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70 articles publiés dans le kiosque pendant l'année 2003.

26 décembre 2003

15 décembre 2003

Journal du Jura
  • 15 décembre 2003, Toujours aussi Renaud, malgré tout > Journal du Jura NEUCHÂTEL | Patinoire pleine à craquer pour accueillir la star tourmentée Toujours aussi Renaud, malgré tout Le chanteur rebelle et engagé a trouvé un nouveau public, mais ses cordes vocales souffrent sérieusement. Le sentiment est mitigé entre souvenirs et réalité. On est un peu surpris par le public composé de beaucoup de jeunes gens plus vraiment rebelles. Plutôt looké pour sortir en boîte que pour écouter les chansonnettes militantes de Renaud Séchan, un verre de pastis dans une main, une pétition dans l'autre. La Patinoire du Littoral, à Neuchâtel, est pleine à craquer ce samedi soir, le public frappe des mains. Ce public plus formaté par la chaîne de télévision américaine MTV que par la fête de l'Huma tranche un peu avec le décor toujours aussi bal populaire de la scène. Un arbre, l'hôtel de la nuit, le bistrot de Renard et les bons vieux complices musiciens emmenés par le toujours fidèle Jean-Pierre «Titi» Bucolo. Clope et perfecto Un air d'accordéon et l'on pourra revivre les sensations du bon vieux temps, ou plutôt avoir les sensations de les revivre, car la carte postale a tout de même subi les outrages de la vie et des verres d'alcool renversés. Le papier à musique a jauni, les rides apparaissent et le vague à l'âme n'a pas vraiment quitté notre sombre héros. Ses cordes vocales, elles, semblent sérieusement abîmées. Pourtant malgré tous les avatars de l'existence, Renaud reste notre ami, notre frérot, notre pote, celui qui a colorié notre adolescence de ses refrains engagés et de ses ritournelles amoureuses. Il porte toujours le perfecto et va bientôt allumer une clope. La dégaine reste la même. On a envie alors de se boucher les oreilles et de l'entendre comme au bon vieux temps. Parce qu'on l'aime ce mec-là et que c'est pas parce qu'il n'est pas au mieux de sa forme que l'on va arrêter de l'aimer. Vieilles rengaines Il commence par le tube de sa résurrection «Mister Renard». Et enchaîne bien vite par une des tirades dont il a le secret sur la longueur de ses spectacles et sur le dilemme de ses dernières années le combat entre Renaud et Renard. «J'aime bien vous énerver», conclut-il avec son esprit canaille. Il poursuit avec une petite chanson manifeste pour Noël Gaudin et contre Bernard-Henri Lévy «L'entarté». Et puis arriveront ces vieilles rengaines qui nous font tous rêver, Renaud sait que certains les attendent: «Vous êtes comme mon guitariste Titi, vous préférez les vieilles.» Les sorties sont excellentes mais sentent un peu le réchauffé, en mai à l'Arena de Genève cela y ressemblait furieusement. Sur «Germaine», le chanteur retrouve enfin sa gouaille d'antan, on prend du plaisir et la salle se met à valser. L'exercice est beaucoup plus laborieux sur «Miss Maggie» et «Mistral gagnant». Le tempo prend de vilaines torgnoles dans la tronche et les paroles restent bloquées dans une gorge un peu trop engorgée par le tabac et la vie qui passe. Une vie qui revit si l'on en croit Renaud grâce à Romane son nouvel amour qu'il évoquera plusieurs fois sur scène comme pour repousser les vilains fantômes. Pour finir il enchaîne avec «Manu», «Mon bistrot préféré», «Dès que le vent soufflera» et «Mon HLM», comme pour laisser à tout le monde un coin de plaisir dans la tête. Alexandre Caldara
    • Tournée d'enfer 2002-2003

23 novembre 2003

La Dernière Heure
  • 12 novembre 2003, Renaud à Forest > La Dernière Heure du 12 Novembre 2003 Renaud à Forest © de Tessieres Une bonne soirée, même si ses chansons flirtaient avec l'inaudible BRUXELLES Renaud provocateur, touchant mais pas trop en voix lundi à Forest National. Renaud ne sera jamais Caruso. Les performances vocales, ce n'est pas son truc. Mais cela, on le sait depuis près de 30 ans. Si son public continue à venir le voir sur scène, c'est avant tout pour l'ambiance, la nostalgie, ce petit côté rebelle tendre toujours aussi touchant. Au départ, il faut drôlement tendre l'oreille pour tenter de percevoir les paroles de Docteur Renaud, Mister Renard. A contre-temps, incapable de couvrir les bruits des applaudissements, le chanteur flirte souvent avec l'inaudible. Qu'importe : tout le monde, d'évidence, connaît son répertoire par coeur. Et entre deux chansons, l'ex-loubard met le feu à la salle. «Renaud vous remercie infiniment, mais le Renard, lui, il dirait que le public est meilleur en France !» Tonnerre de huées. Oublié le Renaud tétanisé qui faisait pitié aux 60 ans de Johnny. La clope au bec et une bouteille... d'eau sur la table du bar («Pour moi, tout ça appartient au passé depuis trois semaines... Ben oui, il y a parfois des rechutes quoi», après les derniers accords de Pochetron), il prend de nouveau plaisir à chambrer ses musiciens («Lui c'est Jean-Pierre, mais on l'appelle Titi, parce que Jean-Pierre, c'est un prénom de crétin»), à critiquer «ce pauvre BHL», à alterner les tubes anciens et récents (Manhattan Kaboul en duo avec toute la salle), à passer de l'oberbayern Germaine aux tendres Morgane de toi ou Mistral gagnant. Sa voix retrouve même de la consistance sur Laisse béton ou Dès que le vent soufflera, avant de s'essouffler une dernière fois sur une belle version de Manu. Au bout de 2 h 30, Renaud revient sur sa promesse d'arrêter les tournées pour devenir prof à la Star Ac ': «Tant que vous serez là, je serai là.» Tant mieux. Car lundi, on a vraiment passé une bonne soirée. P.L. article original © La Dernière Heure 2003
    • Tournée d'enfer 2002-2003
    • Festival Forest-National
    • Vie Alcool
Dernières Nouvelles d'Alsace
  • 14 novembre 2003, Renaud de retour, dans un Boucan d'enfer > Les Dernières Nouvelles d'Alsace du 14 Novembre 2003 Renaud de retour, dans un Boucan d'enfer La tournée Boucan d'enfer a fait halte pour la seconde fois cette année au Rhenus. Plus de trois mille personnes ont réservé un accueil chaleureux à un Renaud un brin fatigué. La place du village basque éclairée de lampions multicolores n'a pas bougé. Les musiciens inondent la salle d'une musique soutenue, calibrée. Renaud, fidèle à lui-même, cuir et pantalon noir, démarre : Docteur Renaud, Mister Renard... Un amour tout neuf Deuxième date pour la tournée Boucan d'Enfer à Strasbourg, le concert aura logiquement drainé moins de monde. Mais les réactions enflammées de la foule atteste de l'impact inébranlable du chanteur. A ses intermèdes coutumiers, réflexions sur l'actualité et sur son être malmené par la vie, font écho invariablement les clameurs ou rires d'une assemblée des plus réactives. Renaud dit son amour tout neuf pour la jolie Romane, sa colère contre les injustices les plus notoires de ce monde ou sa tendresse pour sa grande fille. Comme toujours. Mais point de lassitude dans les rangs. Sa voix éraillée, qui participe certes du personnage, lui est volontiers pardonnée. Pochtron, En cloque, Le déserteur, Mistral gagnant, Manu, les titres emblématiques de l'ami Renaud, rafraîchis pour l'occasion, renvoient aux années de révoltes, aujourd'hui loin derrière. Le jeu de scène a lui toujours été minimaliste, un geste de la main, quelques mimes hésitants et surtout les deux mains collées au micro. Et le pont se fait naturellement entre ces morceaux, symboles de toute une génération, et les derniers nés : Mon nain de jardin, gentiment ironique, Manhattan-Kaboul, le raz de marée commercial ou encore Mon bistro préféré, poétique à souhait. Sauf qu'ici, le son studio de l'album disparaît. La voix brute prend de l'amplitude, négocie difficilement les aigus, et surtout doit composer avec l'intransigeance du « live ». Cette année, aux XVIIIe\x{2020} Victoires de la musique, Renaud a empoché pas moins de trois titres, dont celui de « Meilleur artiste ». De quoi faire la nique au Renard, sournois démon éthylique. De quoi surtout être assuré du soutien du public, si besoin était, chorus indéfectible. Sur les dernières notes de Mon HLM, Renaud ferme la porte de son bar pour la nuit... une bouteille d'eau à la main. Myriam Ait-Sidhoum article original© Dernières Nouvelles d'Alsace, Vendredi 14 Novembre 2003
    • Tournée d'enfer 2002-2003
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    • Victoires de la Musique
InfosJeunes
  • 18 novembre 2003, Renaud CD et DVD Live et intégrale > InfosJeunes du 18 Novembre 2003 Renaud CD et DVD Live et intégrale Après plus de 2 millions d'albums vendus de « Boucan d'enfer » et une tournée de 200 dates, le chanteur Renaud vient de sortir un CD et un DVD Live, sans oublier son Intégrale. Les chiffres donnent le vertige ! 2 millions d'albums « Boucan d'Enfer » vendus, 1 million de spectateurs pendant sa tournée 2003 qui totalise 200 dates jusqu'à fin décembre dont le Zénith de Paris les 2 et 3 novembre. Renaud qui renoue avec le succès acquis dans les années 80, ne s'arrête pas en si bon chemin, et sort en cette mi-novembre un double CD et un DVD Live enregistré à Lille en avril, intitulé « Tournée d'enfer ». Ce double album réuni tous ses plus grands succès (de « Laisse béton » à « Mon bistrot préféré », en passant par « Morgane de toi », « Manu » et « Manhattan Kaboul »). Ce sont pas moins de 24 chansons compilées, dont « Elle a vu le loup » (nouvelle version) produit par Renaud Létang, qui sera le 1er single extrait de cet album. Quant au DVD, il contiendra l'intégralité du concert (27 chansons) et en bonus un film inédit de 45 minutes sur les coulisses de la tournée, soit plus de 2h30 de programme en son Dolby Digital 5.1 ! Egalement disponible en édition limitée depuis le 17 novembre, « Le Roman de Renaud » la nouvelle intégrale de l'artiste : 20 albums dont le double Live « Tournée d'enfer ». Les fans sont servis... article original
    • Album Boucan d'Enfer
    • Tournée d'enfer 2002-2003
Muzik ftpk
  • 17 novembre 2003, actualité d'enfer ! > Muzik ftpk du 17 Novembre 2003 Renaud : actualité d'enfer ! Après plus de 2 millions d'albums vendus de « Boucan d'enfer » et une tournée de 200 dates, le chanteur Renaud a sorti un CD et un DVD Live ce lundi 17 novembre, sans oublier son Intégrale. Les chiffres donnent le vertige ! 2 millions d'albums « Boucan d'Enfer » vendus, 1 million de spectateurs pendant sa tournée 2003 qui totalise 200 dates jusqu'à fin décembre dont le Zénith de Paris les 2 et 3 novembre. Renaud qui renoue avec le succès acquis dans les années 80, ne s'arrête pas en si bon chemin, et sort en cette mi-novembre un double CD et un DVD Live enregistré à Lille en avril, intitulé « Tournée d'enfer ». Ce double album réuni tous ses plus grands succès (de « Laisse béton » à « Mon bistrot préféré », en passant par « Morgane de toi », « Manu » et « Manhattan Kaboul »). Ce sont pas moins de 24 chansons compilées, dont « Elle a vu le loup » (nouvelle version) produit par Renaud Létang, qui sera le 1er single extrait de cet album. Quant au DVD, il contiendra l'intégralité du concert (27 chansons) et en bonus un film inédit de 45 minutes sur les coulisses de la tournée, soit plus de 2h30 de programme en son Dolby Digital 5.1 ! Egalement disponible en édition limitée depuis le 17 novembre, « Le Roman de Renaud » la nouvelle intégrale de l'artiste : 20 albums dont le double Live « Tournée d'enfer ». Les fans sont servis... Article de notre partenaire Charts in France Par Charts in France.net, contact@ftpk.net, le 17/11/2003 14:19 article original
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26 octobre 2003

Merci à Alba et Franky.

Sud-Ouest
  • 20 juillet 2003, Renaud ou la rage intacte > Sud-Ouest du 20 Juillet 2003 Arcachon:Un public compose de 4000 personnes a communie, hier soir, avec un chanteur a l'evidente fragilite, mais qui transmet pourtant une folle energie.Tendresse et nostalgie garanties. Renaud ou la rage intacte Renaud chante faux. Mais faussement bien! Le public s'en rejouit, s'en nourrit...tant il s'est approprie chacune des chansons, tant il s'est epanouit a leur ecoute. C'est incroyable comme la magie opere entre Renaud et le velodrome . Le summum de la communion est atteint avec " Manhattan-Kaboul "... sans Axelle Red, et poutant, elle est la dans le coeur de chacun. Renaud grille gitane sur gauloise. La tendresse est la, penetrante, envoutante. Elle donne des frissons partout. Elle fournit des milliards d'emotions a chaque millimetre carre de peau. Il y a les nostalgiques qui, poing leve, rythment toutes les melodies. Il y a les amoureux, ceux qui se sont connus sur Renaud et craquent quand vient " leur " chanson. Fragiles comme le mec tout la-haut sur scene, qui ne se la joue pas mais qui joue avec le public, le provoque, le harangue, l'agace. Et qui termine par une tape dans le dos. Car Renaud est le copain. Et pourtant; Avec ses poches sous les yeux, avec ses cheveux toujours jaunes, son tee-shirt aussi noir que son jean, Renaud a pris comme un sacre coup de vieux. Mais sa rage parait intacte: les militaires, les presidents, les philosophes et tous les Jean-Pierre de la terre... allez savoir pourquoi. Meme Chirac s'appelle Jean-Pierre, c'est dire sa mauvaise foi. Renaud traine depuis " Hexagone " cette haine de la betise humaine, la seule chose sans la doute la mieux partagee au monde. Surtout, l'homme sait se moquer de lui. Des lors, le public lui pardonne tout. Il souffre meme quand il parle de sa femme qui l'a quitte, par sa faute, de son penchant pour l'alcool. Promis, il ne boit plus que du...Ricard. L'artiste tient aussi sa force de sa bande de copains-musiciens. Renaud chante et les musicos lui emboitent le pas, un grand slalom a l'aveugle. Pour le suivre, il faut aimer se bonhomme a la voix de moineau mais a l'appetit d'aigle. Et quand il deploi ses ailes, le coeur de chacun gronde, pleure, crie, exulte... Renaud est un gamin. Et comment ne pas fondre pour un enfant qui vous dit " Je t'aime! "?. Maryan Charrueau "C'est d'l'amour... avec une envie d'encore" Plutot estival le public, hier soir, masse dans les gradins et sur la pelouse du Velodrome. Si quelques bandanas et un ou deux blousons de cuir ont effleure les tetes du public, la majorite etait plutot short-casquettes. Venu esperer " Hexagone ", " Deserteur " ou " Mistral gagnant ", tous les gouts, toutes les generations ont ete aspires par le chanteur a la voix trahie par les annees. Aux sonorites trebuchants du debut de concert, les fans ont reagi par des sourires. De tendresse, d'affection, de comprehension. En signe de pardon, comme un encouragement a l'homme sur scene qui a debute la soiree par toutes les chansons parlant d'alcoolisme " Pochtron ", " Docteur Renaud, Mister Renard " comme pour en finir une bonne fois pour toutes et passer aux meilleurs souvenirs. Parmi eux, " Germaine ", la voix enfin revenue, le titi parisien a fait bouger tout le Velodrome. Aux morceaux de son dernier album, s'entremelent des airs connus de tous, des airs "qui ont ete cree il y a 25 ans... certains d'entre vous n'etaient pas nes! ". Meme si Renaud affirme que son public " prefere les anciens morceaux " , ce dernier, avec au premier rang Pascal Obispo, s'inscrit en faux, connaissant les paroles de " Laisse beton " aussi bien que celles de " Coeur perdu". Le plus emouvant reste, et d'aucuns esperent que le chanteur l'a ressenti comme tel, la communion entre le public et l'homme au tatouage. Sur " Manhattan-Kaboul ", c'est toute la foule qui a pris la voix d'Axelle Red. " Vous serez Axelle et je serai tout Renaud." D'une seule voix, le public a accompagne " son " chanteur jusqu'aux dernieres notes, avec une envie d'encore. Le public/le chanteur, le chanteur/le public, comme une seule personne. A en avoir des frissons de bonheur et d'emotion. Si ce n'est pas de l'amour... Gaelle Richard
    • Tournée d'enfer 2002-2003
Blogs
  • ?-09-02, Dialogue entre Bénabar et Renaud... Renaud : J'ai écouté ton disque la première fois il y a six mois et puis là, ils me l'ont renvoyé pour l'interview. Je l'avais déjà, et je t'avouerais que je l'ai pas réécouté depuis. Donc j'ai un peu oublié tes chansonnettes, tes petites chansons. Tes belles chansons !! J'aurais dû me replonger dedans pour l'interview et voilà... C'est ma négligence ! Bénabar : Tout roule. Réfléchis l'un à l'autre par une sorte de charisme naturel, Renaud et Bénabar vont bien ensemble dans le même décor. Fût-ce celui de la Closerie des Lilas, une brasserie guindée du quatorzième arrondissement de Paris dans laquelle on peut croiser, selon la table Pierre Bachelet (gasp !!!) ou Eve Ruggieri (damned !!). Si Bénabar dit que la verve de Renaud contribue à la liste de ceux qui l'ont incité à écrire, le second a toujours témoigné d'un intérêt pour ses contemporains les musiciens, les chanteurs à textes de talent, délurés ou simplement rock. Et Dieu sait qu'à bien des détours de "Bénabar", le deuxième album (et premier exposé au grand public après le discrètement sorti "La P'tite Monnaie"), avec ce "gamin qui tombe de vélo", ces addictions "au café et à l'odeur du tabac", et "ces couche-tard qui croisent les lève-tôt dans les couloirs du métro", on pouvait parfois se croire, à quelques éléments de décors près, dans l'univers d'une chanson de Renaud. Renaud, lui, sort d'un long tunnel qu'au terme de plusieurs cures de désintoxication, il a péniblement réussi à coucher sur bandes. Peines de c½ur, alcoolisme, Renaud en a vu de toutes couleurs ces dernières années. Il en ressort un de ses plus beaux albums, pas loin derrière "Mistral Gagnant" ou la noirceur de "Putain de camion". Porté par quelques chansons Renaud pur jus ("Je Vis caché", "Elle a vu le loup"), "Boucan d'Enfer" est aussi le disque de chansons d'amour douloureuses proprement magnifiques ("C½ur perdu", "Boucan d'Enfer"). Composé sur la base d'un pari avec un copain (Renaud s'était engagé à lui dicter une chanson en l'improvisant pour se faire payer un verre, il en est sorti la chanson "Petit pédé"), cet album contient la chaleur de ses meilleurs moments, et sa verve unique, ce ton parfois caustique qui fait que Renaud est devenu le plus inimitable des chanteurs français. Ce n'est pas pour autant qu'avec Bénabar ils n'ont rien trouvé à partager. Bénabar, tu me disais à l'instant combien Renaud est quelqu'un qui a compté pour toi... Bénabar : Ben quand même, c'est devenu dur aujourd'hui de penser ses textes en français sans penser à Renaud. Après, on a des problèmes de culture générale ou d'affinités. Renaud, il fait partie de l'environnement musical pour les plus jeunes d'entre nous. En tout cas, moi, j'ai vachement écouté parce que je suis fan depuis bien longtemps. Mais même indépendamment de cela, c'est quelqu'un dont a priori tu ne peux pas dire qu'il ne t'a pas influencé. Tout comme Higelin. Qu'as-tu trouvé chez Renaud que tu n'as trouvé chez personne d'autre ? Bénabar : Une faculté d'utiliser des mots simples pour avoir des chansons très compliquées qui sont d'apparence très simples. C'est le plus dur : faire mouche au moindre détail, tout en donnant l'impression à tout le monde que ça a été écrit en trois minutes. La simplicité, c'est quelque chose de touchant et d'inspirant. Je disais pas cela en parlant de moi, mais plutôt de mon illustre confrère. Il y a une chose amusante : sur son disque, Renaud met en chanson la tristesse que lui a inspiré le départ de sa femme, et sur celui de Bénabar, il y a cette chanson, "Y'a une fille qui habite chez moi", où il s'inquiète d'en voir une s'installer chez lui. Renaud, tu sembles regarder les jeunes amoureux avec une certaine nostalgie... Renaud : Oui, il y a cette chanson, "Mal barrés", où j'en parle. Moi, je ne fais pas les chansons d'amour comme un exercice de style. Quand j'en fais une, c'est du vécu. Donc, ce que j'ai à raconter, c'est mon histoire. Justement, ton histoire a été plutôt discrète, ces dernières années. Tu peux nous en parler ? Renaud : J'étais au fond du trou, sans inspiration, en train de me détruire à l'alcool, au tabac et au chichon. Je n'avais plus de vie sociale ni d'existence artistique. Malgré tout, dans ces années noires, j'ai fait une tournée de 200 concerts en formule acoustique avec un piano et une guitare. Sans promotion aucune, donc ni les journaux, ni les télés, ni les radios n'en ont parlé. Le public était présent, mais bon. Il y a une aigreur par rapport à tout cela, maintenant, quand tu vois le succès que remporte "Boucan d'Enfer" ? Renaud : Non, pas du tout. J'ai enterré la hache de guerre avec les médias, avec qui j'étais en guerre pendant des années. Maintenant, j'essaie surtout de rencontrer des gens gentils. Et si possible des journalistes qui ont des questions pas trop con à poser. Bénabar, tu en es où avec les médias ? Bénabar : Moi ça se passe bien, mais c'est pas pareil. Comme je suis débutant, je ne suis pas connu, donc les gens qui me rencontrent sont des gens qui ont bien aimé mon album. Au stade où en est Renaud, ça n'est plus forcément pareil. Je n'en suis qu'à mon deuxième album - le premier était très sorti de façon confidentielle. Donc c'est toujours agréable de raconter à quelqu'un ce que tu fais pour essayer de toucher du public. Donc moi, je joue le jeu sans problème. Ça fait partie du boulot. Et je m'arrange bien avec les attachés de presse de la boîte. Renaud : C'est quelle boîte, en l'occurrence ? Bénabar : C'est Zomba/Jive. Renaud : Connais pas. Bénabar : Un indépendant américain qui fait des trucs énormes genre Britney Spears. Et ils ont ouvert une petite boîte en France où ils sont vingt. Et c'est grâce à la thune de Britney Spears que je fais des disques. Moi, ça me va. Il faut des gens qui rapportent le blé, et il faut bien que ça serve à d'autres ! Renaud, quel est le regard que tu portes sur la chanson française d'aujourd'hui ? Renaud : Ça fait presque 25 ans que l'on me pose la question. (Arrghh !!! Les journalistes qui posent des questions pas trop con !!! — ndr). Comme si tous les cinq ans, ça évoluait, ça régressait. Il y a toujours autant de merdes et toujours autant de choses de qualité. Qui ai-je découvert, depuis quelques années ? J'ai découvert Mickey 3D, j'ai découvert Bénabar, Manu Chao (que j'adore), Noir Désir, mais ça fait un sacré moment qu'ils sont là. Akhenaton, aussi, mais ça fait dix ans qu'il est là... Tu as été touché par le disque sur lequel des artistes de hip-hop français t'ont rendu hommage ? Ça t'a étonné ? Renaud : Bah, j'ai été étonné qu'ils s'intéressent à mes chansonnettes, et touché, parce que c'est un bel hommage. Après, j'ai été un peu dérouté par la façon dont ils ont massacré mes mélodies, quoi. À ce point ? Renaud : Ah ben totalement, oui ! Il ne reste plus rien de mes chansons, quoi. Il reste le texte quand, pareil, il n'est pas massacré. Et le texte, c'est le plus important ? Renaud : Bien sûr. J'ai toujours dit que la musique était le véhicule pour mettre en valeur le texte et les mots. J'essaye de faire ça le mieux possible. Alors des fois c'est un peu rock, des fois c'est un peu folk, des fois c'est un peu country, mais dans l'absolu, peu importe... Sur "Boucan d'Enfer", il y a cette chanson, "L'Entarté" où Renaud brosse un portrait pas glorieux de Bernard-Henri Lévy. Bénabar, penses-tu aussi qu'il faut élever une statue à Noël Gaudin ? Bénabar : Alors moi, pas du tout, pour tout dire. L'entartage est une chose qui ne me plaît pas du tout. Une sorte de terrorisme médiatique qui me déplaît plutôt dans l'idée. Renaud : Je trouve aussi. J'ai souvent dit en interview que je trouvais que c'était une agression très violente, mais je répète à chaque fois que quand même, qui n'a pas rigolé en voyant Bill Gates se faire entarter !?? Bénabar : Là, ça me fait marrer. Mais au fond, ce qui me gêne, dans l'entartage, c'est la haine de l'intellectuel qui, bon... BHL, il est ce qu'il est... Renaud : C'est pas la haine de l'intellectuel, c'est la haine du surpuissant médiatique. Bénabar : Non mais Bill Gates, j'approuve, mais dix fois sur BHL, bon... C'est quand même pas le pire. Renaud : Ah non, c'est pas l'ennemi le plus redoutable, c'est vrai. Bénabar : Y'a d'autres victimes plus pertinentes, je trouve. Jean-Marie Messier, par exemple. Renaud : Je suis d'accord. Mais quand même, quand j'ai vu BHL se faire entarter au bout de six fois, ça m'a encore fait rigoler. Renaud, dans "Je vis caché", tu racontes ta haine des mondanités. Renaud : C'est parfaitement sincère. Je fuis les cocktails, les soirées showbiz, les dîners mondains, je ne connais pas. C'est une chose que j'ai toujours détestée. Bénabar : Moi je ne suis pas invité aux mondanités (rires) ! Renaud : Ça viendra, ça viendra. Quels sont les pièges auxquels on n'échappe pas quand on essaie de s'imposer en tant que chanteur ? Renaud : L'étiquetage facile. J'ai toujours été une bonne cible pour les étiquettes. Chanteur loubard, chanteur de gauche, chanteur des banlieues... Pour l'instant, Bénabar a échappé à tout ça. Il reste un chanteur-compositeur-interprète pas marqué par une histoire caricaturale. Puisque l'on est dans la caricature, tu es toujours le chanteur énervé/énervant que tu disais être ? Renaud : Énervé, je pense l'être de moins en moins. Énervant, j'espère encore l'être à travers quelques chansonnettes, juste pour énerver quelques nuisibles, mais je suis moins énervé qu'avant. Avec la cinquantaine, j'ai pris un peu de recul. Tu viens de terminer un film. Une passion ? Renaud : Non, c'est juste que ça m'amuse. Ça permet de rester actif, d'avoir une activité professionnelle. Si je n'ai pas d'activité, je m'étiole. Et si je m'étiole, je me détruis. Le cinéma, c'est une chose qui attire Bénabar ? Ton clip est plutôt drôle... Bénabar : Je n'y joue pas véritablement mais c'était sympa car c'est mon frangin qui l'a réalisé. Moi, je viens d'une famille de cinéma, j'ai beaucoup été stagiaire-régie, ce genre de trucs donc, bon, ça ne m'attire plus trop. Je ne suis plus du tout branché par ce business. J'ai justement trouvé dans la chanson quelque chose qui m'allait. Quelque chose de simple, où il suffit d'être tout seul avec un piano. Où après, libre à toi de rajouter des gens. Mais où tu peux te passer de l'une usine à gaz qu'est le cinéma, qui demande énormément de pognon, énormément de gens. La chanson, c'est plus de proximité. La scène jusque là a été ton meilleur tremplin... Bénabar : J'ai commencé par la scène avant même d'avoir une maison de disques. J'avais déjà fait 300 concerts avant de signer. C'est l'avantage de notre métier : pouvoir faire de la scène sans sortir de disque. À choisir, je prendrais la scène, c'est sûr. C'est ça mon boulot. Faire des disques, voilà. J'ai fait un premier disque parce que je voulais aller jouer en province. On m'a fait comprendre qu'il fallait une carte de visite. Mais ça ne m'était jamais venu à l'idée avant. C'est sincère, c'est pas de la fausse coquetterie. Renaud, la scène, pour toi aussi, c'est l'exutoire... Renaud : Ah oui, c'est... J'ai deux passions dans ce métier : quand j'écris le mot ‘fin' en bas d'une chanson que j'ai réussi à écrire, et quand je suis sur scène avec le public. C'est magique. Jouer les chansons de "Boucan d'Enfer" sur scène s'annonce-t-il difficile ? Renaud : Pour l'instant, je n'en suis pas là. On n'a pas encore attaqué les répétitions du prochain spectacle. Le problème, c'est que je vais devoir défendre des chansons qui correspondent à une époque de ma vie qui est un peu révolue, où j'étais au fond du trou, en dépression. Mais les chansons existent, alors je vais les chanter. Le bonheur, il est sur scène. La larme du gamin de quinze ans au premier rang, c'est incomparable. Les briquets allumés... Dans une chanson de son disque, Renaud parle du bar où il retrouvera les Boris Vian, Coluche, Desproges et Patrick Dewaere pour boire un coup le plus tard possible. Qui y a-t-il, toi Bénabar, dans ton "Bistrot préféré" ? Bénabar : En premier, je dirais Claude Sautet. Nino Rota. Mastroianni... Renaud : Tous ceux que j'ai oubliés : Mouloudji, Barbara, Topor... Bénabar : Mais combien y'en a-t-il que j'aurais aimé rencontré ? J'aurai rêvé de rencontrer Mitterrand, Gainsbourg... Desproges ! Renaud : Des gens que j'ai eu la chance de fréquenter et de connaître. Je m'en sens un peu survivant, de cette époque, quand je vois l'hécatombe. Je parle même pas de Balavoine, de Michel Berger. Des collègues, des confrères... Mais tu vois tout de même quelque chose de nouveau pour toi se profiler,non ? Renaud : Non. Je vois que j'avais un public de base, de fidèles. Et là je vois que j'en touche d'autres. C'est bien de conquérir de nouveaux publics au bout de vingt-sept ans de métier. Pourquoi toujours tes "chansonnettes", et pas tes "chansons" ? Renaud : je n'ai fait que des chansonnettes. À une exception ou deux. Une chanson, c'est "Le temps des cerises", qui dure depuis deux siècles, et une chansonnette, c'est "Dès que le vent soufflera", qui dure dix ou quinze ans. C'est déjà pas mal. Ma seule chanson, c'est "Mistral Gagnant", et encore. Quels sont les morceaux de Renaud qui t'ont le plus touché, Bénabar ? Bénabar : Ça a été en deux temps. D'abord, quand j'étais môme, les chansons engagées, ou bien "Gérard Lambert". Et puis j'ai décroché. Et puis il y a deux ans je me suis racheté tes disques et j'en ai découvert d'autres. Aujourd'hui, malgré le côté nostalgique de la chose, j'aime moins les chansons engagées de l'époque. Je les écoutais le poing levé. Mais franchement, sans utiliser des grands mots à la con, il y a plus d'une dizaine de chansons qui sont, à mon avis majeures. Je le pense sincèrement. Sur "À la belle de mai", qui est malheureusement passée discrètement, il y a de super belles chansons. "Le petit chat est mort", c'est vachement joli. Renaud : "Le petit chat est mort", tu connais ça, toi ? Parce que c'est une petite chanson, mais que j'aime bien. Bénabar : Typiquement, c'est un disque que je n'avais pas acheté à sa sortie. Et voilà un titre que j'ai découvert. D'autres sont aussi complètement passés à côté des yeux du public, mais je ne suis pas inquiet pour Renaud. Une bonne chanson, ça reste une bonne chanson. Elles vont encore être découvertes ! Le meilleur album, c'est toujours le dernier en date ? Renaud : Non. Pour moi, celui-ci me semble meilleur que les trois précédents, mais je reste toujours attaché à "Mistral Gagnant". Le plus fantaisiste, celui qui contient les meilleures chansons. Un dernier mot ? Renaud : Que Bénabar continue à nous faire de belles chansons. Il ira loin. Bénabar : Je pense la même chose (rires). article original
    • Album Boucan d'Enfer
    • Chanson Je vis caché
    • Chanson L'entarté
    • Chanson Le Petit Chat est mort
    • Chanson Mal barrés
    • Chansons Françaises
    • La Closerie des Lilas
    • Relations avec les médias
    • Tournée d'enfer 2002-2003
    • Vie Alcool

5 octobre 2003

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30 septembre 2003

Merci à PtitPec, Liz, Sylvain.

Journal Inconnu
  • 18 février 2001, Renaud : « Je prépare enfin, un nouvel album » > du Dimanche 18 Fevrier 2001 Renaud : « Je prépare enfin, un nouvel album » Magazine Une Victoire d'honneur, hier soir, lors des Victoires de la musique, en direct sur France 2, et derrière son silence médiatique de trois ans, bien des douleurs. Il en parle, avec dignité. Notre interview du dimanche Renaud termine sa tournée triomphe le 9 mars, à Chaville, près de Paris. 202 concerts, en 18 mois, dont un à Six-Fours, dans le Var. Il lui arrive, entre deux, d'aller à la pêche à la ligne, comme dans la chanson, avec Buccolo, son guitariste, qui en a écrit la musique. A la Closerie des Lilas, à Paris, bar mythique où se sont abreuvés Hemingway, et tant d'autres, Renaud attend. Plus qu'une interview, la rencontre des copains d'abord. « On peut s'étonner que tu acceptes une Victoire d'honneur... - J'aurais préféré la gagner (1). Pour une fois que le métier me rend hommage, je n'allais pas cracher dessus. J'ai déjà la reconnaissance du public. - Un public qui se dit que tu l'oublies... - J'en suis à 250 000 spectateurs en dix-huit mois. On est trois sur scène, avec Buccolo à la guitare et Lanty au piano. Partout, ils sont là à nous attendre. Je ne suis plus tributaire des modes, des tubes, des hits parades. Je suis devenu une institution, comme Barbara et Reggiani qui remplissaient des salles sans promo. C'est le privilège de l'âge ! Quarante-neuf ans, le 11 mai. - Le prochain album, c'est pour quand ? - Promis, juré, d'ici la fin de l'année. J'enregistre avant l'été. L'inspiration n'est plus morte. J'ai la banane. Encore trois chansons. J'ai en neuf, sept totalement inédites (deux rigolotes, cinq tristes), et deux que je chante, déjà, sur scène, Elle a vu le loup et Boucan d'enfer. - C'est quoi, ce boucan ? - Il vient de mes problèmes conjugaux. La séparation d'avec ma femme depuis deux ans, après plus de vingt ans. Tout sauf une rupture. On s'aime toujours. C'est la femme de ma vie. Je suis l'homme de sa vie. Seulement, on ne cohabite plus. - Une autre femme ? - Pas l'ombre d'une. Dominique est une femme intelligente. Elle ne m'aurait pas quitté, pour de minables problèmes d'adultère. Elle est heureuse. Je suis malheureux. Désespéré. La mésentente vient de là. - Un jour, cela a été votre constat ? - C'est venu petit à petit. ça a craqué. C'est dur de vivre avec un homme désespéré. Bizarrement, l'harmonie est revenue depuis qu'on est plus ensemble. -Vous vous voyez toujours ? - L'été dernier, pour les vacances, on a loué une maison au Cap Ferret. Demain, c'est son anniversaire. On dine ensemble. - Un cadeau ? - Un petit pull en cachemire, rapporté du Québec. - Dans votre maison, près d'ici, où elle habite toujours, il y a tes collections de BD, de disques de Brassens... - Le décor me manque un peu. J'y vais souvent. J'y retournerai un jour. - Tes collections ne te manquent pas ? - J'ai moins de passions qu'avant, car je suis moins heureux. Quand j'étais heureux, les malheurs du monde me bouleversaient. Je m'interroge moins sur la misère des autres. - Que devient votre fille Lolita ? - Elle a 20 ans. Elle fait une école de cinéma, pour devenir metteur en scène. - Son avis, sur tout ca ? - On parle beaucoup. Elle a un caractère à la Renaud. Très pudique, très indépendante, sévère, pas nunuche. Je suis comme un petit bébé devant elle. Elle observe ça de l'extérieur, parfois avec des larmes, parfois avec du fatalisme. Elle m'aime tellement, qu'elle veut pas me voir me détruire. - Il y a autre chose encore. On peut en parler ? - Je suis un peu tombé dans l'alcool. Pastis ou bière. Je ne culpabilise pas trop. Je ne suis jamais bourré. Je ne perds jamais le contrôle de moi-même. - Et avant ? - Je buvais très peu. - Tu ne cherches pas à guérir ? - J'ai passé deux fois quinze jours dans une clinique de désintoxication. Cure de repos, à boire de l'eau. C'est dur d'arrêter. J'ai envie, pour mes kilos en trop. J'étais à 67. Je suis à 79. J'ai pas envie qu'on dise : « Il a grossi, il est bouffi ». Les gens parlent sans savoir. - Et tu reçois dans un bar... - Ici, c'est mon bar, ma salle à manger, mon resto, quand je suis à Paris. J'habite une chambre, au dessus. Le hasard. - Tu sembles en forme, pourtant... - J'étais malheureux comme les pierres. Je m'étiolais. Des potes m'ont dit : « Tu veux de l'amour. Pars en tournée ». Tu peux pas savoir la somme d'amour qu'on reçoit sur scène. L'autre jour, trois générations sont venues en coulisses. La gamine de 10 ans, la mère de 30 et la grand-mère de 50. Celle-ci en avait 25, quand j'ai écrit Hexagone. - Et les psys, ils ne peuvent pas te guérir ? - J'en ai vu six. J'ai voulu les changer, pour retourner le problème. Ils n'ont pas voulu ! Je trouve plus de réconfort auprès d'amis, comme mes musiciens, qu'auprès des psys, et ils ne me prennent pas 800 F la demi-heure. - Le plus important, c'est l'amour ou l'amitié ? - L'amitié est plus durable, sans doute. La différence, c'est le lit qu'on ne partage pas. Quoi que, des fois, je dormirais bien dans le même lit qu'un copain, pour la présence physique. Si t'écris ça, on va dire que je suis devenu pédé ! - Ce mal de vivre, il a bien une raison. - La vie, l'âge. Et puis, le succès m'a plus perturbé que je ne l'imaginais. Cette pression des gens qui m'aiment ou de ceux qui me détestent. Mon proverbe préféré est : « Pour vivre heureux, vivons caché ». Pas facile, pour un homme public. - Pourtant tu aimes la vie, malgré tout... - Je suis vivant. ça me donne la banane. Je voudrais vivre jusqu'à 100 ans. Pourtant, quand je suis seul, pendant des heures, je gamberge. Je me dis que le pire serait de vieillir et de mourir tout seul. - Pourquoi ce silence médiatique de trois ans ? - Je n'ai rien à dire. J'ai toujours eu plus d'humilité, que de prétention. Renaud bis passe, nous tape sur l'épaule. Thierry Séchan, son frère ainé, qu'on a connu chanteur, écrivain, polémiste. Curieusement, je suis plus proche de lui que de David, mon jumeau. On habite ensemble. Je suis soutien de famille ! - Et ton père, qui t'a fait découvrir Brassens ? - Toujours là, à 90 ans. Je vais le voir, le dimanche après-midi. Il a été un écrivain fabuleux. J'aimerais qu'on le redécouvre (2). Ma mère est là aussi. ça fait chaud au cœur. - Es-tu toujours Mitterrandolâtre ? - Je ne me renie pas. Malgré l'inventaire, malgré la trahison de ses amis et le fiel de ses ennemis, il reste un grand mec politique que j'ai rencontré et que j'aime. Il avait l'intelligence, l'humour et même, le machiavélisme. C'était le plus fort. Quand j'ai chanté à Cognac, il y a un an, j'ai fait les quinze bornes, jusqu'à sa tombe, à Jarnac. J'ai déposé une petite rose. - Sentimental... - Qui peut le remplacer ? Qui peut inspirer une telle impulsion ? Ni Jospin ni les autres socialistes ni quelqu'un de droite, bien sur. - Tu votes toujours ? - J'ai honte de l'avouer, vu que je suis libertaire. - Toujours de gauche ? - Quand je vois ce qui arrive à Jean-Christophe Mitterrand et Roland Dumas, je n'ai plus envie de voter à gauche. Comme je ne veux pas tomber dans le discours, « Tous pourris », j'y vais quand même. - Tes nouvelles chansons sont-elles engagées ? - Moins qu'avant. Avec l'âge, on se désintéresse de la politique, de la vie du monde. J'ai plus de chansons personnelles qu'universelles. Je parle des petites gens. - Tu chantes toujours Putain de camion ? - Coluche me manque. L' ami, le frère mais aussi le personnage social et politique. On aurait bien besoin de son grain de sel dans le débat. - C'était le parrain de ta fille... - Au sens originel du mot. Il n'arrêtait pas de nous dire qu'il s'occuperait d'elle, serait son tuteur, si nous disparaissions. C'est tout juste, s'il ne voulait pas qu'on lui signe un papier. Et puis, putain de camion. - Tu as perdu pas mal de potes... - Je leur porte malheur ! Desproges, Boudard, Dard, mon autre père, Doisneau, amour de petit bonhomme, à qui j'ai dédié Rouge-gorge, et Gainsbourg. Lui m'appelait à trois heures du matin : « Prends un taxi, gamin. Bambou m'a quitté ». J'allais lui tenir la main, jusqu'au petit jour. - Pas très gai, tout ça... - La vie, c'est du beau et du moche. J'ai une nièce qui est morte, il y a six mois, d'une rupture d'anévrisme, à 27 ans. Tu crois que c'est juste ? - Après Germinal, est-ce qu'on te reverra au cinéma ? - J'ai un projet avec, comme réalisateur, Brad Mirman, scénariste de Highlander III. Johnny a signé. Kiefer Sutherland est prévu. C'est l'histoire de petits braqueurs français qui vont faire un coup à Chicago. - La Chance aux chansons assassinée ? - Le mépris des petites gens. C'était un peu kitsch, jamais vulgaire. J'aimais y chanter. C'est une cabale contre Sevran. De l'accordéon à quatre heures de l'après-midi n'est pas la tasse de thé des « Inrockuptibles » ! - Quelle est la chanson de toi que tu préfères ? - Mistral gagnant, que j'ai choisie pour les Victoires. - Pour l'éternelle enfance ? - Je parle à l'enfance, à mon enfance. Je parle à un enfant, à tous les enfants. Les enfants, ce qui me touche le plus. - Tu voulais appeler un futur fils, Pierrot... - J'aurais aimé l'avoir avec la femme de ma vie. C'est un peu tard. Avec une autre, jamais. - Tu a écris : « La femme est l'avenir des cons »... - A l'époque, c'était juste pour emmerder Aragon et les communistes ! » 1. Après neuf nominations, Renaud n'a obtenu qu'une Victoire, pour l'album de reprises de chansons de Brassens. 2. Olivier Séchan, prix des Deux Magots, prix Cazes, grand prix du roman d'aventure. Par Alain LAVILLE
    • Victoires de la Musique
Nouvel Observateur
  • 8 février 2003, NRJ Music awards > Nouvel Observateur télé du 8 au 14 février 2003 NRJ Music awards La chanteuse colombienne Shakira, Renaud, le groupe Indochine et Jennifer, ancienne élève de la "Star Academy" sont les grands gagnants des quatrièmes NRJ Music Awards décernés le mois dernier en ouverture du marché International du Disque (Midem) à Cannes. Ces trophées, dont la remise a été retranmise sur TF1, récompensent les artistes les plus diffusés à la radio au cours de l'année 2002.
Le Parisien
  • 15 février 2003, Victoires de la Musique : un bon palmarès autour de Renaud > Le Parisien du 15 février 2003 source Victoires de la musique Un bon palmarès autour de Renaud ENTRE le triomphe de Renaud, distingué trois fois, et les sacres des révélations Sanseverino et Vincent Delerm, les 18 e s Victoires de la musique, diffusées en direct du Zénith, samedi soir, pendant plus de trois heures et demie sur France 2, n'ont oublié personne. Ni les revenants Christophe et Indochine, ni les Québécoises Lynda Lemay et Natasha St-Pier. A travers cette dernière, même Pascal Obispo, l'éternel oublié des Victoires, s'est vu distinguer pour ses talents de compositeur. Un palmarès en phase avec la réalité commerciale, mise à part Carla Bruni qui, en dépit de ses 500 000 albums vendus, est repartie les mains vides et dépitée. Malgré sa longueur programmée, la cérémonie a attiré 4,2 millions de téléspectateurs (voir ci-dessous) . Côté musique, rien à redire : on a pu entendre tous les nommés interpréter, en live, l'un de leurs succès. Côté spectacle télé, en revanche, la prestation de Michel Drucker et Jean-Luc Delarue n'a pas toujours été du meilleur goût ­ pourquoi, notamment, se moquer gratuitement de Jenifer, qui concourait dans la catégorie « album de l'année » ? Sans parler de la vacuité des interventions de Ness, en coulisses? où les artistes ne faisaient que répéter ce qu'ils venaient de dire sur scène.
    • Victoires de la Musique
20 Minutes
  • 17 février 2003, Victoires de la Musique > 20 Minutes du 17 Février 2003 Victoires de la Musique Meilleur artiste, meilleur album, meilleure chanson. Fort de trois Victoires, le revenant de l'année n'a pas voulu contenir son émotion. C'est bien plus que des Victoires de la musique, a lancé Renaud. Ce sont des victoires sur ma dépression, sur la séparation d'avec mes muses, sur ma "pochetronnerie", enfin sur moi quoi!" Le fringant quinquagénaire se dit prêt à refaire un boucan d'enfer : "Je suis sorti du trou dans lequel je m'"tais enferm". Maintenant, j'ai la gnaque et je suis reparti jusqu'à mes 100 ans!" L'artiste n'en a pas oublié la scène internationale. "Je tiens à remercier les inspirateurs de mon duo avec Axelle Red: les deux abrutis de la planète, Oussama et Georges W." source
    • Victoires de la Musique

19 juillet 2003

Merci à Néotine, Nataly, Liz, PtitPec.

La Dépêche du Midi
  • 16 décembre 2002, Renaud, l'écorché d'un enfant du siècle > La Dépêche du Midi du 16 décembre 2002 Renaud, l'écorché d'un enfant du siècle FRANCE 3 - « Le Rouge et le Noir », ce soir à 20 h 55 On dirait presque qu'il nous parle de l'au-delà. Avec un détachement plein d'élégance. Avec l'émotion dosée qui suit les larmes. Et il nous prévient d'entrée: « C'est l'histoire d'un mec de 50 balais, qui est revenu de tout... » Blessé, brisé, mais digne et debout. Il serait pathétique s'il n'avait en lui l'étincelle malicieuse de l'humour qui lui redonne ses allures de titi-farfadet, de Gavroche qui le moment venu saura faire un croche-patte à la Camarde. Et pourtant, Renaud, c'est une vraie succes-story. Une histoire qui se conjugue avec le nôtre, celle des mômes du baby-boom, qui ont connu les barboteuses et les sandalettes de l'après-guerre. Le documentaire de Didier Varrod laisse la place aux images 8 mm tournées par le papa de Renaud, dans les années 50. Chronique qu'une famille comme il faut, bourgeoise, mais militante, aisée mais généreuse, où le petit garçon s'imprégnera des idées de justice et de solidarité. Renaud? Cela fait un quart de siècle qu'il nous accompagne. On le retrouve à ses tout débuts, avec la bande à Coluche: Patrick Dewaere, Henri Guybet, Miou-Miou. Et puis on le suit, d'expéditions maritimes en coup de gueule à Moscou. En passant par l'aventure Germinal: bien plus qu'un film, une plongée dans ses racines ch'timies, au fond d'une mine d'émotion et d'une galerie de grandes gueules. Renaud? Tout semble lui réussir. Ses concerts attirent des milliers de fans, il est une star respectée, il vendra 12 millions d'albums! L'ADIEU AUX COPAINS Pourtant, rien ne va. Comme dans la chanson, ce Roi Renaud porte ses tripes dans ses mains. Tout au long de sa carrière, il a gueulé ou murmuré ses émotions les plus intimes à travers ses chansons. Les émois de la paternité, avec « En Cloque » ou « Morgane de toi », ses doutes face à l'enfance dans « Mistral gagnant », ses révoltes dans « Mort les enfants », et par dessus tout son amour pour son éternelle compagne (même si elle est partie), Dominique, « Sa Gonzesse ». Sa carrière, ses albums semblent être le séismographe de cet amour-là, qui entrera sans doute un jour dans la légende, comme celui d'Aragon pour Elsa, de Dali pour Gala. Car c'est à l'aune de ce baromètre que le chanteur se pochtronne, que Renaud devient Renard. Il ne cache rien de son enfer. De ses déprimes abyssales, de ses noyades dans l'alcool, de sa paranoïa. Même si en même temps, il sait qu'il a avec son public « des millions d'épaules pour pleurer ». Renaud? Il crève d'amour, mais aussi de nostalgie. De ce temps qui s'enfuit, pour ne laisser que les images muettes en 8 mm d'une maman qui gave de mûres une couvée de bambins gourmands dans un chemin creux gorgé de chaleur. De cette enfance où pétillaient les « Mistral Gagnant » et les Coco Bauer... Une femme partie, une enfant qui grandit, et des copains disparus: Dewaere, Coluche, Gainsbourg, Renaud les cherche à tâtons, dans le crépuscule où il s'égare si souvent. Même François Mitterrand, le Tonton « machiavélique », lui manque. Le moineau aux épaules de velours à mal à ses ailes. « Fatigué », ce mécréant semble ne pas rechigner à cheminer vers le paradis des enfoirés où il retrouverait ses potes. On a envie de lui gueuler de ne pas laisser béton. « J'ai du mal à imaginer le reste de ma vie sans alcool », confie-t-il. Sachant que le delirium est planqué derrière son blouson de cuir, près à le vampiriser au moindre godet... Eh, déconne pas Renaud, c'est à nous que tu fais de la peine... Dominique DELPIROUX
    • Émission Le Rouge et le Noir
France 3
  • 8 décembre 2002, Renaud, le rouge et le noir > France 3 du 8 décembre 2002 Renaud, le rouge et le noir Réalisation: Eric Guéret et Didier Varrod. Origine: France. 2002. Après sept ans d'absence, Renaud revenait, en 2002, avec un tout nouvel album, «Boucan d'enfer», sans doute le disque le plus intimiste de sa carrière et d'ores et déjà son plus grand succès, avec plus de 1,5 million d'albums vendus. Le duo avec Axelle Red, «Manhattan Kaboul», s'inscrit dans la lignée de ses meilleures chansons, comme «Marche à l'ombre», «Morgane de toi» ou encore «Mistral gagnant». Dans ce document, Renaud a accepté de se raconter lui-même. Il propose en outre de nombreux documents personnels inédits relatant sa carrière depuis ses débuts militants de l'après mai 68, qui illustrent parfaitement le lien qui unit ses chansons au peuple de France.
    • Émission Le Rouge et le Noir
Journal Inconnu
  • ?-?-03, Tubes d'un jour, tubes de toujours > Tubes d'un jour, tubes de toujours Tubes d'un jour, tubes de toujours Showview : 79618263 DIVERTISSEMENT PRÉSENTÉ PAR FLAVIE FLAMENT sur TF1 de 20h50 à 23h05 Ce soir, ce sont plus de quarante artistes qui ont accepté l'invitation de Flavie Flament. Parmi eux, Axelle Red, Dani, Renaud, Patrick Bruel, Francis Cabrel, Pascal Obispo, Marc Lavoine, Patrick Fiori, Daniel Lévi, Étienne Daho, Youssou N'Dour, Cécilia Cara, Cristina Marocco, Nicoletta, Natasha St-Pier, Bernard Lavilliers et bien d'autres. Tous interpréteront, en formant des duos parfois inédits, les plus grands tubes d'hier et d'aujourd'hui. Je te donne, Manhattan-Kaboul, mais aussi Ti Amo, Là-bas, tous les titres marquants de ces dernières années seront ainsi « revisités » par les plus grands noms de la chanson française. Tout au long de la soirée, Flavie Flament sera accompagnée de Fabrice Ferment. Il livrera des informations et des anecdotes sur l'histoire de ces duos, et proposera des flash-back musicaux qui permettront de revoir des interprétations inoubliables de ces tubes-culte.
  • ?-07-03, Mistral polyphonique avec Renaud > NUITS DE CHAMPAGNE 2003 à Troyes du 26 octobre au 1er novembre Mistral polyphonique avec Renaud En découvrant le nom de l'auteur-compositeur invité des prochaines Nuits de Champagne, sans doute vous direz-vous que ce festival a bien de la chance d'accueillir chaque année celui qui fait la une de l'actualité. Au-delà de la belle aventure que représente désormais les Nuits de Champagne pour les plus grands artistes de la chanson francophone, il y a sans aucun doute dans leur décision d'y associer l'émotion et la qualité du grand choral que vous préparez et que vous leur offrez ! Renaud, le poète engagé, l'homme tendresse, sera parmi nous pour cette nouvelle édition du festival, dont le programme artistique devrait s'élaborer entre la folk song, le rock engagé, la chanson réaliste, les polyphonies corses, la chanson du Nord et quelques beaux rendez-vous autour de la poésie. Ainsi, les Nuits de Champagne 2003 et le grand choral devraient vibrer des influences et de l'itinéraire étonnant de cet artise, auteur de quelques pages superbes de la chanson. Sylvain Tardy et l'équipe musicale et artistique du grand choral travaillent déjà à la sélection des 15 chansons les plus représentatives de son univers. Emotion et tendresse devraient donc être au rendez-vous des ces Nuits de Champagne qui chantent. Toute l'équipe de Chanson Contemporaine et du festival se réjouit déjà de vous accueillir pour cette nouvelle destination culturelle et musicale. Comme Laurent Voulzy l'avait confié aux choristes du grand choral 2002, "la musique s'adresse au coeur et le texte à l'esprit...". Si les chansons de Renaud nous convient à la poésie et à la tendresse, ce voyage artistique devrait nous inciter aussi à porter un regard réaliste sur le monde et la vie. La variété des mélodies et leur simplicité, la fluidité des textes, leur portée et par-dessus tout la tendresse que ces couplets dégagent, sont autant d'éléments qui concourent à ce qu'un grand choeur se les approprie et en fasse un moment d'émotion pure... Docteur Renaud, Mister Renard... Le Renaud qui se chante est-il double, à la manière de l'auto-portrait qu'il dresse dans l'un de ses derniers tubes ? La face A serait cet amour des enfants (de sa Lolita en particulier) si émouvant dans Morgane de toi, Mistral gagnant, C'est quand qu'on va où et tant d'autres, cette tendresse débordante pour sa femme (et les femmes en général, par la même occasion...) qui serre si fort le coeur dans Ma gonzesse, En cloque, et plus encore dans Boucan d'enfer ou Coeur perdu ; elle serait aussi l'amour des gens simples et l'amitié, "la vraie", au détour de Chanson pour Pierrot, Manu, La Mère à Titi ou Mon bistrot préféré. Et la face B serait la révolte et les coups de gueule, poussés par exemple dans Hexagone, Morts les enfants, Fatigué ou Manhattan-Kaboul ; elle serait l'ironie féroce de Miss Maggie ou de Triviale Poursuite. Mais rien n'est si simple ! Car chez Renaud, tout est dans tout : la tendresse cachée derrière l'ironie, la compassion derrière la colère, la pudeur derrière les bravades... Et Renaud est un bloc. Un bloc d'humanité qui continet un immense amour des hommes et une révolte incessante contre leur bêtise, une tendresse infinie pour tout ce qui est fragile, petit, sans défense, beau et une colère inextinguible contre tout ce qui est écrasant, dominateur, méchant et cynique... Et cette si difficile conscience de sa propre fragilité, de ses propres contradictions qui nous le rend si proche ! Et puis derrière la voix parfois hésitante, parfois presque approximative mais toujours précise dans l'émotion, quelles mélodies imparables ! Simples mais pas communes, elles s'apprivoisent facilement et c'est un vrai bonheur de les fredonner, qu'elles soient ballades intimistes (Ah ! Inoubliable Mistral gagnant...) ou ritournelles inspirées des traditions populaires (Dès que le vent soufflera, La Ballade Nord-Irlandaise, Marche à l'ombre). Sans oublier ces mots si justes, qu'ils s'appuient sur un humour fin quoique populaire (Laisse béton) ou sur une tendresse jamais sur-faite, toujours vraie (Me jette pas)... Chanter Renaud c'est une bouffée d'amour et d'humanité teintée d'espièglerie et de dérision (y compris l'autodérision !). C'est de l'émotion à l'état brut. Imaginez-vous partageant cela, en choeur avec 800 autres chanteurs... Attention : grand choral à fleur de voix !
    • Festival Nuits de Champagne
Télérama
  • 19 octobre 1988, Renaud, sincèrement > Télérama du 19 octobre 1988 INTERVIEW Renaud, sincèrement Visage pâle attaque Zénith. Le chanteur range la quincaillerie loubard et le verlan de banlieue. Mais garde la hache de guerre. Renaud sans fard. Sérieux, concerné, passionné. Et passionnant. Le Lieu : les bureaux de Virgin, la maison de disques qui s est payé (cher : 18 millions) Renaud il y a deux ans. Le jour : lundi dernier, 10 octobre, le lendemain d un concert avant-première, à Montpellier. Et la veille du marathon du Zénith. L heure : 12h 14h non stop (le patron de Virgin, vers 13h : « Eh, Renaud, tu viens manger ? » Renaud : « J ai déjà mangé hier »). Le héros : lunettes d intello sur le nez, cuir noir pour le reste, de la tête au pied. Comme une armure. Pour se protéger de quoi ? De sa timidité (c est plein de silences, de blancs, une interview de Renaud). Et, surtout, de son angoisse. Si le concert de Montpellier a marché du tonnerre de Zeus, le Zénith, en revanche, s annonce, comment dire problématique. Il est peut-être numéro un des ventes de disques en France, Renaud. Et « personnalité la plus proche des aspirations des jeunes » (sondage de décembre 86). Mais il a le trac. Plus que ça : il gamberge sec. Il ne sait plus trop où il en est. Depuis que, il y a six mois Mais bon, allons-y, ça fera la première question. Et la plus longue réponse. D un « chanteur énervant » très énervé (combien a-t-il grillé de gitanes en deux heures ?) mais d une sincérité, d une honnêteté, qu on se permettra, en guide de préambule, de saluer bien bas. Renaud, on l aime. Point. - Or, donc, il y a six mois, lors de la sortie de votre dernier album, Putain de camion, vous avez déclaré que vous ne feriez plus de promos, plus d interviews, plus de télés, plus de radios, plus rien. Et puis voilà qu on vous revoit à la télé. Et qu on est là, face à face, pour une interview. Je ne vais certes pas m en plaindre Mais bon, qu est-ce qui s est passé ? - Il s est passé que oh là là, ça va être long à raconter. D abord, je n ai pas la prétention de détenir la vérité absolue, ni de mener une carrière avec la rigueur, l honnêteté, la pureté, l intransigeance, tout ce que vous voudrez, idéales. Mais, voilà, j ai eu un gros ras-le-bol. Pas seulement du métier. De tout. De la vie. De la mort, celle des autres. De la politique. Un grand dégoût des médias, de cette télé sur laquelle j avais déjà bavé il y a quelques années (dans la chanson Télé-Foot) mais je ne savais pas ce qui nous attendait, avec les télés privées, ces histoires de gros sous, d audience, de pub, de jeux à la con. Et puis, j en ai eu marre de me justifier dans toutes ces interviews, comme devant un tribunal. D expliquer sur une radio ce que j avais dit dans une télé et dans un journal ce que j avais dit dans la radio. Alors voilà, j ai décidé d arrêter tout ça. J ai eu la naïveté de croire que je pouvais mener ma carrière sans les médias, que mes chansons pouvaient se défendre toutes seules. Bref, je me suis tu. Je ne suis pas allé vendre mon album, comme tout le monde fait, comme je l avais fait avant : on se fait oublier pendant un petit moment, et puis quand le disque sort, on fait toutes les télés, toutes les radios, toute la presse, pendant trois mois. J ai tenu bon, pendant six mois. - Avec quel résultat, sur les ventes de Putain de camion ? - Un résultat monstrueux ! Il y a encore un mois et demi, j ai rencontré des fans inconditionnels, qui ont tous mes albums, et qui ne savaient même pas que le dernier était sorti. Bon, d accord, je m y attendais un peu, à vendre moins de disques. Je connais la puissance des médias pour vendre un produit, puisque c est de ça qu on parle. Mais enfin, des amis m avaient dit : « T inquiète pas, ton album est tellement fort qu il va se vendre tout seul ! ». Des artistes, des collègues, en rajoutaient : « T as raison, les télés, ça fait plus vendre ! ». Des fans m écrivaient : « La télé, c est de la merde, la presse est pourrie, tiens bon ! ». Mais le pire, c est pas de vendre moins de disques. L argent, ça se mange pas. Et j en ai plus que j ai jamais rêvé en avoir dans mon adolescence. Je n irais pas jusqu à dire que je ne sais pas quoi en foutre, parce que c est dur à faire avaler à ceux qui n ont rien. Mais, bon, pour moi, ça va. Le problème, c est le Zénith : offrir deux heures de spectacle et, j espère, de bonheur, d émotion, devant des salles à moitié vides, ça, c est dur ! Alors là, je reviens un peu, en choisissant de parler aux journaux que je lis, et de me montrer aux émissions de télé que je regarde - Et en faisant sponsoriser les concerts par NRJ, alors que dans votre dernier album il y a une chanson contre le Top 50, les radios FM, leur programmation idiote - Mon agent est venu me voir. Il m a dit : mon cher Renaud, vous êtes en danger. Votre attitude courageuse, intrépide, noble, tout ce que vous voulez, a des effets qu on ne soupçonnait pas : les gens ne vont pas venir aux concerts. Si vous voulez persister, libre à vous, mais alors faites le Casino de Paris Et moi, par orgueil, ou pour je ne sais quelle raison obscure, je me suis fixé un but : un mois au Zénith. Comme il y a deux ans. Alors, voilà, pou y arriver, il faut, comme on dit, un partenaire média. Et le plus efficace, c est NRJ. Inutile de dire que j ai eu beaucoup de mal à avaler, après tout ce que j avais dit et chanté. Mais enfin, j assume complètement, et la contradiction, et la honte de baver sur un système auquel j appartiens. Ça fait partie des questions que je me pose, de mes doutes, de mes angoisses. Moi, ce que je veux, c est que mes textes soient connus, mes idées entendues et mes sentiments partagés. Mais toutes ces histoires de promo, de locations de places, et NRJ Par rapport à d autres activités que j ai, quasiment militantes, j ai conscience de faire partie d un système capitaliste que par ailleurs je vomis - Quelles activités ? - Oh, des trucs avec des anonymes Le Comité de soutien pour la libération des prisonniers politiques au Portugal. L association Robin des Bois, qui défend l environnement, les espèces en danger. Les Kanaks de Nouvelle-Calédonie. Le Comité européen de défense des réfugiés et immigrés. Des gens pour qui c est une lutte permanente de défendre des causes, la nature, les droits de l homme. Et moi, je suis là, en train de m entendre avec NRJ D un autre côté, c est vrai que je suis si souvent sollicité, si je peux donner un coup de main, c est parce que ma célébrité, mon nom, ouvrent des portes, enclenchent des mouvements. Et ça, je le dois au fait que je vends beaucoup de disques, que je remplis le Zénith et que je travaille avec NRJ ! Malgré tout, c est dur à assumer - Allez, on parle d autre chose. De vos chansons, par exemple. Ça vient comment, une chanson de Renaud , Quel est le déclic, le point de départ ? - Y a pas de recettes ! Sinon, je ferais plus de douze chansons tous les deux ans C est un mot, qui amène une idée, qui amène le refrain, et ainsi de suite. Moi, j aime bien raconter une petite histoire. C est mon côté chanson traditionnelle française. Faut dire que sur ce terrain, j ai été élevé, bercé par des balèzes, Brassens, Bobby Lapointe Ou alors, c est une musique qu on me propose, qui me plaît tellement que je trouve les paroles qui vont avec. Exemple, dans mon dernier album, la chanson Cent ans. Cette ritournelle de limonaire, un peu vieillotte, ça m a fait écrire la chanson sur la vieillesse dont je rêvais depuis longtemps. Ma vieillesse à moi. Depuis que je vois les gens mourir autour de moi, mes amis Coluche, Desproges, Reiser, Balavoine, j ai envie d être vieux. Je suis ravi qu on me dise que je fais plus que mon âge ! Je regarde avec admiration les vieillards dans la rue, juste pour m imaginer comme eux et pouvoir me dire que j ai échappé à tout, à tous les dangers de cette vie. La vieillesse, pour moi, c est être arrivé au bout d une course sans tomber, même si on arrive dernier - Et Triviale Poursuite, c est le gros coup de colère ? - C est toutes mes plus grosses indignations. Chaque couplet aurait pu faire une chanson. Mais comme je ne veux pas tomber dans la chanson politique, j ai réuni tout ça dans un patchwork, sous la forme des questions du Trivial Pursuit, auquel tout le monde joue, moi le premier. Question d histoire : le Moyen-Orient. Géographie : la Nouvelle-Calédonie, etc. - Au fait, c est vrai que vous êtes allé demander des explications à l Elysée, le lendemain de la mort d Eloi Machoro ? - Absolument. L assassinat politique, c est pas vraiment l idée que je me fais d un régime de gauche. Moi, j ai milité dans mes chansons, mes propos, pour qu elle arrive, la gauche. Et j estime que j avais droit à des explications. - On vous les a données ? - Euh pas vraiment ! Mais la véritable explication, je la connais : c est que, quel que soit le régime, l armée, la police, la finance, le patronat resteront majoritairement de droite. Peu importe le nombre de ministres roses ou rouges : ceux qui tirent les ficelles dans ce genre d affaires sont toujours de l autre bord. - Toujours anar, alors ? - Tant que je tiendrai ce genre de discours et que j y croirai, je me sentirai un peu anar. Mais c est aussi un mot qui a été galvaudé. C est qui, les vrais anars ? Ceux qui posent des bombes ? Pas pour moi, en tout cas. - Et « anarcho-mitterrandiste », comme vous dites dans votre dernier disque, qu est-ce que c est ? Vous avez appelé Mitterrand à se représenter, vous l avez interviewé, vous avez déjeuné avec lui Qu est-ce qui vous plaît chez lui ? - L homme. Sa dimension historique, intellectuelle, son écriture, sa passion pour les arbres, les hommes. En tout cas, c est pas son programme. Celui de 81, oui. Mais pas celui d aujourd hui. Je ne peux pas dire que je sois un farouche partisan de l ouverture - Vous arrivez à en parler avec Mitterrand ? - Pas beaucoup, non. La dernière fois que je l ai vu, c était juste avant qu il annonce qu il se représenterait, avec quelques artistes et gens de médias. Pour nous parler de la chaîne musicale J ai compris qu il cherchait un argument électoral pour séduire les jeunes. Moi, je pensais qu on allait parler des évènements en Nouvelle-Calédonie, de choses plus graves, quoi. Je pensais que la jeunesse avait d autres soucis que la chaîne musicale - Vous avez été déçu ? - Un peu, oui ! J ai pas dit grand chose. Je lui ai juste dit que les chaînes, j étais pour les briser, musicales ou autres. Et ça m a gonflé d entrer dans la Cour du Roi pour parler de choses aussi futiles - Et avec le Parti Communiste, les rapports sont un peu plus compliqués, non ? - Ah oui ! D amour et de haine ! Longtemps, j ai été banni ! Le raccommodage s est fait grâce à ma chanson, Le Déserteur. Qui, aux yeux du PC, offrait l avantage d être impertinente avec le Président de la République et de coïncider avec la grande vogue pacifiste du PC. Ce qui est drôle, c est que c est cette même chanson qui m a valu tous les ennuis au Festival de la Jeunesse à Moscou, en 85 : trois mille spectateurs qui se lèvent et quittent la salle ! Sur le coup, j ai rien compris. J ai d abord cru que c était une man uvre du PC français pour m humilier, me casser, me donner une leçon. En fait, c était un coup des Jeunesses communistes soviétiques. Déjà, ils voyaient d un sale il que leur parti frère leur amène un artiste aussi bizarre, avec des bagouzes aux doigts, des cheveux décolorés, tenant des propos aussi provocateurs Alors, ils ont organisé cette mascarade : faire venir trois mille invités triés sur le volet, qui avaient reçu la consigne formelle de se lever à la cinquième chanson (évidemment, juste avant, on m avait demandé l ordre de mes chansons ). Trois mille personnes qui sortent en plein spectacle, ça se remarque ! Surtout quand les projecteurs éclairent les gradins vides pour que les caméras de télé puissent bien les filmer Qu est-ce que j ai morflé, ce jour-là ! J ai appris plus tard que Marchais était allé protester le lendemain auprès des hauts dignitaires soviétiques contre le traitement qu on m avait infligé. Sur le thème : mais vous êtes vraiment cons ! ce jeune homme nous est très utile en France ! Du coup, j ai eu une presse dithyrambique. Pas un mot sur l incident. Sauf quelques spectateurs assourdis par la sono trop puissante, et obligés de sortir Depuis, avec le PC, ça va. Même si je suis un peu retombé en disgrâce pour avoir appelé à voter Juquin au premier tour Déjà, soutenir Mitterrand, c était limité. Mais alors, Juquin ! - En décembre 86, Louis Pauwels vous a associés, Coluche et vous, dans sa fameuse philippique contre le « sida mental » des jeunes - J ai d abord été choqué, abasourdi par tant de haine. Une haine d ailleurs joliment formulée, car ce garçon sait écrire. Mais me retrouver avec Coluche dans cette histoire, c était plutôt flatteur Et puis, ces ronds de phrases, c est tellement facile. Donnez moi une plume et, sans tomber dans la diffamation, je peux faire preuve d autant d imagination que Pauwels. - Coluche, avec les Restos du c ur, vous avec l Ethiopie, et bien d autres encore : cet engagement des stars du show-biz, c est nouveau en France, non ? - Avec l Ethiopie, je n ai pas eu l impression de faire quelque chose de particulier. J ai toujours défendu, dans mes chansons, les causes ou les vérités qui me tiennent à c ur, quitte à me tromper. Je fais simplement mon métier, comme Balavoine et Coluche faisaient le leur. Ce qui a changé, c est l ampleur que ça prend maintenant, à cause d une médiatisation à outrance. Et tant mieux ! A ceux qui lui reprochaient Coca-Cola, en gros au-dessus du podium pour l Ethiopie, Bob Geldof répondait : « Et alors ? Y a pas de honte ! Coca-Cola nous a filé 500 briques. Ça fera autant de rations alimentaires en plus pour les enfants. » Quand c est pas médiatisé, c est pas mieux. Récemment, avec quarante autres artistes, j ai participé à un concert à l Olympia pour fournir des médicaments à un hôpital de Gaza, qui soigne les enfants palestiniens par balles. Il n y a pas eu le moindre entrefilet dans la presse, pas une télé, rien ! - Vous voilà donc pour un mois (on vous le souhaite !) au Zénith. Ça représente quoi, pour vous, cette série de concerts ? - Ah ! Je souhaite à tout le monde de connaître l ivresse d être sur scène, de chanter, de dire ses idées, d exprimer ses sentiments et d avoir devant soi six mille mômes en délire qui applaudissent, qui crient votre nom, qui allument des briquets, qui pleurent et qui rient C est extraordinaire ! Ce n est pas un sentiment de puissance, mais, d être complice avec tellement de monde, on se sent plus fort, on se sent moins seul, on a plein d espoir dans la vie, dans l avenir. On se dit : s ils pensent comme moi, s ils aiment les mêmes choses que moi - Mais, en même temps, on se sent responsable d eux, non ? - Oui, c est vrai. Il m arrive très souvent de me poser des questions. Du genre : est-ce que je ne suis pas en train de les fourvoyer ? Est-ce que mes idées sont bonnes ? Est-ce que je ne suis pas un manipulateur d âmes, d émotions, avec tous mes trucs de scène, un peu fabriqués, un peu faux ? Il m arrive de me demander si je ne suis pas en train de prendre goût à l ivresse du pouvoir - Comment y résiste-t-on ? - Ah, comment ? Je ne sais pas (silence, long silence). Je ne sais pas J assume. Surtout, j essaie de ne pas franchir une ligne invisible. Comment dire aux gens « je vous aime » sans passer pour démago ? Quand t as devant toi six mille mômes qui t aiment et te le disent, comment le taire ? En même temps, je ne veux pas jouer les leaders d opinion, et surtout pas les envoyer au casse-pipe. On peut facilement tomber là-dedans. J ai connu des concerts, à une autre époque, où il aurait suffi d un mot de moi pour que toute la salle sorte casser la gueule aux flics dehors, parce qu ils avaient passé à tabac des mômes qui voulaient entrer sans payer Une foule, de toute façon, ça me fait toujours peur. On a l impression, parce qu on est un peu plus haut et qu on a un micro, qu on est le plus fort. Moi, je crois qu il ne faut pas avoir peur de montrer ses doutes, sa fragilité. La force, j aime pas. - Vous avez évoqué la mort de Coluche, Balavoine, Desproges Terminons avec une question à la Chancel : et la vôtre, vous y pensez ? - Moi, un an avant que Coluche se tue, j avais vendu ma moto. Il m arrivait de conduire bourré, de prendre des risques dingues Quand j ai bu, j ai peur de rien, j ai pas peur de la mort. En me réveillant, le lendemain matin, dessaoulé, je me traitais de fou, je me giflais : t aurais l air malin, à la morgue, avec ta femme et ta fille venant reconnaître ton corps ! Alors, ma moto, je l ai vendue, parce que je ne veux pas mourir. J évite tout ce qui accélère la vie. Sauf le tabac, là, j ai du mal D où ma grande honte quand j ai fait ma pub pour Kanterbrau et que le professeur Got m a reproché de pousser les jeunes à boire, à se tuer au volant et à tuer des gens. Ça m a foutu une grande claque, parce que je n y avais pas pensé. Pour me donner bonne conscience, je ne disais que je les faisais juste boire de la Kanterbrau plutôt que de la Heineken J ai été nul ! Tout ça parce que je voulais tâter d autres métiers, voir si j étais capable d écrire un spot de pub Si jamais je refais une pub, ce sera contre l alcool. De toute façon, je ne bois plus. - Voilà un Renaud bien rangé - Mais j ai jamais été particulièrement destroy ! Sauf à une période de ma vie, parce que le bistrot, c était ma famille. Mais je suis un garçon très sage. Je ne suis rebelle que dans mes chansons. Et quand il faut se battre contre l injustice. Propos recueillis par ALAIN REMOND TELERAMA n°2023 19 Octobre 1988 pp. 30-34.
    • Zénith
    • Virgin : Contrat du siècle
    • Virgin
    • Album Putain de camion
    • Relations avec les médias
    • Radios
    • Chanson Triviale Poursuite
    • Politique F.Mittérand
    • Politique Communisme
    • Coluche
Télé Star
  • 28 décembre 2002, Ils ont fait 2002 - L'émouvant come-back > Télé Star n°1369 (28 déc - 3 janv) Ils ont fait 2002 L'émouvant come-back Il était au fond du trou : dépendant de l'alcool, anéanti par la séparation d'avec sa femme... Et pourtant, en 2002, Renaud renaît avec Boucan d'enfer. Cette année 2002 marque le grand retour de Renaud. Après sept ans d'absence, le « chanteur énervant » est attendu comme le messie par ses fans. « Pendant cinq ans, j'étais renfermé sur moi-même, à ne regarder que mon nombril, nous a-t-il confié. J'ai vécu une période d'autodestruction alcoolique. Après une longue panne d'inspiration, ma plume m'a dicté des chansons plus personnelles. Je n'ai jamais autant parlé de moi. J'ai eu envie de partager mes émotions ». A peine sorti des bacs en mai, son album Boucan d'enfer fait un tabac (1,5 million d'exemplaires). Son désarroi fait un triomphe. « Je pense que j'ai manqué aux gens. Ils étaient fatigués par le rap, la techno... Ils avaient sans doute besoin de chansons qui ont du sens ». « Touché et flatté » d'être sur la liste des artistes qui ont compté cette année pour Télé Star, Renaud n'en dira pas plus. Extrêmement timide, le chanteur porté par le succès reste malgré tout fragile. Espérons que sa tournée jusqu'en août prochain dans toute la France l'aidera à cicatriser ses blessures. Rien de tel que de rencontrer son public pour se réchauffer le c½ur.
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    • Vie Alcool
    • Album Boucan d'Enfer

26 avril 2003

Merci à Benoït, Franck, EplucheMontreal, Franky.

Le Monde
  • 16 avril 2003, Wanted > LE MONDE | 15.04.03 | 16h15 Wanted Une fine équipe de gangsters maladroits - Gérard Depardieu, Johnny Hallyday et Renaud - tente un coup à Chicago, et risque gros en irritant FBI et Mafia italienne. Sous l'œil placide d'un réalisateur que seule l'action pure paraît intéresser, ce petit monde devise dans un anglais franchouillard. Renaud campe un génie mutique de la gâchette, Depardieu offre un festival de grimaces qui rappelle Obélix, Harvey Keitel s'absorbe dans une parodie de De Niro et Johnny promène un regard désabusé. Seul Saïd Taghmaoui semble y croire, et on ne peut qu'admirer l'énergie qu'il déploie à emmener la petite troupe jusqu'à un épilogue bien mérité. Lorsque, pendant le générique de fin, les fous rires et les gaffes des acteurs sur le tournage défilent sur l'écran, l'on se prend à rêver d'un film autrement plus drôle : le making-of de Wanted... Florence Colombani Film canadien de Brad Mirman. Avec Gérard Depardieu, Harvey Keitel, Johnny Hallyday, Renaud, Saïd Taghmaoui, Stéphane Freiss. (1 h 39.) * ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 16.04.03 article original
    • Cinéma Wanted Crim Spree
RFI Musique
  • 28 mars 2003, En tournée avec Renaud > EN TOURNEE AVEC RENAUDOu les coulisses d'une renaissance. Paris, le 28 mars 2003 - Depuis décembre 2002, Héléna Van den Neste, une des créatrices du HLM de Renaud, meilleur site sur le chanteur, suit le sieur Séchan au cours de sa tournée, de date en date, de triomphe en ovation, de doute en fatigue. Alors que la tournée, prévue jusqu'en décembre 2003, bat son plein, Hélena nous raconte les quatre premiers mois. 3 décembre 2002 - Laval Le renard aux cheveux jaunes reprend la route pour une tournée d'enfer. Première date, première ville, Laval. Dehors, quelques-uns uns sont là depuis midi! La voix de Renaud en répétition nous parvient au-delà des murs à la plus grande joie de ses aficionados. Mais à l'intérieur, le stress est palpable : comment va se passer cette première, si le Renard avait été plus fort que le Renaud? Le soir venu, je vois défiler le gratin du métier, mais aussi les proches, famille et amis, les vrais, ceux qui ont été là à chaque instant de la dégringolade et qui comptent bien assister ce soir à la renaissance. 20h30 exactement : un coin du décor s'éclaire, c'est le bar du Renard où Renaud est accoudé et termine son verre sous les hurlements du public. Les cris sont si forts qu'on devine à peine les premières mesures de Docteur Renaud, Mister Renard. La voix et les gestes sont tremblants. Comment vont réagir les 4.700 spectateurs ? Dès la fin de la chanson, la réponse nous parvient sous forme d'applaudissements nourris et de cris qui fusent de la salle. L'amour que lui porte son public est ressenti par tous. Comme beaucoup aiment à répéter: "Ce qui nous importe c'est que Renaud chante vrai même s'il ne chante pas toujours juste!" Renaud fait le tour de son répertoire, des plus anciennes (Laisse béton) aux petites nouvelles (Elle a vu le loup), des teigneuses (500 connards) aux plus tendres (En cloque). Il y a le dilemme de Manhattan-Kaboul . Comment faire sans Axelle Red ? Le public "fera" donc Axelle! Souvent, Renaud hésite, ne sais pas ce qu'il doit chanter, mais c'est sans compter sans l'appui de son complice et guitariste Titi Buccolo qui en parfait chef d'orchestre de la formation, souffle les titres, mais fait aussi les chours pour soutenir la voix parfois défaillante de Renaud. Après le concert, Thierry Séchan, le grand frère, signe quelques autographes, presque gêné. Le ballet des roadiescommence et quand nous quittons la salle, il ne reste presque plus rien de ce décor qui nous a fait rêver. Demain, tout recommence à Angers. Espérons que jour après jour, un vrai sourire apparaîtra dans les yeux de Renaud qui entre chaque chanson, a encore ce voile noir de tristesse. 10 décembre 2002 - Besançon Renaud appelle à la manifestation de soutien à la Confédération Paysanne qui aura lieu dans quelques jours. Serait-ce un signe du retour du chanteur militant? 19 au 23 décembre 2002 - Le Zénith de Paris Les jours se suivent mais ne se ressemblent vraiment pas. Je retrouve Renaud dans cette salle qu'il a inaugurée en 1984. Pour l'occasion, il y a une première partie, Mickey 3 D que Renaud présente: "Et voici ceux qui ont été recalés à Loft Story et à la Star Academy. c'est vous dire qu'ils sont vraiment bienet qu'ils ont du talent !". Plus la tournée avance, plus Renaud à l'air d'avoir "la niaque", il plaisante de plus en plus avec ses musiciens et dialogue avec le public, presque à son aise. Détail "amusant" : il y a deux ans, lors de la tournée solo Une guitare, un piano et Renaud, le tout-Paris ne s'était pas bousculé. Or au Zénith, les places VIP ne sont pas assez nombreuses. Tous les soirs, Renaud met gentiment en boîte Johnny Hallyday qui lors d'une émission télévisée avait déclaré :"Ce que je préfère chez Renaud, ce sont toutes ses chansons de marin." (Renaud n'en a écrit qu'une.). Toutefois, ce dimanche 23 décembre - est-ce dû à la présence de Johnny dans la salle ? -, Renaud oublie cette phrase lorsqu'il présente Dès que le vent soufflera. Les événements internationaux et l'attitude de George W.Bush, lui font ressortir des tiroirs le titre Déserteur. A Paris, la surprise est la présence d'Axelle Red qui remplace avantageusement le public pour Manhattan-Kaboul. Le 23 décembre, fatiguée par ces soirées successives au Zénith, je passe plus de temps dans les couloirs du Zénith avec Akinori, membre du site HLM des fans de Renaud, venu de Tokyo spécialement pour voir Renaud. Il aura la chance de retrouver son chanteur préféré dans les loges grâce à la complicité de Thierry Séchan. 25 janvier 2003 - Le Zénith de Caen Quelle pêche! La complicité est enfin retrouvée, même si la voix n'est pas toujours au top. Premier concert de l'année, nouvelle année, un nouveau Renaud dans une forme olympique. 31 janvier 2003 - Le Zénith de Paris Ce soir, Renaud m'épate, entre les quelques pas de danse esquissés, le briquet allumé à l'unisson de son public pendant En cloque, les rappels avec le sourire, tout y est. Je me demande ce que donneront les concerts dans quelques mois tant l'évolution est étonnante. Dans les loges, Renaudparle, sourit, vit! Il essaie de me persuader que la soirée n'était pas parfaite en me disant: "J'ai chopé la crève". 15 février 2003 - Les Victoires de la Musique - Le Zénith de ParisJ'ai eu beau lire les pronostics de la presse, je me demande si Renaud va enfin être récompensé par la profession qui n'a jamais été très généreuse avec lui, hormis une Victoire "Musiques du monde" (sic !) pour Cant' el Nord, le seul album dont il n'est qu'interprète, et une Victoire, limite posthume, pour l'ensemble de sa carrière en 2001, époque où il était au plus bas. De ma place, je l'aperçois accompagné de sa fille Lolita, de son ex-compagne Dominique, son pianiste Alain Lanty et Jean-Pierre Buccolo. Album de l'année, Chanson de l'année et Artiste masculin de l'année : lui-même n'en revient pas ! Ne me demandez pas qu'elle était la suite de la soirée, les portables se mettent à carillonner, les messages fusent, le champagne coule chez les artisans du HLM, c'est que les Victoires de Renaud sont un peu les nôtres. 27 et 28 février 2003 - Forest National à Bruxelles Renaud arrive enfin en Belgique, mon pays ! On pourrait presque dire chez lui, tant le public belge a toujours répondu présent. Lui-même l'a déclaré: "Très vite, j'ai eu un énorme succès en Belgique. Va savoir pourquoi! Je faisais 300 personnes à Reims ou à Bordeaux, 800 à Liège ou à Charleroi. D'ailleurs, cette fidélité du public belge ne s'est par la suite, jamais démentie.". Le premier arrivé est le Belgo-breton Gwenaël Micault qui remplace Jean-Louis Roques au piano à bretelle. Renaud et les autres musiciens arrivent bien plus tard, bloqués dans les embouteillages à la sortie de Paris dont ils mettront une heure et demi à s'extirper. La presse est là, nombreuse, qu'elle soit écrite ou télévisée, tous veulent leur moment bruxellois. Quelle sera la réaction ce soir ? Quand Renaud apparaît au comptoir de son bistrot, c'est immédiatement des hurlements qui emplissent la salle. Cela va peut-être vous sembler chauvin, mais c'est plus fort qu'ailleurs. Renaud ne s'y trompe d'ailleurs pas et nous gratifie d'un "Ici en Belgique, vous êtes vraiment le meilleur public francophone !". Tout le long de la soirée, il le répétera. Il met en boîte Bruel et son album qu'il renomme Entre mes deux et Johnny, tous deux bredouilles de Victoires cette année. Il peut tout dire, tout faire, on l'aime ce Renaud-là. La presse ne s'y trompe pas et titre"Concert d'enfer" ou "Un sacré boucan de paradis". Seule le très conservateur la Libre Belgique titre"Le retour de la chetron sans voix"! On s'en fout, ces deux jours à Bruxelles sont deux jours de fête totale avec un public conquis par un Renaud en grande forme. 1er mars 2003 - Le Wex à Marche-en-Famenne, Belgique. Renaud arrive sur scène, l'air heureux mais fatigué. Les enchaînements sont écourtés et le rythme du concert accéléré. Renaud écourte son tour de chant, il nous zappe sauvagement Morgane de toi au rappel. Malgré sa fatigue de plus en plus apparente, Renaud trouve encore le courage de plaisanter et de remarquer que "malgré la présence évidente des anciens, il doit forcément y en avoir de petits nouveaux qui ne l'ont jamais vu sur scène.". Merci pour ces regards de complicité, pour ces petits gestes de remerciement entre deux chansons, merci pour ce retour à la vie. Je suis Renaud depuis 25 ans, mais s'il le veut bien je re-signe sans hésiter pour 25 ans de plus. Ses chansons m'accompagnent depuis mon adolescence et ont toujours collé à l'actualité de ma vie, depuis Camarade bourgeois et mes révoltes adolescentes jusqu'à Boucan d'enfer et les blessures que la vie vous inflige. Renaud s'il te plaît laisse pas béton, on a besoin de toi et de tes mots. Merci infiniment beaucoup, Docteur Renaud. Héléna Van den Neste
    • Tournée d'enfer 2002-2003
E-terview.org
  • 6 février 2003, Renaud : Tocsin d'enfer > e-terview.org du 6 février 2003 Renaud : Tocsin d'enfer Renaud, va falloir que tu m'expliques. Qu'est ce qui te prends en ce moment. C'est quoi le boucan d'enfer qui grelotte dans ta cheutron sauvage ? Pourquoi ce silence et surtout pourquoi cette interdiction de toute interview avec les journalistes. Avec eux soit, mais avec moi, merde, c'est pas sérieux ! Parce que si tu veux tout savoir, j'ai sûrement fait plus de chroniques sur toi alors que tu restais muet comme les carpes de tes étangs favoris, que sur un autre artiste qui sortait des albums. J'étais corps et âme dévoué à mon Séchan. Attendant patiemment de tes nouvelles discographiques ou scéniques. J'ai bien eu la chance de te voir avec ton piano et ta guitare mais cela ne me suffisait pas. Pas totalement. Pis v'la que tu reviens. Que tu ponds certainement ce qui se fait de mieux en matière de chanson française. Et tout ça éméché au Pernod-Ricard, c'est dire quel niveau tu pourrais atteindre à jeun. Tu te contentes pas de me plaire, tu me fais pleurer. Comme sur «  Marchand de cailloux », je retrouve un Renaud usé, abattu mais vivant. Avec sa verve et son accablement sur la race humaine. Moi j'écris à quel point on peut t'aimer. Je suis fier que tu viennes foutre quelques coups de pieds au cul de tout ce que je combat. C'est vrai je suis un peu fatigué aussi, seul contre tous. A deux c'est mieux. Comble du bonheur tu refais une tournée. Dans des Zénith monstrueux certes, mais encore trop petit pour ton succès mondialement consacré. Tu as fait de l'ombre au vioque Bruel des années 30 et tu as complètement bâillonné la nouvelle scène française (Patrick Fiori, Pascal Obispo, Jean-Pacal) en leur montrant ce qu'ils ne pourraient jamais avoir : du talent. Tu es pour moi Evangile. Quand tu dis : je fais. Tu ne te rappelles certainement pas, mais je me souviens d'un petit poulbot de province qui s'était permis d'envoyer ses « écrits » à son idole et celui-ci lui avait répondu : « continue petit ». Grâce ou à cause de toi j'en suis arrivé là. Peut être que sans toi je serais parti m'enliser dans les hautes écoles de commerce, peut être me serais je consacré à la vie de petit cadre dynamique cherchant grande entreprise à sa mesure, mais non, j'ai persisté dans l'écriture musicale pour avoir une chance de te rencontrer plus longuement quand je serais grand. Et voilà j'y suis. Je suis marié, père, heureux, mais frustré. Que tu ne veuilles pas te compromettre dans les médias soit, mais alors explique moi pourquoi Michel Drucker et surtout pourquoi : NRJ Music Award ! Là je comprends plus. Sur TF1 en plus. C'est l'alcool, t'étais bourré ? Bon je vais pas faire trois pages sur ce petit coup de canif dans notre contrat de vie. Parce que même si tu t'en rends pas compte Renaud, t'as des obligations. Désolé. Tu peux pas nous « engourouté » dans ta secte et pis nous laisser tomber comme des vieilles chaussettes. Alors écoute, on efface tout et on recommence. Tu viens bientôt dans ma région, tu m'appelles, on se tape une choppe sur le coin d'un zinc et on cause de tout et de rien. Du monde qui va mal, de ta vie qui va mieux, etc? Tu verras je suis pas plus con qu'un journaliste de Télérama. Je dirais même que je pourrais faire mieux. Parce que tu vois Renaud, dans mon bistrot préféré, il y a tout ceux dont tu causes si bien. Mais il y a toi aussi dans le mien. Et j'aimerais bien te rencontrer avant que la grande faucheuse nous appelle l'un ou l'autre auprès de Fallet et d'Audiard. Pierre Derensy
    • Album Boucan d'Enfer
    • Tournée d'enfer 2002-2003
Sud-Ouest
  • 11 avril 2003, Phénomène Renaud > article original Sud-Ouest du 11 avril 2003 Phénomène Renaud PERIGUEUX. -- 4600 personnes dimanche pour l'écouter, et un nouveau récital en novembre au parc des expositions Renaud. Le chanteur a reçu la reconnaissance de ses pairs et du public lors des dernière Victoires de la musiquePHOTO ARCHIVES SO Que ceux qui n'ont pas pu avoir de places pour dimanche se rassurent. Renaud donnera un autre récital au parc des expositions de Marsac, le jeudi 27 novembre à 20 h30. Il y aura une autre occasion de le voir, à condition naturellement de s'y prendre assez tôt. Car il y a gros à parier que ce deuxième gala se déroulera lui aussi à guichets fermés. Car il y a un vrai phénomène Renaud. Il fait les meilleures ventes de disques de l'année, remplit les salles partout où il passe. Dimanche à Périgueux, il chantera devant 4600 personnes. Un chiffre impressionnant lorsqu'on songe que pour ce type de gala, la moyenne tourne autour de 2000. Et les billets mis en vente il y déjà plusieurs mois sont partis en quelques jours. Pourtant si l'on y réfléchit bien, la date ne paraissait pas évidente. Un dimanche des Rameaux, à 18 heures, en plein pendant les vacances scolaires. Relation affective. A Limoges, aussi il a fait un malheur comme le racontent les responsables d'Euterpe Productions qui organisent la tournée de Renaud dans le grand sud-ouest. « A la fin il avait la voix cassée, il n'était plus très en forme. Il a dit aux spectateurs : Vous n'êtes pas là pour mes talents de chanteur »... C'est avant tout une relation affective qui lie Renaud à son public. « C'est quelqu'un qui a eu des difficultés, qui les a surmontées. Quelqu'un d'authentique, de sincère, de fidèle. Et il a des chansons qui percutent, tous ses grands succès comme les nouvelles ». Quant à son public il est très large. « Ceux qui le suivent depuis les années 70 ont des enfants qui l'écoutent aussi ». Plusieurs générations se retrouvent ainsi côte à côte dans ses récitals. Pour craquer ensemble. Pour le récital du 27 novembre, les locations sont ouvertes à Madison à Périgueux, tel. 05.53.53.19.70. Prix des places : 31 E.
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Le Progrès
  • 7 avril 2003, Renaud : un retour d'enfer Le chanteur énervant a retrouvé son public avec le disque « Boucan d’enfer ». Un succès démultiplié pour la tournée qui suit. Trois soirs à Lyon, trois à St Etienne, et un retour cet été dans les théâtres antiques, à Vienne et à Fourvière.
    • Album Boucan d'Enfer
    • Chanson Petit pédé
    • Salle de la Halle Tony Garnier
    • Tournée d'enfer 2002-2003

30 mars 2003

Merci à Mathieu, Néotine, Marie-Claire, Liz pour ces derniers articles qui permettent d'atteindre les 500 articles.

Ciné Live
  • 21 mars 2003, Critique Wanted > Ciné Live n°67 Critique Wanted Gérard Depardieu, Johnny Hallyday, Renaud, Harvey Keitel... TRop beau pour être vrai ? Souvent, un tel rassemblement de stars équivaut au coup de poker d'un producteur qui mobilise tous les copains et les copains des copains dans le but d'une juteuse opération. Financièrement, c'est forcément le cas ici. Mais artistiquement le projet se tient, ne se prenant pas au sérieux un seul instant au gré des pathétiques exploits de cinq truands français égarés aux Etats Unis et venus y exercer leur métier, c'est à dire vider un coffre de son contenu à la demande d'un commanditaire. Mais les malfrats à coté de la plaque se trompent de client. Et non sans avoir déjà collectionné les bourdes et faux pas, ils finissent par soulager malgré eux un parrain de la mafia de Chicago d'une partie de sa fortune. Totalement dépassés les frenchies se retrouvent alors poursuivis par tout ce que les Etats-Unis comptent de malfrats, sans compter la police locale et le FBI. Une seule solution : rentrer au pays. Quand Johnny Hallyday compare Wanted à une nouvelle aventure des "Pieds Nickelés", il ne ment pas. C'est exactement ça, dans le style d'une BD qui prend à la rigolade toutes les figures imposées du polar. Un décalage d'autant plus marqué que nos z'héros sont de sympathiques fripouilles interpretées par des comédiens dont l'anglais disons... "approximatif" participe à l'humour des bavures. De la part de l'inattendu Brad Mirman, scénariste contestable et producteur attitré de Christophe Lambert, Wanted constitue un divertissement amusant et sans prétention, dont la mise en scène du choc culturel subi par les cinq malfaiteurs ne manque pas de piquant à l'heure du différend franco-américain. En deux mots : Une comédie policière déjantée pleine de stars heureuses d'être là dans l'esprit iconoclaste des pieds nickelés.
    • Cinéma Wanted Crim Spree
Paris-Normandie
  • 17 février 2003, Renaud, le retour gagnant > Paris-Normandie du 17 Février 2003 Renaud, le retour gagnant Récompensé par trois Victoires, le chanteur a été le grand vainqueur de la cérémonie, mettant un terme à un « trou noir » de presque dix ans. Triplement récompensé samedi soir sur la scène du Zénith (victoires de l' « album chansons-variétés » de l'année pour « Boucan d'enfer », de la chanson pour « Manhattan-Kaboul » son duo avec Axelle Red et de l' « artiste interprète masculin de l'année », Renaud a été l'auteur d'un des retours les plus remarqués de la saison avec ce disque qui a franchi le cap du million d'exemplaires vendus, un des meilleurs scores de l'année 2002. Renaud avait reçu une Victoire de la musique pour ses 25 ans de carrière en 2001. Il n'avait obtenu jusqu'ici qu'une Victoire, modeste, celle de la musique traditionnelle en 1994. Renaissance. Renaud Séchan, qui a fêté ses 50 ans le 11 mai dernier, met avec ce succès un terme à un « trou noir » de presque 10 ans. Il y a deux ans, lorsqu'il avait reçu sa Victoire d'honneur, le « chanteur énervant », qui était apparu bouffi - rançon d'un alcoolisme qu'il n'a pas caché - avait reconnu que ce salut lui avait fait chaud au c½ur. Le titre du disque, explique Renaud, désigne « le bruit qu'a fait le bonheur en partant », évoquant la rupture avec sa femme Dominique après vingt-deux ans de mariage. Au fil de ses récentes interviews, Renaud n'a rien caché du long trou qu'il vient de connaître : « Manque d'inspiration, crise personnelle, pression, séparation, tendance abusive à la pochetronnerie, autodestruction et surtout les muses qui m'avaient déserté ». Mis au défi par un ami de lui écrire une chanson contre un verre de pastis, Renaud a trouvé le déclic. En quelques semaines, il a aligné quatorze nouveaux textes et une musique. Militant. En recevant ses trophées, Renaud militant de toujours, a déclaré que s'il n'avait pas été retenu par ses obligations professionnelles, il aurait été dans la rue aux côtés de 100.000 à 200.000 manifestants pro paix qui avaient défilé quelques heures auparavant à Paris. « C'est le rôle des intellectuels et des artistes d'être présents dans la lutte contre la barbarie », a notamment affirmé cet homme qui n'a jamais fait mystère d'un engagement à gauche, assez proche des thèses libertaires. Paris Normandie du Lundi 17 février 2003 (p.23).
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Le Monde
  • 17 février 2003, Une célébration tranquille des succès de l'année > >Le Monde du 17 Février 2003 Une célébration tranquille des succès de l'année Les 18e Victoires de la musique récompensent Renaud à trois reprises. Cérémonie de remise de récompenses, les Victoires de la musique peuvent aussi être un espace de parole à propos de l'actualité. Ainsi des possibilités d'un conflit en Irak. A trois reprises, Renaud est monté sur la scène du Zénith de Paris, samedi 15 février, pour recevoir ses trophées lors de la 18e édition des Victoires diffusée en direct par France 2. Lauréat des catégories interprète masculin, album chansons/variétés pour Boucan d'enfer et chanson originale pour Manhattan-Kaboul, co écrite avec Jean-Pierre Bucolo et interprétée en duo avec Axelle Red, le triple vainqueur a dit à chaque fois son émotion et évoqué les manifestations pacifistes organisées le jour même dans le monde. Rappelant que son retour au succès - son album frôle des ventes de 2 millions - était aussi une victoire sur "l'alcool et la dépression", Renaud a remercié "Oussama Ben Laden et George Bush pour leurs crimes passés et à venir, qui ont inspiré les mots un peu dérisoires de cette chanson d'espoir. Je n'aimerais pas avoir à écrire Manhattan-Bagdad." (...) http://www.lemonde.fr/imprimer_article_ref/0,5987,3209--309627,00.html
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Ouest-France
  • 17 février 2003, Renaud, adulé par le public, couronné par ses pairs > Ouest-France du 17 Février 2003 Renaud, adulé par le public, couronné par ses pairs [petit encart avec photo de Renaud en coulisses et ses trois victoires] Renaud, 28 ans de carrière, une descente aux enfers et un formidable retour couronné samedi soir par trois Victoires de la musique. [article avec photo de Renaud et d'Axelle en chantant. Légende : Samedi soir, sur la scène du Zénith, Renaud a chanté "Manhattan-Kaboul" avec Axelle Red. "LA" chanson de l'année.] Il y a eu la voix du public. Une voix amoureuses qui s'est exprimée en tendant quelque 1.7 millions de mains vers Boucan d'enfer, son dernier album, et en courant à ses concerts. Samedi soir, il y eu le voix des professionnels, respectueuse au point de lui offrir les trois Victoires pour lesquelles il était nominé. "J'espérais à peine en avoir une pour Manhattan-Kaboul, vu son succès public et radio", confiait l'artiste à la veste rouge. "Et puis voilà. Je n'ai plus le droit maintenant d'attendre sept ans et demi avant un prochain disque. De toute façon, plus je travaille, plus je suis en forme. Ce soir est un jour de grand bonheur", répétait Renaud peu après la cérémonie. Interrogés, les artistes présents aux Victoires y alaient de leur mot gentil, pas trop gentil d'avoir été oublié :"Je suis très heureux pour lui. C'est un retour fracassant. Un moment très important. Cela prouve qu'il est indispensable, parce qu'il est l'un des plus grands auteurs de la chanson." Tout bonnement. Axelle Red, sa duettiste, ne dit pas autre chose :"il est pour moi l'un des meilleurs parolliers, avec un côté tellement franc et fragile. Voilà pourquoi il touche autant de gens." Bénabar applaudit ce retour gagnant en parlant de Renaud comme d'une influence majeure et en insistant sur sa manière de savoir faire simple, même sur des sujets qui ne le sont pas. "Malgré tous ses problèmes, il n'a pas déçu. Ses chansons sont comme avant, toujours très bien", complète Sanseverino. Vincent Derme, primé pour l'album révélation de l'année, va dans le même sens, tout en précisant : "J'aime les chanteurs qui ont des voix un peu difficiles parce qu'elles sont porteuses de tout ce qu'ils ont vécu, de leur personnage en totalité. Renaud, tu suis sa vie au fur et à mesure de ses albums. Par exemple, son désir d'enfant, sa femme enceinte, sa fille qui grandit... Moi, j'adore ça. Il fait partie de ces chanteurs qui accompagnent la vie. Là, on va continuer à le suivre vers une nouvelle évolution." En réalisant un documentaire très réussi sur Renaud, Didier Varrod, également programmateur aux Francofolies de La Rochelle, a pris le temps de se pencher sur "le chanteur énervant". Son retour triomphant ne l'a guère surpris :"Le facteur de l'absence a beaucoup joué. Cela fait un septennat que Renaud n'avait pas vraimentdonné de nouvelles. Involontairement, il a créé le manque." Il pense aussi que sa tournée acoustique, en province, a joué un rôle. "Son public de base a pu voir à quel point il était déchiré par ses démons." Il s'en est suivi Boucan d'enfer comme "une confession d'ordre thérapeutique dont la sincérité de ton a beaucoup touché". Le dernier des "enragés" Didier Varrod avoue avoir failli appeler son documentaire Renaud, une histoire de France. "Car peu d'artistes sont, comme lui, en phase avec l'évolution de la société." Renaud a commencé a chanté au début des années 70. "Et il a cristallisé les utopies de ces années-là. Puis, le chnteur d'opposition s'est retrouvé, en 1981, dans la majorité. Son histoire est symétrique à la montée des utopies, aux espoirs, et aux renoncements successifs. Tout cela doublé d'un drame personnel." Didier Varrod enfonce le clou en estimant que Renaud est le dernier survivant des "enragés", une catégorie que "les Français aiment bien", et cela après les disparitions de Daniel Balavoine, Coluche, Pierre Desproges. "Renaud a la force de ces grands artistes qui dépassent leur création. Il est à l'avant-garde de beaucoup d'engagements. Enfin et c'est un facteur important pour expliquer son particularisme, il est l'homme d'une seule femme, ce qui est complètement antinomique de notre époque. Et il s'accroche à ce romantisme échevelé." Didier Varrod termine par un hommage : " Je pense aussi, tout simplement, que Renaud est un bonhomme formidable". Michel TROADEC. [le plus] 1952 : le 11 mai, naissance à Paris des jumeuax Renaud et David Séchan. Olivier, le père, est enseignant, écrivain et traducteur. La maman s'occupe des six enfants 1968 : quitte le lycée sans diplôme. Fait des petits boulots, songe à devenir acteur, commence à écrire. 1973 : chante à la terrasse des cafés parisiens. 1975 : premier album, Amoureux de Paname. 1977 : sortie de Laisse Béton. Immense succès. 1980 : épouse Dominique. Naissance de sa fille Lolita. Elle sera dans les bras de son père sur la pochette de Morgane de toi, sorti en 1983. 1985 : Mistral gagnant 1993 : en hommage à son grand-père, mineur et ouvrier, joue dans Germinal, d'après Zola. 1998 : alcool. Séparation. Dépression... 2002 : Boucan d'enfer.
    • Victoires de la Musique
La Dernière Heure
  • 18 février 2003, Axelle Red chantera à Forest avec Renaud > la Dernière Heure / Les sports du 18 Février 2003 Axelle Red chantera à Forest avec Renaud Axelle Red chantera à Forest avec Renaud. C'est confirmé pour février à Bruxelles. Mais ce sera non à Marche. Pour être présent aux Victoires de la musique, Renaud avait prévu d'interrompre cette tournée de 70 dates qui, succès oblige, a été prolongée à ...115 concerts ! Vendredi soir, il avait chanté à Albertville. Il reprendra aujourd'hui à Albi. Cette tournée, on le sait, fera cinq étapes en Belgique. Les 27 et 28 février à Forest National, le 1er mars à la WEX de Marche en Famenne, le 2O avril à nouveau à Forest National et le 6 mai encore à la WEX de Marche. La grande question que les fans belges se posent tous est évidemment : sera-t-elle présente aux côtés de Renaud sur scène. Elle étant, évidemment, sa complice de Manhattan-Kaboul et sa partenaire aux Victoires de la musique : Axelle Red. Officiellement, nous sommes en mesure de la promettre pour les concerts de février à Forest National. Pour les autres, tout est encore susceptible de changement mais, à l'heure actuelle, c'est non. Ce qui désole Marie France Martinot, une des responsables de la nouvelle salle de Marche. " Dès que j'ai appris qu'Axelle serait à Forest, j'ai téléphoné à sa maison de disques. D'après la réponse, j'ai copris qu'elle ne viendrait pas chez nous. C'est dommage. Car, après les avoir vus ensemble, samedi soir, nou avions encore plus envie de les recevoir à deux ". Il faut dire qu'Axelle entre dans la préparation de son propre spectacle dont les premières représentations auront lieu aux Halles de Schaerbeek les 21 er 22 mars. Après, du 28 au 31, ce sera l'Olympia. Quant à Renaud, il poursuit jusqu'au 28 juin. Son dernier rendez-vous avec le public de cette tournée aura lieu à Colmar."
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VSD
  • 20 février 2003, Victoires de la Musique > VSD du 20 Février 2003 Victoires de la Musique [...] "On a vu ma fille à l'antenne ?" C'est la fin de l'émission et, dans les coulisses, Renaud apprend que ses récompenses n'ont pas été les seules stars de la soirée. L'image que l'on retiendra de ces 18éme Victoires de la musique, c'est aussi le sourire de Lola, sa fille, avec qui il ne s'était jamais affiché en public. "C'était une belle image ?", demande-t-il inquiet, au journaliste qui lui fait part de la nouvelle. "Oui, elle souriait". "Bon, ça va alors". Entouré d'une dizaine de journalistes, le chanteur se fraie un passage dans la salle de presse. Il est déjà plus de minuit. Il s'assoit devant une petite table, ses trophées posés devant lui. Le ton est posé, la voix faible, le grand vainqueur n'en revient toujours pas. "C'est gênant, les autres doivent penser que c'est immérité et injuste. Recevoir deux victoires relevait du miracle, trois, de l'impossible". Mais, rapidement, les questions sur sa santé tombent. Le type de questions que Renaud aurait pu craindre en temps normal. Ce soir, non. Son destin prend un tour romanesque. "Je suis sorti de ce trou immonde où je m'étiolais. Je ne m'aimais plus, donc je n'avais plus envie qu'on m'aime. J'ai à nouveau l'envie de me battre. Je suis devenu un buveur d'eau !".
    • Victoires de la Musique
    • Lolita

29 mars 2003

Merci à Néotine, Thomas, Liz, Mathieu, Alain.

TV Magazine
  • 24 mars 2003, Spéciale Renaud sur France 2 > TV Magasine du 24 mars 2003 Spéciale Renaud sur France 2 Renaud « Plus on se met à nu, plus les gens le reconnaissent ».
    • Émission Docteur Renaud, Mister Renard
    • Télévision Pascal Sevran
    • Télévision Ariane Massenet
    • Francis Cabrel
    • Jean-Jacques Goldman
    • Relations avec les médias
    • Victoires de la Musique
    • Télévision télé-poubelle
    • Robert Charlebois
    • Julien Clerc
Ciné-télé revue
  • 21 mars 2003, Emission Docteur Renaud, Mister Renard > Docteur Renaud, Mister Renard DOCTEUR RENAUD, MISTER RENARD 20.55 > 23.15 Samedi 29 mars 2003 RÉALISATEUR : Pascal Duchêne TYPE : Divertissement DURÉE : 2 h 20 Pour fêter le succès de son dernier album, France 2 consacre une émission exceptionnelle à Renaud, le poète rebelle de la chanson française. Ce soir, Pascal Sevran et Ariane Massenet saluent son talent et invitent autour de lui des grands noms et de nouvelles figures de la scène française. Tous «morgane» de lui, ils feront un «boucan d'enfer» en interprétant quelques-unes de ses plus belles chansons. En solo, ou en duo, les textes et mélodies de Renaud seront à la fête ! Ces nombreuses séquences musicales seront ponctuées par des anecdotes, des magnétos, sur la vie de l'artiste, sa carrière, ses rencontres...
    • Émission Docteur Renaud, Mister Renard
TéléObs
  • 20 mars 2003, Spéciale Renaud > TéléObs du 20 au 26 Mars 2003 Rubrique Telex, page 30 : Spéciale Renaud Ariane Massenet s'affranchit de sa complicité avec Marc-Olivier Fogiel me temps d'un duo avec Pascal Sevran. Les deux présentateurs ont en effet été choisis pour animer sur France 3 une soirée spéciale consacrée à Renaud. Le chanteur au coeur tendre tenait particulièrement à la présence de l'animateur de l'ex "Chance aux chansons" pour le remercier de sa fidélité pendant les moments difficiles. Johnny Hallyday, Zebda et I Muvrini notamment viendront chanter en duo avec lui. A signaler également dans le même support, et aussi dans une rubrique Télex, en page 26, un petit texte sur les Victoires, intitulé "Victoires Commerciales". Ce texte indique les lauréats vendent mieux que les autres. "Quatre des dix meilleures ventes d'albums de la semaine qui a suivi la proclamation des trophées ont été réalisées par les heureux gagnants : Vincent Delerme (3é place), Indochine (5é place), Renaud (9é) et Natascha St Pierre (10é)....."
    • Émission Docteur Renaud, Mister Renard
Le Parisien
La Libre Belgique
  • 28 février 2003, Le retour de la chetron sans voix > La Libre Belgique du 28 Février 2003 Le retour de la chetron sans voix Hubert Heyrendt Jeudi et vendredi, Renaud a reçu un triomphe pour ses retrouvailles avec la Belgique. Il a comblé Forest National en lui offrant une soirée sur la place de son petit village. Johanna de Tessières Il est 20h25. Forest National trépigne d'impatience. Le chanteur énervant a du retard. Le public est varié: des vieux, des jeunes, des familles,... Les blousons noirs et les santiags ont disparu mais la ferveur est restée. Elle semble se renouveler d'année en année. Soudain, les lumières s'éteignent. On se retrouve alors sur la place d'un petit village, avec sa fontaine, sa mairie, son hôtel et bien entendu son bar «Chez Renard». A l'intérieur... Renaud et son noir son-blou. Le public exulte de voir celui qu'il attendait depuis plusieurs années. «Comme y'a eu Gainsbourg et Gainsbarre / Y'a le Renaud et le Renard, Le Renaud ne boit que de l'eau / Le Renard carbure au Ricard.» Renaud n'a jamais eu une grande voix. Aujourd'hui, il n'en a plus du tout. Les premières chansons sont à la limite de l'inaudible, l'acoustique de la salle bruxelloise n'aidant en rien. N'importe quel débutant serait hué. Mais avec Renaud, c'est autre chose, bien au-delà du simple concert. Le chanteur a besoin de ses spectateurs, comme ces derniers ont besoin de lui. Ces retrouvailles sont plutôt de l'ordre de la communion. Et Renaud de nous expliquer ce qu'il a fait pendant ces années d'absence: «Hier au Rendez-vous des amis / Hou là là je m'suis mis minable / Putain d'muflée que j'me suis pris / Lamentable.» Après «Pochtron!», l'ambiance est à la nostalgie avec les splendides «En cloque» et «La pêche à la ligne». L'occasion pour les briquets de s'allumer et pour le public de chanter. Renaud alterne morceaux de son nouvel album et anciens tubes. «Germaine» nous entraîne pour un musette sur la place du village au son de l'accordéon et sous les lampions. La salle danse et donne de la voix. «Cinq cents connards sur la ligne de départ / Et Johnny Halliday sur la ligne d'arrivée.» En un refrain, tout est dit du néo-colonialisme du Paris-Dakar. Le public applaudit, avant de se laisser bercer par la mélancolie de «La ballade nord-irlandaise» : «J'ai voulu planter un oranger / Là où la chanson n'en verra jamais / Là où les arbres n'ont jamais donné / Que des grenades dégoupillées.» Cette chanson pacifiste donne l'occasion de tester l'applaudimètre - au plus bas - de GeorgeW.Bush. La guerre en Irak ne séduit décidément pas les amis de la chetron sauvage. Une jolie surprise Après cet intermède antimilitariste, Renaud invite Axelle Red pour l'inévitable «Manhattan-Kaboul». La Rousse s'assied alors au piano pour nous offrir son «Je me fâche», sous l'oeil du Renard assis à la terrasse de son bistrot, la clope au bec. Mais l'heure tourne et c'est déjà le moment des rappels: «Manu», «Mistral gagnant», «Morgane de toi»,... sans oublier le triomphal «Dès que le vent soufflera», qui finit de convaincre que Renaud et ses adorateurs ne font qu'un. Renaud était en très grande forme, dialoguant avec son public sans cesse. Mais après 2h30 de concert et une trentaine de chansons, il fallait se dire au revoir, en retrouvant Germaine «Dans mon H.L.M».
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Le Soir
  • 1er mars 2003, Un sacré boucan de paradis > Le Soir du 1er mars 2003 MusiqueForest a fait un triomphe mérité à Renaud Un sacré boucan de paradis CRITIQUE THIERRY COLJON La quarantième étape de la nouvelle tournée de Renaud s'arrêtait jeudi et vendredi à Bruxelles. Autant dire chez lui. C'est d'ailleurs en famille, entouré de sa Dominique et de leur fille Lolita, présentes dans la salle, tout comme son frère Thierry (l'auteur du « Bouquin d'enfer ») ou encore Noël Godin l'entarteur, que Renaud a retrouvé ce Forest National où il ne s'était plus produit depuis novembre 1995. Et c'est comme si le temps et les misères passées du chanteur ne comptaient plus. On a tout retrouvé : la gouaille d'un artiste en toute grande forme, tout de noir vêtu (dont l'inévitable blouson de cuir), la ferveur d'un public déchaîné, les grandes chansons d'hier et d'aujourd'hui, l'humour, les coups de gueule, la beauté des musiques et la poésie des textes. Tout ça dans un décor splendide restituant la place d'un petit village, avec son arbre, son banc, sa fontaine, sa mairie, son hôtel de la Nuit et bien sûr le bar Chez Renard où Renaud ouvre son concert, forcément accoudé au zinc. « Docteur Renaud, Mister Renard » : et c'est parti pour 2 h 40 de bonheur. Les chansons de « Boucan d'enfer » parsèment l'ensemble du répertoire d'un Renaud remontant vingt-cinq ans en arrière jusqu'à « Laisse béton » et « Germaine ». Il fallait voir, à côté de leur grand-mère, ces deux gosses de 9 ans, Max et Julien, hauts comme trois pommes, se déhanchant sur « Marche à l'ombre » ou « Manu » qu'ils chantaient à tue-tête. Et pas que le refrain. Voilà qui devait faire chaud au c?ur au chanteur de 50 ans qui touche aujourd'hui toutes les générations. D'accord, vocalement, le début du concert grattait un peu mais au fil des chansons, Renaud a retrouvé toute sa voix. Son groupe, entre Alain Lanty au piano et Jean-Pierre « Titi » Bucolo à la gratte, assurait un max, avec une mention particulière au régional de l'étape : le Belge Gwenaël Micault à l'accordéon. Ce succès, Renaud a tenu à le partager avec Axelle Red qui fit une entrée triomphale avant un « Manhattan-Kaboul » très attendu. Axelle la Rouge, comme l'appelle Renaud, a même eu l'occasion de chanter son single seule au piano, récoltant elle aussi son lot d'amour. On sait déjà que les nombreuses peluches envoyées à Renaud iront à Janelle ou à son petit frère ou à sa petite s?ur qu'attend Axelle. Quand Renaud dit que le meilleur public de France se trouve en Belgique, on sait qu'il le pense vraiment. Et on veut bien le croire. D'ailleurs, Renaud a promis qu'il reviendrait avant l'été ? 28 chansons pour 2 h 40 de bonheur REPÈRES Voici, dans l'ordre, les chansons interprétées par Renaud, à Forest-National, jeudi soir : 1.« Docteur Renaud, Mister Renard » 2.« Si t'es mon pote » 3.« L'entarté » 4.« Pochtron ! » 5.« En cloque » 6.« La pêche à la ligne » 7.« Cœur perdu » 8.« Mon nain de jardin » 9.« Laisse béton » 10. « Germaine » 11. « Petit pédé » 12. « Baltique » 13.« Miss Maggie » 14.« Cinq cents connards sur la ligne de départ » 15.« Ballade nord-irlandaise » 16.« Le déserteur » 17.« Manhattan-Kaboul » (en duo avec Axelle Red) 18.« Je m'fâche » (par Axelle Red) 19.« La mère à Titi » 20.« Morts les enfants » 21.« Marche à l'ombre » 22.« Manu » 23.« Mon bistrot préféré » 24.« Marchand de cailloux » 25.« Dès que le vent soufflera » 26.« Mistral gagnant » 27.« Morgane de toi » 28.« Dans mon HLM »
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    • Pays Belgique

1er mars 2003

Merci à Nataly, Néotine, Liz.

Ouest-France
  • 3 décembre 2002, Concert à Laval > Ouest France de la Mayenne du mardi 3 Décembre 2002 Concert Une petite place de village comme décor sur la scène Renaud chante ce soir pour 4 500 fans Ce soir, à Laval, le chanteur Renaud entame la nouvelle tournée de son dernier album "Boucan d'Enfer". Les 4 500 spectateurs attendus à la salle polyvalente, découvriront un décor original symbolisant une petite place de village avec notamment le bar des copains "Chez Renard". Les techniciens sont à pied d'oeuvre depuis dimanche matin. "Le décor, c'est l'esprit de Renaud", confie Philippe Méreau, directeur de Laval Spectacles. Sur la scène de 400 m2 de la salle polyvalente, le décor de la nouvelle tournée de Renaud est déjà installé. "Laval est la première date d'une tournée nationale qui comptera au moins 120 concerts". Un début de tournée très important pour les techniciens de la production qui effectuent le premier montage de la scène de la tournée "Boucan d'Enfer". Comme décor, une petite place d'un village du sud de la France accueillera le chanteur et ses cinq musiciens. En plus de l'incontournable bar des copains "chez Renard", l'on découvre un Hôtel de la nuit. Sur l'enseigne de l'établissement on peut lire "Hôtel quatre étoiles dont trois filantes". 150 tonnes de matériel : Une mairie ornée d'un drapeau basque et une boutique confort et loisirs font également partie du décor. Sans oublier la fontaine et les lampions symbolisant l'esprit de fête. Dès dimanche matin, cinq semi-remorques avec 150 tonnes de matériel sont arrivés à Laval pour la mise en place de ce spectacle. "C'est le début de la tournée. On doit trouver nos marques dans ce nouveau décor", précise Dada, le directeur technique de la tournée. Montage du décor, réglages des lumières du son, la production s'est donnée deux jours pour cette première. "Après le concert de Laval nous démonterons tout dans la nuit pour le concert de mercredi à Angers". Ce soir Renaud retrouvera son public. 4 500 inconditionnels du chanteur ont réservé leur place pour ce rendez-vous tant attendu.
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  • 4 décembre 2002, Mister Renaud retrouve son public > Ouest France de la Mayenne du mercredi 4 décembre 2002 Mister Renaud retrouve son public Plus de 4 500 spectateurs enthousiastes hier soir à la salle polyvalente 8h30, l'effervescence est à son comble dans la salle polyvalente de Laval. Depuis plus d'une heure, les nombreux spectateurs de tous les âges piaffent d'impatience en attendant le début du concert. Subitement la foule se met à scander le nom de l'artiste tant attendu. "Renaud, Renaud, Renaud." La lumière s'éteint provoquant un tonnerre d'applaudissements. Portant une veste rouge, Renaud apparaît dans les lumières des projecteurs. "Vous avez du bol, vous inaugurez mon nouveau spectacle" lance le chanteur, avec son inaltérable gouaille, aux 4 500 spectateurs. "J'ai le trac et nous venons à peine de finir les répétitions". L'indulgence de la salle est acquise. Son public, conquis d'avance, est venu pour l'écouter. "Mister Renaud, Mister Renard" titre phare de son nouvel album "Boucan d'Enfer" donne le coup d'envoi de plus de 2h de concert. Les nouveaux titres comme "L'Entarté", "Pochtron", "Coeur Perdu", alternent avec les classiques repris en choeur par la foule. 21h30, "Laisse Béton" résonne dans la salle polyvalente. La communion entre l'artiste et ses fans est totale.
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Télé Star
  • 14 décembre 2002, Renaud : « la vie me fait peur » > Télé Star du 14 au 20 décembre Renaud : « la vie me fait peur » C'est « l'histoire d'un mec de 50 balais qui est revenu de tout ». Désabusé, Renaud confie à la caméra ses fragilités et ses espoirs. Sa famille « Avec mes cinq frères et s½urs, nous avons eu une enfance douce comme le miel. Mon père, écrivain, traducteur de plusieurs langues est issu d'un milieu intellectuel. Son père était helléniste et sa grand-mère, Louisa Shiffer, poétesse. Elle correspondait avec Arthur Rimbaud. Du côté de ma mère, ils étaient ouvriers et ch'tis. Mon grand-père maternel, Oscar, était mineur. C'était un prolétaire qui avait lu Marx et Lénine, un grand homme d'esprit. Moi, j'aurais aimé avoir plein d'enfants mais ma femme n'en voulait qu'un » (sa fille Lolita est âgée de 22 ans, ndlr). Sa femme « Quand j'ai vu Dominique en 1977 - je me produisais sur la scène de la Veuve Pichard - , je me suis dit : « Celle-là, je l'épouse, on vieillit et on meurt ensemble ». dans mon dernier album, il y a quelques chansons qui laissent supposer qu'elle est partie. Dominique trouve que je parle trop d'elle. Elle se sent prisonnière de mon amour et aimerait pouvoir respirer. Même si on ne vit plus sous le même toit, je suis très attaché à elle, je ne me vois pas reconstruire quelque chose avec quelqu'un d'autre. Je préfère garder mon amour comme un souvenir que d'en reconstruire un nouveau. J'ai renoncé ». Sa drogue : l'alcool « J'ai pas fait gaffe, ça m'a pris dans un moment de désespoir face à l'amour qui s'étiole. La quarantaine arrivant, j'avais la nostalgie de mon enfance envolée... Pas de tournées, pas de disque en perspective... Je me suis réfugié dans un resto où j'ai commencé à écluser. C'est la vie qui me fait peur, la mort à la limite, on s'en fout un peu. Mais j'avais moins peur de la cirrhose que de la crise de delirium tremens. J'en ai eu dernièrement, alors que je me trouvais au Québec. C'est très inquiétant... ». Ses tentatives pour s'en sortir « J'ai essayé des psys, les psychothérapies de groupe, les alcooliques anonymes, l'enfermement en clinique psychiatrique bourré de médicaments. L'alcool, c'est une drogue dure et je suis à deux doigts de retomber. D'ailleurs, j'ai eu des rechutes après avoir déclaré en mai dernier que j'étais redevenu un triste buveur d'eau. Là, je suis dans une période cool, mais j'ai du mal à concevoir les années qui me restent à vivre sans alcool. J'espère quand même fêter un jour mes 50 ans de chansons. ». Disque de diamant Pour la troisième fois de sa carrière, Renaud dépasse avec Boucan d'enfer, sorti chez Virgin, le million et demi d'albums vendus. « J'ai peut-être manqué aux gens, confie-t-il pour expliquer son succès. Ils étaient fatigués par le rap, la techno... Ils avaient sans doute besoin de chansons qui ont du sens. ».
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    • Vie Vieillir
    • Album Boucan d'Enfer
Figaro
  • 13 décembre 2002, Supplément Télé > Supplément Télé du Figaro "C'est l'histoire d'une vieille peau de 50 ans", commence Renaud en ouverture du docuemntaire que lui consacre France 3. Cinquante ans duran tlesquels le chanteur énervant a aimé, dérangé et également pas mal morflé. Chacune de ses chansons porte en elle une petite tranche de sa vie. Voilà la petite histoire quis e cache derrière certains de ses textes les plus connus. Stéphane Raïo
    • Émission Le Rouge et le Noir
Le Parisien
  • 20 décembre 2002, Le Zénith a célébré Renaud > Le Zénith a célébré Renaud IL A ETE ACCUEILLI par une salle en délire. Un tonnerre d'applaudissements dès les premières secondes, alors qu'il sortait de son bar en carton qui lui sert de décor. Lors du premier de ses cinq concerts au Zénith, hier soir, Renaud n'a pas dû attendre bien longtemps pour célébrer ses retrouvailles avec Paris, où il n'avait pas joué depuis sept ans. A peine apparu dans son bistrot baptisé forcément Chez Renard, il avait déjà gagné la partie. « Tout ça pour moi ? » s'interrogeait-il après sa première chanson, « Docteur Renaud, Mister Renard », son « Gainsbourg-Gainsbarre » à lui. Pendant deux heures, les chansons et les interventions de Renaud ont pris des allures de paroles d'évangile. Qu'il taille un costard à Bernard-Henri Lévy, rebaptisé BHV, ou raconte ses dernières années avec la boisson comme seule compagne, chacune de ses chansons a mis le Zénith à ses pieds. En revanche, c'est évidemment sous les sifflets qu'il a répété que cette tournée serait vraiment la dernière. Et qu'importe si sa voix déraillait parfois, les 6 000 spectateurs du Zénith ont chanté comme un seul homme « En cloque », « Miss Maggie » ou « Laisse béton ». Parmi eux, on pouvait croiser Thierry Séchan, le frère de Renaud, le cinéaste Claude Berri, avec qui il a tourné dans « Germinal », et le marin Titouan Lamazou, qui a réalisé la pochette de son dernier disque. Axelle Red est venue chanter sur scène avec lui Manhattan-Kaboul, avant d'interpréter seule au piano son dernier tube « Je me fâche ». Amis, nouveaux fans ou inconditionnels de la première heure, tous ont fêté Renaud, comme un grand frère, un papa encore dans le coup ou un compagnon de route qui, quels que soient ses travers, a obligatoirement raison. Renaud en concert jusqu'au 23 décembre à 20 heures au Zénith, 211, boulevard Jean-Jaurès, Paris XIX e . Tél. 01.42.08.06.00. Complet. Emmanuel Marolle
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Ici Paris
  • 24 décembre 2002, Renaud ses adieux déchirants > Ici Paris du 24 Décembre 2002 Renaud ses adieux déchirants Alors que le chanteur inaugurait une série de concerts, il a annoncé à ses fans incrédules une terrible nouvelle..... Cette nouvelle va faire un Boucan d'enfer : Renaud Laisse béton la scène ! Et, Sans déc', C'est pas du pipeau. Le 19 décembre, au Zénith, à la surprise générale, il a annoncé à son public C'est mon dernier bal et confir­mé Tout arrêter... : les tournées et le music-hall. Pourquoi d'abord ? Ma chanson leur a pas plu ? Impensable ! Le chan­teur est Fatigué ? Envisageable. J'ai la vie qui me pique les yeux... Incontestable ! Malheur à ceux qui n'ont pas acheté de billet pour la tournée marathon de Renaud, enta­mée sur les chapeaux de roues le 3 décembre dernier à Laval et qui se terminera en juin 2003. Aujourd'hui, ils vont sans aucun doute s'en mordre les doigts. Non seu­lement, les quatre-vingt cinq dates prévues affichent déjà complet mais, surtout, c'est la dernière fois que le chan­teur emmerdant (comme il se surnomme lui-même) se produit sur scène. « Ce sont mes adieux au music-hall a-t-il lâché en plein spec­tacle, le jeudi 19 décembre au Zénith, alors qu'il célé­brait ce soir-là les retrou­vailles avec son public pari­sien. Cette tournée sera vraiment la dernière ! » Cette annonce a fait l'effet d'une bombe au sein de la prestigieuse salle de la capi­tale. D'ailleurs, en apprenant la mauvaise nouvelle, les tonnerres d'applaudisse­ments qui résonnaient jusque-là ainsi que les « Renaud on t'aime » et autres « Eternel Renaud » qui fusaient de toutes parts depuis le début du concert se sont immédiatement mué en sifflets. A la sortie, cer­tains pleuraient. Il faut avouer que pour les très nombreux admirateurs de l'artiste, c'était un vrai coup dur. Après les années d'er­rance et d'égarement de leur rebelle adoré, à peine l'avaient-ils retrouvé qu'il leur filait encore entre les doigts. Et cette fois, pour toujours ! Néanmoins, après avoir - plus ou moins - "digéré" les adieux du chanteur, les six mille personnes, aussi bien des nouveaux fans que des inconditionnels de la pre­mière heure, ont immédiate­ment réalisé, en quittant la salle, qu'ils venaient de vivre un réel moment d'antholo­gie, une soirée historique à marquer d'une pierre blan­che. En effet, ce n'était pas demain la veille qu'ils rever­raient Renaud chanter en chair et en os ! Cependant, une question demeurait en suspens sur toutes les lèvres : pourquoi ? Oui, pourquoi Renaud a-t-il décidé d'arrêter définitive­ment les tournées ? Lui qui venait de faire un retour toni­truant sur le devant la scène avec son nouvel album, Boucan d'enfer, qui s'est vendu à plus de un million six cents mille exemplaires. Du jamais vu ! Au cours du concert, l'ïnterprète de Docteur Renaud, Mister Renard s'est briève­ment expliqué, comme pour s'excuser : « Vous m'imagi­nez encore dans quinze ans ? Je serai vieux et moche ! » C'est donc le temps qui passe, la peur de vieillir qui, finalement, le conduisent à mettre un point final à sa car­rière sur scène alors qu'il est au sommet de son art. Mais pas seulement... A tout juste cinquante ans, Renaud est revenu de tout : de ses illusions, de ses idéaux, de ses engage­ments... de l'amour, égale­ment. Résultat : il est lassé, usé... Fatigué chantait-il en 1989, fatigué, il l'est aujourd'hui. Pour preuve, Tout arrêter..., un titre de son dernier album, dont les paroles se révèlent à pré­sent plus autobiographiques que jamais : « J'ai rangé ma guitare et coupé mon micro. Arrêté la musique et arrêté les mots. Tout arrêter, termi­né ! Finis les chansonnettes, ma voix enfumée. Le trou­badour est fatigué. » Il faut dire que ces cinq dernières années n'ont pas été tendres avec Renaud : dépression, alcoolisme, rup­ture d'avec la femme de sa vie... Mais malgré l'amour inconditionnel que lui donne son public - dont il est par­faitement conscient et qui le touche d'ailleurs énormé­ment -, le chanteur n'a pas réussi à panser ses bles­sures et à s'accepter : « Je voudrais tant réussir à m'ai­mer moi-même comme le public m'aime, mais j'ai trop de mal... », confiait-il récem­ment à Paris Match. Il reste cependant un espoir, peut-être... Qui s'est exprimé jeudi soir : Docteur Renaud ou Mister Renard ? Léo THOREL
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Paris-Normandie
  • 24 janvier 2003, Le roman de Renaud > Supplément « Sortir » du quotidien régional Paris-Normandie n°61 (24 au 30 janvier) Le roman de Renaud Vingt-six chansons pour retrouver le docteur Renaud et faire oublier mister Renard. Le chanteur est en concert ce vendredi au Zénith de Rouen et reviendra en juin prochain. Sa tournée marathon a débuté en décembre dernier. Quatre-vingt-cinq dates à travers toute la France, trois passages au Zénith de Paris et deux dans la capitale haut-normande pour cause de succès. Ce soir, le concert de Renaud au Zénith de Rouen affiche complet et les locations pour un second, le 12 juin prochain, sont d'ores et déjà ouvertes. Après six mois de boucan d'enfer, Renaud fait le plein partout où il passe. Depuis Laval et la première date de sa tournée, les fans sont au rendez-vous. « Je suis allé voir Renaud à Laval, je ne vous décrirai pas le concert, juste dire que monsieur Renaud est de retour, un très grand monsieur Renaud », glisse un aficionado sur le site internet qu'il consacre au chanteur. D'autres, enchantés et plus loquaces, dévoilent le programme des vingt-six chansons que Renaud, accompagné de sept musiciens, distille sur scène. Des vieilles-vieilles, des vieilles, des récentes avec l'album Marchand de cailloux (douze ans tout de même) et une dizaine de nouvelles issues de Boucan d'enfer. Gavroche ouvre le bal avec son Docteur Renaud, Mister Renard, marche à l'ombre, fait souffler le vent, laisse béton, résume les cinq dernières années de sa vie avec Pochtron et glisse les dernières notes dans son HLM. Avec en prime un orchestre au grand complet et un décor de village un soir de fête nationale. Un retour attendu « Magnifique, génial, superbe », s'enthousiasme Nataly, une autre internaute, le lendemain du concert de Laval. « Il a explosé la salle polyvalente, Renaud. Il a réussi son retour. Au revoir Renard, à bientôt Renaud ». A nouveau sur le devant de la scène, Renaud n'en est jamais vraiment descendu. D'octobre 1999 à mars 2001, accompagné de Jean-Pierre (Titi) Buccolo à la guitare et d'Alain Lanty au piano, le chanteur a écumé deux cents petites salles françaises. Une tournée intimiste, des concerts parfois en demi-ton mais toujours devant des salles pleines. Pas de doute, son retour comme celui de Gérard Lambert, était attendu. Renaud se retrouve, les spectateurs retrouvent Renaud, même ceux qui n'étaient pas nés au temps de ses premiers récitals à la pizza du Marais... Près de trente ans après, Renaud a toujours les tripes à fleur de peau. O.C. Huit ans sans album Entre La Belle de mai et Boucan d'enfer, son dernier disque sorti l'an dernier, les fans de Renaud auront dû attendre huit longues années. Depuis Amoureux de Paname et son fameux Hexagone en 1975, Renaud a sorti onze albums studio et cinq albums live. Véritablement révélé en 1977 avec Laisse Béton et Germaine, le chanteur au Perfecto cartonne deux ans plus tard avec Ma gonzesse, celle qu'il est avec, Sans dec et Chanson pour Pierrot. En 1980, Renaud Marche à l'ombre, invente le personnage récurrent de Gérard Lambert et stigmatise son HLM. Gérard Lambert fait son retour un an plus tard et Renaud en profite pour écorner les beaufs. En 1983 sort Morgane de toi, avec des tubes comme En cloque, Dès que le vent soufflera ou encore Le déserteur. Il s'attaque en 1986 au Premier ministre britannique avec Miss Maggie dans son Mistral gagnant. Deux ans plus tard, il rend hommage à son pote Coluche dans Putain de camion. Il revient en 1991 avec Marchand de cailloux. L'année suivante, il rend hommage aux ch'timis avec Renaud cante el nord. La Belle de mai sort en 1994, Renaud chante Brassens en 1996. Ces trois albums ne rencontrent pas véritablement leur public. Il faudra attendre Boucan d'enfer pour le voir renouer avec le succès. Et quel succès !
    • Tournée d'enfer 2002-2003

25 février 2003

Un grand merci à Dany qui me permet de mettre en place un nouvel accueil. Actuellement en test, voir Changer de style

21 février 2003

Merci à C., Sabrina, Liz, Alain et Marie.

Le Monde
  • 18 février 2003, Une célébration tranquille des succès de l'année > Le Monde du 18 Février 2003 Une célébration tranquille des succès de l'année Les 18e Victoires de la musique récompensent Renaud à trois reprises. Cérémonie de remise de récompenses, les Victoires de la musique peuvent aussi être un espace de parole à propos de l'actualité. Ainsi des possibilités d'un conflit en Irak. A trois reprises, Renaud est monté sur la scène du Zénith de Paris, samedi 15 février, pour recevoir ses trophées lors de la 18e édition des Victoires diffusée en direct par France 2. Lauréat des catégories interprète masculin, album chansons/variétés pour Boucan d'enfer et chanson originale pour Manhattan-Kaboul, co écrite avec Jean-Pierre Bucolo et interprétée en duo avec Axelle Red, le triple vainqueur a dit à chaque fois son émotion et évoqué les manifestations pacifistes organisées le jour même dans le monde. Rappelant que son retour au succès ? son album frôle des ventes de 2 millions ? était aussi une victoire sur "l'alcool et la dépression", Renaud a remercié "Oussama Ben Laden et George Bush pour leurs crimes passés et à venir, qui ont inspiré les mots un peu dérisoires de cette chanson d'espoir. Je n'aimerais pas avoir à écrire Manhattan-Bagdad." Le commentaire sur la situation irakienne fut repris par Sanseverino lauréat dans la catégorie révélation scène tandis que le chanteur ivoirien Tiken Jah Fakoly, dont l'album Francafrique est le meilleur album reggae/ragga/world, ex-aequo avec Umani du groupe I Muvrini, a appelé d'une voix forte à "l'indépendance de toute l'Afrique". L'intervention des intermittents du spectacle, représentés par Marc Slyper, secrétaire général du Syndicat national des artistes musiciens (SNAM), était, elle, prévue dans le déroulement de la soirée. Les Victoires de la musique, présentées par Michel Drucker et Jean-Luc Delarue de France 2 ont donc tranquillement cheminé en suscitant toujours des réserves sur leur durée. Trois heures trente c'est encore long. Surtout quand des économies seraient possibles sur les apparitions de l'animatrice Ness et les remerciements bancals quand quelques secondes d'enthousiasme préparé et répété auraient plus d'impact. Et si le coup de projecteur sur tous les artistes révélations est nécessaire, les prestations de d'artiste nommés mais pas récompensés brouillent la compréhension de la cérémonie. Le palmarès, décerné par 80 % des 1320 inscrits à l'Académie des Victoires, a aussi récompensé : Linda Lemay, interprète féminine ; Natasha St-Pier, révélation (seul vote du public) ; Vincent Delerm, de Vincent Delerm album révélation ; Paradize, d'Indochine album pop/rock ; Solitaire, de Doc Gynéco, album rap/hip-hop ; La Revancha del tango, de Gotan Project, album électronique ; Christophe tournée/concert et Yannick Saillet réalisateur du vidéo-clip de Tournent les violons, de Jean-Jacques Goldman. Serge Reggiani a reçu une Victoire d'honneur qu'il a espéré "faire en sorte de mériter par la suite". Sylvain Siclier
    • Victoires de la Musique
    • Album Boucan d'Enfer
    • Chanson Manhattan-Kaboul
    • Axelle Red
    • Jean-Pierre Bucolo
    • Georges W. Bush
    • Télévision Michel Drucker
La Dernière Heure
  • 17 février 2003, Victoire de la musique : le retour de Renaud > La Dernière Heure du 17 Février 2003 Victoire de la musique: le retour de Renaud (16/02/2003) Axelle Red est associée à la meilleure chanson de l'année. Et aussi à la chanson du jour... PARIS Renaud fut, hier soir au Zénith de Paris, le premier lauréat désigné de la soirée des Victoires de la Musique: meilleur album de l'année. Victoire aussi méritée qu'attendue. Sauf peut-être par le principal intéressé qui, cheveux blonds et longs sur une veste rouge et main tremblante, se souvint de l'année 1985 où il avait été nominé quatre fois et était reparti bredouille. Il avait juste reçu, voici deux ans, une Victoire d'honneur. Il a qualifié son succès de victoire sur la dépression et l'alcool et, si la Belgique n'a pas reçu de vraie Victoire cette année, au moins Renaud s'est-il appuyé, pour recevoir la sienne, sur des gens de chez nous. Il a cité, dans son hommage, le studio ICP de Bruxelles et l'ingénieur du son Phil Delire. Et puis, il y a bien sûr cette collaboration avec Axelle Red pour une des chansons phares de son album, Manhattan Kaboul. Collaboration qui a valu une deuxième Victoire à Renaud et une demi-victoire à la Belgique puisqu'elle a été désignée meilleure chanson de l'année. Renaud en a expliqué les origines: «Jean-Pierre Bucolo en avait composé la musique voici de longues années. Elle était au fond de mon tiroir à l'époque où je n'avais plus envie d'écrire. En studio, je lui ai dit de l'enregistrer quand même et qu'on verrait bien si un texte arriverait à naître. Et les mots de la chanson me sont venus au masculin et au féminin, j'ai tout de suite pensé à mon artiste féminine francophone à moi, à celle que je préfère et je suis certain qu'avec une autre chanteuse, ça n'aurait pas été aussi bien». Manhattan Kaboul a donc été désignée chanson de l'année. Samedi, c'était aussi, incontestablement, la chanson du jour puisque, dans le monde entier, il y eut des manifestations en faveur de la paix. Axelle Red: «on peut être fiers que la France et la Belgique ont été les premiers pays à s'opposer à la guerre et j'ai un tout petit espoir que, peut-être, la chanson y a été pour quelque chose». Renaud a remercié Ben Laden et George W. Bush «qui, en tuant des victimes innocentes, l'un hier à New York, et l'autre, peut-être demain, à Bagdad, ont inspiré les mots de cette chanson». Axelle Red pouvait espérer, pour la qualité de son album à elle, le titre de meilleure interprète féminine. Mais celui-ci est revenu à Lynda Lemay. Ce n'est évidemment pas volé d'autant qu'Axelle a déjà eu le titre en 1999 alors qu'au contraire, Lynda avait déjà été nominée trois fois par le passé, sans rien recevoir de cette soirée. Elle raconta d'ailleurs une anecdote amusante: «La dernière fois, ma fille Jessie, devant la télévision était toute émue: «Les gens n'aiment pas ma maman?» avait-elle demandé». Autre Belge, Arno aurait pu, lui aussi, revendiquer une Victoire dans la catégorie album pop/rock. Elle revient à Indochine. En duplex depuis Toulouse où le groupe a interrompu pour quelques jours son spectacle, Nicola a eu une pensée pour son frère Stéphane. Parmi les autres moments émouvants de la soirée, la Victoire d'honneur à Serge Reggiani qui, barbe blanche et regard pétillant, a chanté Madame sur son clip avant de promettre de «mériter cette récompense dans les années qui viennent» © GUIDICELLI
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Le Soir
  • 17 février 2003, Un boucan d'enfer pour Renaud > Le Soir du 17 Février 2003 Un boucan d'enfer pour Renaud Musique - Les dix-huitièmes Victoires de la musique ont été décernées samedi à Paris L'Académie des Victoires de la musique, qui tenait pour la dix-huitième fois sa cérémonie annuelle ce week-end, aime beaucoup Renaud. Il y a deux ans déjà, elle remettait à la « chetron sauvage » une Victoire d'honneur, à un moment où le chanteur était au fond du désespoir et de l'alcoolisme, comme il le dit lui-même. Les ventes millionnaires de son « Boucan d'enfer » de la résurrection ont été confirmées samedi soir, au Zénith de Paris, lors d'une remise de prix retransmise en direct sur France 2, par l'attribution de trois Victoires : interprète masculin, album de chansons et chanson originale de l'année pour « Manhattan Kaboul » partagée avec bonheur par Axelle Red. L'occasion était bien sûr trop belle pour manquer de relier cette Victoire à l'actualité qui avait vu, quelques heures plus tôt, des millions de pacifistes descendre dans la rue, un peu partout dans le monde. Suscitant une unanimité qui, en d'autres temps, l'aurait dérangé, Renaud a néanmoins tenu à surprendre en remerciant - en plus de tous les gens qui l'ont aidé à faire ce disque - Ben Laden et George Bush... Par leurs crimes passés et futurs, ils ont inspiré les héros un peu dérisoires de cette chanson, a lancé un Renaud malgré tout très ému. Cette dix-huitième cérémonie fut longue, très longue. Comme d'habitude. Car il s'agit aussi de révéler ou de récompenser des artistes qui, le reste de l'année, ont bien peu d'occasions de passer à la télévision pour y chanter leurs chansons. Ainsi a-t-on pu enfin entendre les Sanseverino (artiste révélation de l'année) et Vincent Delerm (album révélation de l'année) ou Bénabar, qui représentent ce courant de la « nouvelle » chanson française, ne se sentant pas nécessairement d'affinité avec l'habituelle variété diffusée à grosses doses sur le petit écran. Marc Slyper, le président du syndicat des artistes musiciens, en a profité, en deux minutes, pour rappeler que la chanson, ce n'est pas que des stars mais aussi et surtout des intermittents du spectacle dont le statut social (assurance-chômage) est menacé en France. Il a purement et simplement appelé les gens à ne pas aller au concert, au cinéma ou au théâtre le 25 février mais bien de se joindre à la manifestation qui partira de la Bastille à 18 heures. Certains ont sans doute considéré cela comme une fausse note dans une soirée très conviviale, où pratiquement tout le monde a pu chanter, les Victorieux se contentant de remercier leurs collaborateurs. Si l'Académie a suivi les NRJ Awards qui avaient déjà, en janvier, récompensé Renaud et Indochine, on retiendra malgré tout de cette soirée de jolis sourires, comme celui d'Axelle Red dont personne n'avait oublié l'anniversaire, ceux de Carla Bruni tenant par le bras un Serge Reggiani octogénaire qui chanta en duo avec lui-même à quelques décennies d'intervalle, ou encore le large sourire de ces Québécoises (Natacha St-Pier et Lynda Lemay) qui se reproduisent à une vitesse remarquable. Et puis on termine par ces v?ux : celui de Renaud de n'avoir pas à écrire un jour « Manhattan Bagdad », et celui d'Axelle de voir « Manhattan Kaboul » traduite en anglais. Car, comme elle le dit souvent, une chanson ne peut pas changer le monde mais peut-être bien faire réfléchir ?· Voir aussi portait de Renaud Portrait de Renaud Renaud énerve et séduit, poète chanteur ne pouvant s'empêcher de dénoncer toutes les injustices. Samedi, la profession lui a remis trois Victoires de la musique. Renaud a choisi la guitare/ Et la poésie et les mots/ Comme des armes un peu dérisoires/ Pour fustiger tous les blaireaux/ C'est ainsi que se définissait Renaud Séchan, dans sa chanson autobiographique « Docteur Renaud, Mister Renard ». On ne peut autrement résumer celui qui, issu d'un milieu plutôt aisé, a tout de suite rejoint le camp des titis populos, amoureux de verlan, de mobylettes et d'amours véritables. Tel un héros de Vuillemin sur lequel il décalque son Gérard Lambert, Renaud a passé sa vie à chanter sa vie et le monde. Sa vie telle qu'elle va, mal ou bien. Le monde tel qu'il tourne, plutôt mal. Ceux qui lui reprochent encore aujourd'hui d'étaler sa misère mentale, entre dépression et alcoolisme, et d'en faire un fonds de commerce, sur le zinc du bar tabac de la France profonde, doivent se rappeler que la « Chetron sauvage » n'a jamais dévié, dans ses chansons, de cette ligne dénommée honnêteté. Quitte à choisir l'impudeur, voire l'indiscrétion, Renaud a chanté son amour (« Ma gonzesse »), sa femme Dominique avant qu'elle ne soit enceinte (« En cloque ») et après, à la naissance de Lolita (« Morgane de toi »). Une Lolita qu'on a vu grandir au fil des chansons, même quand « Elle a vu le loup ». Mieux que Céline Dion, Renaud est un livre ouvert car ses pages à lui sont d'une poésie, d'une beauté épurée, d'un style auxquels la Québécoise ne pourra jamais se prévaloir. Chanter faux, Renaud ? Mais chanter avec le cœur. Renaud est une grande gueule et ça aussi eut de quoi énerver plus d'un, en particulier ces intellectuels de salon parisien dont Séchan n'a jamais rejoint la cohorte. Renaud est fils de Villon et de Brassens. Il a le verbe haut et le combat fier. Il les a tous menés : contre la faim dans le monde ou pour un Hexagone moins facho, aux côtés des lanceurs de cailloux, qu'ils soient Irlandais ou Palestiniens. Les sujets de sa majesté d'outre-Manche n'oublieront jamais ce « Miss Maggie » qui, aujourd'hui encore, leur reste en travers de la gorge. Les familles de gueules noires qu'il a retrouvées sur le tournage du film « Germinal » non plus n'oublieront jamais la générosité d'un artiste qui s'est battu pour leur obtenir de meilleures conditions de travail sur le plateau. Renaud, le copain de Coluche (« Putain de camion »), c'est ce qui fait tout son charme, est le premier à avouer qu'il en fait trop, qu'il devrait parfois réfléchir avant de l'ouvrir mais on lui pardonne tout car seul le c?ur l'a guidé dans toutes ses prises de position. Il en a pris des coups et dans « Boucan d'enfer », c'est un Renaud désabusé qui nous est revenu (Renard désabusé, se marre/ Se contrefout de ce bazar/ Le monde peut crever bientôt/ Renard s'en réjouirait plutôt). Renaud n'en pense pas un mot bien sûr mais il estime qu'il a eu son compte et que d'autres pourraient monter à sa place en première ligne. Il y a peu, Renaud était fatigué. Mais le succès fabuleux de son « Boucan d'enfer » est autant de baume lui permettant de se sentir un peu mieux, de lâcher la dive bouteille pour monter sur scène et retrouver ce public dont il se sent si proche et qui le lui rend bien. Car Renaud, c'est avant tout un tendre, un timide, un hypersensible, un attentionné. Quand on lui remet des Victoires de la musique, il est réellement ému, presque étonné qu'on l'aime encore, lui qui a déjà traité de blaireaux la moitié de la terre. Il est comme ça Renaud, vivant avec ses contradictions, les assumant et ne demandant finalement qu'à être aimé. Comme tous les artistes, les vrais. Quelques dates 1952. Naissance, le 11 mai, à Paris, dans le quatorzième arrondissement. 1973. La manche sur les trottoirs et le métro, la chanson aux lèvres et l'accordéon en bandoulière. Rencontre avec la bande du Café de la gare, dont son pote Coluche. 1975. Premier album, « Amoureux de Paname ». 1986. « Mistral gagnant » se vend à un million et demi d'exemplaires. 1988. « Tonton, laisse pas béton », lance-t-il à Mitterrand qui n'a pas encore annoncé sa candidature à la présidentielle. 2002. Sortie de « Boucan d'enfer ». Thierry Coljon
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Le Télégramme
  • 17 février 2003, Victoires de la musique. Retours gagnants > Télégramme de Brest du 17 Février 2003 Victoires de la musique. Retours gagnants En distinguant Renaud à trois reprises, notamment pour sa composition « Manhattan Kaboul », les jurés des Victoires de la musique ont simultanément fait écho à l'actualité et récompensé la persévérance. Renaud a fait carton plein, en remportant les trophées dans les trois catégories pour lesquelles il était nommé. La 18ème édition des Victoires de la musique a consacré samedi soir les retours au premier plan de Christophe et d'Indochine, mais surtout de Renaud. Ce dernier a fait carton plein, en remportant les trophées dans les trois catégories pour lesquelles il était nommé (meilleur artiste masculin, meilleur album de chansons-variétés et meilleure chanson originale). Clins d'œil à l'actualité En recevant ses récompenses, le chanteur a déclaré que s'il n'avait pas été retenu par ses obligations professionnelles, il aurait été dans la rue aux côtés des manifestants pour clamer son opposition à la guerre en Irak. « C'est le rôle des intellectuels et des artistes d'être présents dans la lutte contre la barbarie », a notamment affirmé cet homme qui n'a jamais fait mystère d'un engagement à gauche de l'échiquier politique. L'actualité était encore au c?ur de la soirée à travers la Victoire de l'album reggae/ragga/world, remise (ex aequo avec le groupe corse I Muvrini) à l'Ivoirien Tiken Jah Fakoly, idole de la jeunesse d'Abidjan. Ce partisan du dialogue entre le gouvernement et les rebelles en Côte-d'Ivoire, qui a dû quitter son pays car il craint pour sa vie, a déclaré : « Quand on se réveille en Afrique, quand on voit des bases de l'armée française après 40 ans d'indépendance, j'avoue qu'on a mal ». Bruel et Bashung oubliés Le public, appelé à voter pour le groupe ou l'artiste révélation de l'année et pour la chanson originale, a élu respectivement Natasha St-Pier et « Manhattan Kaboul ». Pour sa part, Vincent Delerm a été récompensé pour « l'album révélation de l'année ». Patrick Bruel, Alain Bashung, Johnny Hallyday et Carla Bruni sont les principaux absents du palmarès.
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La Voix du Nord
  • 17 février 2003, Les Victoires de Renaud > Musique Les dix-huitièmes trophées ont été remis hier soir Les Victoires de Renaud MUSICIENS et réalisateurs avaient espéré que la musique adoucisse les moeurs de George Bush et épargne la soirée des Victoires de la musique. Le président américain n'a sans doute pas entendu leur sérénade, mais n'a pas déclaré la guerre à l'Irak. Les Victoires pouvaient avoir lieu en direct du Zénith de Paris. Et ultime symbole de paix, la cérémonie s'est ouverte avec Axelle Red et Renaud pour Manhattan Kaboul. Renaud, veste rouge sang, a, dès les premières minutes, souhaité « n'avoir pas à écrire Manhattan Bagdad ». Deux heures plus tard, le duo est remonté sur scène pour recevoir la Victoire de la meilleure chanson de l'année. « On peut être fiers que la France et la Belgique soient les premiers à s'opposer à la guerre », a souligné la chanteuse belge. Mais l'Hexagone en a pris aussi pour son grade avec Tiken Jah Fakoly. Le chanteur ivoirien, victoire de l'album world avec les omniprésents I Muvrini, a expliqué pourquoi l'Afrique allait mal. « Nous, Africains, quand on se réveille et qu'on voit les bases françaises après quarante ans d'indépendance, on a la haine. On demande maintenant l'indépendance complète. » Enfin, pour boucler un tour du monde qui souffre, Gotan Project (meilleur album de musique électronique) a mis à l'honneur le tango argentin. Un « Boucan d'enfer » Renaud, sans voix pendant deux ans, a su retrouver inspiration et succès. Renaud, le pacifiste, a su mener le combat face à Hallyday, Bruel... décrochant les Victoires de chanson, d'artiste et d'album de l'année, avec Boucan d'enfer. « Celle-là, c'est la plus belle victoire, une victoire sur la dépression et l'alcool », a souligné docteur Renaud, délaissant mister Renard. L'accent québécois a également été à l'honneur. Natasha Saint-Pier a eu la préférence du public comme révélation de l'année. Lynda Lemay a décroché la Victoire de l'interprète féminine de l'année. Emue, elle s'est lancée dans une série de remerciements de son producteur à ses éclairagistes. De quoi donner un peu de baume au coeur des intermittents du spectacle. Loin des anciennes prises de paroles inattendues, la télévision leur accorde, lors de cette cérémonie, une tribune de deux minutes. Leur porte-parole a rappelé la menace qui pesait sur le spectacle vivant avec la modification de leurs cotisations et la baisse du budget de la Culture. Et alors qu'il recevait la Victoire de la révélation scénique, Sanseverino a rappelé que, sans les petites salles, il n'en serait sans doute pas là. Vincent Delerm, album révélation, ne pouvait penser le contraire. Tout comme Indochine, choix peu aventurier de la catégorie album rock, qui depuis vingt ans écume scènes et salles et a donné une prestation scénique énergique. Moins colorée que celle de Doc Gynéco (album rap qui a préféré se lancer dans un zouk !) et moins drôle que celle d'Arno. L'Ostendais, phénomène scénique intimidé par les caméras, a interrompu sa Lola pour mieux recommencer. Alors, la cérémonie des Victoires, sans être forcément audacieuse, a montré que la musique live avait du talent. Anne COURTEL
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La Dépêche du Midi
  • 17 février 2003, Renaud, victoire d'un engagé > La Dépêche du Midi du 17 Février 2003 Renaud, victoire d'un engagé CHANSONS - Il a été couronné par la profession En distinguant samedi soir Renaud à trois reprises, comme chanteur de l'année et pour sa composition «Manhattan Kaboul» notamment, les jurés des 18e Victoires de la Musique ont simultanément récompensé la persévérance et fait écho à l'actualité. Ces Victoires se sont déroulées le jour où plusieurs centaines de milliers de personnes à travers le monde ont clamé leur opposition à la guerre en Irak. En recevant ses trois trophées (il a aussi obtenu celui de l'album pour «Boucan d'enfer», le disque du retour), Renaud Séchan, 50 ans, militant de toujours, a déclaré que s'il n'avait pas été retenu par ses obligations professionnelles, il aurait été dans la rue aux côtés des 100.000 à 200.000 manifestants pro paix qui avaient défilé quelques heures auparavant à Paris. «C'est le rôle des intellectuels et des artistes d'être présents dans la lutte contre la barbarie», a notamment affirmé cet homme qui n'a jamais fait mystère d'un engagement à gauche de l'échiquier politique, assez proche des thèses libertaires. L'actualité était encore au coeur de la soirée à travers la Victoire reggae/ragga/world de l'année remise (ex aequo avec le groupe corse I Muvrini) au «rastaman» ivoirien Tiken Jah Fakoly, idole de la jeunesse d'Abidjan. L'autre «victoire» de la soirée aura été celle de la ténacité, la récompense de l'ancienneté, avec, outre Renaud, auteur d'un come-back remarquable après un «trou noir» de presque 10 ans, Indochine (Victoire de l'album pop/rock) et le revenant Christophe (Victoire du spectacle musical) . Quant à Christophe, il a décroché la première Victoire de sa longue carrière. Le palmarès Le groupe ou l'artiste révélation de l'année : Natasha St-Pier. Le groupe ou l'artiste révélation scène de l'année : Sanseverino. L'album révélation de l'année : « Vincent Delerm » (Vincent Delerm). Le groupe ou l'artiste interprète masculin de l'année : Renaud. Le groupe ou l'artiste interprète féminine de l'année : Lynda Lemay. L'album de chansons/variétés de l'année : « Boucan d'enfer » (Renaud). L'album pop/rock de l'année : « Paradize » (Indochine). L'album rap/hip-hop de l'année : « Solitaire » (Doc Gyneco). L'album reggae/ragga/world de l'année : « Umani » (I Muvrini) et « Francafrique » (Tiken Jah Fakoly). L'album de musiques électroniques/techno/dance de l'année : « La revancha del tango » (Gotan Project). La chanson originale de l'année : « Manhattan Kaboul » (Renaud et Axelle Red). Le spectacle musical/la tournée/le concert de l'année : Christophe à l'Olympia
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  • 16 janvier 2003, Boucan d'enfer à Alors... Chante ! > La Dépêche du Midi du 16 Janvier 2003 MONTAUBAN (82) - Renaud sera l'invité d'honneur du prochain festival Boucan d'enfer à Alors... Chante ! «Dès que le vent soufflera, je repartira »: Renaud avait promis depuis belle lurette aux organisateurs du festival « Alors... Chante!» de revenir à Montauban à l'occasion d'un nouveau disque. Renaud est un habitué du festival. Un ami, un membre de la famille. Il était déjà sur scène en 1996 et en 2000, et il avait fait une apparition en 1998 comme simple spectateur, pour venir voir ses potes. Depuis, l'album « Boucan d'enfer » est sorti à la fin du mois de mai dernier. Boucan d'enfer, le bien nommé... Car le vent a soufflé, et dans le bon sens pour le chanteur énervé: plus qu'une simple bise, un véritable Mistral gagnant. A 50 ans, c'est la renaissance de Renaud: plus 1,5 millions d'albums vendus en quelques mois, des nominations « en veux-tu en voilà » aux prochaines Victoires de la musique (artiste de l'année, album de chansons de l'année et chanson de l'année pour son duo avec Axelle Red « Manhattan-Kaboul »). Mais malgré le tourbillon, Renaud a tenu parole: il sera l'invité d'honneur du festival « Alors... Chante!» pour la 18e édition qui se tiendra du mardi 27 mai au dimanche 1er juin. La confirmation est arrivée dans les bureaux de l'association Chants Libres, organisatrice du festival, vendredi dernier. Parmi la cinquantaine d'artistes présents (des têtes d'affiche et surtout des découvertes), Renaud sera la vedette le samedi 31 mai. « C'est un événement », se réjouit Jo Masure, directeur de l'association Chants Libres. DERNIERE TOURNEE ? Dernièrement au cours de son passage au Zenith de Paris, Docteur Renaud-Mister Renard avait laissé entendre que la tournée « Boucan d'enfer » était la dernière de sa carrière. « Vu que j'ai mis sept ans à faire ce nouvel album, le prochain sera dans quinze ans: vous imaginez dans quel état je serai ». Info ou intox? Le succès actuel de Renaud change en tout cas la donne. « Ça complique les choses », reconnaît Jo Masure. Le décor conçu pour la tournée en cours (représentant la place d'un village: une mairie, une école, un hôtel et comme de bien entendu le café Renard) ne pouvait loger sur la scène d'Eurythmie. Et organiser un concert dans un stade n'est pas dans la philosophie d' « Alors... Chante!», festival à taille humaine. Solution: le festival reviendra hanter pour un soir les berges du Tarn, son ancien lieu d'implantation. Renaud chantera en plein air, devant 5.500 spectateurs. Pas de précipitation: les places ne sont pas encore en vente. Elles le seront d'ici la fin du mois (les dates précises et les points de vente seront précisés dans une édition ultérieure). « Dès que le programme détaillé sera connu », indique Jo Masure, qui ne veut pas lever d'autres voiles sur l'édition 2003. On sait seulement qu'une après-midi sera réservée aux enfants, avec la présence du chanteur Henri Dès. Pas de « Baby-sitting blues » ce jour-là... Jérôme POUPON
    • Tournée d'enfer 2002-2003
Libération
  • 17 février 2003, Trois « Victoire » à Renaud > Libération du 17 Février 2003 Trois "Victoire" à Renaud Remises samedi soir au Zénitrh de Paris, les 18é Victoires de la Musique se sont caractérisées par un retour des "anciens" et la consacréation d'une "relève". Treize récompenses étaient décernées, parmi lesquelles on retiendra en premier lieu les trois succès de Renaud (interprète masculin, album de chansons/variétés pour Boucan d'enfer, et chanson de l'année pour le duo Manhattan-Kaboul avec Axelle Red.
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Républicain Lorrain
  • 8 février 2003, Renaud, Fragile, Authentique, Triomphant > RENAUD, FRAGILE, AUTHENTIQUE, TRIOMPHANT Ils étaient tous là. 12 200 personnes au Galaxie pour ramasser "le petit coeur abandonné" de Renaud. 24 400 épaules sur lesquelles verser des larmes. C'était triste à pleurer, c'était tendre et beau comme du Renaud. Ovation. Coeur à prendre, pas à vendre, à donner, un peu naze, un peu d'occas', un peu cassé...". Et le public de reprendre en choeur. Renaud est là, sur la place de son petit village, sur la terrasse de son bistrot. Le décor est planté, les personnages campés. Les lumières chaudes balaient ce décor intime. Renaud revient sur scène, bien présent, bien vivant. La voix à l'image de son coeur, "en morceaux, en lambeaux, au fond des bottes", une voix brulée par les excès. Peu importe, ils l'ont attendu longtemps et pardonnent les maladresses. De Renaud, on n'attend pas une démonstration lyrique, on attend juste beaucoup de chaleur, un peu de tristesse, beaucoup d'émotion. Hier soir au Galaxie, il a tout donné, comme tous les soirs ou il monte sur scène, depuis son retour dans un Boucan d'enfer. Il a repris "les vieilles chansons", celles de son autre vie, et les "nouvelles". Le public n'a pas fait de différence, il prend tout, ne jette rien, chante comme un seul homme, applaudit comme jamais. Renaud l'enchanteur, Renaud le rebelle, Renaud tendresse. Renaud, chanteur engagé qui égratigne encore les Mme Thatcher ou les Entartés qui "ont la prétention insensée de nous dire ce qu'il faut penser" , les stars académiciens et la télé poubelle. Renaud, pilier de bar, accoudé au zinc, qui débarque là, tout penaud, sur la scène du Galaxie, qui n'en finit pas de remercier "infiniment". Il a abandonné le foulard rouge mais ne quitte pas le blouson noir et les "tiags". "Comme y a eu Gainsbourg et Gainsbarre. Y a le Renaud et le Renard". Et si son "coeur est triste", Renaud est là pour faire la fête sous les lampions de la place du village. Tous ses potes étaient avec lui, " pour ramasser son p'tit coeur abandonné..." avant qu'il ne s'en retourne dans "son H.L.M". Petit moment de bonheur et grand triomphe. BOUCAN D'ENFER... des fans restés sur le carreau Pas contents, pas contents du tout. Devant la caisse, une vingtaine de personnes crient à qui veut bien l'entendre leur mécontentement."nous avons fait des kilomètres, on a subi les bouchons sur l'autoroute et à Amnéville... pour rien." Billets à la main ils revendiquent le simple droit de pouvoir assister au concert de Renaud, de pouvoir découvrir la scène et écouter. C'est simple. Mais hier soir c'était difficilement possible si on ne s'était pas rendu sur les lieux du concert aux aurores (l'expression est à peine exagérée), pour accéder à des places assises, ou alors de bonnes places. "Pourquoi vendent-ils autant de places et pourquoi nous laissent-ils entrer alors qu'il n'y a plus de place ? " Evidemment les billets n'ont pas été remboursés et les caissières dépitées n'ont pu que les renvoyer vers la maison de production Music Machine.
    • Tournée d'enfer 2002-2003

21 janvier 2003

Quelques résultats de recherches sur Yahoo.

Canoë
  • 19 janvier 2001, Renaud revient au Québec après plusieurs années d'absence > Canoë du 19 Janvier 2001 Renaud revient au Québec après plusieurs années d'absence QUEBEC (PC) - Le chanteur francais Renaud revient au Québec pour une série de spectacle même s'il n'a pas de matériel neuf à présenter, ce qui en dit long sur la fidélité de son public ici. Renaud sera à Québec ce soir et fera des apparitions dans une quinzaine de villes comme Montréal, Sherbrooke et Joliette d'ici au six février. Le titre du spectacle, "Une guitare, un piano, Renaud", laisse croire que les spectateurs auront droit à une soirée à caractère intimiste composée des grands succès des 25 dernières années du chanteur engagé.
    • Chanson Manhattan-Kaboul
CanalStreet
  • ?-?-02, Renaud et son « Petit pédé » > CanalStreet de 2002 Renaud et son "Petit pédé" Sorti le 28 mai dans les bacs, le nouvel album du chanteur Renaud intitulé "Boucan d'enfer", contient une chanson consacrée à l'homosexualité. Après une traversée du désert de près de sept ans, le chanteur engagé nous revient avec cette très surprenante et belle chanson. Le fait est suffisamment rare pour être signalé, d'autant plus que Renaud a choisi un très beau texte pour évoquer avec tendresse la vie, les angoisses et les choix du "petit pédé" de sa chanson ; texte écrit par Renaud lui-même après seulement trois quarts d'heure d'improvisation totale, nous dit-on. Renaud évoque notamment le coming-out, le déménagement de la campagne à la ville, les risques encourus lors de rapports de fin de nuit. Ce portrait, finalement pas très ... rose ... se termine malgré tout par un message teinté d'optimisme.
    • Album Boucan d'Enfer
Le Soir
  • 22 mai 2002, Renaud nous parle de son « Boucan d'enfer » > Renaud Au calme, dans son bistrot préféré, Renaud nous parle de son "Boucan d'enfer" « Boucan d'enfer » ressemble à ce que les fans languissant de Renaud attendaient : le meilleur de Renaud. Le chanteur au cœur gros a réussi, sept ans après « A la belle de mai », l'album du retour. Entre tendresse et bobos, on retrouve un Renaud désabusé mais pas complètement dégriffé (« Je vis caché », « L'entarté ») sur de jolies musiques signées Jean-Pierre Bucolo et Alain Lanty. Discussion par un beau midi ensoleillé de printemps, à sa table de la Closerie des Lilas montparnassienne. ENTRETIEN THIERRY COLJON à Paris Cet album est donc né d'un pari, en pleine crise d'inspiration... Oui, j'avais arrêté de boire huit jours. J'étais allé passer huit jours dans une chouette clinique psychiatrique, de repos. Où j'avais mes habitudes pour y être déjà allé trois ou quatre fois en trois ans. Pour essayer de décrocher de cette drogue dure, le pastis. Et puis, au bout de huit jours de manque, un copain me fait le pari grotesque et criminel de me dire : Si t'écris une chanson, je t'autorise une muflée. J'ai écrit la chanson en une heure, « Petit pédé » en l'occurrence. Le copain était pédé, faut le préciser. Il voulait à tout prix que je lui écrive une chanson sur ça, sur sa différence. Je la lui ai dédiée, à lui et à son mec, puis j'ai pris ma cuite et j'ai replongé. En fin de compte, les textes ont mis cinq ans et quelques heures à être écrits. Avant « Petit pédé », la référence était « Comme ils disent » d'Aznavour que tu cites d'ailleurs dans ta chanson... Oui, et depuis, j'ai découvert que Zazie avait écrit « Adam et Yves » sur le même thème, mais je n'ai pas réussi à bien saisir les paroles, car c'était pas bien mixé ou je ne sais pas... Puis une autre aussi, Linda Lemay, je crois, a chanté sur ce sujet. Quand tu étais au fond de ta dépression, as-tu eu de nombreuses marques de soutien du milieu ? De tes amis Julien Clerc ou Patrick Bruel ? Ils m'ont soutenu, m'ont sermonné, m'ont fait la morale pour essayer de me faire sortir de ce trou, me faire arrêter de boire. Ils me voyaient me détruire à petit feu, grossir à vue d'œil, le verbe hasardeux, l'œil triste et la bouche tombante. Ils étaient catastrophés. D'ailleurs, la rumeur publique me disait mal. Tous mes copains médecins me disaient : continue comme ça et dans deux ans, t'es mort. Comme j'avais déjà des problèmes hépatiques, il était temps que j'arrête. Mais, bon, c'était une épreuve que je n'espère pas retraverser. Je ne pense pas, car, dans les deux ans qui viennent, j'ai trop d'activités : les médias, la tournée... C'est triste à dire mais ces malheurs donnent les plus belles chansons... Les chagrins d'amour, comme disait Sevran hier à la télé, ne suffisent pas à écrire de bonnes chansons, mais, moi, ça m'a permis d'en écrire de jolies. Un peu égocentriques, nombrilistes... Je ne parle que de moi et de mon chagrin, et pas de celui de mon épouse. Une séparation, ça se vit à deux. C'est une déchirure pour deux individus. Dans « Mal barrés », tu ne crois plus du tout au couple... Mon cœur n'est pas libre. Il est toujours occupé par la même personne. Il n'y a plus de place à prendre... Je n'envisage pas la vie de couple dans un avenir immédiat. Que pense Dominique du fait que tu exposes ainsi publiquement ce qui reste malgré tout assez intime ? Elle trouve que j'ai bien de la chance de pouvoir dire mon chagrin et d'avoir des milliers d'épaules sur lesquelles l'épancher. Elle n'a pas grand monde, à part deux, trois amies. Elle trouve ça un peu injuste. De « Ma gonzesse » à « En cloque », c'est vrai que votre histoire d'amour a dès le départ été rendue publique... Ce n'est pas que je suis impudique mais je n'ai aucune honte à dire ce qu'il y a sur mon cœur, même quand ce n'est pas drôle. Lolita aussi, on l'a vue grandir avec les chansons, de « Morgane de toi » à « Elle a vu le loup »... Oui, je dis qu'elle a 15 ans, car la chanson date d'il y a six ans. Elle n'est pas fan de cette chanson car je révèle quelque chose de très intime, très secret, très personnel (NDLR : son dépucelage). Elle ne m'en veut pas trop car elle trouve cette chanson bien écrite, donc c'est le principal. Mais elle n'aime pas que je l'implique, elle aurait préféré que je ne parle que de sa copine Marylou et pas d'elle. Dans « Docteur Renaud, Mister Renard », tu dis que tu t'en fous du monde mais quand on te connaît, on sait que tu ne pourras pas t'empêcher de l'ouvrir à propos de la première injustice venue... Oui, bien sûr, mais je ne vais peut-être pas trop m'exposer en première ligne. Je ne donnais plus aux Restos mais je donnais à d'autres. A travers les Restos, j'ai voulu exprimer mon ras-le-bol de différents engagements humanitaires dans des associations qui, contrairement aux Restos qui sont tout à fait dignes et propres, ont défrayé la chronique par des malversations, détournements de fonds et compagnie. Et puis dire le côté un peu dérisoire de ces chanteurs qui engagent leur conscience à bon compte mais qui dorment sur le magot sans en faire profiter les autres. Il y en a tellement qui sont là pour briller, pour se faire voir. Es-tu prêt à affronter les médias en parlant du monde et de ses problèmes avec la même conviction qu'auparavant ? Non. Je suis beaucoup plus désillusionné et désabusé qu'autrefois. L'âge y est aussi pour beaucoup. Le fait de m'être beaucoup engagé dans le passé et d'avoir reçu des coups en retour... je n'ai plus trop envie d'en prendre. Et puis je trouve ça un peu dérisoire qu'on demande à un saltimbanque, un artiste, de donner son sentiment sur les grands conflits du monde. Immanquablement, on passe pour un donneur de leçons. Si on me pose une question sur la situation au Proche-orient, je vais répondre avec véhémence et conviction mais est-ce bien nécessaire ? Est-ce que ça va faire avancer les choses ? C'est pour ça que la chanson « L'entarté », qui vise ouvertement Bernard Henri-Lévy, est née ? Je trouve la chanson suffisamment moqueuse pour éviter d'en rajouter une couche chaque fois que je suis interviewé là-dessus. Je ne vais pas m'acharner. J'ai déjà été suffisamment vachard. Et puis je tire mon petit coup de chapeau au Gloupier que je trouve un personnage attachant parfois, mais son petit côté anar de droite ne me séduit pas toujours. Et l'entartage, je trouve ça un acte assez violent mais, bon, que me jette la première pierre celui qui n'a pas rigolé en voyant BHL ou Bill Gates se faire encrémer la tronche. N'avais-tu pas l'impression d'être devenu le BHL de la chanson en prenant fait et cause pour plein de causes ? Il y a des combats que je menais, moi, spontanément et d'autres sur lesquels on me demandait de prendre position. C'est un peu agaçant parfois. Je ne suis pas quelqu'un qui court après les caméras et les micros, contrairement à lui ou à d'autres. Je pense à Mgr Gaillot. Dès qu'il y a une caméra ou un chien perdu, il est là. Je pense à José Bové, que j'aime bien par ailleurs, il est partout, il va partout, il est incontournable, quoi. C'est pour ça que tu dis et chantes : « Je vis caché ». Tu en profites d'ailleurs pour te faire les « animateurs blaireaux », « crétins dégénérés », « nullos de la bande FM », etc. Je cite pas de noms mais ils se reconnaîtront ceux auxquels je pense. Ça a toujours été un peu mes boucs émissaires les médias, les journalistes de TF 1, les animateurs ringards d'émissions vulgaires, les FM à la con qui diffusent de la musique au kilomètre, insipides et robotisantes, entre trois pubs. Tu te tiens très loin des « stars académiques » et des « pop stars de mes deux qui sont un peu à la musique ce que le Diable est au Bon Dieu »... J'ai pas beaucoup apprécié de voir des artistes que j'aime bien aller se corrompre, se compromettre, servir la soupe à ces pauvres garçons et filles qui sont devenus stars en l'espace de trois semaines et dont la carrière, à mon avis, sera aussi éphémère que sont médiocres leurs talents. Loana, on l'invite partout, pour vendre quoi ? Du vent. Son image. Rien. Elle ne crée rien, elle n'écrit pas, elle ne compose pas, elle ne joue pas d'un instrument, elle n'est pas comédienne. Elle est juste blonde, voilà. Et puis, dans ces émissions, il y a le côté mise à mort que les gens aiment bien, l'élimination des candidats au fur et à mesure. C'est d'une cruauté... Le duo avec Axelle Red sur « Manhattan-Kaboul » nous fait d'autant plus plaisir que tu n'as jamais enregistré de duos, sinon aux Restos du cœur. Toutes les autres vont être jalouses... Oui, mais aucune ne pourrait rivaliser avec le talent d'Axelle. Dès que j'ai pensé écrire un duo, j'ai pensé à elle. Je n'ai pas eu à réfléchir. Je la suis depuis le début de sa carrière, je l'avais croisée sur des plateaux de télévision ou des émissions de radio. Je lui avais fait part de mon admiration et puis, pour l'enregistrement, on était tous les deux à Bruxelles... C'était facile. Et puis bizarrement, même si je ne suis pas un chanteur à voix, nos voix se marient bien. Elle donne un côté angélique à une chanson au thème un peu grave. Cela devrait être le second single. Le 11 septembre, c'est anecdotique dans la chanson, ce que j'avais envie de traiter, c'était les éternelles victimes innocentes des conflits dans lesquels les dirigeants s'en sortent très bien. La musique de Jean-Pierre Bucolo est superbe également. Ce sont des retrouvailles en quelque sorte... Oui, on n'avait plus bossé ensemble depuis « Marchand de cailloux » en 1992. J'ai retravaillé avec lui parce qu'il a beaucoup de talent mais aussi parce qu'il était très présent durant mes heures, mes années noires même. C'est un compagnon de bistrot avant d'être compagnon de guitare. Il habite dans le coin et venait tous les jours à la Closerie pour me sermonner. Il était désespéré, alors il me composait des musiques pour essayer de me stimuler, me motiver... Jean-Louis Roques à l'accordéon n'est plus là... Non, fini. A cause du vieil adage qui dit : « Prête de l'argent à un ami, tu perds et l'argent et l'ami ». Eh bien voilà. Les gens vous en veulent de les avoir aidés. Là, c'est Gwenaël Micault, l'accordéoniste breton de Bruxelles, qui joue sur le disque et qui nous accompagnera en tournée. Avec Alain Lanty au piano et Bucolo à la guitare. Notamment... « Baltique », du nom du chien de Mitterrand, rappelle qu'il n'a pas pu entrer dans l'église le jour de l'enterrement de son maître... J'ai eu de la peine pour ce pauvre chien qui était interdit d'église, qui n'avait pas le droit de se recueillir avec les autres. Je l'avais vu à la télévision avec Michel Charras qui le tenait en laisse dehors. J'ai pensé à cet amour, le plus fidèle, le plus acharné, le plus désintéressé que peut éprouver un chien pour son maître car j'avais un chien à l'époque et je savais de quoi je parlais. Si beaucoup de gens ont pleuré Tonton, le chien peut-être plus encore. « Mon nain de jardin » est un peu à part sur ce disque, une chanson plus légère... Oui, pour mettre un peu de fantaisie dans l'album. Ça ne vise pas très loin. Beaucoup, dans les journaux, riaient à propos des comités de libération des nains de jardin. J'ai voulu me mettre à la place du pauvre petit bonhomme qui avait pas grand-chose comme trésor dans sa vie et qui était très attaché à son petit nain de jardin et qui se fait dépouiller... Est-ce que « Le destin d'Amélie Poulain » t'a inspiré ? La chanson a près de cinq ans et même aujourd'hui, je n'ai toujours pas vu « Amélie Poulain ». Je ne vais pas au cinéma sinon une fois par an en traînant la jambe. Je ne suis pas spectateur, je préfère être acteur. Je n'ai pas de lecteur de DVD. J'ai une vidéo mais je n'en loue pas. Je suis moins sensible au cinéma qu'aux livres. Dans « Mon bistrot préféré », tu te retrouves avec tous les gens qui nous ont quittés, que tu aimes, de Brassens à Prévert. Il n'y a pas une seule femme. Pas même Barbara... Barbara oui, c'est vrai, j'ai effectivement regretté de n'avoir pas pu placer Barbara. Édith Piaf, Marguerite Duras, Louise Michel... On peut peut-être m'accuser de misogynie. J'ai écrit ce qui venait. J'ai pensé aux gens que j'ai aimés et que j'ai perdus et à ceux qui ont contribué à faire de moi ce que je suis, dans ma culture, mon éducation... Mais j'en ai oublié... Tu n'as pas oublié Franquin en tout cas, toi le collectionneur de BD qui venait souvent à Bruxelles nous dépouiller... Je connaissais un petit peu Franquin, j'avais eu l'occasion de dîner deux fois avec lui et de passer un après-midi avec lui, chez Tibet, sur la Côte d'Azur. J'aimais infiniment son œuvre et puis le bonhomme. Ma collection est finie là. J'ai considéré que j'avais tout ce dont je rêvais. Ça doit faire trois ou quatre mille pièces dont plus ou moins 2.500 bouquins originaux des années 30 à 70. On m'a même reproché d'avoir fait monter les prix, d'avoir cassé le marché, car, à une époque, j'avais effectivement la chance de gagner pas mal d'argent avec mes chansonnettes et c'était mon seul luxe. Donc je dilapidais mes droits d'auteur en pillant les ventes aux enchères, en achetant à n'importe quel prix, sans même marchander, dans les boutiques de bande dessinée belges. D'ailleurs un journal a écrit un jour que je contribuais à piller le patrimoine national belge. J'avais répondu : je ne le pille pas, je le protège, je le sauvegarde. Il est au chaud. Et peut-être que, dans mes vieux jours, je céderai ma collection au Centre de la BD de Bruxelles. Après le disque, il y aura le livre récit de tes longues heures à la Closerie, à paraître en automne, il y aura le film « Crime spree » avec Johnny et Depardieu, et puis la tournée . Ça ne te fait pas un peu peur tout ça ? Oh non ! Le livre est déjà bien avancé. Le film ne repose pas sur mes épaules, comme c'était le cas avec « Germinal ». C'est juste pour m'amuser. La tournée ne me fait pas peur non plus. Je suis définitivement raisonnable et guéri. Je n'aurai l'occasion et l'envie de boire qu'après les concerts, vers minuit, en allant dîner avec les copains. Ça laisse peu de temps pour se détruire. On commence en décembre et c'est parti pour un an et demi au moins, jusqu'aux festivals d'été. En commençant dans les grandes salles, comme Forest-National, en espérant que je parviendrai à les remplir... C'est le retour dans la cour des grands, retour aux communions et aux grands-messes...· Renaud : « Boucan d'enfer » (Virgin). Sortie le 28 mai. Le Soir du mercredi 22 mai 2002 © Rossel et Cie SA, Le Soir en ligne, Bruxelles, 2002
    • Album Boucan d'Enfer
Ville de Nevers
  • 26 octobre 1999, Renaud : Il va passer le marchand de liberté... > Ville-Nevers n°63 d'Octobre 99 Renaud: Il va passer le marchand de liberté... Révéler de quoi sera fait le nouveau spectacle de Renaud n'est pas chose aisée, tant son répertoire s'étend vers l'infini, un peu comme l'océan, tant ses chansons ont porté de vagues... Lesquelles va-t-il nous apporter ? Nul ne sait le temps qu'il fera sur le pont de la Macu le 26 octobre! Ce qui est entendu, c'est que Renaud y sera. Presque seul à bord, pas capitaine abandonné, plutôt navigateur solitaire, disons parti pour un tour de chant entre copains, un petit tour aux airs iodés de tour d'horizon. Une guitare, un piano et lui, l'ami Renaud, le coe;ur amarré au pied des pendrillons. Voilà la formule d'intimité que l'artiste a choisi pour sa nouvelle tournée, accompagné d'une formation musicale réduite à l'essentiel. Un équipage léger pour une grande traversée, à tous les coups ! Et oui, petite formation ne veut pas dire petite musique... D'ailleurs, ceux qui lui tiennent compagnie sur scène, ne font-ils pas partie des meilleurs ? Allons, Alain Lanty au piano et Jean-Pierre Bucolo à la guitare, excusez du peu. D'autant que l'invitation du chanteur a le mérite d'être claire : on voyage sur une mer de chansons, on les pêche ensemble et on redécouvre leurs mélodies, leurs mots, leurs raisons d'être, sans ajouter d'effets. A ce jeu-là, Renaud l'homme simple part gagnant, car il tient les commandes d'un répertoire insubmersible. De " Société tu m'auras pas " à " La Belle de Mai ", il faut bien admettre que Renaud a mis dans sa guitare tout ce dont un artiste peut rêver: des couplets engagés, des refrains populaires, des chansons tendres, de l'amour, de l'humour, de la poésie, des coups de gueule et de la provocation. Autant de luttes gagnées avec les mots pour exister et pour tenir. Renaud a toujours été un homme libre, il le reste, sauf qu'à présent il est aussi marchand de liberté. C'est un costard qui lui va bien, lui qui a si souvent changé de casquette, sans jamais tourner sa veste (quoi qu'en pense encore certains). La casquette en revanche, c'est autre affaire. Il y a eu celle du mec de banlieue, celle du titi parisien, du voyou, du pêcheur, du chansonnier, du chroniqueur, du pamphlétaire et du marin. Il y a eu celle de Germinal aussi. Avec Renaud sur scène, le public peut s'attendre à tout. A tout entendre, ou à peu près. Des succès: Laisse Béton, Manu, Marche à l'ombre, Morgane de toi, Dès que le vent soufflera... Des incontournables : Pierrot, Mistral gagnant, La pêche à la ligne... Des exercices de style: Tout in haut de ch'terril et quelques autres titres dédiés aux gueules noires. Des reprises comme celles sorties d'un récital de 1981 à Bobino, où il interprète des javas et des chansons réalistes : La butte rouge, Rue Saint-Vincent... Un hommage enfin, fort à propos, sans fioritures, celui contenu dans un album superbe, enregistré dans son propre appartement en 1995, où il chante Brassens : La complainte des filles de joie, Les croquants, L'orage... Non, franchement, il n'enfile que des chansons qui lui vont comme un gant, Renaud... Un gant de boxe, un gant de crin, un gant de velours, c'est selon. Mais à choisir, il aura toujours une petite préférence pour les mitaines, qui laissent les mains plus libres, pour gratter sa sèche, rouler son tabac ou tenir sa ligne. " On prend des manières à quinze ans, puis on grandit, sans qu'on les perde " disait Bruant. Et bien Renaud c'est ça, il a pris un peu d'âge, tout en restant fidèle à ses idées et fidèle à lui-même surtout. Alors on t'attend mec, le coe;ur au bord des yeux, parce que la fidélité, ça nous connaît aussi. Ah... s'asseoir sur un banc cinq minutes avec toi, et regarder la vie tant qu'y en a... Mardi 26 octobre - 20h45 - Maison de la culture Réservations au 03.86.93.09.09.
    • Une guitare, un piano et Renaud
ZicLine
  • ?-?-02, Boucan d'enfer > ZicLine de 2002 Renaud - Boucan d'enfer Beaucoup d'admirateurs du chanteur populaire ne croyaient plus à un quelconque retour du " Titi parisien " et il est vrai que mis à part un best of en 2000 puis un hommage que lui rendit le monde du hip hop hexagonal en 2001, Renaud n'avait pas beaucoup donné signe de vie sous forme de disque, juste une tournée intimiste intitulée " Une guitare, un piano et Renaud " et un passage remarqué aux Victoires de la Musique. Heureusement depuis quelques semaines, le chanteur a fait sa réapparition dans les médias, les plateaux de télévision et surtout dans les bacs des disquaires avec ce Boucan d'enfer, l'album de la résurrection. Il a retrouvé la foi dans ses idées et à la suite d'un pari avec un copain qui lui a fait écrire un premier texte : Petit pédé, il a poursuivi sur sa lancée en écrivant l'intégralité des paroles plus quelques mélodies. La couleur musicale est orientée vers la pop rock folk country bien produite et son remake autobiographique de Dr Jekyll et Mr Hyde ( Docteur Renaud, Mister Renard) et premier single extrait donne une bonne impression de l'album. Les sujets abordés, où le mot bistrot revient souvent, sont ceux de l'amour (" Morgane " a quitté le domicile), les faits de société (l'attentat de Manhattan, la Corse...) avec toujours ce parlé direct du chanteur à traiter des thèmes, on regrettera juste le manque d'une petite pointe d'humour qui était sa signature, mais on ne peut pas être drôle tous les jours. Ce disque d'une certaine force du début à la fin contient de nombreuses bonnes chansons comme le duo en compagnie d'Axel Red traitant de l'attentat du 11 septembre 2001 et de ses conséquences en Afghanistan : Manhattan-Kaboul (second single), Mon bistrot préféré (où il rend hommage à de nombreuses personnalités décédées), La Baltique (la mort vue par un chien), Tout arrêter... La mise en forme des 14 chansons enregistrées à Bruxelles et mixées dans les studios d'Abbey Road est l'oeuvre de Jean Pierre " Titi " Bucolo (Cabrel, Enzo Enzo, Johnny Hallyday...) qui a aussi composé les mélodies et joué les parties de guitare pour mettre en valeur les textes et donner un consistance " moderne " à ce disque. Même s'il en parle souvent, Renaud n'est pas resté terré au fond d'un quelconque bistrot parisien. Il a pris le temps de remettre ses idées en place, puis de les coucher sur papier et marque la scène française par un retour en force qui sera suivi dans quelques mois par une nouvelle tournée.
    • Album Boucan d'Enfer
Le Courrier de la Mayenne
  • 5 décembre 2002, Laval a promis à Renaud une belle tournée de retrouvailles > Le Courrier de la Mayenne du 5 Décembre 2002 Laval a promis à Renaud une belle tournée de retrouvailles Une salle de 4 700 spectateurs a scandé comme des slogans les anciennes chansons de Renaud (photos Jean-Charles Druais). Côté cour, une mairie ombragée par un platane. Au centre, l'hôtel de la nuit. Côté jardin, le bar de Renard, avec un pilier en veston rouge accoudé au zinc. Sur la place du village, sept musiciens balancent l'intro de «Docteur Renaud, Mister Renard». Le héros sort du troquet mais c'est le public qui est chaud. L'entrée en matière est parfaite. «Merci Laval !» Renaud met pourtant ses 4 700 interlocuteurs en garde : «Alors vous revoilou ! Il y a les anciens et des nouveaux. Pas d'bol pour les nouveaux, ça va être la cata. On est partis pour jusqu'en juillet 2003 mais ce soir c'est la première. Vous découvrez le décor en premier. On n'est pas tout à fait prêts, alors on va forcément se planter dans quelque chose !» Comme pour se faire pardonner, il veut flatter son public : «J'étais fan de Laval, à l'époque de Roger (première plante) Le Milinaire». Mais méfiez-vous du Renard ! Pour preuve, la chambre arrive : «Sinon, toujours en D2 ?» Comme le prévient la chanson suivante, «Si t'es mon pote», tu pardonnes. Un spectateur du premier rang sait à quoi s'en tenir : «Lui, il n'a pas applaudi !» Huées. «Mais je le reconnais avec sa chemise blanche ouverte, c'est Bernard-Henri Lévy. Vous êtes le maillon faible, au revoir !» Il venait de chanter ««L'entarté». Puis Renaud évoque sans tabou la période sombre et artistiquement stérile qu'il a traversé. «Il y a deux ans je n'étais pas loin, à Changé». Le sous-entendu confie qu'à l'époque, ce n'était pas la grande forme. Après «Pochtron», il plaisante et rassure : «C'est fini, mais c'était pas une raison pour me mettre trois bouteilles de Vittel au pied du micro». Fini les blagues. «Le problème quand tu veux placer trois nouvelles chansons, t'es obligé d'en enlever dix anciennes». Place à l'émotion. «En cloque», «La pêche à la ligne», puis quelques nouvelles chansons dont «Cœur perdu». C'est probablement sans savoir que le FLNJ a sévi il y a quelques années en Mayenne et dans l'Orne que Renaud a allègrement chanté «Mon nain de jardin», une chanson dont il affirme n'avoir pas été inspiré par le film Amélie Poulain. Les morceaux du dernier album alternent avec les plus anciens, comme «Miss Maggy», où Renaud prend la guitare qu'il n'a pas touchée, confie-t-il, depuis des années, et «Laisse béton», «Marche à l'ombre», ou «Dès que le vent soufflera», quand ce sont les 4 700 spectateurs qui chantent. Le répertoire de Renaud, c'est les chansons scandées comme les slogans, puis les textes chargés d'émotion, avec des milliers de silhouettes qui se balancent sur la «Ballade irlandaise», «Manhattan-Kaboul», avec la voix off d'Axel Red, ou «Mistral gagnant» sur un solo de piano. Parmi le public, une demoiselle d'une vingtaine d'années, caméscope à la main, est visiblement touchée par la poésie de l'artiste. C'est Lolita, la muse qui est venue avec sa mère pour encourager son papa à l'occasion de cette première. Les boutades cinglantes arrivent à point, comme pour empêcher le public de céder à la nostalgie des textes. «J'interdis aux autres dégénérés de Star Academy de toucher à mes chansons». Après deux bonnes heures de spectacle, le dernier rappel, avec «Morgane de toi» et «Mon HLM» sonne la fin d'une première prometteuse. Laval a promis au chanteur une série de retrouvailles chaleureuses avec le reste du public provincial.
    • Tournée d'enfer 2002-2003
Infos Music
  • 1er juin 2002, Boucan d'enfer > Infos Music de Juin 2002 Boucan d'enfer Renaud revient de loin. Sept ans après son dernier album original, il publie son quatorzième disque, Boucan d'enfer. Un album dont la gestation, entre alcool, médicaments et dépression, fut longue et douloureuse. La surprise n'en est donc que plus agréable de retrouver le Renaud poète, tendre et piquant qu'on aime tant. Musique ! On l'attendait depuis si longtemps que l'on n'y croyait presque plus, surtout depuis qu'il était apparu, fatigué et bouffi, ombre de lui-même, recevant un hommage au goût amer aux Victoires de la musique 2001. Mais le chanteur énervant est revenu, plus vivant que jamais. Sept ans après A la belle de mai, son dernier opus original (il y avait eu entre temps Renaud chante Brassens, en 1995), Renaud nous a concocté là quatorze petits bijoux de chansons. Quatorze titres sortis des tripes d'un tout jeune cinquantenaire qui, ces dernières années, a connu l'enfer, l'enfer de l'alcool, de la dépression, de la fin d'une histoire d'amour, et de la vie qui passe. C'est en effet en toute intimité que l'artiste se livre, jouant cartes sur table dès la première chanson : dans Docteur Renaud, Mister Renard, il nous raconte cette dualité qui fut (?) la sienne, le parallèle (la filiation ?) avec le Gainsbourg/Gainsbarre du regretté Serge étant clairement revendiquée. Mais c'est forcément Docteur Renaud qui a triomphé (même s'il semble en douter dans le dernier couplet de la chanson), parce qu'un méchant Renard n'aurait jamais pu évoquer avec tant de sensibilité et de tendresse cet ami, Petit pédé, contraint de fuir sa province "coincée" pour se fondre dans le ghetto gay de Paris, sa fille Lolita qui grandit et devient femme (Elle a vu le loup), son ami corse François Santoni assassiné (Corsic'armes), ou tout simplement cet homme, lui-même, qui fut sur le point de Tout arrêter? tant son C?ur perdu souffrait de sa séparation d'avec sa "gonzesse"? Séparation que le chanteur semble d'ailleurs n'avoir pas encore complètement acceptée, tant Dominique, (à qui l'album est co-dédié, comme quasi tous les autres) est présente tout au long de l'album : par exemple dans Boucan d'enfer (" Le bruit que fait le bonheur quand il s'en va "), qui s'achève sur le triste constat que " Y'a bien pire que mourir, y'a vivre sans toi "? Entre rock, folk et musette, Renaud nous dévoile donc son c?ur et ses états d'âme, sans toutefois oublier de mordre : il dénonce ainsi la superficialité de notre monde (surtout celui des paillettes et du strass éphémère) dans Je vis caché, la légèreté d'un BHL, "Jean-Paul Sartre dévalué", "entartré" à maintes reprises. La patte acerbe du Renard se retrouve encore dans le cynique et désabusé Mal barrés, qui fustige les croyances naïves d'un jeune couple d'amoureux, qui ignore encore que l'amour ne résiste pas au quotidien ? N'oublions pas bien évidemment le magnifique Manhatan-Kaboul, en duo avec Axelle Red : le titre inspiré par les événements du 11 septembre n'échappe pas aux clichés ? Et alors ? Que pourrait-on écrire d'autre sur cette tragédie ? Il n'en reste pas moins que les voix des deux artistes se conjuguent de manière si émouvante que ce titre, prochain single (sortie le 23 juillet), devrait connaître un succès bien mérité cet été... Du grand Renaud donc, dont la poésie, toujours aussi touchante et efficace, fait oublier qu'il ne sait toujours pas chanter? Il faut dire aussi que ses rimes sont joliment mises en musique par ses complices de toujours, Alain Lanty et surtout Jean-Pierre Bucolo. Signalons aussi le magnifique coup de crayon du navigateur Titouan Lamazou, qui a pour l'occasion troqué son ciré jaune pour son crayon et ses couleurs, pour illustrer le livret du cd de son ami. Bref, Renaud est de retour, son come-back fait un "boucan d'enfer", et nous, on en redemande ! D'ailleurs, si vous aussi voulez en savoir plus sur le millésime 2002 du chanteur, précipitez-vous sur Bouquin d'enfer (éditions du Rocher, 17 ?), écrit par son frère Thierry Séchan : sous la forme d'un dictionnaire, il vous apprendra plein de choses sur l'artiste. Et on attend déjà avec impatience d'aller l'applaudir sur la scène parisienne du Zénith, à partir du 19 décembre 2002, avant une grande tournée en province. Chrystèle MOLLON / Juin 2002 Photo © Duplantier/Virgin Renaud Boucan d'enfer
    • Album Boucan d'Enfer
    • Victoires de la Musique
    • Vie Alcool
    • Chanson Docteur Renaud, Mister Renard
    • Axelle Red
    • Chanson Elle a vu le loup
    • Chanson Corsic'armes
    • Chanson Tout arrêter...
    • Chanson Coeur perdu
    • Chanson Boucan d'Enfer
Merde In France
  • 15 novembre 2002, Tag him and bag him ... > Merde In France du 15 Novembre 2002 Tag him and bag him ... / Casse-toi, tu pues, et marche à l'ombre ... French singer and full-time drunk Renaud has teamed up with Belgian warbler Axel Red to make a comeback at the expense of the victims of 9-11. The chart topping 'Manhattan-Kaboul' reeks of moral equivalence and the clip, making liberal usage of scenes of the Twin Towers under attack, could well have been produced by the same outfit that made the Daniel Pearl video. This is criminal. .../ Renaud, chanteur français et pochetron à plein temps, fait équipe avec la gazouilleuse belge Axel Redpour effectuer un comeback sur le dos des victimes du 11 septembre. En haut des palmarès, la chanson 'Manhattan-Kaboul' est dégoulinante d'équivalence morale. Le clip video, montrant à volonté les Tours assiégées, aurait pu être fabriqué par la même bande qui a sorti la vidéo sur le journaliste Daniel Pearl. C'est un crime. ...
    • Chanson Manhattan-Kaboul
    • Axelle Red

16 janvier 2003

L'Humanité
  • 19 août 2002, Renaud > l'Humanité 19 Août 2002 Renaud En sortant il y a quelques mois son Boucan d'enfer, Renaud a non seulement renoué avec la chanson, mais il a surtout rappelé qu'il n'avait pas disparu. Un million d'albums plus tard et une sixième place au Top 50 des personnalités françaises viennent confirmer que beaucoup n'avaient pas oublié le chanteur à l'éternel perfecto. Moins cher au cour des Français que l'abbé Pierre (premier), mais mieux placé que Johnny Hallyday (seizième), Renaud bénéficie aux yeux de tous d'un retour élevé au rang de résurrection. Pendant presque sept ans, le chanteur s'était en effet éloigné des feux de la rampe, avait rangé sa voix cassée et son inusable blouson noir. Mais l'éloignement s'était transformé en mauvaise passe, traversée par l'alcool et la dépression. Les rares apparitions du chanteur laissaient voir un homme à l'aube de la cinquantaine, bouffi et aux yeux cernés. L'éventualité d'un nouvel album faisait sourire certains. Pour remonter la pente, il s'est mis à l'eau et aux médicaments. Le désir de chanter est venu après. Dans Boucan d'enfer, il a choisi de se mettre en scène. Cela donne Docteur Renaud et Mister Renard, deux faces d'un même homme en lutte contre ses vieux démons. Une démarche qui a séduit : le succès de l'homme et de l'album en atteste. A. M.
    • Album Boucan d'Enfer
  • 14 décembre 2002, Mister Renaud, Autoportrait sans mystère > l'Humanité du 14 Décembre 2002 Mister Renaud, Autoportrait sans mystère Renaud jette un regard mi-tendre, mi-ironique, sur son parcours. Un grand moment. Renaud, le rouge et le noir. France 3, 20 h 55. Renaud a accepté de raconter trente ans de carrière, trente ans de sa vie, ses coups de gueule, ses coups de génie, et ses coups de spleen. Une vie d'espoirs et de désillusions à siroter entre amis. Et à chantonner. Renaud est tout seul au milieu d'une pièce. Un peu tendu, un peu méfiant, au départ. Avec sa mèche blonde, toujours rebelle, et ce regard bleu de gamin blessé. Sur sa gauche, défilent des images. Des films en super huit, tournés par son père, des archives de la Sorbonne occupée en 1968, ses premières interviews télévisées, sa révolte permanente courent sur l'écran. Renaud commente, parfois amusé, parfois agacé par l'image que lui renvoie le poste. Sans détours, mais avec énormément de pudeur, il raconte ses joies et ses peines, ses moments de grâce et ses failles. Ses silences et ses yeux en disent parfois long, sur une blessure cachée d'un coup dévoilée. Cet autoportrait, qui s'inscrit dans la même collection que celui de France Gall, l'an dernier (rediffusé début décembre), est tout simplement un grand moment de télévision. En chansons, évidemment. Didier Varrod, le réalisateur, ce " capteur de confidences ", connaît le chanteur depuis longtemps. " Depuis une vingtaine d'années, j'ai régulièrement rendez-vous avec Renaud à chaque sortie d'un nouvel album et pour l'aventure scénique qui l'accompagne. Il y a entre nous, depuis ce temps, une relation de confiance, de respect, sans pour autant que je fasse partie des intimes du chanteur. Et c'est mieux ainsi. C'est ce qui fait que ce film existe aujourd'hui ", confie-t-il. Un film que le réalisateur estimait nécessaire. " C'est bien parce que les chansons de Renaud valent tous les cours d'instruction civique que son itinéraire se confond bien souvent avec l'histoire d'une génération née sur les barricades en 1968, qui d'utopies en engagements successifs et bien réels va peu à peu souffrir d'avoir à vivre des renoncements. C'est aussi ce que raconte ce document. Un film qui aurait pu s'intituler une histoire de France. " D'autant, justement, que la vie privée vient se mêler, toujours, aux idéaux, dans le parcours du " chanteur énervant ". Ce qui n'en finit pas d'étonner Didier Varrod. Il taxe son dernier disque, Boucan d'enfer, de " thérapie discographique ". " Dans cette année 2002 où notre pays a vécu bien des soubresauts, Renaud est revenu avec un disque presque " dégagé " de la vie sociale et politique. L'un des témoins les plus féroces et les plus combatifs de ces trois dernières décennies signe, avec ce dernier album d'une intimité bouleversante, le plus gros succès de sa carrière. Comme si, au-delà de l'émotion naturelle suscitée par la confession, les ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? (sic) voulaient aussi sacrer l'homme d'un parcours. " Et lui, Renaud, qu'en pense-t-il, de ce petit jeu avec la caméra ? Il s'y prête avec retenue, mais sans complaisance vis-à-vis de lui-même. Ça commence par des mots assassins, lâchés avec rudesse : " On ne va pas faire pleurer sur le malheureux destin d'un alcoolique anonyme. " Ça continue avec une nostalgie de l'enfance, cette période " douce comme le miel ". Entre son père enseignant et originaire du Sud, une mère ouvrière à la mine dans le Nord. Ses racines, quoi : " Le Nord et le Sud, le pastis et la bière, le socialisme bon teint et le socialisme rouge. " Il dévoile ses premières révoltes, sa passion pour le théâtre, ses débuts avec Coluche, Dewaere, ses amis partis. Il raconte son premier " tube ", sur les bancs de la Sorbonne en ébullition, la révolte d'un fils contre son père petit-bourgeois, avec des mots plutôt rudes pour le paternel. Renaud fait la grimace en se remémorant les paroles. Il raconte la rencontre avec la femme de sa vie, " sa gonzesse ", Dominique. Sa surprise d'avoir une petite fille. Sa joie, aussi, et sa révolte au fil des ans. Il raconte aussi son hypocondrie permanente, sa traversée du désert, sa dépression. " Dans le dernier album, pas besoin de lire entre les lignes pour savoir que ma femme est partie. Elle a été émue par mes textes, mais elle a trouvé injuste que j'ai des milliers d'épaules pour pleurer. " Et pour continuer de vivre dans ses souvenirs et sa détresse. Allez, Renaud, tu le sais bien, toi, que " la souffrance, c'est très rassurant, ça n'arrive qu'aux vivants "... Caroline Constant
    • Émission Le Rouge et le Noir
  • 21 décembre 2002, Renaud au Zénith > l'Humanité du 21 Décembre 2002 Renaud au Zénith Retour au premier plan du chanteur qui réserve encore quelques coups de griffes. Après une longue période de doutes et d'errements, Renaud retrouve les lumières de la scène du Zénith, étape parisienne d'une tournée de près de cent concerts qui le tiendront occupé jusqu'à l'été prochain. Une scène où il est installé jusqu'au 23 décembre et où il reviendra courant 2003, du 28 janvier au 1er février d'abord, puis du 25 au 31 mars. Le Zénith lui est familier puisque le " chanteur énervant " étrenna la salle de la porte de Pantin en 1984, il y a presque vingt ans donc, ne manque pas de souligner le " quinqua " (depuis le 11 mai dernier).
    • Tournée d'enfer 2002-2003

11 janvier 2003

MCM
  • 7 juin 2002, Renaud plus fort que Moby et Eminem ! > MCM du 7 Juin 2002 Renaud plus fort que Moby et Eminem ! Pas mal pour un poète rescapé des nimbes, à l'âge de 50 ans Renaud détrône les deux mastodontes Moby et Eminem ! Boucan d'Enfer, son nouvel album attendu depuis 10 ans, s'est placé directement en tête des ventes d'albums ! Du coup, le favori The Eminem Show, se retrouve en seconde place tandis que 18 (Moby) adopte la troisième position. A signaler aussi la bonne santé du Paradize d'Indochine, en cinquième position. Lynda Lemay et ses Lettres Rouges en 6ème place fait toujours un pied à sa consoeur du Québec, Céline Dion, dont le dernier effort A New Day As Come se tient juste derrière. Acmé
    • Album Boucan d'Enfer
  • 8 novembre 2002, Renaud et Axelle Red caracolent en tête ! > MCM du 8 Novembre 2002 Renaud et Axelle Red caracolent en tête ! Manhattan Kaboul, le duo de Axelle Red et Renaud, caracole en tête du classement des titres francophones joués sur 70 radios dans le monde. Francophonie Diffusion vient en effet de livrer ses résultats, qui donnent la médaille d'argent à Jenifer (Au Soleil) et le bronze à Zebda (L'Erreur Est Humaine). Viennent ensuite Indochine (Mao Boy) puis un autre duo, cette fois ci Assia avec Rohff (5 9 1). Acmé
    • Chanson Manhattan-Kaboul
    • Axelle Red
  • 23 décembre 2002, Renaud fait ses adieux à la scène > MCM du 23 Décembre 2002 Renaud fait ses adieux à la scène Au cours de ses passages au Zénith de Paris, Renaud a déclaré qu'il s'agissait de sa dernière tournée. "Vu que j'ai mis 7 ans à faire ce nouvel album, le prochain sera dans 15 ans, vous imaginez dans quel état je serai ?". En 2h20, Renaud a fait le tour de son répertoire devant un décor de place de village avec une école, une mairie, un hôtel et le café Chez Renard. Il a présenté les titres de Boucan d'Enfer, entamant avec Docteur Renaud, Mister Renard et parsemant sa set list de L'entarté, pique contre BHL, Petit Pédé, Baltique, Mon Bistrot préféré... Il a été rejoint sur scène par Axelle Red pour interpréter Manatthan Kaboul. Cette dernière a joué en prime son nouveau single Je me fâche, seule au piano. Renaud est revenu ensuite pour balancer quelques piques à Johnny Hallyday, qui avait déclaré qu'il préférait les chansons de marin de Renaud alors que celui-ci n'en avait écrit qu'une, Dès que le vent soufflera, contre la Star Academy ("Je veux pas que ces abrutis reprennent mes chansons" a-t-il déclaré au sujet de Mistral Gagnant) ou encore contre le Paris Dakar (500 connards sur la ligne de départ). Engagé, Renaud a su aussi rester émouvant avec des chansons sur les enfants et l'amour. Le chanteur est apparu assez fatigué, prenant le temps entre les chansons pour discuter tranquillement avec le public, mais il est apparu en bien meilleure forme que lors de sa dernière tournée... Dans tous les cas, avec 2 rappels bien fournis, Docteur Renaud et Mister Renard ont assuré. Set list (dans le désordre): Docteur Renaud, Mister Renard En cloque L'entarté Mal Barré La Ballade nord irlandaise Mon Nain de jardin Manu Manatthan Kaboul Mort les enfants Germaine Miss Maggie Coeur perdu Laisse Béton Baltique Marche à l'ombre Petit Pédé Marchand de cailloux Pochtron 500 Connards sur le ligne de départ La Pêche à la ligne Mon bistror préféré Mon HLM Morgane de toi Mistral Gagnant It is not because you are Dès que le vent soufflera DH
    • Tournée d'enfer 2002-2003
    • Zénith
    • Axelle Red
    • Chanson Manhattan-Kaboul
    • Johnny Hallyday
    • Chanson Dès que le vent soufflera
    • Télévision télé-poubelle
    • Chanson Mistral Gagnant
    • Sport Paris-Dakar
    • Chanson 500 connards sur la ligne de départ
Télérama
  • 14 décembre 2002, Renaud, le rouge et le noir > Télérama du 14 Décembre 2002 Les nuits de France 3 - Renaud, le rouge et le noir Documentaire sur France 3 mercredi 18 décembre 2002 de 01:35 à 03:40 (125 min) Documentaire français d'Eric Guéret, coproduit par France 3, Program 33 et INA Entreprise (2002). Interview : Didier Varrod. Inédit. Renaud n'a toujours pas vu le portrait auquel il s'est prêté sans poser et que diffuse ce soir France 3. Il se voit ces soirs-ci à travers un autre miroir : celui que lui tend le public qui remplit les salles de sa tournée. Triomphe en scène, après le triomphe de son dernier album, Boucan d'enfer, qui s'est arraché à plus d'un million et demi d'exemplaires. Est-ce réellement étonnant ? Dans le miroir que tend aussi Renaud au public de sa génération, celui-ci retrouve ses rides et ses blessures, ses bosses et ses creux, ses rêves enfuis, ses désirs enfouis. Comme le dit le chanteur, en préambule à ce gros plan : « C'est l'histoire d'un mec de 50 balais qui est un peu revenu de tout... En ça, beaucoup de gens se reconnaissent dans mes chansonnettes. » « Le rouge et le noir » : il y a du Stendhal dans ce titre, mais aussi les couleurs de drapeaux qu'avant lui ont choisis d'autres membres de sa famille, mineurs du Nord, huguenots du Sud, prolétaires, enseignants. Les riches heures des archives ouvertes par l'INA rappellent quelques pages tumultueuses de l'histoire qui s'est écrite quand il était enfant, qu'il a écrite aussi, en actions, en chansons : la meurtrière manif de Charonne, dont ses parents revinrent en pleurant, Mai 68, Mitterrand président, la guerre en Bosnie... Parallèlement, les photos et les films de la famille Séchan montrent des bambins heureux, un cercle aimant, ouvert. Comme dans le dispositif de Paul Amar sur Paris Première, Renaud commente certaines de ces images ou répond, face à la caméra, aux questions gommées au montage de Didier Varrod. Il pose un regard consterné sur sa première apparition à la télé, dans l'émission de Danièle Gilbert ; attendri, comme un père devant un fils, sur ce jeune lui-même donnant une leçon d'architecture marine. Il ne savait pas barrer, construisait quand même son bateau. Amoureux, heureux. Et puis... Du désamour, de sa passion paternelle, des amitiés, de la déprime, de l'alcool, de la colère et du désabusement politique, du bonheur d'écrire et de chanter, il parle sans fard, avec humour souvent, pudeur pourtant, même quand les mots disent le vif des blessures. Deux heures passent, qu'on ne voit pas passer. « J'espère fêter mes cinquante ans de chanson », se marre-t-il en conclusion, calculant après le « cut » final : « Ça me fera combien ? » Et nous, ça nous fait combien de grandes espérances et de petits compromis, de rages impuissantes et de combats à recommencer ? Au travers de ce portrait, d'une qualité rarissime, une génération se mesure du regard. Anne-Marie Paquotte
    • Émission Le Rouge et le Noir
AFP

10 janvier 2003

Merci à Mamounette pour l'info.

20 Minutes
  • 19 décembre 2002, Renaud va boire du petit-lait au Zénith > Jeudi 19 Décembre 2002 Renaud va boire du petit-lait au Zénith « Renard est un sacré soiffard, Renaud est sobre comme un moineau/Quand Renaud rejoint son plumard, Renard s'écroule dans l'caniveau..» Il y a fort à parier qu'en ouverture du concert qu'il donnera ce soir au Zénith (il s'y produit à guichets fermés jusqu'au 23 décembre), Renaud entonnera son schizophrénique Docteur Renaud, Mister Renard. Une chanson-aveu où l'artiste de 50 ans revient sur sa traversée du désert. Cinq années durant lesquelles il a vécu reclus, seul, noyé dans son chagrin et dans l'alcool. La musique aura heureusement eu raison de ses déboires : écoulé à près de 1,5 million d'unités, Boucan d'enfer, l'album de son retour cette année est un triomphe. « Les gens ont besoin de chansons qui ont du sens. Ils sont peut-être fatigués par le rap, la techno et les artistes fabriqués par la télévision », analysait-il dans le portrait que lui a consacré France 3, lundi dernier. Ses brûlots, sa gouaille, sa poésie et sa fragilité manquaient à la scène française. Les revoilà pour un vrai bol d'air ! Inès Philippe
    • Tournée d'enfer 2002-2003
    • Album Boucan d'Enfer
    • Vie Alcool
    • Émission Le Rouge et le Noir
Métro
  • 23 décembre 2002, La résurrection de Renaud > Métro du 23 Décembre 2002 La résurrection de Renaud Revigoré par le succès de Boucan d'enfer, le chanteur part en tournée Auteur cette saison d'un retour au premier plan après une longue période de doutes et d'errements, Renaud retrouve les lumières de la scène pour près de cent concerts, jusqu'à l'été prochain. Au cours des 20 dernières années, Renaud Séchan est passé par tous les aléas du métier : gloire, vacille- ments de la popularité, doutes, remise en question. Parallèlement, sa vie privée n'a pas été exempte de soubresauts. C'est d'ailleurs la matière essentielle de son disque du come-back, Boucan d'enfer, paru le 28 mai, et qui a atteint à ce jour le cap du 1,6 million d'exemplaires, soit la meilleure vente de disques dans l'Hexagone pour les neuf premiers mois de l'année 2002. Pendant les fêtes, Renaud est installé au Zénith de Paris jusqu'au ce soir. Il y reviendra en 2003. Comme son "pote" Gainsbourg avait créé "Gainsbarre", Renaud a inventé son ange noir, "Docteur Renard". C'est cet inquiétant alter ego qui se présente au public qui l'a accueilli de toute la force de ses 6 000 voix, jeudi soir, lors de la première. Renaud ne cache pas que le temps qui passe le préoccupe et lâche : "Ce sont mes adieux au music-hall, vous m'imaginez encore dans 15 ans ? je serai vieux et moche." Moins engagé que dans le passé, il réserve encore quelques coups de griffe, tel L'Entarté, dans laquelle il épingle Bernard Henri-Lévy, ou 500 connards sur la ligne de départ, virulente diatribe contre le Paris-Dakar. Sur Manhattan-Kaboul, Renaud a invité Axelle Red à le rejoindre chaque soir de sa halte parisienne. Après Paris, Renaud poursuivra en janvier la tournée entreprise le 3 décembre à Laval : le 21 janvier au Mans, le 22 à Rennes, le 23 à Orléans, le 24 à Rouen, le 25 à Caen, le 4 février à Charleville-Mézières, le 5 à Strasbourg, le 6 à Mulhouse... (AFP)
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6 janvier 2003

Bonne année à tous.
Pépette nous envoie cet article tapé par Liz. Merci aux petites mains.

Dauphiné Libéré
  • 11 décembre 2002, Axelle Red et Renaud > Dauphiné Libéré du 11 Décembre 2002 AXELLE RED et RENAUD Annecy. Renaud sera ce jeudi 12 décembre au Hall des expositions. Rencontre avec celle qui en parle le mieux, sa complice de "Manhattan-Kaboul", Axelle Red, qui vient de sortir un très joli album. Comment s'est passée la rencontre avec Renaud ? "En fait, on se connaissait un peu avant. Notre première entrevue a eu lieu lors des Victoires de la Musique, à l'époque de "Sensualité". Je l'ai croisé dans les couloirs et il m'a lancé qu'il avait voté pour moi. Quand je lui ai dit que je n'étais même pas nominée, il m'a tranquillement répondu "Oh, ce n'est pas grave !"? Ensuite on s'est retrouvé sur les Restos du Cœur. C'était drôle parce qu'on n'avait que des minuscules bouts de chansons à interpréter, et qu'on attendait ensemble, pendant des heures, que ce soit notre tour." "Manhattan-Kaboul" est l'un des plus grands hits de cette année, comme expliquer ce succès ? Je crois que les gens se sont reconnus dans cette chanson parce que les mots étaient justes et honnêtes. Avec son passé soixante-huitard, tout le monde a bien compris que Renaud ne cherchait pas à profiter d'un événement aussi tragique que le 11 septembre pour faire un succès. C'est l'un des plus grands auteurs français et une personne extraordinaire. On se ressemble. La même fragilité peut-être ?" Dans votre nouvel album "Face A/Face B" on retrouve le thème du 11 septembre, mais aussi celui des mines antipersonnel. Un morceau est même dédié au jeune Carlo Guiliani, mort de la manif de Gênes ? Je ne suis pas une anti-mondialisation, mais je sympathise avec leurs idées. Qui sait, un jour peut-être je descendrai aussi dans la rue. En fit, je n'ai que très peu de respect pour les grandes Nations et leurs dirigeants qui oublient qu'ils sont avant tout au service du peuple". Dans "Voilà tout ce qu'on peut faire", vous leur donnez même des leçons. Un peu utopique ?" "Je sais bien que je ne vais pas changer le monde avec mes chansons. Mais si je peux faire passer un petit truc, en même temps que je fais danser les gens, c'est bien, non ?" Dans "Je me fâche", vous exprimez aussi la difficulté d'être en même temps une mère, une artiste et une femme. "Parce que c'est pas facile d'être une femme dans notre société, surtout après l'arrivée d'un enfant. Moi, après Janelle, j'ai cru que je ne pourrais plus jamais composer, à cause de tout ce bouleversement hormonal. J'ai eu très peur, mais c'est revenu. J'avais juste besoin de temps. Les gens ne comprennent pas ça. Ils ne comprennent pas non plus que l'on peut être mère et rester ambitieuse. Ils nous jugent aussi beaucoup en fonction de notre physique. Enfin faut pas trop que je montre que je suis trop féministe. Ma mère m'a prévenu : "Si tu continues comme ça, les hommes n'iront plus acheter tes disques !" Propos recueillis par Ève Moulinier Le concert d'Annecy est d'ores et déjà complet. Par contre, Renaud donnera un autre concert le vendredi 14 février à la Halle olympique d'Albertville. Sinon, le nouveau disque d'Axelle Red est dans les bacs chez tous les bons disquaires.
    • Axelle Red
    • Tournée d'enfer 2002-2003
    • Victoires de la Musique
    • Association Restos du coeur
    • Chanson Manhattan-Kaboul

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