Pour en terminer avec mon point de vue sur tout ça :
Je préfère quelqu’un qui dit : "c’est de la merde" (ou "j’aime pas", comme vous voulez, c’est pareil), plutôt que quelqu’un qui dit : "c’était mieux avant" et/ou "ça aurait pu être mieux". En gros, je préfère un jugement subjectif de l’œuvre à un jugement plus ou moins "objectif", conduisant presque toujours, à terme, à un jugement moral sur tout et n'importe quoi.
Et donc, qu’on écrive :
Marie la Belge a écrit :Thème rabâché, traitement convenu, très 1er degré. Laborieux et gentillet.
OK.
Ce qui me gêne, c’est tout le reste.
Blaise Poulossière a écrit :
Charlie Brown a écrit :Si vous n'aimez pas, dites que vous n'aimez pas. Point barre. Mais, par pitié (tiens, cette expression devient appropriée), arrêtez de dire "Ah la la ! Si ça pas malheureux de voir ça ! Quelle tristesse ! Il pourrait faire tellement mieux, c'est vraiment dommage ! Avec tout le talent qu'il a hein ! Moi qui l'aimais/l'aime tant... Il faut vraiment que je lui dise qu'il vaut mieux que ça ! Ça l'aidera peut-être à se sortir les doigts du cul, à se remettre en question, ce pauvre garçon !"
Même ça, au fond ça ne me gène pas vraiment. On a le droit de penser "Peut mieux faire !" en complément de "J'aime pas !".
Alors que justement, moi, c’est le "peut mieux faire" que je ne comprends pas. Quand je me positionne face à une œuvre, je ne me positionne pas en prof, ou en donneur de leçon. Je prends la chose comme elle est et je me positionne par rapport à elle. D’où mon "j’aime/j’aime pas" (ou un "ça, j’aime bien, ça, j’aime moins"), avec avis plus ou moins étayé, qui en dit d’ailleurs souvent plus sur l’auteur de l’avis que sur l’œuvre elle-même, ce qui est cool.
Sinon, de manière générale, je n’aime pas les déçus, je n’aime pas l’idée même de déception. Ça veut toujours dire qu’on attend trop, de quelqu’un, de quelque chose. Ça a toujours à voir avec une notion de l’amour, un rapport au concept même d’amour, un rapport à l’autre, même, que je trouve assez malsain. C’est mettre dans l’amour des choses qui n’ont rien à y foutre. C’est projeter un fantasme. C’est un dévoiement, un détournement de sens, un malentendu. Bref, la déception, c’est caca, et les déçus m’emmerdent.
Appliqué à Renaud, par exemple, tout ce que j’ai écrit dans ce post (et dans les précédents) se résume à ça :
Quand une nouvelle chanson ou un nouvel album sort, je peux donner mon avis (positif ou négatif, peu importe), je peux en discuter même, mais je n'irai jamais jusqu’à dire que c’est décevant (ou que le personnage/l'artiste, me déçoit). Car je n’en attends rien a priori, même eu égard à une production précédente. Je ne me positionne que par rapport au résultat proposé. Et si jamais je n’aimais pas, je ne serais pas déçu pour autant.
Et, en poussant plus loin, pour en revenir au sujet principal du topic, je dirais que si j’étais un artiste, je n’irais pas jusqu’à écrire une petite chanson pour signifier tout ça. Sauf à vouloir attirer l’attention sur moi...