Le zonard déchaîné - La figure du délinquant dans les chansons de Renaud - 1968-1980

par

James Cannon

Description

Thèse de maîtrise réalisée en Australie à l'Université de Melbourne dans le département d'Histoire, en octobre 1999. Rédigée en langue anglaise.  112 pages (30000 mots) plus 9 pages de bibliographie. Thèse réalisée sur une période de 2 ans dans le cadre d'un "Master's Degree" (équivalent du Diplôme d'Étude Approfondie français). Il s'agit d'un travail historique, qui cherche à situer les premières chansons de Renaud (jusqu'à "Marche à l'ombre !") dans le contexte plus large des rapports entre gauchistes et marginaux.

Résumé

This thesis seeks to understand the significance of the delinquent figure in the early songs of Renaud. Renaud conceived this figure during May 1968, when the radical, predominantly middle-class student movement to which he belonged found an unlikely ally in the blousons noirs, young delinquents from the suburban housing estates of outer Paris. The violence and visceral antiauthoritarianism of the blousons noirs appealed to students whose exclusion from traditional, authoritarian working-class institutions precipitated their quest for a revolutionary identity. The contempt which both the French Government and Communist Party expressed towards the "underworld" incarnated by the blousons noirs made the latter seem even more alluring to many student revolutionaries. During the first half of the 1970s, Renaud immersed himself in the marginal culture of a group of delinquents whom he befriended at a Latin Quarter bar. Here he also rediscovered the old-fashioned genre of chanson réaliste (realist song) which portrayed the delinquents of a bygone era, that of the Belle Epoque and interwar years. After reviving the realist classics and writing a number of original songs in a similar style, Renaud reinvented the realist genre during the second half of the 1970s by singing about zonards (latter-day equivalents of the blousons noirs) in their own language. He established a place for these zonards in the realm of popular culture, liberating them from stereotypical images disseminated by the media and unleashing them, figuratively, upon bourgeois audiences. This dual aspect of Renaud’s oeuvre was encapsulated in a concert program which he wrote to accompany his recital at the Bobino music hall in March 1980, a whimsical pastiche of the satirical newspaper Le Canard enchaîné entitled "Le Zonard déchaîné" ("The Unchained Delinquent"). The delinquent figure in Renaud’s songs represented both a topical cause célèbre and a way of preserving the heritage of May 1968.

Traduction du résumé de l'auteur (par David Hermesse et Laure Bergeron)

Cette thèse cherche à comprendre la signification du personnage délinquant dans les premières chansons de Renaud. Renaud a conçu ce personnage pendant mai 68, quand le mouvement estudiantin radical composé dans une large mesure de gens de la classe moyenne, auquel il appartenait, trouva un allié inattendu chez les blousons noirs, de jeunes délinquants provenant des HLM de la banlieue extérieure de Paris. La violence et l'anti-autoritarisme viscéral des blousons noirs attirent  les étudiants dont l'exclusion des institutions traditionnelles et autoritaires de la classe ouvrière a précipité la quête pour une identité révolutionnaire. Le mépris que et le gouvernement français et le parti communiste ont exprimé envers le milieu "bas" incarné par les blousons noirs a rendu celui-ci encore plus attrayant pour de nombreux étudiants révolutionnaires. Pendant la première moitié des années 1970, Renaud s'est lui même immergé dans cette culture marginale d'un groupe de délinquants qu'il avait rencontré dans un bar du Quartier Latin. C'est également ici qu'il redécouvre le vieux genre de la chanson réaliste, qui faisait le portrait des délinquants d'une autre ère, celle de la Belle Époque et des années de l'entre-deux guerres. Après avoir fait revivre les classiques réalistes et avoir écrit bon nombre de chansons dans un style semblable, Renaud réinvente le genre réaliste durant la seconde moitié des années 70 en chantant sur les zonards (les héritiers des blousons noirs) dans leur propre langage. Il a su faire une place à ces zonards dans le domaine de la culture populaire, les délivrant des images stéréotypées disséminées par les media et les propulsant, au sens figuré, sur des assistances bourgeoises. Ce double aspect de l’œuvre de Renaud a été condensé dans le programme d'un concert qu'il avait écrit pour accompagner son spectacle au music-hall de Bobino en mars 1980, un pastiche fantasque du journal satirique Le Canard Enchaîné intitulé "Le Zonard Déchaîné". Le personnage du délinquant dans les chansons de Renaud représente, et une célèbre cause d'actualité, et une manière de préserver l'héritage de Mai 68.

Sommaire

Introduction
Chapitre 1 : Mai 1968 : "La Pègre, on en est"
Chapitre 2 : 1969-1974 : "Amoureux de Paname"
Chapitre 3 : 1975-1980 : "Le Zonard déchaîné"
Conclusion
Bibliographie

En savoir plus

Thèse :

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Présentation orale lors de la soutenance de la thèse (rédigée en français - texte de 6 pages) :

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Références

"Le Zonard déchaîné : the delinquent figure in the songs of Renaud 1968-1980" -  James Matthew Cannon B.A.(Hons) - A thesis submitted in fulfilment of the requirements for the degree of Master of Arts in the Department of History, Faculty of Arts, University of Melbourne - October 1999.

Etudiant - poil aux dents


Renaud au tableau

Renaud au tableau