Sortie de nouvel album La Dernière Heure, le par be.
Mis en ligne dans le kiosque le 25 juin 2006.

« J'ai retrouvé l'inspiration ! »

Renaud était fatigué mais heureux hier midi. Installé au studio ICP à Ixelles depuis décembre, il est en plein enregistrement de son prochain album. Et ça se passe plutôt bien. «C'est long et ça coûte bonbons parce que là je suis parti pour enregistrer un double album, nous expliqua-t-il, cigarette au bec, dans un sourire. Enfin, j'ai 24 chansons. Après, on verra combien j'en garde. Je n'ai pas envie que la quantité soit au détriment de la qualité.»

Vous avez donc retrouvé l'inspiration que vous aviez perdue ces dernières années ?

«Oui. J'avais tout perdu: le moral, la joie de vivre, le désir de me battre pour d'autres, l'amour, l'envie de revivre en couple. En perdant ma femme, j'avais perdu aussi un peu ma fille avec qui je vivais 24 h sur 24 h et que, du jour au lendemain, je ne voyais plus qu'une fois par semaine. Et j'avais perdu l'inspiration: j'ai écrit péniblement 14 chansons en 5, 6 ans entre les albums La belle de Mai et Boucan d'enfer. Je suis parti en tournée, encore un peu fragile et dépressif, avec encore une tendance à lever le coude. Puis petit à petit, Romane est entrée dans ma vie et j'ai tout retrouvé décuplé: l'inspiration, la joie de vivre et le bonheur.»

Les thèmes de cet album seront positifs donc ?

«Les chansons d'amour sont heureuses, contrairement à celles du précédent qui étaient toutes sombres, désabusées. Elles seront beaucoup plus ouvertes sur l'autre que sur mon petit nombril et il y aura des chansons un peu plus coup de poing. Ce qu'on appelle, selon la formule établie, des chansons engagées.»

Vous avez aussi retrouvé votre poigne, alors ?

«Oui! J'avais du mal à penser aux autres, à me battre pour les autres. Quand on a une rage de dents, on se fout un peu du mal de tête du voisin. Quand on est très heureux, comme je le suis actuellement, on a envie de faire partager ce bonheur et de défendre ceux qui vivent dans l'injustice, l'oppression, la misère... L'album s'appelle Dans la jungle ...»

Comme la chanson que vous avez écrite pour Ingrid Betancourt... (1)

«Oui. C'est le titre le plus beau, le plus marquant. Il symbolise le mieux le monde dans lequel on vit: la jungle...»

Au niveau voix, ça se passe comment ?

«Ça s'arrange! Ma voix était pourrie au début de ma carrière, je n'avais pas mué. Ma voix était pourrie sur les deux dernières tournées, à cause de l'abus du tabac, de l'alcool, de fatigue général, du manque d'enthousiasme. Là, ça va mieux. Pourtant, je n'ai pas arrêté de fumer, je suis toujours à 3, 4 paquets par jour, mais je ne bois plus et je dors mieux. Mais peu: 4 h par nuit. Je me lève tôt parce que j'ai envie de vivre. Je suis en pleine forme et ça se ressent dans mes performances vocales.»

Vous enregistrez à Bruxelles par habitude ?

«Par fidélité aux gens avec lesquels je travaille ici, par fidélité à la qualité du son: c'est techniquement un des meilleurs studios d'Europe. Et qu'on y est nourri, logé, le confort est absolu: il y a un appartement au-dessus, il y a une piscine, 3.000 vidéos, un cuisinier... Et puis, à Bruxelles, j'ai l'impression d'être en vacances. C'est une ville que j'aime. Mais je ne vais pas demander la nationalité belge pour autant. Je suis ravi de payer mes impôts, et d'en payer beaucoup, en France.»

(1) Renaud organisera des concerts spéciaux pour Ingrid Betancourt. Il sera notamment le 13 février à l'Aula Magna de Louvain-la-Neuve. ...

Aucun commentaire

Soyez le premier à commenter !


(ne sera pas publié)