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176 articles publiés dans le kiosque pendant l'année 2002.

19 décembre 2002

Merci Liz.

Le Parisien
  • 19 décembre 2002, Renaud retrouve Paris > Le Parisien du 19 Décembre 2002 Renaud retrouve Paris Alors qu'il vient de démarrer une tournée de quelque 85 dates - toutes complètes - Renaud s'installe pour cinq soirs au Zénith de Paris. Un retour très attendu dans la capitale où il n'avait plus chanté depuis six ans. AU FOND de la scène, l'Hôtel de la nuit avec son enseigne lumineuse « quatre étoiles dont trois filantes ». A gauche, à l'ombre d'un platane, une mairie sur laquelle flotte un drapeau tricolore. A droite, le bar Chez Renard et à l'intérieur, une silhouette aux cheveux jaunes accoudée au zinc, une tasse de café et une cigarette dans les mains. Tandis que les premiers accords de la chanson « Docteur Renaud, Mister Renard » résonnent, Renaud sort du troquet et empoigne, en tremblotant, son micro. C'était la semaine dernière au Zénith de Nancy. Une scène qu'il reproduira cinq fois à Paris à partir de ce soir. « Dernière tournée » A Nancy, près de deux heures durant, alors qu'il s'accrochait à son micro comme à une balise, le public l'a fêté comme un prince, tout en ovations et en éclats de voix : « Renaud on t'aime ! », « Eternel Renaud ! », « On est là, Renaud, pense à nous ! » Lui, tee-shirt noir, veste rouge et croix protestante autour du cou, savourait l'instant, tout en espérant que « Renard le soiffard ne pointe pas trop son museau ». Enchaînant un peu essoufflé avec « Si t'es mon pote », le quinquagénaire annonçait ensuite que son tour de chant de quatre-vingt-cinq dates en huit mois serait sa « dernière tournée », « ses adieux au music-hall »... Une curieuse façon de célébrer des retrouvailles avec la scène. Des retrouvailles qui, en fait, n'en sont pas vraiment. D'octobre 1999 à mars 2001 déjà, il avait écumé, dans un triste état de santé, les petites salles de France avec le spectacle « Une guitare, un piano et Renaud ». Mais il avait soigneusement évité Paris, par peur des critiques, avait-on dit... Jusqu'au 23 décembre au Zénith de la porte de Pantin - un lieu qu'il avait inauguré en 1984 -, il renoue donc avec la capitale, sans doute avec un peu d'appréhension. Le public chante en choeur Mais à Nancy, le chanteur n'avait rien à craindre de personne. Depuis qu'il a raconté ses dérives alcooliques au printemps dernier, à la sortie de son album « Boucan d'enfer » - vendu depuis à plus de 1,6 million d'exemplaires - Renaud poursuit sa « thérapie » en public et ses fans s'en régalent. Il en jouait presque ce soir-là, clamant « je suis sobre » après avoir chanté « Pochtron » et déballant ses déboires sentimentaux après « Coeur perdu », sans doute le titre le plus réussi et le plus touchant de « Boucan d'enfer ». C'était d'ailleurs sur les chansons les plus lentes et lorsqu'enfin le tempo baissait - « En cloque », « Manu »... - que Renaud redevenait Renaud, tout en timidité et en sensibilité. Cependant, lorsque le rythme s'accélérait, sa voix brûlée par les excès faisait mal, accentuée par les instrumentations et la guitare omniprésente de son directeur musical Jean-Pierre Bucolo. Dans la salle, on faisait fi de ces détails, savourant « Marchand de cailloux », « 500 connards sur la ligne de départ », « Marche à l'ombre » ou encore « Miss Maggie », systématiquement repris en choeur. Tout comme son tube « Manhattan-Kaboul », chanté en duo avec la voix préenregistrée d'Axelle Red. Plus tard, il se taillait encore un joli succès en s'attaquant à la « Star Academy », expliquant qu'« un copain lui avait raconté qu'ils reprenaient ses chansons. » Et Renaud de crier : « Je ne veux pas que ces abrutis touchent à mes chansons ». Un triomphe. Un peu facile, mais un triomphe quand même. Renaud, à partir de ce soir et jusqu'au 23 décembre à 20 heures au Zénith, 211, boulevard Jean-Jaurès, Paris XIX e . Places : 34 ?. Tél. 01.42.08.60.00. Egalement du 28 janvier au 1 e r février et du 25 au 28 mars, les 31 mars et 1 e r avril. Complet. En première partie : Mickey 3D. Sébastien Catroux
    • Émission Le Rouge et le Noir
    • Tournée d'enfer 2002-2003
    • Une guitare, un piano et Renaud
Le Monde
  • 18 décembre 2002, Génération Renaud > Le Monde du 18 Décembre 2002 Télévision : Génération Renaud C'est l'histoire d'un mec de 50 balais qui est un peu revenu de tout. C'est la vie de Renaud Sechan. Un gars plutôt sympa, que l'auteur de ces lignes a souvent aperçu de loin, invariablement assis seul devant un verre, toujours à la même place, à la Closerie des lilas. C'est l'histoire de Dr Renaud vainqueur de Mr Renard. Une fois n'est pas coutume, et l'encensoir est un instrument à manier avec précaution, mais on y va quand même. Renaud, le rouge et le noir,le film d'Eric Guéret et Didier Varrod que vous avez sûrement vu lundi soir sur France 3, est le meilleur portrait d'artiste qu'on ait montré à la télévision depuis longtemps. Evidemment, pour ceux qui ont atteint et même dépassé la cinquantaine, Renaud est leur miroir. Il est leur double - hypocrite téléspectateur quinquagénaire -, leur semblable, leur frère ! Renaud, fils prodigue d'une famille intellectuelle de gauche, est né dans le 14e arrondissement de Paris. Il a eu une enfance heureuse, une maman très jolie, un père intelligent et gentil, des frères et soeurs super, un jumeau. Pourquoi diable s'est-il révolté, comme toute sa génération d'ailleurs ? Dans son cas, c'est peut-être parce que c'était trop bien. Il s'est donc rêvé une vie de voyou, à cause des chansons de Bruant et Brassens qu'il écoutait petit, et s'est construit ce look de loubard, avec bandana, Perfect, santiags, et le reste. Le jean serré et le blouson de cuir clouté lui allaient bien. Il aimait la banlieue, l'anarchie, tout ça. Il n'a jamais menti. Il a toujours dit qu'il n'était pas né chez les loubards mais près de Denfert. Mais ce rêve est devenu sa vie. Et toute la banlieue s'est reconnue, et c'est encore vrai aujourd'hui, dans Il est blême, mon HLM. Quand sa fille est née, en 1980, il a écrit très vite Mistral gagnant, qui parle de son enfance. Les pères redécouvrent toujours leur enfance dans ces moments-là. Il est devenu très célèbre, il a voté pour "Tonton", comme nous l'avons fait tous. Maintenant, il vote écolo à chaque scrutin. Il a bu quelques verres. Sa femme l'a quitté. Il a été salement déprimé. Il s'est remis debout et au régime sec. Boucan d'enfer fait un tabac. "Les blessures les plus profondes ne sont pas guéries par les ventes de disques", dit-il avec la voix qui se brise. Il se regarde sur l'écran, et voit défiler sa vie. C'est la nôtre. Dominique Dhombres
    • Émission Le Rouge et le Noir
    • Tournée d'enfer 2002-2003

17 décembre 2002

Le Parisien
  • 16 décembre 2002, Un bouleversant portrait de Renaud > Le Parisien du 16 Décembre 2002 France 3, 20 h 50/ Un bouleversant portrait de Renaud Pour son retour, Renaud (à gauche) a accepté de se livrer à Didier Varrod. (FRANCE 3.) SI VOUS AVEZ AIMÉ le portrait de France Gall programmé l'an dernier sur France 3 et rediffusé il y a quelques jours, vous allez adorer celui de Renaud, ce soir, à 20 h 50, sur la même chaîne. Intitulé « Docteur Renaud? ou Mister Renard ? », ce documentaire réalisé par Didier Varrod et Eric Guéret éblouit par sa richesse. Le témoignage du chanteur ­ qui sera au Zénith de Paris à partir de jeudi ­ y est tour à tour intéressant, amusant et poignant. « Une certaine complicité professionnelle nous unit » « Quand je lui ai proposé ce docu, il m'a dit : Ça me gonfle », raconte pourtant Didier Varrod, également à l'origine du film sur France Gall. « Ça le gênait qu'on pense qu'il voulait livrer ses états d'âme, mais il était à un moment clé de sa vie. Après sept ans d'absence, il avait envie de transmettre des choses sur l'alcool et la dépression. » Malgré sa pudeur, Renaud s'est donné à Didier Varrod. « On se croise depuis vingt ans, justifie ce dernier. Du coup, une certaine complicité professionnelle nous unit, mais on n'a jamais dîné ou pris des vacances ensemble, sinon, le film n'aurait pas été possible. » Si son nom ne parle pas forcément au grand public, Didier Varrod est bien connu des chanteurs. D'abord journaliste musical, il a longtemps travaillé chez Sony, avant de revenir à ses premières amours. Il anime « Electron libre », chaque vendredi soir sur France Inter, et présentait « les Idoles du samedi » et « les Jeudis de Jimmy », sur Canal Jimmy, jusqu'à cette rentrée. Enfin, il est également programmateur des Francofolies de La Rochelle, dont il prendra la direction en 2004. Ses prochains documentaires, Didier Varrod aimerait les consacrer à Jean-Jacques Goldman et à Mylène Farmer, deux stars qui refusent obstinément de se livrer. En attendant, un film sur Léo Ferré pourrait bientôt voir le jour, à l'occasion du dixième anniversaire de sa mort. Aude Dassonville
    • Émission Le Rouge et le Noir
    • Tournée d'enfer 2002-2003

16 décembre 2002

Un article à l'occasion de l'émission, et un plus ancien nous font 450 articles.

20 Minutes
  • 16 décembre 2002, Renaud confie son mal de vivre à la caméra d'un pote > 20 Minutes du 16 Décembre 2002 Renaud confie son mal de vivre à la caméra d'un pote «Renaud savait que je respecterais son histoire, mais je ne m'attendais pas à ce qu'il se livre autant. » Voilà ce qu'affirme Didier Varrod, auteur de « Renaud, le rouge et le noir», documentaire biographique émouvant, condensé de dix heures d'entretiens avec le chanteur écorché. Si Renaud a accepté de se prêter au jeu de l'autoportrait, c'est parce qu'ils se connaissent depuis vingt ans. Seul, dans un fauteuil, face à un écran géant, l'interprète de Mistral gagnant voit défiler les images de sa vie, qu'il commente sur le ton de la confidence. Une dure épreuve. « Je lui ai projeté cinquante films d'archives, qu'il n'avait pas vus à l'avance. Renaud ne s'est pas planqué. Sa sincérité m'a bouleversé», raconte le journaliste. Cet expert en confidences a d'ailleurs en projet l'autoportrait de Goldman et de Johnny Hallyday. Nostalgique chronique, Mister Renard évoque son enfance « douce comme le miel», son ascension vers le succès. Mais aussi sa peur de vieillir, sa détresse, les ravages de l'alcool et le départ de sa «gonzesse». «Renaud a changé mais il est toujours en résonance avec sa vie. C'est le mec de tous les combats, soutient Didier Varrod. Il a représenté la modernité, maintenant il est hors mode.» Laura Kirsanoff sur leur site
    • Émission Le Rouge et le Noir

15 décembre 2002

FNAC
  • 6 novembre 2002, Renaud BD d'enfer > FNAC.com 6 novembre 2002 Renaud BD d'enfer Le best-of 22 chansons en bande dessinée.Collectif bande dessinée (cartonné) Cet album pas comme les autres, c'est 22 chansons interprétées en toute liberté par des virtuoses de la BD. 22 titres phares du "chanteur énervant", où ses personnages (Gérard lambert, la Pépette, Mr Renard, etc.) trouvent une seconde vie... En résumé Au sommaire Laisse béton par Juillard ; Les Aventures de Gérard Lambert par Boucq ; Le Retour de la Pépette par Margerin ; L'Auto-stoppeuse par Dodo & Ben radis ; Mimi l'ennui par Yslaire ; Les Charognards par Harlé & Blanc-Dumont ; Le Père Noël noir par Ted Benoît ; Baby-sitting blues par Cailleteau & Vatine ; Morgane de toi par Vicomte ; Mistral gagnant par Cabanes ; Jonathan par Geerts ; Chanson pour Pierrot par Loisel ; Allongé sous les vagues par Ptiluc ; Dès que le vent soufflera par Plessix & Dieter ; Cent Ans par Tronchet ; Putain de camionpar Tome & Janry ; Rouge gorge par Arno & Bocquet ; La Mère à Titi par J.-C. Denis ; Loulou par Berthet & David ; Elle a vu le loup par Simon Léturgie ; L'Entarté par Rabaté ; Dr Renaud, Mr Renard par Chauvel & Lereculey ; et une image finale signée Uderzo ! (Mot de l'éditeur) Fiche détaillée Dessinateur : Collectif Editeur : Delcourt G. Productions Format : 24 cm x 32 cm Illustration : Illustrations couleur ISBN : 2840559943 Docteur Renaud Mister Renard par Chauvel, Lereculey et Renaud
    • Livre BD d'enfer

14 décembre 2002

Merci à Franck, Liz, Néotine et Oli. A nouveau des articles de magazines TV

L'Express
  • 15 juin 1995, Renaud l'imposteur > L'Express semaine du 15 au 21 juin 1995 - P. 42 Renaud l'imposteur Renaud. Rien à voir avec la chanteuse, authentique bonne personne et populaire. Rien à voir non plus avec le constructeur automobile. Il y aurait une faute. Que ce Renaud-ci a commise en tentant de nous convaincre, raie de lumière nous faisant son cinéma, qu'il était né à la sortie des usines.... Cet énervé de la chansonnette n'est en fait qu'un petit maître de l'imposture. Le gosse perpétuel - 40 ans bien sonnés - descendu des beaux quartiers pour flatter le zonard est une illusion scénique. Evidemment, nous savons qu'il ne faut pas obligatoirement être démuni pour s'intéresser aux pauvres - tant qu'à donner, c'est connu, les riches ont plus d'argent - mais cet agité du bocal, lui, prétend qu'il est de ceux qu'il racole. Costumé, avec foulard gavroche, jean's troué et petit blouson serré sur le derrière, il tient, en bon cachetonneur, le rôle du banlieusard qui, aujourd'hui, a la haine. Plus Léo Ferré que NTM, plus goualante que rap, il y a une odeur de musée chez ce malheureux qui s'accroche à la jeunesse des autres. Devrons-nous admettre que cette fiction, avec langage répertorié et gueule grimée façon ange désespéré, est vraie ? Non ! Drague Queen des terrains vagues, cet adulte installé n'est qu'un habile chanteur sachant prolonger sa recette. Si l'on n'est pas certain que les gamins des cités, les vrais, marchent au numéro du petit mec souffreteux de salon, il faut reconnaître que nous, journalistes, nous nous sommes longtemps fait avoir. C'est qu'il fut tellement conforme à l'anticonformisme qu'on eut la prudence futée de le croire. Pourtant, il a beau aller au charbon trainé par Claude Berri ou chanter en Bosnie, le fard coule. Et l'anarchiste de série télévisée s'affichant avec Che Guevara pour vendre un concert n'est qu'une supercherie commerciale. Du surgelé musicalement correct, avec bruit de Mob d'occasion. Dominique C. Vallière
    • Relations avec les médias
Paris-Match
Dernières Nouvelles d'Alsace
  • 14 décembre 2002, Le Rouge et le Noir > Programme télé Dernières nouvelels d'Alsace Le Rouge et le Noir Réalisation: Eric Guéret et Didier Varrod.Origine: France.2002. Après sept ans d'absence, Renaud revenait, en 2002, avec un tout nouvel album, «Boucan d'enfer», sans doute le disque le plus intimiste de sa carrière et d'ores et déjà son plus grand succès, avec plus de 1,5 million d'albums vendus. Le duo avec Axelle Red, «Manhattan Kaboul», s'inscrit dans la lignée de ses meilleures chansons, comme «Marche à l'ombre», «Morgane de toi» ou encore «Mistral gagnant». Dans ce document, Renaud a accepté de se raconter lui-même. Il propose, en outre, de nombreux documents personnels inédits relatant sa carrière depuis ses débuts militants de l'après mai 68, qui illustrent parfaitement le lien qui unit ses chansons au peuple de France.
    • Émission Le Rouge et le Noir
    • Album Boucan d'Enfer
    • Chanson Manhattan-Kaboul
    • Tournée d'enfer 2002-2003
Nouvel Observateur
  • ?-12-02, Le roman de Renaud > Supplément du Nouvel Observateur n°1988. Le roman de Renaud. Avec le bien nommé «Boucan d'enfer », cette année 2002, Renaud fait un retour retentissant. Oeil bouffi et moustache blanchie, il chante son voyage au bout de la déchéance : sa femme l'a quitté, l'inspiration a pris la fuite, et il s'est mis à boire consciencieusement - à moins que ce ne soit le contraire. Docteur Renaud et Mister Renard se sont entraînés mutuellement dans une lente descente aux enfers. Désespéré, le chanteur a cherché une oreille attentive pour se confier ; par le disque et par la scène, il en a trouvé des milliers. Il se dit très touché par l'accueil du public au cours de l'émission que lui consacre France 3 où il voit défiler sa vie sur écran géant, sous forme d'images d'archives qu'il commente sur le ton de la confidence. L'autoportrait de ce gamin de Paris un peu craignos, à la fois porte-parole de la mauvaise graine (« Laisse béton », « Marche à l'ombre », « Dans mon HLM »), sociologue ou politologue (« Fatigué », « Miss Maggie », « Manhattan-Kaboul ») et grand sentimental devant l'éternel (« Ma gonzesse », « En cloque »), est très complet. Il fallait bien deux heures pour venir à bout du sujet Renaud : l'enfance sous le signe des Gémeaux, la lente ascension vers le succès, et puis ses amis, son amour, ses emmerdes... Renaud ne s'est pas rebellé pour la frime ou pour la forme. Revolté, il l'est tout petit déjà. Révolté, il l'est par cette manière que tout le monde avait de les appeler « les jumeaux » et de les vêtir à l'identique, son frère David et lui. Révolté par le système scolaire, qu'il quittera prématurément en avril 1969. Révolté par ce monde qui ne tournait pas très rond hier et pas davantage aujourd'hui. Révolté, enfin, comme Hugues Aufray, son idole de jeunesse, qu'il cherche à imiter en optant pour la protest song. Comme Hugues Aufray avec « Santiano », Renaud rendra un vibrant hommage aux marins : « C'est pas l'homme qui prend la mer / C'est la mer qui prend l'homme... » (« Dès que le vent soufflera »). Mais c'est en Mai-1968 que sa révolte prend corps. A la Sorbonne, il s'affronte quotidiennement aux forces de l'ordre, écrit sa première chanson (« Crève salope ») et entre dans le Groupe Gavroche Révolutionnaire. Sur un film d'époque, un Renaud au physique d'adolescent récite à ses amis « Vive la vie », un sketch de Guy Bedos. S'il écrit quantité de chansons, Renaud rêve secrètement de devenir comédien. Sa rencontre lumineuse avec Patrick Dewaere à Belle-Ile en 1971 est déterminante. Invité au Café de la Gare, où se produisent notamment Romain Bouteille, Miou-Miou et surtout Coluche, il découvre que le théâtre est vivant. Renaud devient la mascotte de la troupe. Il participe à quelques téléfilms, mais il faudra attendre 1993 pour le voir crever l'écran :  Renaud et Lantier ne font plus qu'un sous l'œil de Claude Berri dans son adaptation au cinéma de « Germinal » de Zola. S'il a semé le désordre sur le plateau en réclamant de meilleures conditions de travail pour les figurants, Renaud s'est passionné pour cette aventure. Car si son père descend d'une famille d'intellectuels, les ouvriers du Nord peuplent l'arbre généalogique de sa mère. « La rencontre de ces deux êtres a fait que je suis devenu ce que je suis. Le Sud et le Nord, le pastis et la bière, le socialisme bon teint et le prolétariat rouge », précise-t-il. Fils spirituel d'Hugues Aufray, Renaud est également très influencé par l'univers d'Aristide Bruant. « J'ai chanté Paris et la banlieue en essayant d'être sociologue », explique-t-il. Avec son total look de loubard titi parisien et son parler verlan, il représente à la fois les blousons noirs et les gens du peuple. Les idées qu'il prône sont proches d'un communisme révolutionnaire. Il fallait le voir interpréter « Camarade bourgeois » dans l'émission grand public de la très consensuelle Danièle Gilbert ! Plus tard, son action l'entraînera tour à tour à soutenir François Mitterrand (en 1981 et 1988), puis à s'engager derrière Greenpeace, à chanter pour les enfants d'Ethiopie, à lutter contre la chasse à la baleine (ce qui lui vaudra six heures de prison) et contre la déforestation, etc. On l'a compris, depuis que Baltique a perdu son maître, Renaud est écolo. Mais le chanteur énervé n'est jamais plus émouvant que lorsqu'il parle de Dominique, la femme de sa vie, et de Lolita, leur fille. elles lui ont inspiré quelques unes de ses plus belles chansons, notamment « Mistral gagnant », écrite en quelques minutes alors qu'il se trouvait trop loin d'elles. La surprise de cet autoportrait que diffuse France 3 reste ce passage où Renaud, penaud, raconte son premier et dernier casse. Cette nuit où il est entré par effraction dans une studette minable pour découvrir un couple assoupi. Et de s'apercevoir qu'il n'y a rien à voler, ni argent, ni bijoux, ni chaîne hi-fi. Sans se dégonfler devant son complice, il s'empare d'une vieille Kelton et prend lâchement la fuite. « J'ai volé un pauvre!, déplore-t-il face à la caméra. S'il se reconnaît, qu'il se manifeste. Je lui offrirai une montre en or. ». Il nous ferait presque regretter cette époque où les sauvageons du temps jadis, violents mais dérisoires, régnaient en caïds sur nos banlieues.   Sophie Delassein
    • Émission Le Rouge et le Noir
    • Album Boucan d'Enfer
    • Vie Alcool
L'Est Républicain
  • 12 décembre 2002, Renaud retrouve le Zénith > L'Est-Républicain du 11 décembre 2002 Renaud retrouve le Zénith Pour 4.000 spectateurs ravis, Renaud s'est donné sans retenue toute dérision dehors, hier soir à Nancy. NANCY. Il y a « les vieilles chansons » comme il les appelle... et les nouvelles, celles de « Renaud-Renard », l'album de la rédemption. Le public les a toutes adoptées sans réserve, reprises en choeur et applaudies comme jamais. Ce retour en première ligne a des allures de miracle. Revenu de « plusieurs saisons en enfer » comme il n'a pas manqué de le raconter lors de la sortie de son dernier album, Renaud, les yeux dans ceux du public, a parlé de ses errances, de la souffrance d'un amour perdu et d'un exemple à ne pas suivre, le sien. Passé à maintes reprises dans la région lors d'une douloureuse mais rédemptrice tournée acoustique, il a retrouvé, hier soir, ses fidèles, 4.000 personnes sous le charme, et a offert un récital plein d'émotion et de générosité. Le personnage n'a perdu ni de sa gouaille, ni de cette provoc' qui a tant contribué à sa réputation. Il semble juste un peu plus fragile encore pour partager ses griefs contre la vie et toutes ces faiblesses, simplement humaines, qui l'ont emporté vers des abysses qu'il ne voulait pas. Adieux au music-hall Avec pour préambule la chanson confession qui a servi de titre à son nouvel enregistrement, devenu un best-seller, il a malgré tout choisi de placer ce concert sous le signe de la fête. Avant le public du Zénith parisien où il sera dans quelques jours, les Lorrains ont découvert le décor plutôt réussi du Renaud nouveau millénaire... Une place de village anonyme, « un soir de 14 Juillet » comme il le précise, sert d'écrin à un répertoire pas vraiment joyeux. Le bistrot est celui de « Mister Renard » et l'hôtel a pour nom « de la nuit ». En travers de la scène, lampions et guirlandes posent des allures de bal populaire sur l'ensemble. Le jeu de lumières, tour à tour intime ou dévorant, met un peu plus en avant les ambiances musicales chères au poulbot vieillissant. Le registre est vaste, passant de ballades impérissables comme « En cloque » ou « La pêche à la ligne », à l'électricité de partitions country et même rock. Qu'il égratigne « BHL », « dont la philosophie est un vrai bazar », malmène une fois de plus « Mme Thatcher » ou raille, entre deux titres, la débilité d'un jeu télé, les spectateurs sont partants, sans retenue. Alors, on passe, sans manières, de « Pochtron », l'occasion de fustiger ses errances, à l'une des plus belles compositions du moment, « Manatthan-Kaboul », que des milliers de voix reprennent à l'unisson. Quand il affirme, un fond de dérision toujours dans la voix, qu'il s'agit de sa dernière tournée, de ses « adieux au music-hall », peut-on le croire ? De toute façon, rappelle-t-il, tout sourire dehors, « je reviens en février ! ». Renaud glisse du centre de la scène, à un siège installé contre le piano d'Alain Lanti pour des chansons « douces amères » sans perdre de son impertinence, comme on l'aime depuis toujours. Il est revenu, ce mercredi, « presque » en forme, et c'est très bien... Un vrai moment de bonheur. Renaud a retrouvé son Zénith. Jean-Paul GERMONVILLE © L'Est Républicain
    • Tournée d'enfer 2002-2003
    • Album Boucan d'Enfer
    • Zénith

11 décembre 2002

Merci à Liz, Lydwine et Néotine. De nombreux articles dans les magazines TV à l'occasion de l'émission du 16 décembre.

Le Nouvelliste
  • 27 novembre 2002, Portrait de Renaud > Le Nouvelliste du 27 novembre 2002 Chanson Portrait de Renaud Didier Varrod pour France 3 termine un portrait de Renaud. Bien plus qu'une vie en images, ce film met en situation l'un des auteurs-compositeurs-interprètes les plus singuliers de ces trente dernières année. Renaud, acteur principal d'une vie artistique qu'il s'est librement choisie, se confond bien souvent avec l'histoire d'une génération, née sur les barricades en mai 68 qui, d'utopies en engagements successifs et bien réels, va peu à peu souffrir d'avoir à vivre de renoncements.
    • Émission Le Rouge et le Noir
    • Relations avec les médias
Télé-Loisirs
  • 14 décembre 2002, Renaud le rouge et le noir > Télé Loisirs du 14 au 20 décembre 2002 France 3, lundi 20h 55 Renaud 25 ans de carrière en imagesRenaud le rouge et le noir La cinquantaine, 12 Millions d'albums, le départ de sa « gonzesse »... Pour France 3, Renaud commente les images de sa vie. Drôle et émouvant. L'amour, j'y ai renoncé », confesse Renaud qui ne se remet pas du départ de Dominique, sa « gonzesse ». Et pourtant. Ce portrait réalisé par Eric Guéret. d'après des interviews faites par le journaliste Didier Varrod, donne envie de crier, même sans être une groupie de base : « Re­naud, on t'aimeuuu ! Renaud ne doute pas. Tu es un mec biiiien ! » D'abord, c'est peut-être la curiosité qui vous fera regarder ce programme. L'envie de mieux comprendre, à travers l'évolution d'une carrière qui n'a pas connu de bas depuis plus de vingt-cinq ans, la chronique d'une France contemporaine. Car, depuis que, coiffé d'une casquette de Gavroche, ce titi-là s'est fait une place d'honneur parmi les « chanteurs énervés et énervants ». Le témoin de son temps a souvent trouvé ses thèmes de prédilection dans l'actualité. Avec ses enthousiasmes et ses désillusions « Je suis un mec de cinquante balais un peu revenu de tout. Et c'est en ça que beaucoup de gens se reconnaissent dans mes chansonnettes », analyse Renaud. Tandis que défilent sur le petit écran les images de ses spectacles, on réalise combien, effectivement, de près ou de loin, cet artiste, de­puis ses débuts en 1975, a accompa­gné nos révoltes et nos coups de tendresse. Qui n'a pas fait siennes quelques phrases entendues dans ses « Laisse béton ». « Miss Maggie », « Mistral gagnant » et autre « Morgane de toi » ? Et les sept dernières années silencieuses de cet auteur-compositeur en panne sèche d'inspiration nous ont fait mesurer combien il a pu nous manquer. D'ailleurs, l'extraordinaire accueil réservé à son nouvel opus « Boucan d'enfer », en est l'écho. Renaud, on le sait, y est plus autobiographique que jamais. Dans ce document, il parle aussi de lui et, très vite, c'est l'homme qui vous touchera. Qui vous bouleversera. Car, seul, assis, face au film de sa vie, il se regarde sans complaisance et commente. Très souvent avec beaucoup d'humour et parfois si poignant. Attendri, il redécouvre ces films tournés avec la caméra Super 8 de son père. « J'ai eu une enfance douce comme le miel », lâche-t-il, nostalgique. Puis, devant sa première apparition à la télévision chez Danièle Gilbert, il s'exclame : « J'étais ringard ! Et dire que ma mère était fière comme un bar-tabac ! » Aujourd'hui, c'est lui qui peut être fier. Ce portrait nous montre un homme comme on aimerait en croiser plus souvent. Veronick Dokan
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TéléPoche
  • 14 décembre 2002, Renaud le rouge et le noir > TéléPoche semaine du 14 au 20 décembre Renaud, le rouge et le noir Durée : 2h10 - 2002 4/3 VF Showview : 3820448 Documentaire Réalisateur : Eric Guéret, Didier Varrod HISTOIRE Ce film est bien plus qu'une vie en images. Il met en situation l'un des auteurs-compositeurs-interprètes les plus talentueux et singuliers de ces trente dernières années... RESUME Ce film est bien plus qu'une vie en images. Il met en situation l'un des auteurs-compositeurs-interprètes les plus talentueux et singuliers de ces trente dernières années. Renaud possède cette particularité d'être né à la chanson presque par hasard. D'ailleurs, lorsqu'il écrit des chansons, c'est plutôt pour faire marrer ses potes et séduire les filles. Mais Renaud se révèle bien vite le fils de ses parents, acteurs citoyens engagés. Premiers pas d'artiste dans la Sorbonne occupée, puis chanteur des rues endossant les habits d'un poulbot au coeur largement anar jusqu'à la rencontre avec «son public à lui» après la signature de son premier contrat discographique en 1975. Renaud, bizarrement, va s'imposer par la censure. Hexagone, son premier succès, restera à la porte des programmateurs de radio. Mais, dès le deuxième disque, Renaud laisse éclater sa verve à la fois militante, enragée et pourtant tendre, dans une langue populaire issue de la rue et des banlieues. Chanteur d'une certaine contre-culture, il connaît un succès foudroyant qui fait de lui le porte-parole aiguisé d'une jeunesse en quête de repères et d'engagements. Il n'est pas facile d'être le symbole des révoltes lorsque le succès vous percute à ce point-là. Alors surviennent sept ans d'absence, de doutes, de silence et de mal-être au cours desquels Renaud s'était éloigné des feux de la rampe. Le public, fidèle, attendait un signe. Il faut attendre 2002 pour que l'enfant chéri des Français, patraque du coeur, renaisse des années noires de la détresse. Avec Boucan d'enfer, l'album le plus personnel qu'il ait écrit, beau et bouleversant, il fait un retour fracassant. Plus de 1,5 million d'albums vendus... Il revient sur le devant de la scène et Docteur Renaud savoure sa victoire sur Mister Renard...
    • Émission Le Rouge et le Noir
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  • 14 décembre 2002, Renaud, retour d'enfer > TéléPoche semaine du 14 au 20 décembre Les éditions Delcourt viennent de sortir une BD pas comme les autres : 22 chansons de Renaud illustrées par des virtuoses de la bande dessinée. Renaud retour d'enfer Article de Alain Szèle On le disait fini ! Avec son album Boucan d'enfer, il revient sur le devant de la scène. Renaud se raconte dans une émission, entre pudeur et émotion. Renaud, le rouge... la vie et la carrière en images du poulbot rebelle de la chanson ENFANCE. "J'en garde un souvenir ému. Nous étions six enfants à la maison avec beaucoup d'amour et de fraternité. Mon père était professeur, écrivain, traducteur, pianiste, poète ; ma mère, ouvrière, d'un milieu de mineurs du Nord". LYCEE. "C'est au lycée que ça a dégéné : les filles, les boums du samedi soir, les mobylettes... Les conflits avec mes parents ont commencé". 1968. "Six enfants et cinq sur les barricades. Je vous dis pas l'ambiance à la maison ! J'ai commencé à zoner et à me laisser pousser les cheveux". DEBUTS. "En 1974, je chantais avec ma guitare devant le Café de la Gare pour le spectacle de Coluche. Un soir, son producteur, Paul Lederman, m'a proposé de monter sur la scène du Caf'Conc' de Paris." "Laisse béton". "C'est avec ce titre (1977) que ça a vraiment démarré. Je l'ai écrit en 25 minutes, au dos d'un paquet de Gitanes que j'avais déchiré". NOUVELLE FAMILLE. "Entre mon premier et mon deuxième album (1983-1985),j'ai rencontré des petits loubards de banlieue : blouson de cuir, santiags à bout pointu, et j'ai commencé à m'identifier à eux, à parler comme eux. Je me suis inventé une famille. C'est de là que m'est venue l'idée de faire des chansons dans le même langage qu'eux". VIOLENCE. "Je crache sur toutes les institutions et avec violence. Mais je préfère émouvoir les gens avec des mots tendres que trop durs". MA FILLE. "La naissance de ma fille Lolita (1980) a été l'motion la plus forte de ma vie. J'étais émerveillé par tant d'innocence et de fragilité". ARGENT. "J'ai eu du mal à assumer ma popularité à la suite du succès de Morgane de toi (1983). Je me suis fait allumer dans la presse : "Le milliardaire rouge !". CHUTE (1995-2002). "Un jour, je suis entré dan sun bistrot. Je n'avais pas de tournée, pas de concert, pas de disque... j'ai commencé à écluser. Après, j'ai tout essayé pour arrêter : psychiatrie de groupe, les Alccoliques Anonymes, l'enfermement en clinique. L'alccol est une drogue dure". RESURRECTION. "A la sortie de mon album "Boucan d'enfer" (mai 2002), un mois après, je refaisais une crise de delirium tremens. J'avais replongé. Là, j'ai arrêté. Je vis dans une période cool..." SUITE ET FIN ? "Ce qui pourrait m'empêcher de replonger ? D'avoir beaucoup d'activité et, pourquoi pas, de tomber amoureux. Ca va être très dur. Nous ne vivons plus ensemble avec ma femme, Dominique, mais je lui reste attaché. En attendant, je vais essayer de continuer, de raconter en chansons ce qui déplaît dans ce monde".
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    • Tournée d'enfer 2002-2003
Télé Câble Satellite
  • 14 décembre 2002, Renaud le rouge et le noir > Télé câble satellite semaine du 14 au 20 décembre page 93 "Le coeur du printemps dernier battait fort en France. Pourtant, un homme a réussi à faire encore mieux : rien moins qu'un Boucan d'enfer - le nouvel album de Renaud, après sept ans d'absence en studio, et aussi une des plus belles réussites de l'année. Logique donc qu'une chaîne comme France 3 qui, l'an passé, avait concocté un délicat portrait de France Gall, ait demandé à Didier Varrod, le journaliste, et Eric Guéret, le réalisateur, de monter un film autour du chanteur-phénomène. Et comme toujours avec le duo Varrod-Guéret, c'est un merveilleux portrait de Renaud, le "chanteur énervé et énervant" que l'on peut voir sur la Trois. "Son retour en forme de thérapie discographique illustre parfaitement le lien qui l'unit au peuple de France", explique Varrod. Et durant ce beau moment de télévision, le chanteur, qui a débuté une nouvelle tournée le 3 décembre dernier à Laval, se laisse aller à des confidences très intimes. La force de ce film ? La belle et sobre réalisation d'Eric Guéret, la discrétion et la pudeur de Didier Varrod qui sait faire dire les choses les plus profondes, les plus secrètes... Serge Bressan
    • Émission Le Rouge et le Noir
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Télé Z
  • 14 décembre 2002, Renaud : « Je suis autodestructeur, mais jamais suicidaire » > Télé Z semaine du 14 au 20 décembre Renaud : "Je suis autodestructeur, mais jamais suicidaire" "Coup de coeur au portrait de Renaud (le 16 décembre sur France 3) brossé par un ami, Didier Varrod, auquel le chanteur toujours rebelle se livre en toute confiance avec un sens de la formule et une maîtrise de l'argot qui continuent de faire le succès de ce titi parisien. Tout y passe dans cette traversée du demi-siècle : son enfance, ses coups de coeur et de colère, son travail d'écriture, son amour perdu, sa fille ("ma muse"), mais aussi sa descente aux enfers de l'alcool ("une drogue dure, mais j'ai du mal à concevoir le reste de ma vie sans alcool"). Le portrait drôle et émouvant d'un homme "autodestructeur mais jamais suicidaire" et qui espère fêter ses cinquante ans de chansons. C'est ce qu'on lui souhaite.
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3 décembre 2002

Merci à Liz et JFG.

Fluide Glacial
  • 1er décembre 2002, Renaud-Renard > Fluide Glacial n° 318 de décembre 2002 "Il a laissé des expressions nouvelles reprises par la rue("épais comme un sandwich SNCF") ou popularisé des argots nouveaux ("Laisse béton", "Marche à l'ombre"), connu un rapide succés et un gros creux qu'il vient de clore par un nouveau disque. Attachant, irritant, incarnation d'un esprit qui appelle la caricature, ce touche-à-tout qui ne peut s'empêcher de rire du tragique reste un des personnages les plus sympathiques de son époque. Fils d'un écrivain-prof père de 6 enfants, dont l'écrivain Thierry Séchan, Renaud Pierre Manuel Séchan, né en 1952 à Paris, passe sa jeunesse en partie dans la Drôme et la Lozère. A 4 ans, il joue un petit rôle dans " Ballon rouge" de Lamorisse. Politisé trés vite, il défile contre l'atome à 14 ans, crée un groupe Ravachol au lycée Claude-Bernard à 16 ans. Mai 68 arrive et cet anar, un temps maoïste, vend "L'enragé", milite au Comité Révolutionnaire d'Agitation Culturelle, abandonne les études et met en musique (mal déjà) ses poèmes pour devenir chanteur des rues entre deux petits boulots cons. Ses premières chansons, jamais enregistrées, s'appellent "Crève salope", "Ravachol"... Il abandonne son nom. Adopté par l'équipe du Café de la Gare de Romain Bouteille où il joue ses premiers rôles, il traîne aussi avec la Veuve Pichard (Lamotte, Lavanant, Bruneau, Nadeau, Anémone) et bientôt quelques petites panouilles au cinéma et dans des téléfilms. Il chante et on le voit d'abord en gavroche de style apache, casquette, foulard et pat' d'éph'. Bientôt, il copie ses "potes d'Argenteuil", style plus loubard avec perfecto et santiags. Il a brièvement un groupe, les P'tits Loulous. DISQUES Premier album en 1975, "Amoureux de Paname" (Polydor) est d'inspiration classique (Bruant surtout, Dylan ce sera pour plus tard). Succés d'estime. Mais dés le second "Laisse béton" (1977), c'est le tube. Renaud est célèbre. Suivront "Ma gonzesse" (1979), "Marche à l'ombre" (1980), "Le retour de Gérard Lambert" (1981)...Il écrit des musiques de film, "Viens chez moi, j'habite chez une copine" (1981), lui qui est si peu compositeur. Puis "Morgane de toi" (1983), "Mistral gagnant" (1985), enfin "Putain de camion" (1988) avant de passer chez Virgin. Il existe aussi des disques live. Cet homme de toutes les solidarités (Touche pas à mon pote, Greenpeace, Marche des beurs, ça suffat comme ci, Chanteurs sans frontières, les Verts) est de tous les combats alternatifs. Il développe ses thèmes assez classiques aussi, s'attaquant à tous les puissants (armée, police, religions-sauf les protestants dont il est proche par tradition familiale), dans le désordre et parfois la contradiction. Déçu de la gauche, il aura une curieuse amitié avec François Mitterrand, lui écrivant des cartes postales et achetant une page du "Matin", comme plus tard pour François Santoni, lui le non-violent, figurant même sur une liste régionaliste aus Européennes en 1994. Il a fait un retour spectaculaire au cinéma en 1993, jouant le rôle principal du "Germinal" de Claude Berri. Les disques ont continué avec "Marchand de cailloux" (1991), "A la belle de mai" (1994), puis sa tournée se fait descente aux enfers, jusqu'à arrêt complet de sa carrière durant quelques années. RENAUD-RENARD Sa "gonzesse" de toujours l'a quitté et le loubard de papier ne va pas s'en remettre, plongeant progressivement dans l'alcool, la déprime et prenant 10 kilos. Il lui faudra du temps et des amis pour refaire surface . La voix abîmée, le désabus définitif, le refus de recommencer le moindre militantisme, Renaud repartira avec un superbe album "Boucan d'enfer" (2002), qui vient aprés une Victoire d'honneur l'année précédente lui donner du baume au coeur. Il dessine un peu, écrit un scénario BD pour Jacques Armand (1981) d'aprés son Gérard Lambert. Il a édité ses poèmes ou chansons ("Sans Zikmu", 1980, "Mistral gagnant" 1983, "Le temps des noyaux", 1988) et tenu chronique dans "Charlie-hebdo" (1992-96), reprises dans "Bille en tête" (1994) ou "Envoyé spécial chez moi" (1996). On voit mieux aujourd'hui qui il est, un chanteur réaliste, pas si doué pour le chant, pas terrible compositeur, excellent parolier souvent, formidable manieur de langue (on l'étudie à l'école), mais dont la sincérité profonde fait le génie, la popularité et l'originalité. Un chanteur inspiré des anciens mais au talent que même les rapeurs d'aujourd'hui saluent dans un disque-hommage. Un chanteur qui a envie d'agir sur le monde, de dire et témoigner, mais qui ne sait pas résister, béni soit-il, à son désir d'humour ravageur. Un tendre qui chante les durs, un faux dur qui se moque des vrais cons, un engagé qui ne sait pas toujours où, un instinctif brut. Mais aussi un de ceux qui ont écrit tant de chansons que chacun sait par coeur, avec quelques chefs-d'oeuvre absolus comme "Dans mon HLM" ou "En cloque". C'est quand on sent sa jubilation qu'il est le meilleur, quand il s'amuse lui-même, qu'il flingue tout ce qui bouge autour, se venge en quelques couplets de la chierie du monde, que Renaud est ce qu'il est profondément, un des meilleurs de sa génération, un poète réel, un chanteur classique avant la date. Fatigué aujourd'hui de son propre personnage, luttant encore contre ses démons dépressifs, personnage double, Renaud-Renard persiste dans ses fois, bonnes ou mauvaises,ses enthousiasmes, ses indignations, et surtout son humour parfois potache, parfois plus élaboré mais toujours à la portée de tous. Il ne recule pas devant la facilité (il a quelques chansons franchement mauvaises), la parodie (quand il imite Aufray ou Cabrel, il est excellent), mais célèbre au passage les mythes contemporains, de Bové à Le Gloupier.On a édité son "Intégrale" en 1995avec un livret, mais ses disques sont réédités. On les entend partout. Lui-même répond aux questions aprés tant d'années de silence (et même à son/notre ami Fioretto dans un "Fluide " de l'an dernier). Une résurrection qui fera plaisir à tous ceux que sa disparition semblait laisser orphelins. Laurent Berthet vient de sortir un livre biographique sympa aux éditions Christian Pirot, "Renaud, le spartacus de la chanson", mais y a aussi "Le roman de Renaud" et "Bouquin d'enfer" de son frère Thierry Séchan, avec des commentaires à lui, au Seuil." Par Frémion (Fluide Glacial n°318, Décembre 2002) Notes du rapporteur Voilà, cet article est accompagné de deux dessins de Charb, j'vous les raconte (même si c'est dur de raconter un dessin) ; le premier : Renaud accoudé à un comptoir de bar en train de siroter son "Ricard", le barman au second plan tient dans ses mains une note hyper longue et dit : « Euh... Renaud, pour la petite note... » et Renaud lui répond : « Tu vois ça avec mister Renard... ». Le second : La salle de rédaction de "Voici", trois affreux journaleux ; crades, la clope au bec, sont devant une table cradingue aussi (on y distingue un os, une capote usagée, un cendrier plein, un bonbon, entre autres), l'un dit : « Sa vie, Renaud, il la raconte dans ses chansons... », un autre : « Il nous grille tous les scoops »", et le troisième : « On devrait lui faire un procés ». A noter aussi que l'auteur de l'article (Frémion donc) est un élu Vert (député européen j'crois) et qu'il était candidat à la candidature Verte aux Présidentielles 2002.
    • Album Boucan d'Enfer
    • Tournée d'enfer 2002-2003
    • Chanson Ravachol
    • Chanson Crève salope
    • Salle Café de la Gare
    • Martin Lamotte
    • Lavanant
    • Bruneau
    • Nadeau
    • Anémone
Le Parisien

27 novembre 2002

Merci à Franck, David et Oli

Charlie-Hebdo
  • ?-11-95, Maudite soit Toulon ? Un soir que j'avais bu plus que de raison dans les bouges de Chicago, le quartier "chaud de Toulon", fait la fermeture d'un bar vers cinq heures et l'ouverture d'un autre aussitôt , je m'étais fais chambrer par un coiffeur qui trouvait mes cheveux jaunes assez moches. Son salon était juste à côté du bistrot, à sept heures je m'y installais et ressortais une heure et demie après coiffé à la punk, crête d'Iroquois rouge vif sur une tignasse noir-corbeau. Classe ! Dans le train du retour sur Paris, l'après midi, ayant passablement dessaoulé, j'avais un tout petit peu honte, arrivé chez moi ma femme a prononcé les mots "divorce" et "sac à vin" et ma fille m'a jeté des cailloux. J'ai eu beau expliqué que rouge et noir, au rugby, c'était les couleurs de Toulon, elle m'a demandé si, pochetronant à Saint-Etienne, je serais revenu avec les cheveux verts. J'ai rien répondu parce que pour être tout à fait sincère, je pense que oui. Je me souviens aussi d'un lendemain de concert, un matin, dans le hall de l'hôtel Novotel sur le mont Faron dominant la ville, avoir croisé une bande d'anciens combattant qui, sur leur trente-et-un, s'apprêtaient à aller déposer quelques gerbes sur un quelconque monument aux morts-pour-rien dans une quelconque guerre à la con. Les couronnes étaient alignées bien sagement dans le hall, pendant que les vieux briscards étaient occupées à la réception j'ai barré d'un feutre rageur l'inscription d'un ruban tricolore honorant les "héros tombés pour la Patrie" et écrit un impitoyable "maudite soit la guerre !". Il y a prescription, c'était il y a longtemps... Mais depuis je n'ai cessé de me demander en quoi cette phrase pouvait ne pas être apprécié par ceux-là même qui avaient vécu (presque autant que les civils) l'horreur de la guerre. Peut être finalement, y ont-ils pris goût...Peut être que, gagnée ou perdue, juste ou pas au regard de l'histoire, la guerre fut leur raison d'être comme le cuir est la raison d'être du cordonnier. Peut-être, en honorant leurs camarades morts au combat, pleurent-ils le combat avant tou... Je ne crois pas avoir remis les pieds à Toulon depuis. Le rouge et le noir des maillots de rugbymen doit faire tache avec le brun de la mairie. Quant aux anciens combattants, s'il en reste, ils doivent parader sous l'½il attendri de Jean-Marie Le Pen, sans même réaliser que, cinquante ans auparavant, c'est cette même peste brune qu'ils combattaient. Avec mes potes de Charlie Hebdo qui sont allés tâter le terrain et dont vous venez de lire les reportages, nous nous apprêtons à y retourner, histoire de constater, j'espère, que si la liberté y est plus menacée que partout, le vent de la résistance y souffle plus qu'ailleurs. Renaud (article paru à la page 45 du fascicule "Charlie Hebdo saute sur Toulon" - Plein Sud - Soleil Productions - Charlie Hebdo - Dépôt légal : novembre 1995 - ISBN : 2-87764-433-2. Imprimé et relié par Partenaires Fabrication - 45 pages)
    • Politique Front National
    • Politique Jean-Marie Le Pen
    • Vie Alcool
    • Tignous
Journal Inconnu
  • 24 novembre 2002, Entrevue > Journal inconnu du 24 novembre 2002 Entrevue Journaliste : bonjour,ça va ? Renaud : ouais, un peu fatigué des répétitions pour ma tournée qui démarre le mois prochain. J : n'es-tu pas surpris du bon accueil de ton dernier disque (Boucan d'enfer chez Virgin, sorti le 28 mai 2002) ? R : oui et non, je savais qu'un noyau dur de mes fans repondrait présent mais de la à en vendre autant après une si longue absence, non. J : C'est album, tu l'as souvent dit, est tres "nombriliste", tu n'avais plus rien a dire sur des sujets comme le conflit Israëlo Palestinnien, la politique de la gauche qui a désabusé beaucoup de Français... ? R : Disons que lorsque j'ai écrit les textes de mes chansons rien ne me motivais au niveau de l'actualité, a part l'attentat du 11 septembre (NDR : Mannathan-Kaboul, duo avec Axelle red), où j'ai voulu parler bien sur des victimes americaines mais aussi celle, trop souvent oubliées, de l'Afganistan, alors c'est vrai qu'après qques années de galères, rupture amoureuses, dépression, alcool, je n'avais plus d'inspiration, mis à part parler de moi, égoïstement, peut-être... J : Aujourd'hui, où en es-tu, plutôt Docteur Renaud ou bien mister renard ? R : Docteur Renaud bien sur, c'est très dur, mais je tiens bon, je ne dis pas que je ne bois plus, disons que c'est occasionnel, et quand ça m'arrive c'est en soirée avec mes potes et non du matin au soir comme ce fut le cas il n'y a pas très longtemps. J : Parlons de ton actualité proche, cette tournée, elle approche ! R : Oh oui, trop vite mais tant mieux, j'ai hâte de retrouver mon public après qques mois d'absence, malgré ma derniere tournée (NDR: Une guitare,un piano et Renaud) qui m'a fait un bien fou, je n'étais que l'ombre de moi-même certains soir, alors là, pouvoir chanter mes nouvelles chansons pour le public ça va nous donner la banane. J : tu vas chanter sur une scène, je crois, immense ? R : La scène ne sera pas immense, mais le décor va être splendide, on a réussi à reconstituer la place d'un village un soir de 14 juillet ! pour le reste, je ne peux pas tout dire. J : Tu peux quand même nous dire si tu vas chanter des vieilles chansons ? les engagées, par exemple ! R : Bien sur, les fans aiment bien les nouvelles mais préfèrent les anciennes, donc il y aura bien sur des vieilles, comme Hexagone ou Déserteur. J : Tu seras aussi sur les écrans de cinéma, bientôt ? R : en 2003, mais j'ai un second role dans ce film, où il y a quand meme Depardieu, Borhinger(père)!! J : dernière question, vas-tu faire attendre de nouveau ton public 8 ans pour ton prochain album ? R : non, enfin j'espère, j'ai deja quelques textes, plus "engagés"... mais pour l'instant c'est la tournée, suivi ensuite de la sortie d'un album live et d'un dvd de cette tournée, ensuite on verra. J : Merci Renaud R : Merci à vous !
    • Tournée d'enfer 2002-2003
    • Album Boucan d'Enfer
    • Chanson Manhattan-Kaboul
    • Vie Alcool
    • Zénith
    • Cinéma Wanted Crim Spree
    • Album Rouge Sang
L'Est Républicain
  • 9 novembre 2002, Renaud d'Epinal à Nancy > Est Républicain du 9 novembre 2002 Renaud d'Epinal à Nancy Pour des raisons techniques, le concert du chanteur prévu le 11 décembre au Parc des Expositions d'Epinal est déplacé au Zénith. NANCY. - Le concert de Renaud initialement prévu le mercredi 11 décembre au parc des Expositions d'Epinal aura finalement lieu ce même jour... au Zénith de Nancy. Son « transfert » a été annoncé hier par la société Label LN, producteur local de cette date de la nouvelle tournée du chanteur. Ses responsables expliquent que le décor du spectacle, qui doit ensuite passer par le Zénith de Paris, est trop important pour la salle spinalienne. « Les conditions d'accueil technique du Parc des Expositions ne correspondent plus aux exigences de la fiche technique de l'artiste. Cette donnée arrive tardivement, car le spectacle de Renaud vient d'être créé ». Plutôt que d'annuler, Label LN a donc pris la décision de « maintenir le concert en Lorraine, dans la salle la plus adaptée et la plus proche d'Epinal ». Plusieurs possibilités s'offrent aux spectateurs ayant déjà acquis un billet pour le spectacle : soit les échanger dès maintenant dans leur point de location contre un billet qui leur permettra d'assister au concert au Zénith à la même date, soit se faire rembourser. La société de production « réfléchit » par ailleurs à l'éventuelle mise en place de navettes de bus entre le Parc des Expositions d'Epinal et le Zénith de Nancy, le 11 décembre. Les locations pour ce concert nancéien de Renaud ont ouvert hier. A noter que ce changement ne remet pas en cause l'autre concert de Renaud qui était déjà programmé au Zénith de Nancy, le 8 février 2003, et qui affiche quasiment complet. Renaud le 11 décembre à 20 h 30 au Zénith de Nancy. Locations : Fnac, Carrefour, Virgin, Auchan ; par téléphone au 0.892.68.36.22. Sur le net www. label-ln. com. Renseignements et vente par correspondance au 03.83.35.78.90.
    • Tournée d'enfer 2002-2003

25 novembre 2002

Merci à Liz et Lola.

TéléObs
  • 23 novembre 2002, « Renaud, sa vie, ses chansons » > TéléCinéObs du samedi 23 au vendredi 29 novembre 2002Page 34, rubrique Télex Thierry Séchan, parolier, essayiste et frère du chanteur Renaud publie un nouvel ouvrage aux éditions Seghers. Baptisé « Renaud, sa vie, ses chansons », ce livre de 230 pages est une biographie et un recueil des plus beaux textes du chanteur, des plus classiques (« Mistral gagnant », « Marchand de cailloux ») aux plus récents (« Petit pédé », « Boucan d'enfer »). Editions Seghers, Collection poésie et chansons, 16,80 euros.
    • Livre Renaud, sa vie et ses chansons
TéléSatellite
  • 24 novembre 2002, Disques d'or aux enchères > TéléSatellite.com du 24 novembre 2002 Disques d'or aux enchères Article original RTL (24.11.02) : Une trentaine de disques d'or seront dispersés aux enchères sur l'antenne de RTL , ce matin, au profit de "Soleil d'Enfance", à l'occasion d'une émission spéciale présentée par Vincent Perrot. Conduite par Me Hervé Poulain, cette vente de disques d'or, la dix-neuvième organisée par RTL, permettra le financement de bus adaptés pour le transport des enfants handicapés à l'initiative de "Soleil d'Enfance", section française du "Variety Club International". Des disques d'or de Patrick Bruel, Jean-Jacques Goldman, Indochine, Patricia Kaas, Travis, Norah Jones, Star Academy, Eddy Mitchell, Linda Lemay, Johnny Hallyday, Renaud, Ricky Martin, Dany Brillant, Noir Désir, Laurent Voulzy et Destiny's Child seront notamment dispersés lors de cette vente de bienfaisance. Les enchères seront recueillies par téléphone (0891.70.44.22) et sur Internet (www.rtl.fr). L'an dernier, plus de 111.000 euros avaient été recueillis." Complément ici : http://www.rtl.fr/rtlmuzik/article.asp?dicid=50700 Renaud a mis aux enchères son disque de diamant pour "Boucan d'enfer" et apparemment certaines enchères étaient sur Ebay.
    • Album Boucan d'Enfer
    • Radio RTL

6 novembre 2002

BD Paradisio
  • 1er novembre 2002, BD d'enfer - Renaud > BD Paradisio de novembre 2002 BD d'enfer - Renaud Date de parution : novembre 02 Nombre de pages : 96 En couleurs Edition : Delcourt Prix : 14,95 euros Le "Best of" Renaud en bande dessinée !En 96 pages et 22 chansons, BD d’enfer couvre toute la carrière de Renaud : depuis les tubes qui ont fait sa gloire (Laisse béton, Morgane de toi, Mistral gagnant, etc.) jusqu’aux titres de son dernier CD, Docteur Renaud, Mister Renaud.. C’est l’occasion rêvée de (re)découvrir l’univers du "chanteur énervant", au fil d’adaptations réalisées en toute liberté.Les plus grands auteurs de BD, Boucq, Loisel, Margerin, Juillard, et bien d’autres.. La "bande à Renaud" réunit les plus grandes signatures de la bande dessinée actuelle. Chaque dessinateur s’est emparé de sa chanson favorite en laissant libre cours à son imagination.. Les personnages de Renaud trouvent ainsi une seconde vie, non moins passionnante que la première ! Au sommaire. Laisse béton par Juillard : Les Aventures de Gérard Lambert par Boucq : Le Retour de la Pépette par Margeri ; L’auto-stoppeuse par Dodo & Ben radis : Mimi l’ennui par Yslaire : Les Charognards par Harlé & Blanc-Dumond : Le Père Noël noir par Ted Benoît ; Baby-sitting blues par Cailleteau & Vatine ; Morgane de toi par Vicomte : Mistral gagnant par Cabanes ; Jonathan par Geerts ; Chanson pour Pierrot par Loisel ; Allongé sous les vagues par Ptiluc ; Dès que le vent soufflera par Plessix & Dieter ; Cent Ans par Tronchet ; Putain de camion par Tome & Janry ; Rouge gorge par Arno & Bocquet ; La Mère à Titi par J.-C. Denis ; Loulou par Berthet & David ; Elle a vu le loup par Simon Léturgie ; L’Entarté par Rabaté ; Dr Renaud, Mr Renard par Chauvel & Lereculey ; et une image finale signée Uderzo !A savoir Renaud connaît actuellement un retour (d’enfer !) au devant de la scène, à 1 million d’exemplaires. La couverture de l’ouvrage est illustrée par la même image (signée Titouan Lamazou) que l’affiche de la nouvelle tournée de Renaud. Cette tournée assurera la présence intensive de Renaud auprès du public et des médias : pas moins de cent concerts, de décembre 2002 à juin 2003. Le livre que Thierry Séchan a consacré à Renaud, Bouquin d’enfer (ed. du Rocher), est un best-seller. La première édition de certaines de ces chansons en BD, publiée en 1986 sous le titre La Bande à Renaud, a connu un immense succès : 100 000 exemplaires vendus en trois mois. Collectif
    • Livre BD d'enfer
    • Album Laisse Béton
    • Chanson Les Aventures de Gérard Lambert
    • Chanson Le Retour de la Pépette
    • Chanson L'Autostoppeuse
    • Chanson Mimi l'ennui
    • Chanson les Charognards
    • Chanson Le Père Noël Noir
    • Chanson Baby-sitting blues
    • Chanson Morgane de toi

2 novembre 2002

Canal Stars
  • 28 mai 2002, « Boucan d'enfer » : le retour de Renaud > CanalStars du Mardi 28 mai 2002 "Boucan d'enfer" : le retour de Renaud Après un silence de sept ans, c'est un Renaud convalescent qui revient avec un album aux accents intimes. Renaud est de retour avec un nouvel album, le premier depuis 1994. C'est une bonne nouvelle pour ses fans, mais surtout pour lui. Car c'est le signe manifeste que le chanteur est sorti de sa longue dépression. Une dépression provoquée par sa rupture avec sa femme Dominique, au sujet de laquelle il s'est exprimé avec une rare sincérité dans Paris Match (voir revue de presse). Un "boucan d'enfer", c'est, selon Renaud, "le bruit que fait le bonheur quand il s'en va". C'est aussi le titre d'une chanson qu'il a chantée de salle en salle pendant une discrète tournée de dix-huit mois, effectuée sans aucune publicité. C'est enfin le titre de ce nouvel album (chez Virgin) qui comporte quatorze nouvelles chansons, dont le single Docteur Renaud, Mister Renard, qu'on peut entendre depuis plusieurs semaines à la radio. Dans cette chanson, Renaud se livre à un autoportrait sans fard de l'artiste et de son double : Le Renaud ne boit que de l'eau / Le Renard carbure au Ricard  (...) Renaud souffre de tous les maux / Qui accablent ce monde barbare / Renard désabusé, se marre / Se contrefout de ce bazar / Le monde peut crever bientôt / Renard s'en réjouirait plutôt. En panne d'inspiration depuis des années, Renaud a retrouvé sa plume en lâchant le pastis pour se mettre l'eau. Il n'en est pas pour autant redevenu heureux de vivre, il le confesse volontiers, et la plupart de ses nouvelles chansons parlent de son amour mort et de ses illusions envolées (Coeur perdu, Mal barré). Dans L'entarté, il s'en prend à Bernard-Henri Lévy (on se demande pourquoi lui, aujourd'hui), renouant brièvement avec la veine pamphlétaire qui est sa marque de fabrique mais le coeur n'y est plus tout à fait... Dans Je vis caché, il confesse : J'écoute la colère qui fond / Sur nos dirigeants corrompus / Mais bouger mon cul, m'engager / C'est pas demain que vous m' y reprendrez. C'est donc un Renaud encore convalescent qui s'avance avec Boucan d'enfer. Il sera en concert du 19 au 23 décembre au Zénith de Paris, avant de partir en tournée à travers la France.
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France Inter
  • ?-05-02, Renaud Boucan d'Enfer > France Inter © Titouan Lamazou Renaud Boucan d'enfer Virgin Biographie : Ecrite par Didier Varrod : Plus d'un septennat à se morfondre en attendant des nouvelles de lui, l'éternel visage pâle résistant dans cet hexagone boursouflé et griffé par des renoncements successifs. Allez, on peut se l'avouer, on avait peur pour lui, qu'il nous laisse définitivement sur le bas-côté de la marche du monde. Et puis, il revient, il est là. Enfin. Toujours en mai, comme si c'était lui le printemps, la fête du travail, des grands soirs et des révolutions. Toujours debout aussi, même s'il vivait à l'abri pour éviter la barbarie des glands médiatisés en héros. Docteur Renaud, tapi dans l'ombre, avait mal au coeur, donnait encore sa langue au chagrin et broyait le noir de ses idées, suffisamment fatigué pour que l'on respecte son silence. Il avait pourtant fait bien des efforts pour sortir de sa tanière et aller émerveiller les théâtres de cette France qui coule dans ses veines. C'est donc à la scène, comme un fil tout dénudé, qu'il consacre alors l'essentiel de son énergie parfois chancelante. Et devant son public de 7 à 77 ans, parfois aussi inquiet et meurtri d'écouter l'ange blond offrir ses chansons dans leur plus simple appareil, il trouble encore tout ce qu'il touche. Une guitare, un piano et Renaud, ça fait tout de même 250 000 spectateurs qui ont chaviré, ravis, à la redécouverte d'un répertoire où les mots sont à la chanson ce que le palpitant est à l'homme. Une oeuvre sans bavure et furieusement humaine. Mais la vie sépare aussi parfois ceux qui s'aiment et Renaud s'est retrouvé bien seul, assis devant la porte cadenassée de l'amour. Il a beau avoir porté tous les surnoms de la terre, de la chetron sauvage à la teigne aux cheveux jaunes, on sait aussi que Renaud était l'amoureux d'une seule gonzesse. La sienne, celle qu'il était avec, et qui faisait que nous étions rassurés de le laisser évoluer dans cette chienne de vie, loin des vrais méchants, avec cette carrure de sandwich S.N.C.F. qui ne fait assurément pas le poids lorsque la terre tremble sous vos pieds. Renaud balayé par ce cyclone émotionnel sait être honnête et avoue aisément que son mal au coeur n'était pas le seul fait de sa rupture amoureuse et que la danse des démons était venue le narguer bien avant. Mais voilà, l'amour se faisant la belle, Renaud a pris la tangente vers le comptoir tamisé d'une brasserie Parnassienne. Et c'est ainsi que Mister Renard a pris sa place dans la valse à mille temps des assoiffés et des déçus de l'amour. Des jours et des nuits à se morfondre sur la banquette de ce confortable bistrot des âmes sans collier, à guetter dans l'eau frappée d'une fontaine de Ricard la vision d'un amour prisonnier d'un glaçon. À l'étrange jeu de qui boit gagne, Renaud a perdu l'envie d'avoir envie. Le renard, lui, croyait que sa chandelle était morte et qu'aucun Pierrot ne saurait lui prêter sa plume pour écrire des mots. C'était sans compter avec la force vitale du Renard. Il fallait vivre, retrouver le goût de l'eau et l'envie de guérir ses blessures. Vint alors le temps du déclic. Un pari simple entre deux potes qui avaient pris rendez-vous sur le boulevard des bouleversés : " Tu écris une chanson contre une bonne dernière cuite !..." Ça vaut bien le maillon fort ou le juste prix. Le renard va finalement s'exécuter. Sans forfanterie, avec malgré lui tous les stigmates de l'animal qui n'y croit plus. Il va dicter la chanson, figure et thème imposé. Faire une chanson sur l'homosexualité qui renouvelle le genre pour réussir un contre-champ contemporain à l'éternel "Comme ils disent". Trois quarts d'heure en improvisation, comme en freestyle, ce qui accrédite une fois de plus que le rap doit beaucoup à Renaud, et la chanson était prête. "Petit pédé" où tarlouzes et hétéros sont naturellement dans le même bateau de l'amour. Ça sonne juste et élégant. Renaud une fois de plus, là où on ne l'attendait pas. L'auteur a eu finalement raison du renard pourtant connu pour sa ruse, puisque dans les trois semaines qui ont suivi, huit nouvelles putains de chansons sont sorties du boucan d'enfer que fait le cerveau lorsqu'il ne turbine plus à l'EPO anisé. Des textes comme des petites perles de vie qui cicatrisent le mal d'aimer. Paroles sans musique. Auteur oui. Compositeur non. Ou presque pas à l'exception de "Elle a vu le loup " qui n'est pas sans nous rappeler que Renaud lors du dernier bal de "La belle de mai" avait déjà anticipé en dédiant à son futur gendre une de ses chansons. La verve plumitive retrouvée, Renaud a prêté ses textes à Jean-Pierre Bucolo et Alain Lanty, complices bienveillants qui vont ainsi l'aider à se remettre sur le droit chemin de la note bleue. Bucolo dans un registre électrique, pop et aérien, Lanty davantage dans celui de madame la tradition. Avec la grâce et l'oxygène du recommencement. Bonheur retrouvé ? Léo Ferré disait que "le bonheur, c'est du chagrin qui se repose...". Le nouveau disque de Renaud, il est comme ça de bout en bout. " C'est quand qu'on va où ?" disait le chanteur énervé lors de son précédent disque. Aux studios I.C.P., à Bruxelles, avec tout le confort pour renaître et Phil Délire pour donner de l'ampleur à ces nouvelles de Renaud. "Docteur Renaud, Mister Renard" ou comment faire de la condition schizophrénique de l'artiste une chanson, pardon un tube, qui renvoie les académiciens showbiztiques à leurs chères études. "Je vis caché", "Coeur perdu", "Tout arrêter", "Boucan d'enfer ", "Mal barrés " illustrations magnifiques de cette insolite "désabusion", mot inventé par le solitaire et acéré Nino Ferrer pour accentuer l'aquabonisme Gainsbourien. "L'entarté", " Mon nain de jardin " pour toujours mettre si possible les rieurs de son côté. " Baltique" pour confirmer une fois de plus qu'un coeur de huguenot, c'est aussi fidèle que le chien orphelin d'un président qui a enfin pu voir si Dieu n'avait jamais sollicité le suffrage universel. Et puis Renaud toujours concerné sait encore heureusement pleurer la détresse du monde. "Manhattan Kaboul " bombe radiophonique d'après le 11 septembre, avec Axelle Red si fragile et convaincante pour dire la dureté et l'absurdité du monde, ou "Corsic'armes " parce que l'île de beauté n'en finit pas de s'abîmer au contact de la sauvagerie de ses héros ni tout à fait blancs, ni complètement noirs. Renaud s'éveille et conclut cette renaissance par "Mon bistrot préféré", hommage aux grands esprits assoiffés de bons mots et épris de cette marge où il fait encore bon respirer. Et c'est ainsi que Renaud ressuscité fourmille de projets où le futur est à nouveau réjouissant. L'écriture d'un livre, journal intime des années noires à travers le regard des intimes de la Closerie. Un retour inattendu au cinéma dans une comédie policière peuplée de géants : " Crime spree" (la spirale du crime) avec Gérard Depardieu, Johnny Hallyday et Harvey Keitel. Et déjà, à l'horizon de décembre, un retour en première division avec une prise du Zénith de Paris, histoire aussi de se souvenir que Renaud fut le premier locataire de cette salle où les briquets font briller l'unisson. Pour finir, Renaud semble avoir trouvé enfin une réponse à sa question : " A quoi bon avoir les jambes droites pour arpenter ce monde tordu ?" : simplement pour avoir eu le plaisir extrême de fouler le passage clouté d'Abbey Road. D'abord pour le mastering de son renouveau. Mais aussi et surtout pour signifier que, de la traversée du désert à la traversée du désir, il n'y a qu'un pas qu'il suffit de franchir seul sur les traces d'une légende. Celle par exemple d'un garçon dans le vent de 50 balais. Qui d'autre ? Site officiel et recommandé :
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1er novembre 2002

Merci à Liz.

Ici Paris
  • 4 mai 2002, Renaud Derrière les pleurs ? l'amour ! > ICI PARIS N° 2966 du 7 mai 2002 Le poète chanteur est de retour après une période de doute et d'errance. Renaud Derrière les pleurs ? l'amour ! « Comme y'a eu Gainsbourg et le Gainsbarre, y'a le Renaud et le renard » ? Dans cette chanson intitulée Docteur Renaud, Mister Renard, le chanteur évoque les côtés sombres de sa vie. Plus attachant que jamais, c'est sur le plateau de Michel Drucker que ses larmes ont coulé lorsque celui-ci a évoqué son père disparu ? Mardi dernier, un vent de nostalgie a soufflé lors de l'enregistrement de Vivement Dimanche. Cette émission, dont la diffusion est prévue au mois de juin prochain, sera consacrée à Renaud. Après une période de « désamour », le chanteur au regard azur est de retour avec ce single, Docteur Renaud, Mister Renard, qui est le premier extrait de l'album dont la sortie est prévue le 28 mai prochain. Ce jour-là, les souvenirs s'égrènent discrètement. Renaud va mieux. Il repart à la rencontre de son public. Pour cet éternel insoumis, ce contestataire, le temps de la tendresse semble revenu. Avec ses mots bien à lui, le poète chanteur nous laisse deviner qu'il a terrassé ses vieux démons, notamment ses problèmes d'alcool - qu'il n'avait pas hésité à évoquer sur RTL -, mais surtout son mariage brisé puisque sa femme l'a quitté il y a quelques années. C'est alors que Michel Drucker évoque le père du chanteur. Sous les yeux de Renaud bouleversé s' affichent les images du passé, celles d'Olivier Séchan disparu il y a quelques années, un écrivain de série policière et de livres pour la Bibliothèque Rose, devenu son manager à ses débuts. Sur l'écran, le vieux monsieur parle de Renaud et ce qu'il dit arrache des larmes à son fils : « Il n'aura jamais la grosse tête. Car nous venons d'un milieu ouvrier. Avec nos origines modestes, il sait quelle est la valeur de l'argent. Il a la tête bien vissée sur les épaules. » On imagine alors la foule de souvenirs se bousculant dans la tête du chanteur. Un père qui les promenait, lui et son jumeau David. Et puis, il y a ce Mistral - une petite friandise à la mode dans les années soixante - achetée au détour d'une rue ? Soudain son émotion cadenassée, ses souvenirs enfouis au tréfonds de lui-même ont ressurgi. Et Renaud, face à celui dont il est si fier, a craqué? L'émission terminée, il s'est envolé pour Montréal. Où de nouvelles aventures l'attendent aux côtés de Gérard Depardieu et Johnny Hallyday. Après une période de doute et d'errance, l'éternel partisan de la chanson buissonnière a renoué également avec le cinéma ? Kathy O'FRANC
    • Album Boucan d'Enfer
    • Chanson Docteur Renaud, Mister Renard
    • Télévision Michel Drucker
    • Radio RTL
    • Olivier Séchan
    • Montréal
    • Cinéma Wanted Crim Spree
La Guitare
  • 1er mai 2002, Renaud : Boucan d'enfer > " BOUCAN D'ENFER " - RENAUD Mai 2002 - Virgin " Comme y'a eu Gainsbourg et Gainsbarre, Y'a le Renaud et le Renard " … c'est sur ces mots que débute le très attendu nouvel album de Renaud. Si ce morceau, titre phare et premier extrait du disque, définit les contours de l'homme et ses paradoxes, tout au long des 14 titres, c'est surtout de Renaud dont il s'agit. Jean-Pierre Bucolo, qui a écrit en compagnie d'Alain Lanty les 14 musiques de l'album , nous rappelait dans l'entretien qu'il nous accordait début Mai combien il était heureux que cet album ait enfin pu exister. Du côté des guitares, il convient de se référer à cette interview pour comprendre la diversité des sonorités. Du riff accrocheur de " Renaud - Renard " aux nombreuses guitares du duo avec Axelle Red (" Manhattan-Kaboul "), Bucolo a su choisir ses sonorités. Quelques titres étaient déjà connus des spectateurs de la tournée " Une guitare, un piano et Renaud ".. Cependant, l'on remarquera que les titres forts de ce disque (" Docteur Renaud, Mister Renard ", " Manhattan-Kaboul ", " Corsic'armes "..) sont des morceaux récents. L'auteur Renaud n'a rien perdu de sa verve et de son talent d'écriture (" Petit pédé ", " L'entarté ", " Je vis caché "). La liste des morceaux fait s'enchaîner des morceaux lents et des titres rythmés. C'est un choix heureux. Il n'en reste pas moins que ce disque est souvent lové entre le cynisme, l'amertume et la peine. Renaud est fatigué et il est attachant. Lorsque sa foi de révolté atteint un paroxysme aigu, il devient désabusé (" Mal barrés "), puis mélancolique et triste ( " Boucan d'enfer "). Il est du reste étonnant de constater que la très longue tournée acoustique qui s'est achevée l'année dernière n'a pas laissé davantage de traces. Mais avec Bucolo arrangeur on a du son et des couleurs caméléons. La musique prend la couleur du chanteur. " Corsic'armes " aurait néanmoins pu bénéficier de plus de chœurs.. Mais c'est d'abord le disque d'un homme seul que l'on ne parvient pourtant pas à imaginer dans la solitude. Après cette longue absence en studio, après l'écoute du dernier morceau, on referme le placard, on éteint les enceintes. On voudrait juste que Renaud fume un peu moins, qu'il vienne manger des nouilles à la maison mais pas qu'il ait mal..et pas qu'il meure… Julien Chosalland Interview de Jean-Pierre Buccolo " Boucan d'enfer " - CD 14 titres - Virgin 1. Docteur Renaud, Mister Renard (4.23) (Renaud Séchan/Jean-Pierre Bucolo) 2. Petit pédé (4.32) (Renaud Séchan/Jean-Pierre Bucolo) 3. Je vis caché (4.16) (Renaud Séchan/Jean-Pierre Bucolo) 4. Coeur perdu (4.43) (Renaud Séchan/Alain Lanty) 5. Manhattan-Kaboul (en duo avec Axelle Red) (3.52) (Renaud Séchan/Jean-Pierre Bucolo) 6. Elle a vu le loup (3.00) (Renaud Séchan/Renaud Séchan) 7. Tout arrêter… (3.21) (Renaud Séchan/Jean-Pierre Bucolo) 8. Baltique (2.50) (Renaud Séchan/Alain Lanty) 9. L'entarté (3.00) (Renaud Séchan/Jean-Pierre Bucolo) 10. Boucan d'enfer (5.00) (Renaud Séchan/Jean-Pierre Bucolo) 11. Mon nain de jardin (2.41) (Renaud Séchan/Alain Lanty) 12. Mal barrés (3.45) (Renaud Séchan/Alain Lanty) 13. Corsic'armes (3.34) (Renaud Séchan/Jean-Pierre Bucolo) 14. Mon bistrot préféré (3.43) (Renaud Séchan/Jean-Pierre Bucolo)
    • Album Boucan d'Enfer
    • Jean-Pierre Bucolo
    • Alain Lanty
    • Axelle Red
Le Progrès
  • 22 septembre 2002, Renaud à Saint-Etienne : et de deux ! > La Tribune - Le Progrès du 22 Septembre 2002 Renaud à Saint-Etienne : et de deux ! Deux nouvelles, l'une mauvaise, l'autre bonne : le concert de Renaud du 22 mars est à guichets fermés ; un concert supplémentaire aura lieu le 10 mai. Pour ce qui peut apparaître comme son come-back (sans l'être tout à fait), Renaud, le chanteur énervant, fait fort, très fort. Son disque, Boucan d'enfer, caracole dans les ventes et les fans retrouvés font le siège des salles où l'artiste s'apprête à se produire. Bingo à Saint-Etienne où, en moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire, le concert du 22 mars est à guichets fermés. Bonne réponse du public qui ouvre droit à un second spectacle pour satisfaire les foules sentimentales de Renaud. Ce sera le 10 mai, toujours au Palais des Spectacles. La tournée française de Renaud débute en décembre 2002 à Laval et compte pour l'heure 66 dates, dont les deux stéphanoises. Tournée de grosses salles, donc très différente de la précédente qui était passée par la salle Jeanne d'Arc en mai 2000, motivée tant par l'accueil fait au récent disque que la par la scénographie du nouveau spectacle. Pensez, une place de village un jour de 14-Juillet y serait reconstituée. Cette tournée qui devrait durer au bas mot un an et demi fera l'objet d'un live ainsi que d'un DVD. M.K.
    • Tournée d'enfer 2002-2003
    • Album Boucan d'Enfer

28 octobre 2002

Télé Magasine
  • 26 octobre 2002, Manhattan-Kaboul, Plaidoyer contre un monde maboule > Télé Magazine n°2451 du 26 oct au 1er nov 2002. Pages 28 et 29 A voir Samedi 26 octobre Manhattan-Kaboul Plaidoyer contre un monde maboule 10H15 Hit-Machine. Axelle Red et Renaud en duo dans l'émission qu'animent Charly et Lulu...Un sacré cadeau pour les aficionados de ces éternels ados riches d'idéaux. Autant prendre les paris tout de suite...Non seulement Manhattan-Kaboul (extrait de l'album Boucan d'enfer) est le succès français de cet automne, mais il est aussi probable que ce titre obtiendra la Victoire de la Musique pour le chanson de l'année 2002...Rendez-vous en février ! Les ingrédients sont en tout cas réunis : une mélodie qui se retient facilement, un texte plein de bon sentiments et le retour d'Axelle Red et de Renaud. Deux générations et deux cultures différentes : d'un côté la rousse frimousse de la plus subtile des artistes belges; de l'autre, le visage angoissé du plus tourmenté des auteurs-compositeurs interprètes français. Ce qui les rapproche ? Leur engagement ! Axelle est ambassadrice de l'Unicef depuis 2000 et se rend régulièrement dans les pays les plus démunis. "Colosse au pied d'argile", Renaud, lui, sort d'un divorce et d'une panne sèche d'inspiration. L'actualitè dramatique du 11 septembre 2001 les a réunis. Ainsi que leur maison de disque commune, Virgin. Pétris d'humilité et de gentillesse, les artistes sont pourtant difficile d'accès, car leur entourage professionnel est très protecteur..."Ouvre moi ta porte pour l'amour de Dieu", a t'on envie de leur chanter, tel à l'ami Pierrot. Heureusement qu'il leur reste une plume pour écrire...Je me fache est d'ailleurs le nouveau single d'Axelle Red extrait de l'album Face A/Face B, disponible le 19 novembre. Un CD qu'elle a enregistré entre deux séances de pouponnage avec Janelle, bientôt 3 ans. "Elle a décuplé mes forces", reconnait la chanteuse qui se repose aussi sur la pensée bouddhiste qu'elle a adoptée depuis ses voyages en Asie : "Je voulais comprendre d'où vient l'incroyable sérénnité de ces populations. Mais je n'ai pas besoin d'une religion pour remplir ma vie et lui donner un sens" explique t'elle. Une position modérée qui ne fait que renforcer le caractère consensuel de Manhattan Kaboul, plaidoirie contre un monde qui perd la boule. Frédéric Jarreau
    • Album Boucan d'Enfer

27 octobre 2002

Merci à Franck, Guadalupe, Liz et Lola pour les articles.
Merci à Annie pour cette info :
Le magazine "PAVILLON ROUGE" mensuel de BD novembre 2002 n° 17 contient 16 pages sur Renaud avec une rediff de Laisse Béton, et de Le retour de Gérard Lambert + donc elle a vu le loup par Simon Léturgie... le reste correspond à des interviews des différents dessinateurs ayant "planchés" sur les chanson du sieur !!!

Gala
Paris-Match
  • 24 mai 2002, Etre chanteur, c'est épuisant > Paris-Match du 24 mai 2002 Etre chanteur, c'est épuisant Créer dans la solitude et tenir deux heures et demie sur scène, c'est une épreuve. Le fric on ne le vole pas. Quand je vois ces chanteuses fabriquées par la télé, je suis écœuré. Vous avez repris vos concerts dans la plus grande discrétion, sans la moindre publicité, sans orchestre, dans des salles toutes petites; vous qui remplissiez les 7000 places du Zénith huit soirs de suite... - J'avais totalement perdu confiance en moi, j'étais dépressif, sans inspiration, j'avais écrit cinq chansons il y a cinq ans, puis plus rien... Je m'étiolais. Pour sortir du trou, j'ai décidé de repartir sur les routes avec juste un pianiste et un guitariste, sans publicité, et surtout sans nouvel album, sans nouveau tube, sans nouveauté à défendre. J'ai fait plus de 200 concerts sur un an et demi dans des petits théâtres. C'était bourré. Les places se vendaient en quelques heures. Pourquoi votre inspiration s'était-elle tarie ? - Ma dépression, ma tendance à pochetronner m'avaient un peu bloqué la plume... On dit qu'on crée mieux dans la souffrance... - Oui, quand j'ai retrouvé l'inspiration, je n'avais pas retrouvé ma joie de vivre. Et mes chansons ne sont pas joyeuses, elles reflètent mes angoisses, ma solitude, ma séparation conjugale, mon... désespoir... J'ai créé dans la souffrance un album... de souffrance. Vous aviez besoin de parler de vous, moins de vos révoltes sur le monde ? - Oui, je suis dans l'introspection : mes soucis, mes chagrins, mes doutes... Est-ce que formuler cette douleur vous a aidé à la surmonter ? - Oui. Ecrire, me livrer, fut une forme de thérapie. Alors pourquoi avoir attendu si longtemps ? - Ça ne venait pas... ma plume était asséchée, je me complaisais dans ma dépression... Je croyais que mes malheurs n'intéressaient personne... "Je me complaisais dans ma dépression" dites-vous ? - Enfin... je me soignais avec des médicaments à la con, antidépresseurs, anxiolytiques, ajoutés au pastis, mon poison préféré, cela produisait des effets assez désastreux sur mon mental et mon physique : j'avais des troubles neurologiques, un foie bien amoché. Un ami médecin me disait : "Continue de boire comme ça et dans deux ans, tu as une cirrhose et tu es mort." Alors, avant de me remettre au micro, en janvier dernier, j'ai passé huit jours dans une clinique psychiatrique où j'avais mes habitudes... J'en suis sorti triste buveur d'eau. Et je tiens bon depuis trois mois. C'est difficile. L'alcool, c'est une drogue dure. Dans les moments les plus sombres, aviez-vous des amis qui vous soutenaient ? - Oui, ma famille, mes cinq frères et sœurs... Jean-Pierre Bucolo, le plus fidèle ami, mon arrangeur. Ils me sermonnaient, me faisaient la morale... Bien plus efficaces - et moins chers - que les psychiatres que j'ai pu rencontrer pendant toutes ces années ! Avez-vous été surpris de plonger si profondément ? - C'était une vieille souffrance que je traînais depuis longtemps et qui a commencé à se manifester autour de 45 ans : mélancolie, nostalgie de mon enfance... Puis votre rupture conjugale... - Là, j'ai tout perdu : ma vie de couple, ma vie de famille. Aujourd'hui, je considère qu'il n'y a pas eu rupture mais séparation. On vit notre histoire d'amour de manière différente. Dominique est l'être que j'aime le plus au monde avec mon enfant et mes très proches parents. Et je crois qu'elle m'aime toujours autant, Partir a été une souffrance pour elle aussi. Mais il fallait qu'elle sauve sa peau de mes folies, de mon désespoir chronique, de mes paranoïas, de mon hypocondrie, de ma peur de la vie... et de la mort. Elle a toujours été là, elle l'est encore. C'est la femme la plus droite que je connaisse. Votre fille, Lolita, a 22 ans. Dans "Mon amoureux", vous anticipez ses fiançailles... - Oui, je sermonne ce garçon hypothétique en lui disant : si tu veux que ma fille t'aime, tu as intérêt à être protestant comme moi, à soutenir telle équipe de foot comme moi, à aimer René Fallet, Che Guevara... Pour l'instant, le futur gendre ne s'est pas présenté. Personne ne me l'a encore enlevée... Comment a-t-elle réagi en vous voyant plonger ? - Elle est entière, forte, intransigeante, comme sa mère. Et elle m'a dit : "Si tu continues comme ça, je ne veux plus te voir." Cela a été un déclic. Au plus profond de votre détresse, avez-vous eu des tentations suicidaires ? - Non, jamais. J'aime la vie au-delà de tout. Mais j'étais autodestructeur. Quelle ironie, quand on est hypocondriaque ! Aviez-vous assez d'argent pour ne rien faire pendant toutes ces années... et laisser de telles additions dans les bars ? - Avec le produit de mes ventes de disques depuis vingt-sept ans, j'avais pas mal d'argent de côté. De toute façon, à part l'alcool, je vivais de peu de choses, plus aucun goût de luxe... Pendant ces années d'interruption, qu'avez-vous découvert sur vous-même que votre gloire occultait? - Mais le succès ne m'a jamais grisé ! J'ai toujours été bouleversé par la fidélité et l'amour des gens. J'avais moins de temps à consacrer à mon nombril et à mon mal de vivre. Le rythme, c'était un album, deux ans de tournées, un an d'écriture... Là, j'ai eu largement le temps de m'angoisser sur ce qui allait m'arriver si je n'arrivais pas à pondre. Je risquais de perdre toute fonction sociale. Aujourd'hui, avec "Popstar" ou "StarAcademy", c'est la télé qui fabrique les chanteurs. Ça doit vous révolter... - Ça m'a choqué, écœuré. Autrefois, un chanteur mettait dix ans à s'imposer : dix ans de scènes, de galas, de galères... Maintenant, on prend une poignée d'ados branchés qu'on fout dans un loft, trois pas de danse, un micro, ils sont stars ! Ils n'ont rien à vendre, rien à dire, rien à faire. Hallucinant ! Il y a pourtant un public pour ces chanteuses jetables. La petite Alizée a un succès fou auprès des préados ! - On ne peut pas leur en vouloir, moi aussi je raffole d'Alizée ! [Rires.] Vous ne faites pas vos 50 ans, malgré vos excès... - Heu... c'est gentil. Pourtant je me sens parfois assez vieux... Et je préfère éviter les miroirs, je déteste me voir en photo. Ces cernes qui marquent mes yeux... Et l'intérieur est encore plus fragile que la surface... Ça n'empêche pas les filles de vous tourner autour, au contraire... - Ma vie sentimentale et sexuelle est un désert. Cela ne me dérange pas. Je crois encore à l'amour, mais j'ai du mal à croire au couple pour la vie ; comme mes parents qui s'aiment depuis soixante ans. Vous arrive-t-il de penser que dans une vie on dort, un jour ou l'autre, "payer" sa chance ? - J'en ai toujours été convaincu. Je me revois en 1983 dans ma loge au Zénith, disant : "Tout ce bonheur qui me tombe dessus, tôt ou tard, je devrai le payer." J'ai toujours été heureux : à 15 ans, à 20 ans, ensuite le succès, l'argent... puis l'amour pour une femme il y a vingt-sept ans, notre fille... Je prenais ça comme un cadeau du ciel. Vous semblez surpris d'avoir reçu ces "cadeaux"... - Oui, j'ai le sentiment d'une injustice : je n'ai pas fait grand-chose pour cela, j'ai arrêté mes études à 16 ans, je n'ai pas bûché la musique, ni travaillé ma culture littéraire. J'ai l'impression d'avoir été choisi par un doigt divin... Et mon éducation protestante ne m'a pas aidé à assumer la réussite et l'argent. Chez moi, on n'en avait pas. Donc quand j'en ai eu, des journalistes me l'ont reproché. Pourtant, ce fric, on le vole pas, on n'exploite personne, on bosse dur. Etre chanteur, c'est épuisant, on donne beau coup de soi. Créer dans la solitude et chanter deux heures et demie sur scène, c'est une épreuve physique, nerveuse... passe à autre chose. J'ai collectionné pendant des années des albums de B.d., je passais ma vie à Bruxelles dans des boutiques spécialisées, dans les ventes aux enchères. Le jour où j'ai possédé tous ces albums qui m'avaient fait rêver, j'ai arrêté. Je ne les regarde plus. Je me suis aussi lancé dans la sculpture et dans le modelage pendant trois ans : des bustes, des oiseaux, il y a même ce bas-relief que j'ai fait du visage de Brassens exposé sur son ancienne maison, impasse Florimont, à Paris dans le XIVe... Quand j'ai réussi un jour une très belle pièce en glaise - un corps de femme nue -, que j'ai fait un moule pour en réaliser un bronze, j'étais tellement heureux que j'ai compris que je ne ferais jamais mieux. J'ai arrêté. Quand Claude Berri m'a fait découvrir la peinture contemporaine, je m'y suis mis : j'ai peint trois toiles par jour pendant six mois ! Et un jour j'en ai fait une qui m'a tellement plu que je me suis dit que je ne pourrais pas dépasser cela, j'ai arrêté. Vous semblez aussi avoir laissé tomber vos idéaux, ces passions propres à l'adolescence... - Oui, j'aurais aimé rester idéaliste. Le monde m'a appris à ne plus croire en grand-chose : l'humanitaire, la politique leurs porte-parole. Je n'ai plus de Che Guevara, de Tonton, même José Bové me déçoit. Dommage... j'aimais bien avoir des idoles. Par Catherine Schwaab
    • Album Boucan d'Enfer
    • Une guitare, un piano et Renaud
    • Vie Alcool
    • Jean-Pierre Bucolo
    • Vie Vieillir
    • Lolita
    • Chanson Mon Amoureux
    • Télévision télé-poubelle
    • Alizée
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France Dimanche
  • 4 octobre 2002, Renaud, sa vie et ses chansons > France Dimanche du 4 octobre 2002 Renaud, sa vie et ses chansons Traversée du désert, descente aux enfers, drame sentimental : dans un livre émouvant, son frère, Thierry Séchan, raconte la vie du chanteur. "Depuis sa séparation il s'interdit de retomber amoureux !' La bouleversante confession de l'homme qui le connaît mieux que personne. A l'heure où Renaud fait son retour sur la scène de la chanson française, son frère, Thierry Séchan, sort un ouvrage émouvant. Dans Renaud, sa vie et ses chansons (Seghers), qui paraîtra le 30 octobre prochain, Thierry parle de ce frère qu'il adore, de leur enfance, des douleurs de l'artiste, de sa descente aux enfers, de ses succès bien sûr et, tout ça, au travers des plus beaux textes de Renaud. Et, en exclusivité pour France Dimanche, l'auteur a accepté d'aller encore un peu plus loin dans les confidences. France Dimanche : Qu'est-ce qui vous a poussé à écrire un ouvrage sur votre frère ? Thierry Séchan : En fait, j'en avais déjà écrit un, il y a quatorze ans, le Roman de Renaud. Mais je trouvais normal de réactualiser tout ça. Et, pressentant que son retour allait être un événement colossal, j'ai pensé que c'était le bon moment. De plus, ça m'aurait agacé qu'un autre le fasse à ma place car personne ne connaît mieux Renaud que moi... F.D. : En effet, on vous sent très proche de lui... T.S. : Inséparables ! Nous vivons même ensemble, tous les deux, depuis trois ans. Lorsque Renaud s'est séparé de Dominique, il a pris un grand appartement dans lequel il se sentait bien seul. Et moi, quand j'ai commencé à avoir des soucis avec ma fiancée, je suis venu habiter avec lui. On s'entend très bien. Alors, je suis un peu devenu son "homme de compagnie". Lors de ses coups de déprime, j'essaye de le faire sourire. F.D. : Son grand retour vous a surpris ? T.S. : J'ai beaucoup douté mais sans cesser d'y croire. Je lui offrais des stylos, des cahiers pour le pousser à écrire. Pendant plus de sept ans, c'était "non" ! Et puis il a écrit quatre textes et voilà... Malgré sa traversée du désert, l'abus de Ricard et ses quatre paquets de clopes par jour, il chante ! F.D. : S'attendait-il à un tel accueil ? T.S. : Non, pas du tout. Nous, on lui disait tous que son disque Boucan d'enfer était très bien et qu'il approcherait le million d'exemplaires vendus. Il nous prenait pour des fous en clamant que ce n'était pas possible. Et, aujourd'hui, on est proche des 2 millions ! F.D. : Dans votre livre, vous décrivez une enfance heureuse et dites pourtant que Renaud ne s'est jamais entendu avec la vie.... T.S. : Enfant et ado, il a été très heureux mais à un moment de sa carrière, il s'est mis à douter. Les gens l'aimaient-ils pour lui ou pour son image ? F.D. : Comment Renaud a-t-il vécu le fait d'avoir un frère jumeau ? T.S. : David et Renaud sont des faux jumeaux. Ils n'ont pas la même sensibilité et ne se sont jamais vraiment bien entendus. David a beaucoup souffert de la notoriété de Renaud. Disons, qu'ils entretiennent des rapports amicaux. En fait, le vrai jumeau de Renaud, ce serait plutôt moi. On a la même sensibilité. On se connaît, on se comprend. Je suis son faux jumeau et son grand frère, de deux ans son aîné... F.D. : Comment avez-vous vécu sa longue descente aux enfers ? T.S. : Très mal ! D'autant qu'elle a duré plus de sept ans. Pendant cette période, on était cinq ou six, dont sa femme Dominique et sa fille Lolita, à se relayer auprès de lui. On était impuissants. Il passait ses journées à la Closerie des Lilas, les yeux dans le vague. Il ne disait rien. Et ça, pendant sept ans et demi ! Et puis voilà, il est de retour avec Boucan d'enfer, et rêve de partir pour une grande tournée de huit mois. A cinquante ans, c'est une vraie résurrection et c'est merveilleux ! F.D. : Quels sont ses rapports avec sa fille et son ex-femme ? T.S. : Il est toujours aussi fou de sa fille. Et elle est tellement contente car elle ne supportait plus de voir son père se détruire. Ils sont très complices et c'est pour elle et nous, ses proches, que Renaud voulait prouver qu'il était capable de redevenir un homme digne, un artiste ! Et, avec Dominique, j'espère qu'ils vont revenir ensemble car il a fait d'elle son unique amour, à tel point qu'il s'interdit de retomber amoureux. Alors, il reste seul.... C'est vraiment triste, il mérite tellement plus. Interview de Caroline Berger France Dimanche -du 4 au 10 octobre 2002.
    • Livre Renaud, sa vie et ses chansons
    • Album Boucan d'Enfer
    • Lolita
Pavillon Rouge
  • 1er novembre 2002, BD d'enfer > Pavillon Rouge, numéro 17 de novembre 2002 À ACHETER ABSOLUMENT les illustrations des dessinateurs sont absolument géniales CROBARDS D'ENFER II y a une quinzaine d'années, 26 auteurs de bande dessinée ont rejoint le chanteur pour une performance unique et innovante : mettre ses chansons en images. En 2002, la famiglia s'agrandit, puisque, la bande compte quatre nouveaux membres. Et si Renaud passe du reggae à la java, du rock à la complainte, ces auteurs ont suivi le style. De Margerin à Rabaté, de Geerts à Vatine, autant de styles différents, autant de chansons. L'ambiance Renaud Chauvel et Lereculey apprécient avant tout l'atmosphère de ses chansons et son côté incontestablement... contestataire ! David Chauvel Lorsque l'on m'a proposé de scénariser Docteur Renaud, Mister Renard, j'ai été à la fois flatté et impressionné. Pas le moment de tomber en panne sèche ou de se planter. Mais je n'ai pas vraiment choisi la chanson. On m'a demandé de travailler sur celle-ci, j'ai accepté. La collaboration avec Jérôme s'est déroulée comme d'habitude. Si ce n'est que, cette fois, je lui ai longuement fait part de mon désarroi au téléphone, avant que quelques idées ne se mettent en place. Vous n'avez tout de même pas découvert Renaud ? Non, pas vraiment. Renaud a bercé toute mon adolescence. J'ai encore quelques 33 t. Si je devais choisir une autre de ses chansons pour travailler, ce serait sans hésitation Où c'est qu'j'ai mis mon flingue ? Mettre en scène le scénario d'un autre, vous ne vous sentez pas bridé ? Disons que c'est un " exercice de style " avec ce que ça sous-entend de contrainte. Mais c'est ce qui le rend intéressant. J'ai essayé de raconter une vraie petite histoire qui tienne sur quatre pages, et non de me contenter d'illustrer la chanson. Pour ce qui est de transcrire une chanson, certains artistes doivent plus s'y prêter que d'autres. Je veux dire par là que je n'aimerais pas me colter les chansons de Motorhead ou celles de Chantal Goya. Quoique... Et au final... C'était un challenge intéressant. Je ne sais pas si ce que j'ai pondu avait un quelconque intérêt, mais le dessinateur et la coloriste, eux, ont fait un sacré bon boulot... Jérôme Lereculey Je ne suis pas un inconditionnel, mais oui, j'aime bien Renaud. J'ai 32 ans, ce n'est donc pas un chanteur que je découvre grâce à son dernier album. Je connais ses chansons depuis quelques années déjà . Quel album vous a le plus touché ? Je ne suis pas assez fan pour connaître ses chansons album par album. Je me souviens que j'écoutais essentiellement des compilations de ses meilleurs morceaux. De son dernier CD, je ne connais que Manhattan Kaboul et Docteur Renaud, Mister Renard. Deux chansons qui me replongent dans l'univers contestataire de Renaud, un retour à Société tu m'auras pas ou Hexagone. Transposer une chanson en BD reste un exercice peu courant. Avez-vous accepté immédiatement ? Oui. Le canevas n'a pas été évident à réaliser, mais j'ai pensé que cela pouvait être une bonne expérience. Heureusement, je n'étais pas seul à travailler. On n'a pas transposé une chanson en cases. On s'est inspiré de l'ambiance, du message tel que nous l'avons compris. J'ai proposé quelques idées à David, et, finalement, c'est lui qui a trouvé la bonne... Et je suis très content de ce qu'il a fait ! À savoir... J'ai beaucoup ri en lisant le scénario, et ça c'est important. Le personnage principal évolue dans une ambiance de karaoké. Il chante les chansons de Renaud, mais transforme les paroles. Un exemple : « Renaud est le roi du tricot, Renard est le roi du tricard ».  C'est une ambiance que l'on retrouve tout au long des quatre planches. Bref, on s'est bien marré. David a aussi beaucoup joué sur l'aspect " Mister Renard ", en transformant le personnage en animal. Passionnant, pour moi, au niveau graphique. Tout cela vous mène bien loin des aventures d'Arthur. Justement, cela m'a fait du bien de changer d'univers. Le dessin est donc lui aussi différent. J'ai accentué le côté caricatural, mais sans verser dans le gros pif, ce n'est pas du dessin humoristique à 100 %. Laisse béton aurait été une chanson tout aussi amusante à dessiner, mais André Juillard l'a fait superbement en son temps. Heureux ? Ben tiens ! Tout ce que j'espère, c'est que vous vous amuserez autant que moi à la lecture de l'histoire. LE RENAUD MORDANT Entre deux éclats de rire, Rabaté raconte le Renaud qu'il affectionne : acide et sans compromission. Rabaté Quand Guy Delcourt m'a proposé l'aventure, je n'ai pas accepté immédiatement. J'ai d'abord acheté et écouté le CD, et puis j'ai dit " oui " ! J'ai eu le choix, dans les chansons. J'ai décidé de dessiner L'Entarteur, parce que c'est la plus drôle de tout l'album. Cela m'a permis d'être léger sur mes quatre planches. C'est d'ailleurs la seule façon dont j'envisage un récit court : il doit être humoristique. Vous n'avez donc pas accepté uniquement pour faire plaisir à l'éditeur ? Non ! J'ai accepté parce que c'est très bien payé (rires) ! Bon, vous voyez, ça c'est de l'humour. Plus sérieusement, je suis dans une période assez calme, je ne suis pas débordé de travail. Un récit de quatre pages plutôt que cent vingt, cela me change. Mais s'il n'y avait pas eu cette chanson précise, je n'aurais pas sauté le pas. Comment avez-vous abordé votre adaptation ? Ici, le défi, a été de garder l'esprit de la chanson sans en garder le texte. De l'essence de Renaud, en dessin. Et comme je connais ses albums précédents, je n'ai pas eu besoin de calquer des images sur ses mots. Je pense plutôt avoir traduit le message global. Mais j'ai conservé certaines constructions et certaines cibles. Comme BHL, par exemple. Sauf que moi je situe le tout  dans une émission télévisée, " Bouillon de 11 heures ". J'en profite aussi pour tailler quelques costards... j'entarte  à ma façon. Une critique acide et acerbe de la société : c'est une constante dans vos œuvres et dans certains textes de Renaud ? Exactement ! L'Entarteur n'est pas seulement la chanson la plus drôle de l'album, mais aussi la plus acide, avec Docteur Renaud, Mister Renard. Mais là , il s'agit d'un autoportrait, ce qui m'inspire beaucoup moins du point de vue des images. Il est vrai que j'ai un faible pour les petites chansons méchantes, et j'ai du mal à parler de tendresse sans être ironique. Alors en quatre planches, je ne garde que l'ironie ! Avez-vous rencontré l'entarteur (Noël Godin) ? Non, jamais. Dommage, car j'ai quelques noms à lui proposer (Alain Finkielkraut, Glücksman...). J'ai un fond mauvais, il ne demande qu'à s'exprimer. Ce récit m'en a donné l'occasion. Avoir un fond critique, c'est avoir un fond mauvais ? Non, c'est simplement une façon de me présenter qui me facilite les rapports humains ; pendant les séances de dédicace, par exemple. Les gens sont souvent gênés par le silence. Alors certains se sentent obligés de parler, pour meubler. On m'a déjà demandé si je commence par le scénario ou par le dessin ! Je réponds alors que je dessine toutes les cases et que j'écris l'histoire après... Et je passe pour un sale con ! Mais c'est le genre de réponse ironique et acide que j'affectionne, et que je retrouve aussi chez Renaud. Vous êtes fan ? Fan de radis, mais de rien d'autre ! J'apprécie Renaud, j'ai découvert ses chansons lorsque j'étais au lycée. Je n'ai jamais vraiment décroché, sans pour autant aimer toute son œuvre. Je ne suis vraiment pas un fan... Je déteste les idolâtres. Et puis, en général, je préfère la musique au texte. Quelques textes de Renaud vous ont tout de même séduit ? Oui. J'ai bien aimé Hexagone, parce qu'il lance un pavé dans la mare, ou encore Mon beauf, mais, c'est plus pour le renvoi à Cabu et à Hara-kiri. Sous forme de bulle : SOUVENIRS Il était une fois... En 1985, Renaud Séchan, dit Renaud sort Mistral gagnant, son huitième album studio. Alors en pleine gloire, il rencontre le jeune Guy Delcourt, à l'époque rédacteur en chef de Charlie Mensuel. Celui-ci l'interviewe pour la rubrique « Le Fan du mois » où un invité non lié au milieu de la bande dessinée dit tout le bien qu'il pense de ce moyen d'expression. Lorsqu'il crée sa propre maison d'édition en 1986, Guy Delcourt se remémore cette rencontre, et invite, pour le deuxième titre de son jeune catalogue, une myriade de dessinateurs et de scénaristes à mettre en images un titre du répertoire de Renaud. La Bande à Renaud est née. Avec la collaboration intensive de Renaud, doublée d'un véritable embrasement médiatique et de prépublications variées (Pif gadget et Rock en Folk), les ventes de l'album s'avèrent impressionnantes. Cette belle rencontre avec le chanteur s'achèvera de la plus belle des manières puisqu'il invitera l'éditeur et tous les auteurs du collectif à l'un de ses concerts ainsi qu'au restaurant pour un dîner. Et l'album " Putain de camion " ? Non... Cela n'a rien à voir avec le fait d'apprécier ou non Coluche, mais il règne une sorte de consensus autour des morts qui me dérange. Je préfère témoigner et rendre hommage aux vivants, comme dans ce collectif. Merci d'avoir répondu aux questions... Désolé d'avoir répondu n'importe comment RENAUD, LE MYTHE Cailleteau et Vatine, les vétérans de l'aventure, racontent leurs " émois de midinette ". Pas facile de rencontrer sa star préférée. Alors, travailler avec elle... Olivier Vatine II était une fois... le début de l'aventure Delcourt. Thierry et moi, on venait de sortir Fred et Bob. Thierry est venu me montrer l'album dès qu'il est sorti de presse. Ce soir-là , il y avait un concert de Renaud, et Thierry avait ses entrées dans le milieu rock. Non seulement, on a vu le concert, mais en plus on a pu rentrer backstage. Et j'ai dédicacé un album pour Renaud... Mon premier album ! Comment s'est passée cette rencontre ? Je n'ai rien dit ! J'étais tétanisé, la vraie midinette. En fait, j'étais un fan de base, alors rencontrer Renaud... Je me souviens lui avoir demandé une cigarette. Il m'a passé un paquet de Gitanes : je l'ai gardé pendant cinq ans sans y toucher ! Et aujourd'hui, avec le recul, comment percevez-vous cette rencontre ? J'en garde d'excellents souvenirs. On a croisé Renaud plusieurs fois par la suite, il nous a invités à un concert. On a même fait un Club Dorothée ensemble, à l'occasion de Baby-Sitting blues. Je n'étais pas vraiment à l'aise, mais j'ai pu constater qu'il l'était encore moins que moi. Du genre nerveux et stressé à l'idée de chanter devant les caméras. J'ai trouvé ça rassurant. Et Baby-Sitting blues ? Vous imaginez ma réaction lorsque Guy Delcourt nous a proposé de dessiner sur et pour Renaud... Baby-Sitting blues correspondait plutôt  bien à notre genre de BD. On a pu la décliner sur le ton de la comédie, comme on faisait nos histoires courtes. Pour les chansons plus satiriques comme Société tu m'auras pas, j'imagine plus un dessin de presse ou du style de Cabu. Des difficultés particulières pour découper une chanson en cases ? L'exercice n'est pas facile. Il est sans doute un peu réducteur, et parfois artificiel. A priori, une chanson se suffit. Mais Renaud est fan de BD et le projet lui a plu. Et puis paradoxalement, c'est vrai que Renaud raconte des histoires très imagées. Il y a donc tout de même des points communs. Vous avez eu un " service presse " sur mesure... Le bouquin a dû beaucoup lui plaire, car il lui a fait une... promo d'enfer. À chaque émission télé, même chez Drucker, il sortait un exemplaire et parlait de la BD. L'apothéose, c'est lorsqu'il a chanté Baby-Sitting blues. Le réalisateur avait monté un petit clip avec les cases de nos planches. Il alternait Renaud en plateau et mes dessins. Tout cela était assez extraordinaire, car Thierry et moi on débutait. Et là , on se retrouvait propulsés à la une ! On parlait de nous dans Paris Match. C'était marrant. On a déliré pendant cinq minutes... Toujours aussi fan? Pour être franc, je ne connais pas son dernier album. J'écoute la radio, je connais donc deux ou trois chansons. Je les trouve très bonnes. Mais fan... je préfère garder l'image d'une expérience et d'une rencontre exceptionnelles. C'est ancré en moi et dans mon passé. BIBLIO La bande à Renaud Album paru en octobre 1986 et regroupant des récits et illustrations signés Arno, Ted Benoît, Blanc-Dumont & Laurence Harlé, Boucq, Chaland, Dany, Geof Darrow, Dodo & Ben Radis, Juillard, Margerin, Walter Minus, Ptiluc, Solé, Vatine & Cailleteau, Vicomte, Walthéry et Yslaire. Il a été tiré de cet ouvrage 50 exemplaires hors commerce numérotés de 1 à 50, et signés par Renaud. Thierry Cailleteau Olivier Vatine et moi avons été les premiers auteurs signés par Guy Delcourt, il y a une quinzaine d'années. Un jour, Guy a eu l'idée d'adapter des textes de chansons sous forme de bande dessinée. C'était une grande première. Et nous avons été mêlés au projet, puisque nous étions des " piliers " de la maison. Que représentait, pour vous, ce projet avec Renaud ? J'ai toujours adoré le travail de Renaud. Avant même de participer au collectif, je possédais tous ses disques. Pour moi, cela a donc été un grand bonheur de faire partie de la bande. Et aujourd'hui ? Rien n'a changé. Avec les années, je suis toujours resté un grand fan. Je viens d'acheter son dernier album, et je l'écoute toujours avec autant de plaisir. Je suis tout simplement admiratif devant son œuvre. Pour moi, c'est un grand poète. Vous n'avez jamais lâché ? J'ai lâché parce qu'il a arrêté de faire des disques ! Certains de ses albums sont moins bons que d'autres, mais cela vaut pour toutes les carrières. Pour que je me désintéresse d'un chanteur comme Renaud, il faudrait vraiment qu'il écrive quatre ou cinq " mauvais " albums les uns à la suite des autres. Le fond chez lui est toujours le même ; son regard sur le monde et ses sensibilités correspondent à autant de périodes et âges de sa vie. J'aime cette approche et lorsque je ne l'approuve pas, je la trouve toujours instructive et intéressante. Pourquoi avoir choisi Baby-sitting blues ? Je ne m'en souviens pas. Il est vrai qu'à l'époque, les premiers auteurs arrivés ont été les premiers à choisir. Mais je ne me suis jamais senti frustré de ne pas avoir pu faire une autre chanson. Elle me convenait parfaitement J'aimais son  côté humoristique et poétique. Elle m'a permis de créer tout de suite un scénario. Quelle a été la réaction de Renaud à votre interprétation ? Il a été super sympa. Renaud est quelqu'un qui aime la BD, il connaissait Les Aventures de Fred et Bob et les aimait bien. On était donc sur la même longueur d'onde. À l'époque, j'admirais énormément le chanteur et j'étais tellement intimidé face à lui que nous n'avons pas parlé de l'essentiel. Aujourd'hui, je suis toujours béat d'admiration, mais il m'impressionne beaucoup moins. J'aimerais le revoir et, seize ans après, je suis prêt à recommencer l'expérience. BIBLIO Le retour de la bande à Renaud Septembre 1988 voit apparaître une « suite » réalisée par Arno & Bocquet, Berthet & David, Boucq, Cabanes, Bob de Moor, Jean-Claude Denis, Geerts, Jano, Liberatore, Lidvine, Loisel, Plessis & Dieter, Ptiluc, Tome & Janry, Tripp, Tronchet, Uderzo et Vatine . Comment était " le personnage Renaud " ? Un peu distant parfois, mais c'est sa façon de se protéger. C'est moi qui mettais les barrières, pas lui ! En fait, c'est quelqu'un de très accessible, très humain et surtout très direct... Un homme vrai qui ne se cache pas derrière un masque ! Toujours touché par le " mythe " ? Les chansons contestataires, relativement engagées, c'est bon pour tout le monde ! Car aujourd'hui, la musique manque cruellement de messages. Renaud continue à nager à contre-courant, et ils ne sont plus si nombreux. Son message a beaucoup de pénétration car il reste familial. Autre chose ? Je pense que pour toutes les raisons que je viens d'évoquer, Renaud a le devoir de continuer à faire des disques. La France a besoin de lui ! LE RENAUD RIGOLO Encore un admirateur. Mais pour Simon Léturgie, c'est l'humour de Renaud qui prime. Simon Léturgie J'ai vécu Renaud un peu à rebours. J'ai commencé assez jeune, avec Mistral gagnant. Et puis plus tard, adolescent, j'ai commencé à m'intéresser à ce que Renaud faisait auparavant, des textes comme Hexagone, Société tu m'auras pas. Comment est né Elle a vu le loup ? Simon Léturgie : Tout simplement. Guy Delcourt m'a contacté pour me proposer le projet. En tant que fan, je n'ai pas hésité. Ayant déjà l'album, j'ai pu directement dire quel texte m'intéressait. Gamin, j'avais adoré les deux albums de La Bande à Renaud. Ce sont pour moi les deux meilleurs albums de retranscription de chansons en BD, tant au niveau de la qualité des dessins, qui sont très variés, que de l'investissement personnel des scénaristes. L'idée de travailler avec ce grand monsieur de la chanson française m'a donc enchanté. Pourquoi ce texte ? Je voulais pouvoir travailler sur le texte d'une chanson qui me correspondait. Elle a vu le loup reste dans la veine de Renaud. Le texte est drôle et précis, sans avoir la légèreté du Nain de jardin ou de L'Entarteur. Même s'il est l'un des textes les moins connus de l'album, il conserve le côté intimiste que j'apprécie chez le chanteur. Docteur Renaud, Mister Renard ou Manhattan Kaboul évoquent trop de choses pour beaucoup de gens. Ces titres sont trop dans l'air du temps. Comment avez-vous créé votre scénario ? Comme il n'y a pas encore d'étiquette collée à cette chanson, j'ai pu donner libre cours à mon imagination. Je devais m'éloigner du texte, j'ai donc choisi de créer un conte. Vous inspirez-vous exclusivement de la chanson ? Il y a une véritable volonté de m'éloigner du texte, tout en restant dans l'esprit du Renaud un peu méchant, un peu mordant. Ce n'est pas trop difficile dans la mesure où je connais l'œuvre du bonhomme. M'inspirant de l'ambiance de tous ses albums, je n'ai pas l'impression que mes planches dénaturent la chanson, même si elles ne collent pas au texte. Que retirez-vous de cette expérience ? Je me suis bien amusé, c'était très drôle. Et puis, lorsque l'on connaît La Bande à Renaud, c'est assez valorisant pour l'ego de participer à son come-back. Pour la plupart, inconnus ou débutants à l'époque, tous les auteurs qui ont signé la BD sont devenus des grands noms du 9e art. Votre chanson préférée ? Sans hésiter : Fatigué. C'est un des textes les plus forts. Contestataire, mais avec une touche de maturité que je ne retrouve pas dans des chansons plus récentes. Cela dit, elle ne doit pas être facile à scénariser. Et si vous deviez en dessiner une autre ? Je ne vois pas. Elle a vu le loup me correspond parfaitement. Parmi les plus anciennes, il y en a bien quelques-unes, mais elles ont déjà été faites de main de maître. Morts les enfants, par exemple, évoque des images, mais c'est beaucoup plus réaliste comme approche. Non, vraiment. Elle a vu le loup, sans aucun regret. BIBLIO BD d'enfer Best of  et nouvelle donne en novembre 2002, avec la participation d'Arno & Bocquet, Ted Benoît, Berthet & David, Blanc-Dumont & Laurence Harlé, Boucq, Cabanes, Jean-Claude Denis, Dodo & Ben Radis, Geerts, Juillard, Titouan Lamazou, Simon Léturgie, Lereculey & Chauvel, Loisel, Margerin, Plessis & Dieter, Ptiluc, Rabaté, Tome & Janry, Tronchet, Uderzo, Vatine & Cailleteau, Vicomte et Yslaire. Composition : Arnaud Nouzilly Paroles : Cailleteau, Chauvel, Lereculey, Léturgie, Rabaté, Vatine Images : Arno, Berthet, Cabanes, Dany, J-C. Denis, Geerts, Juillard, Lereculey, Léturgie, Plessis, Rabaté, Walthéry. Pour des raisons de droits, nous n'avons pas repris les illustrations des dessinateurs, ni les extraits de BD d'enfer.
    • Livre BD d'enfer
Le Français dans le monde
  • 1er février 1987, Le Renaud sans peine > Le Français dans le monde, n°207, février-mars 1987 LE RENAUD SANS PEINE « Nous aimerions bien travailler avec les chansons de Renaud, mais nous ne comprenons pas son argot » : cette phrase, je l'ai entendue des dizaines de fois dans la bouche de professeurs de français à l'étranger, de Munich à Bangui, et de Vienne à Pékin. Et j'ai donc pensé consacrer une de mes chroniques au vocabulaire de Renaud. La chose était facile puisque l'ensemble de ses textes a été publié en 1986 dans un petit livre [1] et qu'il suffisait au fond d'y relever les mots n'existant pas dans le dictionnaire et de les traduire, pour effectuer un mini lexique renaldien... Mais, en me livrant à cette tâche un peu fastidieuse, (c'est fastoche, d'accord, mais à la longue ça fout les glandes...), je me suis rendu compte que ce vocabulaire était très caractéristique de l'univers du chanteur et qu'il était possible de faire coup double, de structurer ses références idéologiques et métaphysiques, sa weltanschauung pour parler comme lui, en structurant son lexique argotique. Et comme chacun sait que le sens c'est l'usage, et qu'il n'y a guère de différence entre la sémantique et la syntaxe, point n'est besoin en fait de traduire ce lexique : vous allez voir que tout est lumineux dans ce Renaud sans peine. Ainsi, l'espèce humaine s'y divise en deux groupes sexués. D'un côté, côté masculin, il y a les poteaux, les aminches, les escarpes, les larrons, les rombiers, les frangins et les grinches, de l'autre, côté féminin, les sauterelles, les amazones, les meufs, les pisseuses, les souris, les morues, les pouffiasses. Ces derniers termes pourraient laisser croire à un certain antiféminisme de l'auteur, d'autant que ses descriptions sont bien pauvres, son blason des corps féminins se limitant à deux termes, culasse, nibards, et baste, mais non, ne vous y trompez pas, les mecs aussi sont dans le collimateur : minet, givré, tocard, blaireau, ringard, faux-cul, marlole, gogo, barge, barjo, vous avez le choix pour vos injures et pour vos rimes. Autre domaine d'une extrême richesse, celui de la « castagne ». La chanson « Laisse béton », comme chacun sait, nous fournissait déjà un beau paradigme de la gifle ou du coup de poing, que le reste de l'œuvre enrichit : baston, beigne, gnon, torgnole, châtaigne, marron, patate, mandale, pain, sans oublier l'expression se friter avec quelqu'un ou lui mettre la tête au carré. Par contre le vocabulaire vestimentaire est assez pauvre : des grolles ou des pompes, en fait le plus souvent des santiags, un futal sur les jambes ou les guiboles, rien de plus, voilà pour les fringues. Restent les plaisirs de la vie : une mobylette (meule, mob, chiotte, bécane) ou une voiture (tire, caisse, bagnole), le cinoche, la surboum ou le baloche, tout ce qu'il faut, sans dec’, pour être peinard, pour rien glander, pour s'éclater, pour que ça baigne, pour avoir la gaule ou la frite s'il n'y avait bien sûr les flics, les keufs, les barbouzes, les roussins, côté autorité, et côté famille le beauf ou la belle-doche, bref tout ce qui fait gerber ou donne la gerbe, qui vous gonfle, vous fait craquer, et alors il faut mieux se casser, mettre les bouts, s'arracher ou décaniller. Ajoutons à cela le vocabulaire particulier de la drogue, du H à l'herbe, du joint au pétard, à la blanche ou à une ligne (de cocaïne, bien sûr), y'a qu'les fauchés qui sniffent la trichlo, tout cela comme il se doit vendu par des dealers un peu blêmes, pour un trip auquel Renaud s'est toujours opposé : lui, il préfère le flip (le flipper). C'est plus cool, en fumant une tige, une bonne goldo. Dans cet univers un peu glauque, il y a aussi une flopée de pochtrons, ces ivrognes qui vont de muflée en muflée, bref qui se pintent la gueule. N'oublions pas les musiciens, pardon, les musicos, qui transportent leur matos et qui jouent au feeling sur leurs grattes qu'ils se planquent chaque soir de peur qu'on leur chourave : les voleurs sont parfois amateurs de guitare... Certes, tout ne se laisse pas ainsi organiser en champs sémantiques bien carrés. Renaud utilise un grand nombre de syntagmes et de termes argotiques inclassables dont je vous laisse apprécier l'extrême poésie dans cette courte histoire d'amour que j'ai bien sûr inventée pour les besoins de la cause (dans la vie les histoires sont rarement aussi belles, même si elles finissent parfois mieux) : Elle était belle comme un soleil, et j'en avais marre de marner, alors je lui ai proposé la botte, histoire de la tringler, mais à force de cartonner des gonzesses on finit par se faire plomber, et pour me faire soigner, vu que j'étais raide, bref que j'étais fauché, j'ai dû taxer un pote, il m'a passé du blé, quelques tunes, pas plus, mais moi j'étais morgane d'elle, j'lui ai écrit une bafouille pour lui dire laisse béton ta vie conne comme un manche, on va s'ranger des bécanes, viens, si t'as les crocs on va becqueter, si tu tombes en cloque, chouette, on aura un bébé, elle était tellement belle que j'faisais que la mater mais j'avais pas la cote, elle m'a laissé tomber, et pour me consoler j'ai acheté un clébard qui gueule chaque fois qu'un facho passe par là, mais faut pas lui en vouloir, il aime que les prolos. Quand il fait trop d’boucan je lui fous des coups d'lattes, ou j’le gerbe dans ma piaule, j'sais c'est un peu cradingue, mais ce clebs il fout les glandes. Bien sûr un tel condensé dénature quelque peu l'œuvre de notre créateur qui sait jouer sur divers registres, y compris les plus poétiques. En outre son univers n'est pas si noir : il ne faut pas, par exemple, oublier un thème central de son œuvre, celui de l'enfance, des minos, des lardons, cette époque bénie où l'on bouffait des bombecs fabuleux et des mistrals gagnants (non, ne cherchez pas, ce n'est pas de l'argot mais une marque de bonbons...), où on s'lavait les pognes avant d'passer à table. Dans ma tête, chante-t-il quelque part, j'ai toujours dix ans, ou dix berges pour rester dans le ton. Et ceci fait de son lexique une sorte d'argot de pacotille : rares sont les mots vraiment incompréhensibles, ou cryptiques. Il emprunte surtout à une sorte d'argot commun, celui des adolescents, argot certes en constant devenir mais qu'il est facile de suivre à la trace et dont certains mots sont déjà anciens intégrés dans le vocabulaire général presque, un argot dans lequel un portefeuille s'appelle depuis plus de 30 ans un larfeuille, dans lequel depuis soixante ans on ne roule pas durant kilomètres mais des bornes, dans lequel on ne prend pas quelqu'un par le cou mais par le colback, mais ce terme date au moins de 1899... Et même ce verlan (l'envers, bien sûr) qui l'a rendu célèbre avec son laisse béton (laisse tomber qui fait de flic un keuf, de femme une meuf, d'arabe un beur, même ce verlan vous dis-je date de plus d'un siècle. Voilà donc pour ce Renaud sans peine vous n'aurez dorénavant plus d'excuses pour ne pas faire profiter vos élèves de ces trésors de poésie. Bien sûr j'ai peu dérogé à ma règle qui veut que parler de chanson signifie aussi parler de musique, de rythmes, mais que voulez-vous, la stylistique a aussi ses charmes. Salut les aminches ! Louis-Jean Calvet (1) Renaud, Mistral gagnant, éditions du Seuil, 1986, 200 pages.
    • Vie École

11 octobre 2002

Merci à Liz.

Nouvel Observateur
  • 8 juin 2002, « Chanter la vie » : Le roman de Renaud > Le Nouvel Observateur de 2002 Divertissement :« Chanter la vie ». Renaud et son double Mister Renard, sont de retour, après sept ans de silence, avec peut-être son plus bel album. Le « chanteur énervant » est aujourd’hui sur le plateau de Pascal Sevran. Le roman de Renaud Un nouvel album de Renaud est toujours un événement; et celui-ci, « Boucan d’enfer », l’est d’autant plus qu’après sept années de quasi-absence médiatique, la plupart des fidèles du « chanteur énervant » avaient fini par croire que ce dernier avait définitivement sombré dans le chagrin, l’alcool, la solitude et le silence. Autant de sujets qu’il n’est pas indispensable d’évoquer puisque Renaud lui-même n’en fait aucun mystère ; au point d’y avoir puisé la matière essentielle de la plupart des chansons de son nouveau CD. Dès la première « Docteur Renaud, Mister Renard », le bilan s’inscrit à l’encre noire, à la manière d’un Gainsbourg se jouant de Gainsbarre. Non sans un certain masochisme, Renaud choisit de ne rien occulter de sa débâcle sentimentale, marquée par la rupture d’avec Dominique, sa compagne (« Aujourd’hui, son amour se barre/Son bel amour, sa Domino/Elle quitte le vilain Renaud… ») ; de la longue descente aux enfers qui s’ensuivit (« Le Renaud ne boit que de l’eau/Le Renard carbure au Ricard… ») ; ni de ses douloureuses années de doute où l’inspiration n’était plus au rendez-vous : « J’ai arrêté un jour d’exercer mon boulot (…)/J’ai rangé ma guitare et coupé mon micro/Arrêté la musique et arrêté les mots (…) Mais jamais je n’arrêt’rai de t’aimer… » On le voit, il s’en est fallu de bien peu pour que Renaud jette à jamais l’éponge, pour se contenter de refaire le monde avec deux ou trois potes, dans la tiédeur feutrée de son bar favori : « Pour vivre heureux, je vis caché/Au fond de mon bistrot, peinard, Taciturne, désabusé/Loin de ce monde de barbares… » D’ailleurs si son histoire personnelle hante toutes les chansons de l’album, la notion de bistrot-refuge se retrouve dans plusieurs d’entre elles. Y compris, au final, dans une vision idéalisée du havre salvateur pour « Soirs de déprime ». Sur un swing léger, qui n’est pas sans rappeler Trenet, « Mon bistrot préféré » convoque ainsi, autour du verre de l’amitié, les principaux piliers du panthéon personnel de Renaud, de Brassens à René Fallet, en passant par Coluche, Gainsbourg, Doisneau, Desproges, Reiser, Tonton, Bruant, Brel, Ferré, Frédéric Dard, Boby Lapointe, et bien d‘autres. Un bistrot où, entre deux considérations sur la pêche à la mouche, la peinture, la chansonnette, la littérature, le vin, les femmes et les copains, on parle également de suicide : « La mort est quelquefois tout un art de vivre… » Suicide… Un mot qui fut employé en son temps pour qualifier l’attitude de Renaud – suicide médiatique – lorsqu’il refusa catégoriquement de faire la moindre promotion à l’occasion de la sortie de son album « Putain de camion », dédié à la mémoire de son copain Coluche, quelques mois après son accident mortel, Renaud était alors au sommet de sa popularité, après deux albums (« Morgane de toi » et « Mistral gagnant ») qui avaient largement dépassé le million d’exemplaires vendus. Aucune interview, aucune émission de télévision : une intransigeance dont personne n’avait jamais osé faire preuve, et que d’aucuns s’employèrent à lui faire payer au prix fort. Aujourd’hui, c’est en convalescent que Renaud revient, avec pour seules munitions un album vraiment magnifique (l’un des plus beaux qu’il ait fait, son plus personnel en tout cas) et la confiance jamais perdue d’un public auquel son silence pesait comme l’absence d’un ami . TéléObs. – Par rapport aux médias, est-ce que tu campes toujours sur tes positions de l’époque de « Putain de camion » ? Renaud. – C’est-à-dire les boycotter totalement ? Non ! Même si je ne fais que très peu de choses… en essayant d’être le plus sélectif possible. Avant « Putain de camion », je faisais tout ce qu’on me proposait ; aujourd’hui, je fais plus attention. J’y vais sur la pointe des pieds. Mais le fait de me remettre à travailler m’a fait le plus grand bien. D’avoir fini mon disque… de savoir qu’il va exister… qu’il va falloir que je le défende… tout ça me redonne le moral. Déjà d’avoir arrêté de boire m’a redonné le physique ; et, pour moi, la condition sine qua non pour être bien moralement, c’est déjà d’être bien physiquement. TéléObs. – Entre Pascal Sevran et toi, il y a une sorte de fidélité réciproque. Il t ‘a toujours invité » et tu as toujours répondu présent. Renaud. – Oui, car je n’ai jamais trouvé ses émissions indignes, même si elles sont parfois un peu kitsch, un peu vieillottes… C’est un type qui aime la chanson, qui aime les artistes, et chez qui on peut s’exprimer et chanter trois ou quatre chansons en direct… Il y en a de moins en moins des émissions où l’on peut chanter ainsi, en direct. Aujourd’hui, il n’y a plus que des plateaux où l’on déconne. Propos recueillis par Marc Robine
    • Album Boucan d'Enfer
    • Télévision Pascal Sevran
    • Chanson Docteur Renaud, Mister Renard
    • Relations avec les médias

16 septembre 2002

Merci à Vincent.

Ciné-télé revue
  • 26 juillet 2002, Renaud hospitalisé pour un mois > Ciné télé Revue du 26 Juillet 2002 Renaud hospitalisé pour un mois Alors que son dernier album, le treizième, "Boucan d'enfer", remporte un franc succès, Renaud a décidé de s'éloigner de nouveau des feux des projecteurs pendant un mois. Trente jours au cours desquels il sera suivi par les médecins d'une clinique située près de Montréal et spécialisée dans la psychothérapie. Le chanteur a besoin de faire le point après sept ans d'alcoolisme, de dépression et de mal-être. Son ex-femme, Dominique, a accepté de l'accompagner pour l'aider à se reconstruire...mais aussi parce que cet hôpital ne reçoit que des couples. Celle qu'il voit tous les jours depuis vingt-deux ans a posé ses valises dans la maison de Robert Charlebois, d'où elle ressort quotidiennement pour le retrouver lors de ses entretiens avec les docteurs de l'âme. L'artiste promet de revenir bientôt et en bonne santé ("Je ne bois plus que de l'eau depuis trois mois: il me faut encore arrêter de fumer"). En décembre, il devrait être sur la scène du Zénith de Paris.
    • Vie Alcool
    • Pays Québec
    • Album Boucan d'Enfer
    • Tournée d'enfer 2002-2003
    • Zénith
Femme Actuelle
  • 1er juin 2002, Renaud a vaincu ses vieux démons > Femme Actuelle de Juin 2002 Renaud a vaincu ses vieux démons Huit ans après son dernier album, la chetron sauvage revient avec "boucan d'enfer", quatorze chansons dont il a signé les textes. L'intérêt de nouvel opus n'est pas dans une quelconque évolution vocale ou musicale. Il aurait pu sortir tel quel il y a 15 ans ou dans 15 ans. En revanche, ce qui fait mouche, c'est la façon dont le chanteur met en scène et conjure ses démons. Pas question de nier les années noires qu'il vient de traverser : il joue la carte de la transparence absolue. La première chanson "Dr Renaud ,Mr Renard" nous présente Mister Renard un cynique désabusé qui a fait fuir le bonheur de Renaud. Victime de lui-même, il reconnaît ses torts. Hanté par la fin de toutes choses ("mon bistrot préféré"), que ce soit celle de sa carrière (tout arrêter), de Miterrand ("Baltique"), ou de son mariage ("boucan d'enfer") , il tire à vue sur les idôles du moment tout en composant un poême-petite annonce pour remplacer son coeur perdu. Quelles que soient ses piques, on a envie de le prendre dans nos bras et lui dire que ça va aller mieux ! Heureusement, sous les idées noires perce encore l'humour... Et on souhaite que ce disque émouvant et sincère lui ramène plein de rayons de soleil. Pierre Fageolle.
    • Album Boucan d'Enfer

15 septembre 2002

Merci à Liz.

Figaro
  • 1er juillet 2002, Renaud sort de l'ombre > Figaro Madame de Juillet 2002 RENAUD SORT DE L'OMBRE Après sept ans d'absence, ce fils spirituel de Brassens qui mêle Villon au verlan, nous revient avec un album beau et bouleversant. "Boucan d'enfer"* parle, entre autres, de séparation, de cœur en miettes, du bruit du bonheur enfui. Propos recueillis par Laetitia Cénac D'habitude, il a sa table près du piano. Aujourd'hui, il s'est réfugié dans l'encoignure, derrière le comptoir, à l'abri des conversations. La Closerie des Lilas est son bistrot préféré. « Ma cantine, mon bureau, mon salon. C'est là que j'écris mes chansonnettes et que, depuis quelque temps, je donne des interviews. » Avec son physique d'ange rimbaldien qui aurait bu autant d'absinthe que Verlaine, il parle de ses problèmes d'homme, de ses problèmes de mélancolie. Sans carapace. « Il arrive qu'on tombe dans un verre comme dans plusieurs. Je n'ai pas honte d'en parler. J'ai eu des soucis. Que celui qui n'en a jamais eu me jette la première pierre. » Attention, garçon fragile ! Laetitia Cénac. - Votre album est sorti le 28 mai, un mois fétiche pour vous... Renaud. - J'ai toujours aimé le mois de mai. Je suis né en mai. Céline disait : « Je suis né en mai, c'est moi le printemps. » C'est le mois des révolutions. C'est Mai 68. C'est aussi « À la belle de mai », la chanson-titre de mon dernier album, dédiée à ce quartier de Marseille. Et puis, j'ai fêté mes quarante ans, le 11 mai 1992, sur la scène du Casino de Paris. Quant à mon dernier spectacle parisien, à la Mutualité, la première a eu lieu un 1er Mai. C'est symbolique chez moi. L. C. - L'album s'ouvre sur une première chanson intitulée « Docteur Renaud, Mister Renard », comme il y a eu Gainsbourg et Gainsbarre. Vous êtes double ? R. - Comme tout le monde. Comme tous les artistes. Comme tous les êtres humains. Un côté clair, un côté sombre. J'ai voulu montrer qu'un artiste n'est pas seulement un homme qui brille dans la lumière des projecteurs, plein de qualités musicales, artistiques, humaines. On est comme tout le monde, rempli de défauts. J'ai développé les miens, parfois en forçant le trait. Cette chanson, c'est un peu le reflet de ma vie ces dernières années. L. C. - Sept ans se sont écoulés entre votre précédent album et celui-ci. Que s'est-il passé ? Renaud. - J'ai traversé une longue période de dépression. J'étais au fond du trou, sans inspiration. Une rupture conjugale est venue s'ajouter à ça. L'alcoolisme aussi, ma tendance à pochetronner, à vouloir soigner mes maux par des boissons anisées, ce que je ne conseille à personne. À force de ne pas écrire, je n'avais plus envie d'écrire. Comme si la source était tarie. Et si je ne fais pas de chansons, je ne fais pas de disques. Si je ne fais pas de disques, je ne fais pas de tournées. Si je ne fais pas de tournées, je n'existe plus socialement. J'étais persuadé qu'il fallait abandonner ce métier. L. C. - Vous avez alors entrepris de faire une tournée acoustique... Renaud. - Pendant un an et demi, pour essayer de m'en sortir. Ça a marché du feu de Dieu : 1200 concerts, 250000 spectateurs. Mais à la fin, je suis retombé dans ma vie quotidienne, pas rigolote, rigolote... Et puis, un soir, c'est venu. J'ai fait une chanson. J'ai retrouvé ce bonheur indicible d'écrire le mot fin en bas d'une chanson dont on est fier, satisfait en tout cas au niveau de l'écriture. Le processus était reparti. J'en ai écrit une deuxième, puis une troisième... L. C. - C'est un album autobiographique... Renaud. - Oui, infiniment. Il est introspectif. Il y a plus de chansons qui parlent de moi que du monde. On va sûrement me le reprocher. Il y a peu de mots rebelles comme dans le passé. À part « Manhattan-Kaboul », il n'y a pas de grands thèmes humanistes, universels. C'est un album personnel, sans doute une étape dans ma carrière. L. C. - Vos chansons d'amour évoquent la rupture. Léo Ferré disait : « Le bonheur, c'est du chagrin qui se repose. » Êtes-vous d'accord ? Renaud. - Complètement. « Boucan d'enfer » est une chanson sur la souffrance, la séparation, le désespoir. Dans « Mal barrés », qui est la vision d'un petit couple de jeunes amoureux, j'exprime mon côté désabusé face aux grands serments d'amour éternel. C'est un peu la fin sombre des « Bancs publics », de Brassens. L. C. - Aujourd'hui, dans quel état d'esprit êtes-vous ? Renaud. - Ça va mieux. J'ai arrêté de m'étioler dans l'inactivité. J'ai arrêté de boire. Depuis le 1erjanvier, je suis à la Vittel. J'ai des relations formidables avec ma femme (dont je suis séparé). On développe une autre façon de s'aimer, celle de gens qui se sont aimés pendant vingt-cinq ans... L. C. - Et puis, vous avez eu une fille ensemble. Que devient-elle ? Renaud. - Elle a vingt et un ans. Vingt-deux en août. Elle fait une école de cinéma depuis trois ans, pour écrire et mettre en scène. Ça la passionne. L. C. - Vous êtes « un révolté de naissance ». Est-ce toujours d'actualité ? Renaud. - Ce monde me déplaît. Les injustices, la misère, l'oppression m'empêchent de dormir. Quand je me lève, je suis d'humeur à peu près joyeuse parce que je suis vivant, qu'il fait jour, et que ce n'est pas la fin du monde. Mais, dès que je lis la presse, je suis désespéré : cette violence, ces attentats, ces guerres... J'ai envie de crier, de me battre et, en même temps, comme je l'exprime dans la chanson « Je vis caché », je n'ai plus envie d'être un militant ni un porte-parole. L. C. - Vous avez des projets, un livre entre autres... Renaud. - Je me suis attelé depuis quelques mois à la rédaction d'un Journal, une chronique de mes années noires à travers le regard de mes copains. Ma bande, comme Brassens ou Gainsbourg avaient la leur... Donc, je parle de moi et, en parlant de moi, je fais des digressions sur des sujets qui me touchent. La politique, le sport, la vie, l'amour, la mort, la solitude... Qui ça intéressera? Je ne sais pas. Mais mon plaisir, c'est d'écrire. Après, je remets ça comme une carte de visite, dans les bonnes librairies. L. C. - Là, vous partez pour Toronto tourner un film en compagnie de Gérard Depardieu, Johnny Hallyday et Harvey Keitel. Je croyais qu'après « Germinal » vous ne vouliez plus faire de cinéma ? Renaud. - Je disais toujours que je ne succomberais aux sirènes du cinéma que si l'on me proposait un rôle en béton, avec un réalisateur un peu moins tyrannique que Claude Berri. Voilà, c'est arrivé. J'ai un copain américain, Brad Mirman, qui m'a écrit un rôle sur mesure, dans une comédie policière. Je fais un tueur, un peu froid, pas antipathique, qui parle de lui à la troisième personne du singulier. L. C. - Cinquante ans, vingt-sept ans de carrière, 12 millions d'albums vendus. Êtes-vous fier d'être étudié à l'école, que des étudiants fassent des thèses sur vous ? Renaud. - Il y a des thèses en stylistique sur mon langage, d'autres en sociologie sur des chansons - comme « Dans mon HLM » - qui traitent de la banlieue. Ça vaut tous les disques d'or et toutes les victoires de la musique... En plus, je suis fils d'enseignant. Mon père était écrivain mais aussi professeur d'allemand. Il a écrit des romans avant-guerre, puis des polars pour des raisons alimentaires, au fur et à mesure qu'il faisait des enfants (Renaud a un frère jumeau, un frère aîné et trois sœurs, NDLR). Alors, quand mes textes sont étudiés dans les universités, j'ai l'impression d'être sur ses traces. Tous les enfants veulent un jour faire aussi bien que leur papa. Virgin
    • Album Boucan d'Enfer
  • 6 juillet 2002, Le plateau télé de Patrick Besson : les Séchan > Figaro Magazine du Samedi 6 juillet 2002 Rubrique « Culture Télévision » Le plateau télé de Patrick Besson Les Séchan Est-ce Renaud qui a voulu faire un album plus bête que le livre de son frère Thierry Séchan ou Thierry qui a essayé de faire un livre plus nul que l'album de son frère Renaud ? L'album de Renaud s'appelle Boucan d'enfer (Virgin), le livre de Thierry Renaud, bouquin d'enfer (Le Rocher). Comme si ça ne nous avait pas déjà mis la puce à l'oreille, la couverture du CD et celle du livre sont les mêmes. Ca signifie, d'un point de vue marketing, qu'il faut acheter les deux, non ? Commençons par l'album. J'ai scrupule à en dire du mal puisque Renaud l'a offert à mon fils Oscar (auquel Thierry consacre par surcroît une ligne gentille dans Renaud, bouquin d'enfer) un dimanche à la Closerie des Lilas, où les frères Séchan ont élu domicile. C'est leur bistrot du coin, il n'y a rien à dire, sauf qu'il a de plus en plus l'air d'un Hippopotamus pour nouveaux riches, surtout le dimanche. Where are you Hemingway ? Du reste, Oscar adore Boucan d'enfer. L'ennui, c'est qu'il n'écrit pas dans Le Figaro Magazine – et que je n'ai plus 8 ans ! Dans L'entarté, le neuvième titre du CD, Renaud reproche à BHL ses « décolletés ». C'est original et surtout, c'est nouveau. Il me semble avoir déjà lu ça une bonne centaine de fois, au moment de la sortie de la Barbarie à visage humain (Grasset), il y a vingt-cinq ans ! Renaud reproche ensuite à Lévy d'écrire « avec ses pieds ». Les invectives de Verlaine c'est quand même mieux. Il lui donne enfin le surnom de « BHV », ce qui relève du gâtisme. A la fin de l'envoi, je me touche. Que dire des autres chansons ? Elles ne sont même pas méchantes. On tombe sur des choses bizarres comme : « Adieu l'amour, bonjour la merde. Il n'y a pas de musique. En tout cas, je n'en ai pas entendu. Chez Pascal Sevran (France 2), Renaud a fort bien communiqué son personnage d'ancien alcoolo repenti au coeur brisé, ce qui a ému une grande partie de la France. Les Français sont gentils, c'est même une des raisons pour lesquelles ils font si bien la cuisine. En achetant Renaud, ils ont l'impression de le racheter ! Thierry n'est jamais meilleur que lorsqu'il n'écrit pas sur son frère : Tombeau de Richard Brautigan (L'Incertain), Cent Nouvelles d'elles (Les Belles Lettres), La peine de Mort (Le Rocher). Il ose nous proposer, pour cette nouvelle hagiographie de son cadet (la précédente avait paru en 1988 chez Seghers : le Roman de Renaud), la forme léthargique de l'abécédaire. A la rubrique « »Séchan », il assure que « dans un autocar brinquebalant entre Belgrade et Pale », je lui aurai conseillé : « Ecris les Séchan ! » Plus la peine, Thierry : c'est fait. Et l'autocar qui nous emmenait de Belgrade à Pale n'était pas « brinquebalant ». **** En bas de cet article deux petites photos : à gauche, une de T Séchan, à droite celle de Renaud en veste rouge (la traditionnelle que l'on voit partout ces temps-ci). Sur la photo de Renaud est incrusté, en blanc, le texte suivant : « Thierry Séchan et Renaud. Un duo d'enfer »
    • Album Boucan d'Enfer
    • Livre Bouquin d'enfer
    • La Closerie des Lilas
    • Chanson L'entarté
    • Bernard Henry Lévy
L'Étudiant
  • ?-07-02, RENAUD Cœur brisé inspiré > , numéro 242-243 - Juillet-août 2002 RENAUD Cœur brisé inspiré Enfin ! depuis sept ans, Renaud s'était évaporé. Rupture, pastis, cure de désintox, la chetron sauvage s'était égarée. Happy end : la source n'est pas tarie et son nouvel album Boucan d'enfer dévoile un talent indemne. Au programme, quatorze titres dans lesquels Mister Renaud se montre mélancolique (Mal barrés) et Docteur Renard sait toujours distiller des flèches acides (l'Entarté). Son cœur, qui "ressemble à Tchernobyl", se met à nu, pour notre plus grand plaisir. Impudique et profond, caustique et désabusé, un album indispensable. Même si c'est pas beau de se réjouir du malheur des autres ! AV *"Boucan d'enfer", Renaud, Virgin
    • Album Boucan d'Enfer
France Soir
  • 25 mai 2002, Itinéraire d'un Renaud blessé > France SOIR du samedi 25/05/02 Après huit années de silence, il sort un album ITINERAIRE D'UN RENAUD BLESSE Rupture, déchéance, alcoolisme pour mieux renaître.  Renaud, dans un long entretien à FRANCE SOIR, se dévoile à l'occasion de la sortie mardi de son dernier album, Boucan d'Enfer.  Il s'annonce déjà comme un futur succès.  Jamais sans doute Renaud n'avait mené si loin son introspection. LA VERITE, TOUTE LA VERITE, RIEN QUE LA VERITE Retour du chanteur après quatre années de dépression.  Il nous livre une interview bouleversante de sincérité, revenant sur sa descente aux enfers. Huit ans d'absence discographique.  Quand Renaud met sa carrière entre parenthèse, il ne plaisante pas.  On l'a bien précisé, cette parenthèse n'était que discographique.  Le chanteur l'affirmait naguère, il a continué à faire des concerts.  Côté écriture : zéro.  Désamour de soi, addiction à la déchéance volontaire, Renaud a tiré le diable par la queue et s'est brûlé les doigts.  C'est en vainqueur de ses fêlures que le chanteur rebelle revient sur le devant de la scène.  Boucan d'Enfer (Virgin) est certainement l'album le plus personnel écrit par l'artiste.  Retour sur des années de galères en chanson et en interview.  Par ailleurs, s'il a laissé tombé le bandana, la plume le taraude encore, ainsi que le cinéma.  Une grande année pour Renaud qui a retrouvé les lumières de l'esprit, et des plateaux.    P.L.N. Pantalon de cuir, tiags, Renaud nous parle par intervalles.  En plein tournage du clip Docteur Renaud, Mister Renard, il s'éclipse en silence du plateau.  Il s'assoit sur un canapé, sans sourire, sans mépriser, sans langue de bois.  Huit années d'absence.  On s'interroge … Renaud.  Manque d'inspiration, crise personnelle, problèmes personnels, pression, séparation, tendance abusive à la pochetronnerie, autodestruction et surtout les muses qui m'avaient déserté.  Je continuais de chanter sur scène entre 99 et 2001.  Mais pour fabriquer des disques, il faut de l'inspiration.  Je ne savais plus quoi dire.  Comment est-ce revenu ? R.  Tout seul, un jour comme ça.  Un copain m'a lancé un défi : « Ecris moi une chanson et je te paie un pastis. », j'ai écrit la chanson.  Vous l'avez bu ? R.  J'en ai bu plusieurs (sourire).  Mais j'étais en cure de sevrage, en manque depuis huit jours.  Il m'a dit que cette chanson m'autorisait une muflée.  C'était pas très malin de sa part, mais bon …  Et ensuite ?   R.  J'ai relu la chanson le lendemain, je l'ai trouvée pas mal, ça m'a donné envie d'en écrire une autre.  C'était laquelle ? R.  Petit Pédé.  Un pote homo me tannait depuis des mois pour que j'écrive cette chanson sur sa « différence ».  Et le lendemain j'ai écrit Docteur Renaud, Mister Renard.  Le début ou la fin d'une thérapie ? R.  C'était le début.  Aujourd'hui ma thérapie c'est … (Il réfléchit).  Je vais plagier Desproges : « La meilleure thérapie, c'est vous, le public, sauf que c'est vous qui me payez. »  (rires). Crise personnelle, alcoolisme, c'est le vrai mythe de la rock star ?  R.  Ouais.  Si certains considèrent qu'il y a un dandysme à se détruire par l'alcool …  Je n'étais pas fier de moi.  Je ne voyais dans ma déchéance une rock'n'roll attitude.  Il n'y avait aucun romantisme à ça.  Mais je ne veux pas faire pleurer le monde avec mes soucis.  Etait-ce une fuite en avant ?  R.  Dans l'inactivité, je m'étiole.  Depuis ma séparation, mon nouvel appartement me sort par les yeux.  C'était sans fin, et sans but.  A 45 ans j'ai commencé à devenir dépressif, parano.  La jeunesse qui s'en va, l'enfant qui grandit, la perspective de l'avoir affronter ce monde dégueulasse. Pourquoi Boucan d'Enfer ?  R.  C'est le bruit qu'a fait le bonheur en partant. Toujours ?  R. Non, j'ai fait le deuil de mes amours passées.  On a une autre façon de s'aimer, en se voyant moins, c'est l'essentiel.  Est-ce un album bilan ?  R.  Oui, de quatre ans de ma vie.  Docteur Renaud, Mister Renard  exprime bien ce que j'ai vécu pendant quelques temps.  Désillusionné, pochetron, autodestructeur, … Suicidaire ? R.  Non !  Ca peut paraître paradoxal mais on peut se détruire sans être suicidaire.  Au contraire, je suis hyper hypocondriaque.  Cette impudeur dans l'album, était-ce un besoin nécessaire ?  R.  C'est ce que j'avais sur le cÅ“ur et c'est ça qui est venu.  Il est impudique c'est vrai, mais ça fait des jolies chansons.  Ce qui m'emmerde, c'est pas les chansons, c'est d'avoir à les justifier, de raconter ma vie privée. Vous attendez-vous à sortir un événement discographique ?  R.  Non.  J'ai eu la chance dans ma carrière de faire deux disques vendus à plus d'un million d'exemplaires.  Depuis trois disques, j'étais revenu à des scores plus rationnels, moins phénoménaux, 500.000, 600.000, … C'est pas mal quand même !  R.  Ce sont de beaux scores, mais par rapport à Cabrel, Obispo ou Goldman qui font le million à chaque fois …  J'espère revenir dans ce peloton. Boucan d'Enfer parle de la Corse, de l'entarté (Bernard Henri Levy), du journalisme, pourtant, on a l'impression que vous sortez de ce cadre pour ne parler que de l'humain, pourquoi ?  R.  Parce que ça m'intéresse moins.  La chanson sur la Corse reste politique.  Ca parle de l'amour de la non-violence. C'est un salut au peuple corse qui lutte pour préserver son identité, sa langue, contre les promoteurs qui veulent faire de l'île une nouvelle Côte d'Azur, ce peuple rebelle comme je les aime. En ça je me dis que quelques bombinettes ne sont pas inutiles. Et François Santoni ?  R.  C'est pas le personnage clef de la chanson.  J' ai eu l'occasion de rencontrer François Santoni dans mon bistrot préféré.  Je l'écoutais parler, posant des questions naïves.  Je le trouvais passionnant.  Comme je connaissais sa compagne, j'ai voulu être un peu là dans son chagrin, comme pour toutes les mères, les femmes corses qui ont perdu un être cher. La cinquantaine vous fait peur ? R.  Je flippais déjà à 30, à 40, j'vous dis pas …  La perspective de n'avoir plus que le tiers du chemin à parcourir, c'est pas le top. Ce sera peut-être le meilleur tiers …  R.  Je n'en suis pas persuadé : je préférais mes vingt ans. A l'époque, vos textes n'étaient pas des plus optimistes pourtant.  R.  C'est vrai.  Ils étaient peut-être plus rebelles.  J'avais plus d'idéalisme, d'utopie, de colère et plus d'envie de les exprimer. Vous semblez résigné …  R.  Oui, un peu. Quand je vois ce que je chante depuis 25 ans et qu'on voit l'autre faire 20% aux élections, je me dis que j'ai bossé pour rien.  Que tout ça était vain.  La classe ouvrière, les opprimés dont je me suis toujours senti, sans démagogie, très proche, a voté en masse pour Le Pen et son ancien petit lieutenant.  Ca donne presque envie de devenir réac. Continuez-vous de chanter certaines de vos chansons comme Hexagone ?  R.  Bien sûr,  c'est mon hymne, et si je ne fais pas, je me fais écharper par le public (rires).  Je devrais faire une nouvelle version d'Hexagone, qui correspondrait à la France d'aujourd'hui. Vous voyez-vous attendre huit ans pour un nouvel album ?  R.  Non.  Le prochain sera fait très vite.  Je veux réécrire dès le début de la tournée. Comment voyez-vous votre monde, après ce carcan de huit ans ?  R.  Avec des yeux de buveur d'eau.  C'est pas pour ça que je ne vais pas partir en voyage sur l'océan.  Je vais partir en vacances dans mon patelin du Cantal, et je suis fier car c'est l'un des plus faibles taux pour le FN lors des dernières élections…  Quoique bon, Chirac a fait 40% (rires) ! La Victoire d'honneur reçue lors des Victoires de la musique vous a-t-elle motivé à revenir ?  R.  Je faisais une tournée à ce moment-là.  C'était un hommage non-mérité que j'aurais préféré gagner.  Je n'étais pas bien à l'époque, j'étais bouffi d'alcool, pas beau à voir.  Je suis très émotif, j'avais le trac devant ce parterre de gens du métier dont certains ne devaient pas apprécier ma présence.  Ca faisait un bon moment que le milieu murmurait que je n'allais pas très bien, c'était un trophée presque posthume.  Je l'ai accepté car ça m'a touché.  C'était le Renard qui a reçu ce prix, pas le Renaud. Le Renaud a-t-il anéanti le Renard, ou est-ce cyclique ?  R.  J'espère que non.  J'étais au fond du trou.  Au pastis à midi jusqu'à pas d'heures, problèmes hépatiques, neurologiques.  Les médecins pronostiquaient la cirrhose sous deux ans.  Je ne voulais rien.  Je n'ai jamais apprécié de me voir dans la glace, mais là, c'était le pire. Une dernière chose, dans ce disque, vous parlez de « journalistes blaireaux »… R.  (sourire) Oui, mais je sais auxquels je pense et ils se reconnaîtront ! Recueilli par Patrice Le Nen Commentaire     • Par Pascal Irastorza Silence d'enfer Pas même un sourire dans le regard.  Juste une lassitude.  Et le silence noyé dans un breuvage jaune, opaque, presque glauque.  Une posture ?  Non.  Juste le blues des journées sans début et sans fin.  Les tiags rangées au rayon des souvenirs.  Le perfecto parti sur le dos des muses.  Juste un mal-être pesant. Regards discrets des potes qui font comme si.  Parlent beaucoup pour éviter le silence alcoolisé.  S'amusent de rien.  Guettent la sentence du chanteur qui ne chante plus.  L'esprit est là.  La phrase claque.  L'avis est toujours aussi ciselé.  Boucan d'enfer. L'Å“il malicieux n'est jamais bien loin.  Une salle municipale, un théâtre poussiéreux, une tournée régénératrice.  Des applaudissements nourris, la tête se redresse, la thérapie est en cours.  Et puis la boulimie de travail.  Un verre d'eau fraîche.  La plume redevient alerte.  Une renaissance.  Chansons d'enfer. Les stigmates des années « pochetron » sont autant de cicatrices.  De marques qu'il ne faut surtout pas oublier.  Le verbe reste rare mais pour un copain - un de ceux qui ne l'ont pas laissé seul, ou un nouveau rencontré dans les années sombres - il fait le métier.  Se confie, se dévoile.  Impudique peut-être, honnête sûrement, réglo toujours. Chanteur d'enfer. Red Renaud C'est au détour d'un studio bruxellois que la rousse Axelle Red a succombé au charme lexical de Renaud.  Une rencontre chanceuse qui débouche sur l'enregistrement d'un titre : Manhattan-Kaboul, faux hommage au drame du 11 septembre 2001.  Comme le dit Renaud dans Mister Renaud, Docteur Renard : « Personne n'est tout blanc ou tout beau. »  Pas de manichéisme outrancier, Renaud parle, chante en spectateur d'un drame vécu en direct live, comme dirait l'autre.  Axelle Red, en plein enregistrement de son nouvel album prévu à la rentrée prochaine, n'a pu être jointe.  Manhattan-Kaboul sera le second single de Boucan d'enfer. P.L.N. Disque, film et roman Quand Renaud se remet au travail, il ne le fait pas à moitié.  En ce moment, outre la promotion de son nouvel album, il s'est rendu au Canada pour tourner une comédie policière.  Il incarne un mauvais garçon en route pour un braquage à Chicago.  On retrouve dans le casting l'incontournable Gérard Depardieu, avec qui il partagea l'affiche de Germinal il y a dix ans, Johnny Hallyday, Harvey Keitel (Taxi driver, La leçon de piano) seront aussi de la fête. Enfin, les mots, toujours les mots.  Le chanteur s'est attelé à l'écriture d'un roman.  « C'est une chronique de mes années noires dans mon enfer quotidien, au travers des regards de mes potes.  Je parle de moi, d'eux, puis je digresse vers des sujets de société, la vie, la mort, la politique. »  Vivement la publication. P.L.N. Discographie 1975  : Amoureux de Paname 1977  :  Laisse béton 1979  :  Ma gonzesse 1980  :  Marche à l'ombre 1981  :  Le Retour de Gérard Lambert 1981 : Le P'tit Bal du samedi soir et autres chansons réalistes 1983 : Morgane de toi 1985 : Mistral gagnant 1988 : Putain de camion 1991 : Marchand de cailloux 1992 : Cante el' nord 1994 : A la belle de mai 1996 : Renaud chante Brassens 2002 : Boucan d'enfer Paroles de Manhattan-Kaboul.
    • Album Boucan d'Enfer
France Info
  • 21 janvier 2000, Reprise de la tournée de Renaud. > France Info du 21 Janvier 2000 L'événement musical / Anne-Marie Vincent Reprise de la tournée de Renaud. Le chanteur réfractaire après avoir mis un bémol à sa carrière, repart en tournée acoustique...Plus de 40 concerts en France et en Belgique d'ici la fin du mois d'avril. Une tournée un peu particulière puisqu'il se produira surtout dans de petites salles avec Jean Pierre Buccolo à la guitare et Alain Lanti au piano. A 48 ans Renaud refuse toujours le relais médiatique...Ses retrouvailles avec le public se déroulent pourtant dans un climat de véritable ferveur populaire... Mardi prochain, sortie de "L'Absolutely meilleur de Renaud" qui réunit 30 titres du chanteur.
    • Une guitare, un piano et Renaud
    • Album The Meilleur of Renaud

23 août 2002

Merci à p'titpec pour l'info.

MusicActu
  • 10 juin 2002, Renaud > MusicActu du 10 juin 2002 Renaud Parallèlement au succès de "Boucan D'Enfer", l'artiste voit ses précèdents albums refaire une apparition dans les charts. Retour réussi pour Renaud ! En plus de voir son nouvel album, "Boucan d'Enfer", entrer en première position des charts dès sa sortie, l'artiste voit également quelques-uns de ses anciens opus réapparaître dans le classement des ventes. "Paris - Provinces", "Mistral Gagnant", "A la Belle de Mai", etc... au total, sept de ses cd sont mentionnés dans les charts cette semaine. Par ailleurs, Renaud investira le Zénith de Paris le 19 décembre pour y donner une série de cinq concerts. Les réservations sont déjà ouvertes. Renaud sur le net > www.renaud-le-renard.com. © MédiasActu SA - 2002 - Reproduction strictement interdite Par Christophe Vannier
    • Album Boucan d'Enfer
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  • 22 août 2002, Renaud et Axelle Red dans les charts. La variété en forme > MusicActu du jeudi 22 août 2002 Renaud et Axelle Red dans les charts Article original sur Ramdam ou sur MusiActu Jeudi 22 août 2002 Le dernier single en date de l'artiste, enregistré en duo avec Axelle Red, se classe en bonne position dans les charts. Après être entré dans les charts à la fin du mois de juillet, le nouveau single de Renaud vient de battre son propre score et termine sixième du classement des meilleures ventes sur le territoire français. "Manhattan - Kaboul", enregistré en duo avec la chanteuse belge Axelle Red, est le second extrait de l'album "Boucan d'Enfer", qui marquait le grand retour de l'artiste en mai dernier, après huit années de silence. Fort du succès de ce nouvel opus, Renaud entamera une grande tournée à la fin de l'année. Cette série de concerts fera étape dans une quarantaine de villes françaises entre décembre 2002 et mai 2003. Les réservations sont ouvertes dans les points de vente habituels. > Renaud sur le net : www.renaud-le-renard.com [Christophe Vannier, MusicActu.com] Autre article La variété en forme Article original Autre retour inattendu de ces derniers mois : celui de l'éternel contestataire Renaud, après plus de huit années d'absence. Malgré cette longue période de silence, il semblerait que le public français n'ait pas oublié une seconde l'auteur de "Morgane de Toi" et de "Marche à l'Ombre". A peine commercialisé, son album admirablement baptisé "Boucan d'Enfer" a été propulsé au sommet des charts français, boosté par le single "Docteur Renaud, Mister Renard". Il n'aura pas fallu longtemps à l'artiste pour trouver la motivation nécessaire pour entamer une nouvelle tournée. Le coup d'envoi d'une série de concerts sera donc donné début décembre. En l'espace de six mois, jusqu'en mai 2003, Renaud se produira dans près de cinquante villes de l'Hexagone et fera une halte au Zénith de Paris dès le 19 décembre pour y donner pas moins de dix concerts.
    • Album Boucan d'Enfer
    • Chanson Manhattan-Kaboul
    • Axelle Red
    • Chanson Docteur Renaud, Mister Renard
    • Zénith
  • 30 mai 2002, Renaud > MusicActu du 30 mai 2002 Renaud Après huit ans d'absence, l'artiste français profite de la sortie de son nouvel album pour renouer avec la scène. C'est un retour en force que Renaud réalise aujourd'hui après de nombreuses années de silence. Celui que l'on croyait a jamais oublié revient en effet dans un "Boucan d'Enfer" et profitera de l'occasion pour donner une série de concerts au Zénith de Paris à partir du 19 décembre 2002. De quoi ravir ceux qui l'attendaient encore... les réservations sont ouvertes dans les points habituels. Renaud en concert : 19/12/2002 Paris - Zénith 20/12/2002 Paris - Zénith 21/12/2002 Paris - Zénith 22/12/2002 Paris - Zénith 23/12/2002 Paris - Zénith Renaud sur le net > www.renaud-le-renard.com. © MédiasActu SA - 2002 - Reproduction strictement interdite Par Christophe Vannier
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  • 22 mai 2002, Renaud > MusicActu du 22 mai 2002 Renaud Après de longues années de silence, l'artiste français sera de retour avec un nouvel album la semaine prochaine. Les fans de Renaud semblent attendre avec impatience le retour de l'artiste, après s'être contentés de nombreuses rééditions d'albums et autres parutions de compilations 'best of', depuis 1995. Intitulé "Boucan d'enfer", le nouvel album studio de l'écorché vif, enregistré aux côtés du compositeur et arrangeur Jean-Pierre Bucolo, arrivera dans les bacs le 28 mai. Une occasion de découvrir quatorze nouveaux titres dont "Docteur Renaud, Mister Renaud", le premier single issu de l'album, à paraître le 4 juin. Dès lundi, découvrez sur MusicActu dans les 'Sorties CD' la chronique de "Boucan d'enfer" rédigée par Pierrick Roux. © MédiasActu SA - 2002 - Reproduction strictement interdite Par Christophe Vannier
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  • 27 mai 2002, Renaud - Boucan D'Enfer > MusicActu du 27 mai 2002 Renaud - Boucan D'Enfer Grand come back de Renaud avec un disque en forme de confession, sorte d'autobiographie musicale et de pardon : "Boucan D'Enfer". On y note un duo avec Axelle Red. "Boucan d'Enfer" est un très beau disque ! La pochette tout d'abord, où l'on voit notre homme attablé dans un bistrot parisien. Un dessin signé, comme tous ceux du livret, par le navigateur Titouan Lamazou. Le contenu ensuite; quatorze compositions inédites placées sous la direction musicale de Jean Pierre Bucolo - avec notamment un duo en compagnie d'Axelle Red ("Manhattan-Kaboul"). Pourtant, on l'avait cru définitivement perdu pour la chanson, noyé dans son chagrin et dans l'anis. Renaud est donc toujours debout ! Ce retour est à la fois émouvant et rassurant. La dernière apparition de Renaud aux Victoires de la Musique 2001 avait révélé un homme blessé, fatigué, meurtri et presque dépité. Il a depuis redressé la barre retrouvé la bonne direction. S'il tape moins qu'avant sur les institutions, s'estimant dépassé pour cela, il continue néanmoins de régler quelques comptes (avec les médias, la mondialisation) et n'oublie pas de faire son autocritique avec le titre "Docteur Renaud, Mister Renard". Il y évoque sa relation tumultueuse avec l'alcool et le fait de l'avoir choisi comme premier single confirme peut être cette volonté d'exorciser le passé. "Ma fille va devenir adulte, je veux qu'elle soit fière de moi". Avec un papa chanteur et bientôt de nouveau acteur, elle peut l'être ! Renaud pourra démontrer qu'il a retrouvé la flamme à partir du 19 décembre au Zénith de Paris (une salle qu'il avait inaugurée en 1984). Un site internet a par ailleurs été conçu pour cette sortie : www.renaud-le-renard.com. Vous pouvez y visionner son nouveau clip en exclusivité. Ce nouvel album est disponible en édition limitée avec un livret de 62 pages et existe aussi en version vinyle. Tracklist Docteur Renaud, Mister Renard Petit Pédé Je Vis Caché Coeur Perdu Manhattan-Kaboul Elle A Vu Le Loup Tout Arrêter... Baltique L'entarté Boucan D'enfer Mon Nain De Jardin Mal Barrés Corsic'armes Mon Bistrot Préféré © MédiasActu SA - 2002 - Reproduction strictement interdite Par Pierrick Roux
    • Album Boucan d'Enfer
    • Vie Alcool
    • Victoires de la Musique
    • Chanson Docteur Renaud, Mister Renard
    • Lolita
    • Zénith

21 août 2002

Merci à Fred, Julien, Fred et Lola.

ZicaZic
  • 6 août 2002, Renaud - Boucan d'Enfer > Zicazic.com du 6 août 2002 RENAUD Boucan d'enfer (Ceci-Cela - Virgin - 2002) Durée 52'57 - 14 Titres (site auquel participe activement Lola du Team Zicazic) Revoilà l'enfoiré au grand cœur, l'homme à la chetron sauvage ... On en rêvait, Renaud l'a fait ! Guéri de ses errances éthérées et rentré de ses escapades maritimes, le rebelle au casque d'or nous revient avec cette gouaille qui a fait sa légende et cet amour des mots qui le pousse toujours et encore à colorer une langue française qui sans lui serait bien maussade ... Si on retrouve Jean-Pierre Bucolo, le guitariste et ami, le Titi de « La mère à Titi », on note l'absence des traditionnels Jean-Louis Roques et Amaury Blanchard respectivement remplacés à l'accordéon et à la batterie par Gwenaël Micault et Claude Salmieri. C'est Dominique Grimaldi tient la basse tandis qu'Alain Lanty s'assoit au piano, que Jean-François Berger s'installe aux claviers et que Denis Benarrosh assure les percus. Le violon de Pierre Bloch et la mandoline de Mick Larie viennent parfaire l'ensemble et couronner le retour du grand Renaud qui a mis toutes les chances de son côté en confiant le mixage à Phil Delire, la réalisation à Titi Bucolo, en enregistrant aux Studios ICP de Bruxelles avant de faire le mastering aux légendaires Studios Abbey Road ... Un retour en fanfare en quelque sorte, histoire de faire pour l'occasion un « Boucan d'Enfer » ! Si Renard a souvent eu la gueule de bois, Renaud n'en a pas pris la langue et c'est le plus simplement du monde qu'il dit ce qui lui passe par le cœur. Que ce soit « Petit pédé » dédié à ses potes homos ou « Je vis caché » qui dénonce les aberrations du système médiatique, les compositions viennent du fond des tripes de ce poète des temps modernes. Le loubard à des états d'âmes et ne les cache pas. Parfois empreint d'une tendresse teintée de nostalgie comme sur « Cœur perdu » ou « Mon bistrot préféré », parfois triste et offusqué comme sur « Baltique » ou « Corsic'armes », parfois cynique à l'image de « L'entarté », Renaud s'évertue à faire du Renaud et c'est pour ça qu'on l'aime. Deux hymnes ont d'ores et déjà fait leur trou, « Docteur Renaud, Mister Renard » bien sûr, mais aussi le cinglant « Manhattan-Kaboul », en duo avec Axelle Red, qui fait mouche avec ses guitares subtiles et ses textes croustillants. Les sceptiques se demanderont ce que vient faire la donzelle dans cette histoire ... Rien ne pourra pourtant atténuer le bonheur de retrouver le philosophe urbain, au même titre que rien ne pourra lui enlever l'amour qu'il porte à Dominique et Lolita, ses deux muses éternelles. En véritable fonds de commerce de la chanson française, Renaud reprend ses activités salutaires et revient ouvrir les yeux d'une société qui risquait de s'endormir sans son intervention. Un chef d'œuvre qui se pare des superbes illustrations de Titouan Lamazou pour envahir les bacs des disquaires ... Incontournable ! Fred Delforge
    • Album Boucan d'Enfer
    • Jean-Pierre Bucolo
    • Alain Lanty
    • Jean-Louis Roque
    • Amaury Blanchard
    • Gwenaël Micault
    • Claude Salmieri
    • Dominique Grimaldi
    • Jean-François Berger
    • Denis Benarrosh
Journal Inconnu
  • ?-11-?, Renaud en concert à Sportica > Renaud en concert à Sportica Renaud en concert à Sportica le 2 novembre à 20h30. Places limitées Dans les années 80, il est devenu en même temps que Goldman et Balavoine, le porte-parole de toute une génération qui se reconnaissait dans ses refrains. Pas vraiment par hasard. A l'heure des golden boys, des yuppies, de l'argent-roi, Renaud chantait la banlieue ("Dans mon HLM"), la débrouille, l'envers du décors des années-fric. Derrière l'image du titi-rock, s'affirmera très vite le talent d'un authentique poète des rues, une écriture et des images qui n'appartiennent qu'à lui. Au fil du temps et des albums, Renaud, l'éternel rebelle, est devenu l'une des grandes figures de la chanson. De plus en plus intimiste, de plus en plus nostalgique, il n'en continue pas moins d'épingler les maux de son époque. Toujours entre colère et tendresse mais jamais sans dérision. Comme lui seul sait le faire.
    • Chanson Dans mon HLM
TV Hebdo
  • 1er juin 2002, Boucan d'enfer > TV Hebdo du 1er juin 2002 Renaud avait touché le fond. De la bouteille, notamment. Come l'homme n'est pas du genre à chanson masquer, il en a fait un beau texte qui ouvre son nouvel album "boucan d'enfer". Connaissant son Gainsbourg-Gainsbarre sur le bout des rimes riches, il s'en est de fait joliment inspiré dans Docteur renaud, mister renard où il tient renaud séchan et son double à bout de mots. S'il évoque dans "mon bistrot préféré" quelqeus amis qui peuplent sa mémoire de Desproges à Brassens en passant par Dard, Boudard, Ferré, Doisneau et Tonton, il peut le faire sans trembler, son inspiration n'avait pas besoin des degrés d'alcool pour être au beau fixe. La tournée acoustique et sans média de 1999 à 2000 a permis aussi à Renaud , comme pris au tourbillon d'un vedettariat qui ne l' jamais grisé, de s'apercevoir que le public était fidèle à son style et que l'amour des gens n'était pas immérité. Là, Reanud a trempé sa plume dans sa meilleure encre. Il sait tour à tour être tendre "petit pédé", où il joue d'une grande finesse sur un sujet délicat; "elle a vu le loup" sur la virginité; ou encore "coeur perdu" un texte d'après divorce révolté. Le duo avec Axelle Red "Manhattan Kaboul" est une des plus belles réponses aux attentats du 11 septembre 2001, caustique Bernard Henry Lévy en sait désormais quelque chose. A cet égard, il faudrait passer en boucle aux concurrents des émissions du Loft et de Star Academy le morceau "je vis caché" pour les ramener à la réalité... Si Renaud fait un boucan d'enfer, alors son enfer à lui ressemble à un petit coin de paradis. Comme dans une mélodie de son maître Brassens. En tout cas, il lui offre une renaissance. Avant de revenir faitre un tour sur les plateaux choisis de télévision, avant d'occuper la scène du Zénith, à Paris, cet hiver, l'artiste est parti tourner un film au Canada, une comédie policière intitulée " la spirale du crime" avec Gérard Depardieu, Jhonny Halliday, Harvey Keitel. "le cinéma n'est pas ma priorité mais ça m'amuse" dit le Mister Renard de la chanson, "coeur à prendre, pas à vendre" comme il lance dans "coeur perdu". François Cardinal.
    • Album Boucan d'Enfer
    • Vie Alcool
    • Chanson Docteur Renaud, Mister Renard
    • Chanson Mon bistrot préféré
    • Une guitare, un piano et Renaud
    • Chanson Petit pédé
    • Chanson Elle a vu le loup
    • Chanson Coeur perdu
    • Chanson Manhattan-Kaboul
    • Axelle Red

27 juillet 2002

Merci à Antoine, Pitchoune et Lola.

Télé Star
  • 15 juin 2002, Le site de la semaine TéléStar du 15 au 21 juin 2002 www.renaud-le-renard.com À l'occasion de la sortie de son album « Boucan d'enfer », Renaud lance ce site au graphisme magnifique (dessins de Titouan Lamazou), avec des rubriques bourrées d'humour. Et un coin pour les accros baptisé le HLM des fans.
    • Album Boucan d'Enfer
    • Fans de Renaud
Zoomrang
  • 10 juin 2002, Boucan d'enfer (album commenté) > Zoomrang du 10 juin 2002 RENAUD - B O U C A N   D ' E N F E R MISTRAL PERDU C'est purement et simplement insupportable de beauté un homme qui pleure. Surtout affalé sur la table d'un bistro, sans pudeur, les veines survisibles de ses mains agrippées aux rebords, agitées de ce pouls si caractéristique du rythme du temps qui passe mal, qui fait mal. C'est purement et étrangement insupportable de dignité un homme qui, de coups de gueule en quasi silences, hurle qu'il n'en peut plus de ce double qui extérieurement le ravage, intérieurement le ravale, de ce faux-frère de sang qu'il a dans la peau et qui, peut-être, aura sa peau. Non, il n'en peut plus tout court, Renaud, de tout ou presque, mais il sait encore l'écrire, le chanter.   Plus magnifiquement que jamais. Est-ce ainsi que les hommes survivent? Bien sûr que si : comment faire, autrement? Se taire ? À l'heure où la presque Terre entière se terre, prendre la parole n'est parfois plus un droit mais un devoir; en l'occurence accompli. On a tout dit de lui, en commençant par dire qu'il était fini. Et le temps assassin, comme prédit, d'emporter avec lui les rires des enfants... Puissent aujourd'hui les larmes de l'adulte qu'il est plus que devenu le réhydrater en un juste retour des choses, lui qui, presque sans vie, brûlé, est revenu des abysses nous abreuver de bien plus important que ses larmes anisées : ses alizés en larmes. Il en fallait du courage : il en avait, il l'a eu. Il en a. À Dieu, maintenant, de prendre le sien à deux mains et de reconnaître les chiens avant que, dans un boucan d'enfer, ils ne hurlent à la lune que le soleil est mort. Pour de bon. Arrangementalement classique, mélodiquement grande classe, textuellement et globalement essentiel, Boucan d'enfer n'est pas un disque mais un livre.  De chevet.  Un tableau à accrocher au ciel du lit des rivières qui coulent en nous.  Lucide Docteur Renaud Mister Renard, courageuse Petit pédé, franche et droite Je vis caché, si belle Coeur perdu, urgente Manhattan-Kaboul, tendre Elle a vu le loup, et puis Tout arrêter, et puis Baltique...  Baltique, qui vous reste là en travers du coeur, qui s'accroche à vos pas, qui, sans plus vous lâcher d'une semelle, vous suit, fidèle, tout au long du chemin semé d'étoiles qui mène au Bistro des copains...  Le plus tard possible, souhaitons-le. Textes : Renaud Séchan Musiques : Jean-Pierre Bucolo Sauf * Alain Lanty et ** Renaud Arrangements et réalisation : Jean-Pierre Bucolo BOUCAN D'ENFER 2002 Docteur Renaud Mister Renard Petit pédé Je vis caché Coeur perdu * Manhattan-Kaboul Elle a vu le loup ** Tout arrêter Baltique * L'entarté Boucan d'enfer Mon nain de jardin * Mal barrés * Corsic'armes Mon bistrot préféré
    • Album Boucan d'Enfer

26 juillet 2002

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Ici Paris
  • 11 juin 2002, Thierry Séchan.« Pour Renaud, un malheur n'arrive jamais seul » > Ici Paris n°2971 du 11 juin 2002 L'auteur de Mistral gagnant a un frère. Et lorsque l'un chante, l'autre écrit. Thierry Séchan.« Pour Renaud, un malheur n'arrive jamais seul » Enfin Renaud nous revient avec Boucan d'enfer, un superbe album. Que s'est-il passé ? Où se cachait-il ? Son frère et complice, Thierry Séchan, lui consacre un livre, Renaud : bouquin d'enfer, sorti aux Editions du Rocher : il y raconte avec brio le chemin suivi par un artiste que ses fans n'ont jamais oublié, malgré une longue absence. Et il répond - en vrai frangin - à nos questions, avec une franchise émouvante... Ici Paris: Il faut remonter à 1994 pour retrouver Renaud auteur, avec A la belle de mai. Son retour, après huit années de silence, est-ce une renaissance ? Thierry Séchan : On traverse tous un jour ou l'autre une période de dépression. C'est ce qui s'est passé avec Renaud. Parfois, il arrive que la vie soit bruyante, que le fleuve s'agite et devienne violent. Et comme avec mon frangin, un malheur n'arrive jamais seul... Dominique, sa femme, est partie et ça a fait du bruit. Un boucan d'enfer, quoi. I. P. : Vous êtes très proche de votre frère... T. S. : Oui. J'habite d'ailleurs chez lui. I.P. : La dépression de Renaud l'a-t-il entraîné vers certains excès ? T. S. : Qui n'est pas tombé un jour dans un verre, puis deux, puis trois ? Il ne faut avoir honte de rien. Renaud a toujours bien aimé les bistrots, et il les a toujours bien chantés. I. P. : Beaucoup de personnes pensent que vous êtes le jumeau de Renaud. T. S. : Ce n'est pas moi, c'est David. Je ressemble aux deux. Je me bats pour les protéger et vice-versa. Il est vrai que Renaud et moi sommes très proches. Physiquement, d'abord. Mais nous avons aussi la même sensibilité, la même fragilité ainsi que le même plaisir d'écrire. I.P. : Quel est le plus beau souvenir que vous avez de votre frère ? T. S. : Lorsque nous étions enfants, nous allions jouer dans des cabanes. Renaud était très malin (il l'est toujours d'ailleurs) et prenait des risques incroyables. Il me faisait peur. J'étais le grand frère. I.P. : Quelle jeunesse avez-vous eu ? T.S. : « On est de son enfance comme on est d'un pays » a écrit saint-Exupéry. La nôtre a été heureuse. De vrais gamins de Paris élevés près de la Porte d'Orléans, dans le quatorzième arrondissement de la capitale. Nous habitions une maison rose jouxtant le pavillon chinois de la Cité universitaire. C'était le début des années 50, la vie était belle. Il y avait l'école, la bande à David et à Renaud, ma bande, et surtout le temps béni des vacances. I. P. : Où alliez-vous pendant les vacances ? T. S. : Nous partions à huit dans la 203 de mon père ! La Côte d'Azur et les sports d'hiver, ça n'était pas pour les Séchan. Nous, nous roulions vers nos Cévennes protestantes. Cette enfance résonne encore de nos cris, de nos disputes (mes parents avaient 6 bouches à nourrir !), mais aussi de la machine à écrire de notre père, ainsi que de son piano lorsqu'il jouait de Mendelssohn. Dans la famille, on est piano. Notre grand-mère paternelle, Isabelle, en jouait beaucoup. A 91 ans, notre père en joue encore. Christine et Nelly, nos deux sœurs aînées, sont également des virtuoses... I. P. : L'adolescence de Renaud a-t-elle été calme ? T. S. : Ma mère ne lui a cassé qu'un manche à balai sur le dos, et mon père une guitare bon marché. Pour la petite histoire, c'est sa mère - tiens, c'est aussi la mienne ! - qui répond au courrier de ses admirateurs. Elle est restée très belle et c'est un grand écrivain. I.P. : Vous êtes très famille ? T. S. : Le dimanche était le jour des gâteaux. Pour le frangin, c'était un flan ; pour moi une tête-de-nègre. S'ensuivait la promenade au parc Montsouris, les cygnes, les chevaux à bascule etc.... Les temps ont bien changés, mais chaque dimanche, les enfants, petits enfants, arrières petits enfants Séchan se retrouvent chez nos parents, qui n'ont jamais quitté le XIVe arrondissement ! I.P. : la famille Séchan est un clan ? T. S. : Oui, et fière de l'être pour encore de nombreuses générations. Propos recueillis par Catherine MONBREAULT
    • Album Boucan d'Enfer
    • Livre Bouquin d'enfer
    • Vie Alcool
    • Vie Vacances
La Croix
  • 31 mai 2002, Renaud Ne marche plus à l'ombre > La Croix N° 36238 du Vendredi 31 mai 2002 www.la-Croix.com Renaud, Ne marche plus à l'ombre « Boucan d'enfer », son nouvel album, touche par ses mots tendres et ses touches drôles.Le retour attendu de l'auteur de « Laisse béton », après des années de déprime. Cinquante ans depuis quelques jours et un tout nouvel album, intitulé Boucan d'enfer. Le retour de Renaud ne passe pas inaperçu, après ces huit années où le chanteur ne savait plus trop quoi dire aux gens. Peut-être avait-il trop parlé, Renaud, depuis les années 1970. On l'interrogeait à tout bout de champ. Il aimait ça, même si, de temps en temps, il annonçait son retrait de la vie médiatique, boycottant ceux qui l'avaient accompagné. C'était plus fort que lui. Et les sujets de contestation ne manquaient pas pour l'amoureux de Paname, symbole des blêmes HLM, et de la chanson du loubard. La casquette de poulbot et le foulard rouge se portaient bien. L'enfant du 14e arrondissement, fier de ses racines huguenotes, chantait les majorités silencieuses et les oubliés. On aimait aussi son esprit d'enfance, craquant comme un mistral gagnant, madeleine de tous les écoliers. Son ami Frédéric Dard avait compris : Renaud faisait le boulot de Verlaine, avec des mots de bistrot. Non sans un succès certain et la reconnaissance des gens du métier. Le cinéma lui donnait sa chance pour entrer dans la peau d'un mineur des temps jadis, dans le Nord de Zola : du cousu main. Il rendait ensuite hommage à Brassens, celui qui l'avait poussé à écrire. Et là, un jour, une saison morte, plus rien. Le rebelle était-il toujours vivant ? L'abonné aux causes des autres se refaisait une santé Mais où donc était passé Renaud ? Il était sur la route depuis des mois, ou dans un... café. C'est ainsi que l'on soigne, dit-on, au bar, ceux qui affichent un moral en berne, une peine de cœur et de corps. Le chanteur énervant, le « chetron sauvage », l'abonné aux causes des autres, se refaisait une santé. Avec ses amis. Avec son public, celui qui lui a toujours témoigné sa ferveur, son amour en somme. Il en avait bien besoin, l'amoureux de « sa gonzesse » condamné à marcher à l'ombre de lui-même. Au fil des mois, Renaud a remonté la pente en menant à bien une tournée de dix-huit mois dans de petites salles, en 1999-2000, avec une poignée de musiciens (Alain Lanty et Jean-Pierre Buccolo). Ce spectacle intitulé « Une guitare, un piano et Renaud » a touché plus de 250 000 spectateurs. Et puis l'inspiration est revenue, marquée par l'épreuve mais redonnant confiance à celui qui voulait rester sur place. Dans le nouvel album de 14 chansons, Boucan d'enfer, Renaud se livre beaucoup plus que de coutume. C'est un homme qui pleure ses amours, sans oublier ses colères, ses reparties. Plus nombriliste qu'altruiste, avoue-t-il. La chanson titre donne le ton : « On reconnaît le bonheur, paraît-il, au bruit qu'il fait quand il s'en va... Le mien s'en est allé hier après vingt berges de sous mon toit. » Renaud explique qu'il vit plutôt caché, qu'un cœur perdu bat dans sa poitrine et que ceux qui s'aiment peuvent sembler « mal barrés » aux yeux du nouveau quinquagénaire qui fit ses débuts dans la cour de la Sorbonne, en 1968. Renaud est un fidèle sous des allures de rebelle. Pour autant son expérience est-elle transposable ? Un petit portrait au vitriol de Bernard-Henri Lévy, cible facile, et Renaud cultive son esprit de contradiction habituel. Le chanteur est duel, double, partagé entre celui qui pique et celui qui touche. Docteur Renaud, Mister Renard met en scène, sur le mode adopté par Serge Gainsbourg, celui qui peut afficher des sentiments contraires. Celui qui a écrit en 1985 Ethiopie pour chanteurs sans frontières n'oublie pas totalement le monde qui tourne mal. Il apparaît moins manichéen que d'ordinaire. La chanson Manhattan-Kaboul, en duo avec Axelle Red, est une réussite. L'écriture de Renaud est bien vivante. Elle a vu le loup évoque en termes justes les appréhensions d'un père, alors que son enfant aborde la vie d'adulte. Plus faciles sont en revanche les évocations du chien du président Mitterrand privé de funérailles. Renaud est un fidèle sous des allures de rebelle. Comme l'exprime aussi la chanson dédiée au leader corse, François Santoni. Les amis sont très présents dans ce Boucan d'enfer. Pour preuve la magnifique pochette que lui a dessinée le marin Titou Lamazou. Après la tempête en haute mer, Renaud annonce qu'il retournera peut-être bientôt pêcher en Auvergne avec le matériel offert par l'écrivain René Fallet, grand ami de Brassens. Après avoir donné sa langue au chagrin, le chanteur goûte à des rives plus calmes. Robert MIGLIORINI 50 « balais » et une Victoire Renaud compte vingt-sept ans de carrière derrière lui, 12 albums studio et six albums live. Il a vendu 12 millions d'albums, dont 1,5 millions pour Morgane de toi, en 1983, et Mistral gagnant deux ans après. Début 1981, il s'était fait remarquer avec Viens chez moi j'habite chez une copine, pour le film de Patrice Leconte. En 1993, il enregistre un album Renaud Cante el' Nord, après avoir tourné dans le film de Claude Berri Germinal, d'après Emile Zola. Il prépare actuellement son retour au cinéma dans une comédie policière Crime spree (La spirale du crime) avec Gérard Depardieu, Johnny Hallyday et Harvey Keitel. Une compilation, The very best of Renaud, est sortie chez Virgin. En 1996, il enregistre « Renaud chante Brassens ». En 2001, Renaud obtient une victoire d'honneur pour l'ensemble de son ½uvre. Boucan d'enfer, le nouvel album, est sorti ce mardi chez Ceci-cela/Virgin. 250 000 exemplaires sont mis en place. Un livre, Bouquin d'enfer (1) doit paraître le 5 juin aux Editions du Rocher. Les chansons sont disponibles aux Editions Albin Michel et dans le Livre de Poche. Une tournée nationale démarrera en décembre, avec, le 19, un concert au Zénith de Paris et 120 autres concerts. Plusieurs émissions spéciales sont prévues à la télévision : notamment ce samedi sur Canal Jimmy à 21 heures et le dimanche 23 juin sur France 2, dans l'émission de Michel Drucker. Plusieurs sites Internet sont consacrés à Renaud. Parmi les plus complets : www.sharedsite.com/hlm-de-renaud et www.renaud-le-renard.com. R.M. (1) Editions du Rocher, 216 pages, 17 Euros.
    • Album Boucan d'Enfer
    • Une guitare, un piano et Renaud
    • Chanson L'entarté
    • Bernard Henry Lévy
    • Chanson Docteur Renaud, Mister Renard
    • Album "Chanteurs pour l'Ethiopie"
    • Chanson Manhattan-Kaboul
    • Chanson Elle a vu le loup
    • Chanson Baltique
    • François Santoni

24 juillet 2002

Merci à Laure.

Ouest-France
  • 28 avril 2002, Renaud et Bruel haussent la voix > Ouest-France du 27 avril 2002 Renaud et Bruel haussent la voix Le premier votera blanc. Le second n'hésite pas : ce sera Chirac. « Je suis effondré et je me sens responsable, car si on m'avait dit que Jospin arriverait derrière Le Pen, j'aurais voté pour lui. Meme si je trouve que Jospin manque de charisme et qu'il a mené une politique sans ambition . » Le chanteur Renaud reste un nostalgique de Mitterrand « Je suis un incorrigible tonton maniaque, précise t-il, tout en ayant la fibre écolo depuis plus de 15 ans. Au premier tour, j'ai voté Mamere » Et au second que fera t-il ? « Je voterai blanc. Je vais laisser la droite républicaine se battre contre l'extrême droite… » Les temps ont changé. Renaud, chanteur énervé et anar engagé des années 80, a mis de l'eau dans son vin « je suis devenu plus désillusionné et désabusé » Il chantera à sa manière sur son prochain album Boucan d'enfer, qui sortira le 28 mai : « Bouger mon cul, m'engager c'est pas d'main que vous m'y reprendrez » « ...Les pétitions c'est plutôt bien mais vous n'y verrez plus mon blaze. » Cependant, lui qui est né et a grandi dans une famille de gauche, dit avoir vécu, dimanche soir, « comme un tremblement de terre. C'est la honte pour la France ... » Le vote pour Le Pen le trouble. Il pressent que les artistes devraient peut être se bouger : « Je vais téléphoner à Bruel pour lui demander s'il pense organiser quelque chose. ». Dimanche dernier, 20 heures, devant la télévision, Renaud est, comme des millions de Français, `effondré, effondré pour la gauche, pour la France, pour l'Europe, pour la démocratie'. Lui qui, à 16 ans en 1968, a fait les barricades, n'en revient pas encore du séisme. Sans renier son choix - Noël Mamère -, le chanteur estime faire partie des gens qui ont dispersé leurs votes au premier tour : `Si les sondages avaient marqué plus précisément le danger en montrant Le Pen et Jospin au coude à coude, j'aurais évidemment voté pour faire barrage à l'extrême droite. Tout le monde pensait que Le Pen plafonnerait à 10-12 pc comme d'habitude...' Pointant du doigt l'abstention, il invoque aussi la malchance, le fait que les vacances scolaires ont tenu beaucoup de gens éloignés de leurs bureaux de vote. Mais une chose est sûre : `Les électeurs de Le Pen, eux, ne s'abstiennent pas, jamais !' Plus généralement, Renaud voit dans le désintérêt pour la politique le signe de la désillusion : `Les gens ne voient rien changer dans leur vie quotidienne, ils sont perdus, ne croient plus à la gauche ni à toutes ces promesses ; ils ont été trop souvent trahis et déçus.' Des déçus dont il fait partie, et un plébiscite pour Chirac au second tour ne l'amuse pas non plus : `Je laisserai la droite et l'extrême droite se battre entre elles, mais je ne pense pas que j'irai voter pour Chirac. C'est au-dessus de mes forces.' Sauf s'il y avait un réel danger... Même déçu, il se rejouit des jeunes qui manifestent leur mécontentement dans la rue, eux qui, pour la plupart, ne se sont jamais intéressés à la politique. Sa fille de 20 ans y était, et lui ? `C'est plus de mon âge. Je suis bien trop désillusionné pour aller gueuler sous des banderoles.'
    • Politique
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    • Album Boucan d'Enfer
    • Patrick Bruel
Télé 7 Jours
  • ?-?-02, Renaud, sept ans de réflexion > Télé 7 Jours de 2002 Renaud, sept ans de réflexion Le spleen ne l'a pas vaincu. Une « grosse fatigue » l'avait conduit à déserter la chanson française. « Mister Renard is back ». Le Renaud nouveau est arrive. Après sept années passées à bouder, à tourner en rond, le Gavroche de la chanson re-pointe le bout de son insolence. Victoire sur le silence, Boucan d'enfer (Virgin), son nouvel album, sort le 27 mai, comme une résurrection. Son complice de tous les jours, le compositeur-guitariste-arrangeur Jean-Pierre Bucolo, son « Titi » à lui – celui pour qui il écrivit la mère à Titi - a su comment manœuvrer cette forte tête.. et dire que ce petit-fils d'anarcho-syndicaliste, pourfendeur du monde bourgeois, ne voulait plus sortir de sa tanière. « Mes amis m'appellent Renard » Même le vent de la révolte ne le faisait plus frissonner. Le blues avait eu raison de sa gouaille, de son inimitable phrasé et de ses bons mots. « Cinq ans sans écrire une ligne », s'excuse-t-il. Histoire de lui faire oublier le spleen, Bucolo, l'ami musicien, réussit à l'entraîner dans une tournée acoustique de 350 dates où 250 000 personnes sont venues redécouvrir une œuvre brute. L'envie est revenue. Et, avec elle, cette inspiration volatile qui lui a soufflé parfois des morceaux d'anthologie comme Laisse Béton, En cloque, I love You Because You Are. En ouverture de son nouvel opus, à la façon de Gainsbourg, il se dédouble, jouant sur les facettes de son personnage : « Docteur Renaud, Mister Renard ». « Renaud ne m'appartient plus. Mes amis m'appellent Renard. C'est un personnage que j'aime bien. Comme Zorro. » Avec certains de ses textes jetés en un quart d'heure sur un paquet de cigarettes, le garçon à la « chetron sauvage » a presque troublé les relations diplomatiques avec le Royaume-Uni à cause de Madame Tatcher. « Il m'est arrivé d'être touché par la grâce. Ma main est guidée par une puissance supérieure. Les mots coulent comme de l'eau. » Georges Brassens, sa bonne étoile Cette fois, c'est un pari, au détour d'un bistrot, qui parvient à le faire sortir du tunnel. Boucan d'enfer se trame en dix jours. Les chansons se sont succédé comme par enchantement. « J'ai toujours aimé, dit-il, faire des portraits des petites gens. Je suis touché par leurs problèmes. » Après Dédé, Pierrot, La Teigne, Mon Beauf, le premier de la nouvelle galerie de personnage est Petit pédé. C'est lui qui entraînera la suite joyeuse avec, notamment, Manhattan-Kaboul, en duo avec Axelle Red. C'est à lui qu'il confie, sans ironie, « Seul l'amour guérit de tous les maux ». L'artiste, qui attaque sur tous les fronts, même celui du 7ième art, est parti à Toronto pour jouer dans la Spirale du Crime, une comédie policière. Et rejoindra Gérard Depardieu, Johnny Hallyday et Harvey Keitel sur le tournage de Brad Mirman. Pendant toute cette traversée périlleuse, il n'a pas oublié son maître, Georges Brassens, qui fut toujours sa bonne étoile. « J'ai eu le privilège de le rencontrer. Il m'a dit que mes textes étaient bien construits », se souvient-il. Et il ne peut s'empêcher de l'imaginer, au-dessus de son épaule, relisant sa copie. Catherine Delmas
    • Album Boucan d'Enfer
    • Jean-Pierre Bucolo
    • Une guitare, un piano et Renaud
    • Georges Brassens
Le Vif, l'express
  • 24 mai 2002, Marche à l'eau > Le Vif, l'express du 24 mai 2002 Marche à l'eau Après des années de cuites à l'ombre, Renaud a lâché la dive bouteille. Il ne carbure plus au Pernod, et, sur la création pure, met le turbo. Tournage d'un film à gros budget, roman sur le feu et sortie de Boucan d'enfer, l'opus qui narre son supplice aux relents de pastis. Un vilain jour de rupture sentimentale, Renaud, l'amateur de bistrots pas encore ivrogne, a noyé son chagrin dans un pastis serré. Mister Séchan (son vrai nom), le gosier asséché s'est ainsi anesthésié. Immergé dans les flots alcoolisés, il a gonflé et s'est abîmé. Aujourd'hui, Renard, l'ex-assoiffé, fait figure de miraculé. Réhydraté, il dit adieu ou presque à la dive bouteille. Après un silence de sept ans, date de son dernier album. Belle de mai, le revoici sous les spotlights. Avant de s'envoler pour le Canada où il tourne en ce moment Crime Spree. Une grosse production de Brad Mirman (avec Gérard Depardieu, Harvey Keitel. Richard Bohringer et Johnny Hallyday). Il enchaînait les séances promo, enregistrait un clip avec Olivier Dahan (réalisateur du Petit Poucet et de Déjà mort et maître d'oeuvre des vidéos des Cranberries),et jouait les invités d'honneur chez Drucker (une émission diffusée le 23 juin). Sans oublier les préparatifs pour la tournée qui prendra feu en décembre prochain. Il y entonnera Boucan d'enfer, son dernier ouvrage, qu'il sort ce 28 mai. Du Renaud rond dans la bouche et âpre au palais. Le « titi » d'antan chantre des HLM à la Franck Margerin, reçoit à La Closerie des Lilas. Une brasserie de Montparnasse, à Paris, où il fait frais à souhait. Un QG gentiment aseptisé où « Monsieur Renaud », comme l'appellent les serveurs qui le traitent en seigneur, a ses habitudes. Un seigneur pas imbuvable, loin de là. L'hôte des lieux est assis à ce que l'on imagine être sa table favorite. Deux ou trois mèches gracieusement peroxydées plongent vers le visage baissé. Il relève la tête et affiche 50 ans tout ronds. Des pattes d'oie de bon aloi encadrent le regard oblique, mais pas fuyant. Il tremble un peu, boit beaucoup d'eau, arbore l'impérissable perfecto. Fume comme un sapeur et crachote sa gouaille, sauvage et contrôlée. Très vite, il aborde la question du sacré breuvage et de la schizophrénie assortie. Dédoublement de personnalité gracieusement décrit, avec le charme d'un hymne un peu sale, un peu rauque dans Docteur Renaud, Mister Renard. Le second incarne cet anar qui ne cille plus devant les soucis de la terre. « Renard, désabusé, se marre, se contrefout de ce bazar. Le monde peut crever bientôt, Renard s'en réjouirait plutôt. (...) Se moque du tiers comme du quart, des engagements les plus beaux. » Renaud pèse ses mots, les mâche parfois. Il prend un plaisir vaguement complaisant à relater les symptômes triviaux de ses frasques arrosées. « Le Boucan, c'est une époque de ma vie. Cinq ans pendant lesquels les muses m'avaient déserté. Quand je ne travaille pas, je m'étiole, je me penche sur mon nombril et je flippe. » II se désintégrait, en public et à petit feu. « Je n'ai jamais été suicidaire, mais là, j'ai vécu quelques années d'autodestruction consciente. En me levant le matin, je buvais un triple pastis. J'étais dans un triste état, bouffi d'alcool. J'avais les cordes vocales altérées, des problèmes neurologiques et hépatiques. Je ne m'aimais pas moi-même, je ne supportais pas qu'on puisse m'aimer. Et puis, je suis allé faire une énième cure de désintoxication dans une petite "clinique psychiatrique". J'y ai bu de l'eau pendant dix jours et ça a suffi. » Son accoutumance est officiellement résiliée depuis janvier. Dans son nouvel album, Renaud aborde de bonne grâce l'amour toujours et les grands thèmes de société. Boucan d'enfer ne fait pas exception à la règle. Dans Petit pédé, il évoque l'homosexualité, jugeant logique d'arborer, s'il le faut, une étiquette pour faire entendre sa voix. « 30% des jeunes de 25 ans qui se suicident le font pour une homosexualité non assumée ou mal assumée. » Quid de l'adoption par les couples homos ? « Là je ne sais pas, je suis partagé. » Avec Manhattan-Kaboul, un duo avec Axelle Red « Dès que j'ai écrit ce texte qui se prêtait à une voix féminine, j'ai pensé à elle. C'est ma chanteuse francophone préférée. », il évoque ces êtres innocents des deux camps, « pulvérisés sur l'autel de la violence éternelle ». Face aux attentats du 11 septembre, il était, dit-il « atterré, comme la moitié de la planète ». « J'ai l'impression que ces événements ont quelque part profité à l'industrie pétrolière et militaire américaine. En fait, la théorie du complot ne me paraît pas tout à fait absurde. » Dans Je vis caché « Loin des projos, loin des télés. Et des animateurs blaireaux, de ces crétins dégénérés, friqués, coiffés comme des proxos. », il descend le petit écran et le monde également virtuel du show-biz. Téléphage, mais point trop n'en faut, Renaud avoue déguster la télé « une heure par jour maximum. Je suis le foot ou le rugby. Mais je ne vais plus au stade comme par le passé ». Parmi les phénomènes au goût du jour qui trouvent le moins grâce à ses yeux, pour utiliser un verbe châtié, il y a la télé-poubelle, comme « les phénomènes StarAcademy et Popstars... Ces petites vedettes de rien du tout fabriquées en un mois par le marketing. Et puis, je déteste la nouvelle variété avec ces soi-disant grandes voix de la chanson, cette vague des Céline Dion, Boulez, Séguara... Mais j'aime bien Manu Tchao ou Lynda Lemay. Du côté des Anglo-Saxons, j'ai découvert un album formidable que j'écoute en boucle, c'est le dernier Marianne Faithfull ». Dans Baltique, il salue bien bas le labrador de François Mitterrand, sa tendresse de dogue maté (« Un jour pourtant je le sais bien, Dieu reconnaîtra les chiens... »). L'histoire d'un pauvre être qui aimait son maître et se voit refoulé à l'entrée du cimetière lors des obsèques du patron. N'y voir aucun hommage mal camouflé à l'homme d'Etat, même si, Renaud l'avoue, il l'aimait bien, François. « La chanson dit mon émotion devant l'amour des animaux. J'avais été frappé par l'image de ce pauvre chien interdit d'église à Jarnac, qui était resté tout seul sous la pluie. Quant à Mitterrand, je l'ai combattu parfois mais je l'ai toujours aimé. Et je le défends d'autant plus maintenant que certains s'acharnent sur sa dépouille et sa mémoire. » En revanche, il aime manifestement moins l'entarté, ce philosophe à chemise blanche et indéniable arrogance. Bernard-Henri Lévy au hit-parade des gens honnis ? « Non, ce n'est pas un ennemi redoutable. C'est un garçon que je trouve suffisant, envahissant, pontifiant, manichéen... Voulant imposer son prêt-à-penser à tout prix ou, comme disait Coluche, "avoir un avis sur tout mais surtout un avis ". Mais bon, la chanson est suffisamment vacharde pour que j'en rajoute une couche ! » De la bande à Coluche, il a conservé des vestiges et, bien plus, des amitiés « vintage ». « Je croise souvent Jugnot avec qui je suis pote. Parfois aussi Michel Blanc, Josiane Balasko, Dominique Lavanant... Ou Martin Lamotte, qui fait beaucoup de théâtre. Ils ont mûri, bien sûr, mais ils travaillent toujours bien. » Dans Mon bistrot préféré, Renaud énumère les hommes de sa vie, ceux qui « peuplent sa mémoire » : Brassens et Brel, Ferré et Trenet, Verlaine et Rimbaud, Villon et Vian, Coluche et Reiser, Pagnol et Chabrol... Il y a aussi Desproges, qui l'initia au golf dans le plus strict incognito. Renaud, conquis, dédicacera plus tard une préface inspirée aux fameux « fonds de tiroir » du grand Pierre. Dans ce listing de fabuleuses pointures, il n'y a pas, si l'on ose dire, femme qui vive, à part Duras. « J'en ai oublié quelques autres, Barbara, Edith Piaf... Mais c'est vrai qu'elles sont plus rares. » Renaud entretient l'émotion, même infime, à partir, parfois, de réalités ténues, comme ces détails que l'on retrouve dans Mon Nain de jardin, un hymne modeste et poignant. Loin de la parodie grinçante, il défend les gnomes de gazon, décrit leurs petits vêtements. « Pendant des mois j'ai vu un soi-disant Comité de libération des nains de jardin revendiquer le vol de nains. J'ai d'abord ri et puis je me suis mis à la place du petit vieux à qui on vole son trésor. » Cet été, Renaud devrait boucler « son livre » qui cherche encore un éditeur. Une autobiographie romancée, la « chronique des années noires dans ce bistrot parisien, à travers le regard des copains ». Magasinier, bouquiniste, mécano, le poulbot a aligné en son temps les petits travaux. S'il devait impérativement abandonner la rengaine du poète, quel serait son créneau ? « La poterie et le modelage. Du modelage, j'en ai fait beaucoup ; la poterie, j'ai essayé de m'y initier, c'est difficile. » Et à sa carrière, que changerait-il donc, si c'était à refaire ? « Pas grand-chose, franchement. Je n'ai jamais subi d'échec cuisant. » Emmanuelle Jowa
    • Album Boucan d'Enfer

17 juillet 2002

Merci Lola.

Dauphiné Libéré
  • 13 juillet 2002, L'écorché vit > Dauphiné Libéré du 13 Juillet 2002 Edition Bourgoin Jallieu & Ville Nouvelle Dernière de couverture (3 articles différents) Renaud : Son nouvel album, "Boucan d'enfer", fait un tabac. Rencontre L'écorché vit L'inspiration en berne, l'auteur de "Mistral gagnant" s'était muré dans le silence. Un coeur brisé et une lente chute dépressive avaient signé un quasi-arrêt de mort artistique. Thérapie intimiste, son dernier disque le ramène sur le devant de la chanson. Quand Renaud se raconte... Posé à "La Closerie des Lilas", brasserie parisienne bon ton où Renaud a pris ses habitudes, il est resté fidèle aux santiags et aux mèches blondes. Réminiscence de ses années noires : la permanence d'un apéritif anisé devant lui... "S'assoir sur un banc, cinq minutes avec toi et regarder le soleil tant qu'y en a". Le soleil n'avait plus rendez-vous avec la une. Le regard noyé dans un verre, puis un autre et encore un autre... Renaud s'était éclipsé, il avait laissé gagner Renard. Raccourci clin d'oeil à Gainsbourg-Gainsbarre qui ouvre Boucan d'enfer son nouvel album. Chanson exutoire, celle qui raconte tout. Mieux que toutes ces questions sur une dépression, une séparation et une abstention discographique. De huit ans, interrompue brièvement par un hommage à Brassens. En ballotage défavorable, il avait la défaveur des versatiles sondages d'opinion. Déjà mort. Une Victoire de la musique "posthume" dit-il en plaisantant, en guise de couronne de fleurs. Demain, peut-être une nouvelle Victoire en forme de revanche. Boucan d'enfer transpire de ce mal être qu'il avait tenté de cacher derrière quelques pâles retours. Un tour de France "Une guitare, un piano et Renaud" avait donné, il y a deux ans, l'image d'un homme au bord du précipice. "J'étais bouffi d'alcool, j'avais pris quinze kilos, je n'étais pas beau à voir. Mes performances vocales étaient altérées par l'abus d'alcool et de tabac. Cette tournée qui n'aurait dû être que du bonheur a été une épreuve. Heureusement, la fidelité du public et son indulgence à mon égard m'ont réconforté. Ils aiment bien mon personnage, ma dégaine, mes chansons même si je les massacrais..." lâche-t-il. Dès que le vent soufflera, nous repartirons. Persuadé par un ami, il a tenté le pari sur un titre. Les autres ont suivi, inspiration ranimée. La vie artistique semble reprendre son cours. Puis, le cinéma l'a sollicité. "Ca a été une belle aventure avec des gens formidables, Johnny Hallyday, Gérard Depardieu, Harvey Keitel et un très bon réalisateur. Il m'a fait un rôle sur mesure : pas trop de dialogues, pas trop à faire mes preuves de comédien..." Le rebelle cinquantenaire a rangé ses combats dans la boîte aux souvenirs. "Après le 21 avril, j'ai laissé ma fille de 20 ans aller manifester pour moi. Et puis il y a Zebda ou Noir Désir qui ont repris le flambeau du militantisme. Je leur laisse la place volontiers". Boucan d'enfer. Concert médiatique de louanges et de bonheur devant le chanteur retrouvé. Mais Renaud a-t-il vraiment vaincu Renard ? Vous parlez de "La Closerie des Lilas", ce lieu où vous étiez jour et nuit comme de votre abreuvoir, votre assomoir. Vous n'avez pas eu envie de partir loin d'ici pour redémarrer plus sainement ? - C'est ma vie les bistrots. J'ai toujours vécu dans les bistrots. J'ai du mal à m'en sortir. Quand je m'en échappais, c'était pour aller en clinique de désintoxication, après plusieurs tentatives infructueuses de décrocher de "la bibine". La dernière a été la bonne. J'ai tenu quelques mois au Vittel, et puis là je suis en train de repiquer un peu. J'ai du pmal à accepter le bonheur, à chaque fois il faut que je le détruise. Enfin, je ne suis pas dans le même état qu'il y a six mois... Comment avez-vous accueilli l'unanimité autour de votre album dès sa sortie ? - A la sortie de l'album, j'étais en pleine forme. D'ailleurs, j'étais à Toronto pour le tournage du film. J'avais, par téléphone, la cadence des ventes. J'étais halluciné par le succès du disque. Je suis rentré à Paris, j'ai fait un peu de promo. Cela a quand même mis près de huit ans à voir le jour... Aujourd'hui, vous devez de nouveau vous découvrir face aux médias. Exercice délicat quand on est resté caché pendant si longtemps ? - Là, je suis moins caché que le reste du temps. Je suis même dans la lumière. On me voit beaucoup dans les journeaux, moins à la télé. C'est un passage obligé. J'y prends du plaisir quand j'arrive à me voir sur un état de contrôle. Il y eut une époque de ma vie où je me trouvais tellement peu regardable que je n'avais pas envie qu'on me voit. La chanson déclic de cet album a été "Petit pédé"", traitant de l'homosexualité. Un thème que vous n'arriviez pas à aborder. Il y en a d'autres ? - C'est vrai, il y avait ce thème là. J'avais peur de réaliser avec Charles Aznavour et sa chanson "Comme ils disent" et de faire moins bien. Finalement, j'ai réussi à le traiter. J'aime bien parler des minorités. Cela en reste une... Vous pensez déjà aux prochaines chansons ? - Chaque album naît un peu plus dans la douleur. Je suis déjà en train d'y gamberger. Plus on écrit, plus on a envie d'écrire. Je finis pour cet été des chroniques très humour noir sur mes années difficiles. Ca devrait sortir en septembre-octobre... Vous aviez promis d'arrêter de fumer en mai, le jour de vos cinquante ans, ainsi que de boire. Où en êtes-vous ? - J'ai arrêté dix minutes de fumer. J'ai réussi à prendre un café sans fumer, puis c'est reparti. Au lieu de m'arrêter le jour de mes 50 ans, je le ferai l'année de mes 50 ans... concernant la boisson, avec l'activité professionnelle qui redémarre, j'ai besoin d"un "booster". J'ai remis un peu le nez dedans avec modération. D'un litre par jour, je suis passé à trois ou quatre verres. Tout est sous contrôle. José Bové semble être l'un des rares hommes publics qui trouve grâce à vos yeux. Il est fini le temps des idoles ? - José Bové, il se gâche parfois quand il va dévoyer son magnifique discours dans des émissions de "variétoche". Il n'est pas à sa place chez Christine Bravo, plutôt dans un débat politique. Il n'y a plus grand monde qui me séduit. Je n'ai plus d'idole, plus de dieu, plus de maîtres à penser. Je n'ai plus de Che Guevara. Si, il reste le sous-commandant Marcos... Votre frère, Thierry Séchan, vous a consacré un abécédaire (1). Le contenu vous plaît ? - J'ai trouvé ça moyen. Il y a quelques passages qui m'énervent. Par exemple, plusieurs fois, il reprend mes interviews où je parle de ventes de disques, à l'époque de "Putain de Camion" ou quand j'avais renoncé aux médias, où j'avais vendu 600 000 disques au lieu d'un million... Il me fait tenir des propos de commerçant plutôt que d'artiste. Sinon, c'est un bouquin pour les fans. A chaque interview, on revient sur ces années de galère. N'est-ce pas un exercice inutile et presque commercial ? - C'est un peu chaint de rabâcher les années noires, la dépression, les cures de désintoxication. Je n'aime pas trop me répandre sur moi-même. Il me semble que l'album se suffit. Propos recueillis par Luis Pédro. (1) Bouquin d'enfer, de Thierry Séchan (Editions du Rocher) L'intégrale Renaud 1975 : Amoureux de Paname (polydor) ; 1977 : Laisse béton (Polydor) ; 1978 : Ma gonzesse (Polydor) ; 1980 : Marche à l'ombre (Polydor) ; 1980 : Live à Bobino (Polydor) ; 1981 : Le p'tit bal du samedi soir et autres chansons réalistes (Polydor) ; 1981 : Le retour de Gérard Lambert (Polydor) ; 1982 : Un Olympia pour moi tout seul (Polydor) ; 1983 : Morgane de toi (Polydor) ; 1985 : Mistral gagnant (Virgin) ; 1988 : Putain d'camion (Virgin) ; 1989 : Visage pâle rencontrer Public (Virgin) ; 1991 : Marchand de cailloux (Virgin) ; 1993 : Renaud cante el'Nord (Virgin) ; 1994 : A la belle de mai (Virgin) ; 1995 : Renaud chante Brassens (Virgin) ; 1995 : Zénith 86 (Virgin) ; 1995 : Les introuvables 1980-1995 (Virgin) ; 2002 : Boucan d'enfer (Virgin) Retour d'enfer "Les gens pensent que c'est un album nombriliste où je parle plus de moi que du monde. C'est un disque de transition, d'un homme de cinquante balais qui se penche un peu sur son nombril et ses petits chagrins". Renaud ne s'est pas voilé la face. Boucan d'enfer était d'abord là pour conter des années de galère. Docteur Renaud, Mister Renard, Je vis caché, Coeur perdu ou encore Tout arrêter, autant d'instantanés malheureux d'une existence fortement chamboulée. Pourtant, au détour d'un titre, L'Entarté, il retrouve sa verve d'antan et épingle Bernard-Henri Lévy. Ce monde de cinglés lui inspire aussi quelques refrains. Il revient ainsi sur l'incontournable 11 septembre avec Manhattan-Kaboul, accompagné par Axelle Red. "C'est ma chanteuse préferée. J'aime beaucoup sa voix, sa sensibilité, son swing. Son côté rock et enfantin. Il y a aussi Alizée, que j'adore, mais elle est peut-être trop jeune pour chanter des paroles aussi graves..." avoue-t-il. Plus loin, Baltique, le labrador de François Mitterrand a droit de cité. L'ancien "voyou" au bandana rouge reste perplexe devant l'insécurité, la traitant avec ironie dans Mon nain de jardin : "Que les voleurs, c'est malheureux / Volent toujours à plus pauvre qu'eux". L'énergie des débuts n'est plus, le désabusé a fait place. Exit Germaine ou Ma gonzesse ; l'amour s'est barré, il a fait un Boucan d'enfer. De toute façon, "Le bonheur reste toujours / L'affaire de quelques jours / Pas d'une vie entière". Reste le père prévenant avertissant sa fille des dangers de la première fois avec Elle a vu le loup. Parfaitement illustré par Titouan Lamazou, navigateur et dessinateur, "une rencontre de bistrot", Boucan d'enfer a véritablement regonflé les voiles d'un rafiot désespérément ralenti. Jean-pierre Bucolo et Alain Lanty ont bien tenu la barre accompagnant leur ami dans la composition, lui qui ne veut pas s'épancher sur ses cordes. "Je ne mets plus trop les doigts sur la guitare. Je suis arrivé à un niveau de méconnaissance de cet instrument. Je sature, j'ai délégué à des meilleurs que moi..." Dans son esprit tournent continuellement des envies de rendre hommage à tous ceux qu'il cite dans Mon bistrot préféré. ceux qui lui rappellent le temps du bonheur : "Entre deux albums d'auteur-compositeur, j'aime bien faire un album d'interprète. Comme j'ai fait avec les ch'timis ou avec Georges Brassens. Ce sera peut-être Boby Lapointe, Georges Dimey..." Avant, il repassera par la scène, dès le mois de décembre, impatient de rendre au centuple la monnaie à la patience de son public. Prouver par l'image et le son que Renaud est toujours là. "J'ai très hâte. J'espère d'ici là avoir retrouvé mes cordes vocales...". L.P. "Boucan d'enfer" (Virgin) En concert dans la région l'hiver prochain : le 12 décembre à la Halle des expositions à Annecy,le 14 au Summum à Grenoble,le 13 février au Parc des expositions à Bourg-en-Bresse,et le 15 à la Halle polyvalente de Valence.
    • Album Boucan d'Enfer
    • La Closerie des Lilas
    • Une guitare, un piano et Renaud
    • Cinéma Wanted Crim Spree
    • Zebda
    • Noir Désir
    • Vie Alcool
    • Relations avec les médias
    • Chanson Petit pédé
    • Charles Aznavour
Entrevue
  • 1er juillet 2002, Docteur Renaud, Mister Pétard > Entrevue N° 120 - Spécial 10 ans - Juillet 2002 Page 12 - Rubrique Télézap (A la TV, tout peut arriver. Entrevue passe tout en revue. Par Gilles Béthoux) Emission " + de cinéma" sur Canal + Docteur Renaud, Mister Pétard Renaud (à propos du comportement de Gérard Depardieu, lors d'un tournage) : Il me met à l'aise. Quand il pète à tour de bras juste avant la prise ou après la prise, ça met une ambiane de "déconnade" qui est plutôt rassurante. Mensuel : Entrevue N° 120 - Spécial 10 ans - Juillet 2002 Page 36 - Rubrique "Ils ont dit ils ont menti" (En 1992, les stars se lâchent. En 2002, Entrevue guette la contradiction.) Il a dit Renaud : "Dans 10 ans, j'aurai tourné la page de la chanson". Télérama - fevrier 1992 Il a menti Renaud : "Chanteur, je le serai à vie" France 2 - juin 2002
    • Gérard Depardieu
    • Cinéma Wanted Crim Spree
    • Album Boucan d'Enfer
VSD
  • 10 juillet 2002, Chanson - Renaud > VSD N° 1297 du 4 au 10 juillet 2002 Article page 84 - Rubrique "Disques" Chanson - Renaud Après des années noyées dans le pastis, Renaud a surmonté son chagrin et repris le chemin des studios. Résultat ? l'un des plus beaux albums. En pleine possession de son art, il se livre à un travail introspectif émouvant aux larmes, où chaque mot touche au coeur. Le combattant de toutes les causes est sorti vainqueur de sa guérilla intime. Merci O. Bo. "Boucan d'enfer" (Virgin).
    • Album Boucan d'Enfer

16 juillet 2002

Articles trouvés sur le net en tapant "Renaud renard Virgin" dans Google. L'article du Devoir mentionne un article paru le lendemain du concert du spectrum signé de Sylvain Cormier. Cet article est absent du kiosque. Merci à Vincent, Gino.

Le Devoir
  • 1er juin 2002, Docteur Renaud a survécu à Mister Renard > Le Devoir du 1er juin 2002 Docteur Renaud a survécu à Mister Renard Sylvain Cormier Édition du samedi 1er et du dimanche 2 juin 2002 Mots clés : Montréal, Musique, renaud, chanson La dernière visite du chanteur énervant avait laissé un drôle de goût en bouche. Depuis ce triste spectacle de janvier 2001 qui laissait redouter le pire pour l'homme comme pour la suite de l'oeuvre, Renaud a émergé du Ricard et de sa peine d'amour, puis a confronté ses démons en un album-exutoire, Boucan d'enfer, qui fait un sacré bien par où il passe. Et voilà Renaud qui fait l'acteur à Toronto et en profite pour reparler aux journaux. Source Disques Virgin La relationniste de Virgin m'a pris de court. Une entrevue avec Renaud ? Bien sûr, je voulais. Et lui voulait aussi ? Ah. Occupé à jouer le «tueur silencieux et taciturne» aux côtés des Gérard Depardieu, Harvey Keitel et Johnny Hallyday dans le film Crime Spree, «on location» ces jours derniers à Toronto, je le croyais tout aussi motus et bouche cousue envers ce qu'il appelle dans la chanson Tout arrêter de son nouveau disque Boucan d'enfer les «journaleux». D'autant que les «journaleux» d'ici, moi compris, l'avaient passablement éreinté à son dernier passage en ville. Personne ne l'a oublié, c'était en janvier 2001 au Spectrum : un premier soir pathétique où Renaud, bourré, bouffi, étouffé, n'avait même pas été l'ombre de son ombre mais plutôt, comme chantait Brel, l'ombre de son chien. Tristes, malheureux pour lui plus que pour eux-mêmes, ses fans l'avaient ovationné quand même. Pour services rendus, avais-je titré. Texte lourd de peine et de déception. «C'est vous qui aviez écrit ce magnifique article à propos du spectacle à Québec ?», lâche-t-il au bout du fil, sans ironie, une bonne humeur dans le ton. Eh non. Moi, c'était l'article triste. Au lendemain du Spectrum. «Ah la la», l'entends-je soupirer, mesurant sa méprise. «C'était pas vous ?» Hélas non. Et Renaud d'accuser le coup. «Ben oui, j'étais dans un triste état. Alcoolique.» Oui, il se souvient des mélodies qu'il tentait obstinément d'épouser, malgré son registre diminué. «Avec trois paquets de cigarettes et un litre de pastis par jour, j'avais des performances vocales qui étaient très, très altérées. Mon public était indulgent. Vraiment, j'avais du mal.» Une thérapie qui fait du bruit Et pas seulement du mal à chanter. Du mal en dedans. Tellement de mal que ça se voyait dans son corps, ça s'entendait dans son souffle court. «J'étais pas bien, résume-t-il. J'ai été pendant plusieurs années en profonde dépression. Je me suis séparé de ma femme, je me suis détruit à l'alcool. J'avais plus envie de travailler, de monter sur scène, plus envie d'être aimé parce que je ne m'aimais plus moi-même. Pendant cinq ans, je n'ai pas écrit une chanson, une ligne, un mot. J'étais au bord de la retraite. Une retraite anticipée.» À deux doigts de «tout arrêter», admet-il. Il n'y a qu'à écouter Boucan d'enfer pour s'en convaincre : tout y est, la peine d'amour comme peine de mort, la «désabusion» au sens où le regretté Nino Ferrer avait inventé le mot. «Coeur en miettes, en détresse / En compote / En morceaux, en lambeaux / Au fond des bottesÉ », décrit-il sur fond de piano triste dans Coeur perdu. «Tout arrêter, terminé ! finies les chansonnettes, ma voix enfumée / Le troubadour est fatigué / Mais jamais j'arrêterai de t'aimer», claironne-t-il dans Tout arrêter. «On r'connaît le bonheur, paraît-il / Au bruit qu'il fait quand il s'en va / C'était pas l'dernier des imbéciles / C'lui qui a dit ça», ironise-t-il dans la chanson-titre. Album thérapeutique, donc ? «Ah oui, absolument. Je me suis disséqué moi-même. Tout a sorti.» S'il est parvenu à s'extirper de la cage thoracique le premier mot de la première ligne de sa première nouvelle chanson en cinq ans, c'est par défi. Et par soif. «Je sortais d'une p'tite cure de désintoxication dans une p'tite clinique, j'étais depuis huit jours sans boire et j'avais très mal, raconte-t-il. L'alcool est une drogue dure, j'étais en manque.» Au bistrot, un pote lui tend la perche : s'il écrit là, tout de suite, une chanson, il aura son Ricard. Le pote fournit le sujet : les pédés. «Pas les grandes folles, précise Renaud. Les p'tits pédés de base, anonymes, employés de bureau.» Un texte a surgi, dicté au pote. «Je pouvais pas écrire, ma main tremblait trop.» À la fin, la chanson existait. Tendre et belle. Petit pédé. «Dans le bled d'où tu viens / Les gens te traitaient pire qu'un chien / Il fait pas bon être pédé / Quand t'es entouré d'enculés.» «J'étais content de moi, continue Renaud. J'ai commandé trois Ricard et je me suis allumé la tête. Le lendemain, j'ai relu la chanson et je me suis dit : putain, la source n'est pas encore tarie. Alors, j'ai eu l'idée d'écrire Docteur Renaud et Mister Renard. Mon côté noir et mon côté blanc.» C'est la chanson qui ouvre Boucan d'enfer. Folk-rock indécollable du ciboulot une fois entré dedans (tout le disque est folk-rock, très Renaud-by-the-book, résolument pas moderne), c'est le double portrait en pied de l'homme à la façon Gainsbourg-Gainsbarre : «Renaud souffre de tous les maux / Qui accablent ce monde barbare [É] Renard, désabusé, se marre / Se contrefout de ce bazar.» C'est Mister Renard qui, amer, peint dans un coin le destin d'un jeune couple d'amoureux au refrain de Mal barrés : «C'est tout jeune et ça n'sait pas / Que pour les amoureux, hélas / La vie est bien dégueulasse / Un beau jour les filles se cassent / Et voilàÉ » Cynisme assumé par l'auteur : fallait bien que le méchant sorte. «Au fond, observe Renaud, ce sont Les Amoureux des bancs publics de Brassens, mais avec la triste conclusion.» Au total, c'est quand même Renaud tel qu'on l'aime chez nous depuis au moins un quart de siècle (Laisse béton, c'était 1978 !) que l'on retrouve sur Boucan d'enfer, tel qu'il survit à Mister Renard. C'est le Renaud qui écrit Manhattan-Kaboul parce qu'il a «encore de l'empathie pour les victimes civiles et innocentes de tous les conflits». C'est le papa qui nous entretenait de sa Lolita avant même sa naissance (En cloque) et qui s'émeut aujourd'hui du moment où «le loup» prendra «cette Bastille sous ta robe à fleurs» (Elle a vu le loup). «Elle est un peu gênée par cette chanson que j'ai écrite il y a six ans, quand elle était adolescente», confie-t-il. Fier, il ajoute : «C'est une femme maintenant, qui s'épanouit dans le métier qu'elle aime. Elle fait une école de cinéma : elle veut être réalisatrice. Elle est stagiaire sur un film.» Amour indéfectible que celui-là, se dit-on. Renaud nuance : «Il y a eu des moments où je ne le lui rendais pas trop. Mais maintenant, c'est l'harmonie. Entre elle et moi. Entre sa mère et moi. Entre moi et moi.» Il se voit grand-père, assis sur un banc de square, regardant ses petits-enfants «jouer dans un bac de sable». C'est bon à entendre, lui dis-je. Au Spectrum, je le voyais plutôt mort. En fait, je l'imaginais comme Reggiani en spectacle quelques années plus tôt, chantant sans dentier, pénible. C'est ce que j'avais écrit au lendemain du triste soir de janvier. «Ah ! D'accord ! Je me souviens maintenant de votre article. Je peux même vous citer le titre : "Pour services rendus".» Au bout du fil, il rit. Avoir su avant, il n'y aurait peut-être pas eu d'entrevue. «Vous n'aurez plus jamais à écrire ça, rassurez-vous.» Il promet de revenir à l'été 2003, en fin de course de la tournée qui commencera au Zénith le 19 décembre prochain. «J'ai écrit il y a une quinzaine d'années une chanson qui s'appelait Cent ans. Mon ambition, c'est de vivre.»
    • Album Boucan d'Enfer
    • Vie Alcool
    • Cinéma Wanted Crim Spree
    • Relations avec les médias
    • Concert au Spectrum
    • Pays Québec
    • Chanson Coeur perdu
    • Chanson Tout arrêter...
    • Chanson Boucan d'Enfer
    • Chanson Petit pédé
Visionlibre.net
  • 6 mai 2002, Un boucan d'enfer > VisionLibre.net du >2002-05-06 Un boucan d'enfer Sortie le 28 mai du nouvel album de Renaud après sept ans d'absence. Voilà, ça y est, plus que quelques semaines d'attente avant la sortie du très attendu nouvel album de Renaud. "Boucan d'enfer", c'est son titre, comportera 14 chansons dont deux qu'il avait déjà interprétées lors de sa dernière tournée "Une guitare, un piano et Renaud". Ce nouvel opus s'annonce comme un album intimiste où Renaud s'exprime à coeur ouvert avec les mots, la tendresse mais aussi la révolte et le refut qu'on lui connaît. Le tout semble plus que bien ficelé, une édition limitée de l'album avec un livre et sur la pochette, Renaud dans un bistro peint par Titouan Lamazou, le navigateur-artiste qui a entre autre illustré "Le guide de la manoeuvre" d'Eric Tabarly et qui est également le créateur du projet "Bateau Atelier" retenu par la Mission Française pour la Célébration de l'An 2000. Le contenu a proprement parler sera sans doute à l'image de l'emballage si la qualité des onze autres titres est égale à celle de "Boucan d'enfer" et "Elle a vu le loup" que l'on a pu entendre lors de sa dernière tournée et à "Docteur Renaud Mister Renard" que l'on peut actuellement entendre sur les ondes radiophoniques. A noter également une petite surprise, un duo avec Axelle Red, au titre sans équivoque : Manhattan-Kaboul. Le succès semble assuré alors n'hésitez par à réserver dès à présent votre billet pour ce nouveau voyage au fond des mots dans lequel Renaud nous invite. Renaud - Boucan d'enfer Docteur Renaud, Mister Renard (4.23) (Renaud Séchan/Jean-Pierre Bucolo) Petit pédé (4.32) (Renaud Séchan/Jean-Pierre Bucolo) Je vis caché (4.16) (Renaud Séchan/Jean-Pierre Bucolo) Coeur perdu (4.43) (Renaud Séchan/Alain Lanty) Manhattan-Kaboul (en duo avec Axelle Red) (3.52) (Renaud Séchan/Jean-Pierre Bucolo Elle a vu le loup (3.00) (Renaud Séchan/Renaud Séchan) Tout arrêter... (3.21) (Renaud Séchan/Jean-Pierre Bucolo) Baltique (2.50) (Renaud Séchan/Alain Lanty) L’entarté (3.00) (Renaud Séchan/Jean-Pierre Bucolo) Boucan d’enfer (5.00) (Renaud Séchan/Jean-Pierre Bucolo) Mon nain de jardin (2.41) (Renaud Séchan/Alain Lanty) Mal barrés (3.45) (Renaud Séchan/Alain Lanty) Corsic’armes (3.34) (Renaud Séchan/Jean-Pierre Bucolo) Mon bistrot préféré (3.43) (Renaud Séchan/Jean-Pierre Bucolo) Arrangements et réalisation : Jean-Pierre Bucolo Axelle Red apparaît avec l’aimable autorisation de Virgin Belgique Ceci-Cela 2002 © Ceci-Cela/Virgin France S.A.S 2002 Bonneau
    • Album Boucan d'Enfer
L'Express
  • 30 mai 2002, «Ecrire, c'est une forme de thérapie» > © A. Duplantier pour Virgin Le look n'a pas changé: cheveux jaunes, Perfecto, santiags. L'homme, si. Sourire pâle, regard timide, Renaud (Séchan), 50 ans, dur à cuire de la chanson, revient après une longue éclipse discographique (A la Belle de Mai, son dernier disque, remonte à 1994). Il avait le moral à zéro. Boucan d'enfer (Virgin), son nouvel album, écrit par lui, composé par Jean-Pierre Bucolo et Alain Lanty, donne donc sa «langue au chagrin». L'ex-chetron sauvage, réputé pour ses coups de gueule pour ou contre Tonton, Tapie ou Maggie (Thatcher), y consigne toutes ses turbulences existentielles, entre une défense des gays (Petit Pédé) et un bref regard sur l'actualité (Manhattan-Kaboul, en duo avec Axelle Red; Corsic'armes). Il reçoit la presse dans son QG, un bar parisien, entre les deux tours de la présidentielle. Le lendemain, Renaud s'envole vers le Canada pour interpréter un «tueur sympathique» dans Crime Spree (La Spirale du crime), un polar avec Johnny, Gérard Depardieu et Harvey Keitel. L'Express du 30/05/2002 L'EXPRESS Info - Culture Renaud, chanteur engagé Interview «Ecrire, c'est une forme de thérapie» propos recueillis par Gilles Médioni Noyé dans la déprime et l'alcool, Renaud n'avait plus produit d'album depuis 1994. Il est de retour avec Boucan d'enfer, tout en plages tristes et passionnées. Rencontre Boucan d'enfer marque avant tout une révolution personnelle? Effectivement. Mes albums plus anciens étaient en colère contre le monde. Celui-ci rassemble des chansons d'amour désespérées. C'est un exercice de style un peu impudique, nombriliste, mais tous les artistes le sont! A vos débuts, vous repreniez Fréhel. On n'est pas loin ici de la chanson réaliste? Je l'ai toujours revendiquée. Lorsque j'évoquais la banlieue, je racontais déjà la misère des petites gens: Manu, Pierrot, Germaine, Mon beauf. Aujourd'hui, je rejoins la mouvance tragique de la chanson d'une façon très intime, quitte à noircir le tableau. Le titre Docteur Renaud, Mister Renard arbitre l'affrontement entre «Renaud les idéaux» et «Renard les idées noires». D'où vient cette schizophrénie? Une dépression sournoise m'est tombée sur le coin de la gueule à 45 ans. C'était un mélange de mal de vivre, de paranoïa, d'hypocondrie, de stress, de fuite du temps, de mélancolie, de désillusion. La séparation conjugale qui a suivi n'a fait qu'aggraver les choses. Je n'ai pas choisi les meilleurs remèdes - antidépresseurs, pastis... - mais j'ai agi sans dandysme, sans rock'n'roll attitude. J'étais juste pitoyable. La pochette de votre disque, dessinée par Titouan Lamazou, vous cadre dans un bar. Le bistrot est d'ailleurs le point cardinal de vos chansons... Depuis cinq ans, je vis entre les quatre murs de ce bar, à cette place-ci. C'est ma première maison, mon bureau, mon salon, mon abreuvoir et même mon assommoir, pour être précis... C'est là que mes potes et mes proches ont assisté avec inquiétude à ma déchéance. «Je me demande si je n'ai pas chanté dans le vide» Desproges, Fallet, Brassens, Coluche... sont au cœur de Mon bistrot préféré, un texte dédié aux copains montés au ciel. C'est tombé dru ces derniers temps. J'ai cité la liste des gens que j'ai aimés, qui ont été mes amis et ceux que je n'ai pas connus mais qui ont contribué à mon éducation, à ma culture. Avec le regret, après coup, de n'avoir pu rajouter les noms de Mouloudji, Caussimon et Goscinny, de Piaf, Fréhel, Barbara, Duras. La perte de ces chers disparus a contribué à ma dépression. Comment vous en êtes-vous sorti? J'ai fait une longue tournée de 200 concerts il y a deux ans, sans aucune promotion. Mon mal-être était palpable: j'avais 10 kilos de trop, mes cordes vocales étaient altérées par le tabac et l'alcool, et pourtant, au final, 250 000 personnes m'ont dit qu'elles m'aimaient, moi qui m'aimais si peu. Ça a été une bouée. Puis j'ai replongé de plus belle. J'ai eu mon plus grand choc aux Victoires de la musique, l'an passé, lorsqu'on m'a offert une victoire d'honneur que j'ai prise pour «posthume», à l'occasion de mes vingt-cinq ans de carrière. Et alors? J'ai croisé sur l'écran de contrôle mon visage bouffi, traqueur, triste et malheureux comme un chien perdu dans cette assemblée où je ne me suis jamais senti à l'aise. Peu à peu, après plusieurs cures de désintoxication, l'écriture et l'activité en studio m'ont aidé à tourner la page. Ecrire, c'est une forme de thérapie. Tonton, je l'ai parfois combattu, mais toujours aimé et soutenu A quoi sert une chanson? Depuis quelque temps, je me le demande... Sans être un grand humaniste, j'ai eu l'impression qu'un message de solidarité passait dans mes textes, même si je n'ai pas la prétention d'avoir bouleversé des comportements ni influencé des mentalités. Mais quand je vois le premier tour de la présidentielle, je me demande si je n'ai pas chanté dans le vide. Brassens et Dylan ont orienté ma vision du monde et mon parcours gauchisant et rebelle quand j'avais 16 ans, 20 ans. Alors, oui et non, on a toujours ce bel espoir vain d'avoir un petit impact quand on dénonce le racisme, l'oppression, l'injustice. Pourquoi vous acharnez-vous sur Bernard-Henri Lévy dans L'Entarté ? Le morceau est suffisamment moqueur, vachard et peut-être blessant pour que je n'en rajoute pas une couche. Allez-y... Je ne conteste pas ses engagements divers et nombreux, mais sa présence envahissante dans les médias, sa suffisance, ses leçons de démocratie, sa volonté d'imposer un prêt-à-penser. François Mitterrand apparaît dans deux textes, notamment à travers Baltique, consacré à son labrador. Vous êtes toujours mitterrandiste? Tonton, je l'ai parfois combattu, mais toujours aimé et soutenu. Cette admiration, cette fidélité sont encore plus vibrantes aujourd'hui où un paquet de charognards se sont acharnés sur sa mémoire. Nous nous sommes vus une quinzaine de fois, ce sont des rencontres qui comptent. Je n'ai pas souvent l'occasion d'être fier d'être français, mais j'ai été fier que la France soit représentée par un mec comme lui. On vous sent fatigué d'être en colère? Pendant vingt ans, je n'ai pas cessé de m'impliquer dans des causes qui, généralement, divisent plus qu'elles ne rassemblent. Dans le meilleur des cas, je me suis fait chambrer. Dans le pire, insulter. Sans parler de l'éternel procès du petit-bourgeois qui défend la gauche ou les déshérités. Aujourd'hui, j'ai 50 balais et la relève militante est assurée par Noir Désir, Zebda, Akhénaton, les Têtes raides... Vous qui étiez la voix des banlieues... ... à mon corps défendant... ... que pensez-vous du rap? Claude Duneton, historien de la chanson, a dit que c'était du «Renaud au carré». Ça me flatte... Les rappeurs m'ont rendu un super-hommage dans Hexagone 2001, où ils reprenaient mes chansons en massacrant les mélodies. [Il sourit.] Je n'aime pas le rap mais MC Solaar, par exemple, a véritablement enrichi la chanson française. D'autres rappeurs sont bien trop conformistes dans leurs discours. Mal barrés met en scène des fiancés blottis sur une banquette de café. Sont-ils les petits-enfants des «amoureux des bancs publics»? C'est la suite pessimiste et noire. Vous y affirmez: «Le bonheur reste toujours l'affaire de quelques jours»... En tout cas, en amour. Gainsbourg recommandait: «Fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve»... J'aimerais bien avoir écrit quelques paroles aussi flamboyantes que les siennes. Dans Boucan d'enfer, il y a bien: «On reconnaît le bonheur, paraît-il/ Au bruit qu'il fait quand il s'en va.» Pour être franc, cette phrase était inscrite sur le mur des toilettes de Pierre Desproges.
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Le Télégramme
  • 30 mai 2002, Renaud - « Boucan d'enfer » Beaucoup de bruit pour rien > Le Télégramme du 30 mai 2002 Renaud - « Boucan d'enfer » Beaucoup de bruit pour rien Le visage pâle de la chanson française est de retour. On savait le chanteur plus « fatigué » qu'énervé depuis « Mistral gagnant » (1985) mais cette lassitude lui allait encore bien. Avec « Miss Maggie » puis « Jonathan », Renaud avait réussi à prendre la tangente d'une banlieue ayant troqué la gouaille pour la tchatche. Mélodies ciselées Renaud est aujourd'hui triste. Derrière la pochette - un portrait de l'artiste croqué par Titouan Lamazou - se tapissent pourtant quatorze belles mélodies, immédiatement reconnaissables, ciselées par Jean-Pierre Buccolo et Alain Lanty, les deux complices de la tournée « une guitare, un piano et Renaud ». La voix, réchauffée dans les Studios ICP de Bruxelles, chevrote moins que sur scène. Pour le reste, c'est au coin de l'écriture qu'on attendait l'auteur de « Hexagone » ou de « Morgane de toi ». Docteur Renaud Mister Renard Las ! L'amertume et le ressentiment ont fait fuir les muses tendresse et poésie du poulbot à l'orée de la cinquantaine. Il accouche d'un fourre-tout rance dans lequel se bousculent de vaines diatribes (« Je vis caché »). Le tout largement saupoudré d'auto-condescendance. Ainsi, le premier morceau, « Docteur Renaud, Mister Renard », version Renaldienne de « Docteur Jekyll et Mister Hyde », (« le Renaud ne boit que de l'eau, le renard carbure au ricard »). Le départ de l'amour de sa vie est aussi une large source d'inspiration : « c½ur perdu », « Tout arrêter », « Boucan d'enfer »... Renaud délaisse parfois son analyse psy, pour un duo avec Axelle Red (« Manhattan-Kaboul »). Quand il pourfend l'homophobie (« Petit pédé »), le trait est lourd (« Il fait pas bon être pédé quand t'es entouré d'enculés »), bien éloigné du « comme ils disent » d'Aznavour, ou, plus récemment de la justesse d'une Lynda Lemay chantant « les deux hommes ». BHL raillé Auparavant si doué pour croquer le quotidien chez, par exemple, « la mère à titi », il peine à peindre le désarroi d'une autre anonyme de banlieue dépossédée de son « nain de jardin ». On se pince à l'écoute de « Baltique », un énième hymne servile à Mitterrand via son... Labrador privé de messe d'enterrement. Il y a encore l'improbable « entarté ». Le philosophe mondain Bernard-Henri Lévy y est méchamment raillé. Lui a, au moins, déserté les terrasses Parnasiennes pour faire entendre sa voix en Afrique et en Afghanistan. A choisir... Renaud - « Boucan d'enfer » (Virgin). Thierry Charpentier Copyright © Le Télégramme 30/05/2002
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7 juillet 2002

Merci à Marion, Lydwine, Héléna, Lola.

TV Magazine
  • 2 juin 2002, Renaud : renaissance blues > TV Magasine du 2 juin 2002 au 7 juin 2002 Renaud : renaissance blues Il a choisit l'émission de Pascal Sevran pour son retour Tout ou rien. Quand Renaud réapparaît, c'est avec plusieurs tours dans son sac. Un album boucan d'enfer , un film en cours de tournage, une remontée sur scène et un projet de livre. Après une victoire d'honneur en 2001 suivi d'une période noire, Renaud revient en force avec son album Boucan d'enfer . Même si son écriture n'a pas d'âge, il a dû se réinventer. Mais il n'a pas pour autant perdu son petit air moqueur. CERTAINES victoires ressemblent à celle de Purrhus : elles coûtent bien plus cher que ce qu'elles n'apportent. En 2001, Renaud a le moral dans les talons. Sans crier gare, les professionnels lui remettent une "victoire d'honneur pour l'ensemble de son oeuvre". Il bafouille quelques remerciements, mais n'en pense pas moins, Rongé par le mal-être, il cette récompense comme un enterrement de première classe. Direction... le bistrot. Aujourd'hui, il revient avec Boucan d'enfer. "on r'connaît le bonheur, paraît-il. Au bruit qu'il fait quand il s'en va (...) / Le mien est parti hier." Bien plus intimiste que par le passé, Renaud parle de ses récentes cicatrices. Sa femme l'a quitté, lassée par les soirées trop anisées de Mister Renard, l'alter ego de Gainsbarre. Sa femme, on la connaît bien. Il nous l'avait présentée dans "Ma gonzesse". Puis on l'avait connue "En cloque". On s'y était un peu attaché quelque part, en même temps que lui. "Y a bien pire que mourir, y a vivre sans toi", lui adresse-t-il. Triste épilogue. Puis il nous parle de sa fille dans "Elle a vu le loup". Il ne se laisse pas abattre Décidément, Renaud se sent bien seul. Ses potes ? Ils sont allés vérifier si dieu était un fumeur de Havane. Et lui, il reste là, avec son "Bistrot préféré / Quelque part dans les cieux / Gainsbourg est au piano, jouant sa Javanaise / Dewaere est là aussi, dans un coin / (...) Écoutant les histoire de Coluche hilarant / Reiser et Tonton." Mais Renaud intimiste n'en devient pas pour autant nombriliste. Il retrouve rapidement son air moqueur pour tailler un chemise blanche décoltée sur mesure au plus grand des reporters de salon : Bernard-Henri Levy. L'identité de son "Entarté" ne laisse aucun doute : "Ah ! Qu'est ce que il nous a fait marrer / Le philosophe des beau quartiers / (...) Aux flore aux deux magots, planté / Devant une coupe millésimée / Il refait le monte, persuadé / D'avoir un rôle à y jouer." Sans oublier un impayable hommage à Baltique, le labrador noir de Mitterrand. Non, Renaud ne se laisse pas totalement abattre. Il mitraille à bout portant, dès qu'il en a l'occasion. Pop-stars, Star Académy... ils sont "Un peu à la musique / Ce que le diable est au bon Dieu", assène-t-il dans "je vis caché". Bientôt sur scène Certain diront qu'avec ce Boucan d'enfer , Renaud joue moins son rôle de poil à gratter, qu'il a laissé sa méchanceté au bistrot. Mais il faut vivre avec son âge. De toute façon, rien de plus pathétique que les vieux adolescents rebelles. Ca, il l'a bien compris. Sans compter que, pris en tenailles par les rappeurs d'un coté et les Noir désir, Zebda et d'autre de l'autre, Renaud est bien obligé de se réinventer. Même si son écriture n'a pas d'âge. Il a beau avoir chanté la banlieue des années 70 ; celle du "tango de Massy-Palaiseau", où errent les clones de Lucien, le loubard en blouson noir, héros de BD de Margerin, des groupe comme Saïs Supa Crew, la brigade ou Disiz la Peste se reconnaissent aujourd'hui dans ses textes. Ils ont même enregistré un album de reprises de ses chansons dans Hexagone 2001. Actuellement en tournage au canada avec Johnny Hallyday et Gérard Depardieu, Renaud retrouvera les chemins de la scène cette année. En décembre prochain, il sera au Zénith. Juste après, il devrait se consacrer à l'écriture d'un livre, sorte de journal intime de ses années noires. Dimanche, 12.05, France 2 Stéphanie Raïo
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Fémina
  • 9 juin 2002, Renaud et son double > Fémina du 9 juin 202 Renaud et son double Le chanteur français revient du néant. « Comme y'a eu Gainsbourg et Gainsbarre, y'a le Renaud et le Renard. Le Renaud ne boit que de l'eau, le Renard carbure au Ricard... » D'emblée, tandis que l'orchestre s'active sur une mélodie blues-rock, l'artiste évite l'excuse fumeuse du congé sabbatique. Absent de l'actualité discographique depuis la sortie, fin 1994, de son dernier véritable album (A la Belle de Mai), Renaud revient du néant. Ces dernières années, les rumeurs les plus inquiétantes ont couru à son sujet, et pour les observateurs le loubard au grand cœur était tout simplement fini. Contre toute attente, il revient l'année de son 50e anniversaire avec Boucan d'enfer (EMI/Virgin), l'album le plus commenté de sa carrière. Depuis quelques semaines, toute la francophonie est au courant de sa descente aux enfers. A longueur d'entretiens, Renaud révèle tout de son addiction à l'alcool et de la dépression qui a suivi son divorce. Le déballage, dérangeant, est cependant inévitable, une bonne moitié de l'opus étant consacrée aux malheurs de son auteur. Comme il l'indique dans le titre qui ouvre le disque (Docteur Renaud, Mister Renard), l'honnête Renaud s'est découvert un double, retors et déjanté : le Renard. S'il n'est toujours pas sûr de l'issue finale de ce duel schizophrène, Renaud parvient aisément à donner le change artistiquement. Arrangé et produit avec des moyens que l'on réserve aux gros vendeurs, son ouvrage, fort bien écrit au demeurant, est traversé par sa voix fatiguée mais bien en place. L'effet, bien que d'une tristesse inouïe, rassure pourtant : ce gars-là a toujours de l'humanité à revendre.
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    • Chanson Docteur Renaud, Mister Renard
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Carrefour Savoir
  • 1er juin 2002, Rencontre chanson - Renaud Boucan d'enfer > CARREFOUR SAVOIRS - Le mensuel des loisirs culturels - n°36 - juin 2002 - offert par Carrefour Rencontre : Renaud. Enfin des (bonnes) nouvelles de Renaud. Tout à son chagrin d'amour, il ne parvenait plus à écrire et il nous manquait. Son retour est triomphal et son album, Boucan d'enfer, flamboyant. C'est d'un album grave dont il s'agit : celui d'un homme que la vie a blessé jusqu'à ... la rédemption. Le Boucan d'enfer d'un poète. Rencontre chanson Renaud Boucan d'enfer Les dernières nouvelles discographiques de Renaud remontent à 1996. Et encore, il ne s'agit alors que d'un disque d'hommage, Renaud chante Brassens. Il faut remonter à 1994 pour retrouver trace du Renaud auteur avec l'album A la belle de mai. Depuis, on attendait son retour, se consolant comme on pouvait avec sa tournée en tête à tête avec le piano en 1999 et 2000. La vérité, c'est qu'on s'inquiétait pour Renaud. Un chagrin d'amour terrible faisait souffrir l'homme reléguant l'artiste dans le gouffre de l'impuissance. On savait que l'alcool était devenu son plus fidèle et peut-être son seul compagnon, enfin celui de Mister Renard, face obscure de Renaud, à la manière du Gainsbarre de Gainsbourd. Et puis voilà que l'homme et l'artiste, réconciliés à l'aube de l'an 2002, se jettent à nouveau, à cœur perdu, dans la bataille de l'imaginaire et de la création. Boucan d'enfer est le résultat de ce conflit intérieur. Quatorze chansons en forme de bulletin de santé d'un des artistes majeurs de notre époque. Renaud était malade et c'est nous qui avions mal. Mal d'une absence qui nous privait d'une poésie rare, miroir de nos fragilités, de nos colères, de nos défaites, en un mot : de notre humanité. Renaud n'est pas de retour. Il continuait d'avancer à la manière d'un sous-marin, en eaux profondes, en eaux troubles, de celles qui auraient pu se transformer en au-delà. Mais Renaud est vivant, bien vivant et son album fait un Boucan d'enfer. Un boucan rassurant comme celui que font les enfants en rentrant dans une maison vide. La maison chanson était désertée, froide et orpheline. Son enfant terrible est de retour. Bienvenue au paradis. Comme autant de miroirs de l'âme, les nouvelles chansons de Renaud reflètent toutes les épreuves qu'il a traversées. Pour Carrefour savoirs, Renaud fait le tour du propriétaire de ce Boucan d'enfer. Docteur Renaud, Mister Renard J'ai pris ça comme une mise au point. Je suis un homme double et je me présente comme tel. Tout le monde a sa part d'ombre et son côté lumineux. Tout le monde a un côté clair, un côté obscur, tout le monde a des défauts, des qualités. Tout le monde a des comportements magnétiques, angéliques, positifs et d'autre plus noirs, plus cyniques plus désespérés. Je voulais expliquer que les artistes sont des êtres humains comme les autres et que ce ne sont pas seulement des anges qui brillent dans la lumière des projecteurs. Ce sont des hommes comme les autres. En l'occurrence, moi, j'ai pas mal de défauts et je voulais en parler. En public, sur scène, avec les médias, j'essaie de montrer le côté le plus angélique, le plus positif, le plus fraternel, le plus chaleureux mais dans ma vie privée ce n'est pas toujours comme ça. Mes copains, mes proches m'ont surnommé depuis quelques années « le renard». C'est moi qui leur ai soufflé ce surnom parce que j'aime bien cet animal. J'aime bien parce que ça renvoie le côté justicier et j'ai un côté justicier, redresseur de torts, grande gueule. De fil en aiguille, mes proches se sont rendu compte que j'avais une double personnalité. Que Renaud c'était l'artiste que tout le monde aime avec ses qualités et Renard c'est plutôt le côté noir du personnage. Depuis quelques années, j'ai exprimé ce côté noir par une forte tendance à la pochetronnerie, au désespoir, à la dépression, à la cessation de toute activité médiatique et même de l'écriture, j'étais en panne sèche. A partir du moment où je n'écrivais plus, je ne chantais plus et si je ne chante plus, je n'ai plus de vie sociale, je n'ai plus d'identité. Je n'ai plus de sens à ma vie. Petit pédé La liberté homosexuelle est toujours victime en France, comme partout ailleurs, d'homophobie et de rejet. C'est une minorité non pas opprimée mais pas tellement bien tolérée, même si les choses ont un peu évolué depuis quelques années, paraît-il. C'est une chanson que j'ai écrite à la demande d'un ami homosexuel qui me harcelait depuis quelques années pour que j'écrive une chanson sur ce sujet. Je lui répondais à chaque fois qu'après la chanson d'Aznavour, Comme ils disent, le sujet était inattaquable : il a tout dit et je ne pouvais plus rivaliser avec lui, sauf à faire moins bien. Mon ami me répondait, à juste titre, qu'Aznavour avait traité le sujet sous l'angle d'un travesti. Il pensait que je pouvais écrire une chanson sur le pédé de base, anonyme, employé de bureau, qui a du mal à vivre sa différence et à se faire accepter par son entourage. Et puis un soir, j'étais ici, dans ce lieu que je fréquente assidûment. (NDLR. La Closerie des Lilas.) Pour l'anecdote, j'avais cessé de boire depuis quelque temps et j'étais en manque, je souffrais intensément de cette drogue. Il n'y a aucune honte à dire ça. Qu'il me jette la première pierre celui qui n'a jamais été pochetron ! Il m'a dit : « Je sais que tu souffres du manque d'alcool. » Il souffrait lui de mon manque d'écriture et de me voir, ma plume asséchée et l'inspiration en berne. Mon ami m'a dit : « si tu écris une chanson, je t'autorise une mufflée. » J'avais tellement envie de boire j'ai pensé que j'étais assez grand pour m'autoriser tout seul de boire un coup, mais j'ai pris ça comme un challenge. En une heure j'ai écrit la chanson et ensuite, j'ai commandé moult boissons alcoolisées. Dans les jours qui ont suivi, le processus de l'écriture étant réenclenché, du jour au lendemain, l'inspiration était revenue. Elle a vu le loup Ma fille Lolita, qui est l'être que j'aime le plus au monde, m'a toujours inspiré. Elle a toujours été un peu ma muse et j'ai toujours eu envie de chanter sa vie, de chanter ses joies, ses souffrances, ses peines. De chanter l'enfance, l'adolescence et maintenant l'âge adulte. Je tiens un peu une chronique de la vie de ma fille à travers ma chanson. Donc, Elle a vu le loup que j'ai écrit il y a six ans quand ma fille avait quinze ans, c'est l'âge de la puberté, de l'adolescence. L'âge des premiers émois amoureux. Pour certaines jeunes filles, à quinze ans, c'est l'âge des premières amours. C'était le cas de l'amie de ma fille qui, à quinze ans, a « vu le loup. » J'avais envie de parler de ça. Cœur perdu C'est une chanson d'amour des plus banales qui concerne des milliers d'individus en France, hommes ou femmes. Des gens qui souffrent d'un chagrin d'amour, d'une rupture, d'une séparation. Donc, c'est du vécu 100%. Dans cette chanson, je suis totalement sincère. Bizarrement, les chansons d'amour les plus tristes sont celles qui font le plus de bien aux gens. J'ai beaucoup de témoignages du public qui disent que mes chansons tristes leur remontent le moral quand ils ne vont pas bien. De savoir que l'artiste qu'ils aiment souffre aussi, ils se sentent moins seuls. Manhattan Kaboul,en duo avec Axelle Red C'est une de mes artistes francophones préférées. C'est pour ça que je l'aie choisie. J'ai un peu sacrifié à la mode des duos. Ce n'est pas une chanson partisane, c'est une chanson sur la violence, la guerre, le terrorisme qui montre que ce sont toujours les populations civiles innocentes qui morflent. J'ai voulu faire le parallèle entre un pauvre Américain qui meurt dans un conflit qui nous dépasse et une pauvre victime afghane qui meurt aussi sous les bombes. Mon ami Jean-Pierre Bucolo m'a fait une belle musique. Je pense qu'elle va toucher un public plus large que mon public habituel. Baltique Je l'ai écrite en 1996 suite aux images que j'ai vues aux obsèques de François Mitterand. J'ai vu ce pauvre chien que j'imagine si fidèle et si aimant pour son maître. Le voir interdit d'accès à l'église, seul sous la pluie, tenu en laisse m'a touché. Avant, je n'avais jamais traité le thème des animaux dans mes chansons. J'avais à l'époque un chien de la même race, un labrador à poils longs, et j'ai eu envie de parler de cet amour extraordinaire que peut éprouver un chien pour son maître. L'entarté C'est le Renaud qui n'a jamais craint de s'en prendre aux puissants, après Margaret Thatcher que j'avais allumée, après Bernard Tapie dans mon dernier album, j'ai pris pour cible un autre puissant (ses initiales sont dans la chanson, BHV, ndlr). Un mec qui a la parole et qui ne se gène pas pour l'utiliser à tort et à travers et qui envahit les écrans de télévision, la presse, la radio. Je le trouve particulièrement imbu de lui-même, sans humour, donneur de leçons et doté d'une volonté d'arriviste. J'avais envie de lui tailler un petit costard, d'une façon moqueuse et vacharde. Boucan d'enfer C'est vrai que c'est quand l'amour s'en va qu'on réalise tout ce qu'on a perdu. On réalise qu'on aurait dû en profiter plus et le protéger plus aussi. C'est une chanson que j'ai écrite à la suite de ma séparation, dans les semaines, les mois qui ont suivi. Je l'ai chantée sur scène pendant deux ans durant ma dernière tournée qui s'intitulait : Une guitare, un piano et Renaud. Je ne vous cache pas que le silence quasi religieux à l'écoute de cette chanson était impressionnant. Il m'est arrivé de la chanter avec un nœud dans la gorge et des larmes plein les yeux. Mon bistrot préféré C'est le bistrot de ma tête, le bistrot symbolique où se réunissent tous les gens que j'ai aimés. Enfin pas tous car j'étais limité dans l'écriture. Chaque jour, je me dis : tiens, j'ai oublié untel. Dans mon bistrot préféré me sont revenues en mémoire l'affection et l'admiration que je portais à des gens comme Goscinny, Jean-Roger Caussimon, Mouloudji. Dans les contemporains, j'ai cité ceux que je connaissais et avec lesquels j'ai eu la chance d'avoir des relations amicales et affectueuses. Serge Gainsbourg, Coluche, Pierre Desproges, Tonton (François Mitterand, ndlr.), Patrick Dewaere, etc. Et puis j'ai cité ceux qui ont bercé ma culture, les écrivains, les artistes que j'ai aimés, que j'ai lu comme Boris Vian, Guy de Maupassant, Aristide Bruant et puis les Brel, Ferré ... Repères - Naissance. - Renaud fait ses débuts de comédien au Café de la Gare dans « Robin des quoi ? » de Romain Bouteille. - Premier album avec Hexagone. - Enorme succès avec Laisse Béton. - Marche à  l'ombre. - Morgane de toi. - Acteur dans Germinal de Claude Berri. - 1999 Tournée Une guitare, un piano et Renaud.
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Dauphiné Libéré
  • 13 juin 2002, Sébastien Martin-Cordier ce soir, à RTL « quitte ou double » > Dauphiné Libéré (Édition Bourgoin Jallieu/Nord-Isère) du 13 juin 2002 Sébastien Martin-Cordier ce soir, à "quitte ou double" CORBELIN. RTL, la rue Bayard... Sébastien Martin-Cordier ne connaissait pas. C'est, désormais une lacune comblée. Il vient de s'y rendre pour l'enregistrement de l'émission "Quitte ou double", et la gagne de "quelques" Euros. Après une sélection téléphonique, puis un tirage au sort, Sébastien Martin-Cordier, de Corbelin, a eu l'immense joie d'être retenu comme candidat à « Quitte ou double », la célèbre émission de Radio-Télé-Luxembourg, qu'anime le non moins célèbre Jean-Pierre Foucault. « Quitte ou double », une émission animée par Jean-Pierre Foucault. Sébastien Martin-Cordier fan de Renaud. Agé seulement de 25 ans, Sébastien, ou « Babasse » comme on le surnomme amicalement au pays, est déjà un fan de Renaud depuis 15 ans. Il a tous les albums et les livres du « poète ». Les dix questions-réponses qui, à RTL, pouvaient lui faire gagner 150 Euros à 76 800 Euros concernaient la carrière de l'artiste. Lors de l'enregistrement en public, qui sera diffusé, ce jeudi 13 juin, de 12h30 à 13h, sur les ondes nationales de RTL, Sébastien Martin-Cordier fut un candidat brillant... Nous le constaterons aujourd'hui. Mais un autre « cadeau » attendait Sébastien ; un cadeau qui, lui, n'avait pas de prix... l'apparition, en chair et en os, de Renaud. Une « sacrée » surprise, car, initialement, il ne devait y avoir qu'un entretien téléphonique avec le chanteur. Sébastien, tout le monde le comprendra, ne maîtrisa qu'avec beaucoup de difficultés son émotion... et rendez-vous fut pris avec l'ami Renaud, pour le 13 décembre, pas loin de Corbelin, à Porcieu-Amblagnieu, où chanteur-compositeur lancera sa tournée 2002, avant d'aller au Zénith à Paris. Allez, le pari est pris : Sébastien Martin-Cordier sera aux premières loges. Stéphane COUTHON.
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3 juillet 2002

Merci à Marie.

Epok
  • 24 juin 2002, RENAUD : C'est l'amer qui l'a pris. > Epok du 24 juin 2002 RENAUD : C'est l'amer qui l'a pris. Après cinq années de galère et huit de mutisme, Renaud est enfin “ sorti du trou ”. Il revient avec Boucan d’enfer , un magnifique album fait de ruptures et de blessures. A son ami Bernard Werber, l’auteur des Fourmis , il parle sans fausse pudeur de ses états d’âme, mais aussi d’Arafat, de José Bové, des “journaleux”... Au Salon du livre de Paris, en 1995, Renaud a voulu me rencontrer. J’ai découvert un type discret, la tête dans les épaules, d’une immense modestie, qui s’obstinait à me vouvoyer en dépit de mes protestations. Par la suite, nous nous sommes revus. je me suis aperçu qu’il avait un immense respect pour l’écriture et la chose écrite, et que lui -même se sentait avant tout poète et soucieux de trouver le mot exacte. Cette image d’homme tout en retrait est d’autant plus étonnante qu’en concert il a un charisme tel qu’il me semble que s’il demandait à la foule de se lever et de faire la révolution, tout le monde le suivrait. Dans son dernier album, il évoque souvent ce paradoxe. Il est Renaud et Renard, il est discret et éclatant, il est en retrait et en avant. Finalement, c’est peut-être dans cet écartèlement qu’il puise son inspiration. Bernard Werber / Quand j’étais journaliste, j’ai interviewé Serge Gainsbourg. je me souviens d’une de ses phrases : “Il y a moi Gainsbourg et mon masque Gainsbarre. mais à force d’utiliser le masque, j’ai parfois du mal à l’enlever.” Renaud / Je préférais Gainsbourg à Gainsbarre. Dans sa phase de provocation, je le trouvais un peu grotesque, pas toujours très drôle. Il était sous l’emprise de l’alcool... Dans ta première chanson, tu dis : “ Comme y’a eu Gainsbourg et Gainsbarre, y’a le Renaud et le Renard.” Tout le monde a un côté blanc et un côté noir. J’avais envie d’en parler, parce que c’est ma vie depuis cinq ans. Une rupture, la dépression, l’alcoolisme... J’ai toujours été un gros fumeur et je suis devenu un gros buveur. C’est peut-être un peu impudique, mais dans mes chansons j’ai toujours dit ce que j’avais sur le coeur. Tu as pris des risques avec ce disque, mais c’est aussi ça le travail de l’artiste. Je trouve cela plutôt estimable. J’avais inventé le surnom de Renard à l’époque où je me suis pris pour un justicier, un “Zorro”, le renard en espagnol. je ne suis plus, et je ne veux plus être ce justicier. Plus tard, mes copains ont commencé à m’appeler Renard. Renaud, c’était l’artiste sympathique, l’écrivain-poète, enthousiaste, Renard c’était le désespoir, le côté désabusé, la mélancolie, l’autodestruction. Mes copains arrivaient souvent le matin ici, dans ce bistrot que je fréquente assidûment, et me disaient : “ Alors aujourd’hui, t’es Renaud ou t’es Renard ? ” Là, je suis en train de parler à qui ? Plutôt à Renaud. Je suis sorti du trou. Il y a encore six mois, j’étais “inregardable”, j’avais grossi, mon visage dans le miroir me donnait envie de vomir. Lors de mes concerts, la presse ne m’a pas épargné. J’ai eu droit à des “ quadragénaires bedonnants ”, “ bouffi ”, “ boursouflé ”. On me donnait vingt kilos de plus, je n’en avais pris que cinq, mais ils se concentraient sur les joues et la bedaine. Surtout, je me levais le matin, j’attaquais au Ricard, le premier il fallait que j’aille le gerber, les autres passaient tout seul. Mes copains médecins me donnaient trois ans à vivre... Tu avais quasiment disparu de la scène publique. J’étais simplement loin des médias. Je rencontrais des gens qui me disaient : “ Alors, vous avez arrêté la chanson. On vous voit plus à la télé... ” Maintenant, dans les interviews, je vais bien être obligé de raconter ce que j’ai vécu. Cela m’embarrasse de parler autant de moi. Je n’ai pas honte de dire que j’ai traversé des moments difficiles. Mais quand je pense aux gens qui ont de vrais problèmes, qui sont pauvres, malades, je ne veux pas donner l’impression que je me plains. Moi, je me suis inoculé mon propre malheur. Il faut relativiser, malgré tout, je suis un homme comblé. Se détruire à l’alcool et au tabac dans une jolie brasserie parisienne, ce n’est pas pareil que se torcher au coin de la rue. Tu peux encore basculer ? La preuve ( il montre la bière devant lui, NDLR )... Celà dit, je vais être pendant un an en tournée de promotion, et j’aurais moins le temps de regarder mon nombril et de flipper dessus. C’est une tournée “grosse artillerie” : province, Zénith, palais des Sports... Plein de musiciens, plein de décors, plein de lumières, plein de sons. Ca a l’air de bien s’annoncer. A quel moment as-tu arrêté de te détruire ? J’ai peur de la mort mais j’ai aussi peur de la vie. Pendant cinq ans, je n’ai pas écrit une ligne. ma plume s’était asséchée, je n’avais plus d’inspiration. J’étais au fond de la dépression, partagé entre un litre de Ricard par jour, les anxiolytiques, les neuroleptiques. J’avais envie de me flinguer. Et, un jour, je passe une soirée avec un copain homosexuel alors que je viens de sortir d’une petite clinique de repos, où j’allais de temps en temps pour essayer de décrocher de l’alcool, j’étais donc dans une période sobre. Depuis des années, ce copain me relançait pour que j’écrive une chanson sur les pédés. Je lui répondais toujours : “Aznavour l’a déjà fait, et tellement bien, que le sujet a été vampirisé.” Ce soir-là il me dit : “Moi, je voudrais une chanson sur le petit pédé de base anonyme, l’employé de bureau. Si tu me l’écris, je t’autorise une biture !” j’avais tellement envie de boire qu’en une demi-heure je lui ait écrit la chanson. C’est venu comme ça, ça a coulé de source, et puis, j’ai pris ma petite cuite. le lendemain, bien sûr, j’ai recommencé à boire, mais j’ai aussi recommencé à écrire. Tu avais retrouvé le plaisir d’écrire ? Plutôt l’inspiration. Chaque chanson m’amenait l’idée d’une autre. Quand j’ai eu fini une dizaine de textes, je les ai confiés à des compositeurs et amis proches, Jean-Pierre Bucolo et Alain Lanty. Ils ont mis de jolies notes sur mes textes, puis nous sommes partis en studio. Quand j’ai voulu chanter, j’ai décidé d’arrêter de me détruire parce que l’alcool m’avait bousillé les cordes vocales. Quelle sera, à ton avis, la réaction du public à la sortie de ton nouvel album ? Ils vont se dire que c’est un album pas rigolo rigolo. Que j’ai perdu une certaine fantaisie, que je parle moins du monde et plus de moi, que j’ai fait un album introspectif. Moi, mon but, c’est de faire de jolies chansons, quel que soit le sujet. Je trouve que c’est ton meilleur album. On a l’impression que tu nous parles à l’oreille. J’ai sorti tout ce qui est venu, mes états d’âme, mes chagrins, mes doutes. Ma “désabusation”. Tu parles quand même de la marche du monde dans certaines chansons. Tu t’intéresses toujours à l’actualité ? Bien sûr, je lis les journaux, j’écoute la radio. Comme je suis un vieil idéaliste, j’ai une position très tranchée sur le conflit israélo-palestinien. Je suis pour le mouvement “La paix maintenant”. Arafat est un vieux qui n’a plus aucune autorité, qui mène son peuple dans une impasse, et Sharon est un homme de guerre. Moi, je suis pour les pacifistes, les humanistes, je veux un Etat palestinien qui vive en paix avec Israël. Quand Arafat a appelé son peuple à mourir en martyr, j’ai trouvé cela ambigu, cela voulait aussi dire “devenez kamikaze”. Or, les kamikazes sont ce qu’il y a de pire : des gens qui frappent les civils innocents. Une guerre entre deux soldats, c’est toujours sale, mais quand on tue des civils, c’est ignoble. Donc, place aux jeunes. Arafat doit partir, Ariel Sharon aussi. Lui, entre Sabra et Chatila hier et Jénine aujourd’hui, il a sa dose de sang civil sur les mains. Ce dernier élément ne correspond, pour l’instant, à aucune enquête avérée. Nous sommes dans le domaine de la rumeur... La chanson Manhattan-Kaboul aborde de manière détournée les événements du 11 septembre. Qu’as-tu pensé des attentats ? Comme la majorité de la planète. J’ai vécu les attentats contre le World Trade Center comme une ignominie. C’est vrai aussi que j’ai été légèrement perturbé par la bouquin de Meyssan sur ce qu’il intitule “ l’effroyable imposture ”. Il ne m’a pas convaincu, mais il a fait naître chez moi des doutes. Sur les manipulations des terroristes, les implications de la CIA, les intérêts bien compris du lobby militaro-industriel américain... En clair ? Bien sûr, je ne crois pas que des agents de la CIA soient devenus subitement des kamikazes. Les kamikazes aujourd’hui, on sait d’où ils viennent. C’est ce que je dénonce dans la chanson, cette folie “ qui pulvérise des vies sur l’autel de la violence éternelle ”. Je ne veux pas non plus dire comme Dieudonné que je préfère Ben Laden à Georges Bush, mais disons que je déteste les deux. Pour conclure, je dirais que je préfère une démocratie qui accumule les bavures à une dictature islamique. Dans Manhattan-Kaboul , je voulais avant tout parler de la souffrance des civils dans les conflits. J’ai appris récemment que le XXème siècle avait été le plus meurtrier de l’histoire de l’humanité. Cela m’a frappé. Le seul fait qu’il y ait de plus en plus d’humains sur la Terre entraîne nécessairement de la violence. C’est plus facile de faire en sorte qu’un milliard de personnes s’entendent plutôt que six milliards de personnes. Je ne sais pas si tu as connu les communautés hippies... Ouais, ça n’a pas duré très longtemps. En juillet 1968, je suis parti avec une bande de copains, on avait décidé de créer une communauté libertaire sur le mont Lozère, on avait dit qu’on resterait entre nous, qu’il n’y aurait pas de filles, qu’on ferait l’amour avec la nature. Au dernier moment, un de nos camarades a décidé d’emmener sa fiancée, ça a foutu une merde pas possible et on n’a pas tenu huit jours. Il suffit qu’il y en ait un qui refuse de jouer le jeu, qui triche, et tout s’effondre. Pour qu’une société marche, il faut que tout le monde en aie envie, et c’est très difficile. Cela passe par l’éducation, le civisme. les gens doivent prendre conscience de l’intérêt collectif. Comme dans Les Fourmis  ! C’est vrai : pour la fourmi, la réussite du groupe est plus importante que sa réussite personnelle. On ne peut pas dénier aux individus le désir de réussir personnellement. Avec l’éducation, peut-être. On peut convaincre les gens qu’il faut que tous les autres soient bien pour qu’eux-mêmes le soient. C’est pareil dans une vie de couple. Dans l’une de tes chansons, tu évoques d’ailleurs cette idée : tu as compris que la petite communauté de ton couple était une belle chose le jour où tu en es sorti. “ On r’connaît le bonheur, paraît-il, au bruit qu’il fait quand il s’en va .” J’avais vu cette phrase écrite sur le mur des chiottes de Pierre Desproges. Il y avait le nom de l’auteur dessous, mais je l’ai oublié. Généralement, on s’aperçoit que l’on a quelquechose quand on ne l’a plus. “ Aujourd’hui son amour se barre, son bel amour sa Domino... ” dis-tu. Comment envisages-tu ton couple aujourd’hui ? J’ai l’impression de continuer à vivre mon histoire d’amour, mais d’une manière différente. On n’habite plus sous le même toit, mais on se voit tout le temps. On n’efface pas facilement vingt-cinq ans de vie commune. Elle est toujours la femme de ma vie. Quand on vous voyait, on sentait une belle complémentarité entre vous. Oui, on avait une grande harmonie. Et puis elle m’a quitté. Je la rendais barge, il fallait qu’elle sauve sa peau, je ne suis pas facile à vivre. Je ne lui en veux pas, elle a eu mille fois raison. A une époque, auprès d’elle et de mes proches, j’avais la joie de vivre. Je me levais le matin, j’étais vivant, il faisait jour et cela me suffisait pour être heureux toute la journée, malgré la lecture des journaux. Maintenant, je me lève le matin et je me dis : encore une journée à vivre, quelle horreur. Même si j’ai du boulot, même si je dois chanter en public, même si je vais être applaudi. La vie est courte, il faut essayer d’utiliser les outils qu’on a. Toi, tu sais faire des chansons. Pendant cinq ans, j’ai pas très bien vécu. Malgré une tournée de deux ans où tous les soirs j’ai reçu une tonne d’amour, un public nombreux et fidèle. J’ai eu 250 000 spectateurs en deux cents concerts entre 1999 et 2001, sans nouvel album et sans publicité. Ca m’a redonné un peu de confiance en moi. Le public, on fait aussi des choses pour lui. C’est grâce à lui qu’on vit et, en même temps, il exerce une pression très forte : on sait que l’on a en face de soi une famille de gens qui attend que tu te produises. Dans mon cas, c’est normal ! Mon dernier album remonte à sept ans et demi. Moi aussi, je me demandais si j’étais capable de leur fournir quelquechose à se mettre sous la dent. J’espère que le prochain album mettra moins longtemps, mais il peut aussi bien venir dans quatorze ans. Dans une chanson, tu fais une allusion très flatteuse à José Bové. Tu l’admires ? Je l’aime bien, je n’ai pas trouvé très opportun qu’il aille embrasser Arafat dans son QG, pas très malin non plus les petits cons extrémistes qui l’ont menacé de mort à son retour en France. Mais quand je le vois chez Christine Bravo, je me demande vraiment s’il est à sa place... C’est exactement pour cela que j’ai allumé, dans l’ Entarté , notre ami BHL : occupation trop grande du champ médiatique. C’est un peu facile de s‘acharner sur BHL, non ? Oui, je sais que je ne suis pas le premier. En plus, il n’a pas que de mauvaises idées, j’en partage même certaines. Mais il m’agace, il donne des leçons, c’est un je-sais-tout. Et tu as l’impression que José Bové fait désormais la même chose ? Je l’apprécie quand il défend les petits paysans, lutte contre la mondialisation, les OGM et le multinationales de la mal-bouffe, mais j’aime pas l’entendre parler pour ne rien dire, le voir dans ces émissions showbiz minables où on ne vend que du vent. Pourquoi tu ne dénonces pas les présentateurs à la mode qui envahissent le Paf pour ne parler, sous couvert de culture branchée, que de clubs échangistes et de valeurs de l’extrême droite ? J’évoque leur cas dans Je vis caché, où je parle des journaux blaireaux. Je ne les ai pas cités, mais je sais à qui je pense, à tous ces gars vulgaires, crétins, grossiers, mégalos, prétentieux. Je ne crois pas que j’irais chez Ardisson, même si ma fille dit que ses copains de 20 ans l’adorent. Moi, j’adore pas. Quand je fais une télé, j’ai envie de transmettre l’info que mon disque existe, mais j’ai pas envie de me faire cuisiner par Ardisson. Je préfère une discussion avec toi, sincère, parfois impudique, peut-être trop personnelle. propos recueillis par BERNARD WERBER Bernard Werber
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25 juin 2002

Merci à EplucheMontreal.

Sud-Ouest
  • 24 juin 2002, «Mon coeur y est, plus mes jambes» > Sud-Ouest du 24 juin 2002 INTERVIEW Son dernier disque «Boucan d'enfer» fait un carton. "Je reviens de loin" affirme le chanteur, aprés sept ans d'un lourd silence. Rencontre. «Mon coeur y est, plus mes jambes» Recueilli par Yannick Delneste Renaud. « J'en ai marre d'être en première ligne, d'en prendre plein la gueule... » PHOTO ALAIN DUPLANTIER Sept ans et demi sans nouvelles discographiques. Où étiez-vous ? Je reviens de loin, du fond du trou. J'ai digéré mon chagrin d'amour. Je ne bois plus, mais je fume encore. J'ai trouvé un équilibre. Même si j'ai du mal à croire aux histoires d'amour. J'ai cru le mien indestructible et puis il a fini par exploser. On ne va pas non plus faire pleurer dans les chaumières : il n'y a rien de dandy non plus à pochtroner dans un bistrot parisien. Mais bon je n'étais pas bien dans ma tête, dans mon corps. Je raconte tout ça dans ce nouvel album. Difficile de regarder ailleurs quand on est mal ? J'avais effectivement un peu baissé les bras. Le monde extérieur m'intéressait infiniment moins. Je pensais plus qu'à ma petite peau, ma petite vie, à mes petits chagrins. Maintenant, ça revient. Vous comprenez qu'une misère affective ou sociale puisse entraîner des comportements irresponsables ? Le vote FN ? Les soucis de mal-vivre ne justifient pas de se vautrer dans la fange de l'extrême droite. Ma désespérance, c'est de voir d'où viennent les votes de Le Pen : essentiellement du Parti communiste. La classe ouvrière, qui a porté le drapeau rouge pendant des années, enfile la chemise brune. C'est à gerber. Qu'est-ce qui s'est passé ? L'époque. Le désespoir. La gauche qui ne s'intéresse plus aux petites gens, qui ne fait plus que de l'économique, du productivisme. Au lieu d'être la voix des sans-parole. Mitterrand me manque dans la configuration politique actuelle. Le raz-de-marée de la droite me fait doucement rigoler : dans cinq ans, ils vont être balayés. Cela a été un coup de bambou de voir que le parti xénophobe, raciste et antisémite soit devant la gauche le 21 avril. Moi-même je n'ai pas fait front, j'ai voté vert. Est-ce que j'aurais dû voter socialo ? La réaction dans les rues vous a-t-elle rassuré ? Mon coeur y est toujours mais plus mes jambes. A 50 balais, on n'a plus envie de défiler derrière des banderoles et des drapeaux. Je suis revenu un peu de tout ça. En 1984, vous chantiez déjà que vous étiez « Fatigué » de tout ça, que vous n'étiez plus qu'un « amoureux de la terre et de l'eau ». Toujours vrai ? C'est une chanson que je chanterais encore plus volontiers aujourd'hui. Avec plus encore de conviction peut-être. Je reste un amoureux de la nature : tout n'est pas foutu. Il reste quelques coins dans le Cantal (un coin où l'on a le moins voté FN !), le Vaucluse, au Québec où il y a encore de vraies saisons, un vrai rythme naturel de vie. Et des gens chaleureux, très humains. Ici, je me lève le matin, j'ai que du bonheur. Je lis la presse et je n'ai plus que du malheur. La marche du monde, l'injustice, la misère, l'oppression m'affectent toujours autant, me désespèrent. Je ne suis pas plus en colère aujourd'hui qu'il y a vingt ans. Pas moins. Mais j'ai moins envie d'exprimer cette colère. Marre d'être en première ligne, de prendre des coups dans la gueule. Place aux jeunes. Place à Noir Désir, Manu Chao, Akhenaton, Tryo, Bénabar, les Têtes Raides. J'aime bien ATTAC, j'aime bien José Bové. Je veux bien payer sa caution. Toujours sensible aux questions corse et basque ? Je suis attaché aux peuples sans Etat, aux peuples insoumis, rebelles au jacobinisme parisien centralisateur qui voudrait tout uniformiser, nier les langues, les peuples. J'ai fait de nombreux concerts pour les écoles basques, pour le regroupement des prisonniers politiques au Pays Basque. J'en ferai encore si on me le demande. J'ai passé mes vacances l'été dernier à Saint-Jean-de-Luz. Les gens y ont quelque chose de plus, de mieux. Comment devrait-on faire de la politique aujourd'hui ? Pas comme la gauche l'a fait dernièrement, en tout cas. La classe ouvrière n'existe plus : il y a plus qu'une classe moyenne, puis des exclus. Ca fait vingt-cinq ans que je chante « Hexagone » et Le Pen fait 20 % à la présidentielle. On se demande alors si on a servi à quelque chose. Ca me met un petit peu en rogne. La nature est le seul combat valable aujourd'hui. Les écologistes sont essentiels dans notre paysage politique. Ils sont vraiment à gauche, eux. 50 ans, c'est dur ? C'était dur à 30, c'était dur à 40 et c'est dur à 50. L'idéal, c'est d'arriver à 100. Toutes ces années qui passent me rapprochent du but à atteindre. Mais c'est un but angoissant. J'ai plus que jamais la nostalgie de l'enfance envolée. J'ai eu une enfance douce comme le miel, entouré de mes frères et soeurs et de parents formidables. Pas friquée, mais belle enfance. On ne s'en remet jamais.
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24 juin 2002

Benoît a communiqué cet article sur "Bouquin d'enfer".

Le Monde
  • 21 juin 2002, La chanson dans le texte > Le Monde du 21 juin 2002 La chanson dans le texte Thierry Séchan épingle son frère Renaud au panthéon des poètes et Philippe Grimbert analyse en praticien scrupuleux les paroles des tubes. RENAUD BOUQUIN D'ENFER de Thierry Séchan. Ed. du Rocher, 220 p., 17 €. CHANTONS SOUS LA PSY de Philippe Grimbert. Hachette, 176 p., 14,9 €. Le retour de Renaud fait grand bruit. Un "boucan d'enfer", même, pour reprendre le titre de son CD, paru chez Virgin. Accompagnant ces retrouvailles, Thierry Séchan consacre un nouvel opus à son cadet - il avait naguère livré un Roman de Renaud (Seghers, 1988). Un demi-siècle "sur terre" - son frère est né le 11 mai 1952 -, plus de vingt-cinq ans de "carrière", et les 26 lettres de l'alphabet pour égrener en touches sensibles, courtes citations à l'appui et quelques piques de bretteur bravache en sus, les souvenirs vagabonds, fiévreux ou déprimés, d'un chanteur irréductiblement singulier. Passées l'irritation de quelques acharnements sur des cibles vite identifiées et la complaisance très second degré, mais lassante à force de récurrence, pour les membres de la fratrie - "persifleurs, sifflotant sous les bombes et talentueux comme il n'est plus permis" -, le parti pris de Thierry Séchan, qui reprend de fait le principe du Dictionnaire énervant que Renaud composa lui-même, s'avère des plus heureux. Il offre comme autant de confidences des éclairages pudiques sur un créateur masqué par son image, trop typée pour résumer la subtilité d'un poète plus secret qu'il n'y paraît. On retrouve l'auteur du "tatatssin", inimitable "cri de guerre de visage pâle" évoquant avec mélancolie des "amis", parfois disparus et qu'il espère retrouver dans son Bistrot préféré (les textes du dernier album sont donnés en annexes, avec un superbe inédit, Mon paradis perdu) : "Les frères ne comptent pas, c'est le sang. Les amis, c'est le sol, même si c'est un sol mouvant." On retrouve sa fidélité bousculée mais jamais démentie à François Mitterrand, qu'il soutint pour la campagne de 1988 (l'appel "Tonton, laisse pas béton" dans Le Matin) et l'histoire encore à suivre avec quelques hôtes de la Closerie des lilas, Roda, "poète catalan", et Marco "dit Coco, dit le Corse parce qu'il est corse", Titouan Lamazou, "notre Gauguin", et Franck Langolff, "ogre délicat"..., éléments d'une galaxie où les minorités sont qualifiées d'office, "en particulier quand elles sont opprimées" ; d'où le récent hommage à François Santoni (Corsic'armes) ou aux gays (Petit pédé)... L'amour aussi. L'irremplaçable Dominique revient à tant d'entrées qu'on a peine à admettre qu'elle soit sortie de sa vie. Toxiques ou alcools, la descente aux enfers hante le répertoire de Renaud, jusqu'à ce dernier opus où il s'expose sans fard, rescapé d'un vertige qui a manqué l'engloutir. Faut-il lire là une nouvelle expression de l'ingestion orale comme ultime recours, réponse aux angoisses du temps qui passe et mène du vert paradis de l'enfance à l'inévitable mort, les "coco bohême" et autres "mistral gagnant"ouvrant déjà la voie à ces absorptions qui rejouent la métaphore du sein maternel ? Dernier rempart face à l'inéluctable ? DE SAISISSANTS DÉCRYPTAGES Ce serait là une lecture pour Philippe Grimbert, psychanalyste réputé, qui s'est récemment avec brio essayé au roman (La Petite Robe de Paul, Grasset, 2001), et ne se résout pas à limiter son champ. Auteur d'un remarqué Pas de fumée sans Freud qui tentait une "psychanalyse du fumeur"(Colin, 1999, repris en "Pluriel", chez Hachette), comme d'une Psychanalyse de la chanson (Les Belles Lettres/Archimbaud, 1996), il récidive avec un décapant Chantons sous la psy qui n'hésite pas à jouer du calembour, transformant le poncif "En France tout finit par des chansons" en un plus révélateur "Enfance, tout commence par des chansons". Partant du postulat simple que "l'homme est "de parole" comme l'arbre est de bois, comme la statue est de pierre", sous-jacent chez Freud et dont Lacan radicalisa la thèse, Grimbert écoute les succès populaires avec une attention de praticien scrupuleux, ce qui nous vaut de saisissants décryptages. Du sort fait à la "rétine" mise en jeu par Alain Souchon dans Sous les jupes des filles (1995) à l'impératif Etienne de Guesch Patti (1987) astucieusement mis en relation avec le discours de Zazie, du répertoire de Boby Lapointe à celui d'Ouvrard, où le corps aussi bavard que souffrant joue sur les maux avec une homophonie troublante (Freud ne demanda-t-il pas à rencontrer la chanteuse de caf'conc' Yvette Guilbert quand le Tout-Paris s'engouait pour l'hystérie qu'étudiait Charcot ?). De ce parcours passionnant, détachons le lumineux regard sur Papa pique (et Maman coud) de Charles Trenet (1940), dont on serait curieux de savoir si Grimbert confirmerait la filiation assumée par Patrick Juvet dans son Papa s'pique, maman s'shoote (1976), et le décisif lever de voile sur L'Aigle noir de Barbara (1970), dont il éclaire même les maladresses d'écriture. Du grand art ! Qu'on se rassure ! Ces dessous révélés n'amputent en rien le charme des ritournelles, et Grimbert prend soin d'apaiser son lecteur : "Leur charme l'emportera sur toute entreprise de psychanalyse appliquée, quelque chose en elles résistera toujours à l'interprétation." Philippe-Jean Catinchi • ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 21.06.02
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23 juin 2002

RTL2
  • 20 juin 2002, Retranscription Chat Renaud > RTL2 20 juin 2002 Renaud était en chat le 20 juin 2002 sur RTL2.fr ! Renaud : Salut les copains, salut les potos ........... *mathilde* Coucou Renaud, j'ai 17 ans et je me délecte à ta voix brisée depuis ma plus tendre enfance! Je voulais te féliciter pour les choix que "Docteur Renaud" a fait depuis quelques temps!!!!!! Je trouve que dans une société comme la nôtre, où alcool et tabac sont devenus un jeu, une mode, il est bien d'entendre un "ex-accro" témoigner de ses difficultés avec sincérité... tes rimes peuvent devenir une véritable prise de conscience pour les jeunes! Renaud : L'alcool comme le tabac sont des drogues dures, je suis encore un peu accro ... en tout cas au tabac, l'alcool j'essaye péniblement de m'en sortir il m'arrive de replonger dans des soirées trop arrosées mais si je pouvais dissuader les jeunes de ces 2 drogues là, je serais ravi !!! *mathilde* est ce que cet album etait dur a composer ? Renaud : composer ou ecrire ?? composer : j'ai eu beaucoupd e mal, au point que je ne m'y suis même pas aventuré, j'ai délégué cette tache a des amis compositeurs a mon avis mieux qualifiés aue moi, quand à l'écriture, j'ai mis : 6 ans et 3 semaines : 6 ans sans écrire une ligne, et 3 semaines pendant les quelles les chansons sont venues avec une grande facilité ! *Mary* T'as dit quoi a tes maitres quand t'as eu la chance de les croiser? Ou bien, tu diras quoi a ceux que tu retrouveras un jour? Renaud : je ne sais pas à qui tu penses en parlant de mes maitres ?? : est ce qu'il s'agit de george Brassens, de Fraçois Mitterrand, je leur aurai faire part de mon admiration et de mon affection et ma tendresse. mais ils sont nombreux, il y en a d'autres, j'en parle dans "mon bistrot préféré" extrait de mon nouvel album. ptit_pec* vas-tu svt sur le net? voir quels type de site? Le HLM? Renaud : je vais être très sincère : les premiers mois pendant lesquels j'ai utilisé le net, n'ont été consacré qu'à regarder des photos de "Q" des nuits entières, et puis ça m'a fatigué, je ne vais pas voir les sites de mes fans, car j'ai peur d'être , pas déçu, mais un peu dérouté par la somme d'informations qu'ils divulguent sur moi ! Mary* Tu nous dit quoi, a nous qui aimons tes chansons, pis qu'avons les boules de pas faire parti de ton ordinaire? Renaud : je suis un garçon un peu secret et solitaire, et vous imaginez bien que si je devais consacrer du temps et de l'affection à mes centaines de milliers de fans, j'y perdrais ma vie, vous êtes trop nombreux !! aure_l\\\_aveyronnais* salut j'ai 24 ans et je t'écoute depuis que j'ai 14 ans, je rêve que d'une chose c'est de faire découvrir les beaux paysage de l'aveyron(le pays de josé bové) pense tu qu'un jour tu accepterais ? Renaud : HO, volontier !! je suis un amoureux de la France, des belles régions, avec de beaux peuples, et je connais un peu l'Aveyron pour fréquenter le Cantal voisin ! et j'aime infiniment . *__* Renaud, j'ai toujours trouvé votre voix formidable. Pensez vous que ce nouveau album est meilleur que les autres? En quoi? Et... puis-je vous tutoyer? Renaud : Bien sur, tu peux me tutoyer .... ma voix est toujours aussi pourri, je préfèrerai toujours "mistral gagnant" et "morgan de toi", mais ce nouvel album est peut être si j'en crois son succès, meilleur que les 3 précédents ! *c_qd_con_va_ou* que penses tu de patrick BRUEL?ton avis sur lui a t'il changé? Renaud : Oui, bien sur ... je le trouvais agaçant, un peu trop sûr de lui, et la Bruelmania m'énervait comme je pense qu'lle l'a énervé lui aussi, mais je sais que c'est un garçon qui a du coeur et du talent, qu'il se réjouit du succès des autres , ce qui est rare et qu'il aime infiniment la chanson ! Il est généreux . *DomyReg* Bonjour Renaud et félicitations pour cet album. Mais je voulais savoir pourquoi JL Roques n'était pas présent ? Il a été licencié de chez Renaud ?? Renaud : ABSOLUMENT A cuase du vieil adage qui dit : "Prête de l'argent à un ami, tu perds l'argent et tu perds l'ami" . Pour moi, c'est : "Peut être" ! *jpf* quand sort ton film que tu as fais au canada? Renaud : A la fin de l'année, vers Décembre. Il y a 6 pages consacrées au film dans le N° d'aujourd'hui de Paris Match. *________* quel est le dernier album que vous aviez achetée? Renaud : J'ai eu la chance qu'on me l'offre, C'est le merveilleux album de Marianne Faithfull *NOUNOURS* il y a certaines chansons de l album que tu avais deja chante en concert y a 2 ou 3 ans pourquoi pas les avoir sorti en album a cette epoque? Renaud : tout simplement parce qu'à cette époque, je n'avais que 2 ou 3 chansons, pas de quoi faire un album, juste un single, et je les offrais en avant première au public. Razmoket* que penses tu de la nouvelle vague des chanteurs francais comme louise attaque, miossec etc...? Renaud : je ne veux pas être méchant, mais : Pas grand chose ... mais pour tout te dire, je ne les connais pas suffisemment pour porter un jugement défibitif, j'aime bien "Noir Désir" mais on ne peut pas dire que ce soit vraiment la nouvelle génération, ou nouvelle vague ! et puis aussi Manu Tchao DomyReg* Je voulais savoir comment Dominique et Lolita ont réagi par rapport à cet album, et notamment à propos de la promo, où tu étais plus ou moins obligé de raconter tout ce qu'il s'est passé ? Ca n'a pas du être simple à vivre ... Renaud : Elles trouvaient les chansons belles, donc elles étaient ravies que je les défendent mais elles étaient génées de voir que du coup, j'étais obligé de me livrer sans pudeur sur ma vie sentimentale coco56* //musique elle a vu le loup est ce que tu as dit a ta fille ou ce que tu aurais aimé lui dire car il me semble qu'elle a un peu plus de 15 ans Renaud : j'ai écrit la chanson il y a 6 ans, elle avait 16 ans à l'époque, j'ai situé la chanson 1 an auparavant quand elle en avait 15, aujourd'hui, elle est un peu embarassée de me voir parler de ce sujet si personnel et si secret mais elle trouve la chanson jolie, donc elle me pardonne ! *Stephanie_* A quand une tournée en France ????? Renaud : Début Décembre, pour plus d'un an de dates, dans des palais des sports ou des Zéniths que des grandes salles ! jpf* putain qu'il beau et bon ton album la vie est dure mais vivre faut le coup quand même Renaud : et ouai !!!! la vie ne vaut rien, mais rien ne vaut une vie ! *DomyReg* A quand des nouvelles fraiches de Germaine, la Pépette, ou bien Manu ? Sur le prochain album peut-être ?? Renaud : peut être, j'ai toujours inventé des personnages dans mes chansons, j'espère en inventer d'autres, ou faire revenir ceux la ! Mary* T'aides des jeunes a se lancer, dans la chanson, l'ecriture? Renaud : A se lancer, pas vraiment ... mais je suis toujours partant pour donner sa chance à un artiste moins connu que moi sur une première partie de spectacle, ou a produire des albums de chanteurs méconnus, breizhmanue* je voulais savoir si tu penses qu'avec l'age tu as perdu de la hargne et de la rage qui faisaient de toi un artiste "hors norme" ? Renaud : Je ne sais pas si c'est à cause de l'âge ou d'une certaine forme de désillusion et de lassitude, mais même si j'ai toujours la Rage, j'ai moins envie qu'autrefois de crier mes colères ! parce que ça me semble un peu dérisoire et futil Fatigue_mais_heureux_de_vivre___* Salut renaud. J'ai 20 ans et je dois avouer que je suis fous de toutes tes chansons. Tu arrive à mélanger de superbes mélodie avec des paroles qui tapent vraiment là ou il faut. Pour tout cela, je te remercierais jamais assez... je sais que tu es un chanteur engagé, et je voudrait te demander de ce que tu pense de la France, et notemment du taux d'abstention au législatives par exemple, de cet ininterpet des frança Renaud : C'est TRISTE ! les élections sont le seul moment où mes compatriotes peuvent exprimer leur colère ou leur amour pour un candidat ou un autre, mais je me demande si je ne préfère pas l'abstention au vote FN . TIOUS* Est ce que c'est tes potes qui en avaient marre de te voir au bistrot et qui t'on dis de refaire des chansons ou c'est ti qui a decidé? Renaud : C'est moi qui ai décidé, les potes m'ont soutenus, mais on en sort toujours seul ! et puis, j'avais le sentiment qu'il y avait une vraie attente du public après tant d'années d'absence ! *norton* je voudrais savoir si tu arrives à te projetter dans l'AVENIR ? Renaud : ça ne m'intéresse pas beaucoup, mon objectif c'est d'être assis sur un banc, dans un square, de regarder mes petits enfants jouer dans un bac à sable ! Mais en attendant, je préfère rester le plus jeune possible ! Au moins dans ma tête. *[Steven]* quel est le chanteur français que tu admire le plus ? Renaud : vivant ? Alain souchon Disparu : Brassens Disparu, mais toujours vivant ! BOOGIE_STYLE* T'as n'a pas marre que le grand public ne te vois que par Mistral gagnant, alors que ton répertoire est beaucoup plus riche Renaud : c'est je crois ma plus belle chanson, il y a mon public, et il y a le grand public ! c'est vrai que le grand public ne connait que les tubes radio, MON public connait mieux mon répertoire, il y a aussi quelques jolies chansons méconnues Tant pis !! *GerardLambert* Si tu n'étais pas devenu chanteur, kel boulot t'aurait le plus plu? Renaud : instituteur, ou Potier. Instituteur, par amour des enfants, potier, par amour de la terre. *rag* Dans ton album, tu dis que tu ne chanteras pas pour les "blaireaux de la tele" pourtant on te voit sur toutes les chaines. Explications?? Renaud : j'ai fait en tout et pour tout depuis 2 mois , 4 émissions de télévision, je ne pense pas vous gaver par une surexposition excessive, Drucker, Sevran, Fogiel quand aux blaireaux de la télé, je pensais à quelques animateurs de TF1 bien connus !!! Baptiste* Bonjour et bravo pour ton album que j'écoute en boucle! Comment est né ce super duo avec Axelle Red? Vous vous connaissez bien? Renaud : Je la connaissait très peu, j'avais envie d'une voix féminine pour ce texte écrit au masculin et au féminin, et j'ai bien évidemment fait appel à ma chanteuse francophone préférée, c'était elle. *Lola_G_* J'aimerasi savoir qui est le Michel de "La Blanche" ? Renaud : Il ne s'agit pas comme certains l'ont pensé, de Michel Colucci, dit coluche mais d'un pote à moi toccico qui d'ailleurs a disparu suite au Sida il y a quelques mois . Anita* Avec le recul, y a-t-il des chansons que vous regrettez d'avoir écrit et, au contraire, des thèmes que vous regrettez de n'avoir pas abordé au moment adéquat? Renaud : ma réponse sera très simple, NON, je ne regrète rien, quand aux thèmes que je n'ai pas encore abordé, peut être que ce sera l'objet de futures chansons, mais au bout de 12 albums, on a un peu l'impression de tourner en rond, et on se demande bien ce qu'on a encore envie de raconter aux gens . ________* salut,j'ai 17ans et j'ai decouvert le fond des textes de tes chansons il y a 3 ans,et je pense que tu ne dis que ce que tu penses vraiment alors j'aimerai savoir ce qui t'as plus dans la region du nord , et si tu as decouvert le nord seulement quand tu as tourné germinal Renaud : Oui, je l'avais traversé en tournée sans jamais m'y arrêter pendant Germinal, j'ai eu l'occasion d'y passer 6 mois, j'y ai découvert un pays et un peuple qui m'ont bouleversé par leur humanité ! *men_of_consta_t_sorrow* Tu es le premier maitre de feu Brassens, mais quelle est sa chanson que tu préfères? Renaud : je ne suis pas le premier maitre, je suis j'espère un de ses bons élèves ! la plus belle chanson est peut être : L'Auvergnat . david_* j'aimerai savoir, si tu avais le choix: tu preferai chanter en duo avec Goldman ou Sardou?? Renaud : j'aime bien les 2, je préfèrerais chanter avec un chanteur qui ne m'écrase pas par ses performances vocales . et pour ça, les 2 cités sont balaises ..... Mais non, rassurez vous, Le RENAUD a pris le dessus ! sinon, je ne serais pas là, je serais au bistrot ! will* dans tes premieres chansons, tu vanter les mérites du chichon mais maintenat tu dis qu'il rend idiot et que renard s'explose le ciboulot avec,aurais tu changé d'avis ? Renaud : Non, j'ai toujours considéré que le chichon rendait idiot, il provoque chez moi, parfois une douce euphorie, quand j'en use, et une extrême paranoïa quand j'en abuse. vincentlevy* Aimes tu toujour naviguer ? Renaud : NON, la passion des aventures des océans m'a un peu quitté quand j'ai eu le sentiment d'en avoir fait le tour, je suis un urbain, un terrien, un taureau ( mon signe !) *xav* C'est encore vraiment du "Renaud" de tourner avec Johnny et Depardieu? Renaud : J'aurai pu tomber plus mal ...... sauf que pour arrêter de boire, avec Richard Borhinger, c'est pas forcément la compagnie idéale. julo37* renaud, tu parles souvent dans tes interviews récentes du prochain album, comment se fait il que tu y penses déjà alors que boucan d'enfer vient de sortir. ton envie d'écrire est elle définitivement revenue ? Renaud : Absolument, sur cet album, j'avais 18 chansons et je n'en ai enregistré que 14, les 4 restantes constituent déjà le début du prochain, et l'inspirtion m'étant revenue : j'ai très envie d'écrire à nouveau . fred* bonjour, sais tu combien d'album de "boucan d'enfer" ont été vendu à ce jour Renaud : Oui, 746 000 exemplaires ! plus que " A la belle de mai" en 7 années ! *Loane* kelle sensation eprouvez vous par tant d'admiration de vos fans après tant d'absence ? je vous adore et vous souhaite le meilleur pour l'avenir Renaud : Je suis touché par votre fidélité, et je vous remercie de vos souhaits. *efelenji* l'hexagone restera pour moi ta meilleure chanson,tu viens de dire que tu aimais Noir Désir ,est ce pour leur anarchie ????? Renaud : Ce sont de jeunes rebels engagés, révoltés, insoumis, appelont ça : anarchistes si vous voulez ! mais surtout, ils font de belles chansons . bspp`vnr* etes vous engagez en faveur d'une action associative autre que les restos du coeur Renaud : oui, mais si je vous dit laquelle, ma carrière est foutu !!!!!!!! je cotise à l'orphelinat mutualiste de la police nationale . étonnant, NON ??? *Loane* vous recherchez vraiment l'ame soeur ? dans votre nouvel album on dirait comme une annonce ? avez vous déja eu des propositions comment allez vous faire le choix il va y avoir foule ;) Renaud : Personne ne se bouscule au portillon, ;-) et actuellement, je préfère la solitude à une vie de couple. sirene* a part les traditionnelles séances d'autographe et les chat comme ce soir, quelle sserait pour toi la meilleure attention de la part d'un fan? Renaud : qu'il me lache la grappe !! et pour info, c'est ce soir, le tout premier CHAT auquel je participe. liberte* je trouvais ta comparaison "ce que les diable est au bon dieu..." avec StarAcademy excellente!! d'ou ca vient? Renaud : de ma petite imagination... *carl* quelle est ta plus grande qualité et ton plus grand défaut ? Renaud : c'est le même : la naïveté . je trouve que c'est une qualité, mais j'en suis souvent la victime, donc c'est un défaut. Laeti80* Et tu impatient de cette tournée? Renaud : Oh Oui, si Dieu me prête vie . ça va être très beau, un décor d'enfer ! Freeman* et combien de temps durera la tournée? Renaud : environ 1 an 1/2 cruchot* est ce vrai que la scene de ton future spectacle representera une place un soir de 14 juillet ? Renaud : je ne sais pas comment tu es au courant de ça, mais c'est vrai, une place de village, Corse ou Basque avec la fontaine, le bitrot l'estrade de balloche, l'église et l'école. CEd* Pourquoi ce retour au grandes salles ? Je trouve que le format de salle plus intimiste te convient mieux.. Renaud : je n'ai jamais su ce que je péférais. vu l'affluence du public, et le succès de cet album, peut être que mes mamagers pour des raisons économiques pensent qu'il est plus intéressant de faire des grosses salles . Quoi qu'il en soit, après cette grosse tournée, et comme beaucoup d'artistes actuellement, j'en ferais une autre en plus petite formation dans des plus petites salles . ainsi, tous le monde sera content ! Max* Renaud moi je voudrais savoir, penses tu que l'amour est aussi ephemere que ce que tu decris dans la chanson ou tu vois les amoureux dans le bistro? Renaud : l'amour est éternel, le couple est fragile surtout chez les ados d'aujourd'hui. j'éspère me tromper ! Fanderenaud* que penses tu de Laurent Voulzy ? Renaud : J'aime infiniment. il a outre ses magnifiques chansons, un visage de gamin rieur, et malin. *Loane* aimes tu le foot et ke penses tu de ce qui est arrivé aux bleus ? Renaud : J'aime le foot, ils auraient dû l'aimer aux aussi, au lieu d'aimer la PUB ! pronotsic pour la finale : Sénégal - Brésil je donne 2 à 0 pour le Brésil . *blueace* Combien de reels "amis" consideres-tu avoir ? Renaud : une petite dizaine ce qui est déjà énorme . mes amis sont ceux que je peux réveiller à 4 heure du matin pour leur dire que je vais mal, et qui débarquent. maestro* C'est l'attente du public qui t'as quelque part sortie de la galere??? Renaud : Non, c'est la volonté, c'est ma fille, c'est le désir d'arrêter de me détruire, c'est l'inspiration qui est revenue, vous ne m'avez pas manqué, puisque vous avez toujours été présents . Fanderenaud* que penses-tu du sujet donné au bac :" La politique est-elle une science ou un art" ? Renaud : Si je pensais quelque chose d'intéressant sur ce sujet, j'aurais eu mon bac ! *Loane* de quoi as tu le plus peur dans la vie ? Renaud : des araignées, de la maladie de la trahison des amis, et puis bien sur: de la mort, quoi que ................. *c_qd_con_va_ou* qu'elle est l'endroit ou tu te sens le mieu?? ton paradis sur terre?!! Renaud : une petite île grecque dans les cyclades qui s'appelle "Patmos" où Saint Jean l'évangéliste a écrit "l'apocalypse" et où j'ai passé les plus belles années de ma vie . mais j'aime aussi beaucoup un petit village du Cantal dans le parc naturel des volcans d'Auvergne quis 'appelle : Saint Etienne de Chomeil. Mais je vous en supplis, n'y venez PAS !!!!!! *arno* salut renaud, que pense tu d'un jeune de 20 ans qui se reconnait dans tes textes ? Renaud : ça me touche infiniment, surtout quand je sais qu'à sa naissance, je chantais déjà depuis près d 10 ans, et puis, je me sens moins "vieux con" de savoir que les jeunes générations se reconnaissent dans mes écrits. Renaud : Salut mes potes internautes, @ bientôt ! sur les routes ou ailleurs .pour une tournée qui j'espère fera : "un boucan d'enfer ... ta ta tssin !
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22 juin 2002

Paris-Match
  • 24 mai 2002, Entrevue > Paris-Match du 24 mai 2002 entrevue Etre chanteur, c'est épuisant. Créer dans la solitude et tenir deux heures et demie sur scène, c'est une épreuve. Le fric on ne le vole pas. Quand je vois ces chanteuses fabriquées par la télé, je suis écœuré. - Vous avez repris vos concerts dans la plus grande discrétion, sans la moindre publicité, sans orchestre, dans des salles toutes petites ; vous qui remplissiez les 7000 places du Zénith huit soirs de suite... - J'avais totalement perdu confiance en moi, j'étais dépressif, sans inspiration, j'avais écrit cinq chansons il y a cinq ans, puis plus rien... Je m'étiolais. Pour sortir du trou, j'ai décidé de repartir sur les routes avec juste un pianiste et un guitariste, sans publicité, et surtout sans nouvel album, sans nouveau tube, sans nouveauté à défendre. J'ai fait plus de 200 concerts sur un an et demi dans des petits théâtres. C'était bourré. Les places se vendaient en quelques heures. - Pourquoi votre inspiration s'était-elle tarie ? - Ma dépression, ma tendance à pochetronner m'avaient un peu bloqué la plume... - On dit qu'on crée mieux dans la souffrance... - Oui, quand j'ai retrouvé l'inspiration, je n'avais pas retrouvé ma joie de vivre. Et mes chansons ne sont pas joyeuses, elles reflètent mes angoisses, ma solitude, ma séparation conjugale, mon... désespoir... J'ai créé dans la souffrance un album... de souffrance. - Vous aviez besoin de parler de vous, moins de vos révoltes sur le monde ? - Oui, je suis dans l'introspection : mes soucis, mes chagrins, mes doutes... - Est-ce que formuler cette douleur vous a aidé à la surmonter ? - Oui. Ecrire, me livrer, fut une forme de thérapie. - Alors pourquoi avoir attendu si longtemps ? - Ça ne venait pas... ma plume était asséchée, je me complaisais dans ma dépression... Je croyais que mes malheurs n'intéressaient personne... - "Je me complaisais dans ma dépression" dites-vous ? - Enfin... je me soignais avec des médicaments à la con, antidépresseurs, anxiolytiques, ajoutés au pastis, mon poison préféré, cela produisait des effets assez désastreux sur mon mental et mon physique : j'avais des troubles neurologiques, un foie bien amoché. Un ami médecin me disait : "Continue de boire comme ça et dans deux ans, tu as une cirrhose et tu es mort." Alors, avant de me remettre au micro, en janvier dernier, j'ai passé huit jours dans une clinique psychiatrique où j'avais mes habitudes... J'en suis sorti triste buveur d'eau. Et je tiens bon depuis trois mois. C'est difficile. L'alcool, c'est une drogue dure. - Dans les moments les plus sombres, aviez-vous des amis qui vous soutenaient ? - Oui, ma famille, mes cinq frères et sœurs... Jean-Pierre Bucolo, le plus fidèle ami, mon arrangeur. Ils me sermonnaient, me faisaient la morale... Bien plus efficaces - et moins chers - que les psychiatres que j'ai pu rencontrer pendant toutes ces années ! -Avez-vous été surpris de plonger si profondément ? - C'était une vieille souffrance que je traînais depuis longtemps et qui a commencé à se manifester autour de 45 ans : mélancolie, nostalgie de mon enfance... - Puis votre rupture conjugale... - Là, j'ai tout perdu : ma vie de couple, ma vie de famille. Aujourd'hui, je considère qu'il n'y a pas eu rupture mais séparation. On vit notre histoire d'amour de manière différente. Dominique est l'être que j'aime le plus au monde avec mon enfant et mes très proches parents. Et je crois qu'elle m'aime toujours autant, Partir a été une souffrance pour elle aussi. Mais il fallait qu'elle sauve sa peau de mes folies, de mon désespoir chronique, de mes paranoïas, de mon hypocondrie, de ma peur de la vie... et de la mort. Elle a toujours été là, elle l'est encore. C'est la femme la plus droite que je connaisse. - Votre fille, Lolita, a 22 ans. Dans "Mon amoureux", vous anticipez ses fiançailles... - Oui, je sermonne ce garçon hypothétique en lui disant : si tu veux que ma fille t'aime, tu as intérêt à être protestant comme moi, à soutenir telle équipe de foot comme moi, à aimer René Fallet, Che Guevara... Pour l'instant, le futur gendre ne s'est pas présenté. Personne ne me l'a encore enlevée... - Comment a-t-elle réagi en vous voyant plonger ? - Elle est entière, forte, intransigeante, comme sa mère. Et elle m'a dit : "Si tu continues comme ça, je ne veux plus te voir." Cela a été un déclic. - Au plus profond de votre détresse, avez-vous eu des tentations suicidaires ? - Non, jamais. J'aime la vie au-delà de tout. Mais j'étais autodestructeur. Quelle ironie, quand on est hypocondriaque ! - Aviez-vous assez d'argent pour ne rien faire pendant toutes ces années... et laisser de telles additions dans les bars ? - Avec le produit de mes ventes de disques depuis vingt-sept ans, j'avais pas mal d'argent de côté. De toute façon, à part l'alcool, je vivais de peu de choses, plus aucun goût de luxe... - Pendant ces années d'interruption, qu'avez-vous découvert sur vous-même que votre gloire occultait ? - Mais le succès ne m'a jamais grisé ! J'ai toujours été bouleversé par la fidélité et l'amour des gens. J'avais moins de temps à consacrer à mon nombril et à mon mal de vivre. Le rythme, c'était un album, deux ans de tournées, un an d'écriture... Là, j'ai eu largement le temps de m'angoisser sur ce qui allait m'arriver si je n'arrivais pas à pondre. Je risquais de perdre toute fonction sociale. -Aujourd'hui, avec "Popstar" ou "StarAcademy", c'est la télé qui fabrique les chanteurs. Ça doit vous révolter... - Ça m'a choqué, écœuré. Autrefois, un chanteur mettait dix ans à s'imposer : dix ans de scènes, de galas, de galères... Maintenant, on prend une poignée d'ados branchés qu'on fout dans un loft, trois pas de danse, un micro, ils sont stars ! Ils n'ont rien à vendre, rien à dire, rien à faire. Hallucinant ! - Il y a pourtant un public pour ces chanteuses jetables. La petite Alizée a un succès fou auprès des préados ! - On ne peut pas leur en vouloir, moi aussi je raffole d'Alizée ! [Rires.] - Vous ne faites pas vos 50 ans, malgré vos excès... - Heu... c'est gentil. Pourtant je me sens parfois assez vieux... Et je préfère éviter les miroirs, je déteste me voir en photo. Ces cernes qui marquent mes yeux... Et l'intérieur est encore plus fragile que la surface... - Ça n'empêche pas les filles de vous tourner autour, au contraire... - Ma vie sentimentale et sexuelle est un désert. Cela ne me dérange pas. Je crois encore à l'amour, mais j'ai du mal à croire au couple pour la vie ; comme mes parents qui s'aiment depuis soixante ans. -Vous arrive-t-il de penser que dans une vie on dort, un jour ou l'autre, "payer" sa chance ? - J'en ai toujours été convaincu. Je me revois en 1983 dans ma loge au Zénith, disant : "Tout ce bonheur qui me tombe dessus, tôt ou tard, je devrai le payer." J'ai toujours été heureux : à 15 ans, à 20 ans, ensuite le succès, l'argent... puis l'amour pour une femme il y a vingt-sept ans, notre fille... Je prenais ça comme un cadeau du ciel. -Vous semblez surpris d'avoir reçu ces "cadeaux"... - Oui, j'ai le sentiment d'une injustice : je n'ai pas fait grand-chose pour cela, j'ai arrêté mes études à 16 ans, je n'ai pas bûché la musique, ni travaillé ma culture littéraire. J'ai l'impression d'avoir été choisi par un doigt divin... Et mon éducation protestante ne m'a pas aidé à assumer la réussite et l'argent. Chez moi, on n'en avait pas. Donc quand j'en ai eu, des journalistes me l'ont reproché. Pourtant, ce fric, on le vole pas, on n'exploite personne, on bosse dur. Etre chanteur, c'est épuisant, on donne beau coup de soi. Créer dans la solitude et chanter deux heures et demie sur scène, c'est une épreuve physique, nerveuse... passe à autre chose. J'ai collectionné pendant des années des albums de B.d., je passais ma vie à Bruxelles dans des boutiques spécialisées, dans les ventes aux enchères. Le jour où j'ai possédé tous ces albums qui m'avaient fait rêver, j'ai arrêté. Je ne les regarde plus. Je me suis aussi lancé dans la sculpture et dans le modelage pendant trois ans : des bustes, des oiseaux, il y a même ce bas-relief que j'ai fait du visage de Brassens exposé sur son ancienne maison, impasse Florimont, à Paris dans le XIVe... Quand j'ai réussi un jour une très belle pièce en glaise - un corps de femme nue -, que j'ai fait un moule pour en réaliser un bronze, j'étais tellement heureux que j'ai compris que je ne ferais jamais mieux. J'ai arrêté. Quand Claude Berri m'a fait découvrir la peinture contemporaine, je m'y suis mis : j'ai peint trois toiles par jour pendant six mois ! Et un jour j'en ai fait une qui m'a tellement plu que je me suis dit que je ne pourrais pas dépasser cela, j'ai arrêté. - Vous semblez aussi avoir laissé tomber vos idéaux, ces passions propres à l'adolescence... - Oui, j'aurais aimé rester idéaliste. Le monde m'a appris à ne plus croire en grand-chose : l'humanitaire, la politique leurs porte-parole. Je n'ai plus de Che Guevara, de Tonton, même José Bové me déçoit. Dommage... j'aimais bien avoir des idoles. Catherine Schwaab
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TéléMoustique
  • 22 mai 2002, Entrevue > TéléMoustique du 22 mai 2002 Entrevue "Boucan d'enfer" met fin à huit ans de silence de la plus belle des façons. Renaud a retrouvé sa voix d'enfant et ses textes d'antan. La fable de Docteur Renaud, Mister Renard est terrible mais semble connaître une fin heureuse. Renaud ne décolle plus de la Closerie des Lilas, brasserie historique où, pendant des décennies, toute la littérature s'est donné rendez-vous. C'est là, à deux pas de chez lui, qu'il est minutieusement devenu "ivrogne" (son terme). C'est là, à sa table favorite et dans son attitude habituelle, qu'il s'est fait peindre pour la pochette de "Boucan d'enfer", l'album que plus personne n'espérait. C'est là aussi qu'il donne quelques entretiens, à la fois effrayants et encourageants. Car si Renaud a visité l'enfer, le boucan qu'il en ramène est un pur chef-d'œuvre. Mais le jour de notre rencontre, son optimisme neuf était plombé par les résultats du premier tour des élections françaises. « On dirait que les associations humanitaires et antiracistes ont bossé pour rien. Ça fait 25 ans que je milite à ma façon avec un message de fraternité. J'ai l'impression d'avoir chanté pour rien. Mais le désengagement présent dans Boucan d'enfer reflète une période de ma vie où j'étais totalement désabusé. Il suffit d'un événement comme celui-ci pour me réveiller et me donner envie d'utiliser mes concerts comme une tribune. » La promotion n'a jamais été ton sport favori. Cette fois, tu devras en plus justifier une longue absence en détaillant de douloureux moments de vie privée. Cela te fait peur ? Renaud Séchan. - Un peu. Je sais que je ne pourrai pas y échapper puisque ces chansons parlent beaucoup de moi. Mais c'était aussi le cas quand ma vie privée était heureuse. En interview, j'ai surtout la hantise de ne pas avoir le mot juste, celui que je trouve quand j'écris une chanson. Mais c'est aussi mon boulot de raconter ce le j'ai sur le cœur. J'ai écrit cinq chansons il y a cinq ans dont "Boucan d'en fer" et "Elle a vu le loup" le je jouais sur scène. Puis, j'ai retraversé une période sans inspiration. Jusqu'en octobre dernier, il y a eu cinq ans de vide absolu. La tournée de 200 concerts m'a donné du cœur à l'ouvrage, mais pas rendu l'inspiration. J'étais écœuré, par la politique, par ce monde agressif, ces conflits qui s'éternisent d'un bout à l'autre de la planète, fatigué d'être un porte-parole qui prend des coups. Je n'essayais même plus d'écrire. Je n'avais pas d'idée et pas d'envie. Certains soirs de cette tournée, tu étais en petite forme. R.S. - Je ne m'aimais pas. J'étais bouffi et j'avais les cordes vocales rongées par le tabac et l'alcool. Je n'ai jamais très bien chanté mais là, on se rendait compte combien je souffrais pour pousser ma voix. Heureusement, les gens sont très fidèles. J'ai eu de nombreux témoignages de cette compréhension. Dans ce moment de vide, l'attente du public comptait encore ? R.S. - Ma maison de disques m'a laissé en paix. Je sentais que mes amis et le public attendaient mais je m'en foutais un peu. J'avais fait mon boulot, pas mal, pendant 25 ans et je pensais avoir plus rien à dire. Mais comme je ne sais que chanter, je me demandais ce que j'allais devenir. Sans la musique, je m'étiole, alors me remettre à écrire fut le plus grand plaisir de ma carrière. Mettre le mot "fin" au bas d'une chanson et en être satisfait... C'est revenu d'un coup, de manière miraculeuse. J'ai écrit une douzaine de chansons d'octobre à décembre. Tu as aujourd'hui retrouvé la maîtrise de ton écriture ? R.S. - Mon style est un peu plus classique. Il n'y a quasiment plus d'argot. J'avais autrefois une patte plus populaire. Je suis très ému qu'on apprécie autant le nouvel album mais je préfère toujours "Mistral gagnant". Les musiques, tu les as laissées à Jean-Pierre Bucolo et Alain Lanty qui t'accompagnaient lors de la tournée intime. R.S. - J'ai composé seul la majorité de mes cinq premiers albums mais j'ai de plus en plus de mal avec le temps qui passe. Je joue aussi mal de la guitare aujourd'hui qu'il y a 25 ans. Avec le peu d'accords que je connais, j'ai eu la chance d'écrire quelques belles mélodies (dont "Mistral gagnant") mais forcément, la sève s'épuise. Je me répète. Je préférais me revendiquer auteur-compositeur mais je suis trop flemmard pour me donner du mal à apprendre le piano ou la guitare sérieusement. Alors, j'ai délégué à mes très proches qui étaient là quand je me suis remis à écrire mais aussi quand je n'écrivais pas... De toute façon, je suis d'abord auteur. La musique est un véhicule pour amener mes mots au public. Il y a 25 ans à Bobino, je disais : "Auteur par plaisir, compositeur par nécessité, chanteur par provocation". C'est toujours le cas. « Docteur Renaud, Mister Renard » explique qui t'est arrivé en faisant un parallèle avec Gainsbourg, Gainsbarre et donc il y a aussi une Jane Birkin dans ton histoire. R.S. - Le parallèle correspond à la réalité mais, mes plus proches copains m'appellent vraiment Renard. Comme chez tout le monde, il y a toujours eu chez moi un côté enthousiaste et un côté désabusé, optimiste et pessimiste, de la joie de vivre et du cafard. J'ai noirci le tableau en riant de cette période de ma vie où je n'écrivais plus, où je buvais et où j'étais malheureux suite à ma séparation conjugale évoquée dans deux chansons ("Cœur perdu", "Boucan d'enfer"). Tu as vraiment cru qu'il n'y aurait plus album de Renaud ? R.S. - A la fin de la tournée, j'étais persuadé que je n'y arriverais pas. Je ne voyais pas ce qui allait redéclencher l'inspiration. Des copains m'ont filé des musiques pour tenter de susciter l'envie mais j'étais désespérément vide. La source était tarie, j'en étais persuadé. Une idée de chanson te vient donc naturellement ou pas du tout. "Je vis caché", où tu t'en prends à beaucoup de monde, semble pourtant reprendre volontairement, comme un exercice, un ton et une forme habituels chez toi. R.S. - J'écris sans rechercher de veine particulière mais en tentant de toucher les gens. J'ai heureusement encore quelques sujets d'énervement. "Je vis caché" correspond aux années que je venais de vivre éloigné des caméras, des micros, des mouvements humanitaires ou politiques. Je suis resté entre les quatre murs de mon bistrot. C'est ce bar, la Closerie des Lilas, où les noms des écrivains qui l'ont fréquenté sont inscrits sur les tables, qui t'a donné l'idée de "Mon bistrot préféré" ? R.S. - Non. Depuis des années, dans mes coups de cafard, je repensais à tous ceux que j'ai aimés et que j'ai perdus ou que j'ai aimés sans les connaître. Ce n'est pas quelque chose qui ces dernières années a contribué à me donner la pêche, mais je les réunissais dans un bistrot imaginaire, mon panthéon personnel. Je regrette d'avoir oublié beaucoup de monde comme Barbara, Mouloudji, Jean-Roger Caussimon. Axelle Red est bien vivante sur le duo "Manhattan-Kaboul". R.S. - J'ai pensé immédiatement à elle quand j'ai écrit ce texte masculin/féminin. Depuis quatre ou cinq ans, c'est ma chanteuse francophone préférée. Elle a du charme, des textes sympas, un univers musical. Sa voix est belle et touchante. En revanche, BHL n'est pas à l'honneur dans "L'Entarté". R.S. - Le personnage sur-médiatisé de Bernard-Henri Lévy m'agace, sa façon de vouloir nous imposer son prêt-à-penser, son politiquement correct, ce besoin d'être un personnage qui compte dans la marche du monde. Je le trouve prétentieux, imbu de lui-même et manquant d'humour. Mais son avocat, qui a exigé le texte avant la sortie de l'album, m'a dit qu'il avait trouvé ça drôle, il serait donc beau joueur. L'entarteur Noël Godin, j'aurais peut-être dû éviter de le citer. Il a un côté anarchiste de droite que je trouve pas blanc-blanc. L'entartage est un acte assez violent mais quand il touche BHL ou le maître du monde Bill Gâtes, cela fait rire. J'ai voulu faire une chanson qui mette les rieurs de mon côté. Je le regrette un petit peu car je suis une âme sensible. (Rire.) "Corsic'armes" fait allusion à quelqu'un de précis sans le nommer. R.S. - C'est François Santoni. Depuis janvier, il fréquentait le même bar que moi et il a été assassiné en août. Il m'aimait bien et m'a invité quelques fois à sa table. Le personnage était captivant. Il parlait de la question corse, des conflits avec l'Etat français ou entre bandes rivales. Un chat ne retrouverait pas ses petits dans ces histoires. Dans la chanson, je parle de la beauté de la Corse mais aussi de la violence à laquelle il était lié. A sa mort, on a beaucoup parlé de pratiques mafieuses. Je m'interroge sur son parcours mais en même temps, à travers lui, je rends hommage aux Corses insoumis qui luttent pour faire reconnaître leurs différences face au jacobinisme parisien, face aux spéculateurs qui veulent faire de l'île une nouvelle Côte d'Azur. "Baltique" rend hommage au chien de Mitterrand ou encore une fois à son maître ? R.S. - L'idée était de rendre hommage aux animaux, aux chiens en particulier, à celui-là en l'occurrence et à travers lui, à Mitterrand. Moi aussi, je l'ai beaucoup aimé. Je me mets à la place du chien mais je ne lui ai jamais léché la main. J'ai attaqué Mitterrand quelquefois, soutenu souvent et aimé toujours. Beaucoup d'individus se complaisent à cracher sur son cercueil, je le défends avec d'autant plus d'acharnement. Dans "Tout arrêter", tu envisages d'abandonner Les Restos du cœur. Ça semble impossible. R.S. - C'est une chanson sur mon époque de désespoir, quand je voulais renoncer à toutes mes passions. J'aurais pu aussi dire que j'arrêtais la pêche et la BD. Je n'ai pas encore recommencé mais, petit à petit, j'y reviendrai. Je suis en période de renaissance depuis que j'ai recommencé à écrire et que j'ai arrêté de boire. Enfin... que je ne suis plus un ivrogne. Tes proches, ta famille, ta fille, ton ex-femme n'ont pas essayé de t'aider à sortir de cet alcoolisme ? R.S. - Bien sûr. Je savais qu'ils avaient raison, je savais que j'étais une épave mais j'étais tellement intoxiqué physiquement que je ne pouvais pas suivre leurs conseils. Comme si rien n'avait changé, l'album est, comme les autres, dédié à Dominique et Lolita. R.S. - Elles m'ont soutenu pendant ces années noires et, de me voir dans cet état, elles ont souffert autant que moi. J'ai commencé à boire et à me détruire bien avant la séparation. Je ne vis plus sous le même toit que mon épouse mais on s'aime toujours. On n'efface pas comme ça 25 ans de vie commune. Dans "Mal barrés", tu ne prédis pas un avenir radieux à un jeune couple. Par contre, dans "Petit pédé", "seul l'amour guérit tous les maux". R.S. - Je crois encore à l'amour mais je ne crois plus au couple. Les gamins qui se roulent des pelles dans la rue, j'ai du mal à les imaginer toujours amoureux 30 ans plus tard. Mon père et ma mère s'aiment depuis 60 ans mais c'est une autre génération. Autour de moi, je ne connais pas de couple qui ait résisté à 20 ans de vie commune. C'est mon destin de faire des chansons pas très optimistes. Ça me plombe un peu mais, en même temps, ça fait du bien de les défendre devant un public qui partage les mêmes idées et les mêmes chagrins que vous. Quand je chantais Boucan d'enfer en tournée, je voyais des larmes dans les yeux de certains. C'est émouvant aussi de voir quelqu'un qu'on aime parler sur scène de sa souffrance. Mon chagrin les renvoyait au leur. C'est la magie de la musique et de la poésie. Depuis les années 70, tu pointes les défauts de la société. Tu as quand même l'impression que le monde évolue positivement ? R.S. - Négativement. La preuve dans le premier tour des présidentielles. Il y a vingt ans, il était inimaginable qu'un parti d'extrême droite soit un jour au second tour. Le pire est encore à venir. L'attentat du onze septembre, la guerre au Proche-Orient, rien ne donne des raisons d'espérer. Mais si j'en crois ma fille, 21 ans, allée manifester contre Le Pen, j'ai plutôt confiance en la jeunesse. LES VERS ET L'ALCOOL A ceux qui trouvent l'alcool romantique et source d'inspiration, Renaud apporte ce terrible démenti, effrayant et admirable de sincérité, une sincérité très loin des conventions du show-biz. "Je me levais à 11h30 me disant 'Vivement que j'aie terminé ma toilette pour aller en bas attaquer". Je vomissais tous les matins en me lavant les dents. Je n'avais même plus de gueule de bois, celle que j'ai toujours connue quand je faisais des excès. Par contre, j'avais des problèmes neurologiques, des fourmillements dans les bras et les jambes. A 11h45, j'allais vomir mon premier Ricard tant j'avais le foie pourri. De midi à minuit, j'en buvais un litre. Je passais de longues heures seul mais très souvent, j'étais avec des copains ou mon frère aîné qui habite avec moi. J'ai l'alcool triste, pas agressif mais parfois, je détonnais dans cet établissement sélect en m'endormant sur mon verre. Un garçon venait me taper sur l'épaule : "Monsieur Renaud". Je rentrais en titubant et je m'écroulais dans l'escalier. Je ne m'aimais tellement plus que je ne comprenais pas qu'on puisse m'applaudir. Je n'avais plus envie d'être aimé mais au contraire rejeté. Les analyses montraient que les cellules du foie étaient détruites. J'étais dans la zone rouge. Encore deux ans et j'avais une cirrhose, irréversible. J'étais dans un processus d'autodestruction et je n'en avais rien à foutre. J'étais bouffi par l'alcool. J'avais pris 10 kg qui se manifestaient essentiellement sur les joues et sur le ventre. En cinq ans, je suis allé cinq fois dans une clinique de désintoxication pour décrocher. Quatre fois, j'ai rechuté dans les huit jours. La dernière a été la bonne. Je n'en pouvais plus d'être mal physiquement. Tout-Paris disait que je ne passerais pas l'hiver. Je ne pouvais plus me voir dans la glace, détruit par l'alcool. Ma fille me posait un ultimatum :"Si tu continues à boire, je veux plus te voir". Mais j'ai finalement réussi à écrire des chansons et il fallait que je les enregistre. Début janvier, je suis parti directement de la clinique au studio à Bruxelles. Je voulais refaire mon métier sérieusement. L'alcool pourrissait ma voix. Si je continuais, je savais ne pas pouvoir défendre mon disque sur scène et je n'aurais pas le courage d'aller dans une émission télé avec 10 kg de trop. Pendant trois mois, j'ai bu trois litres de flotte par jour. Depuis trois mois, je m'autorise le soir quelques bières en mangeant. Je pense que je pourrai m'accrocher à ces résultats." Jean-Luc Cambier
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21 juin 2002

Aujourd'hui c'est la fête de la Musique et le HLM a 2 ans !

19 juin 2002

Des articles récents grâce à Pitchoune, Marion et PetitPec.

Télé Star
  • 22 juin 2002, Entrevue > Télé Star du 22 au 28 juin 2002... T.S. : vous venez de tourner au Canada votre second film avec Depardieu ("Crime Spree"). Bilan ? Renaud : C'était une belle expérience artistique et humaine. Neuf ans après "Germinal", retrouvez un Depardieu si affectueux et bout en train fut un vrai plaisir ! Je joue un banni taciturne qui dit trois phrase assassines. Finalement, je tire mon épingle du jeu. Mais je préfère mille fois la chanson au cinéma. T.S. Pourtant c'était votre rêve de gosse ? Renaud : oui, à 10ans, j'aimais faire rire et je me voyais déjà sous les projecteurs. T. S: Travailler en équipe et avec rigueur, est ce un moyen de retrouver le goût de vivre ? Renaud : Si je ne travaille pas, je j'étiole et je me détruis. Si je travaille je m'épanouis. T.S. Votre dernier album a été bien accueilli. Vous vous y livrez beaucoup... pour partager vos souffrance ? Renaud : Pendant cinq ans, j'ai vécu renfermé sur moi-même, à ne regarder que mon nombril. J'ai vécu une période d'autodestruction alcoolique. Après une longue panne d'inspiration, ma plume m'a dicté des chansons plus personnelles. Je n'ai jamais autant parlé de moi et j'ai envie de partager mes émotions. T. S Quand on a plus le goût à rien, à quoi se raccroche-t-on ? Renaud : Aux copains, à l'amitié. Et puis ma femme m'a quittée mais on s'aime toujours. On a confiance l'un en l'autre. J'avais aussi l'amour de ma fille Lola (22ans), même si je la déçois parfois. T.S. Que fait-elle ? Renaud : je suis si fier! Elle est grande, belle, enthousiaste, rebelle, sauvage... Elle fait une école de cinéma. Elle a le feu sacré. Elle était stagiaire sur le film que je viens de tourner au Canada. Elle commence au bas de l'échelle mais un jour elle sera une grande réalisatise de films. T.S. Vous qui trouvez l'inspiration dans les bistrots, pouvez vous continuez a les fréquentez sans danger ? Renaud : Je bois avec modération aujourd'hui; trois anisettes contre un litre par jour avant. Je m'en suis sorti. Et puis je ne suis pas un moine. Les bistrots c'est ma vie. On y rencontre des gens qui ne se livre nulle part ailleurs. On s'y abîme aussi. Mais je sais à présent que je peux y vivre en buvant du... château-La-Pompe ! T.S. De quoi ne pouvez vous plus vous passer ? Renaud : Des cigarettes, je m'en veux de fumer trois paquet par jour. T.S. Vous avez fêté vos 50 ans. Vieillir vous fait peur ? Renaud : J'ai flippé à 30 et 40 ans mais pas à 50. Je suis content d'être là. Je veux surtout arriver jusqu'à 90 ou même 100 ans. Plus le temps passe, plus je suis nostalgique de l'enfance. Quand on partait en famille avec mes six frères et soeurs, mes parents dans la 203 peugeot pour les vacances dans les Cévennes... On descendait les rivières glacées, on vivait torse nu. La famille, les proches, ce sont mes amours essentielles. T.S. Vous croyez encore à l'amour ? Renaud
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Fémina
  • ?-06-02, Boucan d'enfer de Renaud > Fémina du ? juin 2002 Boucan d'enfer de Renaud Aprés une grave dépression nerveuse, il vient de fêter ses 50 ans et a décidé de souvrir à une nouvelles vie. Pour célébrer ccette renaissance, Renaud nous livre son album le plus personnel. Quatorze titres sans fard directement inspirés de sa déscente aux Enfer : "Mal barrés", "Tout arrêter" ; ou des cauchemars servis par l'actualité "Manhattan-Kaboul", "Corsic'armes". Le Renaud 2002 ? Moins révolté, un peu désabusé, mais encore plus attachant. Il sera en consert au Zénith à Paris cet hivers, puis en tournée dans toute la France. Virgin.
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RFI Musique
  • 14 juin 2002, RENAUD Un chanteur sympathique > RFI du 14 juin 2002 LE CD DE LA SEMAINE : RENAUD Un chanteur sympathique Paris, le 14 juin 2002 - Sept ans de purgatoire et voici revenu Docteur Renaud et Mister Renard. Un dédoublement de personnalité qui cache pudiquement une grande douleur, un désarroi où se mêlent l'alcoolisme, la fin d'un amour de vingt cinq ans et une crise de la cinquantaine qui mine les caractères les mieux trempés. Renaud s'est soigné à la scène et en clinique, entre psy et public. Aujourd'hui, il revient avec un album extrêmement sombre et pessimiste. Comme pour éprouver sa probité ou exposer les lieux de son crime, Renaud nous donne rendez-vous dans le café où il a noyé son chagrin. Depuis Germinal, le film de Claude Berry vous n'aviez plus tourné. De quoi parle celui que vous venez de tourner a Toronto ? C'est une comédie policière, superbement écrite et réalisée par Brad Mirman. Il s'agit d'une bande de bras cassés parisiens qui va faire un mauvais coup à Chicago sur l'insistance d'un mafieux de Pigalle. La bande tombe, se retrouve avec le F.B.I., la mafia et un gang de rues au cul. Je crois que ce sera une belle comédie policière, avec Harvey Keitel, Depardieu, Hallyday, Saïd Tagmaoui, Borhinger. Moi, je joue le rôle d'un tueur froid et taciturne qui parle de lui à la troisième personne du singulier et qui s'appelle Zéro. Le 11 mai, vous avez donc fêté vos cinquante ans là-bas ? Oui, avec l'équipe de tournage, avec Gérard Depardieu, Johnny Hallyday. C' était vraiment gai. Il y avait même ma fille qui était stagiaire sur le film ! La cinquantaine... ça m'a fait flipper à trente, ça m'a fait flipper à quarante. Maintenant, l'objectif sera d'atteindre les cent.ou cent dix. Donc, plus je m'en approche plus je suis content. Vous pensez que vous avez vos chances ? Oui, mon père en est à 92 ans. On est de robuste constitution chez les Séchan, même si on en a pas l'air comme ça. Après huit ans d'absence, une difficile séparation avec votre compagne, l'alcoolisme. cet album prend vraiment la forme d'un exutoire... J'ai toujours chanté ce que j'avais sur le cour, dans ma tête, dans les tripes. Là, il se trouve que les chansons qui sont nées de ma plume avaient envie de parler de moi, de mes chagrins, de mes désillusions, de mes "désabusations" comment aurait dit Nino Ferrer. Donc, c'est un album très personnel, très introspectif. Un album peut-être un peu nombriliste où je me penche plus sur mes problèmes que sur ceux de l'humanité et de mes contemporains. Un artiste est là pour se livrer, pour donner son cour, donner son âme et c'est cela qui est venu quand j'ai commencé à écrire. Je pense que cela peut toucher les gens parce que les histoires d'amour sont universelles, les chagrins d'amour aussi d'ailleurs. Et qui n'en a jamais vécu ? Qui n'en vivra jamais, tôt ou tard ? En l'occurrence il s'agit vraiment d'un gros chagrin. Oui, c'est un gros chagrin, vingt-cinq ans de vie commune. Je pensais mon couple indestructible comme celui de mes vieux parents qui sont ensemble depuis soixante ans et puis, la vie a fait que nos chemins se sont séparés. Votre album Boucan d'enfer s'est vendu à 450.000 exemplaires en une semaine. Est-ce qu'un tel phénomène de vente n'est pas significatif d'une profonde sympathie du public envers vous et votre malheur ? Je ne sais pas. Je sais que depuis une quinzaine d'années mon public de base qui écoute et achète mes disques, c'est environ 600-700.000 personnes. Je ne sais pas si ce sont les plus fidèles, les plus inconditionnels qui se sont manifestés en achetant ce disque avec une telle rapidité. Peut-être qu'il y avait une impatience de me voir revenir, peut-être que je me suis fait de nouveaux fidèles. Bien sûr, cela me rassure et me fait chaud au cour. On a toujours, après huit ans d'absence, la crainte d'avoir été oublié. Et non seulement je n'ai pas été oublié mais ils m'attendaient avec impatience, apparemment. Mon nain de jardin, c'est après avoir vu le film de Jeunet Le Fabuleux destin d'Amélie Poulain que vous est venu ce texte ? On me pose souvent la question mais en fait pas du tout. La chanson a quatre ans. Le film n'existait pas et, à ma décharge, je ne l'ai toujours pas vu. En fait, dans cette chanson, je m'insurge contre tous les rieurs qui se sont beaucoup amusés de ce Comité de Libération des Nains de Jardins qui piquait les nains dans les maisons de banlieues. Moi, j'avais un grand-père qui s' appelait Oscar, qui était ouvrier et qui a fini sa vie dans une maison minuscule avec un petit bout de jardin et un nain auquel il tenait beaucoup. Si on lui avait volé, cela lui aurait fait beaucoup de peine. Je me suis mis à la place d'un mec qui n'a pas beaucoup de trésors dans sa vie et qui se fait soudainement dévalisé d'un petit truc auquel il tient beaucoup. Moralité : les voleurs volent toujours à plus pauvre qu'eux et c'est malheureux. Et l'Entarté, ce pamphlet à la gloire de Noël Godin dit "le Gloupier" et contre le philosophe Bernard-Henry Levy, c'est un vieux règlement de compte ? En s'attaquant à une proie aussi facile que BHL vous n'avez pas l'impression de tirer sur l'ambulance ? Je ne tire pas sur une ambulance. On m'a déjà posé cette question, je ne trouve pas facile de s'attaquer à quelqu'un d'aussi éminent, d'aussi important dans les médias, dans la littérature, dans la philosophie. Il est tellement envahissant que de temps en temps, on peut lui tailler un petit costard pour le remettre à sa place avec humour et ironie. Ce n'est pas si facile. Il a la parole, il en use et en abuse. Son avocat avant la sortie de l'album a demandé à se procurer le texte. D'après ce dernier, BHL aurait dit : "Je suis beau joueur, j'ai de l'humour, je laisse faire". Je suis le premier surpris d'apprendre qu'il a de l'humour. Mais j'en suis ravi, cela le dédouane un petit peu à mes yeux. Que pensez-vous de toute cette intelligentsia qui se mobilise pour de grandes causes, contre la guerre, la famine ? Vous aussi, à une époque, vous avez joué les mobilisateurs avec SOS Ethiopie.. Oui, c'est vrai. Mais j'ai eu ma dose de donneur de leçon. Je suis monté au créneau pour dénoncer certaines misères et l'oppression. Mais je ne me veux plus en porte-parole de quiconque ou de quoi que ce soit. Je préfère vivre caché dans mon bistrot, loin du bruit et de la fureur du monde. Même si j' essaye de faire évoluer les mentalités à travers mes chansonnettes, je n'ai plus envie de monter sur les barricades en première ligne et pousser les gens à voter ceci ou cela. C'est une époque de ma jeunesse qui est révolue.. A propos de jeunesse, est-ce que ce sont vos amis de jeunesse que vous regrettez dans Mon bistrot préféré, Fallet, Coluche, etc. ? Pour ceux que j'ai eu la chance insolente de connaître, leur présence affective me manque effectivement. Il me manque d'avoir un coup de fil de Gainsbourg à deux heures du matin que me dit, presque en larmes : «Viens me voir. Je ne suis pas bien je flippe, je suis malheureux, viens me parler». Comme me manque Frédéric Dard que je rencontrais quelques fois et ce magnifique petit bonhomme qu'était Robert Doisneau que j'aimais infiniment. Comme me manquent les tablées de potes avec Coluche dans sa maison.. Est-ce que le Ricard qu'a absorbé Mister Renard pendant des années est rédhibitoire ? J'aurais toujours une fêlure, une blessure dans ma vie. Une mélancolie, une nostalgie qui me tenaille et qui fait que je ne vis pas toujours très bien. Mais le Ricard, j'en suis sorti, j'espère. En tout cas, si j'en suis encore aujourd'hui à deux, trois par jour, ce qui est raisonnable, je suis loin du litre quotidien que je m'envoyais quotidiennement, ici au bistrot, pendant cinq ans. Je m'en veux, bien sûr, mais j'ai eu une forte tendance à l'autodestruction, bien que non suicidaire, ce qui est paradoxal. Je me détruisais à petit feu. J'aurais préféré vivre mieux, mais bon ! il y a tellement de gens qui vivent plus mal et qui ont de vrais problèmes, de vrais soucis, de vrais chagrins, de vraies maladies. Moi, c'est des soucis de. petit-bourgeois.. A cette époque noire, avez-vous ressenti une sympathie, une certaine compassion de votre public, de la profession, de vos proches ? Je laissais circuler les rumeurs dans le métier sur mon état mental, sur mon état physique. Je savais que certains annonçaient que je ne passerais pas l' hiver. Mes copains médecins me pronostiquaient la cirrhose dans les mois à venir. Je ne suis pas mécontent d'être sorti de ce trou, quand même. J'ai des anecdotes : en province, je rodais la chanson Boucan d'enfer dans laquelle j'expliquais un chagrin d'amour assez terrible. Quand après, je chantais Manu, il y avait des gamins de quinze ans qui me chantaient : "Déconne pas Renaud ! Vas pas te tailler les veines !". Avec le titre Mal barrés, on ne peut s'empêcher de penser aux Bancs publics de Brassens... On m'a déjà fait remarquer que c'était le pendant, très noir, des Bancs publics de Brassens. Même si je crois encore à l'amour parce que je ne crois qu'à cela... je crois un peu moins au couple. Quand je vois des gamins de quinze ans sur les bancs dans les squares ou sur des banquettes de bistrots, j'ai du mal à les imaginer heureux et amoureux cinquante ans après. C'est une chanson un peu noire, un peu sombre. J'y ai cru. Mais vous voyez, mon couple que je croyais indestructible, il n'a pas résisté à la vie.. Qu'est-ce que cela vous a fait de voter pour Jacques Chirac le 5 mai dernier lors du deuxième tour des élections présidentielles ? Cela m'a fait gerber. J'aime bien voter "pour", je n'aime pas voter "contre" et c'est pour cela que j'en veux beaucoup à Le Pen de m'avoir obligé à voter à droite. J'étais complètement partagé entre l'idée de voter et celle de m' abstenir. Mais à l'époque, j'étais bousculé par de pseudo sondages des renseignements généraux qui à l'époque de l'entre deux tours, donnaient Le Pen à près de 42 % au second tour. Chirac, ce n'est vraiment pas ma tasse de thé, tout le monde le sait, mais c'est toujours mieux que la peste brune.. Est-ce que ce n'est pas le moment de ressortir des chansons comme Camarade bourgeois ou Hexagone, voire d'en écrire de nouvelles ? D'en écrire de nouvelles sûrement, ou de chanter Hexagone que je chante depuis vingt cinq ans. Mais quand je chante ces chansons et que je vois le score des présidentielles, je me demande si tout cela n'a pas été vain, si mes chansons servent à quelque chose.. Alors on laisse Béton ? Ah non, non ! Je laisse pas béton, je vais retourner au charbon. Propos recueillis par Frédéric Garat Photo de homepage: Alain Duplantier/ Virgin CD : Renaud Boucan d'enfer (Virgin) 2002 Livre : Thierry Séchan Bouquin d'enfer Editions du Rocher 2002 Renaud-le-renard le site Les auditeurs de RFI pourront retrouver le mardi 18 Juin, Renaud en interview dans l'émission Culture Vive à 15h10 et 15h40 en TU.
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9 juin 2002

Voici encore un article dont seul Libé sait les faire ! Merci à Stéphane de nous l'avoir communiqué. Merci aussi à Lydwine et Liz pour les autres articles.

Libération
  • 31 mai 2002, Renaud Boucan d'enfer > Libération du 31 mai 2002 Chanson Renaud Par Ludovic PERRIN vendredi 31 mai 2002 Renaud Boucan d'enfer (Ceci-cela/Virgin). Une séparation a conduit ces dernières années Renaud vers la dépression éthylique. Secret de polichinelle savamment entretenu et qui renforce aujourd'hui le chanteur dans son image de dur au coeur tendre. Ricard en main, reprenant à bon compte l'assertion schizophrène Gainsbourg-Gainsbarre, «Renaud le Renard» rompt sept années de silence discographique. Puisant d'abord dans le fait divers banlieusard, l'écriture du gavroche aux allures d'Aristide Bruant tout aussi faussaire a vite perdu en humour dès lors qu'il s'est agi de traiter l'actualité politique. Cette acrimonie a mué dans Boucan d'enfer en méchanceté pure, mélasse du ressentiment dans laquelle Renaud s'exerce à son nouveau jeu favori : les jugements sans procès. Exemple, l'Entarté où les comptes se règlent avec «le philosophe des beaux quartiers, la chemise blanche en décolleté» davantage sur des clichés médiatiques que sur la pensée d'un écrivain rebaptisé «BHV» . Les délits de sale gueule et autres raccourcis idéologiques confinant à de la malhonnêteté intellectuelle n'ont jamais autant servi la démagogie maison. C'est cela le populisme dont la saison s'inquiète, une façon d'entrevoir le monde qui semble ronger le pays.
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Nouvel Observateur
  • 28 mai 2002, Le retour du roi Renaud > Nouvel Observateur du 28 mai 2002 CHANSON Le retour du roi Renaud Le chanteur signe son grand retour avec la sortie, ce mardi, d'un nouvel album, "Boucan d'enfer". Plus intime, moins révolté, il se livre à un autoportrait sans fard. La pochette du single "Docteur Renaud, Mister Renard", par Titouan Lamazou   Après des années de silence, Renaud revient ce mardi avec un nouvel album, intitulé "Boucan d'enfer". Plus personnel, moins révolté, le chanteur ne cache pas les années sombres qu'il vient de traverser après la rupture d'avec sa femme, Dominique. Ainsi, le titre du disque désigne "le bruit qu'a fait le bonheur en partant". Dans "Docteur Renaud, Mister Renard", qui ouvre l'album, Renaud se livre à un autoportrait sans fard ("Comme y'a eu Gainsbourg et Gainsbarre / Y'a le Renaud et le Renard / Le Renaud ne boit pas que de l'eau / Le Renard carbure au Ricard). En panne d'inspiration, Renaud a repris du collier grâce à un ami qui l'a mis au défi de lui écrire une chanson contre un verre de pastis ("J'étais comme un toxico, un litre par jour, du lever jusqu'à point d'heure"). Le chanteur trouve alors le déclic et, en quelques semaines, aligne quatorze nouveaux textes et une musique. Sphère intime La plupart des titres traitent de l'amour perdu et naviguent dans la sphère intime. Certains renouent toutefois avec le fil pamphlétaire, laissant augurer du ton du prochain album qui sera, promet Renaud, "plus altruiste, plus universel, plus combatif, plus rebelle". Ainsi, dans, "L'entarté", Renaud moque Bernard-Henri Lévy ("L'idole de Saint-Germain-des-Près / Bien qu'il écrive avec ses pieds / A la prétention insensée / De nous dire ce qu'il faut penser"). Le chanteur manifeste par ailleurs sa fidélité à François Mitterrand, dans une ode consacrée à "Baltique", le labrador du défunt président. Il consacre aussi une chanson à la Corse, "Corsic'Armes", qui lui a été inspirée par ses conversations avec François Santoni, le leader nationaliste corse assassiné. Une tournée en 2003 Entre "A la Belle de Mai", son dernier album qui date de 1994, et "Boucan d'enfer", Renaud s'est ressourcé auprès de ses maîtres et influences. En 1993, "Renaud cante el'nord" est ainsi dédié au répertoire "chti" du nord de la France, et en 1996 sort "Renaud chante Brassens". En 2000-2001, une tournée discrète lui a permis de constater qu'un public fidèle était toujours au rendez-vous. Renaud effectuera sa rentrée sur la scène du Zénith à Paris, du 19 au 23 décembre, avant de partir en tournée début 2003. Actuellement, il est au Canada, où il termine le tournage d'un film de Brad Mirman ("Crime Spree"), avec Gérard Depardieu, Johnny Hallyday et Harvey Keitel.
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Le Matin
  • 28 mai 2002, « Je crois à l'amour » > Le Matin du 28 mai 2002 Renaud   Avec "Boucan d'enfer", le poète du bitume nous chante ses côtés noirs, ses désillusions. Mais n'est pas pour autant désespéré, même si, avant, c'était galère. "Je crois à l'amour" Paris Serge Bressan Pour mieux chanter sa Morgane à lui ou le goût unique du "Mistral gagnant", il a marché à l'ombre. Mais une amitié trop prenante et destructrice avec le jaune, cette boisson anisée qui fait des dégâts bien avant le troisième verre, nous l'avait fait perdre de vue. A 50 ans (depuis le 11 mai dernier), Renaud revient avec un nouvel album. Et ça fait un "Boucan d'enfer". Quatorze titres bercés par la solitude et l'impudeur, par la parano et le cafard, par "Docteur Renaud et Mister Renard". Rencontre avec un poète du bitume qui s'est sorti d'un processus d'autodestruction. - Avec ce "Boucan d'enfer", à qui parle-t-on ? Au Dr Renaud ? A Mr Renard ? - Allez savoir. Comme le tout le monde, je suis complexe, double. Moi aussi, j'ai mes fêlures, mes angoisses, mes côtés noirs pas toujours avouables. Ce nouvel album studio sort sept ans après "A la Belle de Mai". Moi, pendant ce temps, je n'ai pas chômé. Après cette "Belle de Mai", j'ai enregistré un album hommage à l'un de mes maîtres, Georges Brassens, fait une longue tournée acoustique. Mais après cette tournée, la vie m'a foutu une sacrée claque... Mon amour s'est fait la belle. - On a dit tout et son contraire à votre sujet, durant de septennat version Renaud... - On a même annoncé ma mort ! Quand je me suis retrouvé seul, j'ai replongé dans la dépression. Je suis allé dans mon bistrot, avec des potes. J'y ai trouvé une nouvelle amie, la boisson jaune. Mais je dois aussi avouer que ces rumeurs comme un dandy, je les ai entretenues. Je me montrais dans un bistrot mondain de Montparnasse, à Paris, alors que rien ne m'y obligeait. - Dans une de vos nouvelles chansons, vous évoquez un "coeur à prendre, pas à vendre"... - Aujourd'hui, si je crois toujours à l'amour, je ne me fais plus aucune illusion sur le couple. - Ce "Boucan d'enfer" est sacrément impudique. C'est un vrai déshabillage en mots en public... - A quoi ça m'aurait avancé à jouer la carte de l'impudeur ? A rien. Cet album, ce n'est pas de l'impudeur, il est empli de sincérité. - Pendant ces mois d'errance, vous avez songé à arrêter d'écrire, de chanter ? - La question ne se posait même pas : j'étais incapable de songer à quoi que ce soit. Incapable d'aligner trois mots sur le papier... Un soir, au bistrot, un pote homosexuel me lance : "Ecris-moi une chanson pour raconter ma vie ordinaire d'homo ordinaire. Si tu arrives, je t'autorise une cuite géante. Mais, attention, ce sera la dernière". J'ai essayé, aligné quelques mots, j'ai ramé puis sont venues les premières lignes de "Petit pédé". On s'est offert une tournée de jaune ! La dernière, comme prévu. Le lendemain, je terminais la chanson. J'ai enchaîné avec "Docteur Renaud, Mister Renard". - Pour cette renaissance, d'autres personnes ont-elles été déterminantes ? - Ma petite fille de 21 ans. Au début, elle tentait de me sermonner, de me raisonner. En vain. Un jour, elle m'a dit qu'elle ne voulait plus me voir. - Dix ans après "Germinal", de Claude Berri, le cinéma vient aussi de vous appeler... - Je viens de passer un mois à Toronto pour tourner Crime Spree" ("La spirale du crime"), de Brad Mirman, avec Gérard Depardieu. On était ensemble dans "Germinal", Richard Bohringer, Johnny Hallyday, Stéphane Freiss et Harvey Keitel. J'y ai un petit mais joli rôle. Mais, très franchement, le cinéma pour moi, c'est seulement de l'amusement. - Avec ce disque, vous paraissez moins mordant que dans le passé, non ? - Peut-être qu'à 50 ans, après vingt-sept ans de carrière, on vit avec la désillusion. Mais cet album, il a été accouché dans la difficulté. Aujourd'hui, je suis content de ce que j'ai fait. Content, jamais fier. Les gens, le public me manquaient, même si ça fait démago de le dire. Autoportrait en dérision Pour un retour en quatorze titres mais en musique par Jean-Pierre Buccolo, Renaud fait un "Boucan d'enfer" : joli titre pour un nouvel album attendu. Certes, le chanteur a été sacrément cabossé par la vie qui va, mais aujourd'hui il ne reste que le souvenir d'un bistrot où régnait en maître une boisson anisée. D'entrée, il nous propose un autoportrait tout en dérision, tout en tendresse avec "Docteur Renaud, Mister Renard", une chanson aux accents évidents de futur classique. Puis, avec cette "désabusion" si chère au regretté Nino Ferre, l'ancien chanteur énervé mais pas énervant nous a concocté quelques magnifiques autres moments. "Je vis caché", "Coeur perdu" (magnifique), "Tout arrêter", "Mal barrés", "Boucan d'enfer". Evidemment, même s'il paraît moins incisif que dans le passé, Renaud lance aussi une attaque violente contre B.H.L. ("L'entarté"), évoque un chien présidentiel ("Baltique") et la Corse ("Corsic'armes"). Enfin, pour boucler ce "Boucan d'enfer", il ne peut s'empêcher de rendre hommage à ses potes rêvés dans "Mon bistrot préféré", là ou il fréquenterait Brassens, Fallet, Desproges et même François Villon. Et puis impossible de passer à côté de "Manhattan-Kaboul", un duo inspiré par le drame du 11 septembre 2001 et interprété avec Axelle Red... S.B. Renaud, "Boucan d'enfer", Virgin, sortie aujourd'hui.
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Le Monde
  • 5 juin 2002, Renaud, désespéré par Billancourt > Le Monde du 5 juin 2002  Renaud aux 23es Victoires de la musique le 17 février 2001 | Gamma Culture LE MONDE | 04.06.02 | 12h40 Renaud, désespéré par Billancourt Après un tunnel de déprime, le chanteur publie l'album "Boucan d'enfer". Des titres intimistes, éloignées de la critique sociale. Renaud est un renard dont la tanière a pour nom La Closerie des Lilas, célèbre établissement parisien en bordure de Montparnasse, où les tables portent encore les plaques gravées au nom des clients remarquables - dont Jean-Paul Sartre, militant pour La Cause du peuple . Renaud, chanteur, y a gagné ses galons, enfoncé qu'il est depuis de longues années dans une logique fortement anisée. Mais alors que sort Boucan d'enfer , premier disque possible après un tunnel de déprime, d'alcool et d'antidépresseurs, Renaud parle de sa descente aux enfers au passé. Regard clair, anneau à l'oreille, tatouages aux bras, barbiche en friche, l'auteur d' Hexagone , brûlot sans pitié contre le repli identitaire composé en 1975, ne se remet pas d'un gros chagrin : le temps qui passe, et l'enfance, l'adolescence qui partent dans les limbes d'une histoire ancienne. Renaud, 50 ans, aurait pu se remettre du choc, si n'était sa fille Lolita, 22 ans à présent, qui a basculé à son tour dans l'âge adulte sous les yeux effarés du père. Du coup, c'est tout Mai 68 qui s'effondre. Les idéaux et la force de la jeunesse intrépide, version seconde moitié du XXe siècle, s'en sont allés, et avec, la femme du chanteur, Dominique. Les chagrins d'amour sont universels, ils ne sont pas réservés à Manu, héros de l'une des chansons préférées du public, qui criait il y a quelques mois encore : "Non Renaud, déconne pas, va pas t'tailler les veines", alors qu'il donnait des concerts "bouffi d'alcool, rongé à la cigarette" . Il aurait pu. Mais Renaud a supporté le pathétique, les salles étaient pleines. Perplexes, mais pleines. Renaud revient du Québec, où il était en tournage aux côtés de Gérard Depardieu, Johnny Hallyday et Harvey Keitel, pour Crime Spree, un polar signé Brad Mirman, où il joue le rôle d'un malfrat peu causant, cynique et froid. Au cinéma, l'Etienne Lantier de Germinal (selon Claude Berri) se trouve "moyen" . Cinq jours après la sortie du disque (EMI/Virgin), c'est déjà l'heure du bilan médiatique, "une presse dithyrambique", heureuse des retrouvailles - sauf Libération ("Ils ont dit que j'étais populiste !"). (NDK : voir l'article) Des pages et des pages sur sa dépression, sa guérison annoncée, ses nouvelles chansons, jugées plus intimes, plus éloignées de la critique sociale. Mais aussi des questions à propos de L'Entarté, diatribe anti Bernard-Henri Lévy. Du fond de la banquette, Renaud a le regard en coin, il termine la lecture d'un parchemin, avec bords brûlés et tout, "une lettre qu'un fan m'a envoyée dans une bouteille en plastique". Pourquoi BHL ? En 1985, rappelle Renaud, l'écrivain l'avait fustigé (comment se donner bonne conscience, etc.) à propos d'Ethiopie, une chanson dont Renaud était l'auteur, interprétée par une quarantaine de chanteurs français. "Au final, on avait donné environ 2 milliards de centimes à Médecins sans frontières, mais bon." Petite vengeance personnelle ? "A peine, moi j'ai surtout envie d'attaquer les puissants, les incontournables, qui, comme lui, ont les médias, les éditeurs à leurs pieds. Un chanteur est là pour égratigner les puissants, les Bill Gates, Messier, Lescure..." Et puis les Américains imbus d'eux-mêmes, l'Etat français jacobin (Corsic'armes , Le Monde du 31 mai), etc. "PLUS ENVIE DE ME BATTRE" Ce que n'aime pas, ou plus, Renaud, c'est le discours manichéen, "sur le Kosovo" par exemple. La séparation du monde entre les bons et les méchants s'est brisée sur une crise de la cinquantaine commencée à 45 ans. Cet enfant de la classe moyenne, auteur de Laisse Béton, à qui on reprocha injustement de parler prolo sans l'être, voit le monde d'aujourd'hui coupé en deux, entre les riches et les pauvres. "Cela me désespère, au point que je n'ai plus envie de me battre. J'ai cru que je pouvais changer le monde par des chansons. En 1993, je déjeunais ici avec Anne Sinclair, quand elle apprit par son portable la signature des accords d'Oslo. J'en pleurais de joie. Et dix ans plus tard, il y a le massacre de Jenine. Qui a merdé ? Arafat ?" Pour l'humanitaire, Renaud fait une confidence, à mi-voix, mi-sourire : il a donné cette année son obole à l'Orphelinat mutualiste de la police nationale. "Les flics ont morflé, des braquages, des crimes crapuleux en banlieue. Pourquoi aurais-je moins de compassion pour un fils de flic que pour un fils de gangster ?" Renaud trouve affreux que des gamins "paumés" lancent des cocktails Molotov contre des pompiers venus éteindre un incendie dans une banlieue sinistrée. Renaud ne comprend pas ces "petits crétins intégristes, fascistes, qui ne rêvent que de niquer des gonzesses, avoir des pitbulls, des BMW et admirent Bernard Tapie - un échec sur toute la ligne - et non plus le Che, Mesrine ou Daniel Cohn-Bendit". NTM l'insupporte, "tuer du flic derrière un micro, c'est facile, le jeune qui écoute et suit l'exemple s'en prend pour vingt ans". On dit qu'il n'aime pas le rap, mais c'est surtout que cette banlieue-là, "celle de la racaille", l'a abandonné. Chez lui, Germaine, le beauf, le trotskard, le gardien faf, le mec à la mob cohabitaient. "J'ai toujours eu une empathie pour les petites gens" - à vérifier cette fois dans Nain de jardin , nouvelle ode au peu. Du coup, Renaud s'est exilé sur la banquette de la Closerie où tanguent d'autres "rouges" de la chanson, tel Etienne Roda-Gil, auteur d' Utile (Julien Clerc) ou de Joe le Taxi (Vanessa Paradis). Il y révise une carte politique brouillée, contemple les méfaits de la télé, observe une France moyenne qui a voté Le Pen "parce que la droite et la gauche les a laissés s'enfoncer". Renaud (mère d'origine ouvrière, père professeur) doit faire son deuil des valeurs prolétaires, désarçonné par "la facilité avec laquelle les électeurs du PCF sont passés de Robert Hue à Jean-Marie Le Pen. C'est à désespérer de Billancourt". Et cite Boris Vian : "Après les bourreaux, je ne hais rien tant que les victimes." De quoi fut victime Renaud ? "De mes fantasmes, de ma paranoïa. Le public, le métier me sont restés entièrement fidèles." Autre confession : l'hypocondrie qui le pousse à répéter à ses amis, il y a dix ans, "Je suis sûr que j'ai le sida" , vite transformé en "Renaud a le sida" , rumeur qui va le heurter autant qu'elle blessa Isabelle Adjani ou Etienne Daho. Le chanteur revendique aujourd'hui vingt-cinq tests VIH, tous négatifs, plus "une charge virale, le calcul du taux hypothétique de virus [en son cas égal à zéro], puis une coculture sur lymphocytes, logiquement suivie d'une ponction lombaire et d'une biopsie ganglionnaire. Mais je n'ai pas de ganglions". Véronique Mortaigne Biographie 1952 Naissance à Paris. 1977 "Laisse Béton". 1992 "Renaud cante el' Nord", chansons en chtimi pour la sortie du film "Germinal", de Claude Berri, en 1993. 1995 "Renaud chante Brassens". 2002 "Boucan d'enfer". • ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 05.06.02
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8 juin 2002

Quelques articles trouvés en ligne et envoyés par Marie et Liz.

L'Humanité
  • 29 mai 2002, Renaud > L'Humanité du 29 mai 2002 29 Mai 2002 - CULTURES Renaud À cinquante ans, le chanteur sort son dernier album, Boucan d'enfer. " C'est le bruit que fait le bonheur en partant ", explique Renaud, qui paradoxalement prétend ne pas y croire, au bonheur. Après huit ans d'absence discographique, " le chanteur énervant " nous livre un disque bilan de quatre ans de sa vie, qu'il veut comme un début de thérapie. L'homme espère ainsi mettre un terme à une période où dépression rimait avec désillusion et pochetron avec autodestruction, révélant l'ampleur de son angoisse et de sa désespérance devant la séparation, la " jeunesse qui s'en va, l'enfant qui grandit, la perspective de le voir affronter ce monde dégueulasse ". Les muses inspiratrices ont donc renoué avec lui, inspirant des chansons qu'il qualifie, lui-même, d'impudiques mais qui permettent à " docteur Renaud " de dominer et de contenir " Mister Renard ". Du pastis, il n'a donc gardé que l'eau même s'il continue à écrire ses textes sur le zinc d'un bistro. Pas nostalgique Renaud, un regret pourtant : il aurait " aimé rester idéaliste ". P. -H. L.
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EdiPresse
  • 28 mai 2002, Chanson française : Renaud sort un nouvel album, « Boucan d'enfer » > Edipresse du 28 mai 2002, 8:15 Culture Chanson française: Renaud sort un nouvel album, «Boucan d'enfer» PARIS - Après une véritable saison en enfer, Renaud sort un nouvel album, justement intitulé «Boucan d'enfer». Selon le chanteur, le titre du disque désigne «le bruit qu'a fait le bonheur en partant». Il s'agit de son premier enregistrement depuis 1994. Au fil de ses récentes interviews, Renaud Séchan ne cache rien de ce qui lui est arrivé. Il explique que sa panne d'inspiration a été provoquée par une dépression, elle-même causée par la rupture d'avec sa femme Dominique après vingt-deux ans de mariage. «Manque d'inspiration, crise personnelle, pression, séparation, tendance abusive à la pochetronnerie, autodestruction et surtout les muses qui m'avaient déserté», résume-t-il. Mis au défi par un ami de lui écrire une chanson contre un verre de pastis, Renaud a trouvé le déclic. En quelques semaines, il a aligné quatorze nouveaux textes et une musique. Cette fois, le chanteur a préféré laisser à d'autres le soin de lui inventer des mélodies. Son nouvel enregistrement puise dans la sphère intime. Le pamphlétaire a mis au second plan les textes révoltés qui étaient sa marque dans ses jeunes années. Mais, promet-il déjà, «le prochain album sera plus altruiste, plus universel, plus combatif, plus rebelle». A noter une ode à «Baltique», qui fut le labrador de François Mitterrand, manière de manifester sa fidélité à un homme politique envers lequel il n'a jamais caché son admiration. Dans la composition qui ouvre le disque, Renaud livre un auto-portrait sans fard: «Comme y'a eu Gainsbourg et Gainsbarre/Y'a le Renaud et le Renard/Le Renaud ne boit que de l'eau/Le Renard carbure au Ricard. Une tournée discrète et solide en 2000 et 2001 lui a permis de constater la fidélité de son public. Il fera sa rentrée parisienne en décembre et effectuera une tournée au début de l'an prochain. (SDA-ATS\/tp wac/c4fra kul) © ATS © Edipresse 2002
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  • 30 mai 2002, Culture : Les sorties de la semaine > Edipresse du 30 mai 2002, 18:10 Culture : Les sorties de la semaine PARIS (AP) - Les sorties de la semaine: Renaud: «Boucan d'enfer» (Virgin) Après pratiquement huit ans d'absence, le chanteur énervé signe enfin son grand retour avec «Boucan d'enfer». Certes, il y avait bien eu en 1996 un hommage de l'élève au maître Brassens et tous ces concerts à travers la France, sans promotion télé et radio, qui rapprochaient l'homme aux 12 millions d'albums de ses fans. Mais le voyageur «fatigué» avait laissé béton et rangé la plume au fond des tiroirs pour cause de vague à l'âme. Dans cette traversée du désert «loin des projos», la vie, l'âge, l'alcool, la séparation d'avec sa femme et un succès public qui l'avait perturbé davantage qu'il ne le pensait avaient fait pencher la balance du côté du vide. L'inspiration perdue, il s'était lié à la boisson, jusqu'à ce que le désir d'écrire le reprenne enfin, après un pari un peu stupide lancé par un ami: «une chanson contre une bonne cuite». Naissait »Petit pédé» sur l'homosexualité, retour déclic à la page blanche rapidement suivi d'autres titres, mis en musique par le guitariste Jean-Pierre Bucolo et le pianiste Alain Lanty, avant deux phases d'enregistrement à Bruxelles. Au final, 14 chansons entre rock country et compositions plus classiques sur fond d'accordéon, de bandonéon ou de cordes ont emprunté le chemin des sillons pour faire un «Boucan d'enfer», le »bruit qu'a fait le bonheur en partant», dixit son auteur retrouvé, qui livre ses deux facettes, telles celles de la légendaire pièce Gainsbourg-Gainsbarre, dans un «Docteur Renaud, Mister Renard» de belle facture. Les mots sont toujours là, au service de l'album sans doute le plus intime et le plus écorché du gavroche libertaire, qui se lança au milieu des années 70 à la conquête de la France avec un »Hexagone» rebelle mal accueilli par certaines radios. Les épreuves passées, les titres dressent le bilan de quatre ans d'une vie, durant lesquels Renaud, à 50 ans sonnés, a goûté à la «désabusion» chantée par Nino Ferrer. Patraque du coeur, l'auteur de «Morgane de toi» affronte ses démons personnels, raconte son retrait du monde dans «Je vis caché», son «Coeur perdu» au «fond des bottes». Il revient aussi dans «Tout arrêter» sur le moment où il a cessé d'exercer son «boulot» et de parler aux «journaleux idiots», ou encore, dans «Boucan d'enfer», sur son «amour qui a claqué la porte» après «vingt berges, de sous mon toit», et sur la «vie bien dégueulasse» avec l'amour «qui se casse» à travers «Mal barrés». S'il dit avoir «arrêté de croire en tous les idéaux», le chanteur illustré sur pochette par son ami ex-marin Titouan Lamazou évoque l'homme politique en qui il a cru, François Mitterrand à travers »Baltique», le labrador de feu le chef de l'Etat: «Un jour pourtant je le sais bien, Dieu reconnaîtra les chiens...». Il tourne aussi son regard vers l'actualité, comme ce »Manhattan-Kaboul» en duo avec Axelle Red, titre-retour sur les attentats du 11 septembre à travers la vie d'un «petit Portoricain» quasiment new-yorkais et une «petite fille afghane». Le caustique est de mise dans «L'entarté» sur le philosophe des »beaux quartiers», allusion à un certain BHL, sans compter la dénonciation des «dirigeants corrompus» et des «Stars académiques», »pop stars de mes deux» (»Je vis caché»), et une évocation de François Santoni et de sa compagne dans «Corsic'armes», hommage au »pays» aimé «quand il vit loin de la fureur des fusils». Quant au chapitre de l'engagement, «c'est pas d'main qu'vous m'y reprendrez, à part peut-être José Bové», lance-t-il, sur fond de »déprime». C'est pas très gai, mais toujours tendre et féroce. Et l'amitié est là, pour tout rattraper dans un «Bistrot des copains», en clôture, où Renaud salue tour à tour Brassens, Brel, Ferré, Fallet, Dewaere, Lapointe ou encore Prévert. Un album-retour, qui selon Virgin, a déjà franchi la barre des 200.000 exemplaires vendus depuis sa sortie mardi, et sera peut-être couronné d'une distinction, après la «Victoire d'honneur» décernée en 2001 pour l'ensemble de sa carrière, trophée «presque posthume» qu'il aurait, dit-il, «préféré gagner». En attendant, les projets se bousculent. Actuellement en tournage au Canada pour les besoins de «Crime Spree», un film de Brad Mirman avec notamment Gérard Depardieu, Harvey Keitel et Johnny Hallyday, Renaud doit se lancer dans une grande tournée en décembre, qui passera dès le 19 par le Zénith à Paris, six mois après avoir été au centre d'un «Bouquin d'enfer», biographie sous forme d'abécédaire signée de son frère Thierry Séchan, à paraître le 5 juin aux éditions du Rocher. AP © AP - The Associated Press. Tous droits réservés. © Edipresse 2002
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  • 21 mai 2002, Renard est mort, vive Renaud! > 24 heures du 21 mai 2002 RENCONTRE   RETOUR DES ENFERS / (21/05/2002) Renard est mort, vive Renaud! Après avoir noyé sa dépression dans l’alcool jusqu’à plus soif pendant cinq ans, le chanteur entrevoit miraculeusement la lumière grâce à un nouvel album bouleversant. «Je réponds sans honte aux questions qu’on me pose aujourd’hui, sans aucune pudeur même. Je raconte un peu ma vie dans ces chansons, ce qui m’est arrivé. Donc si on m’interroge, je dis l’essentiel, que j’ai été pochtron pendant quelques années.» LDD On l’a cherché longtemps mais il n’était pas bien loin, attablé dans une brasserie juste en bas de chez lui, au coin du boulevard. Pendant cinq ans, Renaud a vécu à l’enseigne de la Closerie des lilas, vissé à un verre d’alcool. Perdu pour lui, ses amis impuissants devant l’attraction désastre, foutu pour la musique. La «chetron sauvage», comme il était écrit sur les affiches des jours de gloire, ne fait plus le malin: en quittant sa «gonzesse/celle que j’vis avec», la «tronche» a perdu pied, et toutes ses illusions. «Je n’avais plus goût, ni envie à rien. J’étais juste triste et malheureux de me retrouver d’un coup seul alors que je vivais en couple depuis vingt-deux ans.» Il a sombré dans les ténèbres, il commence à peine entrevoir la lumière en s’accrochant à un disque miraculeux, le premier depuis sept ans, Boucan d’enfer. Miraculé, cet album ne cache rien du désastre personnel, humain sachant que son quotidien ne fut que — il énumère très cliniquement — «dépression chronique, anxiolytique, antidépresseurs et alcool à forte dose». Avant de détailler la posologie: «1 litre de pastis par jour, sans compter les bières. Vers midi, j’attaquais à l’anisette au saut du lit, puis je rejoignais le café, descendais 2 ou 3 petits noirs que j’allais vomir. Je remontais alors à ma table et me remettais au pastis jusqu’à très très tard dans la nuit.» Cercle vicieux Il cherche les mots pour dire la douleur: «C’est affreux à gérer. On est mal physiquement, et plus on l’est, plus on est mal dans sa tête, et plus on est mal dans sa tête, plus on a envie de s’évader de cette souffrance, alors on picole. Et plus on picole, plus on est mal physiquement. Ainsi de suite». On se fait face dans son stamm. Les serveurs voltigent entre les tables mais n’oublient jamais de lui glisser un mot bienveillant. Le très sénateur et ex-ministre mitterandien Charasse passe en coup de vent, lui sert la louche («Prends bien soin de toi surtout!») et s’évanouit dans les volutes de son cigare. «Lui, c’est un copain de bistrot». Dans ce lieu qui lui tient à la fois de bureau («je n’ai pas d’attaché de presse») et de salon, Renaud fait partie du décor. «Pourquoi j’éviterais de venir ici?», demande-t-il. «Non, je ne suis pas masochiste. Bon, je n’irai pas jusqu’à dire que j’ai arrêté de boire; depuis le mois de janvier, je m’autorise juste 2 ou 3 bières une fois par semaine, ce qui est raisonnable. Je sais que si je replonge, ce sera fini: j’ai eu des problèmes hépatiques, mes copains médecins m’ont averti que j’étais à la porte de la cirrhose. Là, ce serait irréversible.» Renard le noir Il dit: «Moi qui étais la joie de vivre personnifiée, je n’ai rien vu venir. A partir de 45 ans, j’ai commencé à souffrir de la vieillesse, d’une méforme physique quand la dépression m’est tombée dessus.» Sa part d’ombre, il la connaissait pourtant, il l’avait même surnommée Renard par bravade: «J’étais jeune, je me voulais justicier comme Zorro et, de fil en aiguille, Renard a fini par personnifier mon côté noir, autodestructeur. Pour moi comme pour mes proches, Renaud était le chanteur, le poète brillant dans la lumière des projecteurs et sous le feu des médias, et Renard son côté diabolique.» Aujourd’hui, il réalise: «Je ne suis pas nombriliste, je ne me regarde pas dans la glace mais c’est comme si d’un coup je prenais conscience du temps qui passe. J’ai vu grandir ma fille Lolita, sortir de l’enfance pour entrer dans l’adolescence, puis dans l’âge adulte. Brusquement, j’ai éprouvé le sentiment de perdre quelque chose, de voir ma propre enfance s’éloigner. Alors j’ai flippé, et je viens de passer mes 50 ans. Je me dis qu’il ne me reste plus que le tiers du chemin à parcourir, voilà mon angoisse. Parce que je suis malgré tout amoureux de la vie.» Paléo, souvenirs Ses amis n’ont pas ménagé leurs efforts pour qu’il raccroche à la vie justement, à son métier. «Ils m’ont infiniment plus aidé que tous les psys que j’ai pu voir. Ils m’ont soutenu, essayé de me pousser à écrire pour que j’arrête de picoler. Sans grands résultats, sinon cette tournée que j’ai pu faire il y a deux ans à travers la francophonie.» En évoquant ces concerts donnés «entièrement sous l’emprise de sa drogue légale», ses 200 000 spectateurs croisés sur la route, sa voix s’adoucit: «Paléo reste mon plus beau souvenir, les gens étaient si fabuleux alors que j’étais là avec deux guitares en bois, mes chansons squelettiques... Tous ces gens, ce public retrouvait, ça me montrait que j’existais encore mais à la limite, j’étais tellement heureux en sortant de scène qu’au lieu d’aller boire pour me consoler, j’allais arroser la victoire...» Avant de lire les comptes rendus dans les journaux. «Les journalistes ne m’ont pas raté: Chanteur bouffi, quadragénaire bedonnant... Oui j’ai souffert de ces qualificatifs. A tout prendre, j’aurais sans doute préféré qu’on dise «alcoolique». J’étais plutôt habitué à lire gringalet mais là, gras du bide et des joues, c’est désagréable, même s’il est vrai que j’avais pris quelques kilos. Mais je peux citer des artistes français qui sont beaucoup plus gras que moi et à qui on ne le reproche pas. (Il rit.) Prenez Carlos, Dominique Farrugia (n.d.l.r. l’ex-Nul devenu patron de Canal +) ou Juliette. On dit que ce sont de bons vivants.» Rédemption Renaud était «fini, futile, dérisoire, terrassé par un manque total d’inspiration. Ecrire des chansons, c’est avoir envie de raconter des histoires aux gens et moi je ne savais plus quoi leur dire». Quand miraculeusement, le don lui est revenu «un jour d’octobre dernier, ici, à la Closerie. J’ai commencé à écrire une chanson (Petit pédé, chronique réaliste dédiée à un fan homo) puis le lendemain une deuxième et ainsi de suite... Le processus s’est réenclenché, je pouvais à nouveau envisager de faire mon boulot en arrêtant de me regarder le nombril, de flipper sur mes angoisses, mes chagrins, et voilà.» L’exercice se double ici d’une forme de thérapie, d’exorcisme, à l’instar de Docteur Renaud, Mister Renard: «Il y a beaucoup de chansons où je parle de moi en espérant que ça touchera les autres. Qui, je ne sais pas. Des désabusés comme moi, les désenchantés qui ne croient plus en rien, à l’amour mais plus au couple, qui pensent que des gens peuvent peut-être encore changer le monde mais plus la politique...» Alors évidemment, l’album n’est pas gai. Au détour cependant de textes à la noirceur consommée (Cœur perdu; Mal barré), d’un désabusement effrayant («J’ai été prétentieux de croire que mes honnêtes chansons pouvaient changer le monde mais j’en suis revenu»), il retrouve sa verve venimeuse et flanque quelques roustes jouissives aux nouvelles stars de l’académie de la chanson hexagonale et à leurs mentors les faiseurs de mode (Je vis caché — «Me foutre de leur gueule, c’est salutaire!»), à BHL (in L’entarté — «je suis blessant mais il l’a cherché»). Entre un inattendu et joli duo avec Axel Red (Manhattan-Kaboul, ou une autre lecture du 11 septembre). On sourit en se disant somme toute que Renaud va bien, ou on a manqué quelque chose. «Oui, corrige le chanteur. Dites Renard est mort, vive Renaud! UTILE Discographie: Renaud, Boucan d’enfer; sortie le 28 mai.   PARIS JEAN ELLGASS
    • Album Boucan d'Enfer
    • Vie Alcool
    • La Closerie des Lilas
    • Politique Charasse
    • Une guitare, un piano et Renaud
    • Festival Paléo
    • Chanson Petit pédé
    • Chanson Docteur Renaud, Mister Renard
    • Chanson Coeur perdu
    • Chanson Mal barrés
Midi Libre
  • 16 mai 2002, Renaud en voie de réinsertion... > Renaud en voie de réinsertion...     Midi Libre , 16 mai 2002 Le piètre état du sympathique chanteur populaire nous avait laissé triste et amer. Le bonhomme revient avec quatorze nouvelles chansons. Il ne sait toujours plus chanter mais sait encore écrire. On ne parlera pas du Phénix renaissant de ses cendres. Mais au moins de Rocky reprenant de l’entraînement pour un combat qui ne sera pas le combat de trop. Franchement ça fait plaisir. Renaud on l’aime bien. De tous bords. Comme de tous bords la France a su aimer Brassens ou Gainsbourg. Il fait partie de ces voix qui mine de rien, même quand ça sonne plus balloche que révolution artistique, empêchent ou tentent d’empêcher que notre Hexagone tourne un peu trop en rond. Un Hexagone qui ne va pas trop bien non plus, merci. C’est donc en polytraumatisé déçu de l’amour (ben oui, au bout d’un certain temps “les files elles se cassent”) que Renaud repasse au peigne fin ses plaisirs de toujours : la liberté, l’insolence, la chasse aux cons et les bons copains. Il y a donc encore de quoi faire, quitte à se pâmer un peu devant la nouvelle icône des soixante-huitards orphelins d’idéologie sûre (José Bové, vous l’avez reconnu dans un coin de “Je vis caché”) et d’aller chercher comme d’autres avant lui dans le règne animal l’exemplarité des sentiments (“je sais qu’un jour Dieu reconnaîtra les chiens...”). Il y a évidemment les tours infernales de Manhattan pour un écho d’injustice partagé avec Axelle Red (“Manhattan-Kaboul”), il y a la Corse inexplicable et ses cagoulés, il y a surtout ce boucan d’enfer qui s’appuie sur cette belle image sonore “le bonheur se reconnaît au bruit qu’il fait quand il s’en va...” . Couleur annoncée dès l’ouverture avec le masque assumé d’un Janus un peu fragile. C’est Mister Hyde qui a été plaqué et Docteur Jekyll semble y croire encore, un peu. Mais pas beaucoup. Avant de rejoindre son panthéon personnel dans un coin de paradis où René Fallet taquine le poisson au milieu d’autres divinités de la chanson (“Mon bistrot préféré”), renaud prend comme d’habitude le temps de rire un peu. Avec Elle a vu le loup, dédramatisation rigolarde d’un dépucelage féminin (une chanson qu’il avait testée avec succès lors de ses dernières tournées), avec toujours au rayon de l’adolescence la difficulté d’être homosexuel (“Il fait pas bon être pédé / Quand t’es entouré d’enculés...”), avec le rapt d’un nain de jardin aussi sur un mode musical un poil country et surtout un règlement de comptes à Saint-Germain-des-Près, qui après la crème Chantilly, met carrément le goudron et les plumes sur la chemise blanche de qui vous savez... Bref, si les mélodies de Bucolo ou d’Alain Lanty ne sont pas toujours au rendez-vous et si un ressort semble s’être définitivement cassé au niveau de la voix, Renaud revient sur le devant. Ca s’arrose ! Ben quoi, qu’est-ce que j’ai dit ? J-F Bourgeot
    • Album Boucan d'Enfer
    • Politique José Bové
    • Chanson Baltique
    • Chanson Manhattan-Kaboul
    • Chanson Corsic'armes
    • Chanson Boucan d'Enfer
    • Chanson Mon bistrot préféré
    • Chanson Elle a vu le loup
    • Chanson Petit pédé
    • Chanson Mon nain de jardin
Elle
  • 27 mai 2002, Le retour du Roi Renaud > Elle du 27 mai 2002 LE RETOUR DU ROI RENAUD     Elle , 27 mai 2002 Il nous a manqué. Sept ans d'absence n'ont pas suffi à nous faire oublier son bandana rouge, ses cheveux longs, ses yeux charmeurs…et ses chansons tendres. Pourtant, Renaud était loin. Loin du succès, loin de son passé, loin du bonheur. Seul dans sa souffrance. Rencontre avec un homme qui réapprend à vivre. "Dès que le vent soufflera/Je repartira." En 1983,quand Renaud écrivait cette chanson, il ignorait qu'elle serait prémonitoire. QU'un jour, comme le marin que l'on croyait disparu, englouti à jamais par une vague trop haute, trop forte, il referait surface. Que, à nouveau maître de sa vie, capitaine au long cours de la chanson française, il serait capable d'entrer en studio. Et que ça ferait un "Boucan d'enfer" (Virgin), titre de son treizième album, le plus intime de sa carrière, dans les bacs cette semaine. Sept ans d'absence, sept ans de névrose au cours desquels Renaud a touché le fond. Car c'est pas l'homme qui prend les nerfs, c'est les nerfs qui prennent l'homme, tatatan… Renaud est un miraculé. A force de volonté, et grâce à ses amis qui ne l'ont jamais lâché, il s'en est sorti. La dépression, l'alcool, c'est fini. A tous les démons qui venaient le hanter et sclérosaient tout veine créatrice, il a enfin dit non. Le départ de sa femme, Dominique, après vingt-deux ans de mariage, il tente aujourd'hui de l'accepter, de le comprendre et de le gérer. Parce qu'elle est et restera la seule femme qu'il ait jamais aimée. Parce que, ensemble, ils ont une fille, sa fierté. La tête haute, décidé à retrouver son public, Renaud aborde la cinquantaine, franchement. Il nous raconte ses moments de profonde mélancolie, ses angoisses, ses peurs. Sa descente aux enfers et son retour à la vie. Dans une brasserie chic de Montparnasse, il se met à table. Entre deux gorgées d'eau minérale. Elle. Comment allez-vous ? Renaud. Ça va … j'ai pris de bonnes résolutions depuis trois mois. Je marche à la Vittel. IL ne me reste plus qu'à arrêter de fumer. Ce que j'envisage de faire pour mes 50 ans. Je serai débarrassé de tous ces poisons. Trente-cinq ans de tabac, franchement, ça va ! Elle. Sept ans sans nouvelles chansons de Renaud, c'est long… Manquiez-vous d'inspiration ? Renaud. J'avais peur. Il y a cinq ans, j'ai écrit quatre chansons. Après, plus rien. Le trou noir. Trou que j'ai comblé par une drogue : l'alcool. Une drogue dure, contrairement à ce qu'on a l'habitude de dire. J'étais victime du mal du siècle, la dépression. Au milieu de cette dépression, je me suis séparé de mon épouse. Ça n'a pas arrangé les choses. J'étais partagé entre mon litre quotidien de pastis, les antidépresseurs, les anxiolytiques et les neuroleptiques. Tout ça ne fait pas très bon ménage. Ni sur le mental, ni sur le physique. Elle. Quand avez-vous senti les prémices de cette dépression? R. Vers 45 ans, j'ai commencé à ressentir une certaine mélancolie, la nostalgie de mon enfance surtout. Et puis, la souffrance de voir ma fille grandir, quitter l'adolescence pour l'âge adulte. Le sentiment qu'elle m'échappait un peu. Sans oublier la vieillesse, les courbatures. Je ne pratique aucun sport. On ne peut pas dire que je suis l'être le plus épanoui physiquement du monde ! Elle. Comment cette angoisse du temps qui passe s'est-elle manifestée chez vous ? R. J'ai été victime de crises de paranoïa. J'avais peur d'un complot. J'étais persuadé qu'on me voulait du mal, qu'on m'espionnai, que mon téléphone était sur écoute. Je comprends Karen Mulder quand elle évoque les moments difficiles qu'elle a traversés, les micros espions placés sur ses fenêtres… Se sentir persécuté est horrible. Elle. Pour vous sortir de cette dépression, avez-vous reçu une aide psychologique ? R. J'ai renoncé après avoir épuisé cinq psys. Je ne suis pas convaincu de l'efficacité de la psychiatrie ni de la psychanalyse. Peut-être ne suis-je pas tombé sur les meilleurs. La plupart d'entre eux me laissaient parler et quand ils me donnaient leur sentiment, c'était pour me dire : "Il faut vous bouger, il faut arrêter de boire, il faut aller au musée, voir des expositions, faire du sport." Pour ce genre de conseils, merci, je n'avais pas besoin d'eux. J'avais mes copains. Pour décrocher de l'alcool, j'ai passé dix jours à la clinique Villa Montsouris. J'ai dit stop. J'en avais marre de me détruire, de passer pour une épave. Elle. Dans la chanson "Boucan d'enfer", vous dites : "Pourtant y'a bien pire que mourir/Y'a vivre sans toi…" Dominique est-elle la femme de votre vie ? R. Il m'a fallu du temps pour comprendre qu'entre nous il s'agissait d'une séparation et non d'une rupture. On ne vit plus sous le même toit mais on s'aime toujours. Une séparation de corps mais pas d'esprit. Je me permets de dire qu'elle ne m'a pas remplacé ni dans son cœur, ni dans sa vie. On se voit quasiment tous les jours. On ne peut pas détruire vingt-deux ans de vie commune et d'amour. Elle. Qu'est-ce qui n'allait plus entre vous deux ? R. J'avais changé avec les années. Je n'avais plus la même joie de vivre qu'à 20 ou 30 ans… Plus les mêmes passions non plus. Je ne sortais plus. Ni au théâtre, ni au cinéma. Les vacances m'ennuyaient. Je n'aime pas le soleil, je n'aime pas la plage. Ma femme adorait ça. J'étais devenu impossible. Elle. Cette séparation n'est-elle qu'un chapitre dans votre histoire d'amour ? R. Oui. On vit notre histoire d'amour différemment. D'un peu plus loin. On ne partage plus la même vie quotidienne. Elle. Est-ce plus sain ? R. Peut-être. Si demain je devais tomber amoureux d'une autre femme - ce qui n'est pas dans mes projets -, je n'envisagerais pas une vie commune, sous le même toit. Quand j'ai rencontré Dominique, je pensais vieillir et mourir avec elle. A l'image de mon papa et de ma maman qui sont encore ensemble. Mon père a 91 ans, ma mère 80 ans. Ils s'aiment toujours. Elle. Et votre tournée entre 1999 et 2001 vous a-t-elle redonné confiance en vous ? R. Bien sûr. Cette tournée, simplement intitulée "Une guitare, un piano et Renaud", m'a permis de voir si le public était toujours présent et si les chansons de mon répertoire tenaient la route dans une formule plus épurée, plus acoustique. Je n'ai pas été déçu : sans promo, j'ai réussi à toucher 250 000 personnes en dix-huit mois. Je me rendais bien compte que je n'allais pas chanter mon passé durant toute ma vie. A la fin de cette tournée, j'ai replongé. Il a fallu huit mois pour que l'inspiration revienne. Elle. Comment le déclic s'est-il opéré ? R. Je le dois à un copain homosexuel. Depuis des années, il me tannait pour que j'écrive une chanson sur les pédés. Pas les folles genre Village People bardées de cuir et piercées de partout. Non, sur le pédé de base, le petit pédé de province, employé de bureau qui atterrit dans le Marais. J'étais effrayé par la chanson de Charles Aznavour "Comme ils disent" qui traite tellement bien le sujet. Un soir, pour relever le défi, j'ai écrit "P'tit pédé" pour lui faire plaisir et me faire plaisir. Même si la société a évolué dans ce domaine, je trouve qu'elle reste "un peu" homophone… Elle. La moitié des chansons de votre nouvel album ne parle que de vous et de votre souffrance. Comme si vous donniez votre vie privée en pâture. S'agit-il d'un manque de pudeur ? R. J'ai toujours fonctionné comme ça. Est-ce qu' "En cloque" était une chanson pudique ? Je ne pense pas. Ça n'empêche pas le public d'avoir les larmes aux yeux. Les gens qui me suivent depuis les premiers albums aiment que je chante ce que j'ai sur le coeur. Si j'ai du chagrin, j'ai envie de le leur dire. Avec de jolis mots, d jolies musiques. Je sais que mon chagrin peut correspondre à celui d'autres personnes. J'ai souvent le témoignage de gens déprimés qui écoutent mes chansons les plus tristes. Ça leur redonne la pêche. Normal, ils se sentent moins seuls. Peut être le prochain album sera-t-il plus altruiste. Ce sera l'occasion de parler du chagrin de Dominique. Elle aussi a souffert dans cette séparation. J'ai très envie de rectifier le tir et de moins centrer tout sur moi. Elle. Frédéric Dard a dit : "Renaud fait le boulot de Verlaine avec des mots de bistrot". Qu'en pensez-vous ? R. Je me souviens. IL avait écrit ces mots pour présenter l'album "Mistral gagnant", en 1985. Il avait raison. J'ai toujours aimé et fréquenté les bistrots. Ils sont comme mon port d'attache : le lieu de rencontre avec mes amis qui ne m'ont jamais lâché, qui m'ont tenu fort la main. Ce retour à la vie, à la musique, c'est à eux que je le dois : Jean-Pierre Buccolo, le compositeur de "Boucan d'enfer", Dominique, le fils Tiberi, Etienne Rhoda-Gil et tant d'autres. Ils m'aiment plus que je ne le mérite. Elle. Vous avez écrit "Docteur Renaud, Mister Renard". Qui sont-ils ? R. Docteur Renaud est le gentil chanteur qui a du succès. Certains le considèrent comme un poète. Mister Renard, c'est le côté sombre du personnage. Mon côté tendance à pochetronner. Aujourd'hui, j'espère que Renard s'est fait la belle et que Renaud va définitivement reprendre le dessus. Elle. Dans "Tout arrêter", on vous sent désabuser : "J'ai arrêté de croire en tous les idéaux/Arrêté de donner mon obole aux Restos…" Vous avez été un pilier de la contestation. Renaud se serait-il calmé ? R. C'est une façon de dire mon ras le bol à l'engagement humanitaire. J'ai été trop déçu par des associations qui avaient l'air formidables et qui se sont révélées des repaires de détourneurs de fonds. Il est évident que les grandes causes me touchent toujours mais je n'ai plus envie de passer pour un chanteur engagé, un donneur de leçons. J'en ai payé les frais à une époque. On m'a traité de soixante-huitard attardé menant des combats d'arrière garde. Les antimilitaristes ou les anticléricaux risquent d'être déçus avec cet album… Tant pis pour eux. Elle. Seul, José Bové, que vous citez dans "Je vis caché", semble être digne d'intérêt. Pourquoi ? ? R. Son action contre les multinationales de la malbouffe est remarquable. En revanche, j'ai trouvé franchement inopportune sa visite à Arafat que je ne considère pas comme un grand démocrate… Elle. Il y a dix ans, vous interprétiez Etienne Lantier dans "Germinal", de Claude Berri. Aujourd'hui, vous finissez le tournage de votre deuxième long métrage, "Crime Spree", sous la direction de Brad Mirman. Comment appréhendez-vous cette nouvelle expérience ? R. Avec la plus grande lucidité. N'ayant pas croulé sous les propositions depuis dix ans, je me dis que je ne suis pas indispensable au cinéma ! pour moi, c'est un rêve de fosse de tourner avec Harvey Keitel, Johnny Hallyday… C'est aussi l'occasion de retrouver Gérard Depardieu. Je trouve plutôt chic de dire "Moi je ne donne la réplique qu'à Depardieu !" Interview de Françoise Delbecq "Boucan d'enfer", 1 CD Virgin (dans les bacs le 28 mai) Cher Renaud, Je vous écris cette lettre pour vous dire que je t'aime. Entre le tutoiement et le vouvoiement mon cœur balance, mais parce que je me sens proche de toi et que ça ne se fait pas, je vais te tutoyer. Dieu ou toi me le pardonnera. Vous vous arrangerez. Tout d'abord je dois t'avouer que je n'ai que 21 ans. Je sais, c'est jeune. Trop même aux yeux de certains qui pensent qu'à mon âge on écoute du rap, pas du Renaud. Mais à ceux-là je réponds que l'un n'empêche pas l'autre. Que les poètes n'ont pas d'âge, pas de limites. Et puis que, après tout, je fais ce que je veux. Tu me diras : pourquoi une lettre? Parce que tout ce que je vais écrire, je n'aurais jamais osé te le dire. Trop timide. Trop impressionné. Assis au fond de ta banquette, dans ton bistrot, devant une boisson anisée, je n'aurais pas pu tout te déballer. Les reproches d'abord. Pourtant peu nombreux, puisqu'ils sont au nombre de un : pourquoi tu nous as abandonnés ? Près de sept ans sans nouvelles. Un article, deux nouvelles chansons, quelques concerts donnés en pâture aux fans impatients, rien de plus. Silence radio. Pas d'album, de révolte, de combat. La seule pétition où j'ai vu ton nom, c'est celle que j'ai fait courir dans mon immeuble pour que tu reviennes chanter. Sept ans de malheur ! Heureusement te revoilà. Tu me reviens avec "Boucan d'enfer". Quatorze nouvelles chansons. Il ne m'a pas fallu plus de deux jours pour les connaître par cœur. J'ai gardé le casque sur les oreilles pendant des heures. Trop heureux de retrouver ta voix abîmée, ton regard posé sur ce monde qui nous dégoûte, et tes chansons d'amour. Les gens n'ont jamais compris que tu n'écrivais que des chansons d'amour. Pour ta fille, Lolita, pour cette Terre que "tu aimes tellement", et pour Dominique, ta femme, ton amoureuse, ta "Domino". En écoutant ton nouvel album, ils verront sûrement à quel point tu l'aimes. Et à quel point, pour tes yeux désabusés, la vie est dégueulasse avec les amoureux. Le constat, sans doute vrai, est un peu dur à entendre. Pour moi, en tous cas, qui n'ai qu'un seul amour. Ce que j'aime chez toi, c'est peut être e qu'ils détestent. Tes faiblesses, ta fragilité, tes contradictions, es combats, tes défaites, tes victoires, ta voix parce qu'elle n'est pas parfaite, tes mots, tes yeux, ton amour, et le fait que tu sois vivant et debout. Moi, pour être tout à fait objectif, je dois t'avouer qu'il a malgré tout un ou deux trucs qui me déplaisent. Les cheveux, trop décolorés, les jeans, trop trouvés, et les santiags, trop pointues. A part ça, rien ne me dérange. Tout me va. Ne change rien. Et si tu ne brandis plus ton poing comme il y a vingt-cinq ans, je ne t'en veux pas. Je le fais pour toi. Un bandana rouge autour du poignet, je manifeste. Sans me faire embrigader dans un parti, sans me faire manipuler. Je fais comme tu m'as appris. Je lutte avec amour. Alors, pour finir, je voulais juste te demander l'impossible : ne t'arrête jamais ! parce que, si tu m'imposes ton silence, c'est dans ma tête que ça va faire un boucan d'enfer. Allez, salut l'artiste, et surtout merci ! Infiniment ! Nicolas Roux
    • Album Boucan d'Enfer
    • Chanson Dès que le vent soufflera
    • Vie Alcool
    • La Closerie des Lilas
    • Lolita
    • Vie Vieillir
    • Une guitare, un piano et Renaud
    • Chanson Petit pédé
    • Charles Aznavour
    • Chanson En Cloque

4 juin 2002

Merci à Pepette.

Le Monde
  • 31 mai 2002, Quand Renaud chante Santoni, rebelle « encagoulé » contre un « putain d'Etat » > LE MONDE | 30.05.02 | 12h04 Quand Renaud chante Santoni, rebelle "encagoulé" contre un "putain d'Etat" C'est un étrange hommage, celui d'une amitié parisienne scellée autour d'un verre - deux, trois 8, le soir, à la Closerie des Lilas, où les deux hommes s'attablaient en voisins. La treizième chanson du dernier album de Renaud, Boucan d'enfer, qui signe la renaissance d'un chanteur amateur de vapeurs d'alcool, mais passé par plusieurs cures de désintoxication, est un hommage à François Santoni, l'ancien chef nationaliste d'A Cuncolta. Corsic'armes est dédiée à "Christelle" - elle préfère écrire "Christel" -, sa compagne. Santoni est tombé devant elle, criblé de balles, le 17 août 2001, à la sortie d'un mariage à Monica d'Aullène, en Corse-du-Sud, alors que le couple allait rejoindre la maison familiale de Giannucciu. A la Closerie, une célèbre brasserie parisienne, donc : "Il m'expliquait sa terre, son peuple, son pays/J'écoutais en silence, attendri/ Me parlait d'Ajaccio, de Calvi, de Bastia/Des corrompus notoires, des élus, des mafias/Et des encagoulés réunis au fond des bois/Pour défier la justice et ce putain d'Etat (...)" Renaud l'anar a toujours aimé "tous les Robin des Bois, les peuples insoumis". Santoni jouait au romantique, "jusque tard dans la nuit" . Il était bon compagnon de bar et de whisky, un de ces aventuriers comme on n'en fait plus. Renaud ne veut pas en savoir davantage. "S'est fait buter un soir aux abords du maquis/S'est fait flinguer, pourquoi ? Et par quel ennemi ?/Avait-il tué d'abord pour être tué aussi ?/ Etait-il un rebelle, était-il un bandit ?" Une semaine avant la sortie de l'album, le 28 mai, Corse-Matin a donné une large publicité à Corsic'armes . "J'ai voulu lui tirer un coup de chapeau. On va me le reprocher. Tant pis. Je suis un farouche partisan de la non-violence, mais j'aime les insoumis qui résistent au jacobinisme, à l'autorité de l'Etat, et qui militent pour protéger des spéculateurs. Pour que ce beau pays ne devienne pas le bronze-cul de l'Europe", a expliqué le chanteur à l'unique quotidien insulaire. Il a raconté que Christel - qui a préfacé la nouvelle édition de Contre-enquête sur trois assassinats dans son édition de "poche" (Folio documents) - "avait pleuré" en entendant, la première : "Tu me manques ce soir et je parle de toi/A ta douce compagne qui pleure près de moi/Les mots qu'elle ne dit pas c'est la loi de l'Omerta." Renaud a expliqué à Corse-Matin qu'il n'avait "pas peur" de venir en Corse : "S'ils se mettent à flinguer tous ceux qui ont aimé Santoni, ça fera du monde." Les Corses, que cet assassinat n'avait guère émus, ont souri. Les nationalistes soixante-huitards ont soupiré, un peu "déçus" par leur idole. La nouvelle génération d'Indipendenza s'est gardée de tout commentaire. Certains des représentants du "putain d'Etat", enfin, se sont très sérieusement souvenus qu'IAM, dans ses clips, avait mis en scène des "encagoulés" d'Indipendenza. Au fond, si le nationalisme devient folklore, pourquoi pas... Ariane Chemin • ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 31.05.02
    • Album Boucan d'Enfer
    • François Santoni
    • Pays Corse
    • La Closerie des Lilas
    • Vie Alcool
La Dépêche
  • 28 mai 2002, Renaud, un retour d'enfer > La Dépêche du Midi Article paru le 28/05/2002 CULTURE : Son nouvel album sort aujourd'hui Renaud, un retour d'enfer Déprime, parano, hypocondrie, séparation et alcool, sont les six états d'âmes qui ont rythmé la vie de Renaud Séchan depuis six ans. Renaud était devenu Renard, « comme y'a eu un Gainsbourg et un Gainsbarre », chante-t-il dans « Docteur Renaud, Mister Renard », titre phare de son nouvel album paru aujourd'hui. U n nouveau disque « plus nombriliste qu'altruiste » avoue-t-il, où il exorcise toutes ces années d'inspiration asséchée et de lente descente vers des paradis plus qu'artificiels. Aujourd'hui, la cinquantaine à peine entamée, sa marche à l'ombre est enfin finie. Il vient d'achever au Canada le tournage du film de Brad Mirman « Crime Spreed », dont il partage la vedette avec Gérard Depardieu, Johnny Hallyday et Harvey Keitel. Et se lance maintenant dans la promotion de sa nouvelle création. Son nouvel album ne cache rien de l'enfer vécu pendant ces six ans d'absence. « Boucan d'enfer » est son nom. Un titre qui « désigne le bruit qu'à fait le bonheur en partant » explique-t-il, évoquant la rupture d'avec sa femme Dominique après 22 ans de mariage: « Je n'étais plus le plus agréable des hommes à vivre, ni pour mon épouse ni pour ma fille ». ENVIE DE PROSE C ar Renaud, assommé par une forte dépression, avait sombré dans l'alcool, il « carburait au Ricard ». Un épisode qu'il évoque sans ambiguïté dans « Docteur Renaud, Mister Renard »: « Renard est un sacré soiffard/ Renaud est sobre comme un moineau, /Quand Renaud rejoint son plumard/ Renard s'écroule dans le caniveau ». Finalement, ce sont ces amis qui ont réussi à le sortir de cette spirale. Mis au défi par un ami de lui écrire une chanson contre un verre de pastis Renaud a trouvé le déclic. En quelque semaines il aligne quatorze nouveaux textes et une musique. Cette fois, le chanteur qui s'estime limité comme compositeur et considère qu'il a fait le tour des trois accords qu'il connaît, a préféré laisser à d'autres le soin le soin de lui inventer des mélodies et des refrains. « Coeur perdu », « Je vis caché », « corsic'armes » où il évoque son amitié avec François Santoni, « Manhattan-Kaboul », en duo avec Axelle Red fait référence aux attentats du 11 septembre et leur folie meurtrière. Autant de titres déjà considérés par les fans de ce « soixante-huitard attardé » et les musiciens comme incontournables. Mélange de tristesse, désarroi, espoir et dérision (« L'entarté » caricature BHL), ce disque a permis à Renaud de se relancer dans l'écriture: « J'ai envie de prose, après des années à tâter de la rime. Fiction, autobiographie, billets, peu importe mais écrire!». Amanda SANZ Sa carrière en bref 1975: premier album, qui contient la chanson « Hexagone ». septembre 1977: deuxième album (« Place de ma mob »). Premier tube « Laisse béton » avril 1978: premier passage au Printemps de Bourges début 1979: troisième album, avec « Ma gonzesse » 1980: « Marche à l'ombre » 1981: « Mon beauf » septembre 1983: « Morgane de toi », inspiré par la naissance de sa fille Lola, « En cloque » 17 janvier 1984: Inaugure le Zénith, à Paris. Il y restera jusqu'au 5 février 1985: album « Mistral gagnant » (1,5 million exemplaires). Maître d'oeuvre du disque et du concert « Chanteurs sans frontières » 1988: album « Putain de camion », en hommage à son ami Coluche tué deux ans auparavant. 1992: vedette de « Germinal », de Claude Berri adapté du roman de Zola. Il incarne Lantier 2001: Victoire d'honneur lors des Victoires de la Musique pour l'ensemble de sa carrière 28 mai 200: sortie de « Boucan d'enfer ».   
    • Album Boucan d'Enfer
    • Chanson Docteur Renaud, Mister Renard
    • Cinéma Wanted Crim Spree
    • Gérard Depardieu
    • Johnny Hallyday
    • Chanson Coeur perdu
    • Chanson Je vis caché
    • Chanson Corsic'armes
    • François Santoni
    • Chanson Manhattan-Kaboul

3 juin 2002

Merci à Gino, Vincent, David pour ces articles.

Lartscene
  • 2 juin 2002, Le mauvais sujet repenti > RENAUD : Sans déc' ! Après cent ans d'absence, on se demandait si l'autonomiste du XIVe arrondissement allait laisser béton. Moins rebelle mais toujours vivant et debout, Renaud revient avec Boucan d'enfer , son nouvel album. L'occasion de faire, en 14 chansons, un état des lieux. LE MAUVAIS SUJET REPENTI. Depuis 5 ans, le renard énervant planquait son museau, tapi au fond de sa tanière parisienne. Inspiration à sec, éthylomètre dans le rouge (ou le « jaune » plutôt). Victorieux de ses vieux Malins, Renaud nous revient un peu patraque, le cœur perdu, au fond des bottes, mais avec une envie créatrice retrouvée. Son nouvel album, Boucan d’enfer, pose les frontières d’une carrière réinventée.   Depuis plusieurs années, il y avait comme une brèche béante dans le microcosme de la chanson narrative. Non pas que cette dernière manquait de représentants talentueux, bien au contraire. L’arrivée de la nouvelle garde - Bénabar, Agnès Bihl, Jeanne Cherhal et consorts - conjuguée au plaisir de retrouver les plus affranchis – Sarclo, Leprest, Astier, Béranger et autres – nous a bien souvent gâtés. Oui mais quand même. Un de ses plus charismatiques représentants manquait à l’appel, comme renvoyant toute une génération à la triste condition d’orphelin. Mais voilà, après nous avoir longtemps laissé craindre que l’album de 1994, A la belle de Mai, serait notre solde de tout compte, Renaud revient, à la force de ses mots, avec Boucan d’enfer, un panier garni de 14 nouvelles chansonnettes. Toute promo en avant, Renaud nous livre un album de souffrance, écrit dans la souffrance. Un album en miroir, une introspection douloureuse née de son séisme conjugal, de son penchant destructeur pour le goulot. «Comme y a eu Gainsbourg et Gainsbarre / y a le Renaud et le Renard » nous annonce l’intéressé dès l’ouverture des hostilités. Et Renaud-Renard de se livrer à une auto-psychanalyse dévoilant l’ambivalence de sa personnalité, « un côté blanc, un côté noir » : « Renaud souffre de tous les maux / Qui accablent ce monde barbare / Il porte les croix sur son dos / Des injustices les plus notoires / Renard désabusé se marre / Se contrefout de ce bazar / Le monde peut crever bientôt / Renard s'en réjouirait plutôt ».   Cette mise à nu, ce repli sur soi, cette fracture sentimentale, Renaud en use à plusieurs reprises, comme pour exorciser sa douleur voire une fatalité qu’il évoquait déjà en 1984, dans sa loge du Zénith : « Tout ce bonheur qui me tombe dessus, tôt ou tard, je devrai le payer ». C’est ainsi que Mal barrés ou Boucan d’enfer dévoilent le pessimisme exacerbé de l’auteur à propos de la question amoureuse mais plus précisément de celle du couple. « Le bonheur reste toujours / l’affaire de quelques jours / Pas d’une vie entière » confie-t-il. Dans la même logique, Renaud adresse cette petite annonce désabusée dans Cœur perdu, titre certainement le plus abouti de l’album : « Cœur à prendre, pas à vendre, à donner / Un peu naze, un peu d'occase, un peu cassé / Cœur en miettes, en détresse, en compote / En morceaux, en lambeaux, au fond des bottes ». Un Renaud inhabituel - à la croisée d’un héros romantique werthérien en proie à l’amour impossible - qui vient vérifier – s’il en était encore besoin ! – que « le temps est assassin ». Certes plus nombriliste, Boucan d’enfer, nous montre néanmoins un Renaud qui révise les gammes qui ont contribuées à sa renommée. Autoproclamé « chanteur énervant » en 1985, militant actif face à moult fléaux et injustices, aujourd’hui, c’est dans le désengagement qu’il cherche sa voie. Une position radicale qu’il évoque dans Je vis caché, à la manière d’un dépôt de bilan : « Loin des meetings, des réunions / Des manifestations de rue / J’écoute la colère qui fond / Sur nos dirigeants corrompus / Mais bouger mon cul, m’engager / C’est pas d’main qu’vous m’y reprendrez ». Cependant, Renaud qui - dans la même chanson – dénonce à tour de bras n’a jamais craint de verser dans le paradoxe. Qu’il s’agisse des médias, de la politique ou du monde du show-biz. Paradoxes qu’il assume pleinement comme cet amour quasi-filial qu’il nourrit à l’égard de Mitterrand et qu’il exprime à nouveau, sous forme d’hommage, à travers Baltique, le labrador du défunt président. Aussi, ce rejet catégorique de toute chose publique, cette façon de faire table rase des idéaux ne s’inscrivent-ils pas à ce même registre du paradoxe ? Renaud creusant plus profond le sillon de sa marginalité n’en apparaît-il pas comme plus engagé ? C’est du moins le sentiment qui perce sous le brocard qu’il adresse à BHL. L’entarté stigmatise – certes - « l’idole de Saint-Germain des près », mais au-delà, c’est le prêt à penser et la société bourgeoise bien pensante que Renaud fustige de sa plume vacharde mais drôle.   Boucan d’enfer est aussi - et peut-être avant toute chose - l’album de la fidélité. Fidélité à ses amours, à « sa gonzesse », à laquelle il déclare sur Tout arrêter…, « jamais je n’arrêterai de t’aimer » avant de livrer le troublant aveu « Mon cœur ressemble à Tchernobyl / Et ma vie à Hiroshima / Pourtant y’ a bien pire que mourir / Y’ a vivre sans toi. », sur le titre éponyme. Fidèle, Renaud l’est également en amitié. Bien plus, il replace l’amitié au centre des rapports humains. Les potes, « les vrais de vrai » forment le lien déterminant qui l’a conduit vers son salut. « Je n’ouvre plus mon cœur / qu’à mes potes au bistrot » avoue-t-il sur Tout arrêter… . De bistrots aussi, il est beaucoup question. Lieu incontournable de la fraternité selon Renaud. C’est d’ailleurs là, auprès des amis émérites disparus, qu’il choisit d’élire domicile, quand la faucheuse viendra lui prendre la main. Mon bistrot préféré, nous présente cet inventaire de choix où l’on croise Brassens, Ferré, Brel, Dimey, Prévert, Gainsbourg, Trenet et beaucoup d’autres. Fidélité toujours, bien plus qu’à des musiciens, c’est à ses amis Alain Lanty et Jean-Pierre Bucolo – qui l’accompagnaient déjà sur la tournée Une guitare, un piano et Renaud - que le Renard a confié la composition des parties musicales de l’album. Il s’en dégage une tonalité plutôt consensuelle qui renoue toutefois élégamment – malgré quelques riffs datés - avec l’électricité. Alors que l’on pensait que Renaud allait raccrocher son perfecto et laisser son bandana au vestiaire, il fait son retour, encore un peu convalescent. Boucan d’enfer n’est certainement pas le meilleur album de Renaud – bien qu’il soit de très bonne tenue – mais c’est l’album essentiel d’un poète abîmé qui démarre une nouvelle carrière. C’est l’album d’une envie d’écrire retrouvée, un album sans lequel Renaud risquait de perdre toute fonction sociale. En décembre prochain, Visage Pâle attaquera à nouveau le Zénith parisien. Comme au bon vieux temps !... d.d. Renaud - Boucan d’enfer Virgin - 2002  
    • Album Boucan d'Enfer
Radio-Canada
  • 31 mai 2002, Renaud : boucan d'enfer ! > Radio Canada du 31 mai 2002 Reportage au Point Vendredi 31 mai Renaud : boucan d'enfer Sept ans de silence musical à broyer du noir, mais Renaud se relève. Le vieux bum lançait le 28 mai dernier son nouvel album intitulé « Boucan d'enfer ». Stéphan Bureau l'a rencontré à Toronto. « Je reviens d'une période où j'allais très très mal. Une période de cinq ans où j'étais au fond du trou, je n'avais plus d'inspiration, plus une ligne de chanson, plus d'amour de moi-même, donc plus envie d'être aimé par les autres, plus envie de me montrer dans les médias, devant les caméras, plus envie d'écrire, plus envie de chanter, me nourrissant d'antidépresseurs, de saloperies de médicaments et d'alcool anisé, de pastis en l'occurrence. Dépression, chagrin d'amour, rupture conjugal, le fond du trou quoi … Et puis la renaissance l'hiver dernier. » « C'est un disque très personnel, très introspectif où j'évoque beaucoup mon petit nombril de quinquagénaire plutôt, comme j'ai fait dans les albums précédents, de parler d'histoire du monde et de mes contemporains. » Écoute de l'entrevue Format WindowsMedia Notes biographiques extraits de La biographie de Renaud de Didier Varrod 1952 Coup double pour maman Séchan qui donne à respirer à deux miniatures agitées. L'un d'eux s'appellera Renaud. Mai 1968 Renaud déserte le berceau familial, fête ses seize ans sur les barricades, adhère au CRAC (Comité Révolutionnaire d 'Agitation Culturelle)avant de fonder en alternatif énervant le groupe Gavroche Révolutionnaire. Gavroche en quête de romantisme, il crée sa première chanson teigneuse dans une Sorbonne occupée et tout à coup hallucinée. 1969-1971 Renaud quitte définitivement le lycée et goûte aux joies et solitudes des petits boulots. Il se distingue dans des emplois de magasinier puis de vendeur spécialisé dans les livres de poche. Docteur Renaud Mister Renard * Comme y'a eu Gainsbourg et Gainsbarre Y'a le Renaud et le Renard, Le Renaud ne boit que de l'eau Le Renard carbure au Ricard, Un côté blanc, un côté noir Personne n'est tout moche ou tout beau, Moitié ange et moitié salaud Et c'est ce que nous allons voir. Docteur Renaud, Mister Renard Renard est un sacré soiffard Renaud est sobre comme un moineau, Quand Renaud rejoint son plumard Renard s'écroule dans l'caniveau Renaud se méfie des pétards Et du chichon qui rend idiot Renard se les roule peinard Pour s'exploser le ciboulot Docteur Renaud, Mister Renard Renaud s'efforce, c'est son boulot D'écrire de jolies histoires Pour séduire les gens, les marmots Pour amuser pour émouvoir A la pointe de son stylo Le Renard n'a que des gros mots La parano et le cafard N'lui inspirent que des idées noires Docteur Renaud, Mister Renard Renaud souffre de tous les maux Qui accablent ce monde barbare Il porte les croix sur son dos Des injustices les plus notoires Renard désabusé, se marre Se contrefout de ce bazar Le monde peut crever bientôt Renard s'en réjouirait plutôt Docteur Renaud, Mister Renard Renaud a choisi la guitare Et la poésie et les mots Comme des armes un peu dérisoires Pour fustiger tous les blaireaux Renard, c'est son côtéanar Crache sur tous les idéaux Se moque du tiers comme du quart Des engagements les plus beaux Docteur Renaud, Mister Renard Renaud mérite les bravos Car en amour et c'est sa gloire Il est tendre comme un agneau Pour une seule et même histoire Renard se frotte à toutes les peaux A que des aventures d'un soir Avec des canons, des cageots Renard s'rait-il un brin vicelard ? Docteur Renaud, Mister Renard C'est à cause du désespoir Qui tombe à 50 ans bientôt Que le Renard, tôt ou tard Prendra le dessus sur Renaud Aujourd'hui son amour se barre Son bel amour, sa Domino Elle quitte le vilain Renard Mais aimera toujours Renaud Docteur Renaud, Mister Renard * Extrait du nouvel album « Boucan d'enfer » 1973 Suitede la saga des petits métiers. Pour arrondir ses fins de mois, Renaud fait la manche avec son poteau Michel, l'accordéon en sautoir. Paris sera toujours Paris pour ce couple de poulbots endiablés. Incursion malignedans la cour du Café de la Gare oùColuche fait son premier spectacle en vedette.Lederman en quête de domination show-biztiquerepère les deux moineaux et les engageau Caf 'Conc sur les Champs Élysées.Duo devient trio et par cette insondable magie quin'appartient qu'au music-hall, nos héros panaméensse transfigurent pour la légende: « Les3 p'tits loulous ». 1975 Renaud occupe désormais seul le Caf 'Conc. Jacqueline Herenschmidt, productrice artistique chez Polydor, lui propose d'enregistrer son premier album. 13 chansons dont « Amoureux de Paname » et le subversif et légendaire « Hexagone ».Paroles et musique signées Renaud. Un premierdisque qui lui vaudra un compliment lapidaire de la programmation d'Europe 1 : « C'est de la merde »,et une interdiction d'antenne de la chanson « Hexagone »sur France Inter. Résultat des courses: 5000 rondelles vendues (200 000 àce jour…) et une première expériencescénique. 1977 En septembre, sortie du deuxième album intitulé « Place de ma mob » (Polydor -450 000 albums vendus). 1979 Audébut de l'année, sortie du troisièmealbum enregistré au Studio des Dames.Jacques Bedos, directeur artistique de l'entreprise. Des histoires encore dingues, celle du « Tango de Massy », celle de sa « Gonzesse » ou de « La tire à Dédé ».L'anarchiste au cœur noir se démasquedans une version plus tendre, bardé de sentiments exacerbés. La rage, çadonne parfois des bleus au cœur. Mais désormais,Renaud signifie profit. La preuve, 450 000 disques dans le cœur decible d'un public non formatable. 1980 « Marche à l'ombre »(Polydor) déferle sur les ondes en proie au syndrome disco. L'histoire d'un mec qui vit dans un H.L.M. ou peut-être d'une teigne qu'a les yeux qui saignent à causeque la société elle est pas bonne. Lecuir en étendard, la moue de celui qui se méfiedes méchants, Renaud invente son frèrede coeur, Gérard Lambert. Un disque tout en urgence, fléché par quelquesmises au point bien senties. « Itis not because you are » pour s'installerdéfinitivement et avec fougue dans le nouveau paysage de la chanson françaiseen quête de crédibilité.Et les ventes de disques qui gonflent à vued'œil (650 000 double platine), ça commenceà se savoir et à intriguer les marchandsde bonheur … 1981 « Le retour de Gérard Lambert » ou le bouclier en double croche anti-blaireaux. Une arme de première nécessité. Tatouage et clé à molette pour s'affirmer musicalement.Sans prévenir, le loubard au coeur musettese rapproche du clan des rockers. Paname et son accordéonculbutent tout de même les facéties saignantes de Coluche le parrain, ou du professeur Choron. Catalogue presque exhaustif des faits et gestes de la France moyenne en plein chambardement électoral. Tiercé gagnant : « Mon beauf », « J'ai raté Télé Foot », « Banlieue rouge ». Et Coluche aurait dit : « Les couilles double platine ! », ce qui signifie plus poétiquement 600 000 albums vendus. Septembre 1983 Almanach de secours pour chanter « Morganede toi ». Renaud met du cambouissur les layettes et gagne en puissance, refusantde jouer les éternels rive gauchards,babas-cool indécrottables, en se référantencore toujours à la tradition et àune certaine pureté. Il s'ouvre sur le nouveau monde et confronte sa bohèmede naissance à la démesure rock californienne.Bruant traverse presque en solitaire l'Atlantique.Des tubes et le million et demi d'albums vendus.« Dès que le vent soufflera »(Aufray sorti des eaux, tatatatan …), « Encloque » (Rimbaud corrigé),« Doudou s'en fout » (ludique) et l 'immortel « Morgane de toi », clipé pour la bonne cause par un autre papa atteint du noble virus « Lemon incest », Gainsbourg en personne. Fin 1985Retour en France et sortie de l'album « Mistralgagnant », enregistré aux U.S.A. sous la férule de Jean-PhilippeGoude. Evénement national : la chetron sauvage est née et accroche un disque de platine dès le 10ème jourde la sortie du disque. « Miss Maggie »tétanise la perfide albion, « Baby sitting blues » émerveille Drucker, « Mistral gagnant » nique les dents de la génération morale. Renaud est le seul chanteur bien énervant à vendre encore une fois 1 million et demi d'albums sur son seul nom. 1988 Silencerompu. « Putain de camion ».Cette fois, y'a du sang sur les layettes etla teigne aux cheveux jaunes donne sa langueau chagrin. L'émotion est à l'ordredu vinyle pour Coluche en fuite. La tendre gouape arc-boutée sur sa méfiance chantemais ne parle plus. Il se trouve que ce chanteur esttoujours énervé et préfèrerejoindre les enfants et les baleines dans le silence de l'innocence. 750 000 fidèles vont respecter ce silence. 1991 Renaudn 'est pas rancunier. La preuve, il enregistreson « Marchand de Cailloux »(650 000 exemplaires vendus) dans la perfideAlbion, certes désormais en vacancesde « Maggie ». Les bras en croix dans le dos, une caillassedans les poings toujours serrés, lesbarricades de 68 sont loin, mais les intifadasde tout l'univers démontent nos dernièrescertitudes. En verve plus que jamais, notregavroche loin d'être bionique fait résonnerl'amertume des soirs de blues en Irlande etlorsqu'il parle de nous, il n'oublie pas de dénoncer les belles de printemps qui s'oublient en ferias, de plaindre un patriarche fatiguéde rêver que la gauche reviendrait, et qu'ily a toujours cinq cents connards sur la ligne de départ.  1993-1994Sans prévenir, et sans les habituelles trompettes de la renommée, Renaud grave sur le vinyle à papa les chansons qui réchauffent le coeur des ch'timis. « Renaudcante el 'Nord ». De la world musique qu'ils disent dans les couloirs du show-biz, vendue à 300 000 citoyens du monde. Sur le tournage de « Germinal », rencontre attentive et bouleversée avec les figurants, grillots du Nord, porteurs de l'histoire chantée des gueules noires. Surprise, émotion,et ralliement public aussi puissant qu'une manifestationréussie. Les boudeuses « Victoiresde la Musique » plieront enfin sous le joug de la séduction. Pour la peine, Renaud annonce à Virgin qu'il rentre chez lui pour enregistrer son prochain disque à la maison : « À La Belle de Mai » (novembre 94). Et toc, 500 000 albums dans la cible pour celui qu'on retrouve accoudé à un stand forain et qui pose cette question essentielle: « C'est quand qu 'on va où ? ». 2002 C'estl'heure de la renaissance. Renaud patraque du cœur, tout le monde l'avait senti puisque lui et l'hexagone, ça fait presque un tout. Notre frêle tatoué revient nous donner des nouvelles. Encore au mois de mai (le 28), parce que lui c'est un peu le printemps, les sursauts romantiques, les grands soirs, la fête du travail et les révolutions à lui tout seul. Avec 12 millions de disques vendus au compteur, Renaud, peut-êtreplus seul qu'il ne l'a jamais été danssa vie à lui, revient faire ses passementsde mots dans la première division. Et un et deux et trois zéro. Renaud, champion des mots et du monde, marque la victoire des nostalgiques, de ceux qui en ont dans le cerveau et de ceux qui ne renoncent pas devant les gourous et argentiers de la mondialisation. On est d 'accord pour en reprendre pour vingt ans. Discographie Amoureux de Paname (1975) Laisse béton (1977) Ma gonzesse (1979) Marche à l'ombre (1980) Le retour de Gérard Lambert (1981) Morgane de toi (1983) Mistral gagnant (1985) Putain de camion (1988) Marchand de cailloux (1991) Renaud cante el' Nord (1993) A la belle de Mai (1994) Renaud chante Georges Brassens (1994) source : Virgin HYPERLIENS Renaud fait un boucan d'enfer site officiel de Virgin Le HLM des fans de Renaud site de fans             Radio-Canada ©
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Le Parisien
  • 28 mai 2002, Le nouveau Renaud sort aujourd'hui > le parisien du 28 mai 2002 DEPUIS HUIT ANS et « la Belle de Mai », il y avait un vide dans la chanson française. Il est à présent comblé avec la sortie, aujourd'hui, de « Boucan d'enfer », le nouvel album de Renaud. Un recueil de quatorze nouvelles chansons qui résume, en un verbatim en rimes, cette absence. Renaud, autrefois impitoyable observateur de son prochain ­ histoire de ne jamais parler de lui ­, a remisé sa pudeur et le quinquagénaire dissèque ce « boucan d'enfer », le bruit qu'a fait son amour lorsqu'il s'est cassé. « Cet album n'est peut-être pas le meilleur, mais, au moins, je l'ai fait... » expliquait-il, au sortir de sa longue panne d'inspiration, d'une dépression sur fond de tempête anisée, de celles dont on se remet difficilement (voir interview dans nos éditions du 10 mai) . Peu importe, un nouveau Renaud est toujours bon à prendre, même avec ses hauts et ses bas et sa voix essoufflée. Il exorcise, la tête haute « Boucan d'enfer », mis en musique respectueusement, rappelle à quel point Renaud manquait, comme un grand frère disparu de la circulation et enfin revenu aux affaires. Pas vraiment ces affaires courantes qui autrefois le révoltaient mais, désormais, ses affaires à lui. Entre « Docteur Renaud, Mister Renard », « Je vis caché » ou « l'Entarté », Renaud exorcise ses démons, tire sur quelques ambulances (la télévision, Bernard-Henri Lévy...), fait le compte de ses dégoûts. Il se plante avec sincérité, parfois, avec « Petit Pédé » et « Manhattan-Kaboul », en duo avec Axelle Red. Ou encore attise ses renoncements et son désarroi, comme dans « Tout arrêter... » et « Boucan d'enfer », la chanson avec laquelle il bouleversait son auditoire, lors de sa tournée de petites salles, il y a trois ans. Mais il arrive aussi de le retrouver complètement sur les thèmes les plus simples et les arrangements les plus épurés, avec les attachantes « Coeur perdu », « Mal barré » et « Elle a vu le loup ». Economie de mots, émotion retenue, jolies chansons de la part d'un auteur-interprète enfin retourné au turbin après moult remous, reprenant, la tête haute, une place que personne n'était parvenu à lui chiper pendant sa trop longue absence. Renaud, « Boucan d'enfer ».
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2 juin 2002

Merci à DomyReg, Liz et à Marie pour ces articles.

La Voix du Nord
  • 26 mai 2002, Renaud, l'ermite de la closerie > La Voix du Nord du 26 mai 2002 Renaud, l'ermite de la closerie Après cinq années de silence ou presque et une grave crise personnelle, Renaud revient avec un nouveau disque émouvant, chronique de ses années noires. Rencontre Closerie des Lilas, 12 h 30. Ambiance hors d'âge, comme on le dirait d'un vieil alcool, de cette grande brasserie parisienne, entre cuir rouge, cuivre et acajou. Dans un coin discret, Philippe Sollers termine son déjeuner. Un peu plus loin, Etienne Roda-Gil et Hugues Aufray conversent. Près de l'entrée, les yeux bleus noyés dans son café, le Perfecto rivé sur ses épaules de titi parisien de 50 balais, Renaud est là, exactement comme sur la pochette de son nouveau disque. A la Closerie des Lilas, Renaud fait un peu partie des meubles. « Ici, c'est mon bureau, ma salle à manger, ma cuisine. C'est ici que j'ai vécu les dernières années de ma vie. » Boucan d'enfer, s'appelle le nouveau disque de Renaud (sortie le 28 mai), chronique émouvante de ces années de tempêtes et de doutes, de solitude, et de course à l'abîme dans les fièvres anisées, d'un homme que tout, l'amour, l'inspiration, le goût de vivre, semblait avoir abandonné. Docteur Renaud, Mister Renard Renaud en parle sans ambages, et il le chante tout au long de son disque, ces cinq années de silence ont révélé une fragilité qu'il ne soupçonnait pas. Comme il y eut Gainsbourg et Gainsbarre, il y a maintenant « Docteur Renaud et Mister Renard » : « Ce n'était pas obligatoire de révéler cet aspect de ma personnalité, mais j'avais envie de dire aux gens comment je suis vraiment. Vous m'aimez peut-être mais je ne suis pas forcément aussi angélique, aussi magistral que lorsque je brille sous les feux des projecteurs. Je suis un être comme vous, noir et blanc, plein de défauts, de faiblesses et de doutes... ». Il a fallu un nouveau soir bien arrosé pour qu'un copain mette au défi Renaud d'écrire une chanson sur le thème de l'homosexualité. Sur un coin de table, en une heure, Renaud écrit Petit pédé. « Je me suis pris une "muflée" dont je n'avais absolument pas besoin. Mais ça a eu l'avantage de me donner à nouveau l'envie d'écrire. ». Dans le mois et demi qui a suivi, quinze chansons sont à nouveau sorties des carnets de Renaud : chansons sur l'adolescence qui s'enfuit (Elle a vu le loup, dédiée à sa fille), portrait « méchant »  de Bernard-Henry Lévy en Entarté (« Il m'énerve celui-là, totalement fasciné par son image plus que par ses idées... »), constat amer sur le monde tel qu'il va mal (Manhattan-Kaboul), et surtout chansons d'amour bouleversé, bouleversantes (Boucan d'enfer, Tout arrêter, Cœur perdu ) : « Dans cet album, j'évoque beaucoup le chagrin, la solitude, la séparation, je fais quelques allusions à mes tendances de ces dernières années à la "pochetronnerie" et à une vision un peu noire du monde. Mais il faut relativiser tout ça. Ce ne sont que les états d'âme d'un petit chanteur célèbre. A côté de la vraie misère dans laquelle vivent et se débattent des millions d'individus, c'est peu de choses... » Brassens, en boucle Et puis il y a Mon bistrot préféré où Renaud dresse son panthéon personnel et réunit tous les gens qu'il a aimés, qui l'on construit : « Il y a tout d'abord Brassens, que j'écoute en boucle depuis 50 ans. Il y a Vian et Prévert qui m'ont fait aimer la poésie et donné l'envie d'écrire. Et puis Audiard, Verlaine, Rimbaud, Pagnol, Frédéric Dard, Alphonse Boudard, Coluche... Plus personne de vivant... Mais j'ai oublié beaucoup de monde, des femmes comme Barbara, Marguerite Duras, Louise Michel. Et puis Goscinny, ce génie de la BD, Jean-Roger Caussimon, Mouloudji. Autant de gens que réunissaient l'amour des mots, l'art de les agencer de manière flamboyante et populaire. Une certaine tendance aussi à aimer boire, à aimer la vie... » Rentrée Une vie qui, pour lui, a réellement commencé à 16 ans sur les barricades de mai 68, dans l'insouciance et la liberté, puis dans une communauté anarchiste en Lozère. Lui, le petit-fils d'un mineur de Oignies, ayant grandi dans une HLM de la Porte d'Orléans, ne se reconnaît plus trop dans cette France tentée par des extrêmes politiques qu'il abhorre, dans ce milieu du showbiz qu'il fuit comme la peste (« Quand mes collègues font 15 télés, je n'en fais qu'une » ). L'« ermite » de la Closerie préfère retourner à ses copains, à ses vieux disques, avant de reprendre le chemin des concerts à la rentrée de septembre. Entre-temps, il aura tourné au Canada dans une comédie policière avec Depardieu, Hallyday et Harvey Keitel, et il aura peut-être mis le point final à un livre qui lui tient à cœur, chronique et journal intime des années noires, à travers le regard des amis de la Closerie. Renaud est de retour. Tant mieux, on a plus que jamais besoin d'un bon « Boucan d'enfer »... La Voix du Nord, le 26 mai 2002
    • Album Boucan d'Enfer
    • La Closerie des Lilas
    • Chanson Docteur Renaud, Mister Renard
    • Chanson Petit pédé
    • Vie Vieillir
    • Bernard Henry Lévy
    • Chanson L'entarté
    • Chanson Manhattan-Kaboul
    • Georges Brassens
    • Chanson Mon bistrot préféré
Sud-Ouest
  • 28 mai 2002, Renaud broie du noir et fait un « boucan d'enfer » > SudOuest du 28.05.02 CHANSONS. Après sept ans d'absence discographique, Renaud revient avec treize nouveaux titres, entre tristesse et militantisme. Renaud broie du noir et fait un « boucan d'enfer » Patrick Scarzello Renaud. Atteint, désabusé et encore tendre... PHOTO FRANCE 2 Son public n'a jamais cessé de l'acclamer sur les scènes, même si, ces dernières années, Renaud remplissait plutôt les théâtres que les patinoires. L'explication se trouve comme en fil rouge tout le long de « Boucan d'enfer », son nouvel album (1). « Son bel amour Domino se barre, elle quitte le vilain renard », chante son malheureux double, le Docteur Renaud. Chagrin d'amour. Sa compagne de 20 ans semble visée sur certains traits misogynes, mais recueille un « Jamais je n'arrêterai de t'aimer », en chute d'un propos particulièrement noir. Où le bistrot demeure l'unique distraction et la seule direction du narrateur, indéniablement atteint, y compris dans le ton; franchement attristé, comme on a pu le voir en public, lors des ses derniers concerts. « Y a bien pireque mourir, y a vivre sans toi... » Mais l'auteur de « Société, tu m'auras pas ! » reste un chroniqueur de son temps, lorsqu'il dédie un hymne homo « à Pascal et Marco », abomine les émissions phares de la télé, « Pop Stars Academy », « Loft Story ». Et puis la mollesse généralisée de l'époque rend ce cynique désabusé, en plein déballage de déprime, plutôt grinçant, derrière des musiques basiques d'accompagnement, signées des fidèles Bucolo et Lanty. Vivons heureux, vivons cachés. Au final, ce sont pourtant les rares poussées de tendresse, notamment sur sa fille, avec « Elle a vu le loup », qui rappellent les « Mistral Gagnant » d'anthologie. Côté engagements, en effet, s'il se met à la place du chien de Mitterrand, vante les mérites de l'Entarteur, s'attache aux amis des encagoulés corses et à Bové, son leitmotiv reste de « Tout arrêter », vivre caché dans son bar préféré. Ce qui ne l'empêche pas de faire « Manhattan-Kaboul », en duo avec Axelle Red. Il y a encore du rouge dans son noir ! (1) Disques Virgin. Copyright Sud Ouest 2001
    • Album Boucan d'Enfer
    • Chanson Docteur Renaud, Mister Renard
    • Chanson Boucan d'Enfer
    • Vie Alcool
    • Télévision télé-poubelle
    • Chanson Elle a vu le loup
    • Chanson Mistral Gagnant
Télérama
  • 24 mai 2002, Renaud laisse pas béton > Télérama n° 2732 du 24 mai 2002 Musique / Portrait Télérama n° 2732 Le chanteur énervé rompt un long silence avec "Boucan d'enfer" Renaud laisse pas béton Inspiration asséchée, coeur cassé, moral en berne. Depuis huit ans, l'ami Renaud marchait à l'ombre, près des bistrots, loin des studios. Le revoilà enfin, fatigué mais debout. Gavroche toujours attachant, champion des mots tendres, drôles et féroces. Il y a vingt ans, pour les interviews de Renaud, rendez-vous était pris au Café des amis, du côté du Marais. Aujourd'hui, c'est dans une brasserie chic près de Port-Royal. Les tables n'y sont pas ravinées par les brûlures de cigarette et les coups de bock, elles portent sur une plaque gravée le nom de clients célèbres et morts. Les clients célèbres et vivants se saluent discrètement, en gens de bonne compagnie. Dans un coin, Philippe Sollers griffonne sur un papier en jetant des coups d'oeil à la table d'à côté, où réside un chanteur hier autoproclamé énervant. Ce n'est pas le Café des amis, mais Renaud y voit plus souvent les siens qu'il n'y reçoit les journalistes. Il y a une vie avant et après la promotion des disques, et l'amitié l'a gardé en vie toutes ces années où il avait moral et plume en berne. S'il a publié un album consacré à Brassens en 1996, aucune nouvelle chanson de lui n'a résonné depuis huit ans. A l'écoute des inédits, à paraître dans quelques jours sous le titre Boucan d'enfer, une vieille complainte revient en mémoire : « Le roi Renaud de guerre revint / Portant ses tripes dans ses mains »... Elle a quelque cinq siècles. Notre Renaud, cinquante ans à peine sonnés. S'il était roi, il serait nu. Sonné, lui aussi. Ses tripes sous sa plume. D'autres guerres ont triomphé, lui avait cessé le combat. Victoire par KO à l'inspiration asséchée, au gosier jamais à sec. Au silence. Au désespoir. C'est essentiellement de ça que ce nouvel album parle. « Un album plus nombriliste qu'altruiste », commente l'auteur. Et, apprenant que les premiers auditeurs, notamment masculins, ont eu les larmes aux yeux en écoutant ses chansons de désamour : « C'est vrai qu'il n'est pas très gai... » Pas courant, un chanteur qui ne se flatte pas de l'émotion qu'il suscite. Rectifions : dans cet ouvrage nombriliste, bien des nombrils se reconnaîtront ; et cette livraison pas gaie n'oublie pas d'être drôle. On va y venir. Pour l'heure se renouent les fils, et les silences, qui s'invitent toujours à une conversation avec Renaud. Pas gênants. Le regard mesure le temps, les griffures au visage comme des aiguilles d'horloge. Et le petit sourire qui les efface, pudique et penaud, sourire d'enfant que Renaud a toujours eu. L'enfance. « Dans ma tête, j'ai 14 ans », chantait-il quand il en avait 27. Et sur A la Belle de mai, son avant-dernier album studio en 1994 : « Après l'enfance c'est / Quasiment fini. » En écho, une autre chanson y prenait pour titre un mot d'enfant : C'est quand qu'on va où ? Toute la question est là - la chanson sert souvent de miroir à nos questions. Passé les trente glorieuses et la quarantaine rugissante, on découvre soudain que tout finit. L'amour, la vie. Et si l'amour murmure encore, la mort a le dernier mot. L'éternité est terminée. Tout le reste du parcours se coltine cette réalité-là, et le pas est plus lourd quand la camarde pèse sur les épaules. Renaud ne philosophe pas là-dessus, ou à sa manière, au fil des plages : son amour l'a quitté, et il était sa vie. Mais l'homme n'est pas dupe de la métaphore, du rôle de raison de vivre assigné aux êtres aimés. « Pendant des années, le simple fait de voir qu'il faisait jour et que j'étais vivant me remplissait de joie. Cette joie a un peu disparu. Je n'ai jamais voulu grandir, je n'ai jamais voulu vieillir. Alors... Déprime, parano, hypocondrie : séparation », résume-t-il. Alcool, aussi. En témoigne sur cet album de la renaissance la chanson Docteur Renaud, Mister Renard, autoportrait féroce. « Je ne savais plus si je buvais parce que j'étais mal, ou si j'étais mal parce que je buvais », dit-il. En fait, il sait. L'alcool lui servait d'anesthésique depuis longtemps, il en plaisantait parfois dans les chansons, comme Pochtron !, en 83. La déprime, il en rigolait moins, l'évoquait à mots couverts : « Combien y reste de bornes / A quelle heure on arrive / Combien qu'y m'reste à vivre / A quelle heure j'abandonne » (album Le Retour de Gérard Lambert, deux ans plus tôt). A l'époque, ces notes en mineur passaient presque inaperçues dans la petite musique triomphante de celui qui faisait « le boulot de Verlaine avec des mots de bistrot », comme disait son ami Frédéric Dard. Si Renaud recourait au binaire-baston ou à la guitare baladine, sa partition valsait, valse toujours, sur trois temps : le rire, l'amour, la colère. Le rire, c'est aujourd'hui un Nain de jardin, c'était hier les portraits de copains crétins et d'apprenties vamps, les autoportraits en « moineau qu'aurait été malade », les jeux avec les mots, Menthe à l'eau, Mélusine, antienne marine : « Dès que le vent soufflera nous nous en ailerons (de requin) »... L'amour avait la part belle, de sa Gonzesse à son Pierrot. Amour de la femme, amour de l'enfant (« Tu sais, ma môme, que j'suis morgane de toi »), jalousie de celui qui ne sera jamais « en cloque » et qui fouille dans le sac de sa belle - combien d'hommes ont été troublés, touchés par la véracité de ces aveux... L'amour aujourd'hui est aussi celui du meilleur ami de l'homme : « Un jour pourtant, je le sais bien / Dieu reconnaîtra les chiens. » Chanson pour le sien, portant en titre le nom d'un autre, Baltique, qui avait pour maître Mitterrand. Double sens assumé : le Déserteur, qui militait au « parti des oiseaux, des baleines, des enfants » (et des chiens), redit sans flagornerie son amitié, par-delà la mort, pour l'homme qui fut président. De son vivant, il s'opposait à lui sur bien des sujets. Lui envoyant des lettres de rupture via la presse, au moment de la guerre du Golfe. De même, un peu plus tôt, Renaud avait organisé un concert de protestation contre la réunion du sommet du G7 le 14 juillet 1989, à Paris. Obscène manière de commémorer la Révolution française, fulminait l'ancien fondateur du Groupe Gavroche révolutionnaire des années 68 - époque où il donna sa première aubade à la Sorbonne occupée, avec une délicate ballade intitulée Crève salope. « On m'a souvent traité de soixante-huitard attardé, de combattant d'arrière-garde », rappelle-t-il aujourd'hui. C'est pourtant la colère, ce troisième temps de la chanson de Renaud, qui l'a fait adopter par le public. Depuis Hexagone, en 1975, pamphlet vitriolé contre un pays repu et replié. Renaud était alors un inconnu notoire, apprenti acteur au Café de la gare avec Patrick Dewaere et Romain Bouteille, apprenti chanteur de rue entonnant Rue Saint-Vincent et La Butte rouge à Montmartre (il reprendra ce répertoire en concert et en disque sous le titre Le P'tit Bal du samedi soir et autres chansons réalistes). Hexagone, paru sur son premier disque, censuré par la radio, fait trembler les planches de La Pizza du Marais, labo-live tenu par Lucien Gibarra, un type qui avait du flair. « Ta chanson, c'est de la merde, mais toi, tu es une star », dit-il au débutant. (Des années plus tard, Gibarra est mort dans sa voiture plastiquée. Ses amis ont payé son enterrement. Renaud était de ceux qui l'ont accompagné au cimetière.) Depuis, il y a eu beaucoup de couplets vengeurs, de refrains incendiaires dénonçant l'apathie, l'égoïsme, le racisme, l'exclusion. Dans mon HLM, Banlieue rouge, Deuxième Génération, Miss Maggie... A propos de cette dernière, et d'autres, Renaud a parfois publiquement regretté que la virulence de son propos ait pu blesser ses cibles. Féroce, pas faraud. Est-ce cette alternance de déclarations définitives et d'excuses confuses qui a, à certaines époques, tant énervé chez le chanteur énervant ? Ou ses succès raz de marée, Laisse béton, Marche à l'ombre, Dès que le vent... : tube, tube, tube ; albums studio - onze, sans compter le dernier -, compils et live totalisant douze millions d'exemplaires vendus ; salles pleines à craquer... ? Ou encore la grosse tête qu'immanquablement attrapent les artistes prisés du public ? Les procès qui lui ont été faits intrigueront un jour peut-être les socio-psychanalystes penchés sur la France des années Mitterrand-Bourdieu. Un éditorialiste de droite le rendit responsable, au côté de Coluche, du « sida mental » de notre belle jeunesse ; des journalistes de gauche lui reprochèrent de n'être pas un prolo 100 %. Faussaire donc, vilain pas bio, libertaire nourri aux OGM, le Renaud ? Il a depuis longtemps renoncé à produire son pedigree, petit-fils de mineur, fils d'une ouvrière et d'un écrivain-enseignant, frangin d'adoption dans sa jeunesse d'une bande de loulous de La Courneuve. Toujours peu soucieux du politiquement correct, il revendique son appartenance aux minorités, et sa solidarité avec elles (« c'est grâce à une minorité que j'ai repris le collier : un copain m'a mis au défi de parler de la sienne, et j'ai écrit Petit Pédé »). Elles l'ont conduit en 1988 à s'inscrire aux élections européennes sur la liste Régions et peuples identitaires. Bixente Lizarazu s'est défini comme basque, français, européen, citoyen du monde, au grand dam des séparatistes qui auraient voulu le voir rayer les mentions inutiles à leurs yeux ; Renaud, qui ne se prétend pas fin connaisseur des arcanes indépendantistes (une de ses nouvelles chansons, Corsic'armes, évoque ses échanges avec François Santoni), l'approuve et énumère ses racines, huguenotes, gasconnes, ch'ti - très fier que son album Cante el'Nord, paru en 1993, ait récemment atteint les 300 000 exemplaires. Il n'y a pas moins jacobin que lui. Pas plus Fatigué, aussi. Il le chantait déjà il y a près de vingt ans, il le redit : Tout arrêter, Je vis caché... Fatigué de se révolter, de s'engager, d'espérer. Il dédie cependant à Manhattan-Kaboul un duo avec Axelle Red (« ma chanteuse francophone préférée »), parle de la Palestine, de la légalisation du cannabis (il est contre), de José Bové. La rage au ventre, il a « voté républicain » au deuxième tour de la présidentielle : « Aux législatives, à gauche toute ! » Sa fille, vibre-t-il, a été de toutes les manifs : « Je fais confiance à cette génération pour nous sauver. » Quant à lui, après un dernier dîner avec Titouan Lamazou, ami marin qui a mis sac à terre et dessiné pour son disque « plus qu'une pochette, carrément un petit bouquin ! », il part à Toronto tourner un film avec Harvey Keitel, Stéphane Freiss, Johnny Hallyday, Gérard Depardieu. Au retour, il préparera le Zénith, prévu à la fin de l'année. Et peut-être retournera pêcher à la ligne dans le Cantal, avec le matériel de René Fallet, que lui a offert sa veuve. « Le plus beau cadeau de ma vie. Moi, je suis un piètre pêcheur, et je remets mes rares prises à l'eau. Fallet avait raison de dire que les heures passées au bord de l'eau sont à déduire de celles passées au paradis... » Surtout, il écrira. Ecrire, sa passion depuis tout gamin, quand il tapait des romans d'aventures sur la machine de son père. Il l'a poursuivie sous toutes les formes, chansons, chroniques hier pour Charlie Hebdo, plus récemment journal de bord des années sombres. « J'ai envie de prose, après des années à tâter de la rime. Fiction, autobiographie, billets, peu importe, mais écrire ! » Au Bistrot préféré qu'il vient d'ouvrir dans les étoiles, sont réunis les hommes de plume qu'il a aimés, Brassens et Villon, Bruant et Ferré, Desproges et Reiser. Dans ce bistrot chic de Paris sous la pluie, Renaud redonne sa « langue au chagrin », sa « voix enfumée » à la chanson. Coeur perdu retrouvé - Anne-Marie PaquotteA écouter Album : Boucan d'enfer, chez Virgin (ffff), sortie le 28 mai. Télérama n° 2732 - 24 mai 2002
    • Album Boucan d'Enfer
    • Vie Alcool
    • Vie Vieillir
    • Chanson Pochtron !
    • Frédéric Dard
    • Chanson Mon nain de jardin
    • Chanson Ma Gonzesse
    • Chanson Pierrot
    • Chanson Morgane de toi
    • Chanson Baltique

29 mai 2002

Merci à Marie pour ces articles traitant du Zénith de Montpellier et de la sortie de "Morgane de toi".

Salut !
  • 9 novembre 1983, Renaud vous ouvre son coeur et sa porte > Salut ! n°212, 9 novembre 1983 Renaud vous ouvre son coeur et sa porte Le navigateur de la chanson nous revient avec son nouvel album. Un album enregistré en Californie. Au retour de son périple américain, Renaud a choisi, comme à son habitude, ses amis de Salut ! pour parler de ces derniers mois écoulés et de ses projets. Pour cela, il a ouvert les portes de son appartement parisien gardé secret jusqu’à présent. “Morgane de toi” ou si vous préférez “Amoureux de toi” est la nouvelle galette de Renaud. Un album dédié non pas à Dominique sa femme, cette fois, mais à sa superbe petite fille Lolita. Confortablement installé dans son sympathique appartement du Marais, Renaud ouvre son cœur. Alors, tu désertes les studios parisiens ? Non, pas du tout, c’était surtout, au départ pour m’éclater. La première fois que j’étais allé aux États-Unis, je m’étais vraiment éclaté, et puis tout le monde parlait des studios américains, alors j’ai voulu voir et entendre ce qui s’y passait. Musicalement, pas de problème, cet album est sûrement le meilleur que j’aie fait jusqu’à présent. Ce n’est pas pour dire du mal des musiciens français mais là-bas ça joue super bien. Avec Thomas Noton, le réalisateur de ce disque, nous avons fait du bon travail. J’ai enfin trouvé la personne qu’il me fallait pour m’aidait car, avant, je faisais tout moi-même. je pensais faire un peu plus de tourisme mais j’ai passé beaucoup plus de temps en studio car ce disque coûtait cher et il fallait assurer. Tu sais, à Los Angeles dans le studio, l’ambiance n’est pas vraiment géniale. Ils sont pro, un point c’est tout. Enfin, je suis content de cette expérience qui ne se renouvellera sûrement pas mais le résultat est là. Heureusement, il y avait des amis avec moi, mais eux ont eu beaucoup plus de loisirs. Dans cet album, il y a un clin d’oeil à Boris Vian ? J’ai toujours aimé Boris Vian et sa chanson “le déserteur” que j’ai voulu réactualiser un peu. je ne sais pas si les gens vont bien la prendre mais ce n’est pas du tout le côté pacifiste. Je parle des déserteurs, de ces mecs de 20 ans qui ne veulent pas faire l’armée parce qu’ils ne supportent pas de se lever tôt, d’avoir les cheveux courts, de porter un uniforme. Cette chanson est un grand pied de nez à l’armée et au pouvoir pour leur faire comprendre que je ne suis pas dupe. Il y a aussi une chanson dans laquelle tu parles d’autres chanteurs ? J’espère que les trois chanteurs cités dans cette chanson ne le prendront pas mal. Je sais que Cabrel était mort de rire en l’entendant, il l’a trouvé super. Les autres, ce sont Lavilliers et Capdevielle. Et pour finir je me démystifie et je me parodie moi-même. Tu t’es dédié une chanson sur cet album ? Oui, oui. “Dès que le vent soufflera” est un peu mon histoire et puis je devais parler de bateaux car, maintenant cela fait partie de ma vie. Je trouve même qu’on en a un peu trop parlé de ce bateau. Dans cette chanson, je me décris comme un marin d’eau douce que je suis. J’aime toutes, ou presque, mes chansons ; j’ai une petite préférence pour “En cloque”, “Morgane de toi” et “Doudou s’en fout” qui est ma chanson soleil, évasion. Après ta promotion, il y aura en 84 un grand spectacle ? Oui du 17 janvier au 5 février, je serai trois semaines sur la scène de la nouvelle salle de la Porte de pantin. C’est une salle énorme, il y a plus de 5.000 places. C’est un pari important pour moi et je commence à m’angoisser. Cet appartement c’est ton jardin secret ? Complètement, et c’est la première fois que je permets à des journalistes de franchir ma porte, mais Bernard Leloup et toi vous êtes un peu des privilégiés. Si tu commences à ouvrir ta porte aux photographes, il n’y a plus de limites, tu n’as plus de coin privé. Ils te demandent des photos dans ton lit avec ta femme, ta gosse et j’ai pas envie de rentrer dans ce truc là. Je suis un loup solitaire, c’est pour cela que j’aime partir en mer. Dernièrement, tu étais à La Baule pour le départ d’une course de bateaux. Oui mais c’est autre chose, ce n’était pas mon bateau mais celui de copains qui participaient à la course La Baule-Dakar. Ils ont appelé leur bateau “Gérard Lambert”, c’est pour cela qu’ils m’ont demandé d’être le parrain. Je ne te cache pas qu’ils auraient préféré être sponsorisé par une grande marque style “Couscous Garbit” mais ils n’ont pas trouvé. j’aurais aimé les accompagner mais cette année ce n’était pas possible, je dois assurer la promotion de mon disque. L’année prochaine je pense pouvoir m’embarquer sur ce trimaran. Dans six mois je reprendrai la mer. Je veux pouvoir partager mon temps entre mon bateau et Paris, mais attention je ne reviens à Paris pour gagner de l’argent et repartir ensuite, j’aime mon métier, j’aime écrire des chansons, les chanter, c’est pour moi un grand plaisir. La scène est une des plus grandes satisfactions de ma vie. Il y a quelques temps on avait parlé de cinéma ? Il faut que je me foute des coups de pied au cul pour arriver à terminer le scénario que j’ai com- mencé à écrire. c’est plusieurs personnages, enfin c’est très complexe. J’aimerais bien qu’on me propose le rôle d’un mec naïf, d’une petite frappe, d’un mec qui fait des coups en douce. As-tu déjà rencontré des gens de cinéma ? Oui, notamment Dominique Besnehart, un garçon qui fait du casting de films. Il semblait intéressé par moi mais il faut trouver le scénario, le rôle en béton, or depuis quatre ou cinq ans tout ce que l’on me propose n’est pas d’un bon niveau, genre rôles inspirés de mes chansons, écrits par des gens trop vieux. Pour rester dans le cinéma, on te voit souvent avec Martin Lamotte... Martin, c’est un vieux pote. On s’est rencontrés il y a quelques années. A l’époque, il jouait avec Coluche dans une pièce qui s’appelait “Ginette Lacaze” et on est restés très copains. Après il y a eu le café-théâtre, “La veuve Pichard” et toute l’équipe dont Gérard Lanvin et Dominique, ma gonzesse. Martin Lamotte est un garçon qui a beaucoup de talent, il écrit, il joue. Actuellement, on peut le voir au cinéma dans “papy fait de la résistance” dont il est le co-auteur. Martin va sûrement s’éclater, comme Lhermite ou Jugnot, il le mérite. Ensemble, nous avons joué la comédie car, à l’époque, je chantais et je jouais dans les cafés-théâtres avec eux. Avec Martin on se voit pratiquement tous les jours, on prend l’apéro ensemble au bistrot du coin, il habite à deux pas d’ici. Renaud s’inquiète de l’heure car il a rendez-vous avec Gainsbourg qui doit lui réaliser un vidéo clip sur “Ma chanson leur a pas plu”, une rencontre qui promet. Propos recueillis par Daniel Moyne.
    • Album Morgane de toi...
    • Lolita
    • Tomas Noton
    • Boris Vian
    • Chanson Déserteur
    • Francis Cabrel
    • Lavilliers
    • Capdevielle
    • Chanson Dès que le vent soufflera
    • Chanson En Cloque
  • 25 octobre 1988, Renaud : Visage pâle attaque et gagne > Salut !, 25 octobre 1988 L'anthropologue de la proche banlieue reprend du service. Et comme chez Renaud un pied de nez peut en cacher un autre, il a choisi la bonne ville de Montpellier pour effectuer sa rentrée. Simple coup de tête affectif. son père y est né, son grand-père y a enseigné. Salut! était la pour voir, écouter ses mélodies, entendre ses têtes et vous en parler. Renaud est arrivé-é-é, à Montpellier eh eh ! Le beau Renaud le grand Renaud avec sa gratte et ses gros mots géniaux ! Eh oui c'est Montpellier que la chetron sauvage, alias Visage Pâle, a choisi pour la première de son spectacle. La raison est purement affective car son géniteur a vu le monde en cette cité languedocienne et son grand' pa a plus que fréquenté les amphis puisqu'il était prof à la fac. De plus la bonne ville de Montpellier possède elle aussi un Zénith copie conforme de celui ancre porte de la Villette, un peu plus grand peut-être. Sur place le public est venu nombreux, toutes generations confondues. A 20 h 30, une voix off se fait entendre dans un indescriptible tumulte " Pour commencer j'ai invité le groupe Soldat Louis parce que aujourd'hui un spectacle sans une première partie c'est un peu comme manger une galette des rois tout seul, on est sûr d'être le roi, c'est pas sympa ! " Hurlements. La voix était celle de Renaud lui-même, personnellement les neufs gaillards bretonnant reçoivent un accueil exceptionnel offrant en final un chorus de cornemuse et d'accordéon. C'est a 21 h 15 précises après un entracte classique que Visage Pâle surgit sous le rayon blanc des spotlights. Assis sur un banc, une canne à la main malgré les cris des aficionados. Renaud se fait malgré tout entendre. Un arbre immense occupe l'espace, dans les branches les trois choristes et l'orchestre mènent le rythme. Un superbe et authentique gazon recouvre la scène de ses mexico-tiags l'indien aux cernes foule l'herbe rase. Il commence avec ' Fatigue', remercie 'infiniment le public et enchaîne par une énumération d'accidents historiques, l'assassinat d'Eloi Machoro, ceux de la route, Coluche, les écologiques, phoques, baleines. Il tape sur le Top 50 dépose le bilan de ses incertitudes avec 'Triviale poursuite'. Dans les travées on chante avec lui Le chanteur évoque avec tendresse le monde des gentils et des méchants. "Putain de camion", hymne a Coluche,mort stupidement sur une route. Coluche amait les coquelicots. Pour lui Renaud en a plantés sur sa pelouse. Un beau clin d'oeil au parrain de sa fille Lolita. Passant et alternant chansons confessions et chansons fraternelles, il satisfait un public conquis Renaud est quand même conscient qu'avec l'humour on ne se fait pas que des ennemis, au contraire ! Bien que beaucoup considèrent que la chetron sauvage est en train de scier la branche sur laguelle il est posé Renaud demeure un chanteur inclassable bien au-dessus des modes mais à la pointe de l'actualité. D'ailleurs n'étudie-t-on pas les textes de ses chansons dans les facs de Madrid et de Francfort. D'accord, il a beaucoup refuse d'interviews de télés mais il est quand même la sur scène, avec une tournée que tout le monde pourra voir. Il est conscient aussi que ses chansons ne suffisent pas, mais depuis maintenant quinze ans il a dit tellement de mots. Et même si encore aujourd'hui Renaud ne connais pas sa vérité, la nôtre existe. Il existe nous l'écoutons et au bout du compte nous sommes tous assez d'accord avec lui ! Damien Darfeuille
    • Zénith
    • Soldat Louis
    • Coluche
    • Chanson Fatigué
    • Chanson Triviale Poursuite
    • Chanson Putain de camion

28 mai 2002

En ce jour tant attendu de la sortie du nouvel album, le kiosque compte désormais 100 journaux ! merci à Bernard, Liz, Christian.

Marianne
  • 20 mai 2002, Sept années d'absence > Marianne, le 20 mai 2002 Marianne: Sept années d'absence : qu'avez-vous fait pendant ce temps ? Renaud : Après la sortie de mon dernier album, A La Belle de mai, en 1995, j'ai fait mon métier de saltimbanque sur les routes de France, de Suisse, de Belgique, d'Allemagne et d'Irlande jusqu'en mai 1997. J'ai aussi enregistré un album de chansons de Brassens dont je suis plutôt content et qui a eu un joli succès. Puis j'ai vécu plus de deux années et demie de galère, de dépression et d'alcoolisme, caché au fond d'un bistrot parisien (lire ci-contre Je vis caché). Ajoutez à cela que je me suis séparé du grand amour de ma vie, ça n'a évidemment pas arrangé les choses... Ce n'est pas un secret, puisque j'évoque cette période dans quelques chansons de ce nouveau disque. En octobre 1999, afin de sortir du trou, j'ai décidé de repartir en tournée avec uniquement deux musiciens : un pianiste et un guitariste, et ce pour 200 concerts pendant dix-huit mois. Sans nouvel album à offrir, sans promo aucune, plus de 250 000 fidèles sont venus m'écouter et m'ont redonné un peu de joie de vivre et le goût de ce métier. Pourtant, entre le Ricard et le tabac, mes performances vocales étaient quelquefois hasardeuses. J'étais bouffi d'alcool et j'avais la voix pourrie par mes trois paquets de dopes quotidiens. Mais j'ai la chance d'avoir un public amoureux, donc indulgent. Rentré à Paris, j'ai de nouveau sombré. Vous avez vraiment failli « tout arrêter», comme le dit une de vos nouvelles chansons ? R. : Oui, je n'avais plus écrit une ligne depuis bientôt cinq ans, l'inspiration m'avait déserté et j'ai bien cru que ma carrière était terminée. Le « métier » aussi l'a peut-être cru, puisque c'est à cette époque qu'on m'a attribué une Victoire de la musique pour « l'ensemble de mon œuvre», comme ils ont dit. Les muses ont cependant fini par vous retrouver... R. : Oui, en novembre dernier, pour faire plaisir à un ami homo qui me harcelait afin que j'écrive sur sa « différence », j'ai pondu Petit pédé en une demi-heure sur un coin de table. Satisfaite du résultat, ma plume s'est emballée, et dans les trois semaines qui ont suivi j'ai écrit une dizaine de chansons. Deux amis musiciens ont collé sur mes mots de jolies mélodies. Après un petit séjour dans une clinique de désintox où j'avais mes habitudes, redevenu triste buveur d'eau, je suis parti à Bruxelles les enregistrer. Renard était mort, vive Renaud ! Etonnante cette chanson qui signe votre retour et ouvre l'album ? R. : Docteur Renaud, Mister Renard ? Elle décrit ce que je suis, ou en tout cas ce que j'ai été : le gentil chanteur et le vilain pochtron. L'enthousiaste et le désabusé. Le rebelle et le cynique. L'ange et le démon. Et plus généralement l'ambivalence de tout un chacun. Tout le monde a sa part d'ombre. Je ne vois pas pourquoi un artiste, qui a le beau rôle parce qu'il est souvent dans la lumière, ne ferait pas état de ses travers les plus noirs. Et puis les gens gris sont sans intérêt. D'où votre fidélité quasi filiale à Mitterrand que vous évoquez à nouveau dans Mon bistrot préféré et dans Baltique, chanson dédiée à son labrador ? R. : Je l'ai aimé, je l'aime encore. Point final. Vous rendez également un hommage appuyé à José Bové, seul survivant du jeu de massacre de la chanson Je vis caché... R. : J'aime bien Bové parce qu'il est aujourd'hui le seul homme politique qui m'enthousiasme, me fasse espérer un monde plus propre. Je dis bien « homme politique » parce que, même s'il ne se dit que leader syndical, son combat, lui, me semble éminemment politique. Protection des petits paysans, lutte contre les ravages de la mondialisation économique et culturelle, défense des artisans face aux multinationales de la malbouffe, rejet des OGM, des hormones et autres saloperies. De plus, il est tiers-mondiste, antiraciste, écologiste (plus que bien des Corinne Lepage) et solidaire des peuples opprimés. Si ça, c'est pas politique ! Il faut croire que ses idées dérangent nos dirigeants puisqu'il va aller en prison pour elles. Sa visite mouvementée au QG d'Arafat a fait du bruit... R. : Ce n'est pas ce qu'il a fait de plus opportun à mon avis. Mes engagements pour la cause palestinienne sont connus, mais je me sens plus proche des militants pacifistes de La Paix maintenant que d'Arafat. Je crois qu'il est temps pour le Vieux de passer la main, et pour Sharon aussi d'ailleurs. Sus aux faucons, place aux colombes ! Plutôt que de commenter l'histoire du fond de votre bistrot, avez-vous envisagé de vous engager auprès d'organisations qui défendent vos idées ? R. : Je ne m'engage plus derrière personne et je ne suis membre de rien. J'ai payé les frais de mes engagements passés. Aujourd'hui, je me veux plus discret, je n'ai pas envie de la ramener, ni de passer pour un donneur de leçons dans les médias. Mais si, demain, Attac, par exemple, me demandait un concert de soutien, ou s'il fallait faire barrage à la peste brune, j'irais les yeux fermés. Je n'ai pas baissé les bras, même si certaines des dernières chansons pourraient laisser penser le contraire. Celle notamment où vous dites ne plus vouloir donner votre «obole aux Restos » du cœur, alors que vous en avez été l'un des fondateurs? R. : A travers eux, qui sont inattaquables et qui font toujours un excellent boulot, j'ai voulu exprimer une forme de ras-le-bol de l'humanitaire parce que j'ai été écœuré par un paquet de scandales qui ont éclaboussé nombre d'associations. Tout ce fric qui part en frais de fonctionnement, de représentation quand il n'est pas détourné par des aigrefins, c'est plutôt démoralisant. N'est-ce pas un peu «tendance» de se moquer de ceux qui s'engagent dans l'humanitaire ou la politique, de BHL, par exemple, sur qui vous vous acharnez dans l'Entarté ? R. : Ce ne sont pas ses engagements, souvent manichéens, qui me dérangent le plus. C'est sa propension à vouloir occuper le champ médiatique, à être un acteur incontournable du prêt-à-penser. Comme disait Coluche : «II a des idées sur tout mais il a surtout des idées. »Un peu comme Mgr Gaillot à une époque, ou Bové aujourd'hui, dès qu'il y a une caméra quelque part, on est sûr de les trouver. C'est vrai que ma chanson est un peu vacharde, j'ai voulu mettre les rieurs de mon côté. C'est facile, mais ça fait tellement de bien de se moquer de la suffisance et des puissants. Même si l'entartage est au fond une agression que je trouve violente, qu'il me jette la première pierre, celui qui n'a pas rigolé quand il a vu BHL ou Bill Gates se faire encrémer la chetron. Comment un militant de la non violence comme vous, ennemi du nationalisme quand il est français, peut-il dédier une chanson à la compagne de François Santoni ? R. : Parce que je suis parisien mais aussi basque, corse, breton, occitan, catalan, ch'timi... citoyen d'une Europe des peuples pas des banquiers, des bétonneurs et des marchands, sympathisant de la première heure de toutes les luttes des peuples sans Etat, des peuples que l'on opprime, des langues, des cultures et des traditions que l'on nie, des paysages qu'on massacre, des folklores qu'on ridiculise et des militants qu'on criminalise. Malgré mon dégoût de la violence, on ne m'ôtera pas de l'idée que ce ne sont que les bombes qui ont empêché les spéculateurs et les promoteurs de faire de la Corse le bronze-cul de l'Europe, d'en faire une nouvelle Côte d'Azur de béton, de néons, de casinos et de Novotel futuristes. J'ai croisé deux ou trois fois Santoni dans le bistrot où je vis, nous avons bu quelques coups ensemble, il me parlait de tout ça comme je le dis dans la chanson. Je l'aimais bien. Son assassinat a bouleversé sa compagne, Christel, que j'aime beaucoup, et ma chanson est un signe d'amitié pour elle et de fraternité envers le peuple corse. A travers elle, je pense à toutes les femmes corses dont les maris, les pères ou les fils ont souffert du colonialisme français, mais aussi des luttes intestines entre factions rivales où un chat, même corse, ne retrouverait pas ses petits. Vous n'avez donc probablement pas voté Chevènement... R. : Aucun candidat des deux tours de la présidentielle opposé au regroupement des prisonniers corses et basques dans leur pays n'avait de chances d'avoir ma voix. Il n'en restait donc pas beaucoup. C'était votre seul critère de choix ? R. : Non, mais c'en était un important. L'abandon progressif du nucléaire en était un autre. Hormis les Verts, ils étaient tous pour le productivisme à tout crin, la mondialisation douce, voire, pour certaine, le retour de la dictature du prolétariat. Bref, comme disait l'autre, toutes des salopes sauf Mamère. Quant au second tour, j'ai trop honte de vous révéler ce que j'ai voté. Je me comprends, vous aussi j'espère... Le résultat de l'élection présidentielle vous inspire un commentaire ? R. : Vivement les législatives ! Il faut maintenant aller à gauche, toute ! Verts d'abord, rosé ensuite. Tout plutôt que les escrocs et les fachos... Cet album est moins politiquement « marqué » que les précédents... R.: C'est vrai, j'ai écrit ce qui est venu. Ça a été, en l'occurrence, des chansons plus personnelles, chansons d'un mec de 50 ans, un peu désabusé, qui a eu envie de parler de son cœur meurtri plutôt que des malheurs de l'humanité, sur lesquels j'ai déjà livré mes sentiments plus souvent que n'importe quel autre chanteur. J'ai chanté une période de ma vie. Mon prochain album comportera peut-être 10 chansons sur la guerre, la misère, l'oppression, le FN s'il est hélas encore là. L'insécurité a tenu la première place au cours de la campagne et cela semble continuer pour les législatives. Vous avez commencé votre carrière en chantant les bastons en banlieue, les vols de Mobylette, les bals qui tournent mal... Ce folklore a plutôt mal vieilli, non ? R. : J'ai chanté mon époque. Elle a changé et les banlieues avec. Je les ai pas mal fréquentées, la violence y était anecdotique. Il y avait toute une fraternité, toute une solidarité de bandes. Tout un folklore, comme vous dites. Aujourd'hui, comme les flics, il y a certains quartiers où j'aurais peur de mettre les pieds. Cela dit, les banlieues n'ont pas le monopole de la violence. Ce que je regrette, c'est que les « sauvageons » l'exercent contre des gens aussi pauvres qu'eux au lieu de s'en prendre aux vrais responsables de leur détresse, à savoir les boursicoteurs, les dealers, les patrons, la société du spectacle qui leur refourgue à tour de bras de la violence hollywoodienne et des idoles de merde. Sinon, comme beaucoup, je trouve dégueulasse l'exploitation de l'insécurité à des fins politiciennes, électorales. Dans Manhattan-Kaboul, la responsable ultime des attentats du 11 septembre et de la guerre en Afghanistan semble être « la violence éternelle ». Ce n'est pas un peu court ? R. : Ce n'est pas une chanson géopolitique, c'est le témoignage de deux civils anonymes, victimes d'une guerre qui les dépasse. Mais, si vous voulez le fond de ma pensée, les lobbies militaro-industriels et pétroliers ricains, s'ils ne sont pas directement responsables, doivent quand même bien se frotter les mains en ce moment. Vous n'avez écrit qu'une musique dans cet album. Vous avez renoncé à composer ? R. : Ecrire est toujours un vrai plaisir, composer est devenu pour moi une galère. Je n'y arrive plus guère sans me parodier, c'est pour cela que j'ai délégué cette corvée à deux de mes proches amis, excellents compositeurs. Il n'est pas dit que, dans le prochain album, je ne reprenne pas ma guitare pour essayer d'être plus créatif de ce côté-là. La chanson Petit pédé dit que « seul l'amour guérit tous les maux », vous y croyez encore un peu, alors ? R. : Je ne crois même qu'à ça. C'est ça qui fait vivre, c'est ça qui fait tenir face à la barbarie du monde. C'est un sujet que j'aborde aussi dans Elle a vu le loup, à travers l'histoire d'une gamine de 15 ans qui jette un peu tôt sa fleur aux orties. Au fond, je crois encore à l'amour, mais peut-être plus au couple. Vous rentrez du Canada. On parle d'un film pour 2003 et d'autres projets. R. : Je termine le tournage d'une comédie policière américaine avec Gérard Depardieu, Johnny Hallyday et Harvey Keitel. J'y joue l'un des rôles principaux, un tueur. Ça promet d'être pas mal. Je finis aussi d'écrire un bouquin, la chronique de mes années noires au fond de mon rade, et puis je fais le Zénith. J'ai du pain sur la planche et c'est Byzance. Propos recueillis par Pascal Fioretto
    • Album Boucan d'Enfer
    • Une guitare, un piano et Renaud
    • Album Renaud chante Brassens
    • La Closerie des Lilas
    • Vie Alcool
    • Vie Fumer
    • Chanson Je vis caché
    • Chanson Tout arrêter...
    • Victoires de la Musique
    • Chanson Petit pédé
L'Alsace
  • 27 mai 2002, Dossier > AlsaPresse du 27 mai 2002 Après sept années d'errance, Renaud redresse enfin la tête avec « Boucan d'enfer ». DOCTEUR Renaud, Mister Renard, l'émouvante chanson qui ouvre Boucan d'enfer, résume sans fard ce qu'était devenu le chanteur ces dernières années : derrière le masque de plus en plus fissuré du personnage aimé du public, grandissait l'alcoolique chronique, abonné à la défonce, traître à ses causes, noyant son chagrin d'amour. Après une longue et humble tournée, il a fini par ressortir la tête du Ricard, trouvant l'inspiration dans sa propre déchéance et renouant avec l'écriture qui fit son succès (douze millions d'albums vendus). Convoquant comme d'habitude folk, rock et musette, l'auteur de Ma gonzesseet de Morgane de toi nous ouvre à nouveau son journal intime, marqué par les douleurs récentes : le départ de sa « Domino », l'envie de Tout arrêter, le mépris du show biz, l'adolescence de sa fille… Dieu reconnaîtra les chiens Renaud poursuit ainsi la conversation entamée avec le public il y a déjà 25 ans. Égrenant avec nostalgie son panthéon personnel (Brassens, Bruant, Coluche…), restant fidèle à son passé, (Baltique, le chien de Mitterrand), il s'attaque aussi, avec sa verve légendaire, tour à tour grave et ironique (mais sans éviter quelques clichés), au 11 septembre ( Manhattan-Kaboul, en duo avec Axelle Red) et à BHL ( L'entarté, très réussi), décrit le sort des « pédés » de province, la question corse ou encore la vie du banlieusard d'aujourd'hui, en écho pavillonnaire à son célèbre HLM.  S'il chante toujours aussi mal, Renaud nous change avec bonheur de ces académiciens qui n'ont rien à dire et le crient très fort. Un heureux retour à la vie. Olivier Brégeard
    • Vie Alcool
    • Chanson Docteur Renaud, Mister Renard
    • Chanson Tout arrêter...
    • Chanson Baltique
    • Chanson Manhattan-Kaboul
    • Chanson L'entarté
Dimanche
  • 20 mai 2002, Renaud : sortie d'enfer > dimanche.ch  du 20 mai 2002 Renaud : sortie d’enfer Absent des studios d’enregistrement depuis bientôt huit ans, Renaud fait l’événement en signant un nouvel album magnifique de sensibilité et de poésie. Détruit par son divorce, tenaillé par la déprime, le chanteur avait sombré dans l’alcool. Sa créativité était à sec. Alors que le monde du spectacle le voyait perdu à jamais, le voici qui renaît au public. Avec une verve retrouvée, il règle ses comptes avec lui-même dans une quinzaine de chansons aux rimes courageuses. > Jacques Schmitt Tout beau. Tout neuf. Même si les cinquante ans d’une vie tumultueuse ont atteint son physique, Renaud reste beau dans l’âme. Avec sa pochette illustrée par le navigateur Titouan Lamazou , le Renaud nouveau est arrivé. Avec le courage des repentis, il regagne le terrain qui se dérobait sous ses pieds. Ses fans savaient leur idole au plus mal. Ses amis musiciens étaient terrorisés par les conséquences de ses excès d’alcool. Mais aucun d’eux ne voulait laisser croire que le chanteur ne reviendrait plus. Ils ont eu raison. Malgré ses effondrements, ses manques, ses dérives, Renaud est là. Balayée la déconnade arrosée d’alcool. Finies les interminables soirées passées aux tables d’un bistrot. Rangé le pastis. Rebouchonnée la bouteille d’absinthe si gentiment offerte par Le Bel Hubert , son copain chanteur de Sonceboz. Renaud s’est racheté une conduite. Il revient. Il nous revient. Avec les chansons de l’espoir. Certes, les blessures sont profondes. Elles font encore mal. Mais, derrière les douleurs, ses refrains fleurent bon la flamme de l’artiste. Avec Docteur Renaud, Mister Renard, il s’allonge sur le divan de sa propre psychanalyse. Il fait front à sa déchéance, au gouffre de l’alcool. «Un côté blanc, un côté noir», rime-t-il. C’est Renaud contre Renard, comme Gainsbourg contre Gainsbarre. Le meilleur contre le pire. Le bien contre le mal. Armé d’une bouleversante poésie, il se met à nu. Son public l’attendait, il lui pardonnera tout, pourvu qu’il dise encore les choses de la vie. Avec ses mots, avec nos mots. Humaniste, Renaud est bouleversant quand il parle des petites gens. Quelle élégance pour exprimer la douleur du tout jeune homosexuel. Sous sa plume, elle devient belle, la triste et sordide histoire du Petit pédé obligé de quitter son village pour aller fondre sa vie dans l’anonymat de la grande ville. Et comme elle est touchante sa compassion pour le retraité à qui on a volé Mon nain de jardin, laissant entrevoir l’importance du dérisoire. Renaud ne serait pas Renaud s’il n’égratignait pas la bien pensante société bourgeoise. Sous L’entarté , il se paie trois minutes de bon temps à brocarder avec un humour acéré le philosophe Bernard-Henri Lévy le montrant en cinéaste raté, en Hemingway bosniaque d’opérette et en Jean-Paul Sartre dévalué, refaisant le monde à la terrasse du Café de Flore, un verre de champagne millésimé à la main. S’il a dit adieu au militantisme actif, Renaud reste un véritable combattant politique. Renouvelant sa tristesse à la disparition de François Mitterrand, c’est la complainte de Baltique, le labrador noir du président auquel on avait refusé l’entrée à l’église de Jarnac pour assister aux obsèques de son maître. «Un jour pourtant, je le sais bien / Dieu reconnaîtra les chiens». Plus loin, sa réflexion sur le 11 septembre. L’occasion d’un duo avec Axelle Red dans Manhattan-Kaboul , deux mondes opposant leurs espoirs. Le petit Portoricain qui perd son rêve américain et la petite fille afghane qui ne sera plus jamais esclave des chiens. Au-delà des belles pages sur la vie des autres, cet album révèle un Renaud frappant désespérément aux portes de l’Amour. Au seul amour que le destin lui a enlevé. Celui qui lui manque si cruellement. Emouvant comme jamais, le chanteur au blouson de cuir plonge dans l’histoire de sa vie récente qui, au-delà de l’alcool, a fait son désespoir. L’histoire de Dominique , «sa gonzesse» qu’il élève aujourd’hui au rang de Femme, mère de sa fille Lolita. Cette femme contrainte d’abandonner le navire pour ne pas sombrer avec son Renaud à la dérive. Avec Cœur perdu, il offre une tribune à sa passion brisée. C’est l’enfer de «la liberté quand elle tombe sur un cœur prisonnier». C’est parce qu’il dit que «jamais je n’arrêterai de t’aimer» que Renaud a tout arrêté. De rouler sa bosse, de fréquenter «les bars à matelots, rue de la Soif» , de répondre aux journaleux idiots, de croire aux idéaux politiques. Dans sa quête de l’improbable retour de sa femme, le poète est admirable. Comment rester insensible aux rimes de Boucan d’enfer lorsqu’elles révèlent «Mon cœur ressemble à Tchernobyl / Et ma vie à Hiroshima / Pourtant y’a bien pire que mourir / Y’a vivre sans toi» ? Peut-on imaginer que, à l’autre bout de la phrase, celle à qui ces mots s’adressent ne court pas rejoindre celui qui les prononce? Comme un coup de chapeau à ceux qui ont forgé son existence, dans Mon bistrot préféré, le chanteur rencontre la chanson de Frehel côtoyant la poésie de Verlaine, Rimbaud et Villon. Boris Vian , Coluche, Desproges et Reiser sont à la table de Maupassant et Bruant . Une galerie d’artistes essentiels d’où la femme est absente. Mais, soudain courtois, Renaud s’en excuse dans une belle pirouette, affirmant que «les potes savent aussi bien qu’elles ce qu’est l’amour». Parfois rock, parfois musette, les musiques de Jean-Pierre Bucolo semblent presque déranger la poésie sensible de Renaud. Parce qu’il est un écorché vif, mais plus encore parce qu’il sort d’une expérience de vie douloureuse, Renaud livre ici son plus authentique message d’amour. Depuis le père Brassens, le grand Jacques, Léo Ferré , Gainsbarre et Barbara, la chanson française ne pouvait plus guère compter que sur Renaud! Merci à lui d’avoir relevé la tête! Parcours 11 mai 1952 Naissance à Paris. Avec son jumeau David, ils sont les derniers d’une famille de six enfants. Mai 1968 Monte sur les barricades et crée sa première chanson teigneuse. 1975 Premier album, qui lui vaut ce jugement d’Europe 1: «C’est de la merde!» La chanson Hexagone interdite d’antenne sur France Inter. 1978 Le verlan entre en scène avec Laisse béton . 1980 Mariage avec Dominique, «sa gonzesse». 1984 Naissance de sa fille Lolita. 1985 Incident à Moscou quand, invité par les Jeunesses communistes françaises, il chante Le déserteur de Boris Vian. 1992 Tourne Germinal de Claude Berri, d’après le roman d’Emile Zola. 1995 Album Renaud chante Brassens en hommage à son maître. 1999 Divorce d’avec Dominique. 28 mai 2002 Sortie de son quatorzième album Boucan d’enfer.
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    • Chanson Boucan d'Enfer

22 mai 2002

Huit nouveaux articles grâce à Benoît, Bernard, Marion, Cédric, Gene et PatK. Le kiosque compte désormais 352 articles.

MCM
  • 26 avril 2002, Renaud fait un Boucan d'Enfer pour ses 50 Ans! > MCM du 26 avril 2002 News - 26 avril 2002 Renaud Renaud fait un Boucan d'Enfer pour ses 50 Ans! Renaud fête ses 50 ans avec un nouvel album intitulé Boucan d’Enfer qui arrivera dans les bacs le 28 mai. Le blondinet au bandana rouge nous avait livré son dernier opus A la Belle de Mai il y a 8 ans, vous imaginez donc l’événement. MCM.net vous propose d’écouter un extrait du single Docteur Renaud, Mister Renard écrit par Renaud et composé par Jean-Pierre Bucolo. Renaud y expose 2 facettes de sa personnalité à la manière de Gainsbourg et Gainsbarre! Morceaux choisis : "Comme y’a eu Gainsbourg et Gainsbarre, y’a Renaud et le Renard ...Le Renaud ne boit que de l’eau, le Renard carbure au Ricard ...Renaud se méfie des pétards et du chichon qui rend idiot, ...Renard se les roule peinard pour s’exploser le ciboulot ...Renaud souffre de tous les maux qui accablent ce monde barbare ...Renard désabusé se marre, se contrefout de ce bazar ...Docteur Renaud, Mister Renard " Copyright MCM Online 2002
    • Album Boucan d'Enfer
    • Jean-Pierre Bucolo
BibliOnline
  • ?-?-02, Le retour de Gérard Lambin > Le retour de Gérard Lambin Il n'avait pas sorti de disque d'auteur depuis "A la belle de Mai" en 94. Les deux derniers : "Renaud chante Brassens" (96) et "Renaud cante el'nord" (92) étaient plus des hommages filiaux. L'un à la pensée anarchiste et individualiste du bourru moustachu et l'autre à ses racines familiales chtimis. Cossard? Non pas du tout ! Nous tous qui avions assisté à sa dernière tournée, nous savions l'écorché vif de Montrouge en souffrance. Cette tournée "Un piano, une guitare et Renaud", marathon de près de deux ans (99-2001) et de plus de deux cents dates prenait des allures de psychothérapie. Avec la scène pour divan et des milliers d'oreilles à l'écoute bienveillante dans la salle. A force de le confier chaque soir, c'était devenu en secret de Polichinelle : Dominique, sa gonzesse, ou plutôt sa muse car que de chansons lui auront été dédiées, s'était barrée. L e cœur en lambeaux, la voix pétée de trop de clopes, la chair bouffie de trop de 51 voire de 5100, au bord de l'effondrement éthylique, il reprenait du bout des lèvres ses meilleures chansons. Soutenu avec une indéfectible affection par deux vieux potes musiciens dont Titi, le guitariste Jean Pierre 'Titi' Buccollo ("La mère à Titi"). Chaque soir, il entendait le public tenter de boucher ce gouffre à l'âme en lui criant "On t'aime!!". Après temps de tendresse et d'émotions dites et partagées, le trou est sans doute un peu comblé. En tout cas, Renaud a retrouvé la force de tenir la plume pour, comme à chaque fois, sublimer sa peine, ses colères, sa gêne et ses contradictions en de magnifiques textes. Lors du spectacle, il introduisait sa chanson sur le départ de Dominique avec cet aphorisme "Le bonheur se reconnaît au bruit qu'il fait en s'en allant" ….. "et cela fait un boucan d'enfer" ajoutait-il avec cet humour grinçant qu'il peut avoir parfois. C'est le titre de son nouvel album qui sortira normalement le 28 mai prochain. Une autre chanson, "Elle a vu le loup", entendue en concert et plus drôle, fait partie du disque. Elle raconte une confession de Lolita à son père au sujet de la "première fois" d'une copine. Parmi ses proches, on donne gagnantes deux chansons au potentiel digne d'un "Laisse béton", ou "Mistral gagnant". Ce sont "P'tit pédé" ou la vie d' un homosexuel de province arrivant à Paris, "Docteur Renaud et Mister Renard" en forme d'autocritique (le fameux effet thérapeutique de la tournée?). Une sorte de d'autre "Me jette pas". Et enfin "Entre Manhattan et Kaboul". Devinez sur quel sujet! Un nouveau disque entre intimité, sensibilité aux autres et implication politique. Du Renaud comme avant. A-t-il retrouvé une forme de bonheur silencieux ? Pas sûr. Mais en tout cas, ceux qui l'aiment sont redevenus heureux à l'annonce de cette nouvelle. Merci ! Renaud "Boucan d'enfer" Virgin Albi Bop © 2002 Esprit web,
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    • Chanson Manhattan-Kaboul
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  • 21 mai 2002, J'ai moins envie d'aboyer > Construire No 21, 21-5-2002 [ A l'écran | Boucan d'enfer ] «J'ai moins envie d'aboyer» Après une trop longue absence et un passage à vide, Renaud nous revient avec un album qui va faire un «boucan d'enfer». Rencontre à Paris © Alain Duplantier/Virgin Records Presque huit ans que Renaud ne nous avait plus offert d'album de chansons inédites: des lustres! Mais voilà, celle qu'il appelait sa princesse est partie il y a trois ans, provoquant une longue dépression. «On reconnaît le bonheur, paraît-il, au bruit qu'il fait quand il s'en va. (…) Le mien s'en est allé hier, après vingt berges de sous mon toit», chante Renaud aujourd'hui. Le bonheur, nous dit-il, quand il part, ça fait un Boucan d'enfer: titre de son album (voir plus bas). Sans fausse pudeur, il se raconte comme jamais il ne l'a fait dans sa carrière. Renaud nous reçoit à la Closerie des Lilas, brasserie mythique du quartier de Montparnasse, à Paris. «Ma cantine», rigole-t-il. Il regarde la table ou son verre d'eau, fume beaucoup. A 50 ans, sa timidité n'est pas complètement domptée. Quand il relève la tête, ses yeux clairs et désabusés surgissent derrière ses cheveux paille. Renaud, paraît-il, n'aime pas beaucoup les interviews. Pourtant il prend le temps de trouver le mot juste, de s'expliquer (beaucoup), de sourire (un peu) et de s'indigner (en douceur). Avec une gentillesse et une courtoisie que son perfecto ne pourra jamais dissimuler. Renaud, comment allez-vous? Avec l'activité qui redémarre, avec - j'espère - l'amour du public que je vais retrouver, je reprends le dessus. Je suis devenu un triste buveur d'eau, mais j'espère que cela me permettra de sortir de ces années noires où je me suis étiolé au fond de mon bistrot. J'étais au fond du trou, dépressif, alcoolique, grand fumeur, grand consommateur d'antidépresseurs et d'anxiolytiques de toutes sortes. En pleine autodestruction. Pourtant, entre 1999 et 2001, vous n'êtes pas resté inactif… J'étais sur scène: une tournée intime sans nouvel album et sans promotion. Plus de 200 concerts et 250 000 spectateurs! Mais je n'étais pas bien physiquement. Je me détruisais au pastis et mes cordes vocales s'en sont ressenties. Pourtant, mon public était là, me comblant de bonheur et d'émotions. Un public indulgent, fidèle et amoureux. Peut-on dire qu'il s'agissait d'une tournée thérapeutique? Oui, le public m'a redonné confiance. Dans les mois qui ont suivi la tournée, je me suis d'ailleurs remis à écrire, ici, au bistrot. Une chanson, puis deux, puis trois. Avant, ma plume était asséchée. J'avais presque envie d'arrêter l'aventure. Sur scène, parlez-vous de vos problèmes? J'ai toujours beaucoup communiqué avec le public. J'essaie d'émouvoir, de faire rire, de provoquer. Quand j'évoquais ce que je traversais, apparemment, les gens étaient attentifs, intéressés. Mais une séparation est une souffrance pour les deux parties. La grande inégalité est que moi, je peux l'exprimer, m'en servir pour émouvoir, me sentir soutenu par un public. «Une gonzesse de perdue, c'est dix copains qui r'viennent»? (Il grimace) Je chante ça dans Manu. Mais avec le recul… Mes copains ont simplement été plus présents au moment où j'avais mal. Maintenant, ils sont ma première famille. «Eh déconne pas Manu, y'a des larmes plein ta bière»: sur scène, le public vous identifiait-il à Manu? Parfois. Quand je chantais: «Manu, va pas t'tailler les veines», des gamins criaient: «Eh Renaud, déconne pas, va pas t'tailler les veines.» Peut-on dire que «Boucan d'enfer» est un album impudique? Un peu sans doute, car les textes sont le reflet de cette époque dépressive. C'est sûrement l'album le plus personnel et introspectif de toute ma discographie. Croyez-vous devoir des comptes à votre public? Non, mais je préfère écrire des chansons d'amour vécues: les mots sont plus vrais, les émotions plus ressenties. Sinon, je n'ai pas besoin de me justifier. Mais quand on me demande ce que j'ai fait pendant sept ans, j'explique. Je n'ai aucun scrupule à raconter ma vie en long, en large et en travers. Alors je réponds simplement aux questions. Dans «Le Loup», vous semblez regretter l'enfance de votre fille. Etes-vous nostalgique? Je ne sais pas… J'ai toujours évoqué dans mes chansons les étapes de la vie de ma fille, qui est un peu ma muse. Là, je traite des premières amours physiques - «sans issues», comme disait Gainsbourg. J'ai écrit «Le Loup» lorsqu'elle avait 15 ans, elle en a aujourd'hui 22… et ce n'est pas sa chanson préférée (sourire). Elle est embarrassée. Mais si c'est joliment tourné, elle me pardonne tout. L'album est plutôt introspectif, cela veut-il dire que vous êtes moins touché par le monde qui nous entoure? Non, je suis toujours aussi énervé devant la misère et la violence. Mais j'ai moins envie d'aboyer, de prendre des positions définitives et péremptoires. Moins envie d'être en première ligne aussi. Avec l'âge, je n'ai plus les mêmes convictions. Peut-être ai-je un peu baissé les bras. Il m'arrive même de trouver toute forme d'engagement dérisoire et inutile… Mais il y a encore quelques coups de gueule et taillage de costard dans ce disque. Pourquoi ne voulez-vous plus être un porte-drapeau? Parce qu'on prend des coups en retour, et j'en ai pris pas mal. Je laisse la place aux jeunes générations - Zebda, Noir Désir, Akhenaton - qui ont envie d'exprimer leur colère ou leur indignation. Moi, je veux faire de jolies chansons, quel qu'en soit le sujet. Cette fois, c'est mon chagrin, mes doutes et mes désillusions qui m'ont inspiré. Pourquoi avez-vous si peu écrit pour d'autres? Les rares fois où j'ai essayé, cela n'a eu aucun retentissement. Et si j'ai une belle chanson, j'ai envie de la garder pour moi: j'en fais trop peu pour les distribuer… Mais je ne me sens pas capable d'écrire pour d'autres, car, d'une façon prétentieuse, je pensais avoir un langage qui m'était propre et donc difficilement adaptable à une autre personnalité. Vous ne le pensez plus? Depuis mes premiers albums, dans lesquels j'avais un univers poétique plus argotique, je pense que mon écriture s'est banalisée. Elle est devenue plus sobre. L'argot évolue et je ne vis plus dans la banlieue. Alors, à 50 balais, je ne vais pas faire croire que je parle comme un jeune. Et je ne vais pas chanter toute ma vie des histoires de mobylette ou de baston! Quel genre de musique écoutez-vous? Toujours les mêmes choses. Du classique et de la chanson française: Brassens, Cabrel, Souchon. Quel regard portez-vous sur la nouvelle génération? Il y a de tout, comme à chaque époque. Je suis un peu agacé par la vague des chanteuses dites à voix qui n'ont absolument rien à dire et sont aussi kitsch que les plus craignos des variétoches des années 70. Il y a aussi des petits auteurs-compositeurs pleins de talent, mais j'attends toujours la relève des Trenet, Brassens, Boris Vian, Gainsbourg. Et elle ne vient pas vite. Dans «L'entarté», vous menacez de vous lancer dans l'attentat pâtissier. Quelles seront vos premières cibles? (Sourire) Tous les preneurs de tête: hommes politiques, animateurs de télé ringardos, journalistes. Ce n'est pas le choix qui manque. Qu'avez-vous contre les médias? D'abord, je crains les projecteurs, les micros et les caméras. Et les médias sont souvent affligeants, faisant du bruit pour pas grand-chose et sombrant parfois dans la vulgarité et le tape-à-l'œil. »Mais je ne place pas tout le monde dans le même panier. Je n'ai rien contre les radios, mais j'en ai après les radios FM débiles qui nous gavent de publicité et de musique - toujours la même - au kilomètre. Je n'ai rien contre la télé, mais je n'aime pas les émissions de variétés minables qui fabriquent des vedettes en trois semaines. Je n'ai rien contre les philosophes qui veulent participer au brouhaha ambiant sur la misère du monde, mais je n'aime pas ceux qui se précipitent sur la première caméra qui traîne juste pour faire briller leur personnage… »De manière générale, je n'aime pas la société du spectacle. Je n'aime pas que tout se vende, que tout s'exploite. Que tout devienne produit. Avez-vous pensé vous passer de promotion? En 1988, j'avais coupé tous les ponts avec les médias, et j'ai perdu 50% du public de l'album précédent. Je ne souhaite pas à tout prix être le maillot jaune de la chanson française, mais quand je fais un album dont je suis plutôt satisfait, j'ai envie de dire qu'il existe, d'informer. Après, chacun est libre de l'aimer ou pas. Alors maintenant, je sélectionne, j'effectue un minimum de «service après-vente» en essayant d'être le moins envahissant possible. Après la sortie de l'album, une tournée est-elle prévue? Dès décembre, dans de grandes salles… en espérant les remplir! Beaucoup de musiciens, des décors pharaoniques: j'ai envie de revenir à un spectacle plus rock'n'roll. Les Zéniths ou les Palais des sports créent un côté grand-messe que j'aime bien. Sur scène, quelles chansons vous réclame-t-on? Les plus rebelles, comme Hexagone. Ce sont souvent des petits jeunes qui n'étaient pas nés quand je les ai écrites qui les demandent. Et vos préférées? Des chansons tendres, Mistral Gagnant, Morgane de toi, En Cloque. «Mon cœur est à prendre», dites-vous dans votre dernier album. A qui s'adresse cette chanson? Ah, Cœur perdu est ma préférée sur cet album. J'imagine qu'elle s'adresse à l'hypothétique prochaine personne qui voudrait partager ma vie. Mais ce n'est pas pour demain. Ce n'est pas dans l'agenda. Propos recueillis par Renaud Michiels A L'ECRAN Renaud est actuellement à Toronto, sur le tournage de «Crim spree», une comédie policière de Brad Mirman («Highlander III»). C'est l'histoire de petits braqueurs français qui veulent faire un casse à Chicago. Une grande nouvelle, car on n'avait plus vu Renaud sur un grand écran depuis «Germinal». «C'est une expérience artistique et humaine intéressante. Cela m'amuse et m'intéresse, mais le cinéma ne sera jamais une priorité pour moi», confiait-il avant son départ. Renaud partagera l'affiche avec Johnny Hallyday, Gérard Depardieu et Harvey Keitel! «Moi, je serai un tueur… sympathique.» BOUCAN D'ENFER «Boucan d'Enfer» (Virgin), sublimement illustré par le navigateur Titouan Lamazou, en vente dès le 28 mai. «Toi tu me quittes sans rigoler (…) Les gens me parlent d'autre chose/ Y'en a pas un qui m'aid'ra à pleurer», chantait Renaud dans «Soleil immonde», sur un texte de Coluche. Presque vingt ans après, ces paroles ont une désagréable odeur de vécu. La majorité des titres de «Boucan d'Enfer» illustrent en effet ses amours défuntes, ses désillusions, son mal-être. Bien sûr, les «nullos de la Bande FM», les «animateurs blaireaux», les «Loft Story» et autres «Star Academy» se prennent quelques coups de griffe. Bien sûr, un petit vieux de banlieue n'a comme trésor que son nain de jardin, et Bernard-Henri Lévy («La suffisance est son métier»…) n'en sort pas indemne. Bien sûr deux vies «pulvérisées sur l'autel de la violence éternelle» («Manhattan-Kaboul», un splendide duo avec Axelle Red) ou une ode au chien de Mitterrand nous prouvent que Renaud n'a pas passé sept ans à se regarder le nombril. Mais avec «Cœur perdu», «Tout arrêter…», «Boucan d'Enfer» ou «Docteur Renaud, Mister Renard» (un autoportrait acide), ce sont les bleus à l'âme et au corps qui donnent leur teinte à l'album. La voix n'est plus ce qu'elle était (trop de fumée est passée par là), mais les textes et les douces mélodies sont splendides. Résultat: un album un peu déprimant et infiniment touchant. Noir et lumineux à la fois.
    • Album Boucan d'Enfer
    • La Closerie des Lilas
    • Vie Alcool
    • Vie Fumer
    • Une guitare, un piano et Renaud
    • Chanson Manu
    • Chanson Elle a vu le loup
    • Lolita
    • Vie Vieillir
    • Georges Brassens
Europe 1
  • 15 avril 2002, Renaud revient avec un nouvel album > Renaud revient avec un nouvel album Il s'intitulera " Boucan d'enfer " qui est le titre d'une de ses chansons inspirée de ses problèmes conjugaux. Il devrait sortir fin mai chez Virgin. Le chanteur rompt ainsi avec une longue période de silence. lundi 15 avril 2002 13h38 Renaud n’avait pas sorti de chansons originales depuis 1991 et son album « Marchand de cailloux ». Néanmoins, ses fans avaient pu l’apercevoir en tournée, sillonnant la France l’année dernière. En 1996, il avait publié un hommage à Brassens avec un album « Renaud chante Brassens ». Et en 1993, il avait sorti un album pour les gens du nord : « Renaud cante el’nord » avec un répertoire chti. Sans oublier sa collaboration avec Doc Gyneco pour son album « Les liaisons dangereuses ». Cette fois-ci, Renaud est de retour avec des textes mordants comme notamment « l’entartré » qui vise directement Bernard-Henry Lévy, un autoportrait critique ou encore une chanson dédiée au labrador de François Mitterrand.
    • Album Boucan d'Enfer
    • Doc Gynéco
    • Chanson L'entarté
    • Chanson Baltique
France Soir
  • 26 avril 2002, Renaud a chassé le renard > France Soir, le Vendredi 26 avril 2002 Renaud a chassé le renard France Soir était présent sur le tournage du nouveau clip du chanteur. Mercredi dernier, 17 heures, studio 800A à Stains, prés de Paris, Renaud est vêtu de noir. C'est là que le chanteur d'Hexagone tourne le clip de Docteur Renaud, Mister Renard , premier single de Boucan d'enfer. Une vingtaine de personne s'agitent, règlent les lumières, maquillent sous le regard permanent d'Olivier Dahan (Le Petit Poucet), le réalisateur, et des représentants de la production U-Man. Renaud, quand à lui, fume cigarette sur cigarette. Le regard souvent absent, il reste assis, Perfecto sur les épaules attentif aux exigences de la production. "Renaud, on peut y aller!" lance Sébastien Cirade, assistant réalisateur. L'anar cinquantenaire s'exécute, saisit sa guitare Fender et se dirige sur le plateau. Le décor montre une rue parcourue par quelques femmes de petite vertu, une lumière rouge domine le studio. "On lance la musique!" Le premier play-back est lancé. Le créateur de tubes devient pour quelques minutes chanteur de rue(va vrai nature?).Il sourit aux comédiennes, précieux présent d'un artiste jamais condescendant, mais peu enclin aux sourires obligés. "Coupez!" Nouveau plat(back, ré-maquillage, Renaud s'approche : "On en aura jusqu'à très tard ce soir, désolé pour le retard." Pas de problème l'interview attendra. Le tournage de Docteur Renaud, Mister Renard en dis long sur la force retrouvée de chanteur."Aujourd'hui c'est le Renaud qui bosse; pas le renard."Comprendre : je suis dans le bon sens de la file, les démons au vestiaire. Les muses ont retrouvé l'artiste, après un désamour de huit années. "je reste un peu résigné quand on voit ce qu'a fait Le Pen aux élections, j'ai tendance à me demander quel est le rôle de la culture là-dedans. J'irais quand même voter pour les législatives", conclut-il. Renaud est bel et bien de retour en musique, on le sait, mais également au cinéma dans un polar qui le propulsera aux coté de Gérard Depardieu et de Harvey Keitel, excusez du peu. La sortie de l'album, prévu fin mai, fera, c'est sûr, un Boucan d'enfer. Patrice Le Nen. Pile et face Sept ans, un cycle, une éternité. Renaud est là, vivant, touchant, avec un single inédit, prélude à sa sortie de Boucan d'enfer (Virgin) prévu le 28 mais prochain.Bref, un apéritif assez délicieux destiné aux radio (pour l'instant bien sûr) intitulé Docteur Renaud, Mister Renard, totalement dédié a cette même schizophrénie qui créa l'alter ego de Gainsbarre. Plutôt que de risquer la comparaison avec son pote il y a 10 ans, le papa de Lolita l'écrit carrément : "Comme y'a eu le Gainsbourg et Gainsbarre, y'a le Renaud et renard." 4 minutes et 23 secondes d'introspection, sur les travers de sa vie, sur ses réussites aussi. Côté pille et côté face sombre. De la lucidité, il n'en manque pas, comment railler le monde sans se vitrioler soi-même? Renaud tourne actuellement le clip de ce premier extrait. Un prélude à ce qu'il convient d'appeler le retour vers la lumière. Sans vouloir lever le voile sur cet événement discographique, on dira simplement aux fans que Renaud reste fidèle a lui même. La cinquantaine amère ne empêche pas cependant de porter un regard lucide tragi-comique sur notre société. France Soir reviendra bientôt sur le cas de cet artiste hors norme.
    • Album Boucan d'Enfer
    • Chanson Docteur Renaud, Mister Renard
    • Vie Fumer
    • Politique Jean-Marie Le Pen
    • Cinéma Wanted Crim Spree
La Libre Belgique
  • 20 mai 2002, Le roman de Renaud > La Libre Belgique du 20 mai 2002 http://www.lalibre.be/article.phtml?id=5&subid=104&art_id=61767 Savoir plus Parcours Naissance de Renaud Séchan le 11 mai 1952 à Paris. Durant un autre mois de mai, celui de 1968, il participe au mouvement étudiant et en profite pour écrire sa première chanson.Premier engagement au Caf'Conc', sur les Champzés. Premier album de Renaud - clope au bec, casquette de titi parigot - chez Polydor en 1975, `Amoureux de Paname´ contient `Hexagone´, interdit sur France Inter à l'époque. Fin 1977 sort l'album `Laisse béton´, chanson-tube en 1978. En 79, c'est `Ma gonzesse´, en 80, `Marche à l'ombre´ (`Dans mon HLM´, `Les aventures de Gérard Lambert´). Cette année-là, Renaud épouse Dominique, qui lui donne une petite Lolita. Enregistré aux Etats-Unis, l'album `Morgane de toi´ (1983) est une de ses plus grosses ventes, 1,2 million d'exemplaires. En 1985, `Mistral gagnant´ contient la délicieuse `Miss Maggie´. En 91, il tient un premier rôle dans `Germinal´, de Claude Berry. En 96, `Renaud chante Brassens´, se faisant ainsi la voix de son maître. Avril-mai 2002, il tient le rôle d'un `tueur sympathique´ dans une comédie policière américaine avec Depardieu, Hallyday, Harvey Keitel, Richard Bohringer. Renaud termine actuellement un bouquin, une chronique de ses `années noires´. CHANSON Le Roman de Renaud DOMINIQUE SIMONET Mis en ligne le 20/05/2002 Après sept ans d'absence phonographique, Renaud revient le 28 mai avec `Boucan d'enfer´.Très personnel, le disque est lancé par `Docteur Renaud, Mister Renard´.Il préfigure un retour à la scène en fin d'année. GuidicelliENTRETIEN C'est une de ces brasseries parisiennes qui, à la manière du Café de Flore, portent les stigmates d'une vie culturelle survoltée. Ce passé est d'ailleurs un peu leur fonds de commerce: à la Closerie des Lilas, sur les sets de table, se croisent les autographes de Paul Meurisse et Henri Miller, de Jean Vilar et Noël-Noël, d'Ernest Hemingway et Marcel Zanini... Cet endroit mythique, Docteur Renaud en a fait son cabinet de consultation, Mister Renard, son terrier... Là, les traits marqués, la main tremblante touillant dans son café, l'auteur chanteur adulé par plusieurs générations a choisi de parler de `Boucan d'enfer´, un nouvel album que d'aucuns n'attendaient plus. Dominé par une assourdissante plainte d'amour, ce disque part d'une problématique personnelle pour trouver sa dimension poétique. `Boucan d'enfer´ laisse penser que vous aviez un sacré besoin de vous raconter... Cela signifie surtout que j'écris ce qui vient, ce que je peux, ce que j'ai sur le coeur. Il se trouve que j'avais sur le coeur des soucis personnels, un chagrin d'amour, un mal de vivre. Pendant 4-5 ans, j'ai traversé une période difficile de dépression, que j'ai voulu soigner par des médicaments pas vraiment appropriés, en l'occurrence des conneries d'antidépresseurs et d'anxiolytiques de toutes sortes, plus un litre de pastis par jour, l'un et l'autre ne faisant pas très bon ménage... L'inspiration m'avait déserté, l'envie de chanter aussi. Plus envie d'être aimé, puisque je ne m'aimais pas beaucoup moi-même, voire pas du tout... J'avais pas envie d'être applaudi, encore moins de me montrer. Malgré tout, je suis parti en tournée pendant 2 ans, entre 99 et 2001, ça m'a un peu redonné du coeur au ventre, mais je n'étais pas bien physiquement, je chantais très mal, j'avais les cordes vocales abîmées par l'alcool et le tabac, et les excès. J'avais grossi de dix kilos, ça se voyait... Et `Petit pédé´ a tout déclenché, sur une sorte de commande... Une commande et un défi ridicule. Depuis huit jours, j'étais en cure de désintox, j'avais arrêté de boire, et j'en souffrais énormément, parce que c'est une drogue dure et que j'étais accro. Un copain homosexuel m'a dit: fait une chanson sur les pédés, sur moi, sur notre différence, sur nos petites misères quotidiennes, et si tu le fais, je t'offre une cuite, une mouflée... J'ai pris ça comme un défi, ridicule, ce n'était pas très malin de sa part, mais bon, j'ai écrit la chanson... et j'ai replongé. Il a suffi que je mette le doigt dedans pour que le bras parte avec. Mais, du coup, le lendemain, toujours sous l'emprise de l'alcool, j'ai recommencé à écrire: `Docteur Renaud, Mister Renard´ d'abord, et toutes les suivantes en à peine un mois et demi. D'ordinaire, j'écris douze chansons, j'en enregistre douze. Là, j'en ai écrit et enregistré dix-huit pour n'en garder que quatorze. Certaines, que je n'ai pas gardées, étaient encore plus noires, plus désespérées que celles-ci, dont une qui s'appelait `La vie est moche et c'est trop court´, franchement à se flinguer. Vous y avez pensé? Non, autodestructeur parfois, jamais suicidaire. Vous savez que vous pouvez vous appuyer sur un public fidèle. J'ai une base de fidèles assez nombreux, assez attachés. D'une manière générale, ils sont sensibles à ce que j'écris, et je sais par divers témoignages que mes chansons les plus tristes sont celles qu'ils préfèrent: elles leur remontent le moral quand eux-mêmes sont tristes. Ils se sentent moins seuls, ils ont le sentiment que le chanteur qu'ils aiment peut être aussi fragile, perturbé et angoissé qu'eux, et ça les soutient. Cela veut dire que vous leur faites confiance? Oui, oui. Je sais que je vais essuyer des reproches du genre: tu n'as plus de mots rebelles, tu as baissé les bras... La petite frange anarchiste juvénile de mon public va me reprocher le manque évident de chanson engagée, entre guillemets, dans cet album. Mais ce n'est pas une obligation non plus. Je n'ai pas choisi délibérément de n'écrire que des chansons d'amour et de renoncer à celles qui contestent, dénoncent, expriment des indignations ou des révoltes... Vous qui considérez Brassens comme votre maître, vous êtes ici parfois plus proche d'un Brel... Ah c'est gentil... C'est vrai que je suis plus expressionniste et impudique, il n'y a pas la retenue et la pudeur de Brassens. Je me livre plus à la Brel. Avez-vous réellement arrêté de participer aux Restos du Coeur, comme vous le dites dans `Tout arrêter´ ? C'est pas très gentil pour les Restos que je trouve indispensables et très efficaces. Mais j'en ai un peu ras-le-bol des combats humanitaires et des associations qui ont défrayé la chronique par des détournements, des malversations financières, etc. Même ça, on finit par en revenir. Les circonstances ont fait que je ne participe plus aux Restos depuis deux ans, mais s'ils me redemandent, je serai toujours présent. Avec cependant un certain recul, le sentiment que c'est un peu dérisoire, comme toute forme d'engagement des artistes. Reste l'amour, le cri d'amour... Même si je ne crois plus beaucoup au couple, comme je l'exprime dans `Mal barré´... En ce qui me concerne, même si je suis séparé de mon épouse depuis plusieurs années, l'amour est toujours là. On ne peut pas balayer 22 ou 23 ans de vie commune, de souvenirs, de passion... Mais avec un titre comme `Coeur perdu´, vous allez faire craquer tout le monde... C'est ma préférée du disque. J'espère faire pleurer les filles, mais aussi les garçons, enfin, au moins les émouvoir. Qu'est-ce qui est plus partagé, plus commun qu'un chagrin d'amour? Tout le monde est passé ou passera par là. Album `Boucan d'enfer´ chez Virgin, à paraître le 28 mai. © La Libre Belgique 2002
    • Album Boucan d'Enfer
    • Chanson Docteur Renaud, Mister Renard
    • La Closerie des Lilas
    • Vie Alcool
    • Une guitare, un piano et Renaud
    • Chanson Petit pédé
    • Fans de Renaud
    • Association Restos du coeur
    • Chanson Mal barrés
    • Chanson Coeur perdu
  • 24 avril 2002, Renaud, le chanteur désabusé > La Libre Belgique du 24 avril 2002 Renaud, le chanteur désabusé Mis en ligne le 24/04/2002 Dimanche dernier, 20 heures, devant la télévision, Renaud est, comme des millions de Français, `effondré, effondré pour la gauche, pour la France, pour l'Europe, pour la démocratie´. Lui qui, à 16 ans en 1968, a fait les barricades, n'en revient pas encore du séisme. Sans renier son choix - Noël Mamère -, le chanteur estime faire partie des gens qui ont dispersé leurs votes au premier tour: `Si les sondages avaient marqué plus précisément le danger en montrant Le Pen et Jospin au coude à coude, j'aurais évidemment voté pour faire barrage à l'extrême droite. Tout le monde pensait que Le Pen plafonnerait à 10-12 pc comme d'habitude...´ Pointant du doigt l'abstention, il invoque aussi la malchance, le fait que les vacances scolaires ont tenu beaucoup de gens éloignés de leurs bureaux de vote. Mais une chose est sûre: `Les électeurs de Le Pen, eux, ne s'abstiennent pas, jamais!´ Plus généralement, Renaud voit dans le désintérêt pour la politique le signe de la désillusion: `Les gens ne voient rien changer dans leur vie quotidienne, ils sont perdus, ne croient plus à la gauche ni à toutes ces promesses; ils ont été trop souvent trahis et déçus.´ Des déçus dont il fait partie, et un plébiscite pour Chirac au second tour ne l'amuse pas non plus: `Je laisserai la droite et l'extrême droite se battre entre elles, mais je ne pense pas que j'irai voter pour Chirac. C'est au-dessus de mes forces.´ Sauf s'il y avait un réel danger... Même déçu, il se rejouit des jeunes qui manifestent leur mécontentement dans la rue, eux qui, pour la plupart, ne se sont jamais intéressés à la politique. Sa fille de 20 ans y était, et lui? `C'est plus de mon âge. Je suis bien trop désillusionné pour aller gueuler sous des banderoles.´ Dans son nouvel album, `Boucan d'enfer´, à paraître le 28 mai, et qui est plutôt un cri d'amour, Renaud garde ses distances, même s'il reste concerné (`Manhattan-Kaboul´, en duo avec Axelle Red) ou ne peut cacher son admiration pour l'action de Noël Godin (`L'entarté´). La politique hexagonale , il n'y fait allusion que par la bande, par `Baltique´, le Labrador noir maintenu hors de l'église de Jarnac lors de l'enterrement de son maître, François Mitterrand. `Un jour pourtant, je le sais bien / Dieu reconnaîtra les chiens.´ (D. S., à Paris) © La Libre Belgique 2002
    • Politique
    • Mai 1968
    • Politique Noël Mamère
    • Politique Jean-Marie Le Pen
    • Politique Lionel Jospin
    • Politique Jacques Chirac
    • Lolita
    • Album Boucan d'Enfer
    • Chanson Manhattan-Kaboul
    • Chanson L'entarté
Le Parisien
  • 10 mai 2002, « J'étais bouffi d'alcool... » > Le Parisien du 10 mai 2002 http://www.leparisien.fr/home/info/permanent/article.htm?articleid=120860169&themeid=517 CONFESSION. Renaud : « J'étais bouffi d'alcool... » Pendant quatre ans, le rebelle au foulard rouge s'est abîmé dans la solitude, les bistrots parisiens et le goût de l'anis. Aujourd'hui guéri de son alcoolisme, Renaud revient à la chanson avec un nouvel album qui sortira fin mai. Entretien. LE REGARD BLEU délavé, les cheveux jaunes et un inévitable blouson de cuir sur le dos, Renaud, qui aura 50 ans demain, n'a pas vraiment changé. A trois semaines de la sortie de « Boucan d'enfer », son nouvel album (lire plus bas) , c'est bien celui qui a bercé de ses « Marche à l'ombre », « Manu », « Mistral gagnant » et autres toute une génération d'amateurs du français chanté comme on le parle. A y regarder de plus près, pourtant, les gestes paraissent hésitants, le sourire douloureux. L'homme semble avoir été touché au-dessous de la ligne de flottaison : Renaud sort d'une tempête aux remous anisés. Depuis son apparition, le visage bouffi, sur la scène de l'Olympia, en 2001, balbutiant des remerciements pour une Victoire d'honneur, le vent a tourné. Docteur Renaud, avide d'eau, a remporté la bataille contre Mister Renard, amateur de Ricard, comme le clame la chanson qui ouvre « Boucan d'enfer ». Attablé à la Closerie des Lilas, une fameuse brasserie parnassienne, l'artiste ne carbure plus qu'aux projets et s'explique volontiers sur une parenthèse longue de quatre ans. Le mot « bistrot » revient souvent dans vos nouvelles chansons... Renaud. J'ai toujours été un passionné de ces lieux de rencontres, de solitude, de débauche et de laisser-aller anisé en ce qui me concernait. Le pastis est un poison. Ça bousille les neurones, c'est pas bon pour le foie, j'en sais quelque chose. J'avais des analyses inquiétantes, dans la zone rouge. Bouffi d'alcool, je ne me reconnaissais plus dans une glace, ma voix était pourrie par les excès de nicotine et, surtout, j'avais le sentiment que les muses m'avaient déserté. Que vous est-il arrivé ? Après la tournée qui a suivi la sortie de « la Belle de mai », au lieu de me remettre à écrire à mon rythme, j'ai vécu entre les quatre murs d'un bistrot parisien à m'étioler. Je n'ai pas commencé à me mettre minable quand mon épouse m'a quitté, mais, en fait, mon épouse m'a quitté parce que je me mettais minable depuis quelque temps. Peut-être à cause d'un spleen, d'une nostalgie de mes vingt ans. Le fait de voir ma fille grandir et passer à l'âge adulte, de voir les années qui s'écoulent à vitesse supersonique. De voir des gens que j'ai tellement aimés disparaître autour de moi, souvent avant l'heure. « Je suis entré dans un processus d'autodestruction » A qui pensez-vous ? A Frédéric Dard, à Desproges, à Gainsbourg, à Coluche... Mais, surtout, je ne voulais plus de l'amour des gens, je trouvais ça immérité. Entre le manque d'idées, le chagrin d'amour et de mauvais médicaments, je suis entré dans un processus d'autodestruction, moi qui ne suis pas suicidaire. L'année dernière, quand j'ai reçu cette Victoire de la musique d'honneur, j'étais en pleine pochetronnerie. J'aurais préféré gagner vraiment cette récompense. Là, j'avais l'impression qu'on me la donnait à titre posthume. Même s'il y a un certain dandysme à se gainsbariser , je m'en serais bien passé et ça m'a fait replonger. Aujourd'hui, je suis redevenu un buveur d'eau entraîné dans la spirale du travail, de la création et, en décembre, de la scène. Qu'est-ce qui vous a fait remonter la pente ? La tournée, en 1999, avec juste une guitare et un piano, sans promotion et sans nouvelles chansons, pour un public que je pensais avoir déjà écumé. Ça m'a redonné du coeur à l'ouvrage même si ces concerts étaient très marqués par mon mal-être et mon désarroi. Dans les mois qui ont suivi, l'inspiration est revenue et je me suis remis au travail. J'ai écrit mes textes sous l'emprise de l'alcool, mais je les ai écrits quand même. La source n'était pas tarie, comme je le pensais. Dans ce nouvel album, vous parlez d'ailleurs beaucoup de vous... Les chansons, c'est avoir envie de raconter des histoires et je ne savais plus ce que je voulais raconter. Donc, j'en suis venu à parler de ma vie, de ma vie privée d'observateur du monde. Dans mes albums précédents, il y avait des chansons sociales. Pas vraiment politiques, mais avec des mots assez rebelles, une vision plus large. Là, j'ai plus regardé mes chagrins que les chagrins du monde. N'est-ce pas aussi parce que les chagrins du monde vous intéressent moins ? Je suis toujours un ardent lecteur de journaux et un dévoreur d'actualités télévisées et radiophoniques. Mais j'ai moins envie qu'avant de changer le monde avec des chansonnettes. Plus qu'autrefois, je pense que c'est vain, inutile, même si des idéaux comme le combat antiraciste me tiennent toujours à coeur. J'ai aussi moins envie d'être un porte-parole, de monter au créneau. D'autant que la relève est assurée avec des groupes comme Zebda ou Noir Désir. Ils sont plus jeunes, ils ont plus envie que moi d'exprimer cette colère et je leur refile le flambeau. Moi, à l'époque, ça me paraissait indispensable de chanter pour les Restos du coeur ou SOS-Racisme, de faire des manifs. J'ai 50 ans et je suis fatigué de tout ça. Dans votre nouvel album, une de vos chansons s'en prend à Bernard-Henri Lévy et une autre est dédiée à Baltique, le chien de François Mitterrand... Je ne supporte vraiment pas le prêt-à-penser de BHL, même s'il m'a fait savoir par son avocat qu'il trouvait la chanson drôle. Quant à Mitterrand, c'est une façon de lui être fidèle, sans pour autant lui lécher la main. « J'ai arrêté de taper sur les flics, les curés et les militaires » Votre méchanceté se serait-elle émoussée ? A 20 ans, j'étais plus manichéen. Depuis, j'ai arrêté de taper sur les flics, les curés et les militaires. D'autres le font à ma place et j'ai du respect pour la maréchaussée, même si moins je les vois, mieux je me porte. Il ne doit pas faire bon être flic tous les jours. Pas plus qu'être un gamin sans emploi ni éducation. Dix ans après « Germinal », vous allez revenir au cinéma... Dans une comédie policière américaine que je tourne ce mois-ci à Toronto, au Canada. Une aventure que je vais partager avec Johnny Hallyday, Gérard Depardieu, Harvey Keitel, Richard Bohringer, Stéphane Freiss... Le cinéma n'est pas ma priorité mais ça m'amuse. Et puis, au moins, contrairement à « Germinal », ce film-là ne repose pas sur mes épaules. Pour ce nouvel album, vous vous êtes d'ailleurs beaucoup reposé sur deux compositeurs... Je joue de la guitare toujours comme un débutant et je suis arrivé à un stade où, quand je compose, ça me rappelle dix musiques déjà faites dans le passé. Je suis tout à fait capable de juger mon travail. Même à l'époque où mes scores de ventes étaient irrationnels, je ne me suis jamais pris pour le roi du monde. Je savais très bien que je reviendrais un jour à des choses plus raisonnables et plus naturelles. Renaud, « Boucan d'enfer » (disques Virgin). Sortie le 28 mai. Propos recueillis par Sébastien Catroux Le Parisien , vendredi 10 mai 2002 http://www.leparisien.fr/home/info/permanent/article.htm?source=Le%20Parisien&themeid=517&articleid=120860171 « Boucan d'enfer » sortira le 28 mai   LORS de sa dernière tournée, Renaud, au bord du naufrage éthylique sur scène, parlait pudiquement du départ de sa femme : « Le bonheur se reconnaît au bruit qu'il fait en s'en allant... un boucan d'enfer. » Ces derniers mots seront le titre de son nouvel album, qui sortira le 28 mai chez Virgin avec une très belle pochette dessinée par le navigateur Titouan Lamazou. De nouveau fidèle à lui-même, Renaud y évoque les misères du monde (« Entre Manhattan et Kaboul ») mais surtout les siennes : sa guérison de l'alcoolisme (« Docteur Renaud, Mister Renard »), ou encore, plus légèrement, son angoisse de voir sa fille, Lolita, grandir (« Elle a vu le loup »). Il devrait attaquer une grande tournée en France, en décembre prochain, qui commencera par le Zénith. Le Parisien , vendredi 10 mai 2002
    • Vie Alcool
    • Album Boucan d'Enfer
    • Chanson Marche à l'Ombre
    • Chanson Manu
    • Chanson Mistral Gagnant
    • Salle Olympia
    • Victoires de la Musique
    • Chanson Docteur Renaud, Mister Renard
    • La Closerie des Lilas
    • Album A la Belle de Mai

19 mai 2002

Six nouveaux articles dont un d'aujourd'hui. Merci à Vincent, Lywine, DjéDjé, PatK et Lola

L'Est Républicain
  • 26 avril 2002, Renaud Envie d'émigrer > est republicain du 26 avril 2002 RENAUD ENVIE D'EMIGRER "je suis en proie à un véritable écœrement. C'est une honte pour la France, pour la démocratie. L'incroyable s' est produit. L'improbable est arrive. Le pen est devenu la 2ième force politique de l'Hexagone, j' ai envie d'émigrer... pas en italie parce que là aussi l'extrémisme est au pouvoir, pas en Flandres, pas au Danemark... Partout ou la bête immonde remontre son groin, il ne fait pas bon vivre. Je n'irai pas défiler derriere des banderoles quelles qu'elles soient, pas participer à des soutien à quiconque et surement pas à Chirac. Si mon nouvel album n'était pas terminé, cette situation m'aurait certainement inspiré quelques propos saignants. Mais il est déjà à l'usine et c' est malheureusement trop tard"
    • Politique
    • Politique Jacques Chirac
    • Cinéma Germinal
RTL
  • 2 mai 2002, Boucan d'enfer > RTL du 2 mai 2002 DISQUE Boucan d'enfer Sortie de l'album le 28 mai 2002.Du 6 au 11 mai, découvrez chaque jour un nouvel extrait de l'album sur RTL.fr.Cliquez ici pour revenir au dossier Renaud (NdK : sur rtl.fr). TRACKLIST PRESENTATION TRACKLIST 1 Docteur Renaud, Mister Renard (4.23)(Renaud Séchan/Jean-Pierre Bucolo)2 Petit pédé (4.32)(Renaud Séchan/Jean-Pierre Bucolo)3 Je vis caché (4.16)(Renaud Séchan/Jean-Pierre Bucolo)4 Coeur perdu (4.43)(Renaud Séchan/Alain Lanty)5 Manhattan-Kaboul (en duo avec Axelle Red) (3.52)(Renaud Séchan/Jean-Pierre Bucolo)6 Elle a vu le loup (3.00)(Renaud Séchan/Renaud Séchan)7 Tout arrêter… (3.21)(Renaud Séchan/Jean-Pierre Bucolo)8 Baltique (2.50)(Renaud Séchan/Alain Lanty)9 L’entarté (3.00)(Renaud Séchan/Jean-Pierre Bucolo)10 Boucan d’enfer (5.00)(Renaud Séchan/Jean-Pierre Bucolo)11 Mon nain de jardin (2.41)(Renaud Séchan/Alain Lanty)12 Mal barrés (3.45)(Renaud Séchan/Alain Lanty)13 Corsic’armes (3.34)(Renaud Séchan/Jean-Pierre Bucolo)14 Mon bistrot préféré (3.43)(Renaud Séchan/Jean-Pierre Bucolo)Arrangements et réalisation : Jean-Pierre BucoloAxelle Red apparaît avec l’aimable autorisation de Virgin BelgiqueP ) Ceci-Cela 2002 © Ceci-Cela/Virgin France S.A.S 2002 PRESENTATION Plus d'un septennat à se morfondre en attendant des nouvelles de lui, l'éternel visage pâle résistant dans cet hexagone boursouflé et griffé par des renoncements successifs. Allez, on peut se l'avouer, on avait peur pour lui, qu'il nous laisse définitivement sur le bas-côté de la marche du monde. Et puis, il revient, il est là. Enfin. Toujours en mai, comme si c'était lui le printemps, la fête du travail, des grands soirs et des révolutions. Toujours debout aussi, même s'il vivait à l'abri pour éviter la barbarie des glands médiatisés en héros. Docteur Renaud, tapi dans l'ombre, avait mal au cœur, donnait encore sa langue au chagrin et broyait le noir de ses idées, suffisamment fatigué pour que l'on respecte son silence. Il avait pourtant fait bien des efforts pour sortir de sa tanière et aller émerveiller les théâtres de cette France qui coule dans ses veines. C'est donc à la scène, comme un fil tout dénudé, qu'il consacre alors l'essentiel de son énergie parfois chancelante. Et devant son public de 7 à 77 ans, parfois aussi inquiet et meurtri d'écouter l'ange blond offrir ses chansons dans leur plus simple appareil, il trouble encore tout ce qu'il touche. Une guitare, un piano et Renaud, ça fait tout de même 250 000 spectateurs qui ont chaviré, ravis, à la redécouverte d'un répertoire où les mots sont à la chanson ce que le palpitant est à l'homme. Une œuvre sans bavure et furieusement humaine. Mais la vie sépare aussi parfois ceux qui s'aiment et Renaud s'est retrouvé bien seul, assis devant la porte cadenassée de l'amour. Il a beau avoir porté tous les surnoms de la terre, de la chetron sauvage à la teigne aux cheveux jaunes, on sait aussi que Renaud était l'amoureux d'une seule gonzesse. La sienne, celle qu'il était avec, et qui faisait que nous étions rassurés de le laisser évoluer dans cette chienne de vie, loin des vrais méchants, avec cette carrure de sandwich S.N.C.F. qui ne fait assurément pas le poids lorsque la terre tremble sous vos pieds. Renaud balayé par ce cyclone émotionnel sait être honnête et avoue aisément que son mal au cœur n'était pas le seul fait de sa rupture amoureuse et que la danse des démons était venue le narguer bien avant. Mais voilà, l'amour se faisant la belle, Renaud a pris la tangente vers le comptoir tamisé d'une brasserie Parnassienne. Et c'est ainsi que Mister Renard a pris sa place dans la valse à mille temps des assoiffés et des déçus de l'amour. Des jours et des nuits à se morfondre sur la banquette de ce confortable bistrot des âmes sans collier, à guetter dans l'eau frappée d'une fontaine de Ricard la vision d'un amour prisonnier d'un glaçon. À l'étrange jeu de qui boit gagne, Renaud a perdu l'envie d'avoir envie. Le renard, lui, croyait que sa chandelle était morte et qu'aucun Pierrot ne saurait lui prêter sa plume pour écrire des mots. C'était sans compter avec la force vitale du Renard. Il fallait vivre, retrouver le goût de l'eau et l'envie de guérir ses blessures. Vint alors le temps du déclic. Un pari simple entre deux potes qui avaient pris rendez-vous sur le boulevard des bouleversés : " Tu écris une chanson contre une bonne dernière cuite !…" Ça vaut bien le maillon fort ou le juste prix. Le renard va finalement s'exécuter. Sans forfanterie, avec malgré lui tous les stigmates de l'animal qui n'y croit plus. Il va dicter la chanson, figure et thème imposés. Faire une chanson sur l'homosexualité qui renouvelle le genre pour réussir un contre champ contemporain à l'éternel "Comme ils disent". Trois quarts d'heure en improvisation, comme en freestyle, ce qui accrédite une fois de plus que le rap doit beaucoup à Renaud, et la chanson était prête. "Petit pédé" où tarlouzes et hétéros sont naturellement dans le même bateau de l'amour. Ça sonne juste et élégant. Renaud une fois de plus, là où on ne l'attendait pas. L'auteur a eu finalement raison du renard pourtant connu pour sa ruse, puisque dans les trois semaines qui ont suivi, huit nouvelles putains de chansons sont sorties du boucan d'enfer que fait le cerveau lorsqu'il ne turbine plus à l'EPO anisé. Des textes comme des petites perles de vie qui cicatrisent le mal d'aimer. Paroles sans musique. Auteur oui. Compositeur non. Ou presque pas à l'exception de "Elle a vu le loup " qui n'est pas sans nous rappeler que Renaud lors du dernier bal de "La belle de mai" avait déjà anticipé en dédiant à son futur gendre une de ses chansons. La verve plumitive retrouvée, Renaud a prêté ses textes à Jean-Pierre Bucolo et Alain Lanty, complices bienveillants qui vont ainsi l'aider à se remettre sur le droit chemin de la note bleue. Bucolo dans un registre électrique, pop et aérien, Lanty davantage dans celui de madame la tradition. Avec la grâce et l'oxygène du recommencement. Bonheur retrouvé ? Léo Ferré disait que "le bonheur, c'est du chagrin qui se repose…". Le nouveau disque de Renaud, il est comme ça de bout en bout." C'est quand qu'on va où ?" disait le chanteur énervé lors de son précédent disque. Aux studios I.C.P., à Bruxelles, avec tout le confort pour renaître et Phil Délire pour donner de l'ampleur à ces nouvelles de Renaud. "Docteur Renaud, Mister Renard" ou comment faire de la condition schizophrénique de l'artiste une chanson, pardon un tube, qui renvoie les académiciens showbiztiques à leurs chères études. "Je vis caché", "Cœur perdu", "Tout arrêter", "Boucan d'enfer ", "Mal barrés " illustrations magnifiques de cette insolite "désabusion", mot inventé par le solitaire et acéré Nino Ferrer pour accentuer l'aquabonisme Gainsbourien. "L'entarté", " Mon nain de jardin " pour toujours mettre si possible les rieurs de son côté. " Baltique" pour confirmer une fois de plus qu'un cœur de huguenot, c'est aussi fidèle que le chien orphelin d'un président qui a enfin pu voir si Dieu n'avait jamais sollicité le suffrage universel. Et puis Renaud toujours concerné sait encore heureusement pleurer la détresse du monde. "Manhattan Kaboul " bombe radiophonique d'après le 11 septembre, avec Axelle Red si fragile et convaincante pour dire la dureté et l'absurdité du monde, ou "Corsic'armes " parce que l'île de beauté n'en finit pas de s'abîmer au contact de la sauvagerie de ses héros ni tout à fait blancs, ni complètement noirs. Renaud s'éveille et conclut cette renaissance par "Mon bistrot préféré", hommage aux grands esprits assoiffés de bons mots et épris de cette marge où il fait encore bon respirer. Et c'est ainsi que Renaud ressuscité fourmille de projets où le futur est à nouveau réjouissant. L'écriture d'un livre, journal intime des années noires à travers le regard des intimes de la Closerie. Un retour inattendu au cinéma dans une comédie policière peuplée de géants : " Crime spree" (la spirale du crime) avec Gérard Depardieu, Johnny Hallyday et Harvey Keitel. Et déjà, à l'horizon de décembre, un retour en première division avec une prise du Zénith de Paris, histoire aussi de se souvenir que Renaud fut le premier locataire de cette salle où les briquets font briller l'unisson. Pour finir, Renaud semble avoir trouvé enfin une réponse à sa question : " A quoi bon avoir les jambes droites pour arpenter ce monde tordu ?" : simplement pour avoir eu le plaisir extrême de fouler le passage clouté d'Abbey Road. D'abord pour le mastering de son renouveau. Mais aussi et surtout pour signifier que, de la traversée du désert à la traversée du désir, il n'y a qu'un pas qu'il suffit de franchir seul sur les traces d'une légende. Celle par exemple d'un garçon dans le vent de 50 balais. Qui d'autre ? Didier Varrod
    • Album Boucan d'Enfer
    • Jean-Pierre Bucolo
    • Alain Lanty
    • Axelle Red
    • Une guitare, un piano et Renaud
    • Chanson Docteur Renaud, Mister Renard
    • Vie Alcool
    • Chanson Petit pédé
    • Chanson Je vis caché
    • Chanson Coeur perdu
RFI Musique
  • 29 janvier 2001, Renaud retrouve le Québec > RFIMusique du 29 janvier 2001 RENAUD RETROUVE LE QUÉBEC Mais les retrouvailles connaissent quelques couacs… Québec, le 29 janvier 2001 - Alors que Renaud retrouve la terre québécoise pour la première fois depuis neuf ans, la presse confirme l'incroyable amour du public pour l'anti-conformiste français à la voix de fond de lounge emboucané, version locale du bistro enfumé parisien. Lors de sa première date, à Québec, critiques et quidams s'étonnaient d'être là en si grand nombre pour former une communauté aussi jeune (moyenne d'âge 25 ans) autour de Renaud. En revanche, le public montréalais fut moins tendre… Jeudi 18 janvier marque donc le retour de Renaud au Québec avec la tournée «Une guitare, un piano et Renaud» qui traverse le pays jusqu'au 6 février confirmant ainsi une histoire d'amour que son absence n'a pas le moins du monde affecté. Enfin presque… C'est à l'occasion du Festival d'Été de Québec en 1984 qu'une foule hétéroclite découvre ce gavroche qui dès le départ saura instaurer un climat de confiance. Les Québécois aiment Renaud et Renaud aime tellement les Québécois qu'il n'hésite pas à épouser leur cause et à le faire savoir même à Ottawa (capitale du Canada) où il déclare devant une foule de festivaliers: «J'ai déjà chanté au Québec, mais c'est la première fois au Canada...». La phrase fait mouche, il n'en fallait pas plus pour en faire un frère, un ami à vie. D'insolences en provocations, Renaud séduit par son franc-parler et son authenticité même quand il dénonce d'un clin d'œil :«l'impérialisme de la culture québécoise en France» ou on n'entend que les Garou, Lara Fabian, Céline Dion, Isabelle Boulay, Lynda Lemay ou Bruno Pelletier, concluant par : «Nous avons assez de nos chanteurs à la con à nous» et d'ajouter «on vous envoie en échange Johnny Hallyday et Patrick Bruel, s'il vous plait gardez les !». En revanche, cette diatribe n'a pas convaincu les Montréalais. Dans une dépêche de l'agence la Presse Canadienne titrée :"Le retour de Renaud était-il vraiment nécessaire ?", on lit à la suite de son passage au Spectrum : "L'une après l'autre, il a massacré les pièces qui ont jadis fait son succès. Renaud a, de plus joué sur l'ironie et le sarcasme devant ses fans, en parlant d'indépendance et en écorchant les chanteurs québécois qui connaissent maintenant une belle carrière en Europe. Des propos qui n'ont pas trouvé preneur." Un chroniqueur télé allait même plus loin en ironisant sur le fait que Renaud "avait parcouru toute l'œuvre de Robert Charlebois : La Maudite, La Blanche, etc." soit la liste complète des bières produites par le chanteur québécois… P ourtant, les fans québécois de Renaud sont presque exclusivement des jeunes touchés par sa verve et ses attaques contre l'establishment et un côté rebelle que les années n'ont pas adouci. On ne vient pas l'écouter chanter car comme il le dit lui même: «je chantais déjà mal il y a 9 ans et c'est encore pire aujourd'hui», on court le voir souffrir quand il interprète Boucan d'enfer, écrit pour exorciser la séparation d'avec sa compagne après 20 ans de vie commune. On vient rire de ses Cent ans, de ses peurs de père dans Elle a vu le loup, mais on accourt surtout pour entendre cette poésie dont la langue nous échappe parfois et à laquelle on ne peut que trouver des similitudes avec l'imaginaire de la nôtre. C'est pour fuir un univers aseptisé que l'on vient voir Renaud, pour garder les pieds sur terre, trop heureux de constater que les siens y sont toujours solidement plantés. L'histoire d'amour improbable entre un titi parisien pure laine et le public de Québec fête ses 17 ans et si l'auteur et interprète de Mistral Gagnant (la dernière pièce du show) vieillit, ses admirateurs eux n'en finissent pas de rajeunir. Jeudi 18 janvier, il y avait dans la salle Louis-Fréchette assurément beaucoup d'enthousiasme et une ambiance de party avec bière en prime, mais aussi et surtout une émotion commune, comme un réconfort, de voir que l'on est pas seul à écouter du Renaud. En fin de compte la grande surprise de cette soirée a été de constater que son discours parfois irrévérencieux est loin d'être celui d'un désabusé vieillissant mais plus que jamais partagé et nécessaire pour une jeunesse d'ici en manque de leader. «Apprendre aux enfants à être moins cons que nous, moins mesquins et intolérants», c'est encore ça qui fait marcher Renaud. En avril prochain ce même Grand Théâtre de Québec vibrant sous les standing ovations qui ont (ici) salué le retour de Renaud, servira de quartier général à la police et à la gendarmerie royale du Canada qui l'ont réquisitionné pour mâter la contestation au prochain Sommet de l'Organisation mondiale du Commerce. Nous nous souviendrons alors que «Dès que le vent soufflera, je repartira, dès que les vents tourneront, nous nous en allerons». Pom Pom. Pascal Evans Dernières dates de Renaud au Québec : 31 janvier : Joliette - Salle Roland-Brunelle 1er février : Hull - Musée de la Civilisation 2 au 6 février : Montréal - Le Spectrum
    • Pays Québec
    • Une guitare, un piano et Renaud
    • Garou
    • Lara Fabian
    • Céline Dion
    • Isabelle Boulay
    • Lynda Lemay
    • Bruno Pelletier
    • Johnny Hallyday
    • Patrick Bruel
  • 21 mars 2000, Renaud presque seul > RFIMusique du 21 mars 2000 RENAUD PRESQUE SOLO Tant que le vent soufflera, il tournera Paris, le 20 mars 2000 - Le 1er octobre dernier, Renaud prenait la route. Sans bruit. Il démarrait une tournée qui ne devait durer que l'automne. Elle durera jusqu'à l'été prochain. Accompagné d'un guitariste et d'un pianiste, il trimballe ses santiags sur les scènes, petites et moyennes, de l'Hexagone. Hier soir, Renaud était à Sceaux, en région parisienne, dans le cadre du Festival Chorus des Hauts-de-Seine. Triomphe. Début mai 1999, Renaud est à New York pour écouter Julien Clerc chanter en trio, piano, guitare, voix. A cette époque, le chanteur aux cheveux jaunes a le blues. Besoin de se changer les idées, besoin de s'occuper l'esprit, de fuir Paris. L'idée d'une version allégée de son propre répertoire fait son chemin. C'est ainsi que quelques mois et une trentaine de chansons réorchestrées plus tard, Renaud part. Dimanche 19 mars 2000, dans le hall de la salle Les Gémeaux à Sceaux, il y a beaucoup de monde. Lancée sans aucune annonce, sans scène parisienne à la clé et sans album à promouvoir, le succès de cette tournée témoigne de la popularité de Renaud. Immense. Indéfectible. Familles, enfants, papis, mamies croisent perfectos et bandanas un peu usés. Des jeunes semblent dépités de ne pas avoir de place. Thierry Séchan, jumeau du chanteur va et vient. Une Lolita passe à l'horizon. Dans la salle, on entend une version arabe de "Hexagone". L'ambiance monte. La lumière baisse. Précédé de son "vieux pote", Jean-Pierre Buccolo (le Titi de "Chez la mère à Titi") aux guitares et de son "jeune pote" au piano, Alain Lanty, voilà Renaud, tout en noir, tout timide. Devant un rideau de perches horizontales où les projecteurs deviennent décor, Renaud prend son micro et… parle. Ah, il parle le chanteur. Il se présente, se raconte, se conte, sa voix usée, la clope, la bière, ses valises sous les yeux, le foot qu'il aime ("Vous pouvez arrêter de parler de foot les gars !", lance une spectatrice), les supporters qu'il déteste, à l'instar des militaires qui en prennent pour leur grade. N'est-ce pas Renaud qu'on surnommait "le chanteur énervé" ?… Mais entre les mots parlés, les blagues de potache avec les musiciens et le dialogue avec les spectateurs, Renaud chante. Des chansons que nous connaissons si bien. Des classiques, des standards. Les orchestrations piano-guitare sonnent bien sur la plupart d'entre elles. La qualité des musiciens y est pour beaucoup. Mais parfois la rythmique manque (l'intro de "Miss Maggie"). Dans cette tournée, Renaud a tombé la guitare. Certains trouvent que c'est une bonne idée… Son talon gauche toujours levé pendant qu'il chante, le petit Séchan devenu grand nous rappelle qu'il est un auteur de premier choix. Ses mots sont justes, sa poésie émouvante, ses histoires attachantes. Et bouleversantes quand il chante Pascale Ogier, comédienne morte d'une overdose à 25 ans en 85 ("P'tite conne") ou qu'il dresse un état des lieux de la condition enfantine dans le monde ("Morts les enfant"). Et puis par-ci par-là, il nous mène sur des chemins plus personnels. "Ma vie privée ne vous regarde pas", lance t-il. Mais, dans le désordre, on peut tout reconstituer : son amour, son bébé ("En cloque", fabuleux titre), ses conseils à sa Lolita petite fille ("Morgane de toi"), à Lolita grande fille ("Elle a vu le loup"), sa vie de couple ("Dans ton sac") et sa rupture qui donne lieu a une des deux seules nouvelles chansons du spectacle ("Boucan d'enfer"). Dans le public, certains font un usage fréquent et désuet de leur briquet, interpellent l'artiste, l'interrogent, lui parlent. Après les deux heures de spectacle annoncées, Renaud part puis revient. Plusieurs fois. Il offre une demi-heure de plus. "Mistral gagnant" sonne le signal du départ définitif. C'était long mais c'était bien. Demain, l'équipe repart pour de longs kilomètres et un paquet de dates. Entamée sous le signe d'une entêtante déprime, cette tournée continue sous le signe du plaisir. Renaud a la pêche. Il en remercie "infiniment" le public. Dans les coulisses étroites, Renaud a la visite de Julien Clerc. De New York à Sceaux, la boucle est bouclée. Chorus des Hauts-de-Seine Catherine Pouplain
    • Une guitare, un piano et Renaud
    • Festival Chorus des Hauts de Seine
    • Julien Clerc
    • Jean-Pierre Bucolo
    • Alain Lanty
    • Chanson Miss Maggie
    • Chanson P'tite conne
    • Chanson Morts les enfant
    • Chanson En Cloque
    • Chanson Morgane de toi
Figaro
  • 30 avril 2002, Renaud, entre Mamère et Baltique > Figaro du 30 avril 2002 Renaud, entre Mamère et Baltique Le Figaro indique que Renaud a voté pour Mamère et qu'il pense encore à Mitterrand. Puis on peut lire sur la chanson Baltique : A la première personne, il imagine les pensées du labrador du Président, qui avait dù rester à la porte de l'église lors des obsèques de François Mitterrand :
    • Politique Noël Mamère
    • Chanson Baltique
    • Politique F.Mittérand
Le Matin
  • 19 mai 2002, « J'étais bouffi d'alcool... » > Le Matin Temps Libre - Le Matin dimanche 19.05.2002 Confession Pendant quatre ans, le rebelle au foulard rouge s'est abîmé dans la solitude, les bistrots parisiens et le goût de l'anis. Aujourd'hui guéri de son alcoolisme, Renaud revient à la chanson avec un nouvel album, qui sortira à la fin du mois. Entretien "J'étais bouffi d'alcool..." Propos recueillis par Sébastien Catroux "Le Parisien"   Le regard bleu délavé, les cheveux jaunes et un inévitable blouson de cuir sur le dos, Renaud n'a pas vraiment changé. A quelques jours de la sortie de "Boucan d'enfer", son nouvel album, c'est bien celui qui a bercé de ses "Marche à l'ombre", "Manu", "Mistral gagnant" toute une génération d'amateurs du français chanté comme on le parle. A y regarder de plus près, pourtant, les gestes paraissent hésitants, le sourire douloureux. L'homme semble avoir été touché au-dessous de la ligne de flottaison : Renaud sort d'une tempête aux remous anisés. Depuis son apparition, le visage bouffi, sur la scène de l'Olympia en 2001, balbutiant des remerciements pour une Victoire d'honneur, le vent a tourné. Docteur Renaud, avide d'eau, a remporté la bataille contre Mister Renard, amateur de Ricard, comme le clame la chanson qui ouvre "Boucan d'enfer". Attablé à la Closerie des Lilas, une fameuse brasserie parnassienne, l'artiste ne carbure plus qu'aux projets et s'explique volontiers sur une parenthèse longue de quatre ans. - Le mot "bistrot" revient souvent dans vos nouvelles chansons, Renaud... - J'ai toujours été un passionné de ces lieux de rencontre, de solitude, de débauche et de laisser-aller anisé en ce qui me concernait. Le pastis est un poison. Ca bousille les neurones, c'est pas bon pour le foie, j'en sais quelque chose. J'avais des analyses inquiétantes, dans la zone rouge. Bouffi d'alcool, je ne me reconnaissais plus dans une glace, ma voix était pourrie par les excès de nicotine, et surtout, j'avais le sentiment que les muses m'avaient déserté. - Que vous est-il arrivé ? - Après la tournée qui a suivi la sortie de "A la Belle de Mai", au lieu de me remettre à écrire à mon rythme, j'ai vécu entre les quatre murs d'un bistrot parisien, à m'étioler. Je n'ai pas commencé à me mettre minable quand mon épouse m'a quitté, mais en fait, mon épouse m'a quitté parce que je me mettais minable depuis quelque temps. Peut-être à cause d'un spleen, d'une nostalgie de mes 20 ans. Le fait de voir ma fille grandir et passer à l'âge adulte, de voir les années qui s'écoulent à vitesse supersonique. De voir des gens qui j'ai tellement aimés disparaître autour de moi, souvent avant l'heure. - A qui pensez-vous ? - A Frédéric Dard, à Desproges, à Gainsbourg, à Coluche. Mais, surtout, je ne voulais plus de l'amour des gens, je trouvais ça immérité. Entre le manque d'idées, le chagrin d'amour et de mauvais médicaments, je suis entré dans un processus d'autodestruction, moi qui ne suis pas suicidaire. L'année dernière, quand j'ai reçu cette Victoire de la musique d'honneur, j'étais en pleine pochetronnerie. J'aurais préféré gagner vraiment cette récompense. Là, j'avais l'impression qu'on me la donnait à titre posthume. Même s'il y a un certain dandysme à se faire gainsbariser, je m'en serais bien passé, et ça m'a fait replonger. Aujourd'hui, je suis redevenu un buveur d'eau entraîné dans la spirale du travail, de la création, et en décembre, de la scène. - Qu'est-ce qui vous a fait remonter la pente ? - La tournée en 1999, avec juste une guitare et un piano, sans promotion et sans nouvelles chansons, pour un public que je pensais avoir déjà écumé. Ca m'a redonné du coeur à l'ouvrage, même si ces concerts étaient très marqués par mon mal-être et mon désarroi. Dans les mois qui ont suivi, l'inspiration m'est revenue, je me suis remis au travail. J'ai écrit mes textes sous l'emprise de l'alcool, mais je les ai écrits quand même. La source n'était pas tarie, comme je le pensais. - Dans ce nouvel album, vous parlez d'ailleurs beaucoup de vous... - Les chansons, c'est avoir envie de raconter des histoires, et je ne savais plus ce que je voulais raconter. Donc j'en suis venu à parler de ma vie, de ma vie privée d'observateur du monde. Dans mes albums précédents, il y avait des chansons sociales. Pas vraiment politiques, mais avec des mots assez rebelles, une vision plus large. Là, j'ai plus regardé mes chagrins que les chagrins du monde. - N'est-ce pas aussi parce que les chagrins du monde vous intéressent moins ? - Je suis toujours un ardent lecteur de journaux et un dévoreur d'actualités télévisées et radiophoniques. Mais j'ai moins envie qu'avant de changer le monde avec des chansonnettes. Plus qu'autrefois, je pense que c'est vain, inutile, même si des idéaux comme le combat antiraciste me tiennent toujours à coeur. J'ai aussi moins envie d'être un porte-parole, de monter au créneau. D'autant que la relève est assurée avec des groupes comme Zebda ou Noir Désir. Ils sont plus jeunes, ils ont plus envie que moi d'exprimer cette colère, et je leur refile le flambeau. Moi, à l'époque, ça me paraissait indispensable de chanter pour les Restos du coeur ou SOS Racisme, de faire des manifs. J'ai 50 ans et je suis fatigué de tout ça. - Dans votre nouvel album, une de vos chansons s'en prend à Bernard-Henri Lévy, et une autre est dédiée à "Baltique", le chien de François Mitterand... - Je ne supporte vraiment pas le prêt-à-penser de BHL, même s'il m'a fait savoir par son avocat qu'il trouvait la chanson drôle. Quant à Mitterand, c'est une façon de lui être fidèle sans pour autant lui lécher la main. - Votre méchanceté se serait-elle émoussée ? - A 20 ans, j'étais plus manichéen. Depuis, j'ai arrêté de taper sur les flics, les curés et la militaires. D'autres le font à ma place, et j'ai du respect pour la maréchaussée, même si moins je les vois, mieux je me porte. Il ne doit pas faire bon être flic tous les jours. Pas plus qu'être un gamin sans emploi ni éducation. - Dix ans après "Germinal", vous allez revenir au cinéma dans une comédie policière américaine... -... que je tourne ce mois-ci à Toronto, au Canada. Une aventure que je vais partager avec Johnny Hallyday, Gérard Depardieu, Harvey Keitel, Richard Bohringer, Stéphane Freiss. Le cinéma m'est pas ma priorité mais ça m'amuse. Et puis, au moins, contrairement à "Germinal", ce film-là ne repose pas sur mes épaules. - Pour ce nouvel album, vous vous êtes d'ailleurs beaucoup reposé sur deux compositeurs... - Je joue de la guitare toujours comme un débutant et je suis arrivé à un stade où, quand je compose, ça me rappelle dix musiques déjà faites dans le passé. Je suis tout à fait capable de juger mon travail. Même à l'époque où mes scores de ventes étaient irrationnels, je ne me suis jamais pris pour le roi du monde. Je savais très bien que je reviendrais un jour à des choses plus raisonnables et plus naturelles. Renaud, "Boucan d'enfer" (disques Virgin). Sortie le 28 mai
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22 avril 2002

Un article du jour paru dans Le Soir.

Le Soir
  • 22 avril 2002, Putain de boucan d'enfer > Le Soir du 22 avril 2002 Sept ans et demi après « Belle de mai », Renaud a mis en boîte à Bruxelles « Boucan d'enfer », l'album miraculeux d'un Séchan revenu de loin. Le chanteur a accepté de nous donner de ses nouvelles en avant-première. THIERRY COLJONPARISLa Closerie des Lilas, à Montparnasse, est la brasserie où Renaud, qui habite à deux pas, passe depuis longtemps ses petites heures malades à écluser sans fin. La pochette de « Boucan d'enfer », peinte par le marin voyageur (et champion de la course au large) Titouan Lamazou, le montre derrière sa table habituelle, face au bar, près du piano. C'est la table de Paul Eluard, André Gide, Jean Giraudoux... Toutes les tables portent la plaque de cuivre d'un écrivain décédé passé par là.C'est là que Renaud nous a donné rendez-vous vendredi, répondant à une promesse faite il y a très longtemps (au plus mauvais moment en fait, quand sa Domino, la maman de Lolita, l'a quitté) de nous accorder un long entretien pour notre série « Grand témoin du siècle ».Renaud est homme de parole et a accepté qu'avant la parution très attendue de son nouvel album on évoque avec lui ces années perdues, ces longues heures où il a touché le fond, ne pensant pas un jour revenir :Ce qui m'est arrivé, des millions d'individus l'ont vécu. C'est ce qui a de plus banal, une séparation. Pour sortir du trou, j'ai utilisé une automédication pas tout à fait rationnelle et efficace : des antidépresseurs et le Ricard, ça ne fait pas très bon ménage.Je me suis laissé entraîner au fond d'un trou en toute lucidité et toute conscience. Je n'avais plus envie de travailler et, surtout, je n'avais plus d'inspiration. Je ne savais plus ce que je voulais raconter aux gens. Je me suis dit : voilà, ma carrière est finie, puis je me laisse aller. Je me détruis à petit feu.C'est en pleine gloire, après les succès de « Belle de mai » et de « Renaud chante Brassens » que tout s'est effondré. Au lendemain d'une tournée triomphale qui l'avait amené, en mai 1997, jusqu'en Allemagne et en Irlande.Après deux ans de dépression, Renaud, histoire de se raccrocher à la vie plus que de se soigner, est parti avec « Une guitare et un piano » pour une tournée en petites salles qui, au total, a réuni 250.000 personnes...... Tout en continuant à écluser plus que de raison alors que j'essayais, sur scène, de donner bonne figure. Mais on voyait physiquement que j'étais un peu bouffi d'alcool. Puis que j'avais la voix fatiguée par les excès d'alcool et de tabac. Heureusement, mon public est assez indulgent et ne s'attend pas de ma part à des performances vocales exceptionnelles.Cette thérapie ne m'a pas beaucoup aidé, car, aussitôt la tournée terminée, j'ai replongé de plus belle. Pendant huit mois de nouveau...Au bout de huit mois, j'ai recommencé à écrire, et, là, l'activité, aussi bien l'écriture que le studio, l'enregistrement que la frénésie autour de la sortie de l'album, ça me redonne l'énergie et la volonté de sortir de mon trou. Donc je suis redevenu un triste buveur d'eau. Je fume toujours autant, mais j'arrête à 50 ans.Ce jour-là, le 11 mai prochain pour être précis, Renaud sera à Toronto sur le plateau de tournage du film « Crime spree », une comédie policière avec Gérard Depardieu, Johnny Hallyday et Harvey Keitel. Lolita, stagiaire sur la production, sera là pour surveiller son papounet.Le soir, en dînant, il m'arrive encore de boire deux ou trois verres de vin ou deux bières en mangeant, mais, avant, j'attaquais à 11 h 30 le matin le Ricard. J'ai pas décidé de me faire moine non plus...« Boucan d'enfer » (la plage titulaire dit : On r'connaît le bonheur, paraît-il, au bruit qu'il fait quand il s'en va (...) Le mien s'en est allé hier après vingt berges, de sous mon toit. Ça a fait un boucan d'enfer...) est un album prodigieux nous restituant le plus émouvant des Renaud, parlant de lui et de ses démons («Docteur Renaud, Mister Renard »), de son « Cœur perdu », des amoureux « Mal barrés », de « Mon bistrot préféré », de son envie de « Tout arrêter... »... avec un regard plus désabusé et taciturne que jamais sur la vie. Mais, fidèle à lui-même, Renaud aborde aussi l'actualité comme « Manhattan-Kaboul », un superbe duo avec Axelle Red, en plus de « Corsic'armes ».Nous en reparlerons plus tard (1). Pour le moment, on peut juste dire que Renaud va bien. Qu'il publiera un livre, journal intime des années sombres à travers le regard des intimes de la Closerie et qu'en décembre il repart en une longue tournée qui passera par Forest-National et les festivals de l'été 2003...Aminci par rapport aux Victoires de la musique 2001 qui avaient tant marqué, Renaud tient à nouveau la forme. Il vient de voter Mamère au premier tour et ira à la pêche à la ligne au second... Non, Renaud n'a pas changé...·(1) Nous publierons la suite de ce long entretien, dans le MAD, à l'occasion de la sortie, le 18 mai, chez Virgin, de l'album « Boucan d'enfer ».www.renaud-le-renard.com © Rossel et Cie SA, Le Soir en ligne, Bruxelles, 2002
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14 avril 2002

Quatre nouveaux articles grâce à Marie.

L'Indépendant
  • 20 octobre 1996, Renaud : « si Brassens était au-dessus de mon épaule... » > L'Indépendant n°42 du 20 octobre 1996 Renaud : “si Brassens était au-dessus de mon épaule...” Le chanteur à la chetron sauvage était hier soir à Narbonne. Entretien d’avant concert : le cadeau sympa aux seuls lecteurs de l’Indep. Le concert de ce soir (ndlr : on était alors samedi soir, au parc des expos), c’est un peu la nouvelle mouture de la précédente tournée... Vrai, j’ai changé en cours de route, changé d’orchestre, changé de répertoire. Après avoir fait 40 à 50 concerts, et surtout des grandes salles, j’ai eu envie de faire des salles plus intimes. Des concerts plus accoustiques, avec des guitares sèches, des percussions. Pas trop de décibels, quoi ! C’est comme ça comme refait aussi un nouveau répertoire avec des chansons anciennes, pour les nostalgiques, quelques succès plus récents, ceux de la Belle de Mai, et deux chansons de Brassens, “Le mauvais sujet” et “Je suis un voyou”. Justement, choisir 23 chansons chez Brassens c’est pas difficile ? Ensuite, comment écarter certaines chansons, comme “L’Auvergnat” ? Brassens a fait tellement de chansons éternelles, dont la plupart ont été reprises des milliers de fois... J’ai voulu privilégier d’autres chansons, celles que même les fans de Brassens ne connaissent peut-être pas... Le CD à La Belle de Mai et celui sur Brassens, deux CD qui ont été faits à la maison. Parce que je me suis toujours ennuyé en studio. Je ne suis ni un technicien du son, ni un puriste. Enregistrer à la maison c’est mieux, c’est les copains à la maison, le confort de la maison, la famille et aussi la télé, parce qu’il fallait pas rater les matches de la Coupe du Monde. Renaud-Brassens, il y a comme une filiation entre les deux. Je me sens un peu comme un fils de Brassens, et je revendique cette filiation. C’est quand même grâce à lui que j’ai voulu chanter, écrire des chansons. A l’adolescence, ensuite, je n’ai jamais rejeté ça comme quelque chose qui m’aurait été imposé, que j’aurais subi. C’est lui qui m’a donné envie, dès l’âge de 10 ans. C’est mon musicien préféré au monde. Des fois je pense à ça : s’il était là au-dessus de mon épaule quand j’écris une chanson. Il me dirait : c’est bien petit, ou, tu sais tu peux mieux faire encore... S’il était là... On se souvient de cette phrase en 88 “Tonton laisses pas béton” autour de laquelle s’est rassemblée ce qu’on appelait la Génération Mitterrand. Aujourd’hui, qu’en reste-t-il ? J’assume toujours. J’ai pas pour habitude de trahir, de renier mes engagements, mes convictions. Et pourtant, le socialisme m’a déçu, et Tonton parfois aussi. Sauf que je suis resté fidèle, mais critique. je l’aimais bien ce petit bonhomme. Si je tombe sur quelqu’un qui me dit du mal de lui, je le défend bec et ongles, mais si je tombe sur un socialiste, alors là je lui sort tout ce que j’ai sur le coeur. C’est comme ça. Renaud parvient à réunir deux générations, celle qui a vielli avec vous, et celle qui n’était même pas née quand vous commenciez à chanter. Je ne me pose pas trop la question, mais je suis quand même étonné, surpris, et touché pour tant de fidélité, et en même temps de voir que le public se renouvelle. Pourtant, je n’ai jamais cherché à être un chanteur pour les jeunes, ni que pour les jeunes filles, comme certains... J’avais simplement envie d’être un chanteur populaire. Vous donnez l’impression de vous être assagi ? J’ai vieilli, c’est une évidence. J’ai mûri, un petit peu... Assagi ? Non, je ne pense pas. J’ouvre peut-être un peu moins ma grande gueule. J’ai deux tribunes qui me suffisent, la scène et Charlie. Et je préfère ces deux tribunes là que certains débats à la con à la télé. Propos recueillis par André Navarro
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La Dépêche
  • 26 février 2001, Renaud, la vive émotion > La Dépêche du 26 février 2001 Renaud, la vive émotion La Halle aux Grains était pleine à craquer. Renaud était même obligé de se mettre en retrait pour échanger des regards de tendresse avec les spectateurs assis sur les côtés. Si sa voix rape un peu, désormais, le public lui envoie toujours autant d’amour. A force de le porter, l’acclamer, ils ont fini par le lui réchauffer, le cœur. Et il leur a donné ce qu’ils voulaient. Fidèles contre vents et marées Le style n’est pas moins vindicatif que d’habitude, ni la verve moins argotique, mais la voix de Renaud a pris quelques rayures. La fumée des Gitanes en est la cause. “C’est un médicament pour la gorge”, lâche-t-il. Renaud ne cache rien, mis à part ses tatouages qu’il ne semble plus avoir envie d’aérer. Sa “gonzesse” qui a claqué la porte, le sport auquel il sacrifie un peu trop ces temps-ci : les bars parallèles et son dégoût. Bref la déprime du “Manu” de sa chanson semble l’avoir rattrapé. Mais la sympathie d’un public tout acquis qui aime en lui le poète gavroche, son humilité, son goût pour la provoc, son humour, lui témoignent toujours autant de tendresse bourrue, d’enthousiasme et de passion. ll le voit bien, il en veut plus encore. Pour se rassurer. “J’arrête la chanson. Je vais pas continuer à chanter avec cette voix pourrie”. Ils protestent. “Je vais reprendre mes études pour être flic. Non prof de gym.” Ils rigolent. Finalement, il continuera “jusqu’à cent ans”. Il prépare même un disque prévu à l’automne. En attendant, le public se délecte. Même si ce n’est pas très gai. Il y a quand même “Morgane de toi”, “C’est pas l’homme qui prend la mer, tatata...” et germaine dans sa taverne bavaroise qui fait tanguer la salle. Entre la scène et le public, il n’y a pas un millimètre. Ils sont si près qu’ils pourraient le porter en triomphe. “Vous êtes bien restés le meilleur public de France” leur dit-il. A la fin du concert, le chanteur cabossé s’est refait la cerise. La fidélité d’un public, ça tient chaud quand on en a besoin. Annie Hennequin
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    • Chanson Manu
    • Album Boucan d'Enfer
AFP
  • 4 avril 2002, Dépêche AFP : Musique-chanson Le courrier de la chanson > AFP 4 avril 2002 Dépêche AFP : Musique-chanson Le courrier de la chanson PARIS, 4 avr (AFP) - Le retour de Renaud - Renaud, qui n'avait pas publié de disque de chansons originales depuis 1991 ("Marchand de cailloux"), revient avec un nouvel album intitulé "Boucan d'enfer", dont la sortie est annoncée chez Virgin le 28 mai. L'enregistrement comportera 14 chansons, dont l'une ("L'entarté") est un pamphlet particulièrement caustique contre Bernard-Henri Lévy. Renaud y chante notamment : "L'idole de Saint-Germain-des-Près/Bien qu'il écrive avec ses pieds/A la prétention insensée/De nous dire ce qu'il faut penser"). A noter aussi une ode à "Baltique", qui fut le labrador du président de la République François Mitterrand, et un auto-portrait sans fard, "Docteur Renaud, Mister Renard" ("Comme y'a eu Gainsbourg et Gainsbarre/Y'a le Renaud et le Renard/Le Renaud ne boit que de l'eau/Le Renard carbure au Ricard"). Renaud Séchan, qui aura 50 ans le 11 mai, n'a pas caché qu'il est en panne d'inspiration depuis plusieurs années. Il a maintenu sa présence discographique en publiant deux disques de reprises au cours des années 90 : "Renaud cante el'nord" en 1993 (dédié au répertoire "chti" du nord de la France, couronné en 1994 par une Victoire de la musique traditionnelle) et "Renaud chante Brassens" en 1996. Renaud s'est produit en concert en régions au cours de la saison 2000/2001, accompagné par le guitariste Jean-Pierre Buccolo, un de ses complices de longue date. Il a également participé à un album de Doc Gyneco ("Les liaisons dangereuses"), avec lequel il partage la même maison de disques. Un collectif de rappeurs lui a récemment consacré un hommage en reprenant plusieurs de ses classiques ("Hexagone 2001").
    • Album Boucan d'Enfer
    • Chanson L'entarté
    • Bernard Henry Lévy
    • Chanson Docteur Renaud, Mister Renard
    • Victoires de la Musique
    • Une guitare, un piano et Renaud
    • Doc Gynéco
    • Album Hexagone 2001
Paroles & Musique
  • ?-04-90, A quoi sert la presse musicale ? > Paroles et Musique n°28 d'avril 1990 A quoi sert la presse musicale ? “En gros, vous vous demandez pourquoi vous existez et comment vous pourriez exister mieux. Je n’ai pas de réponse à la seconde question (que je ne me pose pas), ni à la première (que je me pose aussi parfois...). La presse musicale est un produit de consommation destiné à promouvoir ces autres produits de consommation que sont les disques, les concerts, et parfois même les artistes. Ses critiques sont forcément subjectives, ses interviews complaisantes, ses reportages superficiels et son prix élevé. Pour ne parler que de Paroles et Musique (puisque c’est, je crois, le sujet qui nous intéresse), je ne vous cache pas que je regrette un peu l’ancienne formule. A vouloir traiter tous les genres musicaux, vous n’en traitez aucun à fond : les fans de rock ne s’y retrouvent pas et préféreront toujours Best ou Backstage ; les fans de hard, de new age, de jazz ou de musique classique achèteront des revues plus spécialisées ; quant aux amoureux de chansons vivantes, dont je fais partie, ils ne se retrouvent guère dans ces pages entières consacrées aux falsificateurs de tout poil qui s’autoproclament “phénomènes de société” parce qu’ils nous ont fait danser un été. Les bidon, qui sont à Brassens ou à Cabrel ce que Pagny est à Sardou, ou Patricia Kaas à Edith Piaf, méritent-ils les mêmes critiques un peu trop nuancées (pression des maisons de disques aidant...) que vous leur adressez ? Ils ont leur journal, Top 50 Magazine. Parlez-nous plutôt de Sarcloret, qui est la plus belle invention suisse romande depuis l’invention du trou de gruyère ; de Ricet Barrier, qui a fait une télé en vingt ans de carrière ; de Font et Val, qui n’en ont jamais fait, sous aucun régime et sur aucune chaîne. Vous avez, je pense, perdu le lectorat un peu intello de vos débuts (branché chanson à texte, même si parmi les chanteurs à texte, il y a bon nombre de casse-bonbons), et vous n’avez jamais attiré le lectorat de Rock & Folk, ni celui de Hit ou de Podium. Le rachat de votre journal, il y a deux ans, par un groupe de presse, n’est pas étranger à cette dérive. Les couvertures aux titres racoleurs (Argent et showbiz, Sida et showbiz, Drogue et showbiz, etc.) ont pu donner un temps l’illusion aux marchands que vous seriez une “bonne affaire”. Il semble que l’on déchante aujourd’hui... Y’a qu’à appeler tapie. Et puis je dois vous avouer une chose : je n’ai jamais fait de différence entre la presse musicale et la presse en général. A part qu’il est rare qu’un mensuel quelconque me consacre quinze pages comme l’a fait Paroles et Musique... Sinon, chaque journal (qu’il soit quotidien, hebdomadaire ou mensuel) a sa rubrique musique ou spectacle. Mes rapports avec les journalistes qui tiennent ces rubriques sont plutôt ordinaires. je refuse une interview, mon spectacle sera nul et mon disque médiocre ; je l’accepte, je suis le plus grand du monde. Je généralise un peu, tous n’ont pas cette attitude... Rock & Folk, Actuel, Rolling Stone sont des journaux qui m’ont superbement ignoré depuis quinze ans, parfois égratigné. Je n’en ressens ni aigreur ni amertume, ayant définitivement admis que je n’aurai jamais le talent d’Alain Bashung ou Stephane Eicher (Dieu me tripote !). Quant à la presse pour ados, elle a été très cool avec moi tant que j’ai accepté les reportages photos (en tournée, chez moi, en studio...). Du jour où j’en ai eu marre, les couvertures sont devenues plus rares. Que vous dire de plus ? La disparition de Paroles et Musique ferait malgré tout autant de peine à l’auteur-compositeur que je suis un peu, que celle de Pêche Magazine au pêcheur que je suis beaucoup” Renaud
    • Journal Paroles & Musiques
    • Georges Brassens
    • Francis Cabrel
    • Florent Pagny
    • Michel Sardou
    • Patricia Kaas
    • Edith Piaf
    • Sarcloret
    • Ricet Barrier
    • Font et Val

12 avril 2002

Nouveau style pour les événements.

27 mars 2002

Cinq nouveaux Charlie Hebdo, toujours communiqués par Christian.

Charlie-Hebdo
  • 3 avril 1996, Quand j'avance, ma montre recule - Comment veux-tu que je sois à l'heure ? > Charlie-hebdo du 03 avril 1996 Quand j'avance, ma montre recule - Comment veux-tu que je sois à l'heure ? Berk ! J'aime pas l'heure d'été ! Déjà j'aime pas l'heure en général, je méprise les minutes et les secondes m'énervent, mais alors l'heure d'été c'est vraiment une saloperie ! Au Novotel de Poitiers, j'ai passé ma nuit à essayer de régler mon réveil. «A trois heures il sera quatre heures, m'avaient prévenu les potes, donc t'avances ta montre d'une heure ! » Je m'excuse mais sij'avance ma montre, normalement je gagne une heure puisque je monte d'un chiffre, non ? Or il paraît que cette heure que j'avance je l'ai perdue... Personnellement ça m'étonnerait, j'ai jamais rien perdu de ma vie, ni mes clés, ni mon larfeuille, ni ma montre, ni mon peigne, je suis très soigneux. À trois heures moins le quart du matin j'avais presque réussi à comprendre le principe du bouleversement (j'avais mis mon réveil a. deux heures moins vingt, histoire de leur piquer quand même cinq minutes, personne n'y aurait vu que du feu), quand je me suis souvenu que leur connerie d'heure d'été ça ne démarrait qu'à trois heures. J'ai dû tout recommencer, tout reréfléchir. Bon, résumons-nous, si je dois perdre une heure de sommeil j'ai qu'à me faire réveiller une heure plus tard que j'avais prévu ! Pas con ! Hop, ni vu ni connu je récupère mon heure ! À trois du mat' je mets donc mon réveil à deux heures moins sept (au passage je rabiote encore deux minutes), je laisse ma montre à son heure normale, je l'ai payée assez cher, et j'appelle la réception pour me faire réveiller à onze heures puisque je devais me lever à dix. «Bien, monsieur Renaud, mais méfiez-vous, à onze heures il sera midi ! » Houla-la ! M'embrouillez pas ! C'est déjà assez compliqué comme ça ! Je me suis couché là-dessus en me demandant quand même un petit peu si j'allais pas rater mon TGV de onze heures avec ces conneries ! À six du mat', alors que j'avais finalement réussi à m'endormir en sursaut, une angoisse m'a réveillé comme une souche : est-c' que mes musiciens accepteront de payer une nuit complète si on leur facture une heure de sommeil en plus alors qu'ils en ont une en moins ? À l'heure (d'été) où j'écris ces lignes je sais plus du tout l'heure qu'il est, je suis dans mon train, c'est déjà ça, les musicos font la gueule, ils ont payé plein pot, dehors il fait beau, je viens de me rendre compte que j'ai oublié ma montre sur ma table de nuit à l'hôtel. RENAUD
  • 10 avril 1996, Aimez-vous Brahms ? > Charlie-hebdo N°199 du 10 avril 1996 Aimez-vous Brahms ? Renaud découvre que « Ta-ta-ta-ta », c'est de Beethoven Quand j'étais môme, au siècle dernier, comme je faisais aucun effort pour arriver à rien alors que je voulais arriver à tout, mon père me disait tout le temps : « Tu me fais penser à cet imbécile à qui on demandait s'il savait jouer du violon et qui répondait: "Je sais pas, j'ai jamais essayé." » II avait pas tout à fait tort. Je vous dis ça parce que ma fille veut jouer du violon. Comme moi à son âge, elle a pas trop envie de passer par les cours, le solfège, les gammes et tout le fouchtra qui dissuade, elle voudrait, je crois, jouer tout de suite la Sonate à Kreutzer et pas n'importe comment s'il vous plaît. Je lui rappelle alors ces mots de Boby Lapointe : « Le violon, ou tu joues juste ou tu joues tzigane », elle me demande de quoi je me mêle et est-c'que je sais jouer du violon pour dire ça ? Je lui réponds que je sais pas, j'ai jamais essayé. Ça lui a pris comme ça, il y a quelques semaines, depuis ça la lâche pas. Pour tester sa passion je lui ai proposé de m'accompagner à un concert de musique classique : le Concerto pour violoncelle et orchestre en si mineur de Dvorak, suivi de la Symphonie n9 4 en mi mineur de Brahms, le tout pour soixante balles à l'auditorium Saint-Germain. Je m'attendais vaguement à un « Ah, non, pas ce soir, y a un super-giga bon film à la télé ! » Bizarrement elle a dit OK. Moi ça me donnait l'occasion d'assister à mon premier concert de musique bourgeoise, elle ça allait, au choix, motiver plus encore son enthousiasme ou bien la dissuader totalement. Dites donc, ça rigole pas la musique classique ! Déjà le programme qu'on te distribue à l'entrée, pour le déchiffrer t'as intérêt à avoir fait des études : « On n'ignore point que la passacaille ou passaglia, danse d'origine italienne, de rythme ternaire, de rythme modéré et constitué sur un ostinato varié, est proche de la chaconne dont elle ne se distingue que par le mode mineur et parfois le passage de l'ostinato d'une partie à l'autre, ce qui passe ici même dans la variation n° 15, avant que le motif initial ne réapparaisse, à l'instant où la coda débute et comme pour faire l'effet, avec sa première énonciation, de deux solides piliers sur lesquels s'appuierait la voûte prodigieuse de l'édifice...» Les musicos ont l'air sérieux comme s'ils jouaient une marche funèbre (les trombones je comprends, mais je vois pas ce qui empêche les violonistes de sourire), le chef nous tourne le dos tout le temps, si tu murmures à l'oreille de ta femme « j'aime beaucoup la voûte prodigieuse de l'édifice » t'as un mec derrière qui te dit «chuuut», quand t'allumes ton briquet dans les passages tendres t'as trois pompiers qui viennent t'insulter, et à l'entracte les gens se parlent doucement, avec des airs recueillis, un peu comme à un enterrement de quelqu'un qu'on aimait pas. Bon, dans l'ensemble c'est quand même joli à entendre, ça joue pas très fort, c'est proprement habillé et, à la fin, y a pas de rappels un peu convenus comme dans nos concerts à nous. « Alors, ma fille ? j'ai demandé à ma Lolita en sortant, ça t'a plu ? T'as toujours envie de faire du violon? Tu préfères pas le violoncelle, la contrebasse, les timbales ? - Le violoncelle c'est trop gros et puis ça ressemble trop à une guitare, m'a-t-elle répondu, je préfère le violon, c'est plus aigu, le son est plus pur... » Je vais pas la contrarier en lui expliquant que jamais Mozart aurait dit à son père «le piano c'est trop gros et puis ça ressemble trop à un meuble», non, je vais lui acheter un violon d'occase, et bientôt je vous raconterai le son pur et aigu des crincrins qu'elle en tire... RENAUD P.-S. : J'ai trouvé une combine pour que mes musiciens jouent moins fort avec moi : je vais leur mettre des partitions...
    • Bobby Lapointe
  • 17 avril 1996, Honneur à Tanguy et Laverdure - Au gnouf les nuls ! > Charlie-hebdo N°200 - 17 avril 1996 Honneur à Tanguy et Laverdure - Au gnouf les nuls ! Moi, si j'étais à la place d'un des aviateurs de l'armée française qui a bombardé les positions serbes autour de Sarajevo, je ferais la gueule. Comment ? j'ai canardé l'ennemi, j'ai atteint tous mes objectifs, j'ai ramené mon beau n'avion intact à la base, j'ai même pas mal nulle part et on me file pas une petite décoration ? Deux de mes collègues se font niquer un beau Rafale à douze milliards, pas foutus de se dépatouiller en territoire ennemi pour se planquer et rejoindre nos lignes, ils se font capturer par les Serbes, obligent la diplomatie française à se plier au marchandage de Mladic et Karadzic, on livre des armes aux Serbes -- via la Russie -- pour obtenir leur libération, et voilà qu'une fois rentrés chez nous, traumatisés probablement par leur mésaventure (z'avaient qu'à pas y aller...), on leur accorde la Légion d'honneur ! Non mais, on rêve ! Les récompenses, les lauriers, en général c'est pour les bons, pas pour les mauvais ! Un bon soldat revient vivant du casse-pipe, ramène son matériel en bon état, fait son lit au carré, salue son chef et dit : « Mission accomplie, mon général, j'ai zigouillé douze blindés, rasé trois villages et exterminé une bonne centaine d'ennemis civils ou militaires -- c'est pas facile de distinguer à Mach 2 - vive la France, mon général ! » Un mauvais revient deux mois après la bataille, sur des béquilles, dans les fringues de l'ennemi, l'air un peu piteux, retrouve à la caserne son lit fait en portefeuille par les copains taquins, salue son chef d'un bras plâtré et dit : «Mission un peu merdée, mon général, excusez-moi, j'ai pas vu arriver le missile, l'avion je vous le rembourserai, promis ! Heu, il était pas tout neuf-tout neuf, j'espère que vous me ferez un petit prix, vive la France, mon général ! » Enfin... Dieu me tripote, je suis pas aviateur dans l'armée de l'air. En fait, j'en ai pas grand chose à secouer de savoir à qui va échoir la sinistre rosette sanguinolente honorant généralement les assassins galonnés. Qu'elle aille à de vrais pros sanguinaires ou de vrais crétins incompétents, dès lors qu'elle est attribuée à ces nuisibles de militaires, plus un civil digne de ce nom ne devrait l'accepter. Mon pays de cons et ses dirigeants de merde n'avaient-ils pas déjà accordé cette distinction honorifique de mes deux aux lieutenants Prieur et Mafart qui ont (pour mon plus grand bonheur) ridiculisé la France et ses services secrets dans la ridicule et criminelle opération de coulage du Rainbow Warrior. N'empêche que |e me demande si, en France, le mec qui s'occupe d'attribuer les Légions d'honneur c'est pas le même qui file des Victoires de la musique à Stephend et des Césars à Annie Girardot ? RENAUD
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    • Victoires de la Musique
  • 24 avril 1996, Hasta la Victoria peuchère ! > Charlie-hebdo N°201 du 24 avril 1996 Hasta la Victoria peuchère ! Après Renaud chante Brassens, Renaud chante l'OM Finalement vous aviez raison : le foot, ça rend con. Pour vous expliquer comment j'en suis arrivé à cette évidence, il me faut vous raconter un peu tout depuis le début. Vous n'êtes pas sans ignorer que je passe la plus grande partie de mes vacances à L'Isle-sur-la-Sorgue, une charmante petite ville du Vaucluse située à soixante-dix bornes de Marseille. Il y a environ six ans un voisin m'a proposé de m'emmener au Stade Vélodrome assister à un match de l'OM. J'aime bien le foot (je vous en veux même pas de pas l'aimer) et, au début des années 1980, je m'étais déjà fourvoyé dans un stade, en l'occurrence au Parc des Princes, pour soutenir Saint-Etienne puis Lens face au PSG. Puis le drame du Heysel et le hooliganisme en général m'avaient définitivement écœuré de la fréquentation de ces lieux où quarante mille têtes semblent se partager un seul cerveau atteint d'encéphalopathie spongiforme. Mais, ce jour-là, sensible aux arguments de mon Marseillais de voisin quant à l'ambiance bon enfant qui, selon lui, animait les tribunes du Stade Vélodrome, je l'accompagnai. Dans les quarts de virage, au milieu du petit peuple de Marseille, j'avoue que je fus conquis. Lorsqu'un de mes voisins de gradins cria à l'arbitre « Salaud ! » une dizaine de supporters se tournèrent vers lui avec des « Ohhh ! » indignés. « Soyez poli quand même, pas la peine de l'insulter ! » déclara un vieux à l'intrépide. « Eh ça va ? Tout à l'heure vous le traitiez d'enculé ! » Le vieux répondit alors avec l'accent du Vieux Port : « Ah mais, c'est pas pareil, enculé c'est pas une insulte, c'est son prénom ! » Je retournai alors régulièrement au Stade et je rigolais bien. Marseille brilla pendant plusieurs saisons, affronta les plus grands clubs d'Europe et remporta la Coupe au grand désespoir des Parisiens qui courent encore après. Pour une fois, c'était le Sud, Marseille la pauvre, la Méditerranéenne, la cosmopolite (la magnifique), qui faisait la nique à la capitale bourgeoise et arrogante. Seule ombre au tableau de ma satisfaction, Bernard Tapie, que, décidément, malgré le prestige dont il bénéficiait à Marseille, je ne pouvais vraiment pas encadrer, trop attaché que je suis à la morale et l'honnêteté. Les magouilles d'icelui amenant l'OM au purgatoire de la D2, le show-biz, les médias, les chroniqueurs sportifs, tels des rats quittant le navire en détresse, commençant à baver sur cette Marseille qu'ils avaient adulée quelque temps auparavant, mon intérêt se transforma en acharnement. Je pris ma carte d'abonné au virage sud et m'intégrai chez les Winners, le club de supporters où mes potes Rachid, Moïse et Christian affichent des drapeaux du Che, des banderoles « Stop Nazis ! » et des drapeaux israéliens, comme un défi aux nazillons du Kop de Boulogne du PSG. Depuis quelques mois une jeune Journaliste de « Télé-foot », Marianne Mako, ayant eu vent de ma présence régulière chez les Winners, souhaitait m'arracher quelques mots d'interview. La semaine dernière, à l'occasion du match contre Auxerre, je finis par céder à son insistance et lui proposai de la rencontrer trois minutes dans un bistrot près du stade. Comme je suis trop gentil ou trop con, j'acceptai qu'elle et sa petite équipe, caméra et son, me suive pour filmer mes réactions durant tout le match. Arrivés au virage sud, au milieu de mes potes, elle se fit bien un peu chambrer, cinq mille voix entonnant sur l'air des lampions « Marianne Mako est à genoux devant nous et elle nous suce le bout ! » Mais elle ne s'offusqua point de ce fantasme collectif si ouvertement avoué. Mieux, elle sympathisa avec les plus acharnés et trouva l'ambiance extraordinaire, chaleureuse et sympathique. Après la défaite (imméritée...), alors que nous quittions le stade et que je lui vantai la fraternité qui régnait dans ces tribunes, que je lui expliquais qu'ici il n'y avait ni racisme ni violence, que je n'avais jamais assisté au moindre baston, elle eut la mauvaise idée de me proposer encore trois mots d'interview, juste pour que j'exprime ma déception après cette victoire des Auxerrois. Des milliers de personnes qui, dans notre dos, quittaient le stade légèrement dépités, une centaine de braillards hystériques attirés par le projo de la caméra se détachèrent alors pour venir nous entourer, d'abord en chantant leur amour pour l'OM puis leur haine pour la rivale de toujours, Paris-Saint-Germain. Jusque-là ce fut bon enfant... Jusqu'à ce qu'un plus excité commence à insulter la journaliste parce que TF1 = Paris, parce que Paris = PSG, même si je suis la preuve vivante que pas forcément. En quelques secondes la foule devint furieuse, le cameraman reçut un bourre-pif, le preneur de son un caillou, Marianne Mako se fit cracher au visage par dix bons enfants et les trois se firent traiter de quelques noms d'oiseaux même pas dans le dictionnaire. Avant qu'ils ne se fassent véritablement lyncher par cette meute hystérique, nous avons tous promptement entamé un repli stratégique vers une autre sortie. Finalement vous aviez tort. C'est pas le foot qui rend con, c'est la foule. RENAUD
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  • 30 avril 1996, En tongs à Bali - C'est quand qu'on reste à la maison ? > Charlie-hebdo N°202 - 30 avril 1996 En tongs à Bali - C'est quand qu'on reste à la maison ? Bon, je vais pas me plaindre, déjà je pars en vacances quand plein de gens peuvent pas. N'empêche que j'aime bien aller là où j'ai envie. J'avais envie d'aller en Irlande taquiner la truite et la Guinness quelque part dans le Connemara. Mais j'ai voulu faire plaisir à ma famille qui rêve depuis toujours de l'Asie et pas du tout de la pluie et des tavernes. «Papa, j'ai une copine qu'est allée en vacances à Bali, y paraît que c'est chhhénial ! » m'a dit ma fille. « Moi, m'a dit ma femme, j'ai une copine qu'est allée au Viêt-nam, y paraît que c'est vraiment magnifique ! Si j'avais un mari riche et célèbre, je lui demanderais de m'offrir des vacances de rêve dans ces pays-là. Ça me changerait de L'Isle-sur-la-Sorgue... » Attendez, les filles ! Je connais à peine la Bretagne, je rêve du Pays basque, les rivières à truites du Cantal m'appellent depuis des siècles, y a dans les Pyrénées des paysages beaux à se chier dessus, et vous allez m'emmener au bout du monde m'emmerder sur une plage de sable blond, bouffer des sauterelles confites et des chenilles Melba chez des gens que je connais même pas ? Allez-y si vous voulez, après tout on est grand, on peut se séparer dix jours, moi je vais où je veux ! Nous allons donc à Bali. Je suis pas encore parti, j'écris à l'avance, des fois que je puisse pas faxer ou téléphoner ma chronique de là-bas, je sais pas où ils en sont au niveau communications, les Balinais... Ma femme s'est déjà procuré plein de guides touristiques, a déjà tout épluché, nous a concocté un itinéraire d'enfer, lever à cinq du mat' tous les jours pour aller visiter des temples bouddhistes, des monastères bouddhistes, des volcans bouddhistes et les pyramides mais là je suis moins sûr... Moi j'ai feuilleté le Guide du routard pour voir si les Balinais avaient des plans de pêche ou des plans de bière mais j'ai rien vu. Alors j'ai dit à ma femme : « T'es sûre que c'est pas la saison des pluies en ce moment ? On t'a parlé des moustiques ? Des araignées grosses comme ma tête et des serpents-mordeurs-d'hommes et des tigres-mangeurs-de-petites-filles ? T'es au courant que, politiquement, c'est très instable, qu'on risque un coup d'État militaire chaque seconde, qu'on peut être pris en otage par des guerriers sanguinaires, qu'on peut choper la tourista, le palu, la malaria, la lèpre et un rhume ? » Rien n'a marché. Elle m'a cru juste pour les moustiques mais elle s'en fiche, y en a aussi à L'Isle-sur-la-Sorgue. «En plus, là-bas j'aurais même pas de potes, je parle pas le balineux, je suis sûr que je vais m'emmerder à mourir!» Alors elle m'a dit que j'avais qu'à emmener un ami avec moi, mais ça m'a fait beaucoup de peine parce qu'elle sait très bien que j'ai pas d'amis. Pour ma famille j'espère que ça va être le paradis. Pour moi j'espère un petit peu que ça va être très nul et très moche, que j'ai plein de trucs rigolos à vous raconter... L'idéal serait quand même qu'un tigre me mange un peu ou je chope la lèpre, non ? RENAUD
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26 mars 2002

Deux nouveaux articles grâce à Marie et David D.

L'Idiot International
  • 5 décembre 1991, Thatcher, Renaud tire sur le cadavre > L’IDIOT INTERNATIONAL, 5 décembre 1990 ThatcherRenaud tire sur le cadavre Miss Maggie Voici une semaine, le numéro 38 à peine terminé, nous avons reçu le texte suivant signé “Renaud-Maître Chanteur” Bonjour Idiot ! Avec retard je rends ma copie. Peut-être pour le prochain numéro ? Quoi qu’il en soit, voici mon sentiment sur Miss Maggie 1. Bobby Sands, 27 ans, mort le 5.5.81 après 66 jours de grève de la faim. 2. Francis Hugues, 25 ans, mort le 15.5.81 après 59 jours... 3. Ray Macreesh, 24 ans, mort le 21.5.81 après 60 jours... 4. Pat O’Hara, 24 ans, mort le 22.5.81 après 61 jours... 5. Joe Mac Donnel, 30 ans, mort le 8.7.81 après 61 jours... 6. Martin Hurson, 26 ans, mort le 13.7.81 après 45 jours... 7. Kevin Lynch, 25 ans, mort le 1.8.81 après 71 jours... 8. Kieran Doherty, 25 ans, mort le 2.8.81 après 73 jours... 9. Tom Mac Wee, 23 ans, mort le 20.8.81 après 61 jours... 10. Mickey Devine, 27 ans, mort le 20.8.81 après 60 jours... Dix bonnes raisons pour ne guère pavoiser devant cette démission qui arrive dix ans trop tard... La salope est enfin tombée, certes, mais elle ne s’est pas fait mal...Je le regrette. RENAUD
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Reporterre
  • 1er juillet 1989, Le problème écologique est politique > Reporterre Nº7 juillet-août 1989 Renaud « le problème écologique est politique » Renaud Séchan n'a jamais sacrifié ses convictions à sa carrière. Aujourd'hui, il considère l'environnement comme un enjeu capital. Et le lie à une transformation sociale. engagé RENAUD « Le problème écologique est politique » REPORTERRE - Dès 1984, tu t'es impliqué dans Greenpeace à une époque où on ne parlait pas beaucoup d'environnement. Quel a été le déclic ? Renaud - Le déclic est venu avec la naissance de ma fille qui m'a fait ouvrir les yeux sur des problèmes fondamentaux. Avant, je ne vivais pas que pour moi, mais disons que je m'attachais plus aux Droits de l'Homme ou à des thèmes purement politiques ou sociaux. Ma fille est née, et quand j'ai commencé à la promener dans les rues de Paris, dans sa poussette-canne, le nez à la hauteur des pots d'échappement, quand j'ai commencé à la voir ouvrir des yeux émerveillés devant les animaux du zoo de Vincennes, devant les serres du jardin des Plantes ou les arbres tropicaux, devant des choses comme ça, j'ai vu que tout était en danger, que plus tard, elle ou ses éventuels enfants devaient continuer à profiter de ce que la nature a donné à l'homme. Parce que toi, quand tu étais petit, tu ne voyais pas ces choses ? Si, je les voyais. J'en profitais mais il me semble que tout ça était moins en danger qu'aujourd'hui. Alors quand ma fille est née, la première auprès de qui j'ai milité, c'est elle. Pour lui faire prendre conscience que les éléphants, il n'y en avait presque plus en-dehors des zoos, et parallèlement, depuis quelques mois, j'étais fasciné par les actions de Greenpeace, bien organisées, non violentes, spectaculaires. Un jour, je suis allé avec elle au bureau de Greenpeace France, et j'ai commencé à m'investir avec eux. J'ai organisé un concert au Zénith en solidarité avec Greenpeace, qui a été une soirée magique, j'ai vu 6 000 ou 7 000 personnes qui étaient enthousiastes, pas seulement pour les gens du concert, mais pour la cause qu'on défendait tous. Renaud et sa fille: « Le déclic est venu avec sa naissance ». (photo David Séchan) Puis tous les potes que j'avais à Greenpeace France se sont fait virer par d'autres membres pour d'obscures raisons de pouvoir, de luttes intestines. J'ai trouvé ça tellement nul, je me suis dit, allez hop, je milite dans mon coin, tout seul, Quelques semaines après, il y a eu l'affaire du bateau de Greenpeace, le Rainbow Warrior, coulé en 1985. Il y a eu mort d'homme commandée par la raison d'Etat sous un régime de gauche, ce qui a été pour moi un premier coup de poignard dans le dos de la part d'un gouvernement en lequel j'avais espéré. Et le plus étonnant, c'est qu'au bout du compte, ça s'est retourné contre le mouvement Greenpeace, avec la fermeture du bureau français. Quand mes copains ont été « démissionnés », ils ont monté une association qui s'appelle Robin des Bois et je les ai suivis. Quand tu vois des gens comme Fabius, Mitterrand, tous les politiques qui parlent d'environnement... Mais demain, si les jeunes et les électeurs s'intéressent... je ne sais pas... au billard, ils ne vont parler que de billard. C'est de la récupération pure et simple. C'est le problème fondamental, avec les Droits de l'Homme, et c'est maintenant qu'ils s'en rendent compte, c'est grotesque, risible, pitoyable. Tous les mouvements de gauche, de droite, du centre, ont leur alibi : « On a sur notre liste quelqu'un qui est spécialiste d'environnement ». Cela dit, c'est bien qu'ils s'y intéressent, il était temps. Mais on sent tellement de leur part une manœuvre de récupération de l'électorat qu'ils ont perdu, à juste titre puisqu'ils sont nuls aussi bien à gauche qu'à droite. Quelle est ta position par rapport à des gens comme Waechter ? Quand je l'écoute parler, tout ce qu'il dit me semble être le B.A. BA de la lucidité et du bon sens, mais j'ai un peu l'impression que c'est un type qui rêve d'être un notable, et je me méfie des gens qui ont des ambitions parce que je sais que le pouvoir corrompt. Par délicatesse, je ne vous rappellerai pas l'attitude d'Haroun Tazieff, ni de Lalonde une fois au gouvernement. Waechter, on ne peut pas dire qu'il soit doté d'un charisme... exceptionnel. Je n'arrive pas à me désolidariser de son discours, même si j'ai des réticences. Mais y a-t-il moyen de faire avancer les choses en matière d'environnement sans passer par la politique Non, je ne pense pas. Je suis de ceux qui disent que tout est politique : les rapports entre les gens, la vie quotidienne, l'harmonisation de vivre ensemble, respecter la liberté d'autrui, la nature, la solidarité. Cela dit, je n'ai confiance en aucun mouvement politique pour résoudre les problèmes planétaires qui se posent. premier acte anti-pollution : arrêter de fumer quand tu as des enfants. Je fais plus confiance aux gens de base qui n'ont pas accès aux tribunes et qui sont confrontés aux vrais problèmes, qui crèvent et luttent tous les jours. Mais s'il faut passer par une reconnaissance officielle, par un parti, par les suffrages, pour faire avancer les choses, je trouve ça dommage, mais c'est quand même mieux. Je ne peux que me réjouir si après les élections, il y a 100, 200, 300 députés écologistes. Dans la bande des « grands » ce sont les seuls qui remettent fondamentalement en cause le système économique mondial et veulent le modifier complètement. Il n'est pas possible de rester intègre dès l'instant où on a un certain pouvoir ? Dès qu'on a du pouvoir, on est soumis à des pressions, à des contraintes. On lâche du lest pour avoir ci ou ça. Par exemple, un projet de barrage nuit à l'environnement, mais des hommes politiques vont t'expliquer que le barrage sauve des vies, que des gens sont au chômage et qu'ils vont du coup trouver du travail... c'est l'éternelle contradiction ! Ils réagissent à court terme, parfois pour des buts nobles, pour enrichir une région, mais en même temps, au détriment des gens qui préfèrent le fleuve sauvage, non balisé. La défense de l'environnement passe par une transformation de la société Tu reproches une politique à court terme ? Je ne sais pas ce que je reproche. Je dis que je me méfie de l'engagement politique des écologistes, alors que pendant longtemps, j'ai dit que la solution au problème écologique était forcément une solution politique. On ne conçoit pas une défense de l'environnement sans une transformation de la société, des systèmes économiques, de la gestion de l'entreprise, des ressources. Ce sont des décisions politiques qui ne peuvent être appliquées que par les maires, les préfets... les gens qui ont le pouvoir politique. Le problème ne peut-il pas être réglé par ce qu'on fait quotidiennement ? Ouais, mais là, il y a du boulot. Pour Paris, le principal problème est l'automobile. Quelles sont les solutions que les écologistes suggèrent? Développer les transports en commun, la sécurité dans le métro sans forcément rajouter des flics, je ne sais pas. A Paris, il y a moins de taxis qu'ailleurs mais il y a le trust des taxis, il y a des lobbies. Autoroute Quebec-Montreal, Renaud posant devant une pompe à essence sans plomb. (photo Claude Gassian) Tu ne crois pas qu'il y a aussi le fait que les gens prennent leur automobile ? Moi-même, je roule dans une bagnole qui pollue, mais je préférerai être obligé d'aller foutre mille balles pour mettre un pot catalytique et prendre de l'essence sans plomb que de payer 1000 balles de vignette. Alors, il faut obliger ? On ne peut pas faire des lois en demandant l'avis à tout le monde. On a aboli la peine de mort moyennant la majorité de la population qui était pour. Parfois, la dignité d'un ministre c'est de faire adopter des lois impopulaires. Les gens vont râler si demain ils doivent tous mettre le pot catalytique, mais tant pis. Tu ne crois pas que la conscience d'un danger peut changer le comportement ? Moi si. Quand j'entends que les lessives aux phosphates polluent les rivières, je change de lessive. Il y a des gens qui s'en foutent, parce qu'ils ne lisent pas les journaux, qu'ils disent : c'est les autres. Ils pensent qu'au niveau individuel,ce n'est pas parce qu'ils vont arrêter d'acheter une bombe ou une laque que ça va changer. C'est comme quand tu jettes ton paquet de cigarettes vide sur un parking d'autoroutes, on te dit: « Oui mais si tout le monde faisait ça. » Et tu dis : « Oui, mais justement je le fais parce que tout le monde le fait pas... » Au niveau individuel, j'essaie d'être en harmonie avec des objectifs plus larges au niveau planétaire, mais c'est pas évident. Par exemple, je pollue autour de moi avec mes cigarettes, je pollue ma fille. Ça devrait être le premier acte individuel anti-pollution, arrêter de fumer quand tu as des enfants, ou quand tu as un partenaire qui ne fume pas. Non ? C'est quoi, le plus gros problème d'environnement ? Ma plus grosse trouille c'est la maîtrise des déchets nucléaires. Le plus gros danger, c'est le nucléaire civil ou militaire au niveau de la sécurité et de la gestion des déchets. Le second danger, c'est le trou dans la couche d'ozone et le réchauffement de l'atmosphère qui va causer l'élévation du niveau de la mer. C'est hallucinant que l'homme puisse être responsable de ce qui se passe dans la stratosphère. Et puis une priorité fondamentale, c'est la défense des animaux en voie de disparition. Tu es plutôt pessimiste ? Je suis pessimiste, je suis même carrément désabusé, mais malgré tout, je continue... Un jour, je partirai dans un coin pas pollué, sur un versant du Mont Lozère, par exemple, mais pour l'instant, même si j'ai la certitude que malgré quelques victoires, on continue à se faire avoir, je persiste à lutter. Je suis ravi et en même temps un peu énervé de voir Brigitte Bardot s'investir dans la défense des éléphants. Ma plus grosse trouille : Les déchets nucléaires Manifestation contre le transport de déchets radioactifs a la Hague en 1981. Pourquoi énervé ? Parce qu'il était temps: ça fait vingt ans qu'elle nous baratine avec les animaux domestiques qui sont un problème mineur par rapport aux éléphants, à l'atmosphère, à l'air qu'on respire. Les chiens et les chats ne sont pas en voie de disparition. Je me dis qu'il était temps. Il y a quand même des priorités. Quand on pense à ce que dépense chaque individu des sociétés occidentales pour le confort des animaux domestiques, c'est hallucinant par rapport aux besoins des pays africains qui crèvent de faim à 3 000 km d'ici. Je n'ai pas de mépris pour les animaux domestiques, mais il y a des priorités. Enfin, je dis bravo à un mec qui s'arrête sur l'autoroute pour ramasser un chien perdu et qui le nourrit. C'est déjà un bon point. Tout est bon à prendre. Je suis ravi que Brigitte Bardot élargisse son champ d'action. Une heure d'émission télé avec elle, et 3 jours après Brice Lalonde annonce l'interdiction de l'importation de l'ivoire, ce que Robin des Bois réclamait dans le vide depuis 3 ans. Merci à elle, à son pouvoir. Tu as monté un concert publie à Paris, le 8 juillet. A-t-il un lien avec l'environnemment ? Au départ, c'est un concert de protestation contre la tenue à Paris du Sommet des 7 pays les plus riches du monde. On le considère comme une insulte aux pays pauvres qui sont victimes de l'impérialisme économique de ces pays-là. On considère que le Tiers-Etat, maintenant, c'est le Tiers-Monde. Nous, on organise un contre-sommet avec les mouvements de libération des pays les plus pauvres, et une manifestation contre la dette, contre l'apartheid en Afrique australe, et contre les dernières colonies. Quel lien entre ces problèmes et la nature agressée ? La nature - et l'homme aussi. Ce n'est pas que pour des raisons climatiques que le désert gagne du terrain tous les jours, c'est aussi pour des raisons économiques, liées à l'exploitation de ces pays-là par les nôtres. Le massacre de la forêt amazonienne, c'est bien pour des raisons économiques. Et ça se fait au détriment, et de la nature, et des Indiens d'Amazonie. Là j'ai reçu un dossier du Labrador sur une réserve où vivent des Indiens, les Montagnais, je crois, et sur laquelle l'OTAN a créé une base d'entraînement de toutes ses forces aériennes. Jour et nuit, il y a des tirs de missiles, de bombes, de mitraillettes, 32 000 passages par an à 30 mètres au-dessus de la réserve, de l'endroit où vivent ces Indiens. Ils font pétition sur pétition, mais on ne touche pas à ... Dès qu'un pays, comme le Burkina Faso, essaie d'apporter des solutions pour faire avancer les choses, comme par hasard, le type qui est à la base de ça se fait assassiner. Par exemple, Thomas Sankara avait développé à très grande échelle la culture du jojoba, qui est une plante formidable pour arrêter la désertification. Le programme a été remplacé après sa mort. Et les ministres du nouveau régime roulent de nouveau en Mercedes alors que Sankara les avait dotés de R5. Comment vois-tu le monde dans vingt ans pour ta fille ? Comme les plus cyniques des hommes politiques doivent aussi avoir des enfants, j'ai le vague espoir qu'ils n'iront pas plus loin que là où ils sont allés, et que ça s'arrange. Ou alors, c'est qu'ils n'ont pas d'enfants ou alors qu'ils ne viennent pas dire qu'ils les aiment. Les hommes politiques à tous les niveaux, local, régional, européen, mondial. Soit ils se bouchent les yeux et ne voient qu'à court terme, soit ils voient à long terme et ils décident très vite de tout changer. Je ne peux pas imaginer ce qui se passe dans la tête des maîtres du monde. Ils doivent penser que tout ça, c'est le cadet de leurs soucis, et c'est vrai qu'il n'y a pas que ça: le problème de la drogue aux Etats-Unis, c'est quelque chose de monstrueux aussi. Des priorités, il y en a plein: lutter contre la pauvreté, le chômage, le racisme, c'est bien, mais encore faut-il qu'on soit vivant pour ça. Comment tu sens réagir les jeunes par rapport aux thèses environnementales ? Ils sont très sensibles. La phrase de mon répertoire qui soulève le plus d'ovations, c'est dans Le Déserteur: « Je ne suis qu'un militant du parti des oiseaux, des baleines, des enfants, de la terre et de l'eau ». Chaque fois que je chante cette phrase, devant 200 ou 10 000 personnes, ça me vaut une ovation plus forte qu'à la fin de la chanson ou au début. Ça me remonte, le moral, je me dis je ne suis pas tout seul. Mais je ne peux pas me dire: je suis écologiste avant tout. Je suis militant pour la vie, pour les hommes. Mais tout ça, c'est le même message de révolte et de refus de ce monde tel qu'il est géré. Propos recueillis par Hervé Kempf et Nelly Pégeault
    • Politique Ecologie
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14 mars 2002

Charlie-Hebdo
  • 20 mars 1996, Miroir, mon beau miroir... Dis-moi qui est le plus inculte en ce royaume... > Charlie-hebdoN°196 - 20 mars 1996 Miroir, mon beau miroir...Dis-moi qui est le plus inculte en ce royaume... Un peu comme Cavanna aime bien, de temps en temps, se poser des colles sur des exercices de physique élémentaire (genre, pourquoi, chez l'homme, à poids égal, la couille de gauche est-elle toujours plus basse que celle de droite ?), moi je m'amuse parfois à m'inventer des sujets de bac philo. Dernièrement, je me suis imposé ce sujet-là: « Un pouvoir quelconque peut-il annuler des élections démocratiques sous prétexte que le résultat donne la victoire aux ennemis de la démocratie. » (Je pensais, vous l'aviez compris, à l'Algérie...) J'ai réfléchi pendant quelques semaines et, lorsque je me suis rendu ma copie, je me suis mis deux sur vingt; mention « pas terrible ». J'avais dû faire fausse route dès le départ puisque, à l'arrivée, je m'étais retrouvé dans le camp des ennemis de la démocratie sous prétexte que c'est elle qui a porté Hitler au pouvoir en 1933 et Le Pen bientôt ici. Décidément, la philo c'est pas mon truc. Peut-être qu'après tout la physique me réussirai mieux ? Quoique... La dernière fois que je m'suis pris la tête avec elle ça m'a valu dix années de nuits blanches. Ma fille avait, en effet, cinq ans lorsqu'elle m'a demandé : « Comment ça se fait qu'on se voit dans un miroir ? » Amusez-vous, tiens ! Les yeux ouverts comme des soucoupes, combien de fois, à trois heures du matin, tournant en rond dans mon lit à la recherche d'une réponse introuvable, ai-je maudit, de ce miroir crétin, l'imbécile inventeur qui oublia de nous laisser le mode d'emploi qui va avec ? Tous les matins, même si elle ne disait rien, je sais que ma fille attendait sa réponse. Ce fut d'abord : « Heu, tu sais, ma chérie, pour ta question de l'autre jour, je vais pas tarder à trouver... » Puis : « Heu... mon ange, à propos de ta question d'il y a six ans, ça avance, je brûle...» Une nuit, je me souviens que j'avais été à deux doigts de trouver. Je m'étais dit que ça devait fonctionner un peu comme un appareil photo. Que ça devait être une question de lumière. Chaque particule de notre visage, chaque atome de matière, doit envoyer dans l'espace une onde lumineuse et lorsque celle-ci rencontre une matière réfléchissante, hop ! ça s'imprime, comme sur un négatif. Mais j'ai pas su m'expliquer pourquoi une matière était réfléchissante et pas une autre. Pourquoi on se voit dans l'eau sombre et la glace du lavabo et pas sur les rideaux du salon, le mur de la cave ou les poils du chien... Aujourd'hui que ma fille passe autant de temps que sa mère devant les miroirs et les glaces en pied, je pense qu'elle s'accommode fort bien de leurs fonctions sans en comprendre le fonctionnement, mais ça m'énerve quand même un peu de pas avoir su lui expliquer pourquoi elle est si belle dans ces plaques de verre et pas dans la porte de sa chambre. Je vais peut-être me trouver un sujet de bac gymnastique pour changer un peu, tiens... Le sport par écrit c'est quand même moins chiant qu'en plein air. Si ? Ah bon... RENAUD
    • Cavanna
    • Pays Algérie
    • Politique Front National
    • Vie École
AlloCiné
  • 31 janvier 2002, Un trio Hallyday - Renaud- Sutherland > Allociné du 31 Janvier 2002 Un trio Hallyday - Renaud- Sutherland Tournages Brad Mirman devrait tourner "Crim spree" au mois d'avril prochain. Au casting : Johnny Hallyday, Renaud et Kiefer Sutherland. Déjà prévu au casting de L'Homme du train de Patrice Leconte, Johnny Hallyday pourrait tourner au mois d'avril dans le prochain film de Brad Mirman : Crim spree qui serait co-financé par des capitaux canadiens et français. Le rockeur avait annoncé qu'il se consacrerait au cinéma pendant deux ans : le pari est tenu. Reste que personne n'attendait Johnny Hallyday dans un film réalisé par un Américain, d'autant plus que Brad Mirman avait deux autres projets en cours dont un avec Christophe Lambert : The Piano. Autre surprise de taille: Johnny Hallyday aurait pour partenaire Renaud, absent du grand écran depuis Germinal. Et tous deux donneraient la réplique à l'acteur britannique Kiefer Sutherland. Un trio éclectique donc, pour un long métrage dont le synopsis n'a pas encore été divulgué. Amélie Charnay
    • Brad Mirman
    • Cinéma Wanted Crim Spree
    • Johnny Hallyday
    • Keifer Sutherland

12 mars 2002

Une nouvelle fonction du kiosque va mettre en avant les articles et les thèmes. Une fenêtre s'ouvrira pour vous informer sur les thèmes d'actualité et les articles parus les années précédentes.

23 février 2002

Un autre article de Lydvine et deux Charlie-Hebdo de Christian.

TV8
  • ?-?-93, Germinal, Le souffle des grandes œuvres > TV8 de 1993 Germinal Le souffle des grandes œuvres Cette adaptation de Claude Berri a du souffle et ne trahit pas le monde des mineurs. Quand Etienne Lantier débarque dans ce coin du Nord de la France, il découvre la misère du peuple de la mine, les crapules comme Chaval, les généreux tel Maheu. En cette fin de XIXe siècle, il s'engage dans le combat socialiste. Aujourd'hui le héros n'a guère vieilli. Ce film est non seulement une belle adaptation du roman de Zola, mais aussi un grand hommage aux travailleurs des corons. Tous les figurants ont été recrutés sur place pour jouer un rôle qu'ils connaissaient au quotidien. Côté acteurs, Claude Berri rêvait depuis longtemps de voir Renaud sur les écrans. Il est crédible dans le rôle d'Etienne Lantier, même si dans quelques scènes où il harangue la foule des mineurs, on a l'impression qu'il va se mettre à chanter Gérard Depardieu a le ton qu'il faut pour incarner Maheu, l'ouvrier qui ne connaît pas d'autre monde que celui de l'enfer de la mine. Dans la peau de sa femme qui doit se battre pour faire vivre tous ses enfants, Miou-Miou n'a pas la tâche facile. Jean-Roger Milo interprète un Chaval plus vrai que nature, performance qui ne devrait pas échapper aux Césars. Tous les personnages secondaires (Jean Carmet, Laurent Terzieff, Jacques Dacqmine, Jean-Pierre Bisson) sont particulièrement bien choisis. Et au milieu de cette distribution, Judith Henry éclate, jouant Catherine, la fille des Maheu, partagée entre Chaval, l'amant désigné, et Lantier représentant la liberté. Révélée dans le téléfilm de René Allio Un médecin des Lumières, couronnées par le César du meilleur espoir pour La discrète en 1990, Judith Henry a beaucoup travaillé au théâtre (elle a notamment joué dans Macbeth à Lausanne avec Mathias Langhoff). Elle estime se reconnaître dans le personnage de Catherine. Judith a vécu le tournage comme une formidable aventure. « C'était tellement énorme, que maintenant tout me paraît petit. Pendant plus de sept mois, j'ai eu l'impression de me laisser emporter sur un fleuve. L'univers était très noir, c'est vrai que les conditions étaient dures, mais Claude Berri est tellement généreux et attentif que c'était passionnant. » Chloé Sullivan
    • Cinéma Germinal
    • Claude Berri
    • Gérard Depardieu
    • Miou-Miou
    • Jean-Roger Milo
    • Jean Carmet
    • Laurent Terzieff
    • Jacques Dacqmine
    • Jean-Pierre Bisson
    • Judith Henry
Charlie-Hebdo
  • 13 mars 1996, Un Basque m'a mouché, j'en éternue encore... Renaud dégaine son béret > Charlie-hebdo N°195 - 13 mars 1996 Un Basque m'a mouché, j'en éternue encore...Renaud dégaine son béret En réponse au courrier du lecteur «gréviste, guévariste de vingt ans », paru il y a quelques semaines et bêtement intitulé «Un Basque mouche Renaud», j'ai reçu, du Pays basque, quelques belles lettres que la rédaction de Charlie, hélas, n'a pas daigné publier malgré mon insistance. En désespoir de cause et puisqu'il semble que mes amis basques n'ont même pas droit, dans ces pages, à la place accordée aux animaux abandonnés, je vais donc m'autoriser à vous en livrer quelques passages. Lorsque trois ou quatre membres de Charlie se foutent de moi pour mes larmes sur Tonton, lorsque, dans le même numéro, on publie un courrier des lecteurs m'agressant pour les mêmes raisons, lorsque l'adjudant Sine, après m'avoir vertement allumé, nous bassine avec les lettres de soutien des hooligans de son fan-club, je n'estime pas nécessaire de vous faire part en retour des dizaines de lettres de sympathie que mes chroniques sur Tonton m'ont values. Mais là c'est pas pareil, le Basque courageusement anonyme qui prétendait me « moucher » a surtout énervé et mis en cause les Basques authentiquement de gauche du mouvement Abertzale. Au point que certains se demandent si cette lettre n'est pas simplement une provocation imbécile. 1° Il n'y a pas de problème basque, m'écrit-on, il y a un problème français au Pays basque, comme il y en a eu dans toutes les colonies de l'Empire français : non-respect des institutions propres, de la langue, de la culture et des coutumes, imposition d'un modèle politique et culturel centralisateur et jacobin. 2° Les Abertzales ne sont pas plus nationalistes qu'ils ne sont séparatistes : les Abertzales sont pour la suppression de toutes les frontières depuis la charte d'Itsasu en 1962 et ils se méfient comme de la peste des nationalistes à connotation impérialiste. Les Abertzales, comme leur nom l'indique, sont des patriotes qui défendent leur terre (patrie) sans attaquer celle des autres. 3° II n'y a pas de RPR parmi les Abertzales : il y a des gens de droite, du centre et de gauche qui ne s'entendent pas souvent ensemble. Mais, parmi tous ceux-là, ni franchouillards hargneux et jacobins du style RPR ou PCF, chevènementistes ou internationalistes purs et durs et uniformisateurs du style de ce « gréviste-guévariste de vingt ans». 4° Les Ikastola ont toujours demandé à être intégrés dans Pécole de la République, laïque, obligatoire et gratuite. En fin de compte on leur a accordé le contrat d'association dont les objectifs ont toujours été clairs pour ses partisans et ses opposants. 5° Si l'Église est une institution pourrie il y a des curés qui pratiquent ce qu'ils prêchent et qui, de ce fait, nous rejoignent dans nos combats quotidiens : défense des libertés individuelles et collectives (ignorées par les internationalistes purs et durs), fraternité (partage du gîte et du couvert), égalité... 6° L'indépendance, ce n'est pas se scléroser derrière de nouvelles frontières, c'est le droit de faire chez soi ce qu'on estime devoir faire pour y être heureux sans que des esprits éclairés extérieurs, puissamment « policés » et armés, viennent y mettre leurs grands sabots de banquiers et autres requins de la finance. 7° Les Abertzales de gauche ont créé Askapena, une ONG qui apporte un soutien et une aide énormes au tiers-monde tout en combattant pacifiquement l'exploitation des pauvres par les riches. L'auteur anonyme de la lettre à Renaud a là de quoi s'investir en tant qu'internationaliste de gauche. Askapena organise sur place des chantiers de travail : ramassage de canne à sucre à Cuba, plantation de café ici, maçonnerie ailleurs, etc. Il y en a pour tous les goûts, sauf pour ceux qui s'en branlent. Avec l'énergie que je devine à travers ses propos, je ne doute pas que ce lecteur sera partant pour les travaux les plus pénibles... » Et toc ! Maintenant si aucun argument émanant d'un militant basque ne vous semble recevable parce que l'ETA pose des bombes, alors bâillonnons aussi les Palestiniens modérés qui militent pour le processus de paix parce que les terroristes du Hamas les discréditent. Refusons le dialogue entre Londres et le Sinn Féin parce que PIRA a repris la lutte armée et laissons crever les Kurdes parce que le PKK joue du flingue. Si la solidarité, comme l'expriment les Bretons à l'égard du peuple basque, était un peu plus réelle partout (et chez Charlie...), je pense que les rangs des militants les plus désespérés et les plus radicaux qui ont choisi la lutte armée s'éclairciraient terriblement et que le gouvernement essaierait de résoudre ce conflit autrement que par la répression la plus dégueulasse. RENAUD
    • Pays Basque
  • 30 janvier 1996, Un Basque mouche Renaud - TU veux un Kleenex, Renaud ? > Charlie-hebdon°189 du 30 janvier 1996 Un Basque mouche Renaud Mon cher Renaud, ta générosité et ton grand cœur d'humaniste te font parfois dire des conneries. Sur le problème basque, une petite précision : chez les Abertzales, y a de tout : R.P.R., gauchistes, curés, difficile de lire plus éclectique. L'idée de nation basque les réunit, et, ma foi, ça ne marche pas trop mal entre eux... Bon, oui, je suis né au Pays basque, je vis au Pays basque, aime bien ma région, mais l'indépendance, j'en ai rien foutre ! Chez nous, l'école publique est menacée par les curés et les « Basques ». En plus de l'Etat, deux écoles rivées l'emmerdent : celle des culs-bénits et l'Ecole basque, l'Ikastola. Quand un gosse quitte l'Ikastola, t'inquiète pas, il va chez les curés, qui s'entendent comme larrons en foire avec les indépendantistes. Une vieille histoire, la guerre d'Espagne, tout ça... Qui est emmerdé ? L'école laïque, comme d'habitude. Maltraitée depuis des années par un Etat qui n'a aucun projet, la voilà aujourd'hui concurrencée par des cotes privées aux dents longues. Vérité des temps modernes, le privé fait recette. Logique implacable. décote de l'accueil, l'école qui fraternise, celle qui nous mènera vers la liberté, cette chère « laïque » doit crever. l'Etat veut briser la résistance. La laïque, martelée, attaquée un peu plus chaque année, s'accroche fièrement, s'arc-boute, elle ne cédera jamais... Les indépendantistes embobinent, trouvent le pognon. Le bourrage le crânes, le discours persuasif, c'est leur truc. Et puis l'identité. Le folklore, la langue, très bien tout ça, sympa, mais que vient donc foutre le régionalisme dans une logique européenne balbutiante, certes, mais qui nous propulsera à long terme vers la grande partouze, l'Internationale ? Oui, je sais, le Pays basque a bien son histoire, son sang versé, n'oublions pas sa farouche résistance devant la saloperie franquiste, et puis rappelons qu'il ne faisait qu'un; parlons aussi de sa culture, ses traditions... D'accord. Mais pourquoi en faire à tout prix une revendication identitaire ? Qu'est-ce que l'identité si c'est un mirage créé par l'irrationalisme humain ? On se fout de l'identité. Ça veut rien dire. Préservons les cultures régionales, chacune doit survivre, notamment en France. Je l'admets, même si je m'en branle. Gardons tout ça, ça ne fait de mal à personne. Mais l'identité, c'est n'importe quoi ! Bon, la laïcité, c'est le langage universel, hors de toute religion. C'est une arme redoutable face au nationalisme et au fascisme. Arrêtons, une fois pour toutes, de la cocufier, et donnons-lui de véritables moyens ! Aujourd'hui plus que jamais, on a besoin d'une école publique puissante, généreuse. Depuis des années (connards de « sociales » !), on l'affaiblit. On voit le résultat. Attention. En crachant sur notre Etat qui ne branle rien, je vilipende également les flics, complices des tortionnaires espagnols. De simples militants, torturés, humiliés. Salopard de Mitterrand, qui n'a jamais bougé une oreille, et qui a même approuvé ! Les nazis des G.A.L., les flics espagnols méritent la perpétuité pour ces infamies. Droits de l'homme bafoués, derniers soubresauts franquistes, mussoliniens, les flics resteront toujours les flics. Je suis d'accord, le scandale existe. Gras, énorme... Mais les terroristes, les attentats, caca aussi. Allez, place au rationalisme, non au « nationalisme », et vive la laïcité, bordel ! Salut, Renaud! UN BASQUE DE GAUCHE, GRÉVISTE, « GUÉVARISTE », VINGT ANS P-S. : Ah ! Si Charlie avait 6 milliards de lecteurs... (Je reprends tout ce que disent Val, Cavanna et Charlie depuis trois ans. Au départ, sceptique, j'ai regardé à côté de moi, pour maintenant confirmer. La logique l'emporte.) Tu veux un Kleenex, Renaud ? Renaud, non, je n'ai pas pleuré. De toute façon, quand on pleure un mort, ce n'est jamais que sur soi qu'on pleure' ! Primo. Secundo : je répugne à être méchant avec toi parce que, avant de m'en prendre au gentil poète que tu es... il y a fort à faire avec les militaires, les flics, enfin tous les sclérosés de l'imaginaire. Renaud, tes articles sur la mort de Mitterrand m'ont fait chier, et ont dû en faire chier quelques-uns. Que tu chiales parce que c'est comme si tu perdais ton vieux, O.K. On est en pleine projection, en plein transfert collectif, comme pour tous les abrutis de la Bastille. Tu connaissais l'homme pour l'avoir rencontré, pour avoir reniflé son odeur. Que la séduction ait opéré, c'est possible, on peut comprendre. L'autre jour, j'ai bien rêvé du pape, que j'ai pourtant en horreur. Or, lorsqu'il s'approcha de moi pour me dire : « C'est bon ça : l'énergie vient de dessous les pieds ! », j'étais incapable de lui foutre mon poing sur la gueule ! Seulement voilà, il se trouve que l'homme par qui le scandale arrive est un sale pétainiste mégalo qui osait prétendre que, dans ces années-là, il ignorait le statut des Juifs! Qui a continué à fréquenter le bourreau Bousquet pour des raisons obscures, sauf celles du porte-monnaie, bref, un sale mec assoiffé de pouvoir et de prestige, un suppôt des marchés et de l'Europe du fric et des canons, un mou de la couille client du bordel capitaliste qui cependant a bien baisé la classe laborieuse en 1982, et j'en passe... Allons, si Mitterrand avait été un type respectable, il aurait continué d'écrire du fin fond de sa Charente, et peut-être même de la poésie, en renonçant au politique... A tout le moins à ce politique-là. Alors, Renaud, si tu pleures la disparition d'un proche : rien à redire, chacun ses fréquentations. Mais que tu fasses de la retape pour le deuil à Tonton, là, nous sommes en pleine confusion... à moins que? Je suis désolé de te le dire: se mettre un chapeau sur la tête, une rosé au fion et fréquenter un gratouilleux à foulard, c'est un peu juste comme alibi. ERIC S., PARIS
    • Pays Basque
    • Politique F.Mittérand

22 février 2002

Un autre article de Lydwine.

Télé-Top Matin
  • ?-?-91, Renaud droit au but Le « Putain de camion » est passé. Le « Marchand de cailloux » est arrivé. Les albums de Renaud se suivent, mais ne se ressemblent pas. Musicalement du moins. Car si l'artiste « la chetron sauvage » comme il aime à se décrire revient avec des balades dont les airs nouveaux rappellent agréablement l'Irlande, les messages, eux, n'ont pas vraiment changé. Les mois d'absence du « chanteur énervant » n'ont en rien atténué sa révolte contre la société. Plus dégoûté que jamais, ce militant du parti des oiseaux crie ses colères, ses déceptions, sa tristesse. Mêlant comme personne poésie, verlan et dérision, il balance ses vérités à la manière d'un enfant qui lancerait des cailloux dans l'eau. Avec force, en espérant que l'objet file le plus loin possible, atteignant ainsi un but fixé à l'avance. Celui de Renaud, c'est une prise de conscience de la part des politiques comme des citoyens qui pousserait le monde entier à sauver une planète cruellement menacée. Renaud troquera bientôt son statut de chanteur contre celui d'acteur, lors du prochain film de Claude Berri « Germinal ».
    • Album Marchand de cailloux
    • Album Putain de camion
    • Cinéma Germinal
    • Claude Berri

21 février 2002

Un autre article de Lydwine.

Télé-Top Matin
  • ?-04-87, Renaud revient > Télé-Top Matin date inconnue Renaud revient Coup de pot. Profil de invite l'insaisissable Renaud. Pour son nouvel album, il avait pourtant juré : « Pas de télé craignos ». Mais la TSR, il aime bien. Certains de ses potes seront là. Sauf un, irremplaçable, Coluche. D'où le titre symbole de l'album, « Putain de camion ». Titre épitaphe en somme. Tout le monde se rappelle l'insupportable fait divers : un poids lourd damné qui, un jour de juin 86, fauche l'indéfinissable comique et ex-candidat à la présidence de la République. « Sa mort m'a tué un peu » a avoué Renaud au magazine Paroles et Musique, et il est encore marqué par cette mort idiote. « Lui seul savait parler juste. » « Putain de camion » s'annonce d'ailleurs comme un album plutôt grave où Renaud pose des questions sur la vie, sur les conflits absurdes, les morts inutiles. Avec cette réponse terrible : « J'en sais rien, je donne ma langue au chagrin. » Grand cœur A 36 balais, le loubard aux yeux tendres n'est pas du tout sur le point de se ranger. Il cultive la même révolte face aux injustices, le même sens de la claque face à la bêtise humaine. Et une générosité égale pour les causes difficiles : famine en Ethiopie, Restos du cœur. Et même s'il a lancé le fameux « Tonton, laisse pas béton » quand le président jouait encore au chat et à la souris, il continue à chanter qu'il n'est d'aucun parti, « sauf celui des oiseaux ». Derrière ce visage un peu désespéré, il y a une douceur sur laquelle les enfants, qui l'adorent, ne se sont pas trompés. Et son langage cru, insolent, exprime bien une génération. Ce n'est pas un hasard s'il est le chanteur français actuel le plus populaire. Avec Lambert Dans sa nouvelle chanson, « Jonathan », qu'il dédie à Johnny Clegg, il dit lui-même qu'il est « un peu canaque, un peu zoulou, un peu beur, un peu basque, un peut tout. Rebelle, vivant et debout ! ». La star sud-africaine, qui avec son symbolisme anti-apartheid a fait sauter le Printemps de Bourges, sera sur le plateau. A ses côtés, d'autres invités : Desproges, Capdevielle, Mme David, la bistrotière de la bande à Renaud. Et Christophe Lambert, qui a déjà eu les honneurs de Profil de Renaud lui avait tracé un portrait « morphopsychologique ». Ils s'étaient pris un tel pied qu'ils s'étaient juré de se rendre la pareille. Claude Farine Profil de... Renaud avec Christophe Lambert et Johnny Clegg TSR, mardi 26 avril 20h05
    • Relations avec les médias
    • Télévision TSR
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    • Pierre Desproges

19 février 2002

Quelques articles de Lydwine.

Le Nouvelliste
  • ?-?-93, La vigne à Farinet à nouveau victime de vandalisme > Le Nouvelliste de 1993 La vigne à Farinet à nouveau victime de vandalisme.« Renaud » se volatilise Saillon - Durant le week-end pascal, la plus petite vigne du monde a été le théâtre d'un nouvel acte de vandalisme. Cette fois-ci, c'est la plaque commémorative déposée à l'occasion de la visite de Renaud qui a été volée par des inconnus. Quelques représentants des Amis de Farinet en ont assez. « Là où nous nous évertuons, avec l'aide de nombreuses personnalités, à renforcer l'image quotidienne de la liberté et du courage, d'autres s'emploient à détruire lâchement notre action par des actes de vandalisme gratuit. », confie l'un d'entre eux. En effet, des inconnus ont profité des fêtes de Pâques pour perpétrer un nouveau vol sur la plus petite vigne du monde, plantée sur la Colline Ardente, à Saillon, et dont les trois ceps sont officiellement cadastrés. Nombreuses personnalités Cette fois-ci, ils s'en sont pris à la plaque souvenir déposée par le chanteur française Renaud, lors de sa visite sur les lieux, il y a bientôt deux ans. Le chanteur rebelle avait pris place sur le Mur du souvenir aux côtés de l'abbé Pierre et de Jean-Louis Barrault. Taillée dans la pierre, la plaque commémorative portait ces mots : « Je cherche un trésor planqué, l'Amour et la Liberté. Renaud chez Farinet. » Le rocker français s'était du reste déplacé à Saillon pour remplacer un cep de vigne qui avait péri déjà à la suite d'un acte de vandalisme ! « Les vis ont carrément été sciées pour pouvoir s'emparer de la plaque. » Il y a moins d'une année, le célèbre « fusil du faux-monnayeur » utilisé lors de chaque cérémonie, avait aussi été volé par un inconnu qui avait forcé la porte d'un raccard avant de disparaître avec son butin. La valeur de ces plaques souvenirs est avant tout sentimentale puisqu'elles témoignent de la présence passée de plus d'une centaine de personnalités de ce monde. Ce qui pousse un autre Ami de Farinet à conclure avec philosophie : « Renaud a encore au moins un admirateur chez nous ! » Alexandre Bochatay
    • Pays Suisse
    • L'abbé Pierre
    • Jean-Louis Barrault
    • Vie Vin
Boys and Girls
  • , Renaud - Thatcher > Journal inconnu date inconnue Renaud-Thatcher Et oui, qui l'eût cru la fameuse "entente cordiale" qui faisait de la France et de l'Angleterre deux sœurs en train de tourner à l'aigre. Les relations diplomatiques entre l'Elysée et la cour de Saint James ont pris un coup dans l'aile ! La faute à qui ? La faute à Renaud. « Miss Maggie » le dernier tube du gentil Renaud est en train de faire de drôles de vagues de l'autre côté de la Manche ! Jusqu'à présent nos amis anglais fidèles à leur chauvinisme proverbial, ignoraient tout de l'existence même de Renaud. De toute façon, quiconque ne chantant pas dans leur langue ne risque guère - normalement – de se faire entendre sur la terre des ancêtres de Duran-Duran ! Et puis brusquement notre zonard à la « chetron sauvage » s'est mis de la partie, s'en prenant bille en tête à la Dame de Fer en personne. Voici quelques lignes du texte de « Miss Maggie » qui vous permettront de comprendre l'effet provoqué par ces couplets : « Y'a pas de gonzesse Hooligan Imbécile et meurtrière Y'en a pas, même en Grande Bretagne A part bien sûr, Madame Thatcher » Un peu plus loin, Renaud nous affirme que s'il était un petit chien Il choisirait ladite Madame Thatcher pour lui lever la patte dessus : « Moi je me changerai en chien Si je peux rester sur la terre Et comme réverbère quotidien Je m'offrirai Madame Thatcher » Shocking ! En quelques jours, ce fut la révolution sur les ondes british. La chanson, le clip de Renaud passaient partout accompagnées d'une traduction. Le Frenchie jusque là inconnu devenait une célébrité ! Et l'Angleterre bourgeoise et vertueuse s'indigna, horrifiée que l'on traînât son Premier Ministre en jupons dans la boue. D'où, sans attendre, la réaction de Jeremy Nicholas, jeune homme avide de revanche et de notoriété, qui à son tour troussa une chansonnette à notre intention : « Pourquoi les Français sont-ils aussi déplaisants ? » s'interroge-t-il. Il enchaîne en affirmant que nous sommes sans humour, arrogants, bileux, que nous sommes incapables de gagner une guerre « De Nice à Calais, tout ce qu'ils donnent au reste du monde, c'est leur mauvaise haleine, leurs cancans et leurs bidets. Bref, tout cela ne vole pas très haut, c'est le moins que l'on puisse dire ! Et comme disait Renaud « Laisse béton ! ». Mais l'affaire ayant pris de telles proportions, il a tout de même tenu à s'expliquer, se défendant d'avoir voulu attaquer les Anglais en général. Sa chanson est un hymne à la femme, à toutes les femmes ou presque ! « Ce n'est pas une chanson xénophobe », vient-il de déclarer. « J'ai écrit ce titre après le drame du Heysel, pour vilipender les Hooligans. Mon but n'est pas d'attiser les haines franco-anglaises, mais de faire rire les Français d'une femme politique dont le comportement est souvent plus masculin que celui des hommes ! » Nous on avait compris, espérons tout simplement que les britanniques en fassent autant quand ils recevront la version anglaise de « Miss Maggie » que Renaud est en train de leur concocter. Alors « God save the Queen » quand même ! Françoise Cousteau
    • Chanson Miss Maggie
    • Politique Thatcher
    • Pays Royaume-Uni
    • Sport Football
Journal Inconnu
  • ?-?-84, Renaud La chetron sauvage > Journal inconnu date inconnue Renaud La chetron sauvage Difficile d'imaginer qu'au moins un million deux cent mille personnes possèdent dans leur foyer l'album « Morgane de toi », de Renaud. Pourtant, l'ami Renaud a réussi cet exploit en marquant le patrimoine musical national de chansons comme Laisse béton, Pierrot, Manu, Mon Beauf, le retour de Gérard Lambert, It is not because, Morgane de toi Au Zénith, pendant un mois, sept mille personnes se sont pressées chaque soir pour l'écouter chanter du bout de son paquebot, entouré de sa bande de musiciens, ses anciennes « bafouilles », autant que ses dernières, avec en tête Miss Maggie. Après avoir exploité sa « Chetron sauvage » au Canada, notre Renaud national est de retour sur le territoire français. Il continue sa tournée à partir du 12 juillet et s'accordera un break bien mérité au moins d'août. Avant de sillonner les routes, il participera aux FRANCOFOLIES à la Rochelle. Pour l'information, bien classée au Top 20, son nouvel album a dépassé les 800'000 ventes. Sinon rien à signaler à part que les « Mistral Gagnant » souffleront sans doute beaucoup cet été sur la France.
    • Album Morgane de toi...
    • Zénith
    • Chanson Miss Maggie
    • Pays Québec
    • Francofolies de la Rochelle
    • Album Mistral Gagnant

17 février 2002

Quelques articles communiqués par SVPat, Lydwine et Christian.

Charlie-Hebdo
  • 29 juillet 1992, Bille en tête - MARÉCHAL, ME VOILÀ ! > Charlie Hebdo n°5 - 29 juillet 1992 MARÉCHAL, ME VOILÀ ! Je peux m'énerver mais quand même il y a de quoi. Alors voilà ! Je pars huit jours au Québec, je reviens c'est Ie bordel ! Je peux pas vous laisser seuls cinq minutes, sans que vous en profitiez pour emmerder Tonton. Qu'est ce que c'est encore que ces histoires de gerbes à Pétain, de Badinter en colère et de procès de Vichy ! Je veux bien croire que, pour beaucoup, dix ans de socialisme ça suffit (personnellement je n'ai rien vu passer... un peu Ie isme, mais le social j'attends toujours), et qu'il est temps de terrasser la bête immonde, mais là, le procédé est singulièrement déloyal et, qui plus est, inutile. Déloyal, parce qu'après tout en déposant ses chrysanthèmes sur la tombe du maréchal, la Mite ne fait aujourd'hui que perpétuer une tradition démarrée sous de Gaule, continuée sous Pompidou, puis Giscard, et qui, à l'époque, ne provoquait pas semble t'il chez les râleurs d'aujourd'hui la moindre indignation. (Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, loin de moi l'idée de lui trouver des circonstances atténuantes. D'abord parce que les chrysanthèmes je trouve ça moche, et puis c'est nous qui paye, ensuite parce qu'offrir des fleurs à des militaires morts je trouve ça aussi con que d'offrir un AMX 30 à des jeunes mariés, enfin parce que, que Pétain ait droit à une tombe, je la trouve un peu raide, quand on sait que Mussolini fut pendu par les pieds, sa dépouille livrée aux chacals, lui qui, pourtant, collabora infiniment moins avec les nazis, au niveau du remplissage des wagons pour Auschwitz en tout cas.) Tonton honore donc chaque année le héros de 14-18. Comme ses prédécesseurs il fait abstraction de ce que devint ce héros vingt ans plus tard lorsqu'il livra la France aux Allemands et les Juifs aux nazis. C'est une conception particulière du Pardon accorde pour services rendus antérieurement aux crimes commis. Sauf qu'en général, c'est aux victimes d'accorder le pardon. Les enfants de Manouchian, de Jean Moulin et de la Shoah, sans être terriblement rancuniers, vont peut-être attendre encore un peu avant de se prononcer. Ce procès d'intention à l'encontre de notre Tonton honorant le maréchal félon n'est, en lait, pas du tout déloyal, j'avais raison. Par contre, je trouve inutile de demander à la France que, par la voix de son président actuel, elle s'auto-inflige aujourd'hui (pourquoi pas hier ou avant hier) le procès de ce qu'elle fut sous Vichy. Même si de Gaule essaya de nous faire croire que nous fumes un peuple de résistants, comme Mitterrand nous fit croire en 1981 que nous étions un peuple de gauche, à part quelques vieux bonzes bouffis d'orgueil patriotique et de suffisance cocardière pour lesquels l'honneur de la France ne doit souffrir d'aucune infamie, qui oserait aujourd'hui se faire l'avocat de cette France là, cette France à la botte, lâche, mesquine, veule, cette France combinarde et démerdarde, où les épiciers s'enrichirent grâce au marché noir, où les artistes se produisirent sans honte pour des uniformes du même métal, ou les hommes politiques, l'administration, la police, la justice, se déshonorèrent à jamais dans une collaboration bien plus active que ne l'espérait probablement l'occupant, cette même France qui se réveilla résistante en 1945 et qui tondit les femmes coupables d'avoir couché avec des soldats allemands, elle qui avait couché avec la Troisième Reich tout entier. Y'a t'il un avocat dans la salle pour cette France de merde qui réussit l'exploit de se montrer plus ignoble encore à la Libération que sous l'Occupation, pour ces flics auxiliaires zélés de la Gestapo qui remplirent les autobus pour le Val d'HiV, et qui arborèrent plus tard fièrement leur croix de Lorraine de résistants ? Pour ces industriels et ces politicards véreux qui ne furent jamais ennuyés et qui continuèrent leur carrière pépère après la guerre, protégés par les mêmes flics. Pas d'avocat ? Tant mieux, de toute façon, y'a pas d'accusé non plus. Bousquet, Papon et Touvier sont libres et se portent bien, merci, Drieu la Rochelle et Brasillac ont pas fini de payer et Robert Hersant a été pendu à un croc de boucher à la Libération, ou alors Je confonds. Inutile donc, ce procès qui dirait : « J'accuse la France d'avoir été peuplée de Français » Inutile ce procès qui demanderait à la France de juger la France. C'est déjà fait. Même au Québec, où je chantais la semaine dernière, des tonnerres d'applaudissements accueillent ces vers de ma chanson Hexagone écrite en 1974 et chantée toujours : « ... Ils oublient qu'à l'abri des bombes, les Français criaient vive Pétain, qu'ils étaient bien planqués à l'ombre, qu'y avait pas beaucoup de Jean Moulin. » Pourquoi pas aussi demander au gouvernement d'aujourd'hui d'assumer et de s'excuser pour tous les crimes commis au nom de la République depuis la libération, des massacres d'Algériens en 1961 à Paris, jusqu'à l'assassinat des dix-neuf Kanaks de la grotte d'Ouvéa, de Ben Barka à Malik Oussékine, du métro Charonne au Rainbow Warrior, sans oublier sa récente « collaboration armée » avec les criminels de guerre américains, qui anéantirent deux cent mille civils irakiens sous les bombes pour restaurer la démocratie au Koweït ? Le gouvernement d'aujourd'hui répondrait probablement : « Responsable, mais pas coupable. » Ça y est. je suis énervé. RENAUD
    • Pays Québec
    • Politique F.Mittérand
    • Politique
    • Politique Socialisme
    • Guerre 2nde GM
    • Chanson Hexagone
    • Pays Algérie
    • Pays Kanak
    • Métro Charonne
    • Association GreenPeace
Yahoo Cinéma
  • 11 février 2002, Depardieu rejoint Hallyday et Renaud > Yahoo Cinéma Depardieu rejoint Hallyday et Renaud Par Véronique Juneau Gérard Depardieu intègrera le casting de CRIME SPREE, un thriller pour lequel les services de Johnny Hallyday et de Renaud ont déjà été retenus. Leurs homologues américains James Caan, Kiefer Sutherland et Gary Oldman seront aussi de la partie. Brad Mirman, auteur de HIGHLANDER III, assumera ses fonctions au sein de l'entreprise tandis que Christophe Lambert, dit-on, sera derrière la caméra de ce morceau d'action centré autour d'un braquage haut en couleurs. ( Plus d'infos sur Showbizz.net)
    • Cinéma Wanted Crim Spree
    • Gérard Depardieu
    • Johnny Hallyday
    • Keifer Sutherland
    • James Caan
    • Gary Oldman
    • Brad Mirman
    • Christophe Lambert
Fémina
  • , titre inconnu > Fémina date inconnue, titre inconnu « Mon disque, ça s’écoute comme on lit un journal, page 1 les sports, page 2 les faits divers, page 3 l’actualité internationale… Je pourrais encore écrire pendant mille ans sur tout ce qui m’indigne. A moins que je ne décide de composer un album à part, de chansons d’amour. Ce pourrait être pris comme une trahison pour les gens qui ont besoin de mes colères, pour ces mômes qui me font vivre, qui ne peuvent pas s’exprimer, qui bouillonnent tout seuls devant leur télévision et à qui personne ne tend le micro. » NDK : Il devait y avoir tout un article relatif à Renaud mais je ne l'ai malheureusement pas.
Le Matin
  • , L'attraction Mitterand > Le Matin date inconnue L'attraction Mitterand Les 15 000 personnes agglutinées sous l'estrade bleu, blanc, rouge de Strasbourg étaient-elles venues pour le candidat président (à gauche) ou pour Renaud (à droite), son barde préféré ? En ouverture du meeting, le chanteur a fait un tabac avec Jonathan, son nouveau tube. Mais aussi en évoquant un certain Le Pen et le FLNKS... "« Combien de coups de matraque pour les Canaques ? »
    • Politique Front National
    • Politique F.Mittérand
    • Chanson Jonathan
    • Pays Kanak

15 février 2002

La suite de Bille en tête. Merci Christian.

ShowBiz
  • 24 janvier 2002, Johnny Halliday, Renaud et John Malkovich ensemble au grand écran ? > Johnny Halliday, Renaud et John Malkovich ensemble au grand écran ? C'est Johnny qui le dit. Par Pierre-Mathieu Tremblay Selon une entrevue avec Johnny Halliday, parue dans Le Parisien du 18 janvier dernier, il se pourrait fort bien qu'on assiste à une réunion au grand écran de Johnny Halliday, Renaud et John Malkovich.C'est dans l'adaptation du roman à saveur sociale d'Eugène Sue, LES MYSTÈRES DE PARIS, qui raconte le Paris de la décennie 1830, que les trois hommes se côtoieraient. Halliday précise toutefois qu'il s'agira d'une adaptation contemporaine de ce feuilleton du XIXe siècle et qu'il y aura de nombreux effets spéciaux.En plus de Renaud et de Malkovich (qui n'est pas confirmé), Jamel Debbouze et Sam Nacéri seraient de la distribution de ce film à gros budget: 200 millions FF (près de 43 millions $CAN).La réalisation du film a été confiée à Vincent de Brus.
    • Johnny Hallyday
    • John Malkovich
    • Cinéma Les Mystères de Paris
    • Jamel Debbouze
    • Samy Naceri
    • Vincent de Brus
Yahoo Cinéma
  • 1er février 2002, Hallyday et Renaud dans la même galère bgcolor="#ffffff"> Yahoo Cinéma vendredi 1 février 2002, 6h00 Hallyday et Renaud dans la même galère Par Véronique Juneau Le chanteur Johnny Hallyday, actuellement pris par sa carrière au cinéma, se commettra, dit-on, après la conclusion du tournage de L'HOMME DU TRAIN, dans un projet cofinancé par des capitaux canadiens et français. L'homme se retrouvera, apprend-on via Allociné, au générique de CRIM SPREE, un long métrage de Brad Mirman sur lequel joueront également l'acteur Keifer Sutherland et le chanteur Renaud dont le dernier passage au grand écran remonte à GERMINAL. ( Plus d'infos sur Showbizz.net)
    • Johnny Hallyday
    • Cinéma Wanted Crim Spree
    • Brad Mirman
    • Keifer Sutherland
Charlie-Hebdo
  • 15 septembre 1993, Gaza et Jéricho d'abord, Renaud et Anne Sinclair ensuite > Charlie Hebdo n°64 - 15 septembre 1993 GAZA ET JERICHO D'ABORD, RENAUD ET SINCLAIR ENSUITE. Un accord de paix, et l'addition ! MA JOURNÉE avait mal commencé. D'abord ma fille qui rentre de l'école avec son emploi du temps de cette année : trente-cinq heures par semaine ! J'ai beau lui dire que c'était une des promesses de la gauche, elle me précise qu'avec les devoirs à la maison -- deux heures par jour minimum -- ça lui fait une semaine de quarante-huit à cinquante heures, avec pas un matin de grasse mat' puisque, nouveauté cette année, elle bosse le mercredi ET le samedi. Pour pas un rond. , Vous vous en foutez, c'était pareil pour vous, c'est pareil pour vos mômes, c'est comme ça depuis des siècles, vous trouvez ça normal. Pas moi. J'ai la haine. T'as pas un adulte qui, comme nos gosses, accepterait de bosser à l'œil cinquante heures par semaine pendant quinze à vingt ans pour se retrouver chômeur au bout du compte. Les mômes, on s'en fout. C'est du bétail, on pense pour eux, on sait pour eux ce qui est bien ou mal, on pense aux pauvres enfants qui n'ont même pas la chance de pouvoir aller à l'école, on se dit « c'est jeune, c'est solide, pi ça doit en chier ! » Moi je pense que l'école c'est le bagne, qu'on y envoie nos mômes pour les punir de rien, comme on nous y a envoyés, qu'on trouve ça normal puisque c'est obligatoire, qu'on a une confiance aveugle en cette institution poussiéreuse et archaïque qu'est l'Education nationale, un attachement sentimental de vieilles bigotes socialisantes à notre belle école laïque et républicaine, un amour totalement disproportionné pour ces professeurs largués dont la noble et délicate mission serait d'enrichir de leur savoir nos chères têtes blondes sans leur faire miroiter cette illusion qu'ils les forment à un boulot futur. De l'air ! Du temps libre ! Libérez Lolita ! A 7 ou 8 heures du soir, quand ma môme a fini sa journée, qu'il n'est plus temps de rien foutre, il n'y a plus, hélas, qu'« Hélène et les garçons » pour lui permettre de s'évader un peu, pour décrocher de cette réalité de merde et de ce boulot d'esclave qui lui a pris la tête et les jambes depuis le matin 7 heures ! Vous me l'abîmez, avec vos horaires de galériens, vous lui pourrissez le crâne de physique, de technologie, de latin, d'espagnol, de français, d'anglais, d'histoire-géo, de musique, de dessin, de gym, de piscine, de maths, de biologie, de sciences naturelles, d'instruction civique, vous prétendez l'éduquer dans vos écoles-Intermarché de la connaissance où on trouve toute la nourriture de l'esprit, vas-y ma fille, remplis ton caddie, c'est pas cher et y'a du choix, c'est pas bon mais ça gave, alors qu'elle rêverait d'une école-épicerie de campagne qui n'aurait en rayon que de l'amour, des beaux livres, des pinceaux pour dessiner les rêves et des porte-plumes pour écrire ton nom, Liberté. Ne perdez surtout pas votre temps à m'écrire si vous pensez que je délire, si vous n'êtes pas d'ac. Je vous réponds d'avance : vous avez raison ! Je suis excessif, je m'énerve, j'ai tout faux ! Mais on ne m'ôtera pas de l'idée qu'elle est mal barrée, cette société qui fait trimer les gosses comme des forçats et balance leurs parents à la rue sans boulot... ? Après, ça s'est arrangé. J'avais un déjeuner avec une journaliste ma foi assez jolie, et qui anime avec talent une émission de télévision des plus intelligentes sur une chaîne qui n'en compte guère... Je devais la persuader que, malgré son insistance et celle de Claude Berri, je n'étais pas le bon cheval pour son émission. « Vous comprenez, madame Sinclair, l'actualité du monde est un cloaque, si je m'aventurais à la commenter, à la disséquer chez vous, j'aurais forcément la bouche pleine de boue. Cette époque me désespère, je ne souhaite afficher mon désespoir devant dix millions d'inconnus, surtout un dimanche. Les dimanches aussi me désespèrent » Alors elle m'a expliqué comment ça allait se passer, comment je serai très bien et comment ça allait faire une très belle émission. Au dessert, j'ai fini par lui concéder « Je ne me sens ni le droit de participer à votre émission, ni les qualités pour le faire, j'irai néanmoins, par honnêteté vis-à-vis des centaines de personnes qui ont partagé avec moi l'aventure de Germinal, parce que ce fut un projet ambitieux et courageux, que je me dois de le défendre, ne serait-ce que vis-à-vis d'eux. » Au café, on est venu lui apprendre la signature de reconnaissance mutuelle Israël-O.L.P, elle avait l'air vraiment heureuse, moi j'ai sorti mon P38 et j'ai tiré six coups de feu en l'air dans le resto en hurlant ma joie : « Allah Akbar ! Allah Akbar ! » Sans déconner, je sais pas si la chute du mur de Berlin, la révolution des œillets, la mort de Franco, la libération de Mandela et la victoire de l'O.M. en Coupe d'Europe m'ont procuré à eux tous un bonheur aussi grand que celui-là. Après je suis allé, plein d'allégresse, chercher ma fille à l'école. C'est en voulant lui porter son cartable que je me suis démis l'épaule et fracturé le poignet. RENAUD Corsica. Si je vous parle d'un disque qui m'a fait tomber et si, en plus, ça énerve Charb, vous me faites confiance ? Petru Guelfucci, il s'appelle. Il est corse et il chante dans sa langue. J'ai rien entendu d'aussi beau depuis des siècles. Imaginez Pavarotti accompagné par les Chœurs de l'Armée rouge, le Philharmonique de Vienne, et Yehudi Menuhin au violon. Peut-être que ça craindrait ? Ben là, c'est magnifique. Des mélodies d'enfer, une voix du diable et des paroles, traduites dans le livret, que je laisse à votre appréciation...
    • Chanson C'est Quand Qu'on va où ?
    • Lolita
    • Télévision TF1
    • Télévision 7 sur 7
    • Claude Berri
    • Télévision Anne Sinclair
    • Vie Dimanche à la con
    • Cinéma Germinal
    • Pays Palestine
    • Pays Israël
  • 8 septembre 1993, Toutes les vérités sont bonnes à dire ! > Charlie Hebdo n°63 - 8 septembre 1993 TOUTES LES VERITES SONT BONNES A DIRE ! - Exemple : Ardisson est un con BONJOUR, Thierry Ardisson, merci de m'accorder cette interview exclusive et imaginaire pour Charlie Hebdo, c'est finalement ce qu'on pourrait appeler un échange de bons procédés, puisque, dans le dernier numéro de votre torche-cul mensuel, vous publiez une interview de moi que je ne vous ai jamais accordée. - Effectivement, cher confrère, étant donné que vous refusiez depuis un an de recevoir un de nos journalistes pour répondre à ses questions à la con, nous avons eu l'idée de recopier l'interview que vous donnâtes, il y a deux mois, au journal le Jour, de tailler un peu dedans, de reformuler les questions et d'annoncer en « une » et dans le sommaire, sous un titre de bons choc, votre interview « exclusive ». Malin, non ? - D'autant plus malin, espèce d'enculé, qu'elle est présentée sous le titre : "Propos recueillis par Marc P. Boujnah". Cela donne vraiment l'impression que j'ai rencontré de mon plein gré un de vos pisse-copie. - Notre journaliste a recueilli ces propos chez un confrère, il n'empêche qu'il les a recueillis... - Outre la malhonnêteté de la méthode, sac à foutre, méthode dont on peut supposer que ce n'est pas la première fois que vous l'employez, elle a l'avantage de me faire passer pour un con aux yeux de tous ceux auprès desquels j'avais juré de ne jamais fréquenter les pages de votre torchon. - Bien évidemment, cher ami ! Votre refus de nous rencontrer, malgré notre insistance, ne nous a jamais laissé de doute sur ce que pensiez de nous. Vous ne nous aimez pas, vous passerez dans Interview malgré vous. Et puis, nous avons choisi le bon moment, reconnaissez-le, avec la sortie imminente de Germinal, vous allez être sous Ies feux de l'actualité, nous avons anticipé... - Monsieur Ardisson, vous pouvez aussi anticiper le coup de boule dans votre gueule si, à l'occasion, nous nous croisons. - Des menaces ? Faites attention, je mesure un mètre quatre-vingt-dix... - J'ai rarement vu un las de merde aussi haut. » RENAUD
    • Télévision Thierry Ardisson

13 février 2002

Charlie-Hebdo
  • 6 octobre 1993, SANS LES MAINS - Et l'homme créa le short... > Charlie Hebdo n°67 - 6 octobre 1993 SANS LES MAINS - Et l'homme créa le short... CONSTATANT la cruelle absence de pages sportives dans mon hebdo préféré, pages que tout journal digne de ce nom se doit d'offrir à ses lecteurs, j'ai décidé, ami de la presse libre à 10 F, de m'autoproclamer pour quelques semaines chroniqueur sportif à Charlie Hebdo, décidé de te faire découvrir, grâce à ma parfaite maîtrise du sujet, ce monde merveilleux de l'olympisme, cet univers magique de la compétition, parfois mal compris, souvent décrié, toujours réduit à des images caricaturales d'argent sale et de sueur dégueulasse alors que c'est le contraire. Gloire donc aux dieux du stade, gloire aujourd'hui aux footballeurs, dieux dont la religion fait le plus grand nombre de victimes, je voulais dire d'adeptes. La légende dit que le football fut inventé en France en l'an 11, ni avant Jésus-Christ, ni après, mais pendant, par un certain Bernartapus, copain d'école dudit Jésus. Ce n'est pas tout à fait vrai, comme nous l'allons voir... Le petit Bernartapus s'ennuyait ferme dans sa petite ville de Nazareth, où, hormis les bastons quotidiennes entre la bande à Yasseraratus et celle à Shimonperus, qui, à coups de cailloux, se disputaient la possession de la cour de récré, les activités ludiques étaient rares. Un jour qu'il en eut assez de voir ses copains s'étriper, il s'en alla trouver le petit Jésus et lui parla ainsi : « Gégé, mon ami, il faut faire quelque chose ! Les hommes s'entretuent par désœuvrement, n'as-tu pas une idée pour les distraire et, tout en leur permettant de défouler leurs pulsions belliqueuses, les réunir dans la fraternité autour d'une même passion ? » Comme c'était joliment formulé, Jésus comprit tout de suite, un peu comme vous, et répondit à son ami: « O.K.. Nanar, pas de problème, je vais leur inventer le football ! » L'invention était belle, Bemartapus en racheta les droits, s'en attribua la paternité et toucha les royalties sur les droits dérivés. Aux siècles suivants, le football ne cessa de se développer un peu partout dans le monde, mais, bizarrement, il ne contamina que les populations masculines, épargnant les femmes. Celles-ci mirent à profit cette immunité pour, tandis que leurs maris vociféraient dans les stades, s'en aller copuler avec des pêcheurs à la mouche. Au XXe siècle, le football atteignit son apogée avec, notamment, ce match resté dans les mémoires. « Allemagne-Reste du monde », qui vit la défaite des Teutons par dix millions à cinquante millions, match au cours duquel six millions de cartons jaunes furent distribués et dont ceux qui en écopèrent ne revirent jamais un ballon. Aujourd'hui, le football est devenu un véritable phénomène de société, et il n'est pas un village qui n'ait son équipe, ses supporters, ses dirigeants sportifs, au point qu'on envisage de construire des maisons d'arrêt supplémentaires pour récompenser de leurs ardeurs tous ces vaillants sportifs. Comment ça se joue, le football ? Bonne question. Le football professionnel se joue à onze milliardaires contre onze, plus trois Rmistes tout de noir vêtus. Le rôle du premier de ces trois-là consiste à courir entre les boulons et les canettes de bière que les supporters des deux camps (plus communément appelés « connards ») lui balancent selon qu'il a sifflé penalty ou pas, c'est-à-dire, souvent, selon qu'il a touché ou non une enveloppe, celui des seconds se limitant à soulever un petit drapeau au bord du terrain, tantôt à gauche, tantôt à droite, en se faisant traiter d'enculés dans les deux cas. Pour le joueur proprement dit, le jeu consiste à essayer de casser la jambe à son adversaire direct pour lui voler son ballon et le lancer avec mépris dans les filets ennemis, mais sans les mains, parce qu'avec les mains, c'est dégueulasse. L'équipe qui a gagné est celle qui a trois, ou alors j'ai rien compris. Quand il n'y a pas de bagarre à filmer dans les tribunes, TF1 appelle ça un « match nul ». Par contre, quand il y a des morts, on renouvelle son abonnement à Canal+. Hormis la couleur du maillot, les deux équipes se distinguent généralement l'une de l'autre par le nom du marchand de poulets ou de petits pois écrit en gros dessus. En France, on n'est pas terribles, question football, mais, comme disait Pierre de Coubertin, célèbre fossoyeur du sport français, avec ses slogans à la con, « l'essentiel est de participer ». RENAUD
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  • 29 septembre 1993, VIVE « GERMINAL » ! BRAVO BERRI ! - Et maintenant, foutez moi la paix > Charlie Hebdo n°66 - 29 septembre 1993 VIVE « GERMINAL » ! BRAVO BERRI ! - Et maintenant, foutez moi la paix. HOP, LES JEUX SONT FAITS ! A l'heure où paraîtront ces lignes, mercredi, Germinal sera sur les écrans. La première séance, qui a valeur de sondage et détermine généralement le succès ou l'échec d'un film. aura eu lieu, ma fille, qui, refusant les « avant-premières », aura tenu, avec ses copines, à grossir les rangs de ce premier vrai public, sera revenue à la maison pour me dire son enthousiasme, pour, forcément, me confirmer la force et l'émotion de ce film magnifique que j'ai parfois défendu avec tellement de maladresse. Maladresse de penser que tel journaliste verrait un intérêt à retranscrire mes propos sur l'importance politique, idéologique et historique de Germinal, sur la formidable entreprise collective portée par la passion, l'ambition, le courage et le cœur de Claude Berri, plutôt que de disserter sur quelques anecdotes de tournage à ses yeux bien plus spectaculaires. Maladresse d'avoir, à tel autre, tellement tait part de mes craintes sur mon incapacité à interpréter ce rôle avec un talent digne de la confiance qu'on me faisait, d'avoir tellement expliqué combien je fus dérouté par une direction d'acteurs particulièrement rigoureuse, moi qui ne suis pas acteur et moi qui ne fus jamais dirigé, d'avoir traduit cette déroute par des mots aussi excessifs que « étouffé » ou « surdirigé », d'avoir laissé entendre que les colères de Berri me « stressèrent » alors que je le fus surtout par ses sourires et ses encouragements, infiniment plus importants et tout aussi nombreux. La vérité est que ma maladresse essentielle fut peut-être inconsciente. Que, par manque de confiance en moi, de peur d'être jugé sévèrement, d'avoir à admettre que je pourrais décevoir Berri, j'ai voulu me prémunir d'avance d'un éventuel désaveu en lui faisant endosser la responsabilité totale de ma «prestation»... Berri qui m'affirme, tous les jours que s'il avait à refaire Germinal il le referait avec moi, Berri qui pense déjà au prochain film que nous ferons ensemble et pour lequel je signerai les yeux fermés... Ouvrez les vôtres, pas pour lire les conneries dites, reprises, amplifiées de-ci de-là par des médias en mal de sensationnel et d'anecdotes, mais pour voir Germinal avec un regard impartial et pour vous faire votre propre opinion en oubliant la mienne, forcément subjective. Voilà, je voulais écrire ça, pas pour faire l'article, comme on dit, juste pour dire à Claude tout l'amour que j'ai pour lui et pour son travail. En espérant que cette vérité aura autant d'échos qu'en eurent les gros titres. La vérité est souvent écrite, plus discrètement, en tout petit... RENAUD P.-S. Pour « 7 sur 7 », j'aurais pu m'en tirer mieux ou moins bien, peu importe... On ne me retirera pas de l'idée qu'il y a quelque chose d'indécent à montrer ainsi son âme, comme une strip-teaseuse montre son cul.
    • Lolita
    • Cinéma Germinal
    • Claude Berri
    • Télévision 7 sur 7
  • 22 septembre 1993, « J - 4 » (« J » COMME J'ANGOISSE...) - Renaud dans les mines de TF1 > Charlie Hebdo n°65 - 22 septembre 1993 « J - 4 » (« J » COMME J'ANGOISSE...) - Renaud dans les mines de TF1 ON EST MERCREDI, non ? Dans quelques jours, j'en connais un qui va baliser... Pas comme tous les potes qui depuis des mois me tannent avec cette agaçante certitude selon laquelle le Renard chez Anne Sinclair, ça va être formidable. - « D'accord, précisent-ils, on y a vu quelques saltimbanques qui n'avaient pas grand-chose à y foutre, qui y ont brillé par la banalité consternante de leurs discours, par la tiédeur de leurs positions archi-consensuelles, mais toi, Renaud, putain merde! T'as quand même plein de trucs à dire ! Tu vas balancer un max ! Tes pas un mou ! Tu vas secouer le cocotier ! » Ben voyons... Fastoche de pousser les potes à aller au charbon quand toi tu vois la joute depuis ton fauteuil. Qu'est-c'qu'ils s'imaginent ? Que parler à « 7 sur 7 » c'est évident, qu'il n'y a qu'à simplement dire ce qu'on pense, répondre aux questions avec franchise, clarté et sans agressivité, être poli avec la dame et dire merci en partant pour faire « une bonne émission » ? Pour cartonner ? Ça peut se terminer par un carton rouge que je me trimballerai ensuite tout seul et pendant longtemps... Vous avez déjà eu sur vos épaules la responsabilité de vous exprimer devant plusieurs millions de téléspectateurs ? Vous savez ce que c'est que cette peur qui vous prend quand le rouge s'allume, quand les projecteurs vous isolent dans leur lumière sans merci, quand une ribambelle de photographes vous mitraillent quelques minutes avant le coup d'envoi, quand, avec la certitude qu'on vous livre au jugement impitoyable ou complaisant de vos contemporains, on vous demande de vous adresser à travers les questions de la dame à des gens qui vous aiment et que vous avez peur de décevoir, à d'autres qui vous détestent et qui espèrent tellement vous voir vous planter...? Vous savez la difficulté de trouver l'idée juste et les mots efficaces pour l'exprimer ? L'impossible ambition qui voudrait qu'en quarante minutes je parle de moi, de mes engagements, de mes convictions, de Germinal et de l'actualité du monde avec intelligence et cohérence ? J'ai bien peur de ne pas être l'homme de communication idéal pour mener à bien cette périlleuse entreprise. Je vais donc prendre les devants et essayer, au moins pour toi, ami de la presse libre à 10 F, d'écrire ici ce que j'aurais peut-être du mal à dire là-bas... Qu'elle me fait vraiment gerber, cette France balladurienne qui a remplacé la lutte des classes par une société de loisirs, de consommation et de consensus, qui a remplacé la justice par la charité, la culture et les idées par la communication, la solidarité par l'individualisme, la fraternité par l'exclusion et la fierté d'un peuple par son football. Qu'elle est devenue folle, cette société qui voit des enfants s'égorger, des familles crever dans la rue, des néonazis parader, des journalistes condamner et des juges ramper, des charters expulser, des politiciens magouiller, des militants renoncer, des enfants hémophiles empoisonnés, des arbres arrachés, des ours condamnés, des enfoirés s'amnistier et des patrons triompher. Que le monde est un conte absurde plein de bruit et de fureur, raconté par un idiot... RENAUD
    • Télévision 7 sur 7
    • Télévision Anne Sinclair
    • Cinéma Germinal
    • Sport Football

4 février 2002

Christian J. nous offre parmi ces articles un sur le Québec où en 1992 ils avaient déjà inventé Céline Dion !

Charlie-Hebdo
  • 20 octobre 1995, Mon chien s'appelle pas Carignon - Donne la patte t'auras une turlutte... > Charlie Hebdo n°175 du 25 octobre 1995 Mon chien s'appelle pas Carignon - Donne la patte t'auras une turlutte... Personne me parle. Salauds de musiciens ! Quatre cents bornes en autocar entre Besançon et Grenoble et pas un qui m'a adressé la parole ! Même mon chien Toto me boude. Eh ben? T'aimes pas la vie de tournée ou quoi ? M'énerve pas ou j't'abandonne sur le prochain parking d'autoroute, hein! T'en connais beaucoup toi des clébards qui ont la chance de vivre de si belles aventures ? Sous François Villon c'est à pied que tu aurais parcouru les routes de nos belles provinces pour accompagner dans sa solitude ton saltimbanque de maître. Aujourd'hui c'est en autocar pullman. T'es gentil tu vomis pas sur la moquette ! C'est encore Amaury qui t'a filé à bouffer alors que j'avais dit que non ? Pourquoi est-c'que les gens se croient toujours obligés de filer un susucre à un chienchien? C'est marrant ça ! T'arrives au resto avec ton clébard, pour peu qu'il ait une tronche sympa et des yeux tristes (comme mon Toto) tous les dîneurs se croient obligés de lui refiler un bout de barbaque, de fromage ou de sauciflard ! « Oh, il était gentil le ouah-ouah, tiens, mange, mon brave chien... » Je vais faire pareil avec vos gosses, moi ! Bande de nazes ! « C'est à vous, madame, ce joli bébé ? Quel âge ? Un an tout juste ? Tiens, mange, mon bébé, c'est bon, c'est des Carambars ! » Ils savent bien que mon chien est nourri correctement et régulièrement, le p'tit bout de frometon, en fait, c'est surtout pour s'attirer l'affection du bestiau ! Ça prétend aimer les animaux mais ça veut surtout être aimé d'eux, alors ça y va de sa petite offrande, sa petite tentative mesquine de corruption affective. Si je leur dis : « Vous êtes gentils, vous lui filez pas à bouffer», c'est moi qui passe pour une ordure, un sans-cœur. J'ai, depuis longtemps, renoncé à leur préciser que ces chiens-là ça a l'estomac fragile, que ça bouffe pas n'importe quoi n'importe quand sinon, plus tard, ça gerbe sur mes pompes pas sur les leurs, renoncé à leur expliquer que c'est gentil d'habituer mon chien à systématiquement venir mendier aux tables, habitué qu'il a été par des crétins de faux amis des bêtes à avoir son petit amuse gueule partout où ça mange. On me répondait : « Oh, il est si mignon... Pis il avait faim... Vous avez vu ? Il adore le reblochon !» Un jour c'est une super nana qui m'a sorti un truc comme ça. J'aurais dû aller avec ma tronche sympa et mes yeux tristes poser ma papatte sur sa cuicuisse. J'aurais peut-être eu droit à une petite «gourmandise » aussi. Ma femme aurait pas aimé mais la gonzesse aurait sûrement répondu : « Oh, il est si mignon... Pis il avait envie... Vous avez vu ? il adore ça ! » J'ai éduqué mon chien « à la protestante » : la faim c'est comme l'envie, y a des heures pour ça ! Pis ça se laisse pas assouvir avec n'importe qui. RENAUD
    • Politique Carignon
    • Amaury Blanchard
    • Religion Protestantisme
  • 1er juillet 1992, Bille en tête - LES HABITANTS du Danemark > Charlie Hebdo n°1 - 1er juillet 1992 Renaud Bille en tête LES HABITANTS du Danemark, que nous | appellerons les Danemarkiens pour les énerver sont quand même formidables ! D'abord ils disent NON à l'Europe » la con que des politicards véreux font semblant de nous proposer de construire alors qu'elle existe déjà. Ensuite leur équipe nationale de football, qui n'est même pas « professionnelle », remporte (de la plus belle manière qui soit !) la saloperie de potiche en inox qui aurait dû, en toute logique, nous revenir, mais qui nous a échappé, le poids des chaînes en or autour de leur cou ayant sensiblement handicapé nos joueurs. Les Danemarkois, donc, repêchés de dernière minute pour cette compétition, grâce au « nouvel ordre mondial » qui, via l'ONU, a puni les Yougoslaviens en les privant de football parce qu'ils font chier tout le monde avec leur guerre minable où on sait même pas qui c'est les méchants, ont nique en finale les Allemands, « champions-de-le-Monde » en litre, tout à fait, Helmut ! On va pas pleurer sur les Boches : ce sont eux qui, justement, fournissent en armes les différentes milices serbistes ou croatiennes, armes récupérées à l'œil dans les casernes de l'ex-RDA, bonjour l'Europe des marchands de canons ! Thierry Rolland, sur TF1, a, d'ailleurs, joliment résumé le désarroi de nos amis d'outre-Rhin face à nos inconnus d'outre-Fjord en agrémentant son commentaire du match d'une de ces formules dont il a le secret, je cite : " Les Allemands doivent faire la gueule ! - Loin de moi l'envie de faire chier Thierry Rolland qui reste le plus rigolo des journalistes sportifs, surtout pour moi qui n'aime ni le sport ni les journalistes, mais, quand même, c'est pas poli. Les habitants d'Israël, que nous appellerons les Juifs, pour les énerver, sont quand même formidables ! Ils viennent de voter pour la « gauche » aux dernières élections. Forcément ! La droite, c'était des salauds, comme partout, et puis aussi un peu des cons, comme ici. Imagine le désastre économique : ils taisaient venir des chômeurs des pays de l'Est pour en faire des chômeurs en Juivisie. Ils leur distribuaient des terres qui appartenaient aux Palestiniaques, un bungalow, un fusil, une prière, le RMI, mais filaient le boulot aux Arabes, moins regardants sur les salaire et les conditions de travail puisque sans terre et sans maison. Sans compter que ça coûte la peau du cul d'entretenir une armée « démocratique » pour bombarder le Sud-Liban, occuper le Gotan ou assassiner les enfants de salauds qui vous jettent des cailloux alors que vous n'avez qu'une Kalachnikov pour vous défendre... Enfin! On verra bientôt si cette « gauche » là mérite ces guillemets ou, on peut rêver, un G majuscule ... En attendant, j'attends moi aussi la venue du Messie qui viendra dire aux Moïse et Mohammed de tout poil que la terre n'appartient à personne et que, s'ils la cultivaient ensemble, au lieu d'y planter des drapeaux ou des barbelés, elle nourrirait tout le monde sauf peut-être Thierry Rolland, qui est très difficile sur la nourriture, et le docteur Garretta, qui n'a plus faim car il s'est déjà bien gavé. Les habitants d'Iparralde (Pays basque Nord), que nous appellerons « mes frères » pour énerver les Français qui m'énervent, sont quand même formidables ! Ils vont venir à 20 000 le mercredi 8 juillet sur le stade d'Aguilera de Biarritz pour assister au méga-concert que, avec quelques potes, j'organise au profit des Ikastolak (écoles en langue basque en Euskadi) et en soutien aux derniers ours des Pyrénées. Ça s'appelle « 6 heures pour les ours ! » ça va chanter pour l'ours, le Desman, le gypaète barbu, ça va swinguer pour la libération de Jean-Philippe Casabonne et des insoumis basques du groupe BAXTA, ça va financer une école pour une langue, une langue pour un peuple! Y aura Anje Duhalde, Irigoyen Anaïak et les Faboulous Troubadours, Francis Cabrel, les Innocents, NTM, Soldat Louis, et moi (et sous réserves Font & Val). De 18 heures à l'aube, ça va être beau comme une finale de l'Euro 92, on va jouer comme les Danemarkistes: à l'œilil et à fond ! Allez, à la semaine prochaine GORA EUSKADI ASKATUTA* RENAUD *Message perso pour les frères IRIGOYEN
    • Pays Danemark
    • Pays Yougoslavie
    • Sport Football
    • Pays Basque
    • Ours des Pyrénées
    • Francis Cabrel
    • Journaliste Thierry Rolland
    • Pays Israël
    • Pays Palestine
    • Sang Contaminé docteur Garretta
  • 22 juillet 1992, Chronique Montréalaise > Charlie Hebdo n°4 - 22 juillet 1992 Chronique Montréalaise Ce voyage avait très mal commencé. Sur Air Canada, c'est non-fumeurs intégral. Même les longs courriers. Paris-Montréal, sept heures de vol sans nicotine ! J'étais prêt à faire sauter l'avion, à porter plainte auprès de la Convention européenne des droits de l'homme qui fume et du chien qui pèle, quand une hôtesse, à l'embarquement, m'a suggéré de faire comme le personnel navigant lorsqu'il craque en vol. Tirer sur mon clope dans les toilettes, en crachant la fumée à travers une serviette mouillée. J'ai essayé, ça craint. Esthétiquement surtout. Debout dans un placard à balais en inox, un Sopalin humide sur la bouche, le clope au creux de la main, la main dans la cuvette des chiottes, t'as l'air con. J'ai fini par bouffer le Sopalin, c'est, finalement, pas beaucoup plus dégueulasse qu'une Rothmans extra-light. Puis je suis arrivé à Montréal, chef-lieu du Québec, pour apprendre que, depuis mon dernier séjour ici, ce beau pays, qui n'est pas un pays, c'est l'hiver, avait été doublement frappé, par la récession économique d'abord, puis par la Bruelmania. J'ai failli rentrer chez nous. Mais mon devoir m'appelait ici. On m'avait invité à venir fêter le 350° anniversaire de Montréal, ville dont J'étais un peu le prince puisqu'y possédant une gentille chaumière pas dégueu avec un bout de jardin comme France Gall qui en a une aussi (de chaumière) et un tuyau d'arrosage comme Michel Berger qui en a un aussi, mais plus long. J'aimais beaucoup Montréal et Montréal m'aimait beaucoup aussi. Une belle ville en vérité, peuplée de sympathiques bûcherons un peu américains mais pas vulgaires, parlant un Français un peu bizarre mais finalement pas beaucoup plus incompréhensible qu'un article de Bayon dans Libé par exemple. Il a plu à boire debout pendant huit jours. On a fêté quand même. Un soir, avec un ami chanteur français dont je tairai le nom car lui non plus sa femme n'était pas là, avec Julien Clerc, donc, nous sommes allés boire un Perrier-rondelle dans un resto sympa où y'avait pas à manger, de la musique très fort et des gens qui dansaient, mais non, chérie, si tu lis ces lignes, c'était pas une boîte, pi de toute façon y'avait quasiment pas de filles, et elles étaient moches, surtout celle à Julien. A côté de cet endroit question ambiance, les Bains-douches m'ont fait penser au crématorium du Père-Lachaise. La musique (sic) rappelait étrangement les nuits chaudes de Bagdad de janvier 91 et les lumières aussi un peu. les cadavres, par contre, remuaient encore beaucoup. J'avais dit à Julien : le premier mec qui me prend la tête j'y fous un coup d'boule et j'm'arrache. Y'a un Noir de trois mètres avec un tee-shirt « Malcom X » qu'est venu me serrer la louche en m'disant : « J'aime bien les tounes ! A sont belles en tabarnak ! Câlisse ! Lâche pas ! » J'étais à deux doigts de l'allumer mais il m'a tourné le dos, a réajusté ses bas résille et son string-léopard et est retourné danser (sic) avec les autres trucs. J'ai attendu les slows, on m'a dit que d'ici le 700" anniversaire y'avait rien de prévu. Alors on s'est cassés. Le videur, à l'entrée, un Noir aussi, le grand frère de l'autre, m'a fait un sourire très gentil, genre brûlure, J'étais pas mécontent de choper tout de suite un taxi. Le chauffeur était indien, de la tribu des Mohawks. Il nous a vendu des Marlboro de contrebande parce qu'au Québec on trouve pas de ce cancer-là. Je sais pas pourquoi. Une histoire de monopole détenu par une autre marque d'infarctus, Je crois. Je lui ai dit que j'aimais beaucoup les Indiens. Pas seulement pour les dopes, surtout pour leur sens développé de l'hospitalité qui les fit s'installer dans des réserves, des prisons, des cimetières, pour laisser leur beau pays aux envahisseurs, pardon, aux immigrants. Ceux-ci, justice leur soit rendue, n'apportèrent pas que les pluies acides, la Police montée, les centrales nucléaires et les MacDonald's à la civilisation qui vivait si mal sans. Ils ont aussi inventé Céline Dion. Une chanteuse très populaire ici, à côté de laquelle Jeanne Mass passerait pour un prix Nobel de philosophie, et, soyons honnête, bon nombre de nos chanteuses pour des choristes de baloche. Cette petite Dion, donc, déclarait récemment dans la presse que si le Québec devait, constitutionnellement, se séparer du Canada, ce serait un grand malheur pour son pays. (Je leur ai bien conseillé de se séparer de Céline Dion, mais ça les a pas fait marrer...) La pauvre s'est fait engueuler par la nation entière. Indiens compris, et même par sa mère qui a exigé d'elle qu'elle présente des excuses publiques, la Petite Chose a dû retourner devant les micros pour s'excuser en fait d'avoir dit ce qu'elle pensait. Fait pas bon, ici non plus, d'être sincère avec les Journaleux et de pas adhérer au consensus. D'autant que, le plus étrange, c'est que ses sentiments ne sont pas loin d'être partagés par bon nombre, même chez les indépendantistes. Mais, le malheur, on s'en fout, du moment qu'on est chez nous, nos idées de peuple, de langue, de terre, de frontières, de patrie, plantées bien profond dans le béton de nos certitudes, plantées comme la hampe d'un drapeau, comme un totem indien, comme un mirador, n'importe où. Je suis rentré à mon hôtel, chambre 2916, vingt-neuvième étage, vue sur le port, où, il y a 350 ans. Samuel de Champlain débarquait pour fonder Montréal alors qu'il aurait pu fonder, je sais pas, moi, une famille, comme tout le monde. Aujourd'hui, c'est un pays où on ne trouve même pas Charlie Hebdo dans les kiosques et où Bruel est très célèbre. Ça valait bien la peine d'aller si loin... C'est pas un pays, je vous dis, c'est l'hiver ! RENAUD
    • Pays Québec
    • Vie Fumer
    • Montréal
    • Patrick Bruel
    • France Gall
    • Michel Berger
    • Journal Libération
    • Bayon, journaliste à Libé
    • Julien Clerc
    • Céline Dion

3 février 2002

WattMusic
  • , Biographie > photo D.R. WattMusic article original : http://www.wattmusic.com/index.cfm?uid=5&fa=artist&sub_fa=bio&bio_id=635 Biographie par Frank Arnaud Renaud est devenu en quelques années le porte-parole de toute une génération de Français. Un peu écolo, un peu anar, un peu alcoolo, Renaud a réussi à retranscrire l’ambiance des banlieues avec réalisme et poésie… Renaud Séchan est né le 11 mai 1952 à Paris dans le XIVème arrondissement. Son père est professeur d'allemand et auteur de romans policiers. Sa mère est originaire d'un milieu prolétaire du nord de la France. Ils vivent à Paris avec leur six enfants dans un appartement modeste mais confortable. «Anar» en herbe Elève indiscipliné, la scolarité de Renaud n'est pas brillante. Son père, "anarcho-socialiste", comme le dit le chanteur lui-même, lui inculque une méfiance certaine envers les forces de police, les militaires et l'ordre en général. Les choses vont se bousculer en 1968 lors des événements de mai. Pendant un mois, il participe activement au mouvement des étudiants et vit dans l'Université de la Sorbonne. C'est à cette occasion qu'il écrit sa première chanson avec sa guitare pour tout accompagnement. Après cette période d'illusions, Renaud quitte définitivement le système scolaire. Ses parents le somment de se mettre à travailler : il est tour à tour magasinier, vendeur de livres de poche… C'est au hasard d'une rencontre estivale avec le comédien Patrick Dewaere, qu'il est embauché dans la troupe de Romain Bouteille, constituée entre autres, des comédiens Miou Miou et Coluche. L'aventure dure cinq mois. En 72 et 73, avec un de ses amis accordéoniste, Michel, il commence à faire la manche dans les rues de Paris. Ils rencontrent un franc succès auprès des jeunes et même d'un public plus âgé qui voit dans ce duo le renouveau de la chanson de rue. Chanteur ou acteur ? Le producteur de Coluche, Paul Lederman, les remarque. Il les embauche sous le nom des "Trois P'tits Loulous" (un autre compère est venu renforcer le duo) comme attraction au Caf'Conc. Leur répertoire est constitué de chansons réalistes. Michel doit rejoindre l'armée et abandonne Renaud qui continue seul avec ses propres compositions : Hexagone ou Camarade Bourgeois. Pas spécialement destiné à une carrière de chanteur, Renaud se fait pourtant remarquer par une maison de disques indépendante qui lui propose d'enregistrer un 33 tours. En 1975, sort donc le premier album du chanteur âgé de 23 ans. Amoureux de Paname rassemble des chansons qu'il chantait jusque là dans la rue. Le titre Société tu m'auras pas résume bien l'état d'esprit de Renaud mais aussi celle d'une certaine jeunesse qui ne se retrouve pas dans les valeurs inculquées par leurs parents. Laisse béton Malgré ce succès naissant, Renaud rêve toujours de faire l'acteur. En 77, il joue tous les soirs une pièce de Martin Lamotte en même temps qu'il continue de chanter aux Blancs-Manteaux. En octobre, il sort son second album Laisse béton . En 78, ce titre devient un tube et le révèle au grand public. Avec cette chanson, le parler "verlan" devient un phénomène de société. Sa notoriété grandissant, Renaud triomphe au festival du Printemps de Bourges. Il est accompagné pour la première fois par un groupe de "vrais" musiciens. Janvier 79 voit la sortie du troisième album du chanteur, Ma gonzesse. Plus tendre que les précédents, cet opus semble plus intimiste. L'année 80 est marquée par la sortie d'un 33 tours, Marche à l'ombre qui contient des titres devenus aussi célèbres que Dans mon HLM ou Les aventures de Gérard Lambert. Il se produit ensuite un mois entier à Bobino en mars. Ces concerts donnent lieu à l'enregistrement du spectacle : le double 33 tours Live à Bobino et aussi Le p'tit bal du Samedi soir où il reprend les chansons réalistes qu'il chantait à ses débuts. Renaud fait maintenant partie de la nouvelle génération montante de la chanson française. Atteignant la trentaine, le chanteur prend quand même un peu de recul. Avec l'album qui sort en 81, Le retour de Gérard Lambert, il dénonce tour à tour la drogue (La Blanche), la bêtise humaine (Mon beauf' ) et rend hommage avec tendresse à son grand-père "Oscar", mineur de fond. Morgane de toi L'évolution de l'artiste est incontestable. Il est maintenant marié avec Dominique qui en août 80, lui donne une petite fille, Lolita. Il découvre ainsi la vie de famille et s'éloigne de la vie de bohème. En 83, il sort un album différent des précédents. La pochette elle-même est moins dure et agressive. Du coup les chansons paraissent aussi plus tendres : Morgane de toi et En cloque . Cet album connaît un succès sans précédent dans la carrière du chanteur. Dès que le vent soufflera est un énorme tube qui passe sur toutes les radios, avec près d'un million d'exemplaires vendus en quelques mois. Renaud est d'ailleurs en fin de contrat chez Polydor et ce succès lui permet de signer un contrat extrêmement avantageux avec sa nouvelle maison de disques Virgin. Véritable vedette hexagonale, Renaud investit une nouvelle salle parisienne, le Zénith du 17 janvier au 5 février 84. Il effectue ensuite une tournée qui le conduit jusqu'au Québec. Ses activités ne se relâchent pas pour autant après la sortie du disque. En 85, il écrit avec son ami Franck Langolff, l'hymne des Chanteurs pour l'Ethiopie. Il est en effet l'initiateur de cette opération qui est destinée à récolter des fonds pour lutter contre la famine en Ethiopie. Plus d'un million de 45 tours sont vendus. La même année il sort un autre album Mistral Gagnant qui est enregistré aux Etats-Unis sous la férule de Jean-Philippe Goude. C’est le temps des illusions perdues et des constats amers. Au faîte de sa gloire, Renaud trouve pourtant des détracteurs de plus en plus nombreux au fur et à mesure que sa notoriété et son compte en banque augmentent. Exaspéré par cet acharnement essentiellement dû aux médias, et bouleversé par la mort de son ami Coluche en juin 86, Renaud décide de ne faire aucune promotion pour son nouvel album qui sort en avril 88. Putain de Camion en hommage à l'ami disparu, est un succès relatif : 600.000 exemplaires seront quand même vendus. La beauté et la qualité de l'album lui donnent l'occasion de recevoir plusieurs prix, celui de la Ville de Paris, du Ministère de la Culture et de la SACEM. L’âge de raison En 91, après la guerre du Golfe, Renaud sort un nouvel album intitulé Marchand de cailloux. Entre tendresse et coup de gueule, le chanteur est fidèle aux thèmes qui lui sont chers : l'enfance, l'amour et l'injustice. La même année, Renaud accepte de jouer le rôle d'Etienne Lantier dans Germinal adapté du roman d'Emile Zola. Emballé par l'ambiance et l'état d'esprit des habitants de cette région, le chanteur décide de sortir en 93 un disque entier consacré au folklore local, Cante el'nord qui est chanté dans le patois chtimi. Il reçoit la Victoire de la musique du meilleur album de musique traditionnelle à cette occasion. Dès 94, il se remet à écrire des chansons et enregistre cette fois, chez lui. L'album A la Belle de mai, du nom d'un très ancien quartier marseillais est un hommage poétique à la cité phocéenne. Même si le chanteur vend moins qu'auparavant, il reste une valeur sûre de la chanson française. En mai 95, Renaud s'installe tout le mois de mai à la Mutualité, célèbre salle parisienne généralement réservée aux manifestations politiques et sociales. Il part ensuite en tournée dans toute la France. Brassens Imprégné de l'œuvre de Georges Brassens dès son plus jeune âge, il décide, la quarantaine passée, de reprendre 23 chansons de l'artiste disparu. Cette année 96 est aussi marquée par une grande tournée qui se termine par l'Olympia à Paris pendant une semaine en décembre. Le succès est toujours présent. Son projet le plus important mais encore un peu secret reste l'écriture d'un roman. La chanson des rues mènerait-elle à la littérature ? WattMusic © Tous droits réservés
    • Patrick Dewaere
    • Romain Bouteille
    • Pays Tchétchénie
    • Coluche
    • Paul Lederman
    • Chanson Hexagone
    • Chanson Camarade Bourgeois
    • Album Amoureux de Paname
    • Chanson Société tu m'auras pas
    • Martin Lamotte
L'Humanité
  • 20 octobre 2001, Chanteur énervant Renaud, chanteur attachant > L'Humanité Article original 20 Octobre 2001 - TELEVISION Chanteur énervant Renaud, chanteur attachant Sept ans que Renaud ne nous a pas concocté un ch'tit album. Paraît qu'il y travaille... pour 2018 ou 2030. Les premières chansons augurent du meilleur. Les Refrains de la mémoire. La Cinquième, 17 heures. " La souffrance, c'est très rassurant, ça n'arrive qu'aux vivants ", chantait Renaud dans Cent Ans. Sauf que quand elle vous dégringole dessus, c'est tout sauf drôle. Ce qui est arrivé à notre " chanteur énervant national ", il y a trois ans. Pour s'en remettre, il a écumé la France avec une série de concerts. Un an de tournée, presque 250 000 spectateurs, sans une once de promo télévisuelle ou médiatique. Juste des affiches avec " Un piano, une guitare... et Renaud ". Son apparition émue aux Victoires de la musique en février dernier, son silence radio ont alimenté les pires rumeurs, complaisamment relayées par une presse qui rêvait depuis des années de le " cartonner ". Alors oui, il a vieilli, Renaud. Normal, à près de cinquante balais, de ne plus en paraître vingt. Lui-même s'est moqué dans l'album la Belle de mai, en 1994, du temps qui passe, du temps qui outrage : dans Cheveu blanc, il chantait " On a beau s'croire toujours adolescent / Pass'que nos gonzesses sont un peu miro / pass'que les miroirs sont très indulgents / et nos métastases toujours à zéro / le jour où t'hérite des cheveux de tes parents / T'as du mal à croire qu'à partir d'maintenant / les filles vont craquer sur tes tempes argent / surtout si déjà elles craquaient pas avant. " Alors oui, il s'est pris des coups dans la gueule, Renaud, ces derniers temps : sa Lolita grandit, sa " gonzesse ", sa " princesse " l'a quitté. Une vie d'homme, quoi. Des trucs qui arrivent à tout le monde, comme depuis le début de sa carrière : un pote qui se fait plaquer (Manu), l'attente puis l'arrivée d'un enfant (Pierrot, En cloque, Morgane de toi), des prises de position tranchées devant un monde qui tourne sur la tête (les Charognards, Son bleu, Fatigué, Triviale Poursuite...). C'est aussi ce qui nous émeut, toutes générations confondues, depuis vingt-cinq ans, chez lui : sa capacité à partir de son propre vécu, pour exprimer ses révoltes et ses tendresses. Privilège du poète : quand il parle de lui, il parle de l'humanité tout entière. Idem pour les coups de sang, les révoltes du " chanteur énervant ". Elles ont suivi son parcours d'homme. Parfois très dures (ah Hexagone !) , elles ont toujours été nuancées d'une profonde compassion pour les " petits ", les " faibles ", les victimes du système. Même et surtout lorsqu'ils jouent les petits durs. Ainsi dans la Teigne : " Il avait pas connu ses vieux, / il était de l'Assistance, / Ce genre d'école pour rendre joyeux, / c'est pas exactement Byzance. / D'ailleurs on lisait dans ses yeux / qu'pour qu'y soit bien / fallait qu'on le craigne [...] " Une compassion sans pitié, comme un mélange de lucidité et de sensibilité. Des barricades de Mai 68, Renaud est passé à la rébellion contre le système, puis à une fascination pour Mitterrand, sans jamais se renier. Il s'est dit " fatigué de parler, fatigué de me taire / quand on blesse un enfant, quand on viole sa mère / quand la moitié du monde / en assassine un tiers ". Mais jamais il n'a " lâché ". " Je suis un révolté de naissance ", confiait-il à Marianne, en juillet 2000 (NDK : Renaud casse la baraque). S'il s'" expose moins " qu'à une certaine époque, il continue de " mener des combats qui (lui) tiennent à cour ". Lors de sa tournée, Renaud a dévoilé deux titres de son dernier album, prévus pour " 2018 ou 2030 ". Ils s'intitulent Boucan d'enfer et Elle a vu le loup. La première sur sa rupture, la seconde destinée à sa Lolita, sur le dépucelage. Du grand, du très grand Renaud. Vivement 2030 !. Caroline Constant.
    • Album Boucan d'Enfer
    • Chanson Cent Ans
    • Une guitare, un piano et Renaud
    • Victoires de la Musique
    • Vie Vieillir
    • Album A la Belle de Mai
    • Chanson Cheveu blanc

29 janvier 2002

Le Kiosque compte désormais 300 articles !
Suite et fin des articles que m'a envoyés Gino et quelques Charlie-Hebdo de Christian J.

Le Droit
  • 2 février 2001, L'hexagone de Renaud > Le Droit Les Arts du vendredi 2 février 2001, p. 25 L'hexagone de Renaud Côté, Christian De mémoire de môme, ça faisait plutôt longtemps que l'on avait pas vu ce cher Renaud sur nos rives outaouaises. À vrai dire, il ne s'y était jamais montré le bout du nez. Mais voilà qu'à la faveur d'une tournée de retrouvailles avec le public québécois, le voyou-chanteur engagé a laissé son Hexagone de côté pour venir nous pousser une ou deux chansons pour Pierrot et ses amis. Une présence qui avait de quoi habiter cet amphithéâtre du Musée canadien de la civilisation, qui, hier soir, sentait bon le retour aux sources, celles qui nous viennent des quartiers prolos parisiens. Et force est d'admettre que Renaud nous aura eu par les sentiments. S'excusant d'emblée pour sa voix qui semble lui dire merde de plus en plus, Renaud y est allé d'un long préambule relatant ses récents déboires avec la presse montréalaise. Un peu piteux tout de même de n'avoir pu leur montrer de quel bois il pouvait vraiment se chauffer, Renaud a tenté de se reprendre ici, grand bien nous en fasse. Et la voix ? Eh! bien elle suivra autant que faire se peut. Parce qu'avec les années, on n'améliore pas un organe qui, de l'aveu même de son propriétaire, est en piètre état. En guise d'intro, en chansons cette fois, Renaud, 48 berges, nous a servi La ballade de Willy Brouillard de Brassens, une demi-réussite laissant la foule sur une drôle d'impression. (NDK : vous avez corrigé naturellement que cette chanson n'est pas de Brassens !) Renaud Séchan ne semblait plus qu'être l'ombre de lui-même, plaqué comme ça sur scène, micro en main, surplus en ventre et couette longue et grise. Mais, tel un glacier qui ne peut résister de fondre coincé sous les projecteurs, Monsieur Séchan s'est fait de plus en plus aimable, visiblement content de retrouver le public et vice-versa. Le personnage a pris le dessus et paf ! ça s'est vraiment enclenché avec La mère à Titi. On retrouvait celui qu'on avait aimé il y a 10, 15 voire même 25 ans plus tôt. D'ailleurs Titi, son célèbre guitariste et compositeur était à ses côtés, pour montrer qu'entre vrais potes, lui et Renaud Séchan se tiennent malgré les épreuves. Il faut dire que Renaud émerge d'un mutisme inédit, lui qui n'a pas sorti de nouvelles compositions sur laser depuis À la belle de mai, paru en 1993. Déboires personnels, inspiration sous zéro, ça n'allait pas pour le mieux pour l'auteur de Morgane de toi. En cloque, Germaine, Boucan d'enfer et Manu ont assurément touché le mille chez les fans. Trois heures de chansons en compagnie de Renaud ça valait bien une éternité d'attente, non ?
    • Une guitare, un piano et Renaud
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    • Jean-Pierre Bucolo
Le Soleil
  • 11 novembre 1995, THE MEILLEUR OF RENAUD > Le Soleil Arts et spectacles du Samedi 11 novembre 1995 C8 THE MEILLEUR OF RENAUD
    • Album The Meilleur of Renaud
  • 17 janvier 2001, Renaud Séchan revient de loin > Le Soleil Extra, mercredi 17 janvier 2001, p. E8 Arts spectacles Renaud Séchan revient de loinDe retour en tournée après trois ans de panne d'inspiration Samson, Jacques Complètement sonné par la séparation d'avec sa femme, en panne complète d'inspiration depuis trois ans, Renaud, à la suggestion de son ami Buccolo, a plongé en pleine tournée, sorte de thérapie pour guérir ses blessures ou de quête d'amour. C'était à l'automne 1999. C'est ce que le chanteur a raconté, à son écrivain de frère, Thierry Séchan, dans une des rares entrevues qu'il a accordées depuis le début de cette fameuse tournée. C'était en avril 2000. Cette tournée nous amène Renaud à Québec demain, à la salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre, pour un seul spectacle, intitulé Une guitare, un piano... et Renaud. La tournée, qui dure maintenant depuis plus d'un an se poursuivra encore quelques semaines en Europe, après son passage au Québec. Renaud Séchan est très avare d'entrevues, il prétexte toujours qu'il n'a rien à dire et les demandes du SOLEIL en ce sens sont demeurées vaines. Mais dans l'entrevue publiée en avril dans VSD(NDK : Ma tournée c'est ma thérapie), Renaud Séchan raconte à son frère des choses très intimes. Quand Thierry lui demande: "Où étais-tu ?" Renaud, avec son parler cru habituel, lui répond : "J'étais dans une brasserie parisienne, à m'étioler entre 19 Ricard, 12 antidépresseurs et 14 anxiolytiques..." Et quand il lui parle de son interminable tournée amorcée en octobre 1999, Renaud Séchan répond à son frère ce qui suit: "Bien sûr que c'est une thérapie. J'étais au fond du trou, en mal d'amour, en mal de vivre, et mon ami Buccolo m'a dit: "Tu veux de l'amour, tu veux de la vie? Va en chercher auprès de ton public! Il est toujours là! Faisons une trentaine de concerts, ça te fera du bien." Ça m'a fait du bien. Et on a donc décidé de continuer, encore et encore..." Boucan d'enfer Durant ses premiers spectacles, interprétait une chanson, Boucan d'enfer, qui évoquait sa séparation d'avec sa compagne Dominique. Il ne la fait plus maintenant, il l'a retirée! Pourquoi, lui a demandé son frère dans VSD ? "Parce qu'elle était trop impudique, que je m'y livrais trop. Je prêtais flanc aux délires des journalistes sur ma vie privée, à leurs discours sur mes "déboires sentimentaux", toutes choses vraies ou fausses que je n'ai pas envie de voir étalées dans les journaux. Et puis c'était une chanson foncièrement injuste, égoïste, puisque je ne parlais que de mon chagrin, sans évoquer la tristesse de mon épouse, pour qui cette séparation fut aussi une grande blessure. Elle m'a dit ces mots si justes: "Toi, tu as le pouvoir de chanter ta douleur, de la voir apaisée par les applaudissements des gens qui t'aiment. Et moi, qu'est-ce que j'ai comme droit de réponse? Et sur quelle épaule je m'appuie pour pleurer". Renaud Séchan, qui a eu 48 ans le 11 mai, raconte aussi à son frère qu'il compte bien chanter jusqu'à l'âge de 100 ans. "Ben, oui... Parce que je ne sais pas faire grand-chose d'autre. Et puis, il faudrait que je sois un peu maso pour décider de me priver de cet amour démesuré que les gens me donnent chaque jour en échange de mes chansonnettes. Quand on ne s'aime pas beaucoup soi-même, c'est une façon de se supporter, ça aide à vivre." Malgré ce qu'il a vécu, Renaud avoue ne pas se sentir pour autant déprimé, mais plutôt juste un peu triste, un peu mélancolique et nostalgique. "Je fais partie de ces gens qui n'ont jamais été doués pour le bonheur. L'approche de la cinquantaine, les bouleversements dans ma vie conjugale, l'inspiration qui devient plus difficile, la disparition d'êtres chers, le manque que j'ai d'eux, de Georges Brassens à Gainsbourg, de Coluche à Pierre Desproges, de Robert Doisneau à Tonton, et plus récemment d'Alphonse Boudard... Je trouve juste que la vie est dégueulasse, point final." Après 25 ans de carrière et 12 millions d'albums vendus à travers le monde, Renaud Séchan ne semble pas en avoir un qui pointe pour les prochains mois. Dans une autre rare entrevue, celle-ci donnée à Marianne, en juillet (NDK : Renaud casse la baraque), il avoue qu'au cours des cinq dernières années, il n'a écrit que cinq chansons et qu'il ne sait toujours pas quand il sera prêt pour un nouvel album. Son dernier remonte à 1996 et s'intitulait Renaud Séchan chante Brassens. Demain, ça risque donc d'être un privilège de renouer avec Renaud Séchan à Québec. Dans le spectacle, on retrouvera des chansons qui couvrent les 25 ans de carrière de Renaud, de Marche à l'ombre, en passant par Les charognards et jusqu'à la nouvelle, Elle a vu le loup. Renaud Séchan, à la Salle Louis-Fréchette du Grand théâtre, demain à 20 h. JSamson@lesoleil.com Illustration(s) :
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    • Pierre Desproges
  • 27 janvier 2001, Péché de complaisance > Le Soleil Primeurs, samedi 27 janvier 2001, p. D6 En passant... Péché de complaisance Samson, Jacques Oui ! Je l'avoue ! J'ai été complaisant dans ma critique du spectacle de Renaud ! Oui, il a faussé! Oui, il a la voix éraillée! Oui tout ça! Mais moi, je n'étais pas allé voir et entendre Renaud Séchan pour ses performances vocales, j'étais là pour l'émotion, pour rien d'autre! Et de l'émotion, j'en ai eu à la tonne! D'ailleurs, je pense que c'est le meilleur show " human " que Renaud Séchan n'ait jamais donné au Québec ! Ce que j'ai vu sur la scène du Grand Théâtre, ce soir-là, c'est un Renaud fragile, vulnérable, blessé et il m'a touché, comme il a touché un paquet de jeunes autour de moi. Si c'était à refaire, je serais tout aussi complaisant, le monstre sacré ne m'a pas déçu, malgré ses quelques petites faiblesses ! Un public jeune Le public venu entendre Renaud était un public étonamment jeune. La salle était composée en grande partie de cégépiens, de jeunes âgés entre 16 et 20 ans. Ce qui est étonnant, c'est que, même s'ils n'avaient certainement jamais vu Renaud en spectacle auparavant - il n'avait pas mis les pieds chez nous depuis 10 ans -, ils savaient toutes ses chansons par cœur. Et en plus, on ne peut pas dire que les radios d'ici abusent des chansons de Renaud dans leur programmation. Malgré tout ça, les jeunes connaissent le chanteur français et ils le connaissent même très bien.
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Charlie-Hebdo
  • 19 mai 1993, Free-Jazz et Picasso > Charlie Hebdo n°47 du 19 mai 1993 Free-Jazz et Picasso - Je fais de la peinture comme je fais de la musique : d'oreille LE FREE-JAZZ, C'est du Picasso qui réveille les voisins ! disait un pochtron dans l'avant-dernier Brèves de comptoir. La sentence est cruelle, surtout pour le grand peintre dont l'œuvre me touche beaucoup, là et là, étant un peu peintre moi-même. Un peu seulement... Ça m'a pris il y a deux ans quand je suis allé voir l'expo Van Gogh à Amsterdam. En revenant j'ai réalisé que Gainsbarre avait vraiment raison, que la peinture c'était l'Art majeur. J'ai acheté tout le matos et je m'y suis mis. J'ai dit à ma femme : « Je vais être Van Gogh ! Sois courageuse, ça va être très dur, mais j'y arriverai ! » Conscient néanmoins que la tâche serait ardue, je me suis fixé des échéances : deux semaines. «Après, je passe à la sculpture, pensai-je. Pour ma première toile, J'ai attaqué par un autoportrait. J'ai commencé par me dessiner, déjà ça j'ai eu du mal, mais comme je cherchais pas vraiment l'hyperréalisme, je m'suis dit ça chie pas. Je me suis fait de beaucoup plus beau qu'en vrai passqu'en vrai je suis quand même pas terrible. Après, j'ai mis les couleurs. J'avais choisi la peinture à l'huile, c'est ce qui m'avait semblé le plus dur, donc le plus beau. Ce fut effectivement très dur... Quand la toile a été finite, j'ai reculé de deux pas, j'ai regardé, et j'ai vomi. Après, j'ai fait quelques paysages. J'ai mis mon chevalet sur mon dos et je suis parti à pied, en plein midi, arpenter les petites ruelles du petit village où je prenais un repos annuel bien mérité. Le village était dans une île, l'île en Grèce et la Grèce au soleil. Ça m'a fait des paysages un peu tout blancs avec du bleu au-dessus, genre pub pour Habitat, c'était aussi assez moche. Après j'ai encore essayé de peindre ma fille, mais comme elle avait vu mes premières toiles elle a menacé de me quitter si je faisais ça. J'ai posé mon chevalet dans un coin et je me suis intéressé à la danse classique. Je voulais être Van Gogh ou rien, pas d'bol, j'ai été rien. Ça m'a repris récemment. Je vous raconte comment : c'est Claude Berri, grand fana d'art contemporain, qui m'a initié. Je suis allé chez lui. Ses murs étaient couverts de toiles immenses, genre toutes blanches ou toutes bleues. Ou toutes grabouillées. On n'avait pas le droit de fumer. A cause des toiles toutes blanches, pour pas qu'elles deviennent toutes jaunes. Au début, j'ai rigolé, surtout quand j'ai su les prix. Après, bizarrement, pi comme Berri il en parle bien, ça a commencé à me plaire. Mais à me plaire vraiment ! Alors il m'a fait voir sa galerie où il expose d'autres œuvres dans ce genre là. De l'art conceptuel, de l'art pauvre, de l'art minimal. Ça m'a rendu fou. En huit jours j'ai vu douze expos, lu quatorze bouquins, rencontré vingt artistes, et j'ai envisagé de vendre ma collec' de Tintin pour m'acheter machins de ces gens là. Mais même en mettant au bout j'aurais pas eu de quoi me payer le moindre crobard... Alors j'ai ressorti mon chevalet du placard, j'ai racheté des toiles, de la peinture, et je m'y suis remis. Allez! pensai-je, aux chiottes, le figuratif! Je me lance dans l'abstrait ! J'ai peint pendant trois jours et trois nuits, des rayures, des grabouillis, des taches, des giclées. « Ça représente quoi? » m'a demandé ma gonzesse. Je lui ai dit que l'art n'avait pas forcément à « représenter ». « Oui. mais y faut quand même que ça soit beau ! » a-t-elle ajouté. J'ai dit que pas forcément non plus, que la beauté en art était une notion totalement subjective, le plus souvent basée sur des diktats de petits-bourgeois, et toc ! Elle m'a dit qu'elle trouvait ça quand même subjectivement très moche. Quant à ma fille, quand elle a vu mes nouveaux tableaux, elle m'a quitté. Je me demande si je vais pas me mettre au free-jazz... RENAUD Erratum : La semaine dernière, une faute de frappe, indépendante de ma volonté, a traduit par « le silence tue surtout les Kurdes... » là où j'avais écrit : « tue aussi... ». Claviste, gaffe à ta gueule !
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  • 21 juillet 1993, Ni Dieu, ni nouilles > Charlie Hebdo n°56 du 21 juillet 1993 Ni Dieu, ni nouilles C'était en 68, ou peut-être 69, Léo Ferré se produisait à Bobino, avec Paul Castanier au piano. Aux promenoirs, les places debout à 5F(!), nous étions une centaine à brandir des drapeaux noirs et à brailler comme des cons pour qu'il nous chante les Anarchistes et Ni Dieu ni maître ! ! Le vieux, je le compris plus tard quand je me retrouvai moi aussi sous les sunlights, n'entendait probablement qu'un brouhaha d'hystériques vociférants, et, aveuglé par les projos, ne distinguait sûrement pas les drapeaux. Aussi, entre deux chansons, nous traitait-il de petits cons. Notre liesse redoublait : putain, le pur ! Capable d'envoyer chier jusqu'à ses propres troupes, coupables sans doute d'embrigadement au son de son clairon libertaire. Coupables de brandir un drapeau, tout noir fût-il. Coupables de marcher en bande, de crier en chœur, de béatifier en groupe celui-là même qui chantait l'individualisme avant tout. Nous avions lu l'Unique et sa propriété de Stirner et étions nous aussi individualistes, mais pour nous rassurer sur la justesse de ce choix et pour compter nos forces, nous éprouvions le besoin de nous regrouper. Nous vomissions aussi les dieux et les maîtres mais, quand nous n'avions pour le dire que des slogans, Léo avait les mots, les rimes et la musique. Alors il était notre Dieu. Rares sont les idoles qui ne tombent pas. Déboulonnées de leur piédestal par ceux-là mêmes qui les ont adorées. Mon amour s'estompa lentement, au rythme de ma jeunesse et de mes illusions qui s'enfuyaient, pour ne plus devenir qu'un respectueux attachement au vieux grognard de la cause libertaire et à ses chansons. Il était le Raymond Poulidor de mon panthéon personnel des chanteurs, derrière Brassens et devant tous les autres. Quand nous avons, il y a trois ans, partagé l'affiche du spectacle commémorant les 70 ans du Parti communiste français, nous avons un petit peu papoté, avons ri ensemble des Rolls Royce qu'une partie commune de nos publics nous avait accusés de conduire en cachette, et, à mes inquiétudes sur «l'appréciation» par les médias de notre participation à cet événement, il m'avait dit «Tu les emmerdes ! C'est le parti des pauvres ! Si les journalistes ne veulent pas comprendre ça, crache leur à la gueule !» Et puis nous nous étions quittés, moi lui promettant d'aller lui rendre visite un de ces quatre en Toscane, lui me promettant de me faire la pasta, histoire de me faire prendre quelques kilos, attristé qu'il avait l'air de me trouver si maigrichon. La vie est dégueulasse, qui vient de me faire passer à côté d'un plat de nouilles. Pourtant, aujourd'hui, c'est le cuisinier qui me manque le plus. RENAUD
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28 janvier 2002

Divers articles de la belle Province grâce à Gino

La Presse
  • 10 janvier 2001, La variété de la culture > La PresseForum, mercredi 10 janvier 2001, p. A14 La boîte aux lettres La variété de la culture ALORS QUE nos pathétiques journalistes "culturels" se battent pour ramasser les miettes que daignent leur jeter Céline et René et rivalisent d'audace pour défendre le "droit à l'information" en scrutant à la loupe le sperme congelé de l'imprésario et en faisant l'analyse du moindre monosyllabe balbutié par la chanteuse, que se passe-t-il à Montréal? Depuis quelques semaines, le chanteur que d'aucuns considèrent comme l'un des plus importants de la chanson française des 50 dernières années (au point où l'on a versé son oeuvre au patrimoine français pour en assurer la pérennité), Renaud Séchan donc, est au Québec pour une tournée, et ce, après 10 ans d'absence. Une seule question: qui, parmi nos laborieux plumitifs de la culture, s'est intéressé à le rencontrer jusqu'ici pour nous informer des projets récents et futurs de cet immense poète? Avis aux intéréssés, à nos journalistes des variétés, Renaud est ici jusqu'au début février. On aimerait entendre autre chose qu'un autre chapitre illustrant les cabrioles dérisoires du "jum" de Céline. Par ailleurs, ces pauvres journalistes des potins mondains pourront toujours, afin de se consoler, se dire: "Ça a du se passer pendant qu'on regardait ailleurs". S. D'AMICO Verdun
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    • Montréal
    • Céline Dion
Le Devoir
  • 12 février 2001, Une corde sensible > Le Devoir Éditorial, lundi 12 février 2001, p. A6 Lettres Une corde sensible Le 28 janvier dernier, l'art avait rendez-vous à Shawinigan en la personne de Renaud. Un spectacle dont le contenu dépassait largement le contenant, sis entre l'exploit, d'une part, et la simplicité totale, de l'autre. Exploit, parce que - et les critiques l'ont suffisamment noté - Renaud n'a pas de voix, au sens où il ne sait plus rendre les aigus "n'ayant plus qu'une corde vocale", nous a-t-il confié. Ce qu'il n'a pas eu besoin de nous dire, car cela nous apparaît évident depuis 20 ans, c'est à quel point il a de cordes sensibles... à quel point il est toujours là, profondément occupé à décrire les amours dans ce qu'elles ont de plus heureux et de plus souffrant. Profondément occupé à dénoncer dans d'anciens textes (Madame Thatcher), aussi bien que dans de plus récents (La médaille, Son bleu, etc.). Renaud n'a pas capitulé devant le politiquement correct qui nous est de plus en plus imposé, ni devant le rigoureux silence qui entoure l'inadmissible (écologie, drogues, jeunesse évacuée de la société, pouvoirs politiques extrêmes, etc.) Quitte à perdre des plumes, il continue, osant même nous dire: "Et puis, cette indépendance ?", rappelant en cela le rôle fortement libérateur qu'ont joué les artistes d'ici, au cours des années 1960-70, préparant l'éclosion sociale qui, si elle n'a pas fait de nous un peuple souverain, en a tout de même fait un peuple singulier, unique... "Je ne suis jamais allé chanter au Canada", a poursuivi Renaud. Qu'est-ce à dire? De la "politicaillerie" de Français dans un Québec qu'il ne comprend pas? Je crois au contraire que cela nous rappelle au rôle unique de la chanson : ouvrir la voie, donner la parole pour que naissent les discours, le dialogue, et ce, sans muselière. Il y a 20 ans, nous aimions Renaud pour son audace à nommer ce que d'autres taisent pour faire "joli"... Nous l'avons retrouvé dimanche dans ce même courage, celui d'affronter l'interdit. Christiane Asselin Trois-Rivières, 6 février 2001
    • Pays Québec
    • Une guitare, un piano et Renaud
  • 18 juillet 1992, Pourquoi laisser béton ? > Le Devoir Le Cahier du Samedi, Samedi 18 juillet 1992 B6 Spectacles Pourquoi laisser béton ?Pontoreau, Pascale HABITUELLEMENT, les acteurs rêvent de chanter. Richard Berry, Patrick Bruel, Isabelle Adjani, Catherine Deneuve... et puis, il y a les chanteurs qui rêvent de faire du cinéma, quand ils n'en font pas déjà un brin sur scène. Eh bien, il ne reste plus que quelques semaines à Renaud pour faire le grand saut. Dès le début du mois prochain, et pour une durée de huit mois, le loubard parisien se retrouvera devant la caméra, premier rôle, oui monsieur ! en charmante compagnie. Rien de moins que Miou-Miou et Depardieu à ses côtés, dans un film de Claude Berri et un grrros budget de quelques 32 millions de dollars pour l'adaptation du Germinal de Zola. «Je suis très angoissé en pensant au moment où Berri dira «Moteur!». Je pense que j'ai encore plus peur que la première fois que je suis monté sur scène. Parce que là, ce n'est pas du tout mon élément. Pour l'instant, je me maudis vraiment d'avoir accepté un tel projet!» En attendant, Renaud vient se relaxer aujourd'hui au Parc des îles de Montréal, et lundi soir à l'Agora de Québec. Renaud n'est tendre avec personne. Ni avec lui, ni avec les autres. Et ce n'est pas nouveau. En 1974, quand il a commencé, à 22 ans, il donnait plutôt dans la dérision. Des textes qui parlaient de banlieue parisienne, de mobylettes et de baston. Puis, ce fut le côté coeur avec l'apogée de Mistral gagnant. Vint, la désillusion acerbe de Putain de camion. Avec son dixième bébé, Marchand de cailloux sorti en octobre dernier, Renaud retourne à la tendresse mais la plume n'a rien perdu de sa causticité. «Il y a plusieurs générations de pasteurs dans la famille de mon père. Et, je me sens très proche de la rigueur et de la générosité de cette communauté qui a toujours lutté contre l'injustice et défendu les opprimés. Je me sens bien avec l'éducation protestante austère et puritaine que j'ai reçue. C'est sûrement pour cela que je ne peux m'empêcher de dénoncer. Mon défaut, c'est de choisir mon camp un peu trop vite et du coup, de parler parfois sans trop savoir. Je manque de retenue, j'agis sur des certitudes.» D'habitude avec l'âge, l'agressivité laisse tranquillement sa place à la lassitude. Renaud a beau essayé de s'en tenir à des histoires qui plaisent à sa blonde - comme le tendre Dans ton sac sur lequel j'ai quasiment versé une larme! - il ne peut renoncer au combat contre la bêtise, les excès, les cons... Sur Marchand de cailloux, les cons prennent les allures de «500 blaireaux sur leurs motos / Ça fait un max de blairs / Aux portes du désert...». La course Paris-Dakar, ses millions de dollars et ses enfants Africains tués chaque hiver n'ont qu'à bien se tenir. «Les enfants sont la seule cause pour laquelle je n'arrêterai jamais de me battre,» précisera Renaud Séchan. L'enregistrement de l'album à Londres avec le producteur Irlandais Pete Briquette laisse d'excellents souvenirs au chanteur. «Les musiciens anglais ont contredit la réputation selon laquelle ils méprisent tout ce qui vient de France. Ils m'ont accepté alors qu'ils ne me connaissaient pas du tout. Ils ont travaillé comme des fous sans passer leur temps à réclamer des hausses de salaire et le paiement d'heures supplémentaires comme l'exigent les Américains. J'ai vraiment beaucoup apprécié de travailler avec eux. Et puis le fait d'être à Londres me donnait un air de vacances.» Peut-être ces conditions justifient-elles l'atmosphère paisible qui émane du disque. À force de tirer des boulets chauds sur tout ce qui bouge croche - «Je suis sollicité quotidiennement pour, au mieux signer une pétition, mais aussi pour un concert (la semaine dernière, nous avons organisé un spectacle au Pays Basque pour sauver les 13 derniers ours des Pyrenées) un soutien financier, un meeting, etc» - le chanteur risque de perdre quelques plumes dès que sa ligne de conduite s'égare. En France, il a déjà pas mal payé remarquez. Cependant, si on le lui demandait, il viendrait sans hésiter à la rescousse du français d'ici. Peut-être est-ce cela le charme de Renaud. Moi qui l'ai approché avec des préjugés gros comme le bras, j'ai capitulé devant son honnêteté, sa gêne. Comme un adolescent, il fonce dans le tas, se rebellant contre les gros et les méchants. Comme un enfant, il attendrit. Son public de jeunes a d'ailleurs suivi. Il y a de nouveaux jeunes, mais il y a aussi les jeunes de son époque qui ont vieilli. Ceux qui rêvent encore de justice le suivent toujours. Ceux qui ont viré de bord le dénigrent. Une chose certaine, son retour aux sources de balades irlandaises ne peut que séduire le romantique qui sommeille en nous.
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    • Album Marchand de cailloux
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  • 4 décembre 1993, «Entrer» au Livre de Poche > Le Devoir Livres, Samedi 4 décembre 1993 D10 La Vitrine du livre «Entrer» au Livre de Poche Dès que le chant souffleraRenaud, Le livre de poche Ça fait 20 ans qu'il roule sa bosse dans le merveilleux monde de la chanson, sur les pas de Béranger, Bruant, Chevalier, Ferré et les autres. Voyou du caf'conc', chansonnier poissard et chanteur engagé, Renaud Séchan, dit Renaud pour les légions d'intimes, entre au Livre de Poche comme d'autres en Pléïade, en même temps qu'il amorce une carrière d'acteur avec Germinal . Des Amoureux de Paname et de l'Hexagone aux Dimanches à la con et à Toute seule à une table , les textes de ses chansons ont été rassemblés par les soins de Pierre Saka qui, malheureusement, n'a pas jugé bon de joindre à l'ensemble une discographie complète et détaillée.
    • Cinéma Germinal
Le Droit
  • 17 décembre 1994, Le bon, le pas mal et l'inutile > Le Droit Arts et spectacles, du Samedi 17 décembre 1994 A16 Disques Le bon, le pas mal et l'inutileSurprenant, Jean-Claude RenaudÀ la Belle de mai. Virgin/EMI Renaud Séchan se rend à la foire. À la Belle de mai revient avec 12 nouvelles chansons enveloppées elles aussi dans une pochette remarquable: boîte de tôle mince, dessins de foire, et disque à l'apparence d'une cible. L'album lui-même est un peu moins remarquable quoique les inconditionnels apprécieront. Après dix albums, Renaud réussit quelques belles ballades, dont celle de Willy Brouillard et C'est quand qu'on va où?, le premier extrait. Ces deux chansons sont parmi les meilleures d'un dixième album assez intéressant, même agréable. Cependant, il y manque quelque chose, cette chère méchanceté de Renaud, ce regard coriace et rebelle. Bien sûr, on ne peut lui reprocher d'opter pour une musique et des thèmes plus doux, plus gentils, quoi. Mais À la Belle de mai manque un peu de relief, même si on s'y fait à l'habitude. Malgré tout, l'humour n'est pas absent de l'album et que Renaud prouve encore une fois ses talents de paroliers. Quant à la musique elle-même, elle est simple, plutôt acoustique, et appuie bien les textes, sans s'imposer non plus.
    • Album A la Belle de Mai

23 janvier 2002

`` Charlie, ça continue '', 4 articles grâce à Christian J.

AlloCiné
  • 30 janvier 2002, Johnny Hallyday se consacre au cinéma > Allociné de janvier 2001 http://www.hallyday.com/Savoir/Derninfo/info0105.html Les Projets de cinéma de Johnny selon Juxe Box Magazine: -Les Mystères de Paris de Vincent de Brus avec Renaud et Jamel Debbouze, http://www.allocine.com/article/fichearticle_gen_carticle=500724.html Johnny Hallyday se consacre au cinéma Tournages, 30 Janvier 2001 Notre rocker national entend se consacrer totalement au cinéma pendant les deux années à venir. La star de la chanson a confié, dans une interview au quotidien Le Parisien du 18 janvier, sa décision de ne plus monter sur scène avant 2003 pour se consacrer au cinéma. Il a, en effet, reçu des propositions intéressantes depuis Love Me de Laetitia Masson avec Sandrine Kiberlain, l'année dernière. Son plus gros projet serait une adaptation des Mystères de Paris d'Eugène Sue. C'est ce que Johnny a confié au Parisien lors des 3e Rendez-vous européens du cinéma français, événement organisé par Unifrance, au Crillon. Il annoncé que le tournage de cette adaptation, dans laquelle il jouerait aux côtés de Renaud, Jamel Debbouze, Samy Naceri et peut-être John Malkovich, devrait avoir lieu au printemps. Les productions Christian Fechner sont, cependant, moins enclines que notre vedette à s'exprimer sur le sujet, rappelant qu'il s'agit d'un projet qui est en attente depuis déjà quelques années, qu'il est actuellement en réécriture, et qu'aucun chargé de production n'a encore été nommé. Les deux autres projets que Johnny Hallyday avance pour annoncer son retour vers le métier d'acteur sont, tout d'abord, Crime Pree, un thriller américain dans lequel il jouerait aux côtés de Christophe Lambert et Harvey Keitel qui est, pour lui, "le plus grand de sa génération", puis un projet en commun avec Patrice Leconte, dont le tournage est prévu pour l'année 2002. E.M
    • Johnny Hallyday
    • Jamel Debbouze
    • Cinéma Les Mystères de Paris
    • Vincent de Brus
    • Samy Naceri
    • John Malkovich
Charlie-Hebdo
  • 7 février 1996, Fausse alerte ! - Pourvu que ma fille arrive vierge au divorce... > Charlie-hebdo N°190 - 07 février 1996 Fausse alerte ! - Pourvu que ma fille arrive vierge au divorce... Ça y est ! Il est arrivé ! LE coup de téléphone qui tue ! L'appel que j'appréhendais depuis quinze ans ! Il est arrivé hier, 1er février 1996 ! DRRRIINNNGG ! « Tiens ? Qui cela peut-il bien être ? » me demandai-je un petit peu. J'étais seul à la maison, c'était donc à moi de décrocher, mon chien Toto veut pas apprendre. J'ignorais alors en faisant ce geste si banal, si quotidien, que ma vie allait en être bouleversée à jamais. « Allô ? » dis-je presque machinalement puisque c'est comme ça qu'on dit. « Allô ? Est-c' que j'peux parler à Lolita, siouplaît ? » me demande à l'autre bout du fil une voix masculine. Une voix masculine, adolescente, et qui dit pas bonjour ! J'encaisse. Pas de panique, me dis-je, c'est probablement une erreur. C'est une jeune fille qui mue ou bien le type appelle une autre Lolita, s'est trompé de numéro et est tombé chez la mienne. «Heu... Elle n'est pas là, elle est au lycée... - Ah bon... J'm'excuse mais à quelle heure elle s'ra là ? » Oui oui, vous avez bien lu : «J'm'excuse. » Au lieu de : «Je vous prie de bien vouloir accepter mes excuses. » Je ne relève pas et, mieux, accepte même de répondre à la question totalement indiscrète. « Heu... Elle sera là dès qu'elle sera rentrée. Mais c'est de la part de qui, au juste ? » Un moment d'hésitation puis la voix imbécile continue : « Heu... J'suis Grégory, un ami à elle, j'étais en cinquième avec elle au collège...» Je laisse passer ce mensonge gros comme une maison - ma fille n'a pas d'ami, que des amiEs - et décide que la conversation a assez duré. Ce jeune insolent, probablement drogué, ne me paraît pas animé d'intentions très catholiques protestantes, il est temps de le remettre à sa place qui n'est sûrement pas dans les rangs des prétendants de ma fille, rangs que j'ai moi-même constitués. « Si vous voulez me laisser votre numéro et elle vous rappellera ce soir... » mens-je alors effrontément à mon tour. Le junkie me bredouille un numéro de téléphone probablement faux (ou volé) et raccroche après un « Au revoir, monsieur » d'une banalité affligeante. Et « Mes hommages à madame votre épouse », c'est pour les chiens ? « Chérie ! j'ai dit le soir à ma femme que j'appelle chérie, je te signale que cet après-midi y a un mec qui a appelé ma fille ! Je vais être obligé de prendre des mesures... Peut-être couper notre téléphone... Porter plainte pour harcèlement sexuel... Aller chez Mireille Dumas pour dénoncer la dégénérescence morale de cette génération... » Ma femme, laxiste en diable, m'a prié de ne pas oublier néanmoins de faire la commission à notre Lolita et de ne pas la chambrer s'il te plaît ! Quand ma môme est rentrée du bahut j'ai donc fait comme si de rien n'était puis, vers l'heure du dîner, j'ai sorti de ma poche le Post-it où j'avais griffonné le numéro de téléphone du satyre et j'ai dit, sur le ton le plus anodin du monde : « Ah, au fait, Lolita ! T'as un copain de ton ancienne école qui t'a appelée. Un certain... heu... Grégory ! Très sympa... » Elle a pris le papier, l'a regardé comme on regarde une merde de chien et l'a déchiré en mille morceaux. « Qu'est-c' qu'y m'veut çui-là ? J'peux pas l'saquer ce p'tit con ! Sûrement que j'vais l'rappeler, tiens ! » Ouf ! Fausse alerte ! Je suis encore peinard quelques mois... C'est déjà pas celui-là qui va me voler ma fille... Vous voilà prévenus, les mecs, si vous voulez parler à Lolita, vous écrivez à son père, je transmettrai ou non. Sûrement que je transmettrai, tiens ! 7 février 1996
    • Lolita
  • 21 février 1996, Je sonne pas ! - Renaud a une gueule de quota > Charlie-hebdo N°192 du 21 février 1996 Je sonne pas ! - Renaud a une gueule de quota - Dis donc, Renaud, toi qui es du métier, c'est quoi cette histoire de quotas ? me demande un pote pas du métier. - Heu... Je suis pas sûr d'avoir tout compris mais, en gros, c'est une loi qui oblige les radios à diffuser plus souvent de la chanson française. Afin de développer les carrières des jeunes talents et puis de relancer l'industrie du disque, ce qui incitera les producteurs à investir plus dans les artistes français... - Ah, d'accord... C'est donc, pour les multinationales étrangères comme Virgin-EMI, WEA, Sony, BMG et Polygram qui font déjà plein de blé avec la production internationale, l'assurance d'en faire aussi un max avec la production hexagonale, non ? - Heu... Pas seulement... bredouille-je, ça va obliger les FM à programmer des chanteurs qu'on n'entend jamais. - Ah ouais ! C'est vrai que depuis quelque temps on entend beaucoup plus souvent Michel Fugain -Attends... La loi vient juste d'être votée ! Il faut le temps que ça s'installe. Bientôt t'entendras Philippe sur NRJ, Alain Leprest sur SkyRock et Blue-Jean Society sur Fun Radio ! Mon pote a pas eu l'air convaincu et, pour tout dire, moi non plus. Faut vous dire que, réfractaire a priori aux lois protectionnistes quand on voit planer derrière elles l'ombre du chauvinisme, de la « défense » du bon goût franchouillard et de la chanson «bien de chez nous », je ne me sens pas particulièrement le mieux placé pour me faire l'avocat de cette nouvelle législation. Mais, bénéficiant d'une diffusion radio infiniment plus importante que bon nombre d'artistes méconnus aussi honorables que moi, je me vois mal tirer à boulets rouges sur ces quotas qui vont, j'ai la naïveté de le croire, leur offrir un créneau pour, au moins, faire entendre leurs œuvres, à défaut d'en vivre. Rentrant chez moi, je m'en vais demander à ma Lolita ce qu'elle pense de ces fameux quotas, à l'affût d'une réponse naïve mais pleine de ce bon sens que l'on prête aux enfants dès qu'ils disent une bêtise joliment formulée. Elle est dans sa chambre, un œil sur ses devoirs, une oreille dans le dernier Tina Turner qui tourne sur sa platine laser. (Une enfant qui fut bercée par Brassens, Boby Lapointe et Charles Trenet... Vous voyez où ça mène ?...) - Dis-moi, ma fille, toi qui subis la FM au moins chaque fois que tu mets un pied dans ma bagnole, tu trouves qu'il y a assez de chansons françaises sur les radios ? - Y en a trop, tu veux dire ! Y devraient plutôt faire une loi qui interdit Michel Fugain ! - Mais, franchement, mon ange, que trouves-tu à ces Nirvana, Oasis et autres Cranberries ? - Je trouve que ça sonne ! me répond-elle alors. La chanson française, j'aime bien de temps en temps, c'est joli, poétique, mais ça sonne pas, et pis c'est tout ! Je m'aventure alors à lui expliquer qu'au niveau du texte, dans sa grande majorité, la chanson anglo-saxonno-amerloque c'est nul à chier, la perfide me répond qu'à une dizaine d'auteurs près, les textes des chansons de chez nous c'est franchement de la daube aussi. « Tu préfères les textes de Céline Dion à ceux de Springsteen, toi ? » ajouta-t-elle avec un brin de malice... Je sais toujours pas trop quoi penser de ces quotas mais je commence à croire qu'ils vont avoir du mal à tout arranger... RENAUD
    • Chansons Françaises
    • Radios
    • Michel Fugain
  • 28 février 1996, Val qui jouit quand il a mal - Jamais sans mes nouilles... > Charlie-hebdo N°193 du 28 février 1996 Val qui jouit quand il a mal - Jamais sans mes nouilles... Cher Philippe, «Une journée sans indignation, c'est comme un plat de nouilles trop cuites », écris-tu. Heu... s'il te plaît, reste correct, tu veux ? Critique tout ce que tu veux, démolis tout, conteste, éructe, allume, déquille, taille costards sur costards, mais je t'en prie, ne dis pas du mal des nouilles, même trop cuites. Là, tu m'as fait beaucoup de peine... Pour en avoir consommé quelquefois chez moi, tu sais pertinemment que les nouilles trop cuites c'est bon comme tout ! À travers les nouilles, c'est moi que tu voulais attaquer, c'est ça ? Est-ce que, de mon côté, je me suis déjà autorisé à dire du mal de tes passions ? As-tu déjà lu sous ma plume des phrases aussi blessantes pour toi que : « Une journée sans indignation, c'est comme un Essai de Montaigne trop cuit ? » Ai-je jamais prononcé des mots aussi cruels que : « Une journée ceci cela c'est comme un roman de Borges pas assez salé » ? Enfin... Pour la journée sans indignation, tu repasseras ! Même la nuit qui a suivi j'ai rêvé indigné. Tournant en rond dans mon lit, je n'ai finalement réussi à trouver le sommeil qu'après une petite visite au frigo où j'ai rendu un hommage mérité à un vieux reste de nouilles froides que j'ai dévoré à pleins doigts. Les pieds nus sur le carrelage de la cuisine, ma magnifique silhouette se découpant dans la lumière glacée du réfrigérateur ouvert, pareil aux enfants qui s'aiment et s'embrassent debout contre les portes de la nuit, j'ai aimé ces nouilles que tu insultes. Je te pardonne car l'ensemble de ton édito, hormis ces quelques propos inconsidérés, était, une fois de plus, toute flagornerie mise à part, d'une grande intelligence. Même si je ne suis pas d'accord avec toi. Mais alors pas du tout. Ainsi donc, selon toi, «la propension à s'indigner, à lutter, à résister aux chasseurs, aux aficionados, aux fascistes, aux requins ultralibéraux, aux crétins vulgaires de la télé, aux pollueurs, aux empoisonneurs, à la bêtise au front de taureau », etc. devrait nous faire jouir ? Je n'ai pas le sentiment qu'aucune de mes colères ne m'ait valu un orgasme, mais bon... La prochaine fois que je signerai une pétition contre le FN j'espère ne pas polluer mes dessous... Cela donne un sens à notre vie ? Je t'assure que je me serais démerdé pour donner un sens à la mienne dans un monde moins dégueulasse. Tu éprouves du plaisir, de la joie, voire du bonheur à « affronter la bête», dis-tu ? Ben moi ça me démoralise plutôt, ça m'énerve souvent, ça m'abîme toujours. Imagine plutôt le bonheur dans un monde sans bête à affronter... Dans une vie jolie où la plus grande des injustices serait de prendre une averse sur la tronche quand t'as oublié ton parapluie, où le plus terrible des drames serait de tomber à vélo, la plus dégueulasse des crapuleries humaines de ne pas filer d'étrennes à sa concierge ? Le pied, non ? Au lieu de ça, la pluie elle est passée au-dessus de Tchernobyl et ses gouttes nous font des trous dans la tête, le vélo un junk' me l'a chouravé pour s'acheter une dose, et la concierge a vendu du beurre aux Allemands et dénoncé les juifs du cinquième. Il y a quelques mois vous aviez affiché au journal la liste des sujets à traiter dans les prochains Charlie. La liste des saloperies à dénoncer, quoi ! Y avait des sujets pour six mois et pour toute l'équipe. C'était une goutte d'eau par rapport à l'océan d'injustices, de crapuleries, de saloperies commises par des hommes au détriment d'autres en ce répugnant bas monde. Un seul de ces articles nous a-t-il permis de remporter le moindre combat ? Avons-nous obtenu en retour, de la part de ceux que nous dénoncions, autre chose que le sourire cynique des ignobles qui se savent intouchables parce que protégés par le mur du pouvoir ou de l'argent ? Non, je te le dis, lutter, dénoncer, s'indigner, s'est à peu près aussi «jouissif» que de crier quand t'as mal. C'est un réflexe... Mais ça enlève pas la douleur. Je me demande même si ça l'accentue pas un peu. Dis pas du mal des nouilles trop cuites, Philippe... La vie est déjà assez moche comme ça. RENAUD
    • Philippe Val
    • Vie Manger
  • 6 mars 1996, Produits régionaux - A la belle de Meuh... > Charlie-hebdo N°194 du 6 mars 1996 Produits régionaux - A la belle de Meuh... Je me suis envoyé en reportage au Salon de l'agriculture. Je n'avais, de ma vie, jamais assisté à cette foire annuelle du cochon, du jambon et du beauf rougeaud réunis. J'ai vu des animaux, je savais même pas que ça existait ! J'ai vu un bœuf de mille cinq cents kilos, haut comme un immeuble, doté d'attributs virils comme je savais pas que ça existait non plus et puis des brebis dont une partie de l'anatomie m'a fait mieux mesurer les égarements des bergers et des légionnaires. J'ai vu une poule de deux mètres de haut mais, sincèrement, je crois que c'était une autruche. Une vache a failli m'encorner après que je lui ai délicatement caressé la joue, je ne lui en ai pas tenu rigueur, je me vengerai demain sur un steak haché de sa famille. Les chevaux aussi étaient très gros et très beaux mais y avait trop de gens autour, j'ai pas pu caresser là où c'est tout doux, au-dessus du nez. Je me vengerai aussi demain en caressant ma femme qui court moins vite qu'un cheval mais qui est douce partout. Comme il doit falloir environ six semaines pour visiter les huit cent mille mètres carrés de stands de ce Salon de l'agriculture mais aussi des forêts et jardins, des machines agricoles, des chiens de chasse, des produits de la ferme et ceci cela, je me suis très vite dirigé vers l'espace réservé aux produits régionaux. -- Dis donc, j'ai dit au pote qui m'accompagnait, si on allait soutenir la viticulture française? C'était dégustation gratuite alors on a goûté un peu à tous les vins, à tous les fromages, les jambons et les foies gras, on a testé des bières de châtaigne au stand de la Corse, des sauternes au stand Aquitaine et des vieux armagnac je sais plus où, j'étais bourré. Je me suis attardé au Pays basque où on a dit du mal des États français et espagnols, mangé du jambon fumé pas dégueu et bu du rouge pas terrible. Vers vingt heures, chargé de cochonnaille et de vieux millésimes, j'ai rejoint en titubant ma bagnole. «T'es sûr que c'est là qu'on l'avait garée ? » À la fourrière j'ai encore vu des bœufs, mais des comme ça je savais que ça existait. Renaud
    • Agriculture
    • Vie Manger
    • Pays Basque
    • Forces de l'ordre

10 janvier 2002

Bonne Année à tous.
Christian J. nous offre 8 nouveaux articles de Charlie-Hebdo.

Charlie-Hebdo
  • 3 janvier 1996, Un petit coin de parapluie... > Charlie-hebdo N°185 - 03 janvier 1996 Un petit coin de parapluie… C'est pas l'homme qui prend la mer, c'est mes pompes qui prennent l'eau. JE SUIS BIEN UN DÉGUEULASSE. Ça fait au moins trois jours que j'ai pas pensé à la Tchétchénie. Ni au Ruanda, ni à Sarajevo, pas même à Marc Blondel. Je suis en vacances quelques jours, vous m'excuserez, je décompresse. L'actualité du monde, les drames, la misère, l'injustice, la mort, je m'en tamponne. Je suis peinard, les journaux sont en italien et j'ai pas la télé. Je fais comme si y'avait plus de guerres, plus de saloperies, plus de souffrance. Je sais bien que c'est pas vrai mais de temps en temps ça fait du bien. Pis j'ai assez de soucis, comme ça... Bienheureux ceux qui sont partis en vacances à la neige, moi je suis parti en vacances à la pluie. Veinards. ceux qui sont aux sports d'hiver, je suis aux sports d'automne. Trois jours dans le Vaucluse, trois jours sous des trombes d'eau, trois jours en Toscane, trois jours de déluge. Et les nuits pareil. Des gouttes grosses et longues comme des baguettes de tambour. Hier, après quelques heures à déambuler, trempés jusqu'à la moelle, d'un musée à l'autre dans les rues de Florence, ma femme a pris une grande décision : « Je vais m'acheter un parapluie ! » Bien que je trouvasse cette initiative particulièrement ridicule, je lui fis part de mon assentiment, on ne contrarie pas une femme mouillée. « C'est une excellente idée, ma chérie. Nous aurions pu y penser plus tôt... » Ma femme achète plus souvent des sacs ou des chaussures, aussi le choix du parapluie fut-il difficile. Nous étions dans un petit marché en plein air, bordé de centaines d'échoppes à touristes, les mêmes que partout ailleurs dans le monde, auvents en toile, piles de tee-shirts, vêtements de cuir, maroquinerie bidon, maillots de football, tee-shirts du Che, casquettes de rappeurs ET parapluies. Après une demi-douzaine de bouclards, ma femme tomba sur LA merveille : « Regarde celui-là, il est beau, non ? — Il est magnifique, ma chérie. Les autres aussi, mais celui-là, de mémoire de pluie je crois pas en avoir jamais rencontré d'aussi beau... » C'était un parapluie comme j'ai jamais rien vu de plus banal, noir, avec un manche et une pointe en bois marron, un parapluie à quinze mille lires, ce qui nous fait environ cinquante balles, ce qui n'est pas cher payé pour pas prendre l'eau quand t'es trempé, mais il plaisait à ma femme et ma femme me plaît à moi, alors bon... « Lolita, Renaud ! Venez vous abritez sous mon parapluie ! » nous a crié Dominique après qu'elle l'eut ouvert. « Ben vas-y, Lolita... Moi je déteste marcher à deux sous un parapluie. « Ah, moi aussi », elle m'a dit, se bouscule, on sait jamais comment positionner le bras qui tient la poignée et, finalement, on est deux à être mouillés ! » C’est marrant comme pour certains trucs ma fille est exactement comme moi, ça doit être dans les gènes. « Pourquoi tu t'es pas acheté un parapluie, mon papa ? T'es tout mouillé... » Je lui ai expliqué que j'avais jamais acheté de parapluie de ma vie, que j'avais plus l'âge de m'y mettre, et que je trouvais, par ailleurs, cet ustensile aussi grotesque qu'une robe de chambre ou une paire de pantoufles. « Et puis je préfère être trempé sous la pluie qu'humide sous une corolle de nylon. » On a continué à marcher, j'avais l'impression d'avoir enfilé des éponges à la place de mes pompes, la flotte dégoulinait de mes cheveux à ma nuque et de ma nuque à partout, mais dans ma tête je gambergeais : « Cinquante balles un parapluie ? Putain, je devrais en acheter plus souvent, c'est pas cher, hé! » Vers le soir, ma famille a failli me perdre parce que je traînais derrière. Je les ai rejointes en courant, fier comme un coq, heureux comme un pape, j'avais craqué. « Ben ? T'es fou ? Tu t'es acheté un parapluie ! Je croyais que tu trouvais ça nul ? » m'a dit ma fille. « C'est peut-être nul, mais le mien y s'ouvre tout seul quand t'appuies sur un bouton, il est aussi beau que celui de maman et je l'ai payé que dix mille lires ! Trente balles ! » Je me sentais heureux comme un môme qui vient de recevoir sa première montre Kelton pour sa première communion. Heureux pendant au moins cinq minutes. Jusqu'à ce que ma femme me fasse remarquer qu'il ne pleuvait plus. RENAUD
    • Pays Tchétchénie
    • Pays Italie
  • 10 janvier 1996, Tonton m'a laissé béton lang="FR"> Charlie-hebdo N°186 – 10 janvier 1996 Tonton m'a laissé béton – Cancer salaud le peuple aura ta peau. M'ÉNERVEZ PAS AUJOURD'HUI, C'est pas le jour. Je suis triste comme un chien perdu. L'amour étant quelque chose de totalement irrationnel Je ne vais sûrement pas me fatiguer à me justifier de l'affection que je portais à ce petit bonhomme. « Petit bonhomme », c'est ainsi que je l'avais appelé chez Anne Sinclair lors du « 7 sur 7 » où je voulais pas aller mais on m'a poussé. Quelques jours plus tard, à la première du film Germinal à Lille, je me retrouve assis tout près de lui, il se penche vers moi après que nous nous sommes courtoisement serré la main, et me chuchote : « Alors, Renaud, vous me trouvez si petit que ça ? » Du tac au tac (il m'arrive aussi d'avoir de l'esprit...), je lui réponds « C'était un peu maladroit. Monsieur le Président, mais c'était très affectueux. » II me dit alors : « Mais c'est bien comme ça que je l'avais pris... Je sais lire entre les mots, vous savez, surtout les vôtres... » Je suis tout triste. C'est marrant, parce que, quand Giscard d'Estaing est mort, ça m'a rien fait. RENAUD
    • Politique F.Mittérand
    • Cinéma Germinal
    • Politique Giscard d'Estaing
  • 13 décembre 1995, Jour de grève > Charlie-Hebdo Charlie-hebdo N°182 - 13 décembre 1995 Jour de grève. Renaud prend Jeanne Calment en stop. J'AI FAILLI PRENDRE Une gonzesse en stop. Failli seulement. Elle marchait le long des voitures en bas du boulevard Arago, aux Gobelins, le pouce tendu vers Denfert-Rochereau où j'allais. La jeune fille m'a vu m'arrêter à sa hauteur, m'a jeté un regard de panique lorsque j'ai ouvert ma vitre passager, a regardé en l'air comme si elle se rappelait soudain quelque chose, a rangé son pouce dans sa poche, a regagné le trottoir et a accéléré le pas. Bon, d'accord, j'étais pas rasé, j'avais le cheveu filasse comme d'hab', des lunettes noires pour pas voir trop clair ce monde dégueulasse, ma caisse était pas rutilante mais bon... L'adjudant Chanal, Klaus Barbie et Radko Mladic réunis ne lui auraient pas fait plus peur... Auto-stoppeuse, si tu lis ces lignes, va, je te pardonne. Tu m'as juste miné la journée entière, tu m'as juste empêché de dormir une nuit ou deux. Je t'aurais même pas draguée, t'étais même pas belle. T'as dû te dire : « Celui-là il a une tête à draguer sur tout les moches en pensant que c'est plus facile... » Mais t'étais même pas moche non plus. A vrai dire, je t'ai à peine regardée, j'ai surtout vu ton petit pouce tendu vers le lion de Denfert, comme un pathétique appel au secours. Je me suis juste dit : Allez, j'ai pris douze mecs en stop depuis huit jours, je peux m'autoriser une fille, juste pour varier, je dirai à ma femme que t'avais cent ans. » Peut-être t'avais vraiment cent ans... Je te dis, je t'ai à peine regardée... Pour quelqu'un qui a vu naître l'industrie automobile, je te trouve bien bégueule vis à vis de ma Honda. Tu savais pourtant pas, de l'extérieur, que tu la quitterais couverte des poils du chien que mon Toto laisse sur les banquettes... Va, retourne à l'hospice, je te pardonne : le soir même je me suis bien vengé de toute la gent féminine. J'ai tendu le pouce pour faire les quatre cents mètres qui séparent mon bistrot de ma maison, Claudia Schiffer s'est arrêtée, j'ai fait celui qu'avait rien vu et j'ai continué à pied. RENAUD
    • Vie Voiture
  • 17 janvier 1997, Larmes à gauche... > Charlie-hebdo N°187 – 17 janvier 1996 Larmes à gauche...  Le temps des cerises, c'est pas demain... Vous avez pas pleuré, vous ? Moi au moins dix fois. Devant ma télé le soir même et tous les soirs suivants, en quittant la rue Le-Play, le mercredi soir à la Bastille sous sa photo monumentale, et même lorsque Barbara Hendricks nous a massacré Le Temps des cerises dans sa version Neuilly de cet hymne du peuple de gauche. Erreur de casting... Quelque conseiller en communication attaché au PS, plutôt que de privilégier l'émotion et l'authenticité, aura probablement pensé, une fois de plus, en terme d'impact télévisuel. Là où un Marc Ogeret nous aurait arraché les tripes, la grande artiste nous a offert un numéro de virtuose lyrique ennuyeux et mondain.  Mais si, vous avez pleuré... Forcément... Vous n'osez pas me l'avouer parce que, comme moi, vous gardez en travers de la gorge l'affaire Greenpeace, la guerre du Golfe et, surtout, la soumission à l'économie de marché. Mais, comme moi, vous savez qu'un homme qui aimait tellement les livres n'a forcément été guidé que par le désir d'y trouver un rempart à l'ignorance, à la barbarie, une source inépuisable de mots, d'idées et de sentiments qui mènent l'homme à un degré supérieur de conscience dans sa recherche de la beauté, de la vérité et de la justice. Moi c'est pour ça que je l'ai soutenu, au moins au moment des grandes échéances électorales, pour ça que j'ai toujours assumé l'étiquette de «Tonton-maniaque» dont des journalistes «de gauche», plus volontiers que d'autres, m'affublaient avec ironie (comme pour se venger des relations affectives privilégiées que j'avais, contrairement à eux, la chance d'entretenir avec lui...). Je l'ai critiqué vertement parfois, il ne m'en tint jamais rigueur, le lion assoupi en veut-il à la puce qui le pique et lui rappelle les combats à mener ? Bien sûr que vous avez pleuré... Même si ce fut sur vos illusions perdues, même si ce fut en souvenir d'une autre place de la Bastille quinze ans plus tôt, vous avez pleuré de rage contre la maladie et la mort, contre les chiens qui depuis un an s'acharnaient sur l'homme blessé, vous avez, comme moi, pleuré l'humaniste, son intelligence, sa culture, sa malice et son humour, et puis vous avez pleuré comme moi en réalisant, allez, avouez, que si vous aviez su que vous l'aimiez autant vous l'auriez aimé davantage.  RENAUD P.-S.1 : Je sais... Un homme d'abord ça pleure pas ! Regardez Ariette Laguiller... Miss Pol Pot ne sait probablement même plus ce que «pleurer» veut dire. Ses dernières larmes remontent à la prise du palais d'Hiver en 1917... P.-S.2 : Jean-Jacques Goldman, dans Libé, écrit de Mitterrand : « Habileté, charme, il fut l'archétype de l'homme de droite. » Ben alors ? Il aurait dû te plaire... À moins que tu ne sois l'archétype de l'homme de gauche, toi pour qui l'engagement politique et la justice se résument aux Restos du Cœur ?
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    • Politique Ariette Laguiller
    • Jean-Jacques Goldman
  • 20 décembre 1995, Un truc de mômes... > Charlie-hebdo N°183 - 20 décembre 1995 Un truc de mômes... Renaud fait des blagues à Jacques Pradel Depuis sa chambre Lolita a entendu sa maman me traiter de fou. Elle est arrivée en courant et nous a trouvés tous les deux plies de rire comme des bossus. - Qu'est-ce qu'y s'passe ? Qu'est-ce qui vous fait marrer comme ça ? Pourquoi t'as dit qu'il était fou, papa? - Demande-lui ce qu'il a fait, tu vas voir s'il est pas fada... Ben quoi ? J'ai rien fait de mal ! Ça me taraudait depuis un bon quart d'heure, j'ai craqué, c'est tout! Figurez-vous qu'en zappant sur la télécommande je suis tombé sur «Témoin n° 1 ». J'ai suivi pendant un moment, me demandant comment Jacques Pradel, l'animateur plein de malice, d'intelligence et d'humour rencontré naguère dans les studios de France Inter où il officiait, avait pu tomber si facilement dans la «télé-poubelle», dans le racolage émotionnel, dégoulinant de compassion feinte et de bons sentiments télégéniques misérables, puis, comme il suppliait les téléspectateurs de se manifester à SVP afin de retrouver la trace de je ne sais plus quel témoin essentiel dans je ne sais plus quel fait divers crapuleux, j'ai pris mon téléphone et j'ai composé le numéro. - T'as appelé SVP ? Mais pour dire quoi ? - Ben, pour dire que je l'avais vu... La dame au bout du fil m'a dit : « Allô, Témoin n° 1, nous vous écoutons... » J'ai pris une voix très déterminée et j'ai dit : « Allô, oui... Écoutez-moi bien : je l'ai vu !» La dame, comme je l'espérais, a demandé : « Qui ? » j'ai dit : « Ton cul ! » et j'ai raccroché. - Et c'est ça qui vous fait marrer ? Mais, papa, t'es fou ! C'est un truc de mômes, ça... Pis d'abord, pourquoi t'as raccroché ? T'aurais pu attendre la réaction de la bonne femme... - Ben, j'ai eu peur de me faire engueuler... Ou de me faire traiter de connard, ça m'aurait empêché de dormir. Tandis que, là, je vais passer une nuit merveilleuse, sublime ! Putain, j'avais peur ! J'ai hésité pendant un quart d'heure ! Quand ça a décroché j'avais le cœur qui battait comme si j'appelais un commissariat pour une fausse alerte à la bombe ! - Hé ? Cela dit, papounet, peut-être que la dame ça l'a fait marrer. Ou peut-être qu'elle est furax en train de raconter ça à toutes ses collègues ? T'imagines, si elle savait que c'est toi... La semaine prochaine y a «Perdu de vue», tu pourras encore appeler... - Tu crois ? Ça serait de la gourmandise... Pis maintenant que je vous ai filé le plan, vous pouvez le faire de votre côté... C'est pas dur, il faut juste un peu de courage et beaucoup d'assurance : « Allô, oui... Je l'ai vu !» Si on vous répond : « Nous aussi on l'a vu ! » c'est que le truc s'est éventé. Ne répondez surtout pas : « Qui ? » RENAUD
    • Télévision Jacques Pradel
    • Télévision télé-poubelle
  • 24 janvier 1996, Merde à Dieu ! > Charlie-hebdo N°188 - 24 janvier 1996 Merde à Dieu ! S'Il existe Il me pardonne Si Je devais mourir demain (et je crains de devoir, comme vous...), je crois que mon dernier petit bonheur serait d'aller pisser dans un bénitier, cracher sur les portes des églises, écrire « Merde à Dieu » sur les murs comme le fit Rimbaud enfant dans les rues de Charleville et, a, la question de Pivot : « Si Dieu existe, qu'aimeriez-vous l'entendre vous dire quand vous Le rencontrerez ? » répondre : « Dieu n'existe pas ! » plutôt que : « Maintenant tu sais ! » comme le fit Tonton. Pourquoi, à l'approche de la mort, la plupart des hommes se croient-ils obligés de se tourner vers ce Dieu qui, invention humaine au même titre que la machine à coudre, n'a aucune raison de bénéficier d'une majuscule ? Panique devant la perspective d'un néant difficile à concevoir et trop ignoble à admettre ? Trouille devant l'éventualité d'un possible « jugement dernier » devant lequel nous aurions à comparaître ? Volonté de complaire à ses contemporains (et électeurs) survivants majoritairement croyants ? Je n'ai jamais considéré (hélas...) François Mitterrand comme un anticlérical acharné, un athée convaincu, un insatiable bouffeur de curetons, mais la moindre des choses de la part d'un socialiste d'abord, d'un homme ensuite, qui, à travers son amour des livres, donnait l'impression de s'attacher à la raison plus qu'à la croyance, de la part du président d'un pays laïque, garant à ce titre des institutions qui affirment la séparation de l'Eglise et de l'Etat, enfin, la moindre des choses, donc, eût été de continuer à exprimer, dans ses dernières déclarations, un agnostisme prudent et d'affirmer dans ses « dernières volontés » le désir d'être enterré civilement. Une messe à Jarnac, une messe à Notre-Dame, ça ira, oui ? C'est la revanche de la calotte, l'enterrement définitif du socialisme, l'exorcisme du Programme commun, du collectivisme, des chars russes dans nos rues, toutes ces frayeurs qui ont dû engendrer quinze années de nuits blanches chez nos curés ! Je pardonne, bien sûr, car je suis bien plus tolérant que ces enfoirés de corbeaux qui nous la jouaient chagrin mais jubilaient de ce bras d'honneur qu'ils faisaient à la République et à la laïcité en t'enterrant dans LEUR linceul, et puis je pardonne parce que Charasse nous a vengés ! Ah, ce petit homme triste, seul sous la pluie avec le chien, faisant sienne la phrase de Nietzsche : « Si vous voulez respirer de l'air pur, n'entrez jamais dans une église ! » plus fidèle à ses convictions qu'à son amitié pourtant réelle avec toi, préférant s'asseoir sur son chagrin plutôt que s'agenouiller devant l'autel et le goupillon ! À lui tout seul il a sauvé l'honneur de toute la gauche laïque et républicaine. Même s'il est vrai que, de nos jours, ça ne représente plus grand monde... RENAUD
    • Dieu
    • Politique F.Mittérand
    • Rimbaud
  • 27 décembre 1995, Bonne année mon cul ! > Charlie-hebdo N°184 - 27 décembre 1995 Bonne année mon cul ! Le dernier disque de Renaud fait très mal ! Ah, elle finit bien l'année 1995 ! Je suis tout niqué du dos ! Avant-hier matin, à l'heure de ma petite quinte de toux quotidienne, juste après le café, la dope et la brosse à dents, penché au-dessus de mon lavabo pour expectorer la nicotine accumulée nuitamment dans mes jolies bronches (alors que je fume même pas la nuit..), j'ai forcé un peu trop, j'ai entendu « crac » dans mes lombaires et depuis je suis tout bloqué. Ma femme qui est docteur m'a dit que c'était un disque ou peut-être un ligament et que je ferais bien d'aller voir un ostéopathe ou un kinésithérapeute ou un étiopathe, ou même un acupuncteur. Avant qu'elle ne me conseille un astrologue, j'ai dit que ça allait déjà beaucoup mieux. C'est déjà assez chiant d'avoir mal quelque part, si, en plus, tu dois subir un médecin, autant mourir tout de suite. Je déteste plus encore les médecins que les bobos. À part pour mon pied que je coupe, casse, tords, brûle, estropie régulièrement, je vois jamais de docteurs. Jamais ! Je soigne tout à l'Aspégic 1000 pis d'abord j'ai jamais rien. Quelques gouttes de teinture de propolis, antibiotique naturel fabriqué par les abeilles, absorbées dès les premiers symptômes de rhume, angine, bronchite ou grippe enrayent depuis dix ans toutes velléités d'invasions microbiennes dans mon magnifique organisme. Ajoutez-y la pratique de surtout aucun sport, une alimentation équilibrée (nouilles et bière) et la consommation raisonnable de quarante à soixante cigarettes par jour, vous avez le secret de cette exceptionnelle vitalité qui oblige même mes pires ennemis à reconnaître que je fais beaucoup moins que mes soixante-trois ans. - J'irai pas me faire tripoter les lombaires par un prof de gym déguisé en chirurgien ! Ah non ! - Alors va voir mon homéopathe, il est génial, il te filera au moins quelque chose pour la douleur ! J'ai fait croire que j'avais même pas mal. Un homéopathe ! Merci ! Un mec qui te prend quatre cents balles pour te prescrire des granules d'eau sucrées qui terrassent un rhume en à peine six mois... N'empêche que j'ai un mal de chien et ça m'oblige à marcher courbé en deux. Assis c'est presque pire, y a que couché que ça va. J'vais m'coucher, tiens ! Réveillez-moi en 1996, avec un café et une cigarette, si c'est pas trop vous demander... Renaud
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