Lebovic et Renaud se facheront ! (voir la derniere citation - échange musclé)
En 1980, quelques mois aprés la mort de Jacques Mesrine, l'album "Marche à l'ombre" sera dédié à Jacques Mesrine (sous un des pseudonyme de Mesrine : Paul Toul).
En octobre 1980, Renaud indiquera qu'il a bien écrit une chanson sur Mesrine et qu'elle sera sur son prochain album, mais où es-t-elle ?
source : http://www.lemonde.fr/cinema/article/20 ... _3476.html
Le premier à s'intéresser à Mesrine fut Gérard Lebovici, à la fin des années 1970. Fondateur d'Artmedia, célèbre agence artistique, et patron de Champ libre, la maison d'édition révolutionnaire et situationniste qui publia Bakounine, Clausewitz, Simon Leys, George Orwell et Guy Debord, Gérard Lebovici s'était d'abord piqué de consacrer un film à Joseph Joanovici, un émigré de Bessarabie devenu l'un des plus gros ferrailleurs de France, qui s'était acoquiné avec le Quai des Orfèvres puis avec Henri Lafont, le "Capone" de la rue Lauriston, et la Gestapo.
[...]
En 1977, Jacques Mesrine a publié une autobiographie aux éditions Jean-Claude Lattès, L'Instinct de mort, dans laquelle il raconte comment il s'est lancé dans la "délinquance idéologique", comment il se pose en "primitif de la révolte", et explique son choix d'échapper à une vie de "gueule triste", condamné au "travail mal payé", "à la médiocrité perpétuelle" du "robot exploité et fiché, respectueux des lois plus par peur que par honnêteté morale", de "l'esclave du réveille-matin". Il y a chez Mesrine, comme chez ses "amis" François Besse et Charlie Bauer, une conception du banditisme comme insurrection, une volonté de mener "une guérilla urbaine", de ne "pas perdre sa vie à vouloir la gagner".
De son côté, alerté par Michel Foucault, Lebovici a publié deux brochures du Groupe d'information sur les prisons, et son intérêt pour ceux que leurs comportements radicaux ont conduits à l'ombre des geôles l'a porté à republier illégalement L'Instinct de mort sous sa propre bannière (pendant que Mesrine envisageait d'enlever Jean-Claude Lattès, accusé de bloquer ses droits d'auteur). Dans une préface de son cru, Lebovici présente Mesrine comme "le parfait symbole de la liberté". Il a par ailleurs, en vain, tenté de convaincre Renaud, dont il appréciait les couplets révolutionnaires, de composer une chanson en l'honneur de Mesrine. Et a pris sous son aile protectrice Sabrina, la fille du hors-la-loi. Il entend aider Jean-Paul Belmondo à adapter L'Instinct de mort au cinéma.
source : http://artsetspectacles.nouvelobs.com/p ... 85864.htmlLe 2 novembre 1979, la police abat Mesrine dans sa BMW, porte de Clignancourt. Quoique mort, Mesrine est toujours vivant pour Lebovici. Jusqu'à l'obsession. Rien ne semble diminuer sa rage à faire de Mesrine une marchandise, un spectacle, comme dirait Debord. Il réédite chez Champ Libre «l'Instinct de mort» et se brouille mortellement avec Renaud, qui avait dédié son album «Marche à l'ombre» à Paul Toul, ultime pseudonyme de Mesrine, mais refuse d'écrire une chanson en faveur du braqueur. N'importe. Lebovici investit dans la société de production Soprofilms, crée une société de distribution, AAA (Auteurs Artistes Associés), et approche le réalisateur Tony Gatlif : «Pour moi, Mesrine était quelqu'un qui avait défié l'Etat et Giscard, dit Gatlif. Mon côté anar de gauche faisait que je l'aimais bien. C'était un peu le Baader français.» Seulement voilà : «Je ne ferai jamais un film sur un mec qui parle des Arabes en les traitant de crouilles.»
source : http://www.sharedsite.com/hlm-de-renaud ... sdicos.htmExtraits de Christophe Bourseiller, Vie et mort de Guy Debord. Paris, Plon 1999, réédition Pocket, collection Agora, 2001, 592 pages.
Pages 486 - 488
« Plus frappante est la rupture avec Renaud. Tout comme [l'avocat Georges Kiejman], Renaud appartient - appartenait - au cercle des amis proches [de Gérard Lebovici, businessman mécène de Guy Debord et, entre autres, fondateur des éditions Champ libre, qui viennent de publier un recueil des chansons de Renaud, Sans Zikmu]. Le 9 août 1980, Renaud et Dominique Séchan envoient un faire part annonçant la naissance de leur fille Lola. Le 11 septembre, Gérard Lebovici répond de la façon suivante : « Monsieur, j'ai bien noté la naissance de votre fille, et vous en félicite, malgré le goût douteux de votre faire-part publicitaire. [...] J'ai senti qu'il y avait chez vous quelque chose de faible et de factice dès l'instant où vous avez refusé de faire une chanson en faveur de [Jacques] Mesrine, quand il était encore traqué ; et même sa mort n'a pas ému votre indifférence. [...] Il faut donc m'oublier, faire part des naissances de vos prochains enfants aux personnes concernées et admettre l'évidence que les menteurs staliniens, heureusement, ne sont pas les seuls à vous dire : "Nous n'étions pas du même camp". » [...] Le 7 octobre, Renaud réagit à la froide missive : « Grand con, [...] cette chanson sur Mesrine que tu me reproches de ne pas avoir écrite à l'époque, comme tu semblais l'exiger, despote, sache que je l'ai écrite, depuis, lorsque j'en eu l'envie, l'inspiration. Elle sera sur mon prochain disque. Je te rappelle que le précédent était dédié à Paul Toul, dernier nom que porta Mesrine, à l'époque où ton courage se limitait à palabrer sur lui dans les salons. [...] Puisque tu es devenu visiblement la sous-merde que tu étais déjà essentiellement, mon public, ma gonzesse, mon enfant et moi-même te crachons à la gueule. Adieu, grand con. » »
Euh dans l'album suivant Le retour de Gérard Lambert (1981), elle est où cette chanson ? Pourtant Renaud semble dire qu'elle est écrite !
Vous aviez connaissance de cette chanson ?
Elle sortira pour l'Intégrale Renaud des 20 ans de la mort de Renaud ?
A vous !


