Bonaparte, qui n’a plus qu’une armée de terre affaiblie, ayant perdu sa marine, abandonne le commandement de l’armée d’Égypte à Jean-Baptiste Kléber.
Retour à Paris, situation de la France
Il rentre discrètement en France le 23 août 1799 à bord de la frégate La Muiron, abandonnant au général Kléber une armée diminuée et malade. Il débarque à Saint-Raphaël le 9 octobre 1799 après avoir miraculeusement échappé aux escadres britanniques pendant les 47 jours de la traversée. Sur le chemin qui le mène à Paris, il est acclamé par la population. Jean-Baptiste Kléber se révèle un excellent administrateur et le 20 mars 1800, réalise l’exploit de vaincre les Turcs à la bataille d’Héliopolis. Cette victoire permet à la France de conserver l’Égypte, mais Kléber meurt assassiné, le 14 juin 1800 au Caire, le jour où Napoléon gagne de justesse la bataille de Marengo en Italie, grâce à la charge héroïque de Desaix, qui est tué lors de l’assaut, trépassant ainsi le même jour que Kléber.
Le successeur de Kléber, le général Menou, capitule le 31 août 1801 devant les forces turco-britanniques après avoir perdu 13 500 hommes, principalement victimes des épidémies au cours des négociations de paix. Les soldats français restants sont rapatriés sur les vaisseaux britanniques vers la France.
Le Consulat
Buste de Bonaparte Premier ConsulArticle détaillé : Consulat (histoire de France).Le coup d’État
Article détaillé : Coup d'État du 18 brumaire.Arrivé dans la capitale, le général s’entretient avec Talleyrand, homme politique d’expérience et fin connaisseur des forces en jeu. Le schéma du coup d’État du 18 brumaire (9 novembre 1799) prévoit les opérations suivantes : Bonaparte aura le commandement en chef de l’armée pour le maintien de l’ordre dans Paris et dans les assemblées. On envisage de déplacer les assemblées au château de Saint-Cloud sous le prétexte d’un péril jacobin. En effet, depuis 1789, les assemblées se trouvent toujours sous la menace de la population parisienne.
L'essentiel des événements se déroule le 19 brumaire à Saint-Cloud. Les révisionnistes avaient envisagé une démission collective des cinq directeurs, mais les assemblées ont du retard car cette idée ne fait pas l’unanimité ; Bonaparte s’impatiente et décide d’intervenir. Il tient un discours maladroit devant le Conseil des Cinq-Cents, discours hué par les députés qui l’accusent de vouloir instaurer la dictature. Bonaparte est alors contraint de quitter l’assemblée. Mais il prend rapidement la situation en main avec l’aide de son frère Lucien qui préside les Cinq-Cents. Lucien évite que Napoléon soit mis en cause par les députés qui veulent voter pour mettre hors-la-loi Bonaparte. Lucien retarde le vote et va chercher Murat, qui vient avec la troupe et met de l’ordre dans les assemblées, disant que certains députés voulaient poignarder Bonaparte pour justifier une intervention de l’armée. Les représentations des députés sortant par les fenêtres et voulant poignarder Napoléon sont très répandues. Bonaparte est de fait l’homme fort de la situation, qui fait basculer un coup d’État parlementaire en un coup d’État militaire. Mais Bonaparte reste attaché aux formes juridiques et, dans la soirée du 19 Brumaire, les députés restent à Saint-Cloud pour voter la décision de nommer deux commissions pour préparer une nouvelle constitution. On constate alors une volonté d’appuyer le régime sur le vote des représentants du peuple.
Bonaparte, Premier Consul, par Jean Auguste Dominique IngresLe 20 brumaire, les trois Consuls sont désignés : Bonaparte, Sieyès et Ducos. C’est le début du Consulat. Roger Ducos est tout acquis à Bonaparte, alors que Sieyès lui n’entend pas se résigner à abandonner le pouvoir à Bonaparte seul. Il entend bien jouer un rôle dans le gouvernement du Consulat. Pour contrecarrer son encombrant collègue, Bonaparte, multipliant les provocations, maintient aux portefeuilles ministériels les ennemis de Sieyès en offrant les relations extérieures à Talleyrand et celui de la Police à Fouché.
Le travail de rédaction de la Constitution est confié officiellement à deux commissions législatives formées de députés des Cinq-Cents et des Anciens. Mais en fait, c’est Sieyès qui va proposer un projet. À l’examen, le projet s’avérera trop complexe, voire irréaliste. En effet, il prévoit l’instauration d’un régime démocratique fondé sur un pouvoir législatif fort représenté par trois chambres. L’exécutif sera, quant à lui, réduit à une magistrature à vie purement honorifique et à deux consuls aux fonctions limitées. Bonaparte profite des faiblesses de ce plan pour imposer son propre projet et se débarrasser de son encombrant rival. Du 4 au 13 décembre 1799, il réunit ainsi les deux commissions dans son bureau pour élaborer le texte de la nouvelle constitution.
La Constitution de l’an VIII est adoptée en comité restreint le 13 décembre 1799. Elle s’inspire en partie du projet de Sieyès, mais intègre les idées politiques de Napoléon Bonaparte, notamment concernant le pouvoir exécutif. Sieyès, lui-même, sera chargé de désigner les trois consuls de la république : Bonaparte comme premier consul, puis Jean-Jacques-Régis de Cambacérès et Charles-François Lebrun, comme 2e et 3e consuls de la République. Sieyès, quant à lui, sera relégué au poste de président du Sénat.
« Lorsque je me mis à la tête des affaires, la France se trouvait dans le même état que Rome, lorsqu’on déclarait qu’un dictateur était nécessaire pour sauver la République. »
— Bonaparte
La Constitution
La Constitution de l’an VIII entre en vigueur le 25 décembre 1799. Bonaparte établit la Constitution sous des apparences démocratiques, mais organise un pouvoir autocratique, toutes les évolutions du régime ne feront qu’accentuer le caractère autocratique du pouvoir.
Le pouvoir législatif est divisé en trois assemblées (tricamérisme) :
le Tribunat discute les lois sans les voter
le Corps législatif (ou « Corps des muets ») adopte ou rejette les lois
le Sénat conservateur est chargé de vérifier que la loi est conforme à la constitution.
La préparation de la loi appartient à l'exécutif, par le biais du Conseil d’État, chargé de rédiger les textes législatifs. Le pouvoir fonctionne de manière autoritaire, les procédés de démocratie semi-directe (quelque peu fictive) sont soigneusement organisés et contrôlés. Le consul corrige lui-même les résultats s’ils ne sont pas satisfaisants. Le Consulat est une forme de despotisme éclairé, qui n'est pas étranger à l'expérience de Pasquale Paoli en Corse, dont le jeune Bonaparte avait été un admirateur fervent.
Du Consul à l’Empereur
Le Premier Consul franchissant les Alpes au col du Grand-Saint-Bernard par Jacques-Louis DavidEn 1800, Bonaparte attaque et vainc l’Archiduché d'Autriche une nouvelle fois. Battus à Marengo par Napoléon et à Hohenlinden par Moreau, les Autrichiens doivent signer le traité de Lunéville le 9 février 1801, ce qui amène les Britanniques à signer la paix d’Amiens le 25 mars 1802 (4 germinal an X, contresignée deux jours plus tard). Si son pouvoir était fragile au lendemain de Brumaire, la victoire de Marengo et ses suites consolident fortement la situation de Bonaparte.
Le 24 décembre 1800, une « machine infernale » (bombe) l’attend rue Saint-Nicaise. Le cocher du Premier consul passe au grand galop. La bombe explose trop tard et seules les vitres du véhicule sont soufflées. Sur place, en revanche, c'est le carnage. On dénombre 22 morts et une centaine de blessés. Fouché, alors ministre de la Police, réussit à prouver que l’attentat est l’œuvre des royalistes, alors que Bonaparte est persuadé avoir affaire aux Jacobins.
En 1802 Bonaparte met en branle son grand dessein pour l'Amérique. Il s'agit pour lui, profitant de la paix d'Amiens qui permet la libre circulation de la flotte française dans l'Atlantique, de développer la Louisiane, cet immense territoire qui s'étend sur la rive droite du Mississippi et qui revient de droit à la France depuis la signature secrète du traité de San Ildefonso en 1800.
Pour cela il lui faut une base d'opérations sûre. La colonie de Saint-Domingue est tout indiquée. De cette tête de pont de la France dans le Nouveau-Monde, il pourra reprendre pied en douceur à la Nouvelle-Orléans sans brusquer le jeune État américain qui verrait son expansion vers l'Ouest définitivement circonscrite au Mississippi.
Mais à Saint-Domingue, Toussaint Louverture est un obstacle à ce plan. Le général noir est Gouverneur général de la colonie au nom de la France depuis 1797 et il est suspecté de connivences avec les États-Unis d'Amérique avec lesquels, au mépris du principe de l'exclusif, il commerce ouvertement depuis que la prospérité est revenue. D'ailleurs, l'année précédente il a fait voter par les grands planteurs, ses alliés objectifs, une constitution autonomiste qui le proclame gouverneur général à vie et a eu l'outrecuidance de l'envoyer en France pour simple ratification, une fois le fait accompli. Cet acte de rébellion ouverte d'un chef de guerre réputé invincible et fermement accroché à son île tombe à pic pour justifier l'importance des forces commises à l'expédition qui se prépare. Et la raison d'État, froide et impérieuse, justifie également le rétablissement de l'esclavage dans les colonies du Nouveau Monde car il va sans dire que la grande Louisiane française devra se développer rapidement pour prendre de vitesse Anglais et Américains, ce qu'elle ne saurait faire sans la main-d'œuvre servile qui a si bien fait ses preuves à Saint-Domingue.
Voilà pourquoi deux flottes font voile vers les Antilles, Leclerc, propre beau-frère de Bonaparte, vers Saint-Domingue avec 20 000 hommes et Richepanse vers la Guadeloupe avec 3 400 hommes. Ces chefs sont munis d'instructions secrètes fort explicites rédigées de la main même de Bonaparte. Ils doivent prendre le contrôle militaire des deux colonies et désarmer les officiers indigènes avant de rétablir l'esclavage. Des proclamations sont prêtes, en français et en créole, qui visent à rassurer les populations indigènes de l'attachement personnel de Bonaparte à la liberté. Cette pléthore de précautions démontre que ce dernier avait compris que le succès ou l'échec dépendrait du secret et les faits lui donnèrent raison.
Après une résistance acharnée de trois mois, le vieux Toussaint, trahi par ses officiers généraux habilement entrepris par Leclerc, dépose les armes. Capturé et déporté en France, il y mourra quelques mois plus tard, au Fort de Joux près de Pontarlier. Leclerc peut passer à la deuxième phase du plan et désarmer les officiers de couleur mais Richepance à la Guadeloupe a rétabli l'esclavage sans attendre et la nouvelle de cette trahison de la parole du Premier Consul fait basculer Saint-Domingue dans l'insurrection. Le corps expéditionnaire, affaibli par une épidémie de fièvre jaune, recule partout. Leclerc obtient bien près de 20 000 hommes de renfort mais la maladie fauche un tiers des Européens qui touchent ces rivages. Le général en chef succombe lui-même le 2 novembre 1802. Dos à la mer, les débris de son armée seront bientôt contraints à la reddition par les soldats du général Dessalines qui proclamera l'indépendance de l'ancienne colonie sous son ancien nom indien d'Haïti.
Le temps de l'Amérique française est déjà passé. En ce début 1803, la paix avec l'Angleterre vacille et l'océan Atlantique est redevenu une mer hostile. Déclarant forfait, le 30 avril, Bonaparte solde la Louisiane aux États-Unis pour quatre-vingt millions de francs. Le prisonnier de Sainte-Hélène tentera de s'exonérer de ce monstrueux gâchis en prétendant, anachroniquement et fallacieusement[19], avoir été contraint à l'usage de la force par les actes séditieux de celui qui s'adressait à lui comme "le premier des noirs au premier des blancs".
Après que Bonaparte eut étendu son influence sur la Suisse (qui met alors en place les institutions décentralisées actuelles) et sur l’Allemagne, une dispute à propos de Malte sert de prétexte aux Britanniques pour déclarer une nouvelle fois la guerre à la France en 1803, et pour soutenir l’opposition royaliste à Bonaparte. Des agents royalistes, dont Jean-Charles Pichegru, sont débarqués clandestinement en France et se mettent en rapport avec Georges Cadoudal et Jean-Victor Moreau. Le complot est rapidement éventé et ses membres arrêtés. Pichegru meurt mystérieusement étranglé dans sa cellule ; les autres sont jugés et condamnés. Cadoudal est exécuté, Moreau banni. Mais le complot fait aussi une victime collatérale : le duc d’Enghien, prince Bourbon. Le Premier consul le fait enlever en territoire étranger, juger sommairement par une commission militaire et exécuter, suite à des déclarations recueillies auprès de Cadoudal après son arrestation et probablement mal interprétées. L’exécution qui se déroule à Vincennes ne suscite pas d’autres protestations que celles du Royaume-Uni, de la Russie et de l’Autriche qui s’en tiennent à quelques timides reproches. C'est cependant cet acte qui assoit la réputation de « Robespierre à cheval » de Napoléon (à Sainte-Hélène, Napoléon assumera cet acte, malgré la très probable implication de Talleyrand). Après ce gage donné aux républicains, dans la mesure où le Premier consul réitère le geste des régicides, celui-ci se couronne Empereur le 2 décembre 1804. À proprement parler, l'Empire naît à la demande du Sénat. Steven Englund se rallie à l'opinion selon laquelle il s'agissait, initialement, de protéger la République. Le Consulat abattu, l’ordre se serait effondré avec lui. L'Empire, lui, était une institution scellant la pérennité des valeurs républicaines. Napoléon Bonaparte pouvait mourir : l'hérédité du titre était censée protéger le pays des bouleversements et de la perte des acquis révolutionnaires (avec, en premier lieu, l'égalité, loin devant la liberté). C’est ainsi que les monnaies impériales portèrent, sans hypocrisie, la mention « Napoléon Empereur - République française ». Par suite seulement, cet Empire « républicain », protégeant les acquis révolutionnaires, se fera « impérialiste ».
« La Révolution est fixée aux principes qui l'ont commencée : elle est finie[20] »
— Bonaparte
L’Empire
Article détaillé : Premier Empire.La symbolique impériale
Le sacre impérial, événement unique dans l’Histoire de France, représenté sur le tableau de Jacques-Louis David, Le Sacre de Napoléon, est lourdement chargé en symboles. Le passage de la République à l’Empire nécessite la création d’armoiries impériales, ainsi que la création d’objets symboliques destinés à établir une tradition auparavant inexistante. Napoléon, qui se veut rassembleur, décide d’associer aux symboles de son règne les images qui ont pu représenter auparavant la France, ainsi que les pouvoirs forts européens.
Le Sacre de Napoléon, de Jacques-Louis David – Cette scène montre le moment où Napoléon prend des mains de Pie VII la couronne impériale pour en coiffer sa femme l’impératrice Joséphine.L’aigle est choisi en référence aux aigles romaines, portées par les légions, mais il est également le symbole de Charlemagne, l’aigle éployée. C’est d’ailleurs une erreur de lecture qui donnera pour symbole de l’Empire français un aigle aux ailes déployées : en héraldique, éployée se dit des oiseaux et des animaux chimériques représentés avec les ailes étendues (un aigle à deux têtes aux ailes déployées en est un bon exemple). La couleur rouge du manteau impérial est une référence directe à la pourpre de l’imperium romain. Napoléon se pose ainsi en héritier de l’Empire romain et de Charlemagne.
Les abeilles sont censées rappeler les Mérovingiens (des broches les représentant ayant été retrouvées dans des tombeaux de cette époque), et leur disposition sur les armoiries et le manteau impérial doit rappeler les fleurs de lys des Capétiens. La main de justice, utilisée par les Capétiens lors des sacres royaux, doit faire apparaître que l'Empereur est l’héritier de leur pouvoir. Napoléon veut montrer qu’il est le fondateur de la « quatrième dynastie », celle des Bonaparte, après les Mérovingiens, les Carolingiens, et les Capétiens. D’autres symboles utilisés pendant le sacre sont chargés de valeurs morales. Ainsi Napoléon tient-il un moment le globe de Charlemagne ; il porte la couronne de ce même empereur (ces deux éléments ayant été forgés de toutes pièces avant le sacre). Son épée et son sceptre sont dits « de Charlemagne » : ils ont été en réalité utilisés depuis plusieurs siècles par les Valois puis les Bourbons lors de leurs sacres.
Napoléon et l’Église
Article détaillé : Sacre de Napoléon Ier.
Napoléon se fait couronner roi d’Italie le 26 mai 1805 à MilanLa signature du Concordat par le Premier consul en 1801 reconnaît le catholicisme comme la religion « de la majorité des Français », et non plus comme religion d’État. Les prêtres reçoivent désormais un traitement de la part de l’État. Afin de montrer sa puissance, Napoléon ne va pas se faire sacrer à Rome, comme autrefois Charlemagne et les empereurs germaniques (jusqu'au XVe siècle) ; c'est le pape que l’on fera venir à Paris. Napoléon l’accueille en forêt de Fontainebleau, à cheval et en habit de chasse, voulant faire croire au caractère fortuit de la rencontre. Napoléon offensera le Souverain Pontife en lui prenant des mains la couronne de l’impératrice, mais surtout en se couronnant lui-même.
Le rapprochement entre Napoléon et l’Église est le fruit d’un calcul politique de la part de l'Empereur. Au-delà de la valeur morale qu’a pu avoir un sacre religieux aux yeux des catholiques, de la valeur symbolique d’un couronnement pontifical rappelant le sacre des empereurs germaniques, Napoléon se place à l’égal, voire au-dessus des rois européens comme successeur de Charlemagne et des empereurs de la Rome antique. La présence du pape au sacre donne une dimension morale et légitime supplémentaire à l’Empire. Celui-ci n’est plus simplement le fruit d’une révolution, c’est un couronnement divin comme celui des autres souverains européens mais qu’aucun d’eux ne peut égaler. Napoléon se place au même niveau que le souverain du Saint-Empire romain germanique avant de le dépasser pour devenir l'unique Empereur en Europe. François II l'avait d'ailleurs bien compris puisqu'après la proclamation de l'Empire français, il décrète que l'Autriche, alors archiduché, devient aussi un Empire.
La présence du pape est donc davantage un message aux pays européens qu’une profession de foi catholique de la part de Napoléon. Napoléon, d’ailleurs peu sensible au sort du pape, le retient plus tard prisonnier à Fontainebleau. Dans l’idée d’affirmer la puissance de la France dans le domaine spirituel, il envisagea même de transférer la résidence du pape de Rome à Paris, avant d’abandonner cette idée.
À la fin de sa vie, Napoléon recevra l'extrême-onction des mains de l'abbé Jean-François de Kermagnan.
L’Empire victorieux
Première distribution de la Légion d'honneur instituée par l'empereur le 14 juillet 1804 dans la chapelle des Invalides d'après le peintre Jean-Baptiste Debret
Napoléon à la bataille d'Austerlitz par François GérardEn 1804, l’heure n’est donc pas encore aux vastes conquêtes, et, persuadé depuis longtemps que le seul moyen d’obtenir une paix définitive est de neutraliser le Royaume-Uni, Napoléon met au point, avec l’amiral Latouche-Tréville (qui mourra avant d’avoir pu l’exécuter), un plan visant à l’invasion du Royaume-Uni. Cette ambition sombre définitivement à la bataille de Trafalgar, où la flotte franco-espagnole commandée par l’amiral de Villeneuve est détruite par celle de l’amiral Nelson. Le Royaume-Uni y gagne la domination des mers pour le siècle à venir.
En 1805, la Troisième coalition se forme en Europe contre Napoléon. L’Empereur qui, à Boulogne, supervisait les préparatifs en vue de l’invasion du Royaume-Uni, doit faire face à une guerre soudaine, et à l’autre bout de l’Europe. Il mène une offensive immédiate, acheminant la Grande Armée en Autriche à marche forcée, et s’assure une brillante victoire contre l’Autriche et la Russie à la bataille d’Austerlitz, dite « bataille des Trois-Empereurs ».
En 1806, la Prusse provoque un nouveau conflit. La campagne que mène Napoléon (« l’Esprit en marche », selon Hegel) est impressionnante de rapidité : il balaie l’armée prussienne à la bataille d'Iéna (doublée de la victoire de Davout à Auerstaedt où, avec 30 000 hommes, le Maréchal Davout bat les 63 500 Prussiens qui l'assaillent). L’année suivante, Napoléon traverse la Pologne, remporte une victoire sur les Russes à Friedland et finit par signer, à Tilsit, au milieu du Niémen, au cours d'une entrevue dont la mise en scène est conçue pour frapper les esprits, un traité avec le tsar Alexandre Ier, qui divise l’Europe entre les deux puissances.
Pourtant formé dans les écoles et par les maîtres de l’Ancien Régime, officier de l’armée royale, Napoléon brise les anciennes conceptions militaires. Il ne s’agit plus pour lui de livrer une guerre de siège à l’aide de 30 à 50 000 hommes, mais de rechercher la bataille décisive, engageant plus de 100 000 hommes s’il le faut. Son objectif n'est pas de rester maître du champ de bataille, mais d’anéantir l’ennemi.
En 1808, Napoléon crée la noblesse d’Empire : bientôt ses maréchaux et généraux arboreront des titres de comte d’Empire, prince de Neuchâtel, duc d’Auerstaedt, duc de Montebello, duc de Dantzig, duc d’Elchingen, roi de Naples.
Du 27 septembre au 14 octobre 1808, Napoléon donne rendez-vous à Alexandre Ier à Erfurt, pour un nouveau traité, afin qu’ils s’unissent contre l’Empire d'Autriche qui menace de redéclarer la guerre à la France. Le tsar refuse en préférant que ce traité soit établi dans le but de renouveler l’alliance qui s’était forgée entre eux l’année précédente à Tilsit ; cela permet en fait à Napoléon de s’assurer encore plus longtemps de la fidélité d’Alexandre. Mais c'est un échec car l'empereur s'aperçoit bientôt de la trahison de Talleyrand, qui avait approché le tsar en lui conseillant de résister à Napoléon, même s'il était séduit.
Articles détaillés : Traité de Tilsit et Congrès d'Erfurt.Campagnes de la péninsule Ibérique et d’Autriche
Mariage religieux de Napoléon et Marie-Louise dans le Salon carré du Louvre, par Georges Rouget.En réponse à l’attitude britannique vis-à-vis des bateaux de commerce français, Napoléon tente d’imposer le Blocus continental, qui vise à asphyxier l’industrie britannique. Le Portugal, vieil allié des Britanniques, refuse de signer ce traité. Napoléon recherche donc l’aide de l’Espagne pour envahir le Portugal. Il finit par envahir l’Espagne et y installe son frère Joseph Bonaparte comme roi. Le Portugal est également envahi, mais trois campagnes (1808, 1810, 1811), menées notamment par le général Junot et le maréchal Masséna ne viennent pas à bout de la résistance anglo-portugaise ; le roi Jean VI de Portugal, la cour et le gouvernement portugais déménagent à Rio de Janeiro et le Brésil devient le siège du royaume jusqu'à 1821. Une partie de la population espagnole se soulève contre les Français. Bientôt, l'infanterie britannique commandée par le futur duc de Wellington, après avoir débarquée au Portugal en 1808, prend pied en Espagne. Avec l’aide des nationalistes espagnols, elle pousse peu à peu l’armée française hors de la péninsule Ibérique. Alors que les meilleures troupes de l’armée française sont engagées en Espagne, l’Empire d'Autriche attaque une nouvelle fois la France en Allemagne et elle est finalement vaincue lors de la bataille de Wagram. Le maréchal Lannes, compagnon et ami de Napoléon, périt à la bataille d'Essling.
Quelques mois plus tard, le 2 avril 1810, Napoléon épouse l’archiduchesse Marie-Louise d’Autriche, qui, le 20 mars 1811, lui donnera un fils ; cet enfant sera titré roi de Rome et nommé « Napoléon II ».
Articles détaillés : Marie-Louise d'Autriche et Napoléon II.Le « Grand Empire » compte alors 130 départements, qui vont d’Amsterdam à Rome, et une population de 70 millions d’habitants (dont 30 seulement sont français), cela sans compter plusieurs états vassaux (royaume d'Italie, Naples, Confédération germanique, etc.) L’Empire est à son apogée.
L’Empire napoléonien à son apogée en 1811
Empire français
États vassaux
Alliés de l'EmpireArticle détaillé : Étendue de l'Empire français en 1810.Campagnes de Russie et d’Allemagne
Alexandre Ier, poussé par la noblesse russe acquise aux Britanniques, refuse de coopérer avec Napoléon pour porter le coup final au Royaume-Uni. Napoléon, croyant la guerre inévitable, envahit la Russie en 1812. La Grande Armée, grossie de contingents italiens, allemands et autrichiens, devient gigantesque : ce sont 600 000 hommes qui franchissent le Niémen. Les Russes, dirigés par Koutousov, appliquent la stratégie de la terre brûlée, reculant sans cesse devant les troupes françaises. La bataille de la Moskowa, le 12 septembre, est indécise. Bien que les Russes abandonnent le terrain, les pertes sont presque équivalentes dans les deux camps.
Dès le lendemain de l’entrée des troupes françaises dans leur capitale, les Russes incendient la ville. Napoléon, espérant une démarche de la part d’Alexandre, s'attarde à Moscou. Lorsqu'il donne le signal de la retraite, l'hiver est dangereusement proche. La Grande Armée entame une course désespérée vers l’Allemagne à travers les régions dévastées qu’elle a parcouru à l’aller. Le froid, la neige et les cosaques provoquent d'effroyables pertes. Des 600 000 hommes qui entrèrent en campagne, seuls quelques dizaines de milliers franchissent la Bérézina. La Grande Armée est détruite.
Article détaillé : Campagne de Russie (1812).Encouragés par ce dramatique échec, les rois reprennent les armes contre la France. Malgré deux victoires remportées en Allemagne (Bautzen et Lutzen), une partie de ses alliés allemands trahit Napoléon sur le champ de bataille même de la bataille de Leipzig, aussi appelée « Bataille des nations », qui voit s’opposer 180 000 Français à 300 000 alliés (russes, autrichiens, prussiens, suédois). La défaite subie ce jour là est décisive. Le maréchal Poniatowski, prince polonais et neveu de Stanislas II, dernier roi de Pologne, y perd la vie en tentant de traverser l’Elster avec ses hommes. On dénombre 100 000 morts et blessés.
La campagne de France
Article détaillé : Campagne de France (1814).
Acte de la première abdication, 12 avril 1814.En 1814 se forme une alliance entre le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande, l'Empire russe, le Royaume de Prusse et l’Empire d'Autriche. Malgré une série d'incroyables victoires (batailles de Champaubert, Montmirail, ...) remportées par Napoléon à la tête d’une armée de jeunes recrues inexpérimentées (les « Marie-Louise »), Paris tombe le 31 mars et les maréchaux forcent l'Empereur à abdiquer. L’intention de Napoléon était de le faire en faveur de son fils (Napoléon II), mais les puissances alliées exigent une abdication inconditionnelle.
Napoléon, qui pense que les alliés vont le séparer de l’impératrice Marie-Louise d'Autriche et de son fils le roi de Rome, prend, dans la nuit du 12 au 13 avril, une dose de poison qui doit lui permettre de se suicider. On a longtemps cru qu'il s'agissait d’opium dans un peu d’eau mais il semblerait que ce ne soit pas le cas[21]. Les troubles et la nature du malaise de Napoléon ne correspondent pas à une intoxication par l'opium. S'il choisit cette façon de mourir, c'est qu'il pense que son corps sera par la suite exposé aux Français : il veut que sa garde reconnaisse le visage calme qu’elle lui a toujours connu au milieu des batailles.
En plein malaise, l’Empereur se plaint du lent effet de la substance qu’il a avalée. Il déclare à Armand de Caulaincourt : « Qu’on a de peine à mourir, qu’on est malheureux d’avoir une constitution qui repousse la fin d’une vie qu’il me tarde tant de voir finir ! ». Les nausées de Napoléon sont de plus en plus violentes, il se met à vomir. À la venue du docteur Yvan, Napoléon lui demande une dose de poison supplémentaire mais le docteur refuse, en disant qu’il n’est pas un assassin et qu’il ne fera jamais une chose allant à l'encontre de sa conscience. Le docteur a lui-même une crise de nerfs, s'enfuit à cheval, et personne ne le revoit plus. L’agonie de l’Empereur se poursuit, Caulaincourt sort de la pièce pour demander au valet de chambre et au service intérieur de garder le silence. Napoléon rappelle Caulaincourt en lui disant qu’il préfère mourir plutôt que de signer le traité. Les effets du poison se dissipent et l’Empereur peut reprendre ses activités normales[22].
Il est, par la suite, déchu par le Sénat le 3 avril et exilé à l’île d’Elbe, selon le Traité de Fontainebleau signé le 11 avril, conservant le titre d’Empereur mais ne régnant que sur cette petite île.
Représentation caricaturale de Napoléon sur l'ile d'Elbe
Vue de la maison de Napoléon (Palazzina dei Mulini) à Portoferraio, sur l'ile d'Elbe.Les Cent-Jours
Article détaillé : Cent-Jours.En France, Louis XVIII écarte « Napoléon II » et prend le pouvoir. Napoléon s’inquiète du sort de sa femme et surtout de son fils qui est aux mains des Autrichiens. Le gouvernement royaliste refuse bientôt de lui verser la pension promise et des rumeurs circulent quant à sa déportation vers une petite île de l’océan Atlantique sud. Napoléon décide donc de retourner sur le continent pour reprendre le pouvoir.
La Route Napoléon et le « Vol de l’Aigle »
1er mars 1815 : Débarqués à Golfe-Juan, Napoléon et sa petite troupe gagnent Cannes où ils arrivent tard et d’où ils repartent tôt.
2 mars : Voulant éviter la voie du Rhône qu’il sait hostile, Napoléon fait prendre alors la route de Grasse pour gagner, par les Alpes, la vallée de la Durance. Au-delà de Grasse, la colonne s’engage dans de mauvais chemins muletiers et s’arrête à Saint-Vallier, Escragnolles, et Séranon.
3 mars : Après une nuit de repos, la troupe gagne Castellane ; dans l’après-midi, elle atteint Barrême.
4 mars : Napoléon trouve à Digne la route carrossable et fait étape le soir au château de Malijai, attendant avec impatience des nouvelles de Sisteron dont la citadelle, commandant le passage étroit de la Durance, peut lui barrer la route.
5 mars : Sisteron n’est pas gardée et Napoléon y déjeune, puis quitte la localité dans une atmosphère de sympathie naissante. Le soir, il arrive à Gap et y reçoit un accueil enthousiaste.
6 mars : Il couche à Corps.
7 mars : Il gagne la Mure, puis trouve en face de lui, à Laffrey, des troupes envoyées de Grenoble. C’est ici que se situe l’épisode fameux que commémore aujourd’hui un monument dans la « prairie de la Rencontre ». Le soir même, Napoléon fait son entrée à Grenoble aux cris de « Vive l’Empereur ».
Les armées envoyées pour l’arrêter l’accueillent en héros partout sur la route qui porte aujourd'hui son nom. Le maréchal Ney, qui avait juré à Louis XVIII de lui ramener Bonaparte dans une cage de fer, s’incline devant son ancien souverain, ce qui lui vaudra d’être le seul maréchal exécuté pour trahison lors de la Seconde Restauration. Napoléon arrive sans coup férir à Paris. Cette montée à Paris est connue comme le « Vol de l’Aigle », inspiré des paroles de Napoléon : « L’Aigle volera de clocher en clocher jusqu’aux tours de Notre-Dame ». En 1932, la Route Napoléon sera inaugurée entre Golfe-Juan et Grenoble. Des aigles volants jalonnent ce parcours.
Le retour au pouvoir et la défaite finale
HMS Northumberland (1798)La fuite de Louis XVIII et le retour de Napoléon aux Tuileries le 20 mars 1815 marquent le début de la période dite des Cent-Jours. Napoléon fait établir l’Acte additionnel aux Constitutions de l'Empire (rédigé le 22 avril, approuvée le 1er juin). Une Chambre des représentants est élue.
Sur le plan international, Napoléon affirme ses volontés pacifiques, mais les alliés n’acceptent pas ce retour et reprennent les armes contre la France. L’armée napoléonienne est finalement défaite à la bataille de Waterloo le 18 juin 1815. La jonction des armées prussiennes et britanniques, que ne peut empêcher le maréchal Grouchy, a raison des troupes impériales.
Le retour de Napoléon et sa défaite finale rendent encore plus précaire la situation internationale de la France. Celle-ci est traitée plus durement par les alliés en 1815 que lors des traités de Vienne. Napoléon laisse en effet une France exsangue. Démographiquement, elle a perdu environ 1 700 000 hommes depuis 1792, dont la majorité pendant les guerres napoléoniennes. Elle est économiquement ruinée. Ses ports et ses arsenaux le sont également. Le pays a perdu toutes les colonies qui lui restaient de l’Ancien Régime. Son influence internationale, mise en place depuis Richelieu et Louis XIV, est réduite à néant. Le territoire national est ramené à une étendue moindre que sous Louis XVI. La Sarre et les villes de Marienbourg, Philippeville et Landau, acquises sous Louis XIV, sont cédées aux coalisés. De plus ce territoire est occupé, et le pays doit payer une lourde indemnité de guerre pour l’entretien des troupes étrangères établies sur son sol.
Lorsque Napoléon quitte la France, il n’est pas regretté. C’est à Sainte-Hélène que va se forger sa légende.
Demandant l'asile au « plus constant de ses ennemis », l'Angleterre, il est d'abord pris en charge par le Bellérophon, puis transféré le 7 août 1815 sur le Northumberland qui le déposera à Sainte-Hélène. On ne lui donne pas l'occasion de poser le pied en Angleterre, les officiers britanniques voulant absolument éviter que Napoléon puisse demander le droit d'asile en invoquant l'Habeas Corpus.
Par ailleurs, les britanniques, qui n'ont jamais officiellement reconnu l'Empire, affectent d'appeler Napoléon « général Bonaparte », ce qui met l'Empereur hors de lui.
Exil à Sainte-Hélène et mort
Articles détaillés : Exil de Napoléon à Sainte-Hélène et Mort de Napoléon.
Napoléon à Sainte-Hélène.Napoléon est déporté et emprisonné par les Britanniques sur l’île Sainte-Hélène, commandée d'abord par l'amiral Cockburn puis par Sir Hudson Lowe. L'Empereur est accompagné d'une petite troupe de fidèles, parmi lesquels le Grand Maréchal du palais Bertrand, le comte de Las Cases, le général Montholon, et le général Gourgaud. Il se consacre à l’écriture de ses mémoires qu'il dicte à Las Cases. Il essaye aussi d’apprendre l’anglais ; il reçoit plusieurs visiteurs de passage à Sainte-Hélène, qui est alors une escale importante pour tout navire contournant l'Afrique. Une fois installé à Longwood, il évite de sortir car Lowe a donné l’ordre que l’empereur doit être partout sous garde.
Napoléon tombe progressivement malade et s’affaiblit. Dans la seconde moitié du mois d’avril 1821, il écrit lui-même ses dernières volontés et plusieurs codicilles, une quarantaine de pages au total. Ses derniers mots sont : « France, armée, Joséphine », ou, selon les mémoires de Sainte-Hélène : « tête… armée… Mon Dieu ! ». Nerval, dans son poème À la mort de l’Exilé, note : « Les dernières paroles de Napoléon mourant furent : « Mon Dieu et la nation française… française… mon fils… tête armée ». On ne sait ce que signifiaient ces mots. », et une version courante affirme qu’il aurait dit en fait : « tête d’armée », ce qui est bien moins énigmatique.
Napoléon meurt un samedi, le 5 mai 1821, « à 17 heures et 49 minutes », rendant ainsi « le plus puissant souffle de vie qui eut jamais agité l'argile humaine » (Chateaubriand). Cependant, les causes de sa mort ont fait l'objet de controverses ; officiellement les médecins ont conclu à une mort des suites d'un cancer de l'estomac, mais l'hypothèse fut avancée d'un empoisonnement au trioxyde d'arsenic. Hudson Lowe, geôlier de Napoléon à Sainte-Hélène, devant son lit de mort, déclara :
« Messieurs, c’était le plus grand ennemi de l’Angleterre, c’était aussi le mien. Mais je lui pardonne tout. À la mort d’un si grand homme, on ne doit éprouver que tristesse et profond regret. »
Retour de ses cendres en France (1840)
Article détaillé : Le retour des cendres de Napoléon.Napoléon demanda à être enterré sur les bords de la Seine, auprès du peuple français qu’il avait tant aimé, mais lorsqu’il mourut en 1821 il fut inhumé à Sainte-Hélène.
Tombeau de Napoléon aux InvalidesDix-neuf ans après la mort de Napoléon, le roi Louis-Philippe Ier put obtenir du Royaume-Uni la restitution des cendres de Napoléon. L’exhumation du corps eut lieu le 15 octobre 1840. Son corps fut rapatrié triomphalement à Paris et enterré aux Invalides, dans « un grand sarcophage (...) de porphyre rouge – en fait du quartzite aventuriné de Finlande, proche du porphyre –, posé sur un socle de granit vert des Vosges »[23],[24]. Le socle en marbre noir provient de la carrière de marbre de Sainte-Luce (Isère). Le transport de ce bloc de 5,5 mètres de long, 1,20 mètre de large et 0,65 mètre d'épaisseur, ne se fit pas sans peine[25].
Après 1854, l’Empereur Napoléon III négocia avec le gouvernement britannique l’achat de Longwood House et de la vallée du Tombeau (Sainte-Hélène), qui devinrent propriétés françaises en 1858 et sont gérées depuis par le ministère des Affaires étrangères.
État de santé de Napoléon
Si la mort de Napoléon a mis en avant les problèmes de santé dont il souffrait durant son exil à Sainte Hélène, toute sa vie cependant fut marquée par des désordres pathologiques plus ou moins graves.
Lors de son autopsie on mesura sa taille qui était de 5 pieds, 2 pouces, 4 lignes ce qui correspond à 1,687[26] m. De constitution robuste et endurante, il pouvait monter plusieurs heures à cheval sans éprouver de fatigue[27]. Le général Bonaparte apparaît dans sa jeunesse maigre et élancé, les années venant il s'empâte devenant presque obèse à l'époque de son exil.
En 1785, il souffre de fièvre alors qu'il se trouve à Auxonne comme lieutenant[28]. À partir de 1786, il est atteint de paludisme et soufre de fièvre par crises intermittentes jusqu'en 1796[28],[29], En 1793, il contracte la gale lors du siège de Toulon dont il garde des séquelles durant toute sa vie, l'obligeant à prendre des bains pour calmer des démangeaisons[30]. Talleyrand et la comédienne Mademoiselle George ont été témoins de crises qui furent assimilées à l'épilepsie[31]
Il souffre principalement de problèmes abdominaux dont une douleur chronique au côté droit, et hépatiques, ainsi que de dysurie dont l'aggravation est constatée lors de la campagne de Russie[32]. Napoléon ne portait pas la main dans son gilet pour soulager une douleur à l'estomac[30]. Ce geste rencontré dans les portraits officiels, était une posture inspirée de l'attitude oratoire du philosophe Eschine, et que l'on retrouve dans d'autres portraits du XVIIIe siècle[33].
L’héritage napoléonien
Article détaillé : Légende napoléonienne.Fin 1799, l’état de la France est catastrophique. L’anarchie administrative règne, les impôts n’arrivent pas aux caisses de l’État, le brigandage s’est développé, les routes sont défoncées, les régions frontalières dévastées à cause de la guerre, le commerce est au plus mal, l’industrie (notamment celle de la soie à Lyon) ruinée, le chômage fait une percée, le prix du pain est trop élevé pour les ouvriers, les hôpitaux ne marchent pas… C’est le moment que Bonaparte, qui est à l’époque encore un général révolutionnaire, choisit pour abandonner son armée en Égypte et monter à Paris, fomenter un coup d’État, le 10 novembre 1799. Entouré d’une auréole de prestige (il vient de sortir vainqueur de la campagne d’Italie et la campagne d’Égypte est, pour le moment, encore une réussite), il ne trouve que peu de résistance et l’opinion publique ne le désavoue pas. Mais les républicains sont inquiets : Napoléon incarne-t-il l'avènement définitif des valeurs de la Révolution, ou promet-il, au contraire, la destruction de la pensée révolutionnaire ? On peut considérer aujourd'hui que Napoléon solidifiera à plus d'un titre l’héritage de la Révolution ; s'il en finit avec la République et arrête le mouvement révolutionnaire, il restera fidèle aux principes de la Révolution qu'il cherchera à exporter à l'échelle européenne voire mondiale. Le Consulat, en somme, objective ce mouvement.
Le Consul Napoléon Bonaparte, grâce à une série de mesures, permet à la révolution de s’installer dans le temps. Bonaparte va d'abord s'employer à créer des institutions neuves, lesquelles perdureront jusqu'à nos jours. La nouvelle constitution qu’il fait rédiger renforce le pouvoir exécutif au détriment du pouvoir législatif, crée une administration centralisée, organisée en directions et ministères (dont le nouveau ministère de l’Intérieur, confié à Fouché) spécialisés et uniformisés. Il garde les divisions administratives créées lors de la Révolution. Ces institutions solides permettent un renforcement de l’autorité de l’État, font revivre le pays et éloignent un peu plus le risque de retour à l’Ancien Régime. Les caisses de l’État sont renflouées. Napoléon décide également de pacifier certaines zones conflictuelles en développant une politique de la ville novatrice. Ainsi, Pontivy fut agrandie et la ville de La Roche-sur-Yon est créée en 1804. La préfecture de la Vendée reste la seule ville entièrement de création napoléonienne.
Ensuite, Napoléon Bonaparte s’inscrit dans la lignée de la Révolution. Après le coup d’État, les institutions changent, mais la majorité des personnes qui vont occuper des postes étaient déjà en place lors du Directoire : dans les assemblées créées par la Constitution de l'an X, la plupart des sénateurs, tribuns ou membres du Conseil d’État avaient déjà des postes à responsabilité sous le régime précédent, les préfets sont choisis dans les assemblées révolutionnaires… Cela permet à Bonaparte de mieux contrôler l’opposition. Les réformes qu’il met en place sont la suite logique de celles déjà entreprises sous la Révolution. Les réformes financières et commerciales qui lui sont attribuées ont, pour une partie d’entre elles, été imaginées par les membres du Directoire.
Ceux-ci avaient déjà tenté le Blocus continental que Napoléon mettra en œuvre contre le Royaume-Uni en 1806. Même certaines techniques de guerre utilisées par Napoléon et dont il est considéré comme l’inventeur avaient déjà été mises en application sous la Révolution. La rédaction d’un Code civil français elle-même avait déjà été entreprise sous la Révolution. De plus, il stabilise le paysage politique en pacifiant le pays et garantit ainsi l’inscription dans la durée de son gouvernement. La paix signée avec les royalistes Vendéens, dès décembre 1799, marque un grand pas en avant dans l’apaisement du pays, aucun gouvernement auparavant n’avait réussi à l’obtenir.
La signature du Concordat en 1801 permet à Napoléon de s’assurer le soutien de beaucoup de catholiques qui étaient hésitants jusqu’alors, et les royalistes en perdent autant, l’une des raisons fondamentales de l’appui de la population à ce mouvement étant le caractère anti-catholique de la Révolution. Ce Concordat, qui n’instaure pas le catholicisme comme religion dominante et qui aurait pu être vu comme une volonté de retour à l’Ancien Régime, permet à Bonaparte d’obtenir une nouvelle légitimité et d’asseoir un peu plus son autorité. Le Concordat maintient la vente des biens nationaux. Grâce à ces deux traités, Bonaparte neutralise l’opposition royaliste et semble s’inscrire dans l’héritage révolutionnaire.
Finalement, le Code civil français est un ouvrage révolutionnaire. Commencé en 1800 et publié finalement en 1804, il remplace tout le droit antérieur, et conserve la méritocratie, l’impôt égalitaire, la conscription, la liberté d’entreprise et de concurrence ainsi que de travail, consacre la disparition de l’aristocratie féodale, et en principe l’égalité devant la Loi. En conservant et en inscrivant dans le Code tous ces acquis de la Révolution, Bonaparte leur permit de traverser les régimes et rassura une grande partie de la population.
Mais Napoléon a aussi supprimé bon nombre d’acquis révolutionnaires. Tout d’abord, les cultes révolutionnaires sont abolis. Les libertés d’expression, de réunion, de circulation et de presse sont supprimées au profit d’un état autoritaire et d’une surveillance très accrue de la population, orchestrée par Fouché. L’égalité proclamée dans le Code civil n’est pas respectée : la femme dépend de son mari ; les patrons ont un très grand pouvoir sur les ouvriers, le livret ouvrier les réduisant à être des quasi-serfs ; l’esclavage est rétabli dans les colonies ; les fonctionnaires sont privilégiés en matière de Justice… Ensuite, l’instauration des préfets, qui sont l’équivalent des intendants, la création du conseil d’État, équivalent du conseil du roi, d’une nouvelle noblesse basée sur la notabilité, les faux plébiscites organisés (des votes sont inventés, il n’y a pas de secret de vote, on ratifie un fait déjà accompli…) font redouter le pire aux jacobins. Le spectre du retour à la monarchie les hante.
Finalement, en devenant tour à tour premier consul, consul à vie puis empereur, il en finit avec la République. La faveur publique lui permet de rédiger la Constitution de l’an VIII, qui lui donne la réalité des pouvoirs et surtout ne fait pas mention de la souveraineté nationale. Cette constitution divise le pouvoir législatif, qui à partir de ce moment, perdra toute influence. C’est au cours de l’an X que s’est opérée la transformation du régime encore républicain en un despotisme auquel ne manquait qu’une couronne. Le poste de premier consul à vie sonne le glas de la République. Ces changements de régime permettent surtout à Napoléon d’être de moins en moins dépendant de ses succès ou échecs et lui donnent une autre dimension vis-à-vis des autres dirigeants européens. Napoléon a donc aussi supprimé bon nombre d’acquis révolutionnaires.
Rétablissement de l'esclavage
Napoléon n’est pas esclavagiste comme le prouve pendant sa jeunesse, et jusqu'en 1789 au moins, sa passion pour les ouvrages de l’Abbé Raynal. Toutefois, la première abolition de l'esclavage, dans les colonies le 4 février 1794 et ses conséquences économiques et politiques néfastes amènent le Premier consul à se saisir du problème. Dès leurs entrées en fonction, les trois Consuls assurent aux anciens esclaves que la liberté qui leur a été accordée par la Convention sera respectée. C'est le cas jusqu’en 1802. Car, à la signature du Traité d'Amiens le 25 mars 1802, l’Angleterre doit rendre à la France les îles occupées. Parmi celles-ci se trouvent notamment Sainte-Lucie et la Martinique qui n’ont pas bénéficié de la loi sur l'abolition de l’esclavage. Face à cet imbroglio, le pouvoir en place se décide au statu quo : les îles où il n’y a plus d'esclavage resteront libres, par contre celles occupées jusque là par l'Angleterre conserveront les lois existantes. Une commission composée de Cambacérès et de trois conseillers d'État Dupuis, Régnault de St Jean d’Angély et de l'amiral Bruix travaille sur un projet qui allait dans le sens désiré par Bonaparte. Mais il apparaît difficile de faire cohabiter deux principes opposés dans le même projet de loi. Il est décidé de ne mentionner que le cas des territoires récupérés à l'occasion du traité d'Amiens, et de ne rien mentionner pour les colonies où l'esclavage était déjà aboli. Dans le maintien de l'esclavage en Martinique, le Premier Consul est poussé notamment par ses ministres (l'amiral Décrès, Talleyrand...) et l'intendant général aux colonies Guillemin de Vaivre, originaire de Saint Domingue, mais aussi par son épouse Joséphine, d'origine martiniquaise et dont la famille et les amis avaient de nombreux intérêts en Martinique... « L’esclavage ainsi que la Traite des Noirs et leur importation dans les colonies restituées par le traité d'Amiens auront lieu conformément aux lois et règlements antérieurs à 1789 ».
Article détaillé : Loi du 20 mai 1802.
Loi du 30 Floréal an X rétablissant l'esclavage en territoire français.Début juin, il fait arrêter et déporter Toussaint Louverture, qui s'était distingué pendant la révolte des esclaves de Saint-Domingue onze ans plus tôt et qui, convaincu par l'abolition de l'esclavage de 1794, avait gardé la colonie à la France. L'Antillais devait mourir - de froid - un an plus tard au fort de Joux, dans le Doubs, département réputé pour la rigueur de ses hivers. Avec l'expédition de Saint-Domingue, une deuxième phase de la guerre de Saint-Domingue débute, elle provoque bien des massacres de part et d'autre. Ce sont les Noirs et les mulâtres de Saint-Domingue qui sortent victorieux de ces terribles combats et créent, en janvier 1804, la première République noire indépendante Haïti.
Article détaillé : Expédition de Saint-Domingue.La Guadeloupe se révolte aussi en 1802 mais la rébellion conduite par Louis Delgrès échoue et se termine par le suicide collectif des insurgés. À des milliers de kilomètres de la France, le général Richepance et son état-major ont rétabli l'ordre avec beaucoup de brutalité. Ils vont progressivement réimposer l'ancien Code noir et l'esclavage. À noter que dans les armées françaises, il se trouvait des généraux et des soldats noirs et métis (mulâtres). La lutte entre les révoltés et le pouvoir consulaire n'a pas toujours eu des origines raciales au sens où l'on entend aujourd'hui mais plutôt sociales entre possédants et possédés.
De retour de l'île d’Elbe en 1815, Napoléon décrète l'abolition de la traite des esclaves, qui aligne la France sur la décision que vient de prendre le Congrès de Vienne. Sa décision est confirmée par le traité de Paris le 20 novembre 1815. Néanmoins, à la Restauration, celle-ci reste lettre morte.
Code : Tout sélectionner
Napoléon et l'islam
Comme il le confie après sa campagne d'Égypte, Napoléon s'est inspiré des ouvrages de Volney censés aider à la domination de l'Orient, voire les a appliqués de façon littérale[52]. Ainsi, dès son arrivée et celle de ses troupes en Égypte, tout est fait pour convaincre les musulmans qu'il se bat pour l'islam[52]. Il proclame par exemple le 2 juillet 1798 à Alexandrie, en parlant de lui et de son armée : « nous sommes les véritables musulmans[52]. » Éternellement sans identité fixe, il renaît en tant que Sultan el-Kebir (« le Grand ») et converti à l'islam. Il porte à titre expérimental le turban et le kaftan, et se promeut comme l'apôtre de Mahomet envoyé pour restaurer la gloire de l'islam d'antan. Il aurait voulu que ses soldats se convertissent en masse mais cela ne fut pas possible étant donné qu'ils buvaient tous de l'alcool et étaient la plupart non circoncis[53].
Certains chercheurs estiment que Napoléon s'est sincèrement intéressé à l'islam[54], et en a même fait l'éloge, le considérant comme l'accomplissement de la religion, réussissant là ou le christianisme et le judaïsme avaient échoué[55]. Toutefois, au crépuscule de sa vie, il avoua à Las Cases, son mémorialiste et confident à Sainte-Hélène, que ces paroles relevaient de « la haute charlatanerie[56] ». Une autre interprétation est que Napoléon ne souhaitait que se concilier le peuple arabe, et qu'il ne s'est jamais réellement intéressé à l'Islam qu'il considérait comme une religion primitive[57],[58].- Marie la Belge
- Messages : 6046
- Enregistré le : 24 juil. 2006, 12:10
Re: Elle aime aussi sa blanche peau, Elle est facho.

Elle quitte le vilain phenix mais aimera toujours Renaud.


Re: Elle aime aussi sa blanche peau, Elle est facho.
J'ai tout lu.
Soundtrack of my life
"Le réalisme est la bonne conscience des salauds"
George Bernanos.
"Le réalisme est la bonne conscience des salauds"
George Bernanos.
Re: Elle aime aussi sa blanche peau, Elle est facho.
Bon maintenant......récite !Peps a écrit :J'ai tout lu.
Re: Elle aime aussi sa blanche peau, Elle est facho.
A mon avis, Tha_moumou serait peut être bien prof d' Histoire
Ah l'Histoire, je ne suis pas une pointure mais j'ai lu quelques trucs ( comme la chute de Constantinople de Runciman que je viens de finir) et je me pose pas mal de questions sur cette époque en particulier dans les Balkans. Je sais ça nous éloigne du topic mais dès que j'entends quelqu'un qui est balèze en Histoire, je ne peux m'empêcher de lui demander son avis sur ce qu'il pense de la vie du prince Vlad 3 de Valachie dont Stoker s'est inspiré pour son roman "Dracula". Les rares écrits de l'époque concernant ce bon vieux Vlad (l'imprimerie en était si je ne m'abuse à ses balbutiements avec Gutenberg) sont des pamphlets germaniques ou russes ou bien quelques récits consignés par les historiens turcs contemporains de Mehmet 2 le conquérant, brefs ses ennemis. Une totale objectivité n'est donc pas à espérer là dedans.
On l'y décrit comme un tyran sanguinaire, un "serial" empaleur, un ennemi implacable et incontrôlable.
Par contre, dans les petits villages près de Poeanari ou d'Arefu en Roumanie, on parle encore de lui aujourd'hui comme d'un homme juste et protecteur des petites gens de son peuple. Des portraits de lui sont encore affichés dans certaines écoles.
Qui était réellement cet homme? Un soldat du christ prêt à tout pour repousser l'invasion turque, un prince orthodoxe renié par les siens pour avoir épousé une catholique hongroise, un fou sanguinaire incontrôlable,un danger pour le commerce des Saxons, une menace pour l'église catholique parce que tout en étant considéré comme le champion du Christ pour ses exploits militaires il n'hésitait pas à fustiger le pape pour son inaction à Constantinople en 1453...ou bien un noble proche du peuple qui a tout tenté pour maintenir le bien être des siens envers et contre tous les pouvoirs influents de l'époque?
Si quelqu'un a un avis ou des sources là dessus, ça m'intéresse.
Encore désolé pour l'éloignement du thème du topic.
Ah l'Histoire, je ne suis pas une pointure mais j'ai lu quelques trucs ( comme la chute de Constantinople de Runciman que je viens de finir) et je me pose pas mal de questions sur cette époque en particulier dans les Balkans. Je sais ça nous éloigne du topic mais dès que j'entends quelqu'un qui est balèze en Histoire, je ne peux m'empêcher de lui demander son avis sur ce qu'il pense de la vie du prince Vlad 3 de Valachie dont Stoker s'est inspiré pour son roman "Dracula". Les rares écrits de l'époque concernant ce bon vieux Vlad (l'imprimerie en était si je ne m'abuse à ses balbutiements avec Gutenberg) sont des pamphlets germaniques ou russes ou bien quelques récits consignés par les historiens turcs contemporains de Mehmet 2 le conquérant, brefs ses ennemis. Une totale objectivité n'est donc pas à espérer là dedans.
On l'y décrit comme un tyran sanguinaire, un "serial" empaleur, un ennemi implacable et incontrôlable.
Par contre, dans les petits villages près de Poeanari ou d'Arefu en Roumanie, on parle encore de lui aujourd'hui comme d'un homme juste et protecteur des petites gens de son peuple. Des portraits de lui sont encore affichés dans certaines écoles.
Qui était réellement cet homme? Un soldat du christ prêt à tout pour repousser l'invasion turque, un prince orthodoxe renié par les siens pour avoir épousé une catholique hongroise, un fou sanguinaire incontrôlable,un danger pour le commerce des Saxons, une menace pour l'église catholique parce que tout en étant considéré comme le champion du Christ pour ses exploits militaires il n'hésitait pas à fustiger le pape pour son inaction à Constantinople en 1453...ou bien un noble proche du peuple qui a tout tenté pour maintenir le bien être des siens envers et contre tous les pouvoirs influents de l'époque?
Si quelqu'un a un avis ou des sources là dessus, ça m'intéresse.
Encore désolé pour l'éloignement du thème du topic.
Re: Elle aime aussi sa blanche peau, Elle est facho.
Ben en fait, la légende dit qu'il serait né à Sighi?oara, ville médiévale de Transylvanie en 1431, où l'on montre sa maison natale. Toutefois les historiens roumains n'ont pas de certitudes à ce sujet : la plupart soulignent que les voïvodes valaques naissaient et grandissaient en général à Târgovi?te, capitale et cour princière de Valachie. Le seul bâtiment historique que l'on peut rapporter avec certitude au règne de Vlad, c'est la tour de Chindia à Târgovi?te. Selon l'historien Lucian Boia, l'une des plus anciennes citadelles de Bucarest fut érigée par Vlad l'empaleur. Elle est une des traces matérielles accréditant la présence de l'actuelle capitale de Roumanie à cette époque. La seule partie de sa jeunesse qui est corroborée par des textes sont les premières années passées à la cour de son père, Vlad II le Dragon (Vlad Dracul).
En 1442, il est envoyé comme otage au sultan Murad II, avec son jeune frère Radu III l'Élégant (Radu cel Frumos) ; il est retenu en Turquie jusqu'en 1448, et son frère jusqu'en 1462. Cette période de captivité turque a joué un rôle important dans la montée au pouvoir de Vlad. Probablement a-t-il adopté durant cette période son attitude intransigeante face à la vie. De plus, en sa qualité d'otage des Ottomans, Vlad Tepes Draculea aurait eu certains privilèges tel que celui de pouvoir étudier à Edirne (car Constantinople, Istanbul de nos jours, ne fut prise par les Turcs qu'en 1453). Le supplice du pal était inconnu à cette époque dans toute l'Europe, il était l'apanage des Turcs : on peut raisonnablement penser que Draculea a découvert ce supplice durant son séjour à Edirne et l'a ramené chez lui.
La lutte pour le trône[modifier]
Dans cette première moitié du XVe siècle, le trône de Valachie est disputé par les familles cousines, des Basarab-D?nescu et des Basarab-Dr?culescu. Les D?nescu appellent les Hongrois pour les aider, sous prétexte de combattre les Ottomans, alors que les Dr?culea négocient avec eux.
En 1447, le père de Vlad, Vlad II le Dragon (Vlad Dracul), conclut une paix avec les Ottomans. En novembre 1447, Iancu de Hunedoara (János Hunyadi en hongrois, Jean Hunyade en français), voïvode de Transylvanie et gouverneur de Hongrie depuis 1446, qui était en guerre contre les Turcs, entreprend une expédition punitive en Valachie en partant de Bra?ov. Vlad II est capturé et tué à B?lteni, avec son premier fils Mircea II le Jeune (Mircea cel Tân?r). Hunyadi se proclame lui-même le 4 décembre 1447 « voïvode des régions transalpines » à Târgovi?te. Ce titre lui permet d'installer un D?ne?ti, le fils de Dan II, Vladislav II, sur le trône de Valachie.
En 1448, Vlad III l'Empaleur rentre d'Andrinople, soutenu par une cavalerie turque et un contingent de troupes prêtées par le pacha Mustafa Hassan, et profite de l'absence de Vladislav, éloigné de Târgovi?te par les combats de la deuxième bataille de Kosovo, pour monter sur le trône. Mais Vladislav le chasse lorsqu'il revient, deux mois plus tard (octobre-novembre 1448), et Vlad doit s'exiler en Moldavie où règne Bogdan II Mu?at. Il se lie d'amitié avec le futur Étienne III le Grand (?tefan cel Mare).
Plus tard, Jean Hunyadi, qui part défendre Belgrade, lui confie une armée pour défendre le sud de la Transylvanie. Vlad ?epe? en profite, avec l'aide de boyards de Munténie, pour reprendre le trône de Valachie en écrasant et tuant Vladislav II en août 1456. Vlad commence sa plus longue période de règne (six ans), pendant laquelle il sait qu'il ne peut garder sa place qu'en la défendant chèrement contre tous ceux qui la convoitent. Afin de consolider son pouvoir, il s'efforce de centraliser l'autorité, de la même façon que Matthias Corvin en Hongrie, ou Louis XI en France, éliminant sans pitié tout ceux qui pouvaient la déstabiliser. Il établit un régime de terreur dans l'aristocratie, de telle façon que tous le redoutent et le craignent.
Inflexible et droit[modifier]
Vlad s'appuie sur le petit peuple, les paysans et artisans. Il est inflexible lorsqu'il s'agit d'honnêteté et d'ordre. La plus petite infraction, du mensonge jusqu'au crime, pouvait être punie de mort (la légende dit « du pal », mais toutes les forêts du pays n'y auraient pas suffi). En fait, Vlad cherche à combattre la corruption et l'intrigue par la terreur. Sûr de l'efficacité de son système, Vlad place un jour une coupe en or en plein milieu de la place centrale de Târgovi?te. Les voyageurs assoiffés auront le droit de se servir de la coupe, mais elle doit rester en place. Selon les sources historiques, celle-ci ne fut jamais dérobée, et resta à sa place tout le temps du règne de Vlad.
Représentation tiré des chroniques de Brodoc montrant Vlad ?epe? dînant devant des exécutions par empalement.Il dirige aussi sa vengeance contre les boyards responsables de la mort de son père et de son frère Mircea. Le dimanche de Pâques 1459, il arrête toutes les familles de boyards qui faisaient la fête à la cour princière. Après avoir mis au pal les plus vieux, il oblige le reste à marcher une centaine de kilomètres, sur une route difficile. Il ne permet pas aux survivants de se reposer à leur arrivée, il leur ordonne immédiatement de construire une forteresse sur les ruines d'un ancien avant-poste, avec vue sur la rivière. Beaucoup meurent. Vlad crée une nouvelle noblesse d'armes parmi ses paysans, et réussit à se faire construire rapidement une forteresse avec l'ancienne. La légende dit que ce serait le château de Bran, mais celui-ci ne se situe pas en Valachie, mais en Transylvanie, et si ses fondations sont bien antérieures au règne de Vlad (elles datent de l'Ordre Teutonique, cantonné là entre 1211 et 1242), les murailles actuelles sont postérieures, datant des Habsbourg. La véritable forteresse de Vlad est identifiée aujourd'hui aux ruines de la citadelle de Poenari sur l'Arge?.
En 1457, les marchands saxons de Transylvanie de Sibiu et de Bra?ov essaient de le remplacer par un « prêtre des Roumains », identifié comme étant le futur souverain Vlad IV C?lug?rul, qui leur promet des avantages douaniers. Les commerçants de Bra?ov choisissent un autre prétendant, Dan III Danicul, le frère de Vladislav II. Vlad franchit alors les Carpates et court de village en village punir les rebelles, jusqu'au moment où Matthias Corvin, fils de Jean Hunyadi, devenu roi de Hongrie, intervient en négociant un accord, ce qui montre les limites de l'indépendance du pouvoir de Vlad ?epe?, même sur ses terres, en face du pouvoir hongrois. Dan III, soutenu par Matthias, passe les Carpates depuis Bra?ov vers la Valachie, où il est pris et exécuté par Vlad le 22 avril 1460. Les représailles envers les marchands saxons de Transylvanie établis en Valachie sont alors terribles, et Vlad acquiert alors sa réputation de monstre auprès des Occidentaux.
Contre les Turcs[modifier]
Début 1462, Vlad se sent plus fort, et la participation que lui promet Matthias en personne dans une expédition contre les Turcs l'enhardit jusqu'à briser son allégeance envers les Ottomans. Il lance alors une campagne contre les Turcs sur le Danube, tuant plus de 30 000 hommes. Vlad provoque la colère du sultan Mehmed II, fils de Murad, lorsqu'il refuse d'accéder à la demande des émissaires turcs pour le paiement du tribut au sultan. Lorsque les émissaires du souverain ottoman refusent d'ôter leur turban en face de lui, il les fait clouer sur leur crâne. Quand le sultan apprend l'exécution de ses émissaires, il décide de punir Vlad en envahissant la Valachie, qu'il souhaite également transformer en province turque. Il procède à l'invasion avec une armée trois fois plus importante que celle de Vlad. Sans alliés, celui-ci doit se résoudre à se retirer à Târgovi?te, à brûler ses propres villages, et à empoisonner les sources sur sa route, de façon à ne plus rien laisser à boire et à manger à l'armée turque.
Lorsque le sultan arrive à Târgovi?te, il est confronté à une vision d'épouvante : sur des centaines de pals, les corps de nombreux prisonniers turcs sont dressés, une scène terrifiante qui fut surnommée « la Forêt des Pals ». Mehmed II préfère laisser sa place au combat à Radu III l'Élégant (Radu cel Frumos), le plus jeune frère de Vlad, candidat des Turcs pour le trône de Valachie. À la tête de l'armée turque et d'hommes qu'il convainc de rejoindre son camp plutôt que d'obéir à Vlad, Radu III poursuit son frère jusqu'au château Poenari. D'après la légende, la femme de Vlad, qui voulut s'échapper d'un cachot turc, se donna la mort en se jetant du haut de la falaise que la forteresse surplombe (une scène exploitée par Francis Ford Coppola dans son film Dracula). Vlad, qui n'est pas le genre d'homme à se suicider, réussit à s'échapper du siège de Poenari en empruntant un passage secret à travers la montagne. Radu le Beau monte sur le trône de Valachie le 15 août 1462.
Prisonnier en Hongrie[modifier]
Vlad revient en Transylvanie pour rencontrer Matthias qui, pense-t-il, arrive à Bra?ov pour se porter à son secours. Mais les autorités locales de Brasov ont déjà changé d'avis en reconnaissant Radu comme souverain depuis deux mois, et Matthias, constatant la situation et « aidé » dans sa décision par les commerçants saxons, fait arrêter Vlad par un chef hussite connu, Jan Jiskra, en novembre 1462. Vlad est maintenu prisonnier à Buda pendant douze ans ; une fois libéré, il retourne à Bucarest.
À l'époque, Bucarest n'était qu'une petite bourgade parmi tant d'autres et selon de nombreuses sources, c'est l'implantation du troisième règne de Vlad qui aurait fait fructifier la ville. Selon ces mêmes sources, le prince de Valachie aurait lui-même fait de Bucarest la capitale de son territoire. Pour résumer, on peut dire que si Bucarest est aujourd'hui la capitale de la Roumanie, c'est grâce à Dracula.[réf. nécessaire]
La fin tragique[modifier]
En 1476, Vlad est reconnu à nouveau comme prince de Valachie, mais il ne se réjouit que peu de temps de son troisième règne. Il meurt au combat à la fin du mois de décembre 1476 à Bucarest[1]. Le corps de Vlad ?epe? est décapité et sa tête envoyée au sultan, qui la pique sur un pieu comme preuve de sa mort. Vlad ?epe? est enterré au monastère de Snagov, sur une île proche de la capitale roumaine. Selon l'historien réputé Constantin Rezachevici, ce tombeau pourrait être situé sur la localité du monastère de Comana[2].
Des études récentes ont montré que le « tombeau » de Vlad ?epe? au monastère de Snagov ne contient que quelques ossements de chevaux, datés du Néolithique, et ne correspondent pas aux vrais restes du prince valaque.
D'après le livre de Radu Florescu et Raymond McNally À la Recherche de Dracula, il y a deux tombes à Snagov. la première à l'entrée de la chapelle et la seconde au pied de l'autel. On s'accorde généralement à dire que c'est la seconde qui était censée contenir le corps (décapité) de Vlad. En 1932, une mission archéologique roumaine ouvrit cette tombe et n'y trouva que quelques ossements mâchonnés. L'autre tombe fut également ouverte. L'équipe d'archéologues y découvrit un squelette d'homme en très mauvais état, privé de sa tête, une épée, une médaille de l'Ordre du Dragon, une couronne, les restes d'une cape violette et une bague de femme, cousue à l'intérieur de ce qui fut autrefois la manche d'une vêtement (tradition d'amour courtois très répandue en Europe à la fin du Moyen Âge et que Vlad put apprendre lors de ses séjours avec son père à la cour de l'empereur Sigismond à Nuremberg).
Trouver un corps dans cette tombe n'est finalement pas très étonnant : Vlad avait abjuré sa foi orthodoxe et s'était converti au catholicisme pour pouvoir remonter sur le trône et être soutenu par Matthias. Il était donc considéré comme un hérétique par les moines orthodoxes, qui auraient mis son corps en terre. Un hérétique, mais de sang royal : on lui accorda donc de reposer dans la chapelle, certainement grâce à l'influence des frères Bobrin, ses gardes du corps[réf. nécessaire], mais à l'entrée. Ainsi, les fidèles et les moines marchaient sur sa tombe chaque jour en signe de mépris.
Avec l'avènement de la génétique, on s'intéressa de nouveau au corps trouvé dans la chapelle en 1932 pour tenter de l'authentifier en comparant son ADN à celui des descendants de Vlad III encore en vie. La nouvelle se répandit alors que le corps ainsi que tous les objets découverts avec lui avaient mystérieusement disparu des réserves du Musée d'Histoire et d'Archéologie de Bucarest, peut-être ont-ils été volés. Ils restent à ce jour introuvables.
Son vrai nom[modifier]
Vlad est issu de la dynastie princière des Basarab, à l'origine du toponyme Bessarabie (qui désigna initialement la Valachie avant de désigner une partie de la Moldavie). Le premier représentant marquant est Basarab le Grand qui délivra le pays de la vassalité hongroise. Selon les historiens Mihnea Berindei et Matei Cazacu, ce nom pourrait être turc (signifiant "père sévère"). Selon l'historien Pierre N?sturel, ce Besserem-Bem des chroniques turques pourrait être une déformation de Bessarion-Ban ("Ban" étant un titre hongrois de vassalité équivalent à "marche" et ayant donné le nom du Banat).
Vlad Basarab a eu de nombreux surnoms: ?epe? (« l'Empaleur » en roumain), Dr?culea (« Dragonneau » en roumain, d'où Dracula - son père Vlad II le Dragon ayant été membre de l'Ordre du Dragon), mais aussi Kalles, Ibnes, en turc Suzgeç ou Kaziglu Bey, en allemand Gotveren...
Sa vie et ses actions s'inscrivent dans le contexte extrêmement mouvementé du milieu du XVe siècle pour l'Europe de l'Est. Le Saint-Empire romain germanique et les pays chrétiens d'Europe de l'Ouest, en particulier les royaumes d'Autriche, de Hongrie et de Pologne sont sérieusement menacés par la poussée de l'Empire ottoman, qui vient de faire tomber définitivement l'Empire byzantin avec la chute de Constantinople le 29 mai 1453. Les régions qui se situent entre les deux empires constituent le dernier rempart de la Chrétienté (catholique et orthodoxe) contre les musulmans, et sont le théâtre de batailles acharnées. Les sultans consolident leur contrôle sur Constantinople, et assiègent les Balkans, jusqu'à se rendre maîtres de la plus grande partie de cette région, futurs États modernes comme la Serbie, la Hongrie, la Roumanie, la Bulgarie, l'Arménie, et la Grèce, pour être finalement arrêtés aux portes de Vienne (Autriche).
Vlad ?epe? connaît déjà une célébrité importante de son vivant, répandue surtout par les marchands saxons de Transylvanie, et par Mathias Ier Corvin le Juste (Matthias Corvin), le roi de Hongrie. Il est en effet connu comme étant un souverain cruel qui empale ses ennemis. Il aurait empalé dit-on des centaines de milliers d'hommes, et en particulier, les négociants allemands de Transylvanie, membres de la vieille noblesse, les paysans qui se dressaient contre lui, ainsi que les prisonniers turcs. En étant plus cruel encore que ses ennemis, il permit ainsi d'insinuer le doute parmi les Turco-ottomans quant à leur supériorité guerrière dans la guerre qu'ils livraient aux Chrétiens des Balkans.
Cette popularité s'est vraiment propagée avec la diffusion du personnage de Dracula, inventé par Bram Stoker pour son roman en 1897. Ce roman ne se fonde pourtant pas directement sur le règne cruel de Vlad ?epe?. C'est une fiction censée se dérouler en Transylvanie et au Royaume-Uni au XIXe siècle. Néanmoins, en raison de son règne sanglant, Vlad ?epe? Dracula a été immortalisé par Stoker sous la forme d'un vampire buvant le sang de ses victimes. L'image de la Transylvanie, par le biais de Vlad ?epe?, est maintenant associée pour longtemps au comte vampire Dracula, dont le nom est celui du Diable.
Origines de la légende[modifier]
Sa vie est connue grâce aux sources écrites qui relatent les faits et gestes de Vlad III, prince de Valachie au milieu du XVe siècle :
Selon certaines de ces sources, Vlad ?epe? était un monstre, un modèle de cruauté. Il était aussi une brute qui aimait répandre le sang, le feu, la mort partout (on prétendait même qu'il buvait le sang de ses victimes, qu'il « sauçait » son pain avec !), qui tuait tous ceux qui se mettaient en travers de sa route, en leur réservant des morts atroces, dont celle du pal, sur lequel la victime pourrit pendant des jours à la vue de tous. Ses victimes se comptèrent en milliers, en dizaines ou en centaines de milliers selon ces sources.
Cette thèse d'essence occidentale, trouve son origine dans la haine et le ressentiment de ses adversaires, les marchands saxons et les boyards de Valachie, qui ont toujours lutté pour conserver leurs privilèges dans ces régions. La diffusion d'écrits favorables à cette version en Europe a été fortement encouragée par Mathias Corvin, roi de Hongrie, qui cherchait à justifier son changement d'attitude : après avoir soutenu Vlad dans toutes ses actions contre les Turcs, il soutint son frère Radu III l'Élégant (Radu cel Frumos), qui était le candidat des Ottomans et chef des armées ottomanes, alors que Vlad était vaincu et lui demandait de l'aide, seul à Bra?ov. Il valait mieux faire passer Vlad pour un monstre incontrôlable.
Au début du XIXe siècle, cette thèse a été relancée par la publication en allemand des Histoires de la Moldavie et de la Valachie de Johann Christian Engel, qui présente Vlad ?epe? comme un tyran sanguinaire.
Mais selon les chroniqueurs orientaux,
« Vlad ?epe? était un chef qui utilisait la terreur pour se faire respecter de ses ennemis, un adversaire redoutable et respectable. On peut citer A. Bonfini ou L. Chalcocondil, ainsi que l'auteur anonyme des Histoires slavonnes, qui ont de l'admiration pour ce voïvode autoritaire mais juste, qui a utilisé toutes les méthodes pour consolider un pouvoir central, et pour faire régner l'ordre sur ses territoires. »
Libelle de 1462 représentant Vlad ?epe?En réalité, telle qu'elle est corroborée par les sources primaires, Vlad ?epe? a persécuté les boyards valaques au profit du « vil » peuple pour asseoir son pouvoir, et pour financer ses campagnes militaires il a augmenté les droits de douane des marchands saxons de Transylvanie en Valachie. Ce sont ceux-ci qui, au moyen de gravures sur bois et de libelles reproduits à des centaines d'exemplaires, l'ont pour la première fois représenté en vampire sanguinaire se repaissant de chair humaine et buvant du sang, attablé devant une forêt de pals. Selon leurs libelles, Vlad aurait systématiquement fait écorcher, bouillir, décapiter, aveugler, étrangler, pendre, brûler, frire, clouer, enterrer vivants, mutiler atrocement et bien sûr empaler tous ses contradicteurs.
Dans quelle mesure Vlad a-t-il vraiment usé de ces cruels procédés ? Rien ne corrobore qu'il les ait davantage pratiqués que ses contemporains, mais il l'a fait de manière à frapper les esprits, en osant martyriser non seulement des criminels ou des voleurs, mais aussi des aristocrates comploteurs ou des marchands étrangers jugés malhonnêtes en 1457, en 1459 et en 1460, et surtout, un ambassadeur turc, Hamza Pacha, et son chambellan Thomas Katavolinos, qui avaient tenté de s'emparer de lui par ruse en 1461. Cela conduisit à une nouvelle guerre contre l'Empire ottoman mais surtout, inspira à toutes les cours d'Europe un sentiment d'horreur à l'égard de Vlad.
Ce sont quelques-uns de ces libelles qui, parvenus à la Royal Library et au British Museum de Londres où il se trouvent toujours, ont pu tomber sous les yeux de l'écrivain Bram Stoker et lui ont fourni une partie des idées grâce auxquelles il forgea son personnage de Dracula.
Ascendants[modifier]
Son père est Vlad II le Dragon (Vlad Dracul), prince de Valachie de 1436 à 1442. Origine de la famille des Basarab-Dr?culescu ;
Son oncle est Alexandru Ier Aldea (Alexandru Aldea), prince de Valachie de 1431 à 1436 ;
Son grand-père est Mircea Ier l'Ancien (Mircea cel B?trâni), prince de Valachie de 1383 à 1418[3] ;
Le frère de son grand-père est Dan Ier de Valachie (Dan), prince de Valachie de 1383 à 1386, associé à son frère Mircea l'Ancien. Il est à l'origine de la famille des D?ne?ti, adversaire des Basarab ;
Son aïeul est Radu Ier de Valachie (Radu), prince de Valachie de 1377 à 1383 ;
Son bisaïeul est Nicolae Ier Alexandru de 1352 à 1364 ;
Son trisaïeul est Basarab Ier cel Mare, prince de Valachie de 1310 à 1352 ;
Le père de son trisaïeul est Tihomir, prince de Valachie de 1290 à 1310.
Descendants véritables et fantaisistes[modifier]
Il était marié légitimement à Ileana de Hunedoara-Nelipic, fille de Iancu de Hunedoara, voïvode de Transylvanie et sœur de Mathias Corvin, roi de Hongrie. Dans cette branche, tous ses descendants ont porté le nom de Basarab : son fils Vlad, ses petit-fils Vlad de Sinesti et Ion de Sinesti, son arrière petit fils Ioan de Band.
Sa descendance non légitime, issue de sa liaison avec la fille de l'arma? Mircea de Manesti, est plus visible :
son fils est Mihnea Ier cel R?u (Mihnéa « Le Mauvais »), prince de Valachie de 1508 à 1509, qui épouse Voica, fille de Vlad IV C?lug?rul, il meurt en 1510 ;
sa petite-fille est Ruxandra Basarab, qui épouse Bogdan cel Orb, prince de Moldavie de 1504 à 1517 ;
son arrière-petit-fils est Petru ?chiopul, prince de Moldavie de 1574 à 1577 ;
son arrière-arrière-petit-fils est Mihnea II Turcitul, prince de Valachie de 1577 à 1591 ;
son arrière-arrière-arrière-petit-fils est Radu IX Mihnea, prince de Valachie de 1611 à 1626 ;
son arrière-arrière-arrière-arrière-petit-fils est Alexandru III Coconul, prince de Valachie de 1623 à 1627, prince de Moldavie de 1629 à 1630.
Vlad ?epe? a eu trois femmes reconnues, Justina Szilagyi (mère de Mihnéa Ier), Cneajna Bathory de Transylvanie (ce qui permet aux exégètes de supputer des parentés avec la terrible Erzsébet Báthory) et Ileana de Hunedoara-Nelipic.
Mihnéa (« Le Mauvais ») eut avec Voica, une fille, Ruxandra Basarab, et avec Smaranda Szapolya, un fils : Mircea IV Milo?. Ce fils eut deux fils: Milo? Vod? (mort en 1577) et Petru ?chiopul (Le Boiteux) (mort en 1594).
Pierre V ?chiopul eut trois femmes reconnues (?) : Maria Gronitz, avec qui il eut un fils Mircéa V, Irène « la Gitane » et Maria Aroisali. Sa fille Maria Basarab, épousa Peter Bornemisza de Kapolna. Ils eurent à leur tour une fille, Zsuzsanna Bornemisza de Kapolna qui, avec son mari Gaspar Kendeffy de Malomviz (ou Malmoliz), ont été des ascendants direct de la famille royale de Windsor [4].
De nombreuses familles françaises revendiquent aujourd'hui une ascendance remontant à Vlad ?epe?, dont :
la princesse Caradja, d'origine grecque, qui vivait à Paris (et qui a vendu ses "droits au nom de Dracula" à un brocanteur berlinois qui a ouvert un "Dracula-Land" en Allemagne) ;
la famille française Bellery, dont le dernier descendant actuel est Gwénaël Bellery, qui use du titre de "Comte de Transylvanie" (ce que Vlad ?epe? n'a jamais été, et qui d'ailleurs n'existe pas : il y avait un voïvode de Transylvanie, titre ultérieurement transformé en "Grand-duc", et une multitude de comtes (magyars et non roumains) nommés d'après leurs domaines locaux (et non "de Transylvanie", la Transylvanie n'étant pas un comté) ;
la famille Czorna-Koudinoff qui en raison de son patronyme "Czorna" ou "Cherna" (russe/polonais) signifiant "noir" ou "sombre", sont descendants de Radu Negru ("le noir" en roumain, 9e Voïvode de Valachie) : ses représentants actuels sont Nadège et Mishka-Olivier Ortega-Koudinoff; en fait cette famille de Cosaques du Don fournissait des chevaux à l'armée russe pendant la periode imperiale dans la petite ville de Vioshanskaya.
La légende contemporaine : Dracula[modifier]
Pour consulter un article plus général, voir : Dracula.On ne sait pas exactement pourquoi Bram Stoker a pris comme modèle pour son personnage de fiction le prince de Valachie du XVe siècle. Quelques-uns ont proposé l'idée que Stoker aurait rencontré un professeur hongrois de l'Université de Budapest, Arminius Vambery (Hermann Vamberger), et il est possible qu'il ait pu avoir des informations sur Vlad ?epe?. En outre, le fait que le Dr Abraham Van Helsing mentionne son ami Arminius dans le roman de 1897 comme source de ses connaissances sur Vlad ?epe? semble être en faveur de cette hypothèse. De même, le seul lien réel entre le Vlad ?epe? historique (1431-1476) et le mythe littéraire moderne du vampire est le livre de Stoker ; Bram Stoker s'est servi des sources populaires, de détails historiques et de quelques expériences de sa vie personnelle pour donner la vie à une créature complexe. D'autre part, les adversaires politiques principaux de Vlad - les Saxons de Transylvanie - se sont servi du sens de diable du mot roumain drac pour jeter le discrédit sur la réputation du prince. En effet, ils auraient pu associer les deux sens du mot roumain, dragon et diable pour expliquer une relation plus étroite entre Vlad ?epe? et les vampires.
En 1442, il est envoyé comme otage au sultan Murad II, avec son jeune frère Radu III l'Élégant (Radu cel Frumos) ; il est retenu en Turquie jusqu'en 1448, et son frère jusqu'en 1462. Cette période de captivité turque a joué un rôle important dans la montée au pouvoir de Vlad. Probablement a-t-il adopté durant cette période son attitude intransigeante face à la vie. De plus, en sa qualité d'otage des Ottomans, Vlad Tepes Draculea aurait eu certains privilèges tel que celui de pouvoir étudier à Edirne (car Constantinople, Istanbul de nos jours, ne fut prise par les Turcs qu'en 1453). Le supplice du pal était inconnu à cette époque dans toute l'Europe, il était l'apanage des Turcs : on peut raisonnablement penser que Draculea a découvert ce supplice durant son séjour à Edirne et l'a ramené chez lui.
La lutte pour le trône[modifier]
Dans cette première moitié du XVe siècle, le trône de Valachie est disputé par les familles cousines, des Basarab-D?nescu et des Basarab-Dr?culescu. Les D?nescu appellent les Hongrois pour les aider, sous prétexte de combattre les Ottomans, alors que les Dr?culea négocient avec eux.
En 1447, le père de Vlad, Vlad II le Dragon (Vlad Dracul), conclut une paix avec les Ottomans. En novembre 1447, Iancu de Hunedoara (János Hunyadi en hongrois, Jean Hunyade en français), voïvode de Transylvanie et gouverneur de Hongrie depuis 1446, qui était en guerre contre les Turcs, entreprend une expédition punitive en Valachie en partant de Bra?ov. Vlad II est capturé et tué à B?lteni, avec son premier fils Mircea II le Jeune (Mircea cel Tân?r). Hunyadi se proclame lui-même le 4 décembre 1447 « voïvode des régions transalpines » à Târgovi?te. Ce titre lui permet d'installer un D?ne?ti, le fils de Dan II, Vladislav II, sur le trône de Valachie.
En 1448, Vlad III l'Empaleur rentre d'Andrinople, soutenu par une cavalerie turque et un contingent de troupes prêtées par le pacha Mustafa Hassan, et profite de l'absence de Vladislav, éloigné de Târgovi?te par les combats de la deuxième bataille de Kosovo, pour monter sur le trône. Mais Vladislav le chasse lorsqu'il revient, deux mois plus tard (octobre-novembre 1448), et Vlad doit s'exiler en Moldavie où règne Bogdan II Mu?at. Il se lie d'amitié avec le futur Étienne III le Grand (?tefan cel Mare).
Plus tard, Jean Hunyadi, qui part défendre Belgrade, lui confie une armée pour défendre le sud de la Transylvanie. Vlad ?epe? en profite, avec l'aide de boyards de Munténie, pour reprendre le trône de Valachie en écrasant et tuant Vladislav II en août 1456. Vlad commence sa plus longue période de règne (six ans), pendant laquelle il sait qu'il ne peut garder sa place qu'en la défendant chèrement contre tous ceux qui la convoitent. Afin de consolider son pouvoir, il s'efforce de centraliser l'autorité, de la même façon que Matthias Corvin en Hongrie, ou Louis XI en France, éliminant sans pitié tout ceux qui pouvaient la déstabiliser. Il établit un régime de terreur dans l'aristocratie, de telle façon que tous le redoutent et le craignent.
Inflexible et droit[modifier]
Vlad s'appuie sur le petit peuple, les paysans et artisans. Il est inflexible lorsqu'il s'agit d'honnêteté et d'ordre. La plus petite infraction, du mensonge jusqu'au crime, pouvait être punie de mort (la légende dit « du pal », mais toutes les forêts du pays n'y auraient pas suffi). En fait, Vlad cherche à combattre la corruption et l'intrigue par la terreur. Sûr de l'efficacité de son système, Vlad place un jour une coupe en or en plein milieu de la place centrale de Târgovi?te. Les voyageurs assoiffés auront le droit de se servir de la coupe, mais elle doit rester en place. Selon les sources historiques, celle-ci ne fut jamais dérobée, et resta à sa place tout le temps du règne de Vlad.
Représentation tiré des chroniques de Brodoc montrant Vlad ?epe? dînant devant des exécutions par empalement.Il dirige aussi sa vengeance contre les boyards responsables de la mort de son père et de son frère Mircea. Le dimanche de Pâques 1459, il arrête toutes les familles de boyards qui faisaient la fête à la cour princière. Après avoir mis au pal les plus vieux, il oblige le reste à marcher une centaine de kilomètres, sur une route difficile. Il ne permet pas aux survivants de se reposer à leur arrivée, il leur ordonne immédiatement de construire une forteresse sur les ruines d'un ancien avant-poste, avec vue sur la rivière. Beaucoup meurent. Vlad crée une nouvelle noblesse d'armes parmi ses paysans, et réussit à se faire construire rapidement une forteresse avec l'ancienne. La légende dit que ce serait le château de Bran, mais celui-ci ne se situe pas en Valachie, mais en Transylvanie, et si ses fondations sont bien antérieures au règne de Vlad (elles datent de l'Ordre Teutonique, cantonné là entre 1211 et 1242), les murailles actuelles sont postérieures, datant des Habsbourg. La véritable forteresse de Vlad est identifiée aujourd'hui aux ruines de la citadelle de Poenari sur l'Arge?.
En 1457, les marchands saxons de Transylvanie de Sibiu et de Bra?ov essaient de le remplacer par un « prêtre des Roumains », identifié comme étant le futur souverain Vlad IV C?lug?rul, qui leur promet des avantages douaniers. Les commerçants de Bra?ov choisissent un autre prétendant, Dan III Danicul, le frère de Vladislav II. Vlad franchit alors les Carpates et court de village en village punir les rebelles, jusqu'au moment où Matthias Corvin, fils de Jean Hunyadi, devenu roi de Hongrie, intervient en négociant un accord, ce qui montre les limites de l'indépendance du pouvoir de Vlad ?epe?, même sur ses terres, en face du pouvoir hongrois. Dan III, soutenu par Matthias, passe les Carpates depuis Bra?ov vers la Valachie, où il est pris et exécuté par Vlad le 22 avril 1460. Les représailles envers les marchands saxons de Transylvanie établis en Valachie sont alors terribles, et Vlad acquiert alors sa réputation de monstre auprès des Occidentaux.
Contre les Turcs[modifier]
Début 1462, Vlad se sent plus fort, et la participation que lui promet Matthias en personne dans une expédition contre les Turcs l'enhardit jusqu'à briser son allégeance envers les Ottomans. Il lance alors une campagne contre les Turcs sur le Danube, tuant plus de 30 000 hommes. Vlad provoque la colère du sultan Mehmed II, fils de Murad, lorsqu'il refuse d'accéder à la demande des émissaires turcs pour le paiement du tribut au sultan. Lorsque les émissaires du souverain ottoman refusent d'ôter leur turban en face de lui, il les fait clouer sur leur crâne. Quand le sultan apprend l'exécution de ses émissaires, il décide de punir Vlad en envahissant la Valachie, qu'il souhaite également transformer en province turque. Il procède à l'invasion avec une armée trois fois plus importante que celle de Vlad. Sans alliés, celui-ci doit se résoudre à se retirer à Târgovi?te, à brûler ses propres villages, et à empoisonner les sources sur sa route, de façon à ne plus rien laisser à boire et à manger à l'armée turque.
Lorsque le sultan arrive à Târgovi?te, il est confronté à une vision d'épouvante : sur des centaines de pals, les corps de nombreux prisonniers turcs sont dressés, une scène terrifiante qui fut surnommée « la Forêt des Pals ». Mehmed II préfère laisser sa place au combat à Radu III l'Élégant (Radu cel Frumos), le plus jeune frère de Vlad, candidat des Turcs pour le trône de Valachie. À la tête de l'armée turque et d'hommes qu'il convainc de rejoindre son camp plutôt que d'obéir à Vlad, Radu III poursuit son frère jusqu'au château Poenari. D'après la légende, la femme de Vlad, qui voulut s'échapper d'un cachot turc, se donna la mort en se jetant du haut de la falaise que la forteresse surplombe (une scène exploitée par Francis Ford Coppola dans son film Dracula). Vlad, qui n'est pas le genre d'homme à se suicider, réussit à s'échapper du siège de Poenari en empruntant un passage secret à travers la montagne. Radu le Beau monte sur le trône de Valachie le 15 août 1462.
Prisonnier en Hongrie[modifier]
Vlad revient en Transylvanie pour rencontrer Matthias qui, pense-t-il, arrive à Bra?ov pour se porter à son secours. Mais les autorités locales de Brasov ont déjà changé d'avis en reconnaissant Radu comme souverain depuis deux mois, et Matthias, constatant la situation et « aidé » dans sa décision par les commerçants saxons, fait arrêter Vlad par un chef hussite connu, Jan Jiskra, en novembre 1462. Vlad est maintenu prisonnier à Buda pendant douze ans ; une fois libéré, il retourne à Bucarest.
À l'époque, Bucarest n'était qu'une petite bourgade parmi tant d'autres et selon de nombreuses sources, c'est l'implantation du troisième règne de Vlad qui aurait fait fructifier la ville. Selon ces mêmes sources, le prince de Valachie aurait lui-même fait de Bucarest la capitale de son territoire. Pour résumer, on peut dire que si Bucarest est aujourd'hui la capitale de la Roumanie, c'est grâce à Dracula.[réf. nécessaire]
La fin tragique[modifier]
En 1476, Vlad est reconnu à nouveau comme prince de Valachie, mais il ne se réjouit que peu de temps de son troisième règne. Il meurt au combat à la fin du mois de décembre 1476 à Bucarest[1]. Le corps de Vlad ?epe? est décapité et sa tête envoyée au sultan, qui la pique sur un pieu comme preuve de sa mort. Vlad ?epe? est enterré au monastère de Snagov, sur une île proche de la capitale roumaine. Selon l'historien réputé Constantin Rezachevici, ce tombeau pourrait être situé sur la localité du monastère de Comana[2].
Des études récentes ont montré que le « tombeau » de Vlad ?epe? au monastère de Snagov ne contient que quelques ossements de chevaux, datés du Néolithique, et ne correspondent pas aux vrais restes du prince valaque.
D'après le livre de Radu Florescu et Raymond McNally À la Recherche de Dracula, il y a deux tombes à Snagov. la première à l'entrée de la chapelle et la seconde au pied de l'autel. On s'accorde généralement à dire que c'est la seconde qui était censée contenir le corps (décapité) de Vlad. En 1932, une mission archéologique roumaine ouvrit cette tombe et n'y trouva que quelques ossements mâchonnés. L'autre tombe fut également ouverte. L'équipe d'archéologues y découvrit un squelette d'homme en très mauvais état, privé de sa tête, une épée, une médaille de l'Ordre du Dragon, une couronne, les restes d'une cape violette et une bague de femme, cousue à l'intérieur de ce qui fut autrefois la manche d'une vêtement (tradition d'amour courtois très répandue en Europe à la fin du Moyen Âge et que Vlad put apprendre lors de ses séjours avec son père à la cour de l'empereur Sigismond à Nuremberg).
Trouver un corps dans cette tombe n'est finalement pas très étonnant : Vlad avait abjuré sa foi orthodoxe et s'était converti au catholicisme pour pouvoir remonter sur le trône et être soutenu par Matthias. Il était donc considéré comme un hérétique par les moines orthodoxes, qui auraient mis son corps en terre. Un hérétique, mais de sang royal : on lui accorda donc de reposer dans la chapelle, certainement grâce à l'influence des frères Bobrin, ses gardes du corps[réf. nécessaire], mais à l'entrée. Ainsi, les fidèles et les moines marchaient sur sa tombe chaque jour en signe de mépris.
Avec l'avènement de la génétique, on s'intéressa de nouveau au corps trouvé dans la chapelle en 1932 pour tenter de l'authentifier en comparant son ADN à celui des descendants de Vlad III encore en vie. La nouvelle se répandit alors que le corps ainsi que tous les objets découverts avec lui avaient mystérieusement disparu des réserves du Musée d'Histoire et d'Archéologie de Bucarest, peut-être ont-ils été volés. Ils restent à ce jour introuvables.
Son vrai nom[modifier]
Vlad est issu de la dynastie princière des Basarab, à l'origine du toponyme Bessarabie (qui désigna initialement la Valachie avant de désigner une partie de la Moldavie). Le premier représentant marquant est Basarab le Grand qui délivra le pays de la vassalité hongroise. Selon les historiens Mihnea Berindei et Matei Cazacu, ce nom pourrait être turc (signifiant "père sévère"). Selon l'historien Pierre N?sturel, ce Besserem-Bem des chroniques turques pourrait être une déformation de Bessarion-Ban ("Ban" étant un titre hongrois de vassalité équivalent à "marche" et ayant donné le nom du Banat).
Vlad Basarab a eu de nombreux surnoms: ?epe? (« l'Empaleur » en roumain), Dr?culea (« Dragonneau » en roumain, d'où Dracula - son père Vlad II le Dragon ayant été membre de l'Ordre du Dragon), mais aussi Kalles, Ibnes, en turc Suzgeç ou Kaziglu Bey, en allemand Gotveren...
Sa vie et ses actions s'inscrivent dans le contexte extrêmement mouvementé du milieu du XVe siècle pour l'Europe de l'Est. Le Saint-Empire romain germanique et les pays chrétiens d'Europe de l'Ouest, en particulier les royaumes d'Autriche, de Hongrie et de Pologne sont sérieusement menacés par la poussée de l'Empire ottoman, qui vient de faire tomber définitivement l'Empire byzantin avec la chute de Constantinople le 29 mai 1453. Les régions qui se situent entre les deux empires constituent le dernier rempart de la Chrétienté (catholique et orthodoxe) contre les musulmans, et sont le théâtre de batailles acharnées. Les sultans consolident leur contrôle sur Constantinople, et assiègent les Balkans, jusqu'à se rendre maîtres de la plus grande partie de cette région, futurs États modernes comme la Serbie, la Hongrie, la Roumanie, la Bulgarie, l'Arménie, et la Grèce, pour être finalement arrêtés aux portes de Vienne (Autriche).
Vlad ?epe? connaît déjà une célébrité importante de son vivant, répandue surtout par les marchands saxons de Transylvanie, et par Mathias Ier Corvin le Juste (Matthias Corvin), le roi de Hongrie. Il est en effet connu comme étant un souverain cruel qui empale ses ennemis. Il aurait empalé dit-on des centaines de milliers d'hommes, et en particulier, les négociants allemands de Transylvanie, membres de la vieille noblesse, les paysans qui se dressaient contre lui, ainsi que les prisonniers turcs. En étant plus cruel encore que ses ennemis, il permit ainsi d'insinuer le doute parmi les Turco-ottomans quant à leur supériorité guerrière dans la guerre qu'ils livraient aux Chrétiens des Balkans.
Cette popularité s'est vraiment propagée avec la diffusion du personnage de Dracula, inventé par Bram Stoker pour son roman en 1897. Ce roman ne se fonde pourtant pas directement sur le règne cruel de Vlad ?epe?. C'est une fiction censée se dérouler en Transylvanie et au Royaume-Uni au XIXe siècle. Néanmoins, en raison de son règne sanglant, Vlad ?epe? Dracula a été immortalisé par Stoker sous la forme d'un vampire buvant le sang de ses victimes. L'image de la Transylvanie, par le biais de Vlad ?epe?, est maintenant associée pour longtemps au comte vampire Dracula, dont le nom est celui du Diable.
Origines de la légende[modifier]
Sa vie est connue grâce aux sources écrites qui relatent les faits et gestes de Vlad III, prince de Valachie au milieu du XVe siècle :
Selon certaines de ces sources, Vlad ?epe? était un monstre, un modèle de cruauté. Il était aussi une brute qui aimait répandre le sang, le feu, la mort partout (on prétendait même qu'il buvait le sang de ses victimes, qu'il « sauçait » son pain avec !), qui tuait tous ceux qui se mettaient en travers de sa route, en leur réservant des morts atroces, dont celle du pal, sur lequel la victime pourrit pendant des jours à la vue de tous. Ses victimes se comptèrent en milliers, en dizaines ou en centaines de milliers selon ces sources.
Cette thèse d'essence occidentale, trouve son origine dans la haine et le ressentiment de ses adversaires, les marchands saxons et les boyards de Valachie, qui ont toujours lutté pour conserver leurs privilèges dans ces régions. La diffusion d'écrits favorables à cette version en Europe a été fortement encouragée par Mathias Corvin, roi de Hongrie, qui cherchait à justifier son changement d'attitude : après avoir soutenu Vlad dans toutes ses actions contre les Turcs, il soutint son frère Radu III l'Élégant (Radu cel Frumos), qui était le candidat des Ottomans et chef des armées ottomanes, alors que Vlad était vaincu et lui demandait de l'aide, seul à Bra?ov. Il valait mieux faire passer Vlad pour un monstre incontrôlable.
Au début du XIXe siècle, cette thèse a été relancée par la publication en allemand des Histoires de la Moldavie et de la Valachie de Johann Christian Engel, qui présente Vlad ?epe? comme un tyran sanguinaire.
Mais selon les chroniqueurs orientaux,
« Vlad ?epe? était un chef qui utilisait la terreur pour se faire respecter de ses ennemis, un adversaire redoutable et respectable. On peut citer A. Bonfini ou L. Chalcocondil, ainsi que l'auteur anonyme des Histoires slavonnes, qui ont de l'admiration pour ce voïvode autoritaire mais juste, qui a utilisé toutes les méthodes pour consolider un pouvoir central, et pour faire régner l'ordre sur ses territoires. »
Libelle de 1462 représentant Vlad ?epe?En réalité, telle qu'elle est corroborée par les sources primaires, Vlad ?epe? a persécuté les boyards valaques au profit du « vil » peuple pour asseoir son pouvoir, et pour financer ses campagnes militaires il a augmenté les droits de douane des marchands saxons de Transylvanie en Valachie. Ce sont ceux-ci qui, au moyen de gravures sur bois et de libelles reproduits à des centaines d'exemplaires, l'ont pour la première fois représenté en vampire sanguinaire se repaissant de chair humaine et buvant du sang, attablé devant une forêt de pals. Selon leurs libelles, Vlad aurait systématiquement fait écorcher, bouillir, décapiter, aveugler, étrangler, pendre, brûler, frire, clouer, enterrer vivants, mutiler atrocement et bien sûr empaler tous ses contradicteurs.
Dans quelle mesure Vlad a-t-il vraiment usé de ces cruels procédés ? Rien ne corrobore qu'il les ait davantage pratiqués que ses contemporains, mais il l'a fait de manière à frapper les esprits, en osant martyriser non seulement des criminels ou des voleurs, mais aussi des aristocrates comploteurs ou des marchands étrangers jugés malhonnêtes en 1457, en 1459 et en 1460, et surtout, un ambassadeur turc, Hamza Pacha, et son chambellan Thomas Katavolinos, qui avaient tenté de s'emparer de lui par ruse en 1461. Cela conduisit à une nouvelle guerre contre l'Empire ottoman mais surtout, inspira à toutes les cours d'Europe un sentiment d'horreur à l'égard de Vlad.
Ce sont quelques-uns de ces libelles qui, parvenus à la Royal Library et au British Museum de Londres où il se trouvent toujours, ont pu tomber sous les yeux de l'écrivain Bram Stoker et lui ont fourni une partie des idées grâce auxquelles il forgea son personnage de Dracula.
Ascendants[modifier]
Son père est Vlad II le Dragon (Vlad Dracul), prince de Valachie de 1436 à 1442. Origine de la famille des Basarab-Dr?culescu ;
Son oncle est Alexandru Ier Aldea (Alexandru Aldea), prince de Valachie de 1431 à 1436 ;
Son grand-père est Mircea Ier l'Ancien (Mircea cel B?trâni), prince de Valachie de 1383 à 1418[3] ;
Le frère de son grand-père est Dan Ier de Valachie (Dan), prince de Valachie de 1383 à 1386, associé à son frère Mircea l'Ancien. Il est à l'origine de la famille des D?ne?ti, adversaire des Basarab ;
Son aïeul est Radu Ier de Valachie (Radu), prince de Valachie de 1377 à 1383 ;
Son bisaïeul est Nicolae Ier Alexandru de 1352 à 1364 ;
Son trisaïeul est Basarab Ier cel Mare, prince de Valachie de 1310 à 1352 ;
Le père de son trisaïeul est Tihomir, prince de Valachie de 1290 à 1310.
Descendants véritables et fantaisistes[modifier]
Il était marié légitimement à Ileana de Hunedoara-Nelipic, fille de Iancu de Hunedoara, voïvode de Transylvanie et sœur de Mathias Corvin, roi de Hongrie. Dans cette branche, tous ses descendants ont porté le nom de Basarab : son fils Vlad, ses petit-fils Vlad de Sinesti et Ion de Sinesti, son arrière petit fils Ioan de Band.
Sa descendance non légitime, issue de sa liaison avec la fille de l'arma? Mircea de Manesti, est plus visible :
son fils est Mihnea Ier cel R?u (Mihnéa « Le Mauvais »), prince de Valachie de 1508 à 1509, qui épouse Voica, fille de Vlad IV C?lug?rul, il meurt en 1510 ;
sa petite-fille est Ruxandra Basarab, qui épouse Bogdan cel Orb, prince de Moldavie de 1504 à 1517 ;
son arrière-petit-fils est Petru ?chiopul, prince de Moldavie de 1574 à 1577 ;
son arrière-arrière-petit-fils est Mihnea II Turcitul, prince de Valachie de 1577 à 1591 ;
son arrière-arrière-arrière-petit-fils est Radu IX Mihnea, prince de Valachie de 1611 à 1626 ;
son arrière-arrière-arrière-arrière-petit-fils est Alexandru III Coconul, prince de Valachie de 1623 à 1627, prince de Moldavie de 1629 à 1630.
Vlad ?epe? a eu trois femmes reconnues, Justina Szilagyi (mère de Mihnéa Ier), Cneajna Bathory de Transylvanie (ce qui permet aux exégètes de supputer des parentés avec la terrible Erzsébet Báthory) et Ileana de Hunedoara-Nelipic.
Mihnéa (« Le Mauvais ») eut avec Voica, une fille, Ruxandra Basarab, et avec Smaranda Szapolya, un fils : Mircea IV Milo?. Ce fils eut deux fils: Milo? Vod? (mort en 1577) et Petru ?chiopul (Le Boiteux) (mort en 1594).
Pierre V ?chiopul eut trois femmes reconnues (?) : Maria Gronitz, avec qui il eut un fils Mircéa V, Irène « la Gitane » et Maria Aroisali. Sa fille Maria Basarab, épousa Peter Bornemisza de Kapolna. Ils eurent à leur tour une fille, Zsuzsanna Bornemisza de Kapolna qui, avec son mari Gaspar Kendeffy de Malomviz (ou Malmoliz), ont été des ascendants direct de la famille royale de Windsor [4].
De nombreuses familles françaises revendiquent aujourd'hui une ascendance remontant à Vlad ?epe?, dont :
la princesse Caradja, d'origine grecque, qui vivait à Paris (et qui a vendu ses "droits au nom de Dracula" à un brocanteur berlinois qui a ouvert un "Dracula-Land" en Allemagne) ;
la famille française Bellery, dont le dernier descendant actuel est Gwénaël Bellery, qui use du titre de "Comte de Transylvanie" (ce que Vlad ?epe? n'a jamais été, et qui d'ailleurs n'existe pas : il y avait un voïvode de Transylvanie, titre ultérieurement transformé en "Grand-duc", et une multitude de comtes (magyars et non roumains) nommés d'après leurs domaines locaux (et non "de Transylvanie", la Transylvanie n'étant pas un comté) ;
la famille Czorna-Koudinoff qui en raison de son patronyme "Czorna" ou "Cherna" (russe/polonais) signifiant "noir" ou "sombre", sont descendants de Radu Negru ("le noir" en roumain, 9e Voïvode de Valachie) : ses représentants actuels sont Nadège et Mishka-Olivier Ortega-Koudinoff; en fait cette famille de Cosaques du Don fournissait des chevaux à l'armée russe pendant la periode imperiale dans la petite ville de Vioshanskaya.
La légende contemporaine : Dracula[modifier]
Pour consulter un article plus général, voir : Dracula.On ne sait pas exactement pourquoi Bram Stoker a pris comme modèle pour son personnage de fiction le prince de Valachie du XVe siècle. Quelques-uns ont proposé l'idée que Stoker aurait rencontré un professeur hongrois de l'Université de Budapest, Arminius Vambery (Hermann Vamberger), et il est possible qu'il ait pu avoir des informations sur Vlad ?epe?. En outre, le fait que le Dr Abraham Van Helsing mentionne son ami Arminius dans le roman de 1897 comme source de ses connaissances sur Vlad ?epe? semble être en faveur de cette hypothèse. De même, le seul lien réel entre le Vlad ?epe? historique (1431-1476) et le mythe littéraire moderne du vampire est le livre de Stoker ; Bram Stoker s'est servi des sources populaires, de détails historiques et de quelques expériences de sa vie personnelle pour donner la vie à une créature complexe. D'autre part, les adversaires politiques principaux de Vlad - les Saxons de Transylvanie - se sont servi du sens de diable du mot roumain drac pour jeter le discrédit sur la réputation du prince. En effet, ils auraient pu associer les deux sens du mot roumain, dragon et diable pour expliquer une relation plus étroite entre Vlad ?epe? et les vampires.
Re: Elle aime aussi sa blanche peau, Elle est facho.
Au musée des Vampires, ils ont un fond documentaire sur le sujet me semble !vladtepes a écrit :A mon avis, Tha_moumou serait peut être bien prof d' Histoire![]()
Ah l'Histoire, je ne suis pas une pointure mais j'ai lu quelques trucs ( comme la chute de Constantinople de Runciman que je viens de finir) et je me pose pas mal de questions sur cette époque en particulier dans les Balkans. Je sais ça nous éloigne du topic mais dès que j'entends quelqu'un qui est balèze en Histoire, je ne peux m'empêcher de lui demander son avis sur ce qu'il pense de la vie du prince Vlad 3 de Valachie dont Stoker s'est inspiré pour son roman "Dracula". Les rares écrits de l'époque concernant ce bon vieux Vlad (l'imprimerie en était si je ne m'abuse à ses balbutiements avec Gutenberg) sont des pamphlets germaniques ou russes ou bien quelques récits consignés par les historiens turcs contemporains de Mehmet 2 le conquérant, brefs ses ennemis. Une totale objectivité n'est donc pas à espérer là dedans.
On l'y décrit comme un tyran sanguinaire, un "serial" empaleur, un ennemi implacable et incontrôlable.
Par contre, dans les petits villages près de Poeanari ou d'Arefu en Roumanie, on parle encore de lui aujourd'hui comme d'un homme juste et protecteur des petites gens de son peuple. Des portraits de lui sont encore affichés dans certaines écoles.
Qui était réellement cet homme? Un soldat du christ prêt à tout pour repousser l'invasion turque, un prince orthodoxe renié par les siens pour avoir épousé une catholique hongroise, un fou sanguinaire incontrôlable,un danger pour le commerce des Saxons, une menace pour l'église catholique parce que tout en étant considéré comme le champion du Christ pour ses exploits militaires il n'hésitait pas à fustiger le pape pour son inaction à Constantinople en 1453...ou bien un noble proche du peuple qui a tout tenté pour maintenir le bien être des siens envers et contre tous les pouvoirs influents de l'époque?
Si quelqu'un a un avis ou des sources là dessus, ça m'intéresse.
Encore désolé pour l'éloignement du thème du topic.
C'est à coté Paris, à la Porte des Lilas, les gars qui tiennent ça on l'air d'avoir pas mal lu de choses à à ce sujet !
Faut pas s'arreter à leur canines taillées en crocs !
Une visite insolite à faire que je conseille (sur réservation )
Re: Elle aime aussi sa blanche peau, Elle est facho.
Putain Tord, t'es une flèche!
Re: Elle aime aussi sa blanche peau, Elle est facho.
23-6-89 a écrit :Au musée des Vampires, ils ont un fond documentaire sur le sujet me semble !vladtepes a écrit :A mon avis, Tha_moumou serait peut être bien prof d' Histoire![]()
Ah l'Histoire, je ne suis pas une pointure mais j'ai lu quelques trucs ( comme la chute de Constantinople de Runciman que je viens de finir) et je me pose pas mal de questions sur cette époque en particulier dans les Balkans. Je sais ça nous éloigne du topic mais dès que j'entends quelqu'un qui est balèze en Histoire, je ne peux m'empêcher de lui demander son avis sur ce qu'il pense de la vie du prince Vlad 3 de Valachie dont Stoker s'est inspiré pour son roman "Dracula". Les rares écrits de l'époque concernant ce bon vieux Vlad (l'imprimerie en était si je ne m'abuse à ses balbutiements avec Gutenberg) sont des pamphlets germaniques ou russes ou bien quelques récits consignés par les historiens turcs contemporains de Mehmet 2 le conquérant, brefs ses ennemis. Une totale objectivité n'est donc pas à espérer là dedans.
On l'y décrit comme un tyran sanguinaire, un "serial" empaleur, un ennemi implacable et incontrôlable.
Par contre, dans les petits villages près de Poeanari ou d'Arefu en Roumanie, on parle encore de lui aujourd'hui comme d'un homme juste et protecteur des petites gens de son peuple. Des portraits de lui sont encore affichés dans certaines écoles.
Qui était réellement cet homme? Un soldat du christ prêt à tout pour repousser l'invasion turque, un prince orthodoxe renié par les siens pour avoir épousé une catholique hongroise, un fou sanguinaire incontrôlable,un danger pour le commerce des Saxons, une menace pour l'église catholique parce que tout en étant considéré comme le champion du Christ pour ses exploits militaires il n'hésitait pas à fustiger le pape pour son inaction à Constantinople en 1453...ou bien un noble proche du peuple qui a tout tenté pour maintenir le bien être des siens envers et contre tous les pouvoirs influents de l'époque?
Si quelqu'un a un avis ou des sources là dessus, ça m'intéresse.
Encore désolé pour l'éloignement du thème du topic.
C'est à coté Paris, à la Porte des Lilas, les gars qui tiennent ça on l'air d'avoir pas mal lu de choses à à ce sujet !
Faut pas s'arreter à leur canines taillées en crocs !
Une visite insolite à faire que je conseille (sur réservation )
Ecoute, la prochaine fois que je quitte le pays des frites et de la Chimay Bleue pour Paname, je te demanderai comment faire pour aller y taper un oeil, merci pour le tuyau
Re: Elle aime aussi sa blanche peau, Elle est facho.
vladtepes a écrit :23-6-89 a écrit :Au musée des Vampires, ils ont un fond documentaire sur le sujet me semble !vladtepes a écrit :A mon avis, Tha_moumou serait peut être bien prof d' Histoire![]()
Ah l'Histoire, je ne suis pas une pointure mais j'ai lu quelques trucs ( comme la chute de Constantinople de Runciman que je viens de finir) et je me pose pas mal de questions sur cette époque en particulier dans les Balkans. Je sais ça nous éloigne du topic mais dès que j'entends quelqu'un qui est balèze en Histoire, je ne peux m'empêcher de lui demander son avis sur ce qu'il pense de la vie du prince Vlad 3 de Valachie dont Stoker s'est inspiré pour son roman "Dracula". Les rares écrits de l'époque concernant ce bon vieux Vlad (l'imprimerie en était si je ne m'abuse à ses balbutiements avec Gutenberg) sont des pamphlets germaniques ou russes ou bien quelques récits consignés par les historiens turcs contemporains de Mehmet 2 le conquérant, brefs ses ennemis. Une totale objectivité n'est donc pas à espérer là dedans.
On l'y décrit comme un tyran sanguinaire, un "serial" empaleur, un ennemi implacable et incontrôlable.
Par contre, dans les petits villages près de Poeanari ou d'Arefu en Roumanie, on parle encore de lui aujourd'hui comme d'un homme juste et protecteur des petites gens de son peuple. Des portraits de lui sont encore affichés dans certaines écoles.
Qui était réellement cet homme? Un soldat du christ prêt à tout pour repousser l'invasion turque, un prince orthodoxe renié par les siens pour avoir épousé une catholique hongroise, un fou sanguinaire incontrôlable,un danger pour le commerce des Saxons, une menace pour l'église catholique parce que tout en étant considéré comme le champion du Christ pour ses exploits militaires il n'hésitait pas à fustiger le pape pour son inaction à Constantinople en 1453...ou bien un noble proche du peuple qui a tout tenté pour maintenir le bien être des siens envers et contre tous les pouvoirs influents de l'époque?
Si quelqu'un a un avis ou des sources là dessus, ça m'intéresse.
Encore désolé pour l'éloignement du thème du topic.
C'est à coté Paris, à la Porte des Lilas, les gars qui tiennent ça on l'air d'avoir pas mal lu de choses à à ce sujet !
Faut pas s'arreter à leur canines taillées en crocs !
Une visite insolite à faire que je conseille (sur réservation )
Ecoute, la prochaine fois que je quitte le pays des frites et de la Chimay Bleue pour Paname, je te demanderai comment faire pour aller y taper un oeil, merci pour le tuyau
Ici : http://www.psychovision.net/films/evene ... s-vampires
Re: Elle aime aussi sa blanche peau, Elle est facho.
Merci pour l'info.
-
Tha_moumou
- Messages : 939
- Enregistré le : 13 oct. 2005, 13:17
Re: Elle aime aussi sa blanche peau, Elle est facho.
Ben là en gros j'essaye d'aider des mal nés à se bricoler un égo de compète pour survivre dans l'école de M. Ferry.Rougeot a écrit :
Dis moi Moumou tu enseignes quoi et à qui, si ce n'est pas indiscret ???
Et sinon les Mongols ont envahi le Satelitt café ce soir, pendant une bonne heure et demie, et c'est vachement mieux que toutes les foutaises que je me sens obligé de raconter pour atténuer au moins dans ma tête la propagande républicaine de base.
Re: Elle aime aussi sa blanche peau, Elle est facho.
Tha_moumou a écrit :Yann quib a écrit :[
bin meme revolutionnaire, Khomeini n'en etait pas moins un integriste religieux !
Non. Sinon, comme chiite, son intégrisme aurait du le conduire à refuser d'exercer le pouvoir. L'idée même de république islamique est un coup de poignard dans la tradition. Je sais que tu vas pas me croire, mais je suppose aussi que t'y connais rien, à la tradition chiite, alors je me demande sur quelle bases sérieuses tu vas ne pas me croire.
bin comme toi, Wiki est mon amie :
"En 1927 il est professeur de théologie à Qom, puis dans les années 1950 il est nommé ayatollah. Il s'engage dans l'opposition religieuse au régime autoritaire du shah Mohammad Reza Pahlavi et aux réformes que celui-ci mène pour la modernisation du pays (la « révolution blanche »), réformes incluant notamment le droit de vote des femmes, les réformes agraires, la modernisation du système judiciaire qui met en cause la suprématie de la charia coranique.
Et penser que d'accepter ou refuser d'exercer le pouvoir, peut prouver quoique ce soit, est d'une naiveté incroyable !
Modifié en dernier par Yann quib le 17 déc. 2010, 09:07, modifié 1 fois.
E kreiz an avel, atao!
